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UNIVERSITÉ MARIEN NGOUABI

Ecole Nationale Supérieure Polytechnique

Thème N°2 du cours de


machines hydrauliques :
L’hydroélectricité

par Dr. Alfred Raoul MISSETETE


Maître Assistant CAMES

Année académique 2014 - 2015


0
I Généralités sur la production électriques :

A l’étape actuelle de l’évolution de la science et de la technologie, il existe trois


formes principales de production de l’énergie électrique. Nous pouvons citer :
 La thermoénergétique ;
 Hydroénergétique
 Les parcs éoliens
En dehors des parcs éoliens, ces différentes modes de production de l’électricité,
sont représentée par la figure N°1

Fig2 : schéma de principe d’une centrane thermique conventionnellle

I.1 Aperçu des centrales thermoénergétiques :


Les centrales thermoénergétiques sont celles qui produisent l’électricité suivant
le schéma de principe ci-après :

Source thermique
naturelle Conversion de Conversion de
l’énergie thermique l’énergie
en énergie mécanique en
Production de la mécanique énergie électrique
chaleur par
combustion

Les principales centrales relevant de la thermoénergétique, sont :

1
1) Les centrales thermiques conventionnelles ;
2) Les centrales nucléaires ;
3) Les centrales solaires photovoltaiques ;
4) Les centrales solaires thermodynamiques ;
5) Les centrales géothermiques ;
6) Les centrales maréthermiques.

I.1.1 Les centrales thermiques conventionnelles

Les centrales thermiques conventionnelles sont les plus répandues ; elles sont
constituées d'une chaudière et d'une turbine à vapeur (Cycle de Rankine). Leur
carburant est le plus souvent du charbon mais on trouve aussi des chaudières utilisant
de la biomasse, du gaz naturel, du pétrole, du fioul ou des déchets municipaux.

Fig2 : schéma de principe d’une centrane thermique conventionnellle

Fig3 : centrale thermique à flamme à Porcheville (Yvelines)

2
La centrale thermique de Kharkiv en Ukraine, utilise le charbon de houille du bassin de
Donbass et admet plusieurs turbines de puissance nominales de 400 et 800 MW. La
majorité des centrales nucléaires en exploitation à l’époque actuelle, admettent comme
fluide caloporteur du circuit primaire, le graphite liquide ou de l’eau lourde.

Fig4 : schéma de principe d’une centrale nucléaire

La puissance nominale d’une turbine installée dans une centrale nucléaire peut
dépasser 1000MW ; celle utilisée à Kharkiv une décennie avant la fin du vingtième
siècle étaient puissantes de 1200MW chacune. L’image ci-dessous montre les
condenseurs d’une centrale nucléaire, constitués par des refroidisseurs air-eau.

Fig5: centrale nucléaire de Cattenom


Actuellement, les centrales nucléaires les plus puissantes sont les suivantes :

Tableau I : Les plus grandes centrales nucléaires du monde.

Installation Puissance (MW) Pays

Kashiwazaki-Kariwa 8.212 Japon

Bruce 7.276 Canada

Zaparijia 6.000 Ukraine

3
Présentement dans l’industrie, l’on utilise des module fonctionnant suivant le cycle de
Rankine, en vue de recycler les gaz chauds et d’en amoindrir l’incidence sur les plans
écologiques et environnementaux. La figure suivante en illustre un modèle.

Fig.6 : Module ORCHID, sur site, de puissance 1MW, température source entre 90°C et 200°C.

Les centrales solaires photovoltaïques occupent de grandes superficies pour


l’installation des panneaux solaires. Elles sont souvent déployées dans les zones
désertiques. A titre d’illustration, examinions les paramètres de la centrale
photovoltaïque de Sainte-Tulle, Alpes-de-Haute-Provence, a été inaugurée le 11 juin
2010

 Superficie : 18 ha (en bordure d'autoroute, donc sans nuisance paysagère)


 Puissance installée : 5,24 MWc
 Nombre de modules photovoltaïques : 70 000
 Puissance unitaire des modules : 140 W
 Hauteur des modules : entre 1 m et 4,5 m
 Investissement : environ 14 M€
 Énergie produite : environ 8 500 MWh/an
 Économie de CO2 : 4 350 tonnes/an
 Auteur du projet : EDF Énergies Nouvelles
 Fournisseur des modules : First Solar

Fig 7: Panneaux solaires d’une centrale solaire photovoltaïque

4
Les centrales solaires thermodynamiques permettent de développer une puissance
relativement élevé en comparaison avec leurs consœurs photovoltaïques.

Fig 8: vue d’une centrale solaire thermodynamique

Les centrales maréthermiques exploitent la différence de potentiel existante entre les


couches superficielles et celles en profondeurs des océans.

La figure ci-contre, illustre un projet américain


d’usine maréthermique OTEC (Ocean Thermal
Energy Cconversion. De l’eau froide y est
aspirée par le bas et sert à refroidir et à
condenser une vapeur en un liquide. Celui-ci
passe ensuite dans un élément où il est chauffé
par les eaux de surface ; il se vaporise et
actionne une turbine qui entraine une
génératrice. Puis le gaz condensé redevient un
liquide. Des câbles électriques transportent à
terre l’électricité produite. Elle ne consomme
pas de combustible, ne prend pas de place à
terre et ne déverse aucun déchet. Mais elle
modifie l’équilibre thermiques des mers et
océans. Fig 9: projet américain d’une
centrale maréthermique

5
Les centrales géothermiques sont très répandues dans les zones adjacentes à la
fracture tellurique du globe terrestre. On en trouve en Russie dans la région de
Komtsatk, en Italie, au Nicaragua. En Afrique, il existe une station expérimentale en
Tanzanie. La figure 9 illustre une centrale géothermique de production d’énergie
électrique.

I.3 Les parcs éoliens :

Dans une centrale éolienne, l'énergie électrique est


produite directement par des génératrices éoliennes. Ces
machines formées d'un mat, surmonté d'un générateur électrique
entrainé par une hélice, elles sont positionnées idéalement sur les
plans d'eau ou les collines ventées. L'alternateur permet de
transformer cette énergie mécanique en énergie électrique.
Les principaux obstacles et inconvénients liés à
l’exploitation des éoliennes sont :

 Une pollution visuelle du paysage relative.


 des obstacles pour la navigation aérienne
Fig 9: illustration d’une
centrale géothermique  de proximité à très basse altitude.

 éoliennes, les modèles actuels sont conçus pour être totalement silencieux.
Le bruit est également gênant, d'après certains témoignages,
 L'investissement est conséquent, avec des rendements sujets aux caprices du
lorsque qu'une éolienne est installée près d'une habitation.
vent et assez moyens comparés
Ceci était vrai pourà les
d'autres systèmes concurrents.
premières

Fig11: parc éolien en Autriche

6
II Les centrales de production hydroélectrique :

II.1 Aperçu général :

Il existe trois formes principales de production d'énergie hydroélectrique :

 les centrales dites gravitaires pour lesquelles les apports d'eau dans la réserve
sont essentiellement gravitaires
 les stations de transfert d'énergie par pompage (S-T-E-P) aussi connues sous
l'appellation centrales hydrauliques à réserve pompée, pour lesquelles un
dispositif artificiel permet de pomper l'eau d'un bassin inférieur vers un bassin
supérieur. Celles-ci comprennent d'ailleurs fréquemment une partie gravitaire.
 les usines marémotrices au sens large qui utilisent l'énergie du mouvement des
mers, qu'il s'agisse du flux alterné des marées (marémotrice au sens strict), des
courants marins permanents (hydroliennes au sens strict) ou du mouvement
des vagues ( centrales houlomotrices)

L'énergie hydroélectrique, ou hydroélectricité, est une énergie électrique renouvelable


obtenue par conversion de l'énergie hydraulique, des différents flux d'eau naturels, en
électricité. L'énergie cinétique du courant d'eau est transformée en énergie mécanique
par une turbine, puis en énergie électrique par un alternateur suivant le schéma ci-
après.

Capture de la charge Conversion de de la


Conversion de
piézométrique ou charge
l’énergie
hydrodynamique de piézométrique ou
mécanique en
l’eau sur un site hydrodynamique de
énergie électrique
donné l’eau en énergie
mécanique

En 2011, l’hydroélectricité représentait environ 8 %2 de la production mondiale


d’électricité. elle possède de nombreux atouts ; c'est une énergie renouvelable, d'un
faible coût d'exploitation et qui est responsable d'une faible émission de gaz à effet de
serre. Elle présente toutefois des inconvénients sociaux et environnementaux
particulièrement dans le cas des barrages implantés dans les régions non

7
montagneuses : déplacements de population, éventuellement inondations de terres
agricoles, modifications des écosystèmes aquatiques et terrestre, blocage des
alluvions…

L’hydroélectricité est amenée à se développer en intégrant la protection des ressources


piscicoles et en s’articulant avec d’autres énergies renouvelables comme l’éolien ou
d’autres systèmes hybrides (par exemple avec l’hydrogène)

II.2 Les centrales houlomotrices :

L'énergie des vagues ou énergie houlomotrice est une énergie marine utilisant la
puissance du mouvement des vagues de houle.

