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Cours-Partie 2

Ce document est un cours de mathématiques pour la classe PCSI au lycée Omar Ibn Khattab à Meknès pour l'année 2024-2025, couvrant des sujets tels que les fonctions de la variable réelle, les limites, la continuité, la dérivabilité, les suites récurrentes, et le calcul matriciel. Il présente des définitions, des exemples, et des propriétés mathématiques essentielles. Le contenu est structuré en chapitres et sections, facilitant l'apprentissage et la compréhension des concepts mathématiques avancés.

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Cours-Partie 2

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COURS DE

M AT H É M AT I Q U E S

PCSI
202 4 - 2 0 2 5

L Y C É E O M A R I B N A L K H AT TA B
MEKNÈS
PA R T I E 2
Sommaire

1 Fonctions de la variable réelle,limites 1


1 Limite d’une fonction en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2 Opérations algébriques sur les limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3 Limites et inégalités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

2 Fonctions de la variable réelle. Continuité 13


1 Continuité en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2 Continuité sur un intervalle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3 Extension aux fonctions à valeurs complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

3 Dérivabilité 23
1 Nombre dérivé, fonction dérivée (rappels et compléments) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2 Propriétés des fonctions dérivables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3 Dérivées successives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
4 Extension aux fonctions à valeurs complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

4 Suites récurrentes 41
1 Suite récurrente définie par une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2 Comportement de la suite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45

5 Fonctions usuelles 49
1 Logarithme et exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2 Fonctions circulaires et hyperboliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
3 Fonctions circulaires réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
4 Fonctions hyperboliques réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61

6 Fonctions convexes 65
1 Fonctions convexes d’une variable réelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
2 Convexité et dérivabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68

7 Primitives et équations différentielles linéaires 73


1 Primitive et intégrale d’une fonction continue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
2 Équation linéaire de premier ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
3 Équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants . . . . . . . . . . . 89

8 Calcul matriciel 95
1 Ensembles de matrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
2 Opérations élémentaires sur les matrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
3 Systèmes linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
4 Ensemble Mn (K) des matrices carrées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
5 Matrices carrées inversibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
Chapitre
Fonctions de la variable réelle,
1
limites

1. Limite d’une fonction en un point

1.1. Fonctions définies au voisinage de a ∈ R

Définition 1

Étant donné un réel a, on dit qu’une fonction f est définie au voisinage de a s’il existe un réel h > 0 tel
que l’on soit dans l’un des trois cas suivants :
• (D f ∩ [a − h, a + h])\a = [a − h, a[,
• (D f ∩ [a − h, a + h])\a =]a, a + h] ,
• (D f ∩ [a − h, a + h])\a = [a − h, a + h]\a.

Exemple 1

1. Les fonctions suivantes sont définies au voisinage de 0


[−1, 1] R−→
▶ p .............................................................
x 7−→ 1 − x2
.........................................................................................
R∗ −→ R
▶ sin x ......................................................................
x 7−→ x
.........................................................................................
R+ −→ R
▶ p ......................................................................
x 7−→ x
.........................................................................................
2. Les fonctions suivantes ne sont pas définies au voisinage de 0 :
p
▶ x 7−→ x − 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
.........................................................................................
▶ x 7−→ ln sin 1x

........................................................................
.........................................................................................
FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE,LIMITES 1. LIMITE D’UNE FONCTION EN UN POINT 2

Définition 2

Une fonction f est :


• définie au voisinage de +∞, s’il existe un réel A tel que [A, +∞[⊂ D f ,
• définie au voisinage de −∞, s’il existe un réel A tel que ] − ∞, A] ⊂ D f .

Exemple 2

R+ −→ R
1. p est définie au voisinage de +∞.
x 7−→ x
1
2. La fonction x 7→ est définie au voisinage de +∞ et −∞.
x

Définition 3

On dit qu’une propriété portant sur une fonction f est vraie au voisinage de a ∈ R, si f est définie au
voisinage de a et si cette propriété est vraie sur l’intersection de D f \ {a} avec un intervalle du type :
• [a − h, a + h] avec h > 0 si a ∈ R,
• [A, +∞[ avec A ∈ R si a = +∞,
• ] − ∞, A] avec A ∈ R si a = −∞.

Exemple 3

1. Une fonction f est bornée au voisinage de a ∈ R si, et seulement si, elle est définie au voisinage de
a et que l’on a :

................................................................................................
2. Une fonction f est positive au voisinage de +∞ si, et seulement si, elle est définie au voisinage de
+∞ et :

................................................................................................
3. La fonction définie sur R par f (x) = x 2 (1 − x 2 ) est positive au voisinage de 0 et négative au
voisinage de +∞ ou de −∞.

1.2. Fonctions tendant vers 0

Définition 4

Une fonction f tend vers 0 en a ∈ R si elle est définie au voisinage de a et si l’on a :


∀ϵ > 0, ∃η > 0 : ∀x ∈ D f , |x − a| ⩽ η =⇒ | f (x)| ⩽ ϵ.

Exemple 4

La fonction racine carrée tend vers 0 en 0 : elle est bien définie au voisinage de 0, et pour ϵ > 0

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...................................................................................................
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE,LIMITES 1. LIMITE D’UNE FONCTION EN UN POINT 3
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Définition 5

• Une fonction f tend vers 0 en +∞ si elle est définie au voisinage de +∞, et si l’on a :
∀ϵ > 0, ∃A ∈ R : ∀x ∈ D f , x ⩾ A =⇒ | f (x)| ⩽ ϵ.
• Une fonction f tend vers 0 en −∞ si elle est définie au voisinage de −∞, et si l’on a :
∀ϵ > 0, ∃A ∈ R : ∀x ∈ D f , x ⩽ A =⇒ | f (x)| ⩽ ϵ.

Exemple 5

1. La fonction x 7−→ 1/x tend vers 0 en −∞ et en +∞.

................................................................................................
................................................................................................
2. La fonction exponentielle tend vers 0 en −∞ (prendre A = ln ϵ). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
................................................................................................
................................................................................................

1.3. Limites finies

Définition 6

Une fonction f admet le réel ℓ pour limite en a ∈ R si la fonction f − ℓ tend vers 0 en a.


Ce réel ℓ est alors unique ; on l’appelle limite de la fonction f en a notée :

ℓ = lim f ou ℓ = lim f (x).


a x→a

Remarque 1

La convergence de f vers ℓ en a s’écrit


• dans le cas où a ∈ R :
∀ϵ > 0, ∃η > 0 : ∀x ∈ D f , |x − a| ⩽ η =⇒ | f (x) − ℓ| ⩽ ϵ,
• dans le cas où a = +∞ :
∀ϵ > 0, ∃A ∈ R : ∀x ∈ D f , x ⩾ A =⇒ | f (x) − ℓ| ⩽ ϵ,
• dans le cas où a = −∞ :
∀ϵ > 0, ∃A ∈ R : ∀x ∈ D f , x ⩽ A =⇒ | f (x) − ℓ| ⩽ ϵ,

Démonstration (Unicité de limite)


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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE,LIMITES 1. LIMITE D’UNE FONCTION EN UN POINT 4

Propriétés des limites finies

Proposition 1. (Limite en un point de l’ensemble de définition)

Soit a un réel. Si f est définie en a et possède une limite en a, alors lim f (x) = f (a).
x→a

Démonstration
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Proposition 2

Si une fonction f tend vers ℓ en a ∈ R, alors la fonction | f | tend vers |ℓ| en a.

Démonstration
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Théorème 1

Toute fonction admettant une limite finie en un point a ∈ R est bornée au voisinage de a.

Démonstration

On effectue la preuve dans le cas a ∈ R,les autres cas se traitent de la même façon

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Proposition 3

Soit f une fonction définie au voisinage de a ∈ R et ℓ ∈ R.


1. lim f (x) = ℓ ⇐⇒ lim ( f (x) − ℓ) = 0 ⇐⇒ lim | f (x) − ℓ| = 0
x→a x→a x→a
2. Si a ∈ R alors : lim f (x) = ℓ ⇐⇒ lim f (a + h) = ℓ
x→a h→0

Démonstration
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE,LIMITES 1. LIMITE D’UNE FONCTION EN UN POINT 5

Théorème 2

Soit f une fonction définie au voisinage de a ∈ R et ℓ ∈ R tels que ℓ ̸= 0.


Si lim f (x) = ℓ alors f (x) ̸= 0 au voisinage de a. Plus précisémment :
x→a
1. Si ℓ > 0 alors f est minorée par un réel strictement positif au voisinage de a.
2. Si ℓ < 0 alors f est majorée par un réel strictement négatif au voisinage de a.

Démonstration

Par définition en prenant



1. pour le premier cas ϵ = ;
2
−ℓ
2. pour le 2eme cas ϵ = .
2

1.4. Limites infinies

Définition 7

Une fonction f tend vers +∞ en a ∈ R si elle est définie au voisinage de a et si l’on a :


• pour a ∈ R : ∀A ∈ R, ∃η > 0 : ∀x ∈ D f , |x − a| < η =⇒ f (x) ⩾ A,
• pour a = +∞ : ∀A ∈ R, ∃B ∈ R : ∀x ∈ D f , x ⩾ B =⇒ f (x) ⩾ A,
• pour a = −∞ : ∀A ∈ R, ∃B ∈ R : ∀x ∈ D f , x ⩽ B =⇒ f (x) ⩾ A .
On dit aussi que f admet +∞ pour limite en a et on écrit :

lim f = +∞ ou lim f (x) = +∞.


a x→a

Remarque 2

Ces définitions s’adaptent facilement au cas f tend vers −∞ en remplaçant f (x) ⩾ A par f (x) ⩽ A.

1.5. Limite à droite et limite à gauche


Dans cette section, a est un réel : a ∈ R.

Définition 8

Soit f une fonction définie au voisinage de a et ℓ ∈ R.


• La fonction f admet ℓ pour limite à gauche en a si sa restriction à ] − ∞, a[∩D f admet ℓ pour
limite.
• La fonction f admet ℓ pour limite à droite en a si sa restriction à ]a, +∞[∩D f admet ℓ pour
limite.
FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE,LIMITES 1. LIMITE D’UNE FONCTION EN UN POINT 6

Notation 1

▶ La limite à gauche de f en a si elle existe, elle est unique et on la note lim− f (x) ,lim f (x) ou lim f.
x→a x→a −a
a<0
▶ De même pour la limite à droite et on la note lim+ f (x) ,lim f (x) ou lim
+
f.
x→a x→a a
a>0

Remarque 3

1. Le cas de ℓ ∈ R la définition se traduise :


lim f (x) = ℓ ⇐⇒ ∀ϵ > 0, ∃η > 0 : ∀x ∈ D f , a < x ⩽ a + η =⇒ | f (x) − ℓ| ⩽ ϵ,
x→a
a>0
lim f (x) = ℓ ⇐⇒ ∀ϵ > 0, ∃η > 0 : ∀x ∈ D f , a − η ⩽ x < a =⇒ | f (x) − ℓ| ⩽ ϵ.
x→a
a<0
2. Par définition, si f admet une limite à droite (respectivement à gauche) en a, alors le domaine de
définition de f contient un intervalle de type ]a, a + h[ (respectivement. de type ]a − h, a[).

................................................................................................
................................................................................................
3. Il n’est pas nécessaire que f soit définie en a pour définir lim+ f (x) et lim− f (x).
x→a x→a

Théorème 3

Soit f une fonction dont le domaine de définition contient un ensemble de type [a − h, a + h]\a.
/ D f alors ,
Si a ∈

f admet une limite ℓ ∈ R en a si, et seulement si, elle admet ℓ pour limite à droite et à gauche en a.

Remarque 4

Si a ∈ D f ,il faut de plus ajouter la condition ℓ = f (a).

Démonstration

Immédiat en revenant aux définitions.

Exemple 6
1
1. La fonction définie sur R∗ par f (x) = x n’admet pas de limite en 0 puisque l’on a :
lim
+
f = +∞ et lim

f = −∞.
0 0

2. La fonction f définie sur R par


sin x

si x > 0
f (x) = x
x +1 si x ⩽ 0
admet 1 pour limite en 0,puisque lim+ f (x) = lim− f (x) = 1 et f (0) = 1
x→0 x→0
FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE,LIMITES 2. OPÉRATIONS ALGÉBRIQUES SUR LES LIMITES 7

2. Opérations algébriques sur les limites

2.1. Somme, produit et inverse

Soit f et g deux fonctions. Soit a ∈ R . Soit ℓ1 et ℓ2 deux réels. On suppose dans cette section que lim f (x)
x→a
existe et que lim g(x) existe.
x→a

1. Somme :

Somme lim g(x) = ℓ2 lim g(x) = +∞ lim g(x) = −∞


x→a x→a x→a
lim f (x) = ℓ1 ℓ1 + ℓ2 +∞ −∞
x→a
lim f (x) = +∞ +∞ +∞ F.I
x→a
lim f (x) = −∞ −∞ F.I −∞
x→a

2. Produit :

Produit lim g(x) = ℓ2 > 0 lim g(x) = ℓ2 < 0 lim g(x) = 0 lim g(x) = +∞ lim g(x) = −∞
x→a x→a x→a x→a x→a
lim f (x) = ℓ1 > 0 ℓ1 ℓ2 ℓ1 ℓ2 0 +∞ −∞
x→a
lim f (x) = ℓ1 < 0 ℓ1 ℓ2 ℓ1 ℓ2 0 −∞ +∞
x→a
lim f (x) = 0 0 0 0 F.I F.I
x→a
lim f (x) = +∞ +∞ −∞ F.I +∞ −∞
x→a
lim f (x) = −∞ −∞ +∞ F.I −∞ +∞
x→a

3. Limite de l’inverse :

Proposition 4

1 1
• Si lim f (x) = ℓ ̸= 0, alors lim = .
x→a f (x)
x→a ℓ
1
• Si lim | f (x)| = +∞, alors lim = 0.
x→a x→a f (x)

1
• Si lim f (x) = 0 et f (x) > 0 au voisinage de a, alors lim = +∞.
x→a f (x)
x→a

1
• Si lim f (x) = 0 et f (x) < 0 au voisinage de a, , alors lim = −∞.
x→a x→a f (x)

Remarque 5

Les limites pour le quotient s’obtiennent ensuite à partir de celles du produit et de l’inverse.

2.2. Composition de limites


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE,LIMITES 2. OPÉRATIONS ALGÉBRIQUES SUR LES LIMITES 8

Proposition 5. (Caractérisation séquentielle de la limite)

Soit f une fonction définie au voisinage de a ∈ R et ℓ ∈ R. Alors :


lim f (x) = ℓ ⇐⇒ pour toute suite (un ) d’éléments de D f tedant vers a on a f (un ) −→ ℓ
x→a n→+∞

Démonstration

On effectue la preuve dans le cas a ∈ R et ℓ ∈ R,les autres cas se traitent de la même façon

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Théorème 4

Soit g une application admettant une limite ℓ ∈ R en a ∈ R. Si f est une fonction à valeurs dans Dg
admettant a pour limite en t 0 ∈ R, alors la fonction g ◦ f admet ℓ pour limite en t 0 .

Démonstration
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Exemple 7

sin x 1
 ‹
Sachant que lim = 1, on en déduit que lim n sin = 1 puisque :
x→0 x n→+∞ n

1
 sin( 1n ) 1
n sin n = 1 et lim =0
n n→+∞ n

Remarque 6

La proposition 5 est souvent utilisée pour montrer qu’une fonction f n’admet pas de limite en a : il
suffit d’exhiber une suite tendant vers a dont l’image par f n’a pas de limite, ou deux suites tendant
vers a dont les images par f ont des limites différentes.
FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE,LIMITES 3. LIMITES ET INÉGALITÉS 9

Exemple 8

1. La fonction x 7→ E(x) n’a pas de limite en 0.

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2. La fonction x 7→ sin x n’a pas de limite en +∞.

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3. Limites et inégalités

3.1. Propriétés

Proposition 6

Soient f et g deux applications définies sur une partie D de R avec lim f = +∞.
a
• Si g est minorée au voisinage de a, alors f + g tend vers +∞ en a.
• Si Si g est minorée au voisinage de a par un réel strictement positif, alors f × g tend vers +∞
en a.

Démonstration
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Attention Dans la deuxième partie de la proposition précédente, l’hypothèse « g strictement positive au


voisinage de a » ne suffit pas pour avoir le résultat, comme le prouve l’exemple des fonctions définies au
voisinage de +∞ :
1
f : x 7−→ x et g : x 7−→ .
x

Proposition 7

Soient f et g deux applications définies au voisinage de a ∈ R.


• Si lim g(x) = +∞ et si g(x) ⩽ f (x) au voisinage de a, alors lim f (x) = +∞.
x→a x→a
• Si lim g(x) = −∞ et si f (x) ⩽ g(x) au voisinage de a, alors lim f (x) = −∞.
x→a x→a
FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE,LIMITES 3. LIMITES ET INÉGALITÉS 10

Proposition 8. (Passage à la limite dans une inégalité)

Soit f et g deux fonctions définies au voisinage de a ∈ R et ℓ1 , ℓ2 ∈ R tels que lim f (x) = ℓ1 et


x→a
lim g(x) = ℓ2 .
x→a
Si au voisinage de a, on a f (x) ⩽ g()x alors ℓ1 ⩽ ℓ2 .

Démonstration
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3.2. Théorème d’encadrement

Théorème 5

Soient f , g et h trois fonctions réelles et a ∈ R telles que au voisinage de a :


f (x) ⩽ g(x) ⩽ h(x)
Si lim f (x) = lim h(x) = ℓ ∈ R alors lim g(x) = ℓ.
x→a x→a x→a

Démonstration
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Corollaire 1

1. Si lim g(x) = 0 et si | f (x) − ℓ| est majorée par g au voisinage de a, alors lim f (x) = ℓ.
x→a x→a
2. Si lim g(x) = 0 et si f est bornée au voisinage de a alors lim ( f × g)(x) = 0
x→a x→a

Démonstration
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE,LIMITES 3. LIMITES ET INÉGALITÉS 11

Exemple 9

1
 ‹
1. lim x sin =0
x→0 x
x−1 cos x+x x+1 cos x + x
2. L’encadrement : x+2 ⩽ ⩽ valable pour x > −2, prouve que lim = 1.
x+2 x+2 x→+∞ x +2
p ln x
3. Montre que pour x ⩾ 1 on a ln x ⩽ 2 x puis déterminer lim
x→+∞ x

Exemple 10

x2 + l
1. Montrons que lim = 1.
x→+∞ x2 + x + 1
x 2 −1
2. Montrer que la fonction f : x 7−→ x 2 +x−1
tend vers 1 en +∞,
sin x
3. calculer lim p
x→+∞ x

3.3. Théorème de limite monotone d’une fonction

Théorème 6

Soit f une fonction croissante sur un intervalle ]a, b[ où a, b ∈ R et a < b.


▶ Si f est bornée alors
lim f (x) = inf f (x) et lim f (x) = sup f (x)
x→a x∈]a,b[ x→b x∈]a,b[

▶ Si f est non majorée alors lim f (x) = +∞ .


x→b
▶ Si f est non minorée alors lim f (x) = −∞ .
x→a

Démonstration
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On obtient un résultat analogue quand f est décroissante sur ]a, b[ :


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE,LIMITES 3. LIMITES ET INÉGALITÉS 12

Théorème 7

Soit f une fonction décroissante sur un intervalle ]a, b[ où a, b ∈ R et a < b.


▶ Si f est bornée alors
lim f (x) = sup f (x) et lim f (x) = inf f (x)
x→a x∈]a,b[ x→b x∈]a,b[

▶ Si f est non majorée alors lim f (x) = +∞ .


x→a
▶ Si f est non minorée alors lim f (x) = −∞ .
x→b

Corollaire 2

Soit f une fonction monotone sur un intervalle ]a, b[ où a, b ∈ R et a < b.


Alors, en tout point x 0 de ]a, b[, la fonction f admet une limite à gauche et une limite à droite. De plus
• si f est croissante, alors lim − f (x) ⩽ f (x) ⩽ lim + f (x).
x→x 0 x→x 0

• si f est décroissante, alors lim − f (x) ⩾ f (x) ⩾ lim + f (x).


x→x 0 x→x 0

Démonstration
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Chapitre
Fonctions de la variable réelle.
2
Continuité

1. Continuité en un point

1.1. Définitions

Définition 1

Si f est définie au point a , admet une limite finie en a , celle-ci est égale à f (a).
On dit alors que f est continue en a.

Exemple 1

1. Soit a ∈ R, la fonction x 7→ x est continue a.


2. La fonction x 7→ ln x est continue en 1.

Définition 2. Prolongement par continuité

Si f est une application non définie en a ∈ R qui admet une limite finie l en a, alors la fonction g
définie sur D f ∪ {a} par :

si x = a

l
g(x) =
f (x) sinon

est continue en a. Cette fonction g est appelée prolongement par continuité en a de la fonction f .

Exemple 2

1. On peut prolonger par continuité en 0 la fonction f définie sur R∗ par f (x) = sinx x en posant
sin x
f (0) = 1 puisque lim f (x) = lim = 1.
x→0 x→0 x
1
 ‹
2. La fonction f : x 7→ x sin n’est pas définie en 0 mais on peut la prolonger par continuité en ce
x
point en lui donnant

................................................................................................
1

3. La fonction f : x 7→ x e x 2 n’est pas définie en 0 mais on peut la prolonger par continuité en ce
point en lui donnant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE. CONTINUITÉ 1. CONTINUITÉ EN UN POINT 14

1.2. Continuité à droite et à gauche

Définition 3

Soit f une fonction définie au voisinage de a avec a ∈ D f .


• La fonction f est dite continue à gauche en a si lim f (x) = f (a).
x→a
x<a
• La fonction f est dite continue à droite en a si lim f (x) = f (a).
x→a
x>a

Proposition 1

Si a ∈ D f , alors f est continue en a si, et seulement si, elle est continue à droite et à gauche en a.

Démonstration
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Exemple 3

1. Soit f l’application définie sur R par :


¨
0 si x ⩽0
f (x) = − 1x
.
e si x >0
• La fonction f est continue à gauche en 0 puisque sa restriction à R− est nulle.

1
• On a lim+ f = 0 = f (0) puisque la restriction de f à R∗+ est x 7→ e− x et que l’on a :
x→0
1
lim
+
= +∞ et lim e−t = 0.
0 x t→+∞
Donc f est continue à droite en 0.
Par suite, f est continue en 0.
2. Soit n ∈ Z. La fonction partie entière :
• est continue à droite en n, puisque sa restriction à [n, +∞[ coïncide au voisinage de n avec
une fonction constante,
Admet une limite à gauche en n, puisque sa restriction à ]−∞, n[ coïncide avec une fonction
constante au voisinage de n,
• N’est pas continue à gauche en n, puisque lim− E(x) ̸= E(n).Donc elle n’est pas continue en
x→n
n.

1.3. Caractérisation séquentielle de la continuité


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE. CONTINUITÉ 1. CONTINUITÉ EN UN POINT 15

Proposition 2

Une fonction f est continue en a ∈ R si,et seulemnt si pour toute suite (un ) d’éléments de D f admettant
a pour limite, la suite ( f (un ))n∈N converge f (a).

Démonstration

Application directe de la caractérisation séquentielle de la limite

Exemple 4

Si une suite u définie par récurrence par ∀n ∈ N, un+1 = f (un ) converge vers un réel ℓ, et si f est
continue en ℓ, alors f (ℓ) = ℓ.
En effet. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Remarque 7

Pour montrer la discontinuité d’une fonction f en a, il suffit de trouver une suite convergeant vers a et
dont l’image par f ne converge pas vers f (a).

