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Comptabilité Speciale

Le document présente un support de cours sur la comptabilité spéciale pour les entreprises d'assurance et de réassurance, abordant les principes comptables spécifiques à ces secteurs. Il souligne l'importance d'adapter la comptabilité aux particularités des activités économiques et décrit l'organisation comptable au sein des entreprises d'assurance. Des exemples pratiques de comptabilisation des primes et des règlements sont également fournis pour illustrer les concepts discutés.

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Comptabilité Speciale

Le document présente un support de cours sur la comptabilité spéciale pour les entreprises d'assurance et de réassurance, abordant les principes comptables spécifiques à ces secteurs. Il souligne l'importance d'adapter la comptabilité aux particularités des activités économiques et décrit l'organisation comptable au sein des entreprises d'assurance. Des exemples pratiques de comptabilisation des primes et des règlements sont également fournis pour illustrer les concepts discutés.

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REPUBLIQUE DU CAMEROUN

REPUBLIC OF CAMEROON
PAIX -TRAVAIL -PATRIE
PEACE- WORK- FATHERLAND
*******
*******
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
MINISTRY OF HIGHER EDUCATION
******
*******
INSTITUT SUPERIEUR GERMINAL DE MOKOLO
GERMINAL HIGHER INSTITUTE OF MOKOLO
*******
*******
DIRECTION GENERALE
GENERAL MANAGEMENT
******* *******
LeLe choix
choix dede
lala réussite
réussite

INSTITUT SUPERIEUR GERMINAL DE MOKOLO


GERMINAL HIGHER INSTITUTE OF MOKOLO
Autorisation Spéciale No 24-00048/L/MINESUP/SG/DDES/ESUP/SDA/AOSB

2024 / 2025

Niveau : LICENCE III

Comptabilité et Finance
Support de Cours

COMPTABILITE SPECIALE

Dr. AVERESCOU DE GAULE LIMAN


Ph.D. en Sciences de Gestion
Conseiller Fiscal et Partenaire Fiscal Intégré du CRIEN

Février 2025

1
Introduction générale

D’une manière générale, la comptabilité est une science universelle dont la tenue ne devrait pas
faire l’objet d’une différence notable dans les espaces différents. Pour cela, les principes
comptables ont été établis afin d’assurer au moins dans les espaces relativement homogènes des
comparaisons fiables de la situation des entreprises.

On peut également noter que la comptabilité est une science sujette à des obligations fermes à
respecter et qui confère la possibilité de recourir aux juges en cas de dérogation non prévue.
Dans la pratique, le plan comptable tel qu’édité selon le système comptable OHADA n’a pas
tenu compte des particularités de certaines entreprises et c’est ainsi que certains secteurs
d’activité ne peuvent pas utiliser totalement ou partiellement le SYSCOHADA, ont mis sur pied
leurs propres plan comptable (plan comptable spécifique). A titre d’exemple, on peut citer :

- Le plan comptable des entreprises d’assurances et de réassurances régit par le code CIMA
(conseil interafricain des marchés d’assurances) ;
- Le plan comptable des firmes bancaires régit par la COBAC.

L’importance de ce cours de comptabilité spéciale est qu’elle tient compte des spécificités de
tous les secteurs d’activités économiques en s’appuyant sur les principes fondamentaux. Nous
allons dans le cadre de ce cours nous intéresser à la comptabilité des entreprises telles que :

 Les entreprises d’assurance et de réassurance


 Les entreprises immobilières
 Les entreprises des bâtiments et travaux publics
 Les firmes bancaires

2
Chapitre 1 : La comptabilité des entreprises d’assurance et de réassurance

Nous allons dans le cadre de cette comptabilité présenté l’originalité des entreprises
d’assurances et de réassurances (I), ensuite les principes comptables généraux qui font l’objet
d’une interprétation particulière dans les entreprises d’assurances et de réassurances (II) et
enfin, nous présenterons l’organisation comptable au sein de ces entreprises (III).

I. Originalité des entreprises d’assurances et de réassurances

Les entreprises d’assurances se caractérisent par une inversion du cycle de production et par un
décalage entre la survenance du fait dommageable générateur du paiement des indemnités et le
règlement effectif de ces indemnités.

1. Inversion du cycle de la production

Les compagnies d’assurances n’achètent pas de marchandises pour les revendre comme dans
les sociétés de commerce. Elles vendent un produit (le contrat d’assurance) et rende ensuite le
service correspondant (le paiement d’un sinistre par exemple). Ce qui est appelé inversion du
cycle de production dans les entreprises d’assurances.

2. Le décalage entre survenance du fait dommageable et le règlement effectif des


indemnités

Ceci est valable en assurance automobile et non en assurance vie. Car en assurance vie, ce
décalage n’existe pas pratiquement, mais les opérations se dénouent à long terme. Les primes
encaissées restent longtemps à la disposition de l’assureur avant d’être frappée d’un sinistre. Ce
double phénomène entraine les conséquences suivantes :
- L’assureur détient une masse importante des capitaux qu’il devra gérer d’où l’importance
des actifs immobilisés et des résultats financiers (produit et plus ou moins-value sur cession
d’élément d’actif) ;
- L’assureur ne sera alerté par aucun signal d’alarme en cas de difficulté à faire face à ses
engagements d’où l’importance des provisions techniques ;
- L’assureur ne connait son prix de revient à long terme d’où la nécessité d’avoir pendant
les premiers exercices recours à des provisions pour sinistre à payer pour une large part sont
des estimations pour des évaluations ;
- La non-concordance possible entre l’exercice de comptabilisation de la prime et celui de la
survenance du fait dommageable implique l’utilisation d’un compte de répartition des
produits dans le temps ;

3
- La non-concordance entre l’exercice du fait dommageable et celui d’indemnité nécessité
pour les besoins d’exploitation une double comptabilisation par exercice de règlement et
par exercice de survenance pour les assurances IARD (indemnité, Accident, risques,
divers).

II. Les principes comptables généraux et comptabilité des assurances

Parmi les principes comptables généraux, nous évoquerons ceux qui font l’objet d’une
interprétation particulière.

1. Le principe de la permanence des méthodes

Les états financiers doivent pouvoir faire l’objet de comparaison dans le temps, ce qui nécessite
une constance dans leurs méthodes d’élaboration. Le législateur a précisé en assurance,
l’utilisation conjoint de plusieurs méthodes pour le calcul des provisions techniques. Les
méthodes dégageant le résultat le plus élevé devant par groupe des risques homogènes être
retenu.

2. Le principe de prudence

Il consiste à apprécier raisonnablement les faits et risques probables. Le législateur en assurance


a prévu pour les obligations que la perte résultant de la baisse du cours de bourse à l’inventaire
peut être comptabilisé que partiellement. Si la valeur de remboursement à l’échéance est
supérieure à ce cours : il s’agit là d’une adaptation à ce principe. Le législateur ayant pris en
compte le fait que l’assureur n’a généralement pas de problème de trésorerie. Il peut considérer
la baisse de cours comme passagère et atteindre l’échéance de remboursement.

3. Le principe de non-compensation

Les éléments de l’actif et du passif doivent faire l’objet des variations séparées, il en est de
même pour les charges des produits. Le code des assurances admet à l’inventaire la
compensation ente les pertes résultant de la baisse des cours et les bénéfices potentiels
provenant de la hausse de ces cours.

4. Le principe de spécialisation des exercices

Le résultat de chaque exercice doit être indépendant de celui qui le précède et de celui qui le
suit. Pour les opérations autres que la vie et la comptabilisation, le principe de la spécialisation
des exercices s’étend à la notion d’exercice d’assurance : exercice de prise des faits de la
garantie des primes, exercice de survenance pour les risques divers.

4
5. Le principe s’étend à la notion d’exercice d’assurance

Exercice de prise de fait de la garantie pour les primes, exercice de survenance pour les risques
divers ou bien exercice de souscription de la police pour les assurances maritimes et de
transport.

6. Le principe du coût historique

Les immobilisations et les stocks sont évalués à leurs coûts historiques d’entrée dans le
patrimoine de l’entreprise ou coût d’acquisition dans les entreprises d’assurances. Il faut
toutefois souligner sur ce plan, une particularité de comptabilisation des avoirs et engagement
en monnaie étrangère.

III. Organisation de la comptabilité des entreprises d’assurances et de réassurances.

Nous présentons en premier lieu la comptabilité de l’agence et ensuite la comptabilité des


placements et enfin la comptabilité des opérations de réassurance.

1. La comptabilité de l’agence

Parmi les intermédiaires habiletés à présenter les opérations d’assurances, l’article 511 alinéa 1
cite notamment les agents généraux et les courtiers. L’AFNOR définit l’agent général comme
une personne physique mandataire d’une ou plusieurs entreprises d’assurances et à gérer des
contrats d’assurance souscrits dans les limites et conditions fixées par son traité de nomination.
Le rôle de la comptabilité agence consiste à suivre les comptes individuels de chaque agent.
Elle centralise les informations :

- Soit en provenance de service intérieur de la société : émissions des primes, avis de


reclassement débiteur ou créditeur ;
- Soit en provenance de l’agent : règlement des sinistres, encaissement des recours,
mouvement des fonds entre la compagnie et l’agent, quittance retournée pour annulation.

Plusieurs sociétés d’assurance utilisent dont les intermédiaires qui, pour le compte de celle-ci
prospect et effectue des multiples opérations auprès des assurés. Pour cette raison, nous avons
pensé aborder la comptabilité des sociétés d’assurances au travers des opérations réalisées avec
les agents.

NB : il s’agit de la comptabilité de l’agence et non celle de l’agent qui tient lui-même sa


comptabilité de façon classique à son agence.

5
1.1. Comptabilisation des primes

On dit que la société d’assurance travail en émission des primes, car elle enregistre directement
en comptabilité avant même que l’assuré n’ait payé l’émission des contrats effectués par leurs
services. On distingue les primes à terme et les primes au comptant.

Les primes à terme sont celle ordonnancées à partir de l’échéancier mensuel pour les contrats à
« tacite reconduction ». Pourtant les primes au comptant regroupent toutes celles qui ne sont
pas à terme.

Il s’agit par exemple des primes sur affaire nouvelle. Il peut arriver que les quittances émises
par la société soient retournées pour annulation. Nous allons examiner ces deux cas :

- Emission de la prime : lors de l’émission de la prime ou du contrat plusieurs éléments sont à


calculer pour pouvoir les ventiler lors de la comptabilisation. En effet, il convient de connaitre
le montant que la société va verser à l’Etat et d’autre part le montant de la commission donnée
sur ce contrat à l’agent. En comptabilité, on passe deux écritures : l’engagement de la quittance
et la constatation du versement de la commission sur quittance.

