Cours-Partie 2
Cours-Partie 2
M AT H É M AT I Q U E S
PCSI
202 4 - 2 0 2 5
L Y C É E O M A R I B N A L K H AT TA B
MEKNÈS
PA R T I E 2
Sommaire
3 Dérivabilité 23
1 Nombre dérivé, fonction dérivée (rappels et compléments) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2 Propriétés des fonctions dérivables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3 Dérivées successives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
4 Extension aux fonctions à valeurs complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
4 Suites récurrentes 41
1 Suite récurrente définie par une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2 Comportement de la suite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
5 Fonctions usuelles 49
1 Logarithme et exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2 Fonctions circulaires et hyperboliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
3 Fonctions circulaires réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
4 Fonctions hyperboliques réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
6 Fonctions convexes 65
1 Fonctions convexes d’une variable réelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
2 Convexité et dérivabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
8 Calcul matriciel 95
1 Ensembles de matrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
2 Opérations élémentaires sur les matrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
3 Systèmes linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
4 Ensemble Mn (K) des matrices carrées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
5 Matrices carrées inversibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
Chapitre
Fonctions de la variable réelle,
1
limites
Définition 1
Étant donné un réel a, on dit qu’une fonction f est définie au voisinage de a s’il existe un réel h > 0 tel
que l’on soit dans l’un des trois cas suivants :
• (D f ∩ [a − h, a + h])\a = [a − h, a[,
• (D f ∩ [a − h, a + h])\a =]a, a + h] ,
• (D f ∩ [a − h, a + h])\a = [a − h, a + h]\a.
Exemple 1
Définition 2
Exemple 2
R+ −→ R
1. p est définie au voisinage de +∞.
x 7−→ x
1
2. La fonction x 7→ est définie au voisinage de +∞ et −∞.
x
Définition 3
On dit qu’une propriété portant sur une fonction f est vraie au voisinage de a ∈ R, si f est définie au
voisinage de a et si cette propriété est vraie sur l’intersection de D f \ {a} avec un intervalle du type :
• [a − h, a + h] avec h > 0 si a ∈ R,
• [A, +∞[ avec A ∈ R si a = +∞,
• ] − ∞, A] avec A ∈ R si a = −∞.
Exemple 3
1. Une fonction f est bornée au voisinage de a ∈ R si, et seulement si, elle est définie au voisinage de
a et que l’on a :
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2. Une fonction f est positive au voisinage de +∞ si, et seulement si, elle est définie au voisinage de
+∞ et :
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3. La fonction définie sur R par f (x) = x 2 (1 − x 2 ) est positive au voisinage de 0 et négative au
voisinage de +∞ ou de −∞.
Définition 4
Exemple 4
La fonction racine carrée tend vers 0 en 0 : elle est bien définie au voisinage de 0, et pour ϵ > 0
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE,LIMITES 1. LIMITE D’UNE FONCTION EN UN POINT 3
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Définition 5
• Une fonction f tend vers 0 en +∞ si elle est définie au voisinage de +∞, et si l’on a :
∀ϵ > 0, ∃A ∈ R : ∀x ∈ D f , x ⩾ A =⇒ | f (x)| ⩽ ϵ.
• Une fonction f tend vers 0 en −∞ si elle est définie au voisinage de −∞, et si l’on a :
∀ϵ > 0, ∃A ∈ R : ∀x ∈ D f , x ⩽ A =⇒ | f (x)| ⩽ ϵ.
Exemple 5
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2. La fonction exponentielle tend vers 0 en −∞ (prendre A = ln ϵ). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Définition 6
Remarque 1
Soit a un réel. Si f est définie en a et possède une limite en a, alors lim f (x) = f (a).
x→a
Démonstration
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Proposition 2
Démonstration
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Théorème 1
Toute fonction admettant une limite finie en un point a ∈ R est bornée au voisinage de a.
Démonstration
On effectue la preuve dans le cas a ∈ R,les autres cas se traitent de la même façon
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Proposition 3
Démonstration
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE,LIMITES 1. LIMITE D’UNE FONCTION EN UN POINT 5
Théorème 2
Démonstration
Définition 7
Remarque 2
Ces définitions s’adaptent facilement au cas f tend vers −∞ en remplaçant f (x) ⩾ A par f (x) ⩽ A.
Définition 8
Notation 1
▶ La limite à gauche de f en a si elle existe, elle est unique et on la note lim− f (x) ,lim f (x) ou lim f.
x→a x→a −a
a<0
▶ De même pour la limite à droite et on la note lim+ f (x) ,lim f (x) ou lim
+
f.
x→a x→a a
a>0
Remarque 3
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3. Il n’est pas nécessaire que f soit définie en a pour définir lim+ f (x) et lim− f (x).
x→a x→a
Théorème 3
Soit f une fonction dont le domaine de définition contient un ensemble de type [a − h, a + h]\a.
/ D f alors ,
Si a ∈
f admet une limite ℓ ∈ R en a si, et seulement si, elle admet ℓ pour limite à droite et à gauche en a.
Remarque 4
Démonstration
Exemple 6
1
1. La fonction définie sur R∗ par f (x) = x n’admet pas de limite en 0 puisque l’on a :
lim
+
f = +∞ et lim
−
f = −∞.
0 0
Soit f et g deux fonctions. Soit a ∈ R . Soit ℓ1 et ℓ2 deux réels. On suppose dans cette section que lim f (x)
x→a
existe et que lim g(x) existe.
x→a
1. Somme :
2. Produit :
Produit lim g(x) = ℓ2 > 0 lim g(x) = ℓ2 < 0 lim g(x) = 0 lim g(x) = +∞ lim g(x) = −∞
x→a x→a x→a x→a x→a
lim f (x) = ℓ1 > 0 ℓ1 ℓ2 ℓ1 ℓ2 0 +∞ −∞
x→a
lim f (x) = ℓ1 < 0 ℓ1 ℓ2 ℓ1 ℓ2 0 −∞ +∞
x→a
lim f (x) = 0 0 0 0 F.I F.I
x→a
lim f (x) = +∞ +∞ −∞ F.I +∞ −∞
x→a
lim f (x) = −∞ −∞ +∞ F.I −∞ +∞
x→a
3. Limite de l’inverse :
Proposition 4
1 1
• Si lim f (x) = ℓ ̸= 0, alors lim = .
x→a f (x)
x→a ℓ
1
• Si lim | f (x)| = +∞, alors lim = 0.
x→a x→a f (x)
1
• Si lim f (x) = 0 et f (x) > 0 au voisinage de a, alors lim = +∞.
x→a f (x)
x→a
1
• Si lim f (x) = 0 et f (x) < 0 au voisinage de a, , alors lim = −∞.
x→a x→a f (x)
Remarque 5
Les limites pour le quotient s’obtiennent ensuite à partir de celles du produit et de l’inverse.
Démonstration
On effectue la preuve dans le cas a ∈ R et ℓ ∈ R,les autres cas se traitent de la même façon
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Théorème 4
Soit g une application admettant une limite ℓ ∈ R en a ∈ R. Si f est une fonction à valeurs dans Dg
admettant a pour limite en t 0 ∈ R, alors la fonction g ◦ f admet ℓ pour limite en t 0 .
Démonstration
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Exemple 7
sin x 1
Sachant que lim = 1, on en déduit que lim n sin = 1 puisque :
x→0 x n→+∞ n
1
sin( 1n ) 1
n sin n = 1 et lim =0
n n→+∞ n
Remarque 6
La proposition 5 est souvent utilisée pour montrer qu’une fonction f n’admet pas de limite en a : il
suffit d’exhiber une suite tendant vers a dont l’image par f n’a pas de limite, ou deux suites tendant
vers a dont les images par f ont des limites différentes.
FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE,LIMITES 3. LIMITES ET INÉGALITÉS 9
Exemple 8
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2. La fonction x 7→ sin x n’a pas de limite en +∞.
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3. Limites et inégalités
3.1. Propriétés
Proposition 6
Soient f et g deux applications définies sur une partie D de R avec lim f = +∞.
a
• Si g est minorée au voisinage de a, alors f + g tend vers +∞ en a.
• Si Si g est minorée au voisinage de a par un réel strictement positif, alors f × g tend vers +∞
en a.
Démonstration
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Proposition 7
Démonstration
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Théorème 5
Démonstration
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Corollaire 1
1. Si lim g(x) = 0 et si | f (x) − ℓ| est majorée par g au voisinage de a, alors lim f (x) = ℓ.
x→a x→a
2. Si lim g(x) = 0 et si f est bornée au voisinage de a alors lim ( f × g)(x) = 0
x→a x→a
Démonstration
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE,LIMITES 3. LIMITES ET INÉGALITÉS 11
Exemple 9
1
1. lim x sin =0
x→0 x
x−1 cos x+x x+1 cos x + x
2. L’encadrement : x+2 ⩽ ⩽ valable pour x > −2, prouve que lim = 1.
x+2 x+2 x→+∞ x +2
p ln x
3. Montre que pour x ⩾ 1 on a ln x ⩽ 2 x puis déterminer lim
x→+∞ x
Exemple 10
x2 + l
1. Montrons que lim = 1.
x→+∞ x2 + x + 1
x 2 −1
2. Montrer que la fonction f : x 7−→ x 2 +x−1
tend vers 1 en +∞,
sin x
3. calculer lim p
x→+∞ x
Théorème 6
Démonstration
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Théorème 7
Corollaire 2
Démonstration
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Chapitre
Fonctions de la variable réelle.
2
Continuité
1. Continuité en un point
1.1. Définitions
Définition 1
Si f est définie au point a , admet une limite finie en a , celle-ci est égale à f (a).
On dit alors que f est continue en a.
Exemple 1
Si f est une application non définie en a ∈ R qui admet une limite finie l en a, alors la fonction g
définie sur D f ∪ {a} par :
si x = a
l
g(x) =
f (x) sinon
est continue en a. Cette fonction g est appelée prolongement par continuité en a de la fonction f .
Exemple 2
1. On peut prolonger par continuité en 0 la fonction f définie sur R∗ par f (x) = sinx x en posant
sin x
f (0) = 1 puisque lim f (x) = lim = 1.
x→0 x→0 x
1
2. La fonction f : x 7→ x sin n’est pas définie en 0 mais on peut la prolonger par continuité en ce
x
point en lui donnant
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1
−
3. La fonction f : x 7→ x e x 2 n’est pas définie en 0 mais on peut la prolonger par continuité en ce
point en lui donnant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE. CONTINUITÉ 1. CONTINUITÉ EN UN POINT 14
Définition 3
Proposition 1
Si a ∈ D f , alors f est continue en a si, et seulement si, elle est continue à droite et à gauche en a.
Démonstration
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Exemple 3
1
• On a lim+ f = 0 = f (0) puisque la restriction de f à R∗+ est x 7→ e− x et que l’on a :
x→0
1
lim
+
= +∞ et lim e−t = 0.
0 x t→+∞
Donc f est continue à droite en 0.
Par suite, f est continue en 0.
2. Soit n ∈ Z. La fonction partie entière :
• est continue à droite en n, puisque sa restriction à [n, +∞[ coïncide au voisinage de n avec
une fonction constante,
Admet une limite à gauche en n, puisque sa restriction à ]−∞, n[ coïncide avec une fonction
constante au voisinage de n,
• N’est pas continue à gauche en n, puisque lim− E(x) ̸= E(n).Donc elle n’est pas continue en
x→n
n.
Proposition 2
Une fonction f est continue en a ∈ R si,et seulemnt si pour toute suite (un ) d’éléments de D f admettant
a pour limite, la suite ( f (un ))n∈N converge f (a).
Démonstration
Exemple 4
Si une suite u définie par récurrence par ∀n ∈ N, un+1 = f (un ) converge vers un réel ℓ, et si f est
continue en ℓ, alors f (ℓ) = ℓ.
En effet. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Remarque 7
Pour montrer la discontinuité d’une fonction f en a, il suffit de trouver une suite convergeant vers a et
dont l’image par f ne converge pas vers f (a).
Exercice 1
1. Soit f : R → R une fonction continue sur R telle sa restriction sur Q est nulle.
Montrer que f est la fonction nulle.
p
2. On suppose que f est continue périodique et admet 1 et 2 comme périodes. Montrer que f est
p
constante.(On admet que l’ensemble a + b 2 | a, b ∈ Z est dense dans R).
Corrigé
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE. CONTINUITÉ 2. CONTINUITÉ SUR UN INTERVALLE 16
2.1. Définition,propriétés
Définition 4
Exemple 5
Les fonctions polynômes, exp, sin et cos sont continues sur R, la fonction ln est continue sur R∗+ .
Exercice 2
Corrigé
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Proposition 3
Proposition 4
Soient I et J deux intervalles de R. Si f est une application continue sur I et g est une application
continue sur J tels que f (I) ⊂ J, alors la fonction g ◦ f est continue sur I.
Exemple 6
Toute fonction obtenue par des sommes, des produits, des quotients et des composées de fractions
rationnelles et de fonctions usuelles comme exp , sin , cos , tan , ln,..., qui sont continues sur leur
domaine de définition, est continue sur tout intervalle où elle est définie.
FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE. CONTINUITÉ 2. CONTINUITÉ SUR UN INTERVALLE 17
Proposition 5
Démonstration
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Exemple 7
Proposition 6
Soit f une fonction continue sur I. Si a et b sont deux points de I tels que a < b et f (a) f (b) ⩽ 0,
alors :
∃c ∈ [a, b], f (c) = 0
Démonstration
Remarque 8
On peut énoncer le résultat précédent en disant que, sur un intervalle, une fonction continue qui ne
s’annule pas garde un signe constant.
Soit f une fonction continue sur un intervalle I et soit (a, b) ∈ I 2 tel que a < b. Pour toute valeur y
comprise entre f (a) et f (b), il existe x ∈ [a, b] tel que f (x) = y.
Démonstration
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Remarque 9
Ce théorème signifie que si f est continue sur un intervalle I et si f prend deux valeurs distinctes , elle
atteint toutes les valeurs (intermédiaires) comprises entre ces deux réels.
Démonstration
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Exercice 3
Soit f une fonction continue sur [0, 1] à valeurs dans [0, 1]. Montrer que f admet un point fixe (une
valeur c de son ensemble de définition telle que f (c) = c).
Corrigé
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE. CONTINUITÉ 2. CONTINUITÉ SUR UN INTERVALLE 19
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Lemme 1
Soit f une fonction monotone sur un intervalle I. Si f (I) est un intervalle, alors f est continue.
