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Exercicesfrana 00 Rago

Le document est un manuel d'exercices de français destiné aux enfants de dix à douze ans, axé sur l'apprentissage de la grammaire et de la phonétique. Il comprend divers exercices pour développer l'orthographe, la compréhension de la langue et l'intelligence des élèves. L'ouvrage est écrit par E. Ragon et publié en 1903.

Transféré par

Abdelhaq Chouikh
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Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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E.

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in 2011 with funding from
University of Toronto

[Link]
FRANÇAIS
Propriété de :

DU MÊME AUTEUR

Cours de français.

Grammaire française. — Coins préparatoire {en préparation).


Grammaire française. — Cours élémentaire avec plus de 300 exer-
cices » 80
La même. — Corrigé les exercices [sous presse)
Grammaire française. — Cours moye* f 20
Exercices français sur le Cours moyen de grammaire. . . I 72
Les mentes. — Livre m maître
Grammaire française. — Cocus supériech -2 >■
Analyse logique. — Levons et exercices .60
Le même. — Livre di: maître I 90

\ /
E. RAGON
A G E É G É DES CLASSES DE G R A 31 M A I R E

Exercices
Français
SUR LE

Cours Moyen de Grammaire

LIVRE DU MAITRE

Ai Ottawa
PARIS
LIBRAIRIE GH. POUSSIELGUE
RUE CASSETTE, 15

1903
AVERTISSEMENT
Ces Exercices français sur le Cours moyen de grammaire
sont destinés aux enfants âgés de dix à douze ans. On les
a composés en vue (renseigner non seulement l'ortho-
graphe, ce qui est quelque chose, mais surtout la langue
même, ce qui est infiniment plus précieux. De là le nombre
des exercices propres à éveiller l'intelligence et l'imagina-
tion de l'élève ; de là aussi le soin de ne citer que des mo-
dèles parfaits de notre langue, à la fois variés, intéressants
et bien écrits. E. RaGON.
Paris, octobre 1902.

AUTEURS CITÉS EN ABRÉGÉ

Académie. Gresset. Nd. Nodier.


A. G. Genlis, Ozanam.
Ab. About. p.
Bossuet. Gl. Gilbert. 0.
B. Gb.
(jz. (uiizot. Pl. Pascal.
Bd. Bomrdaloue. Pellisson.
Bf. Buflfon. 11. Hugo. .1. Racine.
Br. Bé ranger. IIm. Ilamilton. Quinault.
Bl. Boileau. J. L.R
R. . L. Racine.
Joubert.
Bm. Beaumarchais. Jf. Jouffroy. Racan.
Kc. . E. Reclus.
Br. B. de Saint-Pierre. Jbr. J.-B. Rousseau. Un.
Brs Boursault. Js. Jussieu. Kg.
La Fontaine. Regnard.
Rulhière.
Bv. Barthélémy. L. Rh.
Bz. Balzac. Lb. La Bruyère, Rl. .
QRollin.
C. Corneille. Le. Lacordaire. Régnier.
Ch. Chateaubriand. Le h La Chaussée Kr.
Rs. J.-J. Rousseau
Cd. Condillac. Lu. La Harpe. Ht. Rotrou.
Clii Collind'Harleville. Lem . J. Lemaître. Sévigné.
CliN Chénier. Lamartine. S.
Sb. Saintr-lJouve.
L.m.
Cr. Courier. [Link] Lamennais. Scarron.
,nd.
Cs. Cousin. Lu. P. Lebrun.
Cv. Cuvier. Lr. La Rochefoucauld. Sg.
Si..
D. Delille. Ls. Lesage. Ss. Saint-Simon.
Ségur.
De. Ducis. Lt. Littré. Staël.
Lv. St. Saint-Evremond.
Sacy.
Dct. Daucourt. Laveaux.
Dcl Duclos. Molière. Sy.
Sv.
M. Taiiic
Dd. Diderot. Me. Michelet.
De D'Aguesseau. Tf.
T. Tœppfer.
Deshouliéres. Mg. Mignet. Thiers.
IMI. Mh. Malherbe. Th. Thon
Dl. Daiembert. Mm. Marmontel. Tu. . Thierry.
Dr. Dorât. Millevoye. Tv.
Ml. V. Voltaire.
Ds. Descartes. Mo. Montesquieu Veuillot.
Di. Destouches. . Mérimée. Y,.
Mai VU. Villemain.
Dv. Delavigne. Massillon.
Fénelon. M&
MST Musset. Yi. Voiture.
Fléchier. Maintenon. Vr. Vertot.
I-Vii
l'i..
Florian.
Mi.
Marivaux. \\. Vauvenargues
Mv. Vigny.
Ti. Fontcnelle. Y y.
N.
EXERCICES FRANÇAIS
COURS MOYEN

LIVRE DU MAITRE

PHONÉTIQUE
LES LETTRES

Exercice 1. — Copiez et mettez à propos des lettres majuscules


(Gr. C 7).

L'hiver à la campagne.

On s'imagine à Paris que la nature est morte pendant six


mois, et pourtant les blés poussent dès l'automne, et le
pâle soleil des hivers, on est convenu de l'appeler comme
cela, est le plus vif et le plus brillant de l'année. Quand il
dissipe les brumes, quand il se couche dans la pourpre
étincelante des soirs de grande gelée, on a peine à soute-
nir l'éclat de ses rayons. Même dans nos contrées froides
et fort mal nommées tempérées, la création ne se dépouille
jamais d'un air de vie et de parure. Les grandes plaines
fromentales se couvrent de ces tapis courts et frais sur les-
quels le soleil, bas à l'horizon, jette de grandes flammes
d'émeraude. Les prés se revêtent de mousses magnifiques,
luxe tout gratuit de l'hiver. Le lierre, ce pampre inutile,
mais somptueux, se marbre de tons d'écarlate et d'or, les
jardins mêmes ne sont pas sans richesse. La primevère, la
violette rient sous la neige.
George Sand.
b PHONETIQUE.

Exercice 2. — Mettez en deux listes ou colonnes : !" les mots à


voyelle brève: 2° les mots à voyelle longue ($ H).
1. Natte, battre, acre, pelle, dette, balle, vache, tache,
cruche, pomme, texte, sur, site, butte, chasse, matin, bi-
che, vaste.
2. Ane, pâtre, acre. vase, grêle, bête, pâle, tâche, bûche,
dôme, sur, givre, mur, tête, châsse, mâtin, bible.
Exercice 3. — I. Mettez en trois listes ou colonnes les mots qui ont
un e muet, un è fermé, un è ouvert (',', 12-15).
1. Renard, cheval, table, tenir. Auguste, venir, sorte.
2. Noé. café, sortez, louer, vanter, nez, cacher, abbé, pé-
rir, bonté, partez.
3. Procès, Noël, dette, terrain, mer, ciel, Abel, tête,
succès. Joseph, chef, bec, père, sel, hiver, Robert, exil.
II. Trouvez dix mots dont chacun renferme les trois sortes d'e. Ex.
Hélène, répète.
élève dégèle héritière Mécène
évoque éphémère crémaillère démêle
révèle phénomène désaltère pelletée,
ellébore crécelle détresse refermer
Exercice 4. — Donnez les voyelles simples qui sont représentées
par des groupes de voyelles dans les mots suivants ($ 17). Ex. : ma-
nœuvre (eu).
saule(o)
manœuvre taupe(o) manteau(o)
balai(è) biais(è)
mœurs(eu)
bateau(o) vœu(eu) sœur(eii)
pauvre (o) paraitre(è) bœuf ( eu |
reine(è) vaine(è)
peigne(è) plaire(è)
sureau (o)
veine Seine(è)
nœudi'eu)
maure (o) chaud(o) plaine(è) chœur eu ' œuf (eu)
maître(è)
faisante) aigle(è) pleine(è) morceau(o)
cœur(eu) maison (è) auberge (o)
jamais' è)
Exercice 5. — Mettez ensemble : 1° les mots à voyelle nasale; 2° les
mots sans voyelle nasale (C ,s
1. Féminin, cendre, licence, aucun, brun, nombre, car-
ton, canton, cantonner, lampe, poulain, chambre, humain,
feinte, faim, tribun, ruban, parfum, son, champ, emprun-
ter, inquiet, ombre
2. Inactif, énorme, brunir, nominal, amuser, aîné, hu-
maine, peine, aimer, tribune, tribunal, parfumer, bannir,
sonner, chameau, émeute, homicide.
LES LETTRES. i

Exercice 6. - Copiez et soulignez avec soin les diphtongues; sou-


lignez de deux traits les diphtongues nasales (§ 19-21).
BédouiN fOIN SOlltlEX
appui ]
échelle [Link] cuir
noir gabiox
nuit Rouen
SOIN fiole
poêle Ecouex
blEX ri ex amitié miel
portier
noise viANde oiseau
soif cahier besoix lieu
fouine étui bastiox douane
piano
médiocre Louis lumière nous allioxs

Exercice 7. — Copiez et soulignez d'un trait les voyelles simples re-


présentées pardes groupes de voyelles, de deux traits les diphtongues.

Les pêcheurs bretons.

C'était par une des plus belles journées d'automne. La


mer scintillait au sole/1; chaque goutte reflétait, comme
une poixte de divmant, une lumiÈre blanche et pure, que
Y œil supportait à peine. Du village déserté, hommes,
femmes, enfants arrivaient en foule sur les dunes, où, mêlé
au thym, lVeillet sauvage aux fleurs violettes exhalait son
parfum de girofle.
Munis de paniErs, de légers filets, de pelles et de longs
bâtons armés d'un crochet de fer,. ils attendaient que la
marée laissât à découvert la vaste grève et ses rochers pour
recueillir le riche butin préparé par la Providence : le bro-
chet argenté qui glisse dans le sable humide, les crabes
voraces, et les homards aux larges pinces, et la crevette,
et la moule nacrée, et les coquillages de toute sorte.
Vers le soir, à l'heure où le flux accourt comme un fleuve
gonflé par les pluies, la troupe joyeuse regagnait le village.
Lamennais 2.
Exercice 8. — I. Trouvez dix mots commençant par une muette
douce, et dix mots commençant par une muette forte (^ 24).
1. Blanc, beau, bon, boiteux, g ai, gracieux, gros, droit.
dodu, debout.

1. Ce qui est souligné d'un trait s'imprime eu italique; ce qui est souligné de
doux traits s'imprime en PETITES CAPITALES.
2. On prononce Laminais, en deux syllabes.
O PHONETIQUE.

2. Poli, pesant, pâle, petit, coquet, comique, câlin,


triste, timide, têtu.
II. Trouvez dix mots où c a le son de k, et dix où il a celui de s
(S »)•
1. Canard, canon, capable, carré, crédule, chrétien, co-
lère, colosse, cube, curé.
2. Cellule, cendre, célèbre, ciel, cilice, ceinture, cerise,
cime, cylindre, cycle.
III. Trouvez dix mots où g a le son dur, et dix où il a celui de j
C 27).
1. Galant, gabion, gamelle, gorille, gomme, gouverner,
glace, grave, gris, guttural.
2. Gênes, genou, genre, gens, gibet, giberne, girouette,
gibier, givre, gymnastique.
IV. Trouvez dix mots où g a le son de j devant a, o, u, et dix où il
a le son dur devant e ou i [% 27)..
1. Geai, geôle, geôlier, vengeance, gageure, plongeon,
pigeon, orgeat, orangeade, forgeons.
2. Gué, guenille, guêpe, guerre, guérir, gui, guichet,
guide, guimauve, guise.
Exercice 9. — Placez le ou la devaût les noms et les adjectifs, je
devant les verbes, que vous mettrez à l'indicatif présent ^28 et 72).

l'hiéroglyphe
l'habile le hâle le hameau
l'héré sie
le hâbleur je halète le haquet
la halle la hanche
l'héri la harangue
j'habille
l'habit tier
l'hécatombe l'hippopotame
la hache l'héliotrope le hangar l'hiver
je
le hagard l'hémistiche le hanneton la harasse
hallebarde
j'habitue le hallier
l'hhante
je ermine
l'haleine l'h
l'heémi
rbecycle l'héroïne je harcèle
l'hameçon le hardi
le haillon le hareng
la halte j'hésite
le halage le hamac l'holocauste
l'hôte
je happe
II
l'horloge l'huile
la haridelle la hausse
le harnais le havre la herse
l'homélie le havresac le hêtre l'hehoquet
le rcule
la harpe le hideux
je héle
LES LETTRES.

l'homonyme l'horreur le houblon


le harpon
le hasard je hennis la hiérarchie la houle
le héraut l'humble
l'homérique l'horizon je hisse
le hobereau je houspille
la hâte
Thomicide l'hospice le houx
je hérisse
le hauban la hernie la huche
le haubert le héron je hoche
le homard le huguenot
Exercice 10. — I. Citez dix substantifs commençant par chacune
des liquides et des sifflantes (§ 29-34).
Long, mont, nom, rond, son, zone, fond, vol, chou, jonc.
II. Citez dix mots commençant par les sifflantes fortes, et dix com-
mençant par les sifflantes douces.
1. Satin, serin, sillon, farine, folie, fleuret, chérir, choi-
sir, chanter, chute.
2. Zèle, zéphir, zéro, vin. vol. vue, jarret, jeter, joli, ju-
rer.
Exercice 11. — Mettez en deux listes 1° les mots où ch est une sif-
flante, 2° les mots où il a le son de k (§ 34).
1. Charité, chérir, choisir, archet, chute, porcher, re-
cherche, archidiacre, archiviste, bachique, mâcher, anche,
Michel, chose, arracher, échouer, archevêque, anchois.
2. Chrétien, chœur, chaos, Michel- Ange, archaïsme,
technique, anachorète, choriste, chlore, archange. Bac-
chus, orchidée, catéchumène, écho, machabée, Chaldée,
choléra, lichen, orchestre, archiépiscopal, christianisme,
Anacharsis.
Exercice 12. — Mettez en deux listes les mots où x équivaut à ks
et ceux où il équivaut à gz {% 35).
1. Annexe, axiome, anxiété, asphyxie, apoplexie, auxi-
liaire, index, sphinx, approximatif, fixe, flexible, Alexan-
dre.
2. Exact, exemple, exigence, examiner, exalter, exagé-
rer, Xavier, exhaler, Xénophon; exécuter, exercice, exubé-
rant.
Exercice 13. — Mettez en trois colonnes 1° les mots où y est une
consonne; 2° ceux où il est une voyelle; 3° ceux où il est à la fois
voyelle et consonne (§ 36).
yeux cygne doyen
noyau cylindre
yatagan pitoyable
effrayer
tyran
10 PHONETIQUE.

Cayenne zéphyr bégayer


Biscaye balayer
système
bruyère croyance
tuyau lycée
syllabe
style voyage
bruyant
jury noyau
payer
yole
Bayard presbytère
cipaye synonyme appuyer
rayon
Blaye attrayant
martyr
syndic
noyer
fossoyeur
crayon
Exercice 14. — Mettez en quatre colonnes 1° les mots où le son de
l mouillée est noté par II; 2° ceux où il est noté par M; 3° ceux qui
renferment n mouillée; 4° ceux où gn n'a pas le son mouillé (§38-39).
anguille caille campagne stagnant
fille abeille enseigne inexpugnable
cédille brouille ligne
habille médaille vigne agnus
fourmille oreille besogne
répugne gnome
grenouille
corbeille
agneau
signe

PROi\OXCIATIO\

Exercice 15 . — Lisez les mots suivants et les prononcez correcte


ment {% 40-53).
Arnau/d Bagdad Camille tandis
Srtône1 dawmer
Caen chef codicille cassis
Laon thym Montargis
ba/>tême
Doubs Ai. s ne seul intérim Médicis
arc-boutant Montréal sou/ examen fail
almanar// isthme subi*
fil le/" abdomen
c
babil
che/*-d'œuvre tabac
hamac las
doigté bariJ accessit
gratui/
Be/fort froid outi/ as
ananas

l. [Link] cet exercice yach/


et les deux suivante L'italique indique les lettres
muette-;.
PRONONCIATION.
11
Exercice 16. — Lisez les mots suivants et les prononcez correcte-
ment (40-53).
crucifix faon Marc
Joachim
silex legs marc harem
Séej direct Riom
Rodez pou/s
baptistère aspect
Suez dompter spécimen
Eden
Metz •prom/rtement Jutland
quanti
Biarritz symptôme Neu/chàtel vis
mœurs
cyprès
Natchej Duc h es ne
Badajoz Mon^rouge iris
août Montreuil péril chaos
Staël persil
aiguille albinos
asMmatique
pupilleet les prononcez correete-
Exercice 17. — Lisez les mots suivants
ment (§ 40-53).
yloste broc macadam but
taon roc pollen brut
Craon amicl Niémen dot
signet strict blocus prétérit
Ste-Menehou/'/ Madrid Carpentras Utrechi
baptismal Talmud Tournus larynx
septuagénaire grésil Assas fez
exempter coutil Camoëns Coblenta
Rosny chenil immédiat quartz
Exercice 18. - -Lisez les mots suivants et les prononcez correcte -
ment (§ o5-6.'i).
gib-bosité dis-semblable
abbé piller
vacil-ler appendice indis-soluble
hip-pique
impec-cable sommet corrompre dessus
aggraver sommation cour-ra ressaisir
suggérer com-mensal hor-reur ressusciter
el-lébore com-motion inter-règne attendre
allécher Jem-mapes Odyssée attraction
Aurillac innocent essor at-ticisme
Villon in-nover ossuaire pit-toresque
Exercice 19. - Lisez les mots suivants et les prononcez correcte
ment [% :;:;-<>:»).
accabler com-muer con-nexion er-reur
pec-cadille com-minatoire connaître ir-réparable
col-lèguc commode con-nivence tor-ride
collège Em-ma An-nibal dissertation
12 PHONETIQUE.

Hollande suranné donner dis-séquer


ballade annoter dissonance
Cin-na essence
oscil-ler an-nales
sommaire bien-nal correct
apparaître ressource
com-menter an-nuler narrer
Exercice 20. — Lisez les mots suivants et les gut-tural
prononcez correcte
ment [% 66-78).
faiseur schéma triumvir
second agenda Guadeloupe
hennir pentagone épizootie
pentamètre impéritie lingual
solennel emmener abbatial
indemnité décemvir Curtius quadruple
indemne alcool Miltiade équateur
gageure groom quadrille
loquace
Confolens chrestomathie aiguiser
préséance
schisme pétiole
guet-apens
Exercice 21. — Lisez les mots suivants
équestre
yucca et les prononcez correcte
mentC 66-78).
reine-Claude sempiternel factieux
rouennerie Wurtemberg satiété aiguillon
indemniser Waterloo aiguière
arguer
Gentilly Liverpool apathie linguiste
benzine Cook
chrétienté entresol guano
alguazil Guise
Pentateuque Schiller quadrature guise
adéquat
tender Dalmatie in-quarto questeur
Venceslas Béotie ire quintuple
Bruxelles
quinquagéna
Exercice 22. — Récapitulation sur la prononciation.
Levez-vous promptement. — Il est fier comme un paon.
— Le chef-lieu du Jura est Lons-le-&m/mer. — J'ai tenu
cet enfant sur les fonts baptismaux. — L'argent est le nerf
de la guerre. — Les gens habiles donnent un œuf pour
pour avoir un bœuf; les avares perdent des ha>ufs en vou-
lant sauver des œufs. — Le prêtre met d'abord Vamiet,
puis l'aube et la chasuble avant de célébrer la mes^
Québec et Montréal sont les deux plus grandes villes du
Canada: hew-York est la plus grande ville des États-Unis.
— C'est Le No$tre qui a dessiné le parc de Versailles. — Le
curaçao est une liqueur faite avec l'écorce de l'orange —
On veut construire un chemin de fer de Damai à Bagdad.
PRONONCIATION. 13

— Un codicille est une clause ajoutée à un testament pour


le modifier. — Le loup enfonça ses crocs dans la jambe du
garde. — Mon asthme me fait bien souffrir. — La vallée de
Bel fort s'appelle la trouée des Vosges. — Sainte- M enehould
est renommée pour sa charcuterie.
Exercice 23. — Récapitulation sur la prononciation {% 54).
Nous abordions à Biarritz, quand le vent tourna au Jiord-
est. — Nous avons cinq chèvres et neuf moutons; notre
voisin a huit chevaux et dix vaches. — J'arriverai le six
juin et vous partirez le sept juillet. — C'est demain le neuf;
voilà neuf jours que j'attends. — D'Ârras à Montargis, la
distance est à peu près la même que de C arpent ras à Tour-
nus. — Notre possession de Djibouti est voisine de la côte
à'Aden. — Foulés aux pieds, le thym et le serpolet exhalent
une agréable odeur. — Le [Link] des vaches était le chant
national des Suisses. — Les monts du Forez s'étendent
entre le Rhône et la Dore. — Envoyez-moi un spécimen de
votre mérinos. — Cette montagne est toute de quartz et de
granit. — Je donne cinq mille francs de dot à ma pupille.
— Le défunt a fait aux pauvres un legs considérable.
Exercice 24. — Récapitulation sur la prononciation. Consonnes
répétées.
Connaissez-vous la ballade des Dames du temps jat lis?
— Le renard fut alléché par l'odeur du fromage. — Les
plaines de la Hollande ne manquent pas de pittoresque. —
Mon illustre collègue a commencé par professer dans un
petit collège. — Parfois une simple peccadille entraîne des
malheurs irréparables. — Je ne suis pas impeccable, mais
je suis innocent de ce méfait. — Laissez l'oiseau prendre
son essor. — L'intérêt est le puissant ressort qui donne le
mouvement aux choses humaines. — Il y a à Plombières
une fontaine intermittente. — La poésie attique est pleine
de grâce et de finesse. — Au lieu d'annuler la peine, il se
borne à la commuer. — La baleine est un mammifère,
comme l'éléphant. — On appelle ressac la répercution des
vagues arrêtées par un obstacle. — On a ajouté à la ferme
un appendice en forme de hangar. — L'Académie décerne
des prix annuels, biennaux, triennaux et décennaux.
Exercice 25. — Récapitulation sur la prononciation C 66-78).
Nous faisons peu de cas des préséances. — Les pentes
14 PHONÉTIQUE.

étaient couvertes de rhododendrons et de myrtilles. — Lt


Pentateuque est la plus ancienne partie de la Bible. —
Voulez-vous me servir de mentor? — Une épizootie a fait
périr tous nos moutons. — Schiller est un grand poète al-
lemand; Shakspeare, un grand poète anglais; Camoënst
un grand poète portugais. — Vous avez fait là une gageure
insensée. — On n'aiguisées un crayon avec une hache. —
Les reines-claudes mûrissent en août. — On appelle sessiles
les feuilles sans pétiole, c'est-à-dire sans queue. — Un son
guttural sortit seul de sa poitrine. — Cette mode n'est plus
de mise, elle est depuis longtemps surannée. — Son im-
péritie est cause de sa défaite. — Saint Germain à'Auxerre
vivait au IVe et au Ve siècles. — On ne peut rien arguer
contre ce raisonnement. — Les aventures d'Ulysse sont
racontées dans Y Odyssée.
Exercice 26. — Récapitulation sur la prononciation.
Un rire inextinguible s'empara de toute l'assistance. —
Écrivez mon adresse sur votre agenda. — Le guano n'est
autre chose que la fiente des oiseaux de mer accumulée sur
certains rochers. — La fleur du yucca est une tige garnie
de belles grappes blanches. — La bicyclette nuit à Véqui-
tation. — C'est un quinquagénaire loquace et solennel. —
Avez-vous lu les voyages du capitaine Cook, ce grand na-
vigateur anglais? — Le misérable! il m'a tendu un guet-
apens infâme. — Le mot maupiteux est tombé en désué-
tude. — Je suis sorti indemne de ce mauvais pas. — Un
vers hexamètre et un vers pentamètre forment un distique.
— La benzine sert à enlever les taches. — Le lysol est un
liquide antiseptique, c'est-à-dire qui combat la putréfaction.
— Unalguazil est un agent de police espagnol. — Mettez
de l'eau fraîche dans Y aquarium. — On va de Paris à
Bruxelles en cinq heures. — Je suis ce juge intègre, qui
toujours parle, argue et contredit. V. — Le matelot cargue
les voiles, quand le vent souffle trop violemment. — Que
voulez-vous arguer de ce raisonnement? — Il faut distin-
guer avec soin deux choses que vous confondez.
SIGNES ORTHOGRAPHIQUES. 15

SIGiXES ORTHOGRAPHIQUES

Exercice 27. — Mettez les lettres majuscules et les signes orthogra-


phiques C79-87).
En avant! Marche!

En approchant du village de Saint-Jérémie, je fus frappé


par un spectacle inattendu. Des troupeaux de chèvres à
oreilles tombantes, des moutons à large queue, des ânes
qui rappelaient par leur beauté l'onagre des Écritures, sor-
taient du village au lever de l'aurore. Des femmes arabes
faisaient sécher des raisins dans les vignes; quelques-unes
avaient le visage couvert d'un voile et portaient sur leur
tête un vase plein d'eau, comme les filles de Madian. La
fumée du hameau montait en vapeur blanche aux premiers
rayons du jour; on entendait des voix confuses, des chants,
des cris de joie : cette scène formait un contraste agréable
avec la désolation du lieu et les souvenirs de la nuit. No-
tre chef arabe avait reçu d'avance le droit que la tribu
exige des voyageurs, et nous passâmes sans obstacle. Tout
à coup je fus frappé de ces mots, prononcés distinctement
en français : « En avant ! Marche ! » Je tournai la tête, et
j'aperçus une troupe de petits Arabes qui faisaient l'exercice
avec des bâtons de palmier. Je ne sais quel vieux souvenir
de ma première vie me tourmente ; et quand on me parle
d'un soldat français, le cœur me bat : mais voir de petits
Bédouins dans les montagnes de la Judée imiter nos exerci-
ces militaires et garder le souvenir de notre valeur; les
entendre prononcer ces mots qui sont, pour ainsi dire,
les mots d'ordre de nos armées et les seuls que sachent
nos grenadiers, il y aurait eu de quoi toucher un homme
moins amoureux que moi de la gloire de sa patrie. Je ne
fus pas si effrayé que Robinson Crusoé quand il entendit
parler son perroquet, mais je ne fus pas moins charmé
que ce fameux voyageur. Je donnai quelques pièces de
monnaie au petit bataillon, en lui disant : « En avant!
Marche! » Et afin de ne rien oublier, je lui criai : « Dieu
le veut! Dieu le veut! » comme les compagnons de Gode-
froy et de saint Louis.
Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem.
16 PHONETIQUE.

Exercice 28. — Souvent l'accent circonflexe remplace une s an-


cienne, qui a pu se maintenir dans d'autres mots de la même famille.
Ex. : Bête, bestial: mâcher, mastication; maître, magistral. Trouvez
des mots, parents des suivants, où Vs se soit maintenue.
apôtre, apostolique. fête, festival,
âpre, aspérité. forêt, forestier.
baptême, baptismal. hôpital, hospitalier.
bâton, bastonnade. impôt, imposteur*.
cloître, claustral. Pâques, pascal.
côte, costal. pâtre, pastoral.
épitre, épistolaire. prêtre, presbytère.
évêque, épiscopal. vêpres, vespéral-.

Exercice 29. — Transcrivez l'ancien français qui suit avec l'orthogra-


phe moderne.
Les Gaulois pillent Rome.
Brennus étant entré dedans Rome, ordonna partie de
ses gens pour tenir assiégés ceux qui étaient dedans le
Capitole, et lui avec le reste descendant à travers la place,
s'émerveilla fort quand il vit ces hommes3 ainsi assis de-
dans leurs chaires en gravité sans mot dire, mêmement
quand ils ne se levèrent point, quoiqu'ils vissent les
ennemis en armes venir vers eux, ni ne changèrent au-
cunement de visage ni de couleur, s'appuyant sur leurs
bâtons qu'ils avaient es mains tout doucement, sans
montrer d'être étonnés ni effrayés de rien, et se regardant
les uns les autres. Cela donna grand ébahissement aux
Gaulois, du commencement, pour l'étrange façon de faire,
tellement qu'ils demeurèrent quelque temps en doute d'en
approcher et de leur toucher, craignant que ce ne fussent
des dieux, jusques à ce qu'il y eut un d'entre eux qui prit
la hardiesse de s'approcher de Mardis Papirius, et lui
passa tout doucement la main par dessus sa barbe, qui était
longue. Papirius lui donna de son bâton si grand coup sur
la tête qu'il la lui blessa : de quoi le barbare étant irrité,
dégaina son épée et l'occit. Les autres semblablement tuè-
rent aussi tous ceux qu'ils rencontrèrent depuis, et furent
L Impôt, 'lc-pense que l'État impose à chaque citoyen; imposteur, celui qui
eu impose aux autres.
2. Vlpra, 1 otliee ilu -oir : vetpéreU, livre qui renferme l'office du soir.
3. I-es sénateurs romains, qui avaient refusé de s'enfuir et s'étaient assis &
l'entrée de leurs aiaisous.
SIGNES ORTHOGRAPHIQUES. 17

plusieurs jours à piller et saccager tout ce qui était de-


dans les maisons, et puis à la fin mirent le feu dedans
et les ruinèrent par dépit de ceux qui tenaient fort dedans
le Capitole, pour ce qu'ils ne s'étaient pas voulu rendre
à leur sommation, ains * les avaient très bien repoussés
quand ils s'étaient approchés de la muraille : pour la-
quelle cause ils démolirent la ville entièrement, et pas-
sèrent au fil de l'épée toutes les personnes qu'ils purent
avoir en leurs mains, autant femmes qu'hommes, petits
enfants, vieilles gens. J. Amyot (1513-1593).
Exercice 30. — Rétablissez les vers du morceau de poésie qui suit
Mettez les majuscules et les signes orthographiques, et faites les éli-
sions (§90).
L'hirondelle.
Au réveil des vertes saisons,
La noire et rapide hirondelle
Revient vers le toit des maisons,
Comme une habitude fidèle;
Et ponctuelle, au premier froid,
Rouvrant son aile infatigable.
Elle fuit d'un vol sûr et droit
Vers l'Egypte aux déserts de sable.
Nous assistons, l'œil attristé,
A cette fuite vagabonde
Et notre cœur est tourmenté
D'un désir de courir le monde.
Nous nous sentons comme en prison
Et nous suivons, l'âme songeuse,
Jusqu'aux confins de l'horizon
Le haut vol de la voyageuse.
A. Theuriet, Nos Oiseaux (Launette, éd.).

Exercice 31. — Faites les élisions et mettez les signes orthographi-


ques. Puis, tirez une leçon morale de cette fable.

L'aigle et le chat.
Il y avait une fois un aigle qui, tournant autour d'une
erme en épiant un lièvre, tomba comme la foudre sur sa
1. Ains : vieux mot qui signifie « mais ».
EXERCICES FR. C. MOY. R. MAÎTRE. 2
18 PHONÉTIQUE.

proie, la saisit dans ses serres et l'emporta dans les airs.


L'aigle s'aperçut bientôt qu'il avait affaire à un animal
de plus de courage et de plus de force qu'un lièvre; car,
malgré la finesse de sa vue, il s'était trompé; c'était un
chat qu'il avait pris. Non seulement le chat se débattait à
outrance, mais il s'était dégagé des serres de l'aigle, l'avait
saisi au corps avec ses quatre griffes et lui enfonçait ses
dents dans la gorge. « Lâche-moi, dit l'aigle, et je te lâ-
cherai. — Fort bien, dit le chat, je n'ai nulle envie de
tomber de cette hauteur pour être écrasé et mourir en
mille morceaux. Tu m'as enlevé, descends et remets-moi
où tu m'as pris. » Et l'aigle vit qu'il était nécessaire de
descendre, comme le chat le lui avait dit.
Franklin, Essais de morale (Hachette, édit.).

Morale. — Cette fable montre qu'il vaut mieux tenir


tète aux méchants que de céder à leurs violences.

Exercice 32. — Copiez, puis relevez huit noms monosyllabes, huit


noms disyllabes. huit noms trisyllabes [% 95).
L'avalanche.
1 Une neige abondante est tombée sur les croupes incli-
nées de la montagne; -elle recouvre d'une couche nouvelle
les anciennes couches, plus denses et cimentées par la
gelée; elle n'y est que posée, elle n'y adhère pas. Que le
moindre ébranlement, le moindre choc soit imprimé à un
point quelconque de sa surface, qu'un chamois ou un liè-
vre la traverse d'un pas léger, que le vent détache d'un
arbuste une pelote de neige, c'est assez; elle entre en mou-
vement. D'abord elle glisse lentement et en silence, puis
sa marche s'accélère; bientôt, grossissant toujours, la
masse neigeuse se précipite avec impétuosité, elle bondit
par dessus les rochers, par dessus les ravins et les préci-
pices, elle tourbillonne, elle roule d'immenses vagues qui
. se poursuivent, toujours plus hautes, plus déchaînées ; on
dirait une mer tombant du ciel en cascades éblouissantes
d'écume; on ne la voit plus elle-même, on ne suit plus
son cours; des nuages de neige, pareils à une épaisse fu-
mée, l'enveloppent et la cachent: on entend au loin le
fracas de sa course vertigineuse. Enfin une dernière ex-
plosion, plus effroyable que les autres, suivie d'un complet
SIGNES ORTHOGRAPHIQUES. 19

silence, annonce que l'avalanche est arrivée au terme de


sa chute et gît maintenant au fond d'une vallée, immo-
bile, inerte, affaissée et comme écrasée par son propre
poids. Dans l'espace de quelques minutes, elle a parcouru
quatre ou cinq mille pieds; elle a balayé tout ce qui
se trouvait sur son passage: elle a bouleversé des ha-
meaux, enlevé comme des fétus de paille des arbres, des
chalets, des granges, des étables, lancé dans l'abîme des
hommes, des animaux domestiques et sauvages, grands
et petits, des oiseaux même, emportés, malgré leurs ailes,
par l'irrésistible torrent aérien.
Les bazeilles, Vie des animaux (Hachette, édit.).
1. Monosyllabes. Choc, point, pas. vent. mer. ciel, cours,
fond.
2. DùyUabes. Neige, croupe, couche, chamois, lièvre,
marche, masse, rocher.
3. Trisyllabes. Montagne, gelée, surface, arbuste, pe-
lotte, mouvement, silence, cascade.
Exercice 33. — Copiez, puis soulignez les syllabes muettes ; 96 .
Le souhait de la violette.
Quand Flore, la reine des fleurs,
Eut fait naître la violette
Avec de charmantes couleurs,
Les plus tendres de sa palette.
Avec
Et ce ledélicieux
corps d'un papillon
arôme
Qui la trahit dans te sillon :
« Enfant de mon chaste royaume,
Quel don puis-/e encore attacher,
Dit Flore, à ta grâce céleste?
— Domie-moi. dit la fleur modeste.
Un peu d'herôe pour me cacher. »
L. Ratisbonne (Hetzel, éd.).

Exercice 34. — Copiez, en séparant par un trait les différentes syl-


labes d'un même mot. E\. : Un gros per-ro-qvet.
Le perroquet.
Un gros per-ro-quet gris, é-chap-pé de sa ca-ge,
Vint s'é-ta-blir dans un bo-ca-ce;
20 PHONÉTIQUE.

Et là, pre-nant le ton de nos faux con-nais-seurs,


Ju-geant tout, blâmant tout d'un air de suf-fi-san-ce,
Au chant du ros-si-gnol il trouvait des lon-gueurs,
Cri-ti-quait sur-tout sa ca-den-ce.
Le li-not, se-lon lui. ne savait pas chan-ter;
La fau-vet-te aurait fait quelque cho-se peut-ê-tre,
Si de bon-ne heu-re il eût é-té son maî-tre,
Et qu"el-le eût voulu pro-fî-ter.
En-fin au-cun oi-seau n'avait l'art de lui plai-re,
Et, dès qu'ils com-men-çaient leurs jo-yeu-ses chansons,
Par des coups de sifflet ré-pon-dant à leurs sons,
Le per-ro-quet les fai-sait tai-re.
Las-sés de tant d'af-fronts, tous les oi-seaux du bois
Yien-nentluidi-reunjour: « Mais par-lez donc, beau sire.
Vous qui sif-flez tou-jours, fai-tes qu'on vous ad-mi re.
Sans dou-te vous a-vez une bril-lan-te voix;
Daignez chan-ter pour nous ins-trui-re. »
Le per-ro-quet dans l'em-bar-ras
Se grat-te un peu la tê-te et fi-nit par leur di-re :
« Mes-sieurs. je siffle bien, mais je ne chan-te pas. »
Florian.

Exercice 35. — Soulignez, dans chaque polysyllabe, la syllabe qui


a l'accent tonique (1 99).
Le chien.
Gardant du bienfait seul le doux ressentime;*/.
Le chien lèche ma main âpres le châtiment;
Souvent il me regarde : humide de tendresse,
Son œil aiîectueu;/' implore une caresse.
S'ordonne, il vient à moi; je menace, il me fuit;
Je l'appe/le, il revient; je fais signe, il me suit;
Je m'éloigne, quels pleurs! je reviens, quelle joie\
Chasseur sans intérêt, il m'apyyorte sa j>roie.
Point de trêve à ses soins, de borne à son amour;
11 me garde la nuit, m'accompagne le jour.
Dans la /ouïe étonnée on l'a vu reconnaître,
Sais/r et dénoncer l'assassin de son maître;
Et quand son ami/te n'a pu le secourir,
Quelque/b/s, sur sa tombe, il s'obstine à mourir.
Delille.
SIGNES ORTHOGRAPHIQUES. 21

Exercice 36. —Récapitulation. Copiez, puis relevez : 1° un mot qui


renferme les trois sortes d'e; 2° les mots où le son de e ouvert est
représenté par un groupe de voyelles; 3° les mots qui renferment des
voyelles nasales; 4° les mots qui renferment des diphtongues nasales;
5° les mots qui commencent par une muette douce; 6° dix polysyl-
labes accentués sur la dernière syllabe et dix accentués sur l'avant
dernière.
Le vieux livre.
Mes deux frères et moi, nous étions tout enfants.
Notre mère disait : Jouez, mais je défends
Qu'on marche dans les fleurs et qu'on monte aux échelles.
Abel était l'ainé, j'étais le plus petit.
Nous mangions notre pain de si bon appétit,
Que les femmes riaient quand nous passions près d'elles.
Nous montions pour jouer au grenier du couvent,
Et là, tout en jouant, nous regardions souvent
Sur le haut d'une armoire un livre inaccessible.
Nous grimpâmes un jour jusqu'à ce livre noir;
Je ne sais pas comment nous fîmes pour l'avoir,
Mais je me souviens bien que c'était une Bible.
Ce vieux livre sentait une odeur d'encensoir.
Nous allâmes ravis dans un coin nous assoir :
Des estampes partout! quel bonheur! quel délire!

Nous l'ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,


Et dès le premier mot il nous parut si doux
Qu'oubliant de jouer, nous nous mimes à lire.
Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,
Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain,
Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes.

Tels des enfants, s'ils ont pris un oiseau des cieux,


S'appellent en riant et s'étonnent, joyeux,
De sentir dans leur main la douceur de ses plumes.
V. Hugo.
1. Échelle.
2. Disait, aîné, étais, riaient, sais, c'était, sentait.
3. Enfants, défends, dans, on, monte, pain, bon, quand,
couvent, en jouant, souvent, un, grimpâmes, comment.
22 ÉTUDE DES MOTS.

sentait, encensoir, estampes, grand, oubliant, ainsi, matin,


Samaritain, ont, riant, sentir, main.
4. Étions, mangions, passions, montions, regardions,
souviens, bien, coin.
5. Deux, disait, défends, dans, bon, de, grenier, grim-
pâmes, bien. Bible, bonheur, délire, grand, genoux, dès,
doux, Booz, douceur.
6. Accent sur la finale. Étions, enfants, disait, jouez, dé-
fends, Abelj aîné, étais, petit, mangions. — Accent sur la
pénultième. Frères, mère, marche, monté, échelles, femme,
armoire, livre, inaccessible, grimpâmes.
ETUDE DES MOTS
I. — LE NOM OU SUBSTANTIF

Exercice 37. — Copiez, puis dressez : 1° une liste des noms propres ;
2° une liste des noms communs [% 112, 113).
Étendue de la France
La France est la moitié du globe pour le paysan qui ne
soupçonne ici-bas que Paris, la France et l'Angleterre, ou
suivant les frontières, la Belgique, l'Allemagne, la Suisse,
l'Italie, l'Espagne. Le soldat qui a grimpé les cols de l'Atlas
ou, d'un mamelon du Sahara, béni puis maudit les lacs
inventés par le mirage ; le matelot revenu du Sénégal qui
brûle, de la Cochinchine qui tue, de la Nouvelle-Calédonie
qui restaure; les familles qui ont envoyé des émigrants au
delà des mers; enfin les Français qui lisent et ceux qui
voyagent ont une idée plus juste de la grandeur ou plu-
tôt de la petitesse de la France ; ils savent qu'il y a par le
monde des républiques, des royaumes, des empires plus
vastes, des monts plus hauts, des fleuves plus larges, des
forêts plus touffues, des nations plus fortes et bien plus
fécondes. C'est l'intelligence, la vivacité, l'esprit, la bonne
humeur des Français qui ont fait le renom de la France,
et non pas ce qu'il y a de plaines et de coteaux entre les
sapins des Vosges et les bruyères du Béarn, entre les pal-
miers d'Hyères et les chênes de l'Armorique.
0. Reclus.

Xoms propres : France, Paris, Angleterre. Belgique,


Allemagne, Suisse, Italie, Espagne, Atlas, Sahara. Séné-
gal. Cochinchine, Nouvelle-Calédonie, Français, Vosges.
Béarn, Hyères, Armorique.
Noms communs : moitié, globe, paysan, frontière, soldat,
col, mamelon, lac, mirage, matelot, famille, émigrant,
mer, idée, grandeur, petitesse, monde, république,
24 ÉTUDE DES MOTS.

royaume, empire, mont, fleuve, forêt, nation, intelligence,


vivacité, esprit, humeur, renom, plaine, coteau, sapin,
bruyère, palmier, chêne.
Exercice 38. — Trouvez dix noms propres, 1° d'hommes célèbres;
2° de fleuves; 3° de montagnes; 4° de peuples européens; 5° de villes.
1° Moïse, David, Homère, Alexandre, César, Cicéron,
Néron, Raphaël, Bossuet, Napoléon.
2" Rhône, Danube, Rhin, Pô, Volga. Mississipi, Nil,
Zambèze, Tibre, Euphrate.
3° Alpes, Jura, Cévennes, Vosges, Apennins, Cordillè-
res, Atlas, Pyrénées, Carpathes, Balkans. — Ou bien :
Mont Blanc, Cervin, Puy-de-Dôme, Hohneck, Pic du Midi.
Mont Cenis. Simplon, Donon, Himalaya, Jungfrau.
4° Danois, Suédois, Suisses, Grecs, Espagnols, Autri-
chiens, Hongrois, Roumains, Bulgares, Serbes.
5° Rome. Nancy. Rouen, Lyon, Marseille, Genève, Cons-
tantinople, Berlin, Londres, Florence.
Exercice 39. — Copiez, puis dressez : 1° une liste des noms com-
muns d'êtres animés; 2° une liste des noms communs d'êtres inanimés.
L'alouette.

