Travail
Travail
Droit du travail
2024-2025
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Droit du Travail traité par : Hassen Kerdi
Introduction
Le droit du travail peut être défini comme étant l'ensemble des règles juridiques applicables aux relations
individuelles et collectives entre les employeurs privés et ceux qui travaillent sous leur autorité
moyennant d’une rémunération
A partir de cette définition on peut relever les caractéristiques du droit du travail suivantes
*Le droit du travail est le droit du travail subordonné. En effet, son domaine dépend des conditions
d’exécution. On distingue à cet égard les travailleurs indépendants, qui accomplissent leur travail d’une
manière autonome, le plus souvent pour leurs propres comptes, des travailleurs placés dans une situation
de subordination, puisqu’ils accomplissent leur travail sous la direction et le contrôle d’un employeur.
Le droit du travail ne concerne que cette deuxième catégorie. Il ne gouverne pas le travail indépendant,
qui relève d'une profession libérale ou commerciale, où l'on travaille sans recourir à autrui.
*Le droit du travail est le droit des rapports de travail, aussi bien individuels que collectifs. Les premiers
rapports sont issus du contrat de travail. Le droit du travail, à cet égard, régit la formation, l’exécution
et la rupture du contrat. Les seconds concernent une collectivité de salariés ; il s'agit du droit syndical,
de la constitution, de la liberté et de l’action syndicale.
→ Les conflits collectifs du travail : le code du travail prévoit un dispositif destiné à réglementer de
manière pacifique les conflits de nature collective, c’est-à-dire ceux qui concernent une collectivité
professionnelle, à travers la conciliation obligatoire et l’arbitrage facultatif, afin d'éviter la grève ou le
lock-out.
*Le droit de la négociation collective et des conventions collectives du travail : il s’agit de l’ensemble des
négociations entre les syndicats de salariés et les employeurs qui se rapportent aux conditions de travail
et qui aboutissent à la conclusion d’une convention ayant l’effet de la loi. On distingue comme suit : la
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convention collective cadre de 1973 (secteur non agricole) et de 2015 (secteur agricole), la convention
des branches (sectorielles/agréées) et la convention collective d'entreprise.
*La représentation du personnel de l’entreprise : on distingue la représentation élue institutionnelle, qui
concerne la Commission Consultative d’Entreprise (C.C.E) dans les entreprises comptant plus de 40
salariés permanents, ou les délégués du personnel pour les entreprises ne comptant pas ce nombre de
salariés. On trouve aussi la représentation syndicale, qui est essentiellement du ressort des délégués
syndicaux de l’entreprise. (Voir l’article 157 C.O.T et suivants, ainsi que l'article 5 de la convention de
1973).
Le droit du travail est le droit du travail privé : le droit du travail est né dans le secteur privé pour
protéger les salariés contre l’excès de la liberté contractuelle. À une époque, le droit du travail était
assimilé à une législation individuelle. Le secteur public et le secteur privé relevaient de deux mondes
qui s’ignoraient progressivement, mais un rapprochement s’est réalisé en raison de l’imbrication du privé
et du public.
Le droit du travail s’applique au-delà du secteur privé. L’article premier du C.T. prévoit que le code est
applicable à toutes les entreprises privées ou publiques, abstraction faite de la nature de l’activité, à
condition que la relation soit subordonnée. De ce fait, les fonctionnaires de l’État, des collectivités locales
et des entreprises publiques relèvent d’un statut (celui de la fonction publique) et échappent, de ce fait,
au domaine du droit du travail. Cependant, les personnels des établissements publics ou des entreprises
publiques qui ne sont pas des agents ou des fonctionnaires bénéficient des dispositions protectrices du
droit du travail (article 3 de la loi n° 85-78 du 23 août 1985 relative aux statuts des personnels des offices
et des entreprises publiques).
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Dans cette logique civiliste, le travail était traité comme une marchandise, sans considération particulière
pour la personne du travailleur.
Le principe de l’autonomie de la volonté interdisait à l’État gendarme d’intervenir dans la sphère
contractuelle. Ce principe régissait aussi bien la formation, l’exécution que la rupture du contrat, qui
restaient soumis aux principes admis en droit des obligations.
La conception individualiste et libérale du droit civil allait rapidement montrer son inaptitude à assurer
une protection adéquate des salariés, considérés comme la partie la plus faible dans le droit du travail.
La naissance du droit du travail marque le recul de la conception du droit civil. L’État est intervenu
impérativement pour réglementer les conditions de travail et ne pas laisser ce domaine du ressort exclusif
des volontés. L’intervention de l’État a été accompagnée par l’émergence des syndicats et l’influence de
la philosophie socialiste, qui appelait à l’amélioration des conditions des salariés, allant jusqu’à remettre
en cause le système capitaliste.
En réalité, la naissance et le développement des règles à vocation protectrice sont le résultat de la prise
en compte d’une idéologie de gauche, devançant les conséquences du libéralisme en matière sociale, et
d’une idéologie de droite appelant à l’épuisement de la lutte de l’État.
Les premiers textes datées au début du 19 siècle, on peut citer
- Le décret beylical du 15 décembre 1906, qui détermine l’âge minimum du travail dans le domaine
maritime.
- Le décret beylical du 15 juin 1910, qui a fixé la durée hebdomadaire du travail des femmes et des enfants
dans les usines.
- le décret beylical de 20 avril 1920 qui a instauré le repos hebdomadaire
- le décret beylical de 27 mars 1919 qui a régit les conditions du travail dans les établissements dangereux
et insalubres
- le décret beylical de 23 Aout 1934 qui a instauré l’inspection du travail.
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C’est à partir de 1936 qu’on constate l’évolution du droit du travail tunisien avec l’apparition des
conventions collectives : l’introduction des congés payés, la réglementation des salaires et la création des
juridictions spécialisées dans le règlement des conflits du travail.
Après l’indépendance en 1955, une commission a été chargée d’élaborer le code du travail en rassemblant
les textes existants. Cependant, la politique de dirigisme économique a simplifié la question sociale au
bénéfice de l’économie en 1996, donnant lieu à la réglementation d’un contrat de travail qui rassemble,
pour l’essentiel, la législation sociale existante. Le code a fait l’objet de plusieurs modifications, dont les
plus importantes sont :
- La modification du 29 mai 1973 a levé les interdictions concernant les clauses relatives au salaire dans
les conventions collectives.