La faisabilité de son exploitation a été étudiée, en particulier en Angleterre : le système,


couplé à des dispositifs flottants ou à des ballons déplacés par des vagues dans une
structure en béton en forme d'entonnoir, produirait de l'électricité. Les nombreux
problèmes pratiques rencontrés ont contrarié les différents projets.

Fig12: centrale houlomotrice

Fig13: ferme à vague d’Agucadura

8
Depuis 2003, le laboratoire de mécanique des fluides de l'École centrale de Nantes et
le département mécatronique de l'École normale supérieure de Cachan développent
cependant un système appelé Searev, qui utilise l'énergie de la houle. L'appareil, qui
ressemble à un petit sous-marin, sera immergé à une dizaine de kilomètres des côtes.

Tableau II : paramètres de quelques centrales houlomotrices.

Installation Puissance (MW) Pays

Ferme à vague d’Aguçadoura 2,25 Portugal

Islay LIMPET 0,5 Ecosse

Ferme à vague SDE 0,04 Israël

II.3 Les hydroliennes :


Une hydrolienne est une turbine sous-marine (ou subaquatique, ou posée sur l'eau et
à demi-immergée) qui utilise l'énergie cinétique des courants marins ou de cours d'eau,
comme une éolienne utilise l'énergie cinétique de l'air. La puissance cinétique d'un
fluide de section S est :
𝜌𝑆𝑣 3
𝑃= [𝑊], avec
2
𝐾𝑔
𝜌 – masse volumique de l’eau [𝑚3 ] ;

S – section du disque [𝑚2 ] ;


𝑚
𝑣 – vitesse de l’eau [ 𝑠 ]

Encore plus strictement que pour une éolienne, l’incompressibilité du fluide, impose
que le produit de la vitesse 𝑣 par la section S de la veine de fluide qui traversera ou
a traversé le disque soit constant. Devant le disque de l'hydrolienne, le fluide est ralenti
et la veine s'élargit. Au niveau de l'hydrolienne, le changement de section est
négligeable et donc (paradoxalement) la vitesse du fluide est constante. Après le
disque, le fluide est encore ralenti et la veine s'élargit encore. Un modèle élémentaire
de fonctionnement des hélices, dû à Rankine et Froude permet d'évaluer la fraction de
la puissance cinétique récupérable au moyen d'un disque perpendiculaire à un fluide

9
en mouvement. C'est la limite de Betz, égale à 16/27 = 59 %. Cette limite peut être
dépassée si le courant de fluide est forcé dans une veine de section variable au lieu de
circuler librement autour de l'hélice.

La vitesse d’écoulement de l’eau partant du plan libre jusqu’au fond du lit s’exprime
par la relation suivante:

𝟏⁄
𝒛 𝟕
𝒗 = 𝒗𝟎 (𝒅)

avec :
𝒗 : vitesse de l’eau à la profondeur Z à partir du plan libre ;
𝒗𝟎 : vitesse de l’eau au niveau du plan libre [m/s] ;
𝑧 : distance séparant le point considéré du
plan libre de l’eau [m]
𝑑: distance séparant le plan libre du lit de la rivière [m]

Par rapport à une éolienne, les hydroliennes tirent profit de la masse volumique de
l'eau, 832 fois plus élevée que celle de l'air (environ 1,23 kg·m-3 à 15 °C). Malgré une
vitesse de fluide en général plus faible, la puissance récupérable par unité de surface
d'hélice est beaucoup plus grande pour une hydrolienne que pour une éolienne.

L’exploitation des hydroliennes présentent les avantages suivants :

 Les hydroliennes sont beaucoup plus petites que les éoliennes pour une même
puissance, cela étant dû à la masse volumique de l'eau qui est environ 800 fois
supérieure à celle de l'air.

 Les courants marins sont prévisibles (notamment en consultant les


éphémérides), on peut donc estimer avec précision la production d'électricité.

 Les potentiels des courants marins sont très importants, EDF estime que 5 GW
(soit environ 3 réacteurs nucléaires de type EPR) peuvent être installés à
proximité des côtes françaises.

10
 L’hydrolienne utilise une énergie renouvelable (le courant marin) et elle ne
pollue pas, en termes de déchets issus de combustion tels que CO2 ou de
déchets radioactifs.

 De nouveaux modèles d'hydroliennes semi-immergés peuvent être adaptés aux


rivières, même modestes, sans avoir les impacts écologiques des turbines
classiques dont les pêcheurs craignent qu'elles aient des impacts sous-estimés
sur les poissons1. Ces hydroliennes produisent moins d'électricité que les
turbines classiques, mais pourraient être beaucoup plus légères, et demander
bien moins d'investissement.

Il faut aussi souligner quelques inconvénients liés à l’exploitation des hydroliennes :

 Pour éviter le développement des algues et organismes encroûtants sur


l'hydrolienne, il faut utiliser un antifouling. Il s'agit tout d'abord par définition,
de produits toxiques pour la faune et la flore marine. Mais surtout cet antifouling
doit être refait régulièrement. Réaliser l'opération sous l'eau est à peu près
inenvisageable, à la fois pour des raisons techniques vu la difficulté de
l'opération, mais aussi parce que le risque pour l'environnement est tel que
réaliser ce type d'opération est déjà illégal pour un bateau à l'extérieur d'une
aire de carénage spécialement aménagée. Une opérations de maintenance à
intervalle régulier pour démonter ou extraire l'hydrolienne de l'eau et refaire son
carénage est donc indispensable.

 Dans les eaux turbides, du fait de la présence de sable en suspension (pas de


Calais par exemple), l’érosion des pales d’hélice ou des pièces mobiles par le
sable est très forte. Ainsi l’entretien doit être très fréquent, mais il est plus
difficile qu’à l’air libre puisqu’on ne peut pas l’ouvrir sans que l’eau ne pénètre
à l’intérieur et n’endommage tous les systèmes (mécanique et électrique). Pour
cette raison, certaines hydroliennes ont une structure émergeant de l’eau, qui
peut être gênante pour la navigation. Des systèmes à ballast pourraient
permettre de faire monter ou descendre les unités de production.

11
 Les hydroliennes créent des zones de turbulences, qui modifient la
sédimentation et le courant, avec de possibles effets sur la flore et faune juste
en aval de leur positionnement. Ces aspects sont analysés par les études
d'impacts.

 Des poissons ou mammifères marins pourraient heurter les hélices. Ces


dernières peuvent néanmoins tourner très lentement (cela dépend de la
résistance opposée par l'alternateur et donc du modèle d'hydrolienne).
Toutefois, la première étude sur le sujet (fish Survival Study on Hydrokinetic
Power Turbine) menée en 2009, par Hydro Green Energy LLC et déposée à la
Federal Energy Regulatory Commission (USA), a démontré clairement la
sécurité du procédé. Selon ces résultats, seulement un poisson sur 402 aurait
montré des signes de blessure; des signes peut-être plus attribuable à la mise
en place du protocole qu’aux turbines elles-mêmes. Cette étude s'applique
toutefois aux poissons et non aux plus gros mammifères marins.

12
II.4 Les barrages hydroélectriques :
II.4.1 Les centrales marémotrices :
L'énergie marémotrice est issue des mouvements de l'eau créés par les marées et
causés par l'effet conjugué des forces de gravitation de la Lune et du Soleil.

Tableau III: paramètres de certaines centrales marémotrices

Installation Puissance (MW) Pays

Centrale de Sihwa lake 254 Corée du sud

Usine marémotrice de la Rance 240 France

Centrale d’Annapolis Royal 20 Canada

Centrale de Jiangxia 3,9 Chine

Centrale de Kislaya Guba 1,7 Russie

Figure : usine marémotrice de la Rance

II.4.2 Les centrales hydroélectriques réalisées sur des cours d’eau :

II.4.2.1 La petite hydroélectricité

En général, on parle de "petite hydroélectricité" pour les centrales dont la puissance


est inférieure à 10MW. Les petites centrales sont elles-mêmes divisées en plusieurs
catégories dont la définition n’est pas établie de manière arrêtée. Ces catégories sont
pourtant importantes puisque, suivant la puissance, les caractéristiques techniques,

13
institutionnelles, opérationnelles et financières des aménagements sont très
différentes. Le tableau I, nous en donne, une catégorisation qui est communément
admise.

Tableau III : catégorisation des installations hydroélectriques.

Catégorie Puissance Caractéristiques

Hydraulique
- Roues à eau. Utilisation de la force mécanique
artisanale

Charge de batteries avec une installation


Pré-électrification < 1 kW
"dynamo" (courant continu) sur roue à eau

"Kits" hydro- 50 Watt - 2 appareils compacts "prêts à brancher".


domestiques kW Installation simple réalisable par l’utilisateur

Approche technique et planification simplifiées :


Pico-centrales (1) 2 - 50 kW
les rendements sont moyens

Approche technique et planification simplifiées :


Micro-centrales 50 - 500 kW
les rendements sont moyens

500 kW - 10
"Petites centrales" Niveau technique international
MW

Remarques :

 Certaines instances internationales mettent la limite des micro-centrales à 300


kW, d’autres à 1 MW ;
 Certaines sources définissent des "mini-centrales" entre 500 kW et 2’000 kW ;
 Aux États-Unis on parle de "Petite Hydraulique" jusqu’à 30 MW.

II.4.2.1.1 Types d’ouvrages :

Contrairement aux aménagements de grande taille, les petites centrales


hydrauliques ne possèdent en général pas de retenues d’eau importantes permettant
de faire de la production de pointe.