L'oiseau des champs par excellence, l'oiseau du labou-


reur, c'est l'alouette, sa compagne assidue, qu'il retrouve
partout dans son sillon pénible pour l'encourager, le sou-
tenir, lui chanter l'espérance. Espoir, c'est la vieille de-
vise des Gaulois, et c'est pour cela qu'ils avaient pris
comme oiseau national cet humble oiseau si pauvrement
vêtu, mais si riche de cœur et de chant.
La nature semble avoir traité sévèrement l'alouette. La
disposition de ses ongles la rend impropre à percher sur
les arbres. Elle niche à terre, tout près du pauvre lièvre et
sans autre abri que le sillon. Quelle vie précaire, aven-
turée, au moment où elle couve! Que de soucis! Que d'in-
quiétudes! Apeine une motte de gazon dérobe au chien,
au milan, au faucon, le doux trésor de cette mère. Elle
couve à la hâte, elle élève à la hâte la tremblante couvée.
Qui ne croirait que cette infortunée participera à la mélan-
colie de son triste voisin, le lièvre?
Mais le contraire a lieu, par un miracle inattendu de
gaieté et d'oubli facile, de légèreté si l'on veut et d'insou-
ciance française : l'oiseau national, à peine hors de dan-
LE NOM OU SUBSTANTIF. 25

ger, retrouve toute sa sérénité, son chant, son indompta-


ble joie... Le moindre rayon de lumière suffit pour
lui rendre son chant. C'est la fille du jour. Dès qu'il com-
mence, quand l'horizon s'empourpre et que le soleil va
paraître, elle part du sillon comme une flèche, porte au
ciel l'hymne de joie. Cette voix sonore, puissante, donne
le signal aux moissonneurs. « Il faut partir, dit le père,
n'entendez-vous pas l'alouette? » Michelet.
1° Oiseau, laboureur, alouette, compagne, gaulois,
lièvre, chien, milan, faucon, mère, couvée, voisin, fille,
moissonneur, père.
2" Champ, sillon, cœur, nature, ongle, arbre, terre,
abri, motte, gazon, trésor, rayon, lumière, jour, horizon,
soleil, flèche, ciel.

Exercice 40. — Copiez, puis soulignez tous les noms abstraits.


Utilité des sources.

lesIlsources
est facile de comprendre
les habitants la vénérai
des contrées ion qu'ont
brûlantes dont lepour
sol
est aride et le ciel embrasé. Sur les limites des déserts et
dans les oasis, l'eau jaillissante est rare et l'on en sent
d'autant mieux l'inestimable prix. Cette maigre source qui
s'échappe de la fente d'une roche, c'est elle qui nourrit les
herbes, les graines et les fruits nécessaires à la subsistance
de toute la tribu; que l'eau vienne à tarir, et la population
est obligée d'émigrer aussitôt, sous peine de mourir de
faim et de soif, Aussi l'habitant de l'oasis professe un vé-
ritable culle pour cette eau bienfaisante qui lui donne la
vie. Sous les climats plus favorisés par les pluies, Y amour
de l'homme pour les sources diminue naturellement en
proportion de leur abondance; mais, on retrouve dans l'es-
prit de tous les peuples, même de ceux qui habitent les
pays les mieux arrosés, un reste de cette tendresse pour
les eaux jaillissantes. C'est probablement à cause de cette
vénération instinctive que les montagnards de la Suisse ne
considèrent pas les torrents d'eau boueuse sortant de
l'arche terminale des glaciers comme étant les véritables
sources du fleuve, ils accordent cet honneur aux sources
discrètes dont l'eau pure s'échappe en filets de la base
d'un rocher. Elisée Reclus.
26 ÉTUDE DES MOTS.

Exercice 41. — Composez avec les mots suivants, 1" une liste des
mots concrets; 2° une liste des mots abstraits [% tlo).

1. Seigneur, France, cloche, âtre, charbon, cave, cel-


lier, arsenal, chantier, maison, cheminée, chien, créneau,
hameau, grenier, héros, rivage, pied, herbage.
2. Énumération, pureté, indépendance, exportation,
lutte, patriotisme, noblesse, largeur, ambition, construc-
tion, affection, adoucissement, cruauté, modestie, admira-
tion, tristesse, mouvement.

Exercice 42. — Copiez, puis soulignez tous les noms concrets.

La France.

Elle est riche d'une richesse prodigieuse. Elle produit le


blé qui nourrit les hommes, et le vin qui réjouit et fortifie
les cœurs; Yolivier, le figuier, le mûrier qui alimente le
ver à soie, le chêne et le pin, tous les fruits savoureux, tous
les arbres utiles y croissent également. Elle nourrit, dans
ses grands herbages, les chevaux, les vaches et les bœufs;
sur ses montagnes paissent les grands troupeaux de mou-
tons et de chèvres. Etonnez-vous, après cela, que ce pays
fasse envie !OnEt yletrouve
la surface. dessousenduabondance
sol n*est pasdans
moins
les riche
minésquele
Charbon dont diverses industries ont tant besoin, le fer, le
cuivre, le plomb, tous les métaux utiles. Les Français,
pour devenir riches et vivre heureux, n'ont guère d'efforts
à faire. Ils n'ont eu, pour ainsi dire, qu'à exploiter les biens
qui s'offraient à eux.
Supposez pour un moment que la France fût toute seule
au momie : dites-moi ce qui lui manquerait qu'elle ne
suffise à produire par elle-même? Je ne vois guère qu'une
seule chose : le coton. Combien pensez-vous qu'il y ait de
contrées au monde pouvant au même degré se passer des
autres? Et songez que notre jnnjs n'a ni bêtes féroces re-
doutables comme les lions de VAfrique les tigres de VInde
ou les serpents de ['Amérique, ni insectes insupportables
comme ceux que l'on rencontre dans d'autres pays : vous
conviendrez que nous sommes nés vraiment sur une terre
bénie et bien digne que nous l'aimions.
LE NOM OU SUBSTANTIF.

Exercice 43. — Trouvez dix noms concrets désignant 1° les diver-


ses parties d'une
embarcations ferme; 2° des navales:
ou constructions soldats de différentes armes; 3° des
4° lesIV objets d'une salle de
classe ; o° des jouets.
I
ii m V
cour fantassin bateau chaire balle
basse-cour cavalier banc toupie
frégate
hangar artilleur corvette table cerceau
cellier chasseur brick carte raquette
grenier dragon cotre bille
grange lancier tableau
écurie goélette
aviso pupitre
craie
grenadier
remise zouave canot encrier boule
pelote
vacherie turco ardoise équille
chasse
gondole
nacelle modèle osselet
bergerie spahi
Exercice 44. — Trouvez les noms abstraits qui correspondent aux
adjectifs suivants.
indolent, indolence. ingrat, ingratitude.
paresseux, paresse. orgueilleux, orgueil.
gourmand, gourmandise. peureux, peur.
bavard, bavardage. lâche, lâcheté.
vaniteux, vanité. envieux, envie.
•ladre, ladrerie. jaloux, jalousie.
susceptible, susceptibilité mou, mollesse.
taquin, taquinerie. méchant, méchanceté.
moqueur, moquerie. railleur, raillerie.
poltron, poltronnerie. ivrogne, ivrognerie.
gauche, gaucherie. fou, folie.
sot, sottise. lent, lenteur.
effronté, effronterie. bête, bêtise.
inerte, inertie. coquin, coquinerie.
curieux, curiosité. grossier, grossièreté.
brutal, brutalité. nonchalant, nonchalance.
Exercice 45. — Trouvez tes adjectifs qui correspondent aux noms
abstraits suivants.

courage, courageux. promptitude, prompt.


propreté, propre, bravoure, brave.
obéissance, obéissant. activité, actif.
affabilité, affable. sagesse, sage.
assiduité, assidu. honnêteté, honnête.
prudence, prudent. force, fort.
28 ETUDE DES MOTS.
bonté, bon. discrétion, discret.
politesse, 'poli. docilité, docile.
modestie, modeste. prévenance, prévenant.
finesse, fin. gentillesse, gentil.
économie, économe. dignité, digne.
douceur, doux. simplicité, simj/le.
délicatesse, délicat. cordialité, cordial.
santé, soin. beauté. beau.

Exercice 46. — Trouvez dix noms abstraits exprimant!0 une action


(comme fabrication): 2° une dimension ou une mesure comme lar-
geur); 3° une manière d'être (comme engourdissement).
I m
entrée ii contentement
longueur
sortie largeur accablement
arrivée abattement
épaisseur
départ hauteur refroidissement
échaultement
prise profondeur attendrissement
résolution surface
commencement contenance stupéfaction
achèvement étonnement
capacité animation
dégradation total
restauration bouleversement
quantité
Exercice 47. — Trouvez les noms abstraits qui correspondent aux
noms suivants. Écrivez : Homm e, humanité.
homme, humanité. chasseur, chasse.
enfant, enfance. pêcheur, pèche.
vieillard, vieillesse. inventeur, invention.
père, peter ni té. menteur, mensonge.
mère, maternité. voyageur, voyage.
frère, fraternité. calomniateur, calomnie.
maitre. maîtrise. admirateur, admiration.
esclave, esclavage. vainqueur, victoire.
tyran, tyrannie. entrepreneur, entreprise.
héros, héroïsme. expert, expertise.
épicier, épiée rie. agriculteur, agriculture.
batelier, batellerie. négociant, négoce.
médecin, médecine. voleur, vol.
peintre, peinture. roi, royauté.
architecte, arch itecture. monarque, monarchie.
prêtre, prêtrise. serf, serrage.
29
lu nom ou substantif.

magistrat, magistrature. concurrent, concurrence.


président, présidence. rival, rivalité.
directeur, direction. constructeur, construction.
chirurgien, chirurgie. artiste, art.
Exercice 48. — Trouvez les noms abstraits qui correspondent aux
adjectifs suivants.

humble, humilité'. grand, grandeur.


mesquin, mesquinerie. petit, petitesse.
faible, faiblesse. gros, grosseur.
ferme, fermeté. maigre, maigreur.
timide, timidité. haut, hauteur.
habile , habileté1. laid, laideur.
adroit, adresse. lourd, lourdeur.
imprudent, imprudence. léger, légèreté.
blanc, blancheur. ample, ampleur.
noir, noirceur. étroit, ëtrottasse.
vert, verdeur. exigu, exiguïté.
rouge, rougeur. spacieux, espace.
chaud, chaleur. profond, profondeur.
froid, froideur2. vif, vivacité.
sec, sécheresse. âpre, âpreté.
humide, humidité. vieux, vieillesse.
Exercice 49. — Remplacez les points par un nom collectif : foule,
multitude, bande, troupeau, forêt, caravane, labyrinthe, troupe, horde,
quantité, masse, collection (§ 116).

1. Souvent, pendant une demie heure, on entend der-


rière la montagne un tintement de clochettes ; ce sont des
troupeau.!' de chèvres qui changent de pâturage. Au pas-
sage des ponts, on se trouve arrêté jusqu'à ce que toute
la bande ait défilé. Le pâtre vient derrière, dans sa cape
brune; et toute la caravane disparait dans un nuage de
poussière. T. — 2. La ville de Damas, entourée de ses rem-
parts de marbre, dominée par sa forêt de minarets de
toutes formes, s'étend à perte de vue dans un labyrinthe
de jardins en fleur. Lm. — 3. Il m'a donné une foule de
mauvaises raisons. — 4. La Grèce était redoutable par sa
situation, la force, la multitude de ses villes. Mq. —5. Cet
1. Ne pas confondre avec habilité, qui est un ternie de droit tiré du latin ha-
bilitas.
2. Verdure et froidure s'emploient dans le sens plus concret de « plantes
vertes » et de «. saison froide •».
30 ETUDE DES MOTS.

amateur a dû vendre sa riche collection de tableaux. —


6. Les hordes des Huns commandées par Attila, sacca-
dèrent toute l'Europe. — 7. La masse des connaissances
humaines s"accroit chaque jour. — 8. Il sort quantité de
ruisseaux du mont Taurus. Mg. — 9. Une troupe de comé-
diens vient d'arriver dans notre ville.
Exercice 50. — Trouvez dix noms concrets désignant : \° des végé-
taux; 2° des minéraux; 3° des animaux sauvages; 4° des oiseaux
étrangers à votre région ; o° deslouppoissons
ni de mer.
IV
I n hareng
v
fer colibri
plante renard
arbre cuivre morue
arbuste perroquet merlan
sanglier
plomb
craie fouine sole
légume cigogne
liane belette mouette raie
herbe granit
marbre grue
cormoran rouget
ours
chêne ardoise chamois saumon
chou schiste marmotte héron
pélican thon
tuf lièvre turbot
gazon cerf autruche
goéland mulet
jonc
Exercice [Link]—èsTrouvez les noms abstraits qui correspondent aux
adjectifs suivants.
malin, malignité. facile, facilité.
bénin, bénignité.
nouveau, nouveauté. gai, gaîtê.
loyal, loyauté.
las, lassitude. vigoureux, vigueur.
épais, épaisseur. fidèle, fidélité.
inquiet, inquiétude. dévoué, dévouaient.
plein, plénitude. attentif, attention.
exact, exactitude. circonspect, circonspection.
rapide, rapidité. gracieux, grâce '.
niais, niaiserie. douloureux, douleur,
bas, bassesse.
jeune, jeunesse.
pervers, perversité. mûr, maturité.
sourd, surdité. précoce, précocité.
féroce, férocité. riche, richesse.
coupable, culpabilité. ami. n mille.
aveugle, aveuglement. ancien, ancienneté.
brave, bravoure. tardif, tardiveté.
insensible, insensibilitt pâle, pâleur.
1. Une gracieuseté n'est pas une qualité, mais an acte par lequel ou se mon-
tre gracieux envers quelqu'un : // m'ii fait a ni ■/,
LE NOM OU SUBSTANTIF.
31
Exercice 52. — Trouvez les noms abstraits qui correspondent aux
verbes suivants.
embellir, embellissement. avancer, avancement.
exporter, exportation . recevoir, réception.
introduire, introduction. découper, découpage 4.
envoyer, envoi. demander, demande.
adorer, adoration. arrêter, arrêt.
plonger, plongeon. conduire, conduite.
séduire, séduction.
occire, occtston \ former, formation.
meurtrir, meurtrissure. haïr, haine.
jouir, jouissance. établir, établissement.
changer, changement. choir, cliute.
fuir, fuite. manger, manducalion.
découvrir, découverte. accepter, acceptation.
construire, construction. tromper, tromperie.
retarder, retard. refaire, réfection.
obtenir, obtention. pratiquer, pratique.
surprendre, surprise. arriver, arrivée.
offrir, offre -. percevoir, perception.
planter, plantation. connaître, connaissance.
semer, semailles, semis. courir, course.
labourer, labour, labourage, bondir, bond.
arracher, arrachement \ refuser, refus
étudier, étude.

Exercice 53. — Copiez, puis dressez une liste des noms propres, une
des noms concrets et une des noms abstraits.

L'embouchure de la Somme.
C'est une des plus belles scènes de notre littoral que
celle de la Somme à son embouchure. Elle se développe
dans toute sa magnificence, quand on passe de Normandie
en
on Picardie,
commencelorsque, ayant atteint
à descendre l'extrémité
vers les des falaises,
vastes plaines qui
s'étendent à Test. On domine, de ces dernières hauteurs,
la mer; à droite, les

1.
2. Mot utile àunconserver
Offrandes : Tout: chose
sens concret ne borna à Vocation d'un poulet.
offerte.
Z. Arrachement
terre). (d'une dent), et par néologisme, arrachage (des pommes de
4. Découpure indique le plus souvent l'olijet découpé, et non pas l'action de
découper.
32 ÉTUDE DES MOTS.

collines fuyant en amphithéâtre; en avant, et dans le


fond, la Somme courant à l'horizon sur une largeur d'une
lieue et se versant dans une baie spacieuse, qui s'évase de
plus en plus jusqu'à se confondre entièrement dans les
flots de la Manche. La rivière est du même bleu que la
mer, et cette communauté de lumière accroît encore le
caractère de majesté que lui imprime sa grandeur. Au
delà de son cours, l'œil ne discerne plus la terre que sous
forme d'une côte basse, blanche et brillante, qui se pro-
longe le long de la baie. Sous les pieds du voyageur se dé-
roule une plaine fertile de trois à quatre lieues de rayon,
couverte de moissons, de pâturages et de troupeaux, et
parsemée de villages qui, ensevelis dans les ormes, se
dessinent çà et là comme des bouquets de bois. Cette
plaine, bordée par la mer et arrosée par le fleuve, n'est,
en réalité, qu'une partie de la baie qui, grâce au travail
séculaire des populations s'ajoutant à celui de la nature, a
fini par se soustraire à l'empire des eaux.
1. Somme, Normandie, Picardie, Manche.
2. Scène, littoral, embouchure, falaise, plaine, est, ta-
bleau, mer, colline, amphithéâtre, fond, horizon, lieue,
baie, flot, rivière, lumière, cours, œil, terre, forme, côte,
pied, voyageur, rayon, moisson, pâturage, troupeau, vil-
lage,
ture, [Link], bouquet, bois, fleuve, partie, 'population, na-
3. Magnificence, extrémité, ensemble, largeur, commu-
nauté, caractère, majesté, grandeur, réalité, travail, empire.

Genre des noms

Exercice 54. — Copiez, puis soulignez tous les noms masculins. Ex-
pliquez les mots en italique.

Un jardin en Grèce.

En Grèce la possession d'un jardin est un plaisir qui


console de bien des ennuis. Depuis le commencement de
janvier jusqu'au milieu de mai, heureux qui peut vivre
dans son jardin*. Si Ton a pris soin d'élever contre le vent
du nord une barrière de grands cyprès, on peut, neuf jours
sur dix, se promener à Y abri du froid. Les citronniers
LE NOM OU SUBSTANTIF. 33

ouvrent dès les premiers jours de l'année leurs gros bou-


tons d'un blanc violacé; les poivriers laissent pleuvoir au
hasard leurs longues branches; les pins, les arbousiers,
les lentisques et vingt autres espèces d'arbres résineux
offrent aux yeux une verdure douce et sérieuse dont on ne
se fatigue jamais. Les ficoïdes forment çà et là de gros
tapis verts; les cactus trapus, accroupis dans les coins ou
rangés en haies, amoncellent confusément leurs raquettes
épineuses. Les haies de romarin fleurissent tout l'hiver et
attirent par leur acre parfum les artistes ailés qui travail-
lent sur YHymette. Les narcisses se montrent en février,
les anémones et les asphodèles en mars; à la fin d'avril
tout est fleur. Les orangers frileux s'épanouissent sans
crainte; la vigne joue avec les amandiers ; les jasmins et
les passiflores ' courent ensemble le long des murs; la clé-
matite allonge ses grands bras autour de la tonnelle, et
les rosiers grimpants s'amusent à barbouiller de rouge les
vieilles palissades.
Nous avions dans notre jardin trois carrés incultes oj
l'on avait jeté, une fois pour toutes, quelques poignées de
graines de toutes espèces. Tout fleurissait en avril : pavots,
camomille, sainfoin, fumeterre, coquelicots. Tout ce luxe
se fanait le premier juin pour laisser venir les myrtes et
les lauriers-roses, qui se retiraient en juillet devant la
poussière et les sauterelles.
Ed. About, La Grèce contemporaine.
Mots expliqués. — Cyprès, arbre résineux que son feuil-
lage sombre a fait choisir pour être planté dans les cime-
tières. — Pleuvoir, tomber, comme la pluie, avec abon-
dance. — Lentisque, arbrisseau qui croit dans le Midi et
dont une espèce donne un suc résineux. — Ficoï-
des, plantes exotiques à feuilles charnues, dont quelques
espèces portent un fruit semblable à la figue. — Cactus,
plante à forme bizarre, à tige charnue, dont les feuilles
sont d'ordinaire remplacées par des écailles, des poils, des
aiguillons. Le cactus s'appelle aussi cactier, raquette, fi-
guier d'Inde. Le nopal est une variété de cactier. — Ar-
tistes ailés, les abeilles qui ont Yart de fabriquer le miel. —
1. Les passiflores sont des plantes dont le type est la grenadille, dite fleur de
lu Passion, parce que ses organes floraux semblent rappeler par leur forme le
marteau, les clous, etc., instruments de la passion de Jésus-Christ.
EX. FR. C. M. R. MAITRE. 3
34 ÉTUDE DES MOTS.

VBy mette, petite montagne voisine d'Athènes, renommée


dès l'antiquitté pour le miel de ses abeilles. — Frileux,
parce que les orangers craignent le froid.
Exercice 55.— Copiez, puis soulignez tous les noms féminins. Ex-
pliquez les mots en italique.
Le Californien.

Sous ses yeux le Pacifique roule vers l'ouest ses vagues


majestueuses, et la même force invisible qui a fait franchir
l'Atlantique à ses ancêtres, les prairies, les fleuves et les
sierras à son père, lui fait tourner ses regards vers le
soleil couchant. A 700 lieues au large, l'archipel des
Sandwich déploie sous un ciel tropical sa végétation luxu-
riante, ses riches plantations, ses rivages verdoyants, ses
montagnes géantes. 11 en a déjà fait sa station d'hiver, sa
plage méditerranéenne où ses malades et ses millionnaires
viennent goûter les charmes d'une vie indolente et d'un
incomparable climat. Au delà, à 800 lieues plus loin, le
Japon et la Chine offrent à son activité commerciale un
vaste champ d1 entreprises. Sans relâche, -ses vapeurs sil-
lonnent lePacifique, attirant à San-Francisco les thés et
les soies de la Chine, les sucres et les cafés de VOcéanie,
les laines de Y Australie, faisant de ce port l'un des plus
grands entrepôts du monde, détournant vers cette voie
nouvelle le trafic de VEurope et de VAsie. Il a pour lui la
jeunesse et V audace, une situation géographique unique,
une baie assez vaste et assez sûre pour y abriter toutes les
flottes de l'univers ! il a la force et la richesse, tout ce qui
prépare et assure le succès. En moins de quarante années,
d'une bourgade ignorée il a fait l'une des premières villes
du monde l ; fier de son passé, il a foi dans l'avenir.
C. de Varigny.

Mots expliqt es. — Sierra, mot espagnol qui signifie


« chaîne de montagnes ». La Californie, comme le reste
des Etats luis, s'est peuplée par les émigrants Européens,
qui ont franchi d'abord l'Atlantique pour venir à New-
York, puis les Montagnes Rocheuses et la Sierra Nevada,
1. En 1847, San-Francisco, qui a plus de 300.000 habitants, n'était que
Yerba Bueua, misérable village mexicain de 459 liaUtants, dans un pays sa-
bleux et stérile.
LE NOM OU SUBSTANTIF. 35

pour s'établira San-Francisco. — Le large, la partie de la


mer. qui esta distance des côtes. — Tropical , qui est situé
entre les deux tropiques, par conséquent très chaud. On
appelle tropiques les lignes qui séparent la zone torride
de la zone tempérée. — Luxuriant, qui se développe d'une
manière surabondante. — Plage méditerranéenne, comme
celles qui sont sur le bord de la Méditerranée, Cannes,
Nice, Menton. — Un vapeur, ellipse pour un bateau à va-
peur. — Foi, confiance, comme dans l'expression « une
personne digne de foi ».
Exercice 56. — Mettez les noms suivants au féminin C 120-128).
aïeule diablesse bru
ânesse jument
chevrette druidesse gardienne
amie châtelaine duchesse héroïne
baronne citoyenne ennemie hôtesse
bohémienne comédienne épouse infante
chamelle compagne faisane ivrognesse
cane fermière lionne
biche poule
coquine fille louve
chatte cousine filleule levrette
chanoinesse dinde friponne brebis
Exercice 57. Mettez les noms suivants au féminin.
marchande orpheline tigresse
ourse portière traîtresse
marquise prêtresse rentière
mercière ouvrière
mule prophétesse
mulâtresse paonne perruche vachère
génisse
patronne pouliche
rate sorcière
messagère pauvresse
naine marraine laie reine
négresse tsarine
paysanne
Persane guenon
Suissesse
ogresse
Exercice 58. — Donnez, au masculin et au féminin, les noms de
personne qui correspondent aux verbes suivants (suflixe eur ou
isseur).
acheteur, euse brunisseur, euse danseur, euse
baigneur, euse cardeur, euse débiteur, euse
balayeur, euse causeur, euse dénicheur, euse
buveur, euse chanteur, euse
défenseur1
demandeur, euse
brodeur, euse contrôleur, euse
1. Défenseur n'a pas de féminin.
36 ETUDE DES MOTS.

dompteur, euse mouleur, euse


donneur, euse prêteur, euse
nageur, euse quêteur, euse
enchanteur, euse parleur, euse rôtisseur, euse
émailleur. euse tailleur, euse
pêcheur, euse
empailleur, euse pécheur, eresse tireur, euse
empoisonneur, euse piqueur, euse valseur, euse
faiseur, euse plaideur, euse veilleur, euse
frondeur, euse plongeur, euse vendangeur, euse
guérisseur, euse porteur, euse vendeur, euse
marcheur, euse polisseur, euse
Exercice 59. — Donnez, au masculin et au féminin, les noms de
personnes qui correspondent aux verbes suivants (suffixe teur).
accusateur * conspirateur exécuteur lecteur
admirateur créateur fondateur modérateur
adorateur dénonciateur improvisateur observateur
adulateur destructeur inspecteur organisateur
acteur dévastateur inspirateur persécuteur
agitateur débiteur instructeur producteur
conducteur directeur introducteur protecteur
2onservateur électeur libérateur usurpateur
Exercice 60. — Faites une courte phrase avec chacun des mots
suivants (§ 120-130).

1° En parlant d'une femme.


artiste enfant camarade concierge
élève esclave gardemalade propriétaire

2° En parlant d'un homme.


sentinelle vigie clarinette recrue
estafette vedette basse ordonnance

1° Rosa Bonheur fut une artiste de grand talent. — J'ai


cette année d'excellentes élèves. — Que me voulez-vous,
ma chère enfant? — La rime est une esclave et ne doit
qu'obéir. Bl. — Elle partagea son goûter avec sa petite
camarade. — Ma ijardemalade me gorge de tisanes
amères. — Nous avons une concierge très complaisante.
— Je n'ai jamais parlé à ma propriétaire.
2° Les sentinelles se répondaient l'une à l'autre au mi-
lieu des ténèbres. — Une estafette avait apporté l'ordre
L. Dans tous ces mots le féminin est en /rire.
LE NOM OU SUBSTANTIF.
37
d'avancer. — Terre! cria la vigie du haut du mât. — La
route était gardée par une vedette à cheval. — J'ai dans
mon orchestre une clarinette très habile. — Les basses ont
chanté en dépit du bon sens. — Mon ami, vous êtes gauche
comme une recrue. — Mon ordonnance vous portera la
réponse.
Exercice 61. — 1° Trouvez cinq noms masculins de choses en fer,
en âge, en ment, en at, en er, en isme. — 2° Trouvez cinq noms fé-
minins de choses en ade, en ation, en ure, en erie, en ée, en ace
(S 132).
[Link] masculins
1. pommier ménage
bagage 3. logement
bâtiment
prunier cirage
cellier
voyage appartement
6. ciment
grenier
fumier dommage
5. Verger parement
4. pensionnat sophisme
doctorat oranger
rat patriotisme
bûcher protestantisme
calvinisme
rabat pécher
chocolat rucher socialisme
3.
Xoms féminins
1. baignade 2. nation mesure
salade ration cassure
bastonnade augmentation morsure
bravade découpure
présentation
barricade embarcation nature
4. bergerie 5. ondée
allée 6.
épicerie
mercerie levée face
place
grimace
ladrerie mêlée menace
gaucherie cuillerée
Exercice 62. - - Formez avec les mots suivants des noms féminins
glace
en ance ou en enre.
abondance ressemblance vigilance bienfaisance
indigence insolence intelligence corpulence
tempérance dépend ance nonchalame intendance
indulgence diligence pénitence impudence
confiance médisance enfance défiance
confidence indulgence adolescence démence
ETUDE DES MOTS.

élégance constance arrogance lieutenance


décence clémence insolence présence
ignorance puissance clairvoyance absence
imprudence patience différence adhérence
Exercice 63. — Mettez le ou la devant les noms suivants (^ 133).
le balustre le losange
le camée le monticule le pétale
le planisphère
le centime le municipe le pleur
le chrysanthème le parage la quinine
le cyclone la nacre la réglisse
la dinde le parafe la stalactite
le girofle la paroi le renne
le chanvre la patère la tare
le cratère la pédale la sandaraque
le granule la perceneige le lentisque
le légume le pétiole
Exercice 64. — Faites accorder les mots en italique.
1. Nos greniers ne peuvent contenir les céréales que
nous avons récoltées. — 2. Partout des ruines, partout des
décombres entassés. — 3. A qui devons-nous l'usage du
sucre, du chocolat, de ces épices si variées qui assaisonnent
nos aliments? Br. — 4. Aux mânes paternels je dois ce sa-
crifice. C. — 5. On fit au défunt des obsèques pompeuses,
mais coûteuses. — 6. Monsieur l'herboriste, voici des simples
que j'ai cueillis pour vous dans la montagne. — 7. Les
vêpres seront finies pour quatre heures. — 8. Le panier de
la voyageuse était rempli de victuailles odoriférantes. —
9. A Paris les vivres ne sont pas si chers qu'on le croit. —
10. Payez-moi les arrérages qui me sont dus.
Exercice 65. — Mettez un ou une devant les noms suivants,
une acre une effigie un holocauste
une agrafe un effluve une horloge
un albâtre un émétique un horoscope
une alcôve un emplâtre un hospice
un alvéole une enclume une hydre
un amadou une énigme une hypothèque
un anévrisme un épiderme une idole
une antichambre un épisode une immondice
un antidote une épitaphe un intervalle
un arcane un équinoxe un ivoire
LE NOM OU SUBSTANTIF. 39
un armistice une équivoque une oasis
une armoire un érésipèle un obélisque
un arrosoir un esclandre un obstacle
une artère une estompe un obus
un astérisque une étable un omnibus
une atmosphère un évangile un oratoire
un autel un exemple un organe
un automate un exorde un orifice
une ébène un hémisphère un ouvra ce
une écarlate un hémistiche un ovule
une écritoire un hiéroglyphe un ulcère
une écumoire
Exercice 66. — Composez deux petites phrases pour chacun des
noms suivants; mettez-le dans l'une au masculin, dans l'autre au fé-
minin (S134, 135).
mémoire mode guide
manche crêpe statuaire
Champagne voile manœuvre
gruyère critique enseigne
vapeur aide trompette
cartouche garde paillasse.
1. Ce mémoire est inexact. Ma mémoire s'en va. — 2. Ne
jetez pas le manche après la cognée. Quelqu'un me tira
par la manche. — 3. Le Champagne mousse et pétille. La
Champagne s'étendait de Meaux à Langres. — 4. Le gruyère
est un des bons fromages. Il se fabrique en Suisse, dans
la Gruyère, entre Fribourg et Montreux. — 5. La fumée
d'un vapeur parut
cruellement. — G. àLal'horizon. La vapeur
date du tableau étaitchaude
inscritele sur
brûlale
cartouche. La cartouche était mouillée et le coup rata. —
7. Le mode mineur est plus triste que le mode majeur. La
mode des crinolines est passée. — 8. Un crêpe au chapeau
fait voir que Ton est en deuil. Ma mère fait des crêpes
excellentes. — 9. Jetons un voile sur ces hontes. Le navire
va mettre à la voile. — 10. C'est un critique plus savant
qu'intéressant. Ses critiques sont toujours judicieuses. —
11. Un aide jardinier me serait bien utile, h' aide de Dieu
est plus puissante que celle des hommes. — 12. Un vieux
garde faisait sa ronde. A la garde de Dieu! — 13. Obéis
à ton guide. Il mène la vie à grandes guides. — 14. Un
bloc de marbre était si beau qu'un statuaire en fit l'em-
40 ÉTUDE DES MOTS.

plette. La statuaire antique est bien représentée au Louvre.


— 15. Le manœuvre fut tué sur le coup. Les grandes ma-
nœuvres se font en septembre. — 16. Un enseigne est infé-
rieur en grade à un lieutenant de vaisseau. Les vieilles
enseignes sont parfois bien curieuses. — 17. Tout en cou-
rant le trompette sonnait la charge. Le son de la trompette
se fit entendre. — 18. Cette basse plaisanterie est digne
d'un paillasse. Il était couché sur une maigre paillasse.
Exercice 67. — Faites accorder les mots en italique.
1. Les chrysanthèmes tardifs sont les plus beaux. — 2-
Vous prendrez chaque matin un de ces granules. — 3. Ci-
céron naquit au municipe d'Àrpinum. — 4. Pendant
le sermon, je mis par maladresse le pied sur la pédale
de l'orgue : un son rauque et violent coupa court à l'élo-
quence de l'orateur. — 5. De cette rose si fraiche il ne
reste plus que des pétales fanés. — 6. La feuille du rosier
a un pétiole assez long. — 7. Contre la fièvre il n'y a
rien de meilleur que la quinine. — 8. Il y a de la fausse
ébène, comme de lïvoire faux. -■ 9. On trouva dans
les fouilles un camée de sardoine, finement sculpté.
— 10. Pour établir sa construction sur des fondements
solides, il lui fallait un auxiliaire familier avec ces ar-
canes souterrains. — 11. Un cadavre n'est plus qu'une
immondice dangereuse aux vivants. — 12. Rappelez- vous
les tempêtes du dernier équinoxe.
Exercice 68. — Faites accorder les mots en italique.
1. L'oasis tant désirée se montra enfin avec ses verts
palmiers. — 2. Faut-il partir ou rester? Cruelle énigme. —
3. Dès qu'il fut né, on fit son horoscope, qui se trouva
très fâcheux. — 4. L'holocauste fut brûlé sur l'autel. —
5. Ce sont ici hiéroglyphes tout purs. L. — 6. Une es-
tompe est un rouleau de papier, terminé en pointe, pour
étendre clandre
le crayon
scandaleux. sur
— [Link]. - 7. stalactites
nombreuses Il m'a faitdeuncette
es-

grotte fournissent un albâtre d'excellente qualité. — 9. Une


acre de terre formait tout mon domaine. — 10. De l'eau
chaude est souvent un émétique suffisamment efficace.
— 11. Ce sang était la base du fameux antidote de Mi-
th rida te. — 12. Qu'avez-vous fait pendant ce long inter-
valle? — 13. On entra dans l'oratoire : il était plein de
LE NOM OU SUBSTANTIF. 41

sang et de fumée. — 14. L'air des champs vaut mieux


que l'atmosphère viciée des grandes villes.
Exercice 69. — Faites accorder les mots en italique (§ 13G-142).
1 . L'orgue majestueux se taisait gravement dans la nef
solitaire. H. — 2. Beaucoup d'églises ont deux orgues, Y un
dans le chœur, l'autre au bas de la nef. — 3. À en juger
par la statuaire, les étoffes chez les anciens étaient plus
épaisses que les nôtres. Ch. — 4. La critique est aisée, et
l'art est difficile. — 5. Ce chirurgien a deux aides très
adroits. — 6. L'espèce de l'aigle commun est moins pure et
la race en paraît moins noble que celle du grand aigle.
Bf. — 7. Plusieurs aigles furent prises par les Germains,
après la défaite de Varus, sous le règne d'Auguste. A. —
8. La foudre cause plus de victimes en plein air que dans les
maisons. — 9. Le lièvre dit : Je suis donc un foudre de
guerre ! — 10. On lisait une devise sur le cartouche placé
au coin du tableau.
Exercice 70. — Faites accorder les mots en italique.
1. La discorde se mit parmi la gent ailée. — 2. Quelles
gens êtes-vous? — 3. Il n'y a pas de sot métier, il n'y a
que de sottes gens. — 4. Ne sais-tu pas que les petits scru-
pules ne conviennent qu'aux petites gens? Rs. — 5. Vous ne
devriez pas fréquenter de telles gens. — 6. Les personnes
d'esprit peuvent toujours tirer quelque instruction des
gens les moins éclairés. F. — 7. Les parents de l'athlète
étaient gens inconnus. L. — 8. La plupart des jeunes gens
croient être naturels, lorsqu'iYsnesont que malpolis et gros-
siers. Lr. — 9. Romulus n'eut pour sujets qu'un assemblage
de gens hardis, déterminés, féroces. Rl. — 10. Certaines
gens étudient toute leur vie ; à leur mort, ils ont tout appris,
excepté à penser. — 11. L'entrée de la ville est interdite à
l'exécuteur des hautes œuvres. — 12. On appelle orge perlée
de l'orge réduite en petits grains dépouillés de leur son.
Pluriel des noms.
Exercice 71. — Copiez, puis soulignez tous les noms au pluriel
(S 143).
Une grande marée au Mont-Saint-Michel.
I. On n'aura jamais sous les yeux de spectacle plus élo-
quent, plus imposant, plus magnifique, que l'envahisse-
42 ÉTUDE DES MOTS.

ment de la baie du Mont-Saint-Michel, le jour d'une grande


marée d'équinoxe. Imaginez-vous cette ile merveilleuse
isolée au milieu d'une plaine de sable si étendue qu'elle
semble sans bornes. A perte de vue, du côté de la terre
comme du côté de la mer, les sables succèdent aux sables,
les grèves perpétuent les grèves; pas une oasis, pas une
ferme, pas une campagne, ne viennent tempérer, par une
fleur ou par un sourire, le sévère et silencieux désert qui
nous environne.
Assis sur les rochers dorés par le soleil couchant ou de-
bout sur les remparts de l'antique forteresse, voyageurs.
pèlerins, contemplateurs, artistes disséminés par groupes,
attendent l'arrivée de la mer. On la distingue au loin vers
l'horizon du nord et on en retrouve les récents vestiges
dans les lacs que les dernières eaux descendantes ont lais-
sés sur les grèves ravagées. Il y a seulement dix heures,
toute cette plaine immense était inondée sous les flots mu-
gissants d'une mer en courroux. En ce moment la marée
basse la laisse à découvert et les pécheurs ou les curieux
peuvent la traverser à pied, en tout sens.

Exercice 72. — Copiez, puis soulignez tous les noms au singulier.


II. Cependant un bruit sourd se fait entendre au large.
C'est d'abord comme un simple bruissement de feuillage.
léger, intermittent, ondulant avec la brise. En prêtant
mieux Voreille, on remarque qu'il est permanent et l'on
pressent en lui le signal précurseur de Y inondation. Mal-
heur au pêcheur, malheur au touriste qui resterait confiant
sur l'un de ces îlots de sable déjà séchéspar le soleil! Plus
d'un aussi a payé de sa rie ^imprudence de se laisser sur-
prendre par la mer envahissante !
Le flot arrive. Il fait remonter vers sa source le Couesnon*
qui descendait tranquillement la pente des grèves. Il avance
de toutes parts et inexorablement. La baie de sable, tout
à l'heure découverte, ne mesure pas moins de 250 ki-
lomètres carrés. Le flot avance avec la rapidité d'un che-
nal au galop. Il est six heures, et le soleil se couche dans
un rayonnement de gloire empourprée. Dans une heure,
la mer aura atteint le fond de la baie. A huit heures, le

1. Le Couesnon (prononcez Coiia-non) est une petite rivière qui sépare la Bre-
tagne de la Normandie. [Livre de l'élevé.]
LE NOM OU SUBSTANTIF. 43

vaste désert sera recouvert d'une couche d'eau de dix


mètres d'épaisseur. C. Flammarion.

Exercice 73. — Copiez en mettant au pluriel les mots en italique.


Damas.

I. C'était Damas et son désert sans bornes, à quelques


centaines de pieds sous mes pas. Le regard tombait d'abord
sur la ville, qui, entourée de ses remparts de marbre jaune
et noir, flanquée de ses innombrables tours carrées de dis-
tance en distance, couronnée de ses créneaux sculptés, do-
minée par sa forêt de minarets de toutes formes, sillonnée
par les sept branches de son fleuve et ses ruisseaux sans
nombre, s'étendait à perte de vue dans un labyrinthe de
jardins en fleurs, jetait ses bras immenses, çà et là, dans la
vaste plaine partout ombragée, partout pressée par la forêt
de dix lieues de tour de ses abricotiers, de ses sycomores,
de ses arbres de toutes formes et de toute verdure, sem-
blait se perdre de temps en temps sous la voûte de ses
arbres, puis reparaissait au loin en larges lacs de maisons,
de faubourgs, de villages : labyrinthe de jardins, de vergers,
de palais, de ruisseaux, où l'œil se perdait et ne quittait un
enchantement que pour en retrouver un autre. Les innom-
brables coupoles des mosquées et des palais d'une ville de
quatre cent mille âmes répercutaient les rayons du soleil
couchant, et les eaux bleues et brillantes de sept fleuves
étincelaient et disparaissaient tour à tour à travers les rues
et les jardins.
II. L'horizon, derrière la ville, était sans bornes comme la
mer; il se confondait avec les bords pourpres de ce ciel de
feu qu'enflammait encore la réverbération des sables du
grand désert. Sur la droite, les larges et hautes croupes de
l'Anti-Liban fuyaient comme a immenses vagues d'ombre,
les unes derrière les autres, tantôt s'avançant comme des
promontoires dans la plaine, tantôt s'ouvrant comme des
golfes profonds où la plaine s'engouffrait avec ses forêts
et ses grands
trente villages, dontdesquelques-uns
mille habitants; branches de comptent
fleuve etjusqu'à
deux
grands lacs éclataient là, dans l'obscurité de la teinte géné-
rale de verdure où Damas semble comme engloutie. A
notre gauche, la plaine était plus évasée, et ce n'était qu'à
44 ETUDE DES MOTS.

une distance de douze ou quinze lieues qu'on retrouvait des


cimes de montagnes, blanches de neige, qui brillaient dans
le bleu du ciel, comme des nuages sur l'Océan.
La ville est entièrement entourée d'une forêt de vergers
d'arbres fruitiers, où les vignes s'enlacent comme à Naples,
et courent en guirlandes parmi les figuiers, les abricotiers,
les poiriers et les cerisiers. Lamartine.
.' 1 41-148).
Exercice 74. — Mêliez au pluriel les noms suivants
rivaux eaux veaux bals
prix
travaux chous maux
régals
semis peaux chacals landaus carnavals
vantaux pieus animaux
hibous poitrails
fanaux minéraux bijous
vitraux caillous
escabeaux éventails poids
héros hameaux ciseaux
canaux corbeaux os
ours
filous piédestaux
miroirs brebis trous
portails
coraux cadenas taillis essieux
jeux villageois bambous verrous
nopals
croix-
Exercice 75. —Mettez au singulier les noms suivants.
local abcès roseau
licou attirail tombeau roi
joyau poteau
émail clou tribunal
cheveu festival perdreau
signal ail pruneau
sapajou
aveu soupois
gouvernail
arsenal compas
cyprès tapis
sphinx
bois secours
pieu genou nez souris
étau château général
tonneau ■ échalas nopal
coucou cardinal écrou
capital
vitrail
créneau camail caillou détail
joujou
Exercice 76. — Écrivez au pluriel les mois en italique.
1 . On emploie indifféremment bestiaux et bétail pour dé-
signer l'ensemble des bi'tes d'une métairie, à la condition
qu'elle aura des bêles à cornes ou des chevaux; car si elle
n'avait que des chèvres ou des moulons, il faudrait dire du
petit bétail et non des bestiaux. Lt. — 2. On peut dire que
tout le règne végétal se convertit pour l'homme, en
aliments, par le moyen des animaux domestiques. Ainsi
les vaches pâturent dans le fond des vallées, 1rs hrrbis
légères paissent sur la croupe des collines, et les chèvres
LE NOM OU SUBSTANTIF. 45

grimpent sur les flancs des rochers. Les porcs fouillent


les racines des marais, les oies et les canards mangent les
herbes fluviales, les poules ramassent tout ce qui se perd
dans les champs. Les abeilles aux quatre ailes butinent les
poussières des fleurs, et les pigeons rapides vont glaner
les semences qui se perdent sur les rochers inaccessibles.
Tous ces animaux, après avoir occupé pendant le jour les
différents sites de la végétation, reviennent le soir à l'ha-
bitation de l'homme avec des bêlements, des murmures et
des cris de joie, en lui rapportant les doux tributs des
plantes, changées, par une métamorphose inconcevable,
en lait, en beurre, en œufs, en crème, en viandes très
nutritives ou très délicates. Br.