Exercice 1

1. Soit f : R → R une fonction continue sur R telle sa restriction sur Q est nulle.
Montrer que f est la fonction nulle.
p
2. On suppose que f est continue périodique et admet 1 et 2 comme périodes. Montrer que f est
 p
constante.(On admet que l’ensemble a + b 2 | a, b ∈ Z est dense dans R).

Corrigé
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE. CONTINUITÉ 2. CONTINUITÉ SUR UN INTERVALLE 16

2. Continuité sur un intervalle

2.1. Définition,propriétés

Définition 4

On dit que f : I ↔ R est continue sur I, si f est continue en tout point de I.


L’ensemble des fonctions continues sur un intervalle I est noté C (I) ,C 0 (I) ou C (I, R).

Exemple 5

Les fonctions polynômes, exp, sin et cos sont continues sur R, la fonction ln est continue sur R∗+ .

Exercice 2

Soit f : I ↔ R une fonction et k ∈ R+ tels que :


∀x, y ∈ I, | f (x) − f ( y)| ⩽ k|x − y|
Montrer que f est continue sur I. ( f est dite k−lipschitzienne sur I)

Corrigé
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Proposition 3

L’ensemble des fonctions continues sur I est stable par :


1. addition : ∀ f , g ∈ C (I), f + g ∈ C (I) ;
2. multiplication : ∀ f , g ∈ C (I), f g ∈ C (I).
3. multiplication par un réel : ∀(λ, f ) ∈ (R, C (I)) , λ f ∈ C (I) ;
4. si de plus g ne s’annule pas sur I, alors f /g est continue sur I.

Proposition 4

Soient I et J deux intervalles de R. Si f est une application continue sur I et g est une application
continue sur J tels que f (I) ⊂ J, alors la fonction g ◦ f est continue sur I.

Exemple 6

Toute fonction obtenue par des sommes, des produits, des quotients et des composées de fractions
rationnelles et de fonctions usuelles comme exp , sin , cos , tan , ln,..., qui sont continues sur leur
domaine de définition, est continue sur tout intervalle où elle est définie.
FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE. CONTINUITÉ 2. CONTINUITÉ SUR UN INTERVALLE 17

Proposition 5

Si f et g sont continues , alors | f |, sup( f , g) et inf( f , g) sont continues sur I.

Démonstration
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Exemple 7

Si f est continue sur I, alors f + = sup( f , 0) et f − = sup(− f , 0) sont continues sur I

2.2. Les théorèmes fondamentaux


Théorème des valeurs intermédiaires

Proposition 6

Soit f une fonction continue sur I. Si a et b sont deux points de I tels que a < b et f (a) f (b) ⩽ 0,
alors :
∃c ∈ [a, b], f (c) = 0

Démonstration

On suppose f (a) ⩽ 0 ⩽ f (b) (le cas f (b) ⩽ 0 ⩽ f (a) se traite de même),


On veut raisonner par dichotomie , on définit donc deux suites u et v par récurrence comme suit :
• On pose u0 = a et v0 = b.
un + vn
• Pour n ∈ N, on suppose que un et vn sont bien définis, posons cn = .
2
Si f (cn ) ⩾ 0 , on pose un+1 = un et vn+1 = cn . Sinon, on pose un+1 = cn et vn+1 = vn .
1. Montons ,par récurrence, que pour tput n ∈ N,
b−a
vn − un = et f (un ) ⩽ 0 ⩽ f (vn ).
2n
2. Montrer que les suites u et v sont [Link] c leur limite commune.
3. En déduire que f (c) = 0
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE. CONTINUITÉ 2. CONTINUITÉ SUR UN INTERVALLE 18
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Remarque 8

On peut énoncer le résultat précédent en disant que, sur un intervalle, une fonction continue qui ne
s’annule pas garde un signe constant.

Théorème 1. (Théorème des valeurs intermédiaires)

Soit f une fonction continue sur un intervalle I et soit (a, b) ∈ I 2 tel que a < b. Pour toute valeur y
comprise entre f (a) et f (b), il existe x ∈ [a, b] tel que f (x) = y.

Démonstration
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Remarque 9

Ce théorème signifie que si f est continue sur un intervalle I et si f prend deux valeurs distinctes , elle
atteint toutes les valeurs (intermédiaires) comprises entre ces deux réels.

Proposition 7. (Image d’un intervalle par une fonction continue)

L’image d’un intervalle par une fonction continue est un intervalle.

Démonstration
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Exercice 3

Soit f une fonction continue sur [0, 1] à valeurs dans [0, 1]. Montrer que f admet un point fixe (une
valeur c de son ensemble de définition telle que f (c) = c).

Corrigé
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE. CONTINUITÉ 2. CONTINUITÉ SUR UN INTERVALLE 19
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Réciproque d’une fonction continue

Lemme 1

Soit f une fonction monotone sur un intervalle I. Si f (I) est un intervalle, alors f est continue.

Démonstration
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Théorème 2. (Théorème de la bijection)

Soit f une fonction continue et strictement monotone sur I. Alors


1. f réalise une bijection de I sur f (I).
2. L’intervalle f (I) est de même nature que I (c’est-à-dire ouvert, fermé ou semi-ouvert comme I) et
ses bornes sont les limites de f aux bornes de I.
3. f −1 est continue sur f (I), strictement monotone et sa monotonie est celle de f .

Démonstration
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Exercice 4

Montrer que l’équation x 3 − 3x 2 + 1 = 0 possède une unique solution dans l’intervalle [2, +∞[.

Corrigé
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE. CONTINUITÉ 2. CONTINUITÉ SUR UN INTERVALLE 20
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Exercice 5

Soit n ∈ N∗ , on considère la fonction f n définie par :


n
X
∀x ∈ [0, 1], f n (x) = x k.
k=1
1. Montrer qu’il existe une unique suite à valeurs dans [0, 1] définie par la relation ∀n ∈ N∗ , f n (un ) =
1.
2. Montrer que la suite u converge.

Corrigé
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Image continue d’un segment

Théorème 3. Admis

L’image d’un segment par une fonction continue est un segment.

Proposition 8. (Théorème des bornes atteintes)

Soit a et b deux réels tels que a < b et soit f une fonction continue sur le segment [a, b]. Alors f est
bornée sur [a, b] et atteint ses bornes

Autrement dit, si f est continue sur [a, b] alors il existe deux réels α, β ∈ [a, b] tels que f ([a, b]) =
[ f (α), f (β)] où
α = inf f = min f et β = sup f = max f .
[a,b] [a,b] [a,b] [a,b]
Attention : On n’a pas nécessairement α ⩽ β!!!
Démonstration
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE. CONTINUITÉ 3. EXTENSION AUX FONCTIONS À VALEURS COMPLEXES 21

Exemple 8

Si f est une fonction continue strictement positive d’un segment [a, b] dans R, alors :
∃α > 0 : ∀x ∈ [a, b], f (x) ⩾ α.
En effet : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
...................................................................................................

Remarque 10

Attention : les hypothèses « continue sur un segment » sont indispensables pour disposer du résultat
,comme le montre l’exemple des fonctions suivantes dont la borne inférieure 0 n’est pas atteinte :
• la fonction définie sur le segment [0, 1] par :
f (0) = 1et∀x ∈]0, 1], f (x) = x,
sa borne inférieure 0 n’est pas atteinte .
• la fonction exponentielle qui est continue sur R,sa borne inférieure 0 n’est pas atteinte .

3. Extension aux fonctions à valeurs complexes


Dans cette section on note I un intervalle non vide de R et non réduit à un singleton.

3.1. Définitions
Soit f : I → C une fonction à valeures complexes. Si
∀x ∈ I, f (x) = u(x) + i v(x) avec u(x), v(x) ∈ R
On appelle alors :
Re( f ) : I −→ C
1. partie réelle de f la fonction
x 7−→ u(x)
Im( f ) : I −→ C
2. partie imaginaire de f la fonction
x 7−→ v(x)

f : I −→ C
3. conjuguée de f la fonction
x 7−→ u(x) − i v(x)
|f | : I −→ C
4. module de f la fonction Æ
x 7−→ [u(x)]2 + [v(x)]2

3.2. Continuité et limites


Soit f : I → C et a ∈ R un élément de I ou une éxtrémité de I et ℓ ∈ C.
f est dite bornée si et seulement si (| f |) est bornée
1.
si et seulement si Re( f ) et (Im( f ) sont bornées.
ℓ est dite limite de f en asi et seulement si (x 7→ | f (x) − ℓ|) admet une limite en a
2. .
si ,et seulement si Re( f ) et Im( f ) admettent des limites finies en a.
Dans ce cas si Re( f ) a pour limite ℓ1 ∈ R en a et Im( f ) a pour limite ℓ2 ∈ R en a alors ℓ = ℓ1 + iℓ2 .
FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE. CONTINUITÉ 3. EXTENSION AUX FONCTIONS À VALEURS COMPLEXES 22

Proposition 9

Si f admet une limite en a, alors f est bornée au voisinage de a.

Remarque 11

Les opérations sur les limites d’une fonction à valeurs complexes sont analogue à celles d’une fonction
à valeurs réelles.

Définition 5

Soit f : I → C et a ∈ I. On dit que f est continue en a si f admet limite en a

Proposition 10

Soit f : I → C et a ∈ I. f est continue en a si, et seulement si, Re( f ) et Im( f ) sont continue en a

3.3. Continuité sur un intervalle

Définition 6

f : I → C est dite continue sur I si elle est continue en tout point de I.

Exemple 9

1. Une fonction polynôme à coefficients complexes est continue sur R.


2. Étant donnés une application f continue sur I et un entier naturel n, la fonction f n = f × f × .... × f
est continue sur I.
3. Si f est une fonction complexe continue sur I, alors la fonction
I −→ C
ef :
x 7−→ e f (x)
est continue sur I.
En effet :

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Chapitre

3
Dérivabilité

I désigne un intervalle non vide et non réduit à un point de R.

1. Nombre dérivé, fonction dérivée (rappels et compléments)

1.1. Dérivabilité en un point


DÉRIVABILITÉ 1. NOMBRE DÉRIVÉ, FONCTION DÉRIVÉE (RAPPELS ET COMPLÉMENTS) 24

Définition 1

On dit que f est dérivable en a si la fonction τa appelée taux d’accroissement de f en a, définie sur
I\ {a} par :
f (x) − f (a)
τa (x) =
x −a
possède une limite finie en a.
df
Cette limite s’appelle alors nombre dérivé de f en a et se note f ′ (a), D f (a) ou (a).
dx

Interprétation géométrique

On se place au voisinage d’un point A(a, f (a)) de la courbe représentative (Γ ) de f .


Soit M (x, f (x)) un point mobile sur (Γ ), avec x =
̸ a. Soit ∆ x la droite passant par A et M . Le coefficient
f (x)− f (a)
directeur de ∆ x est τa (x) = x−a .
Quand x tend vers a (donc ici quand M se rapproche de A sur (Γ )), on examine si la droite ∆ x (qui pivote
autour de A) possède une position limite ∆ (c’est-à-dire si τa (x) possède une valeur limite).Si tel est le cas,
on dit que la droite ∆ est la tangente en A à la représentation graphique (Γ ).

Dire que f est dérivable en a, c’est dire que la courbe représentative (Γ ) de f présente au point A(a, f (a))
une tangente ∆ non [Link] définition, le coefficient directeur de ∆ est f ′ (a).L’équation de ∆ est donc
y = f (a) + (x − a) f ′ (a).
Remarque 12

f (a + h) − f (a)
Cette définition équivaut à dire que f est dérivable en a si et seulement si lim ∈ R.
h→0 h

Proposition 1

Soit f : I −→ R une fonction numérique réelle. Soit a un élément de I.


f est dérivable en a si et seulement si il existe :
• un réel ℓ
• une fonction x 7−→ ϵ(x) de I dans R, vérifiant lim ϵ(x) = 0,tels que :
x→a
∀x ∈ I, f (x) = f (a) + (x − a)ℓ + (x − a)ϵ(x).
DÉRIVABILITÉ 1. NOMBRE DÉRIVÉ, FONCTION DÉRIVÉE (RAPPELS ET COMPLÉMENTS) 25

Le réel ℓ est le nombre dérivé f ′ (a).

Proposition 2. (Dérivabilité et continuité )

Si f est dérivable en a, alors elle est continue en a.

Démonstration
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Remarque 13

La réciproque est fausse comme le prouve l’exemple de la fonction f : x 7−→ |x| qui est continue en 0
et non dérivable en ce point.

1.2. Dérivées à droite et à gauche en un point

Définition 2

Soit a ∈ I, on dit que f est :


f (x) − f (a)
• dérivable à droite en a si lim existe et est finie. Cette limite s’appelle alors dérivée
x→a
x>a
x −a
à droite de f en a et se note f d′ (a),
f (x) − f (a)
• dérivable à gauche en a si lim existe et est finie. Cette limite s’appelle alors dérivée
x→a
x<a
x −a
à gauche de f en a et se note f g′ (a).

Proposition 3

Lorsque a n’est pas une borne de I, la fonction f est dérivable en a si, et seulement si, elle est dérivable
à droite et à gauche en a et f d′ (a) = f g′ (a) .

Démonstration
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Exemple 1

1. La fonction f : x 7−→ |x| n’est pas dérivable en 0 car on a f d (0) = 1 et f ′ g(0) = −1.

1
 ‹
exp − si x > 0

2. la fonction f définie sur R par f (x) = x est dérivable en 0 et f ′ (0) = 0 .En
 0 si x ⩽ 0
DÉRIVABILITÉ 1. NOMBRE DÉRIVÉ, FONCTION DÉRIVÉE (RAPPELS ET COMPLÉMENTS) 26

effet :

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................................................................................................

Interprétation géométrique

Dire que f est dérivable à droite (resp. à gauche) en a, c’est dire que la courbe (Γ ) de f admet au point
A(a, f (a)) une demi-tangente à droite (resp. à gauche) non verticale.
Le coefficient directeur de cette demi-tangente est f d′ (a) (resp. f g′ (a)).

Sur l’exemple de gauche, f est dérivable à gauche et à droite en a, avec f g′ (a) = −1 (demi-tangente oblique,
parallèle à y = −x) et f d′ (a) = 0 (demi-tangente horizontale.)
Sur l’exemple de droite, on a f g′ (a) = 0 (demi-tangente horizontale), mais f n’est pas dérivable à droite en
a (il y a bien une demi-tangente mais elle est verticale).

Corollaire 1

• si f est dérivable à droite en a, alors elle est continue à droite en a,


• si f est dérivable à gauche en a, alors elle est continue à gauche en a.

Exemple 2

1. En n ∈ Z , la fonction partie entière x 7−→ E(x) :


(a) n’est pas continue, donc n’est pas dérivable.
(b) possède une dérivée à droite qui est nulle car sa restriction à [n, −∞[ coïncide avec une
constante au voisinage de n.
(c) ne possède pas de dérivée à gauche car elle n’est pas continue à gauche.
2. Si une fonction admet en a une dérivée à droite et une dérivée à gauche, elle est continue à droite
et à gauche en a, donc elle est continue en a.
DÉRIVABILITÉ 1. NOMBRE DÉRIVÉ, FONCTION DÉRIVÉE (RAPPELS ET COMPLÉMENTS) 27

1.3. Dérivabilité et dérivée sur un intervalle

Définition 3

Lorsque la fonction f est dérivable en tout point de I, on dit que f est dérivable sur I et la fonction
df
définie sur I par x 7−→ f ′ (x) est appelée fonction dérivée de f , et se note f ′ , D f ou
dx

Proposition 4

Si f est dérivable sur I, alors elle est continue sur I.

Notation : D(I) désigne l’ensemble des fonctions à valeurs réelles dérivables sur I.

Opérations sur les fonctions dérivables

Propriétés

Soient deux fonctions f et g définies et dérivables sur I . On a les propriétés suivantes :


1. Soient deux réels α, β ∈ R. La fonction α f + β g est dérivable sur I et
(α f + β g)′ = α f ′ + β g ′
2. La fonction f g est dérivable sur I et
( f g)′ = f ′ g + f g ′
1 f
3. Si g ̸= 0 sur I, alors la fonction et sont définies et dérivables sur I avec
g g
 ‹′  ‹′
1 g′ f f ′ g − f g′
=− 2 , = .
g g g g2

Démonstration

Proposition 5. (Composée)

Soient I et J deux intervalles. Si f est une application dérivable de I dans J et g une application
dérivable sur J, alors go f est dérivable sur I et : (g ◦ f )′ = g ′ ◦ f f ′


Démonstration
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DÉRIVABILITÉ 1. NOMBRE DÉRIVÉ, FONCTION DÉRIVÉE (RAPPELS ET COMPLÉMENTS) 28

Proposition 6. (Fonction réciproque)

Soit f une application continue et strictement monotone de l’intervalle I sur l’intervalle J = f (I),
dérivable en a ∈ [Link] fonction f −1 est dérivable en b = f (a) si, et seulement si, f ′ (a) ̸= 0, et l’on a
alors :
′ 1
f −1 (b) = ′
f (a)
Si f est une fonction dérivable et strictement monotone de l’intervalle I sur l’intervalle J = f (I) et si
f ′ ne s’annule pas sur I, alors la fonction f −1 est dérivable sur J et :
′ 1
f −1 = ′ −1
f of

Démonstration
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1.4. Dérivée de fonctions usuelles

Le tableau en haut est un résumé des principales formules à connaître, x est une variable dans lintervalle I.
Le tableau en bas est celui des compositions. u représente une fonction x 7→ u(x) dérivable.
DÉRIVABILITÉ 2. PROPRIÉTÉS DES FONCTIONS DÉRIVABLES 29

Fonction Dérivée L’itervalle I

xn nx n−1 (n ∈ Z+ ) I =R

xn nx n−1 (n ∈ Z∗− ) I = R∗
1
x − x12 I = R∗
p 1 p1
x 2 x I = R∗+

ex ex I =R
1
ln x x I = R∗+

cos x − sin x I =R

sin x cos x I =R
1 π

tan x 1 + tan2 x = cos2 x
I ⊂ R\ kπ + 2 |k∈Z

Fonction Dérivée u est à valeurs dans

un nu′ un−1 (n ∈ Z+ ) R

un nu′ un−1 (n ∈ Z∗− ) R∗



1
u − uu2 R∗
p u′
1p
u 2 u R∗+

eu u′ e u R

u
ln u u R∗+

cos u −u′ sin u R

sin u u′ cos u R

u π
u′ (1 + tan2 u) =

tan u cos2 u
R\ kπ + 2 |k∈Z

2. Propriétés des fonctions dérivables

2.1. Extremum d’une fonction dérivable

Proposition 7

Soient f une fonction définie sur un intervalle I et a un point de I qui n’en est pas une borne. Si la
fonction f présente un extremum local en a et si elle est dérivable en a alors f ′ (a) = 0.

Démonstration
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DÉRIVABILITÉ 2. PROPRIÉTÉS DES FONCTIONS DÉRIVABLES 30

Remarque 14

1. La condition f ′ (a) = 0 n’est pas une condition suffisante d’extremum, (penser à f : x 7−→ x 3 en
x = 0.)
2. La condition a est intérieur à l’intervalle est fondamentale dans cette propriété comme le prouve
l’exemple : f : x 7−→ x sur l’intervalle [0, 1],la fonction présente un minimum en 0 et un maximum
en 1 mais f ′ (0) ̸= 0 et f ′ (1) ̸= 0.

2.2. Théorème de Rolle

Théorème 1. Théorème de Rolle

Étant donnés des réels a et b tels que a < b ainsi qu’une fonction f continue sur [a, b] , dérivable sur
]a, b[ et vérifiant f (a) = f (b), il existe alors un réel c appartenant à ]a, b[ tel que f ′ (c) = 0.

Démonstration
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Interprétation graphique :
Le théorème de Rolle nous dit que le graphe Γ de la fonction f possède au moins une tangente horizontale.
Comme on le voit sur l’illustration ci-dessous (à droite), il est possible qu’il existe plusieurs points strictement
compris entre A et B et en lesquels la tangente à (Γ ) est horizontale (donc plusieurs valeurs de c dans ]a, b[
pour lesquelles f ′ (c) = 0).
DÉRIVABILITÉ 2. PROPRIÉTÉS DES FONCTIONS DÉRIVABLES 31

2.3. Égalité des accroissements finis

Théorème 2. (Formule des accroissements finis)

Étant donnés des réels a et b tels que a < b ainsi qu’une fonction f continue sur [a, b] , dérivable sur
]a, b[, il existe un réel c appartenant à ]a, b[ tel que :
f (b) − f (a) = (b − a) f ′ (c)
.

Démonstration
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Interprétations graphique :

Avec les hypothèses du théorème précédent, si Γ est le graphe de la fonction f dans le plan et si A et B sont
les points de Γ d’abscisses respectives a et b,l’égalité des accroissements finis nous dit qu’il existe au moins
un point de Γ en lequel la tangente à Γ est parallèle à la droite (AB).
Comme on le voit sur l’illustration ci-dessous (à droite), il est possible qu’il existe plusieurs points strictement
compris entre A et B et en lesquels la tangente à (Γ ) est est parallèle à la corde (AB) (donc plusieurs valeurs
de c dans ]a, b[ pour lesquelles f (b) − f (a) = (b − a) f ′ (c)).
DÉRIVABILITÉ 2. PROPRIÉTÉS DES FONCTIONS DÉRIVABLES 32

Exercice 1

1. Montrer à l’aide de la formule des accroissements finis que pour tout x > 0 :
1 1
⩽ ln(1 + x) − ln(x) ⩽
1+ x x
2. En déduire que ∀p ∈ N\ {0, 1} :
1
ln(p + 1) − ln(p) ⩽ ⩽ ln(p) − ln(p − 1)
p
n
1 X1
3. Montrer que : lim =1
n→+∞ ln n p
p=1

Corrigé
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2.4. Application
Sens de variation

Propriétés

Soit I un intervalle d’extrémités a, b ∈ R, a < b et f : I → R une fonction continue sur l’intervalle I, et


dérivable sur ]a, b[, on a les résultats suivants :
1. f est croissante si et seulement si, ∀t ∈]a, b[, f ′ (t) ⩾ 0.
2. f est décroissante si et seulement si, ∀t ∈]a, b[, f ′ (t) ⩽ 0.
3. f est constante si et seulement si, ∀t ∈]a, b[, f ′ (t) = 0.
4. Si, ∀t ∈]a, b[, f ′ (t) > 0 alors f est strictement croissante .
5. Si, ∀t ∈]a, b[, f ′ (t) < 0 alors f est strictement décroissante .

Démonstration
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DÉRIVABILITÉ 2. PROPRIÉTÉS DES FONCTIONS DÉRIVABLES 33
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Proposition 8

Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I. Si f ′ est de signe constant et ne s’annule qu’en un
nombre fini de points, alors f est strictement monotone.

Démonstration

Inégalité des accroissements finis

Théorème 3. Inégalité des accroissements finis

• Soit une fonction f : [a, b] → R continue sur le segment [a; b] et dérivable sur l’intervalle
ouvert ]a, b[.
S’il existe m, M ∈ R tels que : ∀x ∈]a, b[, m ⩽ f ′ (x) ⩽ M , alors :
m(b − a) ⩽ f (b) − f (a) ⩽ M (b − a)
.
• Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I.
Si f ′ est majorée par un certain K ∈ R+ sur I, alors :
∀ (x 1 , x 2 ) ∈ I 2 , | f (x 2 ) − f (x 1 )| ⩽ K|x 2 − x 1 |.
La fonction f est donc k-lipschitzienne sur I .