- La modification de 21 février 1994 est intervenue en matière de licenciement
- La réforme du 15 juillet 1996 avait mis en place un régime pour licenciement pour motif économique.
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règles et principes, notamment en ce qui concerne l’abus, sans parler des règles qui régissent la formation
du contrat.
À côté de ces solutions spécifiques, le droit du travail a développé sa propre terminologie, telle que
subordination, licenciement, lock-out, embauche, et prud’hommes.
Le caractère progressiste du droit du travail
Le droit du travail est progressiste parce qu’il vise toujours à l’amélioration constante de la condition
ouvrière. C’est le droit des avantages acquis, où le législateur est constamment guidé par la volonté
d’améliorer la situation des salariés. Ce caractère progressiste ne se limite pas aux rapports individuels
issus du contrat de travail, il concerne aussi les rapports collectifs.
Le caractère impératif du droit du travail :
Le droit du travail vise à protéger les salariés par une réglementation impérative qui se superpose à la
volonté individuelle. Ces dispositions sont obligatoires parce qu’elles se rattachent à l’ordre public de
protection. En effet, le contrat de travail ne peut pas prévoir des mesures contraires à ce qui est prévu
dans la loi ou dans les conventions collectives, étant donné qu’elles sont destinées à protéger le salarié.
Le caractère protectionniste donne à la notion d'ordre public social un sens particulier.
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D'autres traités peuvent avoir une vocation générale en instaurant une égalité entre travailleurs étrangers
et travailleurs nationaux. (Exemple : le traité conclu avec la France en matière de résidence et de travail
des Tunisiens du 17 mars 1988 et l’accord conclu avec l’Allemagne le 18 octobre 1965).
B- les conventions internationales du travail
Ces conventions sont surtout l’œuvre de l'Organisation internationale du travail (O.I.T.), qui est une
institution spécialisée de l'Organisation des Nations Unies (ONU), créée par le traité de Versailles en
1919. Elle siège à Genève et a été créée en vue d'unifier progressivement les droits sociaux internationaux.
Cette institution est dotée d'une structure tripartite. En effet, elle comprend les trois organes suivants :
- L’organe administratif est le Bureau international du travail (B.I.T.). Il comprend un directeur à
la tête d’un conseil d’administration composé des représentants des gouvernements, des salariés et
des employeurs.
Cet organe est chargé des missions d’information et de documentation. Il prépare également les
travaux de l’organe législatif.
L’organe législatif est la Conférence internationale du travail. Elle tient une session au moins une fois
par an. Elle est composée des délégations de tous les États membres, chaque délégation étant représentée
de manière tripartite. Cet organe prend deux types de décisions : des recommandations et des
conventions de travail. Ces dernières, une fois ratifiées, obligent les États à harmoniser leur législation
interne avec les conventions.
L’organe de contrôle : cet organe est très important car de son action dépend l’efficacité des conventions
internationales. D’ailleurs, la constitution de l’O.I.T. impose aux États membres de présenter
périodiquement au B.I.T. les mesures prises pour rendre effectives les conventions internationales
ratifiées.
La Tunisie a adhéré à l’O.I.T. depuis 1956. Elle a ratifié plus de ¼ des conventions du travail (environ
58 conventions), dont 8 conventions sur les droits fondamentaux. À savoir : la convention 29-1930 sur
le travail forcé, la convention 87-1948 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, la
convention 98-1949 sur le droit d'association et de négociations collectives, la convention 100-1951 sur
l’égalité de rémunération, la convention 138-1973 sur l’âge d’admission au travail. La Tunisie a également
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ratifié d'autres conventions considérées comme prioritaires, à savoir la convention n°122 sur la politique
de l’emploi et la convention n°81-1947 sur l’inspection du travail.
Traduit souvent, à un moment donné, une certaine vision des rapports sociaux, en annonçant un nombre
de principes fondamentaux relatifs au travail. Ainsi, la Constitution du 25 juillet 2022 prévoit dans son
article 46 que tout citoyen et toute citoyenne a droit au travail, et que l'État prend les mesures nécessaires
pour le garantir sur la base du mérite et de l’équité. L’article 41 garantit la liberté de constituer des
syndicats. De son côté, l’article 40 déclare que le droit syndical, y compris le droit de grève, est garanti.
2. Les lois et les règlements :
Les textes législatifs constituent la source la plus importantes du droit du travail. Dans ce cadre on
trouve :
- Les dispositions de C.O.C en tant que droit commun
- On trouve aussi le C.T promulgué par la loi n°66-27 de 30 avril 1966
- On trouve aussi le code du travail maritime promulgué par la loi n°67-52 de 7 décembre 1967
A coté de ces codes on trouve des autres textes régissantes par exemple la formation professionnelle et
la sécurité social.
A côté de cet ensemble de lois on trouve les décrets et les règlements et les divers textes d’application de
la législation sociale.
3- La jurisprudence
Elle contribue de manière essentielle à l’évolution du droit du travail, surtout lorsqu’on constate que ce
droit est marqué par les contentieux (litiges). La jurisprudence a joué un rôle important, notamment en
matière de licenciement (la charge de la preuve, en matière de prescription de l’action).
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Les tribunaux ont également joué un rôle crucial en matière de qualification de la faute du salarié
(l’obligation de traduction du salarié devant le conseil de discipline pour les sanctions de second degré,
l’indépendance de la faute disciplinaire par rapport à la faute pénale).
B- les sources professionnels
1- les conventions collectives du travail
L’article 31 du C.T. prévoit que les conventions collectives sont des accords relatifs aux conditions de
travail, conclus entre des employeurs, organisés ou non, et plusieurs organisations syndicales. On
distingue trois catégories de conventions collectives :
- La convention collective cadre, qui règle les aspects généraux des relations individuelles et collectives
du travail. On trouve la Convention Collective Cadre Non Agricole (C.C.C.N.A) de 1973 et la
Convention Collective Cadre Agricole (C.C.C.A) de 2015.
- On trouve également les Conventions Cadre Sectorielles (C.C.S) ou des branches agréées. Les
conventions adaptent et appliquent les stipulations du cadre à certains secteurs d’activités économiques.
- Enfin, les conventions des entreprises ou d’établissements, qui sont conclues au niveau de l’entreprise
afin d’adapter l’application de la convention de branche à son cadre spécifique.
Le code du travail interdisait initialement à ces conventions d’aborder les questions relatives aux salaires.
Cette interdiction a été levée en 1973, entraînant un essor considérable, donnant lieu à la conclusion de
plus de 90 conventions collectives de branche.