Exercice 77. — Écrivez au pluriel les mots en italique (§ U9).

1. Que fait-on avec l'or? Des bijous, des ornements, de la


monnaie, toutes choses dont on peut aisément se passer.
Mais c'est avec le fer qu'on fait les bêches, les serpes, les
verrous, les gonds, tous les instruments de travail. — 3. Dans
nos peines, recourons au Père que nous avons dans les
deux. — 4. Tailler à deux yeux, à trois yeux, c'est laisser
sur la branche que l'on coupe deux, trois boutons à bois ou
à fruit. Lt. — 5. Il est de ces esprits favorisés des deux,
Qui sont tout par eux-mêmes et rien par leur a'ieuux. V. —
6. Ce peintre reproduit bien les ciels de l'Italie. — 7. Un
monde est assoupi sous la voûte des deux. L. — 8. Les
exils de bœuf de la cour du Louvre sont ornés de sculptu-
res. — 9. Ses jeux sont des travaux, ses travaux sont des
jeux. Millevoye. — 10. A de longs intervalles, on enten-
dait les lugubres cris de quelques oiseaux de nuit ou de
quelques chacals. Vx. — 11. Caïeux se dit en fait d'ognons
de fleurs. — 12. Quelle joie les dames ont eue d'appren-
dre que celui
la même chosequ'elles ont armées!
dans les vu triompher
V. dans les bals fasse

Exercice 78. — Écrivez au pluriel les mots en italique.

1. J'aime les fleurs bleues des ancolies et les fleurs jaunes


des ails dorés. — 2. Le vaniteux fait entrer dans toutes les
conversations ses aieuls paternels et maternels. Lb. — 3.
Les baux doivent être enregistrés. — 4. Chantons les com-
bats et la gloire des saints, nos illustres aïeux. - 5. Les
vitraux de Notre-Dame de Paris sont admirables. —6. Les
46 ÉTUDE DES MOTS.

plus beaux portails de nos cathédrales gothiques sont ceux


de Reims, de Paris et d'Amiens. — 7. Les chorals sont des
airs religieux destinés à être chantés en chœur; les cho-
rals luthériens sont renommés. — 8. Les coraux sont des
productions calcaires de certains polypes, fixées d'ordi-
naire aux rochers sous-marins. — 9. Les émaux sont fu-
sibles, c'est-à-dire ont la propriété de fondre. — 10. Je fus
volé, en arrivant, de tout ce que j'avais, par des filous à
la foire de Saint-Germain. V. — 11. Chiens, chats, pou-
lets, dindons, pourceaux arrivent bientôt à la file. Fl.
Exercice 79. — Faites deux phrases pour chacun des mots sui-
vants :mettez-le dans l'une au singulier, dans l'autre au pluriel C Mil).
ciseau fer assise bonté
lunette peinture aboi petitesse
1. Ce sculpteur manie correctement le ciseau. Voilà un
travail fait à coups de ciseaux. — 2. Grâce à mon excel-
lente lunette, je pus apercevoir le Mont-Blanc. Il cherchait
partout
Le fer sertses lunettes, qu'il avait
à mille usages. relevées
Colomb sur ledans
fut jeté front.
les —fers.
3.
— 4. Nous avons quelques spécimens de la. peinture anti-
que. Les peintures les plus éloquentes de la vertu ne valent
pas un bon exemple. — 5. Le château se dressait sur une
assise puissante de rochers. Il va passer en cour d'assises.
— 6. Un aboi prolongé sortit de la forêt. Notre cuisinier
est aux abois : comment nourrir tant de monde? — 7. La
bonté de Dieu est infinie. J'ai eu mille bontés pour cet
enfant. — 8. Il supplée par de hauts talons à la petitesse
de sa taille. On trouve en lui des petitesses indignes de sa
condition.
Exercice 80. — Expliquez et mettez au pluriel les noms composés
suivants. Écrivez : Un vaurien (qui ne vaut rien), des vauriens (| 152).
Un vaurien (qui ne vaut rien), des vauriens.
Un fainéant (qui fait néant), des fainéants.
Un licou (corde qui lie le cou), des licous.
Une soucoupe (ce qu'on met sous la coupe), des sow-
COUpeS.
I ii hochequeue (qui hoche la queue), des hochequeues.
Un portefaix (qui porte des faix, des fardeaux;, des (><>r-
tefai.r.
Un cachenez (qui cache le nez), des cacheriez.
DU NOM OU SUBSTANTIF. 47

Un bonjour (je vous souhaite bonjour), des bonjours.


Un entracte (intervalle entre deux actes), des entractes.
Un gendarme (un des gens d'armes), des gendarmes.
Un plafond (surface plate qui forme le fond), des plafonds.
Une sauvegarde (garde qui rend sauf), des sauvegardes.
Un justaucorps (qui va juste au corps), des justaucorps.
Un acompte (argent donné à compte), des acomptes.
Une perceneige (qui perce la neige), des perceneiges.
Un malaise (mauvaise aise), des malaises.
Une averse (pluie qui tombe à verse), des averses.
Un pourboire (donné pour boire), des pourboires.
Une betterave (bette qui est rave), des betteraves.
Un porteplume (qui porte la plume), des portep lûmes.
Un pissenlit (qui fait pisser en lit), des pissenlits.
Un enjeu (argent mis en jeu), des enjeux.
Un abatjour (qui abat le jour), des abatjours1.
Un sainfoin (foin qui est sain), des sainfoins.
Une encaisse (somme en caisse), des encaisses.
Un surtout (ce qu'on met sur tout), des sur tout s.
Un pardessus (mis par dessus le reste), des pardessus.
Un béjaune (bec jaune), des béjaunes 2.
Un engoulevent (qui engoule le vent), des engoulevents*.
Un bavolet (volet qui est bas), des bavolels.
Un vinaigre (vin qui est aigre), des vinaigres.
Un pivert (pic vert), des piverts 4.
Exercice 81. —Mettez au pluriel les noms suivants et rangez en-
semble 4° ceux où entre un verbe, comme porteplume ; 2° ceux où
entre un mot invariable, comme contrecoup. Écrivez : Un couvrepied,
des couvrepieds [% 133). .
I

Un couvrepied, des couvrepieds.


Un passepartout, des passepartouts.
Un curedent, des cure dents.
Un portemontre, des portemontres,

1. Mieux encore : un abajoi/r, des àbajours (sans t comme un fainéant, un


vaurien, un plafond;.
2. Un béjaune, un jeune niais, inexpérimenté comme un jeune oiseau qui a
encore le bec jaune.
3. Engoulevent, oiseau qui en volant tient son bec large ouvert.
4. Par ces exemples, dont on pourrait grossir le nombre, on voit que la ten-
dance du français est de considérer les mots composés comme un tout, sans faire
attention aux parties. Un vinaigre, des vinaigres (et non pas des vins-aigres) ;
un vaurien, des vauriens (et non pas des valent rien).
48 ÉTUDE DES MOTS.

Un cassetête, des cassetétes.


Un gardecôte. des g ar décotes.
Un prêtenom, des prêtenoms.
Un pressepapier, des pressepapiers.
Un pèseliqueur, des pèseliqueurs.
Une perceneige, des perceneiges.
Un gardechasse, des gardechasses.
Un tirebouchon. des tirebouchons.
Un tournebroche, des tourne broches.
Un coupegorge, des coupegorges.
Un abatvent, des abatvents.
Un portemonnaie. des portemonnaies.
Un crèvecœur, des crèvecœttrs.
Un coupepapier, des coupepapiers.
Un croquemort, des croquemorls.
Un comptegoutte, des compteg ouïtes.
l'a gardefou, des garde fous.
u
Un contresens, des contresens.
Un entreligne, des entrelignes.
Un entête, des entêtes.
Un viceprésident, des viceprésidents.
Une arrièrepensée, des arrièrepensèes.
Une aprèsdînée, des aprèsdînèes.
Un avantposte, (/es avantpostes.
Une avantgarde, rfe* avantgardes.
Un arrièreneveu, (/es arrièrenereux.
Un contre-amiral, rfe* contre-amiraux.
Un viceroi. (/es vicerois.
Un nonsens, r/^s nonsens.
Un souschef, (/es souschefs.
Va contreprojet, </es contreprojets.
Un entrenœud, f/es entrenœuds.
Un contremaître, rfea contremaîtres.
Vn contrevent, de« contrevents.
Une nonvaleur, (/(".s- nonvaleurs.
Un entremets, (/es entremets.
Exercice 82. — Mettez au singulier Jes noms suivants (,', 151-156).
un oiseau-mouche un hors-d'œuvre
un chef-lieu un beau-frère
DU NOM OU SUBSTANTIF. 49

un char à bancs une chauve-souris


un bouton d'or un chat-huant
un mont de piété un trompe-l'œil
un pince-sans-rire un on-dit
une belle de nuit un aide de camp
un tête-à-tête une eau-forte
un cul-de-jatte un blanc-bec
un aide-maçon un procès-verbal
un pied d'alouette un coq-à-l'âne
un arc en ciel un ouï-dire
un cerf-volant un laissez-passer
une reine-marguerite un ver à soie
Exercice 83. — Trouvez un mot composé formé avec chacun des
verbes suivants suivi d'un complément direct. Écrivez : Piquer, un
pique-assiette, des pique-assiettes ; essuyer, un essuiemain. des essuie-
n'iains.

Piquer, un pique-assiette, des pique-assiettes.


Essuyer, un essuiemain, des essuiemains.
Emporter, un emportepièce, des emportepièces.
Pincer, un pincenez, des pincenez.
Crever, un crèvecœur. des crèvecœurs.
Curer, un cure-oreille, des cure-oreilles.
Briser, un briseglace, des briseglaces.
Réveiller, un réveillematin. des réveillematins '.
Sauter, un sauteruisseau. des sauteruisseaux.
Vider, un videpoche, des videpoches.
Trancher, un tranchelard, des tranchelards.
Cacher, un cachepot, des cachepots.
Casser, un cassenoisette, des cassenoisettes.
Passer, un passeport, des passeports.
Chausser, un chaussepied, des chaussepieds.
Tirer, un tireligne, des tirelignes.
Bouclier, un bouchetrou, des bouchetrous.
Garder, un gardefeu, des gardefeux.
Gâter, un gâtesauce, des gàtesauces.
Pi-reer, une percepierre, des percepierres.
Peser, un pèselettre, des pèselettres.
Couvrir, un couvrechef. des couvrechef*.
Gober, un gobemouche. des gobemouches.
1. Par exception matin est ici un complément circonstantiel, non un com-
plément direct.
EX. FR. C. M. R. MAITRE. 4
50 ETUDE DES MOTS.

Gagner, un gagnepain, des gagnepains.


Porter, un portemanteau, des portemanteaux.
Remuer, un remueménage, des remueménages.
Souffrir, un souffredouleur, des souffredouleurs.
Tâter, un tâtevin, des tàtevins.
Troubler, un troublefète. des troublefètes.
Serrer, un serrefrein, des serrefreins.
Abattre, un abatvent, des abatvents.
Chasser, un chassemouche. des chassemouches.
Exercice 84. — Trouvez un mot composé formé avec chacun des
noms suivants.
\er-coqum chou- fleur a van /poste
arriéregoût blanc-seing am'éresaison
pont-levis grippesou gardemanger
martln -pêr heur soupied
/tlote-bande pomme de terre grand-mère
cerf-volant lowp-garou
contredanse
ser yen t-major
aide de camp basse-cour
sousofûcier bas-reWel
èpme-vinettc '
petite-fîUe
contretemps avantxeiWe
croc-en -jambe
eau de vie œil de brruf
[Link]
pot-au-feu gardemain procès-verbal
chat-huant coffrefort
chêne- liège port edrapeau pie-griêche
avantscène gueule de loup parapluie
sousmaiire franc-tireur
\&uv'ier-rose ;>e/r^-oreille
emportepièce rez de chaussée
entrecôte g ar dérobe
terreplein
bec de lièvre bras de mer
sapeur-po/y/y^/V/-
passeport
rougegorge
Exercice 85. — Mettez au pluriel les noms suivants et donnez-en le
sens à l'aide du dictionnaire. Ex. : Un agenda, des agendas : carnet
dont chaque feuille indique le joui de l'année et sert à noter ce qu'on
a à faire [% 157).
1. Vn agenda, des agendas. — 2. Un dilettante, des di-
let antes :amateur passionné de musique ; celui qui s'oc-
cupe d"une chose en amateur. — 3. Un exeat, des exeats :
billet de sortie (mot latin qui signifie c qu'il sorte >). — 4.
In facsimilé, des facsimilés : reproduction fidèle d'un
L VtnetU signifie « petite vigne », par allusion aux grappes de cet arbris-
DU NOM OU SUBSTANTIF. 51

écrit ou d'un dessin (du latin fac simile, fais une chose
semblable). — 5. Un quiproquo, des quiproquos : erreur
qui fait prendre une personne ou une chose pour une autre
(emprunté de l'expression scolastique quid prà quod, em-
ployer quid à la place de quod). — - 6. Un alibi, des alibis :
le fait de s'être trouvé ailleurs que sur le lieu du crime au
moment où il a été commis (du latin alibi, ailleurs). — 7.
Un bifteck, des biftecks : tranche de bœuf destinée à être
cuite sur le gril. — 8. Un exvoto, des exvotos : tableau,
figure, objet que l'on suspend dans une église pour l'accom-
plissement d'un vœu, ou par reconnaissance d'une grâce
obtenue (premiers mots de la formule latine de dédicace
ex voto suscepto, d'après le vœu fait). — 9. Un inoctavo, des
inoctavos : volume où la feuille d'impression, pliée en huit
feuillets, forme seize pages (du latin in octavo, en hui-
tième). — 10. Un quatuor, des quatuors : morceau com-
posé pour quatre voix ou quatre instruments. — 11. Un
alinéa, des alinéas : séparation qu'on établit entre une
phrase et les précédentes en la faisant commencer à la
ligne suivante. On appelle aussi de ce nom le pa
compris entre deux alinéas (du latin a linea, en s'écartant
de la ligne). — 12. Un domino, des dominos : 1° robe flot-
tante àcapuchon pour les bals masqués; 2° chacune des
vingt-huit pièces du jeu de dominos. — 13. Un lazzi, des
lazzis : plaisanterie bouffonne. — 14. Un solo, des solos :
dans un morceau pour plusieurs voix ou instruments,
partie chantée par une seule voix ou jouée par un seul
instrument. — 15. Un factotum, des factotums : celui qui
remplit près de quelqu'un toute espèce d'office (du latin
far totum, fais tout). Autrefois on prononçait et écrivait
factoton. — 16. Un autodafé, des autodafés : exécution de
la sentence par laquelle l'inquisition espagnole condam-
nait les hérétiques au supplice du feu (du portugais auto
da fe, acte de foi). — 17. Un errata, des erratas : liste des
fautes qui se sont glissées dans un livre. — 18. Un im-
promptu, des impromptus : morceau improvisé, épi-
gramme, chanson, petite pièce de théâtre. — 19. Un ora-
torio, des oratorios : drame religieux mis en musique et
qu'on exécute sans décors ni costumes. — 20. Un tilbury,
des tilburys : sorte de cabriolet léger, sans capote.
52 ÉTUDE DF.S MOTS.

Exercice 86. — Mettez au pluriel les noms en italique C 158).

1. Les deux Doives arrosent l'Italie du Nord. — 2. Le


musée du Louvre possède quelques Raphaël*. — 3. Un Au-
guste peut faire des Virgiles. Bl. — 4. Les deux Gracques,
en nattant le peuple, commencèrent les divisions qui ne
finirent qu'avec la République. B. — 5. L'exemple des Ca-
tons est trop facile à suivre : Lâche qui veut mourir, cou-
rageux qui veut vivre! R. — 6. Après les Mérovingiens,
viennent les Carlovingien*, puis les Capétiens. — 7. Quel
malheur pour les grands de trouver des adulateurs où ils
auraient dû trouver des Ambroises! Ms. — 8. Il y a en
France une foule de VMefranches, de Villeneuve*, de Cha-
ulions, de Beaulieux, de Dommartins, de Dompierres, de
Pouilû/s et de Beaumont*. — 9. Faites revenir pour la ren-
trée une douzaine d'Horace* et deux douzaines d'Homère*.
— 10. J'aime encore les beaux morceaux de Lulli. malgré
tous les Gluck* du monde. V.

RÉCAPITULATION

Exercice 87. — Copiez, puis relevez, 1° les noms qui peuvent avoir
les deux genres: -2 dix noms concrets; 3° dix noms abstraits.
Les oiseaux familiers.

Le pigeon, l'hirondelle et le moineau sont les hôtes vo-


lontaires de la maison de l'homme. Ils ne sont pas ses vas-
saux par droit de conquête : seulement, ils aiment à vivre
dans les bâtiments quïl a édifiés et y accourent à l'envi ',
comme s'ils étaient faits pour eux. Ils l'enchantent dos
grâces variées de leur vol, de leurs chants et de leurs cou-
leurs. Car le pigeon plane avec élégance et noblesse, il
déploie au soleil les richesses de sa robe nuancée de mille
reflets. La douce et timide hirondelle, au vêtement plus
sévère, comme il convient à une exilée, file, s'égare et dis-
parait dans l'air. Elle va au loin pour nous préparer à la
perdre; elle vient de loin pour nous consoler par l'idée de
la revoir. Elle ne sait que se plaindre; son murmure in-
quiet ressemble à des pleurs; elle annonce la pluie et elle
annonce le deuil de l'année, ainsi que le retenir de la
1. Enri, qu'il ne faut pas confondre avec envie, signifie c provocation », Cf
inrit*. Par conséquent, « Verni de signifie « en rivalité avec », à l'euri signifie
« à qui mieux mieux k
DU NOM OU SUBSTANTIF. OÔ

bonne saison; elle porte sur ses ailes le calendrier du la-


boureur. C'est elle qui apprit à nos pères l'art de l'archi-
tecture rustique, c'est elle qui nous apprend la reconnais-
sance pour l'hospitalité. Le moineau, habillé comme un
simple paysan pauvre, mais robuste, de bonne humeur et
tout dispos; le moineau, vif, indiscret, curieux, pétulant,
vole, sautille, bondit au milieu de nos troupeaux et de nos
enfants. Il babille, il siffle: il porte partout la gaieté.
Ch. Nodier.
1. Pigeon (colombe), hôte (hôtesse), homme (femme),
vassal (vassale), père (mère), paysan ('paysanne', enfant
(une enfant).
2. Pigeon, hirondelle, moineau, hôte, maison, homme,
vassal, bâtiment, soleil, robe.
3. Droit, conquête, grâce, vol, chant, couleur, élégance,
noblesse, richesse, reflet.
Exercice 88. — Copiez et remplacez les points parles noms que de-
mande le sens.
La peur.
Il y a longtemps de cela, mais je m'en souviens comme
d'hier: j'avais une douzaine d'années, j'étais allé à la forêt,
à une heure de la ville, prendre des nouvelles de mon oncle
le garde forestier, qui était malade. Je revenais à la tombée
de la nuit; la route était déserte. Tout à coup, j'entends
derrière moi despas précipités, une sorte de galop que je
ne connaissais pas. Ce n'était pas un cavalier; ce n'était pas
non plus la course d'un homme. La peur me prit et l'ima-
gination aidant, je me figurai quelque bête monstrueuse
à ma poursuite ; je me mis à courir à belles Jambe s : plus je
courais, plus les formes de la bête que je ne voyais pour-
tant pas — effrayantes.
saient car je n'osais pas me retourner — me parais-
Dans ma fuite, je me heurtai à une pierre et tombai ; le
galop s'arrêta net, mais, si près de moi, qu'un frisson me
secouait tout le corps. A la pn, n'entendant plus rien, je pris
mon courage à deux mains, me relevai et regardai derrière
moi : l'âne de mon oncle était tranquillement arrêté à deux
pas de moi, droit sur ses quatre pattes. J'eus honte de ma
couardise; je pris la bête échappée par le licol et la rame-
nai àson écurie, me jurant bien qu'on ne me reprendrait
plus à trembler de la sorte. L. Liard.
54 ÉTUDE DES MOTS.
Exercice 89. — Donnez le contraire des noms suivants. Ecrivez :
Jeunesse, vieillesse.
jeunesse, vieillesse. stérilité, fertilité.
vertu, vice. hiver, été.
acheteur, vendeur. source, embouchure.
matin, soir. ange, démon.
intempérance, tempérance. attaque, défense.
humidité, sécheresse. débiteur, créancier.
ingratitude, gratitude. défiance, confiance.
défaut, qualité. fin, commencement.
vers, prose. barbarie, civilisation.
avarice, prodigalité. campagnard, citadin.
richesse, pauvreté. mariage, célibat.
guerre, paix. malheur, bonheur.
lumière, ténèbres. éloge, blâme.
clarté, obscurité. malédiction, bénédiction.
jour. nuit. sympathie, antipathie.
mort. vie. corps, âme \esprit).
géant, nain. prospérité, adversité.
estime, mépris. disette, abondance.

Exercice 90. —Copiez et remplacez les points par les noms que de-
mande le sens.
La métairie.

Rien n'est plus beau qu'une vaste maison rustique dans


laquelle entrent et sortent, par quatre grandes portes co-
chères, des chariots chargés de toutes les dépouilles de la
campagne. Des colonnes de chêne soutiennent toute la
charpente, placées à des distances égales; de longues écu-
ries régnent à droite et à gauche; cinquante vaches, pro-
prement tenues, occupent un côté avec leurs génisses; les
chevaux et les bœufs sont de l'autre. Les granges où l'on
bat le blé sont au milieu. Tous les animaux, logés chacun
à leur place dans ce grand édifice, sentent très bien que le
fourrage,
droit. l'avoine qu'il renferme, leur appartiennent de

Au midi de ces beaux monuments d'agriculture sont les


basses-cours et les bergeries avec leurs habitants bruyants;
au nord sont les pressoirs, les cellier*, la fruiterie; au le-
vant, le logement du régisseur et de trente domestiques;
au couchant s'étendent les grandes prairies, pâturées et
LE NOM OU SUBSTANTIF. 55

engraissées par tous ces animaux, compagnons du travail


de l'homme.
Les arbres du verger, chargés de fruits à noyaux et à
pépins sont encore une autre richesse. Quatre ou cinq
cents ruches sont établies auprès d'un petit ruisseau qui
arrose le verger. Les abeilles donnent au possesseur une
récolte considérable de miel et de cire. Il y a des allées
de mûriers à perte de vue. Les feuilles nourrissent ces vers
précieux qui ne sont pas moins utiles que les abeilles. Une
partie de cette vaste enceinte est formée par un rempari
impénétrable d'aubépine
Yodorat et la vue. proprement
Telle doit taillée métairie.
être une bonne qui réjouit
Voltaire.

Exercice 91. — Mettez au pluriel les noms en italique.


1. Faites donc mettre au moins des garde fous là-haut.
E. — 2. Louis XII revendiquait le duché de Milan, parce
qu'il comptait parmi ses grand-mères une sœur d'un Vis-
conti, lequel avait eu cette principauté. V. — 3. Beaucoup
de gens font des coq-à-Vàne comme M. Jourdain faisait de
la prose. — 4. Les vers à soie sont si communs au Tonquin
que la soie n'y est pas plus chère que le coton. — 5. A
Coïmbre, il y a, dit-on, plus de quatre mille étudiants,
dont la principale occupation est de faire des curedents.
Mm. — 6. Les passepoils sont des liserés de drap qui bor-
dent certaines parties d'un uniforme et servent à distinguer
les différents corps de troupes. — 7. Les [Link] sont de
petits merciers qui portent sur le dos une balle où sont leurs
marchandises. — 8. Dans la progression des lumières crois-
santes, nous paraîtrons nous-mêmes des barbares à nos
arrièreneveux. Ch. — 9. L'ennemi attaqua nos avan (postes
à la pointe du jour. — 10. Il enrôla tous les amours-pro-
pres dans cette ligue insensée. Ch.
Exercice 92. — Mettez au pluriel les mots en italique.

1. Les martins-pêcheurs et une foule d'oiseaux riverains


embellissent par l'émail de leurs couleurs les bords des
fleuves de l'Asie et de l'Afrique. Br. — 2. Les beefigues sont
de petits oiseaux qui bèquent les figues et qui sont très
délicats à manger. — 3. Allez dans la prairie et vous pour-
rez admirer à la fois mille arcs en ciel peints sur chaque
goutte de rosée. — 4. Méditeriez-vous par hasard quelqu'un
56 ÉTUDE DES MOTS.

de ces tours de passe-passe que vous savez si bien faire?


Ls. — 5. Monsieur, retirez-vous. Vous pourriez me blesser,
je crains les contrecoups. Rg. — 6. Les loriots mangent la
chair des cerises et les gros-becs cassent les noyaus et en
mangent l'amande. Bf. — 7. Nous découvrîmes de loin
une troupe nombreuse d'habitants des montagnes Bleues
qui descendaient dans la plaine, armés de cassetètes. Y. —
8. Les ambassadeurs furent quelque temps à attendre leurs
passeports. — 9. Il y a eu plusieurs pourparlers entre les
ministres de ces deux cours. — 10. Enfants, hâtez-vous de
rassembler vos ballons, vos volants et vos cerfs-volants. Bn.
Exercice 93. — Mettez au pluriel les mots en italique.

1. Dans ces gros inquartos on remarque d'abord des ar-


moiries. V. — 2. On a joint aux œuvres de ces deux au-
teurs des facsimilés de leur écriture. — 3. Les mauvais
écoliers
bons sont accablés
obtiennent de pensums
des satisfecits et privés
et ont. à la find'[Link]: les
de Tannée,
des prix et des accessits. — 4. Lorsque Auguste eut conquis
l'Egypte, il apporta à Rome les trésors des Ptolnnêes. Mq. —
5. Les pyramides d*Égypte s'en vont en poudre, et les gra-
minées du temps des Pharaons subsistent encore. Br. —
6. Catherine de Médicis nourrit la haine des Coudés contre
les Guises. Y. — 7. Les deux Guinées sont situées sur la côte
occidentale de l'Afrique. — 8. Il est sur qu'il ne se trouve
plus de ces âmes vigoureuses ou raides de l'antiquité, des
Aristides, desPhocions, des Pèriclès. ni enfin des S ocrâtes.
St. — 9. Vous direz cinq paters et cinq avés. — 10. Les
sables d'Afrique, où nous n'avons pas de gardecliasses, nous
envoient des nuées de cailles et d'oiseaux de passnge, qui
traversent la mer au printemps. Br.

11. - L'ARTICLE.

Exercice 94. — Copiez, puis soulignez d'un trait les articles déGnis
de deux les articles indéfinis.
Le presbytère
Une cour le précède, enclose d'UNE haie
Que ferme sans serrure une porte do claie.
De> poules, des pigeons, deux chèvres et mon chien,
57
L ARTICLE.

Portier d' un seuil ouvert et qui n'y garde rien,


Qui jamais ne repousse et qui jamais n'aboie,
Mais qui flaire le pauvre et l'accueille avec joie ;
Des passereaux montant et descendant du toit,
/.'hirondelle rasant /'auge où le cygne boit;
Tous ces hôtes, amis du seuil qui les rassemble,
Famille de Termite, y sont en paix ensemble;
Les uns couchés à /'ombre en un coin du gazon,
D'autres se réchauffant contre un mur au rayon ;
Ceux-ci léchant le sel le long de la muraille,
Et ceux-là béquetant ailleurs /'herbe ou la paille ;
Trois ruches au midi sous leurs tuiles ; et puis
Dans /'angle sous un arbre, au nord, un large puits
Dont la chaîne rouillée a poli la margelle
Et qu'uxE vigne étreint de sa verte dentelle :
Voilà tout le tableau. Sept marches d'escalier
Sonore, chancelant, conduisent au palier
Qu'un avant-toit défend du vent et de la neige,
Et que de ses réseaux un vieux lierre protège.
Lamartine.

Exercice 95. — Placez l'article élidé devant les noms suivants, et


marquez-en le genre. Écrivez : L'ivoire, m.

l'ivoire,;». l'heure,/*. l'intervalle, m.


l'éclair, m. l'incendie, m. l'obélisque, m.
l'homme, m. l'automne, m. /'. l'horoscope, m.
l'ébène, f. l'étamine, /'. l'astérisque, m.
l'automate, m. l'astre, m. l'idole, f.
l'armoire, f. l'orifice, m. l'immondice, f.
l'ouvrage, m. l'huitre, /'. l'antichambre, f.
l'organe, m. l'honneur, m. l'artère,/*,
l'oasis, /'. l'hyène, f. l'horloge, /'.
l'autel, m. l'apostrophe, /'. l'équivoque, /'.
l'ours, m. l'ongle, m. l'ulcère, m.
l'espace, m. l'orage, m. l'arrosoir, m.
Exercice 96. — Remplacez les points par l'article défini ou par
l'article indéfini, selon le sens.
1. Le Rhône est un fleuve impétueux. — 2. Connaissez-
vous le fleuve qui sort de cette montagne? — 3. Nous avons
tous des défauts. — 4. 11 faut savoir supporter les défauts
des autres. — 5. La Loire est contenue par des digues. —
58 ÉTUDE DES MOTS.

6. Les digues de la Hollande sont un ouvrage admirable. —


7. Nous n'apercevons la vérité qu'à travers le voile de nos
passions. — 8. Il faut gouverner la fortune comme la santé :
en jouir quand elle est bonne, prendre patience quand elle
est mauvaise, et ne jamais faire de grands remèdes sans
un extrême besoin. — 9. L^ triomphe de la religion est de
mêler une douceur céleste aux amertumes de la vie. —
10. La bienfaisance nous donne des plaisirs réels qui ne
s'altèrent jamais et dont le souvenir seul est encore du
bonheur. — 11. Jamais pécheur ne demanda un pardon
plus humble. — 12. Un mauvais exemple nuit autant à la
santé de l'âme qu'un air contagieux à la santé du corps.
Exercice 97. — Remplacez les points par l'article défini ou indéfini
ou par l'article partitif selon le sens.
1. Trop souvent les laitiers falsifient le lait; je bois du
lait chaque matin. — 2. Vous faites de la poussière en ba-
layant; arrosez, pour abattre la poussière. — 3. Nous
avons du bois pour nous chauffer tout l'hiver; tout le
bois a été rentré avant la pluie. — 4. L'eau de la Seine
est impure au delà de Paris ; dans certains endroits, il est
imprudent de boire de /'eau sans la faire bouillir. — 5. J'ai
vendu le blé de la dernière récolte; ce pays produit du
blé, de /'avoine et de /'orge. — 6. Le loir se gîte dans les
fentes des rochers élevés, et toujours dans des lieux secs;
de la faine, des noisettes, d» la châtaigne, d'autres fruits
sauvages font sa nourriture ordinaire. — 7. La marte
détruit une quantité prodigieuse d'oiseaux, dont elle cher-
che les nids pour en sucer les œufs ; elle prend les écu-
reuils, les mulots, les lérots; elle mange aussi (/^ rmiel
comme la fouine et le putois. — 8. On se sert du renne
comme du cheval, pour tirer des traîneaux, des voitures;
la femelle donne du lait plus substantiel et plus nourris-
sant que celui de la vache.

Exercice 98. — Copiez et marquez après du, de le. de la, si l'article


est défini ou partitif, après des si l'article est défini ou indéfini.
Le chameau.
Les Arabes regardent le chameau comme un présent du
{défini) ciel, un animal sacré sans le secours duquel ils ne
pourraient ni subsister, ni commercer, ni voyager. Le lait
LARTICLE. 59

des déf.) chameaux fait leur nourriture ordinaire; ils en


mangent aussi la chair, surtout celle des {déf.) jeunes, qui
est très bonne à leur goût. Qu'on se figure un pays sans
verdure et sans eau, un soleil brûlant, un ciel toujours
sec, des | indéf.) plaines sablonneuses, des (indéf.) mon
tagnes encore plus arides sur lesquelles l'œil s étend et le
regard se perd sans pouvoir s'arrêter sur aucun objet vi-
vant; une terre morte et, pour pour ainsi dire, écorchée
par les vents, laquelle ne présente que des (indéf.) osse-
ments, des {indéf.) caillous jonchés, des (indéf.] rochers
debout ou renversés, un désert entièrement découvert, où
le voyageur n'a jamais respiré sous l'ombrage, où rien ne
l'accompagne, rien ne lui rappelle la nature vivante : soli-
tude absolue, mille fois plus affreuse que celle des {déf.)
forêts; car les arbres sont encore des (indéf.) êtres pour
l'homme qui se voit seul. La lumière du {déf.) jour, plus
triste que l'ombre de la (déf.) nuit, ne renait que pour
éclairer son impuissance, en reculant à ses yeux les bar-
rières du {déf.) vide, en étendant autour de lui l'abîme
de /'immensité (déf) qui le sépare de la \déf.) terre ha-
bitée. Cependant l'Arabe, à l'aide du déf.) chameau, a
su franchir et même s'approprier ces lacunes de la \déf. |
nature. Au lieu de respecter ces déserts comme les remparts
de sa liberté, il les traverse pour aller, chez les nations
voisines, enlever des (indéf.) esclaves et de /'or |partitif).
Le chameau se passe très aisément de boire : il y a dans
le chameau, indépendamment des quatre estomacs qui se
trouvent d'ordinaire dans les animaux ruminants, une cin-
quième poche qui lui sert de réservoir pour conserver de
l'esm (partitif). Buffon.
Exercice 99. — Marquez après du, de le. de la. si l'article est défini
ou partitif, après des si l'article est défini ou indéfini.
1. Le nid du [déf.) moineau est composé de foin au dehors
et de plumes en dedans. Bf. — 2. Cette mer aboutit aux
principaux quartiers de la (déf.) ville et sert à les rappro-
cher entre eux. — 3. Les montagnes sont couvertes de
troupeaux qui fournissent des {indéf.) laines fines recher-
chées de toutes les nations connues. F. — 4. Les doux zé-
phyrs conservaient ien ce lieu, malgré les ardeurs du [déf
soleil, une délicieuse fraicheur. Des (indéf.) fontaine*,
coulant avec un doux murmure sur des (indéf.) prés semés
60 ÉTUDE DES MOTS.

d'amarantes et de violettes, formaient en divers lieux des


[indéf.) bains aussi clairs que le cristal. F. — 5. Evitez de
faire du {partitif) bruit dans la chambre d'un malade. —
6. Louis XII est un des {déf.) meilleurs rois que la France
ait eus. — 7. Dieu des [déf.) chrétiens, partout où l'on tourne
les yeux, on ne voit que des {indéf.) monuments de tes bien-
faits. Cn. — 8. La plus grande merveille de /'Egypte [déf.)
n'est pas l'ouvrage des (déf.) hommes, c'est le Nil. —9. Nous
ne nous souvenons que des [déf.) choses qui ont des (indéf.)
rapports avec celles qui les ont précédées ou suivies. Bf.
— 10. Le roi m'a témoigné de la {partitif) confiance et
même de /'amitié (partitif). — 11. Si mince quïl puisse
être, un cheveu fait de /'ombre (partitif).
Exercice 100. — Copiez en ajoutant l'article défini, indéfini ou par-
titif, selon le sens.

Un dîner à Athènes dans l'antiquité.


Nous passâmes dans la salle à manger : on y brûlait
de /'encens et d'autres odeurs. Sur le buffet on avait étalé
drs vases d'argent et de vermeil. Des esclaves répandirent
de /'eau
nos tê[Link]
Noussur tirâmes
nos mains, et posèrent
au sort le roi dudesfestin.
couronnes sur
Il devait
écarter la licence, sans nuire à la liberté, fixer /'instant
où l'on boirait à longs traits, nommer les santés qu'il faudrait
porter, et faire exécuter les lois établies parmi les buveurs.
Autour d'une table que /'éponge avait essuyée à plu-
sieurs reprises, nous nous plaçâmes sur des lits dont les
couvertures étaient teintes en pourpre. Après qu'on eut
apporté le menu du souper, nous en réservâmes les pré-
mices pour /'autel de Diane. Dinias était servi par un nègre,
par un de ces esclaves éthiopiens que les gens riches acquiè-
rent àgrands frais, pour se distinguer des autres citoyens.
Je ne ferai point le détail d'un repas qui nous fournis-
sait àtous moments de nouvelles preuves de /'opulence et
des prodigalités de Dinias : il suffira d'en donner une idée
générale. On nous présenta d'abord plusieurs espèces de
coquillages : 1rs uns, tels qu'ils sortent de la nier; d'autres,
cuits sur la cendre ou frits dans la poêle ; la plupart, assai-
sonnés de poivre et de cumin1. On servit en même temps des
1. Cumin, plante onibellifére à graines aromatiques d'un goût anisé. On aro-
matise quelquefois le pain avec deg graines de cumin.
l'ahticle. 01
œufs frais, soit de poules, soit de paons : ces derniers sont
plus estimés; des andouilles, rfps pieds de cochon, *mfoie de
sanglier, une tête d'agneau, de la fraise de veau; le ventre
d'une truie, assaisonné de cumin, de vinaigre et de sil-
phium2; de petits oiseaux, sur lesquels on jeta une sauce
toute chaude. On donna, au second service, ce qu'on
trouve de plus exquis en gibier, en volaille et surtout en
poissons. Des fruits composèrent le troisième service.
Barthélémy, Voyage d'Anacharsis en Grèce.
Exercice 101. — Copiez, puis soulignez d'un trait les noms employés
sans article, de deux les noms précédés d'un adjectif déterminatif. '
Le village du Pont de-Ru au.
Figurez-vous trois moulins posés parmi des îles gracieu-
sement découpées, couronnées de quelques bouquets Mar-
bres. Çà et là s'élèvent des masses de gravier sur lesquel-
les l'eau se brise en y formant des franges où reluit le so-
leil. Les amaryllis, le nénufar, le lis d'eau, les joncs, les
flox décorent les rives de leurs magnifiques tapisseries. Un
pont tremblant composé de poutrelles pourries, dont les
piles sont couvertes de fleurs, dont les gardefous, plantés
d'herbes vivaces et de mousses veloutées, se penchent sur
la rivière et ne tombent point; des barques usées, des fi-
lets de pêcheurs, le chant monotone d'un berger, les ca-
nards qui voguaient entre les îles ou s'épluchaient sur le
jard (nom du gros sable que charrie la Loire) ; des garçons
meuniers, le bonnet sur l'oreille, occupés à charger leurs
mulets : chacun de ces détails rendait cette scène d'une naï-
veté surprenante. Imaginez au delà du pont deux ou trois
fermes, un colombier, des tourterelles, une trentaine de
masures séparées par des jardins, par des haies de chèvre-
feuilles, de jasmins et de clématites: puis du fumier fleuri
devant toutes les portes, des poules et des coqs par les
chemins : voilà le village du Pont-de-Ruau, joli village sur-
monté d'une vieille église pleine de caractère, une église
du temps des croisades, et comme les peintres en cher-
chent pour leurs tableaux. Encadrez le tout de noyers an-
tiques, de jeunes peupliers aux feuilles d'or pâle, mettez
de gracieuses fabriques au milieu des longues prairies, où
2. Stiphium, plante ombellifère nommée aussi laser.
02 ETUDE DES MOTS.

l'œil se perd sous un ciel chaud et vaporeux, vous aurez


une idée d'un des mille points de vue de ce beau pays.
H. de Balzac.

III. L'ADJECTIF

Adjectif qualificatif.

Exercice 102. — Trouvez six adjectifs : 1° indiquant une qualité


du corps; 8° une qualité de l'âme; 3° une couleur; 4° pouvant s'appli-
quer aune montagne; '6° pouvant s'appliquer à une ville; G0 pouvant
qualifier un climat; 7° pouvant qualifier une armée [% 169).
1. Svelte. mince, vigoureux, trapu, leste, nerveux.
2. Enjoué, perspicace, attentif, sérieux, vertueux, pieux.
3. Violet, blanchâtre, orangé, rubicond, pâle, verdàtre.
4. Escarpé, neigeux, granitique, arrondi, verdoyant,
rocheux.
5. Immense, commerçant, animé, maritime, riche, an-
tique.
6. Sain, malsain, tempéré, rigoureux, chaud, humide.
7. Nombreux, aguerri, indiscipliné, victorieux, brillant,
redoutable.

Exercice 103. — Groupez les adjectifs suivants en plusieurs listes,


selon qu'ils désignent 1° une qualité ou un défaut de l'àme; 2° la cou-
objet. leur; 3° le temps; 4Ù le pays ou le lieu; 5° l'espèce ou la nature d'un

adroit bleu ancien intérieur musical


cruel 1 ° nouveau lointain
envieux blanc
gris quotidien espagnol
aérien public
princier
escarpé
vain
gai jaune
roux 2°
passager
nocturne patriarcal
tenace — matinal —° fertile
sobre — éternel —3
grec mortel
noble — habituel — maternel
rétif — — —
40
naïf — — — h;ni1
discret — — —
pastoral

set1
L ADJECTIF. 63
Exercice 104. — Donnez le contraire des adjectifs suivants. Écri-
vez : Fou, %age.
fou, sage. étranger, national.
lumineux, obscur. . exotique, indigène.
clair, sombre1. délicat, grossier.
calme, agité. naïf, rusé.
tranquille, inquiet. semblable, diffèrent.
artificiel, naturel . analogue, contraire.
. sérieux, badin.
spa osr , resn, aturel
diz la . tendre, dur.
(bi
épais, mince. n. pieux, impie.
e
païen, chrétei. audacieux, craintif .
gr a s , i g r
ma aire. adroit, maladroit.
n
réel, ielm,agi ionnel
. court, long.
habit nt, except
u doux, amer.
e
fréqu eux, rare. étroit, large.
u in.
somptux, [Link] extérieur, intérieur.
r a d i e s o m b r
, . majeur, mineur.
secret chpéu,blic .
faible, fort.
r
rech l, simple
e
grand, petit.
r i t u e .
spi sot fier, modeste.
ulier, énérai.
parti,c .g orgueilleux, humble.
hâtif ft,ardif t. laid, beau.
i i
attent , distra léger, lourd.
.
concis diffusulé. premier, dernier.
franc, [Link] sain, malsain.
sec, huntm,id triste, gai.
e ble.
innoc couupxa. vrai, faux.
g u , c i e
exi spa . passager, durable.
hardi, irtiem,ide spect. droit, oblique.
a
témér circon mou. ferme.
,
brave eulxâ,che. e. vil, précieux
e l l i q u cifiqu
b
f é r i e ur, ppaérieur. sûr, douteux.
in su final, initial.
geux, oltron.
coura p nd. abstrait, concret.
a
sobre, gourm glacial, torride.

1. Certains adjectifs, ayant plusieurs significations, peuvent avoir plusieurs


contraires. Par exemple : ciel clair, ciel sombre .•• couleur claire, couleur foncé*:
vitres claires, vitres terne»; bois clair, hois touffu; vin clair, vin trouble: voix
claire, voix sourde; style clair, style obscur.
(»4 ÉTUDE DES MOTS.
Exercice 105. — Formez avec le préfixe in (im, il, ir) le contraire
des adjectifs suivants, et ajoutez-y un substantif convenable. Ex. :
Puni, crime impuni.
Puni, crime impuni. Mobile, onde immobile.
Abordable, côte inabordable. Mortel, âme immortelle.
Actif, esprit inactif. Passible, air impassible.
Attentif, oreille inattentive. Patient, cheval impatient.
Avouable, profession inavouable. Poli,, garçon Impoli.
Discret, question indiscrète. Praticable, rouie impraticable.
Pair, nombre impair. Légal, acte illégal.
Réparable, malheur irréparable. Mangeable, plat immangeable.
Crédule, âme incrédule. Prévu, retour imprévu.
Constant, humeur inconstante. Pur, sang impur.
Capable homme incapable. Utile, démarche inutile.
Fidèle, cœur infidèle. Limité, espace illimité.
Habile main inhabile. Salubre, contrée insalubre,
Juste, reproche injuste. Lisible, écriture illisible.
Régulier, verbe irrégulier. Correct, tour incorrect.
Logique, conduite illogique. Usité, mot inusité.