D C Libellés D C
411 Agent X
70 Primes émises X
435 Taxe dû à l’Etat X
(commission de la quittance)
Commission
65 Agent X
411 (constatation de la prime) X

- Le retour des quittances : lorsque l’agent retourne les quittances qu’il n’a pas encore encaissé
par divers motifs, la société enregistre que l’agent ne le doit plus mais en contrepartie récupère
la commission et la taxe. En comptabilité on passe généralement deux écritures : l’annulation
de la quittance et la reprise de la commission.

D C Libellés D C
70 Primes émises X
435 Taxe dû à l’Etat X
411 Agent X
(Annulation de la quittance)

Client
411 Commission X
65 (reprise de la commission) X

6
Application : le 01/12/2023, un bordereau de quittance de 1 000 000F de primes net est émis.
La commission de l’agent est de 20% et le taux de l’agent 10%. Le 31/12/2023 l’agent retourne
200 000F de quittance à terme pour annulation.

TAF : Enregistrer les opérations dans la comptabilité de l’entreprise

Solution
Prime net = 1 000 000 Pnette = 200 000
Prime TTC = 1 000 000*1,1 = 1 100 000 Prime TTC = 200 000*1,1 = 220 000
Taxe = 100 000 Taxe = 20 000
Commission = 1 000 000*20% = 200 000 Commission = 200 000*20% = 40 000

D C Libellés D C
01/12/2023
411 Agent 1 100 000
70 Primes émises 1 000 000
435 Taxe dû à l’Etat 100 000
(commission de la quittance)
65 200 000
Commission
411 200 000
Agent
(constatation de la prime)
30/12/2023
70 Primes émises 200 000
435 Taxe dû à l’Etat 20 000
411 Agent 220 000
(Annulation de la quittance)
411 Client 40 000
65 Commission 40 000
(reprise de la commission)

1.2. La comptabilisation des règlements

L’agent en tant mandataire de la société peut être amené à effectuer des paiements des sinistres
ou des encaissements, des recours auprès des tiers. De même, la compagnie peut effectuer des
règlements pour le compte de l’agent ou parfois lui accorder de frais de publicité.

Application : au cours du mois du 12/2023, Protective a réalisé les opérations suivantes avec
son agent.
Le 11/12 l’agent paye des sinistres pour 150 000F et encaisse des recours pour 50 000F.

Le 14/12 Protective a règle pour le compte de l’agent les frais pour fourniture de bureau 10 000F
et lui a accordé un forfait postal mensuel pour 5 000F ainsi qu’une commission de gestion de
sinistre de 1%.

7
TAF : Journaliser ces opérations dans la comptabilité de Protective

Solution

D C Libellés D C
11/12/2023
60 Sinistre 150 000
411 Agent 150 000
(paiement sinistre)
Agent
411 Sinistre 50 000
60 (encaissement recours) 50 000
14/12/2023
411 Agent 10 000
66 Frais divers de gestion 10 000
(paiement pour fourniture de bureau)
Frais divers de gestion
66 5 000
Commission pour sinistre (150 000*1%)
65 1500
Agent
411 6 500
(Accord frais postal et commission)

1.3. Les mouvements du compte

L’agent envoi régulièrement les fonds à la compagnie, fonds reçus des assurés en paiement de
leurs quittances. Par ailleurs, la société peut lui faire occasionnellement parvenir les fonds en
vue de payer lui-même un sinistre important. Ces mouvements de fonds se font généralement
par virement bancaire et parfois par chèque.

Application : Pendant le mois de décembre 2023, l’agent de la société Protective veut payer un
sinistre important de 2 000 000F, mais pour ce faire, il adresse une demande de 2 000 000F le
10/12 que la société effectuée immédiatement par virement bancaire.
Le 15/12, la société Protective lui accorde 1% de frais de gestion du sinistre.
Le 31/12 l’agent fait parvenir à la société un virement de 500 000F.
TAF : journaliser ces opération dans la comptabilité de protective.

Solution

D C Libellés D C
10/12/2023
411 Agent 2 000 000
56 Banque 2000 000
(avance de fonds à l’agent)

8
60 Sinistre
411 Agent 2000 000
(Règlement sinistre) 2000 000
15/12/2023
65 Commission pour sinistre 20 000
411 Agent 20000
(constatation commission)

31/12/2023
56 Banque 500 000
411 Agent 500 000
(virement reçu)

1.4- Les quittance en retard

Ce sont celles qui n’ont pas encore été réglées par les assurés jusqu’à la clôture du mois. Il
importe à l’agent de faire un récapitulatif de ces états impayés et faire parvenir à la société pour
que celle-ci défalque du compte courant agent. Il convient à cet effet d’enlever sur le solde dû
par l’agent le montant de quittances qu’il n’a pu réellement encaisser sans oublier de leur
réincorporer dans son compte le mois souvent tant qu’ils ne les retournent pas pour annulation.

Application : Le 30/12 l’agent de la société protective a fait parvenir à la société un état de


quittance impayée de 300000F de prime nette, taux de la taxe 10% et 20%.

TAF : Procéder à la clôture le 31/12 N et à la réouverture des états impayés à l’année 01/01
N+1

Solution

D C Libellés D C
31/12/N
49 Compte d’attente 330 000
411 Agent 330 000
(Retour quittance sur commission)
Agent
411 Compte d’attente 60 000
49 (reprise de la commission sur état impayé) 60 000
01/01/N+1
411 Agent 330 000
49 Compte d’attente 330 000
(règlement quittances)
49 Compta d’attente 60 000
411 Agent 60 000
(retour quittance sur commission)

9
1.5. Présentation du compte courant agent

Le compte courant agent est un état récapitulatif dressé par la société qui reprend dans un
compte synthétique les opérations mensuelles effectuées avec chacun des agents. Etant donné,
les multiples opérations effectuées entre la société et les agents, ils s’avèrent nécessaire de
récapituler pour chacun des agents les opérations mensuelles dans un compte où les
mouvements comptables sont présentés, regroupées par rubrique. Le tableau suivant fait un
regroupement des éléments pouvant se retrouver dans le compte courant agent.

Libellés Débit Crédit


Solde à nouveau Dû à la compagnie Dû par la compagnie
A -Bordereau de prime au comptant -Prime totale -Commission
-Prime à terme -Prime totale -Commission
B Retour des quittances Commission Prime totale
C Bordereau de règlement Encaissement de l’agent Paiement des sinistres
(recours)
D Mouvements des fonds Fonds adressé par la Fonds adressé par
compagnie à l’agent l’agent à la compagnie
E Divers solde créditeurs ou débiteurs Dû à l’agent Dû par l’agent
à déterminer
Total

Application : Durant le mois de décembre 2023, la société protective a réalisé un certain


nombre d’opérations avec son agent principal Mr Onana aux conditions suivantes :
- Taux de la commission : 20%
- Taux de la taxe : 10%
- Taux de commission pour gestion du sinistre : 1%
Le 01/12/N, un bordereau de 1 000 000 de quittance prime nette est émise,
Le 02/12/N l’agent paye les sinistres pour 150 000 et encaisse des recours pour 50 000,
Le 10/12 l’agent veut payer un sinistre important de 2 000 000 mais pour ce faire, il dresse une
demande d’avance de 2 000 000 que la société effectue immédiatement par virement bancaire,
Le 14/12 protective a réglé pour le compte de l’agent, les frais de fourniture bureau 10 000 et
lui accorde un forfait postal mensuel de 5 000 ainsi une commission pour gestion du sinistre le
02/12.
Le 15/12 le sinistre annoncé le 10/12 est effectivement payé par l’agent et la société lui a
accordé les commissions pour gestion du sinistre.
Le 30 /12, l’agent fait parvenir à la société, un virement de 500 000 et 200 000 de quittance à
terme pour annulation.
Le 31/12, l’agent de la société a fait parvenir à celle-ci un état de quittance impayée de 300 000
de prime nette.

10
TAF : 1) Enregistrer dans la comptabilité de la société les opérations qui s’imposent.
2) Présenter le compte courant agent et calculer le solde sachant que le solde d’ouverture
était de 520 000.
Solution
1) l’enregistrement des opérations

D C Libellés D C
01/12/2023
411 Agent 1 100 000
70 Prime sur commission 1 000 000
435 Taxe dû à l’état 100 000
(Commission de la prime)

commission
65 Agent 200 000
411 200 000
02/12/2023
60 Sinistre 150 000
411 Agent 150 000
(paiement sinistre)

411 Agent 50 000


Sinistre
60 50 000
(encaissement de recours)

10/12/2023
411 Agent 2 000 000
56 Banque 2 000 000
(virement bancaire, avance de fonds de l’agent)

14/12/2023
411 Agent 10 000
66 Frais divers de gestion 10 000
(paiement de fourniture de bureau)
66 Frais divers de gestion 5 000
65 Commission pour sinistre 1 500
411 Agent 6 500
(Règlement fourniture bureau et commission)

15/12/2023
60 Sinistre 2 000 000
411 Agent 2 000 000
(règlement sinistre)
65 Commission 20 000
41 Agent 20 000
(constatation commission)

11
30/12/2023
56 Banque 500 000
41 Agent 500 000
(virement de l’agent)
70 Prime sur commission 200 000
435 Taxe dû 20 000
41 Agent 220 000
(annulation de la quittance)
411 Agent 40 000
65 Commission 40 000
(reprise sur commission)
31/12/2023
49 Compte d’attente 330 000
41 Agent 330 000
(retour quittance sur commission)
411 Agent 60 000
49 Compte d’attente 60 000
(reprise sur commission 300 000*20%)

2) le compte courant agent et calculer le solde

Libellés Débit Crédit


Solde à nouveau 520 000 -
Bordereaux primes 1 100 000 200 000
Retour quittance 100 000 550 000
Bordereau de règlement 50 000 2 150 000
Mouvements de fonds 2 000 000 500 000
Commission diverse gestion sinistre - 21 500 + 5000
Fourniture de bureau 10 000 -
Solde (débiteur) - 353 500
Total 3 780 000 3 780 000

Il ressort de ce tableau que l’agent doit à sa compagnie 353 500F.

2. La comptabilité des placements

Comme nous avons signalé au début de ce chapitre, les compagnies investissent dans les valeurs
immeubles, de ce fait et compte tenu du nombre important, les transactions, un service est
chargé d’enregistrer les entrées et les sorties des valeurs et de comptabiliser les plus-values
réalisées ainsi que les revenus et les frais de gestion de portefeuille placement.