Démonstration
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Démonstration
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Exercice 4
Montrer que l’équation x 3 − 3x 2 + 1 = 0 possède une unique solution dans l’intervalle [2, +∞[.
Corrigé
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE. CONTINUITÉ 2. CONTINUITÉ SUR UN INTERVALLE 20
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Exercice 5
Corrigé
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Théorème 3. Admis
Soit a et b deux réels tels que a < b et soit f une fonction continue sur le segment [a, b]. Alors f est
bornée sur [a, b] et atteint ses bornes
Autrement dit, si f est continue sur [a, b] alors il existe deux réels α, β ∈ [a, b] tels que f ([a, b]) =
[ f (α), f (β)] où
α = inf f = min f et β = sup f = max f .
[a,b] [a,b] [a,b] [a,b]
Attention : On n’a pas nécessairement α ⩽ β!!!
Démonstration
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FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE. CONTINUITÉ 3. EXTENSION AUX FONCTIONS À VALEURS COMPLEXES 21
Exemple 8
Si f est une fonction continue strictement positive d’un segment [a, b] dans R, alors :
∃α > 0 : ∀x ∈ [a, b], f (x) ⩾ α.
En effet : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Remarque 10
Attention : les hypothèses « continue sur un segment » sont indispensables pour disposer du résultat
,comme le montre l’exemple des fonctions suivantes dont la borne inférieure 0 n’est pas atteinte :
• la fonction définie sur le segment [0, 1] par :
f (0) = 1et∀x ∈]0, 1], f (x) = x,
sa borne inférieure 0 n’est pas atteinte .
• la fonction exponentielle qui est continue sur R,sa borne inférieure 0 n’est pas atteinte .
3.1. Définitions
Soit f : I → C une fonction à valeures complexes. Si
∀x ∈ I, f (x) = u(x) + i v(x) avec u(x), v(x) ∈ R
On appelle alors :
Re( f ) : I −→ C
1. partie réelle de f la fonction
x 7−→ u(x)
Im( f ) : I −→ C
2. partie imaginaire de f la fonction
x 7−→ v(x)
f : I −→ C
3. conjuguée de f la fonction
x 7−→ u(x) − i v(x)
|f | : I −→ C
4. module de f la fonction Æ
x 7−→ [u(x)]2 + [v(x)]2
Proposition 9
Remarque 11
Les opérations sur les limites d’une fonction à valeurs complexes sont analogue à celles d’une fonction
à valeurs réelles.
Définition 5
Proposition 10
Soit f : I → C et a ∈ I. f est continue en a si, et seulement si, Re( f ) et Im( f ) sont continue en a
Définition 6
Exemple 9
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Chapitre
3
Dérivabilité
Définition 1
On dit que f est dérivable en a si la fonction τa appelée taux d’accroissement de f en a, définie sur
I\ {a} par :
f (x) − f (a)
τa (x) =
x −a
possède une limite finie en a.
df
Cette limite s’appelle alors nombre dérivé de f en a et se note f ′ (a), D f (a) ou (a).
dx
Interprétation géométrique
Dire que f est dérivable en a, c’est dire que la courbe représentative (Γ ) de f présente au point A(a, f (a))
une tangente ∆ non [Link] définition, le coefficient directeur de ∆ est f ′ (a).L’équation de ∆ est donc
y = f (a) + (x − a) f ′ (a).
Remarque 12
f (a + h) − f (a)
Cette définition équivaut à dire que f est dérivable en a si et seulement si lim ∈ R.
h→0 h
Proposition 1
Démonstration
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Remarque 13
La réciproque est fausse comme le prouve l’exemple de la fonction f : x 7−→ |x| qui est continue en 0
et non dérivable en ce point.
Définition 2
Proposition 3
Lorsque a n’est pas une borne de I, la fonction f est dérivable en a si, et seulement si, elle est dérivable
à droite et à gauche en a et f d′ (a) = f g′ (a) .
Démonstration
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Exemple 1
1. La fonction f : x 7−→ |x| n’est pas dérivable en 0 car on a f d (0) = 1 et f ′ g(0) = −1.
1
exp − si x > 0
2. la fonction f définie sur R par f (x) = x est dérivable en 0 et f ′ (0) = 0 .En
0 si x ⩽ 0
DÉRIVABILITÉ 1. NOMBRE DÉRIVÉ, FONCTION DÉRIVÉE (RAPPELS ET COMPLÉMENTS) 26
effet :
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Interprétation géométrique
Dire que f est dérivable à droite (resp. à gauche) en a, c’est dire que la courbe (Γ ) de f admet au point
A(a, f (a)) une demi-tangente à droite (resp. à gauche) non verticale.
Le coefficient directeur de cette demi-tangente est f d′ (a) (resp. f g′ (a)).
Sur l’exemple de gauche, f est dérivable à gauche et à droite en a, avec f g′ (a) = −1 (demi-tangente oblique,
parallèle à y = −x) et f d′ (a) = 0 (demi-tangente horizontale.)
Sur l’exemple de droite, on a f g′ (a) = 0 (demi-tangente horizontale), mais f n’est pas dérivable à droite en
a (il y a bien une demi-tangente mais elle est verticale).
Corollaire 1
Exemple 2
Définition 3
Lorsque la fonction f est dérivable en tout point de I, on dit que f est dérivable sur I et la fonction
df
définie sur I par x 7−→ f ′ (x) est appelée fonction dérivée de f , et se note f ′ , D f ou
dx
Proposition 4
Notation : D(I) désigne l’ensemble des fonctions à valeurs réelles dérivables sur I.
Propriétés
Démonstration
Proposition 5. (Composée)
Soient I et J deux intervalles. Si f est une application dérivable de I dans J et g une application
dérivable sur J, alors go f est dérivable sur I et : (g ◦ f )′ = g ′ ◦ f f ′
Démonstration
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DÉRIVABILITÉ 1. NOMBRE DÉRIVÉ, FONCTION DÉRIVÉE (RAPPELS ET COMPLÉMENTS) 28
Soit f une application continue et strictement monotone de l’intervalle I sur l’intervalle J = f (I),
dérivable en a ∈ [Link] fonction f −1 est dérivable en b = f (a) si, et seulement si, f ′ (a) ̸= 0, et l’on a
alors :
′ 1
f −1 (b) = ′
f (a)
Si f est une fonction dérivable et strictement monotone de l’intervalle I sur l’intervalle J = f (I) et si
f ′ ne s’annule pas sur I, alors la fonction f −1 est dérivable sur J et :
′ 1
f −1 = ′ −1
f of
Démonstration
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Le tableau en haut est un résumé des principales formules à connaître, x est une variable dans lintervalle I.
Le tableau en bas est celui des compositions. u représente une fonction x 7→ u(x) dérivable.
DÉRIVABILITÉ 2. PROPRIÉTÉS DES FONCTIONS DÉRIVABLES 29
xn nx n−1 (n ∈ Z+ ) I =R
xn nx n−1 (n ∈ Z∗− ) I = R∗
1
x − x12 I = R∗
p 1 p1
x 2 x I = R∗+
ex ex I =R
1
ln x x I = R∗+
cos x − sin x I =R
sin x cos x I =R
1 π
tan x 1 + tan2 x = cos2 x
I ⊂ R\ kπ + 2 |k∈Z
un nu′ un−1 (n ∈ Z+ ) R
eu u′ e u R
′
u
ln u u R∗+
sin u u′ cos u R
′
u π
u′ (1 + tan2 u) =
tan u cos2 u
R\ kπ + 2 |k∈Z
Proposition 7
Soient f une fonction définie sur un intervalle I et a un point de I qui n’en est pas une borne. Si la
fonction f présente un extremum local en a et si elle est dérivable en a alors f ′ (a) = 0.
Démonstration
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DÉRIVABILITÉ 2. PROPRIÉTÉS DES FONCTIONS DÉRIVABLES 30
Remarque 14
1. La condition f ′ (a) = 0 n’est pas une condition suffisante d’extremum, (penser à f : x 7−→ x 3 en
x = 0.)
2. La condition a est intérieur à l’intervalle est fondamentale dans cette propriété comme le prouve
l’exemple : f : x 7−→ x sur l’intervalle [0, 1],la fonction présente un minimum en 0 et un maximum
en 1 mais f ′ (0) ̸= 0 et f ′ (1) ̸= 0.
Étant donnés des réels a et b tels que a < b ainsi qu’une fonction f continue sur [a, b] , dérivable sur
]a, b[ et vérifiant f (a) = f (b), il existe alors un réel c appartenant à ]a, b[ tel que f ′ (c) = 0.
Démonstration
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Interprétation graphique :
Le théorème de Rolle nous dit que le graphe Γ de la fonction f possède au moins une tangente horizontale.
Comme on le voit sur l’illustration ci-dessous (à droite), il est possible qu’il existe plusieurs points strictement
compris entre A et B et en lesquels la tangente à (Γ ) est horizontale (donc plusieurs valeurs de c dans ]a, b[
pour lesquelles f ′ (c) = 0).
DÉRIVABILITÉ 2. PROPRIÉTÉS DES FONCTIONS DÉRIVABLES 31
Étant donnés des réels a et b tels que a < b ainsi qu’une fonction f continue sur [a, b] , dérivable sur
]a, b[, il existe un réel c appartenant à ]a, b[ tel que :
f (b) − f (a) = (b − a) f ′ (c)
.
Démonstration
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Interprétations graphique :
Avec les hypothèses du théorème précédent, si Γ est le graphe de la fonction f dans le plan et si A et B sont
les points de Γ d’abscisses respectives a et b,l’égalité des accroissements finis nous dit qu’il existe au moins
un point de Γ en lequel la tangente à Γ est parallèle à la droite (AB).
Comme on le voit sur l’illustration ci-dessous (à droite), il est possible qu’il existe plusieurs points strictement
compris entre A et B et en lesquels la tangente à (Γ ) est est parallèle à la corde (AB) (donc plusieurs valeurs
de c dans ]a, b[ pour lesquelles f (b) − f (a) = (b − a) f ′ (c)).
DÉRIVABILITÉ 2. PROPRIÉTÉS DES FONCTIONS DÉRIVABLES 32
Exercice 1
1. Montrer à l’aide de la formule des accroissements finis que pour tout x > 0 :
1 1
⩽ ln(1 + x) − ln(x) ⩽
1+ x x
2. En déduire que ∀p ∈ N\ {0, 1} :
1
ln(p + 1) − ln(p) ⩽ ⩽ ln(p) − ln(p − 1)
p
n
1 X1
3. Montrer que : lim =1
n→+∞ ln n p
p=1
Corrigé
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2.4. Application
Sens de variation
Propriétés
Démonstration
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DÉRIVABILITÉ 2. PROPRIÉTÉS DES FONCTIONS DÉRIVABLES 33
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Proposition 8
Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I. Si f ′ est de signe constant et ne s’annule qu’en un
nombre fini de points, alors f est strictement monotone.
Démonstration
• Soit une fonction f : [a, b] → R continue sur le segment [a; b] et dérivable sur l’intervalle
ouvert ]a, b[.
S’il existe m, M ∈ R tels que : ∀x ∈]a, b[, m ⩽ f ′ (x) ⩽ M , alors :
m(b − a) ⩽ f (b) − f (a) ⩽ M (b − a)
.
• Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I.
Si f ′ est majorée par un certain K ∈ R+ sur I, alors :
∀ (x 1 , x 2 ) ∈ I 2 , | f (x 2 ) − f (x 1 )| ⩽ K|x 2 − x 1 |.
La fonction f est donc k-lipschitzienne sur I .
Démonstration
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Exemple 3
Corrigé
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Théorème 4
Soit a un élément de I. Si une fonction f est continue sur I, dérivable sur I\ {a} et si f|′ a une limite
I\{a}
′ ′
finie ℓ en a, alors f est dérivable en a, et f (a) = ℓ . Donc f est continue en a.
Démonstration
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Remarque 15
Le théorème précédent n’est qu’une condition suffisante pour prouver l’existence de f ′ (a). Il se peut
que f ′ (a) existe sans que f|′ ait une limite en a comme le prouve l’exemple de la fonction :
I\{a}
1
2
f (x) = x sin six ̸= 0 et f (0) = 0.
x
En effet :
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...................................................................................................
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DÉRIVABILITÉ 2. PROPRIÉTÉS DES FONCTIONS DÉRIVABLES 35
Proposition 9
Soit a un élément de [Link] une fonction f est continue sur I, dérivable sur I\ {a} et si f|′ tend vers
I\{a}
f (x) − f (a)
+∞ en a, alors : = +∞. f alors possède une tangente verticale au point a
x −a
Démonstration
Exercice 2
1. Montrer que la fonction sin réalise une bijection de [− π2 , π2 ] sur l’intervalle D = [−1, 1].
Sa bijection réciproque est appelée arcsinus notée arcsin.
1
2. Montrer que la fonction arcsin est dérivable sur ] − 1, 1[ , et arcsin′ (x) = p
1 − x2
3. Étudier la dérivabilité en −1 et 1.
4. Soit f la fonction définie sur D = [−1, 1] par f (x) = arcsin(1 − x 4 )
Corrigé
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DÉRIVABILITÉ 3. DÉRIVÉES SUCCESSIVES 36
3. Dérivées successives
Définition 4
Étant donnée une fonction f continue de I dans R, on pose f 0 = f et l’on définit par récurrence la
fonction dérivée néme de f sur I, notée f (n) , comme la dérivée de f (n−1) , si elle existe.
dn f
On la note aussi D n f ou
d xn
Remarque 16
1. L’existence de f (n) sur I entraîne l’existence et la continuité sur I de toutes les dérivées d’ordre
strictement inférieur.
2. Si la dérivée n-éme de f existe alors est aussi la dérivée (n − 1)-éme de f ′ , et plus généralement
c’est la dérivée p-éme de f (n−p) (pour 0 ⩽ p ⩽ n).
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Proposition 10
Étant donnés deux fonctions f et g définies et n fois dérivables sur I ainsi que deux réels λ et µ, la
fonction λ f + µg est n fois dérivable sur I et
(λ f + µg)(n) = λ f (n) + µg (n) .
Soit f et g admettant chacune une dérivée nme sur I. Alors f g admet une dérivée nme sur I et :
n
(n)
X n (k) (n−k)
( f g) = f g
k=0
k
Démonstration
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DÉRIVABILITÉ 3. DÉRIVÉES SUCCESSIVES 37
Exercice 3
Corrigé
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Définition 5
Une fonction f est de classe C n sur I si elle est n fois dérivable sur I et si f (n) est continue sur I.
Si f est de classe C n pour tout n ∈ N, on dit qu’elle est indéfiniment dérivable ou de classe C ∞ sur I.
