Dr A.
SEDDINI UE Maladies systémiques – 6ème année Médecine 2024 - 2025
Lupus Erythémateux Systémique
Définition- Généralités :
Lupus =loup en latin. L’éruption du visage rappelle les masques de loup portés lors du carnaval de
Venise.
• Le terme de lupus a été initialement utilisé à la fin du Moyen âge pour décrire des lésions
cutanées mutilantes du visage de causes variées.
• Actuellement, le terme de lupus érythémateux désigne un ensemble d’affections formant
un spectre continu allant d’une lésion cutanée isolé à une maladie multiviscérale grave
dans le cadre d’un lupus érythémateux aigu disséminé (LEAD) aussi appelé lupus
systémique.
• c’est syndrome clinique de cause inconnue, caractérisé par une atteinte systémique
atteignant un ou plusieurs appareils
• evoluant par poussées entrecoupées de rémissions
• Et dont le diagnostic est le plus souvent confirmé par la mise en évidence d'anticorps
antinucléaires.
• Le LES s’associe parfois au syndrome des anticorps
• antiphospholipides (SAPL) défini par l’association de thromboses et/ou d’avortements
récidivants et d’anticorps antiphospholipides (aPL).
Epidémiologie .
• Incidence : 1-10 nouveaux malades/100 000 habitants
• Prévalence :
-15 à 200 malades/100 000 habitants
- En augmentation :
* Dépistage précoce grâce à la sérologie
* Amélioration des conditions de traitement de la maladie et ses complications
• Age de début : âge extrême : 0 – 76 ans
Pic de fréquence : 10 – 40 ans
• Sexe:prédominance féminine :66 – 96% soit 8– 9 F/1 H)
Les manifestations cliniques:
Signes généraux :
• Parfois fébricule, plus rarement tableau pseudo-septique
• Altération de l’état général
• Myalgies
• Amaigrissement
• Asthénie +++
Les manifestations cutanées :
✓ LUPUS CUTANE
LE AIGU : Localisé Généralisé Atteintes muqueuses
LE SUBAIGU : Annulaire Psoriasiforme Syndrome de Rowell
LE CHRONIQUE : Discoïde Tumidus A type d’engelure Panniculite
✓ LESIONS VASCULAIRES
✓ LESIONS NON LUPIQUES, NON VASCULAIRES
• 50 à 70 % des cas
➢ Lupus aigu : - Vespertilo
- morbiliforme, papuleuse ou buleuse , sur zones photoexposées et dos des mains interarticulaire
- érosions buccales
➢ Lupus subaigu : Lésions annulaires, psoriasiformes, à type d’érythème polymorphe, lupus néonatale
➢ Lupus chronique : - lupus discoïde (localisé, disséminé, buccale)
- lupus engelures, timidus, panniculite
Dans la forme psoriasiforme, les lésions sont papulosquameuses, psoriasiformes
ou pityriasiformes pouvant confluer pour réaliser une forme profuse, voire une
érythrodermie exfoliative.
Lupus Erythémateux Chronique (LEC):
I. Lupus discoïde
Dans sa forme classique, il réalise des plaques bien limitées associant trois lésions élémentaires :
▪ Erythème de type congestif surtout net en bordure parcouru de fines télangiectasies
▪ Squames plus ou moins épaisses s’enfonçant en clou dans les orifices folliculaire pouvant donner un aspect de
piqueté blanc, râpeux au toucher
▪ Atrophie cicatricielle prédominant au centre des lésions souvent dépigmentée, parfois tatouée de
télangiectasies et de taches pigmentées
▪ Des exemples de LD du cuir
chevelu avec obstruction
caractéristique des follicules,
cicatrices marquées et
changement de pigmentation.
Irréversibles
II. Lupus à type d’Engelures: est caractérisé par
Sa localisation (extrémités des doigts et des orteils, oreilles, nez, mollets, talons, coudes,
genoux),
Son évolution souvent saisonnière aggravée par le froid
Son aspect clinique avec des lésions violacées souvent ulcérées ou verruqueuses,
prurigineuses ou douloureuses.