Les conventions collectives constituent un instrument juridique essentiel. Tout d’abord, elles sont un
moyen de progrès social, car la négociation améliore ce qui est acquis. Ensuite, elles constituent un
instrument de démocratie sociale, puisque leur contenu n’est pas imposé, mais négocié entre les
partenaires sociaux. Enfin, elles représentent un instrument de paix sociale, car les revendications non
satisfaites peuvent entraîner des conflits collectifs. En effet, les négociations périodiques constituent une
solution d’apaisement et de compromis réciproque.
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généraux relatifs aux droits sociaux, tant individuels que collectifs. Elle prévoit que les conventions
internationales dûment ratifiées occupent une position infra-constitutionnelle mais supra-légale.
L’essentiel de la réglementation sociale du travail provient des dispositions légales ou réglementaires.
Ensuite, on trouve les sources professionnelles, telles que les conventions collectives (cadre, de branche,
d’établissement, d’entreprise), les règlements intérieurs et les usages.
Selon le principe de hiérarchie des normes, une norme négociée occupe une place inférieure par rapport
aux normes étatiques, car ces dernières relèvent de l'ordre public de protection.
La diversité et la complexité du système des sources du droit du travail conduisent souvent à ce qu’une
même situation soit régie en même temps par plusieurs normes de nature et de rang différents (exemple
: le salaire est fixé par règlement et par convention, la durée du congé annuel est régie par les conventions
collectives). La solution est déterminée à travers la notion de l'ordre public social.
Cette notion signifie qu’une règle supérieure ne s’impose à une règle inférieure que si elle garantit au
salarié un minimum social. Ainsi, il est permis de déroger à la règle supérieure dans un sens favorable
au salarié.
Ainsi, la règle en droit du travail a en même temps un caractère impératif et supplétif. Elle est impérative
parce qu’elle garantit au salarié un minimum social qui ne peut pas être réduit ou supprimé. La même
règle devient supplétive dès qu’elle peut être écartée par une règle inférieure lorsque celle-ci améliore le
minimum social prévu par la règle supérieure.
En réalité, la notion d’ordre public signifie que la coutume est une source secondaire et ne peut pas
contredire un texte légal.
Dans le premier cas, la convention collective peut déroger à la loi dans un sens favorable, lorsqu’elle
prévoit un salaire supérieur au salaire minimum légal. Dans le deuxième cas, la convention de branche,
plus favorable que la convention cadre, sera applicable. Et la convention d’établissement, plus favorable
que la convention de branche, sera applicable.
Sur un autre plan, la notion d’ordre public influence le principe de l’effet impératif de la convention
collective à l’égard du contrat de travail. À cet égard, l’article 31 alinéa 2 du C.T. prévoit clairement que
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le contrat de travail peut déroger aux conventions collectives lorsque ses stipulations sont plus favorables
au salarié que celles de la convention.
Le principe de faveur est un principe fondamental en droit du travail. Il a été consacré par la Cour de
cassation pour la première fois dans la décision 8573 du 28 octobre 1971, qui le considère comme un
principe fondamental en droit du travail. Selon ce principe, en cas de conflit entre des normes, c’est la
norme la plus favorable qui doit s’appliquer
Pour assurer l’application effective de la législation sociale, un service extérieur du ministère des Affaires
sociales a été créé. Il s’agit de l’inspection du travail, créée en Tunisie depuis 1910 dans le secteur
commercial et industriel, et en 1944 dans le secteur agricole. La Tunisie a ratifié la convention N°81 de
l’O.I.T. sur l’inspection du travail. Actuellement, cette institution est réglementée par les articles 170 à
182 du Code du travail.
L’inspection du travail comprend un service central et des services régionaux. L’examen des dispositions
du Code du travail permet de dire que l’inspection est chargée d’une triple mission :
- Une mission de contrôle
- Une mission d’information et de conseil
- Une mission de conciliation
1- La mission de contrôle :
Conformément à l’article 170 du C.T., les agents de l’inspection du travail sont chargés de veiller à
l’application des dispositions légales, réglementaires et conventionnelles organisant les relations de
travail, et disposent de pouvoirs dans les domaines d’activité relevant du droit du travail.
Pour mener à bien cette mission, l’inspection dispose de certaines prérogatives :
- Ses agents disposent d’un droit de visite qui les autorise à pénétrer, selon les conditions fixées par
l’article 174 du C.T., dans les établissements soumis à leur contrôle.
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- Ils disposent aussi d’un large pouvoir d’investigation. À ce titre, ils peuvent procéder à tout examen,
contrôle ou enquête jugés nécessaires pour s’assurer du respect des dispositions légales, réglementaires
ou conventionnelles (article 174-4). De même, ils peuvent interroger l’employeur ou le personnel de
l’entreprise sur toute question relative à l’application des dispositions légales, réglementaires ou
conventionnelles. La réponse donnée par le travailleur ne constitue pas une violation du secret
professionnel. En outre, ils peuvent demander la communication de tous livres, registres ou documents
pour vérifier la conformité avec la loi, le règlement ou la convention. Les agents peuvent également
prélever des échantillons et des substances afin d’effectuer des analyses.
- Les agents de l’inspection du travail, en tant qu’officiers judiciaires, peuvent demander l’assistance des
agents de la force publique à l’occasion de l’exercice de leurs missions. De même, ils constatent les
infractions par des procès-verbaux (article 177-2).
2- La mission d’information et de conseil :
L’article 170-2 prévoit que les agents de l’inspection du travail sont chargés de fournir des informations
et des conseils techniques aux employeurs et aux salariés sur les moyens les plus efficaces d’appliquer la
législation sociale.
Cette mission s’exerce également à l’égard des autorités. L’article 170-3 oblige l’inspection à signaler les
lacunes et les abus qui ne sont pas couverts par des dispositions légales. Plus généralement, la mission
d’information et de conseil implique que l’inspection établisse des rapports trimestriels sur l’application
de la législation sociale et collecte des statistiques concernant les conditions de travail et d’emploi.
3- La mission de conciliation :
L’inspection du travail est chargée d’une mission de conciliation dans les domaines suivants :
- En matière de conflits collectifs du travail, l’article 172 prévoit que l’inspection assiste les gouverneurs
dans leur mission de conciliation.
- En matière de licenciement pour motif économique, l’article 21 impose à tout employeur ayant
l’intention de licencier des salariés pour motif économique d’envoyer le projet de licenciement à
l’inspection du travail.
