Inrs-Ns 211
Inrs-Ns 211
PREVENTION ET PORT
DES EQUIPEMENTS DE
PROTECTION INDIVIDUELLE
Christian DAVILLERD
Département Homme au Travail
Laboratoire Ergonomie et Psychologie
Appliquées à la Prévention
N° Edition : NS 211
Présentation générale des travaux de l'INRS sur le thème du port des EPI
Pour répondre à ces questions et mieux comprendre les causes potentielles de non-port,
ainsi que les facteurs d'acceptation, l'INRS (Département Homme au Travail,
Laboratoire Ergonomie et Psychologie Appliquées à la Prévention) a initié une série
d'études destinées à mieux orienter les actions de prévention sur ces problèmes.
Introduction 3
Conclusion 40
Bibliographie 41
Page 2
Introduction
Origine de la demande
Malgré une avancée incontestable de la réglementation, les efforts portés sur la normalisation et la
certification des équipements de protection individuelle et la prescription obligatoire de port en cas de
risque résiduel, les préventeurs observent encore fréquemment sur le terrain une inapplication des
prescriptions de sécurité et des réticences au port régulier des EPI. Les causes invoquées de cet
état de fait sont souvent les difficultés d'application sur le terrain.
Objectifs de l'étude
La dernière phase prévue, objet du précédent rapport, beaucoup plus intensive, devait permettre de
recueillir l'opinion des utilisateurs sur les difficultés du port, afin de fournir une meilleure connaissance
de la réalité du terrain :
• part relative des prescriptions de sécurité par rapport aux multiples prescriptions qui peuvent
se côtoyer dans l'entreprise ou sur un chantier agricole : objectifs à atteindre, consignes
d'utilisation du matériel, …
• écart existant entre sécurité prescrite et sécurité réelle, selon les différents types de situations
rencontrées ;
• raisons du non-port, difficultés réelles rencontrées par les opérateurs.
Méthode
La méthode retenue consiste en une combinaison d'entretiens semi-directifs, d'observations sur le
terrain et de confrontations avec les avis des préventeurs.
Un guide d'entretien semi-directif auprès des utilisateurs, dans une optique permanente
d'approche globale de la situation, incluant un maximum de facteurs environnants.
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des observations sur le terrain d'éléments concrets dégagés lors de la discussion, objectivant
ainsi l'approche ;
une confrontation avec les avis des préventeurs présents (aspects législatifs, normatifs, ou
comparatifs d'une région ou d'un secteur à l'autre, …).
Déroulement de l'enquête
Chaque correspondant régional se chargeait de trouver et de convaincre des entreprises répondant
aux critères définis au début de l'enquête, notamment en termes d'appartenance aux secteurs
retenus. Les difficultés, à ce stade, étaient déjà nombreuses : tenir compte des surcharges d'activités
saisonnières, convaincre les entreprises, prendre en compte l'accessibilité aux chantiers, ….
Après une première prise de contact, il exposait sommairement la démarche et ses modalités. Puis il
accompagnait le responsable de l'étude INRS sur le site.
L'entretien, toujours individuel, durait en moyenne entre 1 h et 1 h 30, dans certains cas beaucoup
plus. Il était complété par des observations et des discussions sur le chantier lui-même. Les
conditions parfois précaires de l'entretien (plein air, climatiques) ont parfois conduit à le réaliser dans
un véhicule.
Après les entretiens, le correspondant pouvait être amené à fournir des réponses concrètes et
argumentées sur certains points que le questionnement avait soulevés, transformant alors la
démarche en recherche-action, par le biais notamment de sensibilisation et d'information ciblée.
L'engagement était pris de fournir à l'entreprise un rapport à la fin de l'étude, lui permettant de se
situer ultérieurement par rapport à l'échantillon complet (demande souvent spontanément formulée
par l'employeur).
Les entretiens se sont étalés entre mars 99 et juin 2000.