12
La comptabilisation des achats de valeur est faite au prix d’achat. Les frais d’achat sont
enregistrés au compte 67 (frais financier) pour les immeubles, les frais d’inscription sont portés
dans le compte 204 (frais d’acquisition des immobilisations) qui peuvent être amortie en totalité
la première ou une fraction sur cinq ans maximum.

2.1. La comptabilisation des entrées et sorties de valeurs

Le plan comptable des assurances relient pour les sorties et les entrées des valeurs :
- la méthode des prix d’achat moyen pondéré (PAMP) pour les cessions des titres acquis
antérieurement (avant le 31/12/N)
- la method FIFO (First in first out)

Les achats sont enregistrés sans tenir compte des frais et pour déterminer le prix de sortie, on
prend le PAM unitaire que l’on multiplie par le nombre du titre vendu.

Application : Les opérations suivantes ont été réalisées par l’entreprise Protective plus pendant
le mois de janvier concernant les actions troc :
- le 02/01 achat de 100 actions à 15 000F, frais 30 000F
- le 05/01 achat de 100 actions à 17 000F, frais 35 000F
- le 10/01 vente de 50 actions pour 882 000F
- le 15/01 vente de 50 actions pour 833 000F
- le 20/01 achat de 100 actions à 15 000F, frais 30 000F
- le 25/01 vente de 50 actions pour 735 000F
TAF : Présenter la fiche de stock selon la méthode PAMP et enregistrer les opérations dans le
journal de l’entreprise

Solution

- fiche de stock

Date Libellés Entrée Sortie Stock


Qté PU MT Qté PU MT Qté PU MT
02/01 Achat 100 15 000 1 500 000 - - - 100 15 000 1 500 000
05/01 Achat 100 17 000 1 700 000 - - - 200 16 000 3 200 000
10/01 Vente - - - 50 16 000 800 000 150 16 000 2 400 000
15/01 Vente - - - 50 1 6000 800 000 100 16 000 1 600 000
20/01 Achat 100 15 000 1 500 000 - - - 200 15 500 3 100 000
25/01 Vente - - - 50 15 500 775 000 150 15 500 2 325 000

13
- Enregistrement des opérations

D C Libellés D C
02/01
23 Valeur mobilière 1 500 000
675 Frais financier 30 000 1 530 000
56 Banque
(achat de 100 titres)
05/01
Valeur mobilière
23 1 700 000
Frais financier
675 35 000 1 735 000
Banque
56
(achat de 100 titres)
10/01
56 Banque 882 000

23 Valeur mobilière 800 000


845 Plus-value 82 000
(vente de 50 actions)
15/01
56 Banque
23 Valeur mobilière 833 000
845 Frais financier 800 000
(vente de 50 titres) 33 000
20/01
23 Valeur mobilière 1 500 000
675 Frais financier 30 000
56 Banque 1 530 000
(achat des titres)
25/01
56 Banque 735 000
840 Moins-value 40 000
23 Valeur mobilière 775 000
(vente des titres)

2.2. Les obligations du plan comptable

La tenue du livre comptable suivant est obligatoire : le journal divisionnaire, le grand livre
(ensemble de compte ouvert dans le compte de l’entreprise). Ce livre comptable doit être tenu
au jour le jour et sans blanc. En ce qui concerne le grand livre, il doit être tenu dans l’ordre de
plan comptable allégé (PCA).

3. Les entreprises de réassurances

La réassurance est une technique par laquelle l’assureur direct appelé cédant cède une partie de
sinistre à un réassureur. Cette technique répond à deux objectifs, d’une part augmente la
capacité de souscription de réassureur direct et d’autre part diviser un risque souscrit.

14
L’incidence de réassurance sur la comptabilité est très grande. En effet, il importe de présenter
les comptes de cession en réassurance en diminution de compte d’exploitation pour conserver
l’homogénéité de compréhension de résultat. Il est à noter par ailleurs que tout le contrat de
réassurance appelé traité dénonciable et révisable annuellement. Ceci entraine les calculs des
arrêtés des comptes. Prendrons en compte, la prime et sinistre que débordent du traité (entrée
et sortie de portefeuille). En fin, les multiples opérations que s’effectuent entre assureur et
réassureur entrainent la création de compte courant d’une part et d’autre part des comptes
d’exploitation (dépôt).

3.1. Les différentes sortes de traité de réassurance

On distingue deux types de traité : les traités proportionnels et les traités non proportionnels.

3.1.1. Les traités proportionnels

Ils sont appelés proportionnels parce que l’assureur cédant (assureur direct) donne au réassureur
une partie de prime qu’il a encaissé en contrepartie. Celui-ci lui rembourse une partie du sinistre
en fonction du pourcentage de la prime que l’assureur direct lui a versé. Il existe deux sortes de
traités proportionnels : le traité en participation ou en quotte part et le traité en excédant de
capitaux.

3.1.2. Les traités non proportionnels

Alors que les traités proportionnels étaient basés sur la cession par l’excédent d’une partie de
prime par le réassureur, les traités non proportionnels ne prennent que la base le sinistre. Une
étude statistique est effectuée par le réassureur sur une base des données. En fonction du
résultat, le réassureur demandera à l’assureur direct une rémunération forfaitaire pour l’année
et en contrepartie, il prendra en charge une partie du sinistre selon le terme du traité. On
distingue également deux types de traité non proportionnel : le traité en excédant de sinistre et
le traité en excédant du taux de sinistre.

3.2. Les comptes de réassurances

Les opérations comptables que découlent que nous venons d’exposer sont regroupées dans le
compte courant tenu pour chacun de réassureur par l’assureur direct. Pour comptabiliser les
opérations au compte courant, l’assureur direct dresse les comptes techniques 100% par
exercice.

3.2.1. Les comptes techniques

15
Les comptes sont dressés par le cédant pour le montant réassuré. La comptabilisation pour
chaque réassureur intervenant sera effectuée en fonction du résultat du compte global et du
pourcentage revenant à chaque réassureur.

Application : l’entreprise Protective Plus se réassure par la catégorie incendie, risque agricole
par un traité de quotte part auprès de différents réassureurs donc la participation dépend des
exercices.

Réassureurs Exercice 2017 Exercice 2018


A 10% -
B 20% 20%
C 10% 20%
D - 10%
Total 40% 50%
Les renseignements comptables sont les suivants :
- Prime de 2007 comptabilisée en 2008 : 35 000 000
- Prime de 2008 comptabilisée en 2008 : 41 000 000
- Sinistre de 2008 comptabilisée en 2008 : 7 800 000
- Les traités inclus que la commission de réassurance est de 30% et que les entrées et sorties
de portefeuille devront être calculées au taux de 40%.

TAF : 1) Présenter le compte technique 100% de 2007 et 2008 en 2008


2) Calculer la part de chaque réassureur dans les comptes techniques et journaliser

Solution

1) -compte technique 100% de 2007 en 2008


Part de Réassurance en 2007
RéaA = 9 800 000/40% = 24 500 000*10%= 2 450 000
RéaB= 24 500 000*20% = 4 900 000
RéaC = 24 500 000*10% = 2 450 000

Eléments D C
Sortie du portefeuille
- Prime (35 000 000*40%) 14 000 000 -
- Commission (14 000 000*30%) - 4 200 000
Solde (débiteur) 9 800 000
Total 14 000 000 14 000 000

16
-compte technique 100% de 2008 en 2008
Prime2008 : 41 000 000*50% = 20 500 000
Commission2008 : 20 500 000*30% = 6 150 000
Sinistre = 7 800 000*50% = 3 900 000
Eléments D C
Entrée de portefeuille
- Prime (2007) - 14 000 000
- Commission (2007) 4 200 000 -
- Prime (2008) - 20 500 000
- Commission (2008) 6 150 000 -
- Sinistre 3 900 000 -
Solde (créditeur) 20 250 000 -
Total 34 500 000 34 500 000

Part de Réassurance en 2008


Part = 20 250 000/50% = 40 500 000
RéaB= 40 500 000*20% = 8 100 000
RéaC = 40 500 000*20% = 8 100 000
RéaD= 40 500 000*10% = 4 050 000
CommRéaA = 4 200 000/4= 1 050 000
Compte courant (B, C, D) = (5 650 000 + 4 050 000 + 3 200 000) – 2 450 000 = 10 450 000

D RéaA C D RéaB C
2 450 000 4 900 000 8 100 000
SD : 2 450 000 SC : 3 200 000
2 450 000 2 450 000 8 100 000 8 100 000

D RéaC C D RéaD C
2 450 000 8 100 000 4 050 000
SC : 5 650 000 SC : 4 050 000
8 100 000 8 100 000 8 100 000 8 100 000

17
Le journal de l’entreprise

D C Libellés D C
75 Commission réassurance 1 050 000
400 Compte courant RéaA 2 450 000
709 Part RéaA 3 500 000
(sortie de RéaA)
709 Part de réassurance (B, C, D) 20 500 000
400
609 Compte courant (B, C, D) 10 450 000
75 Part sinistre 3 900 000
Commission 6 150 000
(enregistrement de traité 2008)
56

18
Chapitre 2 : Comptabilité des entreprises immobilières

Les entreprises immobilières ont pour principale activité location et la transaction


d’immobilisation appartenant à autrui. Ces immeubles sont construits à des fins de louage ou à
des fins de transaction. Dans ce chapitre, nous présenterons dans un premier point les
spécificités de la comptabilité immobilière et dans un second temps, l’organisation de la
comptabilité au sein de ces entreprises.

I. Spécificité de la gestion immobilière

L’agent est un intermédiaire entre bailleur et un locataire ou entre un propriétaire d’immeuble


et locataires. Nous étudierons dans un premier temps à relation avec le bailleur et le locataire et
dans un second temps sa relation avec le propriétaire d’immeuble et l’acquéreur.

1. Les locations d’immeuble

Un immeuble peut être loué soit à usage d’habitation soit à usage commercial.