Démonstration
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Exemple 3

1. Montrer que ∀x ∈ R, | cos(x) − 1| ⩽ |x|.


2. Montrer que ∀x ∈ R, | sin(x)| ⩽ |x|.
DÉRIVABILITÉ 2. PROPRIÉTÉS DES FONCTIONS DÉRIVABLES 34

Corrigé
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Condition suffisante de dérivabilité en un point

Théorème 4

Soit a un élément de I. Si une fonction f est continue sur I, dérivable sur I\ {a} et si f|′ a une limite
I\{a}
′ ′
finie ℓ en a, alors f est dérivable en a, et f (a) = ℓ . Donc f est continue en a.

Démonstration
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Remarque 15

Le théorème précédent n’est qu’une condition suffisante pour prouver l’existence de f ′ (a). Il se peut
que f ′ (a) existe sans que f|′ ait une limite en a comme le prouve l’exemple de la fonction :
I\{a}

1
 ‹
2
f (x) = x sin six ̸= 0 et f (0) = 0.
x
En effet :

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DÉRIVABILITÉ 2. PROPRIÉTÉS DES FONCTIONS DÉRIVABLES 35

Proposition 9

Soit a un élément de [Link] une fonction f est continue sur I, dérivable sur I\ {a} et si f|′ tend vers
I\{a}
f (x) − f (a)
+∞ en a, alors : = +∞. f alors possède une tangente verticale au point a
x −a

Démonstration

Démonstration analogue à celle de la proposition précédente.

Exercice 2

1. Montrer que la fonction sin réalise une bijection de [− π2 , π2 ] sur l’intervalle D = [−1, 1].
Sa bijection réciproque est appelée arcsinus notée arcsin.
1
2. Montrer que la fonction arcsin est dérivable sur ] − 1, 1[ , et arcsin′ (x) = p
1 − x2
3. Étudier la dérivabilité en −1 et 1.
4. Soit f la fonction définie sur D = [−1, 1] par f (x) = arcsin(1 − x 4 )

(a) Montrer que f est dérivable sur D ∗ = [−1, 0[∪]0, 1]


(b) Étudier la dérivabilité de f en 0.

5. Soit g la fonction définie sur D par g(x) = arcsin(1 − x 2 ),

(a) Montrer que g est dérivable sur D ∗ = [−1, 0[∪]0, 1] ;


(b) Étudier la dérivabilité de g en 0.

Corrigé
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DÉRIVABILITÉ 3. DÉRIVÉES SUCCESSIVES 36

3. Dérivées successives

3.1. Dérivée d’ordre n

Définition 4

Étant donnée une fonction f continue de I dans R, on pose f 0 = f et l’on définit par récurrence la
fonction dérivée néme de f sur I, notée f (n) , comme la dérivée de f (n−1) , si elle existe.
dn f
On la note aussi D n f ou
d xn

Remarque 16

1. L’existence de f (n) sur I entraîne l’existence et la continuité sur I de toutes les dérivées d’ordre
strictement inférieur.
2. Si la dérivée n-éme de f existe alors est aussi la dérivée (n − 1)-éme de f ′ , et plus généralement
c’est la dérivée p-éme de f (n−p) (pour 0 ⩽ p ⩽ n).

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Proposition 10

Étant donnés deux fonctions f et g définies et n fois dérivables sur I ainsi que deux réels λ et µ, la
fonction λ f + µg est n fois dérivable sur I et
(λ f + µg)(n) = λ f (n) + µg (n) .

Théorème 5. Formule de Leibniz

Soit f et g admettant chacune une dérivée nme sur I. Alors f g admet une dérivée nme sur I et :
n  ‹
(n)
X n (k) (n−k)
( f g) = f g
k=0
k

Démonstration
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DÉRIVABILITÉ 3. DÉRIVÉES SUCCESSIVES 37

Exercice 3

Étudier la dérivabilité de la fonction définie sur R par : ∀x ∈ R, f (x) = x 2 e x , et calculer sa dérivée


néme ,pour n ∈ N.

Corrigé
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3.2. Fonctions de classe C n

Définition 5

Une fonction f est de classe C n sur I si elle est n fois dérivable sur I et si f (n) est continue sur I.
Si f est de classe C n pour tout n ∈ N, on dit qu’elle est indéfiniment dérivable ou de classe C ∞ sur I.

Notation 2

• C n (I) est l’ensemble des fonctions de classe C n sur I.


• C ∞ (I) = n∈N C n (I) est l’ensemble des fonctions indéfiniment dérivables sur I.
T

Exemple 4

1
1. La fonction f : x 7−→ est de classe C ∞ sur R∗ (c’est-à-dire sur R∗+ et R∗− ), la dérivée d’ordre n
x
de f est donnée par :

(−1)n n!
∀x ∈ R∗ , f (n) (x) =
x n+1

2. ∀n ∈ N, les fonctions cos et sin sont de classe C n sur R et

cos(n) (t) = cos(t + nπ/2) , sin(n) (t) = sin(t + nπ/2).

1
3. La fonction logarithme est de classe C ∞ sur ]0, +∞[ puisque : ∀x ∈]0, +∞[, ln′ (x) = et que
x
1
x 7−→ est de classe C ∞ .
x
4. Toute fonction polynomiale est C ∞ sur R (car la dérivée d’un polynôme est un polynôme).
5. Toute fonction rationnelle est C ∞ sur son ensemble de définition (car la dérivée d’une fonction
rationnelle est une fonction rationnelle).
6. Les fonctions ln, exp, cos, sin et tan sont C ∞ sur leur ensemble de définition.
1
 ‹
7. La fonction f définie sur R par : f (x) = x sin
2
si x =
̸ 0 et f (0) = 0 est dérivable sur R
x
DÉRIVABILITÉ 3. DÉRIVÉES SUCCESSIVES 38

et sa dérivée est :
1 1
 
six =

′ 2x sin − cos ̸ 0
f (x) = x x
.
0 six = 0
Cette dérivée n’est pas continue en [Link] fonction f est donc dérivable sur R, mais elle n’est pas de
classe C 1 sur R.

Proposition 11. Théorème du prolongement C 1

Si f est une fonction continue sur un intervalle I, de classe C 1 sur I\ {a} et si f|′ a une limite finie
I\{a}
1
en a, alors f est de classe C sur I.

Démonstration
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Classe d’une composée

Théorème 6

Soient f : I −→ R et g : J −→ R deux fonctions de classe C n avec Im( f ) ⊂ J, alors g o f est de classe


C n sur I. En particulier, si f et g sont C ∞ alors g o f aussi.

Remarque 17

1
La fonction inverse g : x 7−→ est C ∞ sur R∗ , si f : I −→ R est une fonction de classe C n qui ne
x
1
s’annule,alors la composée,c’est-à-dire la fonction , est de classe C n (même si n = ∞).
f

Classe d’une réciproque

Théorème 7

Soit f : I −→ J une bijection de I sur J = Im( f ), de classe C n avec n ∈ N ∪ {∞} . Si f ′ ne s’annule


pas sur I, alors la bijection réciproque f −1 est de classe C n sur J (i.e. de même classe que f ).

Remarque 18

Attention à ne pas oublier l’hypothèse de non-annulation de la dérivée !

Exemple 5

1. Les fonctions arcsin et arccos sont de classe C ∞ sur ] − 1; 1[.


2. La fonction arctan est de classe C ∞ sur R.
DÉRIVABILITÉ 4. EXTENSION AUX FONCTIONS À VALEURS COMPLEXES 39

4. Extension aux fonctions à valeurs complexes

4.1. Définition,propriétés
Soit f : I → C une fonction, soit u = Re( f ) et v = Im( f ), on dira que f est dérivable en t 0 ∈ I lorsque u et
v sont dérivables en t 0 .
Si tel est le cas, on pose f ′ (t 0 ) = u′ (t 0 ) + i v ′ (t 0 ). On a alors Re( f ′ ) = Re( f )′ et Im( f ′ ) = Im( f )′ . L’ensemble
des fonctions dérivables sur I est noté D(I, C).

Théorème 8

f (t) − f (t 0 )
La fonction f : I −→ C est dérivable en t 0 ∈ I ssi la fonction t 7−→ définie sur I\ {t 0 }
t − t0
admet une limite finie (dans C) en t 0 . Si celle-ci existe, elle est égale à f ′ (t 0 ).

Comme dans la définition on se ramène aux fonctions à valeurs réelles, on peut déduire les propriétés des
fonctions dérivables à valeurs complexes :
On retrouve les mêmes théorèmes généraux à savoir :

Propriétés

1. Toute fonction f : I −→ C dérivable est continue (réciproque fausse).


2. Si f , g : I −→ C sont dérivables, alors f + g, f × g et λ f (λ ∈ C) sont dérivables avec les formules :
( f + g)′ = f ′ + g ′ , ( f × g)′ = f ′ × g + f ′ g ′ , (λ f )′ = λ f ′ .
1 1 g′
3. Si g : I −→ C est dérivable et ne s’annule pas, alors est dérivable sur I et ( )′ = − 2 . On en
g g g
 ‹′
f f ′ × g − f × g′
déduit que si f est également dérivable sur I alors = .
g g2
4. Si f : I −→ R et g : J −→ C sont dérivables avec Im( f ) ⊂ J, alors g o f est dérivable sur I et
(g o f )′ = f ′ × g ′ o f .

Exercice 4

Soit f est une fonction complexe dérivable sur [Link] que la fonction
I −→ C
ef :
x 7−→ e f (x)
est dérivable sur I, et donner sa dérivée
En effet :

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...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
DÉRIVABILITÉ 4. EXTENSION AUX FONCTIONS À VALEURS COMPLEXES 40

Remarque 19

1. Attention Le théorème de Rolle et donc la formule des accroissements finis ne sont pas généralisables
aux fonctions complexes. Par exemple,
la fonction définie sur [0, 2π] par f (t) = e i t vérifie f (0) = f (2π) pourtant sa dérivée f ′ (t) = ie i t
ne s’annule pas sur [0, 2π] .
2. De façon remarquable cependant, l’inégalité des accroissements finis reste vraie :
Proposition 12
Soit f : [a, b] −→ C continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[, et M un réel tel que | f ′ | ⩽ M
sur ]a, b[. Alors
| f (b) − f (a)| ⩽ M |b − a|.
Le résultat n’est au programme que sous l’hypothèse f de classe C 1 sur [a, b].

Démonstration
Éléments de preuve.
Nous nous contentons d’une démonstration sous l’hypothèse au programme : f de classe C 1 sur [a, b].
Écrire dans ce cas f comme intégrale de sa dérivée.

4.2. Classe d’une fonction


On donne la même définition avec les mêmes notations que pour les fonctions à valeurs réelles, à savoir :

• f : I −→ C est de classe C n ssi f est n fois dérivable et f (n) est continue sur I, ce qui revient à dire
que les parties réelle et imaginaire de f sont de classe C n .
• L’ensemble des fonctions de classe C n sur I est noté C n (I, C), et on pose C ∞ (I, C) = n∈N C n (I, C) :
T

ensemble des fonctions de classe C ∞ .


• On retrouve les mêmes théorèmes : Toute combinaison linéaire des fonctions de classe C n est de
classe C n , la formule de Leibniz reste valable, et la composée g ◦ f de deux fonctions de classe C n
,( f est valeurs réelles), est également de classe C n .

Exercice 5
p
Soit f (t) = cos(t) exp(t 3), calculer f (n) (t).

Corrigé
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Chapitre

4
Suites récurrentes

1. Suite récurrente définie par une fonction


Soit f une fonction réelle. Une suite récurrente est définie par son premier terme et une relation permettant
de calculer les termes de proche en proche :
u0 ∈ R et un+1 = f (un ) pour n ⩾ 0
Une suite récurrente est donc définie par deux données : un terme initial u0 , et une relation de récurrence
un+1 = f (un ). La suite s’écrit ainsi :
u0 , u1 = f (u0 ), u2 = f (u1 ) = f ( f (u0 )), u3 = f (u2 ) = f ( f ( f (u0 ))), . . .

Définition 1. (Intervalle stable par une fonction)

Soit D un sous-ensemble de R et f une fonction réelle définie sur D.


Soit I un intervalle tel que I ⊂ D. On dit que I est stable par f si f (I) ⊂ I, c’est-à-dire si ∀x ∈ I, f (x) ∈
I.

Exemple 1
p
R+ et [0, 1] sont stables par la fonction x 7−→ x.

Proposition 1

Soit f une fonction définie sur un intervalle I stable par f . Soit a ∈ I. On peut définir une suite
récurrente (un )n∈N par les relations u0 = a et ∀n ∈ N, un+1 = f (un ). Cette suite est de plus à valeurs
dans I.

Démonstration
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SUITES RÉCURRENTES 2. COMPORTEMENT DE LA SUITE 42

Exemple 2
p
1. Soit f (x) = 1 + x. Fixons u0 = 2 ∈ I = [0, +∞[ et définissons pour n ⩾ 0 :
un+1 = f (un ). C’est-à-dire un+1 = 1 + un .
p

Alors la suite est bien définies puisque f (I) ⊂ I ,et les premiers termes de la suite sont :
È
p p p p
Æ Ç Æ Ç Æ
2, 1 + 2, 1 + 1 + 2, 1 + 1 + 1 + 2, 1 + 1 + 1 + 1 + 2, . . .
2. Etant donné a ∈ I = [−1, +∞[, les relations : u0 = a et ∀n ∈ N, un+1 = 1 + un définissent une
p
p
unique suite car l’application f : x 7→ 1 + x laisse stable son ensemble de définition [−1, +∞[.

Remarque 20

Si l’intervalle I n’est pas stable, la suite peut ne pas être bien définie

Exemple 3
x
1. Soit f la fonction définie sur R\ {−1} par f (x) = .
1+ x
Si u0 ∈] − 1, 0[, il se peut que la suite ne soit plus définie à partir d’un certain rang. Par exemple, si
u0 = −1/2, alors u1 = −1 et u2 n’est pas défini.
u0 ∈ R∗+


2. I = R+ et f (x) = ln(x).Donc la suite définie par n’est pas bien définie car elle
un+1 = ln(un )
est définie uniquement pour ses premiers termes.
Si u0 = 2; u1 = ln(2) ∼ = 0, 69; u2 = ln(ln(2)) ∼ = −0, 36; u3 n’existe pas.

2. Comportement de la suite

2.1. Théorèmes de convergence

Proposition 2

 fonction continue sur un intevalle I telle que f (I) ⊂ I,soit (un ) une suite récurrente
Soit f est une
u0 ∈ I
définie par Si la suite (un )n converge , soit sa limite ℓ vérifie ℓ = f (ℓ) ( un
un+1 = f (un )∀n ∈ N
point fixe de f ), soit ℓ est un bord ouvert de I.

Démonstration
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SUITES RÉCURRENTES 2. COMPORTEMENT DE LA SUITE 43

Remarque 21

Si on arrive à montrer que la limite existe alors cette proposition permet de calculer des candidats à
être cette limite.

y
y=x

ℓ1
ℓ2 ℓ3 x

Conséquence : Si l’équation x = f (x) n’a aucune solution, alors la suite est divergente.
Exemple 4

Toute suite vérifiant un+1 = u2n + 2 est divergente puisque :


∀x ∈ R, x ̸= x 2 + 2.
Plus précisément, on a ∀x ∈ R, x < x 2 + 2, ce qui prouve que la suite est (strictement) croissante.
Comme elle diverge, elle tend vers +∞.

Proposition 3

Soit f une fonction Lipschitzienne sur un intervalle I, de facteur de Lipschitz |k| < 1 ,et (un ) une suite
récurrente à valeurs dans I ,définie par f .Soit ℓ un point fixe de f sur I . Alors,pour tout n ∈ N,
|un − ℓ| ⩽ k n |u0 − ℓ|.
Enparticulier,un −→ ℓ.

Démonstration
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Remarque 22

En particulier soit f : I → R telle que f (I) ⊂ I. On suppose que f possède un point fixe ℓ dans I et que
| f ′ | est majorée sur I par un certain réel k avec k ∈ [0, 1[.
SUITES RÉCURRENTES 2. COMPORTEMENT DE LA SUITE 44

Soit en outre (un )n∈N une suite telle que u0 ∈ I et telle que : ∀n ∈ N, un+1 = f (un ).
Alors :la suite converge vers ℓ

2.2. Etude de la monotonie

Proposition 4

Soit f une fonction définie sur un intervalle I stable par f et (un )n∈N une suite récurrente définie par
u0 ∈ I et ∀n ∈ N, un+1 = f (un ).
• Si x 7−→ f (x) − x est positive sur I, alors la suite (un )n∈N est croissante.
• Si x 7−→ f (x) − x est négative sur I, alors la suite (un )n∈N est décroissante.
• Si f est croissante sur I, alors la suite (un )n∈N est monotone (elle est croissante si u0 ⩽ u1 ,
décroissante sinon).

Démonstration
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Proposition 5

Si f est décroissante, f ◦ f sera croissante Alors (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N sont monotones, de sens de
monotonie opposé. On trouve les sens de monotonie en comparant u0 et u2 .

Démonstration
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Remarque 23

• Si f est décroissante sur un intervalle stable, Les limites des suites (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N sont
à rechercher parmi les points fixes de f ◦ f .Si f ◦ f a deux points fixes distincts, on peut très
bien avoir convergence de (u2n ) vers l’un des deux et de (u2n+1 ) vers l’autre.
• Les points fixes de f sont point fixes de f ◦ f , mais il peut exister des points fixes de f ◦ f qui
ne sont pas points fixes de f .
SUITES RÉCURRENTES 3. EXEMPLES 45

3. Exemples

3.1. Exemple 1
Soit f : R → R définie par f (x) = 14 (x 2 − 1)(x − 2) + x et u0 ∈ R.
Étudions la suite (un ) définie par récurrence : un+1 = f (un ) (pour tout n ⩾ 0).
1. Étude de f
(a) f est continue sur R.
(b) f est dérivable sur R et f ′ (x) > 0.
(c) Sur R, f est strictement croissante.
2. Graphe de f

3 ( y = x)
f

-2 -1 u0 u1 u2 1 u′1 u′0 2 3 x

-1

-2

Voici comment tracer la suite : on trace le graphe de f et la bissectrice ( y = x). On part d’une valeur u0
(en rouge) sur l’axe des abscisses, la valeur u1 = f (u0 ) se lit sur l’axe des ordonnées, mais on reporte la
SUITES RÉCURRENTES 3. EXEMPLES 46

valeur de u1 sur l’axe des abscisses par symétrie par rapport à la bissectrice. On recommence : u2 = f (u1 )
se lit sur l’axe des ordonnées et on le reporte sur l’axe des abscisses, etc. On obtient ainsi une sorte
d’escalier, et graphiquement on conjecture que la suite est croissante et tend vers 1. Si on part d’une autre
valeur initiale u′0 (en vert), c’est le même principe, mais cette fois on obtient un escalier qui descend.
3. Calcul des points fixes.
Cherchons les valeurs x qui vérifient ( f (x) = x), autrement dit ( f (x) − x = 0), mais
1
f (x) − x = (x 2 − 1)(x − 2) (1)
4
Donc les points fixes sont les {−1, 1, 2}.
4. Premier cas : u0 = 1 ou u0 = 2.
Alors u1 = f (u0 ) = u0 et par récurrence la suite (un ) est constante (et converge donc vers u0 ).
5. Deuxième cas : −1 < u0 < 1.
• Comme f ([−1, 1]) ⊂ [−1, 1], la fonction f se restreint sur l’intervalle [−1, 1] en une fonction
f : [−1, 1] → [−1, 1].
• De plus sur [−1, 1], f (x) − x ⩾ 0. Cela se déduit de l’étude de f ou directement de l’expression (1).
• Pour u0 ∈ [−1, 1[, u1 = f (u0 ) ⩾ u0 d’après le point précédent. Comme f est croissante, par récurrence,
comme on l’a vu, la suite (un ) est croissante.
• La suite (un ) est croissante et majorée par 1, donc elle converge. Notons ℓ sa limite.
• D’une part ℓ doit être un point fixe de f : f (ℓ) = ℓ. Donc ℓ ∈ {−1, 1, 2}.
• D’autre part la suite (un ) étant croissante avec u0 > −1 et majorée par 1, donc ℓ = 1.
• Conclusion : si −1 < u0 < 1 alors (un ) converge vers ℓ = 1.
6. Troisième cas : 1 < u0 < 2.
La fonction f se restreint en f : [1, 2] → [1, 2]. Sur l’intervalle [1, 2], f est croissante mais cette fois
f (x) ⩽ x. Donc u1 ⩽ u0 , et la suite (un ) est décroissante. La suite (un ) étant minorée par 1, elle converge.
Si on note ℓ sa limite alors d’une part f (ℓ) = ℓ, donc ℓ ∈ {−1, 1, 2}, et d’autre part ℓ ∈ [1, 2[. Conclusion :
(un ) converge vers ℓ = 1.
7. Quatrième cas u0 < −1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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8. Cinqième cas u0 > 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Remarque 24

Le graphe de f joue un rôle très important, il faut le tracer même si on ne le demande pas explicitement.
Il permet de se faire une idée très précise du comportement de la suite : Est-elle croissante ? Est-elle
positive ? Semble-t-elle converger ? Vers quelle limite ? Ces indications sont essentielles pour savoir ce
qu’il faut montrer lors de l’étude de la suite.
SUITES RÉCURRENTES 3. EXEMPLES 47

3.2. Exemple 2

1 1
f (x) = 1 + , u0 > 0, un+1 = f (un ) = 1 +
x un
1. Étude de f . La fonction f :]0, +∞[→]0, +∞[ est une fonction continue et strictement décroissante.
2. Graphe de f .
y

u0 1 u2 u3 2 u1 x

Le principe pour tracer la suite est le même qu’auparavant : on place u0 , on trace u1 = f (u0 ) sur l’axe
des ordonnées et on le reporte par symétrie sur l’axe des abscisses,... Graphiquement on conjecture que
la suite converge vers le point fixe de f . En plus on note que la suite des termes de rang pair semble une
suite croissante, alors que la suite des termes de rang impair semble décroissante.
3. Points fixes de f ◦ f .

 1 1 x 2x + 1
f ◦ f (x) = f f (x) = f 1 + =1+ =1+ =
x 1+ 1
x
x +1 x +1
Donc p p 
2x + 1 1− 5 1+ 5

f ◦ f (x) = x ⇐⇒ = x ⇐⇒ x 2 − x − 1 = 0 ⇐⇒ x ∈ ,
x +1 2 2
p
1+ 5
Comme la limite doit être positive, le seul point fixe à considérer est ℓ = 2 .
p
1+ 5
4. Premier cas 0 < u0 ⩽ ℓ = 2 .
Alors, u1 = f (u0 ) ⩾ f (ℓ) = ℓ ; et par une étude de f ◦ f (x) − x, on obtient que : u2 = f ◦ f (u0 ) ⩾ u0 ;
u1 ⩾ f ◦ f (u1 ) = u3 .
Comme u2 ⩾ u0 et f ◦ f est croissante, la suite (u2n ) est croissante. De même u3 ⩽ u1 , donc la suite
(u2n+1 ) est décroissante. De plus comme u0 ⩽ u1 , en appliquant f un nombre pair de fois, on obtient
que u2n ⩽ u2n+1 . La situation est donc la suivante :
u0 ⩽ u2 ⩽ · · · ⩽ u2n ⩽ · · · ⩽ u2n+1 ⩽ · · · ⩽ u3 ⩽ u1
La suite (u2n ) est croissantep et majorée par u1 , donc elle converge. Sa limite ne peut être que l’unique
point fixe de f ◦ f : ℓ = 1+2 5 .
p
1+ 5
La suite (u2n+1 ) est décroissante et minorée par u0 , donc elle converge aussi vers ℓ = 2 .
p
1+ 5
On en conclut que la suite (un ) converge vers ℓ = 2 .
SUITES RÉCURRENTES 3. EXEMPLES 48
p
1+ 5
5. Deuxième cas u0 ⩾ ℓ = 2 .
p
1+ 5
On montre de la même façon que (u2n ) est décroissante et converge vers 2 , et que (u2n+1 ) est
p
1+ 5
croissante et converge aussi vers 2 .