14
Dans la plupart des cas, le barrage a pour unique fonction de garantir le niveau d’eau
constant nécessaire au fonctionnement de la prise d’eau. Si quelques capacités de
marnage existent, elles n’excèdent pas quelques heures de fonctionnement.

Les petites centrales classiques sont par conséquent, dans leur majorité, des ouvrages
au fil de l’eau, ce qui les rend particulièrement tributaires du régime hydrologique de
la rivière sur laquelle elles se trouvent.

II.4.2.1.2 Les éléments d’une petite centrale hydroélectrique :

La figure ci-dessous, présente un petit aménagement hydroélectrique complet.


En réalité, il est assez rare de retrouver l’ensemble de ces éléments sur un seul
aménagement.

Fig11: aménagement d’une petite centrale hydroélectrique

II.4.2.2 La grande hydroélectricité

Aujourd’hui, l’hydroélectricité (petite et grande) apparait comme une étape


primordiale dans la diminution de la concentration de carbone et par conséquent, dans
la réduction des émissions de CO2.

Les plus grandes centrales hydroélectriques sont répertoriées dans le tableau IV

15
Tableau IV : Les plus grands barrages hydroélectriques du monde.

Installation Pays Puissance (MW)

Barrage des trois gorges Chine 22.500

Barrage d’Itaipu Brésil ; paraguay 14.000

Barrage de Guri Vénézuela 10.200

Barrage de Tucurui Brésil 8.370

Aménagement Robert Bourassa Canada 7.722

Barrage de grand coulée USA 6.809

Barrage de Longtan Chine 6.426

Barrage de Krasnoiarsk Russie 6.000

Les différents sites d’aménagement hydroélectrique d’Inga en république démocratique du


Congo s barrage hydroélectrique d’Inga ont les caractéristiques suivantes :

 Inga I (fonctionnant actuellement à 20% de ses capacités, 45m de chute) : 351 MW ;


 Inga II (fonctionnant actuellement à 20% de ses capacités, 50m de chute)
:1.424 MW ;
 Inga III (en projet, 55m de chute) : 4.500 MW ;
 Grand Inga/ centrale de la Bundi (en projet, 155 MW) : 39.000 MW

II.4.2.2.1 Configurations des sites

L’objectif d’une centrale hydroélectrique est de convertir l’énergie potentielle


et/ou cinétique d’une masse s’écoulant entre deux points d’altitudes ou de charge
hydrodynamique différente, en énergie électrique.

La puissance théorique à extraire d’une centrale hydroélectrique est proportionnelle


à:

- le débit de l’eau s’écoulant dans le canal forcé ;


- la dénivellation entre les plans libre de l’eau en amont du barrage et en aval
du déversoir ;
- la masse volumique de l’eau.

16
Cette puissance théorique est donnée par l’expression suivante :

𝜌𝑔𝑄ℎ
𝑃=
1000ƞ

avec :

- 𝜌 masse volumique de l’eau [𝐾𝑔⁄𝑚3 ] ;


- 𝑔 accélération de la pesanteur [𝑚⁄𝑠 2 ] ;
- 𝑄 débit de l’eau [𝑚3 ⁄𝑠] ;
- ℎ hauteur de chute ; dénivellation entre le point de captage et le
déversoir [𝑚] ;
- ƞ rendement

L’énergie hydraulique Et absorbée par une turbine s’exprime à l’aide de


l’équation de Bernoulli.

𝑃1 𝑣12 𝑃2 𝑣22
+ 𝑔𝑧1 + = + 𝑔𝑧2 + + 𝐸𝑡 + ∆𝐻
𝜌 2 𝜌 2

Avec :

- Et Charge hydraulique absorbée par la turbine ;


- 𝑃1 𝑒𝑡 𝑃2 pressions en amont et en aval de la turbine [𝑃𝑎] ;
- 𝑣1 𝑒𝑡 𝑣2 vitesses en amont et à l’aval de la turbine à travers les
𝑚
sections vives 𝑆1 𝑒𝑡 𝑆2 en [ ];
𝑠

- 𝑧1 𝑒𝑡 𝑧2 cote altimétriques séparant des axes de 𝑆1 𝑒𝑡 𝑆2 en [𝑚] .

Selon la hauteur de chute, les centrales peuvent être classées en trois catégories :

- Centrale à haute chute : 200 m et plus ;


- Centrale à moyenne chute 30 m<h<200 m;
- Centrale à basse chute : h<30 m.

Cette classification n’est pas rigide mais elle permet de définir la catégorie des sites et
correspond de plus à des types de machines différents.

17
II.4.2.2.2 Aménagement des sites

Suivant les hauteurs de chute, les aménagements des ouvrages hydroélectriques


diffèrent ; on peut citer :

- Les centrales au fil de l’eau ;


- Les centrales de pied de barrage ;
- Les centrales intégrées dans un canal ou un système d’approvisionnement en
eau.

II.4.2.2.2.1 Aménagement au fil de l’eau

Dans les aménagements au fil de l’eau, la turbine produit de l’électricité à partir


de l’eau disponible prélevée dans le cours d’eau. Lorsque le débit du cours d’eau
descend sous le débit technique minimum nécessaire au fonctionnement de la turbine
équipant la centrale, la production cesse.

Fig12: centrale hydroélectrique Beauharmois au Québec

La figure 12 montre la centrale de Beauharmois au Québec, réalisée au fil de


l’eau avec une puissance de1660MW et une hauteur de chute 24m

18
II.4.2.2.2.2 Aménagement en pied de barrage [3]

Les aménagements de moyennes et hautes chutes utilisent des seuils pour


dériver l’eau vers la prise d’eau. L’écoulement est alors dirigé vers les turbines par une
conduite en charge forcée ou conduite forcée. Les conduites forcées étant chères, elles
sont essentiellement utilisées dans les aménagements à haute chute dont la puissance
peut être élevée bien que le débit soit faible. Une solution permettant de limiter le
coût consiste à transporter l’eau par un canal à faible pente, longeant le cours d’eau
vers une chambre de mise en charge, puis par une courte conduite forcée vers les
turbines.

Fig13: centrale hydroélectrique de Moukoukoulou

Si la topographie et la morphologie du terrain ne permettent pas l’agencement d’un


canal, une conduite à basse pression peut constituer une option économique. A la
sortie des turbines, l’eau retourne à la rivière par un canal de fuite. La centrale
hydroélectrique de Moukoukoulou ci-dessous représentée en est une belle illustration.

Pour des raisons économiques, un petit aménagement hydroélectrique n’est en général


pas compatible avec un grand réservoir permettant d’exploiter la centrale au moment
le plus approprié. Si , par contre ,le réservoir a déjà été construit à d’autres fins (
contrôle des crues, réseau d’irrigation, alimentation en eau d’une grande ville ,zone de
loisirs, etc.),il peut être possible de produire de l’électricité en turbinant soit un débit
compatible avec son utilisation première, soit le débit réservé à des fins écologiques
sortant de la retenue tel qu’illustrée par l’image ci-dessous.

19
Figure 14 : Aménagement de basse chute utilisant un barrage existant

Sinon, pour autant que le barrage ne soit pas trop haut, un système en siphon peut
être installé. Des aménagements de ce type (figure 5) fournissent une solution
élégante pour des dénivellations jusqu’à 10 mètres et pour des groupes de puissance
inférieure à 1000 kW , bien que des exceptions existent par exemple en Suède (11
MW) ou aux USA (30.5 m).La turbine peut être livré pré-monté sur le site et installé
sans modification importante du barrage.

Figure 15 : Aménagement de basse chute –montage en siphon

II.4.2.2.2.3 Aménagements intégrés dans un canal d’irrigation [3]

Deux types d’aménagements peuvent être concus pour exploiter une dénivellation
dans un canal d’irrigation :

 Le canal est localement agrandi pour installer la prise d’eau, la centrale


électrique , le canal de fuite et le by-pass latéral.La figure 16 représente un
aménagement de ce type ,avec une centrale immergée équipée d’une turbine
Kalpan et un multiplicateur à renvoi d’angle. Pour garantir en tout temps
l’alimentation en eau pour l’irrigation ,l’aménagement peut inclure un by-pass

20
latéral,comme sur la figure. Pour des raisons évidentes de coût ,une telle
solution doit être conçue en même temps que le canal.

Figure 16 :Aménagement intégré utilisant un canal d’irrigation.

 Si le canal existe déjà ,un aménagement ,comme celui représenté sur la figure
7,est une option convenable.Le canal doit être légèrement agrandi pour inclure
la prise d’eau et le déversoir.Pour réduire la largeur de la prise d’eau au
minimuim,un déversoir ayant un seuil long doit être installé.A partir de la prise
d’eau ,une conduite forcée longeant le canal dirige l’eau en pression vers la
turbine .L’eau passe dans la turbine et retourne au cours d’eau par un court
canal de fuite.

Figure 17 :Aménagement à déversoir longitudinal utilisant un canal d’irrigation.

En général,il n’ya pas de poissons dans les canaux d’irrigation et les passes à poissons
ne sont pas réquises.

21
II.4.2.2.2.4 Aménagements intégrés dans un réseau d’eau potable

L’eau potable est souvent fournie à une agglomération en transportant l’eau par une
conduite en charge depuis un réservoir d’eau amont.