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• La tâche et les risques : à partir de la description de la tâche effectuée, on aborde tout d'abord
la perception des risques présents au cours d'un travail habituel. Puis ceux plus spécifiques,
pouvant survenir dans des conditions particulières. Ainsi que les modalités de prise de
conscience de ces risques par l'opérateur.
• La prévention et les protections possibles : Une approche très générale des différentes formes
de protections mises à disposition, afin d'en appréhender leur intérêt respectif et leurs limites
perçues. On essaie aussi ici de dégager un "profil" des personnes qui seraient les plus
enclines à se protéger dans la branche d'activité.
• Le rapport perçu entre la protection individuelle et les accidents, au travers notamment d'une
analyse rapide avec l'intéressé des accidents survenus.
Il est bien évident que l'on ne saurait ici se contenter de simples réponses de type binaire (oui / non),
qui ont évidemment toute leur importance, mais qu'il convient à chaque fois de faire expliquer et
argumenter, en s'adaptant à la personnalité de la personne interrogée, au contexte professionnel, ...
L'analyse des données présentées ici est donc essentiellement qualitative, répondant ainsi aux
objectifs initiaux d'une meilleure compréhension des mécanismes conduisant à certains
comportements. Les données chiffrées sont toutefois présentées sous forme de pourcentages, afin
notamment de permettre de déceler des tendances entre catégories ou items.
Bilan global
118 personnes au total ont été interrogées, se répartissant comme suit :
Répartition régionale
Haute Total
Limousin Centre Ile de France Midi-Pyrénées
Normandie répondants
48 33 18 16 3 118
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Répartition par secteurs
32 29 29 28 118
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Les principales fonctions rencontrées, par secteur d'activité
Arboriculteur
Chef entreprise,
exploitation
Responsable sécurité
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Sans parler de retombées très concrètes, telles qu'exigences des employeurs désormais plus
soutenues auprès de fournisseurs qui pourraient être tentés –parfois en toute bonne fois d'ailleurs
- d'écouler des matériels périmés.
Citons encore pour mémoire cette demande spontanée d'échanges de l'Inventaire Forestier
National afin de "l'aider à rédiger un cahier des charges pour des EPI adaptés à son activité", qui
a donné lieu à une action d'assistance débouchant sur des prise de décisions concrètes au sein
de l'entreprise, et dont les résultats on pu être intégrés à cette enquête.
Remerciements
Il est bien évident que cette enquête n'a pu se dérouler dans d'excellentes conditions que grâce à une
préparation et une participation très active des correspondants ayant accepté de collaborer à cette
étude. Qu'ils en soient ici remerciés.
Centre
• GOBAUT Patrice, technicien régional de prévention, SRITEPSA ;
• SERGENT Fabienne, technicien régional de prévention, SRITEPSA .
Ile de France
• GALLIEN Marc, technicien régional de prévention SRITEPSA.
Limousin
• JUSTIN Patrick, technicien régional de prévention SRITEPSA ;
• CHASSAGNARD Odile, technicien conseil MSA Haute Vienne ;
• DEBORD Jean Michel, technicien conseil MSA Haute Vienne ;
• MENEYROL Francis, technicien conseil MSA Corrèze ;
• MICHAUD Jean, technicien conseil MSA Creuse ;
• PRADINAS Jean Michel, technicien conseil MSA Corrèze.
Normandie
• RICHARD Jean-Jacques, technicien régional de prévention, SRITEPSA ;
• BERTRE Rémy, technicien conseil de prévention MSA Eure ;
• LE BIHAN Jean Mary, technicien conseil de prévention MSA Eure ;
• PLOTEAU Daniel, technicien conseil de prévention MSA Seine Maritime.
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Caractéristiques générales de la population interrogée
La population interrogée se compose de 29 personnes, toutes de sexe masculin, rencontrées entre
novembre 98 et janvier 2000. 14 personnes travaillent en région Ile de France, 6 en Haute Normandie,
6 en Limousin et 3 en région Centre.
