Le développement d'un pays en général et d'une entité territoriale décentralisée en particulier dépend
de la manière dont le pouvoir politique est organisé1(*). Pour assurer la mission de développement, les
autorités politiques sont appelées à associer la population à la prise des décisions pour les affaires qui la
concerne directement. La décentralisation est donc un mode de gestion qui permet de matérialiser cette
vision. A travers celle-ci, les représentants de la population d'une entité territoriale décentralisée
élaborent des politiques publiques nécessaires relatives à son développement.
La question soulevée par cette étude n'est pas abordée pour la première fois. Les aspects y relatifs ont
déjà été traités dans plusieurs travaux.
Se penchant sur la question de la décentralisation, l'USAID a démontré que, la décentralisation des
entités territoriales décentralisées doit se baser sur la formation et la communication destinée aux
entités territoriales décentralisées. Cette organisation conclue en disant que, les entités territoriales
doivent élaborer leurs plans de développement, programmer sa mise en oeuvre, assurer sa gestion sous
la responsabilité des élus locaux. Pour assurer pleinement cette mission, chaque acteur doit connaitre
ses attributions et jouer pleinement son rôle2(*).
Relevant les limites de la mise en oeuvre de la décentralisation, l'étude conjointe CENCO-CEJP, affirme
que celle-ci est en cours en République Démocratique du Congo.3(*) D'après cette étude, les vielles
nations ont, elles aussi, eu recours à la décentralisation en vue de corriger, d'améliorer ou adapter
divers aspect précis de leur organisation et structures. Enfin l'étude démontre que la décentralisation a
ainsi conduit, même dans les vielles nations, à des nouvelles institutions plus démocratique, plus
proches du peuple, de ses besoin et de ses aspirations et davantage plus protectrices de ses intérêts,
plus catalyseurs et plus expressives de sa participation à l'exercice et à la gestion du pouvoir et des
affaires publiques4(*).
JARIBU MULIWAVYO J.B, dans son étude sur les aspects historiques de la politique de décentralisation,
souligne que la tentative de la décentralisation entretenue dans la plus part de lois s'était soldé par des
idéologies dominatrices, de balkanisation, sécessionniste, mais aussi par des querelles de contrôle
rendant les organes législatifs impuissant devant les exécutifs nommés et fortement dépendant du
pouvoir central5(*).
Pour METYA KAMBALE, la décentralisation est la clé de voûte dans le processus de développement6(*).
GONIDEC ajoute également que la décentralisation est un facteur au développement.7(*)
ISANGO IDI ZANZILA dans son l'inventaire sur les principaux problèmes que soulèvent l'application de la
décentralisation administrative au Zaïre a relevé que ces derniers sont de deux niveaux, à savoir, les
problèmes au niveau de la pratique et les problèmes de la conception, de sa capacité de gestion de
l'organisation et des relations d'autorité ainsi que les problèmes d'ordre financier comme entrave à
l'application de la décentralisation en RDC8(*)
Pour sa part, KAYINDA (L) estime que les problèmes des ressources humaines et financières constituent
les preuves à la mise en oeuvre de la décentralisation9(*).
Sadji NDAYABAJE, explique les motifs qui ont amenés le législateur congolais de procéder à ce nouveau
découpage territorial. Son étude met évidence les enjeux de la décentralisation territoriale, surtout à ce
qui concerne l'érection des chefs lieux des territoires en communes rurales, telle que prévu par la loi
organique no 08/06 du 07 oct. 2008. Tout eu sur le désaccord la population d'élever la cité de Kibumba
en commune rurale. Pour lui, le mécanisme du redécoupage et la redéfinition des certaines entités
territoriales méritent d'être observés scrupuleusement dans l'esprit des nos lois déjà édictés, non
seulement dans la cité de Kibumba, chef-lieu du territoire de Nyiragongo, mais aussi et surtout sur toute
l'entendue de la République Démocratique du Congo. L'auteur suggère en effet aux pouvoirs publics
d'être animés d'une bonne volonté politique dans les sens des attentes de la population et de ne pas
démissionner devant leurs responsabilités. Selon lui pour acquérir la culture de la décentralisation et la
capacité de gestion, l'éducation en permanence des cadres administratifs et des citoyens en général
devra constituer leur majeure préoccupation10(*).
BARAKA BEBUTSA Franklin dans l'analyse des ressources financières de la chefferie de Bukumu s'est
penché sur la structure, l'affectation et l'évolution des ressources financière de la chefferie de Bukumu.
Dans son étude, il a conclu que les ressources financières de la chefferie de Bukumu sont constituées
des recettes courantes, composés de recettes rétrocédés et des taxes spécifiques qui sont composées de
recettes des taxes rémunératoires et fiscales. Concernant l'affectation des recettes, il a trouvé que la
dette antérieure était reconnue dans chaque exercices budgétaire mais ne faisant pas l'objet ni de
prévision, ni de réalisation. Son constat est que Les recettes réalisées par la chefferie ont une évolution
progressive, sa tendance générale dégagée confirme une augmentation de recettes en hausse de la
chefferie. Pour lui, l'autorité coutumière devra recouvrer l'IPM car étant une source importante pour
celle-ci. A son humble avis cela renforcerait la cohésion sociale de sa population11(*).
Tous les travaux passés en revue ici rentrent dans la logique du travail en cours. En effet, ils sont axés,
les uns sur les aspects de la décentralisation, les autres sur le découpage territorial. L'avantage de celui-
ci par rapport aux autres est qu'il cherche à examiner la fonctionnalité de la chefferie de Bukumu érigé
en entité territoriale décentralisée par la constitution du 18 février 2006.
En effet, le choix de ce sujet tient compte de l'expérience déjà vécue dans le territoire de Nyiragongo qui
héberge à son sein la chefferie de Bukumu qui fonctionnait comme entité administrative déconcentrée
et celle vécue après son érection en entité territoriale décentralisée dotée d'une personnalité juridique
et une autonomie de gestion organique et financière à partir de 2006 issue de la promulgation de la loi
fondamentale de la troisième République par le Président de la République. Par cette étude, il est
question de vérifier si la chefferie de Bukumu remplisse les conditions favorables à sa fonctionnalité
comme ETD. Pour ce faire, la période allant de 2006 à 2012 a été choisie pour délimiter cette étude car,
elle couvre l'année pendant la quelle certaines entités ont vues leurs statuts changés en entité
décentralisée. Dans l'espace, elle concerne la chefferie de Bukumu prise dans ses limites territoriales.