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- L’employeur qui entend licencier un représentant du personnel (élu au syndicat) doit, selon l’article
176 du Code du travail, obtenir l’avis préalable du directeur général de l’inspection du travail.
- En matière de conflits individuels du travail, la pratique montre que souvent l’inspection s’est confié
une mission de conciliation sur la base des conseils dont elle est investie.
- Cette mission concerne surtout le licenciement : il faut noter que cette mission n’est pas expressément
reconnue dans la législation, car c’est le juge qui est compétent dans ce domaine.
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rendus par le conseil de prud’hommes sont émis par le président, qui peut statuer même si les conseillers
sont absents (article 189).
Les conseils de prud’hommes sont établis par décret au sein des tribunaux de première instance. Ce
décret détermine également, s’il y a lieu, les sections des conseils et leur composition. Le décret
d’institution définit aussi le ressort du conseil, le nombre de prud’hommes salariés, etc. Si les conseils
sont divisés en sections, chaque section fonctionne de manière autonome.
En l'absence d’un conseil de prud’hommes, ce sont les tribunaux du droit commun qui statuent sur les
litiges relevant du droit du travail selon la procédure prévue par le Code du travail (article 185).
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Les conseils de prud’hommes statuent en principe en premier ressort. Ils statuent en dernier ressort sur
la demande de délivrance des pièces que l’employeur est tenu de fournir au salarié. Le jugement peut
faire l’objet d’un appel devant la cour d’appel (article 221 du C.T).
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cette grève pour trancher sur le licenciement. Si la grève est illégale, le licenciement sera considéré comme
non abusif.
En outre, le conseil de prud’hommes n’est pas compétent pour connaître des actions fondées sur des
accidents du travail et des maladies professionnelles, ainsi que des litiges fondés sur le régime de sécurité
sociale.
2- la compétence territoriale
Selon l’article 214, il est prévu que : « Les conflits sont portés devant le conseil de prud’hommes dans
le ressort duquel est située l'entreprise où le travail est effectué. En cas d'exécution du travail en dehors
de l'entreprise, le conflit est porté devant le conseil de prud'hommes dans le ressort duquel se situe le
lieu du domicile du travailleur. Le travailleur peut, dans tous les cas, introduire l'action devant le
conseil de prud'hommes du lieu où le contrat de travail a été conclu. »
En vertu de cette disposition, on distingue deux cas de figure. Dans le premier cas, si le travail est
accompli dans l’entreprise, le salarié a le choix entre le conseil du lieu de l’entreprise ou celui du lieu
de la conclusion du contrat. Dans le second cas, lorsque le travail est accompli en dehors de
l’entreprise, le salarié a le choix d’introduire l’action devant le conseil du lieu de son domicile ou celui
du lieu de la conclusion du contrat.
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- Le contrat de travail est généralement considéré comme un contrat d'adhésion puisque souvent il
n'est pas précédé par une véritable négociation contractuelle et que c'est l'employeur qui dicte ses
conditions.
- Le contrat de travail est un contrat intuitu-personnelle , surtout du côté du salarié, en ce sens qu'il est
conclu en considération de la personne du travailleur (aptitudes, expérience). Par conséquent, les
événements qui affectent sa personne (incapacité à travailler, mort) influencent la continuité de la
relation de travail.
Sous-section 2 : les critères du contrat de travail
L'article 6 du Code du travail permet de dire que le contrat de travail est le contrat par lequel une
personne physique (le salarié) s'engage à exécuter un travail sous la subordination d'une personne
physique ou morale (l'employeur) en échange d'une rémunération. À partir de cette définition, on peut
dégager trois critères du contrat de travail, à savoir la prestation de travail, la rémunération et l'état de
subordination.
Les deux premiers critères sont nécessaires pour la qualification du contrat de travail. Cependant, ils
sont insuffisants car ils ne sont pas spécifiques au contrat de travail, puisqu'ils existent dans d'autres
contrats et situations. C'est le critère de la subordination qui constitue le véritable critère permettant de
saisir le contrat de travail, car la fourniture de la prestation dans les autres contrats est effectuée en
toute indépendance.
Paragraphe 1 : Le critère nécessaire pour la qualification d’un contrat de travail :
A- la prestation du travail
Dans un contrat de travail, le travailleur s'engage à fournir à l'employeur 'ses services personnels', c'est-
à-dire une prestation de travail. Cette prestation peut prendre des formes variées, elle peut être manuelle,
intellectuelle, artistique, sportive. Elle peut être celle d'un ouvrier ordinaire, d'un salarié qualifié ou d'un
cadre. En réalité, chaque activité humaine peut être qualifiée de 'travail' au sens du droit du travail,
pourvu qu'elle ne soit pas interdite par la loi
Il faut rappeler enfin que la prestation de services doit être personnelle, ce qui signifie que le travailleur
doit exécuter personnellement le travail
B- La rémunération du travail :
En tant que contrat à titre onéreux, le contrat de travail implique obligatoirement une rémunération,
dite salaire. Cet élément permet de distinguer le contrat de travail de la prestation de travail bénévole.
En effet, le travailleur bénévole ne reçoit aucune rémunération en échange de ses services et, par
conséquent, il n'est pas considéré comme un salarié et ne sera pas soumis au droit du travail.
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Cependant, une faible rémunération, voire même dérisoire, n'empêche pas de qualifier la relation de
travail en droit du travail. En effet, le droit du travail n'est pas moins applicable parce qu'un travailleur
est mal payé. Bien au contraire, c'est pour protéger les salariés mal payés que le droit du travail a instauré
un salaire minimum garanti.
Par ailleurs, la rémunération peut être calculée au temps ou à la tâche, comme elle peut combiner les
deux modes. Elle peut consister en une somme d'argent, comme elle peut être fournie en nature.
Dans tous les cas, la rémunération doit être exclusive de toute participation aux pertes subies par
l'entreprise.
Paragraphe 2 : Le critère fondamental de qualification
La notion de subordination est une notion capitale en droit du travail, puisqu'elle est intimement liée
aux frontières du salariat. Ce critère permet de déterminer quand un créancier peut estimer que son
activité s'inscrit dans un contrat de travail, avec toutes les conséquences juridiques qui en découlent.
C'est la subordination qui permet la qualification d'un contrat de travail et de déterminer le statut de
celui lié par la convention. La subordination est un critère spécifique qui permet de la distinguer d'autres
contrats et d'autres situations.