Notation 2
Exemple 4
1
1. La fonction f : x 7−→ est de classe C ∞ sur R∗ (c’est-à-dire sur R∗+ et R∗− ), la dérivée d’ordre n
x
de f est donnée par :
(−1)n n!
∀x ∈ R∗ , f (n) (x) =
x n+1
1
3. La fonction logarithme est de classe C ∞ sur ]0, +∞[ puisque : ∀x ∈]0, +∞[, ln′ (x) = et que
x
1
x 7−→ est de classe C ∞ .
x
4. Toute fonction polynomiale est C ∞ sur R (car la dérivée d’un polynôme est un polynôme).
5. Toute fonction rationnelle est C ∞ sur son ensemble de définition (car la dérivée d’une fonction
rationnelle est une fonction rationnelle).
6. Les fonctions ln, exp, cos, sin et tan sont C ∞ sur leur ensemble de définition.
1
7. La fonction f définie sur R par : f (x) = x sin
2
si x =
̸ 0 et f (0) = 0 est dérivable sur R
x
DÉRIVABILITÉ 3. DÉRIVÉES SUCCESSIVES 38
et sa dérivée est :
1 1
six =
′ 2x sin − cos ̸ 0
f (x) = x x
.
0 six = 0
Cette dérivée n’est pas continue en [Link] fonction f est donc dérivable sur R, mais elle n’est pas de
classe C 1 sur R.
Si f est une fonction continue sur un intervalle I, de classe C 1 sur I\ {a} et si f|′ a une limite finie
I\{a}
1
en a, alors f est de classe C sur I.
Démonstration
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Théorème 6
Remarque 17
1
La fonction inverse g : x 7−→ est C ∞ sur R∗ , si f : I −→ R est une fonction de classe C n qui ne
x
1
s’annule,alors la composée,c’est-à-dire la fonction , est de classe C n (même si n = ∞).
f
Théorème 7
Remarque 18
Exemple 5
4.1. Définition,propriétés
Soit f : I → C une fonction, soit u = Re( f ) et v = Im( f ), on dira que f est dérivable en t 0 ∈ I lorsque u et
v sont dérivables en t 0 .
Si tel est le cas, on pose f ′ (t 0 ) = u′ (t 0 ) + i v ′ (t 0 ). On a alors Re( f ′ ) = Re( f )′ et Im( f ′ ) = Im( f )′ . L’ensemble
des fonctions dérivables sur I est noté D(I, C).
Théorème 8
f (t) − f (t 0 )
La fonction f : I −→ C est dérivable en t 0 ∈ I ssi la fonction t 7−→ définie sur I\ {t 0 }
t − t0
admet une limite finie (dans C) en t 0 . Si celle-ci existe, elle est égale à f ′ (t 0 ).
Comme dans la définition on se ramène aux fonctions à valeurs réelles, on peut déduire les propriétés des
fonctions dérivables à valeurs complexes :
On retrouve les mêmes théorèmes généraux à savoir :
Propriétés
Exercice 4
Soit f est une fonction complexe dérivable sur [Link] que la fonction
I −→ C
ef :
x 7−→ e f (x)
est dérivable sur I, et donner sa dérivée
En effet :
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...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
DÉRIVABILITÉ 4. EXTENSION AUX FONCTIONS À VALEURS COMPLEXES 40
Remarque 19
1. Attention Le théorème de Rolle et donc la formule des accroissements finis ne sont pas généralisables
aux fonctions complexes. Par exemple,
la fonction définie sur [0, 2π] par f (t) = e i t vérifie f (0) = f (2π) pourtant sa dérivée f ′ (t) = ie i t
ne s’annule pas sur [0, 2π] .
2. De façon remarquable cependant, l’inégalité des accroissements finis reste vraie :
Proposition 12
Soit f : [a, b] −→ C continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[, et M un réel tel que | f ′ | ⩽ M
sur ]a, b[. Alors
| f (b) − f (a)| ⩽ M |b − a|.
Le résultat n’est au programme que sous l’hypothèse f de classe C 1 sur [a, b].
Démonstration
Éléments de preuve.
Nous nous contentons d’une démonstration sous l’hypothèse au programme : f de classe C 1 sur [a, b].
Écrire dans ce cas f comme intégrale de sa dérivée.
• f : I −→ C est de classe C n ssi f est n fois dérivable et f (n) est continue sur I, ce qui revient à dire
que les parties réelle et imaginaire de f sont de classe C n .
• L’ensemble des fonctions de classe C n sur I est noté C n (I, C), et on pose C ∞ (I, C) = n∈N C n (I, C) :
T
Exercice 5
p
Soit f (t) = cos(t) exp(t 3), calculer f (n) (t).
Corrigé
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Chapitre
4
Suites récurrentes
Exemple 1
p
R+ et [0, 1] sont stables par la fonction x 7−→ x.
Proposition 1
Soit f une fonction définie sur un intervalle I stable par f . Soit a ∈ I. On peut définir une suite
récurrente (un )n∈N par les relations u0 = a et ∀n ∈ N, un+1 = f (un ). Cette suite est de plus à valeurs
dans I.
Démonstration
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SUITES RÉCURRENTES 2. COMPORTEMENT DE LA SUITE 42
Exemple 2
p
1. Soit f (x) = 1 + x. Fixons u0 = 2 ∈ I = [0, +∞[ et définissons pour n ⩾ 0 :
un+1 = f (un ). C’est-à-dire un+1 = 1 + un .
p
Alors la suite est bien définies puisque f (I) ⊂ I ,et les premiers termes de la suite sont :
È
p p p p
Æ Ç Æ Ç Æ
2, 1 + 2, 1 + 1 + 2, 1 + 1 + 1 + 2, 1 + 1 + 1 + 1 + 2, . . .
2. Etant donné a ∈ I = [−1, +∞[, les relations : u0 = a et ∀n ∈ N, un+1 = 1 + un définissent une
p
p
unique suite car l’application f : x 7→ 1 + x laisse stable son ensemble de définition [−1, +∞[.
Remarque 20
Si l’intervalle I n’est pas stable, la suite peut ne pas être bien définie
Exemple 3
x
1. Soit f la fonction définie sur R\ {−1} par f (x) = .
1+ x
Si u0 ∈] − 1, 0[, il se peut que la suite ne soit plus définie à partir d’un certain rang. Par exemple, si
u0 = −1/2, alors u1 = −1 et u2 n’est pas défini.
u0 ∈ R∗+
∗
2. I = R+ et f (x) = ln(x).Donc la suite définie par n’est pas bien définie car elle
un+1 = ln(un )
est définie uniquement pour ses premiers termes.
Si u0 = 2; u1 = ln(2) ∼ = 0, 69; u2 = ln(ln(2)) ∼ = −0, 36; u3 n’existe pas.
2. Comportement de la suite
Proposition 2
fonction continue sur un intevalle I telle que f (I) ⊂ I,soit (un ) une suite récurrente
Soit f est une
u0 ∈ I
définie par Si la suite (un )n converge , soit sa limite ℓ vérifie ℓ = f (ℓ) ( un
un+1 = f (un )∀n ∈ N
point fixe de f ), soit ℓ est un bord ouvert de I.
Démonstration
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SUITES RÉCURRENTES 2. COMPORTEMENT DE LA SUITE 43
Remarque 21
Si on arrive à montrer que la limite existe alors cette proposition permet de calculer des candidats à
être cette limite.
y
y=x
ℓ1
ℓ2 ℓ3 x
Conséquence : Si l’équation x = f (x) n’a aucune solution, alors la suite est divergente.
Exemple 4
Proposition 3
Soit f une fonction Lipschitzienne sur un intervalle I, de facteur de Lipschitz |k| < 1 ,et (un ) une suite
récurrente à valeurs dans I ,définie par f .Soit ℓ un point fixe de f sur I . Alors,pour tout n ∈ N,
|un − ℓ| ⩽ k n |u0 − ℓ|.
Enparticulier,un −→ ℓ.
Démonstration
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Remarque 22
En particulier soit f : I → R telle que f (I) ⊂ I. On suppose que f possède un point fixe ℓ dans I et que
| f ′ | est majorée sur I par un certain réel k avec k ∈ [0, 1[.
SUITES RÉCURRENTES 2. COMPORTEMENT DE LA SUITE 44
Soit en outre (un )n∈N une suite telle que u0 ∈ I et telle que : ∀n ∈ N, un+1 = f (un ).
Alors :la suite converge vers ℓ
Proposition 4
Soit f une fonction définie sur un intervalle I stable par f et (un )n∈N une suite récurrente définie par
u0 ∈ I et ∀n ∈ N, un+1 = f (un ).
• Si x 7−→ f (x) − x est positive sur I, alors la suite (un )n∈N est croissante.
• Si x 7−→ f (x) − x est négative sur I, alors la suite (un )n∈N est décroissante.
• Si f est croissante sur I, alors la suite (un )n∈N est monotone (elle est croissante si u0 ⩽ u1 ,
décroissante sinon).
Démonstration
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Proposition 5
Si f est décroissante, f ◦ f sera croissante Alors (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N sont monotones, de sens de
monotonie opposé. On trouve les sens de monotonie en comparant u0 et u2 .
Démonstration
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Remarque 23
• Si f est décroissante sur un intervalle stable, Les limites des suites (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N sont
à rechercher parmi les points fixes de f ◦ f .Si f ◦ f a deux points fixes distincts, on peut très
bien avoir convergence de (u2n ) vers l’un des deux et de (u2n+1 ) vers l’autre.
• Les points fixes de f sont point fixes de f ◦ f , mais il peut exister des points fixes de f ◦ f qui
ne sont pas points fixes de f .
SUITES RÉCURRENTES 3. EXEMPLES 45
3. Exemples
3.1. Exemple 1
Soit f : R → R définie par f (x) = 14 (x 2 − 1)(x − 2) + x et u0 ∈ R.
Étudions la suite (un ) définie par récurrence : un+1 = f (un ) (pour tout n ⩾ 0).
1. Étude de f
(a) f est continue sur R.
(b) f est dérivable sur R et f ′ (x) > 0.
(c) Sur R, f est strictement croissante.
2. Graphe de f
3 ( y = x)
f
-2 -1 u0 u1 u2 1 u′1 u′0 2 3 x
-1
-2
Voici comment tracer la suite : on trace le graphe de f et la bissectrice ( y = x). On part d’une valeur u0
(en rouge) sur l’axe des abscisses, la valeur u1 = f (u0 ) se lit sur l’axe des ordonnées, mais on reporte la
SUITES RÉCURRENTES 3. EXEMPLES 46
valeur de u1 sur l’axe des abscisses par symétrie par rapport à la bissectrice. On recommence : u2 = f (u1 )
se lit sur l’axe des ordonnées et on le reporte sur l’axe des abscisses, etc. On obtient ainsi une sorte
d’escalier, et graphiquement on conjecture que la suite est croissante et tend vers 1. Si on part d’une autre
valeur initiale u′0 (en vert), c’est le même principe, mais cette fois on obtient un escalier qui descend.
3. Calcul des points fixes.
Cherchons les valeurs x qui vérifient ( f (x) = x), autrement dit ( f (x) − x = 0), mais
1
f (x) − x = (x 2 − 1)(x − 2) (1)
4
Donc les points fixes sont les {−1, 1, 2}.
4. Premier cas : u0 = 1 ou u0 = 2.
Alors u1 = f (u0 ) = u0 et par récurrence la suite (un ) est constante (et converge donc vers u0 ).
5. Deuxième cas : −1 < u0 < 1.
• Comme f ([−1, 1]) ⊂ [−1, 1], la fonction f se restreint sur l’intervalle [−1, 1] en une fonction
f : [−1, 1] → [−1, 1].
• De plus sur [−1, 1], f (x) − x ⩾ 0. Cela se déduit de l’étude de f ou directement de l’expression (1).
• Pour u0 ∈ [−1, 1[, u1 = f (u0 ) ⩾ u0 d’après le point précédent. Comme f est croissante, par récurrence,
comme on l’a vu, la suite (un ) est croissante.
• La suite (un ) est croissante et majorée par 1, donc elle converge. Notons ℓ sa limite.
• D’une part ℓ doit être un point fixe de f : f (ℓ) = ℓ. Donc ℓ ∈ {−1, 1, 2}.
• D’autre part la suite (un ) étant croissante avec u0 > −1 et majorée par 1, donc ℓ = 1.
• Conclusion : si −1 < u0 < 1 alors (un ) converge vers ℓ = 1.
6. Troisième cas : 1 < u0 < 2.
La fonction f se restreint en f : [1, 2] → [1, 2]. Sur l’intervalle [1, 2], f est croissante mais cette fois
f (x) ⩽ x. Donc u1 ⩽ u0 , et la suite (un ) est décroissante. La suite (un ) étant minorée par 1, elle converge.
Si on note ℓ sa limite alors d’une part f (ℓ) = ℓ, donc ℓ ∈ {−1, 1, 2}, et d’autre part ℓ ∈ [1, 2[. Conclusion :
(un ) converge vers ℓ = 1.
7. Quatrième cas u0 < −1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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8. Cinqième cas u0 > 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Remarque 24
Le graphe de f joue un rôle très important, il faut le tracer même si on ne le demande pas explicitement.
Il permet de se faire une idée très précise du comportement de la suite : Est-elle croissante ? Est-elle
positive ? Semble-t-elle converger ? Vers quelle limite ? Ces indications sont essentielles pour savoir ce
qu’il faut montrer lors de l’étude de la suite.
SUITES RÉCURRENTES 3. EXEMPLES 47
3.2. Exemple 2
1 1
f (x) = 1 + , u0 > 0, un+1 = f (un ) = 1 +
x un
1. Étude de f . La fonction f :]0, +∞[→]0, +∞[ est une fonction continue et strictement décroissante.
2. Graphe de f .
y
u0 1 u2 u3 2 u1 x
Le principe pour tracer la suite est le même qu’auparavant : on place u0 , on trace u1 = f (u0 ) sur l’axe
des ordonnées et on le reporte par symétrie sur l’axe des abscisses,... Graphiquement on conjecture que
la suite converge vers le point fixe de f . En plus on note que la suite des termes de rang pair semble une
suite croissante, alors que la suite des termes de rang impair semble décroissante.