Les fonctions rencontrées, élagueurs (12 = 41%, dans lesquels on peut distinguer quelques
spécialités : éhoupeur, monteur, grimpeur…), paysagistes (9 = 31%), chefs d'entreprise sans autre
précision (4) et autres fonctions telles que forestier, chauffeurs, polyvalent ou formateur, se
répartissent, au niveau du statut, en salariés mensualisés (16 = 55 %), employeurs ou assimilés (6 =
21%), élèves en formation dans un CFPA (4 = 14 %) et indépendants (3 = 10 %).
83% de ces personnes travaillent habituellement en groupe, 10% tantôt seules tantôt en groupe, et 2
personnes toujours seules.
59% appartiennent à une entreprise dont l'effectif est compris entre 11 et 50 salariés, 33% à une
entreprise comprenant 2 à 5 salariés, les autres à une entreprise d'un effectif compris entre 6 et 10
salariés.
63% de la population appartient à la tranche d'âge des 25/35 ans, 15% à la tranche 36/45 ans.
L'ancienneté révèle une prédominance de personnes exerçant l'activité depuis plus de10 ans :
• Ancienneté de moins d'un an : 5 = 18%
• De 1 à 5 ans : 6 = 21%
• De 6 à 10 ans : 7 = 25%
• Plus de 10 ans : 10 = 36%
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• d'autres chutes: à la descente des camions, dans un talus, d'un escabeau ("les gens ne
pensent pas à l'entretien lorsqu'ils créent leur jardin") ;
• Glissades (1) ;
• Mal de dos (2).
Plus spécifiquement
• Projections de cailloux, de matières broyées (1), risques phytosanitaires (2), faune (frelons,
insectes) qui se réveille pendant le travail.
Tous ces risques énoncés se répartiront naturellement très différemment selon que l'on est à terre
(chutes d'objets, glissades, coupures) ou dans l'arbre (couper sa corde, tomber, réaction des
branches)…
Une formation
Une formation spécifique sécurité, tout Sont
Leurs Leurs Total
intégrée à parfois dispensée seul, actuellement
responsables collègues répondants
l'enseignement par un organisme tas en formation
extérieur
1 2 7 4 10 5 29
Si l'on exclut les interviewés actuellement en apprentissage, presque un tiers des personnes
interrogées (31%)ont reçu une formation spécifique à la sécurité, soit lors de leur enseignement, soit
ultérieurement. Et 48% soit s'en sont remis à leurs collègues, soit se sont débrouillés seuls.
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l'arbre présente des défectuosités (trou du à un nid de pivert ou a des nids d'abeilles) ou des
maladies (champignons) qui le fragilisent, mais aussi s'il recèle des corps étrangers : "s'il y a
des pics de ferraille posés sur le bois, tels que protection d'animaux, clôtures" ; "le bois a
parfois pourri et il ne reste que la ferraille, parfois cachée sous des fougères dont on ne se
méfie pas" ;
• Environnement : les mousses qui provoquent des glissades, les abords des routes et la
circulation ;
• Empressement : "lorsque l'on est débordés, submergés par le travail et qu'il faut courir".
La protection individuelle
Toutes les personnes interrogées en font évidemment mention. Dans cette approche liminaire, encore
générale, on souligne son caractère utile, nécessaire, que l'on a souvent mis en évidence grâce à
l'expérience : "les accidents sont moins graves, moins importants qu'avant", "j'ai pris une branche sur
la tête, heureusement que j'avais le casque !", "avec les bouchons d'oreille, j'ai arrêté la progression
de ma surdité".
Les limites en sont évoquées en termes de contraintes supplémentaires, "surtout si on a un effort
physique à faire" ou de rendement diminué "on va quand même moins vite quand on les porte", mais
aussi déjà, d'inadéquation à la tâche : "ceux qui nous ont pondu de grimper dans l'arbre avec le
casque, ils ne connaissent vraiment pas le travail".
16 13 29
Un peu plus de la moitié des opérateurs rencontrés éprouvent parfois le besoin d'inventer "leur"
propre sécurité, un indice révélant la prise de conscience d'un certain manque ressenti en ce
domaine. Ces inventions se situent beaucoup plus dans l'adaptation de comportements jugés mieux
adaptés, que dans des aménagements matériels.