Exercice 106. — Copiez, puis soulignez les adjectifs qualificatifs et


expliquez les mots en italique.

Un paysage en Laconie.

L'aspect général de la Laconie rappelle surtout à l'es-


prit l'idée de la force. On y trouve cependant des paysages
pleins de délicatesse. Quatre heures après avoir quitté
Sparte nous marchions au milieu d'une jolie forêt dont la
feuille nouvelle brillait du plus beau vert1 émeraude. Une
herbe épaisse formait partout de gros tapis au pied des
chênes et des oliviers sauvages: de beaux genêts dorés et
de grandes bruyères aussi hautes que de petits arbres,
s'entrelaçaient pêle-mêle avec les lentisques et les arbou-
siers. Mille odeurs pénétrantes, échappées de la terre,
exhalées du feuillage, apportées on ne sait d'où par la
brise, se mêlaient ensemble pour nous enivrer. A chaque
pas nous faisions la rencontre d'un joli filet d'eau qui tom-
bait de quelque rocher pour nous rafraîchir la vue ; ou bien
c'était un petit ruisseau qui nous suivait depuis un quart
d'heure, invisible et muet sous les herbes, et qu'un léger
murmure, un reflet argenté trahissait tout à coup. Voilà
les voluptés les plus exquises que l'on trouve en Grèce,
1. Vmt est ici un adjectif employé substantivement.
l'adjectif. 65
après et peut-être avant le plaisir d'admirer des chefs-
d'œuvre : un peu d'eau fraîche par un doux soleil.
Ed. About, la Grèce contemporaine.

Mots expliqués. — Laconie, contrée de Grèce habitée


par les Laconiens ou Lacédémoniens. — S))arte, ville
principale de la Laconie, dans le Péloponèse. — Eme-
raude, pierre précieuse, diaphane, de couleur verte. Vert
émeraude, vert tendre, un peu pâle. — Lentisque, arbre
résineux; arbousier, arbre à feuillage toujours vert, à fruits
rouges et globuleux nommés arbouses. — Brise, vent frais
qui s'élève sur les côtes de la mer à certaines heures.
Exercice 107. — Donnez le contraire des expressions suivantes :
Ex. : Pente rapide, pente douce.
Pente rapide, pente douce.
Pays tempérés, pays chauds.
Couleur terne, couleur vive.
Poètes orientaux, poètes occidentaux.
Eau tiède, eau froide, eau chaude.
Marche rapide, marche lente.
Rôle bienfaisant, rôle malfaisant.
Maisons éparses, maisons groupées.
Air monotone, air varié.
Démarche fière, démarche modeste.
Nuance sombre, nuance claire.
Intérêt public, intérêt privé.
Métal poli, métal mat.
Feuilles sèches, feuilles nouvelles.
Légumes verts, légumes secs.
Chat sauvage, chat domestique.
Lieu solitaire, lieu fréquenté.
Cri plaintif, cri joyeux.
Eau dormante, eau courante.
Rainure transversale, rainure parallèle.
Plan horizontal, plan vertical.
Culte sincère, culte hypocrite.
Valeurs effectives, valeurs fictives.
Remèdes dangereux, remèdes anodins.
Eau stagnante, eau vive.
Orateur véhément, orateur placide.
Plante annuelle, plante vivace.
EX. PR. C. M. K. MAITRE. 5
66 ÉTUDE DES MOTS.

Ecrivains anciens, écrivains modernes.


Pierres humides, pierres sèches.
Fleur printanière, fleur automnale.
Lieu sacré, lieu profane.
Noble origine, basse origine.
Aventure sinistre, aventure comique.
Air comique, air tragique.
Craintes fondées, craintes imaginaires.
Chiffres vagues, chiffres jtrëcis.
Panaches clairsemés, panaches touffus.
Rente perpétuelle, rente viagère.
Manières aimables, manières revêches.
Exercice 108. — Trouvez vingt noms de vertus ou qualités et écri-
vez en face les adjectifs correspondants. Ex. : Vertu, vertueux.

Charité, charitable. Frugalité, frugal.


Bonté, hou. Sobriété, sobre.
Zèle, zélé. Courage, courageux.
Franchise, franc. Docilité, docile.
Générosité, généreux. Fermeté, ferme.
Amabilité, aimable. Assiduité, assidu.
Douceur, doux. Vigilance, vigilant.
Activité, actif. Exactitude, exact.
Patience, patient. Agilité, agile.
Simplicité, simple. Promptitude, prompt.
Exercice 109. — Supprimez la négation ne ...pas, et employez un
adjectif
docile? de sens négatif. Écrivez : Que peut-on espérer d'un enfant in-

1. Que peut-on espérer d'un enfant indocile"! — 2. Sept


et neuf sont des nombres impairs. — 3. L'impie est toujours
malheureux. — 4. Cette somme est insuffisante. — 5. Dé-
fiez-vous des personnes indiscrètes. — 6. A cause des can-
cans, le séjour des petites villes est insupportable. —
7. Longtemps on a cru qu'il était impossible de faire l'as-
cension du mont Cervin. — 8. Il faut protester énergique-
ment contre un décret illégal. — 9. La critique est aisée
et l'art est difficile. — 10. Ce devoir est illisible. — 11. Cer-
taines fautes sont irréparables. — 12. Cessez de fréquenter
un homme déloyal. — 13. La décision de l'arbitre vous
esl défavorable. — 14. 11 faut être sans cœur pour être
insensible à certains reproches. — 15. Mes amis, c'est la
L ADJECTIF. b7

première fois que je suis mécontent de vous : que ce soit


aussi la dernière !
Exercice 110. — Donnez le contraire des expressions suivantes.
Ex. : Arbre fruitier, arbre forestier.
Arbre fruitier, arbre forestier.
Air malsain, air salubre.
Petit bétail, gros bétail.
Gouvernement libéral, gouvernement despotique.
Pin sylvestre, pin maritime.
Joies terrestres, joies célestes.
Pays plat, pays montagneux.
Régions boréales, régions australes.
Vie monacale, vie mondaine.
Costume laïque, costume ecclésiastique.
Statue équestre, statue pédestre.
Billet circulaire, billet direct.
Produits agricoles, produits industriels.
Clergé séculier, clergé régulier.
Musique sacrée, musique profane.
Auteur tragique, auteur comique.
Plantes terrestres, plantes aquatiques.
Études littéraires, études scientifiques.
Pêche fluviale, pèche maritime.
Oncle maternel, onde paternel.
Mode mineur, mode majeur.
Style poétique, style prosaïque.
Fond sablonneux, fond rocheux.
Manières villageoises, manières citadines.
Guerre étrangère, guerre civile.
Sol fécond, sol stérile.
Haie vive, haie sèche l.
Façade antérieure, façade postérieure.
Chapelles latérales, chapelles absidales2.
Théologie dogmatique, théologie morale.
Exercice 111. — Donnez le féminin des adjectifs suivants [% 170-180).
complète matinale douillette grasse grecque

1. On dit aussi haie morte, parce qu'elle est faite de branches mortes, et non
d'arbustes vivants.
le 2.
fondAbsidales, qui s'ouvrent
des basiliques sur l'abside, c'est-à-dire sur l'hémicycle qid forme
chrétiennes.
68 ETUDE DES MOTS.

laborieuse seule vénielle vermeille caduque


vive habituelle fluette
vile guerrière
exiguë bénigne sujette
vieille
verdoyante
veuve brève douce molle
sèche gentille
idiote franque longue
coite
patriarcale manchote favorite fausse
maligne dévote tierce aérienne partiale
fugitive
majeure inquiète oblongue secrète
Exercice 112. — Ajoutez un nom féminin à chaquejumelle
adjectif et
faites accorder. Ex : Frais, chair
fraîche.
Frais, chair fraîche . Universel, langue universelle.
Franc, franche canaille. Ras, table rase.
Long, longue classe. Païen, mœurs païennes.
Sauf, vie sauve. Las. jambe lasse.
Replet, face replète. Mignon, main mignonne.
Indiscret, parole indiscrète. Bleu, mer bleue.
Exprès, défense expresse. Pillard, hordes pillardes,
Beau, belle mine. Enfantin, voix enfantine.
Fou. envie folle. Certaine, ruine certaine.
Aigu, douleur aiguë. Banal, idée banale.
Passager, joie passagère. Épais, forêt épamse.
Turc, pipe turque. Discret, personne discrète.
Roux, barbe rousse. Court, courte échelle.
Violet, soutane violette. Quotidien, promenade quotidienne .
Absolu, règle absolue. Chagrin, /tumeur chagrine.
Divers, raisons diverses. Positif, lois positives.
Premier, première année. Onéreux, ikhesse onéreuse.
Vain, vaine espérance.

Exercice 113. — Remplacez les points par l'adjectif donné.

1. Vieux. Instruites par l'expérience, les vieilles gens


agissent prudemment. —2. Mou. L'indolent passe sesjour-
nées sous un mol ombrage, dans une molle oisiveté. —
3. Nouveau. Combien la rage de dire des choses nouvel/es
a-t-elle fait dire de choses extravagantes! V. — 4. Fa-
vori. Les fourmis sont la nourriture favorite des faisans.
— 5. Fou. Ivres d'un fol orgueil, les philosophes du dix-
hntitième siècle avaient entrepris d'anéantir le christia-
nisme. — 6. Beau. Voiture est le premier qui fut en
France ce qu'on appelle un bel esprit. V. — 7. Coi. Cham-
bre coite se dit d'une chambre bien fermée et bien
chaude. Lt. - 8. Nouveau. Nouvel objet, nouveau désir.
— (.l. Jumeau. Les petits enfants aiment à se faire des
l'adjectif. 69

boucles d'oreilles avec des cerises jumelles. — 10. Vieux.


Le plus dangereux ridicule des vieilles personnes qui ont
été aimables, c'est d'oublier quelles ne le sont plus. Lr.
Exercice 114. — Mettez au féminin les adjectifs en italique.
1. La chèvre est plus forte, plus légère, plus agile et moins
timide que la brebis. Elle est vive, capricieuse, vagabonde.
Elle est robuste, aisée à nourrir; presque toutes les herbes
lui sont bonnes. Elle ne craint pas la trop grande chaleur. —
2. Alexandre est le personnage le plus célèbre de l'histoire
grecque. — 3. Évitons avec soin les locutions vicieuses. — 4.
On a tort de s'approcher d'une nation aussi fougueuse que la
tienne. F. — 5. Nous ne broutons que des fleurs odorifé-
rantes. F. — 6. Votre folle cruauté vous fait plus de mal
qu'à personne. F. — 7. Dans l'homme les parties infé-
rieures croissent moins d'abord que les parties supérieures.
Bf. — 8. L'âme, devenue captive du plaisir, devient enne-
mie de la raison. B. — 9. Il y a une fausse modestie qui
est vanité. Lb. — 10. Chez les Grecs et les Romains, la
syllabe brève valait la moitié de la syllabe longue. — 11. La
poésie épique, le madrigal, l'épigramme sont ordinaire-
ment de la poésie narrative. Dl.
Exercice 115. — Mettez au féminin les noms employés adjective-
ment (S181).
1. Craignons du Tout-Puissant la foudre vengeresse. — 2.
Souvent une critique nous fait plus de bien qu'une parole
flatteuse. — 3. Le frère de Mme de Maintenon était à redouter
pour son humeur railleuse. — 4. Je sentais mon désespoir
se calmer, pendant que le prêtre versait dans mon cœur
des paroles consolatrices. — 5. Proserpine et Cérès étaient
les divinités protectrices de la Sicile. Rl. — 6. La Russie prit
une forme nouvelle sous les mains créatrices de Pierre Ier.
Cd. — 8. J'ai connu des grandeurs la pompe enchanteresse.
— 7. Toutes les passions sont menteuses. Lb. — 9. La fourmi
n'est pas prêteuse. L. — 10. J'ai besoin d'une nuit répara-
trice. — 11. Jésus pardonna à la femme pécheresse. — 12.
Il vaut mieux prévenir le mal que de recourir à des mesures
réparatrices. — 13. Beaucoup de femmes seraient plus ai-
mables, sielles avaient l'humeur moins dominatrice. — 14.
Une âme rêveuse, une lecture corruptrice, une main con
ducirice, une trace accusatrice.
70 ETUDE DES MOTS.

Exercice 116. —Copiez, puis soulignez d'un trait les adjectifs mas-
culins, de deux les adjectifs féminins.
Le renard dans les fables.

Nul animal n'est plus propre que le renard au rôle de


courtisan. Il n'a pas la physionomie béate et perfide du
chat. Son long museau effilé et fendu, ses yeux brillants
et intelligents indiquent tout d'abord un fripon, mais un
fripon de qualité et de mérite. Il est agile et infatigable,
et l'on devine, en voyant ses membres alertes et dispos,
quïl n'attendra pas chez lui la fortune. Sa fourrure est
riche, et sa queue magnifique. Ce sont là de beaux habits
qui lui siéront bien dans une antichambre. Il est brave,
mord le fusil du chasseur, et se laisse tuer sans crier; mais
il n'a pas la vanité du courage, préfère la ruse à la vio-
lence et fuit de loin le danger : un courtisan a besoin
d'être à la fois intrépide et souple. Il a élevé le vol à la di-
gnité du génie, et ses ruses sont si HEUREUSES qu'elles
arrachent un sourire de complaisance au grave Buffbn.
Tant d'esprit et de courage, une si bonne tournure et une
physionomie si expressive, ce génie inventif et ces incli-
nations de gourmet, le destinaient à vivre aux dépens d'au-
trui, à se cantonner dans le pays des riches aubaines, la
cour, et à venir puiser le plus près possible ' à la source des
grâces. Taine.

Exercice
noms 117.: — Trouvez l'adjectif qui correspond à chacun des
suivants

affection, affectueux. matin, matinal.


air, aérien. monde, mondain.
arabe, arabique. mont, montueux.
automne, automnal . musc, musqué.
azur, azuré. muscle, musculeux.
brume, brumeux. nez, nasal.
ciel, céleste. nuit, nocturne.
danger, dangereux. nutrition, nutritif.
délice, délicieux. océan, océanique.
dérision, dérisoire. odeur, odorant.
description, descriptif. paix, pacifique.
eau. aquatique. pâtre, pastoral.
1. Ici, pouiblé ne,st ni masculin ni féminin; il est du genre neutre : le plus
près que cela est possible.
L ADJECTIF.

ennui, ennuyeux. peine, pénible.


espace, spacieux'. pied, pédestre.
excès, excessif. poète, poétique.
faim, famélique. pôle, polaire.
feuille, feuillu. prix, précieux.
fleuve, fluvial. progrès, progressif.
géant, gigantesque. rigueur, rigoureux.
gosier, guttural. roman, romanesque.
herbe, herbeux l. sens, sensible2.
huile, huileux. sentence, sentencieux.
jus, juteux. soie, soyeux.
lettre, littéral. splendeur, splendide.
loi, légal. système . systématiq ue.
main, manuel. vapeur, vaporeux.
manie, maniaque. vétille, vétillard.
marbre, marmoréen. vie, vital.
masse, massif. vin, vineux.
matière, matériel. vœu, votif.

Exercice
noms 118.: — Trouvez l'adjectif qui correspond à chacun des
suivants

adoption, adoptif. drame, dramatique.


bruit, bruyant. église, ecclésiastique.
cause, causal. élection, électif.
chaleur, chaleureux. esprit, spirituel.
c lie val, c/ievalin. étoile, étoile, stellaire.
cheveu, chevelu. étude, studieux.
chien, canin. exécution, exécutif.
colère, colérique. féerie, féerique.
conscience, consciencieux. lièvre, fiévreux, fébrile.
crainte, craintif. fin, final.
cri, criard. flocon, floconneux.
défense, défensif. fourche, fourchu.
délicatesse, délicat. globe, global (néol.).
dent, dental. honneur, honorable.
désastre, désastreux. horizon, horizontal.
destruction, destructif. intégrité, intègre.
père, paternel.
1. On dit aussi herbu, couvert d'herbe, et herbacé, qui est de la nature de
l'herbe.
2. Sensible, qui tombe sous les sens ; tenté, qui a «Tu bon sens ; sensuel, qui
recherche les plaisirs des sens.
72 ÉTUDE DES MOTS.

langue, lingual. péril, périlleux.


lèvre, labial. plainte, plaintif.
liqueur, liquoreux. pourpre, pourpré, pur purin.
lumière, lumineux. préservation, préservatif.
majesté, majestueux. prisme, prismatique.
Mars, martial. saveur, savoureux.
mer, marin. solitude, solitaire.
monstre, monstrueux. succession, successif.
montagne, montagneux. terre, terrestre.
nature, naturel. théâtre, théâtral.
négation, négatif. veine, veineux.
neige, neigeux. témoin, testimonial.
origine, originel. vice, vicieux.
passage, passager. victoire, victorieux.
pédant, pédantesque. vigueur, vigoureux.
Exercice 119. — Donnez les adjectifs qui équivalent aux locutions
suivantes :
relatif aux soldats, militaire.
relatif à la sculpture, sculptural.
relatif à l'architecture, architectural.
qui se rapporte au déluge, diluvien.
qui tire sur le rouge, rougeâtre.
relatif à la justice, judiciaire.
qui revient tous les ans, annuel.
qui revient chaque semaine, hebdomadaire.
qui revient chaque mois, mensuel.
qui se fait tous les deux mois, bimensuel.
qui se fait tous les trois mois, trimestriel.
qui se fait tous les six mois, semestriel.
au dessus de la nature, surnaturel.
plein de gibier, giboyeux.
qui peut être fondu, fusible.
qui dure dix ans, décennal.
qui sert en médecine, médicinal.
rempli de défauts, défectueux.
Exercice 120. — Soulignez d'un trait les adjectifs au singulier, de
deux les adjectifs au pluriel. Puis expliquez le sens des mots en ita-
lique ,\x-2
; .
Aspect du lac de Genève.
Le matin, une brume argentine flotte à sa surface, ouate
ses rives; sous cette douce étreinte, l*eau dort immobile.
L ADJECTIF. /O

Le soleil en montant boit la vapeur; le miroir des eaux


reflète alors les rives avec leurs détails variés : vieux cas-
tels, hameaux, bois touffus, pâturages, pics chenus, glaciers
aux reflets nacrés; c'est comme un second paysage, im-
mergé et sommeillant, agité çà et là d'un léger frisson.
L'onde sonore vibre au moindre bruit et renvoie le cri
vainqueur du coq, l'aboiement du chien de berger, les
chants du laboureur, la lente mélopée des cloches des vil-
lages savoyards, le bruissement de la rame du pêcheur.
le croassement de la mouette qui trace ses orbes à la sur-
face de l'eau et la fouette de son aile rapide. Que de
charme dans ces bruits confus, incertains, qui sont comme
la voix de la contrée!
Mais le vent se lève, et cette sécurité cesse, la surface
du lac se ride ; une teinte d'un bel indigo se répand sur
ses eaux; d'autres fois, ce sont des scintillations, des sil-
lons lumineux; des surfaces crispées, d'autres immobiles
et comme huileuses. Sur le soir, le calme se fait, et, par
de lentes vibrations, le lac rentre dans un repos solennel.
Sur sa moire, les étoiles tracent de petits sillons lumi-
neux; les rivages, la dentelure des Alpes s'effacent ou
n'apparaissent
sorte de rêve. plus que comme une ligne fantastique, une

Mots expliqués. — Ouate ses rives, les cache de sa


nappe moelleuse, comme si on les garnissait de ouate. —
Cas tel, château. — Chenus, blanc de neige. Une tète chenue
est une tête devenue blanche par l'âge. — Immergé, plongé
dans l'eau, où il se reflète la tête en bas. — Mélopée, chant
rythmé et mesuré qui accompagne la parole, non sans
quelque monotonie. La rive méridionale du lac est
savoyarde, la rive septentrionale est suisse. — Mouette.
oiseau de mer palmipède à plumage blanc et à longues
ailes. Il y en a beaucoup sur le lac de Genève, où elles se
plaisent à voler en troupe autour des bateaux à vapeur. —
Orbe, cercle, surface circulaire. — Indigo, couleur bleu
foncé qu'on extrait des feuilles et des tiges de l'indigotier.
— Moire, étoffe à reflets chatoyants, et par suite, reflets
chatoyants analogues à ceux de cette étoffe. Cette descrip-
tion, à la fois très fidèle et très poétique, renferme une
foule d'expressions heureuses.
74 ETUDE DES MOTS.
Exercice 121. — Ajoutez à chaque adjectif un nom masculin pluriel
et laites l'accord (§ i8tij.
austral, pays austraux. littéral,
raux. commentaires litté-
automnal, produits autom-
naux. latéral, murs latéraux.
banal, mots banaux. matinal, offices matinaux.
boréal, pays boréaux. moral, contes moraux.
brutal, conquérants brutaux. nasal, sons nasaux.
capital, pérîtes capitaux. naval, combats navals.
cardinal, points cardinaux. occidental, peuples occiden-
colossal, dômes colossaux. taux.
commercial, usages commer- oriental^ préjugés orientaux.
ciaux. original, dessins originaux.
dominical, loisirs domini- principal, principaux cha-
caux.
fatal, fat ah excès. pitres.
royal, palais royaux.
frugal, repas frugaux. théâtral, costumes théâtraux.
glacial, vents glaciaux. trivial, termes triviaux.
guttural, sons gutturaux. vicinal, chemins vicinaux.
infernal, esprits infernaux. virginal, airs virginaux.
'ovial, paysans joviaux. vital, organes vitaux.

Exercice 122. — Faites accorder les adjectifs en italique.

1. Les caractères musicaux ne sont pas les mômes que


ceux du plain-chant. — 2. Que d'enfants s'acquittent mal
de leurs devoirs filiaux. — 3. Que d'harmonie dans les ac-
cords finaux (als) de ce morceau d'orgue ! — 4. Le père et l'en-
fant se hâtaient à pas inégaux. — 5. On peut espérer qu'une
blessure guérira, tant que les organes vitaux sont intacts.
— 6. Les délégués cantonaux sont chargés de surveiller les
écoles primaires situées dans un canton. Lt. — 7. Les voi-
sins se tenaient là les bras croisés, spectateurs équitables
et nullement partiaux. — 8. On appelle nombres décimaux
les nombres composés d'unités entières et d'une fraction
décimale. — 9. On appelle droits féodaux ceux auxquels les
vassaux étaient soumis envers leurs seigneurs. Lt. —
10. Parmi les mouvements du corps, beaucoup sont pure-
ment machinaux. — 11. Beaucoup de gens ne font leurs
achats que pendant les jours initiaux de chaque mois. On
devine aisément pourquoi.
L ADJECTIF. /O

Exercice 123. — Placez, selon le sens, les adjectifs suivants -.néces-


saire, local, jaune, premier, fort, nouveau, calme, vert, immense,
nouveau, enfumé, beau, puissant, superbe.

La montagne.

Si, dès mes premiers pas dans la montagne, j'avais


éprouvé un sentiment de joie, c'est que j'étais entré dans
la solitude, et que des rochers, des forêts, tout un monde
nouveau se dressait entre moi et le passé; mais, un beau
jour, je compris qu'une nouvelle passion s'était glissée dans
mon âme. J'aimais la montagne pour elle-même. J'aimais
sa face calme et superbe éclairée par le soleil quand nous
étions déjà dans l'ombre; j'aimais ses fortes épaules char-
gées de glaces aux reflets d'azur, ses flancs où les pâturages
alternent avec les forêts et les éboulis ; ses racines puissant es
s'étalant au loin comme celles d'un arbre immense et toutes
séparées par des vallons avec leurs rivelets *, leurs cascades,
leurs lacs et leurs prairies; j'aimais tout de la montagne
jusqu'à la mousse jaune ou verte qui croît sur le rocher,
jusqu'à la pierre qui brille au milieu du gazon.
De même, le berger mon compagnon, qui m'avait pres-
que déplu, comme représentant de cette humanité que je
fuyais, m'était devenu graduellement nécessaire : je sentais
naître pour lui la confiance et l'amitié. Du haut des cimes,
il me désignait les vallées, me traçait le cours des torrents,
puis, de retour à notre cabane enfumée, il me racontait
l'histoire du pays et les légendes locales.
Elisée Reclus.
Exercice 124. - Donnez le contraire fies expressions suivantes.
Vie sédentaire, vie active.
Régime tonique, régime débilitant.
Remède sédatif, remède excitant.
Musique vocale, musique instrumentale.
Valeur intrinsèque, valeur extrinsèque.
Douleur intestine, douleur superficielle.
Usage interne, usage externe
Nourriture substantielle, nourriture légère.
Langage bas, tangage élevé.
Cours supérieur, cours inférieur.
Grammaire complète, grammaire abrégée.
1 . Néologisme formé sur le latin rivtu. au lieu de ruiteélet.
7G ÉTUDE DES MOTS.

Enseignement primaire, enseignement secondaire.


Jardin potager, jardin fruitier (ou jardin fleuriste)
Travail manuel, travail intellectuel.
Atlas géographique, atlas historique.
Bruit sourd, bruit perçant.
Enseignement théorique, enseignement pratique.
Eclipse totale, éclipse partielle.
Corps transparent, corps opaque.
Fait accidentel, fait habituel.
Point essentiel, point accessoire.
Parties secondaires, parties principales.
Ton naturel, ton déclamatoire.
Progrès social, progrès individuel.
Bien général, bien particulier.
Quatrain laudatif, quatrain satirique.

Exercice 125. — Placer selon le sens, les adjectifs suivants : vol-


canique, fétide, souterrain, curieux, étranger, divers, aride, téné-
breux, sauvage, grand, unique, sec, propice, chétif, douloureux, af-
freux, impossible, sauvage, infructueux, haut, bas.

Les Aléoutiens.

Le curieux archipel aléoutien s'étend, d'un côté, vers les


rives du Kamtchatka en Asie, de l'autre, vers la plage d'A-
laska en Amérique. A voir l'alignement de ses divers
groupes, on dirait les piles d'un pont destiné à rejoindre
les deux continents. Là s'élèvent des collines arides et des
montagnes volcaniques sur des vallées que nulle culture
ne peut féconder. La mer est à peu près l'unique ressource
des Aléoutiens, mais ils ne savent pas ménager ce qu'elle
leur donne. Le poisson qu'ils en tirent en des heures
propices, ils le dévorent gloutonnement sans même le faire
cuire, ou le gaspillent sans songer au lendemain. Lorsque
la pêche est infructueuse ou impossible, ils en sont ré-
duits à manger les racines des plantes sauvages et les
varecs1. Leur climat est terriblement froid, et il n'y a au-
tour d'eux ni charbon de terre, ni tourbe, ni forêts, pas
d'autre combustible que de chétives broussailles ou des
herbes sèches. Dans cette affreuse pénurie, ils vont cher-
cher au sein de la terre la chaleur qu'ils ne peuvent avoir
1. l'urée, plantes marines que le flot jette sur le rivage.
L ADJECTIF. il

à sa surface. A dix ou douze pieds de profondeur, ils creu-


sent une tranchée. Les bois étrangers que la mer charrie
et jette sur le rivage leur servent à étayer les parois de
cette excavation et à fabriquer le treillage qui la re-
couvre. Çàet là est une ouverture au bord de laquelle on
place une poutre échancrée de haut en bas. C'est l'esca-
lier par lequel on descend dans la demeure souterraine.
Là s'installent à la fois vingt, trente familles destinées
à subir le même régime sous le même toit. Chaque mé-
nage a son foyer, c'est-à-dire la lampe en pierre où
l'on allume dans une huile fétide une mèche d'herbes
desséchées. Les femmes et les enfants restent, la plus
grande partie de la journée, indolemment accroupis par
terre.
Personne n'a pu voir sans une douloureuse émotion
cette population sauvage dans ces fosses ténébreuses.
Xavier Marmier.

Exercice 126. — Placez selon le sens, les adjectifs suivants : clair,


candide, commode, cruel, troisième, universel, tremblant, gauche, ri-
dicule, sot, tremblant, distinct, déconcerté, nouveau.

L'entrée au lycée.
Le troisième jour de mon entrée au lycée, mes mal-
heurs commencèrent. J'étais assez près de la table d'hon-
neur; mon air candide, qui annonçait un nouveau venu,
fut bien vite remarqué par mes camarades. J'étais gauche
et l'on conclut que j'étais sot. M. Andrieux me dit de
lire mon thème ; me voilà tout déconcerté. Je commence
d'une voix si tremblante, si tremblante qu'un rire uni-
versel s'élève de tous les coins. Ce rire cruel augmenta
mon trouble et rendit ma lecture plus ridicule ; à la fin
de chaque phrase, ma voix tombait; impossible de la sou-
tenir. Avec cela, ma parole était claire, ma prononcia-
tion distincte; je n'étais que mieux entendu de tous ceux
qui se moquaient de moi. Une classe est l'endroit le plus
commode pour être bafoué. L'un vous fait son compliment,
l'autre jette votre livre ou votre cahier par terre: souvent
on se rit de vous à poings fermés. M. Andrieux eut pitié
de moi et ne me laissa pas achever. Michelet.
78 ETUDE DES MOTS.

Exercice 127. — Relevez tous les substantifs et donnez, s'il y a


lieu, l'adjectif qui correspond à chacun. Ex. : Collège, collégial.
Le collège.

Le collège apprend à l'enfant bien des choses utiles :


la règle, car dans la famille la règle la plus stricte est
encore complaisante et inégale; le travail, car le travail
dans la famille est trop facilement relâché, suspendu, in-
ter ompu; lajustice, car dans la famille la justice la plus
étroite est encore mêlée de faveur; l'émulation, car au col-
lège tout est émulation, et celui qui n'est point le premier
en thème veut être au moins le premier à la balle ou à la
course ; la sincérité et la loyauté, car il n"y a rien dont les
enfants ont tant d'horreur que de l'hypocrisie et la déla-
tion la
; patience, car les enfants sont méchants et se tour-
mentent les uns les autres; le courage, car au collège il
faut se défendre soi-même, et un point d'honneur étroit
interdit d'appeler le secours du maître; l'amitié, car c'est
au collège que se nouent les plus fortes amitiés; enfin, il
lui apprend la vie, car là, comme dans la vie, on n'obtient
que la place que Ton conquiert, personne ne vient au
devant de vous ; l'enfant, comme l'homme plus tard, est
livré à lui-même en face d'une règle inflexible, sans autre
protection que son mérite, sa propre volonté, ses bonnes
intentions. Voilà le collège dans sa vraie idée. Mais ajoutez
qu'il est loin d'être aussi dur que je le représente, que là
aussi il y a des adoucissements, des tempéraments, des
relâchements nécessaires; ajoutez que le maître n'est pas
toujours terrible, que la discipline s'amollit quelquefois,
que le jeu et la récréation se mêlent avec le travail, que
le châtiment enfin a ses rémissions. Le collège, c'est la
vie, mais la vie proportionnée à l'âge de l'enfant; c'est le
monde, mais un monde meilleur que le monde propre-
ment dit; car il est équitable et bienveillant.
Paul Janet.

Collège, collégial. Maîtr*e, magistral.


Enfant, enfantin. Amitié, amical.
Chose. Vie, vital.
Règle, régulier. Place.
Famille, familial. Homme, humain.
Travail, travailleur. Face, facial.
l'adjectif. 79
Justice, juste. Protection, protecteur.
Faveur, favorable.. Mérite, méritoire.
Emulation. Volonté, volontaire.
Thème, {thématique). Intention, intentionnel.
Balle. Idée, idéal.
Course, cursif. Adoucissement, adoucissant.
Sincérité, sincère. Tempérament, tempéré.
Loyauté, loyal. Relâchement, relâché.
Horreur, horrible. Discipline, disciplinaire.
Hypocrisie, hypocrite. Jeu.
Délation, délateur. Récréation, récréatif.
Patience, patient. Châtiment.
Courage, courageux. Rémission, rémittent*.
Point, ponctuel. Age, âgé.
Honneur, honorable. Monde, mondain.
Secours, secourable.

Exercice 128. — Adjectifs composés. Faites accorder les adjectifs


en italique [% 186).

1. Les fenêtres de la maison étaient grandes ouvertes,


pour mieux boire les rayons du soleil. — 2. Le meilleur des
dictionnaires grecs-français est celui deBailly et Egger. —
3. Des paroles aigredouces on en vient souvent aux propos
blessants et injurieux. — 4. Les soies de l'éléphant sont
clairsemées sur le corps, mais assez nombreuses aux cils
des paupières. Bf. — 5. C'est quand il atteint ses avant-
dernières années que l'homme sent le plus vivement la
brièveté de la vie. — 6. Mes yeux cherchent en vain les
fleurs fraîches écloses. Dv. — 7. Les hauts fonds sont les som-
mets des collines sous-marines. Bf. — 8. Sa bouche est fraî-
che épanouie, ses cheveux sont blonds et flottants. Bér. — 9.
Quel spectacle dégoûtant et lamentable offrent ces victimes
de l'alcol qu'on ramasse ivremortes! — 10. Demi-morte et
demi-boiteuse, la volatile malheureuse droit au logis s'en
retourna. — 11. Hérode fît égorger tous les premiers nés de
la Judée. — 12. On a grandement perfectionné l'éducation
des sourds muets et des aveugles nés. — 13. Tous les yeux
se tournèrent vers la nouvelle venue.

1. Rémission, détente; rémittent, où il y a des détentes. Rémission, remise


d'une faute ; rtmissibl*, digne de rémission.
80 ETUDE DES MOTS.

Exercice 129. — Placez, selon le sens, les adjectifs suivants : pareil,


rare, vieux, inculte, sauvage, fou, joyeux, herbeux, long, moribond,
épanoui, résineux, vivace, haut, petit.

L'habitation abandonnée.
Les visiteurs étaient entrés dans la cour où les folles
avoines et les pavots sauvages foisonnaient sur remplace-
ment des plates-bandes incultes. L'intérieur de cette habi-
tation close donnait la même impression de joyeuse quié-
tude que le dehors. Des enchevêtrements de jasmins de
Virginie et de chèvrefeuilles se croisaient sur les volets
fermés et en masquaient la décrépitude. Sur chaque degré
de l'escalier, des pissenlits fraîchement éclos revêtaient les
pierres des assises de leurs inflorescences pareilles à de
petits soleils d'or. Le jardin, négligé, était devenu un
fouillis; au long des allées herbeuses, le buis des bordures
avait crû en touffes hautes d'un pied. Les fleurs vivaces
qui avaient survécu, roses, bleuets et scabieuses, dres-
saient leurs tiges épanouies au milieu d'un champ de gra-
minées. La plupart des arbres du verger étaient moribonds:
ceux qui avaient persisté donnaient de rares fruits, dont
les oiseaux faisaient leurs délices. Les vieux ifs inclinaient
plus bas leurs ramures résineuses. A. Tiieuriet.

COMPARATIFS ET SUPERLATIFS.

Exercice 130. — Remplacez les points par l'un des mots plus, moins,
mugi, selon le sens.

1. La terre est moins grande que le ciel. — 2. Le fer est


plus utile que l'or. — 3. La santé est plus précieuse que
la richesse. — 4. Le bœuf est aussi tranquille que robuste.
— 5. Une table carrée est aussi large que longue. — 6.
L'étude est moins agréable que le jeu. — 7. La paresse est
l>h/s honteuse que la pauvreté. — 8. La cigale fut moins
économe que la fourmi. — 9. Dieu est aussi bon que juste.
— 10. Les Alpes sont plus hautes que le Jura. — 11. La
Suisse est moins grande que la France. — 12. La vie du
cheval est moins longue que celle de l'homme. — 13.
Jeanne d'Arc était aussi pieuse que vaillante. — 14. L'àne
est moins utile que le cheval. — 15. L'or est plus précieux
que l'argent. — lô. Le cheval est moins intelligent que le
l'adjectif. 81
chien. — 17. Le narcisse est moins parfumé que la vio-
lette.
Exercice 131. — Mettez les adjectifs au comparatif de supériorité
d'infériorité ou d'égalité, et complétez la comparaison. Écrivez : Le
bois estplus léger que Veau.

1 . Le bois est plus léger que l'eau. — 2. L'argent est moins


précieux que For. — 3. Le Rhône est plus impétueux que
la Loire. — 4. La mort est moins redoutable que le dés-
honneur. — 5. L'hiver est moins agréable que le prin-
temps. — 6. La patience est plus nécessaire que le cou-
rage. — 7. Le mont Blanc est plus élevé que le mont
Cervin. — 8. Le cours de la Seine est aussi tranquille que
celui de la Marne. — 9. La Corse est une île moins grande
que la Sardaigne. — 10. L'eau de certains lacs est aussi
salée que celle de la mer. — 11. La jeunesse a des pensées
plus audacieuses que judicieuses. — 12. Les chevaux nor-
mands et percherons sont plus gros et plus vigoureux que
les chevaux arabes. — 13. Turenne était aussi modeste
que sage et vaillant. — 14. Les exemples sont plus élo-
quents que les discours. — 15. La richesse est moins pré-
cieuse que la vertu. — 16. Un faux ami est plus dangereux
qu'un ennemi déclaré. — 17. Les demi-savants sont plus
difficiles à instruire que les ignorants. — 18. L'amour des
mères est plus tendre que celui des pères.
Exercice 132. — Soulignez chaque comparatif et indiquez-en la
nature. Ex. : Jl n'y a rien de plus méprisable (supériorité) qu'un
menteur.

1. Il n'y a rien de plus méprisable (supériorité) qu'un


menteur. — 2. Qui ne sent point son mal est d'autant plus
malade (supériorité). C. —3. L'honneur au noble cœur est
plus cher (supériorité) que la vie. C. — 4. Le climat de
Paris e°t moins brumeux (infériorité) que celui de Lon-
dres. — 5. Les Spartiates étaient au moins aussi orgueil-
leux (égalité) que vaillants. — 6. Le vrai moyen d'être
trompé, c'est de se croire plus fin (supériorité) que les
autres. Lr. — 7. Le pape saint Léon, plus puissant (supé-
riorité) qu'Aétius et que les armées romaines, se fit res-
pecter par Attila, ce roi barbare et païen. B. — 8. La cul-
ture du blé est moins fructueuse et moins lucrative (infé-
riorité) que celle de la vigne. — 9. Souvent nos défauts
sont aussi pardonnables (égalité) que les moyens dont
EX. FR. C. M. R. MAITRE. 6
82 ÉTUDE DES MOTS.

nous nous servons pour les cacher. — 10. Les vieux fous
sont plus fous (supériorité) que les jeunes. Lr.

Exercice 133. — Soulignez d'un trait les comparatifs, de deux les


superlatifs.
Le chevreuil.
Le cerf, comme le plus noble des habitants des bois,
occupe dans les forêts les lieux ombragés par les cimes
élevées des hautes futaies : le chevreuil, comme étant
dune espèce inférieure, se contente d'habiter sous des
lambris p lus bas, et se tient ordinairement dans le feuillage
épais des plus jeunes taillis; mais s'il a moins de noblesse,
moins de force et beaucoup moins de hauteur de taille, il a
plus de grâce, plus de vivacité, et même plus de courage
que le cerf; il est plus gai, plus leste, plus éveillé; sa
forme est plus arrondie, plus élégante, et sa figure plus
agréable: ses yeux surtout sont plus beaux, plus brillants,
et paraissent animés d'un sentiment plus vif; ses membres
sont plus souples, ses mouvements //lus prestes, et il bondit
sans effort, avec autant de force que de légèreté. Sa robe
est toujours propre, son poil net et lustré; il ne se roule
jamais dans la fange, comme le cerf; il ne se plaît que
dans les pays les plus élevés, les plus secs, où l'air est le
plus pur : il est encore plus rusé, plus adroit à se dérober,
plus difficile à suivre; il a plus de finesse, plus de ressour-
ces d'instinct : car, quoiqu'il ait le désavantage mortel de
laisser après lui des impressions plus fortes, et qui don-
nent aux chiens plus d'ardeur et plus de véhémence d'ap-
pétit que l'odeur du cerf, il ne laisse pas de savoir se sous-
traire à leur poursuite par la rapidité de sa première
course, et par ses détours multipliés. BUFFON.

Exercice 134. — Mettez les adjectifs d'abord au superlatil absolu,


puis au superlatil relatif.
Ex : Asie, vaste continent. Écrivez : L'Asie est un très vaste conti-
nent; c'est le plus vaste des continents.

des1. continents.
L'Asie est un
— très
2. Levaste continent;
fer est un métalc'est
fortle utile:
plus vaste

le plus utile des métaux. — '.). La Beauce est une plaine


extrêmement fertile: c'est la plus fertile des plaines. —
4. Homère est un très grand poète; c'est le plus grand
l'adjectif. 83

des poètes. — 5. Moïse est un très ancien historien; c'est


le plus ancien des historiens. — 6. Le tigre et le léopard
sont des animaux très féroces ; ce sont les plus féroces
des animaux. — 7. Le blé est une céréale extrêmement
utile; c'est la plus utile des céréales. — 8. L'ignorance
est une très dangereuse maladie ; c'est la plus dangereuse
des maladies. — 9. La jactance est un défaut ridicule;
c'est le plus ridicule des défauts. — 10. La bonne édu-
cation est un très grand bienfait ; c'est le plus grand des
bienfaits. — 11. Le grec est une langue fort souple; c'est
la plus souple, des langues. — 12. Néron fut un empe-
reur extrêmement cruel ; c'est le plus cruel des empereurs.
— 13. Le pain est un aliment grandement précieux: c'est
le plus précieux des aliments. — 14. Saint Louis fut un
roi très pieux; c'est le plus pieux des rois. — 15. L'osier
est un arbrisseau très flexible; c'est le plus flexible des
arbrisseaux.

Exercice 135. — Soulignez les comparatifs et les superlatifs et in


diquez-en la nature.

I. Le moindre (s. relatif) solécisme en parlant vous


irrite. M. — 2. Le blaireau a le poil très épais (s. absolu),
les jambes, la mâchoire et les dents très fortes s. absolu).
Bf. — 3. Mes raisons sont meilleures (c. supériorité) que les
vôtres. — 4. 11 fut un temps où la France était aussi peu-
plée (c. égalité) et plus; pet$plëe (c. super.) que l'Allemagne.
— 5. Soyez meilleur, vous serez plus heureux (c. super.).
— 6. Le pire (s. relatif) des États, c'est l'État populaire.
C. — 7. Ma gloire vous serait moins chère (c. infériorité)
que ma vie. R. — 8. Le remède parfois est pire (c. super.)
que le mal. Lenoble. — 9. Le cheval, quoique peut-être
aussi fort (c. égalité) que le bœuf, est moins propre (c. infér. >
à la culture des champs. Bf. — 10. Il y a à la ville, comme
ailleurs, de fort sottes (s. absolu) gens. Lb. — 11. Un ton
poli rend les bonnes raisons meilleures (c. super.) et fait
passer les mauvaises. Cn. — 12. Un gros rat est jj/hs mé-
chant (c. super.) et presque aussi fort (c. égalité) qu'un
jeune chat. Bf. — 13. Ces outils sont hors d'usage :
le meilleur (s. relatif) d'entre eux ne vaut rien. —
14. A deR. moindres (c. infér. ) fureurs je n'ai pas dû m'at-
tendre.
84 ÉTUDE DES MOTS.

Exercice 136. — Soulignez les comparatifs et les superlatifs et in-


diquez-en lanature. L'âne.