1.1. Location à usage d’habitation

Le bailleur rend un énorme service aux locataires qui sont de mettre à la disponibilité de ce
dernier un immeuble lui appartenant en contrepartie de ce service, il paie le loyer. Le contrat
qui lie les deux parties peut être un bail (contrat écrit ou un engagement). Le prix du loyer tient
compte de la surface à laquelle on applique le coefficient divers destiné à tenir compte di
confort, de la situation géographique, de l’entretien et de l’existence des infrastructures
structurant (eau, électricité, gaz, internet). Il tient compte également de certaines charges
locatives. C’est ainsi que le propriétaire a le droit d’exiger le remboursement de certaines
charges. Ces charges sont dites récupérables peuvent être regroupées en trois catégories. Les
prestations individuelles, les prestations collectives et taxes locatives.
Les taxes locatives récupérables : elles concernent les nettoyages des égouts, des ordures
ménagères et de plus en plus, on parle d’épuration.
Les prestations individuelles : concernent l’échauffement, l’électricité, l’eau, l’internet, la
télévision, le téléphone.
Les prestations collectives : concernent l’entretien et l’éclairage commun.
Les propriétaires doivent tenir à la disponibilité du locataire 15 jours avant l’échéance la
justification tant des dépenses engagées par lui comme celles engagées par le locataire. Lorsque
l’imputation rigoureuse de certaines charges collectives n’est pas possible, on divise
proportionnellement le montant du loyer.

19
On peut noter par ailleurs les charges non récupérables qui concernent le plus souvent les
grosses réparations, les impôts fonciers, les frais de concierge, frais de gérance et frais
d’assurance.

1.2. La location à usage commercial

Le contrat de louage dispose que la location à but commercial peut être constatée par un bail
écrit ou verbal. La pratique du bail écrit d’une courte durée est très répandue. Dans le cadre de
la législation sur le droit de propriété commerciale, la protection du locataire est règlementée.
Dans la fixation du prix du bail renouvelle ou lors des révisions du loyer, le tribunal joue un
rôle très important. En matière commerciale, la fixation du montant des charges est laissée à la
libre discussion des parties. Certains impôts et charges sont souvent le pourcentage du coût du
loyer.

2. Les transactions immobilières

Elles se fondent à travers les agences immobilières que doivent disposer d’une garantie
financière suffisante. Elles auront l’obligation de disposer dans leur comptabilité d’un compte
banque bloqué appelé compte banque séquestre. L’agent ne doit utiliser ce compte que pour
la transaction exclusivement.
Une transaction immobilière met en relation au moins 03 individus : l’acquéreur, l’agent
immobilier et l’acheteur. Cependant, d’autres personnes peuvent intervenir, il s’agit par
exemple du notaire, de l’agent commercial généralement appelé négociateur immobilier qui
est un consultant auprès de l’entreprise immobilière.

II. Organisation de la comptabilité

Cette organisation portera d’une part sur les locataires d’immeubles et sur les transactions
d’immeuble d’autre part.

1. Les locations d’immeubles


Ici, on peut distinguer deux cas, le cas où le gérant de plusieurs immeubles et celui du gérant
d’un seul immeuble.

1.1. Cas de gérant d’un seul immeuble


L’organisation comptable sera examinée à un double point de vue : l’enregistrement des
dépenses et les produits.

1.1.1. L’enregistrement des dépenses

20
Les dépenses sont divisées en deux catégories à savoir : les charges locatives récupérables et
les charges locatives non récupérables. L’enregistrement de ces deux catégories se fera à l’aide
de deux livres : la main courante des charges et le livre de trésorerie dépense.

- La main courante des charges

Comptes à débiter Libellés Compte à créditer


624 6228 6053 641 401 442
Prestations Prestations Charges non Taxes Fournisseurs Etat
collectives individuelles récupérables locatives
Récupérables Récupérables Récupérables
Totaux

Application : durant le premier trimestre de l’année 2012, l’immeuble appartenant à M.


ESSONO a dû supporter des charges pour une valeur de 705 550F réparties ainsi qu’il suit :
- Taxes de balayage : 213 000F
- Entretien des locaux communs : 122 450F
- Frais de location compteur d’eau : 21 150F
- Frais de climatisation : 157 200
- Frais d’enregistrement et de timbre : 7 350F
- Autres charges locatives non récupérables : 184 300F

TAF : 1) Présenter la main courante des charges


2) Centraliser dans le journal classique de l’entreprise

Solution

1) Main courante des charges

Comptes à débiter Libellés Compte à créditer


624 6228 6053 641 401 442
- - - 213 000 Taxes de balayage - 213 000
122 450 - - - Entretien locaux 122 450 -
- 21 250 - - Frais location compteur 21 250 -
- 157 200 - - Frais climatisation 157 200 -
- - - 7 350 Frais d’enregistrement - 7 350
- - 184 300 - Autres charges locatives 184 300 -
122 450 178 450 184 300 220 350 TOTAUX 485 200 220 350

21
2) Journal classique

D C Libellés D C
624 Prestations collectives 122 450
6228 Prestations individuelles récupérables 178 450
6053 Charges non récupérables 184 300
641 Taxes locatives récupérables 220 350
401 Fournisseur 485 200
442 Etat 220 350
(suivant la main courante des charges)

-Livre de trésorerie dépense : qui enregistre les opérations au comptant et les règlements. Le
tracé proposé est le suivant.

Comptes à débiter Libellés Compte à créditer


6053 401 442 521 571 531
Autres charges Fournisseur Etat Banque Caisse CCP

Totaux

Application : Au cours du premier trimestre 2012, M. ESSONO a enregistré les paiements


suivant portés sur la main courante :
-ordures ménagères : 143 000F
- Sommes dues au fournisseur au titre de charges locatives non récupérables : 82 500F
Il a enregistré en outre les règlements immédiats suivant : charges locatives non récupérables :
74 350. Toutes ces charges ont été payées par chèque.

TAF : 1) Présenter le livre de trésorerie dépense


2) Centraliser dans le journal

Solution

1) Livre de trésorerie dépense

Comptes à débiter Libellés Compte à créditer


6053 401 442 521 571 531
- - 143 000 Ordures ménagères - 143 000 -
- 82 500 - Sommes dues aux fournisseurs - 82 500 -
74 350 - - Autres charges non récup - 74 350 -

74 350 82 500 143 000 Totaux 0 299 850 0

22
2) écritures au journal

D C Libellés D C
6053 Autres charges 74 350
401 Fournisseur 82 500
442 Etat 143 000
401 Banque 229 850
(suivant le livre trésorerie dépense)

1.1.2. L’enregistrement des recettes

Les recettes sont essentiellement constituées par les loyers, il s’agit du principal compte de
production qui remplace le compte vente dans la comptabilité commerciale. Dans ce cas,
l’enregistrement se fera à partir de la quittance de loyer et sur deux livres : la main courante des
productions et le livre trésorerie recette.

-La main courante des productions : le détail indiqué que la quittance : loyer de base, les
majorations, la climatisation ; les taxes locatives, les prestations collectives, les prestations
individuelles (climatisation) déterminent le tracé de la main courante des recettes ou production
homologue journal des ventes dans les entreprises commerciales. Le tracé est le suivant :

Compte à débiter Libellés Comptes à créditer


411 7078 624 6228 641
Client locataire Loyer

Application : Pendant le deuxième trimestre de l’année 2012, le montant des quittances du


loyer dû par le locataire de l’immeuble appartenant à M. ESSONO est égal à 1 554 300F. Ce
montant se décompose comme suit :
- Loyer : 1 033 050F
- Taxes locatives récupérables : 213 000F
- Prestations collectives récupérables : 122 450F
- Climatisation : 157 200F
- Prestations individuelles récupérables : 21 250F
- Enregistrement et timbre : 7 350F

TAF : 1) Présenter la main courante des productions


2) centraliser dans le journal

Solution
1) Main courante des productions

23
à débiter Libéllés Comptes à créditer
411 7078 624 6228 641
1 033 050 Loyer 1 033 050 - - -
213 000 Taxes locatives récupérables - - - 213 000
122 450 Prestations collectives récup - 122 450 - -
157 200 Climatisation - - 157 200 -
21 250 Prestations individuelles récup - - 21 250 -
7 350 Enregistrement et timbre - - - 7 350
1 554 300 Totaux 1 033 050 122 450 178 450 220 350

2) Le journal

D C Libellés D C
411 Fournisseur 1 554 300
7078 Loyer 1 033 050
624 Prestations collectives 122 450
6228 Prestations individuelles 178 450
641 Taxes collectives récup 220 350
(suivant la main courante des productions)

-Le livre de trésorerie recette : il enregistre les encaissements issus des locataires.

à débiter Libellés à créditer


531 521 571 411
CCP Banque Caisse Client

Application : Le 19/03/2012 les locataires de l’immeuble appartenant à M. ESSONO nous font


parvenir un solde quittance des chèques pour une valeur de 796 800F et le reste en espèce.
TAF : Présenter le livre trésorerie recette et centraliser

Solution
1) Livre trésorerie recette

à débiter Libellés à créditer


531 521 571 411
- 796 800 - Chèque n°….. 796 800
- - 757 500 Pièce caisse n°…… 757 500
0 796 800 757 500 Totaux 1 554 300

24
2) Journal

D C Libellés D C
521 Banque 796 800
571 Caisse 757 500
411 Client 1 554 300
(suivant le livre trésorerie recette)

1.1.3. Le transfert des loyers au propriétaire

Afin de transférer définitivement le loyer au propriétaire, le cabinet devra retenir une


commission et imputer le montant des charges non récupérables au propriétaire.

Application : Durant le premier trimestre de l’année 2012, le cabinet de gestion de l’immeuble


appartenant à M. ESSONO a encaissé les loyers d’un montant de 1 033 050. Deux semaines
plus tard, il verse ces loyers à M. ESSONO sous déductible des charges non récupérables de
184 300F et des commissions estimées à 10% des loyers.

TAF : Journaliser ces opérations.

Solution

D C Libellés D C
01/04
7078 Loyers 1 033 050
412 Clients propriétaires 745 445
708 Commission 103 305
781/6053 Transferts des charges 184 300
(transfert des loyers au propriétaire)

14/04
412 Client propriétaire 745 445
521 Banque 745 445
(paiement des loyers)

1.2. Cas du gérant de plusieurs immeubles

Le système de base adapté sera le même, mais subira quelque modification. En effet, il est utile
pour le propriétaire de connaitre le rendement de chacun de ses immeubles. La comptabilité
sera organisée dans le but. On tiendra une main courante séparée par immeuble tant pour les
dépenses que pour les recettes. Le tracé des registres sera analogues, les écritures similaires ;
mais par immeuble. Il y aura autant des comptes d’exploitation générale que d’immeubles ce
qui sera d’autant plus facile que les charges et les produits imputables à chaque immeuble soient
séparés.