• Les modes opératoires peuvent se trouver adaptés aux exigences du terrain : "on a appris
des combines sur le tas", et on dispose alors d'une "panoplie" de procédures que l'on adapte
en fonction de la nature du chantier, à partir de paramètres que l'on recueille avant de
démarrer la tâche. Une approche résumée par cet opérateur : "dans l'arbre, on doit toujours
se débrouiller seul, il ne faut compter que sur soi" ;
• Des pratiques augmentant le niveau de sécurité: la façon de se corder, ou la manière de
retenir les branches que l'on est en train de couper "avec une longe supplémentaire". Tout
simplement "doubler" sa sécurité, même lorsque ce n'est pas vraiment indispensable : "je crée
souvent un troisième point d'ancrage quand l'arbre est difficile, ou je fais un deuxième
prussique ;
• Savoir prendre du recul par rapport à la situation : ne pas engager le travail si l'on juge la
situation trop délicate ;
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• Quelques aménagements plus matériels sont aussi signalés : "on met des planches quand le
terrain est dangereux", on s'est fabriqué une échelle de corde avec la corde pour
redescendre, c'est plus facile qu'avec les griffes". Un chef d'entreprise relate même l'apport
qu'il fournit systématiquement à un fabricant très connu de cordages : "j'ai trouvé du nouveau
au niveau de l'utilisation des prussiques ou des cordes américaines, ils sont preneurs. De
même je leur fais part des défauts que je constate".
24 13 27
C'est surtout l'organisation du travail qui semble importante pour 88% des répondants à cette question
(comme les réponses à la question précédente l'avaient déjà quelque peu laissé présager) :
• Posséder une formation initiale solide, une sensibilisation à la sécurité, car il est souligné ici
que l'expérience n'est jamais transmise entre collègues : "celui qui trouve une nouvelle
manière n'en parle jamais aux autres", il n'y aurait pas de réelle communication : "le soir, dans
le camion, on ne se dit rien" ;
• Disposer d'un matériel de sécurité en état, régulièrement vérifié : machines, cordages,
harnais, et le prendre avec soi avant de se rendre sur le chantier ;
• Observer le contexte : repérer auparavant toutes les contraintes du chantier, voir si les
branches peuvent tomber "en direct" ou s'il faudra organiser des rétentions ;
• Penser aux choix de substitution : "plutôt que de monter, parfois je loue une nacelle de 32m,
cela amène gain de temps, d'énergie, de fatigue, et de sécurité" ;
• Organiser préalablement le chantier : regrouper les matériels, prévoir les chemins de fuite
possibles au cas où on se trouverait coincé, éviter les co-activités trop proches, répartir le
travail en fonction des conditions météo, (choisir la meilleure période, même si cela oblige à
une révision des plannings le matin même), répartir le travail en fonction des compétences de
chacun.
Mais le fait de travailler en équipe est également, pour 48% des répondants, un facteur déterminant
de la prévention :
• Par les apports et les enrichissements mutuels : "on s'entraîne, on invente, on s'apprend, on
s'organise entre nous" ;
• Par l'émulation, qui joue aussi en matière de sécurité : "quand on est plusieurs, on est obligés
de faire plus attention, on doit faire notre travail en conséquence" ;
• Par la coordination, la complémentarité nécessaire entre notamment l'opérateur dans l'arbre
et l'homme de pied qui reste à terre : "je fais énormément confiance à l'homme de pied, dès
que je l'appelle il faut qu'il vienne, parce que il peut arriver n'importe quoi. Au démontage,
c'est l'homme de pied qui retient tout", "il y a certains travaux que je ne ferais pas avec tout le
monde, je choisis l'homme de pied par rapport à ses qualités". Une attention mutuelle qui
joue aussi dans l'autre sens : "quand le gars est en haut, il faut qu'il fasse attention à celui en
bas" ;
• Par la souplesse induite grâce à la cohésion du groupe: "parfois, on fait le travail d'un collègue
qui a fait la fête la veille" ;
• Pour organiser les secours lorsqu'une personne se blesse.