L'âne est de son naturel aussi humble, aussi patient,


aussi tranquille (c. égalité) que le cheval est fier, ardent,
impétueux; il souffre avec constance, et peut-être avec
courage, les châtiments et les coups. Il est sobre et sur
la quantité et sur la qualité de la nourriture : il se con-
tente des herbes /e.9 plus dures et les plus désagréables (s.
relatif), que le cheval et les autres animaux lui laissent et
dédaignent. 11 est fort délicat (s. absolu) sur l'eau; il ne
veut boire que de la plus claire (s. relatif) et aux ruisseaux
qui lui sont connus. Il boit aussi sobrement (c. égalité)
qu'il mange, et n'enfonce point du tout son nez dans
l'eau, par la peur que lui fait, dit-on, l'ombre de ses oreil-
les. Comme l'on ne prend pas la peine de l'étriller, il se
roule souvent sur le gazon, sur les chardons, sur la fou-
gère, sans se soucier beaucoup de ce que l'on lui fait
porter, et semble par là reprocher le peu de soin qu'on
prend de lui.
L'âne est peut-être de tous les animaux celui qui, rela-
tivement son
à volume, peut porter les plus grands (s. rela-
tif) poids; et comme il ne coûte presque rien à nourrir,
et qu'il ne demande, pour ainsi dire, aucun soin, il est
d'une très grande (s. absolu) utilité à la campagne.
BUFFON.

Exercice 137. — Récapitulation. Faites accorder les adjectifs en


italique.

La girafe.
La girafe est un des premiers, des plus beaux, des plus
grands animaux, et qui, sans être nuisible, est en même
temps l'un des plus inutiles. La disproportion énorme de
ses jambes, dont celles de devant sont une fois plus lon-
gues que celles de derrière, fait obstacle à l'exercice de
ses forces : son corps n'a point d'assiette, sa démarche est
vacillante, ses mouvements soutient* et contraints; elle ne
peut ni fuir ses ennemis dans lï'tatde liberté, ni servir ses
maitres dans celui de domesticité : aussi l'espèce en est
peu nombreuse, et a toujours été confinée dans les déserts
l'adjectif. 85
de l'Afrique méridionale. Comme ces contrées étaient incon-
nue* des Grecs, Aristote ne fait aucune mention de cet ani-
mal ;mais Pline en parle, et Oppien le décrit d'une ma-
nière qui n'est point équivoque. Il a, dit cet auteur, quel-
que ressemblance au chameau: sa peau est tigrée comme
celle de la panthère, et son cou est long comme celui
du chameau : il a la tête et les oreilles petites, les pieds
larges, les jambes longues, mais de hauteur fort inégale:
celles de devant sont beaucoup plus élevées que celles de der-
rière, qui sont fort courtes, et semblent ramener à terre la
croupe de l'animal : sur la tête, près des oreilles, il y a
deux éminences semblables à deux petites cornes droites :
au reste, il a la bouche comme un cerf, les dents petites
et blanches, les yeux brillants, la queue courte et garnie
de poils noirs à son extrémité. Blffon.

Exercice 138. — Placez convenablement les adjectifs suivants :


gai, triste, délicat, robuste, solide, jeune, laborieux, réglé, suivi, mé-
diocre, inépuisable, indiscret, pernicieux, long, parfait.

Dangers de l'oisiveté.

L'ignorance d'une jeune fille est cause qu'elle s'ennuie


et qu'elle ne sait à quoi s'occuper. Quand elle est venue
jusqu'à un certain âge sans s'appliquer aux choses solides.
elle n'en peut avoir ni le goût, ni l'estime; tout ce qui est
sérieux lui paraît triste; tout ce qui demande une atten-
tion suivie la fatigue; la pente au plaisir, l'exemple des
personnes du même âge qui sont plongées dans l'amuse-
ment, tout sert à lui faire craindre une vie laborieuse.
Dans cette oisiveté, une fille s'abandonne à sa paresse, et
la paresse est une source inépuisable d'ennuis. Elle s'ac-
coutume dormir
à d'un tiers de plus qu'il ne faudrait pour
conserver une santé parfaite; ce long sommeil ne sert
qu'à la rendre plus délicate: au lieu qu'un sommeil mé-
diocre, accompagné d'un exercice réglé, rend une per-
sonne gaie, vigoureuse, et robuste. Cette mollesse et cette
oisiveté étant jointes à l'ignorance, il en naît une sensibi-
lité pernicieuse pour les divertissements et une curiosité
indiscrète. Les personnes instruites n'ont d'ordinaire qu'une
curiosité médiocre; elles voient le ridicule de la plupart
86 ÉTUDE DES MOTS.

des choses que les petits qui ne savent rien sont empres-
sés d'apprendre. Fénelon1.
Exercice 139. — Ajoutez un adjectif qualificatif convenable à cha-
cun des noms en italique.
Le Vésuve.

Nous voici au cratère. C'est donc là ce formidable volcan


qui brûle depuis tant de siècles, qui a submergé tant de
cités, qui a consumé tant de peuples! Quelle lueur autour
de ce gouffre! Quelle fournaise au milieu! D'abord ce brû-
lant abime gronde, vomit dans les airs, avec un èpouvan-
table fracas, à travers une pluie épaisse de cendres, une
immense gerbe de feu : ce sont des millions d'étincelles,
des milliers de pierres, qui sifflent, tombent, retombent,
roulent. L'abîme tout à coup se referme, puis se rouvre et
vomit encore un incendie. Puis la lave s'élève sur les bords
du cratère; elle se gonfle, bouillonne, coule et descend en
longs ruisseaux de feu les flancs noirs de la montagne.
DUPATY.

Exercice 140. — Placez convenablement les adjectifs suivants :


blanc, blanc, vert, rose, violet, rougeâtre, rouge, doré, pâle, brun, in-
décis, rare, vilain, pareil, aride, aimable, charmant, pénétrant, em-
baume.
La forêt d'Arcachon.

Cette forêt est celle qui s'étend à travers cinquante


lieues jusqu'à Bayonne. Le pin porte ses touffes d'aiguilles
déliées et sème une ombre rare. Le feuillage change de
couleur à toutes les heures du jour, prend successive-
ment toutes les teintes du vert, à mesure que le soleil
monte, et finit dans les tons rougeâtres de l'astre couchant.
Ici, le sol, couvert de brunes aiguilles, s'étend uniforme à
travers les ondulations des dunes; là, les bruyères sont
chez elles : perçant à travers les mousses, elles font de ce
pays aride quelque chose de charmant. Il n'y a pas de
vilaines fleurs; une des plus aimables est la bruyère,
simple, délicate et sauvage. Les divers soleils la colorent
diversement : le premier, le soleil d'été, ardent, la teint
d'un rose foncé solide; quand il s'affaiblit, paraît la bruyère
1. Ou prononce Fin'lon, en deux syllabe-, et non pas Fé-né-lon.
l'adjectif. 87
au rose pâle; enfin les bruyères blanches naissent sous le
soleil d'hiver. Là poussent aussi les chênes, qui se dépouil-
lent et revivent ; les arbousiers toujours verts, qui se cou-
vrent en même temps de fleurs et de fruits, de fleurs
blanches semblables au muguet, de fruits rouges sembla-
bles à des fraises ; le tamaris pousse presque dans la mer
ses grappes violettes et son feuillage découpé, le houx
piquant ses baies de pourpre lisse, le genêt et l'ajonc
leurs papillons dores. L'air qui passe par dessus cette forêt
arrive embaumé de résine et d'odeurs pénétrantes, et quand
le vent s'engouffre dans les pins, il produit un bruit pareil
à celui de la mer; on s'arrête et on écoute indécis.
Bersût.

Exercice 141. — Soulignez les comparatifs et les superlatifs, et in-


diquez-en l'espèce.
Les animaux sauvages.
Les plus doux, les plus innocents, les plus tranquilles
(s. relatif) des animaux sauvages passent leur vie dans nos
campagnes; ceux qui sont plus défiants, plus farouches (c.
supériorité), s'enfoncent dans les bois ; d'autres se creusent
des demeures souterraines, se réfugient dans les cavernes
les plus profondes (s. relatif) ou gagnent les sommets des
montagnes les plus inaccessibles (s. relatif;; enfin les plus
féroces, ou les
les régions plutôt
plus lesdésertes
plus fiers (s. relatif)
[s. relatif), n'habitent
les climats que
les plus
brûlants (s. relatif) où l'homme, aussi sauvage (c. égalité)
qu'eux, ne peut leur disputer l'empire. Ces animaux sau-
vages et libres sont peut-être, de tous les êtres vivants,
les moins sujets (s. relatif) aux altérations de tout genre.
Ils choisissent la nourriture la plus convenable (s. relatif),
le climat le plus favorable (s. relatif). Ils sont très attachés
(s. absolu) au bois où ils sont nés ; c'est une patrie qu'ils
ne quittent que lorsqu'ils n'y peuvent plus vivre en sûreté.
L'homme est leur plus cruel (s. relatif) ennemi. Les autres
animaux leur sont moins redoutables (c. infériorité); ils
sont aussi forts, aussi adroits, aussi rusés (c. égalité)
qu'eux pour les éviter, aussi bien armés (c. égalité) pour
se défendre.! Mais que peuvent-ils contre l'homme, qui
sait les trouver sans les voir et les abattre sans les appro-
cher?
ETUDE DES MOTS.

Adjectifs déterminatifs.

Exercice 142. — Remplacez les points par l'adjectif possessif conve-


nable (197-199).
1. La mer recèle de grands trésors dans son sein. — 2.
C'est acheter cher un repentir que de se ruiner pour satis-
faire ses passions. A. — 3. Jamais le sentiment de notre
faiblesse ne doit nous jeter dans le découragement. Vv.
— 4. C'est là qu'on voit errer les troupeaux qui mugissent,
les brebis qui bêlent avec leurs tendres agneaux bondis-
sants sur l'herbe. F. — 5. Mon Dieu, j'ai combattu soixante
ans pour ta gloire. V. — 6. Au sentiment de sa faiblesse,
l'homme joint le sentiment de ses besoins. Mq. — 7. Jamais
au criminel son crime ne pardonne. H. — 8. Nous nous plai-
gnons quelquefois légèrement de nos amis, pour justifier
par avance notre légèreté. Lr. — 9. La vie n'est rien en
elle-même, son prix dépend de son emploi. Rs. — 10. A
quoi bon charger votre vie des soins d'un avenir qui n'est
pas fait pour vous? L. — 11. Tâchez de vous faire aimer
de vos gens sans aucune basse familiarité. F. — 12. Tous
les hommes ont leurs défauts et leurs vertus.

Exercice 143. — Soulignez les adjectifs possessifs et indiquez l'objet


possesseur et l'objet possédé. Ex.: Il zleur fraîcheur (obj. possesseur :
fleurs; obj. possédé : fraîcheur).

1. L'oiseau-mouche est toujours en l'air, volant de fleurs


en fleurs; il a leur fraîcheur (o. possesseur : fleurs; o. pos-
sédé :fraîcheur) comme il a leur éclat (o. possesseur :
fleurs; o. possédé : éclat). Bf. — 2. Ménalque descend sou
escalier (o. possesseur : Ménalque). ouvre sa porte (o. pos
sesseur : Ménalque) pour sortir, il la referme : il s'aper-
çoit qu'il est en bonnet de nuit. Lb. — 3. Vous n'aimez
que votre autorité (o. possesseur : vous; et votre gloire (o.
possesseur : vous). F. — 4. Nous suspendîmes nos cithares
(o. possesseur : nous; aux saules qui bordaient les rivages
déserts. R. — 5. Le chameau est le messager du désert ;
son large sabot (o. possesseur : chameau) presse le sable
et n'enfonce pas. Bk. — 6. Quand les bois sont parés de
leur verdure o. possesseur : bois), les prairies de leurs
fleurs (o. possesseur : prairies), les guérets de leurs
L ADJECTIF. 89

moissons (o. possesseur : guérets) jaunissantes, que les


oiseaux réjouissent l'air de leurs chants (o. possesseur :
oiseaux) que les ruiseaux font entendre leur doux
murmure (o. possesseur : ruisseaux), la campagne offre
un spectacle dont rien ne peut égaler la beauté. — 7.
Un spectacle étrange s'offrit soudain à mes yeux (o. pos-
ses eur :moi). — 8. Pauvre orphelin, tu as perdu ta mère
(o. possesseur : tu). —9. Ne vaut-il pas mieux se taire que
d'employer son éloquence (o. possesseur : soi) ' à flatter
un tyran? F.

Exercice 144. — Mettez le morceau suivant au singulier : Quoique


le nègre ait peu d'esprit, il ne laisse pas...

Le nègre.

Quoique le nègre ait peu d'esprit, il ne laisse pas d'avoir


beaucoup de sentiment; il est gai ou mélancolique, labo-
rieux ou fainéant, ami ou ennemi, selon la manière dont
on le traite. Lorsqu'on le nourrit bien et qu'on ne le mal-
traite pas, il est content, joyeux, prêt à tout faire, et la
satisfaction de son âme est peinte sur son visage; mais
quand on le traite mal, il prend le chagrin fort à cœur,
et périt quelquefois de mélancolie. Il est donc fort sen-
sible aux bienfaits et aux outrages, et il porte une
haine mortelle contre ceux qui l'ont maltraité; lorsqu'au
contraire il s'affectionne à un maître, il n'y a rien qu'il
ne fût capable de faire pour lui marquer son zèle et son
dévouement. Il est naturellement compatissant et même
tendre pour ses amis, pour ses compatriotes ; il partage
volontiers le peu qu'il a avec ceux qu'il voit dans le be-
soin, sans même les connaître autrement que par leur in-
digence. Ila donc, comme on le voit, le cœur excellent,
il a le germe de toutes les vertus. Je ne puis écrire son
histoire sans m'attendrir sur son état; n'est-il pas assez
malheureux d'être réduit à la servitude, d'être obligé de
toujours travailler sans pouvoir jamais rien acquérir?
Faut- il encore l'excéder, le frapper, et le traiter comme
un animal? D'après Botfon.
1. En réalité, son se rapporte à on, sujet sous-entendu de l'infinitif : Xe
vaut-il pas mieux se taire que si on emploie son éloquence...
90 ÉTUDE DES MOTS.

Exercice 145. — Remplacez les points par l'adjectif démonstratif


que demande le sens [$ 200, 201).

1 . Une des plus grandes dynasties qu'ait eues l'Egypte


est la douzième. Les princes de cette période furent de
grands ingénieurs. Dans cet heureux temps, les industries
utiles tiennent une place des plus importantes. Les mu-
railles des tombeaux en offrent la preuve parlante. Ces pein-
tures nous montrent les différents métiers alors en usage.
Avec quelle application travaillent ces cordonniers, ces
charpentiers, ces menuisiers, ces corroyeurs, ces femmes
au métier qui tissent la toile sous la surveillance des gar-
diens! Baudrillart. — 2. Ce vaste territoire qui s'étend
des Alpes aux Pyrénées et de la Méditerranée à la mer du
Nord; ce mélange de plaines, de coteaux et de monta-
gnes qu'arrosent quatre grands fleuves et des centaines de
rivières : ces immenses herbages de la côte occidentale, ces
forêts séculaires des montagnes de l'Est, ces verts pâtu-
rages du Centre, ces riches vignobles de la Bourgogne et
du Languedoc, ces oliviers et ces orangers de la Provence,
ces moissons dorées qui flottent de tous côtés, cet assem-
blage vivant de toutes les diversités, c'est notre beau et
cher pays, c'est la France.
Exercice 146. — Mettez, selon le sens, l'adjectif possessif ses ou
l'adjectif démonstratif ces.
1. Le commandant phénicien, arrêtant ses yeux sur Té-
lémaque. croyait se souvenir de l'avoir vu. — 2. A quoi
bon ces parures frivoles, ces ornements qui ne servent qu a
entretenir la vanité ? — 3. On dit des enfants remuants
que ces enfants ont du vif-argent dans les veines. — 4. L'a-
quilon ayant redoublé ses efforts, l'orage alla porter ses fu-
reurs dans les climats brûlants de l'Afrique. By. — 5.
Bientôt le soleil prend de la force : ses rayons moins hori-
zontaux frappent le sol qu'ils ne faisaient qu'effleurer. Nd.
— 6. Le cygne chasse l'onde avec ses larges palmes. Sully.
P. — 7. J'aurais voulu faire un plus long séjour chez ces
bonnes gens. — 8. Sous ces tièdes rayons des soleils de
septembre, Le ciel est doux, mais pâle, et la terre jaunit.
— 9. Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes? R.
— 10. Chaque pays a ses avantages et ses agréments.
l'adjectif. 91
Exercice 147. — Remplacez les points par l'adjectif quel, et dites
chaque fois s'il est interrogatif ou exclamatif (§ 202-204).
1. Quelle (interr.) réponse vous a-t-on faite? — 2. Quel
(int.) est tous les jours votre emploi? R. — 3. Quel (excl.)
plaisir de penser et de dire en soi-même : Partout, en ce
moment, on me bénit, on m'aime! R. — 4. Qu'ils appren-
nent au moins quelle (int.) est la religion qu'ils combattent.
P. — 5. Quel (excl.) carnage de toutes parts! R. — 6. Quel
(int.) spectacle nous frappe le plus, celui des tourments
ou du bonheur d'autrui? Rs. — 7. Chacun s'écriait en le
voyant : Quel (excl.) triste sort! — 8. On veut savoir de
combien une nation s'est accrue; quelle (int.) était sa po-
pulation avant l'époque dont on parle; quel (int.) a été son
commerce et combien il s'est étendu: quels (int.) arts sont
nés dans le pays; quelle (int.) a été la naissance et le pro-
grès de la marine. V. — 9. Quel (int.) climat, quel (int.)
désert a donc pu te cacher? R.

Exercice 148. — Copiez puis soulignez les adjectifs indéfinis {% 205-


207).
La vallée de Tempe.

Nous étions impatients d'aller à Tempe. Ce nom, com-


mun àplusieurs vallées qu'on trouve en ce canton, désigne
plus particulièrement celle que forment, en se rappro-
chant, le mont Olympe et le mont Ossa : nul autre chemin
ne mène de Thessalie en Macédoine. De chaque côté de
la vallée, les montagnes sont couvertes de peupliers, de
platanes, de frênes d'une beauté surprenante. De leurs
pieds jaillissent maintes sources d'une eau pure comme le
cristal, et des intervalles qui séparent leurs sommets s'é-
chappe un air frais que l'on respire avec une volupté se-
crète. Le fleuve l présente presque partout un canal tran-
quille, etdans certains endroits il embrasse de petites îles
dont il éternise la verdure. De tous côtés l'œil semble res-
pirer la fraîcheur, et l'âme recevoir un nouvel esprit de
vie. Aucun spectacle ne surpasse celui qui s'offrit à nous,
en sortant de la vallée. C'est une plaine couverte de mai-
sons et d'arbres, où le fleuve semble se multiplier par des
1. Le Pénée, qni prend sa source dans la chaîne du Pinde, traverse Larisse,
capitale de la Thessalie, et passe entre le mont Ossa et le mont Olympe avant
de se jeter dans le golfe Thermaïque, aujourd'hui golfe de Salonique.
92 ÉTUDE DES MOTS.

sinuosités sans nombre. A quelques stades1 de distance


paraît le golfe Thermaïque, et dans le lointain le mont
Athos termine cette superbe vue.
Barthélémy, Voyage d'Anacharsis.

Exercice 149. — Copiez, en remplaçant les points par un adjectif


ndéfini.
Les landes.

Il y a peu d'années encore, les propriétaires des landes


ne s'occupaient aucunement d'assainir le sol, et, le voyant
alternativement inondé par les pluies d'hiver et desséché
par le soleil d'été, ils croyaient que toute culture y était im-
possible. Suivant l'exemple de leurs ancêtres, ils se conten-
taient d'élever de maigres brebis qui se glissaient à travers
les broussailles en accrochant leurs toisons et broutaient
les tiges des jeunes bruyères. On a calculé qu'en certains
endroits quatre hectares, c'est-à-dire un terrain qui d'ordi-
naire subvient à la subsistance de toute une famille, suffi-
saient àpeine pour faire vivre un seul mouton. Encore
fallait-il renouveler les pâturages ; quand l'eau avait dis-
paru du sol et que la chaleur du soleil avait commencé à
dessécher les plantes, les pâtres landais mettaient le feu
aux brandes 2, afin qu'après l'incendie une nouvelle végéta-
tion d'herbe plus tendre reparût sous les cendres et les
débris calcinés. Aussi ces terres n'avaient-elles aucune va-
leur; pour les vendre, on ne se donnait même pas la peine
de les toiser; la portée de la voix servait de mesure : tout
l'espace sur lequel le cri du berger se faisait entendre se
payait quelques francs.
Exercice 150. — Remplacez les points par un adjectif indéfini
convenable.
1. Les vieilles villes nous surprennent à tout instant par
quelque révélation inattendue, par un balcon ou une tou-
relle d'une grâce exquise, par une inscription qui éveille
en nous une pensée pieuse ou nous rappelle un fait histo-
rique. Marmier. — 2. A chaque jour suffit sa peine. — 3.
Jésus-Christ est venu de tous les peuples ne faire qu'un
seul peuple, de tous les états et de toutes les conditions
1. Le stade valait lnO mitres.
2. Brande, sorte de bruyère qui croît dans les campagnes incultes.
l'adjectif. 93
ne former qu'un corps. Ms. — 4. Telle plante porte plu-
sieurs fleurs sur une même tige, telle autre n'en produit
qu'une seule. — 5. Xul péril ne l'émeut, nul respect ne le
touche. V. — 6. On trouve mainte épine où Ton cherchait
des roses. Rr. — 7. Au bout de quelques générations, ce
qui était le génie d'un homme devient le bon sens du
genre humain. Mg. — 8. A tel génie il faut des ailes; à
d'autres, des entraves. Rs. — 9. Il est venu plusieurs fois
sans me trouver. — 10. Ce riche bourgeois a une magnifi-
relié[Link] bibliothèque, garnie d'ouvrages quelconques, tous bien

Exercice 151. — Écrivez en toutes lettres les adjectifs numéraux


(§-208-211).
La Meuse.

La Meuse a huit cents (cent) quatre-vingts-treize (quatre-


vingt-treize) l kilomètres, dont environ cinq cents en France
dans un bassin de sept cents (cent) cinquante mille hec-
tares. Quand elle nous quitte, elle nous enlève en moyenne
soixante-dix-neuf mètres cubes d'eau par seconde ; l'étiage2
est de vingt-sept, les crues extrêmes de six cents à sept
cents. Elle puise ses premières gouttes à quatre cents (cent]
neuf mètres au dessus du niveau des mers, dans une mo-
deste fontaine de ce plateau de Langres qui, tout bas qu'il
est, comparé à tant d'autres, voit cependant douze rivières
sortir de ses collines. Née à Pouilly, k vingt-cinq ou trente
kilomètres au nord-est de Langres, c'est déjà une rivière
quand, à Bazoilles, elle s'engouffre au dessous d'une écluse
de moulin pour ne reparaître qu'à trois kilomètres, à Non-
court, près Neufchâteau; lorsque les eaux sont abondantes,
cette perte du fleuve est invisible, les fissures du sol ne
boivent qu'une partie de la Meuse et le reste coule à ciel
ouvert : on dit que les fontaines de Concourt ne rendent
point tout ce qu'ont aspiré les failles de Bazoilles. La Meuse
passe près de Domremy, patrie de Jeanne d'Arc, et n'ar-
rose que des villes sans grandeur : Commercy, Saint-
Mihiel, Verdun, qui est une forteresse, Sedan, qui est une
1. La règle qui défend de mettre une s à cent dans une expression telle que
huit cents trente fous prétexte que cent est suivi d'un autre nombre, est sans
raison et sans autorité, mais non sans inconvénient.
2. L'étiage est le niveau qu'atteint une rivière aux plus basses eaux, et à
partir duquel on mesure les crues. Entendez : 27 mètres cube3 par seconde.
94 ÉTUDE DES MOTS.

vaste manufacture de drap, Mézières, place de guerre, et


sa voisine, Charleville. En aval de Mézières-Charleville,
le fleuve serpente au fond de gorges étroites dont les ro-
ches de schiste, le plus souvent ternes, mais quelquefois
bleuâtres, verdâtres, rougeâtres, montent à cent cinquante,
à deux cents mètres et plus ; de ces roches, qui soutiennent
le plateau forestier des Ardennes, les plus belles sont les
Dames de Meuse, à Laifour, entre Monthermé et Fumay.
La Meuse passe en Belgique, au dessous de Givet et de son
fort de Charlemont, bâti par Charles-Quint sur un roc do-
minant larivière de deux cents (cent) quinze mètres.
0. Reclus, France, Algérie et colonies.

Exercice 152. —Écrivez les nombres en toutes lettres.

Les Pyrénées.
I. Les Pyrénées françaises, émergeant brusquement des
plaines,sieurssont, regardées
monts, qui semblentd'en
les bas,
rois detrèsla grandioses.
chaîne et quiPlu-
ne
le sont point, trônent orgueilleusement en avant de leurs
frères sur les vallées, les plaines, les bas plateaux, et sauf
la neige on les croirait égaux aux colosses des Alpes : tels
le pic du Midi de Bigorre {deux mille huit cents soixante-
dix-sept mètres), aux sources de l'Adour; l'Arbizon {deux
mille huit cents trente et un mètres), au sud des bains de
Capvern; le mont Vallier {deux mille huit cents trente-neuf
mètres), au midi de Saint-Girons; le pic de Tabe ou de
Saint-Barthélémy {deux mille trais cents quarante-neuf mè-
tres), au sud-est de Foix; enfin le Canigou, au méridien
de Prades. Ce dernier, dans sa préséance à ravant-garde,
a passé longtemps pour le monarque des Pyrénées; il n'a
pourtant que deux mille sejjt cents quatre-vingts-cinq mè-
tres, si.r ceat* dix-neuf de moins que le Néthou. Et, à
deux cents kilomètres à l'ouest-nord-ouest du Caniimn,
c'est seulement en dix-sept cents (cent) quatre-vingts-sept
(mille ou mil sept cents quatre-vingt-sept) que Ramond, l'in-
trépide explorateur du Mont-Perdu, ravit au pic du Midi
de Bigorre ce même imaginaire honneur : on le tenait I
pour le premier des PyréntVv.
II. Quant aux cirques pyrénéens, ils l'emportent sur tout
ce que les Alpes ont de plus sublime. Le cirque de Trou-
l'adjectif. 95
mouse porterait des millions d'hommes sur les marches de
son enceinte; il a huit kilomètres de tour. Un pic de trois
mille cent bandonne
cinquante
jamais, voitmètres, la cents
de treize Munia,cinquante
que la neige
mètres n'a-
de
haut, tapi à dix-huit cents mètres, ce cirque où s'assiérait
un grand peuple, mais où ne passent que des isards ',
des aigles, des vautours, peut-être mais bien rarement un
ours, de temps en temps un chasseur, et, dans la saison
brillante, dès que mai fond l'hiver, les touristes qui vien-
nent admirer l'immensité de ces froides arènes. Le cirque
de Gavarnie, moindre que Troumouse, mais encore plus
beau, n'a que trois mille à quatre mille mètres d'enceinte;
le pic de Marboré le domine de plus de seize cents mètres,
car il a trois mille deux cents cinquante-trois mètres et le
cirque seize cents quarante à la base de ce mont.
0. Reclus.

Exercice 153. — Récapitulation. Soulignez tous les adjectifs déter-


ra in atifs.
Aux Eaux-Chaudes.

Au nord de la vallée d'Ossauest une fente; c'est le che-


min des Eaux-Chaudes. Pour rouvrir, on a fait sauter tout
un pan de montagne ; le vent s'engouffre dans ce froid dé-
filé l'entaille
: perpendiculaire, d'une noire couleur ferru-
gineuse2, dresse sa masse formidable comme pour écraser
le passant; sur la muraille de roche qui fait face, des arbres
tortueux se perchent en étages, et leurs panaches clair-
semés flottent bizarrement entre les saillies rougeâtres/La
route surplombe le Gave qui tournoie à cinq cents pieds
plus bas. C'est lui quia creusé cette prodigieuse rainure; il
s'y est repris & plusieurs fois et pendant des siècles; deux
étages de niches énormes, arrondies, marquent l'abaisse-
ment de son lit et les âges de son labeur3. Le jour parait
1. Isard, chamois des Pyrénées.
2. On appelle roches ferrugineuses celles qui contiennent du fer, soit à l'état
métallique, soit à l'état de rouille.
3. L6 lit du Gave était primitivement au 'sommet de cette gorge ; à force de
couler, le torrent l'a creusée, et, à force d'y tournoyer, a pratiqué dans le ro-
cher des cavités arrondies qui sont maintenant bien au dessus de son niveau
actuel. Le même phénomène se remarque, plus vivement encore, dans les gorges
alpines du Fier, du Trient et de l'Aar (prononcez : dr).
96 ÉTUDE DES MOTS.

s'assombrir quand on entre ; on ne voit plus sur sa tête


qu'une bande de ciel.
Taine, Voyage aux Pyrénées (Hachette, édit.).

Exercice 154. — Soulignez d'un Irait les adjectifs qualificatifs, de


deux traits les adjectifs déterminatifs.

Le Gulf- Stream1.
I. Du golfe du Mexique s'échappe par le détroit de la
Floride un flot immense d'une eau tiède dont la profondeur
est de mille pieds, la largeur de quatorze lieues, et la
vitesse de huit kilomètres à l'heure. C'est un fleuve au sein
de l'Océan. Dans les plus grandes sécheresses, jamais il
ne tarit; dans les plus grandes crues, jamais il ne déborde.
Ses rives et son lit sont des couches d'eau froide entre
lesquelles coulent à flots pressés des eaux tièdes et bleues.
Nulle part dans le monde il n'existe un courant aussi ma-
jestueux. Ilest plus rapide que l'Amazone, plus impétueux
que le Mississipi, et la masse de ces deux fleuves ne re-
présente pas la millième partie du volume d'eau qu'il dé-
place. Au sortir du golfe, le courant s'élance dans l'Atlan-
tique en conservant intactes plus de mille lieues ses belles
eaux bleues dans le lit verdàtre de l'Océan, et le navigateur
peut le suivre le thermomètre à la main ; car cet instru-
ment, plongé tantôt dans le courant, tantôt sur ses rives,
indique une différence de douze à quinze degrés. Le Gulf-
Stream suit sa marche rapide jusqu'à la hauteur des bancs
de Terre-Neuve; mais en ce point il reçoit le choc formi-
dable d'un courant glacé, qui descend du pôle, chargé, à
certaines époques, de montagnes de glaces. Les eaux liédcs
du Gulf-Stream fondent ces glaces et précipitent au fond
de l'Océan des rochers que la débâcle2 a détachés des côtes
hyperboréennes 3.
II. Ce choc effroyable a brisé le précieux courant; mais
SES
courttronçons éparset continuent
au nord-est, leur derôlechaleur
conserve assez bienfaisant
et de .force
l'un

1 . Prononcez gueulf-stvime. Ces deux mots anglais signifient « courant du


golfe ». [Livre de l'élève.]
2. Dans une rivière gelée ou dans une mer gelée, la débâcle est la rupture
de la glace en morceaux que le courant emporte. [Livre de l'élève.]
3. HfperiorA s, e'est-à-dire qui est à l'extrême septentrion (au delà de Borée).
l'adjectif. 97

pour venir fondre les glaces sur les côtes de l'Islande et de


la Norvège, et y jeter les troncs d'arbres des forêts équa-
toriàles, seule provision de combustible qu'aient ces pays
désolés par le froid. Un autre de ses bras entoure d'une
ceinture d'eau tiède les îles Britanniques, y fait fleurir le
myrte, y entretient des arbres et des prairies toujours
vertes; et sans lui l'Ecosse aurait la température du La-
brador et de la Sibérie qui, situées sous la même latitude,
ont pendant del'hiver
au dessous zéro. la
Unemoyenne effrayante
troisième branche de vingt dans
pénètre degrésla
Manche et fait régner à Cherbourg et à Saint-Malo une
température hivernale plus douce que celle de la Lom-
bardie. Il n'est pas rare de voir plusieurs hivers se passer
sans gelées en Bretagne; le figuier y donne ^excellents
fruits, et les primeurs de Roscoff sont connues de tout le
monde. H. Riche.

Exercice 155. — Soulignez les adjectifs déterminatifs et indiquez-


en l'espèce.
L'ourse et la corneille.
Une ourse avait un petit ours qui venait de naitre. Il
était horriblement laid. On ne reconnaissait en lui au cime
(indéfini) figure d'animal : c'était une masse informe et
hideuse. L'ourse, toute indéf.) honteuse d'avoir un tel dé-
monstratiffils,
)1 va trouver sa (possessif; voisine la cor-
neille, qui faisait un grand bruit par son (poss.) caquet
sous un arbre. « Que ferai-je, lui dit-elle, ma (possv
bonne commère, de ce (dém/ petit monstre? j'ai envie de
l'étrangler. — Gardez-vous-en bien, dit la causeuse : j'ai
vu d'autres (indéf.) ourses dans le même (dém., embarras
que vous. Allez : léchez doucement votre (poss.) fils; il sera
bientôt joli, mignon, et propre à vous faire honneur. » La
mère crut facilement ce qu'on lui disait en faveur de son
(poss.) fils. Elle eut la patience de le lécher longtemps.
Enfin il commença à devenir moins difforme, et elle alla
remercier la corneille en ces (dém.) termes : « Si vous n'eus-
siez modéré mon (poss.) impatience, j'aurais cruellement
déchiré nwn iposs.) fils, qui fait maintenant tout (indéf.)
le plaisir de ma (poss.) vie. »
1. Tel est démonstratif (et non pas indéfini), quand il signifie « de cette
sorte p.
EX. KK. C. M. H. MAITRE. 7
98 ETUDE DES MOTS.

Oh! que 1 impatience empêche de biens et cause de


maux! FÉNELON.
Exercice 156. Trouvez les adjectifs qui correspondent aux noms
suivants :

vapeur, vaporeux. ail. alliacé.


splendeur, splendide. oreille, auriculaire.
misère, misérable. ventre, ventru.
caractère, caractéristique. bras, brachial.
plainte, plaintif. nœud, noueux.
harmonie, harmonieux. bois, ligneux, boisé.
expression, expressif. granit, granitique,
cadavre, cadavérique. province, provincial.
poussière, poudreux. Provence, provençal.
dépression, déprimé. clergé, clérical.
espèce, spécial, spécifique. midi, méridional.
soufre, sulfureux. continent, continental.
sinuosité, sinueux. soleil, solaire.
calvitie, chauve. volcan, volcanique.
cécité, aveugla. lac, lacustre.
effroi, effroyable. éruption, èruptif.
lune, lunaire. bête, bestial.
planète, planétaire. faste, fastueux.
imagination, imagina ire. seigneur, seigneurial.
prodige, prodigieux. prince, princier.
printemps, printanier. lieu, local.
été, estival. région, régional.
hiver, hiver nul. rive, riverain.
salut, salutaire. ombre, ombreux.
automne, automnal. caillou, caillou leur.
mélancolie, mélancolique. magie, magique.
brebis, ovin. paradis, paradisiaque.
bœuf, bovin.
microscope', microscopique.
cheval, chevalin. cyclope, cyclopéen.
secours, secouru h/'-. tribut, tributaire.
estomac, stomacal.
bouche, buccal. grain,
chien, grenu.
canin.
Exercice 157. — Donnez le sens des adjectifs suivants, et ajoutez-y
un substantif.

I. < arnassier, qui se nourrit de chair : animaux carnas\


tiers. — 2. Pulvérulent, qui se met en poudre : corp* pul\
LADJECTIF. 09

vèrulent. — 3. Agreste, qui appartient aux champs, un


peu sauvage : site agreste. — 4. Rustique, qui appartient
aux choses de la campagne : banc rustique. — 5. Gastri-
que, qui appartient à l'estomac : embarras gastrique. —
6. Ligneux, qui a la nature du bois, le même tissu fibreux :
plantes ligneuses arbres et arbustes). — 7. Herbacé, qui
a la nature deTherbe '.plantes herbacées. — 8. Hostile, qui
est inspiré par un ennemi : projet hostile. — 9. Générique,
qui tient à un genre : caractère générique. — 10. Spécifique.
qui désigne une espèce à l'exclusion de toute autre : ca-
ractère spécifique. — 11. Versatile, qui se tourne aujour-
d'hui vers un parti, demain vers un autre : homme ver-
satile. — 12. Natal,
13. Scandinave, de laoùScandinavie
quelqu'un est né : etairNorvège)
(Suède natal. — :
peuples Scandinaves. — 14. Tudesque, germanique (alle-
mand), et par suite rude : mœurs iudesques. — 15. Fluvia-
tile, qui vit au bord des fleuves, des rivières : canards flu-
viatiles, plantes flurialiles. — 16. Saxatile, qui vit parmi
les roches : plante saxatile. — 17. Igné, qui a la propriété
du feu : substance ignée. — 18. Crénelé, garni de créneaux
ou de crans en forme de créneaux : roue crénelée. — 19.
Culminant, qui est à la plus grande hauteur qu'il puisse
atteindre : point culminant d'une chaîne de montagnes. —
20. Annulaire, qui est en forme d'anneau : éclipse annu-
laire. — 21. Aquilin, courbé en bec d'aigle : nez aquilin.
— 22. Ductile, dont la matière peut être allongée sans se
rompre : métal ductile. — 23. Thermal, qui a une tem-
pérature élevée en sortant de la source : eaux thermales.
— 24. Normal, qui suit la règle, ou qui sert de règle : école
normale. — 25. Minéral, formé de matière brute, non or-
ganisée :substances minérales, eaux minérales (qui renfer-
ment, en sortant de terre, des substances minérales). —
26. Calcaire, qui contient de la chaux : roche calcaire. —
27. Symétrique, où il y a correspondance régulière de fi-
gure ou de position : organes symétriques (yeux, oreilles,
bras). — 28. Tacite, qu'on laisse comprendre sans l'expri-
mer formellement : consentement tacite. — 29. Sordide, sale
à faire honte : avarice sordide |portée à un excès honteux).
— 30. Sinueux, qui a des détours en courbe irrégulière :
route sinueuse. — 31. Lucide, qui comprend clairement les
choses : esprit lucide. — 32. Lpars, jeté ça et là : cheveux
épars, maisons éparses. — 33. Sanitaire, qui a pour objet
100 ÉTUDE DES MOTS.

la santé publique : mesures sanitaires. — 34. Paradoxal,


qui est ou qui paraît contraire à l'opinion commune : affir-
mation paradoxale. — 35. Analogue, qui offre quelque
trait commun avec une autre chose : des effets analogues.
— 36. Immémorial, dont l'origine est sortie de la mémoire :
usages immémoriaux. — 37. Diapré, nuancé de vives cou-
leurs variées : prairie diaprée de fleurs. — 38. Spontané,
qu'on fait de soi-même, sans y être poussé par une force
étrangère : aveux spontanés. —39. Géminé, qui a un dou-
ble, un pareil : colonnes géminées (groupées deux à deux).
— 40. Surbaissé, moins haut que la demi-circonférence :
voûtes surbaissées (presque plates). — 41. Médial, placé au
milieu d'un mot : consonne mêdiale (placée entre deux
voyelles). — 42. Cérébral, relatif au cerveau : fièvre céré-
brale (la méningite). — 43. Allègre, qui a de l'entrain :
d'un pas allègre *. — 44. Ornithologique, qui se rapporte à
l'histoire naturelle des oiseaux : recherches ornilhologiques.
Exercice 158. — Trouvez les adjectifs qui correspondent aux noms
propres suivants, et ajoutez-y un substantif approprié. Ex. Cévennes,
montagnes cèvenotcs.
Cévennes, montagnes céve- Bar-le-Duc, fanfare bari-
noles. sienne.
Sahara, désert saharien. Besançon, industrie byzon-
Andalousie, romance anda- Une.
louse. Auvergne, climat auvergnat.
Champagne, berger champc- Sibérie, froid sibérien.
nois. Bretagne, landes bretonnes.
Anjou, coteaux angevins. Cahors, cité cadurcicnne.
Alpes, plantes alpines. Chartres, pags char train.
Pyrénées, flore pyrénéenne. Alger, rivage algérien.
Lyon, soieries lyonnaises. Nantes, association nantaise.
Arles, danse artésienne. Franche-Comté , paysage
Albi, costume albigeois. franc comtois.
Vendée, campagne ven- Flandre, tangue flamande.
déenne. Languedoc, air languedo-
Boulogne, bateau boulon- cien.
nais. Quercy, dialecte quercinois.
Bordeaux, commerce borde- Brie, fermes briardes.
lais. Savoie, villages savoyards.
1. Il vaut mieux écrire et prononcer U'iègre, a-légreue (c'est l'ancien usage
et l'ancienne
pas redoublée. orthographe), puisque ce mot vient du latin alacrem, où 17 n'est
l'adjectif. 101
Marseille, accent marseil- Limoges, céramique limou-
lais. sine.
Lille, filatures lilloises. Asie, côte asiatique.
Toulouse, fierté toulousaine. Périgord, paysan périgour-
Nancy, brasserie nancêienne. din.
Beauce, plaine beauceronne. Catalogne, couteau catalan.
Vosges, papeterie vosgienne. Naples, gaîlé napolitaine.
Jura, terrain jurassique. Florence, grâce florentine.
Orléans, contrée orléanaise. Venise, école vénitienne.
Poitou, charrue poitevine. Danemark, marine danoise.
Touraine, village touran- Suisse, chalet suisse.
g eau. Arménie, rite arménien.
Berry, caractère berrichon, Tyrol, chapeau tyrolien.
Londres, brouillard london- Brésil, coutume brésilienne.
nais. Alsace, coiffure alsacienne.
Genève, rive genevoise. Canada, franchise cana-
Reims, cité rémoise. dienne.

Exercice 159. —1° Soulignez d'un trait les adjectifs qualificatifs,


de deux les adjectifs déterminatifs; -2° Expliquez les mots en italique.

Les landes.

Des bois de pins passent à droite et à gauche, silencieux


et ternes. Chaque arbre porte au flanc la cicatrice des bles-
sures par où les bûcherons ont fait couler le sang résineux
qui le gorge; la puissante liqueur monte encore dans ses
membres avec la sève, transpire par ses flèches visqueuses
et par sa peau fendue; une âpre odeur aromatique emplit
l'air.
Plus loin la plaine monotone des fougères s'étend à
perte de vue, baignée de lumière. Quelques arbres çà et
là lèvent sur l'horizon leurs colonnettes grêles. De temps
en temps on aperçoit la silhouette d'un pâtre sur ses
échassos, inerte et debout comme un héron malade. Des
chevaux libres paissent à demi cachés dans les herbes.
L'homme n'est pas bien ici, il y meurt ou dégénère, mais
c'est la patrie des animaux et surtout des plantes. Elles
foisonnent dans ce désert, libres, sûres de vivre.
[Link], Voyage aux Pyrénées (Hachette, édit.j.
102 ÉTUDE DJ-S MOTS.

Mots expliqués. — Sang résineux, c'est-à-dire la résine,


matière inflammable qui découle naturellement ou par in-
cision de certains arbres, surtout du pin et du sapin. —
Flèche, branche d'arbre verticale dans la direction du
tronc. — Visqueux, gluant, qui adhère aux corps qu'il
touche. — Aromatique, analogue à l'odeur que dégagent les
substances odoriférantes appelées aromates. — Fougères,
plantes sans fleurs, à longues feuilles très finement dé-
coupées, roulées en crosse avant leur épanouissement. —
Grêle, trop mince. — Silhouette, forme qui se profile à dis-
tance, sans qu'on puisse en apercevoir les détails. En ter-
mes d'art, une silhouette est un dessin qui ne donne que
des contours, le profil d'un objet, et où ce qu'enferment
ces contours est teinté en noir. Ce mot vient de la locu-
tion à la Silhouette, appliquée plaisamment à tout ce qui
paraissait éphémère, par allusion à Etienne de Silhouette,
contrôleur général en 1759. disgracié au bout de huit mois.

Exercice 160. — Placez convenablement les adjectifs suivants :


poli, pâle, véritable, brut, juste, noir, bon, long, admirable, farouche.
Puis, soulignez les adjectifs déterminatifs.