25
1.2.1. L’organisation de la comptabilité du gérant de plusieurs immeubles
En général, l’organisation de la comptabilité sera plus complexe en raison d’abord du plus grand
nombre d’immeuble, ensuite de la position particulière du gérant qui est un mandataire
administratif pour le compte des propriétaires. En général, il est rémunéré par les loyers perçus
par un pourcentage et comme tout un bon mandataire, il doit rendre compte de la gestion. La
comptabilité doit être établie d’une part dans le but d’enregistrer tous les faits relatifs à
l’administration des immeubles et d’autre part dans le but de dégager les résultats d’exploitation
de son propre cabinet de gérance. Les mains courantes sont établies par immeuble puis
centralisées.

1.2.2. Les comptes de charges de produits d’un cabinet de gestion d’immeubles multiples
Pour le cabinet, les produits sont essentiellement constitués des commissions perçues sur les
loyers. En outre, le gérant aura souvent des recettes annexes : les indemnités diverses, le
montant d’expertise immobilière qui sont constatées par des comptes des produits spéciaux.
Les charges seront constatées par les frais relatifs à la marche du cabinet, c’est-à-dire les frais
autres que les charges locatives. En définitive, les comptes des charges non récupérables seront
soldés pour chaque immeuble.

Application : A la fin de l’exercice 2012, la balance des comptes de l’entreprise SOVI


spécialisée dans la gérance d’immobilisations multiples présente les soldes suivants :
- Immobilisation : 28 000 000
- Locataires : 20 000 000
- Charges locatives non récupérables : 15 000 000
- Frais divers de gestion : 23 500 000
- Capital : 50 000 000
- Reserve : 42 000 000
- Loyers dû au propriétaire : 32 500 000
- Acompte versé au propriétaire sur les loyers encaissés : 68 500 000
- Acompte pour réparation versé par le propriétaire : 18 500 000
- Banque : 52 000 000
- Créanciers divers : 32 000 000
- Produits financiers : 2 000 000
- Commission sur loyers : 47 500 000
- Caisse : 20 000 000
- Dotation aux amortissements 2012 : 2 500 000
TAF : 1) Déterminer le résultat (bénéfice) réalisé par le cabinet SOVI
2) Présenter le bilan
NB : Le compte de loyer et des charges locatives non récupérables ne sont pas de véritables
produits et charges pour le cabinet dont ils n’entreront pas dans le compte d’exploitation.

26
Solution
1) Calcul du résultat

Charges Produits
Amortissement : 2 500 000 Commission : 47 500 000
Frais divers de gestion : 23 500 000 Produits financiers : 2 000 000
Profit : 23 500 000
49 500 000 49 500 000

2) le bilan

Actifs Passif
Eléments Montants Eléments Montants
Immobilisation 23 000 000 Capital 50 000 000
Locataires 20 000 000 Réserve 42 000 000
Charges locatives 15 000 000 Créances diverses 32 000 000
Acompte versé au propriétaire 68 500 000 Acompte pour réparation 18 500 000
Banque 52 000 000 Loyer dû au propriétaire 32 500 000
Caisse 20 000 000 Résultat 23 500 000
TOTAL 198 500 0000 TOTAL 198 500 0000

2. Les transactions d’immeuble

Elles restent soumises à toutes les règles et obligations de la comptabilité générale. Les seules
particularités proviennent de la quantité de la société du service qui ne génère en aucun cas des
stocks dont les comptes de la classe 3 n’existent pas. Il existe deux cas de transaction :
- Transaction faisant intervenir le compte banque séquestre c’est-à-dire que le montant de la
transaction est purement et simplement enregistré dans un compte ouvert par un agent
immobilier à cet effet.
- La transaction ne faisant pas intervenir le compte banque séquestre. Ici, le montant de la
transaction est directement enregistré chez le notaire.

2.1. Le montant de la transaction est directement enregistré chez le notaire


Ici, aucun fonds ne sera bloqué et l’agence se contentera de facturer au vendeur le pourcentage
des commissions réalisées sur la transaction (commission soumise à la TVA). Dans un second
temps l’agent commercial (négociateur immobilier) s’il est intéressé par la transaction facture
ses honoraires à l’agent immobilier (cette commission est également soumise à la TVA).
27
Application : l’entre immobilière plus est spécialisée dans les transactions des immobilisations.
En début du mois de janvier 2024, elle détient dans son portefeuille un marché de placement
d’une Villa appartenant à M. YANNIS. Le Contrat stipule que :
- Qu’en cas de vente immobilière plus bénéficiera d’une commission de 8% sur le montant
de la transaction
- Que le prix de vente devra se situer entre 90 et 100 millions.
Deux mois plus tard, le contrat se noue avec l’aide d’un agent commercial à un montant de
100 000 000. La commission exigée par ce dernier est de 30% de celle que nous allons obtenir
de notre client. Trois mois plus tard, le client verse par chèque l’intégralité par chèque demandé
et l’entreprise se précipite pour signer un chèque à son agent commercial.
TAF : Passer les écritures liées à cette transaction

Solution

Montant de la transaction : 100 000 000


Honoraires HT agent immobilier : 100 000 000*8% = 8 000 000
TVA : = 1 540 000
Honoraires TTC : 9 540 000
Honoraire agent commercial HT : 8 000 000*30% = 2 400 000
TVA : = 462 000
Honoraires agent ccl TTC= 2 862 000

D C Libellés D C
01/2024
Client-vendeur 9 540 000
411 706 Vente service 8 000 000
443 TVA 1 540 000
(constations commission agent imo)
Honoraires
2 400 000
6324 TVA
462 000
445 Fournisseur Agent ccl 2 862 000
401
(constations commission agent ccl)
04/2024
521 Banque 9 540 000

411 Client-vendeur 9 540 000


(règlement commission agent imob)
401
Fournisseur Agent ccl 2 862 000
521 Banque 2 862 000
(règlement agent ccl)

28
2.2. Transaction faisant intervenir le compte banque séquestre

Ce type d’écriture respecte les deux temps forts d’une transaction. Dans un premier temps on
constatera la réservation puis les réalisations définitives (parfois un mois auprès). Les acteurs
devant intervenir dans la transaction sont : le vendeur, l’acquéreur, l’agent immobilier, le
notaire et si possible l’agent commercial.

Application : L’entreprise NOUSSI et CIE est spécialisée dans la transaction immobilière et


est assujettie à la TVA. En début de Mars 2024, elle détient dans son portefeuille un château
appartenant à Marouane expatrié français résident au Cameroun. Le contrat prévoit ceci en cas
de vente du château :
- La commission de 8% pour l’entreprise NOUSSI et CIE
- La commission décaissée pour le notaire se chiffrant à 7 622 000F
- Le montant de la vente doit se situer entre 100 et 200 millions
Deux mois plus tard, l’entreprise NOUSSI et Cie se trouve un preneur dénommé FARO FARO
sortant fraichement de l’USA. Pour mieux négocier, l’entreprise a trouvé opportun de chercher
M. NICKSON qui a fait ses études aux USA et est parfaitement bilingue. Ainsi la commission
de ce dernier est fixée à 40% de celle que l’entreprise obtiendra de son client en cas de la vente
du château. Cinq jours après le contrat se noue sur un montant de 150 000 000 et grand FARO
FARO verse à titre de réservation 10% du montant du marché par chèque et le reste 15 jours
fin du mois. A cette date Marouane signe un chèque pour solde de plusieurs comptes.

TAF : 1) Quelles sont les caractéristiques des différents intervenants dans la transaction ?
2) Enregistrer ces opérations dans le journal en respectant les dates

Solution
1) les caractéristiques des intervenants
 Agent immobilier : entreprise NOUSSI et CIE
 Agent commercial : NICKSON
 Vendeur : Marouane
 Acquéreur : FARO FARO
 Le notaire

2) Enregistrement des opérations


Montant de la transaction : 150 000 000
Avance = 150 000 000*10% = 15 000 000
Commission HT agent immobilier : 150 000 000*8% = 12 000 000
TVA : = 2 310 000

29
Commission TTC : 14 310 000
Commission agent commercial HT : 12 000 000*40% = 4 800 000
TVA : = 924 000
Honoraires agent ccl TTC= 5 724 000

D C Libellés D C
05/06
520 Banque séquestre 15 000 000
4191 Client avance reçu 15 000 000
(mise à la séquence de l’avance)
Honoraires notaire
6324 7 622 000
411 Banque séquestre
7 622 000
(règlement notaire)
411 Client-vendeur 14 310 000
706 Vente service 12 000 000
443 TVA 2 310 000
(constatation commission A I)
Banque 7 378 000
521 Banque séquestre 7 378 000
520
(15 000 000-7 622 000= 7 378 000 virement
du compte banque séquestre dans le compte
banque comme début de paiement)
6324 Honoraire A C 4 800 000
445 TVA 924 000
401 Fournisseur A C 5 732 000
(constatation commission A C)
15/07
521 Banque 6 932 000
411 Client-vendeur 6 932 000
(14 310 000-7 378 000= 6 932 000 chèque
pour solde de tout compte)
401 Fournisseur 5 724 000
521 Banque 5 724 000
(paiement de l’A C)

4191 Client avance reçue 15 000 000


411 Client-vendeur 7 378 000
781 Transfert 7 622 000
(régularisation)

30
Chapitre 3 : La comptabilisation des bâtiments et travaux publics

I. Les particularités des entreprises des travaux

1. Les particularités techniques


1.1. Maitre d’ouvrage
C’est celui pour qui est effectué le travail. Pour suivre le cour des travaux et juger de leur bonne
exécution, le concours d’un architecte ou d’un ingénieur d’étude est nécessaire. Ces derniers
joueront le rôle de coordonnateur entre les divers corps de métier (maçonnerie, charpenterie,
vitrerie, …).

1.2. Le chantier
Dans le temps ou dans l’espace, un chantier peut sommairement s’analyser en diverses parties
bien distinctes : les travaux préalables et l’exécution proprement dite du chantier.

Par exemple, pour la construction d’un hôtel dans une banlieue, la construction proprement dite
de l’édifice se pourra se réaliser que lorsque les conditions sont respectées : l’installation des
logements provisoires pour les ouvriers, l’ouverture des routes et même parfois des voies ferrées
pour raccommoder les lieux de travail au voie de communication existante. Ensuite,
l’établissement des canaux de déviation pour libérer temporellement les eaux et pour faire
traverser temporairement les usagers. On peut concevoir après les travaux ne peuvent se réaliser
que par étapes sur plusieurs années. Le prolongement de la durée des chantiers peut aboutir à
une constatation à chaque instant et notamment à la fin de chaque exercice qu’il y a une
importante part des travaux en cours d’exécution posant un problème d’écart d’exécution. On
ne peut sous ces conditions établir un compte d’exploitation en septembre.