Lorsque les différents d’altitude entre la chambre de captage ( ou la chambre de mise


en charge ) et l’usine de traitement (ou le réservoir de tête de réseau) sont
importantes,la pression excédentaire est habituellement dissipée dans des brise-
charge.L’installation d’une turbine à l’extrémité de la conduite permet de valoriser cette
pression en la transformant en électricité.

Figure 18 :Aménagement intégré dans un système de distribution d’eau.

II.4.2.3 Les barrages


II.4.2.3.1 Généralités
Un barrage est un ouvrage d’Art placé en travers d’un cours d’eau, destiné à retenir et
stocker de l’eau ou à la dériver [4]. Les premiers barrages utilisés par l’homme étaient
des ouvrages de retenu d’eau de faible capacité de type gabion, utilisés pour la pêche
ou les activités agropastorales.
Les techniques de la fin du XIXe et du début du XXe siècle ne permettaient pas
l’édification de retenues de grande capacité. Les premiers barrages ont surtout une
fonction de dérivation d’une partie de l’eau (écrémage) vers une conduite forcée ou
un canal d’irrigation [4].

22
L’amélioration des techniques et des bétons dans le premier quart du XXe siècle a
permis d’envisager la réalisation de retenues plus conséquentes, capables de réguler
la production hydro-électrique [4].
La géologie (nature des roches sur lesquelles sera édifié le barrage, agrégats extraits
sur place) et la topographie (largeur de la vallée), commande le type de barrage utilisé
[4]. Les barrages forment avec le terrain sur lequel ils sont construits un ensemble
indissociable : à chaque site, un type de barrage, un dimensionnement adapté tant sur
le plan technique qu'économique. C'est pourquoi il n'existe pas de barrage type
standard [4].
De plus, certains sont formés par la juxtaposition de plusieurs structures différentes
justifiées par des caractéristiques de sol de fondation particulières et aussi par des
choix économiques [4].
Les barrages peuvent être classés en deux groupes :
 Les barrages rigides, en béton ou en maçonnerie,
 Les barrages souples, en enrochement ou en terre,
Les premiers font l'objet de nombreuses méthodes de calcul basées sur la résistance
des matériaux et la théorie de l'élasticité notamment [5].
Les seconds, et surtout les barrages en terre, sont un des principaux champs
d'application de la mécanique des sols [5].

II.4.2.3.1.1 Différents types de barrage

II.3.2.1 Barrage en béton


Les barrages en béton se subdivisent en trois groupes distincts :

- Les barrage-poids ;
- Les barrages à contrefort ;
- Les barrages-voutes.

23
Les ramifications de chaque groupe sont données par la figure

Figure 19: Les différents types de barrage en béton

Typologie et description
Les petits barrages en béton se regroupent principalement en trois types :

Barrages voûtes
Ils résistent à la poussée de l'eau par leur forme qui leur permet de répercuter la
poussée hydrostatique sur la fondation par des arcs travaillant en compression. La
voûte des ouvrages de faible hauteur, peut être très mince et présente une simple
courbure [6 ].

Barrages poids
Par leur poids et par leur section trapézoïdale, ils résistent à la poussée de l'eau. Tout
comme les barrages en maçonnerie, les barrages en béton sont des ouvrages rigides
et en conséquence leur conception sera aussi conditionnée par la qualité des
fondations [6].

Barrages à contreforts
Ils sont composés d'un voile en béton armé et d'une série de contreforts destinés à
reprendre la poussée de l'eau et à la transmettre à la fondation [6-7].

24
Barrage-voûte
Il est généralement en béton dont la forme courbe permet report des efforts de
poussée de l’eau sur les rives rocheuses de la vallée [6].
Ce type de barrage convient bien lorsque la topographie permet de fermer la vallée
par une forme arquée de longueur réduite (figure 10).
Les barrages-voûtes sont en effet peu employés pour les retenues de petite hauteur.
Les conditions pour adopter une telle solution sont par ailleurs assez strictes. Nous
envisageons en effet la construction d'un barrage-voûte que lorsque la vallée est
étroite et rocheuse [6].

La qualité mécanique de la fondation est à vérifiée scrupuleusement. Sa rigidité doit


être suffisante pour que les arcs trouvent leurs appuis en première approximation,
nous devrons s'assurer que le module de déformation du rocher dépasse 4 ou 5 Gpa.
Mais elle devra également ne pas se rompre sous l'effet des contraintes élevées
transmises par la voûte [6].

Image 3 : Exemple d’un Barrage voûte (barrage de St-Pierre-Cognet)

Barrages à contreforts
Il est constitué :

- D’une série de murs parallèles, généralement de forme triangulaire, plus ou moins


épais et plus ou moins espacés (les contreforts);

25
- D’une bouchure entre les contreforts transmettant à ceux ci la poussée de l'eau.
Il est bien adapté aux vallées larges avec une fondation rocheuse de bonne qualité [9-
10 ].

Dans des vallées plus larges où le barrage-poids supposerait des volumes de béton
trop importants et où le barrage voûte ne serait pas réalisable, nous pensons à
construire des barrages à contreforts, par ailleurs beaucoup moins sensibles aux sous-
pressions que le barrage-poids, mais plus fragiles [11].

Image 4 : Barrage à contre fort (Grandval)

Barrages-poids
Les barrages poids en béton sont très proches mécaniquement des barrages en
maçonnerie [9].
Seul le poids en effet résiste, à la poussée hydrostatique, à la poussée des sédiments
et aux sous-pressions. Celles-ci ont une action déstabilisatrice très importante et il
conviendra de les diminuer à l'aide de dispositifs tels que rideaux d'injection et galeries
de drainage [9].
Quoi qu'il en soit, le calcul de l'ouvrage, par ailleurs peu complexe, devra les prendre
soigneusement en compte [11].

26
Figure 10 : Coupe transversale d’un barrage en béton

Image 5 : Barrage poids à contreforts de Plan d’Amont (Aussois)

Les barrages en remblai


Les barrages en remblai se partages en deux groupes [6]

Tableau 1: Les différents types de barrage en remblai

27
Barrage DneprGues en Ukraine

Le barrage Inga I est un barrage hydroélectrique sur le fleuve Congo en République


démocratique du Congo. Il est établi sur le site des chutes d'Inga dans la province du
Bas-Congo, à une trentaine de kilomètres au nord de la ville de Matadi. Il est avec
Inga II l'un des deux barrages hydroélectriques établis sur le site, qui pourrait à terme
en accueillir deux autres (Inga III et Grand Inga).

Le barrage a été construit en rive droite du fleuve, profitant du Nkokolo, une vallée
sèche ancien lit du fleuve, dont les berges atteignaient 150 mètres de haut au niveau
des chutes d'Inga, parallèles au site.

Un barrage, le barrage de Shongo, a permis de mettre sous eau le Nkokolo. L'eau est
captée à 10 kilomètres en amont du site du barrage Inga I, à une altitude de 125
mètres, pour atteindre 115 mètres au niveau du bief alimentant le barrage Inga I. À
cet endroit, la hauteur de chute est d'environ 45 mètres (115 - 70 mètres) entre le bief
et le flot du fleuve Congo coulant en contrebas du site.

28
Les travaux de construction de la centrale et du barrage débutèrent en 1965, et
l'inauguration intervint en 1971. La centrale hydro-électrique comprend 6 turbines
produisant chacune 60 mégawatt de puissance, soit 360 MW en t

Plan de jacinthes d'eau (Eichhornia crassipes) dérivant

Depuis lors, faute d'entretien et suite à la mauvaise gérance sous le régime Mobutu et
la situation de guerre depuis 1997, le barrage Inga I et son voisin Inga II sont dans
un état de délabrement réduisant leur capacité de 80%. La production électrique ne
dépasse pas 20%, faute de pièces de rechange. Les jacinthes d'eau sont l'une des
principales causes d'encombrement du barrage et de dégradation de ses turbines. Les
centrales électriques ne parviennent même plus à assurer une alimentation électrique
fiable à la seule ville de Kinshasa, alors que les projets initiaux prévoyaient une
alimentation de toute l'Afrique australe, justifiant également la construction de la ligne
électrique Inga-Shaba.

Le barrage Inga II est un barrage hydroélectrique sur le fleuve Congo en République


démocratique du Congo. Il est établi sur le site des chutes d'Inga dans la province du
Bas-Congo, à une trentaine de kilomètres au nord de la ville de Matadi. Il est avec
Inga I l'un des deux barrages hydroélectriques établis sur le site, qui pourrait à terme
en accueillir deux autres (Inga III et Grand Inga).

Le barrage a été construit en rive droite du fleuve, profitant du Nkokolo, une vallée
sèche ancien lit du fleuve, dont les berges atteignaient 150 mètres de haut au niveau
des chutes d'Inga, parallèles au site.

Un barrage, le barrage de Shongo, a permis de mettre sous eau le Nkokolo. L'eau est
captée à 10 kilomètres en amont du site du barrage Inga II, à une altitude de 125
mètres, pour atteindre 115 mètres au niveau du bief alimentant les barrages Inga I et
Inga II. Un canal d'une longueur de quelques centaines de mètres, situé à l'ouest du
barrage Inga I, alimente le barrage Inga II. À cet endroit, la hauteur de chute est
d'environ 50 mètres (115 - 65 mètres) entre le bief et le flot du fleuve Congo coulant
en contrebas du site.