Aventure de voyage.
Hier au soir à Cosne nous allâmes dans un véritable en-
fer :ce sont des forges de Vulcain, nous y trouvâmes huit
ou dix cyclopes, forgeant non pas les armes d'Énée, mais
des ancres pour les vaisseaux : jamais vous n'avez vu
redoubler des coups si justes, ni d'une si admirable ca-
dence. Nous étions au milieu de quatre fourneaux; de
temps en temps, ces démons venaient autour de nous,
tout fondus de sueur, avec des visages pâles, des yeux
farouches, des moustaches brutes, des cheveux longs et
noirs; cette vue pourrait effrayer des gens moins polis
que ternous.
à nulle Pour moi, je de
des volontés ne ces
comprenais pas dans
messieurs-là qu'on leur
pût enfer.
résis-
Enfin nous en sortîmes avec une pluie de pièces de quatre
sous, dont notre bonne compagnie les rafraîchit pour
faciliter notre sortie. M"le de SE VIGNE.
l'adjectif. 103
Exercice 161. — Relevez en huit colonnes tous les adjectifs : 1° qua-
lificatifs (au positif, au comparatif, au superlatif); 3° possessifs; 3° dé-
monstratifs; 4°interrogatifs ou exclamatifs; 5° indéfinis; G0 numéraux.

Les copistes au moyen âge,

C'est dans le lieu le plus retiré, le plus renfermé d'un


vaste édifice, près du cloitre, une petite salle voûtée d'o-
gives avec de hautes fenêtres étroites ! Entrez-y avec moi
par la pensée. Ici, un silence solennel, froid et triste.
Dans l'embrasure de chaque fenêtre, une table inclinée en
forme de pupitre; à sa table, est assis le copiste. Il a de-
vant lui, dressé contre un appui, le livre qu'il doit copier.
Sous sa main, des feuilles blanches de parchemin, des
plumes d'oie et aussi des plumes de corbeau pour les traits
les plus déliés. Près de lui, l'écritoire contient non seule-
ment de l'encre noire, d'un beau noir vif et net, mais aussi
de l'encre rouge et de l'encre bleue. Avec quelle applica-
tion il travaille! D'une main patiente, d'un mouvement
égal, il trace les lignes d'écriture; les lettres alors, depuis
le treizième siècle jusqu'au quatorzième, sont formées d'un
trait large, plein ; l'écriture a des angles marqués. Elle est
à peu près semblable à cette écriture de fantaisie que nous
appelons gothique et qui. en effet, est une imitation altérée
,de ces anciennes écritures manuscrites* Les abréviations,
les mots écrits à moitié seulement y sont très communs;
certains mots, certains signes que l'on voulait faire remar-
quer davantage, des titres de chapitre, des lettres initiales
s'écrivaient en couleur bleue ou rouge, rouge le plus sou-
vent. Cette habitude de tracer en rouge certaines parties
du texte s'est conservée très longtemps, même jusqu'à nos
jours, dans certains livres imprimés par imitation des
manuscrits. De là, le nom de rubriques donné aux titres
et indications, et qui signifie caractères rouges. Le copiste
se plaisait parfois à orner de quelques traits de plume ces
grandes lettres initiales; mais si ces lettres doivent être
plus riches, peintes de vives couleurs, ornées d'argent et
d'or, alors ce n'est plus son affaire. Il laisse en blanc la
place qui sera remplie par les enlumineurs.
Charles Delon, Histoire d'un Livre.
1. Positif: vaste, petite, hautes, étroites, solennel, froid,
triste, blanches, noire, beau, vif, net, rouge, bleue, pa-
104 ÉTUDE DES MOTS.

tiente, égal, large, plein, marqués, semblable, gothique,


altérée, anciennes, manuscrites, initiales, grandes, vives,
blanc.
2. Comparatif : plus riches.
3. Superlatif : le plus retiré, le plus renfermé, les plus
déliés, très communs.
4. Possessifs : sa table, sa main, nos jours, son affaire.
5. Démonstratifs : cette écriture, cette habitude, ces
lettres.
6. Interrogalifs ou exclamatifs : quelle application.
7. Indéfinis : chaque, certains mots, certains signes,
certaines parties, certains livres, quelques traits.
8. Numéraux : treizième, quatorzième.
Exercice 162. — Écrivez en toutes lettres les nombres qui sont en
chiffres.
1. On sait que Xénophon commanda les Grecs dans la
retraite des Dix Mille.— 2. Louis XII avait donné, pour l'in-
vestiture de Milan, cent mille écus d'or. — 3. Le grand
Corneille vécut près de quatre-vingts ans ; son frère Thomas
en avait quatre-vingts-quatre (quatre-vingt-quatre) quand
il mourut. — 4. C'étaient des médailles frappées avant Tan
mille. — 5. L'autorité royale n'avait pas d'ennemis plus
dangereux que ces bourgeois de Paris nommés les Seize,
non à cause de leur nombre puisqu'ils étaient quarante,
mais à cause des seize quartiers de Paris, dont ils s'étaient
partagé le gouvernement. V. — 6. Si l'on peut parier un
contre un qu'un homme de quatre-vingts ans vivra trois
ans de plus, on peut le parier de même pour un homme
de quatre-vingts-trois, de quatre-vingts-six, et peut-être
encore pour un homme de quatre-vingts-dix ans. Bf. — 7.
Trois milles d'Angleterre valent environ quatre mille huit
cents mètres. — 8. Les deux cents pistoles des bourgeois et
les cent de Morales, tout cela fut raflé sans miséricorde. Ls.
LE PRONOM. 105

IV — LE PROXOM.

Exercice 163. — Remplacez la première personne par la troisième,


el laites les modifications que ce changement rend nécessaires : Il
avait déjà dix ans... [% -21G-218).

L'éducation de Lamartine.

î. Il avait déjà dix ans qu'il ne savait pas encore ce que


c'était qu'une amertume de cœur, une gêne d'esprit, une
sévérité du visage humain. Tout était libre en lui et sou-
riant autour de lui. Il n'était pourtant ni énervé par les
complaisances de ceux à qui il devait obéir, ni abandonné
sans frein aux capricieuses exigences de ses imaginations
ou de ses volontés d'enfant. Il vivait seulement dans un
milieu sain et salutaire de la plénitude de la vie, entre
son père et sa mère, et ne respirant autour d'eux que
tendresse, piété et contentement. Aimer et être aime,
c'était jusque là toute son éducation morale; quant à son
éducation physique, elle se faisait aussi d'elle-même au
grand
nous a air et dans
décrits. Planteles deexercices presque
pleine terre et de sauvages
montagne,qu'il
on
se gardait bien de l'abriter. On le laissait croître et se
fortifier en luttant l'hiver et l'été avec les éléments. Ce ré-
gime lui réussissait à merveille, et il était alors un des plus
beaux enfants qui aient jamais foulé de leurs pieds nus
les pierres de nos montagnes, où la race humaine est ce-
pendant sisaine et si belle.

[Link]
Tout l'attirait, rienprésenté
lui était ne le contraignait.
comme une Lerécompense.
peu qu'on
Ses maîtres n'étaient que son père et sa mère : il les
voyait lire, et il voulait lire; il les voyait écrire, et il leur
demandait de l'aider à former ses lettres. Tout cela se
faisait en jouant. Il y prenait goût; il provoquait même les
courtes et amusantes leçons. Il a ainsi tout su, un peu
plus tard, il est vrai, mais sans se souvenir comment il a
appris, et sans qu'un sourcil se soit froncé pour le faire
apprendre. Il avançait sans se sentir marcher. Sa pensée
était toujours en communication avec celle de sa mère.
Il n'eut donc ni maître d'écriture, ni maître de lecture,
100 ÉTUDE DES MOTS.

ni maître de langues. Vn voisin de son père lui donnait


d'une très belle main des exemples d'écriture qu'il co-
piait. Le goût de la lecture lui1 avait pris de bonne heure.
On avait peine à lui trouver assez de livres appropriés à
son âge pour alimenter sa curiosité. Ces livres d'enfants
ne lui suffisaient déjà plus ; il regardait avec envie les
volumes rangés sur quelques planches dans un petit ca-
binet du salon. Mais sa mère modérait chez lui cette im-
patience de connaître; elle ne lui livrait que peu à peu les
livres, et avec intelligence. Lamartine.
Exercice 164. — Remplacez les points par le pronom personnel qno
réclame le sens.

1. L'homme s'agite et Dieu le mène. F. — 2. 11 n'est


point de secret que le temps ne révèle. R. — 3. Les bons
et les mauvais succès nous enflent ou nous inquiètent. Feu.
— 4. On se méfie de l'avenir en se rappelant le passé. —
5. Je prendrai le parti que la circonstance me suggérera.
— 6. Croyez-wous qu'en secourant les malheureux on achète
le droit de les insulter? Ms. — 7. Nous essayons de nous
faire honneur des défauts dont nous ne voulons pas nous
corriger. Lr. — 8. Vous avez fait des fautes dont vos en-
nemis ont profité. — 9. Quand sur une personne on pré-
tend se régler, c'est par les beaux côtés qu'/7 faut lui
ressembler. M. — 10. Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui
tu es. — 11. Tant va la cruche à l'eau qu'enfin elle $e
casse. — 12. Les mêmes vertus qui servent à fonder un
empire servent aussi à lr conserver. Mq. — 13. Aucun
n'estestprophète
soi chez sot.— L.15.— Voulez-vous
une faiblesse. 14. Ftre trop
êtremécontent
un momentde
satisfait? Vengez-vous. Voulez-vous /'être longtemps? Par-
donnez. Le. — 10. Les astres dirigent l'homme dans ses
navigations et ses voyages; ils lui marquent les saisons et
les heures. B.

Exercice 165. — Remplacez la deuxième personne du siugulierpar


le pluriel de politesse : Geneviève, apportez-moi ... (/ -211* ...
Dévouement.
Notre père était trop pauvre pour donner une servante à
ma mère, et j'étais trop petite pour faire toute seule le mé-
1. On pourrait «lire aussi : Vataii p
LE PRONOM. 107

nage. Les voisines venaient bien de bon cœur, quand je


les priais, tirer pour nous le seau du puits, mettre la grosse
bûche au feu et pendre la marmite à la crémaillère, mais
manière et moi nous faisions tout le reste. Elle me disait :
« Geneviève, apportez-moi votre petite sœur Josette sur
mon lit, remportez-la dans son berceau et bercez-la du
bout de votre pied jusqu'à ce qu'elle dorme; allez me cher-
cher mon bas, ramassez mon peloton, allez couper une
salade au jardin ; allez au poulailler tàter s'il y a des œufs
chauds dans le nid des poules, hachez des chous pour faire
la soupe à votre père, mettez du bois au feu, écumez la
marmite qui bout, jetez-y le sel; étendez la nappe, rincez
les verres. » Et puis, quand j'avais fini, qu'on avait dîné et
que tout allait bien, elle me disait : « Apportez-moi votre
robe que je vous pare, et vos beaux cheveux que je les
peigne. » Elle m'habillait, elle m'embrassait, et me di-
sait : « Allez vous amuser maintenant. » Et j'y allais un
moment pour lui faire plaisir, mais je n'allais jamais plus
loin que le seuil de la cour pour pouvoir entendre si ma
mère me rappelait. Lamartine, Geneviève.

Exercice 166. — Soulignez d'un trait le, la, les article, de deux le
la, les pronom (§ -220).
Une lionne.

« Bachida, tel était le nom de la lionne, s'habitua promp-


tement à notre ferme, où on la laissa circuler en liberté;
bientôt elle me suivit comme un chien, me caressa à toute
occasion et se rendit même importune, car il lui prenait
parfois fantaisie de venir me trouver la nuit jusque sur
mon lit, et de me réveiller par ses cajoleries. Au bout de
peu de semaines, elle s'était arrogé un droit absolu sur
tous les animaux qui vivaient dans la ferme, mais c'était
plutôt pour jouer avec eux que pour leur faire du mal. Il
lui arriva pourtant d'en étrangler deux, un singe, puis un
bélier, avec lequel elle avait été en très bons termes peu
d'instants auparavant. Quant aux autres, elle s'amusait à
les taquiner, ù les tourmenter de toutes les façons. Un seul
d'entre eux savait se faire respecter d'elle : c'était un ma-
rabout qui
■ dès les premières relations ne s'était pas gêné
1. Marabout, oiseau «le l'Afrique, sous les ailes duquel se trouvent des plumes
108 ETUDE DES MOTS.

pour lui appliquer de vigoureux coups de bec. Souvent


elle s'aplatissait contre terre, à la manière du chat qui
guette une souris, et s'élançait tout à coup sur /'un de
nous, mais sans méchante intention et seulement pour
nous jouer un tour. Sa conduite à notre égard était irré-
prochable; laperfidie, la rancune lui étaient inconnues;
après une correction, je L*ai vue bientôt revenir à moi et
me caresser avec la même gentillesse qu'auparavant; sa
colère ne durait pas; la moindre avance de ma part suffi-
sait pour L'apaiser et lui rendre sa bonne humeur. »
L'auteur emmena Bachida en Europe. Au Caire il se
promena dans les rues avec elle, en la tenant en laisse
comme un chien, et dans la traversée d Alexandrie à
Trieste il la laissa tous les jours sortir de sa cage et prendre
ses ébats sur le pont du navire, au grand divertissement
des passagers. Après L'avoir conduite à Berlin, il là quitta
et ne la
voir, ellerevit plus pendant
le reconnut deux ans; lorsqu'il
immédiatement retourna la
et en témoigna la
joie la plus vive.
Lesbazeilles, Vie des animaux (Hachette, éditJ.
Exercice 167. — Remplacez les points par leur ou leurs, et indiquez
si leur est pronom ou adjectif ;; 221).

1. L'avidité du gain renouvellerait peut-être ces traite-


ments odieux contre les nègres, si nos lois n'avaient pas
mis un frein à la brutalité des maîtres et resserré les li-
mites de la misère de leurs (adj.) esclaves. On les force de
travail, on leur (pron.) épargne la nourriture, même la plus
commune: pour vivre trois jours, dit-on, il ne leur (pron.)
faut que la portion d'un Européen pour un repas. Com-
ment des hommes à qui il reste quelque sentiment d'hu-
manité peuvent-ils chercher à légitimer par ces raisons
les excès que la soif de l'or hur (pron.) fait commettre?
Bf. — 2. Des cèdres rassemblés dans un petit espace Se
nuisent l'un à l'autre et gênent leurs adj.) rameaux. Cun.
— 3. Le renne et la vigogne refusèrent de vivre dans nos
climats, où ils ne trouvaient pas même les plantes de leur
(adj.) pays. Br. — 4. L'adulateur prête aux grands les
qualités qui leur ipron.) manquent. M>. — 5. La honte
fines dont on fait d'élégantes coiffures. En parlant des personnes, un marabout
est uu musulman qui pratique et enseigne sa religion ; la petite mosquée quil
dessert s'appelle aussi marabout.
LE PRONOM. 109

de mourir sans avoir combattu Arrête leur (adj.) désordre


et leur (pron.) rend leur (adj.) vertu. C. — 6. A mesure que
les castors plantent leurs (adj.) pieus, les autres vont cher-
cher de la terre qu'ils gâchent avec leurs (adj.) pieds et
battent avec leur (adj.) queue: ils la portent dans leur
(adj.) gueule et avec les pieds de devant, et ils en trans-
portent une si grande quantité qu'ils en remplissent tous
les intervalles de leurs (adj.) pilotis. Bf.
Exercice 168. — Dites si les mots en et y sont pronoms, adverbes
ou prépositions. S'ils sont pronoms, donnez-en le sens (S 222).
1. La générosité souffre des maux d'autrui, comme si
elle en (pron., de ces maux) était responsable. Vv. — 2.
C'est peu d'aller au ciel : je vous y (adv.) veux conduire.
C. — 3. On aime mieux mal parler de soi que de n'en
(pron., de soi) pas parler du tout. Lr. — 4. Il n'est rien
de tel en (prép.) ce monde que de se bien porter. M. —
5. Dès notre arrivée à Rome, on nous fit défense d'y (adv.)
séjourner. — 6. Je connais le malheur et j' z/ (pron., au
malheur) sais compatir. V. — 7. Maîtres de l'univers, les
Romains s'en ipron.. de l'univers) attribuèrent tous les tré-
sors. Mq. — 8. On ne doit pas juger du mérite d'un homme
par ses grandes qualités, mais par l'usage qu'il en (pron.,
de ses qualités) sait faire. Lr. — 9. Quoique je parle beau-
coup de vous, ma fille, j'y pron., à vous) pense encore
davantage. S. — 10. En prép.) quelque endroit que la
corruption ou le hasard écarte les débris des corps, aucune
parcelle ne cesse jamais d'exister. F. — 11. Le meilleur
usage que l'on puisse faire de son esprit, c'est de s'en
(pron., de son esprit) défier. F. — 12. Je te renvoie à l'au-
teur des satires. Je fy (pron., à r auteur) renvoie aussi. M.

Exercice 169. — Mettez tour à tour le morceau qui suit : 1° à la


première personne du pluriel : Nous, pauvres malheureux, nous consi-
dérions. .; 2°à la deuxième du singulier : Toi, pauvre malheureux, tu
considérais...; 3°à la troisième du pluriel : Eux, pauvres malheureux,
ils considéraient...

Ce que coûte un morceau de pain.


I

Nous, pauvres malheureux, réduits aux simples res-


sources de la nature, nous considérions avec un découra-
110 ÉTUDE DES MOTS.

gement toujours croissant combien de choses sont néces-


saires pour produire et préparer le pain. Plus nous y
pensions, plus nous voyions les difficultés se multiplier;
cependant nous nous en occupâmes depuis le moment où
nous recueillîmes notre première poignée d'épis, venus
d'une manière inattendue et vraiment extraordinaire, jus-
qu'à cette dernière récolte.
D'abord, nous n'avions pas de charrue pour labourer la
terre, ni de bêche pour la remuer. Nous triomphâmes de
cet obstacle en nous servant d'une pelle en bois, mais cela
ne faisait qu'un pauvre labourage, et notre instrument,
après nous avoir coûté plusieurs jours de travail, non seu-
mais encore lement dura ilpeu, parce qu'il
remplissait mal n'était point Cependant,
son office. renforcé de nous
fer,
nous contentâmes de ce que nous pouvions faire avec cet
instrument, ne pouvant avoir mieux.
Quand le blé fut semé, n'ayant point de herse pour le
recouvrir, nous fûmes obligés de gratter la terre, pour ainsi
dire, au lieu de l'égaliser, comme on le fait avec une
herse ou un râteau. Il nous manquait aussi un moulin
pour moudre le grain, un crible pour passer la farine,
du levain et du sel pour faire de la pâte, enfin un four pour
la faire cuire ; et cependant nous vînmes à bout de faire ou
de remplacer toutes ces choses, et le blé devint un avan-
tage inappréciable pour nous. Nous n'obtînmes tout cela
qu'au prix de labeurs pénibles et persévérants; mais ils
étaient inévitables et nous avions le temps suffisant pour
nous y livrer.
Traduit de De Foë, Robinson Ctusoé.

II
Toi. pauvre malheureux, réduit aux simples ressources
de la nature, tu considérais avec un découragement tou-
jours croissant combien de choses sont nécessaires pour
produire et préparer le pain. Plus tu y pensais, plus tu
voyais les difficultés se multiplier; cependant tu t'en oc-
cupas depuis le moment où tu recueillis ta première poi-
gnée d'épis, venus d'une manière inattendue et vraiment
extraordinaire, jusqu'à cette dernière récolte.
D'abord tu n'avais pas de charrue pour labourer la terre,
ni de bêche pour la remuer. Tu triomphas de cet obstacle
en te servant d'une pelle en bois; niais cela ne faisait
LE PRONOM. II i

qu'un pauvre labourage, et ton instrument, après t'avoir


coûté plusieurs jours de travail, non seulement dura peu,
parce qu'il n'était point renforcé de fer, mais encore il
remplissait mal son office. Cependant tu te contentas de
ce que tu pouvais faire avec cet instrument, ne pouvant
avoir mieux.
Quand le blé fut semé, n'ayant point de herse pour le
recouvrir, tu fus obligé de gratter la terre, pour ainsi dire,
au lieu de l'égaliser, comme on le fait avec une herse ou
un râteau. Il te manquait aussi un moulin pour moudre le
grain, un crible pour passer la farine, du levain et du sel
pour faire de la pâte, enfin un four pour la faire cuire: et
cependant tu vins à bout de faire ou de remplacer toutes
ces choses, et le blé devint un avantage inappréciable pour
toi. Tu n'obtins tout cela qu'au prix de labeurs pénibles
et persévérants; mais ils étaient inévitables et tu avais le
temps suffisant pour t'y livrer.
III
Eux, pauvres malheureux, réduits aux simples ressour-
ces de la nature, ils considéraient avec un découragement
toujours croissant combien de choses sont nécessaires pour
produire et préparer le pain. Plus ils y pensaient, plus ils
voyaient les difficultés se multiplier: cependant ils s'en
occupèrent depuis le moment où ils recueillirent leur
première poignée d'épis, venus d'une manière inattendue
et vraiment extraordinaire, jusqu'à cette dernière ré-
colte.
D'abord, ils n'avaient pas de charrue pour labourer la
terre, ni de bêche pour la remuer. Ils triomphèrent de
cet obstacle en se servant d'une pelle en bois ; mais cela
ne faisait qu'un pauvre labourage, et leur instrument,
après leur avoir coûté plusieurs journées de travail, non
seulement dura peu, parce qu'il n'était point renforcé de
fer, mais encore il remplissait mal son office. Cependant
ils se contentèrent de ce qu'ils pouvaient faire avec cet
instrument, ne pouvant avoir mieux.
Quand le blé fut semé, n'ayant point de herse pour le
recouvrir, ils furent obligés de gratter la terre, pour ainsi
dire, au lieu de l'égaliser, comme on le fait avec une
herse ou un râteau. 11 leur manquait aussi un moulin
pour moudre le grain, un crible pour passer la farine, du
112 ÉTUDE DES MOTS.

levain et du sel pour faire de la pâte, enfin un four pour


la faire cuire ; et cependant il vinrent à bout de faire ou
de remplacer toutes ces choses, et le blé devint un avan-
tage inappréciable pour eux. Ils n'obtinrent tout cela qu'au
prix de labeurs pénibles et persévérants ; mais ils étaient
inévitables et ils avaient le temps suffisant pour s'y livrer.
Exercice 170. — Remplacez les mots en italique par un pronom
possessif [S -2-21-2-26).

1. L'égoïste ne connaît de maux que les siens, que sa


réplétion et sa bile; ne pleure point la mort des autres,
n'appréhende que la sienne, qu'il rachèterait volontiers de
l'extinction du genre humain. Lb. — 2. Vous voulez que
les autres oublient vos torts : commencez par oublier 1rs
leurs. — 3. Respecte la liberté d'autrui, si tu veux qu'on
respecte la tienne. — 4. Le juste s'intéresse à la gloire de
Dieu comme à la sienne propre. — 5. Avant de critiquer
la conduite du prochain, examinons impartialement la
nôtre. — 6. Il n'y a pas de moyen plus sûr d'acquérir
l'affection des autres que de leur donner la sienne.
— 7. Des dieux que nous servons connais la différence :
Les tiens t'ont commandé le meurtre et la vengeance ; Et
le mien, quand ton bras vient de m assassiner, M'or-
donne de te plaindre et de te pardonner. V. — 8. Ne je-
tons pas la pierre aux gens : Excusons leurs défauts, n'a-
vons-nous pas les nôtres? Arnault.

Exercice 171. — Soulignez les pronoms démonstratifs [% -2-27-2^;.

Une inconvenance.

« Eh bien, Paul, vous dormez, je crois?


Ce n'est
Votrepasattitude
pour dormir que l'on vient à l'église.
scandalise.
— Maman, j'ai déjà fait ma prière cinq fois,
J'ai peur d'ennuyer Dieu. Ce serait plus aimable
De lui dire à présent une petite fable?
— Non, fit la mère en souriant;
Cela, mon petit Paul, serait moins convenable.
On ne peut s'adresser au bon Dieu qu'en priant. »
Ratisbonne. La Comédie enfantine. (Delagrave, édit.)
LE PRONOM. 113

Exercice 172. — Remplacez les points ou les mots en italique par


un pronom démonstratif et indiquez-en le genre.

1. Celui (m.) qui n'est jamais descendu dans une houil-


lère s'est-il quelquefois demandé tout ce (n.) que le mi-
neur devait déployer de patience, de courage et d'intelli-
gence pour résister victorieusement à tous les éléments
conjurés contre lui? — 2. La forêt occupe un grand nombre
d'hommes; ceux-ci (m.), gardes forestiers et bûcherons,
vivent d'elle et avec elle. Tous les jours le garde forestier
parcourt son triage !. Sa promenade n'est point celle (f.)
d'un oisif. Rien ne lui échappe, il surprend, au printemps,
le moment de l'arrivée de la fauvette et de celle (f.) du ros-
signol. Ily a dans sa vie des heures quelquefois dramati-
ques, celles (f.) où il constate un délit et prend le coupable
sur le fait. — 3. Il y a cette différence entre la richesse et
la vertu que nous laissons celle-là (f.) en mourant, et que
celle-ci (f.) nous suit au delà de la tombe. — 4. Caquet-bon-
bec alors de jaser au plus dru, sur ceci (n.), sur cela (n.),
sur tout. L. — 5. Tel est l'avantage ordinaire qu'ont sur la
beauté les talents. Ceux-ci (m.) plaisent dans tous les temps.
Celle-là (f.) n'a qu'un temps pour plaire. V. — 6. Les dé-
fauts de Henri IV étaient ceux (m.) d'un homme aimable,
et ses vertus étaient celles (f.) d'un grand homme. V. — 7.
Les malheurs les plus grands sont ceux (m.) que l'on mé-
rite. Lkmierre. — 8. Ce (n.) qui charme celui-ci (m.), fa-
tigue celui-là (m.).
Exercice 173. — Remplacez les points par ce démonstratif ou par
se pronom réfléchi.

1. En ce monde, il se faut l'un l'autre secourir. L. —


2. Apprendre à se connaître est le premier des soins. L. —
3. Ce n'est point la vertu, c'est le vice qui coûte. De. —
4. Dans tout ce que tu fais hâte-toi lentement. Rg. — 5. Ce
que l'on conçoit bien s'énonce clairement. Bl. — G.
Époux, pères, enfants, il faut qu'on se sépare; c'est un
arrêt du sort, nul ne peut l'éviter. De. — 7. Près des mé-
chants, on se gâte sans peine. V. — 8. C'est de nos pre-
miers pas que dépend la carrière. G. — 0. Il n'y a pour
l'homme qu'un vrai malheur, qui est de se trouver en
faute, et d'avoir quelque chose à se reprocher. Lb. — 10.
1. Triwje, canton, subdivision d'une forêt. Ce mot n'est pas le même que
celui qui dérive du verbe trier. [Note du livre de l'élève.]
EX. FR. C. M. R. MAITRE. 8
114 ÉTUDE DES MOTS.

Ce serait un grand plaisir pour moi que de voir la maison


de campagne dont vous me faites la description. R. — 11.
Qui se lasse d'un roi peut se lasser d'un père. C. — 12.
Vous êtes toujours ee modeste Virgile qui eut tant de
peine à se produire à la cour d"Auguste. F.

Exercice 174. — Soulignez d'un trait les pronoms démonstratifs,


de deux
241 . les pronoms interrogalifs, de trois les pronoms relatifs -2 ;i-

La tombe et la rose.
La tombe dit à la rose :
— Des pleurs dont1 l'aube t'arrose
Que fais-tu, fleur des amours ?
La rose dit à la tombe :
— Que fais-tu de ce qui tombe :
Dans ton gouffre ouvert toujours ?
La rose dit : — Tombeau sombre,
De ces pleurs je fais dans l'ombre
Vn parfum d'ambre et de miel.
La tombe dit : — Fleur plaintive,
De chaque âme qui m'arrive
Je fais un ange du ciel.
V. Hogo.

Exercice 175. — Soulignez d'un trait les pronoms démonstratifs, de


deux les pronoms relatifs, de trois les pronoms interrogatifs.

Le phare de Cordouan.
Le phare de Cordouan est entre tous les phares, je
crois, Faine de l'Europe. Un seul peut disputer avec lui
d'antiquité, la célèbre lanterne de Gênes. Mais la différence
est grande. Ccilc-ci. gui couronne un fort, assise bien
tranquillement sur un bon et ferme roc, peut sourire de
tous les orages. Cordouan est sur un écueil que l'eau ne
quitte jamais. L'audace, en vérité, fut grande de bâtir dans
le flot même, que dis-jc ? dans le combat éternel d'un
fleuve tel que la Gironde et d'une mer telle que le golfe
de Gascogne.
Il en reçoit â chaque instant ou de tranchants coups de
1. Les mots à souligner de trois trait.-: sont eu caractères gras dans ce vo-
lume.
LE PRONOM. 115

fouet, ou de lourds soufflets qui tonnent sur lui comme fe-


rait le canon. C'est un assaut éternel. Il n*est pas jusqu'à
la Gironde qui, poussée par le vent de terre, par les tor-
rents des Pyrénées, ne vienne aussi par moment battre
ce portier du passage, comme s'il était responsable des
obstacles que lui oppose l'Océan qui est au delà.
Il est cependant lui seul la lumière de cette mer. Celui
qui manque Cordouan, poussé par le vent du nord, a à
craindre; il pourra manquer encore Arcachon. Cette mer,
la plus terrible, est aussi la mer ténébreuse. La nuit, nul
signe qui guide, nul point de repère.
Michelet, la Mer (Hachette, édit.).

Exercice 176. — Soulignez les pronoms relatifs et indiquez 1° s'ils


sont définis simples, définis composés, indéfinis; 2° quel en est le
genre et le nombre.

1. Aux éboulements qui (déf. simple, m. pi., le mena-


cent de tous côtés, le mineur résiste par des boisages sa-
vamment établis. — 2. Le garde forestier parcourt son
triage, dont (déf. simple, m. s.) l'étendue est de 400 à
600 hectares. — 3. Les bluets et les coquelicots se trou-
vent toujours dans les blés de l'Europe, quelque soin que ijn-
déf., m. s.) les laboureurs prennent de les sarcler et de
les vanner. Ils forment par leur harmonie une teinte
pourpre très riche qui se détache admirablement sur la
couleur fauve des moissons. Br. — 4. Le tilleul est du
nombre des arbres dont (déf. simple, m. pi.) l'écorce est
non moins utile que le bois. Au printemps, dans la forêt de
Chantilly, qui (déf. simple, f. s.) abonde en tilleuls (de là
vient son nom), de nombreux ouvriers arrachent l'écorce
des jeunes arbres
la cognée. que (dé[Link]
Cette écorce, simple, m. pi.)
laquelle (dé[Link] d'abattre
comp., f. s.)
ruisselle la sève, s'enlève avec la plus grande facilité. — 5.
Il y a du plaisir à rencontrer les yeux de celui à qui déf.
simple, m. s.) l'on vient de donner. Lb. — 0. Je parcours
l'ancienne Bétique, où (adv. rel. pour dans laquelle) les
anciens avaient placé le bonheur. Cn. — 7. Ce contre quoi
(déf. simple, n. s.) vous devez être le plus en garde, c'est
contre cet état de tiédeur et de négligence dans les fonc-
tions, qui (déf. simple, m. s.! en anéantit tout le prix. Ms.
— 8. Le premier pas, mon fils, que (déf. simple, m. s.)
l'on fait dans le monde Est celui d'où (adv. rel. pour
116 ÉTUDE DES MOTS.

duquel) dépend le reste de nos jours. V. — 9. Quiconque


(indéf. m. s.) est loup agisse en loup. L. — 10. Quoi que
(indéf. n. s.) vous entrepreniez, prenez le temps d'en
prévoir les conséquences.

Exercice 177. — Soulignez d'un traitles pronoms interrogatifs el


iuliquez-en la fonclion (sujet, complément, attribut) ; soulignez de
deux traits les pronoms relatifs et indiquez-en le genre.

L'avare volé.

On m'a dérobé mon argent. Qui (attribut) peut-ce être?


(^/'est-il (attribut) devenu? Où est-il? Où se cache-t-il?
Que (compl. dir.) ferai-je pour le trouver? Qui (attribut)
est-ce? Arrête. Rends-moi mon argent, coquin... (// se
prend lui-même le bras.) Ah! c'est moi! Mon esprit est
troublé, et j'ignore où je suis, qui (attr.) je suis, et ce QUE
(n.)je fais. Hélas! mon pauvre argent! mon pauvre argent !
mon cher ami ! on m'a privé de toi ; et, puisque tu m'es
enlevé, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie :
tout est fini pour moi, et je n'ai plus que (n.) faire au
monde. Sans toi, il m*est impossible de vivre. N'y a-t-il
personne qui (m.) veuille me ressusciter, en me rendantmon
cher argent, ou en m'apprenant qui (sujet) l'a pris? Euh?
que (compl. dir.) dites-vous? Ce n'est personne. 11 faut,
qui que ce soit qui (m.) ait fait le coup, qu'avec beaucoup
de soin on ait épié l'heure ; et l'on a choisi justement le
temps que { je parlais à mon traître de fils. Sortons. Que -
de gens assemblés ! Je ne jette mes regards sur personne
qui (m.) ne me donne des soupçons, et tout me semble mon
voleur. Eh! de quoi (compl. indir.) est-ce qu'on parle là?
de celui qui (m.) m'a dérobé? Quel bruit fait-on là-haut?
Est-ce mon voleur qui (m.) y est? De grâce, si l'on sait
des nouvelles de mon voleur, je supplie que l'on m'en dise.
N'est-il point caché là parmi vous? Ils me regardent tous,
et se mettent à rire. Vous verrez qu'ils ont part sans doute
au vol que (m.) l'on m'a fait. Molière.
ne est nne conjonction de temps, pour quand.
2. Ce que est un adverbe qui équivaut kcumbirn.
LE PRONOM. 117

Exercice 178.— Soulignez tous les pronoms indéfinis (§242-316).


Napoléon à Fontainebleau en 1814.

Chaque jour il voyait la solitude s'accroître autour de


lui. L'un quittait Fontainebleau pour raison de santé, Vau-
tre pour raison de famille ou d'affaires ; tous promettaient
de revenir bientôt, aucun n'y songeait : Napoléon feignait
d'entrer dans les motifs de chacun, serrait affectueuse-
ment la main aux partants, car il savait que c'étaient des
adieux définitifs qu'il recevait, et leur laissait dire, sans le
croire, qu'ils allaient revenir. Peu à peu le palais de Fon-
tainebleau était devenu désert. Dans ses cours silencieuses,
on avait quelquefois encore l'oreille frappée par des bruits
de voitures, on écoutait et c'étaient des voitures qui s'en
allaient. Napoléon assistait ainsi tout vivant à sa propre
fin. Qui n'a vu souvent, à l'entrée de l'hiver, au milieu des
campagnes déjà ravagées, un chêne puissant étalant au
loin ses rameaux sans verdure, et ayant à ses pieds les
restes desséchés de sa riche végétation ? Tout autour ré-
gnent le froid et le silence, et par intervalles on entend
à peine le bruit léger d'une feuille qui tombe. L'arbre
immobile et fier n'a plus que quelques feuilles jaunies
prêtes à se détacher comme les autres ; mais il n'en do-
mine pas moins la plaine de sa tête sublime et dépouillée.
Ainsi Napoléon voyait disparaître une à une les fidélités
qui l'avaient suivi à travers les innombrables vicissitudes
de sa vie. Il y en avait qui tenaient un jour, deux de plus,
et qui expiraient au troisième; toutes finissaient par arri-
ver au terme. Il en était quelques-unes pourtant que rien
n'avait pu ébranler. Drouot, l'improbation dans le cœur,
la tristesse sur le front, le respect à la bouche, était de-
meuré auprès de son malheureux maître; le maréchal
Bertrand avait suivi ce généreux exemple.
Tiiiers.

Exercice
deux 179. —indéfinis.
les pronoms Soulignez d'un Irait les adjectifs indéfinis., de

Le Titien et Charles-Quint.

Peu d'existences furent plus fortunées que celle du Ti-


tien, le brillant chef de l'école vénitienne. Les faveurs
118 ÉTUDE DES MOTS.

qu'il reçut des cours d'Italie ne sont rien si on les compare


à celles dont le combla Charles-Quint. L'empereur pro-
fessait un véritable culte pour le célèbre artiste. Comme
il ne put jamais le décider à venir habiter l'Espagne, lui-
même, ù chacun de ses voyages en Italie, il Fallait voir et
lui témoignait son affection par toutes sortes de faveurs.
Ox sait qu'il ne permit qu'à lui de faire son portrait, et
pour cela il s'enfermait de longues heures dans son ate-
lier. Un jour que quelques personnages s'étonnaient de sa
familiarité avec un artiste, Charles-Quint leur répondit
que « s'il était en son pouvoir de faire des comtes et des
barons, c'était Dieu seul qui pouvait faire un Titien ». Un
autre jour, le monarque, ayant fait apporter au Titien sa
palette et ses pinceaux, le pria de donner une petite retou-
che àune toile placée dans la salle. Mais la toile était trop
haut et il fallait un échafaudage. L'empereur alors pria
plusieurs seigneurs de l'aider à porter une table devant le
tableau ; il aida lui-même Titien à y monter, mais la table
se trouva encore trop basse de quelques pouces : « Allons,
messieurs, dit Charles-Quint, il faut l'y faire parvenir.
Tous ensemble, nous pouvons bien un instant porter sur
notre pavois un si grand homme. »
Exercice 180. — Remplacez les poinls par le pronom indéfini que
demande le sens.

1. On peut être étourdi, léger, inconséquent, et brave


en même temps. — 2. Il n'est venu personne pendant
votre absence. — 3. César et Pompée avaient chacun leur
mérite ; mais c'étaient des mérites différents. A. — 4. Parmi
tant deleslivres
Tous je n'en
chrétiens vois quesequelques-uns
devraient soutenir les de
uns bons. — 5.
les autres
contre les attaques de l'impiété. — 6. Les premiers Romains
étaient tous laboureurs et les laboureurs étaient tous sol-
dats. — 7. Chacun dit du bien de son cœur et personne
n'en ose dire de son esprit. Lr. — 8. Tel donne à pleines
mains qui n'oblige personne. — 9. Nul ne prend pour soi
la vérité qui le condamne. — 10. Chacun est aveugle sur
ses défauts et clairvoyant sur ceux <f autrui. Lr. — 11.
Nous nous pardonnons tout et rien aux autres hommes.
L. — 12. Nous vivons dans des temps où la foi de plusieurs
a fait naufrage. Ms. — 13. De L'émulation distinguez-bien
l'envio: l'une mène à la gloire et l'autre au déshonneur;
LE PRONOM. 119

l'une est l'élément du génie et l'autre est le poison du


cœur. V. — 14. Ne vous mettez pas en peine : je saurai
bien, avec qui que ce soit, me tirer d'affaire.
Exercice 181. — Indiquez après chaque mot en italique, s'il est
pronom indéfini, adjectif indéfini ou substantif.

1. La nuit, nul (adj. ind.) signe qui guide, nul fadj. ind.)
point de repère. Me. — 2. Tout (pron. ind.) ici-bas nous
invite au travail. — 3. La Vendée présente une complica-
tion inextricable de landes, de ruisseaux, de hauteurs, de
creux qui n'ont entre eux aucune (adj. ind.) connexion;
tous (adj. ind., les champs, les prairies, les habitations,
sont entourés de haies vives. — 4. Les arbres du verger
sont encore une autre (adj. ind.) richesse, que les paysans
voient augmenter chaque année. — 5. L'énormité de la
masse des Pyramides les a garanties de toute (adj. ind.)
atteinte. La hauteur de leur sommet, la rapidité de leur
pente, le calcul du travail qu'elles ont coûté, tout (pron.
ind.) saisit l'esprit d'étonnement. Vx. — 6. Retenez de
moi ce salutaire avis : Pour savoir quelque chose (pron.
ind.), il faut l'avoir appris. Andr. — 7. La religion et le
gouvernement politique sont les deux points sur lesquels
roulent les choses (substantif) humaines. B. — 8. On m'a
dit autre chose (pron. ind.). et je veux vous le communi-
quer. — 9. Tel (pron. indéf.) voudrait se faire soldat A
qui le soldat porte envie. L. — 10. Le fabuliste Phèdre
était si succinct qu'aucuns (pron. ind.) l'en ont blâmé. L.
— 11. Certaines (adj. ind.) gens, faisant les empressés,
s'introduisent dans les affaires. L. — 12. Héroïques soldats
dont nul (pron. ind.) n'a suies noms! — 13. Aucun (pron.
ind. » de nos grands écrivains n'a travaillé dans le genre de
l'épopée. V. — 14. Plusieurs «'adj. ind.) petits ruisseaux
finissent par faire une grosse rivière. — 15. Cet homme
qui a fait la fortune de plusieurs (pron. ind.) n'a pu soute-
nir la sienne. Lb. — 16. Tel (pron. ind.) excelle à rimer
qui juge sottement. Bl.

Exercice 182. — Récapitulation. Soulignez tous les pronoms et in-


diquez en l'espèce.
Dumoutiers.

Dumoutiers, (j\C (rel.) on (ind.) avait coutume d'appeler


dans la maison impériale le père Dumoutiers, non pas à
120 ÉTUDE DES MOTS.

cause de ses cheveux blancs {il (pers.) n'en (pers.) avait


pas un (ind.) sur la tête), mais à cause de son âge et de sa
bonhomie, était premier huissier de la chambre de José-
phine. 77(pers.) avait fait partie de la maison de la reine
Marie-Antoinette, et l'Impératrice /'avait (pers.) attaché à
la sienne (poss.).SV/ (pers.) n'était plus jeune, en revanche
il (pers.) n'était pas beau, mais il (pers.) était mieux que qui
que ce fût (rei. ind.) au courant de l'étiquette et des usages
reçus à la cour; aussi l'Empereur /'écoutait-// (pers.) jus-
qu'au bout lorsqu'// (pers.) voulait savoir quelque chose
(ind.) à cet égard.
Ce (dém.) qu' (rel.) //(pers.) y avait de plus remarquable
chez lui (pers.), c' (dém.) était l'espèce de sans-gêne, quoi-
que toujours d'une extrême politesse, qu' (rel.) il (pers.)
apportait vis-à-vis des plus grands personnages de la cour
impériale, sans même en (pers.) excepter l'Empereur,
qui i rel.) riait le premier de ses excentricités, car, avec
qui que ce fût (rel. ind.), Dumoutiers avait toujours ce
(dém.) qu' (rel.) on (ind.) appelle le dernier mot.
Un soir que l'Impératrice avait demandé une tasse de
tilleul, en l'absence d'un valet de chambre, Dumoutiers la
(pers.) lui (pers.) apporte sur un plateau; mais, en entrant
dans la pièce où Joséphine se (pers.) trouvait avec Napo-
léon, son pied s'embarrasse dans un pli du tapis, il (pers.)
trébuche et le plateau ainsi que la tasse vont rouler sur
le tapis. « Ma foi! s'écrie l'Empereur en riant de la mala-
dresse de l'huissier, j'en (pers.) ferais bien autant, moi
(pers.). — Je le (pers.) crois bien! répond Dumoutiers,
plus vexé peut-être de la remarque que de l'accident,
maintenant que Votre Majesté me V (pers.) a vu faire. »
Marco de [Link]-Hilaire, Anecdotes du temps de Napoléonl**.

Exercice 183.— Soulignez d'un [Link]


deux les pronoms, et indiquez-en l'espèce.
La terre natale.