MANIFESTATIONS CUTANEES NON SPECIFIQUES *
Vascularites Alopécie Livedo reticularis Mucinose papuleuse
Pemphigus érythémateux Dermatite herpétiforme Phénomène de Raynaud Erythème palmaire
Hémorragies en flammèches Lupus bulleux Anétodermie Pustulose Amicrobienne
*Photosensitibilité:
Photosensibilité fait référence au développement d'une éruption après exposition aux rayons UVB trouvés dans la
lumière du soleil ou des lampes fluorescentes. Concerne 60 à 100% des lupiques. La sévérité de la réaction cutanée
dépend de l'intensité de la source de rayons UV et la durée d'exposition.
Les manifestations osteo-articulaires :
2 types de manifestations :
- En rapport avec la maladie lupique
- Effets secondaires du traitement: corticothérapie
Inaugurent la maladie 1 fois/2
Quasi constante dans l’évolution de la maladie:89 - 100%
Siège : par ordre décroissant
mains ( MCP, IPP), poignets, genoux, cheville rachis en règle épargne
Arthralgies
• Inaugurales
• Contemporaines d’une rechute articulaire
• D’allure inflammatoires
Arthrites
a) Aigues : polyarthrite bilatérale aigue et symétrique ou oligo arthrite
Atteinte viscérale et signes généraux marqués
b) Subaiguës :
- Moins inflammatoire, raideur matinale
- Nodules sous cutanées transitoire
c) Chroniques :
- Atteinte synoviale isolée déformation, sans atteinte articulaire radiologique
- Arthropathie de Jacoud
Radiologie
• Simple déminéralisation péri articulaire + gonflement des parties molles
• Polyarthrite non érosive +++
Les manifestations cardiaques et pulmonaires
Manifestations cardiaques :
Péricardite : complications la plus fréquente, très corticosensible
Myocardite : symptôme rare, parfois cardiomyopathie restrictive
Endocardite de Libman-Sachs ( association aux anticorps anti phospholipides)
Atteinte coronaire : - inflammatoire
- athéromateuse (rôle favorisant de la corticothérapie)
HTA : 15 à 70 % ( insuffisance rénale ; corticothérapie)
Manifestations pleuro-pulmonaire :
Pleurésie : atteinte pulmonaire la plus fréquente, très corticosensible
Pneumopathie interstitielle et fibrose pulmonaire : rares
Hypertension pulmonaire HTAP ou post-embolique (clpc exceptionnelle)
Les manifestations neurologiques
Mécanisme
Maladie Lupique Complications
Vascularute : IR, HTA Iatrogènes : Méningoencéphalite, infectieuse, médicamenteuse
Manifestations neurologiques et
psychiatriques établies par la
nomenclature de 1999 de l’ACR
Comité d’experts de l’ACR 1999
19 situations cliniques ont été
définies et regroupées sous le terme
de «neuropsychiatric systemic lupus
erythematosus» (ou NPSLE) au sein
d’une nomenclature standardisée.
12 atteintes du système nerveux
central (SNC) 7 atteintes du système
nerveux périphérique .
Autres manifestations neurologiques en dehors de la classification ACR 1999
*L’encéphalopathie postérieure réversible
*Troubles psychiatriques cortico-induits
*Le syndrome catatonique
Les manifestations digestives :
Manifestations abdominales
Vacularite digestive
Pancréatite
Phanomènes thrombotique : veine
porte, veine sus-hépatique, vx digestifs
Syndrome de malabsorption
Ascite
LES MANIFESTATIONS RENALES : (20 à 50%)
Surviennent dans les premières années d’évolution de la maladie.