1.3. Les catégories d’entreprise


En matière de BTP, certaines entreprises effectuent des grosses œuvres (terrassement, la
maçonnerie, …) au moyen des matériels de plus en plus sophistiqués. D’autres effectuent des
travaux de seconde œuvre et beaucoup se spécialisent dans les travaux de moindre importance
comme les PME.

2. Rapport entre maître d’ouvrage et entrepreneur


Ce sont des relations développées avant l’exécution du travail (convention, marché, contrat, …)
ensuite pendant l’exécution du contrat (problème de financement), après achèvement des
travaux (liquidation des garanties).

31
2.1. Avant l’exécution

Le maître d’ouvrage désireux de connaitre le niveau de dépense auquel il est exposé doit
demander un devis estimatif des coûts de travaux à effectuer. L’ingénieur ou l’architecte doit
regrouper les divers éléments et produire un devis estimatif. L’accord peut se matérialiser par
la rédaction d’un marché descriptif des opérations se définies comme un contrat qui engage les
parties à en respecter les clauses (les termes, les délais, les formes d’exécution et le prix). En
période d’inflation, ou de fluctuation économique, le marché (contrat) sera libéralement assorti
d’une formule de révision de prix appelé avenant.

A la fin d’exécution des travaux engagés selon le procédé au mètre carré c’est-à-dire sans
aucune convention fixant le prix de l’ouvrage. Ceux-ci sont décrits, mesurés et comparées à des
travaux unitaires types indiqués par la mercuriale des prix.

2.2. Pendant l’exécution : problème de financement des travaux

L’importance des travaux engagés pour le matériel et pour les dépenses excèdent de beaucoup
les moyens propres de financement des entreprises surtout si l’on considère que certains travaux
peuvent durer plusieurs années. Il sera nécessaire que les entreprises prévoient un
échelonnement autant que possible basé sur l’achèvement progressif des diverses tranches de
travaux. Il sera donc émis successivement des situations provisoires de travaux constituant la
justification de la demande d’acompte. Le maître de l’œuvre et son architecte ou l’ingénieur
en jugeront les biens fondés et le règlement de la somme demandée se fera assorti d’un
abattement ou d’un rabais.

Pour certains travaux nécessitant l’acquisition des matériaux très couteux, il pourra être
envisagé des avances de démarrage qui s’amortissent progressivement par déduction sur les
acomptes successifs demandés jusqu’à l’absorption complète.

Parfois pour obtenir l’agreement du maître d’ouvrage, l’entreprise devra verser une caution
servant de garantie pour bonne exécution.

Le plus souvent, il pourrait avoir une retenue de garantie consistant pour le maître d’ouvrage
de conserver une proportion de montant de chaque demande d’acompte constituant
progressivement une marge de sécurité. Ceci constitue un lourd fardeau financier pour
l’entreprise car le remboursement peut intervenir très longtemps après l’exécution et en principe
un an après livraison définitive.

32
2.3. Après la livraison : la liquidation de la garantie

Le terme de réception ou de livraison met l’accent sur le fait que jusqu’à la livraison définitive,
l’ouvrage sera la propriété de celui qui l’a construite parce que les sommes qu’il a reçu ne sont
que des avances sur les règlements définitifs à venir. L’entrepreneur est tenu de faire figurer
ces avances dans son bilan parmi les valeurs exigibles à court terme en contrepartie du prix de
revient des travaux qu’il doit faire en valeur d’exploitation.

La responsabilité selon le code civil dure pendant 10 ans qui suivent la livraison des travaux.
La preuve étant à la charge du maître d’ouvrage. Enfin, si le maître d’ouvrage veut résilier un
contrat ou marché en cours d’exécution. Il doit indemniser l’entrepreneur du montant de ses
débours ainsi que du bénéfice correspondant par rapport aux travaux exécutés.

II. Organisation de la comptabilité

Cette comptabilité tenue sous forme centralisatrice comprenant les journaux aux classiques. On
peut citer entre autres : le journal des achats, de travaux ou de monnaie, de trésorerie, le livre
de paie, le journal des opérations diverses.

2. Comptabilisation des rapports avec les titres

2.1. Enregistrement comptable des travaux

Les rapports avec la clientèle (rapport de facturation) et son enregistrement comptable


constituent le problème le plus délicat à résoudre. On distingue deux méthodes d’enregistrement
des travaux : la méthode à l’achèvement et la méthode par étape.

- La méthode à l’achèvement

Cette méthode consiste à enregistrer les travaux que lorsqu’ils sont terminés et le mémoire émis
c’est-à-dire les travaux réceptionnés. Réduit à la forme classique peut s’exprimer théoriquement
par l’écriture suivante.

D C Libellés D C
411 Client X
705 Agent X
(pour livraison définitive)

Le livre classique des ventes doit s’appeler ici livre des travaux ou de mémoire et il est
recommandé d’ouvrir un compte par chantier surtout lorsqu’un client habituel fait effectuer les
travaux distincts.

33
- La méthode par étape

Cette méthode tient compte de la longueur du secteur travaux. Ici on n’émettra le mémoire
définitif qu’après plusieurs livraisons partielles ou provisoires suscitant une demande
d’acompte. La tranche des travaux livrés sera examinée par l’ingénieur ou l’architecte et que
selon leur accord le maître d’ouvrage pourra régler avec ou sans abattement. Dans ce cas, l’on
passera les écritures suivantes.

Envoi de la situation provisoire


D C Libellés D C
411 Client X
342 Travaux en cours X
443 TVA X
(Envoi situation provisoire)

Le paiement ou versement du premier acompte avec réduction


D C Libellés D C
521 Banque X
4198 Réduction travaux X
411 Client X
(Paiement acompte n°)

Envoi du mémoire définitif


D C Libellés D C
342 Travaux en cours X
705 Travaux facturés X
(Pour livraison définitive)

Application : L’entreprise ZAM est spécialisée dans les BTP et a gagné un marché de
construction de deux salles de classe à l’école primaire de Bertoua montant du marché
40 000 000F. Le contrat prévoit que le chantier sera livré en deux tranches (fondation et ensuite
l’élévation et finition). Après 03 mois d’exécution des travaux, les fondations étaient terminées
et l’entreprise ZAM a envoyé le mémoire provisoire n°1 justifiant sa demande d’acompte de
15 000 000F. Deux jours après, il reçoit un chèque du montant correspondant. 06 mois plus
tard, le chantier est définitivement livré et ZAM profite pour envoyer le dernier mémoire
provisoire. Après vérification par l’architecte, un rabais de 10% est demandé avec l’émission
du chèque.

TAF : Enregistrer ce marché

34
Solution

Premier acompte : 15 000 000F


Deuxième acompte : 25 000 000F
Rabais : 25 000 000*10%= 2 500 000
TVA/rabais = 4 812 500*10% = 481 250 ou 2 500 000*19,25%

DC Libellés D C
01/04
411 Client 17 887 500
342 Travaux en cours 15 000 000
443 TVA 2 887 500
(Envoi de la première situation provisoire)
03/04
521 17 887 500
Banque

411 17 887 500


client
(règlement du premier acompte)
01/07
411 Client 29 812 500
342 Travaux en cours 25 000 000
443 TVA 4 812 500
(envoi de la deuxième situation provisoire)
521 Banque 26 831 250
4198 Réduction 2 500 000
445 TVA 481 250
411 Clients 29 812 500
(règlement deuxième situation provisoire)
342 Travaux en cours 40 000 000
705 Travaux facturés 40 000 000
(pour livraison définitive)

2.2. Garantie préalablement demandée par le client

Ce cas se rencontre lorsque le client est l’Etat ou une collectivité territoriale. A cet effet, on
verse la garantie en début du chantier. Deux écritures sont donc nécessaires.

- Au moment du versement du dépôt

D C Libellés D C
646 Frais d’enregistrement X
2756 Caution X
342 Banque X
(Dépôt caution)

35
- Au moment de remboursement ou de liquidation de la garantie
La demande de remboursement peut être introduite à chaque demande d’acompte ou après la
livraison totale de chantier.

*Si la demande de remboursement est introduite à la demande de chaque acompte

D C Libellés D C
411 Client X
342 Travaux en cours X
443 TVA X
2756 Caution X
(Demande d’acompte avec demande de garantie)

*Si le remboursement a eu lieu après la livraison définitive

D C Libellés D C
521 Banque X
2756 Caution X
(liquidation de la garantie)

2.3. Les retenues de garantie opérées par le client sur les acomptes provisoires

Par analogie avec la caution, le client peut opérer les retenues de garanties au fur et à mesure
des règlements des situations provisoires. Le marché peut en effet prévoir que jusqu’à la
livraison définitive, le maître de celui-ci sera en droit de garder par devers lui à titre de garantie
un certain pourcentage sur le montant des travaux déjà effectués. L’écriture comptable ci-après
est enregistrée.

D C Libellés D C
521 Banque X
4117 Client retenu/garantie X
411 Client X
(paiement d’acompte)

Chaque fraction retenue viendra grossir la masse de la garantie laissée par l’entrepreneur au
compte 4117 et qui ne sera soldé qu’à la livraison définitive des travaux.

D C Libellés D C
521 Banque X
4117 Client retenu/garantie X
(pour liquidation de la garantie)

2.4. Les avances de démarrage


Lorsque l’entreprise est en présence d’une commande dépassant ses possibilités financières
immédiates, elle est obligée de demander à ses clients de l’aider a se procurer des matériaux
36
nécessaires avant même le début des travaux. Cette avance sera portée en valeur d’exploitation.
Ainsi, au moment de la réception de l’avance, on a l’écriture suivante.

D C Libellés D C
521 Banque X
4191 Avance de démarrage X
(réception de l’avance)

Le remboursement de cette avance se fera par fraction jusqu’à l’épuisement à chaque versement
d’acompte.