Là, chaque heure du jour, chaque aspect des montagnes,


Chaque son qui le soir s'élève des campagnes,
Tout m y parle une langue aux intimes accents,
Dont les mots, entendus dans l'âme et dans les sens,
LE VERBE. 121

Sont des bruits, des parfums, des foudres, des orages,


Des rochers, des torrents, et ces douces images,
Et ces vieux souvenirs dormant au fond de nous,
Qu'un site nous conserve et qu'il nous rend plus doux.
Là mon cœur en tout lieu se retrouve lui-même ;
Tout s'y souvient de moi, tout M*y connaît, tout M'aime.
Mon œil trouve un ami dans tout cet horizon,
Chaque arbre a son histoire et chaque pierre un nom.
Qu'importe que ce nom, comme Thèbe ou Palmyre ,
Ne nous rappelle pas les fastes d'un empire,
Le sang humain versé pour le choix des tyrans,
Ou ces fléaux de Dieu que l'homme appelle grands !
Ce site où la pensée a rattaché sa trame,
Ces lieux encor tout pleins des fastes de notre âme,
Sont aussi grands pour nous que ces champs du destin
Où naquit, où tomba quelque empire incertain :
Rien n'est vil ! rien n'est grand! l'âme en est la mesure.
Un cœur palpite au nom de que/que humble masure,
Et sous les monuments des héros et des dieux
Le pasteur passe et siffle en détournant les yeux.
Lamartine.

V. - LE VERBE

Exercice 184. — Copiez, puis soulignez les sujets, et expliquez 1rs


mots en italique [% 248).
Le Caire.
Mes fenêtres ouvraient au nord sur un quartier que /ai
parcouru bien des fois sans arriver à m'y reconnaître. Le
Caire est un dédale; toutes les rues, sauf une ou deux,
semblent construites au hasard; non seulement elles ne
portent pas de nom et les maisons n'y sont pas alignées,
mais elles n'ont ni commencement ni fin : on y entre par
une porte, on en sort par une brèche ; on y rencontre des
jardins, des cimetières, des bazars et des précipices. Par-
tout des édifices démolis l que personne ne songe à relever.
Il semble à première vue qu'une bonne moitié de la ville
soit en ruine. Si vous prenez votre observatoire un peu
haut, le regard se répand sur une immense plate-forme de
terrasses poudreuses, hérissées de quelques minarets çà et
1. Le verbe sont on te trouvent est sous-entendu.
122 ÉTUDE DES MOTS.

là. Le vice-roi bâtit des palais de noble apparence où la


pierre et te marbre ne sont pas épargnés, quelques riches
négociants élèvent des maisons à la mode d'Europe, la po-
lice municipale s'applique résolument à percer une longue
rue en ligne droite; mais les ruelles, 1rs masures, les
huttes de sauvage et les mœurs assorties à ce décor sont
l'œuvre de plusieurs siècles. Le pittoresque est là chez lui,
le progrès a l'air d'un intrus, il fait scandale; une méta-
morphose du Caire n'est pas probable avant cent ans. Les
fellahs qui cultivent la banlieue, les petits marchands du
bazar, les ouvriers des corporations, le gros du peuple en
somme, a des goûts simples et des besoins élémentaires. A
quoi bon des rues carrossables x pour tant de braves gens
qui n'useront jamais d'une voiture? Edmond About.
Mots expliqués. — Le Caire, capitale de l'Egypte. —
Dédale, labyrinthe (du nom de Dédale, constructeur du
labyrinthe de Crète). — Observatoire, lieu d'où l'on peut
observer. — Minaret, tour d'une mosquée. — Pittoresque,
ce qui, par sa disposition, semble propre à fournir un
sujet de peinture. — Intrus, introduit sans droit, sans
titre. C'est le participe passé de l'ancien verbe intrure. —
Fellah (les deux / se prononcent), laboureur égyptien. —
Carrossable, où peuvent aller et passer des voitures, des
carrosses.

Exercice 185. — Copiez, puis soulignez d'un trait les compléments


directs, de deux les attributs (§ 250).

La terre.

Qui est-ce qui a suspendu ce globe de la terre ? Qui est-ce


qui en a posé les fondements? Rien n'est, ce semble, plus
vil qu'elle: les plus malheureux la foulent aux pieds. Mais
c'est pourtant pour la posséder qu'on donne tous les plus
grands trésors. Si elle était plus dure, l'homme ne pourrait
en ouvrir le sein pour la cultiver. Si elle était moins DURE,
elle ne pourrait h- porter; il enfoncerait partout, comme
il enfonce dans le sable ou dans un bourbier. C'est du sein
inépuisable de la terre que sort tout ce qu'il y a2 de plus
1 . Le verbe est sous-en tendu.
•J. Avrc 0 v a, il faut, le mot qit? est un complément direct apparent, il en a
la forme : en réalité, il équivaut à un sujet : tout ce qui eut, tout ce qui exista
de plus précieux.
LE VERBE. 123
précieux. Cette masse informe, vile et grossière, prend
toutes les formes les plus diverses, et elle seule devient
tour à tour Tors les biens que nous lui demandons. 'Cette
boue si sale se transforme en mille beaux objets qui char-
ment les yeux : en une seule année, elle devient bran-
ches, BOUTONS, FEUILLES. FLEURS, FRUITS, et SEMENCES pour
renouveler ses libéralités en faveur des hommes. Rien ne
Tépuise : plus on déchire ses entrailles, plus elle est libé-
rale. Après tant de siècles, pendant lesquels tout est sorti
d'elle,
vieillesseelle: ses
n'est entrailles
point encore
sont usée : ellepleines
encore ne ressent aucune
des mêmes
trésors. Mille générations ont passé dans son sein : tout
vieillit, excepté elle seule; elle se rajeunit, chaque année,
au printemps. Elle ne manque jamais aux hommes, mais
les hommes insensés se manquent à eux-mêmes, en né-
gligeant de la cultiver; c'est par leur paresse et leurs dé-
sordres qu'ils laissent croître les ronces et les épines en la
place des vendanges et des moissons : ils se disputent un
bi'-n qu'ils laissent perdre. Les conquérants laissent en
friche la terre pour la possession de laquelle ils ont fait
périr tant de milliers d'hommes et ont passé leur rie dans
une si terrible agitation. Les hommes ont devant eux des
terres immenses qui sont vides et incultes ; et ils renversent
le genre humain pour un coin de cette terre si négligée,
Fénelon, De l'existence de Dieu.,

Exercice 186. —Donnez pour sujet aux verbes suivants un substan-


tif singulier.

l'oiseau chante mon devoir est fini


le cor résonne la classe commence
l'éclair brille le malade guérit
le cheval s'emporte le feu réchauffe
l'onde murmure le froid engourdit
la chèvre broute l'abeille travaille
l'armée combat le Hou rugit
la 'pluie tombe le temps passe
Vorphelin mendie le vent se tait
la lune se lève l'été s'en va
124 ÉTUDE DES MOTS.

Exercice 187. — Soulignez d'un trait les sujets, de deux les attributs,
La veillée.
Après le souper, on veille encore une heure ou deux en
teillant du chanvre : chacun dit sa chanson tour à tour.
Quelquefois les vendangeuses chantent en chœur toutes
ensemble, ou bien alternativement à voix seule et en re-
frain. La plupart de ces chansons sont de vieilles romances
dont les airs ne sont pas piquants, mais ils ont je ne sais
quoi d'antique et de doux qui touche à la longue. Les pa-
roles sont simples, naïves, souvent tristes : elles plaisent
pourtant. Je trouve à ces veillées une sorte de charme que
je ne puis vous expliquer, et qui m'est pourtantfort sensible.
Cette réunion des différents états, la simplicité de cette oc-
cupation, l'idée de délassement, d'accord, de tranquillité,
le sentiment de paix quW/e porte à l'âme, a quelque chose
d'attendrissant qui dispose à trouver ces chansons plus in-
téressantes l. J.-J. Rousseau.

Exercice 188. — Soulignez tous les compléments indirects (§ -251).


[Link] Télémaque et de Mentor.
Nous nous conduisions nous-mêmes sur un mât flottant.
C'était un grand secours pour nous, car nous pouvions
nous assoir dessus, et, s'il eût fallu nager sans relâche,
nos forces eussent été bientôt épuisées. Mais souvent la
tempête faisait tourner cette grande pièce de bois, et nous
nous trouvions enfoncés dans la mer; alors nous buvions
l'onde amère qui coulait de notre bouche, de nos narine^
et de nos oreilles : nous étions contraints de disputer contre
les flots, pour rattraper le dessus de ce mât.| Quelquefois
aussi une vague haute comme une montagne venait passer
sur nous, et nous nous tenions fermes, de peur que, darii
cette violente secousse, le mât, qui était notre unique es-
pérance, ne nous échappât.
* Pendant que nous étions dans cet état affreux, Mentor,
aussi paisible qu'il l'est maintenant sur ce siège de gazon,
me disait : e Croyez-vous, Télémaque, que votre vie soit
1. Intéressantes est l'attribut du complément direct chansons. On trouve les
attributs de ce genre après les verbes nommer (on le nomma député), rendre
(cela m'a rendu mal adr) , elc.
LE VERBE. 125

abandonnée aux vents et aux flots? Croyez-vous qu'ils


puissent vous faire périr sans V ordre des dieux? Non, non :
les dieux décident de tout. C'est donc les dieux, et non pas
la mer, qu'il faut craindre. Fussiez-vous au fond des abî-
mes, la main de Jupiter pourrait vous en tirer, » J'écoutais
et j'admirais ce discours, qui me consolait un peu; mais je
n'avais pas l'esprit assez libre pour lui répondre. Il ne me
voyait point; je ne pouvais le voir. Nous passâmes toute
la nuit, tremblants de froid et demi-morts, sans savoir où
la tempête nous jetait. Enfin les vents commencèrent à
s'apaiser, et la mer mugissante ressemblait à une personne,
qui, ayant été longtemps irritée, n'a plus qu'un reste de
trouble et d'émotion. Féxelox,
Exercice 189. — Donnez un complément indirect aux verbes sui-
vants.
La neige a disparu des mon- Il faut penser à la mort.
tagnes. Je suis ému de pitié.
L'oiseau est mort de faim. Adressez-vous au portier.
Ne vous moquez pas des in- On m'a parlé de vous.
firmes. Il fut soigné par sa mère.-
Nous partons
Je vous pourde Vce
félicite Espagne.
succès. Nous l'avons comblé de bien-
faits.
Craignez tout de votre vanité. Elle ne se para jamais de sa
Vous vous exposez àunéchec. noblesse.

Exercice 190. — Soulignez les compléments circonstanciels de lieu,


de temps et de manière, en les faisant précéder de la question à la-
quelle ils répondent. Ex. : Élevé (où?j au bord de la mer [% 252).

La jeunesse de Franklin.
Élevé (où?) au bord, de la mer. il désirait devenir marin.
Pour le détourner de cette carrière, son père le conduisit
•tour à tour (où?) chez des menuisiers, des maçons, des vi-
triers, des tourneurs, etc., afin de reconnaître la profession
qui lui conviendrait le mieux.
Voyant son goût décidé pour les livres, il le destina
enfin à être imprimeur. Il le plaça (où?) chez un de ses fils
qui était revenu (d'où?) d'Angleterre, (quand?) l'année pré-
cédente, avec une presse et des caractères d'imprimerie.
Le contrat d'apprentissage fut conclu (pour combien de
temps?) pour neuf ans. (Pendant combien de temps?) Pen-
126 ETUDE DES MOTS.

dont les huit premières années, Benjamin Franklin devait


servir sans rétribution son frère qui, en retour, devait le
nourrir et lui donner, (quand?) la neuvième (innée, le sa-
laire d*un ouvrier.
Il devint promptement très habile. Il avait beaucoup
d'adresse, qu'il accrut par beaucoup d'application. Il pas-
sait le jour à travailler et une partie de la nuit à s'ins-
truire. C'est alors qu'il étudia tout ce qu'il ignorait, de-
puis la grammaire jusqu'à la philosophie, et qu'il fit l'édu-
cation méthodique de son esprit, comme il fit un peu plus
tard celle de son caractère. Il y parvint (comment?) à force
de volonté et de [triai lions. Celles-ci, du reste, lui coûtaient
peu. Il avait lu qu'un auteur ancien, s'élevant contre l'usage
de manger de la chair, recommandait de ne se nourrir que
de végétaux. (Quand?) Depuis ce moment, il avait pris la réso-
lution de ne plus rien manger qui eût eu vie. Migxet.
Exercice 191. — Complétez les compléments circonstanciels de
manière qui suivent, en y ajoutant un substantif.

bavard comme une pie. jaune comme un coing.


blanc comme la neige. maigre comme un coucou.
clair comme le jour. muet comme une carpe.
droit comme un i. pâle comme la mort.
faux comme un jeton1. prompt comme l'éclair.
fort comme un chêne. riche comme Crésus.
gai comme un pinson. sage comme une image.
heureux comme un roi. triste comme la pluie*.
innocent comme un enfant. vieux comme les chemins '.
Exercice 192. — Complétez les compléments circonstanciels de
manière qui suivent, en y préposant un adjectif.

beau comme un astre. gras comme un moine.


bon comme le pain. léger comme une plume.
doux comme un agneau. lourd comme le plomb.
dur comme le fer. méchant comme un âne rou-
ficr comme Artaban. ge (altération du provenç.
froid comme glace. aurouge, sauvage).

1. Un jeton est une petite pièce de métal ou d'ivoire dont on se sert pour
marquer au jeu et qui simule souvent le métal précieux.
lit ai- i : triste comme un bonnet île nuit.
3. On dit ausci : vieux comme les rues, vieux comme Hérode, comme Mathu-
salem.
LE VERBE. 127

menteur comme un arracheur rond comme une boule,


de dents. soûl comme une grive.
noir comme un corbeau. sourd comme un pot1.
pauvre comme Job. têtu comme une mule.
pur comme le cristal. vif comme la poudre.
rapide comme la foudre.
Exercice 193. — Complétez les compléments circonstanciels de
manière qui suivent, en y préposant un verbe.

manger comme un ogre. pleurer comme une Made-


rire comme un fou. leine.
sauter comme un cabri. frapper, crier comme un
crier comme un putois. sourd.
boire comme une éponge. nager comme un poisson.
errer comme une âme en'1 dormir comme une mar-
peine. motte.
bâiller comme une huître. s'agiter comme un diable
marche)- comme une tortue. dans un bénitier.
Exercice 194. — Soulignez les compléments circonstanciels, et in-
diquez-en l'espèce (lieu, temps, manière, cause).

Les dangers d'une porte ouverte.


Je me souviens qu'étant à ta campagne (lieu), j'eus un
exemple de ces petites pertes qu'un ménage est exposé à
supporter par sa négligence. Faute d'un loquet (cause) de
peu de valeur, la porte d'une basse-cour qui donnait sur
les champs se trouvait souvent ouverte. Chaque personne
qui sortait tirait la porte ; mais n'ayant aucun moyen exté-
rieur de la fermer, la porte restait battante. Plusieurs
animaux de basse-cour avaient été perdus de cette manière
(manière). Un jour (temps) un jeune et beau porc s'é-
chappa et gagna les bois. Voilà tous les gens en campagne
(lieu) : le jardinier, la meunière, la fille de basse-cour
sortirent chacun de leur côté, en quête de l'animal fugitif.
Le jardinier fut le premier qui l'aperçut, et, en sautant
(manière) un fossé pour lui barrer le passage, il se fit une
dangereuse foulure, qui le retint plus de quinze jours
(temps i dan* son lit (lieu . La cuisinière trouva brûlé le linge
qu'elle avait abandonné près 'lu feu (lieu) pour le faire
sécher; et la tille de basse-cour ayant quitté l'étable sans
1. Jeu de mots, le pot de terr- étant sourd, c.-à-d. peu sonore.
128 ÉTUDE DES MOTS.

se donner le temps (manière) d'attacher les bestiaux, une


des vaches, en son absence (temps), cassa la jambe d'un
poulain qu'on élevait dans la même écurie (lieu). Voilà donc
en peu d'instants (temps), faute d'une fermeture (cause) de
quelques sous, une perte assez considérable supportée
par des gens qui avaient besoin delà plus stricte économie.
J.-B. Say.

Exercice 195. — Soulignez tous les verbes transitifs [% -2V*).


Le chien.

Le chien semble avoir été assigné à l'homme par une des


grâces de la Providence : il a la même faculté d'acclima-
tation que l'homme; il le suit dans toutes les régions; il
est le compagnon du pauvre, le défenseur du pâtre, le guide
.de l'aveugle. Le chien des Pyrénées protège contre les
loups et les ours le bercail du fermier; le chien de Terre-
Neuve se précipite dans les flots pour sauver d'un péril
mortel une existence humaine ; le chien du Saint-Bernard
enlève dans les tourbillons de neige le voyageur saisi par
le froid, épuisé de fatigue. Le chien des villes d'Orient est
justement respecté, car il nettoie les rues des plus dange-
reuses immondices, et préserve par là peut-être une pares-
seuse population de la peste. Le chien de la Sibérie septen-
trionale fait, de relais en relais, comme nos chevaux, le
service de la poste; le chien du Kamtchatka et du Groen-
land charrie le traineau de ses maitres et veille à leur
porte; on le nourrit d'un peu de poisson avarié, et lors-
qu'il est vieux ou infirme, ceux qu'il a si courageusement
fiith'-s dans leurs travaux le tuent sans jniséricorde, font
un repas de sa chair et se revêtent de sa peau. Pour les
Lapons, le chien est aussi un puissant auxiliaire; sans lui,
ils ne parviendraient pas k gouverner les propensions va-
gabondes etl'instinct sauvage de leurs rennes.
Xavier Marmier, Les Fiancés du Spitzberg.

Exercice 196. — Soulignez tous les vérités intransiiifs ($*K$).


La veille du départ.
Ce fut hier : le jour mélancolique et sombre
Semblait de ma tristesse avoir revêtu l'ombre;
LE VERBE. 129

On eût dit qu'à son tour l'âme de ce beau lieu


Voulait sympathiser avec ce jour d'adieu,
Tant le ciel était gris, tant les vents sans haleine
Laissaient pencherdonnait
Tant le ruisseau la feuille
en et l'épi sursa lavoix,
retenant plaine.
Tant les oiseaux cachés se taisaient dans les bois!
Tout se taisait aussi dans la maison fermée;
On n'osait regarder une figure aimée ;
Quand on se rencontrait on n'osait se parler,
De
Le peur
sanglotqu'un son sous
dérobé de voix ne vintsourire,
le tendre vous révéler
Et ne fit éclater le cœur qu'un mot déchire.
On allait, on venait; mère, sœur, à l'écart,
Préparaient
Et chacune, àlesgenoux
mains les
dansapprêts d'unenfoncées.
le coffre départ,
Cachait avec ses dons une de ses pensées.
On s'asseyait ensemble à table, mais en vain;
Les pleurs se faisaient route et coulaient sur le pain.
Ainsi passa le jour: et quand la nuit suprême,
Nuit qui doit pour jamais séparer ce qui s'aime,
Eut jeté sur nos yeux des voiles plus épais :
— « Aile:-, dis-je à ma mère, et reposez en paix,
Reposez votre cœur de soupirs et de larmes,
Bénissez votre enfant et dormez sans alarmes. »
Son baiser lentement sur mon front descendit,
Et je n'entendis pas ce qu'elle répondit:
Car, le cœur plein des pleurs que cachait mon visage,
Et ne les pouvant pas retenir davantage,
pétris déjà sorti de mon appartement.
Et je cherchais la nuit pour pleurer librement.
Lamartine.

Exercice 197. — Soulignez tous les verbes pronominaux [% -256).

La visite du lion.

Le soleil vient de descendre derrière l'horizon; le pas-


teur nomade a fait rentrer son troupeau clans la sériba, es-
pèce de camp retranché, entouré d'une palissade haute
de huit à dix pieds, épaisse de trois ou quatre, et formée
de branches épineuses de mimosa: la nuit tombe : le camp
se prépare au sommeil ; les brebis appellent les agneaux ;
EX. FR. C. M. R. MAITRE. 9
130 ÉTUDE DES MOTS.

les vaches que l'on vient de traire se couchent; le pâtre


s'est retire avec sa famille dans sa tente; bientôt un pro-
fond silence règne partout. Soudain la terre tremble; Pair,
violemment ébranlé, lui a communiqué ses vibrations; le
rugissement d'un lion a retenti dans le voisinage; l'effroi,
le désordre, l'effarement se mettent dans le camp; les bre-
bis se précipitent au hasard et vont se heurter contre les
broussailles ; les chèvres poussent des bêlements lamenta-
bles; les bœufs et les vaches se serrent les uns contre
les autres; les chameaux essayent de briser leurs liens
pour fuir; les chiens hurlent et vont se réfugier contre
la tente de leur maître; celui-ci, tremblant, consterné,
sait à quelle dangereuse visite il doit s'attendre, et il ne
peut rien pours'.y opposer. Quelques instants après, le lion
saute par dessus la palissade; le voilà dans l'intérieur de
l'enceinte ; un coup d'ceil lui suffit pour choisir sa victime :
d'un coup de patte il abat une génisse et il lui brise le cou
entre ses puissantes mâchoires. Fièrement campé sur sa
proie, les yeux flamboyants, il grogne sourdement et fouette
l'air de sa queue ; il semble faire parade de son triomphe
et défier qui que ce soit de venir lui disputer sa capture.
Enfin il va .se retirer; il saisit dans sa gueule, par le mi-
lieu du corps, la génisse morte, s'élance, et avec ce pe-
sant fardeau franchit de nouveau la clôture; le lendemain,
au jour, le pasteur examinera la trace de son passage sur
le faîte de la haie et le trou qu'il a fait dans le sable en
retombant de l'autre côté ; à un demi-mille de là, en sui-
vant l'empreinte laissée sur le sol par les larges pattes du
i^ivisseur, on trouvera, derrière quelque buisson, le cada-
vre de la génisse aux trois quarts dévorée.
Lesbazeilles, Vie des animaux (Hachette).

Exercice 198. — Soulignez les verbes impersonnels (J 957).

La poupée ouverte.

Madeleine, une enfant, était fort occupée,


Tout en riant à belles dents,
À plonger les ciseaux au cœur de sa poupée,
Pour voir ce qu'elle avait dedans.
LE VERBE. 131

Or elle n'avait rien. Dans le joujou stupide


Le marchand n'avait mis que du son et du crin.
Alors l'enfant rieuse incline un front chagrin
Et se met à pleurer : la poupée était vide !
77 ne faut pas aller trop au fond du plaisir,
Ou l'on devient triste à mourir.
Petites, prenez garde, ou vous seriez trompées .
Il ne faut pas ouvrir le ventre des poupées !
Ratis bonne, La Comédie enfantine (Delagrave).

Exercice 199. — Soulignez d'un trait les verbes transitifs, de deu


les verbes intransitifs ou employés intransitivement, c'est-a-dire sa
complément direct), de trois les verbes pronominaux.

L'homme de mauvais ton,

]' entends Théodecte de l'antichambre; il grossit sa voix


à mesure qu'il s'approche. Le voilà entré : il rit, il crie,
il éclate; on bouche ses oreilles, c'est un tonnerre : il
n'est pas moins redoutable par les choses qu'il d/7 que par
le ton dont il parle; il ne s'apaise et il ne revient de ce
grand fracas que pour bredouiller des vanités et des sot-
tises; ila si peu d'égard au temps, aux personnes, aux
bienséances, que chacun a son fait sans qu'il ait eu inten-
tion de le lui donne)-; il n'est pas encore assis, qu'il a, à
son insu, désoblige toute l'assemblée, yl-t-on serti, il se met
le premier à table et dans la première place : il mange, il
huit, il conte, il plaisante, il interrompt tout à lafois; il n'a
nul discernement des personnes, ni du maître, ni des con-
viés; ilabuse de la folle déférence qu'on a pour lui. Si
l'on joui;, il GAGNE au jeu , il veut railler celui qui perd, et
il l'offense. Je cède enfin et je disparais, incapable de souf-
frir plus longtemps Théodecte et ceux qui le souffrent.
La Bruyère.

Exercice 200. — Copiez et indiquez le temps de chaque verbe (Z 260-


163).
Les premiers pas dans le vice.
Il faisait (impf.) une chaleur pesante : un homme aper-
çut (passe déf.)j au bas d'un coteau, une vigne chargée
de grappes, et cet homme avait (impf.) soif et le désir lui
132 ÉTUDE DES MOTS.

vint (passé déf.) de se désaltérer avec le fruit de la vigne.


Mais entre elle et lui s'étendait (impf.) un marais fan-
geux qu'il fallait (impf.) traverser pour atteindre le coteau,
et il ne pouvait (impf.) s'y résoudre.
Cependant, la soif le pressant, il se dit (p. déf.) : « Peut-
être que le marais n'est (prés.) pas profond; qui empêche
(prés.) que
salirai {futur) je n'essaye (près.), comme
que ma chaussure, et le tant
mal d'autres? Je ne
après tout, ne
sera (fut.) pas grand. »
^ Là-dessus, il entre (pi'és,) dans le marais; son pied en-
fonce (prés.) dans la bourbe infecte, bientôt il en a (prés.)
jusqu'au genou.
11 s'arrête, il hésite, il se demande (prés.) s'il ne serait
{prés.) pas mieux de retourner en arrière. Mais la vigne et
ses grappes sont {prés.) là devant lui, et il sent (prés.) la
soif qui augmente (prés.) : « Puisque j'ai tant fait (passé
ind.), pourquoi, dit-il (prés.), reviendrais-je (prés.) sur mes
pas? Pourquoi perdrais-je (prés.) ma peine? Un peu plus
de fange ou un peu moins, cela ne vaut (prés.) guère dé-
sormais que j'y regarde (prés.). J'en serai (futur) quitte
d'ailleurs pour me laver au premier ruisseau. »
Exercice 201. — Suite de l'exercice précédent.
Cette pensée le décide (prés.); il avance (prés.), il avance
(prés.) encore, enfonçant toujours plus dans la boue : il en
a prés.) jusqu'à la poitrine, puis jusqu'au cou, puis jus-
qu'aux lèvres; elle passe (prés.) enfin par dessus la tète.
Étouffant et pantelant, un dernier effort le soulève et le
porte (prés. ) au pied du coteau.
Tout couvert d'une vase noire qui découle (prés.) de ses
membres, il cueille (prés.) le fruit tant convoité, il s'en
gorge
même, (prés.). Après
il se dépouille quoi,
(prés.)mal à l'aise,
de ses honteux
vêtements, de lui-
et cherche
(prés.) de tous côtés une eau limpide pour s'y nettoyer.
Mais il a beau faire, l'odeur reste (prés.) : la vapeur du
marais a pénétré (passé ind.) sa chair et ses os: elle s'en
exhale incessamment et forme (prés.) autour de lui une
atmosphère fétide. S'approche-t-il, on s'éloigne (prés.); les
hommes le fuient (prés.). 11 s'est fait (passé déf.) reptile;
qu'il aille 'prés.) vivre parmi les reptiles.
Lamennais.
LE VERBE. 133

Exercice 202. — Copiez en remplaçant le passé par le présent :


Autant que la vue peut s'étendre.

Paysage russe.

Autant que la vue peut s'étendre, la neige couvre la terre


de sa froide draperie, laissant deviner à travers ses, plis
blancs la forme vague des objets, à peu près comme un
suaire le cadavre qu'il dérobe aux regards. Il n'y a plus
ni routes, ni sentiers, ni rivières, ni démarcations d'au-
cune sorte. Rien que des reliefs et des dépressions peu
sensibles dans la blancheur générale. Le lit des cours
d'eau gelés ne se distingue plus que par une espèce de
vallée traçant des sinuosités à travers la neige et souvent
comblée par elle. De loin en loin des bouquets de bouleaux
roussâtres, à moitié ensevelis, émergent et montrent leurs
têtes chauves. Quelques cabanes bâties en rondins et char-
gées de frimas lancent leur fumée et font tache sur la pâ-
leur de ce morne drap. Le long du chemin de fer se des-
sinent des lignes de broussailles plantées sur plusieurs
raags. Le ciel bas, couvert, d'un gris uniforme, que la
blancheur de la terre fait paraître jaune, ajoute à la mé-
lancolie du paysage. Un silence profond, que trouble seul
le grondement du train sur les rails, règne dans la so-
litude de la campagne, car la neige amortit tous les sons
avec son tapis d'hermine. On n'aperçoit personne à tra-
vers l'étendue déserte ; aucune trace d'homme ni d'animal.
L'homme se tient blotti entre les bûches de son isba,
l'animal au fond de sa tanière. Seulement, aux approches
des stations, débouchent de quelque pli de neige des traî-
neaux venant de quelque village inaperçu à la rencontre
des voyageurs. Th. Gautier. (Fasquelle éditeur.)

Exercice 203. — Après chaque verbe indiquez-en le mode. De plus,


remplacez le pluriel de politesse parle singulier : Je ne saurais (con-
ditionnel) m'empêcher (infinitif) de te dire... (§ 6i-2"0).

Racine à son fils Jean-Baptiste Racine.'

Je ne saurais (rond.) m'empêcher {inf.) de te dire {inf.),


mon cher fils, que je suis {indic.) très content de tout ce que
ta mère m'écrit (indic.) de toi. Je vois (indic.) par ses let-
tres que tu es fort attaché {indic.) à bien faire, et surtout
134 ÉTUDE DES MOTS.

que tu crains Dieu et que tu prends (indic.) du plaisir à le


servir {inf). J'approuve (indic.) la manière dont tu distri-
bues (indic.) ton temps et tes études: je voudrais {cond.)
seulement qu'aux jours où tu ne vas {indic. I point au col-
lège, tu pusses {subj.) relire {inf.) de ton Cicéron, et te
rafraîchir {inf.) la mémoire des plus beaux endroits ou
d'Horace ou de Virgile, ces auteurs étant {part. ) fort pro-
pres àfaccoutumer {inf.) à penser {inf.) et à écrire {inf.)
avec justesse et avec netteté.
Tu diras [indic.) à ta mère que le pauvre M. de Ségur
a eu {indic.) la jambe coupée {part.), ayant eu {pari.) le
pied emporté (part.) d'un coup de canon. Il a eu {indic.)
un fort grand nombre de ses camarades qui ont été tués ou
blessés {indic.). Mais en récompense la victoire a été {in-
dic.) fort grande, et on apprend {indic.) tous les jours de
nouvelles circonstances très avantageuses.
J'ai vu {indic.) les drapeaux et les étendards qu'a en-
voyés indic.) M. de Catinat. et je te conseille {indic) de
les aller {inf.) voir {inf.) avec ta mère, quand on les por-
tera (indic.) à Notre-Dame.
Il me semble (indic. que dans une de tes lettres tu me
demandais indic.) la permission de faire {inf.) présent
d'une « Athalie » à un chartreux. Tu le peux indic. i faire
(inf.) sans difficulté.
Fais {impér. I bien des amitiés pour moi à ta mère, et dis
{impêr.) -lui que cette lettre est {indic.) pour elle aussi
bien que pour toi. Fais [impér.) aussi mes compliments à
tes sœurs.

Exercice 204. —Remplacez ie singulier par le pluriel de politesse,


et soulignez tous les impératifs.

Un plan de vie.
Mordiez deux heures tous les jours, dormez sept heures
toutes les nuits: couchez-vous dès que vous avez envie de
dormir: levez-vous dès que vous vous éveillez: travaillez
dès que vous êtes levé. Ne mangez qu'à votre faim, ne
buvez qu'à votre soif, et toujours lentement. Ne parlez que
lorsqu'il le faut; n'écrivez que ce que vous pouvez signer;
ne faites que ce que vous pouvez dire. N'oubliez jamais
que les autres compteront sur vous, et que vous ne devez
LE VERBE. 135

pas compter sur eux. X' estimez l'argent ni plus ni moins


qu'il ne vaut : c'est un bon serviteur et un mauvais maî-
tre. Pardonnez d'avance à tout le monde, pour plus de
sûreté; ne méprisez pas les hommes, ne les haïssez pas
davantage et ne riez pas d'eux outre mesure, plaignez-les.
Songez à la mort, tous les matins en revoyant la lumière,
et tous les soirs en rentrant dans l'ombre. Quand vous
souffrirez beaucoup, regardez votre douleur en face : elle
vous
chose. consolera d'elle-même et vous apprendra quelque
Efforcez-vous d'être simple, de devenir utile, de rester
libre, et attendez, pour nier Dieu, que l'on vous ait bien
prouvé quïl n'existe pas. Alex. Dumas fils.

Exercice 205. — Remplacez la 4re personne du singulier par la


lre persenne du pluriel : Nous abordâmes.

Dioclétien à Salone1.

Xous abordâmes bientôt au rivage de Salone1 Xous


demandâmes Dioclès, autrefois Dioclétien, empereur. On
nous dit qu'il habitait ses jardins à quatre milles de la
ville. Nous nous y rendîmes à pied. Nous arrivâmes à la
demeure de Dioclès; nous traversâmes des cours, où
nous ne rencontrâmes ni gardes ni surveillants. Des es-
claves étaient occupés çà et là à des travaux champêtres.
Nous ne savions à qui nous adresser. Nous aperçûmes un
homme avancé en âge qui travaillait dans le jardin; nous
nous approchâmes de lui pour lui demander où l'on trou-
vait le prince que nous cherchions.
« Je suis Dioclès, répondit le vieillard en continuant son
travail. Vous pouvez vous expliquer, si vous avez quelque
chose à me dire. »
Nous demeurâmes muets d'étonnement.
« Eh bien ! nous dit Dioclétien, quelle affaire vous amène
ici? Avez-vous des graines rares à me donner, et voulez-
vous que nous fassions des échanges? »

1. Dioclétien, l'un des empereurs romains qui persécutèrent les chrétiens


(285), abdiqua en 305 et se retira à Salone, capitale de l'ancienne Dalmatie.
[Note du livre de l'élève.]
136 ÉTUDE DES MOTS.

Exeroice 206. — Suite de l'exercice précédent.


Nous remîmes votre lettre au vieil empereur; nous lui
peignîmes les malheurs des Romains et le désir que les
chrétiens avaient de le revoir à la tête de l'État. A ces mots
Dioclétien, suspendant son travail, s'écria :
c Plût aux dieux que ceux qui vous envoient vissent,
comme vous, les légumes que je cultive de mes propres
mains à Salone! Ils ne m'inviteraient pas à reprendre
l'empire. »
Nous lui fîmes observer qu'un autre jardinier avait bien
consenti à porter la couronne1.
« Le jardinier sidonien, répliqua-t-il, n'était pas comme
moi, descendu du trône, et il fut tenté d'y monter;
Alexandre n'aurait pas réussi auprès de moi. »
Nous neinsister.
voulions pûmes en obtenir d'autre réponse. En vain nous
s Rendez-moi un service, nous dit-il brusquement : voilà
un puits; je suis vieux, vous êtes jeunes : tirez-moi de
l'eau, mes légumes en manquent. »
A ces mots, Dioclétien nous tourna le dos, et Dioclès
reprit son arrosoir. Chateaubriand, Les Martyrs.

Exercice 207. — Relevez en deux listes i° les verbes à un mode per-


son el 2°
: les verbes à un mode impersonnel (§ 272, 273).

La mer de Grèce.

Je ne crois pas qu'il y ait dans le monde un pays aussi


insulaire que la Grèce; elle se compose en partie d'un ar-
chipel et d'une péninsule; le reste est entamé, pénétré
par une foule de golfes sinueux. A chaque pas qu'on fait
dans l'intérieur du pays, on rencontre la mer; avec une
coquetterie gracieuse, elle vient partout chercher le voya-
geur, et semble à chaque instant lui dire : « Me voici, ar-
rête-toi, regarde comme je suis belle. »
Ainsi la mer est partout présente dans les œuvres des
poètes grecs; tous ont traité avec une complaisance parti-
culière et un charme infini ce qu'on pourrait appeler la
poésie de la mer. Les aventures de Y Odyssée se passent
1. Quand Alexandre le Grand se fut emparé de la Phéuicie, il mit sur le
trône de Sidon le jardinier Abdolonyrae, qui descendait des anciens rois du
pays. [Note du livre de l'élève.]
LE VERBE. 137

presque entièrement sur les flots; la scène de Y Iliade est


constamment sur une plage. La mer fournit aux poètes
grecs des comparaisons fréquentes. On sent partout, en
lisant les auteurs, comme en parcourant le pays ou son
histoire, que la Grèce est essentiellement navigatrice, que
de grandes destinées maritimes attendent ce peuple à qui
Thémistocle révéla son génie, son empire et sa patrie vé-
ritables, en lui conseillant de s'enfermer dans des mu-
railles de bois, ce peuple qui de nos jours a triomphé des
Turcs
il battità autrefois
l'aide des les vaisseaux de Psara
Perses avec et d'Hydra1,
la flotte comme
de Salamine.
Quand on vogue sur la mer de Grèce, chaque coup de
rame fait jaillir de la mémoire un vers empreint du
charme infini de cette mer. En la voyant blanchir, on se
souvient de la gracieuse expression d'Alcman, qui appelle
l'écume fleur des vagues. J.-J. Ampère.
1. Je crois, il y ait. se compose, est entamé, (est pénétré,
on fait, on rencontre, elle vient, semble, arrête-toi, re-
garde, jesuis, est, ont traité, on pourrait, se passent, est,
attendent, révéla, a triomphé, il battit, on vogue, fait, on
se souvient, appelle.
2. Chercher, dire, appeler, en lisant, en parcourant, en
conseillant, s'enfermer, jaillir, empreint, en voyant, blan-
chir.

Exercice 208. — Relevez en deux listes 1° les verbes à un temps


simple, -2° les verbes à un temps composé (,: -277 .

La visite au toit paternel.

Quand j'aperçus les bois où j'avais passé les seuls mo-


ments heureux de ma vie, je ne pus retenir mes larmes,
et il me fut impossible de résister à la tentation de leur
dire un dernier adieu.
Mon frère aîné avait vendu l'héritage paternel, et le
nouveau propriétaire ne l'habitait pas. J'arrivai au château
par la longue avenue de sapins; je traversai à pied les
1. Psara, petite île an nord ouest de Chio ; ses habitants furent massacrés
par les Turcs en 1821. Hfdra, île grecque située prés de la côte de TArgolide :
les Hydriotes, habiles marins, concoururent efficacement à l'indépendance de
la Grcce (1824-1827) en détruisant plusieurs escadres ottomanes.
138 ÉTUDE DES MOTS.

cours désortes; je m'arrêtai à regarder les fenêtres fer-


mées ou demi-brisées, le chardon qui croissait au pied des
murs, les feuilles qui jonchaient le seuil des portes, et ce
perron solitaire où j'avais vu si souvent mon père et ses
fidèles serviteurs. Les marches étaient déjà couvertes de
mousse; le violier jaune1 croissait entre les pierres dé-
jointes et tremblantes. Un gardien inconnu m'ouvrit brus-
quement les portes. J'entrai sous le toit de mes ancêtres.
Je parcourus les appartements sonores où l'on n'entendait
que le bruit de mes pas. Les chambres étaient à peine
éclairées par la faible lumière qui pénétrait entre les
volets fermés : je visitai celle où ma mère avait perdu la
vie en me mettant au monde, celle où se retirait mon
père, celle où j'avais dormi dans mon berceau, celle enfin
où l'amitié avait reçu mes premiers vœux dans le sein
d'une sœur. Partout les salles étaient détendues2, et l'arai-
gnée filait sa toile dans les couches abandonnées. Je
sortis précipitamment de ces lieux, je m'en éloignai à
grands pas , sans oser tourner la tête. Qu'ils sont doux,
mais qu'ils sont rapides, les moments que les frères et les
sœurs passent dans leurs jeunes années, réunis sous
l'aile de leurs vieux parents ! La famille de l'homme n'est
que
fumée.d'un jour; le souffle de Dieu laChateaubriand.
disperse comme une

1. J'aperçus, je pus, retenir, il fut, habitait, j'arrivai, je


traversai, je m'arrêtai, croissait, jonchaient, croissait, ou-
vrit, j'entrai, je parcourus, entendait, pénétrait, je visitai,
se retirait, filait, je sortis, je m'éloignai, ils sont, passent,
est, disperse.
2. J'avais passé, avait rendu, j'avais vu, étaient cou-
vertes, étaient
re<u, étaient éclairées, avait perdu, j'avais dormi, avait
détendues.

Exercice 209. — Copiez, et après chaque verbe marquez par un


chiffre à quelle conjugaison il appartient.

Le siège de Lille en 1792.


Le duc Albert rassembla il) vingt-cinq mille hommes,
se présenta (1) le 25 septembre devant les remparts de
1. Violier, sorte de giroflée (de violr, vieux nom de la violette).
2. Détendues, dc-garnies de leurs tentures.
LE VEP.lïE. 139

Lille et fit (4) ouvrir (2) la tranchée. Pendant sept jours et


sept nuits, les boulets et les bombes écrasèrent 11) sans re-
lâche la ville, tuèrent (1) six mille habitants, incendièrent
(1) huit cents maisons. Une population intrépide se chan-
gea (1) en une armée aguerrie (2) au feu et n'éprouva (1]
pas un seul moment d'hésitation.
En vain trente mille boulets rouges et six mille bombes
du poids de cent livres, chargées (1 de mitraille, continuè-
rent (1) à pleuvoir (3 pendant cinquante heures sur ce
foyer fumant (1), sans cesse éteint (4), sans cesse ral-
lumé (1); en vain, pour ranimer 1 1 1 la constance des assié-
geants, l'archiduchesse d'Autriche, Marie-Christine, femme
du duc Albert, vint (2) elle-même allumer il) de sa main
le feu d'une nouvelle batterie. Les Lillois s'aperçurent 3
que les Autrichiens chargeaient (1) leurs pièces de barres
de fer. de chaînes et de pierres. Ils en conclurent (4) que
les munitions commençaient (1) à manquer (1) aux assié-
geants, et persévérèrent (1) avec plus de confiance dans
leur héroïque impassibilité sous le feu. Le duc Albert,
manquant (1) à la fois de troupes et de munitions et
apprenant (4) le succès de Dumouriez en Champagne, crai-
gnit '4 le reflux de nos soldats sur le Nord et leva le (1
siège sans être poursuivi (4).
La ville avait perdu (4) un faubourg entier; plusieurs
quartiers de la ville n'étaient plus que des monceaux de bri-
ques servant (2) de sépulcre à des monceaux de cadavres;
Ses débris fumaient 1 1) encore, et les cicatrices de ses mo-
numents attestaient (1 la gloire d'une ville de guerre dé-
fendue (4i et sauvée (1), à la fois, par ses propres habi-
tants. Ily eut des traits antiques : un canonnier, volontaire
de la ville, servait (2) une pièce sur les remparts. On
vient (2) l'avertir (2 qu'une bombe a éclaté (1) sur sa
maison : il se retourne (1>, voit (3i la flamme qui s'élève il)
du toit de sa demeure : « C'est ici mon poste, répond-il (4).
On m'a placé (1) là pour défendre (4) non ma maison,
mais ma patrie. Feu pour feu !» et il charge (1) et tire (1)
sa pièce.
La délivrance de Lille excita (1) un enthousiasme natio-
nal. Les hontes de Verdun et de Longwy étaient vengées ( 1).
Lamartine. Histoire des Girondins.
140 ÉTUDE DES MOTS,

Verbes transitifs.

Exercice 210. — Première conjugaison. Mettez chaque verbe au


temps indiqué, ou à celui que réclame le sens.