29
L'inauguration a eu lieu en 1982. La centrale hydro-électrique comprend 8 turbines
produisant chacune 175 mégawatts, soit 1 400 MW en tout.

Depuis lors, faute d'entretien et suite à la mauvaise gérance sous le régime Mobutu et
la situation de guerre depuis 1997, le barrage Inga II et son voisin Inga I sont dans
un état de délabrement réduisant leur capacité de production électrique à 20 %, faute
de pièces de rechange. Les jacinthes d'eau sont l'une des principales causes
d'encombrement du barrage et de dégradation de ses turbines. Les centrales
électriques ne parviennent même plus à assurer une alimentation fiable à la seule ville
de Kinshasa, alors que les projets initiaux prévoyaient une alimentation de toute
l'Afrique australe, justifiant également la construction de la ligne électrique Inga-
Shaba.

nga I, II, et III ont été ou devraient être construits en rive droite du fleuve, profitant
du Nkokolo, une vallée sèche ancien lit du fleuve. Ses berges atteignaient, avant mise
sous eau, 150 mètres de haut au niveau des chutes d'Inga, parallèles au site. Il est
utilisé pour alimenter en eau Inga I et Inga II, éventuellement Inga III.

Un barrage, le barrage de Shongo, a permis de mettre sous eau le Nkokolo. L'eau est
captée à 10 kilomètres en amont du site du barrage Inga II, à une altitude de 125
mètres, pour atteindre 115 mètres au niveau du bief alimentant les barrages Inga I et
Inga II. Un canal d'une longueur de quelques centaines de mètres, situé à l'ouest du
barrage Inga I (45 mètres de dénivelé, 115-70 mètres), alimente le barrage Inga II
(50 mètres de dénivelé, 115-65 mètres). Un canal creusé en amont des deux autres
barrages permettrait d'établir le barrage Inga III en contrebas des deux autres, et
d'ainsi bénéficier d'un dénivelé de 55 mètres (115-60 mètres). Les 3 barrages
développeraient ainsi une puissance totale de 6 275 MW à pleine puissance (Inga I et
II fonctionnent actuellement à environ 20 % de leur capacité, et Inga III n'existe pas
encore).

Le barrage Grand Inga permettrait quant à lui la production de quelque 39 000 MW.
Le projet prévoit la construction d’un barrage en amont de la prise d’eau de Nkokolo,
qui permettrait de générer une retenue d’eau à une altitude de 200 mètres (contre

30
125 mètres actuellement au même endroit) dans la vallée de la rivière Bundi, qui serait
elle-même barrée quelques kilomètres plus loin par un barrage au niveau de son
confluent avec le Congo (actuellement à 45 mètres d’altitude). Entre la retenue d’eau
et le fleuve, désormais 155 mètres de dénivelé sur le deuxième fleuve le plus puissant
du monde. Une centrale ici construite permettrait de produire 39 000 MW, soit le
double du potentiel du barrage des Trois-Gorges sur le Yangzi Jiang. Pour un
investissement et des coûts écologiques sensiblement moindres qu’aux Trois-Gorges,
à Assouan ou Itaipu.

In fine, le total du complexe des barrages d'Inga (parfois dénommé lui-même "Grand
Inga") comprendrait 4 unités de production, pour une puissance totale de 45 275 MW
répartie comme suit :

 Inga I (fonctionnant actuellement à 20% de ses capacités, 45 mètres de chute) : 351


MW
 Inga II (fonctionnant actuellement à 20% de ses capacités, 50 mètres de chute): 1 424
MW
 Inga III (en projet, 55 mètres de chute) : 4 500 MW
 Grand Inga / centrale de la Bundi (en projet, 155 mètres de chute) : 39 000 MW

Production hydroélectrique du Congo

Sites hydroélectriques inventoriées au Congo Brazzaville

Département N° Cours d’eau Nom du site Puissance


MW

1 Bako Bomalinga amont 0,2


2 Bako Bomalinga aval 0,2
Sangha

3 Dibaguil Assoumoundélé 1,1


4 Dja Chutes Chollet 600 ;0
5 Ebangui Mokoko 0,5
6 Inioli Mondéko 0,4
7 Jua Souanké 13,0
8 Kandéko Indouma 1,5

31
9 Komo Douodjina 4,6
10 Koudou Néméjong 2,5
11 Koudou Seka 0,4
12 Lengoué Liouesso P.R. 1,6
13 Lengoué Liouesso amont 13,0
14 Lengoué Zoulabout 2,5
Département N° Cours d’eau Nom du site Puissance
MW

15 Libé Boudel 0,3


16 Mambali Yengo 4,0
17 Mossoko Ikamba 0,5
18 Nassok Douma 0,3
19 Sémbé Pindapendé 1,3
Sangha

20 Zoz Dongon 0,2


Total 648,1
1 Doulou Etoumbi 2,6
2 Kouyou mbama 8,4
3 Kouyou Oka 7,8
4 Lékoli Adinga 4,8
5 Lékona Kéllé 3,6
6 Likouala Etoumbi 7,2
7 Loubi Makoua 0,8
8 Loussa Owando 0,2
9 Mbessi Ekéyi campement 5,4
Cuvettes centrale et ouest

10 Mbessi Ekéyé 5,8


11 Ngoko Kébouya 6,8
12 Ngoko Ngoko 2,0
13 Ngoko Tsongo 5,2
14 Nkénié Odokango 1,2
15 Vouma Abéya 1,2
16 Vouma Ongondza 0,3
Total 63,3

32
1 Djouélé ngouékou 2,0
2 Dziélé Ngokéli 24,0
3 Komo Olombo 4,0
4 Léfini Imboulou 120,0
5 Léfini Kouémbali grande 150,0
6 Léfini Kouémbali petite 1_,0
7 Louara Ossio 2,6
8 Louara Ombima 8,6
9 Mpama Mpama 7,2
Plateaux

10 Nambouli Ngouéwiri 28,0


11 Nambouli Edzion 6,4
12 Nkéni Gamboma 14,4
13 Nkéni Aba 9,2
Total 394,4
1 Djoué Djoué 30,0
2 Ntoula 500 - 2000
3 Linzolo 1 400 - 1500
4 Linzolo 2 350 - 1300
5 Mbanza-Ndounga 650 - 2600
6 Kitéké 350 - 1300
7 Kiniangui 800 - 3100
8 Loufoulakari 60
Pool

Total 3140 -
11890

Département N° Cours d’eau Nom du site Puissance


MW

Bouenza 1 Bouenza Moukoukoulou 116,6


Niari 1 Louéssé Mourala 50,0
Lékoumou 1 Komono Komono 0,3
2 Léoué Zanaga 0,5
Total 0,8

33
Kouilou 1 Kouilou Sounda 1000,0
POTENTIEL TOTAL AU CONGO 5412,6 à
14162,6

Présentation des centrales hydroélectriques en activité au Congo

La centrale hydroélectrique du DJOUE : LA PREMIERE USINE HYDRO-


ÉLECTRIQUE DE L'A. E. F.

On sait que les régions tropicales de l'Afrique possèdent avec leurs fleuves, leurs
chutes et leurs lacs les réserves d'énergie hydro-électriques les plus considérables du
monde; mais seule une fraction infime de ce potentiel était mise en valeur dans
l'Afrique Centrale et au Congo en particulier, notamment dont le bassin versant ne
mesure que 6000 km2. Néanmoins son débit est relativement abondant (module: 122
m3/sec, soit 22.7/l/s/km2) et, en dépit d'une saison sèche déjà prononcée, régulier : le
débit d'étiage est de 110 m3/s, le débit des crues annuelles, de 300 m3/s; et un
coefficient d’écoulement de 56.5%.

Historique [1]

L'Afrique équatoriale française est entrée récemment dans la voie de


l'équipement hydro-électrique; on a inauguré le 2 février 1954 sa première usine
hydro-électrique située sur le Djoué, un peu en aval de Brazzaville. Une seconde du
même genre, mais plus petite, est en construction près de Bangui. Le Djoué est un
tout petit fleuve de 80 km de long n'est que de 1 à 4. Cette régularité remarquable
pour un si petit fleuve et pour un climat déjà tropical! tient à l'existence de nombreuses
sources par où s'écoulent les eaux infiltrées sur le plateau Batéké. On ne possédait pas
encore de renseignements sur les débits solides, mais ils ne doivent pas être
importants.

L'aménagement comprend, à l'amont, un barrage- déversoir d'une longueur de


crête de 1 88 m et d'une hauteur de retenue de 8 m (pour l'instant 6,50 m) dont les
fondations sont établies sur les grès du Karrco, ceux-là mêmes qui déterminent les

34
premiers rapides du Congo, une prise d'eau et une galerie d'amenée de 1 km qui
conduit jusqu'aux ouvrages aval situés 25 m plus bas que le niveau de retenue normal.