3. Points fixes de f ◦ f .
1 1 x 2x + 1
f ◦ f (x) = f f (x) = f 1 + =1+ =1+ =
x 1+ 1
x
x +1 x +1
Donc p p
2x + 1 1− 5 1+ 5
f ◦ f (x) = x ⇐⇒ = x ⇐⇒ x 2 − x − 1 = 0 ⇐⇒ x ∈ ,
x +1 2 2
p
1+ 5
Comme la limite doit être positive, le seul point fixe à considérer est ℓ = 2 .
p
1+ 5
4. Premier cas 0 < u0 ⩽ ℓ = 2 .
Alors, u1 = f (u0 ) ⩾ f (ℓ) = ℓ ; et par une étude de f ◦ f (x) − x, on obtient que : u2 = f ◦ f (u0 ) ⩾ u0 ;
u1 ⩾ f ◦ f (u1 ) = u3 .
Comme u2 ⩾ u0 et f ◦ f est croissante, la suite (u2n ) est croissante. De même u3 ⩽ u1 , donc la suite
(u2n+1 ) est décroissante. De plus comme u0 ⩽ u1 , en appliquant f un nombre pair de fois, on obtient
que u2n ⩽ u2n+1 . La situation est donc la suivante :
u0 ⩽ u2 ⩽ · · · ⩽ u2n ⩽ · · · ⩽ u2n+1 ⩽ · · · ⩽ u3 ⩽ u1
La suite (u2n ) est croissantep et majorée par u1 , donc elle converge. Sa limite ne peut être que l’unique
point fixe de f ◦ f : ℓ = 1+2 5 .
p
1+ 5
La suite (u2n+1 ) est décroissante et minorée par u0 , donc elle converge aussi vers ℓ = 2 .
p
1+ 5
On en conclut que la suite (un ) converge vers ℓ = 2 .
SUITES RÉCURRENTES 3. EXEMPLES 48
p
1+ 5
5. Deuxième cas u0 ⩾ ℓ = 2 .
p
1+ 5
On montre de la même façon que (u2n ) est décroissante et converge vers 2 , et que (u2n+1 ) est
p
1+ 5
croissante et converge aussi vers 2 .
3.3. Exercices
Exercice 1
Exercice 2
5
Fonctions usuelles
1. Logarithme et exponentielle
Définition 1
1
L’unique primitive de la fonction x 7→ sur ]0; +∞[ qui s’annule en 1 est appelée logarithme népérien,
x
elle est notée ln. Z x
1
On a donc ∀x > 0, ln(x) = dt.
1 t
FONCTIONS USUELLES 1. LOGARITHME ET EXPONENTIELLE 50
Remarque 25
1
• Sa dérivée x 7→ étant strictement positive sur R∗+ , ln est donc strictement croissante.
x
y 1
• La dérivée de x 7→ ln(x y) valant = , donc ln(x y) est égal à ln(x) + Cte. La valeur de Cte
yx x
est obtenue en prenant x = 1, ce qui donne la relation célèbre :
Définition 2
La fonction ln est strictement croissante sur I =]0; +∞[, elle définit donc une bijection de I sur
J = ln(I), comme elle est continue on a J =] lim+ ln x, lim ln x[= R.
x→0 x→+∞
La réciproque est appelée fonction exponentielle et notée exp, elle est définie par :
exp : R −→ R∗+
x 7−→ exp(x) = y tel que y > 0 et ln y = x
FONCTIONS USUELLES 1. LOGARITHME ET EXPONENTIELLE 51
Propriétés
1. La fonction exp est strictement croissante sur R et continue, de plus exp(0) = 1 et exp(1) = e.
2. La fonction ln est dérivable sur ]0; +∞[ et sa dérivée ne s’annule pas, donc la fonction exp est
1
dérivable sur R et exp′ (x) = ′ = exp(x) .
ln (exp(x))
3. Propriété fondamentale de l’exponentielle :
1 exp x
il en découle : exp(−x) = ; exp(x − y) = ; ∀n ∈ Z exp(nx) = (exp(x))n
exp x exp y
On convient d’écrire pour tout x ∈ R : exp(x) = e x
exp x
lim exp x = 0+ lim exp x = +∞ lim = +∞
4. Limites usuelles :
x→−∞ x→+∞ x→+∞ x
lim x exp x = 0 exp x − 1
lim =1
x→−∞ x→0 x
Dans un repère orthonormé, la courbe de la fonction exp et celle de la fonction ln sont symétriques par
rapport à la première bissectrice.
Définition 3
Soit a > 0, on appelle exponentielle de base a, la fonction notée expa définie sur R par :
∀x ∈ R, expa (x) = e x ln(a)
FONCTIONS USUELLES 1. LOGARITHME ET EXPONENTIELLE 52
Propriétés
Notation 3
Propriétés
1. ln(a x ) = x ln(a)
2. a x+ y = a x × a y , a0 = 1 et a1 = a
1 ax
3. a−x = x , d’où a x− y = y
a a
x
1 1
4. [a ] = exp( y ln(a )) = exp(x y ln(a)) = a
x y x xy
et donc = x
a a
a x ax
5. a x × b x = exp(x ln(a)) × exp(x ln(b)) = exp(x ln(a b)) = (a b) x et donc =
b bx
1
6. Si x ̸= 0, a = b ⇔ a = b
x x
Remarque 26
Remarque 27
Pour dériver x 7→ u(x) v(x) , il faut revenir à la définition :u(x) v(x) = e v(x) ln u(x) . Par exemple x 7→ x x =
e x ln x a pour dérivée x 7→ (ln x + 1)x x .
y
−x −x −x
2 e 10 10x ex 2x
1 1x
0 x
Définition 4
Si a ∈ R∗+ \{1}, la fonction expa est continue et strictement monotone sur R : c’est donc une bijection
de R dans R∗+ . La bijection réciproque est appelée logarithme de base a et notée loga . On a donc :
y = loga x x = ay
∗
∀a ∈ R+ \{1} ⇐⇒
x ∈ R∗+ y ∈R
Remarque 28
ln x
Comme cette égalité équivaut encore à ln x = y ln a, on en déduit y = , c’est-à-dire :
ln a
ln x
∀a ∈ R∗+ \{1} ∀x ∈ R∗+ loga x =
ln a
Propriétés
Notation 4
Exercice 1
1
∀x > 0, log′a (x) = x ln(a)
y log2 (x)
ln(x)
log4 (x)
1
0 x
log1/4
log1/e
log1/2
• Cela définit une fonction fα continue et dérivable sur ]0; +∞[ avec la formule :
fα′ (x) = α. 1x .eα ln(x) = αx α−1 .
ou encore
(x α )′ = αx α−1 .
• Il en découle que si u est une fonction dérivable à valeurs strictement positives, alors la fonctin uα
est dérivable et :
(uα )′ = α × u′ × uα−1
FONCTIONS USUELLES 1. LOGARITHME ET EXPONENTIELLE 55
si α > 0
0
• On a lim fα (x) = .
x→0 +∞ si α < 0
Dans le premier cas (α > 0) la fonction est prolongeable par continuité en 0 on pose alors 0α = 0,
dans le second cas (α < 0) la fonction admet une asymptote verticale au voisinage de 0.
+∞ si α > 0
• On a lim fα (x) = .
x→+∞ 0 si α < 0
• Si α < 0 il y a une asymptote horizontale au voisinage de +∞,
fα (x) +∞ si α > 1
• Si α > 0, lim = lim fα−1 (x) = .
x→+∞ x x→+∞ 0 si 0 < α < 1
Donc il y a une branche infinie de direction (o y) dans le premier cas et une branche infinie de
direction (o x) dans le deuxième cas.
xα − 0 si α > 1
(α−1) ln(x) 0
• Lorsque α > 0 : =e → ,
x x→0 +∞ si 0 < α < 1
• Si α > 1 on a une tangente horizontale au point d’abscisse 0 ;
• Si 0 < α < 1 on a une tangente verticale au point d’abscisse 0.
Propriétés
ax
∀α > 0, ∀a > 1
lim |x|α a x = 0 lim = +∞
x→−∞ x→+∞ xα
ax
∀α > 0, ∀a ∈]0, 1[
lim = +∞ lim x α a x = 0
x→−∞ |x|α x→+∞
FONCTIONS USUELLES 2. FONCTIONS CIRCULAIRES ET HYPERBOLIQUES 56
2 Ctan
1
Csin
0
−3 −2 −1 0 1 2 3
−1
Ccos
−2
Définition 5
e x − e−x
Pour tout x de R, on pose sh x = , on appelle cette fonction : sinus hyperbolique.
2
4 Csinh
3
0
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3
−1
−2
−3
−4
Cosinus hyperbolique
Définition 6
e x + e−x
Pour tout x de R, on pose ch x = , on appelle cette fonction : cosinus hyperbolique.
2
4 Ccosh
3
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3
Tangente hyperbolique
FONCTIONS USUELLES 3. FONCTIONS CIRCULAIRES RÉCIPROQUES 58
Définition 7
sh e x − e−x
Pour x ∈ R, on pose th x = = x .
ch e + e−x
1
Ctanh
0
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3
−1
3.1. Arcsinus
π π
la fonction sin est strictement croissante sur I = [− ; ], elle définit une bijection de I sur J =
2 2
π π
[sin(− ); ] = [−1; 1]. La bijection réciproque appelée arcsinus est notée arcsin, elle est définie par :
2 2
π π
arcsin : [−1; 1] −→ [− ; ]
2 2 ( π π
y ∈ [− ; ]
x 7−→ arcsin(x) = y tel que 2 2
sin( y) = x
Propriétés
Démonstration
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FONCTIONS USUELLES 3. FONCTIONS CIRCULAIRES RÉCIPROQUES 59
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Cette fonction est strictement croissante et continue sur [−1; 1], elle est dérivable sur ] − 1; 1[ mais pas en
−1 ni en 1 [tangente verticale en ces points], on a la formule suivante :
1 1
∀x ∈] − 1; 1[, arcsin′ (x) = =p .
cos(arcsin(x)) 1 − x2
3.2. Arccosinus
La fonction f : [0; π] → [−1; 1] définie par f (x) = cos(x), est continue et strictement décroissante, elle
définit donc une bijection de [0; π] sur [−1; 1]. Par définition, la bijection réciproque est appelée fonction
arccosinus et notée arccos, elle est définie par :
Propriétés
Démonstration
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FONCTIONS USUELLES 3. FONCTIONS CIRCULAIRES RÉCIPROQUES 60
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Cette fonction est strictement décroissante et continue sur [−1; 1], elle est dérivable sur ] − 1; 1[ mais pas
en −1 ni en 1 (tangente verticale en ces points), on a la formule suivante :
−1 −1
∀x ∈] − 1; 1[, arccos′ (x) = =p .
sin(arccos(x)) 1 − x2
Carccos π
π
2
π
2 π
Ccos
3.3. Arctangente
π π
la fonction f : ] − ; [→ R définie par f (x) = tan(x), est continue et strictement croissante, elle définit
2 2
π π
donc une bijection de ]− ; [ sur R. Par définition, la bijection réciproque est appelée fonction arctangente
2 2
et notée arctan, elle est définie par :
π π
arctan : [−1; 1] −→ ]− ; [
2 2 ( π π
y ∈] − ; [
x 7−→ arctan(x) = y tel que 2 2
tan( y) = x
Propriétés
• ∀x ∈ R, tan(arctan(x)) = x.
π π
• ∀x ∈] − ; [, arctan(tan(x)) = x.
2 2
• ∀x ∈ R, arctan(−x) = − arctan(x).
1 π
• ∀x ∈ R∗+ , arctan(x) + arctan( ) = .
x 2
x
• ∀x ∈ R, arctan(x) = arcsin( p ).
1 + x2
• ∀x ∈ R, arctan(x) = Arg(1 + i x).
FONCTIONS USUELLES 4. FONCTIONS HYPERBOLIQUES RÉCIPROQUES 61
Démonstration
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Cette fonction est strictement croissante, continue et dérivable sur R et on a la formule suivante :
1 1
∀x ∈ R, arctan′ (x) = = .
1 + tan (arctan(x)) 1 + x 2
2
Propriétés
• ∀x ⩾ 0, Argch(ch(x)) = x.
• ∀x ⩾ 1, ch(Argch(x)) = x.
p
• ∀x ⩾ 1, Argch(x) = ln(x + x 2 − 1).
Argch(x) Argch(x)
• lim = 0 et lim = 1.
x→+∞ x x→+∞ ln(x)
Démonstration
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Cette fonction est continue sur [1; +∞[, strictement croissante, dérivable sur ]1; +∞[ mais pas en 1 (car
la dérivée de ch s’annule en 0 et ch(0) = 1), sa dérivée est :
1 1
∀x > 1, Argch′ (x) = =p .
sh(Argch(x)) x2 − 1
Argsh : R −→ R
y ∈R
x 7−→ Argsh(x) = y tel que
sh( y) = x
FONCTIONS USUELLES 4. FONCTIONS HYPERBOLIQUES RÉCIPROQUES 63
Propriétés
• ∀x ∈ R, Argsh(sh(x)) = x et sh(Argsh(x)) = x.
• ∀x ∈ R, Argsh(−x) = − Argsh(x).
p
• ∀x ∈ R, Argsh(x) = ln(x + x 2 + 1).
• ∀x > 0, Argsh(x) < x.
Argsh(x) Argsh
• lim = 0 et lim = 1.
x→+∞ x x→+∞ ln(x)
Démonstration
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Cette fonction est continue sur R, strictement croissante, dérivable sur R (car la dérivée de sh ne s’annule
pas), sa dérivée est :
1 1
∀x ∈ R, Argsh′ (x) = =p .
ch(Argsh(x)) x2 + 1
Argth : ] − 1; 1[ −→ R
y ∈R
x 7−→ Argth(x) = y tel que
th( y) = x
FONCTIONS USUELLES 4. FONCTIONS HYPERBOLIQUES RÉCIPROQUES 64
Propriétés
Démonstration
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Cette fonction est continue sur ] − 1; 1[, strictement croissante, dérivable sur ] − 1; 1[ (car la dérivée de th
ne s’annule pas), sa dérivée est :
1 1
∀x ∈] − 1; 1[, Argth(x) = 2
= .
1 − th (Argth(x)) 1 − x2
Chapitre
6
Fonctions convexes
Soit f : I −→ R une fonction. On dit que f est convexe si, pour tous x, y ∈ I et pour tout t ∈ [0, 1] :
f (t x + (1 − t) y) ⩽ t f (x) + (1 − t) f ( y).
On dit que f est concave si − f est convexe.
Interprétation graphique
On considère le graphe de d’une fonction f de I dans R, c’est-à-dire l’ensemble G f = {(x, f (x))|x ∈ I}, dans
le plan.
La fonction f est convexe sur I si, pour tous x, y dans I, le graphe de la fonction f|[x, y] (i.e. f restreinte au
segment [x, y]) est en dessous de la corde qui relie A = (x, f (x)) et B = ( y, f ( y)).