D C Libellés D C
521 Banque X
4191 Avance de démarrage X
411 Client X
(Envoi situation provisoire)

Application : L’entreprise MOULLION est spécialisée dans les travaux de bâtiments publics.
Le 01/01/2012, il a engagé un marché de construction d’un bâtiment appartenant au super
marché anneau. La valeur du marché est de 400 000 000HT. Le contrat prévoit
- Une retenue de garantie se constituant par prélèvement de 5% sur les tranches de travaux et
remboursables à la livraison définitive des travaux
- Que le chantier devra être livré en 04 tranches
- Que l’entreprise MOULLION devra percevoir une avance de 120 000 000 F au début des
travaux et remboursable lors de règlement des situations provisoires de façon inversement
proportionnel à la durée d’exécution de chaque phase de travail (1 mois, 2, 4, 8)
- L’architecte du super marché avait demandé un rabais de 10% qui lui avait été accordé sur
la livraison provisoire 3.
TAF : Passer au journal les écritures nécessaires

Solution

Montant marché = 400 000 000


Garantie = 100 000 000*5% = 5 000 000
Avance = 120 000 000
Rabais= 10%100 000 000 = 10 000 000
TVA/Rab = 10 000 000*19,25% = 1 925 000
Inversement proportionnel
A + B + C + D = 120 000 000
A = B = C = D =k
1/1 ½ ¼ 1/8
A = 64 000 000

37
B = 32 000 000
C = 16 000 000
D = 8 000 000

D C Libellés D C
01/01
521 Banque 120 000 000
4191 Client avance 120 000 000
(Réception avance)
-1-
411 119 920 000
Honoraires notaire

342 100 000 000


Travaux en cours (400M/4)
443 19 250 000
TVA
(envoi première situation)
521 Banque 50 250 000
4117 Client retenu/garantie 5 000 000
4191 Client avance 64 000 000
411 Client 119 250 000
(règlement premier acompte)
-2-
411 Client 119 250 000
342 Travaux en cours 100 000 000
443 TVA 19 250 000
(envoi de la deuxième situation provisoire)
411 Client 62 250 000
4117 Client retenu/garantie 5 000 000
4191 Client avance 32 000 000
411 Client 119 250 000
(règlement deuxième acompte)
-3-
411 Client 119 250 000
342 Travaux en cours 100 000 000
443 TVA 19 250 000
(envoi de la troisième situation)
521 Banque 86 325 000
4117 Client retenu/garantie 5 000 000
4191 Client avance 16 000 000
4198 Réduction 10 000 000
443 TVA 19 250 000
411 Client 119 250 000
(Règlement troisième acompte provisoire)
-4-
411 Client avance reçue 119 250 000
342 Travaux en cours 100 000 000
443 TVA 19 250 000
(envoi de la quatrième situation)

38
411 Client 106 250 000
4117 Client retenu/garantie 5 000 000
4191 Client avance 8 000 000
411 Client 119 250 000
(règlement quatrième acompte)
342 Travaux en cours 400 000 000
705 Travaux facturés 400 000 000
(livraison définitive)

521 Client avance reçue 20 000 000


4117 Client retenu/garantie 20 000 000
(règlement de la garantie 5 000 000*4)

39
Chapitre 4 : La comptabilité des firmes bancaires

I. Les caractéristiques générales de la comptabilité bancaire

Naturellement, il n’existe pas de compte vente des marchandises, d’achat et stock. Le compte
701 (vente des marchandises) est remplacé par différents comptes de produits principaux. La
profession est essentiellement juridique et le problème qui se pose souvent est de savoir
comment on doit enregistrer les capitaux lorsqu’ils ne sont pas accompagnés des déplacements
immédiats des fonds. En effet étant donné la très grande diversité des opérations, la diversité
de certains capitaux, la multiplicité des clients correspondant, il existe de nombreux livres
extracomptables qui permettent de suivre le déroulement des opérations. La comptabilité
bancaire doit donc utiliser des nombreux journaux dont certains ne se rencontrent dans cette
profession. Il existe également plusieurs grands livres auxiliaires correspondant au grand
nombre de comptes des tiers classés par opération c’est-à-dire par nature.

Le bilan des banques est tout à fait particulier. Ce caractère particulier résulte d’une part de
l’existence au bilan des comptes prêts spéciaux et d’autre part du classement même des comptes
qui vont des réalisables aux immobilisations c’est-à-dire à l’inverse des ordres habituels des
autres bilans.

La banque doit fournir des extraits de comptes très fréquemment à ses clients et pouvoir donner
immédiatement à ceux-ci le solde de leur compte. Pour réussir à résoudre ce problème qui
demande une comptabilisation journalière parfaitement tenue, la comptabilité bancaire procède
à des enregistrements immédiats, à des récapitulations journalières, à des contrôles
extrêmement fréquents. Elles sont par conséquent informatisées.

II. Opérations courantes avec la clientèle

Pour l’étude de l’écriture comptable bancaire, il est plus facile de se baser sur la nature des
opérations pratiquées que sur l’écriture des journaux auxiliaires car ceux-ci peuvent varier
d’une banque à une autre selon la spécialisation. L’organisation générale de la comptabilité
d’une banque peut être résumée par les opérations bancaires successives suivantes :
- Les dépôts et mouvements de fonds
- Les opérations de crédit à la clientèle

1. Les dépôts et mouvements de fonds

1.1. Les dépôts en compte

40
La collecte directe des dépôts permet de procurer à la banque des ressources plus stables et
moins couteuses que celles des marchés financiers ou monétaires. A ce titre, les dépôts de la
clientèle constituent un facteur déterminant de la rentabilité et de la sécurité. Ils sont de deux
catégories :
- Le solde créditeur des opérations de paiement réalisé sur les comptes bancaires ordinaires
et peuvent être considérés comme des dépôts à vue
- L’épargne des particuliers ou des entreprises placés dans les comptes rémunérés : compte
d’épargne, compte à terme, bon de caisse

1.1.1. Les versements d’espèce

Le versement peut être fait par le titulaire du compte ou par une autre personne qui n devrait
pas en principe justifier de son identité. Le bordereau de versement comporte principalement le
nom et l’adresse du titulaire de compte, le numéro de compte, la date et le montant du
versement, le billetage, le nom et signature de la personne qui effectue le versement. En
comptabilité, on passe l’écriture suivante en cas de dépôt.

D C Libellés D C
571 Caisse, billets, monnaie X
371 Compte courant X
372 Compte chèque X
373 Compte sur livret X
381 Disposition à payer X
452 Compte de liaison X
(Avis de versement d’espèce)

1.1.2. Les retraits d’espèce

Les retraits ne peuvent être effectués que par le titulaire du compte ou son mandataire. Le retrait
s’effectue au moyen du chèque, du client ou du chèque de guichet si celui-ci n’en possède pas
d’une carte magnétique. A l’occasion du retrait, le comptable contrepasse l’écriture de dépôt.
D C Libellés D C
371 Compte courant X
372 Compte chèque X
373 Compte sur livret X
381 Disposition à payer X
452 Compte de liaison X
571 Caisse X
(Retrait d’espèce)

1.2. La comptabilisation des intérêts sur les comptes d’épargne et les dépôts à terme

1.2.1. Comptabilisation des intérêts sur les comptes d’épargne

41
Les comptes d’épargne ou compte sur livret sont des comptes à vue qui présentent l’avantage
pour le client de disposer d’une épargne disponible à tout moment tout en rémunéré. Quant aux
modalités de rémunération, ces comptes d’épargnes sont rémunérés aux taux créditeurs
minimum. Le calcul des intérêts est fonction des dates de valeur (date de prise des faits des
opérations) des différents mouvements à savoir :

- Les retraits effectués du 01 au 15 du mois ont pour date de valeur la fin du mois précédant ;
- Les retraits effectués du 16 au fin du mois ont pour date de valeur le 15 du mois ;
- Les versements fait du 01 au 15 du mois ont pour date de valeur le 16 du mois ;
- Les versements faits du 16 à la fin du mois ont pur date de valeur le 01 du mois suivant.

Sur le traitement fiscal, des intérêts, le code général des impôts accorde l’exonération de
l’IRCM au taux de 16,5% pour les dépôts n’excédant pas 10 millions. Les intérêts sont
généralement versés pour certains le 30 juin et le 31 décembre de chaque année et pour d’autres
à la fin de chaque mois ou seulement le 31 décembre, et s’enregistrent comme suit :

D C Libellés D C
613 Intérêt compte/livret X
379 Dettes rattachées X
(constatation intérêts courus)

A la date de servir les intérêts au 30 juin ou 31 décembre, on passe :

D C Libellés D C
379 Banque X
443 IRCM X
373 Intérêt sur livret X
(avis de crédit d’intérêt)

Application : M. ATANGANA propriétaire d’un compte d’épargne à la BICEC a effectué les


opérations ci-après dans son compte :
- Le 01/08, versement de 3 200 000F
- Le 16/09, versement de 8 000 000F
- Le 28/09, retrait de 5 000 000F
- Le 15/10, versement de 6 000 000F

TAF : Sachant que son compte est rémunéré au taux de 5%


1) Déterminer les dates de valeur de chaque opération
2) Calculer les intérêts courus
3) Procéder à l’enregistrement de ces opérations

42
Solution

1) Les dates de valeur des opérations

Date d’opération Nature d’opération Date de valeur


01/08 Versement 16/08
16/09 Versement 01/10
28/09 Retrait 15/09
15/10 Versement 16/10

2) Calcul des intérêts


16/08 – 15/09 : 30 jours
15/09 – 01/10 : 16 jours
01/10 – 16/10 : 15 jours
16/10 – 31/12 : 76 jours
Date de valeur Capital Cumul capital Nombre jours C.C.*jrs
16/08 3 200 000 3 200 000 30 96 000 000
01/10 -5 000 000 -1 800 000 16 -28 800 000
15/09 8 000 000 6 200 000 15 93 000 000
16/10 6 000 00 12 200 000 76 927 200 000
- - - - 1 087 400 000

Intérêt brut : 1 087 400 000*5/36 500 =148 958


Calcul de l’IRCM, il se calcul sur le montant de l’intérêt sur cumul capital. Ici, le cumul capital
est 12 200 000F et comme il est exonéré de 10 000 000F, on aura 12 200 000 – 10 000 000 =
2 200 000F.
IRCM = [2 200 000*76*5/36 500] * 16,5% = 3 779
Intérêt net = 148 958 – 3 779 = 145 179

3) Enregistrement, le banquier enregistre à la fin de chaque mois les intérêts

D C Libellés D C
01/08
571 Caisse 3 200 000
373 Compte sur livret 3 200 000
(Dépôt en compte)
31/08
613 6 575
Intérêt compte/livret
379 6 575
Dette rattachée
(intérêt mois d’Août 13 150/2)