Ces ouvrages aval comprennent les cheminées d'équilibre, les conduites forcées,
l'usine avec deux turbines d'une puissance de 10.500 CV, enfin un canal de fuite qui
débouche dans un bras du Congo fermé maintenant par un barrage. Le débit aménagé
au cours de la première étape est de 72 m3/sec; celle de l'A.E.F., atteint presque
300.000 habitants (dont 20.000 Européens) avec une banlieue industrielle très
développée. C'est là que se trouvait provisoirement le principal débouché de la
centrale du Djoué puisque Kinshassa absorbait en pointe 70.000 kW contre 2.800 pour
Brazzaville. Mais ne prenait rien pendant la nuit, de sorte que la turbine tournait alors
pour satisfaire à la seule demande de Brazzaville : 600 kW pendant la nuit. En outre
les Belges avaient commencé à équiper leurs chutes et dans deux ans ils ne prirent
plus rien.

La puissance disponible était alors de 13.500 kW à 28.000 kW. L'usine était reliée
à la centrale de Brazzaville par une ligne à 30.000 V et à la centrale de Kinshassa par
une autre ligne de 30.000 V qui franchissait le fleuve un peu en aval.

L'écoulement d'une pareille quantité d'électricité dans un pays peu peuplé et peu
industrialisé posait un problème difficile. Il existait bien dans le voisinage de la centrale
une agglomération urbaine, Brazzaville, capitale de toute la Fédération, mais cette
capitale comptait moins de 100.000 habitants: 5.000 Européens environ et 77.000
Africains à faible capacité de consommation. Il n'existait que quelques petites
industries (tissage du coton, métallurgie, réparations de bateaux); dans l'hinterland le
plateau Batéké est désert.

35
Figure 2 : Carte de la centrale hydroélectrique du DJOUE [1]

Figure 3 : localisation du barrage sur satellite [OKOUO Christy Grace Morel]

Image 1 : du barrage du DJOUE prise le 25 Mars 2015 à 11h


[OKOUO Christy Grace Morel]

Présentation technique de la centrale du DJOUE avant réhabilitation [12]

Caractéristiques générales de l’aménagement hydroélectrique

36
Hydrologie du DJOUE :

 Bassin versant 638 0 km2 ;


 Débit moyen annuel 132,5 m 3/s ;
 Haute eaux 180 m 3/s ;
 Basses eaux 120 m 3/s ;
 Débit d’étiage 110 m 3/s ;
 Débit crues annuelles 300 m 3/s ;
 Débit crues centenaires 400 m 3/s ;
 débit aménagé 72 m 3/s.

Dispositions générales des ouvrages

Barrage :

 Retenue initiale 8 millions m 3 ;


 Longueur 185 m;
 Hauteur 10 m;
 Béton de type poids à déversoir libre
 Deux (2) vannes vidanges de fond 6 x 2,5 m.

Prise d’eau :

 Grosses grilles 48 x 3 m;
 Grilles fines 2 x15 x 7,5 m ;
 Dégrilleur
 Vanne wagon 4,80 x 5 m.

Galerie d’amenée :

 Longueur 795 m ;
 Section 25 m 2.
 Débit 72 m3/s
 En béton et creusée dans le rocher

Conduites forcées :

 Métallique

37
 Longueur 82 m
 Diamètre 3,4 m
 Vanne papillon 3,2 m

Cheminées d’équilibre :

 Diamètre 10 m
 Hauteur 16 m

Turbines :

 Fabricant NEYRPIC
 Hélice à pales fixes 6
 Débit 36 m3/s
 Vitesse nominale 250 tr/min
 Vitesse d’emballement 600 tr/min
 Chute 25 m
 Puissance 10500 CV

Alternateurs :

 Fabricant CEM
 Type WV 360-24 triphasé
 Vitesse nominale 250 tr/min
 Puissance apparente 9400 kVA
 Tension nominale 5500 V
 Courant nominal 955 A
 Facteur de puissance 0.8

Poste de transformation :

 Deux (2) transformateurs CEM 5.5/30 kV -9.4 MVA


 Deux (2) transformateurs 30/0.4 kV -250 kVA
 Un transformateur CE 30/6.6 kV-6,3 MVA

38
 Deux (2) jeux de barres 30 kV
 Trois (3) travées lignes 30 kV

CHAPITRE 3 : Généralités

Centrales hydroélectriques

Aujourd’hui, l’hydroélectricité (petite et grande) apparait comme une étape


primordiale dans la diminution de la concentration de carbone et par conséquent, dans
la réduction des émissions de CO2.

Configurations des sites

L’objectif d’une centrale hydroélectrique est de convertir l’energie potentielle et


cinétique d’une masse s’écoulant entre deux points d’altitudes différents,présentant

39
ainsi une dénivellation (ou hauteur de chute),en énergie électrique.La puissance de la
centrale est proportionnelle au débit prélévé dans le cours d’eau et à la dénivellation.

Selon la hauteur de chute, les centrales peuvent être classées en trois catégories :

Centrale à haute chute : 200 m et plus ;


Centrale à moyenne chute 30 m<h<200 m;
Centrale à basse chute : h<30 m.

Cette classification n’est pas rigide mais permet de définir la catégorie des sites.Elle
correspond de plus à des types de machines différents.

Parmi les applications, nous pouvons citer :

Les centrales au fil de l’eau ;


Les centrales de pied de barrage ;
Les centrales intégrées dans un canal ou un système d’approvisionnement en
eau.

Aménagements au fil de l’eau

Dans les aménagements au fil de l’eau, la turbine produit de l’électricité à partir


de l’eau disponible prélevée dans le cours d’eau. Lorsque le débit du cours d’eau
descend sous le débit technique minimum nécessaire au fonctionnement de la turbine
équipant la centrale, la production cesse.

Les aménagements de moyennes et hautes chutes utilisent des seuils pour


dériver l’eau vers la prise d’eau. L’écoulement est alors dirigé vers les turbines par une
conduite en charge forcée ou conduite forcée. Les conduites forcées étant chères, elles
sont essentiellement utilisées dans les aménagements à haute chute dont la puissance
peut être élevée bien que le débit soit faible. Une solution permettant de limiter le
coût consiste à transporter l’eau par un canal à faible pente, longeant le cours d’eau
vers une chambre de mise en charge, puis par une courte conduite forcée vers les
turbines. Si la topographie et la morphologie du terrain ne permettent pas
l’agencement d’un canal, une conduite à basse pression peut constituer une option
économique. A la sortie des turbines, l’eau retourne à la rivière par un canal de fuite.

40
Image 2 : illustre la centrale de Beauharmois au Québec : Puissance 1660MW ; hauteur
de chute 24m ;
source:http://www.hydroquebec.com/production/hydroelectrique/saint_laurent/beau
haois/index.html.

Aménagement en pied de barrage [3]

Pour des raisons économiques,un petit aménagement hydroélectrique n’est en général


pas compatible avec un grand réservoir permettant d’exploiter la centrale au moment
le plus approprié.Si ,par contre ,le resevoir a déjà été construit à d’autres fins ( contrôle
des crues,réseau d’irrigation,alimentation en eau d’une grande ville ,zone de
loisirs,etc.),il peut être possible de produire de l’électricité en turbinant soit un débit
compatible avec son utilisation première,soit le débit réservé à des fins écologiques
sortant de la retenue.

Figure 4 :Aménagement de basse chute utilisant un barrage existant

41
Sinon,pour autant que le barrage ne soit pas trop haut,un système en siphon peut être
installé.Des aménagements de ce type (figure 5) fournissent une solution élégante
pour des dénivellations jusqu’à 10 mètres et pour des groupes de puissance inférieure
à 1000 kW ,bien que des exceptions existent par exemple en Suède (11 MW) ou aux
USA (30.5 m).La turbine peut être livré pré-monté sur le site et installé sans
modification importante du barrage.

Figure 5 : Aménagement de basse chute –montage en siphon

Aménagements intégrés dans un canal d’irrigation [3]

Deux types d’aménagements peuvent être concus pour exploiter une dénivellation
dans un canal d’irrigation :

 Le canal est localement agrandi pour installer la prise d’eau,la centrale


électrique ,le canal de fuite et le by-pass latéral..La figure 6 représente un
aménagement de ce type ,avec une centrale immergée équipée d’une turbine
Kalpan et un multiplicateur à renvoi d’angle.Pour garantir en tout temps
l’alimentation en eau pour l’irrigation ,l’aménagement peut inclure un by-pass
latéral,comme sur la figure .Pour des raisons évidentes de coût ,une telle
solution doit être conçue en même temps que le canal.

42
Figure 6 :Aménagement intégré utilisant un canal d’irrigation.

 Si le canal existe déjà ,un aménagement ,comme celui représenté sur la figure
7,est une option convenable.Le canal doit être légèrement agrandi pour inclure
la prise d’eau et le déversoir.Pour réduire la largeur de la prise d’eau au
minimuim,un déversoir ayant un seuil long doit être installé.A partir de la prise
d’eau ,une conduite forcée longeant le canal dirige l’eau en pression vers la
turbine .L’eau passe dans la turbine et retourne au cours d’eau par un court
canal de fuite.

Figure 7 :Aménagement à déversoir longitudinal utilisant un canal d’irrigation.

En général,il n’ya pas de poissons dans les canaux d’irrigation et les passes à poissons
ne sont pas réquises.

Aménagements intégrés dans un réseau d’eau potable

43
L’eau potable est souvent fournie à une agglomération en transportant l’eau par une
conduite en charge depuis un réservoir d’eau amont.

Lorsque les différents d’altitude entre la chambre de captage ( ou la chambre de mise


en charge ) et l’usine de traitement (ou le réservoir de tête de réseau) sont
importantes,la pression excédentaire est habituellement dissipée dans des brise-
charge.L’installation d’une turbine à l’extrémité de la conduite permet de valoriser cette
pression en la transformant en électricité.