A- La notion de la subordination:
Dans le cadre d'une activité professionnelle, le critère qui permet de déterminer s'il s'agit d'un contrat
de travail tient à l'existence d'un lien de subordination. Cependant, le législateur ne fait pas toujours de
la subordination l'élément déterminant pour qualifier la relation entre deux parties. En effet, même si le
statut de salarié est synonyme de subordination, on assiste à une sorte d'infléchissement de ce critère.
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que le salarié dépende économiquement de son employeur, sa subordination économique ne peut, à elle
seule, servir de critère du contrat de travail.
En effet, l'état de subordination économique est trop général pour servir de critère, étant donné que
toute personne qui fournit une prestation dépend économiquement d'une autre personne. C'est le cas
notamment des travailleurs indépendants ou des fonctionnaires.
2-Les indices de la subordination juridique
L'article 6 retient la notion de la subordination juridique comme critère du contrat de travail. Il précise
que le travail doit être effectué sous la direction et le contrôle de l'employeur.
Selon une célèbre formule, la subordination se rapporte à l'exécution d'un travail sous l'autorité d'un
employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d'en contrôler l'exécution et de
sanctionner les manquements. Cette formule décrit les grands modes d'exercice d'un pouvoir de dicter
et de donner des ordres ponctuels, des directives générales et des sanctions en cas de manquement.
Conformément à ce pouvoir, le salarié est placé sous l'autorité de son employeur, qui lui donne des
ordres relatifs à l'exécution du travail et qui contrôle et vérifie les résultats de ce travail. Ainsi, l'état de
subordination se caractérise principalement dans les rapports des entreprises industrielles, où les salariés
accomplissent des tâches manuelles.
La notion de subordination juridique n'est pas toujours facile à appréhender en raison de la variété des
situations et de la différence entre les prestations fournies par les salariés (travail intellectuel, tâches dans
les domaines technologiques). Face à ce constat, la jurisprudence et la doctrine ont invoqué certains
éléments permettant de saisir l'état de subordination juridique (p. 20, code annoté).
La nature de l'activité exercée est parfois envisagée pour décider de la subordination. Ainsi, le gardien
d'un immeuble réservé à la location est considéré comme un salarié, puisqu'il exerce son activité en toute
dépendance vis-à-vis du propriétaire de l'immeuble. Par contre, celui qui joue le rôle d'intermédiaire
entre le propriétaire d'un terrain et le locataire de ce terrain, en contrepartie d'un pourcentage, n'est pas
considéré comme travailleur.
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Les conditions de l'exercice de l'activité constituent l'indice le plus important pour décrire l'état de
subordination : en général, le travail est accompli dans le lieu fixé par l'employeur, avec des horaires
fixés par ce dernier, en utilisant le matériel et la matière première qu'il fournit (la manière de l'activité).
D'autres indices supplémentaires peuvent être utilisés pour saisir le lieu de subordination juridique, tels
que l'accomplissement par l'employeur des obligations mises à sa charge. La délivrance de bulletin de
paie ou l'affiliation à la sécurité sociale. La jurisprudence a aussi dégagé le critère de l'intégration dans
un service organisé comme un indice important de la subordination juridique. En vertu de ce critère, il
y a subordination dans tous les cas où l'employeur impose au salarié une organisation de travail, même
s'il ne le contrôle pas matériellement.
En définitive, le critère de subordination est un critère ouvert. Il repose plus sur les conditions
d'accomplissement de la prestation que sur la volonté des parties.
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Il dispose de ses propres outils de travail et il n'est pas soumis au pouvoir de direction et de contrôle de
maître d'ouvrage.
Pour résumer, l'objet du contrat de travail est la force de travail, tandis que l'objet du contrat d'entreprise
est le résultat du travail.
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C.O.C). Le contrat de mandat peut être à titre gratuit ou à titre onéreux, mais ce n'est pas le critère de
rémunération qui distingue les deux contrats.
L'objet du contrat de mandat peut être utilisé pour le distinguer du contrat de travail. En effet, le
mandataire accomplit des actes juridiques et non des actes matériels.
En réalité, le véritable critère permettant de distinguer les deux contrats est celui tenant à la subordination
juridique. En effet, le mandataire agit en toute indépendance dans l'exécution de sa mission ; il a un
pouvoir d'appréciation quant à la conclusion de l'acte juridique (d'ailleurs, c'est son consentement qui
est primordial pour la validité du contrat), même s'il a l'obligation de rendre des comptes au mandant.
Dans l'hypothèse inverse et en présence d'une subordination juridique, il s'agit d'un contrat de travail.
D'ailleurs, le VRP est considéré comme un salarié si les conditions exigées par les articles 409 et 410 du
Code du travail (représenter une seule maison de commerce) sont réunies. Dans l'hypothèse inverse,
c'est-à-dire lorsqu'il ne travaille pas pour le compte d'une seule maison de commerce et lorsqu'il effectue
des opérations pour son propre compte, il ne sera pas considéré comme salarié.
Paragraphe 1 : L'employeur
L'employeur est la personne physique ou morale sous la direction de laquelle le travailleur accomplit sa
prestation de travail en contrepartie d'une rémunération.
A- Détermination de l'employeur.
Il ne faut pas confondre employeur et chef d'entreprise, car si ces deux qualités peuvent se confondre
dans les petites et moyennes entreprises, tel n'est pas le plus souvent le cas. En effet, lorsque l'employeur
est en même temps propriétaire de l'entreprise, il va la diriger personnellement.
Lorsque l'employeur n'est pas une personne physique mais l'entreprise elle-même en tant que personne
morale, l'interlocuteur des salariés sera une personne physique qui représente l'entreprise, qui est
l'employeur.
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Droit du Travail traité par : Hassen Kerdi
Par ailleurs, la détermination de l'employeur est d1élicate lorsqu'il s'agit d'une sous-entreprise de main-
d'œuvre ou d'un groupe de sociétés.
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Droit du Travail traité par : Hassen Kerdi
structure influence les rapports de travail au niveau du groupe. En effet, une société employeur peut être
soumise à l'influence de la société mère ou à la société dominante dans le groupe.
De même, le groupe de sociétés constitue un cadre par excellence de la mobilité de la main-d'œuvre. En
effet, un salarié recruté dans une société peut échanger ou accomplir sa prestation auprès d’une autre
société. De même, les relations de travail du salarié avec les diverses sociétés peuvent se poursuivre dans
le temps lorsqu’il travaille auprès de différentes sociétés.