3.3. Exercices

Exercice 1

1. Soit f (x) = 19 x 3 + 1, u0 = 0 et pour n ⩾ 0 : un+1 = f (un ). Étudier en détails la suite (un ) :

(a) montrer que un ⩾ 0 ;


(b) étudier et tracer le graphe de g ;
(c) tracer les premiers termes de (un ) ;
(d) montrer que (un ) est croissante ;
(e) étudier la fonction g(x) = f (x) − x ;
(f) montrer que f admet deux points fixes sur R+ , 0 < ℓ < ℓ′ ;
(g) montrer que f ([0, ℓ]) ⊂ [0, ℓ] ;
(h) en déduire que (un ) converge vers ℓ.
p
2. Soit f (x) = 1 + x, u0 = 2 et pour n ⩾ 0 : un+1 = f (un ). Étudier en détail la suite (un ).
3. Soit (un )n∈N la suite définie par : u0 ∈ [0, 1] et un+1 = un − u2n . Étudier en détail la suite (un ).
4
4. Étudier la suite définie par u0 = 4 et un+1 = un +2 .

Exercice 2

Etudier la convergence des suites suivantes :


∀n ∈ N, un+1 = 1 + un
p
1. u0 ⩾ 0
2vn + 2
2. v0 ⩾ 0 ∀n ∈ N, vn+1 =
2 + vn
3
3. w0 = 1 ∀n ∈ N, w n+1 = cos w n
4
Chapitre

5
Fonctions usuelles

1. Logarithme et exponentielle

1.1. Logarithme népérien

Définition 1

1
L’unique primitive de la fonction x 7→ sur ]0; +∞[ qui s’annule en 1 est appelée logarithme népérien,
x
elle est notée ln. Z x
1
On a donc ∀x > 0, ln(x) = dt.
1 t
FONCTIONS USUELLES 1. LOGARITHME ET EXPONENTIELLE 50

Remarque 25

1
• Sa dérivée x 7→ étant strictement positive sur R∗+ , ln est donc strictement croissante.
x
y 1
• La dérivée de x 7→ ln(x y) valant = , donc ln(x y) est égal à ln(x) + Cte. La valeur de Cte
yx x
est obtenue en prenant x = 1, ce qui donne la relation célèbre :

∀x, y > 0 ln(x y) = ln(x) + ln( y)

On en déduit pour x, y de R∗+ :


1 x
ln = − ln x ; ln = ln x − ln y ; ∀r ∈ Q ln x r = r ln x
x y
Limites usuelles :
 lim+ ln x = −∞ lim ln x = +∞

x→0 x→+∞
ln x ln(1 + x)
 lim = 0+ lim =1
x→+∞ x x→0 x

1.2. La fonction exponentielle

Définition 2

La fonction ln est strictement croissante sur I =]0; +∞[, elle définit donc une bijection de I sur
J = ln(I), comme elle est continue on a J =] lim+ ln x, lim ln x[= R.
x→0 x→+∞
La réciproque est appelée fonction exponentielle et notée exp, elle est définie par :

exp : R −→ R∗+
x 7−→ exp(x) = y tel que y > 0 et ln y = x
FONCTIONS USUELLES 1. LOGARITHME ET EXPONENTIELLE 51

Propriétés

1. La fonction exp est strictement croissante sur R et continue, de plus exp(0) = 1 et exp(1) = e.
2. La fonction ln est dérivable sur ]0; +∞[ et sa dérivée ne s’annule pas, donc la fonction exp est
1
dérivable sur R et exp′ (x) = ′ = exp(x) .
ln (exp(x))
3. Propriété fondamentale de l’exponentielle :

∀x, y ∈ R, exp(x + y) = exp(x) exp( y).

1 exp x
il en découle : exp(−x) = ; exp(x − y) = ; ∀n ∈ Z exp(nx) = (exp(x))n
exp x exp y
On convient d’écrire pour tout x ∈ R : exp(x) = e x
 exp x
 lim exp x = 0+ lim exp x = +∞ lim = +∞
4. Limites usuelles :
x→−∞ x→+∞ x→+∞ x
 lim x exp x = 0 exp x − 1
lim =1
x→−∞ x→0 x

Dans un repère orthonormé, la courbe de la fonction exp et celle de la fonction ln sont symétriques par
rapport à la première bissectrice.

1.3. Fonctions exponentielles de base a

Définition 3

Soit a > 0, on appelle exponentielle de base a, la fonction notée expa définie sur R par :
∀x ∈ R, expa (x) = e x ln(a)
FONCTIONS USUELLES 1. LOGARITHME ET EXPONENTIELLE 52

Propriétés

1. ∀x, y ∈ R, expa (x + y) = expa (x) × expa ( y).


2. expa (0) = 1, expa (1) = a et ∀x ∈ R, expe (x) = e x .
1
3. exp 1 =
a expa

Notation 3

a x = expa (x) = e x ln(a)


On pose pour tout réel x : .

Avec cette notation on a ∀x, y ∈ R, ∀a, b ∈]0; +∞ :

Propriétés

1. ln(a x ) = x ln(a)
2. a x+ y = a x × a y , a0 = 1 et a1 = a
1 ax
3. a−x = x , d’où a x− y = y
a a
 ‹x
1 1
4. [a ] = exp( y ln(a )) = exp(x y ln(a)) = a
x y x xy
et donc = x
a a
 a x ax
5. a x × b x = exp(x ln(a)) × exp(x ln(b)) = exp(x ln(a b)) = (a b) x et donc =
b bx
1
6. Si x ̸= 0, a = b ⇔ a = b
x x

Dérivée et courbe représentatives

La fonction expa est dérivable et

∀x ∈ R, exp′a (x) = ln(a) expa (x).

Remarque 26

• Si a = 1, la fonction exp1 est constante : ∀x ∈ R 1 x = 1


• Si a > 1, la fonction expa est strictement croissante.
• Si a < 1, la fonction expa est strictement décroissante.
FONCTIONS USUELLES 1. LOGARITHME ET EXPONENTIELLE 53

Remarque 27

Pour dériver x 7→ u(x) v(x) , il faut revenir à la définition :u(x) v(x) = e v(x) ln u(x) . Par exemple x 7→ x x =
e x ln x a pour dérivée x 7→ (ln x + 1)x x .

y
−x −x −x
2 e 10 10x ex 2x

1 1x

0 x

1.4. Logarithmes de base a

Définition 4

Si a ∈ R∗+ \{1}, la fonction expa est continue et strictement monotone sur R : c’est donc une bijection
de R dans R∗+ . La bijection réciproque est appelée logarithme de base a et notée loga . On a donc :
y = loga x x = ay
 

∀a ∈ R+ \{1} ⇐⇒
x ∈ R∗+ y ∈R

Remarque 28

ln x
Comme cette égalité équivaut encore à ln x = y ln a, on en déduit y = , c’est-à-dire :
ln a
ln x
∀a ∈ R∗+ \{1} ∀x ∈ R∗+ loga x =
ln a

Propriétés

1. loga (1) = 0 , loga (a) = 1


2. ∀a ∈ R∗+ \{1} ∀x ∈ R, loga (a x ) = x
 ‹
x
3. ∀x, y ∈ R∗+ , loga (x y) = loga (x) + loga ( y) loga = loga (x) − loga ( y).
y
FONCTIONS USUELLES 1. LOGARITHME ET EXPONENTIELLE 54

Notation 4

Si a = 10, on note log10 ou log la fonction logarithme de base 10.

Exercice 1

Calculer log 8 + 3 log 5.

Dérivée et courbe représentatives

La fonction loga , a ∈ R∗+ \{1}, est dérivable et

1
∀x > 0, log′a (x) = x ln(a)

• Si a > 1, la fonction loga est strictement croissante.


• Si a < 1, la fonction loga est strictement décroissante.

y log2 (x)

ln(x)
log4 (x)

1
0 x

log1/4
log1/e

log1/2

1.5. Fonctions puissances


• Si α est un réel et si x > 0 alors on a déjà adopté la notation suivante :

x α = exp x (α) = eα ln(x) .

• Cela définit une fonction fα continue et dérivable sur ]0; +∞[ avec la formule :
fα′ (x) = α. 1x .eα ln(x) = αx α−1 .
ou encore

(x α )′ = αx α−1 .

• Il en découle que si u est une fonction dérivable à valeurs strictement positives, alors la fonctin uα
est dérivable et :

(uα )′ = α × u′ × uα−1
FONCTIONS USUELLES 1. LOGARITHME ET EXPONENTIELLE 55

si α > 0

0
• On a lim fα (x) = .
x→0 +∞ si α < 0

Dans le premier cas (α > 0) la fonction est prolongeable par continuité en 0 on pose alors 0α = 0,
dans le second cas (α < 0) la fonction admet une asymptote verticale au voisinage de 0.
+∞ si α > 0

• On a lim fα (x) = .
x→+∞ 0 si α < 0
• Si α < 0 il y a une asymptote horizontale au  voisinage de +∞,
fα (x) +∞ si α > 1
• Si α > 0, lim = lim fα−1 (x) = .
x→+∞ x x→+∞ 0 si 0 < α < 1
Donc il y a une branche infinie de direction (o y) dans le premier cas et une branche infinie de
direction (o x) dans le deuxième cas.
xα − 0 si α > 1

(α−1) ln(x) 0
• Lorsque α > 0 : =e → ,
x x→0 +∞ si 0 < α < 1
• Si α > 1 on a une tangente horizontale au point d’abscisse 0 ;
• Si 0 < α < 1 on a une tangente verticale au point d’abscisse 0.

Propriétés

Pour tous a,b de R, pour tout x, y de R+∗ ,on a :


( a
1
x a+b = x a x b x −a = xa x a−b = xx b
€ Ša
xa x
(x a ) b = x ab x a y a = (x y)a y a = y

ax

 ∀α > 0, ∀a > 1
 lim |x|α a x = 0 lim = +∞
x→−∞ x→+∞ xα
ax
 ∀α > 0, ∀a ∈]0, 1[
 lim = +∞ lim x α a x = 0
x→−∞ |x|α x→+∞
FONCTIONS USUELLES 2. FONCTIONS CIRCULAIRES ET HYPERBOLIQUES 56

2. Fonctions circulaires et hyperboliques

2.1. Fonctions circulaires


• Les fonctions sinus et cosinus sont 2π-periodiques definies continues derivables sur R, a valeurs
dans [−1; 1], et on a sin′ = cos et cos′ = − sin.
π
• La fonction tangente est π-periodique, definie continue derivable sur R\{ + kπ/k ∈ Z} et on a
2
′ 1
tan (x) = 1 + tan (x) =
2
.
cos2 (x)
• Les fonctions sinus et tangente sont impaires alors que la fonction cosinus est paire.

2 Ctan
1
Csin
0
−3 −2 −1 0 1 2 3
−1
Ccos
−2

2.2. Fonctions hyperboliques


Sinus hyperbolique

Définition 5

e x − e−x
Pour tout x de R, on pose sh x = , on appelle cette fonction : sinus hyperbolique.
2

• La fonction sh est impaire.


• sh est définie dérivable sur R et
e x + e−x
sh′ (x) =
2
sh(x)
• lim sh(x) = +∞; lim = +∞
x→+∞ x→+∞ x
FONCTIONS USUELLES 2. FONCTIONS CIRCULAIRES ET HYPERBOLIQUES 57

• La fonction sh est strictement croissante sur R.

4 Csinh
3

0
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3
−1

−2

−3

−4

Cosinus hyperbolique

Définition 6

e x + e−x
Pour tout x de R, on pose ch x = , on appelle cette fonction : cosinus hyperbolique.
2

• La fonction ch est paire.


• ch est définie dérivable sur R et
ch′ (x) = sh(x)
• La fonction ch est strictement croissante sur R+ .

4 Ccosh
3

−4 −3 −2 −1 0 1 2 3

Tangente hyperbolique
FONCTIONS USUELLES 3. FONCTIONS CIRCULAIRES RÉCIPROQUES 58

Définition 7

sh e x − e−x
Pour x ∈ R, on pose th x = = x .
ch e + e−x

• La fonction th est impaire.


• th est définie dérivable sur R et
1
th′ (x) = 1 − th2 (x) = 2
ch (x)
• lim th(x) = 1; lim th(x) = −1
x→+∞ x→−∞
• La fonction th est strictement croissante sur R.

1
Ctanh
0
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3
−1

3. Fonctions circulaires réciproques

3.1. Arcsinus
π π
la fonction sin est strictement croissante sur I = [− ; ], elle définit une bijection de I sur J =
2 2
π π
[sin(− ); ] = [−1; 1]. La bijection réciproque appelée arcsinus est notée arcsin, elle est définie par :
2 2
π π
arcsin : [−1; 1] −→ [− ; ]
2 2 ( π π
y ∈ [− ; ]
x 7−→ arcsin(x) = y tel que 2 2
sin( y) = x

Propriétés

• ∀x ∈ [−1; 1], sin(arcsin(x)) = x.


• ∀x ∈ [− π2 ; π2 ], arcsin(sin(x)) = x.
• ∀x ∈ [−1; 1], arcsin(−x) = − arcsin(x) [fonction impaire].
p
• ∀x ∈ [−1; 1], cos(arcsin(x)) = 1 − x 2 .
π
• ∀x ∈ [−π; π], arcsin(cos(x)) = 2 − |x|.

Démonstration
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FONCTIONS USUELLES 3. FONCTIONS CIRCULAIRES RÉCIPROQUES 59
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Cette fonction est strictement croissante et continue sur [−1; 1], elle est dérivable sur ] − 1; 1[ mais pas en
−1 ni en 1 [tangente verticale en ces points], on a la formule suivante :
1 1
∀x ∈] − 1; 1[, arcsin′ (x) = =p .
cos(arcsin(x)) 1 − x2

3.2. Arccosinus
La fonction f : [0; π] → [−1; 1] définie par f (x) = cos(x), est continue et strictement décroissante, elle
définit donc une bijection de [0; π] sur [−1; 1]. Par définition, la bijection réciproque est appelée fonction
arccosinus et notée arccos, elle est définie par :

arccos : [−1; 1] −→ [0; π]


y ∈ [0; π]

x 7−→ arccos(x) = y tel que
cos( y) = x

Propriétés

• ∀x ∈ [−1; 1], cos(arccos(x)) = x.


• ∀x ∈ [0; π], arccos(cos(x)) = x.
p
• ∀x ∈ [−1; 1], sin(arccos(x)) = 1 − x 2 .
• ∀x ∈ [−1; 1], arccos(x) + arcsin(x) = π2 .
• ∀x ∈ [−1; 1], arccos(−x) = π − arccos(x).

Démonstration
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FONCTIONS USUELLES 3. FONCTIONS CIRCULAIRES RÉCIPROQUES 60
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Cette fonction est strictement décroissante et continue sur [−1; 1], elle est dérivable sur ] − 1; 1[ mais pas
en −1 ni en 1 (tangente verticale en ces points), on a la formule suivante :
−1 −1
∀x ∈] − 1; 1[, arccos′ (x) = =p .
sin(arccos(x)) 1 − x2

Carccos π

π
2

π
2 π

Ccos

3.3. Arctangente
π π
la fonction f : ] − ; [→ R définie par f (x) = tan(x), est continue et strictement croissante, elle définit
2 2
π π
donc une bijection de ]− ; [ sur R. Par définition, la bijection réciproque est appelée fonction arctangente
2 2
et notée arctan, elle est définie par :
π π
arctan : [−1; 1] −→ ]− ; [
2 2 ( π π
y ∈] − ; [
x 7−→ arctan(x) = y tel que 2 2
tan( y) = x

Propriétés

• ∀x ∈ R, tan(arctan(x)) = x.
π π
• ∀x ∈] − ; [, arctan(tan(x)) = x.
2 2
• ∀x ∈ R, arctan(−x) = − arctan(x).
1 π
• ∀x ∈ R∗+ , arctan(x) + arctan( ) = .
x 2
x
• ∀x ∈ R, arctan(x) = arcsin( p ).
1 + x2
• ∀x ∈ R, arctan(x) = Arg(1 + i x).
FONCTIONS USUELLES 4. FONCTIONS HYPERBOLIQUES RÉCIPROQUES 61

Démonstration
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Cette fonction est strictement croissante, continue et dérivable sur R et on a la formule suivante :
1 1
∀x ∈ R, arctan′ (x) = = .
1 + tan (arctan(x)) 1 + x 2
2

4. Fonctions hyperboliques réciproques

4.1. Argument cosinus hyperbolique


La fonction cosh définit une bijection de [0; +∞[ sur l’intervalle [1; +∞[, la bijection réciproque appelée
argument cosinus hyperbolique est notée arccos et définie par :

Argch : [1; +∞[ −→ [0; +∞[


y ∈ [0; +∞[

x 7−→ Argch(x) = y tel que
ch( y) = x
FONCTIONS USUELLES 4. FONCTIONS HYPERBOLIQUES RÉCIPROQUES 62

Propriétés

• ∀x ⩾ 0, Argch(ch(x)) = x.
• ∀x ⩾ 1, ch(Argch(x)) = x.
p
• ∀x ⩾ 1, Argch(x) = ln(x + x 2 − 1).
Argch(x) Argch(x)
• lim = 0 et lim = 1.
x→+∞ x x→+∞ ln(x)

Démonstration
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Cette fonction est continue sur [1; +∞[, strictement croissante, dérivable sur ]1; +∞[ mais pas en 1 (car
la dérivée de ch s’annule en 0 et ch(0) = 1), sa dérivée est :
1 1
∀x > 1, Argch′ (x) = =p .
sh(Argch(x)) x2 − 1

4.2. Argument sinus hyperbolique


La fonction sh définit une bijection de R sur R, la bijection réciproque est notée Argsh [argument sinus
hyperbolique] et définie par :

Argsh : R −→ R

y ∈R
x 7−→ Argsh(x) = y tel que
sh( y) = x
FONCTIONS USUELLES 4. FONCTIONS HYPERBOLIQUES RÉCIPROQUES 63

Propriétés

• ∀x ∈ R, Argsh(sh(x)) = x et sh(Argsh(x)) = x.
• ∀x ∈ R, Argsh(−x) = − Argsh(x).
p
• ∀x ∈ R, Argsh(x) = ln(x + x 2 + 1).
• ∀x > 0, Argsh(x) < x.
Argsh(x) Argsh
• lim = 0 et lim = 1.
x→+∞ x x→+∞ ln(x)

Démonstration
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Cette fonction est continue sur R, strictement croissante, dérivable sur R (car la dérivée de sh ne s’annule
pas), sa dérivée est :
1 1
∀x ∈ R, Argsh′ (x) = =p .
ch(Argsh(x)) x2 + 1

4.3. Argument tangente hyperbolique


La fonction th définit une bijection de R sur ] − 1; 1[, la bijection réciproque est notée Argth [argument
tangente hyperbolique] et définie par :

Argth : ] − 1; 1[ −→ R

y ∈R
x 7−→ Argth(x) = y tel que
th( y) = x
FONCTIONS USUELLES 4. FONCTIONS HYPERBOLIQUES RÉCIPROQUES 64

Propriétés

• ∀x ∈ R, Argth(th(x)) = x et ∀x ∈] −1; 1[, th(Argth(x)) = x.


• ∀x ∈] − 1; 1[, Argth(−x) = − Argth(x).
• ∀x ∈]0, 1[, Argth(x) > x.
1 1+ x
• ∀x ∈] − 1; 1[, Argth(x) = ln( ).
2 1− x

Démonstration
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Cette fonction est continue sur ] − 1; 1[, strictement croissante, dérivable sur ] − 1; 1[ (car la dérivée de th
ne s’annule pas), sa dérivée est :
1 1
∀x ∈] − 1; 1[, Argth(x) = 2
= .
1 − th (Argth(x)) 1 − x2
Chapitre

6
Fonctions convexes

1. Fonctions convexes d’une variable réelle


Dans ce chapitre, I désigne un intervalle de R d’intérieur non vide.

1.1. Fonctions convexes

Définition 1. Fonction convexe/concave

Soit f : I −→ R une fonction. On dit que f est convexe si, pour tous x, y ∈ I et pour tout t ∈ [0, 1] :
f (t x + (1 − t) y) ⩽ t f (x) + (1 − t) f ( y).
On dit que f est concave si − f est convexe.

Interprétation graphique

On considère le graphe de d’une fonction f de I dans R, c’est-à-dire l’ensemble G f = {(x, f (x))|x ∈ I}, dans
le plan.
La fonction f est convexe sur I si, pour tous x, y dans I, le graphe de la fonction f|[x, y] (i.e. f restreinte au
segment [x, y]) est en dessous de la corde qui relie A = (x, f (x)) et B = ( y, f ( y)).

En effet, tout z ∈ [x, y] peut s’écrire z = t x + (1 − t) y avec t ∈ [0, 1] et les points d’abscisse z sur le graphe
de f et sur la corde admettent pour ordonnées f (t x + (1 − t) y) et t f (x) + (1 − t) f ( y), respectivement.
FONCTIONS CONVEXES 1. FONCTIONS CONVEXES D’UNE VARIABLE RÉELLE 66

Exemple 1

• Toute fonction affine est convexe sur R.

• La fonction valeur absolue est convexe sur R.

Exercice 1

1. Démontrer ces deux exemples.


2. Démontrer que x 7−→ x 2 est convexe sur R et que x 7−→ x 3 n’est ni convexe ni concave sur R.

Corrigé
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Théorème 1. Inégalité de Jensen

Soit f : I −→ R une fonction. Si f est convexe sur I, alors, pour tout n ∈ N∗ , tous points x 1 , ..., x n de I
n
X
et tous réels positifs λ1 , ..., λn tels que λi = 1, on a :
i=1
n n
‚ Œ
X X
f λi x i ⩽ λi f (x i ).
i=1 i=1

Démonstration
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FONCTIONS CONVEXES 1. FONCTIONS CONVEXES D’UNE VARIABLE RÉELLE 67
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Exercice 2

1. Démontrer que pour tout n ∈ N∗ et pour tous x 1 , ..., x n ∈ R,


‚ n Œ2 n
X X
xi ⩽ n x i2 .
i=1 i=1

2. Le théorème précédent est-il une équivalence ?

Corrigé
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1.2. Inégalité des pentes


On établit dans ce paragraphe l’inégalité des pentes des cordes d’une fonction convexe : en examinant la
figure ci-dessous, on peut remarquer que l’ordre des valeurs des coefficients directeurs (= des pentes) des
trois cordes représentées ne dépend que de l’ordre des abscisses de leurs extrémités. Cette configuration
usuelle peut servir pour retenir l’inégalité des pentes.
FONCTIONS CONVEXES 2. CONVEXITÉ ET DÉRIVABILITÉ 68

Théorème 2

Soit f : I −→ R une fonction. f est convexe sur I si, et seulement si, pour tous x, y, z ∈ I avec x < y < z,
on a :
f ( y) − f (x) f (z) − f (x) f (z) − f ( y)
⩽ ⩽ .
y−x z−x z− y

Démonstration
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2. Convexité et dérivabilité
Grâce aux résultats obtenus dans la partie précédente, on va pouvoir obtenir des caractérisations de la
convexité plus "maniables" en ajoutant des hypothèses de régularité à nos fonctions.