Peu de parallélisme anatomo-clinique
- Atteinte glomérulaire +++
- Atteinte interstitielle
- Atteinte vasculaire
Néphropathie glomérulaire (1)
Clinique
Syndrome oedémateux
* OMI * Epanchement des séreuses
- Hypertension artérielle
Biologie
• Protéinurie > 2g / l
• Hématurie:
-Totale , indolore ,emise sans caillots
-Cylindres hématiques ou hématies déformées
• Insuffisance rénale
Syndrome néphrotique
• Protéinurie > 3g /24h +++
• Hypoprotidémie < 30g/l
• Syndrome néphrotique impur – HTA - et/ou insufisance rénale - et/ou hématurie
Syndrome néphrétique
• HTA +++
• Hématurie
• Œdèmes
• Insuffisance rénale oligo-anurique régressive en 48 à 72 heures
Néphropathie rapidement progressive
• Insuffisance rénale aigue d’aggravation rapide
• c’est une urgence thérapeutique
*Autres présentations
- Protéinurie isolée ˂ 2 g/24h
- Asymptomatique
Classification OMS
- Classe I : normale
- Classe II : GN mesangiale pure
- Classe III : GN segmentaire et facile
- Classe IV : GN diffuse
- Classe V : G.E.M
- Classe VI : GN avec sclérose focale
LES MANIFESTATIONS HEMATOLOGIQUES :
I. Anémie
- Inflammatoire - Hémolytique auto-immune +++ - I. rénale chronique
- Erythroblastopénie - Saignement digestif en / AINS
II. Thrombopénie
02 formes
épisodes aigues récidivantes lors des poussées systémiques
Formes chroniques indépendantes des poussées extra hématologiques souvent associées à des Ac antiphospholipides
III. Autres
Adénopathies inflammatoires SPMG modérée
Leucopénie Lymphopenie
LES MANIFESTATIONS BIOLOGIQUE :
- Syndrome inflammatoire non spécifique
- CRP: peu élevé < 50 mg/ml
taux élevé : recherche de complications infectieuses ; epanchements
*Examens biologiques permettant d’étayer le diagnostic
➢ Auto-anticorps antinucléaires (AAN)
• Ils doivent être recherchés par immunofluorescence indirecte (IFI) sur cellules HEp-2 qui est la méthode de
référence.
• C’est un excellent test de dépistage car leur négativité avec un titre < 1/80 rend extrêmement improbable le
diagnostic de LS
➢ Anticorps antinucléaires totaux
-Constituent un groupe hétérogène d’auto-anticorps non spécifiques d’organes.
On distingue plusieurs sous-groupes selon la spécificité:
• - les AC spécifiques d’acides nucléiques et
de nucléoprotéines: anti-ADN et anti-
histones;
• les AC spécifiques d’antigènes nucléaires
solubles: spécifiques de certaines
ribonucléoprotéines (anti-Sm, anti-RNP ,
anti-Ro/SSA et anti-La/SSB);
Les critères de classifications :
LE PRONOSTIC :
*Formes graves
Atteinte rénale grave :
- Néphropathie glomérulaire avec insuffisance rénale
- Glomérulonéphrite proliférative diffuse ou proliférative focale avec lésions actives
Atteintes neurologiques diffuses
Thrombopénie
Anémies hémolytiques sévéres
*Causes de décès
- 2 principales causes :
- Complications infectieuses 33% - Insuffisance rénale chronique : 18%
- Autres :
- Complications cérébro vasculaires : 10% - Autres localisations lupiques : 7% - IDM : 3%
Traitement
➢ Buts du traitement
A court terme: assurer le confort quotidien, préserver les fonctions vitales dans les poussées graves ;
A moyen terme: s’opposer à l’évolution prévisible des atteintes viscérales, prévenir les poussées, empêcher les
récidives thrombotiques, préserver l’insertion socioprofessionnelle ;
A long terme: limiter les séquelles du LES ( rénales , cérébrales +++ ) et les effets iatrogènes
➢ Moyens thérapeutiques
Règles hygièno-diététiques :
❑ L’exposition au soleil , susceptible de provoquer une éruption cutanée et une poussée systémique , sera évitée
❑ Le repos est la règle au moment des poussées
❑ La contraception indiquée formellement en période de poussée évolutive , exclura les dispositifs intra-utérins
et les contraceptifs oraux ,en dehors des progestatifs purs
✓ Traitement pharmacologique
➢ Traitements de fond :
Le LS étant une maladie chronique, un traitement de fond susceptible de prévenir efficacement les poussées sans avoir
d’effets indésirables majeurs est justifié
il doit être proposé à tous les lupiques (sauf contre-indication)
Ce traitement de fond repose essentiellement sur:
* l’HCQ
* parfois les corticoïdes
* les immunosuppresseurs
* les biothérapies.