Figure 8 :Aménagement intégré dans un système de distribution d’eau.

Les barrages

Définition
Un barrage est un ouvrage d’Art placé en travers d’un cours d’eau, destiné à retenir et
stocker de l’eau ou à la dériver [4].

Les techniques de la fin du XIX e et du début du XX e siècle ne permettaient pas


l’édification de retenues de grande capacité. Les premiers barrages ont surtout une
fonction de dérivation d’une partie de l’eau (écrémage) vers une conduite forcée ou
un canal d’irrigation [4].

44
L’amélioration des techniques et des bétons dans le premier quart du XX e siècle
permet d’envisager la réalisation de retenues plus conséquentes, capables de réguler
la production hydro-électrique [4].
La géologie (nature des roches sur lesquelles sera édifié le barrage, agrégats extraits
sur place) et la topographie (largeur de la vallée), commande le type de barrage utilisé
[4].

Les barrages forment avec le terrain sur lequel ils sont construits un ensemble
indissociable : à chaque site, un type de barrage, un dimensionnement adapté tant sur
le plan technique qu'économique. C'est pourquoi il n'existe pas de barrage type
standard [4].

De plus, certains sont formés par la juxtaposition de plusieurs structures différentes


justifiées par des caractéristiques de sol de fondation particulières et aussi par des
choix économiques [4].

Les barrages peuvent être classés en deux groupes :


 Les barrages rigides, en béton ou en maçonnerie,
 Les barrages souples, en enrochement ou en terre,

Les premiers font l'objet de nombreuses méthodes de calcul basées sur la résistance
des matériaux et la théorie de l'élasticité notamment [5].
Les seconds, et surtout les barrages en terre, sont un des principaux champs
d'application de la mécanique des sols [5].

45
Différents types de barrage
Barrage en béton
Les barrages en béton se partages en trois groupes [6] (Figure 9 )

Tableau 1: Les différents types de barrage en béton

Typologie et description
Les petits barrages en béton se regroupent principalement en trois types :

Barrages voûtes
Ils résistent à la poussée de l'eau par leur forme qui leur permet de répercuter la
poussée hydrostatique sur la fondation par des arcs travaillant en compression. La
voûte des ouvrages de faible hauteur, peut être très mince et présente une simple
courbure [6 ].

Barrages poids

46
Par leur poids et par leur section trapézoïdale, ils résistent à la poussée de l'eau. Tout
comme les barrages en maçonnerie, les barrages en béton sont des ouvrages rigides
et en conséquence leur conception sera aussi conditionnée par la qualité des
fondations [6].

Barrages à contreforts
Ils sont composés d'un voile en béton armé et d'une série de contreforts destinés à
reprendre la poussée de l'eau et à la transmettre à la fondation [6-7].

Barrage-voûte
Il est généralement en béton dont la forme courbe permet report des efforts de
poussée de l’eau sur les rives rocheuses de la vallée [6].
Ce type de barrage convient bien lorsque la topographie permet de fermer la vallée
par une forme arquée de longueur réduite (figure 10).
Les barrages-voûtes sont en effet peu employés pour les retenues de petite hauteur.
Les conditions pour adopter une telle solution sont par ailleurs assez strictes. Nous
envisageons en effet la construction d'un barrage-voûte que lorsque la vallée est
étroite et rocheuse [6].

La qualité mécanique de la fondation est à vérifiée scrupuleusement. Sa rigidité doit


être suffisante pour que les arcs trouvent leurs appuis en première approximation,
nous devrons s'assurer que le module de déformation du rocher dépasse 4 ou 5 Gpa.
Mais elle devra également ne pas se rompre sous l'effet des contraintes élevées
transmises par la voûte [6].

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Image 3 : Exemple d’un Barrage voûte (barrage de St-Pierre-Cognet)

Barrages à contreforts
Il est constitué :

- D’une série de murs parallèles, généralement de forme triangulaire, plus ou moins


épais et plus ou moins espacés (les contreforts);

- D’une bouchure entre les contreforts transmettant à ceux ci la poussée de l'eau.


Il est bien adapté aux vallées larges avec une fondation rocheuse de bonne qualité [9-
10 ].

Dans des vallées plus larges où le barrage-poids supposerait des volumes de béton
trop importants et où le barrage voûte ne serait pas réalisable, nous pensons à
construire des barrages à contreforts, par ailleurs beaucoup moins sensibles aux sous-
pressions que le barrage-poids, mais plus fragiles [11].

Image 4 : Barrage à contre fort (Grandval)

48
Barrages-poids
Les barrages poids en béton sont très proches mécaniquement des barrages en
maçonnerie [9].
Seul le poids en effet résiste, à la poussée hydrostatique, à la poussée des sédiments
et aux sous-pressions. Celles-ci ont une action déstabilisatrice très importante et il
conviendra de les diminuer à l'aide de dispositifs tels que rideaux d'injection et galeries
de drainage [9].
Quoi qu'il en soit, le calcul de l'ouvrage, par ailleurs peu complexe, devra les prendre
soigneusement en compte [11].

Figure 10 : Coupe transversale d’un barrage en béton

Une vanne est constituée des éléments suivants :

 une enveloppe (corps et chapeau jointoyés) classiquement en acier ou fonte ;


 un obturateur (clapet, membrane, ...) ;

49
 un système de raccordement à la tuyauterie (soudures, vis, brides, ...) ;
 un système de manœuvre de l’obturateur (volant, levier, actionneur, ... +
tige) ;
 un système qui assure l’étanchéité dynamique vers l’extérieur (joint, presse
garnitures, ...).

FONCTIONS

Les vannes peuvent assurer jusqu’à quatre fonctions :

Une fonction d’isolement, c’est-à-dire qu’en position fermée la canalisation est


obturée. L’étanchéité interne de l’équipement, généralement assurée par des
contacts métal-métal ou métal-plastique, est donc primordiale. Par contre, en
position ouverte, la perte de charge engendrée par le robinet doit être minimale.
Le robinet doit aussi assurer le confinement du fluide vis-à-vis de
l’environnement :
 Pour lutter contre les émissions fugitives dans l’environnement, l’enveloppe
assure l’étanchéité statique de l’appareil.
 Le joint entre le corps et le chapeau joue donc un rôle prépondérant.
 Par ailleurs, un système doit assurer l’étanchéité dynamique lors des
déplacements de la tige de manoeuvre.

Il peut s’agir d’un joint en élastomère, d’un soufflet ou plus classiquement d’un presse
garnitures (ou presse - étoupes) .
On trouve aussi classiquement un dispositif d’étanchéité de secours dit « back seat »,
placé au niveau de la liaison tige obturateur .
Une fonction de sécurité pour protéger le réservoir contre des sur- ou sous-
pressions, survitesses, ... et le milieu extérieur contre une vidange du réservoir.
Une fonction de réglage du débit en fonction du degré d’ouverture du système.
Seuls certains types de robinets sont susceptibles d’être utilisés dans ce but.
Ces robinets n’équipent pas en général les réservoirs de stockage où la fonction
de régulation n’est pas nécessaire.
Une fonction de non-retour assurée par les clapets.

50
Outre ces fonctions à assurer, différents paramètres dictent le choix de(s) type(s) de
vanne(s) compatible(s) avec une installation :
 la nature du fluide ;
 les conditions de service (température, pression) ;
 la taille du robinet ;
 le type de commande du robinet ;
 la perte de charge qu’il engendre en grande ouverture ;
 la vitesse maximale du fluide dans la canalisation etc....

FAMILLES DE VANNES

a) Classement par type de commande

Les vannes peuvent être différenciées à partir des caractéristiques du système qui
permet de manœuvrer l’obturateur. Ce système peut être multi tour ou quart de tour.
Le système quart de tour est un type de commande plus rapide et plus facilement
associable à des actionneurs pneumatiques et hydrauliques que le système multi tour.

Les vannes à commande quart de tour sont du type :


– à papillon ;
– à tournant sphérique, conique ou cylindrique.

Les vannes à commande multi tour sont ainsi classiquement actionnés


manuellement à l’aide d’un volant ou par des actionneurs électriques. Par contre les
vannes à commande quart de tour sont généralement à commande manuelle à levier
ou par des actionneurs électriques, pneumatiques ou hydrauliques.

Les vannes à commande multi tour sont les suivants :


 robinets à soupape et dérivés ;
 robinets-vannes et dérivés.

51
Les dispositifs de commande manuels sont par ailleurs généralement verrouillés
(plombs ou cadenas) et les dispositifs électriques, pneumatiques et hydrauliques
peuvent a priori être commandés à distance.

b) Classement par type de déplacement de l’obturateur

On distingue les vannes à déplacement linéaire de l’obturateur des robinets à


déplacement angulaire de l’obturateur.

Lorsque le déplacement de l’obturateur est linéaire, il peut s’effectuer :


De manière perpendiculaire par rapport à la veine fluide, il s’agit des robinets
suivants :
- robinet-vanne;
- vanne murale ;
- robinet à guillotine;
- robinet-vanne à membrane ;
- robinet à lunette ;
- robinet à manchon.