2.1. Fonctions convexes dérivables

Théorème 3

Soit f : I −→ R une fonction dérivable sur I. f est convexe sur I si, et seulement si, f ′ est croissante
sur I.

Démonstration
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On en déduit la position relative du graphe d’une fonction convexe par rapport à ses tangentes :
FONCTIONS CONVEXES 2. CONVEXITÉ ET DÉRIVABILITÉ 69

Proposition 1

Soit f : I −→ R une fonction dérivable sur I. Si f est convexe sur I, alors son graphe est au dessus de
chacune de ses tangentes i.e. pour tout x 0 ∈ I, on a :
∀x ∈ I ; f (x) ⩾ f ′ (x 0 )(x − x 0 ) + f (x 0 ).

Démonstration
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2.2. Fonctions convexes deux fois dérivables


On énonce ici le théorème qui, dans la pratique, est le plus couramment utilisé pour démontrer la convexité
d’une fonction quand on a des hypothèses suffisantes de régularité (et c’est souvent le cas !).

Théorème 4. Caractérisation de la convexité par la dérivée seconde

Soit f : I −→ R une fonction deux fois dérivable sur I. f est convexe si, et seulement si, f ′′ est positive
i.e.
∀x ∈ I; f ′′ (x) ⩾ 0.
FONCTIONS CONVEXES 2. CONVEXITÉ ET DÉRIVABILITÉ 70

Démonstration

Exercice 3

Traduire toutes les caractérisations précédemment établies dans le cas concave.

Corrigé
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2.3. Exemples d’inégalités classiques

Exemple 2

1. ∀x ∈ R; e x ⩾ 1 + x.
2. ∀x ∈ R∗+ , ln(x) ⩽ x − 1
3. ∀x ∈ [0, π2 ], π2 x ⩽ sin(x) ⩽ x.
Démonstration
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Exemple 3. Inégalité arithmético-géométrique

Si a et b sont deux réels positifs, alors on a :


p a+b
ab ⩽
2
Cette inégalité reflète le fait que la moyenne arithmétique est toujours plus grande que la moyenne
géométrique. Elle se démontre très facilement en utilisant le fait que la fonction logarithme est concave.
FONCTIONS CONVEXES 2. CONVEXITÉ ET DÉRIVABILITÉ 71

Plus généralement, si x 1 , ..., x n sont n réels positifs, alors on a :


p
n
x 1 + ... + x n
x 1 ...x n ⩽ ;
n
ou autrement écrit :
‚ n Œ 1n n
Y 1X
xi ⩽ xi.
i=1
n i=1
En déduire que pour tout n ∈ N∗ ,
pn n+1
n! ⩽ .
2

Exemple 4. Inégalité de Young

Soient a et b deux réels positifs, et p et q des réels strictement positifs vérifiant : 1/p + 1/q = 1. Alors
on a
a p bq
ab ⩽ +
p q
Cette inégalité provient facilement du fait que la fonction logarithme est concave.
Une des conséquences classique de l’inégalité de Young est l’inégalité de Hölder(voir TD).

Exemple 5. Inégalités de Cauchy-Schwarz

Soit n ∈ N∗ et x 1 , ..., x n , y1 , ..., yn des réels,on a


‚ n Œ2 ‚ n Œ‚ n Œ
X X X
2 2
x k yk ⩽ xk yk
k=1 k=1 k=1
2
Cette inégalité provient du fait que la fonction x 7−→ x est convexe en appliquant l’inégalité de Jensen
.
Démonstration
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Primitives et Chapitre
équations diffé-
7
rentielles linéaires

Dans ce chapitre I désigne un intervalle non vide et non réduit à un point de R.

1. Primitive et intégrale d’une fonction continue

1.1. Définition

Définition 1

Si f est une fonction continue de I dans C, on appelle primitive de f sur I toute fonction de I dans C,
dérivable sur I et dont la dérivée est égale à f .

Proposition 1

On a
• Une fonction F définie sur I est une primitive de f sur I si, et seulement si, Re F et Im F sont
primitives respectivement de Re f et de Im f sur I.
• Si F est une primitive d’une fonction f continue sur I, alors les primitives de f sur I sont les
fonctions F + λ avec λ ∈ C.

Démonstration
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Exemple 1

• Si k est un complexe non nul, les primitives de x 7−→ exp(k x) sont les fonctions :
1
x 7−→ exp(k x) + λ avec λ ∈ C.
k
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PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 1. PRIMITIVE ET INTÉGRALE D’UNE FONCTION CONTINUE 74
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• Pour calculer une primitive de f définie par :
f (t) = cos(bt) exp(at),
avec (a, b) ∈ R2 et (a, b) ̸= (0, 0), on peut utiliser l’égalité f = Re g avec g(t) =
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Théorème 1. (Admis)

Toute fonction à valeurs complexes f définie et continue sur l’intervalle I admet des primitives sur I

Définition 2

Pour a, b ∈ I, on définit l’intégrale de a à b de f comme l’accroissement de a à b d’une primitive F de


Rb R Rb
f et se note a f (x)d x ou [a,b] f , on a alors a f (x)d x = F (b) − F (a).

Remarque 29

• Si f ∈ C 1 (I), alors pour (a, x) I 2 , on a :


Z x
f (x) − f (a) = f ′ (t)d t.
a
• Si a ∈ I, la fonction Fa définie par :
Z x
Fa (x) = f (t)d t
a
est l’unique primitive de f sur I qui s’annule en a.
Démonstration
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Notation 5
R
Lorsque f est une fonction continue, la notation f (x)d x représente une primitive quelconque de la fonction f .
Avec les notations précédentes on a donc :
Z Z x
f (x)d x = f (t)d t + C t e .
a
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 1. PRIMITIVE ET INTÉGRALE D’UNE FONCTION CONTINUE 75

Théorème 2

Si f est une fonction continue sur [a, b] ,alors Re f et Im f sont continues sur [a, b] et on a
Z b Z b Z b
f (x)d x = Re( f (x))d x + i Im( f (x))d x.
a a a

Démonstration
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1.2. propriétés
Linéarité, relation de Chasles

Proposition 2

Soient f et g deux fonctions continues sur le segment [a, b] et α, β ∈ R. Alors


Z Z Z
αf + β g = α f +β g
[a,b] [a,b] [a,b]
R
Ainsi l’application qui à f associe [a,b]
f est linéaire.

Démonstration
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Proposition 3. (Relation de Chasles)

Soit f une fonction continue sur le segment [a, b]. Soit c ∈]a, b[. Alors :
Z Z Z
f = f + f
[a,b] [a,c] [c,b]

Démonstration
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PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 1. PRIMITIVE ET INTÉGRALE D’UNE FONCTION CONTINUE 76

Proposition 4. Croissance

• Une fonction positive et continue a une intégrale positive.


• Si f et g sont deux fonctions continues sur [a, b] alors :
Z Z
f ⩽ g =⇒ f ⩽ g
[a,b] [a,b]

Démonstration
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PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 1. PRIMITIVE ET INTÉGRALE D’UNE FONCTION CONTINUE 77

Théorème 3

Si f est continue sur [a, b] , alors | f | est continue sur [a, b] et :


Z Z
f ⩽ |f |.
[a,b] [a,b]

Démonstration
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1.3. Primitives usuelles à connaître.


Ces formules sont valides pour tout intervalle de dérivabilité de la fonction F .

f (x) = F (x) =
f (x) = F (x) = f (x) = F (x) =
1
x x ln x x ln x − x arctan(x)
e e 1 + x2
k(constante) kx ch(x) sh(x) 1
p arcsin(x))
sh(x) ch(x) 1 − x2
x α+1
x α , α ̸= −1 sin(x) − cos(x) 1
α+1 p Argch(x)
cos(x) sin(x) 2
x −1
1
ln |x|
x 1 1
tan(x) p Argsh(x)
1 p cos(x)2 1 + x2
p 2 x
x 1 + tan(x)2 tan(x) 1
Argth(x)
1 − x2

Si u est une fonction dérivable sur un intervalle I, on obtient par composition les formules suivantes, à
connaître également :

Fonction Primitive
u′ eu eu
Avec u > 0 sur I pour les trois fonctions suivantes
uα+1
u′ uα , (α ̸= −1)
α+1
u′
ln |u|
u
u′ p
p 2 u
u
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 1. PRIMITIVE ET INTÉGRALE D’UNE FONCTION CONTINUE 78

Fonction Primitive
Fonction Primitive
u′
u′ ch(u) sh(u) , (u ̸= π2 [2π] sur I) tan(u)
cos(u)2
u′ sh(u) ch(u)
u′ (1 + tan(u)2 ), (u ̸= π2 [2π] sur I) tan(u)
u′ sin(u) − cos(u)
u′
u′ cos(u) sin(u) p , (u ∈] − 1, 1[ sur I) arcsin(u))
1 − u2
u′
arctan(u) u′
1 + u2 p , (u > 1 sur I) Argch(u)
u′ u2 − 1
p Argsh(u) u′
1 + u2 , (u ∈] − 1, 1[ sur I) Argth(u)
1 − u2

1.4. Exemples
px + q
1. Primitivation de x 7−→ avec p, q, a, b, c ∈ R et a ̸= 0
+ bx + c
ax2
Les deux résultats ci-dessous sont utiles à connaître :
Z Z
dx 1 x dx 1 x −a
= arctan + λ = ln + λ.
x +a
2 2 a a 2
x −a 2 2a x +a

Démonstration
.........................................................................................................
.........................................................................................................
.........................................................................................................
.........................................................................................................
.........................................................................................................
.........................................................................................................

px + q
Plus généralement, soit la fonction numérique f : x 7−→ , où p, q, a, b, c sont réels (et
ax2 + bx + c
a ̸= 0).
R
On veut calculer f (x)d x, sur un intervalle I où le dénominateur de f ne s’annule pas.
2a x + b 1
 ‹  ‹
p pb
La première idée est d’écrire : f (x) = + q − .
2a a x 2 + b x + c 2a a x 2 + b x + c
R 2a x + b
Cette décomposition permet d’utiliser d x = ln a x 2 + b x + c + λ.
ax2 + bx + c
R dx
Il reste donc à calculer .
ax2 + bx + c
Pour cela, on utilise la « forme canonique », et le discriminant ∆ = b2 − 4ac.
b 2 b2 b 2 ∆
 ‹  ‹   ‹ 
2 2 b c c
ax + bx + c = a x + x + =a x+ − 2+ =a x+ − 2
a a 2a 4a a 2a 4a
Suivant le signe de a, on est donc ramené à l’une des trois situations suivantes :
R dx 1 x +α−β
• Si ∆ > 0 : = ln +λ
2
(x + α) − β 2 2β x +α+β
R dx 1
• Si ∆ = 0 : =− +λ
(x + α)2 x +α
R dx 1 x +β
• Si ∆ < 0 : = arctan +λ
2
(x + α) + β 2 β β
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 1. PRIMITIVE ET INTÉGRALE D’UNE FONCTION CONTINUE 79

Exemple 2

2x − 1
• Primitive de x 7−→ ........................................................
x2 − 2x + 1
........................................................................................
........................................................................................
........................................................................................
........................................................................................
−3x + 1
• Primitive de x 7−→ ........................................................
2x 2 − x + 1
........................................................................................
........................................................................................
........................................................................................
........................................................................................
x +3
• Primitive de x 7−→ 2 ........................................................
x − 3x + 2
........................................................................................
........................................................................................
........................................................................................
........................................................................................

1
2. Primitivation de x 7−→ avec ω ∈ C\R
x −ω
Soit ω un nombre complexe non réel.
1
Considérons la fonction complexe définie sur R par f (x) = .
x −ω
La fonction f est continue sur R et on se propose d’en calculer les primitives.
R dx R dx
Une erreur (catastrophique) consiste à écrire = ln |x − ω| + λ, ou = ln(x − ω) + λ.
x −ω x −ω
La deuxième expression n’a aucun sens car la fonction t 7→ ln(t) n’est définie, pour nous, que sur R∗+ .
En revanche (et avant de savoir ce qu’il convient réellement de faire), on peut s’interroger sur la première
expression, car l’application ϕ : x 7−→ ln |x − ω| est définie sur R.
Posons ω = a + i b, avec (a, b) dans R × R∗ .
1 x −a
Pour tout réel x, on a ϕ(x) = ln (x − a)2 + b2 = ln (x − a)2 + b2 donc ϕ ′ (x) =
p 
.
2 (x − a)2 + b2
1 x −ω x − a + ib
Mais f (x) = = = , et on constate que ϕ ′ (x) n’est jamais égal à f (x).
x − ω |x − ω| 2 (x − a)2 + b2
Pour calculer correctement les primitives de f , voici la méthode :

R dx
R R x −ω R x − a + ib R x −a R dx
f (x)d x = = d x = d x = d x + i b
x −ω |x − ω|2 (x − a)2 + b2 (x − a)2 + b2 (x − a)2 + b2
1  x −a
= ln (x − a)2 + b2 + i arctan +λ
2 b
(avec λ quelconque dans C)

Si on veut vraiment exprimer les primitives de f à l’aide de ω (plutôt que a = Re ω et b = Im ω), on


peut observer que le résultat précédent s’écrit :
Z
dx
= ln |x − ω| + i arg(x − ω) + λ avec λ quelconque dans C
x −ω
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 1. PRIMITIVE ET INTÉGRALE D’UNE FONCTION CONTINUE 80

1.5. Méthodes de calcul de primitives


Intégration par parties

Proposition 5

Soit f et g deux fonctions de classe C 1 sur un intervalle [Link] tous a, b dans l’intervalle I, on a :
Z b Z b
f (x)g ′ (x)d x = f (b)g(b) − f (a)g(a) − f ′ (x)g(x)d x.
a a

Démonstration
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................

Remarque 30

Dans un calcul de primitive, la formule d’intégration par parties s’écrit :


Z Z
f (x)g ′ (x)d x = f (x)g(x) − u′ (x)v(x)d x.

Exemple 3

• Sur R+ on a : Z
ln x d x = ..................................................

• Sur R on a :
R
arctan x d x = ...............................................
= .................................................................
• On a : R
x2ex d x = ........................................
= .......................................................
= .............................................................
R π/2
• Si pour n ∈ N on pose I n = 0 sinn x d x, on peut écrire, pour n ⩾ 2 :
R π/2
I n = 0 sinn−1 x sin x d x
 π R π/2 n−2
= − sinn−1 x cos x 02 + (n − 1) sin x cos2 x d x
R π/2 n−2 
= (n − 1) sin x 1 − sin2 x d x
= (n − l) (I n−2 − I n )
ce qui donne :
n−1
In = I n−2
n
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 1. PRIMITIVE ET INTÉGRALE D’UNE FONCTION CONTINUE 81

Selon la parité de n, on obtient ainsi deux formules (dites de Wallis) :


2p − 1 2p − 3 2p − 5 3 1
I2p = .... I0
2p 2p − 2 2p − 4 4 2
(2p)(2p − 1) (2p − 2)(2p − 3) (2p − 4)(2p − 5) 3 × 4 1 × 2 π
= .... 2
(2p)2 (2p − 2)2 (2p − 4)2 4 22 2
(2p)! π
= 2p
2 (p!)2 2
et de même :
2p 2p − 2 2p − 4 4 2
I2p+1 = .... I1
2p + 1 2p − 1 2p − 3 5 3
22p (p!)2
=
(2p + 1)!
Rπ Rπ 
• on a : 0 t sin(t)d t = Im 0 t exp(i t)d t , or :
Zπ Zπ
t exp(i t)d t = [−i t exp(i t)]π
0 +i exp(i t)d t = iπ + [exp(i t)]π
0 = −2 + iπ
0 0
on en déduit que :
Z π Z π
t sin(t)d t = π et t cos(t)d t = −2
0 0
1 1
• On peut calculer une primitive de en primitivant par partie .
(1 + x )
2 2 1 + x2
En effet : ..................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................

1.6. Changement de variable


Formule de changement de variable

Théorème 4

Soient I et J deux intervalles de R, ainsi que f : I −→ C une fonction continue sur I et ϕ : J −→ I une
fonction de classe C 1 sur J . Alors ∀α, β ∈ J, on a :
Z ϕ(β) Zβ
f (t)d t = f (ϕ(u))ϕ ′ (u)du.
ϕ(β) α

Démonstration
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.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
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.............................................................................................................

Exemples

1. On utilise la formule de changement de variable de la droite vers la gauche


PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 1. PRIMITIVE ET INTÉGRALE D’UNE FONCTION CONTINUE 82

R π2
• 0
sin2 u cos udu = ..........................................
R2 p
• −1
4 − u2 udu = ..........................................
R ln x
• Pour calculer sur R+ la primitive d x, on écrit :
x
Z Z x
ln x ln u
dx = du + C t e
x 1 u
intégrale dans laquelle on peut faire le changement de variable t = ln u :
Z x Z ln x
ln u 1
du = t d t = (ln x)2
1 u 0 2
2. On utilise la formule de changement de variable de la gauche vers la droite
R 1/2 p
• Pour simplifier −1 1 − t 2 d t, on peut poser t = sin u en faisant varier u de −π/2 à π/6, ce qui
donne :
R 1/2 p
−1
1 − t2d t =
remarque : On aurait pu aussi choisir de faire varier u de −π/2 à 5π/6, mais il aurait alors fallu
couper l’intervalle [−π/2, 5π/6] , en utilisant la relation de Chasles, pour tenir compte de la
valeur absolue de cos u.
p
• Pour calculer une primitive de 1 − x 2 sur [−1, 1] , on écrit :

..............................................................................................
..............................................................................................
..............................................................................................
..............................................................................................
remarque : Bien qu’étant la somme de deux fonctions non dérivables en 1 et −1, la fonction
p
x 7−→ 21 arcsin x + 12 x 1 − x 2 est dérivable sur [−1, 1] comme primitive sur cet intervalle de la
p
fonction continue x 7−→ 1 − x 2

Utilisation de la parité ou de la périodicité

Théorème 5

Soit f : R −→ C une fonction continue


Ra
• Si f est impaire alors ∀a ∈ R, −a f (u)du = 0
Ra Ra
• Si f est paire alors ∀a ∈ R, −a f (u)du = 2 0 f (u)du
• Si f est T -périodique (T > 0) alors :
Z b Z b+T Z a+T Z b+T
∀a, b ∈ R, f (u)du = f (u)du et f (u)du = f (u)du
a a+T a b

Démonstration
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PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 2. ÉQUATION LINÉAIRE DE PREMIER ORDRE 83
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................

Utilisation d’un changement de variable affine

Il est possible de transformer une intégrale sur [a, b] en une intégrale sur [0, 1] ou [−1, 1].
Il suffit pour cela de poser x = a + t(b − a) : quand t parcourt [0, 1], x parcourt [a, b].
Rb R1
On obtient alors : a f (x)d x = (b − a) 0 g(t)d t, avec g(t) = f (a + t(b − a)).
a+b b−a
De même, en posant x = +t : quand t parcourt [−1, 1], x parcourt [a, b].
2 2
b−a R1 a+b b−a
Rb  ‹
On en déduit l’égalité : a f (x)d x = −1
h(t)d t, avec h(t) = f +t .
2 2 2

2. Équation linéaire de premier ordre


Dans cette section, K désigne R ou C. On suppose que I est un intervalle de R contenant au moins deux
points.

2.1. Définitions
• Une équation différentielle scalaire linéaire de premier ordre est une équation différentielle de la
forme :
(E) : α(t) y ′ (t) + β(t) y(t) = f (t) (notée plus simplement : α(t) y ′ + β(t) y = f (t))
où α, β, et f : I → K sont trois fonctions définies continues sur un intervalle I de R dans et y : I → K
une fonction dérivable inconnue.
• on appelle solution sur I de l’équation différentielle (E) toute fonction g dérivable de I dans K telle
que :
∀t ∈ I, α(t)g ′ (t) + β(t)g(t) = f (t)
.
• Résoudre , ou intégrer l’équation différentielle (E) revient à déterminer l’ensemble des fonctions
qui sont solutions de E .On notera S E cet ensemble .
• Si f est la fonction nulle , l’équation différentielle est dite homogène.
• On appelle équation homogène associée à (E) ou (équation sans second membre) l’équation
différentielle :
(H) : α(t) y ′ + β(t) y = 0

Remarque 31
β(t) f (t)
Lorsque le coefficient α ne s’annule pas sur I , (E) est équivalente à y ′ + α(t) y= α(t) , c’est-à-dire
′ β f
y + a(t) y = b(t) en posant a = α et b = α . On remarque que les fonctions a et b ainsi définies sont
continues sur l’intervalle I
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 2. ÉQUATION LINÉAIRE DE PREMIER ORDRE 84

Proposition 6

Si y p est une solution particulière de l’équation (E) et si SH désigne l’ensemble des solutions de

l’équation (H), l’ensemble des solutions de l’équation (E) est y p + g/g ∈ SH

Démonstration
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.............................................................................................................
.............................................................................................................
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.............................................................................................................

2.2. Étude de l’équation homogène

Proposition 7

Soit l’équation différentielle linéaire homogène du premier ordre :


∀t ∈ I : y ′ (t) + a(t) y(t) = 0(H)
Alors toute combinaison linéaire de solutions de (H) est encore solution de (E)
Autrement dit , si ϕ et ψ des solutions de (H) alors pour tout couple (α, β) ∈ K ,la fonction αϕ + βψ
est encore solution de (H).

Démonstration
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.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................

On dit que SH possède une structure d’espace vectorielle sur K

Proposition 8

Si A est une primitive sur I de la fonction a , alors les solutions de l’équation (H) sont les fonctions de
la forme :
t 7→ λe−A(t) avec λ∈K

Démonstration
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.............................................................................................................
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PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 2. ÉQUATION LINÉAIRE DE PREMIER ORDRE 85
.............................................................................................................
.............................................................................................................

Par suite, l’ensemble des solution de (H) est :


 
y: I −→ K
SH = /λ ∈ K
t 7−→ λe−A(t)

Remarque 32

Si ϕ est une solution non nulle de (H) alors il en est de même de λϕ où λ ∈ K.Réciproquement, toute
solution de (H) est proportionnelle à ϕ . SH possède une structure de droite vectorielle.

Exemple 4

1. Resolvons sur R les équations suivantes :


• y′ + 2 y = 0 ..............................................................................
............................................................................................
............................................................................................
............................................................................................
............................................................................................
• y ′′ = y ′ ..................................................................................
............................................................................................
............................................................................................
............................................................................................
............................................................................................
• y′ + x y = 0 ..............................................................................
............................................................................................
............................................................................................
............................................................................................
............................................................................................
2. Résoudre sur l’intervalle ]0, π[ l’équation suivante :

y ′ (t) sin t − y(t) cos t = 0


..................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
3.Résoudre l’équation différentielle 2x y ′ = y.
On peut résoudre cette dernière sur R∗+ et sur R∗− . On obtient :
p
• sur R∗+ , y = k x, avec k ∈ R.
p
• sur R∗− , y = k −x, avec k ∈ R.
Les courbes solutions sont donc les demi-paraboles d’axe O x et de sommet O, privées de l’origine.
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 2. ÉQUATION LINÉAIRE DE PREMIER ORDRE 86
...................................................................................................
...................................................................................................