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conduit à penser que les plus jeunes se protégeraient mieux (5 citations) : "dans les démos de
cordes ou de harnais, on voit toujours des 20/30 ans, les plus de 40 ans n'ont jamais eu de
formation" ;
• L'expérience acquise joue par contre en faveur des plus âgés : "on ne se fera pas avoir deux
fois", "on ne voit pas le problème tout de suite, il faut du temps pour comprendre, ça ne
s'apprend au contact du risque". Mais on ajoute aussi fréquemment que ces plus âgés "ont
tellement fait de travaux sans protection qu'ils voient ça de loin n'en percevant pas toujours
l'utilité" ;
• La personnalité de chacun :
o L'humilité : "les humbles, ceux qui préfèrent se dire qu'ils ne connaissent rien se
protègent mieux, car dans notre métier il faut adopter une certaine philosophie et ne
pas se croire le plus fort ou être prétentieux" ;
o la peur : "au début j'étais toujours en train de passer mes rappels, de me mettre en
double sécurité" ;
o la prise de conscience du danger: "celui qui comprend sans avoir besoin de vivre des
expériences" ;
o l'envie de paraître : "malheureusement ça plastronne beaucoup dans ce métier,
beaucoup raisonnent en termes d'esthétique : en été ça fait plus joli d'être sans
protections".
• le statut : "les tâcherons ne voient que le rendement et les intérimaires ne disposent pas
toujours du matériel adéquat".
20 13 28
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Total personnes interrogées 29
port chaussures 28
port antibruit 26
port vêtement 26
port gants 24
port casque 20
port lunettes 19
port harnais 18
cordes 14
port bottes 10
port masque 7
Ce tableau reflète l'importance ressentie des EPI dans les activités d'élagage. Tous les EPI y sont en
effet représentés, avec la présence prépondérante des chaussures, antibruit, vêtements, gants.
Le casque
Fréquence du port
2 9 3 8 7 29
41% déclare porter ce casque tout le temps ou assez régulièrement, 28% de temps en temps :
• En activité d 'élagage proprement dite, on l'utilise à la fois
o au sol (le plus fréquemment cité, et jugé le plus utile) : pour se protéger de chutes de
branches, notamment dans le cas de l'homme de pied lorsque son collègue travaille
dans l'arbre ;
o dans l'arbre : pour éviter de se cogner dans les branches, au démontage, lorsque l'on
travaille à plusieurs à des étages différents ou encore lorsque l'on y a remarqué la
présence de beaucoup de bois mort.
• On le met aussi assez systématiquement lors de travaux ponctuels de bûcheronnage ;
• Ainsi qu'au débroussaillage.
24% ne le mettraient presque jamais. On invoque alors :
• Son inutilité dans certaines conditions : après la tempête "puisque tous les arbres sont
tombés", dans les cas de taille de haies, débroussaillage (pas de hauteur = pas de danger),
ou encore lors de ramassage de branches ;
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• Son inadéquation à l'environnement : "dans l'arbre, le vrai casque de bûcheronnage
s'accroche et tombe".
Confort
pas du tout
très confortable assez confortable peu confortable Total répondants
confortable
4 11 5 4 24
Le casque est jugé plutôt confortable, 63% des personnes interrogées s'exprimant en ce sens. "il est
assez facile à porter, plutôt bien conçu" : la profession dispose en effet d'un casque particulier, ajouré,
donc aéré. Quelques remarques négatives concernent la jugulaire, "qui gêne, tape, et fait mal à la
tête".
Gêne occasionnée
pas du tout un peu assez beaucoup Total répondants
12 2 4 3 21
67% n'évoquent pas de gêne particulière. Les 33% restant parlent de lourdeur qui peut les
déséquilibrer, notamment quand ils montent dans les arbres. Certains déclarent utiliser un casque de
varappe pour se sentir plus à l'aise.