Traitements généraux
⮚ Salicylés et anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS): formes mineures
⮚ Antimalariques de synthèse (AMS):
- Cutanées (lupus discoïde, profondus)
- Effet préventif : nouvelles lésions
- Propriétés antithrombotiques
⮚ Glucocorticoïdes
- cas d’échec AINS et AMS
- formes graves : posologie plus élevée, 1 à 2 mg kg +- assaut cortisonique
⮚ Immunosuppresseurs
- Double objectif : meilleur contrôle de la maladie lupique résistant aux glucocorticoïdes, et épargne
cortisonique
- cyclophosphamide (Endoxan): protocole EURO-LUPUS OU NIH
⮚ Autres traitements immunosuppresseurs
▪ Mofétil (Cellcept®) : le mycophénolate 2 g j–1 (à atteindre progressivement) / glomérulonéphrite proliférative
▪ Azathioprine (Imurel®)
▪ Méthotrexate : dose initiale préconisée est de 7,5 à 10mg manifestations myositiques ou articulaires lupiques
▪ Leflunomide
▪ Ciclosporine A
▪ Anticorps monoclonaux antilymphocytes B : anti- CD20 (rituximab),
➢ 4. Indications
⮚ Formes bénignes: formes cutanées ou articulaires
- première intention : AINS associés aux antimalariques de synthèse. Parfois corticothérapie générale à faible
dose (15 à 20 mg j–1 (signes généraux pleurésies et péricardites )
⮚ Formes graves:
- corticothérapie à forte dose et assauts cortisoniques :, ont recours
• PLUS : immunosuppresseurs
La surveillance
Clinique :
On peut proposer de faire un examen clinique chez l’adulte :
• Tous les mois, en cas de grossesse ou de lupus évolutif, notamment en cas d’atteinte viscérale grave ;
• Tous les 3 mois dans les situations intermédiaires ;
• Tous les 6 mois en période de quiescence ;
• Voire 1 fois par an après plusieurs années de quiescence ou pour des lupus de phénotype peu sévère.
Examens paracliniques
De même, la fréquence des examens complémentaires est adaptée :
• À l’état clinique du patient ;
• À l’activité et à la sévérité de la maladie ;
• Aux comorbidités ;
• Aux traitements.
Ces examens visent :
• À surveiller le lupus et à dépister des atteintes spécifiques parfois asymptomatiques (rénales surtout, mais
aussi hématologiques) ;
• À dépister les complications des traitements
Conclusion
▪ maladie auto-immune aux manifestations cliniques protéiformes
▪ pronostic: atteintes rénales, neurologiques et thrombotiques.
▪ Les traitements cortisoniques et immunosuppresseurs amélioré le pronostic vital.
*Devant un tableau évocateur de Lupus
- Retenir le diagnostic sur la base de:
* critères cliniques, biologiques, morphologiques
* mention particulière pour le critère immunologique.
- Evaluer la gravité: atteinte viscérale
- Une interprétation prudente des symptômes, d’autant plus que le malade est sous traitement
Anti malarique de synthèses
- Mode d’action : inconnu
Indications:
- Manifestations, lupus discoïde chronique
- Atteinte des séreuses ±
- Atteinte neurologique et rénale
Habiteullement : le plaquenil
Effets secondaires :
a) Toxicité retinienne irreverssible : - Surveillance ophtalmologique sous les 6/12 mois
b) Myasthénie et neuromyopathies