2.3. Équation linéaire du premier ordre avec second membre


On considère l’équation
y ′ + a(t) y = b(t)
Où a, b deux fonctions continues sur I à valeurs dans K.
D’après la proposition 6,pour déterminer l’ensemble des solution de (E) il faut trouver une solution particu-
lière .
Le résultat suivant est sert lorsque le second membre est somme de fonctions.

Principe de superposition

Proposition 9

Si y1 est une solution de l’équation différentielle y ′ + a y = b1 et y2 est une solution de l’équation


différentielle y ′ + a y = b2 où a,b1 et b2 sont des fonctions définie et continues sur un intervalle I à
valeurs dans K, alors y1 + y2 est une solution de l’équation différentielle y ′ + a y = b1 + b2 .

Démonstration
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.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................

On commence toujours par regarder s’il n’y a pas de solution évidente,par exemple
1
• L’équation y ′ + x y = 2 a pour solution particulière la fonction x 7−→ x ;

• L’équation y + e x y = e x a pour solution particulière la fonction x 7−→ 1.
• y ′ + t y = t...............................................
• y ′ (t) sin t − y(t) cos t = 1..............................................
Sinon on peut appliquer l’une des méthodes suivantes :

Cas général : Méthode de la variation de la constante :


La méthode de la variation de la constante consiste à rechercher une solution particulière sous la forme
y = λ y0 , où y0 est une solution non nulle de (H) et λ une fonction dérivable sur I. Pour tout t ∈ I, on a
alors :
y ′ (t) + a(t) y(t) = y0 (t)λ′ (t) + λ(t) y0′ (t) + a(t) y0 (t)


= y0 (t)λ′ (t)
et donc λ y0 est solution de (E) si la fonction λ vérifie :
b(t)
∀t ∈ I, λ′ (t) =
y0 (t)
b
c’est-à-dire si λ est une primitive de la fonction :
y0
Z
b(t)
λ(t) =
y0 (t)
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 2. ÉQUATION LINÉAIRE DE PREMIER ORDRE 87

Remarque 33

Ce qui précède prouve que l’équation différentielle (E) admet toujours des solutions sur I, puisqu’une
telle solution y0 non nulle de (H) ne s’annule pas sur I.

Exemple 5

Résoudre :
2t et
• y ′ (t) + y(t) = ;
1 + t2 1 + t2

.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
• y ′ − y = cos x + x

.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................

2.4. Cas particulier : l’équation est à coéfficints constants


On considère l’équation différentielle linéaire du premier ordre suivante
y ′ + a y = b(t) (E)
où b est une fonction continue sur I et a ∈ K∗

1. Si le second membre est constant, par exemple b(t) = λ où λ ∈ K, alors une solution particulière est
λ
y p (x) =
a
2. Si le second membre est de la forme b(t) = P(t) où P est un polynôme de degré n ,alors on peut chercher
une solution particulière sous la forme y p (t) = Q(t) avec Q un polynôme de degré n.
3. Si le second membre est de la forme b(t) = λ cos(t) + µ sin(t) alors on peut chercher une solution
particulière sous la forme : y p (t) = c1 cos(t) + c2 sin(t). Les constantes c1 et c2 sont déterminés en
remplaçant y p et y p′ dans (E)
4. Si le second membre est de la forme b(t) = eαt Pn (t) où Pn est un polynôme de degré n :
• 1er cas : si α ̸= −a , alors on cherche une solution sous la forme y p (t) = eαt Q n (t) où Q n est un
polynôme de degré n.
• 2eme cas : si α = −a , on cherche une solution sous la forme y p (t) = t eαt Q n (t) où Q n est un
polynôme de degré n.
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 2. ÉQUATION LINÉAIRE DE PREMIER ORDRE 88

Démonstration
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
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.............................................................................................................

Exercice 1

Résoudre les équations différentielles suivantes et préciser les intervalles où sont définies les solutions :
1. y ′ + 2 y = 2 cos(t) ;
2. y ′ + y = e t ;
3. y ′ + y = t e−t ;
4. x y ′ (x) + y(x) = x 2 + e x ;
5. y ′ + ln(x) y(x) = ln(x) ;
6. y ′ + y = t cos t.

Corrigé
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
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.............................................................................................................
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.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES3. ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE LINÉAIRE DU SECOND ORDRE À COEFFICIENTS CONS

2.5. Condition initiale :


La solution d’une équation différentielle du premier ordre est sous la forme y(t) = y0 (t) + λe−A(t) , elle
dépend d’une constante λ ∈ K. Pour déterminer cette constante, il suffit de connaître une condition initiale,
c’est-à-dire la valeur de la fonction en un point donnée : y(t 0 ) = α. On doit avoir α = y0 (t 0 ) + λe−A(t 0 ) ,
d’où : λ = (α − y0 (t 0 )) eA(t 0 ) , d’où le résultat :

Proposition 10

Il existe une et une seul solution du système :


 ′
y + a(t) y = b(t)
y(t 0 ) = α
ce système est appelé problème de Cauchy.

Exemple 6

Résoudre sur R le problème de Cauchy :


y′ + y = t


y(0) = 1
..................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................

2.6. Exemples d’équations où la fonction α s’annule :


1. Résolution de l’équation : t y ′ (t) − 2 y(t) = t 3 . (E)

2. Résolution sur R de l’équation : t y (t) − y(t) = 0.
2
(E)

3. Résolution sur R de l’équation différentielle : (1 − t) y (t) − y(t) = t. (E)

Démonstration

Voir TD

3. Équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients


constants
On s’intéressera uniquement au cas où les coefficients sont des constantes, c’est à dire aux équations
différentielles de la forme :
y ′′ + a y ′ + b y = f
où a, b ∈ K et f : I → K une fonction continue (second membre).
• S E l’ensemble des solution de (E) : y ′′ + a y ′ + b y = f
• SH l’ensemble des solution de (H) : y ′′ + a y ′ + b y = 0
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES3. ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE LINÉAIRE DU SECOND ORDRE À COEFFICIENTS CONS

3.1. Étude de l’équation homogène

Exercice 2

Chercher une condition nécessaire et suffisante sur r ∈ K telle que t 7→ e r t soit solution de (H).

Corrigé

Solution
Soit r ∈ K et u : I → K, r 7→ e r t :

u ∈ SH ⇐⇒ u′′ + au′ + bu = 0
⇐⇒ ∀t ∈ I, r 2 e r t + ar e r t + be r t = 0
⇐⇒ r 2 + ar + b = 0

L’équation x 2 + a x + b = 0 s’appelle l’équation caractéristique de (H).


Si α et β désignent les racines réelles ou complexes de P(x) = x 2 + a x + b ,les fonctions t 7−→ eαt et
t 7−→ eβ t sont donc solutions de (H).

Proposition 11. (Cas complexe)

Soient a, b deux nombres complexes .Notons P le trinôme caractéristique de l’équation (H) : y ′′ +


a y′ + b y = 0 .
1. Si P admet deux racines distincts α, β , les solutions de (H) à valeurs complexes sont les fonctions
de la forme t 7−→ λeαt + µeβ t pour λ ∈ C et µ ∈ C
2. Si P admet une racine double α , les solutions de (H) à valeurs complexes sont les fonctions de la
forme t 7−→ (λt + µ)eαt pour λ ∈ C et µ ∈ C

Démonstration
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Exercice 3

Trouver les solutions complexes des équations suivantes


1. y ′′ + y ′ + y = 0.
2. y ′′ − 2i y ′ − y = 0.
3. y ′′ − i y ′ + 2 y = 0
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES3. ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE LINÉAIRE DU SECOND ORDRE À COEFFICIENTS CONS

Corrigé
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Proposition 12. (Cas réel)

Soient a, b deux nombres réels .Notons ∆ = a2 − 4b le discriminant du trinôme caractéristique P de


l’équation (H) : y ′′ + a y ′ + b y = 0 .
• Si ∆ > 0 en notant α et β les deux racines réelles de P , les solutions de (H) à valeurs réelles
sont les fonctions de la forme t 7−→ λeαt + µeβ t pour λ ∈ R et µ ∈ R
• Si ∆ = 0 en notant α la racine double de P , les solutions de (H) à valeurs réelles sont les
fonctions de la forme t 7−→ (λt + µ)eαt pour λ ∈ R et µ ∈ R
• Si ∆ < 0 en notant r + is et r − is(où r, s ∈ R) les deux racines complexes conjuguées de P , les
solutions de (H) à valeurs réelles sont les fonctions de la forme t 7−→ (λ cos(st) + µ sin(st))e r t

Démonstration

• Les deux premier cas se traitent comme dans le cas complexe.

• Si ∆ < 0, l’équation caractéristique possède deux solutions complexes non réelles et conjuguées :
α = r + is et β = r − is . Soit u : I → R, alors :
u ∈ SH ⇐⇒ ∃λ0 , µ0 ∈ C, ∀t ∈ I u(t) = λ0 eαt + µ0 eβ t
Puisque u est à valeurs réelles
1
u(t) = (u(t) + u(t))
2
1 ” —
= e r t (λ0 + µ0 )e−ist + (λ0 + µ0 )e ist
2 
= e r t Re [λ0 + µ0 ]e ist

= e r t Re γe ist avec γ = λ0 + µ0

En posant γ = λ − iµ où (λ, µ) ∈ R2 ,et après regroupement des termes en sinus et en cosinus on aura :
u(t) = e r t (λ cos(st) + µ sin(st))

Remarque 34

Dans les deux cas les solutions de (H) s’expriment comme combinaisons linéaires de deux fonctions
non proportionnelles.
L’ensemble des solutions SH possède donc une structure de plan vectoriel.
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES3. ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE LINÉAIRE DU SECOND ORDRE À COEFFICIENTS CONS

Exercice 4

Rechercher les solutions réelles des équations différentielles suivantes :


• y ′′ + y ′ + y = 0.
• y ′′ + 3 y ′ + 2 y = 0
• y ′′ − 4 y ′ + 4 y = 0

Corrigé
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Cas particulières :Équations du type y ′′ + k y = 0 avec k ∈ R


Il y a trois cas à envisager.
• Cas où k = ω2 > 0.
Les solutions sont les fonctions de la forme t 7−→ λ cos(ωt) + µ sin(ωt) avec λ, ω dans R,ou de
manière équivalente,les fonctions de la forme t 7−→ Acos(ωt + ϕ) avec A et ϕ réels.
• Cas où k = −ω2 < 0.
Les solutions sont les fonctions de la forme t 7−→ λ ch(ωt) + µ sh(ωt) avec λ, µ dans R.
• Cas où k = 0.
Les solutions sont les fonctions de la forme t 7−→ λt + µ avec λ, µ dans R.

3.2. Résolution de l’équation avec second membre

Proposition 13

Si y0 est une solution particulière de (E) alors


S = { y0 + y/ y ∈ SH }

Démonstration
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PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES3. ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE LINÉAIRE DU SECOND ORDRE À COEFFICIENTS CONS

Proposition 14. (Principe de superposition)

Si y0 est une solution de y ′′ + a y ′ + b y = f1 et z0 est une solution de y ′′ + a y ′ + b y = f2 , alors z0 + y0


est solution de y ′′ + a y ′ + b y = f1 + f2

Démonstration
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Résolution de l’équation avec second membre de la forme Pn (t)eαt avec Pn polynôme de degré n

Théorème 6

• 1er cas : si α n’est pas solution de l’équation caractéristique, on cherche une solution particu-
lière sous la forme :

y p (x) = eαx Q n (x) où Q n est un polynôme de degré n.

• 2 eme cas : si α est solution de l’équation caractéristique avec ∆ =


̸ 0 ,on cherche une solution
particulière sous la forme :

y p (x) = x eαx Q n (x) où Q n est un polynôme de degré n.

• 3 eme cas : si α est solution de l’équation caractéristique avec ∆ = 0, on cherche une solution
particulière sous la forme :

y p (x) = x 2 eαx Q n (x) où Q n est un polynôme de degré n.

Démonstration

Á titre d’exercice

Exercice 5

1) Résoudre les équations suivantes :


y ′′ − 3 y ′ + 2 y = x e x
y ′′ − 3 y ′ + 2 y = ch x
y ′′ − 2 y ′ + y = sh x.
2) Résoudre sur R l’équation y ′′ + 4 y ′ + 5 y = e−2x sin x

Corrigé
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PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES3. ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE LINÉAIRE DU SECOND ORDRE À COEFFICIENTS CONS

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3.3. Conditions initiales


Soit y ′′ + a y ′ + b y = f une équation différentielle avec f : I → K continue, (K = R ou C), pour tout
(t 0 , α, β) ∈ I × K × K, il existe une et une seul solution du problème de Cauchy
 ′′ ′
 y + ay + by = f
y(t 0 ) = α
y ′ (t 0 ) = β

Démonstration

À titre d’exercice

Exercice 6

Trouver la solution de  ′′ ′
 y + 2y + 2y = e
x

y(1) = 0
y ′ (1) = 2

Corrigé
Chapitre

8
Calcul matriciel

Dans ce chapitre on désigne par K le corps R ou C.

1. Ensembles de matrices

1.1. Définitions
Une matrice à n lignes et p colonnes à coefficients dans K est une suite A = (ai, j ) 1⩽i ⩽n d’éléments de K
1⩽ j ⩽ p
déclarée sous forme d’un tableau à double entrée où i designe l’indice des lignes et j celui des colonnes. On
écrit alors :  
a11 a12 · · · a1 j · · · a1p
 21 a22 · · · a2 j · · · a2p 
 a 
 . .. .. .. 
 .
 . . . . 

A=
 ai1 ai2 · · · ai j · · · aip 

 .. .. .. .. 
 
 . . . . 
an1 an2 · · · an j · · · anp
L’ensemble des matrices à n lignes et p colonnes à coefficients dans K,(on dit aussi de type (n, p)) se note
Mn,p (K).

Matrices particulières

Soit A = (ai, j ) 1⩽i ⩽n ∈ Mn,p (K)


1⩽ j ⩽ p
• On appelle :
▶ j eme vecteur colonne de A, l’élément (a1, j , a2, j , ..., an, j ) de Kn .
▶ i eme vecteur ligne de A, l’élément (ai,1 , ai,2 , ..., ai,p ) de K p .
 
a1
 a2 
• Si p = 1, on dit que A est une matrice colonne. On identifie une matrice colonne A =   avec
 
..
 . 
an
l’élément (a1 , a2 , . . . , an ) de Kn .
• Si n = 1, on dit A que est une matrice ligne.
• Matrice nulle : La matrice nulle A = (ai, j ) de Mn,p (K) est définie par :
∀(i, j) ∈ [[1, n]] × [[1, p]] , ai, j = 0
.
CALCUL MATRICIEL 1. ENSEMBLES DE MATRICES 96

• Matrices carrées : On appelle matrice carrée d’ordre n toute matrice de type (n, n).
On note Mn (K) l’ensemble des matrices carrées d’ordre n à coefficients dans K.
• Soit A(ai, j )1⩽i ⩽n une matrice carrée
1⩽ j ⩽n

▶ A est dite triangulaire supérieure si ∀i, j ∈ [[1, n]] , i > j =⇒ ai j = 0, c’est-à-dire si A est
de la forme :  
a11 a12 · · · a1p
 .. .. 
 0 . . 
A=  
.. . . . . .. 
 . . . . 
0 · · · 0 ann
▶ A est dite triangulaire inférieure si ∀i, j ∈ [[1, n]] , i < j =⇒ ai j = 0, c’est-à-dire si A est de
la forme :  
a11 0 · · · 0
.. 
 a21 . . . . . .

. 
A=  .

 .. .. 
. 0 
an1 · · · · · · ann
n
X
▶ La famille (a1,1 , a2,2 , . . . , an,n ) s’appelle diagonale de A et la quantité aii s’appelle trace
i=1
de A. On note tr(A).
▶ A est dite diagonale si ∀i, j ∈ [[1, n]] , i ̸= j =⇒ ai j = 0, c’est-à-dire si A est de la forme :

 
a11 0 ··· 0
 .. .. .. 
 0 . . . 
A=
 .

 .. .. .. 
. . 0 
0 ··· 0 ann
Cette matrice se note Diag(a11 , . . . , ann ).
▶ A est dite matrice scalaire si A est une matrice diagonale dont tous les éléments diagonaux
sont égaux.
La matrice scalaire Diag(1, . . . , 1) est dite matrice identité et notée I n .
 
1 0 ··· 0
0 1 · · · 0
In =  .
 
. . . .. 
. . .
0 0 ··· 1

1.2. Opérations sur les matrices

Addition des matrices

Soit A = (ai j ) et B = (bi j ) deux matrices de Mn,p (K) , on appelle Somme de A et B, la matrice A + B définie
par :
A + B = (ai j + bi j ) ∈ Mn,p (K)
CALCUL MATRICIEL 1. ENSEMBLES DE MATRICES 97

Exemple 1
     
1 0 −1 3 −1 −3 1 −7 0 −3 0 −4
 8 3 0 −6  +  3 −3 9 −3  =  11 0 9 −9 
4 8 −12 0 4 4 −1 2 8 12 −13 2

Multiplication d’une matrice par un scalaire

Soit A = (ai j ) une matrices de Mn,p (K) et λ ∈ K. On appelle produit de la matrice A par le scalaire λ la
matrice λA définit par :
λA = (λai j ) ∈ Mn,p (K)

Exemple 2
   
1 0 −1 3 2 0 −2 6
2.  8 3 0 −6  =  16 6 0 −12 
4 8 −12 0 8 16 −24 0

Matrices élémentaires de Mnp (K)

Définition 1

1 si i = j

• Symbole de Kronecker : est le nombre δi j = pour tout i, j ∈ N
0 si i ̸= j
• Pour deux indices i ∈ [[1, n]] et j ∈ [[1, p]], on définit la matrice élémentaire Ei j ∈ Mn,p (K) par :

j ème colonne

 
0 0 ··· 0 ··· 0
 .. .. .. .. 
 . . . . 
 
Ei j =  0 0 · · · 1 · · · 0 

 ← i
ème
ligne
 . . . .
 .. .. .. .. 

0 0 ··· 0 ··· 0
Tous les coefficients de la matrice Ei j sont nuls sauf celui qui se trouve à l’intersection de la ligne i
et de la colonne j qui vaut 1.
• Avec le symbole de Kronecker on a ∀(i, j) ∈ [[1, n]] × [[1, p]]

Ei, j = αl,k avec αl,k = δi,l δk, j

Proposition 1

Toute matrice de Mn,p (K) est combinaison linéaire de matrices élémentaires.

Démonstration
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CALCUL MATRICIEL 1. ENSEMBLES DE MATRICES 98
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Produit de matrices

Définition 2

Soient A ∈ Mn,m (K), soit B ∈ Mm,p (K), on appelle produit de A par B la matrice C = (ci, j ) 1⩽i ⩽n de
1⩽ j ⩽ p
Mn,p (K) notée A × B et définie par :
m
X
∀(i, j) ∈ [[1, n]] × [[1, p]] , ci j = [A × B]i j = aik bk j
k=1

Dans le calcul de ci j interviennent les coefficients de la i-ème ligne de A et les coefficients de la j-ème
colonne de B ce que l’on peut visualiser de la façon suivante :
 
 
 a11 · · · a12 b11 · · · b1 j ··· b1p
 ··· a1m   
   
 . .. ..
 ..
  
 . .. ..  . .
 ..
 
 . .  



   
 −−−−−−−−→  bk1 · · · bk j ··· bkp
   
 ai1 · · · aik ···
 
aim  multiplication  
   
 .. .. ..
   
  
 .. .. ..   . . . 
 . . . 
  
  
 
bm1 · · · bm j ··· bmp
an1 · · · ank ··· anm

m
X m
X m
X 
 a1k bk1 · · · a1k bk j ··· a1k bkp 
 k=1 k=1 k=1 
 
 
.. .. ..
 
. . .
 
 
 
 
 
 m m m
X X X 


 aik bk1 · · · aik bk j ··· aik bkp 

 k=1 k=1 k=1 
 
 
 
 .. .. .. 

 . . . 

 
 
 m m m
X X X 

ank bk1 · · · ank bk j ··· ank bkp
k=1 k=1 k=1

Remarque 35

Attention
à la condition d’existence de AB : nombre de colonnes de A = nombre de lignes de B.
CALCUL MATRICIEL 1. ENSEMBLES DE MATRICES 99

Exemple 3
 
  1 −1
1 −1 0
• ×  −1 1  = ...........................
4 −2 1
7 0
   
1 −1 0 1
•  4 −2 1  ×  1  = .............................
1 1 1 0
 
1

• 1 2 3  2  = ............
3
 
1

•  2  1 2 3 = ...............................
3

Remarque 36

▶ Contrairement à ce qui se passe pour la multiplication dans K, on peut avoir AB = 0n,p avec
A ̸= 0n,m et B ̸= 0m,p . Par exemple,
     
0 1 0 1 0 0
× =
0 0 0 0 0 0
▶ Si X est une matrice colonne, AX est une combinaison
  linéaire des colonnes de A;
x1
x 
  2
Si A = ai, j 1⩽i ⩽n = (C1 C2 · · · Cm ) et X =  .  alors
1⩽ j ⩽m  .. 
xm
m
X
AX = x j .C j
j=1

▶ La j-ème colonne de AB est le produit de A par la j-ème colonne de B ;


X m 
   
 a 1k b k j  a11 a12 · · · a1 j · · · a1m b1, j
 k=1
  21 a22 · · · · · · a2m
  a a2 j  b 
  2, j 
 m
X
  . .. .. ..   . 
  ..
a2k bk j    . 
. . .   . 
 
= ×

 k=1
  ai1 ai2 · · · · · · aim

 .. ai j   bi, j 
.   .. .. .. ..   .. 
     

X m   . . . .   . 
 
ank bk j an1 an2 · · · an j · · · anm bm, j
k=1

▶ La i-ème ligne de AB est le produit de la i-ème ligne de A par B.

‚ m
X m
X m
X
Œ
aik bk1 · · · aik bk j ··· aik bkp =
k=1 k=1 k=1
 
b1,1 · · · b1, j ··· b1,p
  . .. .. 
ai,1 · · · ai, j · · · ai,m ×  .. . . 
bm,1 · · · bm, j ··· bm,p
CALCUL MATRICIEL 1. ENSEMBLES DE MATRICES 100

1.3. Propriétés des opérations matricielles.


La non-commutativité du produit matriciel

1. Les produits AB et BA ne sont simultanément possibles que si A est de type (n, p) et B de type (p, n).
2. La matrice AB est alors carrée d’ordre n, tandis que BA est carrée d’ordre [Link] n =
̸ p, les matrices AB et
BA, de formats différents, sont évidemment distinctes !
3. Si A et B sont toutes deux carrées d’ordre n, alors AB et BA sont encore carrées d’ordre n, mais là
encore on a en général AB ̸= BA. Dans le cas contraire (très rare), on dit que les matrices carrées A et B
commutent.