Protection estimée
très bien bien peu pratiquement pas Total répondants
12 6 4 0 22
82% des personnes interrogés estiment que le casque protège bien, voire très bien. "Pas dans
l'arbre", mais essentiellement contre les chutes de branches. Et on n'hésite pas à se référer ici à sa
propre expérience: "on a vu des gens qui ont été tués parce que ils ne portaient pas le casque".
Durée de vie
1an plusieurs années plus de 5 ans Total répondants
4 14 3 21
Le même casque accompagne généralement l'opérateur pendant plusieurs années, une durée
comprise entre 1 et 5 ans. Mais quatre personnes déclarent le changer tous les ans et 3 autres le
garder plus de cinq ans.
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Causes de renouvellement
détérioration apparente détérioration supposée
péremption Total
(rayures, déchirures, (choc sans séquelles jamais normes
légale répondants
trous,...) apparentes)
4 5 3 3 1 16
Modifications casque
• 3 personnes ont remarqué récemment des modifications positives. Elles concernent une
amélioration des aérations, "ne nécessitant plus de faire soi-même ses trous dans le casque",
la coiffe intérieure devenue réglable grâce à un système de molettes, et le fait qu'ils soient
devenus plus supportables car moins lourds.
• 16 personnes, soit 55% des personnes interrogées, souhaiteraient y voir encore apporter des
améliorations :
o Les équipements annexes devraient être mieux intégrés, standardisés : "incorporer
visière et écouteurs antibruit, ou au minimum permettre leur adaptation", ainsi que le
profil (6 citations) : "moins de choses qui dépassent, que cela ne se prenne plus dans
les branches, qu'il soit plus compact". On évoque même le souhait de se voir doter
d'un casque intégral ;
o la jugulaire (4 citations) est encore souvent absente sur certains modèles (alors
qu'elle est présente sur les casques de montagne), ou donnée à part, comme un
équipement supplémentaire, facultatif, qui de ce fait a tendance à se désolidariser de
l'ensemble ;
o Le poids (4) ;
o L'aération (2) ;
o Une meilleure adéquation morphologique (3) : "qu'il soit mieux ajusté", "qu'il tienne
mieux, le système de réglage en plastique n'est pas au point".
Page 16
L’écran facial
assez de temps en
Non réponse tout le temps presque jamais Total réponses
régulièrement temps
4 1 1 12 11 29
L’écran facial est assez peu utilisé : 41% des personnes interrogées porteraient seulement
occasionnellement l’écran grillagé, une seule personne ayant cité un modèle en plexiglas.
• Pour certains travaux particuliers : débroussaillage (4), bûcheronnage abattage démontage
(6) pour se protéger des gros copeaux, pour les éclaircies dans l'arbre (2), quand il y a du
vent qui rabat les copeaux et la sciure (3), ou encore avec certaines machines : roto fil,
broyeur, et bien sûr tronçonneuse.
• Mais on le trouve inadéquat dans l'arbre (3) (tendance à s'accrocher dans les branches), en
élagage (2) (copeaux passent en dessous), en présence de poussières fines (contre
lesquelles il sera inopérant, voire gênant), ou encore à l'utilisation de la débroussailleuse
(importance d'une bonne visibilité).
Confort
pas du tout
très confortable assez confortable peu confortable Total répondants
confortable
1 4 9 1 15
Son utilisation peu régulière amène la moitié seulement des personnes interrogées à s'exprimer
quant à son confort. Confort tout relatif d'ailleurs, puisque plus de la moitié des personnes trouvent cet
écran plutôt inconfortable. Inconfort exprimé plutôt en termes de vision obstruée par un grillage qui se
bouche rapidement, par des rayures ou des impacts sur l’écran plastique, ou encore par la buée due à
la respiration.
Gêne
7 2 5 1 15
Les mêmes griefs de visibilité se retrouvent au niveau de la gêne que cet EPI peut engendrer dans le
déroulement du travail, chez le peu de personnes qui évoquent ce handicap. On parle alors de champ
visuel rétréci, de reflets perturbant en présence de soleil, de grillage obstrué par poussières ou
gouttelettes d'eau. Mais plus de la moitié des répondants déclarent n'éprouver aucune gêne
particulière.