Sur l'espace, il peut être appelé à exercer son travail en dehors de la société qui l'a recruté, et ce, après
avoir été recruté par une autre société. Dans ces différents cas de figure, la détermination de l'employeur
soulève des difficultés. En général, la Cour de cassation ne tient pas la qualité d'employeur sur la base
d'un fondement précis.
B- le pouvoir de l’employeur
Il est classique d’admettre que l’employeur dispose d'une trilogie de pouvoirs, à savoir un pouvoir de direction
(gestion), un pouvoir règlementaire et un pouvoir disciplinaire
I- le pouvoir de direction :
Ce pouvoir découle du droit de propriété. Il permet à l'employeur de gérer librement son entreprise, en
déterminant ses options fondamentales et d'assurer la responsabilité économique et financière qui en
découle (la théorie de l'employeur seul juge).
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Dans ce domaine, le droit du travail admet la graduation de la faute, en distinguant la faute légère, qui
n'aura pas de conséquences sur la carrière professionnelle du salarié, et la faute grave, qui peut entraîner
le licenciement (art. 14-4). Il peut aussi s'agir d'une faute lourde, caractérisée par l'intention de nuire à
l'employeur. Cette intention doit être prouvée.
2- les sanctions et les procédures
Selon l'article 37 C.C.C., les sanctions disciplinaires prononcées par l'employeur sont classées selon leur
gravité
*les sanctions de premier degré
- L'avertissement verbal
- L'avertissement par écrit et inscription au dossier
- Le blâme avec inscription au dossier
- La mise à pied pour une période de 3 jours maximum, privative de toute rémunération
Ces sanctions sont prononcées directement par l'employeur après que le salarié ait été en mesure de
fournir ses explications.
*Sanctions de deuxième degré :
- La mise à pied pour une période de 7 jours.
- La mise à pied pour une période de 8 à 30 jours.
- L'abaissement de l'échelon (l'ancienneté).
- La rétrogradation d'échelle.
- La révocation.
Pour ces sanctions, le travailleur doit obligatoirement être devant le conseil de discipline (qui est la
commission consultative de l'entreprise et qui s'érige en tant que conseil de discipline)
L'article 37 et 38 C.C.C. prévoient certaines procédures pour garantir le droit de défense des salariés,
telles que la préparation des moyens de défense, le respect des délais, etc.
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Droit du Travail traité par : Hassen Kerdi
Le conseil donne un avis sur la sanction à prendre à l'égard du salarié. L'employeur prend la décision et
la notifie par écrit au travailleur dans les 7 jours.
3-le contrôle judiciaire
Il faut observer tout d'abord que l'intervention du conseil de discipline ne peut pas constituer un motif
empêchant de porter les litiges devant la juridiction compétente. Le contrôle judiciaire s'articule autour
de deux actions :
D'une part, le juge contrôle la régularité de la procédure. Ainsi, il a été décidé qu'est abusif le licenciement
disciplinaire prononcé sans que le salarié soit traduit devant le conseil de discipline ou lorsque sa
composition était irrégulière, ou en cas de non-respect du droit de défense, ce qui est prévu dans les
articles 37 et 38 C.C.C.N.A.
D'autre part, le juge contrôle l'existence, l'exactitude et la proportionnalité.
En effet, le salarié ne doit pas être sanctionné pour une faute légère par des sanctions extrêmes. La
jurisprudence considère en outre que l'employeur ne doit pas prendre une sanction plus grave que celle
proposée par le conseil de discipline et, sur sa décision, un licenciement serait considéré comme abusif
(voir C.T annoté)
Paragraphe 2 : le salarié
Le salarié est une personne physique qui s'engage à accomplir une tâche bien déterminée d'une manière
personnelle et continue, en fonction de sa qualification professionnelle, selon laquelle il sera classé dans
un poste bien déterminé
Ainsi, la qualification professionnelle est l'aptitude d'un salarié à occuper un emploi. Elle résulte d'un
élément objectif lié à sa compétence ou à son expérience. On parle alors d'une qualification individuelle,
mais elle peut découler d'éléments subjectifs déterminés dans le contrat conclu avec l'employeur. Dans
ce cas, il est question de qualification contractuelle.
A- La qualification individuelle:
Même si le code du travail utilise des termes juridiques différents pour désigner certaines catégories de
travailleurs (par exemple, l'article 104 C.T. qui distingue ouvriers et employés), il ne contient aucun texte
général qui répartit les travailleurs en raison de leur qualification individuelle. L'article 50 de la
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Droit du Travail traité par : Hassen Kerdi
C.C.C.N.A., dans son deuxième alinéa, justifie ceci par : « la diversité de structures et le grand nombre
d'entreprises soumises à la convention, ainsi que la nature des emplois occupés par les nombreuses
catégories de travailleurs, ne permettent pas d'établir une classification comportant une énumération
complète. »
Par conséquent, cette classification sera réalisée dans chaque branche d'activité, en continuité avec la
classification internationale des professions établie par le B.I.P. L'examen des différentes conventions
sectorielles permet de dégager une double distinction. La première oppose le personnel technique et le
personnel administratif. La seconde distingue trois catégories de salariés : agents d'exécution, personnel
de maîtrise et cadres
B- La qualification contractuelle:
La qualification contractuelle est la qualification professionnelle attribuée aux salariés dans le contrat de
travail. Cette qualification dépend d'un élément objectif et, de ce fait, elle peut ne pas correspondre à la
qualification individuelle
En effet, on peut avoir un sur-placement lorsque le salarié se voit attribuer, pour une raison quelconque,
une qualification contractuelle supérieure à sa qualification individuelle. Dans ce cas, l'employeur est
tenu de lui verser le salaire qui correspond à sa qualification contractuelle. Inversement, il peut y avoir
un sous-classement, surtout en cas de pénurie de main-d'œuvre. Dans ce cas, le salarié va exercer des
fonctions correspondant à une qualification supérieure à celle établie dans le contrat. En principe, si le
salarié apporte la preuve de son sous-classement, le juge peut rectifier la qualification contractuelle
(uniquement s'il prouve qu'il exerce des fonctions correspondant à une catégorie supérieure).
Au cours de l'exécution du contrat, la qualification professionnelle peut être améliorée. Dans ce cas, on
parle de promotion et d'avancement.