Exemple 4
   
1 −1 0 1
Posons A = et B = on a :
2 1 1 −1
     
1 −1 0 1 −1 2
A× B = × =
2 1 1 −1 1 1
     
0 1 1 −1 2 1
B×A= × =
1 −1 2 1 −1 −2

AB ̸= BA

Propriétés du produit matricielle

Proposition 2

• Le produit matriciel est associatif :


Soit A dans Mn,p (K), soit B dans M p,q (K), et soit C dans Mq,r (K).
Alors, on a l’égalité A(BC) = (AB)C dans Mn,r (K).
Ainsi, le produit de trois matrices A, B et C pourra être noté ABC sans parenthèses.
• Le produit matriciel est distributif par rapport à l’addition :
∀(A, B, C) ∈ Mn,p (K) × M p,q (K) × M p,q (K), A(B + C) = AB + AC;
et
∀(A, B, C) ∈ Mn,p (K) × Mn,p (K) × M p,q (K); (A + B)C = AC + BC.
• ∀(A, B) ∈ Mn,p (K) × M p,q (K), ∀λ ∈ K,
λ(A × B) = (λA) × B = A × (λB).
• Pour toute matrice A = (ai, j ) de Mn,p (K), on a :
I n × A = A et A × I p = A;
0n × A = 0n,p et A × 0 p = 0n,p

Démonstration

Montrons l’associativité du produit matriciel (les autres points se démontrent de la même façon). Soient
A = (ai, j ) 1⩽i ⩽n , B = (bi, j )1⩽i ⩽ p et C = (ci, j )1⩽i ⩽q des matrices. Alors A × (B × C); (A × B) × C ∈ Mn,r (K), et
1⩽ j ⩽ p 1⩽ j ⩽q 1⩽ j ⩽ r
pour tout (i, l) ∈ [[1, n]] × [[1, r]], on a :
Xp p
X q
X p X
X q
[A × (B × C)]i,l = ai, j [B × C] j,l = ai, j b j,k ck,l = ai, j b j,k ck,l
j=1 j=1 k=1 j=1 k=1
CALCUL MATRICIEL 1. ENSEMBLES DE MATRICES 101

et
q
X q X
X p p X
X q
[(A × B) × C]i,l = [A × B]i,k ck,l = ai, j b j,k ck,l = ai, j b j,k ck,l
k=1 k=1 j=1 j=1 k=1
Donc (AB)C = A(BC).

Exercice 1

Soit Ei j une matrices élémentaires de Mn,p (K) et Elk une matrices élémentaires de M p,q (K). Calculer
le produit Ei j El k .

Corrigé
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.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................

1.4. Transposition
1. La transposée de A ∈ Mn,p (K) est la matrice notée tA possédant p lignes et n colonnes, dont l’élément
générique bi j vaut a ji . On a évidemment :

▶ t tA = A,
▶ A est triangulaire supérieure si, et seulement si, tA est triangulaire inférieure.
2. Une matrice carrée A est :
▶ symétrique si tA = A,
▶ antisymétrique si tA = −A, où −A est la matrice obtenue en multipliant par −1 tous les coefficients
de A.

Exemple 5
 
1 0
1. A = 0
 −2 sa transposée est t A = ....................
1 3
 
1 2 3
2. A = 4 5 6 sa transposée est t A = ..................
7 8 9
 
1 −1
3. Soit A = ,on a t A = A donc A est symétrique
−1 2
 
0 1
4. Soit A = ,on a t A = −A donc A est antisymétrique
−1 0
CALCUL MATRICIEL 2. OPÉRATIONS ÉLÉMENTAIRES SUR LES MATRICES 102

Proposition 3

• Si A, B ∈ Mn,p (K) et λ, µ ∈ K alors t (λA + µB) = λ tA + µ tB


• Étant données A ∈ Mn,p (K) et B ∈ M p,q (K), on a :
t
AB = t B tA

Démonstration
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.............................................................................................................
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.............................................................................................................

2. Opérations élémentaires sur les matrices

2.1. Matrices élémentaires


CALCUL MATRICIEL 2. OPÉRATIONS ÉLÉMENTAIRES SUR LES MATRICES 103

Matrices de transvection
Définition 3

On appelle matrice de transvection toute matrice carrée de la forme :


i ème j ème
↓ ↓
 
1 0 ··· ··· 0

 0 1 ··· ··· 0  
 .. .. .. 

 . . . 
 0 1 0 ··· 0 λ 0 
i ème ligne
 
0 1 0 0  ←−
 


Ti j (λ) =  .. .. .. 
 . . . 

0 1 0 0 
 

 
 0 1 0  ←− j ème ligne
 
 .. 
 . 
 
 0 1 0 
0 0 1

Ti j (λ) = I n + λEi j .
avec 1 ⩽ i ̸= j ⩽ n et λ ∈ K

Matrices de dilatation
Définition 4

On appelle matrice de dilatation toute matrice carrée de la forme :


i ème colonne

 
1 0 ··· 0

 0 1 ··· 

 .. .. 

 . . 

1
 
Di (λ) = 
 
λ  ←− i ème ligne


 
 1 
 
 .. 
 . 
0 0 1

Di (λ) = I n + (λ − 1)Eii .
avec 1 ⩽ i ⩽ n et λ ∈ K

Matrices de transposition
Définition 5

On appelle matrice de permutation ,d’échange, ou de transposition toute matrice carrée de la forme :


i ème j ème
↓ ↓
CALCUL MATRICIEL 2. OPÉRATIONS ÉLÉMENTAIRES SUR LES MATRICES 104
 
1
 .. 

 . 


 1 

0 ··· ··· ··· 1
 
 
 .. .. 
 ←− i ème ligne
. 1 .

 

Pi j (λ) =  .. .. .. 
 . . .


 .. . 
. 1 ..
 
 
1 ··· ··· ··· 0  ←− j ème ligne
 

 

 1 

 .. 
 . 
1
Pi j = I n − (Eii + E j j ) + (Ei j + E ji )
avec 1 ⩽ i ̸= j ⩽ n

Exemple 6

Pour n = 2, on a :
1 λ
     
1 0 0 1
D2 (λ) = ; P1,2 = ; T1,2 (λ) = .
0 λ 1 0 0 1

2.2. Opérations élémentaires


Dans la suite nous emploierons le terme ligne (respectivement colonne) pour désigne une ligne d’une matrice
que l’on numérote de la ligne 1 à n du haut vers le bas (respectivement pour désigne une colonne d’une
matrice que l’on numérote de la colonne 1 à p de la gauche vers la droite).

• Ajouter à une ligne un multiple d’une autre .


Pour un scalaire λ ∈ K si ,i ̸= j on indiquera L i ← L i + λL j pour signaler que l’on a modifier la ligne
i en lui ajoutant la ligne j multipliée par λ.
• Multiplication d’une ligne par un scalaire non nul.
Pour un scalaire non nul µ ∈ K∗ , on indiquera L i ← µL i pour signaler que l’on a modifier la ligne i
en la multipliant par µ.
• Échange de deux lignes .
on indiquera L i ↔ L j pour signaler que l’on a échangé les lignes i et j.

• Ajouter à une colonne un multiple d’une autre .


Pour un scalaire λ ∈ K si ,i ̸= j on indiquera Ci ← Ci + λC j pour signaler que l’on a modifier la
colonne i en lui ajoutant la colonne j multipliée par λ.
• Multiplication d’une colonne par un scalaire non nul.
Pour un scalaire non nul µ ∈ K∗ , on indiquera Ci ← µCi pour signaler que l’on a modifier la colonne
i en la multipliant par µ.
• Échange de deux colonnes .
on indiquera Ci ↔ C j pour signaler que l’on a échangé les colonnes i et j.
CALCUL MATRICIEL 2. OPÉRATIONS ÉLÉMENTAIRES SUR LES MATRICES 105

Remarque 37

Si A′ est déduite de A par une opération élémentaire, alors A peut se déduire de A′ par une opération
élémentaire. Par exemple,on a les transformations suivantes.

Passage de A à A′ Passage de A′ à A
L i ←− L i + λL j L i ←− L i − λL j
L i ←− λL i L i ←− λ−1 L i
L i ←→ L j L i ←→ L j
Ci ←− Ci + λC j Ci ←− Ci − λC j
Ci ←− λCi Ci ←− λ−1 Ci
Ci ←→ C j Ci ←→ C j

Définition 6

Deux matrices A et A′ sont dites équivalentes par lignes (respecivement équivalentes par colonnes)
si elles se déduisent l’une de l’autre par une suite finie d’opérations élémentaires sur les lignes (respec-
tivement sur les colonnes).On note A ∼ L A′ (respectivement A ∼C A′ )

2.3. Traduction en terme de produit matriciel


Interprétation matricielle des opérations élémentaires sur les lignes

Proposition 4

En écriture matricielle,le passage de A à B par chaque opération élémentaire sur les lignes revient à
multiplier la matrice A à gauche par une matrice carée particukière P d’ordre n.
• Echange de deux lignes Li ←→ Lj :revient à multiplier à gauche la matrice A par la matrice
de permutation P = Pi j
• Multiplication d’une ligne par un scalaire Li ←− λLi : revient à multiplier à gauche la
matrice A par la matrice de dilatation P = Di (λ)
• Addition d’un multiple d’une ligne à une autre Li ←− Li + λLj : revient à multiplier à gauche
la matrice A par la matrice de transvection P = Ti j (λ)

Démonstration

On montre le troisième point,les deux premiers points se gère de la même façon.


Rappelons que la i-éme ligne du produit matriciel P.Q est le produit de la i-éme ligne de P par Q .
Fixons i, j de [[1, n]] tel que i ̸= j λ un scalaire ,A une matrice de Mn (K) et B est la matrice obtenue en appliquant
l’opération L i ←− L i + λL j à la matrice A. Montrons enfin que B = Ti, j (λ)A.
 
A1
 A2 
Notons Ak les lignes de la matrice A,donc A peut s’écrit A= . 
 
 .. 
An
CALCUL MATRICIEL 2. OPÉRATIONS ÉLÉMENTAIRES SUR LES MATRICES 106

• La i-éme ligne de Ti, j (λ)A est


 
A1
( 0 ··· 1 ··· λ ··· 0 ) 
 A2 

[Ti, j (λ)A]i = ↑ ↑ .
i j  .. 
An
= Ai + λA j
= Bi
• Pour tout k ̸= i la k-éme ligne de Ti, j (λ)A est
 
A1
( 0 ··· 1 ··· 0 ) 
 A2 

[Ti, j (λ)A]k = ↑ .
k  .. 
An
= Ak
= Bk
• Les lignes de la matrice Ti, j (λ)A coïncident avec celles de B donc
B = Ti, j (λ)A

Remarque 38

Dans chacun des cas, la matrice P se déduit de la matrice I n par la même opération élémentaire que
celle qui permet de passer de A à B ;

Exemple 7
 
−2 1 −1
On considère la matrice A =  1 1 2 . Par opérations élémentaires sur les lignes appliquées à
3 −2 1
A on a.

 
−2 1 −1
L ←→ L2
1 1 2 1
revient à multiplier à gauche parP1,2
3 −2 1
2  L2 ←− L2 + 2L1
 
1 1
−2 1 −1 L3 ←− L3 − 3L1
3 −2 1 revient à multiplier à gauche parT3,1 (−3)etT2,1 (2)

 
1 1 2
0 3 3
0 −5 −5
L2 ←− 13 L2
revient à multiplier à gauche parD2 31

 
1 1 2  L1 ←− L1 − L2
0 1 1 L3 ←− L3 + 5L2
0 −5 −5 revient à multiplier à gauche parT3,2 (5)etT1,2 (−1)

 
1 0 1
0 1 1
0 0 0
CALCUL MATRICIEL 3. SYSTÈMES LINÉAIRES 107
 
1 0 1
Ainsi,la matrice E = 0 1 1 vérifie E = PA, avec :
0 0 0
1
 ‹
P = T3,2 (5) × T1,2 (−1) × D2 × T3,1 (−3) × T2,1 (2) × P1,2
3

Interprétation matricielle des opérations élémentaires sur les colonnes

Proposition 5

Le passage de A à B par chaque opération élémentaire sur les colonnes revient à multiplier la matrice
A à droite par une matrice carée d’ordre p particulière.
• Échange de deux colonnes Ci ←→ Cj :revient à multiplier à droite la matrice A par la matrice
de permutation Pi j
• Multiplication d’une colonne par un scalaire Ci ←− λCi : revient à multiplier à droite la
matrice A par la matrice de dilatation Q = Di (λ)
• Addition d’un multiple d’une colonne à une autre Ci ←− Ci + λCj : revient à multiplier à
droite la matrice A par la matrice de transvection Q = T ji (λ)

3. Systèmes linéaires

3.1. Écriture matricielle d’un système linéaire


On appelle système linéaire de n équations à p inconnues un système de la forme
a1l x 1 + a12 x 2 + · · · + a1p x p = b1 (E1 )



 a21 x 1 + a22 x 2 + · · · + a2p x p = b2 (E2 )

(S) .. .. .. ..


 . . . .
an1 x 1 + an2 x 2 + · · · + anp x p = bn (En )

où les inconnues sont x 1 , ...., x p , des éléments de K, et où les (ai, j ) 1⩽i ⩽n sont des scalaires fixés.
1⩽ j ⩽ p

▶ Les ai, j sont appelés les coefficients du système.


▶ (b1 , ....., bn ) est appelé le second membre du système (S).
▶ Le système (S0 ) obtenu en remplaçant le second membre par (0, ...., 0) est appelé système homogène
associé à (S)
▶ On appelle solution du système toute p-liste (x 1 , x 2 , ..., x p ) ∈ K p vérifiant les n équations de (S).
▶ On dit que le système (S) est incompatible s’il ne possède pas de solution. Sinon, il est dit compatible.
▶ Deux systèmes sont équivalents s’ils ont mêmes ensemble de solutions.
▶ La matrice du système est par définition la matrice des coefficients du premier membre, c’est-à-dire
 
a11 a12 · · · a1 j · · · a1p
 21 a22 · · · a2 j · · · a2p 
 a 
 . .. .. .. 
 .
 . . . . 

A=
 ai1 ai2 · · · ai j · · · aip 

 .. .. .. .. 
 
 . . . . 
an1 an2 · · · an j · · · anp
CALCUL MATRICIEL 3. SYSTÈMES LINÉAIRES 108
   
x1 b1
 x2   b2 
▶ Posons X =   et B =   . Alors le système s’écrit simplement
   
.. ..
 .   . 
xp bn
AX = B.
Il s’agit donc d’écriture matricielle du système (S)
▶ L’écriture matricielle du système homogène associé est
AX = 0n,1
où 0n,1 est la matrice colonne nulle de type (n, 1).

Remarque 39

Un système homogène est toujours compatible puisqu’il possède toujours (0, ...., 0) comme solution.

Proposition 6

L’ensemble des solutions d’un système homogène :(S0 ) AX = 0n,1 est stable par combinaisons linéaires.
Autrement dit si X 1 , X 2 ∈ M p,1 (K) deux solutions de S0 et λ, µ ∈ K deux scalaires alors λX 1 + µX 2 est
encore solution de S0 .

Démonstration
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.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
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Proposition 7

Le système AX = B est compatible si, et seulement si, B est combinaison linéaire des colonnes de A.

Démonstration
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.............................................................................................................
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.............................................................................................................

Proposition 8

Les solutions du système compatible AX = B sont les X 0 + Y , où X 0 est une solution particulière et où
Y parcourt l’ensemble des solutions du système homogène associé.
CALCUL MATRICIEL 3. SYSTÈMES LINÉAIRES 109

Démonstration
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3.2. Opérations élémentaires sur les lignes d’un système linéaire

Proposition 9

Toute opération élémentaire transforme un système en un système qui est lui équivalent.

La méthode du pivot de Gauss


Nous donnons donc un algorithme qui permet de résoudre tous les systèmes linéaires, en utilisant le principe
suivant : puisque les opérations élémentaires ne changent pas l’ensemble des solutions d’un système,
essayons de bien choisir nos opérations de manière à nous ramener à des systèmes plus simples à résoudre
(et si possible à des systèmes triangulaires).
Considérons donc un système linéaire

a11 x 1 + a12 x 2 + · · · + a1p x p = b1





 a21 x 1 + a22 x 2 + · · · + a2p x p = b2

(S) .. .. .. ..


 . . . .
an1 x 1 + an2 x 2 + · · · + anp x p = bn

• Si tous les coefficients ai,1 devant x 1 sont nuls, alors x 1 n’apparaît dans aucune équation. Donc sa valeur
n’a aucune importance. On résout donc le système (S ′ ) qui est le même que (S), mais vu en tant que
système des p − 1 inconnues x 2 , ...., x p .
• Si l’un des ai,1 est non nul, quitte à échanger deux lignes, on suppose qu’il s’agit de a1,1 . Le coefficient
ai,1 que l’on choisit de mettre sur la première ligne est appelé pivot.
ai,1
Pour tout i ∈ [[2, n]], réalisons l’opération L i ←− L i − L1 (ou ce qui est équivalent, l’opération
a1,1
L i ←− a1,1 L i − ai,1 L1 ), ce qui ne change pas l’ensemble des solutions, et a pour effet de faire disparaître
les termes en x 1 de toutes les équations suivant la première.
Le système (S) e obtenu est alors de la forme

a11 x 1 + a12 x 2 + · · · + a1p x p =



 b1

+ a
b22 x 2 + · · · + a
e2p x p = eb2


(S)
e .. .. ..


 . . .
+ a
en2 x 2 + · · · + a = bn

enp x p e
• Considérons le système

+ ··· + a = eb2


 a
b22 x 2 e2p x p
.. .. ..
 . . .
en2 x 2 + · · · + a = ebn

a enp x p
On résout alors ce système suivant la même méthode, et alors, à toute solution (x 2 , ...., x p ) de ce système
correspond une unique solution (x 1 , ..., x p ) de (S)
e (et donc de (S)). Pour l’obtenir, il suffit de réinjecter
CALCUL MATRICIEL 4. ENSEMBLE Mn (K) DES MATRICES CARRÉES 110

les valeurs de x 2 , ...., x p dans l’équation a11 x 1 + a12 x 2 + · · · + a1p x p = b1 afin de déterminer la valeur de
x 1 correspondante.
À chaque étape, nous sommes ramenés à la résolution d’un système qui comporte une équation de moins,
ce qui finira toujours par aboutir à une seule équation.
Il s’agit donc de savoir résoudre les systèmes formé d’une seule équation .

4. Ensemble Mn (K) des matrices carrées

4.1. Puissances d’une matrice carrée

Définition 7

Pour tout entier k ∈ N et pour toute matrice A ∈ Mn (K), on appelle puissance k-iéme de A la matrice,
notée Ak , définie par :
• Si k = 0, A0 = I n .
• Si k = 1, A1 = A.
• Si k ⩾ 2, Ak = A | × {z
... × A
}
kfois

Remarque 40

On a pour toute matrice A ∈ Mn (K) et tout k ∈ N, A × Ak = Ak × A. Ainsi A commute avec toutes les
puissances de A. Elle commute en particulier avec tout polynôme en A (i.e. toute combinaison linéaire
de puissances de A).
Xq
Si P = λk X k un polynôme de K[X ] et A ∈ Mn (K) alors A × P(A) = P(A) × A où
k=0
q
X
P(A) = λk Ak = λ0 I n + λ1 A + λ2 A2 + ... + λq Aq
k=0

Exemple 8

Considérons la matrice A ∈ M3 (K) définie par :


 
1 1 1
A = 1 1 1
1 1 1
Calculer, pour tout entier naturel k, la matrice Ak .
Démonstration
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........................................................................................................
........................................................................................................
........................................................................................................
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........................................................................................................
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Formule du binôme de Newton


CALCUL MATRICIEL 4. ENSEMBLE Mn (K) DES MATRICES CARRÉES 111

Proposition 10

Soit A et B deux matrices de Mn (K). On suppose que A et B commutent.


Alors, pour tout entier naturel p, on a :
p  ‹ p  ‹
X p k p−k X p p−k k
(A + B) p = A B = A B .
k=0
k k=0
k

Démonstration

La deuxième somme est obtenue en effectuant dans la première somme le changement d’indice k ←− p −
k,maintenant on montre la première égalité par récurrence :
p  ‹
0 0 0−0
 ‹
X p k p−k
• Pour p = 0 ; on a(A + B) p = I n et A B = A B = I n ,donc l’égalité est vraie pour p = 0
k=0
k 0
• On fixe p ∈ N ,supposons que l’égalité est vraie pour p,on a
p  ‹
X p k p−k
(A + B) p+1 = (A + B) × (A + B) p = (A + B) × A B
k=0
k
p  ‹ p  ‹
X p k+1 p−k X p
= A B + B × Ak B p−k
k=0
k k=0
k
p  ‹ p  ‹
X p k+1 p−k X p k p+1−k
(car AB = BA) = A B + A B
k=0
k k=0
k
| {z }
avec le changement k←−k+1
p+1  ‹ p  ‹
X p X p k p+1−k
= Ak B p+1−k + A B
k=1
k − 1 k=0
k
p  ‹  ‹‹
X p p
= Ap+1 + + Ak B p+1−k + B p+1
k=1
k − 1 k
p 
p + 1 k p+1−k
X ‹
Par la formule de Pascal = Ap+1
+ A B + B p+1
k=1
k
p+1 
p + 1 k p+1−k
X ‹
= A B
k=0
k

Matrices diviseurs de zéro

Définition 8

Soit A une matrice de Mn (K).


On dit que A est un diviseur de zéro s’il existe une matrice B non nulle dans Mn (K) telle que AB = 0
ou BA = 0.

Exemples de diviseurs de zéro et de matrices nilpotentes


     
0 1 0 0 0 0 1 0 0 0 0 1
0 0 1 0 0 0 0 1
 3 0 0 0 0
 
Si J = 
0 0 0 1 alors J = 0 0 0 0 ,J = 0 0 0 0,et J = 0 pour tout p ⩾ 4
 2  p

0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
On exprime cette propriété en disant que J est nilpotente, et que son indice de nilpotence est 4.
CALCUL MATRICIEL 4. ENSEMBLE Mn (K) DES MATRICES CARRÉES 112

Définition 9

Soit A une matrice de Mn (K).


On dit que la matrice A est nilpotente s’il existe un entier p ⩾ 1 tel que Ap = 0.
Le plus petit entier p ⩾ 1 tel que Ap = 0 est appelé indice de nilpotence de A.

Avec cette définition, on convient que la matrice nulle est nilpotente d’indice 1.

Proposition 11. (Admis)

Soit A une matrice nilpotente de Mn (K).


Alors l’indice de nilpotence de A est inférieur ou égal à n. On est donc certain que An = 0.

Remarque 41

Par la contraposée : si A est dans Mn (K) et si An ̸= 0, il est certain que A n’est pas nilpotente .

Proposition 12

Soit A une matrice de Mn (K).


Si A est nilpotente, alors A est un diviseur de zéro. La réciproque est fausse.

Démonstration

• Bien sûr si A est nilpotente d’indice p ⩾ 1, il suffit d’écrire 0 = Ap = AAp−1 (avec Ap−1 ̸= 0) pour réaliser
que A est un diviseur de zéro.
 
1 1
• La matrice A = est un diviseur de zéro mais elle n’est pas nilpotente.
1 1

Calcul des puissances d’une matrice carrée

Exemple 9
   
1 1 0 0 0 1 0 0
0 1 1 0
 0 0 1 0
1. Soit A = 
0 . La matrice A s’écrit A = I4 + T avec T =  .
0 1 1 0 0 0 1
0 0 0 1 0 0 0 0
   
0 0 1 0 0 0 0 1
0 0 0 1
 3 0 0 0 0
 
On a facilement : T 2 = 
0 0 0 0 , T = 0 0 0 0 puis T = 0 si
k
k ⩾ 4.

0 0 0 0 0 0 0 0
 
p(p−1) p(p−1)(p−2)
1 p 2 6
p(p − 1) p(p − 1)(p − 2)
 p(p−1) 
0 1 p
On en déduit : Ap = I4 + pT + T2 + T3 =  2
 

2 6 0 0 1 p 
0 0 0 1
   
2 1 1 1 1 1 1 1
1 2 1 1 1 1 1 1
2. La matrice A = 
1 1 2 1 s’écrit A = I4 + J avec J = 1 1 1 1.
  