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Protection
5 7 3 15
La protection est jugée bonne par 80% des personnes s'étant exprimées. Les réserves concernent
surtout les particules fines, la poussière, les copeaux qui arrivent à se frayer un chemin à travers
l’écran grillagé. L’écran plexi serait jugé plus efficace de ce point de vue, mais serait trop encombrant,
se rayant très vite.
Durée de vie
2 6 5 1 14
La durée de vie moyenne tourne autour de l'année, mais certains durent plusieurs années.
70% des personnes concernées les changent lorsqu'ils présentent des signes apparents de
détérioration, 30% opèrant un renouvellement systématique complet du casque et des accessoires. La
grille se déforme et se bouche avec la sciure, les ressorts de maintien lâchent parfois, et le transport
dans les camions accélère leur détérioration "lorsque la tronçonneuse tombe dessus".
Améliorations
• 3 personnes ont remarqué des améliorations récentes de leurs écrans faciaux : visibilité
accrue, équipement moins encombrant, apparition de protections frontales en nylon évitant
l'intrusion de copeaux, et leur intégration désormais systématique au casque.
• 7 personnes attendent encore des améliorations concernant :
o visibilité : « essayer des écrans grillagés blancs » ;
o protection : mailles plus serrées ;
o confort : « écran coulissant, comme le casque de pompier, afin de la préserver et qu’il
soit moins imposant » ;
o tenue mécanique : ressorts de support plus fiables.
Les lunettes
2 5 8 6 8 29
Page 18
45% des personnes interrogées porteraient régulièrement les lunettes, 21% de temps en temps
seulement.
• Les travaux où elles sont le plus utilisées sont le débroussaillage (8), l'élagage (4), le
démontage (2), le fauchage (1). On la préfère alors à la visière pour la protection plus efficace
aux poussières fines ou à base de mousse sèche, aux sciures, à la résine qui brûle les yeux,
aux copeaux, aux cailloux (débroussaillage). Et afin d'optimiser cette protection contre
l'intrusion de corps étrangers, on pense parfois à acquérir un modèle fermé sur le côté ;
• On souligne aussi son moindre encombrement par rapport à un casque affublé d'une visière ;
• Elle accompagne donc généralement l'utilisation de machines telles que tronçonneuses,
soufflettes, débroussailleuses.
Confort
9 9 3 21
Les lunettes sont jugées dans l'ensemble confortables (86% d'avis en ce sens), voire très confortables
pour 43%.
Les quelques réserves émises à ce sujet concernent l'apparition de buée, la transpiration lorsqu'il fait
très chaud, la non compatibilité avec certains types de casques antibruit et le fait qu'elles serrent
parfois le nez.
Gêne
14 4 0 1 19
Les lunettes ne provoquent que très peu de gêne au travail, sauf en présence conjointe de l'antibruit,
ou lorsque la visibilité se trouve réduite (notamment à cause de la sueur).
Protection lunettes
7 15 1 0 23
Page 19
La protection offerte par les lunettes est jugée presque unanimement bonne (95%). On insiste sur leur
utilité en débroussaillage. Mais on est bien conscient de leurs limites, dues notamment à l'absence
d'étanchéité sur le dessus et le côtés, qui peut laisser entrer copeaux, sable, sciures.
Durée vie
4 5 8 1 18
Les lunettes sont généralement conservées, à quelques exceptions prés, une année et plus. Elles
sont renouvelées lorsqu'elles présentent des détériorations apparentes (rayées, cassées, …). Il arrive
d'ailleurs que ces lunettes s'abîment bien souvent en dehors de l'activité proprement dite : "elles se
rayent plutôt sur le tableau de bord de la camionnette".
Améliorations
• 5 personnes ont remarqué des améliorations techniques récentes sur ces lunettes de
protection : étanchéité améliorée, meilleure circulation de l'air, résistance accrue aux rayures,
protection UV rendue plus agréable grâce à un traitement de surface.