En effet, tout z ∈ [x, y] peut s’écrire z = t x + (1 − t) y avec t ∈ [0, 1] et les points d’abscisse z sur le graphe
de f et sur la corde admettent pour ordonnées f (t x + (1 − t) y) et t f (x) + (1 − t) f ( y), respectivement.
FONCTIONS CONVEXES 1. FONCTIONS CONVEXES D’UNE VARIABLE RÉELLE 66
Exemple 1
Exercice 1
Corrigé
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Soit f : I −→ R une fonction. Si f est convexe sur I, alors, pour tout n ∈ N∗ , tous points x 1 , ..., x n de I
n
X
et tous réels positifs λ1 , ..., λn tels que λi = 1, on a :
i=1
n n
X X
f λi x i ⩽ λi f (x i ).
i=1 i=1
Démonstration
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FONCTIONS CONVEXES 1. FONCTIONS CONVEXES D’UNE VARIABLE RÉELLE 67
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Exercice 2
Corrigé
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Théorème 2
Soit f : I −→ R une fonction. f est convexe sur I si, et seulement si, pour tous x, y, z ∈ I avec x < y < z,
on a :
f ( y) − f (x) f (z) − f (x) f (z) − f ( y)
⩽ ⩽ .
y−x z−x z− y
Démonstration
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2. Convexité et dérivabilité
Grâce aux résultats obtenus dans la partie précédente, on va pouvoir obtenir des caractérisations de la
convexité plus "maniables" en ajoutant des hypothèses de régularité à nos fonctions.
Théorème 3
Soit f : I −→ R une fonction dérivable sur I. f est convexe sur I si, et seulement si, f ′ est croissante
sur I.
Démonstration
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On en déduit la position relative du graphe d’une fonction convexe par rapport à ses tangentes :
FONCTIONS CONVEXES 2. CONVEXITÉ ET DÉRIVABILITÉ 69
Proposition 1
Soit f : I −→ R une fonction dérivable sur I. Si f est convexe sur I, alors son graphe est au dessus de
chacune de ses tangentes i.e. pour tout x 0 ∈ I, on a :
∀x ∈ I ; f (x) ⩾ f ′ (x 0 )(x − x 0 ) + f (x 0 ).
Démonstration
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Soit f : I −→ R une fonction deux fois dérivable sur I. f est convexe si, et seulement si, f ′′ est positive
i.e.
∀x ∈ I; f ′′ (x) ⩾ 0.
FONCTIONS CONVEXES 2. CONVEXITÉ ET DÉRIVABILITÉ 70
Démonstration
Exercice 3
Corrigé
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Exemple 2
1. ∀x ∈ R; e x ⩾ 1 + x.
2. ∀x ∈ R∗+ , ln(x) ⩽ x − 1
3. ∀x ∈ [0, π2 ], π2 x ⩽ sin(x) ⩽ x.
Démonstration
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Soient a et b deux réels positifs, et p et q des réels strictement positifs vérifiant : 1/p + 1/q = 1. Alors
on a
a p bq
ab ⩽ +
p q
Cette inégalité provient facilement du fait que la fonction logarithme est concave.
Une des conséquences classique de l’inégalité de Young est l’inégalité de Hölder(voir TD).
1.1. Définition
Définition 1
Si f est une fonction continue de I dans C, on appelle primitive de f sur I toute fonction de I dans C,
dérivable sur I et dont la dérivée est égale à f .
Proposition 1
On a
• Une fonction F définie sur I est une primitive de f sur I si, et seulement si, Re F et Im F sont
primitives respectivement de Re f et de Im f sur I.
• Si F est une primitive d’une fonction f continue sur I, alors les primitives de f sur I sont les
fonctions F + λ avec λ ∈ C.
Démonstration
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Exemple 1
• Si k est un complexe non nul, les primitives de x 7−→ exp(k x) sont les fonctions :
1
x 7−→ exp(k x) + λ avec λ ∈ C.
k
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PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 1. PRIMITIVE ET INTÉGRALE D’UNE FONCTION CONTINUE 74
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• Pour calculer une primitive de f définie par :
f (t) = cos(bt) exp(at),
avec (a, b) ∈ R2 et (a, b) ̸= (0, 0), on peut utiliser l’égalité f = Re g avec g(t) =
...........................
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Théorème 1. (Admis)
Toute fonction à valeurs complexes f définie et continue sur l’intervalle I admet des primitives sur I
Définition 2
Remarque 29
Notation 5
R
Lorsque f est une fonction continue, la notation f (x)d x représente une primitive quelconque de la fonction f .
Avec les notations précédentes on a donc :
Z Z x
f (x)d x = f (t)d t + C t e .
a
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 1. PRIMITIVE ET INTÉGRALE D’UNE FONCTION CONTINUE 75
Théorème 2
Si f est une fonction continue sur [a, b] ,alors Re f et Im f sont continues sur [a, b] et on a
Z b Z b Z b
f (x)d x = Re( f (x))d x + i Im( f (x))d x.
a a a
Démonstration
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1.2. propriétés
Linéarité, relation de Chasles
Proposition 2
Démonstration
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Soit f une fonction continue sur le segment [a, b]. Soit c ∈]a, b[. Alors :
Z Z Z
f = f + f
[a,b] [a,c] [c,b]
Démonstration
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PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 1. PRIMITIVE ET INTÉGRALE D’UNE FONCTION CONTINUE 76
Proposition 4. Croissance
Démonstration
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PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 1. PRIMITIVE ET INTÉGRALE D’UNE FONCTION CONTINUE 77
Théorème 3
Démonstration
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f (x) = F (x) =
f (x) = F (x) = f (x) = F (x) =
1
x x ln x x ln x − x arctan(x)
e e 1 + x2
k(constante) kx ch(x) sh(x) 1
p arcsin(x))
sh(x) ch(x) 1 − x2
x α+1
x α , α ̸= −1 sin(x) − cos(x) 1
α+1 p Argch(x)
cos(x) sin(x) 2
x −1
1
ln |x|
x 1 1
tan(x) p Argsh(x)
1 p cos(x)2 1 + x2
p 2 x
x 1 + tan(x)2 tan(x) 1
Argth(x)
1 − x2
Si u est une fonction dérivable sur un intervalle I, on obtient par composition les formules suivantes, à
connaître également :
Fonction Primitive
u′ eu eu
Avec u > 0 sur I pour les trois fonctions suivantes
uα+1
u′ uα , (α ̸= −1)
α+1
u′
ln |u|
u
u′ p
p 2 u
u
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 1. PRIMITIVE ET INTÉGRALE D’UNE FONCTION CONTINUE 78
Fonction Primitive
Fonction Primitive
u′
u′ ch(u) sh(u) , (u ̸= π2 [2π] sur I) tan(u)
cos(u)2
u′ sh(u) ch(u)
u′ (1 + tan(u)2 ), (u ̸= π2 [2π] sur I) tan(u)
u′ sin(u) − cos(u)
u′
u′ cos(u) sin(u) p , (u ∈] − 1, 1[ sur I) arcsin(u))
1 − u2
u′
arctan(u) u′
1 + u2 p , (u > 1 sur I) Argch(u)
u′ u2 − 1
p Argsh(u) u′
1 + u2 , (u ∈] − 1, 1[ sur I) Argth(u)
1 − u2
1.4. Exemples
px + q
1. Primitivation de x 7−→ avec p, q, a, b, c ∈ R et a ̸= 0
+ bx + c
ax2
Les deux résultats ci-dessous sont utiles à connaître :
Z Z
dx 1 x dx 1 x −a
= arctan + λ = ln + λ.
x +a
2 2 a a 2
x −a 2 2a x +a
Démonstration
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.........................................................................................................
.........................................................................................................
.........................................................................................................
.........................................................................................................
.........................................................................................................
px + q
Plus généralement, soit la fonction numérique f : x 7−→ , où p, q, a, b, c sont réels (et
ax2 + bx + c
a ̸= 0).
R
On veut calculer f (x)d x, sur un intervalle I où le dénominateur de f ne s’annule pas.
2a x + b 1
p pb
La première idée est d’écrire : f (x) = + q − .
2a a x 2 + b x + c 2a a x 2 + b x + c
R 2a x + b
Cette décomposition permet d’utiliser d x = ln a x 2 + b x + c + λ.
ax2 + bx + c
R dx
Il reste donc à calculer .
ax2 + bx + c
Pour cela, on utilise la « forme canonique », et le discriminant ∆ = b2 − 4ac.
b 2 b2 b 2 ∆
2 2 b c c
ax + bx + c = a x + x + =a x+ − 2+ =a x+ − 2
a a 2a 4a a 2a 4a
Suivant le signe de a, on est donc ramené à l’une des trois situations suivantes :
R dx 1 x +α−β
• Si ∆ > 0 : = ln +λ
2
(x + α) − β 2 2β x +α+β
R dx 1
• Si ∆ = 0 : =− +λ
(x + α)2 x +α
R dx 1 x +β
• Si ∆ < 0 : = arctan +λ
2
(x + α) + β 2 β β
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 1. PRIMITIVE ET INTÉGRALE D’UNE FONCTION CONTINUE 79
Exemple 2
2x − 1
• Primitive de x 7−→ ........................................................
x2 − 2x + 1
........................................................................................
........................................................................................
........................................................................................
........................................................................................
−3x + 1
• Primitive de x 7−→ ........................................................
2x 2 − x + 1
........................................................................................
........................................................................................
........................................................................................
........................................................................................
x +3
• Primitive de x 7−→ 2 ........................................................
x − 3x + 2
........................................................................................
........................................................................................
........................................................................................
........................................................................................
1
2. Primitivation de x 7−→ avec ω ∈ C\R
x −ω
Soit ω un nombre complexe non réel.
1
Considérons la fonction complexe définie sur R par f (x) = .
x −ω
La fonction f est continue sur R et on se propose d’en calculer les primitives.
R dx R dx
Une erreur (catastrophique) consiste à écrire = ln |x − ω| + λ, ou = ln(x − ω) + λ.
x −ω x −ω
La deuxième expression n’a aucun sens car la fonction t 7→ ln(t) n’est définie, pour nous, que sur R∗+ .
En revanche (et avant de savoir ce qu’il convient réellement de faire), on peut s’interroger sur la première
expression, car l’application ϕ : x 7−→ ln |x − ω| est définie sur R.
Posons ω = a + i b, avec (a, b) dans R × R∗ .
1 x −a
Pour tout réel x, on a ϕ(x) = ln (x − a)2 + b2 = ln (x − a)2 + b2 donc ϕ ′ (x) =
p
.
2 (x − a)2 + b2
1 x −ω x − a + ib
Mais f (x) = = = , et on constate que ϕ ′ (x) n’est jamais égal à f (x).
x − ω |x − ω| 2 (x − a)2 + b2
Pour calculer correctement les primitives de f , voici la méthode :
R dx
R R x −ω R x − a + ib R x −a R dx
f (x)d x = = d x = d x = d x + i b
x −ω |x − ω|2 (x − a)2 + b2 (x − a)2 + b2 (x − a)2 + b2
1 x −a
= ln (x − a)2 + b2 + i arctan +λ
2 b
(avec λ quelconque dans C)
Proposition 5
Soit f et g deux fonctions de classe C 1 sur un intervalle [Link] tous a, b dans l’intervalle I, on a :
Z b Z b
f (x)g ′ (x)d x = f (b)g(b) − f (a)g(a) − f ′ (x)g(x)d x.
a a
Démonstration
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.............................................................................................................
.............................................................................................................
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.............................................................................................................
Remarque 30
Exemple 3
• Sur R+ on a : Z
ln x d x = ..................................................
• Sur R on a :
R
arctan x d x = ...............................................
= .................................................................
• On a : R
x2ex d x = ........................................
= .......................................................
= .............................................................
R π/2
• Si pour n ∈ N on pose I n = 0 sinn x d x, on peut écrire, pour n ⩾ 2 :
R π/2
I n = 0 sinn−1 x sin x d x
π R π/2 n−2
= − sinn−1 x cos x 02 + (n − 1) sin x cos2 x d x
R π/2 n−2
= (n − 1) sin x 1 − sin2 x d x
= (n − l) (I n−2 − I n )
ce qui donne :
n−1
In = I n−2
n
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 1. PRIMITIVE ET INTÉGRALE D’UNE FONCTION CONTINUE 81
Théorème 4
Soient I et J deux intervalles de R, ainsi que f : I −→ C une fonction continue sur I et ϕ : J −→ I une
fonction de classe C 1 sur J . Alors ∀α, β ∈ J, on a :
Z ϕ(β) Zβ
f (t)d t = f (ϕ(u))ϕ ′ (u)du.
ϕ(β) α
Démonstration
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Exemples
R π2
• 0
sin2 u cos udu = ..........................................
R2 p
• −1
4 − u2 udu = ..........................................
R ln x
• Pour calculer sur R+ la primitive d x, on écrit :
x
Z Z x
ln x ln u
dx = du + C t e
x 1 u
intégrale dans laquelle on peut faire le changement de variable t = ln u :
Z x Z ln x
ln u 1
du = t d t = (ln x)2
1 u 0 2
2. On utilise la formule de changement de variable de la gauche vers la droite
R 1/2 p
• Pour simplifier −1 1 − t 2 d t, on peut poser t = sin u en faisant varier u de −π/2 à π/6, ce qui
donne :
R 1/2 p
−1
1 − t2d t =
remarque : On aurait pu aussi choisir de faire varier u de −π/2 à 5π/6, mais il aurait alors fallu
couper l’intervalle [−π/2, 5π/6] , en utilisant la relation de Chasles, pour tenir compte de la
valeur absolue de cos u.
p
• Pour calculer une primitive de 1 − x 2 sur [−1, 1] , on écrit :
..............................................................................................
..............................................................................................
..............................................................................................
..............................................................................................
remarque : Bien qu’étant la somme de deux fonctions non dérivables en 1 et −1, la fonction
p
x 7−→ 21 arcsin x + 12 x 1 − x 2 est dérivable sur [−1, 1] comme primitive sur cet intervalle de la
p
fonction continue x 7−→ 1 − x 2
Théorème 5
Démonstration
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PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 2. ÉQUATION LINÉAIRE DE PREMIER ORDRE 83
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Il est possible de transformer une intégrale sur [a, b] en une intégrale sur [0, 1] ou [−1, 1].
Il suffit pour cela de poser x = a + t(b − a) : quand t parcourt [0, 1], x parcourt [a, b].