1 1 1 2 1 1 1 1
On trouve facilement J = 4J, donc J = 4 J pour k ⩾ 1 (mais attention, c’est faux si k = 0).
2 k k−1
CALCUL MATRICIEL 4. ENSEMBLE Mn (K) DES MATRICES CARRÉES 113

On obtient finalement (bien vérifier toutes les étapes du calcul) :


5 +3
 p
5p − 1 5p − 1 5p − 1

p  ‹ ‚ p  ‹ Œ
X p k 1 X p k p
5 −1 1 5p − 1
 5p + 3 5p − 1 5 p − 1
Ap = J = I4 + 4 J = I4 + J=  
k 4 k=1 k 4 4 5 p − 1 5p − 1 5p + 3 5 p − 1
k=0
5p − 1 5p − 1 5p − 1 5p + 3

4.2. Produits de matrices triangulaires,produits par blocs

Proposition 13

Soit A et B deux matrices de Mn (K).


On suppose que A et B sont diagonales (resp. triangulaires supérieures, triangulaires inférieures).
Alors C = AB est encore diagonale (resp. triangulaire supérieure, triangulaire inférieure).
De plus les coefficients diagonaux cii de C vérifient cii = aii bii .
     
a1,1 ··· b1,1 ··· a1,1 b1,1 ···
..   ..   ..
a2,2 (∗) b2,2 (∗) a2,2 b2,2 (∗)
 

 0 .  
× 0 .  
= 0 . 

 .. .. ..   .. .. ..   .. .. .. 
 . . .   . . .   . . . 
0 ··· 0 an,n 0 ··· 0 bn,n 0 ··· 0 bn,n an,n

Démonstration

Montrons cette proposition lorsque A = (ai, j ) et B = (bi, j ) sont triangulaires supérieures,le cas des matrices
triangulaires inférieures se gère de la même de façon.
Pour 1 ⩽ j < i ⩽ n, on a ai, j = bi, j = [Link] :
n
X i−1
X n
X
ci, j = ai,k bk, j = ai,k bk, j + ai,k bk, j
k=1 k=1 k=i
i−1
X n
X
= 0 × bk, j + ai,k × 0 = 0
k=1 k=i
car pour la deuxième somme k ⩾ i > j et donc bk, j = 0. Donc C = A × B est bien triangulaire supérieure.
De plus, pour tout 1 ⩽ i ⩽ n,
n
X i−1
X n
X
ci,i = ai,k bk,i = ai,k bk,i + ai,i bi,i + ai,k bk,i
k=1 k=1 k=i+1
i−1
X n
X
= 0 × bk, j + ai,i bi,i + ai,k × 0 = ai,i bi,i .
k=1 k=i+1
Enfin, puisqu’une matrice est diagonale si et seulement si elle est triangulaire supérieure et inférieure,
le résultat en découle directement pour les matrices diagonales.
CALCUL MATRICIEL 4. ENSEMBLE Mn (K) DES MATRICES CARRÉES 114

Proposition 14

Soient A, A′ , B, B ′ , C, C ′ , D, D′ des matrices à coefficients dans K dont les tailles sont comme ci-dessous.
Alors
q q′ r r′ r r′
↔ ↔! ‚↔ ↔Œ ‚ ↔ ↔ Œ
p↕ A B A′ B′
=

AA + BC ′ ′
AB + BD ′

p′ ↕ C D C′ D′ CA′ + DC ′ C B ′ + DD′

 
A B
Il faut bien comprendre dans cette définition, que la matrice ne désigne pas une matrice dont
C D
les coefficients seraient eux-mêmes des matrices, mais bien une matrice à coefficients dans K, de taille
(p + p′ , q + q′ ), dont les coefficients sont :

• ceux de A si le numéro de ligne est entre 1 et p et le numéro de colonne entre 1 et q.


• ceux de B si le numéro de ligne est entre 1 et p et le numéro de colonne entre q + 1 et q + q′ .
• etc...

La formule affirme alors que le produit se fait comme si on faisait un produit de matrices 2 × 2.
Démonstration
   ′
A B′

A B
Notons M = ∈ M p+p′ ,q+q′ (K) et M =′
∈ Mq+q′ ,r+r ′ (K)
C D C ′ D′
La preuve est plus fastidieuse à écrire qu’à comprendre. Pour bien la comprendre, faites le produit avec vos
mains : le coefficient situé, par exemple, à la première ligne et première colonne de M M ′ : vous allez faire les
produits des coefficients de la première ligne de M par ceux de la première colonne de M ′ . Et les q premiers
coefficients de la première ligne de M sont ceux de la première ligne de A, pendant que les q premiers coefficients
de la première colonne de M ′ sont ceux de la première colonne de A′ . Donc on commence en fait par calculer le
coefficient (1, 1) de AA′ . Puis, les q′ coefficients suivants de la première ligne de M sont ceux de la première
ligne de B, et les q′ coefficients suivants de la première colonne de M ′ sont ceux de la première colonne de C ′ .
Donc nous sommes en train de calculer le coefficient (1, 1) de BC ′ . Et donc au final,

[M M ′ ]1,1 = [AA′ ]1,1 + [BC ′ ]1,1 .


Plus généralement, notons que les coefficients de M et M ′ sont donnés par :

[A]i, j


 si 1 ⩽ i ⩽ p et 1 ⩽ j ⩽ q
[B]

si 1 ⩽ i ⩽ p et q + 1 ⩽ j ⩽ q + q′
i, j−q
[M ]i, j =

[C]i−p, j si p + 1 ⩽ i ⩽ p + p′ et 1 ⩽ j ⩽ q

[D]i−p, j−q si p + 1 ⩽ i ⩽ p + p′ et q + 1 ⩽ j ⩽ q + q′

et

[A ]i, j
 ′
 si 1 ⩽ i ⩽ q et 1 ⩽ j ⩽ r
[B ′ ]

si 1 ⩽ i ⩽ q et r + 1 ⩽ j ⩽ r + r ′
i, j−r
[M ′ ]i, j =

[C ′ ]i−q, j si q + 1 ⩽ i ⩽ q + q′ et 1 ⩽ j ⩽ r

[D ]i−q, j−r si q + 1 ⩽ i ⩽ q + q′ et r + 1 ⩽ j ⩽ r + r ′
 ′

Il y a alors 4 cas à distinguer lors du calcul du coefficient (i, j) de M M ′ , suivant qu’on se trouve dans le bloc
en haut à gauche, en haut à droite, etc. de M M ′ . Je ne traite q’un cas (Celui du bloc supérieur gauche., celui où
1 ⩽ i ⩽ p et 1 ⩽ j ⩽ r, les autres sont identiques. Soit donc (i, j) ∈ ⟦1, p⟧ × ⟦1, r⟧. Alors,
CALCUL MATRICIEL 5. MATRICES CARRÉES INVERSIBLES 115


q+q
X
[M M ]i, j

= [M ]i,k [M ′ ]k, j
k=1

q
X q+q
X
= [A]i,k [A′ ]k, j + [B]i,k−q [C ′ ]k−q, j
k=1 k=q+1

q
X
= [AA′ ]i, j + [B]i,ℓ [C ′ ]ℓ, j
ℓ=1
= [AA′ ]i, j + [BC ′ ]i, j = [AA′ + BC ′ ]i, j .
Ce qui est bien le résultat annoncé.

5. Matrices carrées inversibles

5.1. Définitions et exemples

Définition 10

1. Une matrice A ∈ Mn (K) est inversible s’il existe une matrice B vérifiant :
AB = BA = I n .
2. On désigne par G L n (K) l’ensemble des éléments inversibles de Mn (K),appelé groupe linéaire.

Remarque 42

1. Une matrice B vérifiant la relation ci-dessus est [Link] effet, si B1 et B2 satisfont toutes deux
ces égalités, alors : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
................................................................................................
Elle s’appelle inverse de A et se note A−1 .
2. Si A est inversible, alors : AC = AD =⇒ .......................................................
................................................................................................
Et de même, CA = DA =⇒ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
................................................................................................
3. Si A est inversible, alors A−1 est ...............................................................
................................................................................................

Exemple 10

• I n est inversible, et I n−1 = I n


• La matrice diagonale D = diag(λ1 , ..., λn ) est Š si et seulement si λi ̸= 0 pour tout 1 ⩽ i ⩽ n.
€ inversible
−1 1 1
Et dans ce cas, son inverse est D = diag λ , ...., λ . En effet,
1 n

................................................................................................
................................................................................................
................................................................................................
................................................................................................
................................................................................................
• Les matrices d’opérations élémentaires sont inversibles, et on a pour tout 1 ⩽ i, j ⩽ n et λ ∈ K, µ ∈
K∗ :
1
 ‹
−1
Di (µ) = Di ; Pi,−1
j = Pi, j ; Ti, j (λ)−1 = Ti, j (−λ).
µ
CALCUL MATRICIEL 5. MATRICES CARRÉES INVERSIBLES 116
 
2 1 1
• Soit A = 1 2 1. On vérifiera que A2 = 5A − 4I3 . En particulier, on a :
1 1 2
5 1 2 5 1 5 1
 ‹  ‹
I3 = A − A = A × In − A = I n − A × A.
4 4 4 4 4 4
 
3/4 −1/4 −1/4
−1 5 1
Ainsi, A est inversible et A = 4 I n − 4 A = −1/4 3/4 −1/4.

−1/4 −1/4 3/4

Remarque 43

Pour une matrice carrée de type (2, 2) quelconque, on vérifiera la relation suivante :
   
a b a b
= (a + d) − (ad − bc)I2 .
c d c d
En procédant comme précédemment, on déduit de cette relation la proposition suivante

Proposition 15
 
a b
La matrice A = est inversible si et seulement si ad − bc ̸= 0. Et dans ce cas, son inverse est :
c d
 
−1 1 d −b
A =
ad − bc −c a
Le scalaire ad − bc s’appelle le déterminant de A et se note det(A).

Démonstration

exercice

Proposition 16. (produit,transposée de matrices inversibles.)

• Si A et B sont inversibles, alors AB est inversible et (AB)−1 = B −1 A−1 (l’ordre est important !). ;
t −1 t
= (A−1 ).
t

• Si A est inversible si,et seulement si A est inversible et l’on a en cas de l’inversibilité A

Remarque 44

L’ensemble GLn (K) est donc stable pour le produit matriciel (mais pas pour la somme !).

Démonstration
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
CALCUL MATRICIEL 5. MATRICES CARRÉES INVERSIBLES 117
.............................................................................................................

Corollaire 1

Réaliser des opérations élémentaires sur les lignes ou/et sur les colonnes d’une matrice ne change pas
son inversibilité

5.2. Caractérisation des matrices inversibles

Théorème 1

Pour A ∈ Mn (K). Alors A est inversible si et seulement si


∀X ∈ Mn,1 (K), AX = 0n,1 =⇒ X = 0n,1 .

Démonstration

• Notons qu’un sens est évident : si A ∈ Mn (K) est inversible, en multipliant à gauche par A−1 alors
AX = 0n,1 =⇒ X = A−1 0n,1 = 0n,1 .
• Pour l’implication réciproque procédons par récurrence sur la taille de la matrice, et pour n ∈ N∗ , notons
P (n) la proposition :

∀A ∈ Mn (K), si ∀X ∈ Mn,1 (K), AX = 0n,1 ⇒ X = 0n,1 alors A est inversible .


Il est clair que P (1) est vraie : pour A = (a) ∈ M1 (K), A est inversible si et seulement si a ̸= 0. Et alors
pour X = (x) ∈ M1,1 (K), AX = 01,1 ⇐⇒ ax = 0 ⇐⇒ x = 0 ⇐⇒ X = 01,1 .
 
1
0
Supposons donc P (n) vraie, soit A ∈ Mn+1 (K),et notons E1 =  .  ∈ Mn+1,1 (K).
 
 .. 
0
Supposons donc que ∀X ∈ Mn+1,1 (K), AX = 0n+1,1 ⇒ X = 0n+1,1 . Alors la première colonne de A ne peut
être nulle, faute de quoi AE1 = 0n+1,1 , et donc vu l’hypothèse faite sur A, E1 = 0n+1,1 , ce qui est absurde.
Soit donc i0 ∈ {1, . . . , n + 1} tel que ai0 ,1 ̸= 0. Alors la suite d’opérations

L1 ← ai0 ,1 L1 − a1,1 L i0 , . . . , L n+1 ← ai0 ,1 L n+1 − an+1,1 L i0 ,


ET
1
L i ←→ L1
ai0 ,1 0
transforme la première colonne de A en
 
1
0
..
 
 .. 
0
Il existe donc une matrice inversible P correspondant à cette suite d’opérations élémentaires, telle que
 
1 L
PA = ,
0n,1 B
avec L ∈ M1,n (K) et B ∈ Mn (K).
Soit Y ∈ Mn,1 (K) tel que BY = 0n,1 . Alors LY est une matrice 1 × 1, c’est-à-dire un élément de K. Et
alors
CALCUL MATRICIEL 5. MATRICES CARRÉES INVERSIBLES 118

−LY + LY
        
−LY 1 −LYL 0
PA = = = = 0n+1,1 .
Y 0n,1 YB 0n,1 + BY 0n,1
 
−LY
Donc en multipliant à gauche par P −1 , A = P −1 0n+1,1 = 0n+1,1 .
Y
Étant donnée l’hypothèse faite sur A, on a donc
 
−LY
= 0n+1,1 ,
Y
et en particulier, Y = 0n,1 . Et donc nous venons de prouver que BY = 0n,1 ⇒ Y = 0n,1 .
D’après l’hypothèse de récurrence, B est donc inversible. Mais
 
1 L
0n,1 B
est inversible d’inverse

−LB −1
 
1
,
0n,1 B −1
puisque

−LB −1 1 + L0n,1 −LB −1 + LB −1


    
1 L 1
= = I n+1
0n,1 B 0n,1 B −1 0n,1 −0n,1 LB −1 + BB −1
et

−LB −1 L − LB −1 B
      
1 1 L 1 1 01,n
−1 = −1 = = I n+1 .
0n,1 B 0n,1 B 0n,1 B B 0n,1 In
 
1 L
Donc A = P −1
est inversible.
0n,1 B
Ainsi, P (n + 1) est vraie, et donc pour tout n ∈ N∗ , P (n) est vraie.

On déduit de ce résultat les conséquences suivantes.

Proposition 17

Soit A ∈ Mn (K). Les propriétés suivantes sont équivalentes


(i) A est inversible ;
(ii) il existe une matrice M ∈ Mn (K) tel que M × A = I n
(iii) il existe une matrice N ∈ Mn (K) tel que A × N = I n
De plus on a M = N = A−1

Démonstration
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
CALCUL MATRICIEL 5. MATRICES CARRÉES INVERSIBLES 119

Corollaire 2

Pour A ∈ Mn (K). Alors A est inversible si et seulement si Pour tout B ∈ Mn,1 (K), le système AX = B
admet une unique solution .

Corollaire 3

Pour A ∈ Mn (K). Alors A est inversible si et seulement si Pour tout B ∈ Mn,1 (K), le système AX = B
admet au moins une solution .

5.3. Calcul de l’inverse d’une matrice carrée


1. Par la méthode du pivot de Gauss-Jordan.
▶ Principe de la méthode
Soit A la matrice de Mn (K) dont on veut calculer l’inverse.
On place A et I n côte à côte dans un tableau (A|I n ) à n lignes et 2n colonnes.
On procède ensuite à une succession d’opérations élémentaires sur les lignes de ce tableau.
Cette suite d’opérations correspond à la multiplication à gauche par une matrice inversible P.
On passe donc du tableau (A|I n ) au tableau P(A|I n ) = (PA|P I n ).
On choisit la succession d’opérations sur les lignes de A de manière à transformer A en PA = I n .
Cela signifie que P = A−1 , et le tableau final est donc (I n |A−1 ).
▶ Exemple
   
1 1/2 1/3 1/4 1 1/2 1/3 1/4 1 0 0 0
1/2 1/3 1/4 1/5 1/2 1/3 1/4 1/5 0 1 0 0
−1
Soit A = 
1/3 1/4 1/5 1/6. Pour calculer A , on forme 1/3 1/4 1/5 1/6 0 0 1 0
  

1/4 1/5 1/6 1/7 1/4 1/5 1/6 1/7 0 0 0 1


Pour limiter la 
technicité de l’exercice, il est préférable de travailler sur des coefficients entiers.
 

 L 1 ← 12L 1 12 6 4 3 12 0 0 0
L2 ← 60L2  30 20 15 12 0 60 0 0 

Les opérations conduisent au tableau  

 L 3 ← 60L 3
 20 15 12 10 0 0 60 0 
L4 ← 420L4 105 84 70 60 0 0 0 420

On va utiliser le pivot 12 en position (1, 1).
 
 12 6 4 3 12 0 0 0
 L2 ← 2L2 − 5L1 0 10 10 9 −60 120 0 0 
Les opérations L3 ← 3L3 − 5L1 conduisent à  
 0 15 16 15 −60 0 180 0 
L4 ← 4L4 − 35L1

0 126 140 135 −420 0 0 1680
On va utiliser le pivot 10 en position (2, 2).
 
 60 0 −10 −12 240 −360 0 0
 1 L ← 5L 1 − 3L 2  0 10 10 9 −60 120 0 0 
Les opérations L3 ← 2L3 − 3L2 conduisent à  
 0 0 2 3 60 −360 360 0 
L4 ← 5L4 − 63L2

0 0 70 108 1680 −7560 0 8400
On va utiliser le pivot 2 en position (3, 3).
 
60 0 0 3 540 −2160 1800 0
+

 1L ← L 1 5L 3  0 10 0 −6 −360 1920 −1800 0 
L2 ← L2 − 5L3 conduisent à  
 0 0 2 3 60 −360 360 0 
L4 ← L4 − 35L3

0 0 0 3 −420 5040 −12600 8400

 L1 ← L1 − L4
On va utiliser le pivot 3 en position (4, 4). Les opérations L2 ← L2 + 2L4 conduisent à
L3 ← L3 − L4

CALCUL MATRICIEL 5. MATRICES CARRÉES INVERSIBLES 120

 
60 0 0 0 960 −7200 14400 −8400
 0 10 0 0 −1200 12000 −27000 16800 
 
0 0 2 0 480 −5400 12960 −8400 
0 0 0 3 −420 5040 −12600 8400
On a transformé la partie gauche du tableau en une matrice diagonale dont les coefficients
diagonaux sont non nuls (cette matrice est donc inversible, ce qui prouve que la matrice initiale A
est inversible).
On peut maintenant transformer la partie gauche du tableau en la matrice identité.
/60
  

 L 1 ← L 1 1 0 0 0 16 −120 240 −140
L2 ← L2 /10 0 1 0 0 −120 1200 −2700 1680 

Les opérations conduisent à  

 L 3 ← L 3 /2 0 0 1 0 240 −2700 6480 −4200
L4 ← L4 /3 0 0 0 1 −140 1680 −4200 2800

 
16 −120 240 −140
−120 1200 −2700 1680 
On a ainsi montré que A est inversible et que A−1 =   240 −2700 6480 −4200

−140 1680 −4200 2800

2. Par résolution d’un système linéaire .


Soit A un élément de Mn (K), et soit X , B deux matrices-colonne de hauteur n.
Si le système AX = B, d’inconnue X , possède une solution unique alors A est inversible.
−1 −1
La résolution de ce système fournit d’ailleurs
 A car  AX = B, X = A B.
0 1 1
Considérons par exemple la matrice A = 1 1 1 .

1 0 1
On a les équivalences :

 y +z =a  x = −a + b
          
x a x −1 1 0 a
A y = b ⇔
    x + y +z = b ⇔ y = b−c ⇔ y = 0
   1 −1   b
z c x +z =c z =a−b+c z 1 −1 1 c
 
 
−1 1 0
Ce calcul prouve que A est inversible et que A−1 =  0 1 −1.
1 −1 1

Exemple 11

Montrer que la matrice


 
1 1 1 1
1 2 3 4
A=
1

3 6 10
1 4 10 20
est inversible et calculer son inverse .

5.4. Inversibilité des matrices triangulaires


CALCUL MATRICIEL 5. MATRICES CARRÉES INVERSIBLES 121

Proposition 18

Soit A une matrice triangulaire supérieure (resp. inférieure).


Alors A est inversible si et seulement si ses coefficients diagonaux aii sont tous non nuls.
Son inverse A−1 est alors triangulaire supérieure (resp. inférieure).
De plus les coefficients diagonaux de A−1 sont les inverses des aii .

Démonstration

Soit A = (ai, j ) une matrice triangulaire supérieure ,pour le cas de la matrice triangulaire inférieure on considère
sa transposée qui est triangulaire supérieure.
• Par cntraposée on montre que A est non inversible si, et seulement si il existe un enteir k ∈ [[1, n]] telque
ak,k = 0.
 
x1
 x2
(=⇒) On suppose que A est non inversible donc il existe X =  .  non nul tel que AX = 0 notons k le plus
 
 .. 
xn
 
x1
 .. 
.
 
xk
grand entier tel x k ̸= [Link] a alors X =  0  donc la k−éme composante de AX est ak,k .x k ,

 
.
 .. 
0
A.X = 0 =⇒ ak,k .x k = 0 =⇒ ak,k = 0(car x k ̸= 0)
(⇐=) Inversement on suppose que l’un des aii est nul ,soit k tel akk = 0 considérons la matrice carrée
Ak extraite de A en supprimant les n − k dernières lignes et colonnes .Ak est triangulaire supérieure
t
avec la dernière ligne nulle ,la dérnière colonne de sa matricetransposée
 A est alors nulle donc t A est
0
.
.
non inversible(il suffit de considèrer la matrice non nulle Ek =  .  ∈ Mk,1 (K) qui vérifie t Ak .Ek = 0k,1 )
0
1
,d’après la propositon 16, Ak est non inversible.
 
x1
   x2
x1  .. 
 
 x2 .
 
Il existe alors X k =  .  non nul(les x i non tous nuls ) tel que Ak X k = 0 donc 
 x k  est non nul vérifiant
  
 ..  0
 
xk .
 .. 
0
AX = 0 donc A est non inversible.
• Supposons que A−1 = B n’est pas triangulaire supérieure donc il existe un j ∈ [[1, n − 1]] et i0 ∈ [[ j + 1, n]]
tel que bi0 ,k ̸= 0. Notons i le plus grand entier i > j tel que bi j ̸= 0 c’est-à-dire ∀k > i, bk j = 0
CALCUL MATRICIEL 5. MATRICES CARRÉES INVERSIBLES 122

 
× ··· × ×
. ..
 ..

 . 


 × 

. .. .. 
B =  .. . .
 

 .. ..
 
.

. bi, j 
 
 .. .. .. 
. . . 
× 0 ×
n
X
On a le coefficient d’indice (i, j) de la matrice AB = I n est nul c’est-à-dire que aik bk j = 0,A est triangulaire
k=1
et ∀k > i, bk j = 0 donc ai,i bi, j = 0 ce qui implique bi j = 0 puisque ai,i ̸= 0. Absurde .On conclut que A−1
est triangulaire supérieure .De plus
X n
∀i ∈ [[1, n]] , aik bki = 1 ,A et B sont triangulaires donc aii bii = 1 d’où bii = a1ii
k=1

Cas particulier : une matrice diagonale D est inversible si et seulement si ses coefficients diagonaux dii
sont tous non nuls. La matrice D−1 est alors la matrice diagonale dont les coefficients diagonaux sont les
inverses respectifs des dii .

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