La promotion est le fait d'accéder à un grade supérieur ou à une catégorie plus importante. Dans ce cas,
il y a une modification substantielle de son contrat de travail, et l'accord du salarié est en principe exigé,
sauf s'il s'agit d'une mutation professionnelle au sens de l'article 76-2 du Code du travail et de l'article
22 de la C.C.C.N.A
L'avancement est lié à l'ancienneté du salarié dans son grade et se réalise généralement de façon
automatique.
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Droit du Travail traité par : Hassen Kerdi
La qualification professionnelle peut être abaissée. Dans ce cas, on parle de rétrogradation, qui peut être
une sanction disciplinaire de second degré, comme elle peut être une mesure de mutation professionnelle
justifiée par la nécessité de service, dans les conditions de l'article 76-2 du C.T. et de l'article 15 de la
C.C.C.N.A
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Droit du Travail traité par : Hassen Kerdi
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Droit du Travail traité par : Hassen Kerdi
Dans tous les cas, l'emploi des enfants à des travaux légers est interdit pendant les jours de repos
hebdomadaires et les fêtes.
* Enfin, l'article 57 C.T. prévoit que « Dans l'intérêt de l'art, de la science ou de l'enseignement et
nonobstant les dispositions des articles 53 à 56 du présent code, le chef de l'inspection du travail peut
accorder des autorisations individuelles d'emploi afin de permettre aux enfants de paraître dans les
spectacles publics, ou de participer, comme acteurs ou figurants, à des prises de vue
cinématographiques. »
2- l’augmentation de l’âge d’admission au travail
L'article 58 prévoit que l'âge minimum d'admission au travail ne peut être inférieur à 18 ans pour tout
travail susceptible d'exposer la santé, la sécurité ou la moralité des enfants à un danger. Un arrêté du
ministre chargé des affaires sociales détermine les types de travaux en question (voir l'article 58).
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Droit du Travail traité par : Hassen Kerdi
Un droit de priorité d'embauchage, valable pendant un an à partir de la date de libération, est réservé à
tout travailleur repris par l'entreprise dans laquelle il travaillait au moment de son départ. En cas de
violation de ces mesures par l'employeur, le travailleur aura droit à des dommages-intérêts (article 8
C.T.).
2- Le travailleur licencié pour le motif économique
L'article 21-13 reconnaît aux salariés licenciés pour motif économique ou technologique un droit de
priorité d'emploi selon les mêmes conditions de rémunération dont ils bénéficiaient avant leur
licenciement, dans le cas où l'entreprise procède au recrutement de travailleurs de la même catégorie
professionnelle.
Ce droit s'exerce pendant une année à partir de la date de licenciement. L'article 21-13 renvoie à
l'article 8 pour ce qui est des procédures applicables.
3- Les conditions des travailleurs
La loi établit à la charge de certaines entreprises une véritable obligation d'emploi. En effet, les articles
29 et 30 de la loi du 15 août 2005 relative à la promotion et à la protection des personnes handicapées
leur réservent un quota d'au moins 1 % de recrutement annuel dans les fonctions publiques, dans les
établissements publics ou dans les entreprises privées employant plus de 100 travailleurs
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Droit du Travail traité par : Hassen Kerdi
* Ensuite, tout étranger qui veut exercer un travail salarié en Tunisie doit être muni d'un contrat de
travail et d'une carte de séjour portant la mention "autorisé à exercer un travail salarié en Tunisie".
* Enfin, le contrat de travail est en principe conclu pour une durée ne dépassant pas un an,
renouvelable une seule fois. Ce contrat, ainsi que son renouvellement, doit être visé par le ministre
chargé de l'emploi.
I. la capacité
Les dispositions générales prévues dans les articles 3 à 17 du C.O.C. sont applicables au contrat de
travail. Le problème se pose particulièrement pour les enfants, car l'âge légal de travail est en principe
de 16 ans. Par conséquent, les enfants qui n'ont pas atteint l'âge d'admission au travail ne peuvent pas
conclure directement un contrat de travail. Ce contrat serait nul de nullité absolue, car l'âge de travail
est une question qui touche à l'ordre public.
Pour les enfants ayant atteint la capacité professionnelle mais n'ayant pas encore atteint l'âge de la
capacité civile, ils peuvent conclure un contrat de travail avec l'assistance de leur père ou tuteur,
conformément au droit commun.
II. Le consentement :
Les parties du contrat de travail doivent satisfaire à la condition de consentement.
* Le consentement doit être personnel, réciproque et porter sur les éléments essentiels du contrat. Il n'y
a pas de consentement s'il n'y a pas de rencontre des volontés. Ainsi, une offre d'emploi ne peut pas
être considérée comme une offre au sens du droit civil ; il s'agit d'une simple invitation à contracter.
* Le consentement doit être éclairé ; il ne doit pas être vicié par un dol, une erreur portant sur l'objet
du contrat, ou sur la qualité essentielle du contractant (articles 48-51 C.O.C). En outre, le
consentement doit être libre et ne doit pas être donné sous la contrainte ou la violence. Enfin, le
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Droit du Travail traité par : Hassen Kerdi
consentement doit être définitif. Cette condition est particulière au contrat de travail, qui peut être
assorti d'une période d'essai.
I. Conditions de forme
Le contrat de travail est un contrat consensuel dans la mesure où l'écrit constitue un simple moyen de
preuve et non une condition de validité. Cependant, ce principe n'est pas absolu et connaît des
exceptions.
* Le contrat d'apprentissage doit être constaté par écrit, sous peine de nullité (article 344 C.T.).
* Le contrat de travail de V.R.P. doit être établi par écrit (article 410 C.T.).
* La loi n°2021-37 du 19 juillet 2012 relative au travail domestique exige, dans son article 10,
l'établissement d'un écrit pour la validité du contrat, selon un modèle fixé par un arrêt.
* L'écrit doit être établi également pour le contrat à durée indéterminée (CDI) conclu suite à
l'expiration de la durée d'un CDD.
Par ailleurs, les conventions collectives prévoient que le travailleur doit être obligatoirement informé
par écrit, lors de son embauchage, de la catégorie professionnelle dans laquelle il sera affecté, ainsi que
du taux de rémunération correspondante.
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Droit du Travail traité par : Hassen Kerdi
supplémentaires, avec une spécificité prévue par l'article 10 du C.C.C. de 1973. En effet, durant la période
d'essai, chacune des parties peut donner ou recevoir des congés sans préavis, sur simple signification.
Autrement dit, les parties disposent d'une liberté totale pour rompre unilatéralement le contrat, sans
préavis ni indemnité, par une simple notification.