De manière parallèle par rapport à la veine fluide, il s’agit des robinets suivants :
– robinet à soupape ;
– robinet à piston ;
– robinet à membrane ;
– soupape automatique de sûreté, de décharge.
Lorsque le déplacement de l’obturateur est angulaire, il s’agit des robinets
suivants :
– robinet à papillon ;
– robinet à tournant sphérique ;
– robinet à tournant cylindrique ou conique ;
– clapet à battant ou à papillon.

52
Turbines

Leur histoire

La roue hydraulique, utilisée pour la première fois en Grèce Antique, a été adoptée par
la suite dans les moulins à blé et diffusée dans l'Europe ancienne et médiévale. Les
premières roues étaient constituées d'un arbre vertical muni d’aubes ou de pales
radiales, placées dans un petit ruisseau ou dans un bief de moulin et permettaient de
produire 370W. Ensuite vint la roue à arbre horizontal connectée à une roue à aube
Verticale avait la partie inférieure plongée dans le courant, entraînant ainsi l’ensemble
avec un rendement meilleur que dans le cas d’un arbre vertical. Au fil du temps les
roues à aubes utilisèrent la partie supérieure surtout dans les montagnes ce qui
augmenta le rendement grâce à la chute d'eau. La puissance maximale de la roue
hydraulique en bois passa de 2000W à environ 37000W au cours du Moyen Âge. Avec
le développement industriel du XI ième siècle, ces roues ont été abandonnées au profit
de turbines à grande vitesse de rotation qui étaient seules capables d'utiliser la
pression des hauteurs d'eau des retenues, technique utilisée jusqu'à ce jour avec le
développement de l'énergie électrique hydraulique. C'est au milieu du XIX ième siècle,
que la première turbine à eau fut développée.

Image 6: Turbine à hélices

Leur fonctionnement

Une turbine est un moteur dont l'élément essentiel est une roue portant à sa périphérie
des ailettes ou des aubes appelées augets, mises en rotation par l'eau du barrage.
Ainsi la pression et la vitesse de l'eau entraînent la rotation de la turbine. L'arbre de
cette turbine mettra en fonctionnement l'alternateur. On retrouve principalement deux
types de turbine, les turbines à action et les turbines à réaction.

53
Lors de la conception d'un barrage les turbines hydroélectriques sont prises en charge
à fin de déterminer laquelle est la plus appropriée pour le barrage selon sa taille, son
rendement et son type. De plus, avant de réaliser un système de turbine de grande
puissance, les ingénieurs développent des modèles réduits pour étudier le
comportement de la roue de turbine en fonction de la hauteur de chute. Les lois de
similitude permettent de savoir, de manière assez précise, quelles seront les
caractéristiques de la turbine hydraulique à réaliser.

La turbine hydraulique transforme en énergie mécanique l’énergie potentielle ou


Cinétique contenue dans l’eau d’un lac, d’une rivière, d’une chute d’eau, ou d’une
quelconque dénivellation. Dans une installation employant une turbine hydraulique, on
trouve toujours une bâche d’alimentation, qui permet à l’eau de s’écouler jusqu’à
l’entrée de la turbine. C’est un distributeur muni d’aubes, qui dirigent convenablement
le jet d’eau pour qu’il arrive sur la roue mobile avec le minimum de perte. La roue de
la turbine, équipée des aguets est mise en rotation par la force centrifuge de l’eau sous
pression. Il est donc normal de dire que la puissance disponible résulte de deux
facteurs: la hauteur de la chute et le débit.

Pour que la fréquence du courant reste constante la vitesse de la turbine doit être fixe
quelques soit les variations de la pression de l'eau. Pour produire du courant à 50Hz
la vitesse de rotation de la turbine doit être de 3000tr/min.
Ce besoin nécessite des commandes pour ouvrir ou fermer les passages de l’aube
directrice, afin de réguler le débit et, dans le cas de la turbine de Kaplan, pour faire
varier le pas de l’hélice. Dans une turbine utilisant une roue de Pelton, on règle le débit
d’eau en ouvrant ou en fermant les tuyères d’alimentation. Dans ce cas il faut faire
attention à l'effet de bélier hydraulique en mettant en place une tuyère de dérivation
de trop plein.
Différents types de turbines hydrauliques:

Les turbines de type Pelton (haute-chute), muni d'augets.


Ce sont des turbines utilisées lors des hautes chutes et petits débits. Le débit des
injecteurs est réglé avec le pointeau mobile de l'injecteur (comme une vanne), ensuite

54
l'eau sort de manière cylindrique et uniforme. Elle vient immédiatement percuter des
cuillères métalliques rattachées à la roue ce sont les augets.

L'eau ensuite glissera sur les côtés de la turbine. Lorsque la chute est supérieure à
200m on utilise une conduite forcée, de l'eau acheminée depuis un réservoir supérieur
par un long tuyau, jusqu'à une tuyère. L'énergie potentielle est alors convertie en
énergie cinétique. Le jet obtenue, dirigé perpendiculairement à l'axe de la turbine (qui
est verticale) sur des augets incurvés, « rebondit » et entraine la rotation de la roue
sur laquelle ils sont fixés. On obtient ainsi de l'énergie mécanique qui permet produit
une énergie dite d'appoint, utile donc quelque heure par jour lors de fortes demandes
d'électricité aux heures de midi ou par grand froid. Ces turbines existent dans une
gamme de puissance très variée: de 1kW à plus de 12MW. Elles s'adaptent facilement
sur des chutes à débits variables puisque leur rendement n'est pas trop influencé par
les fluctuations de débits.

Image 7: Turbine Pelton

Les turbines de type Francis ou à réaction (basse chute et moyenne


chute)
Utilisées pour un fort rendement dans des chutes de 40 à 300m possédant un immense
réservoir d'eau elles arrivent à développer une puissance régulière forte qui couvre
généralement les demandes d'électricité. L'eau est mise sous pression par une

55
conduite en colimaçon dans les directrices qui mettent ensuite en mouvement
perpétuel la roue et l'arbre de la turbine pour ensuite s'écouler en dessous de la
turbine. C'est la turbine la plus utilisée pour les pressions ou les hauteurs de chute
équivalentes à une colonne d'eau de 15 à 500 mètres, créant ainsi des puissances
de l'ordre du kilowatt à plusieurs centaines de mégawatt.

Image 8: Turbine Francis

Les turbines de type Kaplan ou pompe turbine (sens de rotation


variable; appelées aussi Turbo propulseurs)

Ce type de turbine est utilisé pour des petites chutes inférieures à 30m, elles se
trouvent au fil de l'eau et non pas de réservoir. La Kaplan à la caractéristique de pouvoir
être réglable lors de son fonctionnement, parce que la roue à une forme d'hélice et on
peut développer plusieurs variantes pour réguler la puissance fournie. On les retrouve
généralement sur des barrages à faibles et très faibles chute, notamment sur les
centrales au fil de l'eau.

I
mage 9 : Turbine Kaplan

Tout compte fait, Il existe plusieurs types de machines en fonction de la hauteur de


chute et du débit. Vu les conditions hydrauliques au Luxembourg, les turbines de
Kaplan et les turbines à impulsions radiales sont celles qui se prêtent le mieux aux
petites centrales hydroélectriques. Les dernières se distinguent par une conception
simple et une grande efficacité lorsqu'elles fonctionnent en charge partielle.

Tableau 2 : Types de machines hydrauliques

56
Figure 11 : Roue hydraulique
Figure 12 : Turbine
Kaplan

Figure 13 : Turbine Pelton Figure 14: Turbine à


impulsions

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Figure 15 : Turbine Francis

58
Les stations de transfert d'énergie par pompage (STEP), en plus de produire de l'énergie à
partir de l'écoulement naturel, comportent un mode pompage permettant de stocker l'énergie
produite par d'autres types de centrales lorsque la consommation est basse, par exemple la
nuit, pour la redistribuer, en mode turbinage, lors des pics de consommation

59
Ces centrales possèdent deux bassins, un bassin supérieur et un bassin inférieur entre
lesquels est placée une machine hydroélectrique réversible : la partie hydraulique peut
fonctionner aussi bien en pompe, qu'en turbine et la partie électrique aussi bien en
moteur qu'en alternateur (machine synchrone). En mode accumulation la machine
utilise le courant fourni pour remonter l'eau du bassin inférieur vers le bassin supérieur
et en mode production la machine convertit l'énergie potentielle gravitationnelle de
l'eau en électricité.

Le rendement (rapport entre électricité consommée et électricité produite) est de


l'ordre de 82 %.

Ce type de centrale présente un intérêt économique lorsque les coûts marginaux de


production varient significativement sur une période de temps donnée (le jour, la
semaine, la saison, l'année...). Elles permettent en effet de stocker de l'énergie
gravitaire, dans les périodes où ces coûts sont bas, pour en disposer dans les périodes
où ils sont élevés.

Classement par type de fonctionnement

On distingue ainsi :

 les centrales dites "au fil de l'eau", dont la constante de vidage est généralement
inférieure à 2 heures ;
 les centrales "éclusées", dont la constante de vidage est comprise entre 2 et 200
heures ;
 les "lacs" (ou réservoirs), dont la constante de vidage est supérieure à 200 heures.

Barrage des Trois-Gorges, actuellement la centrale hydroélectrique la plus puissante, avec


22 500 MW installés.

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BIBLIOGRAPHIE

Microsoft encarta études 2008

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