Rb R1
On obtient alors : a f (x)d x = (b − a) 0 g(t)d t, avec g(t) = f (a + t(b − a)).
a+b b−a
De même, en posant x = +t : quand t parcourt [−1, 1], x parcourt [a, b].
2 2
b−a R1 a+b b−a
Rb
On en déduit l’égalité : a f (x)d x = −1
h(t)d t, avec h(t) = f +t .
2 2 2
2.1. Définitions
• Une équation différentielle scalaire linéaire de premier ordre est une équation différentielle de la
forme :
(E) : α(t) y ′ (t) + β(t) y(t) = f (t) (notée plus simplement : α(t) y ′ + β(t) y = f (t))
où α, β, et f : I → K sont trois fonctions définies continues sur un intervalle I de R dans et y : I → K
une fonction dérivable inconnue.
• on appelle solution sur I de l’équation différentielle (E) toute fonction g dérivable de I dans K telle
que :
∀t ∈ I, α(t)g ′ (t) + β(t)g(t) = f (t)
.
• Résoudre , ou intégrer l’équation différentielle (E) revient à déterminer l’ensemble des fonctions
qui sont solutions de E .On notera S E cet ensemble .
• Si f est la fonction nulle , l’équation différentielle est dite homogène.
• On appelle équation homogène associée à (E) ou (équation sans second membre) l’équation
différentielle :
(H) : α(t) y ′ + β(t) y = 0
Remarque 31
β(t) f (t)
Lorsque le coefficient α ne s’annule pas sur I , (E) est équivalente à y ′ + α(t) y= α(t) , c’est-à-dire
′ β f
y + a(t) y = b(t) en posant a = α et b = α . On remarque que les fonctions a et b ainsi définies sont
continues sur l’intervalle I
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 2. ÉQUATION LINÉAIRE DE PREMIER ORDRE 84
Proposition 6
Si y p est une solution particulière de l’équation (E) et si SH désigne l’ensemble des solutions de
l’équation (H), l’ensemble des solutions de l’équation (E) est y p + g/g ∈ SH
Démonstration
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Proposition 7
Démonstration
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Proposition 8
Si A est une primitive sur I de la fonction a , alors les solutions de l’équation (H) sont les fonctions de
la forme :
t 7→ λe−A(t) avec λ∈K
Démonstration
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.............................................................................................................
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PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 2. ÉQUATION LINÉAIRE DE PREMIER ORDRE 85
.............................................................................................................
.............................................................................................................
Remarque 32
Si ϕ est une solution non nulle de (H) alors il en est de même de λϕ où λ ∈ K.Réciproquement, toute
solution de (H) est proportionnelle à ϕ . SH possède une structure de droite vectorielle.
Exemple 4
Principe de superposition
Proposition 9
Démonstration
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.............................................................................................................
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.............................................................................................................
.............................................................................................................
On commence toujours par regarder s’il n’y a pas de solution évidente,par exemple
1
• L’équation y ′ + x y = 2 a pour solution particulière la fonction x 7−→ x ;
′
• L’équation y + e x y = e x a pour solution particulière la fonction x 7−→ 1.
• y ′ + t y = t...............................................
• y ′ (t) sin t − y(t) cos t = 1..............................................
Sinon on peut appliquer l’une des méthodes suivantes :
= y0 (t)λ′ (t)
et donc λ y0 est solution de (E) si la fonction λ vérifie :
b(t)
∀t ∈ I, λ′ (t) =
y0 (t)
b
c’est-à-dire si λ est une primitive de la fonction :
y0
Z
b(t)
λ(t) =
y0 (t)
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 2. ÉQUATION LINÉAIRE DE PREMIER ORDRE 87
Remarque 33
Ce qui précède prouve que l’équation différentielle (E) admet toujours des solutions sur I, puisqu’une
telle solution y0 non nulle de (H) ne s’annule pas sur I.
Exemple 5
Résoudre :
2t et
• y ′ (t) + y(t) = ;
1 + t2 1 + t2
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
• y ′ − y = cos x + x
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
.............................................................................................
1. Si le second membre est constant, par exemple b(t) = λ où λ ∈ K, alors une solution particulière est
λ
y p (x) =
a
2. Si le second membre est de la forme b(t) = P(t) où P est un polynôme de degré n ,alors on peut chercher
une solution particulière sous la forme y p (t) = Q(t) avec Q un polynôme de degré n.
3. Si le second membre est de la forme b(t) = λ cos(t) + µ sin(t) alors on peut chercher une solution
particulière sous la forme : y p (t) = c1 cos(t) + c2 sin(t). Les constantes c1 et c2 sont déterminés en
remplaçant y p et y p′ dans (E)
4. Si le second membre est de la forme b(t) = eαt Pn (t) où Pn est un polynôme de degré n :
• 1er cas : si α ̸= −a , alors on cherche une solution sous la forme y p (t) = eαt Q n (t) où Q n est un
polynôme de degré n.
• 2eme cas : si α = −a , on cherche une solution sous la forme y p (t) = t eαt Q n (t) où Q n est un
polynôme de degré n.
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 2. ÉQUATION LINÉAIRE DE PREMIER ORDRE 88
Démonstration
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Exercice 1
Résoudre les équations différentielles suivantes et préciser les intervalles où sont définies les solutions :
1. y ′ + 2 y = 2 cos(t) ;
2. y ′ + y = e t ;
3. y ′ + y = t e−t ;
4. x y ′ (x) + y(x) = x 2 + e x ;
5. y ′ + ln(x) y(x) = ln(x) ;
6. y ′ + y = t cos t.
Corrigé
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PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES3. ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE LINÉAIRE DU SECOND ORDRE À COEFFICIENTS CONS
Proposition 10
Exemple 6
y(0) = 1
..................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
...................................................................................................
Démonstration
Voir TD
Exercice 2
Chercher une condition nécessaire et suffisante sur r ∈ K telle que t 7→ e r t soit solution de (H).
Corrigé
Solution
Soit r ∈ K et u : I → K, r 7→ e r t :
u ∈ SH ⇐⇒ u′′ + au′ + bu = 0
⇐⇒ ∀t ∈ I, r 2 e r t + ar e r t + be r t = 0
⇐⇒ r 2 + ar + b = 0
Démonstration
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Exercice 3
Corrigé
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Démonstration
• Si ∆ < 0, l’équation caractéristique possède deux solutions complexes non réelles et conjuguées :
α = r + is et β = r − is . Soit u : I → R, alors :
u ∈ SH ⇐⇒ ∃λ0 , µ0 ∈ C, ∀t ∈ I u(t) = λ0 eαt + µ0 eβ t
Puisque u est à valeurs réelles
1
u(t) = (u(t) + u(t))
2
1
= e r t (λ0 + µ0 )e−ist + (λ0 + µ0 )e ist
2
= e r t Re [λ0 + µ0 ]e ist
= e r t Re γe ist avec γ = λ0 + µ0
En posant γ = λ − iµ où (λ, µ) ∈ R2 ,et après regroupement des termes en sinus et en cosinus on aura :
u(t) = e r t (λ cos(st) + µ sin(st))
Remarque 34
Dans les deux cas les solutions de (H) s’expriment comme combinaisons linéaires de deux fonctions
non proportionnelles.
L’ensemble des solutions SH possède donc une structure de plan vectoriel.
PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES3. ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE LINÉAIRE DU SECOND ORDRE À COEFFICIENTS CONS
Exercice 4
Corrigé
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Proposition 13
Démonstration
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PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES3. ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE LINÉAIRE DU SECOND ORDRE À COEFFICIENTS CONS
Démonstration
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Résolution de l’équation avec second membre de la forme Pn (t)eαt avec Pn polynôme de degré n
Théorème 6
• 1er cas : si α n’est pas solution de l’équation caractéristique, on cherche une solution particu-
lière sous la forme :
• 3 eme cas : si α est solution de l’équation caractéristique avec ∆ = 0, on cherche une solution
particulière sous la forme :
Démonstration
Á titre d’exercice
Exercice 5
Corrigé
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PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES3. ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE LINÉAIRE DU SECOND ORDRE À COEFFICIENTS CONS
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Démonstration
À titre d’exercice
Exercice 6
Trouver la solution de ′′ ′
y + 2y + 2y = e
x
y(1) = 0
y ′ (1) = 2
Corrigé
Chapitre
8
Calcul matriciel
1. Ensembles de matrices
1.1. Définitions
Une matrice à n lignes et p colonnes à coefficients dans K est une suite A = (ai, j ) 1⩽i ⩽n d’éléments de K
1⩽ j ⩽ p
déclarée sous forme d’un tableau à double entrée où i designe l’indice des lignes et j celui des colonnes. On
écrit alors :
a11 a12 · · · a1 j · · · a1p
21 a22 · · · a2 j · · · a2p
a
. .. .. ..
.
. . . .
A=
ai1 ai2 · · · ai j · · · aip
.. .. .. ..
. . . .
an1 an2 · · · an j · · · anp
L’ensemble des matrices à n lignes et p colonnes à coefficients dans K,(on dit aussi de type (n, p)) se note
Mn,p (K).
Matrices particulières
• Matrices carrées : On appelle matrice carrée d’ordre n toute matrice de type (n, n).
On note Mn (K) l’ensemble des matrices carrées d’ordre n à coefficients dans K.
• Soit A(ai, j )1⩽i ⩽n une matrice carrée
1⩽ j ⩽n
▶ A est dite triangulaire supérieure si ∀i, j ∈ [[1, n]] , i > j =⇒ ai j = 0, c’est-à-dire si A est
de la forme :
a11 a12 · · · a1p
.. ..
0 . .
A=
.. . . . . ..
. . . .
0 · · · 0 ann
▶ A est dite triangulaire inférieure si ∀i, j ∈ [[1, n]] , i < j =⇒ ai j = 0, c’est-à-dire si A est de
la forme :
a11 0 · · · 0
..
a21 . . . . . .
.
A= .
.. ..
. 0
an1 · · · · · · ann
n
X
▶ La famille (a1,1 , a2,2 , . . . , an,n ) s’appelle diagonale de A et la quantité aii s’appelle trace
i=1
de A. On note tr(A).
▶ A est dite diagonale si ∀i, j ∈ [[1, n]] , i ̸= j =⇒ ai j = 0, c’est-à-dire si A est de la forme :
a11 0 ··· 0
.. .. ..
0 . . .
A=
.
.. .. ..
. . 0
0 ··· 0 ann
Cette matrice se note Diag(a11 , . . . , ann ).
▶ A est dite matrice scalaire si A est une matrice diagonale dont tous les éléments diagonaux
sont égaux.
La matrice scalaire Diag(1, . . . , 1) est dite matrice identité et notée I n .
1 0 ··· 0
0 1 · · · 0
In = .
. . . ..
. . .
0 0 ··· 1
Soit A = (ai j ) et B = (bi j ) deux matrices de Mn,p (K) , on appelle Somme de A et B, la matrice A + B définie
par :
A + B = (ai j + bi j ) ∈ Mn,p (K)
CALCUL MATRICIEL 1. ENSEMBLES DE MATRICES 97
Exemple 1
1 0 −1 3 −1 −3 1 −7 0 −3 0 −4
8 3 0 −6 + 3 −3 9 −3 = 11 0 9 −9
4 8 −12 0 4 4 −1 2 8 12 −13 2
Soit A = (ai j ) une matrices de Mn,p (K) et λ ∈ K. On appelle produit de la matrice A par le scalaire λ la
matrice λA définit par :
λA = (λai j ) ∈ Mn,p (K)
Exemple 2
1 0 −1 3 2 0 −2 6
2. 8 3 0 −6 = 16 6 0 −12
4 8 −12 0 8 16 −24 0
Définition 1
1 si i = j
• Symbole de Kronecker : est le nombre δi j = pour tout i, j ∈ N
0 si i ̸= j
• Pour deux indices i ∈ [[1, n]] et j ∈ [[1, p]], on définit la matrice élémentaire Ei j ∈ Mn,p (K) par :
j ème colonne
↓
0 0 ··· 0 ··· 0
.. .. .. ..
. . . .
Ei j = 0 0 · · · 1 · · · 0
← i
ème
ligne
. . . .
.. .. .. ..
0 0 ··· 0 ··· 0
Tous les coefficients de la matrice Ei j sont nuls sauf celui qui se trouve à l’intersection de la ligne i
et de la colonne j qui vaut 1.
• Avec le symbole de Kronecker on a ∀(i, j) ∈ [[1, n]] × [[1, p]]
Ei, j = αl,k avec αl,k = δi,l δk, j
Proposition 1
Démonstration
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CALCUL MATRICIEL 1. ENSEMBLES DE MATRICES 98
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Produit de matrices
Définition 2
Soient A ∈ Mn,m (K), soit B ∈ Mm,p (K), on appelle produit de A par B la matrice C = (ci, j ) 1⩽i ⩽n de
1⩽ j ⩽ p
Mn,p (K) notée A × B et définie par :
m
X
∀(i, j) ∈ [[1, n]] × [[1, p]] , ci j = [A × B]i j = aik bk j
k=1
Dans le calcul de ci j interviennent les coefficients de la i-ème ligne de A et les coefficients de la j-ème
colonne de B ce que l’on peut visualiser de la façon suivante :
a11 · · · a12 b11 · · · b1 j ··· b1p
··· a1m
. .. ..
..
. .. .. . .
..
. .
−−−−−−−−→ bk1 · · · bk j ··· bkp
ai1 · · · aik ···
aim multiplication
.. .. ..
.. .. .. . . .
. . .
bm1 · · · bm j ··· bmp
an1 · · · ank ··· anm
m
X m
X m
X
a1k bk1 · · · a1k bk j ··· a1k bkp
k=1 k=1 k=1
.. .. ..
. . .
m m m
X X X
aik bk1 · · · aik bk j ··· aik bkp
k=1 k=1 k=1
.. .. ..
. . .
m m m
X X X
ank bk1 · · · ank bk j ··· ank bkp
k=1 k=1 k=1
Remarque 35
Attention
à la condition d’existence de AB : nombre de colonnes de A = nombre de lignes de B.
CALCUL MATRICIEL 1. ENSEMBLES DE MATRICES 99
Exemple 3
1 −1
1 −1 0
• × −1 1 = ...........................
4 −2 1
7 0
1 −1 0 1
• 4 −2 1 × 1 = .............................
1 1 1 0
1
• 1 2 3 2 = ............
3
1
• 2 1 2 3 = ...............................