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16/09
571 Caisse 8 000 000
373 Compte sur livret 8 000 000
(dépôt en compte)
28/09
373 Compte sur livret 5 000 000
Caisse 5 000 000
571 (retrait au compte)
30/09
613 Intérêt compte sur livret 2 876
379 Dette rattachée 2 876
(intérêt septembre)
15/10
571 Caisse 6 000 000
373 Compte sur livret 6 000 000
(dépôt en compte)
31/10
613 Intérêt compte sur livret 37 563
379 Dette rattachée 37 563
(intérêt Octobre)
31/11
613 Intérêt compte sur livret 50 137
379 Dette rattachée 50 137
(intérêt Novembre)
31/12
613 Intérêt compte sur livret 51 808
379 Dette rattachée 51 808
(intérêt décembre)
379 Dette rattachée 148 958
443 IRCM 3 779
373 Compte sur livret 145 179
(Avis crédit intérêt couru)

Intérêt, mois d’Août


Du 16/08 – 31/08 : 16 Jours IB= 96 000 000*5/36 500 = 13 150
IN = 13 150*15/30 = 6 575

1.2.2. Le dépôt à terme (DAT)

Ces comptes enregistrent les dépôts de la clientèle qui par convention écrite font l’objet d’un
blocage d’une durée minimum de trois mois avec un maximum de deux ans classés sous la
catégorie des comptes à terme sous le numéro 361. Les DAT sont souscrits par des personnes
et beaucoup plus des compagnies d’assurances. Les fonds demeurent bloqués jusqu’à
l’expiration du terme sauf dans l’hypothèse de remboursement anticipé généralement assorti de

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pénalité. Le client peut aussi obtenir des avances sur son DAT remboursable avant ou à
l’échéance de dépôt. Leur rémunération est librement négociée en fonction du montant, de la
durée et du coût moyen des ressources. Les intérêts sont versés à l’échéance.

Sur le plan fiscal et d’une manière générale, les intérêts font l’objet d’un prélèvement libératoire
au taux de 16,5%. Par contre, les entreprises qui en font pour profession habituelle à l’instar des
compagnies d’assurances et des établissements financiers sont exonérées et bénéficient en plus
de la TVA facturée.

Application : Afin de financer à l’échéance son projet d’investissement, la société Batmax a


souscrit le 20/06 un dépôt à terme pour 90 jours au taux de 6% à la BICEC. Pour cette opération
son compte courant a été débité de 6 000 000F.

TAF : Enregistrer dans le journal classique de la banque les opérations qui s’imposent.

Solution
Intérêts = 6 000 000*10/36 500 =9 863
IRCM se calcule sur les intérêts
I = 17 753 + 71 013 = 88 766
IRCM = 88 766*16,5% =14 646

D C Libellés D C
20/06
371 Compte courant 6 000 000
361 Dépôt à terme 6 000 000
(souscription au DAT)
30/06
612 9 863
Intérêt sur DAT
369 9 863
Dette rattachée
(intérêt mois de juin)
31/07
612 Intérêt sur DAT 30 575
369 Dette rattachée 30 575
(intérêt juillet : 6 000 000*6*31/36 500)
18/09
361 DAT 6 000 000
371 Compte courant 6 000 000

(Tombée de l’échéance)
612 Intérêt compte sur DAT 17 753
369 Dette rattachée 71 013
371 Compte courant 74 120
434 IRCM 14 646
(paiement des intérêts)

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NB : Si la société Batimax était un professionnel des dépôts comme les compagnies
d’assurances, elle devrait être exonérée de l’IRCM et être assujettie à la TVA dont l’écriture
devrait être la suivante au moment de paiement des intérêts.

D C Libellés D C
612 Intérêt sur DAT 17 753
369 Dette rattachée 71 013
433 IRCM 17 087
371 Compte courant 105 853
(Paiement des intérêts)

2. Opération de crédit à la clientèle

L’activité de crédit a pour objet de satisfaire sous forme de prêt d’argent les besoins de
financement des entreprises et des ménages. Les crédits occupent une place fondamentale dans
l’activité des banques. Ils sont porteurs d’intérêts que doit payer le débiteur ou le bénéficiaire
du crédit. A ces intérêts s’ajoutent des diverses assurances, frais et commissions. Les crédits à
la clientèle sont spécialisés agios exclus.

Les intérêts échus sont portés au débit du compte client s’il y a provision et des intérêts échus
non perçus sont capitalisés au débit du compte 341 (créances impayées). Les crédits à la
clientèle peuvent être définis selon leur durée ou aussi selon leur nature ou selon leur mode de
remboursement. Ainsi, on distingue les crédits à CT, à MT et à LT.

2.1. Classification des crédits selon la durée et selon leur nature

2.1.1. Classification selon la durée

On distingue les crédits à LT, à MT et à CT.

Les crédits à LT compte numéro 30 sont ceux dont la durée de remboursement excède 10 ans
et les crédits à MT, compte numéro 31 sont ceux dont la durée est comprise entre 2 et &0 ans.
Ces crédits financent généralement les besoins d’investissement des ménages et des entreprises.
Le crédit à CT compte 32 sont des crédits dont la durée de remboursement ne dépasse pas 2
ans. Ils regroupent par exemple les chèques escomptés, les effets de commission escomptés, les
crédits de trésorerie, les crédits d’équipements.

2.1.2. Les crédits selon leur mode de remboursement


a- Les découverts et les facilités de caisse

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La possession de maintenir un compte débiteur, autrement dit de tirer au-delà de son avoir
constitue la forme de crédit la plus simple. En dehors des découverts occasionnels et de faible
montant qui font l’objet d’un accord tacite, ce découvert fait l’objet de procédure bien définie.
Economiquement, il est destiné à faciliter les règlements courants des bénéficiaires et pour
amortir les aléas de leur trésorerie. La comptabilisation des découverts ne présente pas des
spécialités puisqu’ils ne sont que la résultante des mouvements débiteur et créditeur du compte
371 (compte courant des entreprises) ou du compte 372 (compte chèque des particuliers). Le
taux d’intérêt appliqué à ces débits est généralement le taux débiteur maximum.

b- L’escompte commercial

C’est une opération par laquelle le bénéficiaire d’un effet de commerce cède celui-ci à son
banquier avant l’échéance en contrepartie d’une avance de trésorerie moyennant paiement des
frais. Le bénéficiaire demeurant garant du paiement si le débiteur ne l’honore pas à temps.

Les agios perçus d’avance comprennent les intérêts perçus sur le nominal de la date de
négociation à celle d’échéance, la commission d’encaissement. Les opérations d’escompte
peuvent donner lieu à des retenues de garantie destinées à garantir partiellement la banque en
cas d’impayé. Ces garanties sont créditées dans un sous compte du client ordinaire (compte 374
retenu de garantie).

Application : En règlement de sa facture V302 sur la vente des marchandises la société Batimax
à bénéficier d’une traite de 2 453 000F au 30/09/N. Le 12/07/N, l’effet est négocié auprès de la
BICEC aux conditions ci-après :
- Taux d’escompte, 13%
- Diverses commissions, 24 000HT
- Retenue de garantie, 20%
TAF : Passer les écritures dans les livres de la BICEC

Solution

Du 12/07 – 30/09 = 80 jours


Intérêt 07/N = 69 893*19/80 = 16 599
Intérêt 08/N = 69 893*31/80 = 27 083
Intérêt 09/N = 69 893*30/80 = 26 210

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D C Libellés D C
12/07
321 Effet de commerce 2 453 000
374 Garantie 490 600
371 Compte courant 1 962 400
(escompte de l’effet de commerce avec garantie)
371 98 513
Compte courant
472 Intérêt provisoire 69 893
721 Commission effet 24 000
434 TVA 4 620
(Imputation des agios)
31/07
472 Intérêt perçu d’avance 16 599
713 Intérêt sur crédit à CT 16 599
(Intérêt couru mois juillet)
31/08
472 Intérêt perçu d’avance 27 083
713 Intérêt sur crédit à CT 27 083
(Intérêt couru mois Août)
31/09
472 Intérêt perçu d’avance 26 210
713 Intérêt sur crédit à CT 26 210
(Intérêt couru mois Septembre)
560 Banque 2 453 000
321 Effet de commerce 2 453 000
(Encaissement de l’effet)
374 Garantie 490 600
371 Compte courant 490 600
(remboursement de garantie)

2.2.3. Les crédits à échéance unique de remboursement

Généralement ce type d’échéance va avec le crédit à court terme. Si le banquier qui nous prête
ou utilise l’année commerciale et dans le cas contraire c’est l’année civile.

Application : En date du 16/09/N, la BICEC met en place un prêt de 5 000 000F au profit de
la société Batimax pour l’acquisition d’un camion-citerne. Ledit prêt est accordé au taux de
14% l’an, remboursement le 16/12/N en une échéance unique. La banque procède à la
capitalisation mensuelle des intérêts.

TAF : Retracer les écritures correspondantes à ces opérations dans le journal.

Solution :

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D C Libellés D C
16/09
323 Crédit d’équipement 5 000 000
371 Compte courant Batimax 5 000 000
(Mise en place du crédit)
30/09
328 26 849 26 849
Dette rattachée à CT
713 Intérêt couru
(Intérêt septembre)
31/10
328 Dette rattachée à CT 59 452
713 Intérêt couru 59 452
(Intérêt Octobre)
30/11
328 Dette rattachée à CT 27 083
713 Intérêt couru 27 083
(Intérêt novembre)
16/12
371 Compte courant Batimax 5 000 000
323 Crédit d’équipement 5 000 000
(remboursement)
371 Compte courant Batimax 208 115
713 Intérêt couru 30 685
328 Dette rattachée à CT 143 835
434 TVA 33 595
(Paiement intérêt dû)

Iseptembre = 5 000 000*14*14/36 500 = 26 849

Ioctobre = 5 000 000*14*31/36 500 = 59 452

Inovembre = 5 000 000*14*30/36 500 = 57 534

Idécembre = 5 000 000*14*16/36 500 = 30 685

TVA = 143 835µ19,25% = 33 595

2.2.4. Les crédits remboursables par amortissement

Ce sont des crédits de toute nature, dont les échéances de remboursement sont échelonnés sur
la durée du crédit à travers un tableau d’amortissement préalablement établi et accepté par le
client bénéficiaire dans toutes ses conditionnalités à savoir l’échéancier de remboursement.

L’échéance d’un remboursement est égal au montant de l’amortissement de capital plus intérêt
de la période plus TVA correspondant aux intérêts dus. Dans notre contexte, les échéances sont

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généralement constantes et dans d’autres circonstances elles sont variables. Lorsque le montant
des échéances est constant, les amortissements du capital évoluent en progression géométrique
croissante de raison (1 + i).

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