La soie. ■
On ne doute plus guère que la Chine n'ait été la vérita-
ble patrie de la soie. C'est à une impératrice nommée
Siling-Chi qu'on attribue l'art d'élever les vers en domes-
ticité. Les Chinois ont aohne plusieurs preuves de l'impor-
tance qu'ils attachent à la possession exclusive de ce
produit. Dès la plus haute antiquité, des règlements sévères
ont prohibé la sortie des graines de mûrier. La terrible
sanction de cette défense était la peine de mort. Une jeune
princesse, fille d'un empereur de la Chine, divulgua enfin
le secret de la production de ces merveilleuses étoffes.
Fiancée au roi d'un pays où le mûrier et le ver à soie ne
se trouvaient point, elle cacha dans ses cheveux les graines
de l'arbre et du papillon. Les gardes n'osèrent porter la
main sur la tête d'une petite fille du Ciel ' et les graines
passèrent. Le mûrier et le ver à soie ne pénétrèrent en
Europe qu'en 552, sous Justinien, à l'aide d'une fraude non
moins habile. Deux religieux creusèrent leurs bâtons, y
versèrent la précieuse graine et Y apportèrent en hommage
à l'empereur byzantin. Ce monarque avisé n'imita point
les potentats
velle [Link] et s'appliqua à propager la nou-
Exercice 211. — Verbes en cer et ger. Mettez les verbes en italique
au temps et au mode indiqués (§ 29i, 29."»).
1. Nous commençons une nouvelle race. — 2. L'amour de
la gloire perçait déjà dans ses moindres actes. — 3. Ne
nous vengeons de nos ennemis qu'en faisant mieux qu'eux.
— 4. Ménageons nos forces et aussi celles des autres. —
5. Les traités faits avec un roi n'obligeaient pas envers
son successeur. Mq. — 6. Il voulait continuer. Je le
forçai à se taire. — 7. Est-ce que nous aurions cultivé les**
arts sans les passions? — 8. Franklin mérita non seule-
1. Les empereurs de la Chine porteut le surnom de Fils <hi CM.
LE VERBE. 141

ment que l'Amérique tout entière portât son deuil, mais


que T Assemblée constituante de France s'y associât par
un décret public. Mg. — 9. Évitons de parler souvent de
nous-mêmes. Lr. — 10. Achille, dans les Champs-Elysées,
donnerait toute sa gloire, qui n'est plus qu'un songe, pour
être l'infâme Thersite au nombre des vivants. F. — 11.
Sans même avoir semé, plus d'un pays moissonne. Le-
mierre. — 12. On changera de mœurs en changeant de
fortune. V.
Exercice 212. — Verbe à pénultième en e muet. Mettez les verbes
en italique au temps et au mode indiqués ou à ceux que demande le
sens (S 29G).

1. Qui bon l'achète, bon le boit. — 2. Cet orateur en-


lève son auditoire. — 3. Je cacheté ma lettre et je suis à
vous. — 4. On se méfie de l'avenir en se rappelant le passé.
— 5. Un si grand bonheur rachète bien des peines. — 6.
Les jeunes animaux se modèlent sur les vieux. Bf. — 7.
La rivière dégèle ou plutôt commence à dégeler. — 8.
C'est auprès de cette belle côte que s'élève dans la mer l'île
où est bâtie la ville de Tyr. F. — 9. J'appelle1 un chat un
chat et Rollet un fripon. Bl. — 10. Qui commence le mieux
ne fait rien s'il n'achève. C. — 11. L'oisiveté jette dans le
verbiage. S. — 12. Suivez-moi : je vous mènerai au plus
bel endroit. — 13. La conscience bourrelé les méchants. —
14. L'intérêt chancelé (elle) dans les circonstances délica-
tes la
; vertu va droit au but et ne tombe pas. — 15. Servius
Tullius projeta l'établissement d'une république. B. — 16.
Si y avais de bonnes graines, je les sèmerais dans ce coin
ensoleillé. — 17. Il gèle en Suède dès le mois d'octobre,
sans aucune de ces gradations insensibles qui amènent ail-
leurs les saisons. V.
Exercice 213. — Verbes à pénultième en é fermé. Mettez les verbe-
en italique au temps et au mode indiqués ou à ceux que demande le
sens (',',297).
1. La mer rejette sur les rivages une infinité de choses.
Bf. — 2. Y attacherai la gloire à tout ce qu'on insulte. Je
jetterai l'opprobre à tout ce qu'on bénit. H. — 3. Pauvre
enfant! relève-toi, soulève tes membres fatigués. — 4.
L'agneau dit au loup : je tète encore ma mère. — 5. Le
1. Il convient de restreindre les exceptions et de ne doubler 17 ou le t devant
une syllabe muette que dans appeler, jeter et leurs composés.
142 ÉTUDE DES MOTS.

quadrupède écume et son œil étincèle. Un avorton de


mouche en cent lieux le harcèle. L. — 6. Le soleil se lèvera
et se couchera comme auparavant. Cu. — 7. Lorsque vous
régnerez-, mettez toute votre gloire à renouveler l'âge d'or.
F. — s. Le serpent appelé « de verre » est presque trans-
parent et reflète les couleurs comme un prisme. Ch. — 9.
Dieu ne parle qu'une fois et il ne répète pas ce qu'il a dit.
Sy. — 10. De quel front cura ient-ils osé sévir contre moi, ?
tandis qu'ils toléraient les écrits les plus odieux? Rs. —
11. Vous attè ferez (ellerez) le cheval à la voiture.
Exercice 214. — Comme les exercices précédents. Notez que les
verbes en eVer. et ter. comme exceller, guetter, sont réguliers et gar-
dent partout les deux l ou les deux /.

1. y espère et j'espérerai toujours que la justice finira


par triompher. — 2. On appelle avec raison l'histoire la
sage conseillère des rois. B. — 3. La mer recèle de grands
trésors dans son sein. — 4. Le sage règne sur ses passions;
il régnera sur les autres hommes. — 5. Il excellait dans
son métier. — 6. y abrégerai les détails. — 7. Le génie de
Turenne l'appelait au commandement des armées. A. — 8.
Il se crée ' à plaisir des difficultés. — 9. Ses créanciers l'as-
siègent tous les matins dans sa maison. — 10. Je com-
pléterai la somme. — 11. Le roi se mêle depuis peu de
faire des vers. S. — 12. Les apothicaires étiquetent leurs
fioles. — 13. Tout cède, tout cédera à ce redoutable con-
quérant. — 14. Il m'interpella d'une manière assez inci-
vile. — 13. On le prit sur le fait, car on le guettait. —
16. Ne querellez- personne, pas même vos amis. — 17. Si
l'interprète bien vos sentiments, voilà quel était votre
dessein.
Exercice 215. — comme les exercices précédents.
1. Je vous ai dit cela et je vous le répète. — 2. Si Dieu
nous protège, qu'avons-nous à craindre? — 3. Dieu crée
le ciel et la terre par sa parole. B. — 4. Dieu agrée nos
offrandes. — 5. Celui qui persévérera jusqu'à latin sera
sauvé. — 6. Trop souvent de Thémis la balance chancelé
(elle). — 7. Tout ce qui rappelle l'homme à son origine le
rappelle en même temps à sa fin. Ms. — 8. Nous créerons

1 . Lee verbe* en éer, comme créer, conservent partout l'accent aigu, parce
reste partout fermé dans la prononciation.
LE VER DE. 143

cette rente sur nos propres fonds. — 9. Tous les gens de


bien le regrettent. — 10. Les scélérats Voutragent et le
souffiètent. — 11. Les sentiments vrais ne se suggèrent pas,
ils s'inspirent. — 12. L'erreur et le mensonge assiègent
notre esprit. L. R. — 13. Je vous interpelle de dire la
vérité. — 14. La valeur s upplée au nombre. — 15. Je ne me
mêlerai pins de vos affaires.
Exercice 216. — Verbes en yer. Mettez les verbes en italique au
temps ou au mode indiqués ou à ceux que demande le sens(,' -298,.

1. Il m'a fait un mauvais tour, mais il me le paiera


(payera). — 2. Nous essaierons (essayerons) nos forces. —
3. Le vent essuie la terre qui a été trempée par la pluie.
— 4. Tu l'effraies (effrayes) de peu de chose. — 5. il faut
que vous essayiez de lui plaire. — 6. Il appuie l'échelle
contre le mur et monte au milieu des flammes. — 7. Le
vent balaie (balaye) la plaine. — 8. Nous ne nous ennuie-
rons pas à la campagne. — 9. Ces jeunes filles s'égaient
(égayent) quelquefois à mes dépens : je le leur pardonne.
— 10. Je vous appuierai de tout mon crédit. — 11. Les
chiens qui naissent chez les nations sauvages n'aboient pas.
Bf. — 12. Le plus charmant séjour à la fin nous ennuie.
R(}. — 13. Les battus paient i payent) l'amende. — 14.
Les ambitieux se ploient à toutes les formes de gouver-
nement pour mieux s'insinuer entre les partis. — 15. Le
plafond ne trouve plus rien qui Vëtaie (étaye). — 16. La
ra;son pour marcher n'a souvent qu'une voie; Pour peu
qu'on s'en écarte, aussitôt on se noie. Bl. — 17. Sur qui
dans son malheur voulez- vous qu'il s'appuie? Ses larmes
n'auront plus de main qui les essuie. R.
Exercice 217. — Comme les exercices précédents.

1. Un chaud soleil séchera ses filets. — 2. Préfère le


bonheur de n'avoir plus d'ennemis à la gloire de les
vaincre. Ms. — 3. Le soleil dissipe la nue, récrée et puis
pénètre enfin le cavalier. L. — 4. 11 est des contretemps
qu'il faut qu'un sage essuie. R. — 5. La religion ordonne
que nous nous méfiions de nos défauts. Br. — G. Il vaut
mieux que nous oubliions le passé. S. — 7. fions jouions
au reversis quand les lettres arrivèrent. S. — 8. Les plan-
tes, les rochers, les couleurs diminuent de proportion ou
changent de teinte, à mesure que le paysage s'éloigne ou
144 ÉTUDE DES MOTS.

se rapproche de la vue. Ch. — 9. Il importe que nous dis-


tinguions lasensation du sentiment. Bf. — 10. En vain vous
espérez qu'un dieu vous le renvoie, Et l'avare Achéron ne
lâche point sa proie. R. — 11. Les méchants s'appuient
les uns sur les autres plus souvent que les bons.
Exercice 218. — Récapitulation sur la première conjugaison.
1. Il paie (paye) ses ouvriers à la semaine. — 2. Le re-
nard glapit, aboie et pousse un son triste. Bf. — 3. J'exige
que vouVme payiez ce que vous me devez. — 4. Cet intri-
gant emploie tout le monde pour obtenir cette place. — 5.
Le plaisir fatigue, le repos ennuie, le travail occupe. — 6.
Faut-il que nous vous en priions à genous? — 7. On s'en-
nuie presque toujours avec ceux qu'on ennuie. Lr. — S. Il
balaie (balaye) en courant les épais bataillons. Dv. — 9.
Les inventions des hommes vont en avançant de siècle
en siècle. P. — 10. On détruit, on élève, on s' intrigue, on
projette. L. R. — 11. Nous jugeons rarement les choses
par ce qu'elles sont en elles-mêmes. Lr. — 12. Le
meurtre s'exerçait avec impunité. Bl. — 13. Sur ma seule
grandeur y arrête ma pensée. R. — 14. Tel excelle à rimer
qui juge sottement. Bl. — 15. Je ne vous cèlerai pas qu'il
m'a parlé. — 16. Ce sont deux pigeons qui se béquètent.
— 17. Rien n'abrège le temps comme le travail, la variété
des occupations, -r- 18. C'est d'instinct que les peuples les
plus grossiers se créent un langage soumis à des règles.
Cv. — 19. La satire et l'envie jusqu'à son dernier jour
harcèlent le génie. Yioée. — 20. Le mauvais état de ses
affaires obligeait ce prince à cette démarche. V.

Exercice 219. — Copiez, puis relevez tous les verbes de la lre con-
jugaison etfaites-en l'analyse.
Le chancelier Ostermann.
Une fille de Pierre le Grand avait laissé avec une appa-
rente indifférence des héritiers faibles ou indignes s'em-
parer du trône de son père, mais tout à coup elle se repent
ou se lasse de son abnégation ; le palais impérial est nui-
tamment envahi, et ce mouvement, qui donnait satisfac-
tion au murmure national s'élevant de toutes parts contre
l'intervention des étrangers dans le gouvernement de la
Russie, proclame Elisabeth impératrice. Un seul jour voit
145
LE VERBE.

conduire au supplice les principaux personnages de l'em-


pire. Le chancelier Ostermann, qui avait présidé pendant
plusieurs règnes à la conduite des affaires extérieures, fut
apporté dans un fauteuil, en proie à un accès de goutte et
enveloppé dans une robe de chambre. Le bourreau posa la
tète du chancelier sur le billot, découvrit son cou et leva
la [Link]
Unaccordait
officier,
la vies'avançant alors,
à Ostermann et déclara que l'impé-
le condamnait à un
exil perpétuel. Le vieux ministre se borna, pour remerci-
ment, à une inclination de tète, et, sans que son visage
trahît la plus légère émotion, il dit : « Je vous prie, don-
nez-moi ma perruque et mon bonnet. » Les autres person-
nages, réunis au pied du même échafaud, reçurent après
lui la même commutation de peine. Ostermann fut envoyé
en Sibérie, tandis que le duc de Courlande, autrefois exilé,
en était rappelé. L'ancien régent et celui qui l'avait préci-
pité du pouvoir se rencontrèrent à un relais de poste dans
un faubourg de Kasan. Tous deux se regardèrent avec
étonnement, se saluèrent avec politesse sans proférer une
parole, et chacun continua sa route.
M. de Falloux.

Ara il laissé. Verbe trans., 3e pers. sing. indic. plus-


quepf.
S'emparer. Verbe pronom., inf. prés.
Se lasse. Verbe pronom., 3° pers. sing. indic. prés.
Donnait. Verbe trans., 3e pers. sing. indic. impf.
S'ëlevant. Verbe pronom., part. prés. m. s. qualifie
miuinure.
Proclame. Verbe trans., 3e pers. sing. indic. prés.
Avait présidé. Verbe intrans., 3e pers. sing. indic. plus-
que pf.
Fat apporté. Verbe trans. (voix passive), 3e pers. sing.
ind. passé déf.
Posa. Verbe
déf. trans., 3e pers. sing. indic. passé
Leva. Verbe
déf. trans., 3e pers. sing. indic. passé
S'avançant. Verbe pronom., part. prés. m. s. qualifie
officier.
Déclara. Verbe trans., 3°pers. sing. indic. passé déf.
EX. IK. C. M. R. MAITRE. 10
146 ETUDE DES MOTS.

Accordait. Verbe trans., 3e pers. sing. indic. irnpf.


Condamnai I. Verbe trans., 3'' pers. sing. indic. iinpf.
5e borna. Verbe pronom., 3e pers. sing. indic.
passé déf.
Prie. Verbe trans., Ie pers. sing. indic. prés.
Donnez. Verbe trans. , 2e pers. plur. impér.
Fut envoyé. Verbe trans. (voix passive), 3e pers.
sing. indic. passé déf.
Exilé. Verbe trans., part, passé passif, m. s.
Était rappelé. Verbe trans. (v. passive), 3° pers. sing.
indic. impf.
Avait précipité. Verbe trans., 3e pers. sing. indic. plus-
quepf.
Se rencontrèrent. Verbe pronom., 3e pers. plur. indic.
passé déf.
«Se regardèrent. Verbe pronom., 3e pers. plur. indic.
passé déf.
Se saluèrent. Verbe pronom., 3'' pers. plur. indic.
passé déf.
Proférer. Verbe trans., inf. prés.
Continua. Verbe trans., 3e pers. sing. indic. passé
déf.
Exercice 220. — Deuxième conjugaison. Conjuguez les six verbes
suivants, en changeant de verbe pour chaque personne, 1° au présent
de l'indicatif, 2° au passé défini, 3° au présent du subjonctif avec on
veut, V à l'imparfait du subjonctif avec on voulait.
agir établir garnir
adoucir fléchir grandir

1. J'agis, tu adoucis, il établit, nous fléchissons, vous


garnissez, ils grandissent.
2. J'agis, tu adoucis, il établit, nous fléchîmes, vous
garnîtes, ils grandirent.
3. On veut que j'agisse, que tu adoucisses, qu'il éta-
blisse, que nous fléchissions, que vous garnissiez, qu'ils
grandissent.
4. On roulait que j'agisse, que tu adoucisses, qu'il éta-
blît, que nous fléchissions, que vous garnissiez, qu'ils
grandissent.
Exercice 221. — Mettez les verbes en italique au temps et au mode
Indiqi
1. Les beaux chants de la religion endormiront le juste
LE VERBE. 147

dans le berceau de la mort. Cil — 2. Choisissez-, mais


ne soyez pas trop longtemps à choisir. — 3. Enfants, n'ow-
bliez jamais le respect que vous devez à ceux qui vous ont
nourris. — 4. La bouche submergée des volcans vomit
parfois le feu du sein des ondes. — 5. Que la terre rajeu-
nisse par la culture. Bf. — 6. Prenez garde que vos re-
proches, qu'aucune douceur ne tempère, n'aigrisse cette
âme découragée. — 7. Ils veulent aujourd"hui qu'un même
coup mortel Abolisse ton nom, ton peuple et ton autel. R.
— 8. 11 serait bon qu'on obéit aux lois et aux coutumes,
parce qu'elles sont lois. P. — 9. Une lourde vapeur épais-
sissait l'air. By. — 10. Je m'affermissais dans cette pen-
sée naissante, lorsque je tournai les yeux vers l'astre de
la lumière. Bf. — 11. Nous gémissions comme la colombe.
— 12. Nous envahîmes le territoire ennemi. — 13. Il faut
qu'il fléchisse, il fallait qu'il fléchît.
Exercice 222. — Bénir, fleurir, haïr. — .Mettez les verbes en ita-
lique au temps et au mode indiqués fê 300-302).
1. Les lettres étaient alors très florissantes. — 2. Je ne
hais pas les longs détails. — 3. Que béni soit le jour qui
te rend à mes vœux. R. — 4. Dans un siècle où fleurissent
les arts. — 5. Les intrigants, les factieux se haïssent
même en s'entraidant. — 6. Cet empire fleurissait [floris-
sait) encore par ses anciennes lois. '■— 7. Il prit un rameau
de buis sec trempé dans l'eau bénite. Lm. — 8. Mais le roi,
qui le hait, veut que je le haïsse. R. — 9. Plus nous haïs-
sons les autres, plus nous nous haïssons nous-mêmes. — 10.
Ronsard fleurissait (florissait) en France à la fin du sei-
zième siècle. — 11. On croit quelquefois haïr la flatterie,
mais on ne hait que la manière de flatter. Lr. — 12. La
postérité de saint Bernard est bénie, comme celle d'A-
braham.R.
drais pas. F.— 13. Quand vous me haïriez, je ne m'en plain-

Exercice 223. — Radical non renforcé. — Mettez les verbes en ita-


lique au temps et au mode indiqués, ou à ceux que demande le
303).

1. A force de marcher, on parcourt du chemin. — 2.


Pendant (pie le bourreau le couvrait d'outrages, Jésus se
taisait. — 3. Les hommes ne sortent de leur néant que pour
passer comme les ombres qui ne laissent point de traces.
Bf. — 4. Le coup qui le perd ne part que de lui. — 5. Les

I
148 ÉTUDE DES MOTS.

gestes concourent avec les mouvements du visage pour


exprimer les différents mouvements de l'âme. Bf. — 6.
Saint Louis secourt les pauvres : tous les païens l'ont fait;
mais il s'abaisse devant eux, il est le premier roi qui les
serve. V. — 7. Adieu, je pars. Je sors d'ici content. — 8.
Calypso, plus furieuse qu'une lionne à qui on a enlevé ses
petits, courait au travers de la forêt, sans suivre aucun
chemin. F. — 9. Comment te portes-tal Souffre que je
t'embrasse. M. — 10. Le passé est comme une lampe placée
à l'entrée de l'avenir pour dissiper une partie des ténèbres
qui le couvrent. Lms. — 11. D'un bout du monde à l'autre
on mentit et l'on ment; Nos neveux mentiront comme ont
fait leurs ancêtres. V. — 12. Partez, hardis missionnaires:
allez évangéliser le monde. — 13. Tu dors, Brutus; et
Rome est dans les fers.

Exercice 224. — Copiez, puis relevez tous les verbes de la 2e con-


jugaison etfaites-en l'analyse.

Conseils d'un aïeul à son petit-fils.


Les hommes passent comme les fleurs qui s'épanouis-
sent le matin, et qui le soir sont flétries et foulées aux
pieds. Les générations des hommes s'écoulent comme
les ondes d'un fleuve rapide; rien ne peut arrêter le
temps, qui entraîne après lui tout ce qui paraît le plus
immobile. Toi-même, ô mon fils ! mon cher fils! toi-même
qui jouis maintenant d'une jeunesse si vive et si féconde
en plaisirs, souviens-toi que ce bel âge n'est qu'une
fleur qui sera presque aussitôt séchée qu'éclose. Tu te ver-
ras changer insensiblement: les grâces riantes, les doux
plaisirs, la force, la santé, la joie, s'évanouiront comme
un beau songe; il ne t'en restera qu'un triste souvenir. La
vieillesse languissante et ennemie des plaisirs viendra ri-
der ton visage, courber ton corps, affaiblir tes membres
tremblants, faire tarir dans ton cœur la source de la joie,
te dégoûter du présent, te faire craindre l'avenir, te ren-
dre insensible à tout, excepté à la douleur. Ce temps te pa-
rait éloigné : hélas! tu te trompes, mon fils; il se hâte, le
voilà qui arrive : ce qui vient avec tant de rapidité n'est
pas loin de toi; et le présent qui s'enfuit est déjà bien loin,
puisqu'il s'anéantit dans le moment que nous parlons, et
LE VERBE. 149

ne peut plus se rapprocher. Ne compte donc jamais, mon


fils, sur le présent ; mais soutiens-toi dans le sentier rude
et âpre de la vertu, par la vue de l'avenir.
Fénelon, Tèlémaque, XIV.

S'épanouissent. Verbe pronom., 3e pers. plur. indic. prés.


Sont flétries. Verbe trans. (voix passive), 3° pers. plur.
ind. prés.
Jouis. Verbe intrans., 2° pers. sing. indic. prés.
Souviens-toi. Verbe pronom., 2° pers. sing. impér.
S'évanouiront. Verbe pronom.. 3e pers. plur. indic. fut.
Viendra. Verbe intrans., 3° pers. sing. indic. fut.
Affaiblir. Verbe trans., inf. prés.
Tarir. Verbe intrans., inf. prés.
Vient. Verbe intrans., 3e pers. sing. indic. prés.
S'enfuit. Verbe pronom., 3e pers. sing. indic. prés.
S'anéantit. Verbe pronom., 3°pers. sing. indic. prés.
Soutiens-toi. Verbe pronom., 2e pers. sing. impér.
Exercice 225. — Troisième conjugaison. Trouvez les substantifs
abstraits qui correspondent à chacun des verbes suivants.
concevoir, conception. prévoir, prévision.
choir, chute. promouvoir, promotion.
décevoir, déception. pouvoir, puissance.
déchoir, déchéance. recevoir, réception.
devoir, dette. redevoir, redevance.
émouvoir, émotion. savoir, science.
équivaloir, équivalance. seoir, séance.
mouvoir, motion. valoir, valeur.
percevoir, perception. voir, vue.
pleuvoir, pluie. vouloir, volonté.
Exercice 226. — Mettez les verbes en italique au temps et au
mode convenables {"0 301-305).
1. Avez-vous fait ce que vous deviez? — 2. Je vous re-
dois trois francs cinquante centimes. — 3. Je conçois votre
embarras : mais que voulez-vous que j'y fasse? — 4. Tout
à coup, dans le silence de la nuit, nous perçûmes un bruit
lointain qui approchait de nous. — 5. La terre, qui nous
a portés et nourris, nous recevra en son sein après notre
mort. — 6. Pour une lettre qu'on a oublié d'affranchir,
la poste perçoit le double de l'affranchissement oublié.
— 7. Combien de changements et de différents états ont
150 ETUDE DES MOTS.

dû 1 se succéder depuis les temps'^antiques jusqu'aux âges de


l'histoire! Bf. — 8. Quel sentiment éprouverai -je, quand
Y apercevrai les vastes plaines de la mer? — 9. On ne doit
pas juger du bon ou du mauvais naturel d'une personne
par les traits de son visage. Bf. — 10. Il n'a pas déçu Le
généreux espoir que j'en avais conçu. C. — 11. L'œil re-
çoit et réfléchit en même temps la lumière de la pensée et
la chaleur du sentiment. Bf.
Exercice 227. — Quatrième conjugaison. Trouvez les substantifs
abstraits qui correspondent à chacun des verbes suivants :
adjoindre, adjonction. fendre, fenderie. fente.
admettre, admission. frire, friture.
apparaître, apparition. joindre, jonction, jointure.
attendre, attente médire, médisance.
ceindre, ceinture. mordre, morsure.
combattre, combat. peindre, peinture,
complaire, complaisance. permettre . perm ission .
condescendre, condescen- plaindre, plainte.
dance. prendre, prise [préhension].
confire, confiture. prétendre, prétention.
contredire, contradiction. reconnaître, reconnaissance.
clore, clôture. rendre, reddition (rente).
ccudre, couture redire, redite.
croître, croissance. remettre, rémission, remise
croire, croyance, créance. résoudre, résolution.
débattre, débat. restreindre, restriction.
dédire, dédit. rompre, rupture.
défaire, défaite satisfaire , soi is faction .
défendre, défense. suffire, suffisance.
descendre, descente souscrire, souscription.
décrire, description. survivre, survivance.
dire, diction. suspendre, suspension, sus-
distraire, distraction.
écrire, écriture teindre, teinture
élire, élection, pense tension.
tendre,
empreindre, empreinte tordre, torsion.
étendre, extension, étendue. tondre, tondaison, tonte.
éteindre, extinction. transmettra ■ . transm ission .
feindre. feintei fiction. vendre, vente (rendit ion).
1. L'accent circonflexe de dû ne passe ni au féminin du?, ni au pluriel dus. Il
ne sert qu'à distinguer le participe de l'article du. ce qui est puéril. Il n'y a
pas plus de raison de le donner à dû qu'aux participes vu, su, pu.
LE VERBE. 151

Exercice 228.— Conjuguez au présent de l'indicatif les verbes sui-


vants .;306-309).
conduire croître joindre exclure
connaître conclure fendre perdre
plaindre suivre paraître boire
nuire plaire mettre répondre
peindre lire battre craindre
Exercice 229. — Mettez les verbes en italique au temps et au mode
indiqués.

1. Si y espère beaucoup, je crains aussi beaucoup. C. —


2. Dieu permet le mal, mais il n'est jamais auteur du mal.
A. — 3. Le bois qu'on brûle se résout en cendre et en
fumée. — 4. Mon Dieu, j'ai combattu soixante ans pour ta
gloire. V. — 5. Je combats pour la défense de mon pays.
— 6. Nous lui rendrons tous les honneurs qui lui sont dus.
— 7. Il n'a fait que ce que la loi lui permet. — 8. Je vous
permets de sortir. — 9. Qui vit haï de tous ne saurait long-
temps vivre. C. — 10. Mettez bas toute feinte. M. — 11. Celui
qui craint Dieu ne craint que lui. — 12. On plante deux
poteaux, où Ton suspend des flèches des cassetêtes et des
plumes. Ch. — 13. Tous ces crimes d'État qu'on fait pour la
couronne, Le ciel nous en absout alors qu'il nous la donne.
C. — 14. Ce qui plaît 1 aujourd'hui déplaît en peu de jours.
Sv. — 15. Le bois qui, dans le même terrain, croit \e plus
vite est le plus fort. Bf. — 16. Un guerrier franc fendit
le vase de l'église de Reims d'un coup de hache. Y. —
17. A sa naissance on coût 2 l'enfant dans un maillot. Rs.
Exercice 230. — Copiez, puis relevez les verbes de la 3e conjugaison
et de la \e, et faites-en l'analyse.
La chaumière incendiée.
Lorsque le laboureur, regagnant sa chaumière.
Trouve le soir son champ rasé par le tonnerre,
Il croit d'abord qu'un rêve a fasciné ses yeux,
Et, doutant de lui-même, interroge les deux.
Partout la nuit est sombre et la terre enflammée.
Il cherche autour de lui la place accoutumée

1. Il serait ridicule de compter pour une faute l'omission de cet accent circon-
flexe le
: verbe taire ne l'a pas, et cependant est formé absolument comme
plaire.
2. Mieux que on coud.
152 ETUDE DES MOTS.

Où sa femme l'attend sur le seuil entrouvert;


Il voit un peu de cendre au milieu d'un désert.
Ses enfants demi-nus sortent de la bruyère,
Et viennent lui conter comme leur pauvre mère
Est morte sous le chaume avec des cris affreux:
Mais maintenant au loin tout est silencieux.
Le misérable écoute et comprend sa ruine.
11 serre, désolé, ses fils sur sa poitrine;
Il ne lui reste plus, s'il ne tend pas la main,
Que la faim pour ce soir et la mort pour demain.
Pas un sanglot ne sort de sa gorge oppressée ;
Muet et chancelant, sans force et sans pensée,
Il s'assoit à l'écart les yeux sur l'horizon,
Et, regardant s'enfuir sa moisson consumée.
Dans les noirs tourbillons de l'épaisse fumée
L'ivresse du malheur emporte sa raison.
A. de Musset.

Croit. Verbe trans., 3e pers. sing. indic. prés. 4e c.


Attend. Verbe trans., 3e pers. sing. indic. prés. 4e c.
Voit. Verbe trans., 3e pers. sing. indic. prés. 3e c.
Comprend. Verbe trans., 3e pers. sing. indic. prés. 4° c.
Tend. Verbe trans., 3e pers. sing. indic. prés. 4e c.
S'assoit. Verbe pronom., 3e pers. sing. indic. prés. 3e e.

Exercice 231. — Deuxième personne du singulier. Remplacez le plu-


riel par le singulier. Tu n'as qu'an jour... [% 292).
La charité.

Tu n'as qu'un jour à passer sur la terre, fais en sorte


de le passer en paix. Nul n'est parfait, tous ont leurs dé-
fauts; chaque homme pèse sur les autres, et l'amour
seul rend ce poids léger. Si tu ne peux supporter tes frères,
comment tes frères te supporteront-ils? Tu dis que tu
aimes, et beaucoup de tes frères manquent de pain pour
soutenir leur vie, de vêtement pour couvrir leurs membres
nus, d'undessus,
dormir toit pour
tandiss'abriter,
que tu asd"une
toutes poignée de abondance.
choses en paille pour
Tu dis que tu aimes, et il y a, en grand nombre, des ma-
lades qui languissent, privés de secours, sur leur pauvre
couche, des malheureux qui pleurent sans que personne
LE VERBE. 153

pleure avec eux. Tu dis que tu aimes tes frères, et que


ferais-tu donc, si tu les haïssais? Lamennais.
Exercice 232. — Mettez au futur les verbes en italique [% 287).
1. Si vous êtes sage, vous vous défierez de votre imagi-
nation. — 2. Vous avouerez avec moi que cette plaisan-
terie dépasse les bornes. — 3. Je ne sais à quoi il se ré-
soudra. — 4. Vous lui défendrez de sortir avant mon
retour. — 5. La prudence nous apprendra ce qui est bon
ou mauvais; la justice nous inspirera une volonté invin-
cible de rendre à chacun ce qui lui appartient; la force
nous fera vaincre les difficultés qui accompagnent les
grandes entreprises : la tempérance nous enseignera à être
modérés en tout. Qui connaîtra ces vertus connaîtra aisé-
ment les vices qui leur sont opposés, tant par excès que
par défaut. — 6. Vous aurez beau l'interroger, il niera
tout. — 7. Vous conclurez que je me trompe; mais je
continuerai à penser autrement que vous. — 8. Rira bien
qui rira le dernier. — 9. Je vous prierai de me rendre
un petit service : y consenti Ve^-vous? — 10. Quoi! nous
nous confierons à cet imposteur, et nous nous défierons
de nos amis? — 11. Demain, vous confirez ces cornichons
dans du vinaigre. — 12. Ce parapluie vous coûtera peu,
et vous suffira longtemps.
Exercice 233. — Mettez au conditionnel présent les verbes en
italique (,', 287).
1. A votre place, je ne continuerais pas cette polémique
et je défendrais une meilleure cause. — 2. Avec un peu
plus d'argent et d'appui, nous fonderions une œuvre du-
rable. — 3. On disait que les deux peuples oublieraient
leurs anciens griefs et concluraient une paix sincère et
solide. — 4. Sans ce petit vent, on fondrait de chaleur.
— T>. Si la préméditation n'était pas prouvée, les juges
Y absoudraient peut-être. — G. Que répondrais-iu, si je
t'interrogeais là dessus? — 7. Si vous étiez moins dur, il
avouerait ses torts et ne nierait plus qu'il a provoqué son
camarade. — 8. En vain vous grandiriez en taille, si vous
ne grandissez pas en sagesse. — 9. Je vous louerais, si
vous le méritiez. — 10. Que dirait votre père, sil appre-
nait votre conduite? — 11. Avec un chef tel que vous, nos
soldats se bu Uni lent comme des lions et vaincraient sûre-
154 ÉTUDE DES MOTS.

ment nos ennemis. — 12. A l'entendre, on croirait qu'il a


découvert le Pérou. — 13. Vingt fois sur le métier vous re-

Exercice 234. — Voix passive. Remplacez la voix active par la voix


passive (;',', 311-313).
1. Lïmprimerie a été inventée par Gutenberg en 1436.
- 2. Le Brésil fut découvert par Cabrai en 1500. — 3. Les
hommes les plus clairvoyants sur les défauts d'autrui sont
aveuglés sur eux-mêmes par l'amour-propre. — 4. Les
préceptes de l'Évangile sont admirés même des incrédules
(par les incrédules). — 5. La tète du papillon est entourée
d'un réseau admirable d'yeux, au nombre de plus de
douze mille. — 6. L'empire d'Occident fut rétabli par
Charlemagne. — 7. A Rome, les consuls étaient élus par
le peuple. — 8. La prodigalité est quelquefois produite
par l'avarice et l'avarice par la prodigalité. — 9. La plante
mise en liberté garde l'inclinaison qu'elle a été forcée à
prendre. — 10. Le sage est animé et le présomptueux
leurré par Tespérance. — 11. Les dieux ayant été brouillés
par la déesse Discorde, on la fit déloger. — 12. Si les ver-
tus ne sont pas entièrement renversées par la vanité, du
moins elles sont toutes ébranlées par elle. — 13. Ce cadavre
a été dévoré par les vautours. — 14. Un jour ou l'autre les
méchants seront punis de Dieu (par Dieu). — 15. Si nous
vous perdions, par quel pilote notre vaisseau serait-il di-
rigé? — 16. Quand le bloc de marbre a été dégrossi par le
praticien, le rôle du statuaire commence.
Exercice 235. — Remplacez la voix passive par la voix active. Ex. :
La vertu est aimée, on aime la vertu.
1. Un vent violent agitait les arbres, la poussière nous
aveuglait, le tonnerre effrayait nos chevaux. — 2. Les pas-
sants, et non le propriétaire, cueilleront ces noix et ces
poires1. — 3. De temps en temps la lune éclipse le soleil.
— 4. Rien de plus beau et de plus majestueux que le Mont-
Blanc, quand les rayons du soleil couchant en éclairent
et rougissent la cime. — 5. Pendant trois jours et trois
nuits, l'artillerie prussienne bombarda Verdun. — 6. Sans
l'orage d'hier, les bergers auraient tondu tous les moutons.
1. ' 'K-illeront, fut. irrégulier. Mieux encore : Ce sont les passants, et non le
propriétaire, qui cueilleront...
LE VERBE. 155

— 7. Les flots blanchâtres de PArve charrient une énorme


quantité de sable. — 8. Au onzième siècle les Normands
conquirent l'Angleterre. — 9. On éleva une tour à l'angle
de la citadelle. — 10. On opprime souvent la vertu timide.
— 11. Les petits choses blessent les petits esprits. — 1*2. Les
habitants de Paris sont d'une curiosité qui va jusqu'à l'ex-
travagance. Lorsque j'arrivai, on me regarda comme si
le ciel m'avait envoyé. — 13. Avec le temps on éleva des
temples à tous ceux qu'on avait supposé être nés de la di-
vinité.

Exercice 236.— Soulignez les verbes transitifs et indiquez s'ils sont


àments.
la voix passive. Ex. : L'enfant peut être rempli (voix passive) d'agré-
L'enfant.

L'enfant
grâces et depeut être rempli
charmes, si une voix passive)mald'agréments,
éducation de
entendue (voix
passive) n'a pas contraint ses mouvements, si la simple
nature a développe librement ses membres, s'il a pu en
faire usage par tous les exercices qui conviennent à cet
âge tendre, mais ami de l'agitation et du changement dans
tous les genres. Les proportions les plus agréables, c'est-
à-dire les proportions les plus naturelles, régnent dans
ses membres; il n'a pas encore appris à les tenir repliés
(voix passive par contenance, à les raidir par bon air. à
leur donner des attitudes bizarres par convention: les tra-
vaux forrt:s (voix passive) ne les ont pas encore viciés,
déformés^ altérés. Sa main n'a pas encore manié des ins-
truments pesants; son dos n'a pas été courbé voix pas-
sive) sur une charrue ou sur un atelier; ses cheveux flot-
tent au gré des vents et de la belle nature, sans avoir été
décolorés (voix passive] bizarrement, brûlés (voix passive)
avec art et souvent ridiculement contraints (voix passive ;
le chagrin n'a pas ridé son front et effacé la noblesse de
ses traits;
roi de l'on y distingue encore la première
la nature. origine du
L acépède.

Exercice 237. — Remplacez la voix active par la voix passive et


réciproquement.
La Sologne.
Autrefois, les plaines de la Sologne étaient couvertes par
de vastes forêts, et l'eau des étangs était bue en trrande
156 ÉTUDE DES MOTS.

partie par les racines des arbres: la terre était plus saine,
l'atmosphère moins impure. Mais, dès que l'œuvre du dé-
boisement eut été achevée par les pâtres, qu'aidaient sou-
vent les guerres et les expéditions de pillage, la Sologne
devint ce triste pays de marécages et de fièvres, par lequel
étaient occupés1 encore récemment plus de 4.500 kilomè-
tres carrés dans le centre de la France. Les eaux des mares
croupissantes étaiens retenues par l'argile imperméable du
sous-sol, et l'amélioration était rendue presque impossible
par la grande étendue des domaines, par la faiblesse de la
population. Mais, grâce aux mesures d'intérêt général
qu'on a prises depuis le milieu du siècle, le travail de restau-
ration est déjà fort avancé2; une partie des eaux surabon-
dantes aété enlevée par des canaux d'assèchement; le sol
a été assaini par des plantations d'arbres, surtout de coni-
fères: peu à peu du terrain est gagné par l'agriculture ré-
gulière sur les anciennes landes et sur les marais. Les
cultivateurs reconquièrent beaucoup plus lentement la So-
logne du Berry, plus éloignée que la grande Sologne des
cités populeuses et des voies commerciales fréquentées,
et une surface considérable y est encore couverte par les
étangs marécageux; mais le sol infertile de l'une comme
de l'autre région sera changé tôt otf tard en campagnes
fécondes. Il suffira, pour accomplir cette révolution, d'a-
mender les terrains (que les terrains soient amendés) au
moyen de la marne; partout où ce mélange a été permis
par les facilités du transport, les bruyères ont fait place
aux céréales.

Questions a poser. — 1. Qu'entendez- vous par conifè-


res? L'adjectif conifëre signifie qui porte des fruits en
forme de cône (Cf. florifère, qui porte des fleurs; calori-
fère, qui produit de la chaleur ). Les conifères (m. pi.) sont
une famille d'arbres verts et résineux à fruits coniques,
tels que le pin. le sapin, le cyprès, le cèdre. — Qu'est-ce
que la marne? Vue terre grasse, mélange naturel d'argile
et de calcaire, propre à amender certains terrains.
1. Il est indispensable de faire remarquer qne la tournure passive est souvent,
comme ici, plus longue et plus lourde que la tournure active, par conséquent bien
moins recommaudable.
2. Quand le passif exprime, comme ici, une action terminée, un résultat acquis,
il ne peut guère se remplacer par l'actif. Encore faut-il avoir soin, dans ce dernier
ca-, d'employer le . k j;i fort avancé le travail de restauration.
LE VERBE. 157

Verbes iutransitifs

Exercice 238. — Mettez les verbes en italique au passé indéfini ou


au temps indiqué.

1 . Il est décédé à l'âge de quatre-vingts-dix ans. — 2. Tous


les jours le navigateur passe avec sécurité et avec joie
sur des lieux où des milliers d'hommes ont péri. Tms. —
3. Il tremblait, quand il est entré. V. — 4. On a subvenu à
ses besoins. — 5. A peine aviez-vous quitté la maison
qu'il est arrivé. — 6. Il serait parti aujourd'hui, sans une
affaire qui l'a retenu. — 7. Ce sont de ces choses qui ne
me sont jamais entrées dans l'esprit. — 8. Il avait entre-
pris un mauvais procès, aussi il a succombé. — 9. Il pré-
tendait n'avoir point contrevenu à la loi. — 10. Ces jolies
fleurs sont écloses cette nuit. — 11. La plus grande partie
des habitants de la ville avaient péri dans la dernière
guerre. — 12. Vous n'avez pas oublié les périls d'où vous
êtes sorti par mes conseils. F. — 13. Sachez que vous êtes
entré dans une famille qui vous donnera de l'appui. M. —
14. Les ennemis ont paru sur la frontière. — 15. Madame,
j'ai couru par votre ordre au rivage. C. — 16. J'ai souhaité
l'empire et j'y suis parvenu. C.
Exercice 239. — Mettez les verbes en italique au passé défini ou
au temps indique.
1. Dès que les chaleurs ont succédé aux fraîches haleines
du printemps, qu'il est bon de gagner les champs et les
montagnes ! — 2. Le mal a empiré tout à coup, et une issue
fatale est à craindre. — 3. Combien de gens sont décédés
avant le terme qu'ils espéraient atteindre! — 4. Les hiron-
delles sont revenues hier, et le printemps est né ce matin.
— 5. Mon enfant, va voir si les œufs que j'ai donnés à cou-
ver à la poule sont éclos. — 6. L'ennui est entré dans le
monde par l'oisiveté. Lb. — 7. C'est à l'ombre des lois que
tous les arts sont nés. Tms. — 8. La force végétale du sol a
reparu, les feuilles nouvelles ont poussé. Ch. — 9. Le coup
qui l'a perdu n'est parti que de lui. R. — 10. En quelle
année Napoléon est-il mortt — 11. Étant devenu vieux, on
le mit au moulin. L. — 12. Le dernier délai est échu ce ma-
tin. — 13. Il est parvenu à y entrer, il n'est point parvenu
158 ETUDE DES MOTS.

à en sortir. — 14. Il est reparti presque aussitôt après son


arrivée. — 15. Il ne lui" reparti que des impertinences. A.

Exercice 240. — Soulignez tous les verbes conjugués avec l'auxi-


liaire être et indiquez s'ils sont intransitifs ou à la voix passive.
Les sortilèges de Furius Crésinus.
Furius Crésinus, un esclave qui était .sorti (intrans.) de
servitude, ayant acheté un petit champ, le cultiva avec
tant de soin qu'il devint le plus fertile de tout le pays. Un
tel succès lui attira la jalousie de tous ses voisins, qui
l'accusèrent d'user de magie et d'employer des sortilèges
pour procurer à son petit champ une si étonnante fertilité
et pour rendre leurs terres stériles. Il fut appelé (voix pas-
sive en jugement devant le peuple romain. Le jour de
l'assignation étant venu (intrans. ), il comparut. On sait
que l'assemblée du peuple se tenait dans la place publique.
Il amena avec lui sa fille, qui était une grosse paysanne
très laborieuse, bien nourrie et bien vêtue, dit l'historien
de qui ce fait est tiré (voix passive). Il fit apporter tous ses
instruments de labour, qui étaient en fort bon état, des
noyaux très pesants, une charrue bien entretenue;