4.
6 SÉPARATEUR GAZ/BOUE
Le séparateur est installé en aval de la duse concrétisant la séparation entre la partie
haute et basse pression en cas de risque de venue sur le puits. Un séparateur est un
équipement cylindrique disposant en tête d’une sortie gaz, en pied d’une sortie boue
et équipé de déflecteurs permettant d’accroitre le rendement de séparation entre le
gaz et la boue. L’arrivée du mélange se réalise de façon tangentielle au milieu du
séparateur (Figure 7). La boue, ainsi débarrassée du gaz, est ensuite traitée pour être
réemployée.
Figure 7 : Schéma de principe d’un séparateur gaz/boue (Source internet])
Il existe différents constructeurs de séparateurs et différentes technologies peuvent
être rencontrées. De la même manière, le séparateur est dimensionné en fonction des
influx attendus [7]. Toutefois, Selon de bonnes pratiques de compagnies pétrolières,
un séparateur doit être constitué :
d’un corps d’une hauteur d’environ 30 pieds minimum et d’un diamètre de 30
pouces, la capacité minimale est de 35 barils (~5,6 m3) pour un puits de gaz et
de 17,5 barils (~2,8 m3) pour un puits d’huile ;
l’arrivée depuis la ligne de décharge se réalise à mi-hauteur et une protection
est installée face à l’arrivée du mélange pour minimiser les conséquences de
l’érosion sur le corps du séparateur ;
d’une sortie gaz d’un diamètre d’environ 8 pouces équipée d’un manomètre. Un
étranglement de diamètre en sortie peut permettre une augmentation de la
vitesse de sortie du gaz ;
d’une sortie liquide équipée d’un tube en U de diamètre 8 pouces. La hauteur
de boue dans le U (environ 10 pieds) représente la pression à ne pas dépasser
à l’intérieur (et vérifiée sur le manomètre de tête) de façon à ne pas rompre
l’étanchéité du séparateur.
Réf. : INERIS- DRA-18-171525-10838C Page 25 sur 53
Selon de bonnes pratiques de compagnies pétrolières, les nouveaux séparateurs
doivent être testés à 13,1 bar (190 psi) de façon à garantir une pression maximale de
travail de 10,3 bar (150 psi) selon la norme ISO 15156 (ou NACE Standard MR-01-
75).
Une ligne de traitement parallèle au séparateur doit être installée (exigence API RP
59) de façon à le bypasser notamment en cas de :
débit de gaz trop important à gérer ;
présence d’H2S dans le gaz ;
formation d’hydrates dans la canalisation de sortie gaz du séparateur ;
surcharge du système de traitement de boue en aval du séparateur.
Réf. : INERIS- DRA-18-171525-10838C Page 26 sur 53
5 CRITÈRES D’ÉVALUATION DES PERFORMANCES D’UN BOP EN
TANT QUE BARRIÈRE DE SÉCURITÉ
Dans ce paragraphe, on considère uniquement les performances de la fonction
« fermeture du puits » du BOP. Ainsi, conformément à la Figure 1, le BOP est
considéré être limité à :
la tête de puits (extrémité du puits en surface) et le plancher de forage ;
l’entrée des manifolds de la ligne de décharge et de la ligne de contrôle.
On inclut par ailleurs les actions du foreur pour activer la fermeture du BOP.
Les exigences exposées ci-après sont tirées de l’API 53 et de l’arrêté du 14/10/2016
relatifs aux travaux de recherches par forage et d’exploitation par puits de substances
minières (numéro d’article précisée entre parenthèses). Quand cela n’est pas le cas,
la source est signalée.
5.1 INDÉPENDANCE
Par nature, un BOP est indépendant des causes d’occurrence d’une venue.
5.2 EFFICACITÉ
5.2.1 DÉFINITION
L’efficacité de la fonction « fermeture du puits » est son aptitude à remplir cette
fonction, dans son contexte d’utilisation et pendant une durée donnée de
fonctionnement. Elle est évaluée pour un scénario d’accident précis.
L’évaluation de l’efficacité repose en premier lieu sur les principes de
dimensionnement adapté et de résistance aux contraintes spécifiques des éléments
constituant cette fonction. D'autres paramètres, comme le positionnement et
l’installation de ces éléments peuvent également influencer l’efficacité.
5.2.2 DIMENSIONNEMENT ADAPTÉ
[Link] DÉTERMINATION DE LA CLASSE DE PRESSION DE L’ASSEMBLAGE (STACK)
La pression maximale de travail (PMT) du matériel à mettre en place (ou classe de
pression de matériel) doit être supérieure à la pression maximale de travail en surface
du puits (MASP).
La MASP correspond, pour les puits en production ou les puits de stockage (puits où
la pression est connue), à la pression en fond de puits diminuée de la pression
hydrostatique de la colonne des fluides issus du gisement contenus dans le puits. Pour
les gisements ou les stockages de gaz, la MASP pourra être assimilée à la pression
en fond de puits.
Pour les forages dans des gisements moins connus ou inconnus, la pression en fond
de puits sera estimée à l’issue d’une analyse de risques :
Réf. : INERIS- DRA-18-171525-10838C Page 27 sur 53
si le forage est réalisé dans une couche géologique connue (exploitation ou
exploration déjà réalisées dans le même horizon géologique), la MASP pourra
être estimée par analogie avec une situation géologique équivalente ;
si le forage est réalisé dans une couche géologique inconnue, la classe de
pression du matériel maximale en fonction de la profondeur du puits pourra être
retenue considérant, par exemple, que le gisement est rempli de gaz.
Les classes de matériel à employer, en fonction de la MASP estimée, sont présentées
dans le tableau 4 :
Tableau 4 : Classes de matériel à employer en fonction de la valeur du MASP (API 53)
MASP Désignation de la classe de
Pression exprimée en bar Pression exprimée en PSI pression du matériel
140 2 000 2K
210 3 000 3K
350 5 000 5K
700 10 000 10K
1030 15 000 15K
1380 20 000 20K
1720 25 000 25K
2070 30 000 30K
L’ensemble de l’assemblage d’obturateurs et des départs de lignes (et de leurs
équipements tels que vannes et/ou clapets anti-retour) vers la ligne de décharge et la
ligne de contrôle seront, a minima, de la classe de matériel compatible avec la MASP
estimée.
[Link] NOMBRE D’OBTURATEURS À METTRE EN PLACE
En fonction de la classe de matériel installée et donc de la MASP, le nombre et le type
de bloc d’obturateur de puits à mettre en place sur un BOP sont précisés dans le
tableau 2 présenté au § 4.4.2.
Dans tous les cas, les arrangements d’obturateurs prévus sont issus d’une analyse de
risques et/ou de l’application des standards de chaque compagnie. Dans le cas d’un
risque de présence d’H2S, la mise en place d’un obturateur supplémentaire peut être
décidée. La détermination de l’arrangement du stack est indiquée sur le programme
de travaux.
[Link] COMMANDE DU BOP - ACCUMULATEURS OU RAMPES D’ACCUMULATEURS
Les accumulateurs sont préchargés de gaz inerte (p.e. azote ou hélium). L’utilisation
de gaz comburants (oxygène, air) est proscrite. La pression de précharge ne doit pas
être inférieure à 25 % de la pression maximale de travail de l’accumulateur (pour éviter
le risque de détérioration de la vessie de séparation gaz/fluide hydraulique).
La pression de précharge est vérifiée régulièrement (cf. § 6).
Réf. : INERIS- DRA-18-171525-10838C Page 28 sur 53