3
Remarque 36
▶ Contrairement à ce qui se passe pour la multiplication dans K, on peut avoir AB = 0n,p avec
A ̸= 0n,m et B ̸= 0m,p . Par exemple,
0 1 0 1 0 0
× =
0 0 0 0 0 0
▶ Si X est une matrice colonne, AX est une combinaison
linéaire des colonnes de A;
x1
x
2
Si A = ai, j 1⩽i ⩽n = (C1 C2 · · · Cm ) et X = . alors
1⩽ j ⩽m ..
xm
m
X
AX = x j .C j
j=1
m
X m
X m
X
aik bk1 · · · aik bk j ··· aik bkp =
k=1 k=1 k=1
b1,1 · · · b1, j ··· b1,p
. .. ..
ai,1 · · · ai, j · · · ai,m × .. . .
bm,1 · · · bm, j ··· bm,p
CALCUL MATRICIEL 1. ENSEMBLES DE MATRICES 100
1. Les produits AB et BA ne sont simultanément possibles que si A est de type (n, p) et B de type (p, n).
2. La matrice AB est alors carrée d’ordre n, tandis que BA est carrée d’ordre [Link] n =
̸ p, les matrices AB et
BA, de formats différents, sont évidemment distinctes !
3. Si A et B sont toutes deux carrées d’ordre n, alors AB et BA sont encore carrées d’ordre n, mais là
encore on a en général AB ̸= BA. Dans le cas contraire (très rare), on dit que les matrices carrées A et B
commutent.
Exemple 4
1 −1 0 1
Posons A = et B = on a :
2 1 1 −1
1 −1 0 1 −1 2
A× B = × =
2 1 1 −1 1 1
0 1 1 −1 2 1
B×A= × =
1 −1 2 1 −1 −2
AB ̸= BA
Proposition 2
Démonstration
Montrons l’associativité du produit matriciel (les autres points se démontrent de la même façon). Soient
A = (ai, j ) 1⩽i ⩽n , B = (bi, j )1⩽i ⩽ p et C = (ci, j )1⩽i ⩽q des matrices. Alors A × (B × C); (A × B) × C ∈ Mn,r (K), et
1⩽ j ⩽ p 1⩽ j ⩽q 1⩽ j ⩽ r
pour tout (i, l) ∈ [[1, n]] × [[1, r]], on a :
Xp p
X q
X p X
X q
[A × (B × C)]i,l = ai, j [B × C] j,l = ai, j b j,k ck,l = ai, j b j,k ck,l
j=1 j=1 k=1 j=1 k=1
CALCUL MATRICIEL 1. ENSEMBLES DE MATRICES 101
et
q
X q X
X p p X
X q
[(A × B) × C]i,l = [A × B]i,k ck,l = ai, j b j,k ck,l = ai, j b j,k ck,l
k=1 k=1 j=1 j=1 k=1
Donc (AB)C = A(BC).
Exercice 1
Soit Ei j une matrices élémentaires de Mn,p (K) et Elk une matrices élémentaires de M p,q (K). Calculer
le produit Ei j El k .
Corrigé
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.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
1.4. Transposition
1. La transposée de A ∈ Mn,p (K) est la matrice notée tA possédant p lignes et n colonnes, dont l’élément
générique bi j vaut a ji . On a évidemment :
▶ t tA = A,
▶ A est triangulaire supérieure si, et seulement si, tA est triangulaire inférieure.
2. Une matrice carrée A est :
▶ symétrique si tA = A,
▶ antisymétrique si tA = −A, où −A est la matrice obtenue en multipliant par −1 tous les coefficients
de A.
Exemple 5
1 0
1. A = 0
−2 sa transposée est t A = ....................
1 3
1 2 3
2. A = 4 5 6 sa transposée est t A = ..................
7 8 9
1 −1
3. Soit A = ,on a t A = A donc A est symétrique
−1 2
0 1
4. Soit A = ,on a t A = −A donc A est antisymétrique
−1 0
CALCUL MATRICIEL 2. OPÉRATIONS ÉLÉMENTAIRES SUR LES MATRICES 102
Proposition 3
Démonstration
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.............................................................................................................
Matrices de transvection
Définition 3
Ti j (λ) = I n + λEi j .
avec 1 ⩽ i ̸= j ⩽ n et λ ∈ K
Matrices de dilatation
Définition 4
Di (λ) = I n + (λ − 1)Eii .
avec 1 ⩽ i ⩽ n et λ ∈ K
Matrices de transposition
Définition 5
Exemple 6
Pour n = 2, on a :
1 λ
1 0 0 1
D2 (λ) = ; P1,2 = ; T1,2 (λ) = .
0 λ 1 0 0 1
Remarque 37
Si A′ est déduite de A par une opération élémentaire, alors A peut se déduire de A′ par une opération
élémentaire. Par exemple,on a les transformations suivantes.
Passage de A à A′ Passage de A′ à A
L i ←− L i + λL j L i ←− L i − λL j
L i ←− λL i L i ←− λ−1 L i
L i ←→ L j L i ←→ L j
Ci ←− Ci + λC j Ci ←− Ci − λC j
Ci ←− λCi Ci ←− λ−1 Ci
Ci ←→ C j Ci ←→ C j
Définition 6
Deux matrices A et A′ sont dites équivalentes par lignes (respecivement équivalentes par colonnes)
si elles se déduisent l’une de l’autre par une suite finie d’opérations élémentaires sur les lignes (respec-
tivement sur les colonnes).On note A ∼ L A′ (respectivement A ∼C A′ )
Proposition 4
En écriture matricielle,le passage de A à B par chaque opération élémentaire sur les lignes revient à
multiplier la matrice A à gauche par une matrice carée particukière P d’ordre n.
• Echange de deux lignes Li ←→ Lj :revient à multiplier à gauche la matrice A par la matrice
de permutation P = Pi j
• Multiplication d’une ligne par un scalaire Li ←− λLi : revient à multiplier à gauche la
matrice A par la matrice de dilatation P = Di (λ)
• Addition d’un multiple d’une ligne à une autre Li ←− Li + λLj : revient à multiplier à gauche
la matrice A par la matrice de transvection P = Ti j (λ)
Démonstration
Remarque 38
Dans chacun des cas, la matrice P se déduit de la matrice I n par la même opération élémentaire que
celle qui permet de passer de A à B ;
Exemple 7
−2 1 −1
On considère la matrice A = 1 1 2 . Par opérations élémentaires sur les lignes appliquées à
3 −2 1
A on a.
−2 1 −1
L ←→ L2
1 1 2 1
revient à multiplier à gauche parP1,2
3 −2 1
2 L2 ←− L2 + 2L1
1 1
−2 1 −1 L3 ←− L3 − 3L1
3 −2 1 revient à multiplier à gauche parT3,1 (−3)etT2,1 (2)
1 1 2
0 3 3
0 −5 −5
L2 ←− 13 L2
revient à multiplier à gauche parD2 31
1 1 2 L1 ←− L1 − L2
0 1 1 L3 ←− L3 + 5L2
0 −5 −5 revient à multiplier à gauche parT3,2 (5)etT1,2 (−1)
1 0 1
0 1 1
0 0 0
CALCUL MATRICIEL 3. SYSTÈMES LINÉAIRES 107
1 0 1
Ainsi,la matrice E = 0 1 1 vérifie E = PA, avec :
0 0 0
1
P = T3,2 (5) × T1,2 (−1) × D2 × T3,1 (−3) × T2,1 (2) × P1,2
3
Proposition 5
Le passage de A à B par chaque opération élémentaire sur les colonnes revient à multiplier la matrice
A à droite par une matrice carée d’ordre p particulière.
• Échange de deux colonnes Ci ←→ Cj :revient à multiplier à droite la matrice A par la matrice
de permutation Pi j
• Multiplication d’une colonne par un scalaire Ci ←− λCi : revient à multiplier à droite la
matrice A par la matrice de dilatation Q = Di (λ)
• Addition d’un multiple d’une colonne à une autre Ci ←− Ci + λCj : revient à multiplier à
droite la matrice A par la matrice de transvection Q = T ji (λ)
3. Systèmes linéaires
où les inconnues sont x 1 , ...., x p , des éléments de K, et où les (ai, j ) 1⩽i ⩽n sont des scalaires fixés.
1⩽ j ⩽ p
Remarque 39
Un système homogène est toujours compatible puisqu’il possède toujours (0, ...., 0) comme solution.
Proposition 6
L’ensemble des solutions d’un système homogène :(S0 ) AX = 0n,1 est stable par combinaisons linéaires.
Autrement dit si X 1 , X 2 ∈ M p,1 (K) deux solutions de S0 et λ, µ ∈ K deux scalaires alors λX 1 + µX 2 est
encore solution de S0 .
Démonstration
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.............................................................................................................
.............................................................................................................
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.............................................................................................................
Proposition 7
Le système AX = B est compatible si, et seulement si, B est combinaison linéaire des colonnes de A.
Démonstration
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Proposition 8
Les solutions du système compatible AX = B sont les X 0 + Y , où X 0 est une solution particulière et où
Y parcourt l’ensemble des solutions du système homogène associé.
CALCUL MATRICIEL 3. SYSTÈMES LINÉAIRES 109
Démonstration
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Proposition 9
Toute opération élémentaire transforme un système en un système qui est lui équivalent.
• Si tous les coefficients ai,1 devant x 1 sont nuls, alors x 1 n’apparaît dans aucune équation. Donc sa valeur
n’a aucune importance. On résout donc le système (S ′ ) qui est le même que (S), mais vu en tant que
système des p − 1 inconnues x 2 , ...., x p .
• Si l’un des ai,1 est non nul, quitte à échanger deux lignes, on suppose qu’il s’agit de a1,1 . Le coefficient
ai,1 que l’on choisit de mettre sur la première ligne est appelé pivot.
ai,1
Pour tout i ∈ [[2, n]], réalisons l’opération L i ←− L i − L1 (ou ce qui est équivalent, l’opération
a1,1
L i ←− a1,1 L i − ai,1 L1 ), ce qui ne change pas l’ensemble des solutions, et a pour effet de faire disparaître
les termes en x 1 de toutes les équations suivant la première.
Le système (S) e obtenu est alors de la forme
+ ··· + a = eb2
a
b22 x 2 e2p x p
.. .. ..
. . .
en2 x 2 + · · · + a = ebn
a enp x p
On résout alors ce système suivant la même méthode, et alors, à toute solution (x 2 , ...., x p ) de ce système
correspond une unique solution (x 1 , ..., x p ) de (S)
e (et donc de (S)). Pour l’obtenir, il suffit de réinjecter
CALCUL MATRICIEL 4. ENSEMBLE Mn (K) DES MATRICES CARRÉES 110
les valeurs de x 2 , ...., x p dans l’équation a11 x 1 + a12 x 2 + · · · + a1p x p = b1 afin de déterminer la valeur de
x 1 correspondante.
À chaque étape, nous sommes ramenés à la résolution d’un système qui comporte une équation de moins,
ce qui finira toujours par aboutir à une seule équation.
Il s’agit donc de savoir résoudre les systèmes formé d’une seule équation .
Définition 7
Pour tout entier k ∈ N et pour toute matrice A ∈ Mn (K), on appelle puissance k-iéme de A la matrice,
notée Ak , définie par :
• Si k = 0, A0 = I n .
• Si k = 1, A1 = A.
• Si k ⩾ 2, Ak = A | × {z
... × A
}
kfois
Remarque 40
On a pour toute matrice A ∈ Mn (K) et tout k ∈ N, A × Ak = Ak × A. Ainsi A commute avec toutes les
puissances de A. Elle commute en particulier avec tout polynôme en A (i.e. toute combinaison linéaire
de puissances de A).
Xq
Si P = λk X k un polynôme de K[X ] et A ∈ Mn (K) alors A × P(A) = P(A) × A où
k=0
q
X
P(A) = λk Ak = λ0 I n + λ1 A + λ2 A2 + ... + λq Aq
k=0
Exemple 8
Proposition 10
Démonstration
La deuxième somme est obtenue en effectuant dans la première somme le changement d’indice k ←− p −
k,maintenant on montre la première égalité par récurrence :
p
0 0 0−0
X p k p−k
• Pour p = 0 ; on a(A + B) p = I n et A B = A B = I n ,donc l’égalité est vraie pour p = 0
k=0
k 0
• On fixe p ∈ N ,supposons que l’égalité est vraie pour p,on a
p
X p k p−k
(A + B) p+1 = (A + B) × (A + B) p = (A + B) × A B
k=0
k
p p
X p k+1 p−k X p
= A B + B × Ak B p−k
k=0
k k=0
k
p p
X p k+1 p−k X p k p+1−k
(car AB = BA) = A B + A B
k=0
k k=0
k
| {z }
avec le changement k←−k+1
p+1 p
X p X p k p+1−k
= Ak B p+1−k + A B
k=1
k − 1 k=0
k
p
X p p
= Ap+1 + + Ak B p+1−k + B p+1
k=1
k − 1 k
p
p + 1 k p+1−k
X
Par la formule de Pascal = Ap+1
+ A B + B p+1
k=1
k
p+1
p + 1 k p+1−k
X
= A B
k=0
k
Définition 8
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
On exprime cette propriété en disant que J est nilpotente, et que son indice de nilpotence est 4.
CALCUL MATRICIEL 4. ENSEMBLE Mn (K) DES MATRICES CARRÉES 112
Définition 9
Avec cette définition, on convient que la matrice nulle est nilpotente d’indice 1.
Remarque 41
Par la contraposée : si A est dans Mn (K) et si An ̸= 0, il est certain que A n’est pas nilpotente .
Proposition 12
Démonstration
• Bien sûr si A est nilpotente d’indice p ⩾ 1, il suffit d’écrire 0 = Ap = AAp−1 (avec Ap−1 ̸= 0) pour réaliser
que A est un diviseur de zéro.
1 1
• La matrice A = est un diviseur de zéro mais elle n’est pas nilpotente.
1 1
Exemple 9
1 1 0 0 0 1 0 0
0 1 1 0
0 0 1 0
1. Soit A =
0 . La matrice A s’écrit A = I4 + T avec T = .
0 1 1 0 0 0 1
0 0 0 1 0 0 0 0
0 0 1 0 0 0 0 1
0 0 0 1
3 0 0 0 0
On a facilement : T 2 =
0 0 0 0 , T = 0 0 0 0 puis T = 0 si
k
k ⩾ 4.
0 0 0 0 0 0 0 0
p(p−1) p(p−1)(p−2)
1 p 2 6
p(p − 1) p(p − 1)(p − 2)
p(p−1)
0 1 p
On en déduit : Ap = I4 + pT + T2 + T3 = 2
2 6 0 0 1 p
0 0 0 1
2 1 1 1 1 1 1 1
1 2 1 1 1 1 1 1
2. La matrice A =
1 1 2 1 s’écrit A = I4 + J avec J = 1 1 1 1.