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Droit du Travail traité par : Hassen Kerdi
- Le sixième cas est celui du CDD de droit. En effet, les contrats de travail conclus avec les travailleurs
des zones économiques franches sont, selon l’article 23 de la loi n° 81 du 3 août 1992, des CDD. (Cette
éventualité est éliminée par le projet de réforme.)
Pour tous ces contrats, la loi de 1996 n’exigeait pas que le contrat de travail mentionne une durée
maximale, une durée minimale d’expiration, ou une clause précisant qu’au-delà d’une certaine durée, le
contrat se transforme en CDI.
De même, et contrairement au CDI, le législateur n’exigeait pas pour ces contrats l’établissement d’un
écrit.
C’est pour cela que l’article 6-4, alinéa 3, du projet de réforme prévoit que le CDD doit être établi par
écrit. Dans le cas où cette condition n’est pas respectée, ou en cas de défaut d’indication, ou de non-
indication de la durée du contrat de travail, ou encore en cas de non-indication des motifs en vertu
desquels le salarié est engagé, le contrat sera transformé en CDI.
b- CCD à terme certain;
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Droit du Travail traité par : Hassen Kerdi
De même, ce contrat permet à l’employeur de recruter des salariés temporaires pour accomplir des
travaux permanents.
Le législateur exige que la durée de ce type de contrat ne dépasse pas 4 ans, renouvellements compris.
Par conséquent, il faut tenir compte de la durée effective du travail accompli par le salarié.
Les chambres réunies de la Cour de cassation, dans l’arrêt n°14866 du 30 janvier 2003 (RJL 04-2005,
page 49), considèrent que l’article 6-4-2 a fixé un plafond de 4 ans, peu importe que ce plafond soit
atteint par un seul contrat ou par plusieurs actes conclus entre les deux parties. L’intention du législateur
est de ne pas laisser le salarié dans une situation temporaire au-delà de 4 ans.
Dans l’hypothèse où le contrat de travail est conclu pour une durée dépassant 4 ans, faut-il assimiler ce
contrat à un CDI et considérer qu’il prend fin au terme convenu, même s’il dépasse 4 ans, conformément
à l’article 14, alinéa 1, du Code du travail ? Ou, au contraire, faut-il se baser sur l’article 6-4-2 pour
considérer que le contrat sera qualifié de CDI dès que la durée légale est atteinte ?
Les chambres réunies ont opté pour la deuxième solution, considérant que le contrat unique conclu pour
une période dépassant 4 ans est un CDI (arrêt du 26 janvier 2006).
La question épineuse reste de savoir si, pour le décompte de la durée des 4 ans, on exige ou non la
continuité.
On observe que la loi parle de « durée » et de « renouvellement », sans exiger la continuité du travail.
Ce qui permet de dire qu’il suffit de totaliser cette durée, même à travers des contrats discontinus, pour
que le contrat de travail se transforme en CDI.
Pourtant, la circulaire n°13 du 10 juillet 1997, sur l’application des dispositions du Code du travail
relatives aux CDD, prévoit que cette période sera calculée d’une façon continue. Cette interprétation
paraît contraire à la volonté du législateur. Son admission pourrait inciter l’employeur à imposer au
salarié une période d’arrêt de travail avant de renouveler son contrat, de façon à empêcher l’atteinte des
4 ans de service continu. Ce qui reviendrait à consacrer la situation qui existait avant 1996, dans laquelle
un salarié pouvait être engagé tout au long de sa carrière par une série de CDD pour occuper un poste
permanent, tout en restant temporaire.
La jurisprudence semble, pour sa part, mitigée (et instable) sur cette question.
Dans certaines affaires, les juges ont estimé que la période de 4 ans se calcule à partir de la date
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Droit du Travail traité par : Hassen Kerdi
d’établissement de la relation contractuelle, abstraction faite des périodes creuses qui ne sont pas
couvertes par des contrats successifs.
Cependant, il semble que la tendance de la jurisprudence soit de considérer que la multiplicité des
contrats de travail et l’existence de périodes creuses ne confèrent pas à la relation de travail un caractère
permanent, tant que ces CDD sont légalement fondés (Chambres réunies n°52341 du 21 octobre 1999
– Chambres réunies n°5876 du 10 octobre 1999).
Il faut remarquer que l’acquisition de la qualité de salarié permanent au sens de l’article 6-4-2 se distingue
totalement de l’hypothèse prévue à l’article 17 du Code du travail.
Cet article dispose que : « Lorsque, à l'expiration du terme établi, le salarié continue à rendre ses services
sans opposition de l'autre partie, le contrat se transforme en un contrat à durée indéterminée. »
(Cette solution est consacrée par l’article 7 nouveau du projet.)
À travers ces dispositions, il est clair que cet article ne prévoit pas une tacite reconduction du contrat,
car contrairement à l’article 860 du Code des obligations et des contrats, l’article 17 du Code du travail
ne prévoit pas le renouvellement du contrat pour la même durée, mais plutôt sa transformation en CDI
sous deux conditions :
La continuation de l’activité par le salarié et l’absence d’opposition de l’employeur.
Lorsque le salarié est recruté après 4 ans, le contrat doit être établi par écrit.
La question qui se pose est de savoir si l’écrit concerne uniquement le dernier contrat de la série (celui
qui permet d’atteindre les 4 ans), ou si, au contraire, l’écrit concerne tous les cas cités dans l’article 6-4-
2, c’est-à-dire chaque contrat séparément, même pour une période inférieure à 4 ans.
La référence aux travaux préparatoires de cet article et à la circulaire n°13 permet de dire que la condition
de l’écrit concerne tous les cas cités dans l’article 6-4-2, c’est-à-dire tout contrat à terme certain, et non
seulement celui dont le terme absolu a atteint 4 ans.
Mais il faut également savoir : quelle est la sanction en cas de non-établissement d’un écrit ?
La sanction de l’absence d’écrit sera la requalification du contrat en un contrat à durée indéterminée
(CDI).
2- le contrat à durée indéterminée (CDI)
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L’article 6-2 du Code du travail prévoit que le contrat de travail peut être conclu dès le début à durée
indéterminée, mais il peut également être requalifié en CDI, comme il a été dit.
Dans ce type de contrat :
- Le salarié sera titulaire et il ne peut être licencié qu’en respectant les conditions et les procédures
déterminées.
- Les travailleurs recrutés par un CDI peuvent être soumis à une période d’essai.
- Le salarié embauché par un CDI bénéficie d’une stabilité dans l’emploi.
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