1 1 1 2 1 1 1 1
On trouve facilement J = 4J, donc J = 4 J pour k ⩾ 1 (mais attention, c’est faux si k = 0).
2 k k−1
CALCUL MATRICIEL 4. ENSEMBLE Mn (K) DES MATRICES CARRÉES 113
Proposition 13
Démonstration
Montrons cette proposition lorsque A = (ai, j ) et B = (bi, j ) sont triangulaires supérieures,le cas des matrices
triangulaires inférieures se gère de la même de façon.
Pour 1 ⩽ j < i ⩽ n, on a ai, j = bi, j = [Link] :
n
X i−1
X n
X
ci, j = ai,k bk, j = ai,k bk, j + ai,k bk, j
k=1 k=1 k=i
i−1
X n
X
= 0 × bk, j + ai,k × 0 = 0
k=1 k=i
car pour la deuxième somme k ⩾ i > j et donc bk, j = 0. Donc C = A × B est bien triangulaire supérieure.
De plus, pour tout 1 ⩽ i ⩽ n,
n
X i−1
X n
X
ci,i = ai,k bk,i = ai,k bk,i + ai,i bi,i + ai,k bk,i
k=1 k=1 k=i+1
i−1
X n
X
= 0 × bk, j + ai,i bi,i + ai,k × 0 = ai,i bi,i .
k=1 k=i+1
Enfin, puisqu’une matrice est diagonale si et seulement si elle est triangulaire supérieure et inférieure,
le résultat en découle directement pour les matrices diagonales.
CALCUL MATRICIEL 4. ENSEMBLE Mn (K) DES MATRICES CARRÉES 114
Proposition 14
Soient A, A′ , B, B ′ , C, C ′ , D, D′ des matrices à coefficients dans K dont les tailles sont comme ci-dessous.
Alors
q q′ r r′ r r′
↔ ↔! ↔ ↔ ↔ ↔
p↕ A B A′ B′
=
′
AA + BC ′ ′
AB + BD ′
p′ ↕ C D C′ D′ CA′ + DC ′ C B ′ + DD′
A B
Il faut bien comprendre dans cette définition, que la matrice ne désigne pas une matrice dont
C D
les coefficients seraient eux-mêmes des matrices, mais bien une matrice à coefficients dans K, de taille
(p + p′ , q + q′ ), dont les coefficients sont :
La formule affirme alors que le produit se fait comme si on faisait un produit de matrices 2 × 2.
Démonstration
′
A B′
A B
Notons M = ∈ M p+p′ ,q+q′ (K) et M =′
∈ Mq+q′ ,r+r ′ (K)
C D C ′ D′
La preuve est plus fastidieuse à écrire qu’à comprendre. Pour bien la comprendre, faites le produit avec vos
mains : le coefficient situé, par exemple, à la première ligne et première colonne de M M ′ : vous allez faire les
produits des coefficients de la première ligne de M par ceux de la première colonne de M ′ . Et les q premiers
coefficients de la première ligne de M sont ceux de la première ligne de A, pendant que les q premiers coefficients
de la première colonne de M ′ sont ceux de la première colonne de A′ . Donc on commence en fait par calculer le
coefficient (1, 1) de AA′ . Puis, les q′ coefficients suivants de la première ligne de M sont ceux de la première
ligne de B, et les q′ coefficients suivants de la première colonne de M ′ sont ceux de la première colonne de C ′ .
Donc nous sommes en train de calculer le coefficient (1, 1) de BC ′ . Et donc au final,
[A]i, j
si 1 ⩽ i ⩽ p et 1 ⩽ j ⩽ q
[B]
si 1 ⩽ i ⩽ p et q + 1 ⩽ j ⩽ q + q′
i, j−q
[M ]i, j =
[C]i−p, j si p + 1 ⩽ i ⩽ p + p′ et 1 ⩽ j ⩽ q
[D]i−p, j−q si p + 1 ⩽ i ⩽ p + p′ et q + 1 ⩽ j ⩽ q + q′
et
[A ]i, j
′
si 1 ⩽ i ⩽ q et 1 ⩽ j ⩽ r
[B ′ ]
si 1 ⩽ i ⩽ q et r + 1 ⩽ j ⩽ r + r ′
i, j−r
[M ′ ]i, j =
[C ′ ]i−q, j si q + 1 ⩽ i ⩽ q + q′ et 1 ⩽ j ⩽ r
[D ]i−q, j−r si q + 1 ⩽ i ⩽ q + q′ et r + 1 ⩽ j ⩽ r + r ′
′
Il y a alors 4 cas à distinguer lors du calcul du coefficient (i, j) de M M ′ , suivant qu’on se trouve dans le bloc
en haut à gauche, en haut à droite, etc. de M M ′ . Je ne traite q’un cas (Celui du bloc supérieur gauche., celui où
1 ⩽ i ⩽ p et 1 ⩽ j ⩽ r, les autres sont identiques. Soit donc (i, j) ∈ ⟦1, p⟧ × ⟦1, r⟧. Alors,
CALCUL MATRICIEL 5. MATRICES CARRÉES INVERSIBLES 115
′
q+q
X
[M M ]i, j
′
= [M ]i,k [M ′ ]k, j
k=1
′
q
X q+q
X
= [A]i,k [A′ ]k, j + [B]i,k−q [C ′ ]k−q, j
k=1 k=q+1
′
q
X
= [AA′ ]i, j + [B]i,ℓ [C ′ ]ℓ, j
ℓ=1
= [AA′ ]i, j + [BC ′ ]i, j = [AA′ + BC ′ ]i, j .
Ce qui est bien le résultat annoncé.
Définition 10
1. Une matrice A ∈ Mn (K) est inversible s’il existe une matrice B vérifiant :
AB = BA = I n .
2. On désigne par G L n (K) l’ensemble des éléments inversibles de Mn (K),appelé groupe linéaire.
Remarque 42
1. Une matrice B vérifiant la relation ci-dessus est [Link] effet, si B1 et B2 satisfont toutes deux
ces égalités, alors : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
................................................................................................
Elle s’appelle inverse de A et se note A−1 .
2. Si A est inversible, alors : AC = AD =⇒ .......................................................
................................................................................................
Et de même, CA = DA =⇒ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
................................................................................................
3. Si A est inversible, alors A−1 est ...............................................................
................................................................................................
Exemple 10
................................................................................................
................................................................................................
................................................................................................
................................................................................................
................................................................................................
• Les matrices d’opérations élémentaires sont inversibles, et on a pour tout 1 ⩽ i, j ⩽ n et λ ∈ K, µ ∈
K∗ :
1
−1
Di (µ) = Di ; Pi,−1
j = Pi, j ; Ti, j (λ)−1 = Ti, j (−λ).
µ
CALCUL MATRICIEL 5. MATRICES CARRÉES INVERSIBLES 116
2 1 1
• Soit A = 1 2 1. On vérifiera que A2 = 5A − 4I3 . En particulier, on a :
1 1 2
5 1 2 5 1 5 1
I3 = A − A = A × In − A = I n − A × A.
4 4 4 4 4 4
3/4 −1/4 −1/4
−1 5 1
Ainsi, A est inversible et A = 4 I n − 4 A = −1/4 3/4 −1/4.
−1/4 −1/4 3/4
Remarque 43
Pour une matrice carrée de type (2, 2) quelconque, on vérifiera la relation suivante :
a b a b
= (a + d) − (ad − bc)I2 .
c d c d
En procédant comme précédemment, on déduit de cette relation la proposition suivante
Proposition 15
a b
La matrice A = est inversible si et seulement si ad − bc ̸= 0. Et dans ce cas, son inverse est :
c d
−1 1 d −b
A =
ad − bc −c a
Le scalaire ad − bc s’appelle le déterminant de A et se note det(A).
Démonstration
exercice
• Si A et B sont inversibles, alors AB est inversible et (AB)−1 = B −1 A−1 (l’ordre est important !). ;
t −1 t
= (A−1 ).
t
• Si A est inversible si,et seulement si A est inversible et l’on a en cas de l’inversibilité A
Remarque 44
L’ensemble GLn (K) est donc stable pour le produit matriciel (mais pas pour la somme !).
Démonstration
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.............................................................................................................
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CALCUL MATRICIEL 5. MATRICES CARRÉES INVERSIBLES 117
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Corollaire 1
Réaliser des opérations élémentaires sur les lignes ou/et sur les colonnes d’une matrice ne change pas
son inversibilité
Théorème 1
Démonstration
• Notons qu’un sens est évident : si A ∈ Mn (K) est inversible, en multipliant à gauche par A−1 alors
AX = 0n,1 =⇒ X = A−1 0n,1 = 0n,1 .
• Pour l’implication réciproque procédons par récurrence sur la taille de la matrice, et pour n ∈ N∗ , notons
P (n) la proposition :
−LY + LY
−LY 1 −LYL 0
PA = = = = 0n+1,1 .
Y 0n,1 YB 0n,1 + BY 0n,1
−LY
Donc en multipliant à gauche par P −1 , A = P −1 0n+1,1 = 0n+1,1 .
Y
Étant donnée l’hypothèse faite sur A, on a donc
−LY
= 0n+1,1 ,
Y
et en particulier, Y = 0n,1 . Et donc nous venons de prouver que BY = 0n,1 ⇒ Y = 0n,1 .
D’après l’hypothèse de récurrence, B est donc inversible. Mais
1 L
0n,1 B
est inversible d’inverse
−LB −1
1
,
0n,1 B −1
puisque
−LB −1 L − LB −1 B
1 1 L 1 1 01,n
−1 = −1 = = I n+1 .
0n,1 B 0n,1 B 0n,1 B B 0n,1 In
1 L
Donc A = P −1
est inversible.
0n,1 B
Ainsi, P (n + 1) est vraie, et donc pour tout n ∈ N∗ , P (n) est vraie.
Proposition 17
Démonstration
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.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
.............................................................................................................
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CALCUL MATRICIEL 5. MATRICES CARRÉES INVERSIBLES 119
Corollaire 2
Pour A ∈ Mn (K). Alors A est inversible si et seulement si Pour tout B ∈ Mn,1 (K), le système AX = B
admet une unique solution .
Corollaire 3
Pour A ∈ Mn (K). Alors A est inversible si et seulement si Pour tout B ∈ Mn,1 (K), le système AX = B
admet au moins une solution .
60 0 0 0 960 −7200 14400 −8400
0 10 0 0 −1200 12000 −27000 16800
0 0 2 0 480 −5400 12960 −8400
0 0 0 3 −420 5040 −12600 8400
On a transformé la partie gauche du tableau en une matrice diagonale dont les coefficients
diagonaux sont non nuls (cette matrice est donc inversible, ce qui prouve que la matrice initiale A
est inversible).
On peut maintenant transformer la partie gauche du tableau en la matrice identité.
/60
L 1 ← L 1 1 0 0 0 16 −120 240 −140
L2 ← L2 /10 0 1 0 0 −120 1200 −2700 1680
Les opérations conduisent à
L 3 ← L 3 /2 0 0 1 0 240 −2700 6480 −4200
L4 ← L4 /3 0 0 0 1 −140 1680 −4200 2800
16 −120 240 −140
−120 1200 −2700 1680
On a ainsi montré que A est inversible et que A−1 = 240 −2700 6480 −4200
y +z =a x = −a + b
x a x −1 1 0 a
A y = b ⇔
x + y +z = b ⇔ y = b−c ⇔ y = 0
1 −1 b
z c x +z =c z =a−b+c z 1 −1 1 c
−1 1 0
Ce calcul prouve que A est inversible et que A−1 = 0 1 −1.
1 −1 1
Exemple 11
Proposition 18
Démonstration
Soit A = (ai, j ) une matrice triangulaire supérieure ,pour le cas de la matrice triangulaire inférieure on considère
sa transposée qui est triangulaire supérieure.
• Par cntraposée on montre que A est non inversible si, et seulement si il existe un enteir k ∈ [[1, n]] telque
ak,k = 0.
x1
x2
(=⇒) On suppose que A est non inversible donc il existe X = . non nul tel que AX = 0 notons k le plus
..
xn
x1
..
.
xk
grand entier tel x k ̸= [Link] a alors X = 0 donc la k−éme composante de AX est ak,k .x k ,
.
..
0
A.X = 0 =⇒ ak,k .x k = 0 =⇒ ak,k = 0(car x k ̸= 0)
(⇐=) Inversement on suppose que l’un des aii est nul ,soit k tel akk = 0 considérons la matrice carrée
Ak extraite de A en supprimant les n − k dernières lignes et colonnes .Ak est triangulaire supérieure
t
avec la dernière ligne nulle ,la dérnière colonne de sa matricetransposée
A est alors nulle donc t A est
0
.
.
non inversible(il suffit de considèrer la matrice non nulle Ek = . ∈ Mk,1 (K) qui vérifie t Ak .Ek = 0k,1 )
0
1
,d’après la propositon 16, Ak est non inversible.
x1
x2
x1 ..
x2 .
Il existe alors X k = . non nul(les x i non tous nuls ) tel que Ak X k = 0 donc
x k est non nul vérifiant
.. 0
xk .
..
0
AX = 0 donc A est non inversible.
• Supposons que A−1 = B n’est pas triangulaire supérieure donc il existe un j ∈ [[1, n − 1]] et i0 ∈ [[ j + 1, n]]
tel que bi0 ,k ̸= 0. Notons i le plus grand entier i > j tel que bi j ̸= 0 c’est-à-dire ∀k > i, bk j = 0
CALCUL MATRICIEL 5. MATRICES CARRÉES INVERSIBLES 122
× ··· × ×
. ..
..
.
×
. .. ..
B = .. . .
.. ..
.
. bi, j
.. .. ..
. . .
× 0 ×
n
X
On a le coefficient d’indice (i, j) de la matrice AB = I n est nul c’est-à-dire que aik bk j = 0,A est triangulaire
k=1
et ∀k > i, bk j = 0 donc ai,i bi, j = 0 ce qui implique bi j = 0 puisque ai,i ̸= 0. Absurde .On conclut que A−1
est triangulaire supérieure .De plus
X n
∀i ∈ [[1, n]] , aik bki = 1 ,A et B sont triangulaires donc aii bii = 1 d’où bii = a1ii
k=1
Cas particulier : une matrice diagonale D est inversible si et seulement si ses coefficients diagonaux dii
sont tous non nuls. La matrice D−1 est alors la matrice diagonale dont les coefficients diagonaux sont les
inverses respectifs des dii .