• 8 personnes souhaiteraient encore de nouvelles modifications :
o meilleure protection du visage, meilleure étanchéité sur le dessous ;
o meilleure circulation d'air empêchant formation de buée ;
o meilleur maintien sur le nez ;
o meilleure résistance aux rayures, étui de protection fourni.
L'antibruit
de temps en
Non réponse tout le temps assez régulièrement presque jamais Total réponses
temps
1 9 8 9 2 29
59% des personnes interrogées déclarent utiliser un équipement antibruit tout le temps ou assez
régulièrement. Le fait qu'il soit souvent intégré au casque, sous forme de coquilles, semble favoriser
son utilisation, par sa disponibilité permanente. Mais certains utilisent aussi des bouchons d'oreille,
jugés dans la profession apparemment moins confortables que les coquilles.
Son utilisation est conditionnée par l'utilisation de machines jugées particulièrement bruyantes :
• tronçonneuses (13) : "quand on la tient au niveau du buste pour un démontage, et qu'elle fait
125 CV…" ;
• souffleurs de feuilles (7) "il faudrait d'ailleurs que l'antibruit soit attaché au souffleur" ;
• taille-haies (4), car "on a là le moteur à côté des oreilles" ;
• tondeuses (3) ;
• débroussailleuses (2) ;
• broyeurs (2) ;
• scie (2) : "un bruit très aigu".
Il existe par contre des situations où l'opérateur décide de ne pas les utiliser :
• lorsqu'il juge que le port de l'équipement peut présenter un risque (7) :
Page 20
o par la diminution de perception des bruits utiles (5) : la corde ou la branche qui casse,
les informations données par ceux au sol lorsque le monteur est dans l'arbre, et plus
généralement lorsque l'on a besoin de communiquer "dans un métier où il faut sans
cesse hurler, avertir" ;
o par l'altération de la notion d'équilibre (2) : "l'équilibre se faisant avec l'oreille interne,
lorsque l'on met le protecteur, on a l'impression de ne plus avoir cet équilibre".
• lorsqu'il juge l'équipement inutile (5) : "avec machine peu bruyante", tondeuse ou petite
tronçonneuse, ou encore lorsque le bruit émis est plutôt grave, et donc moins désagréable ;
• encombrement (3) : "il n'est pas adapté au travail dans les branches, on s'accroche tout le
temps et on le casse" ;
• Inadéquation avec d'autres EPI (2) : "avec la visière en plus, ça devient vraiment trop gros",
"utilisé conjointement avec les lunettes, on perd toute étanchéité sonore" ;
• En présence de travaux très brefs, même s'ils sont répétitifs (1) : "lorsque je taille des petites
sections, j'utilise la tronçonneuse par petits à-coups, je ne vais donc pas perdre de temps à le
mettre et l'enlever sans arrêt".
Confort
pas du tout
très confortable assez confortable peu confortable Total répondants
confortable
8 11 6 0 25
Les antibruits sont dans l'ensemble jugés plutôt confortables par les trois quarts des répondants.
Les réserves émises à ce sujet concernent :
• La chaleur, qui favorise la transpiration l'été dans les coquilles, mais qui est jugée
positivement l'hiver, puisque "ça tient alors chaud aux oreilles" ;
• La sensation de pression provoquée par un réglage des coquilles parfois difficile à maîtriser,
qui conduit même certains "à mettre du papier de wc autour pour atténuer cette pression".
Une sensation évidemment moins bien supportée quand la durée de port augmente.
Gêne au travail
13 8 4 1 26
Une gêne au travail somme toute assez minime, au travers de laquelle sont à nouveau évoqués les
problèmes liés à la non-perception des bruits utiles, (avertissements provenant des collègues), mais
aussi le fait que l'équipement s'accroche dans les branches ou nécessite de s'essuyer souvent le
visage, ou encore la perte de temps occasionnée par le fait de devoir les enlever et les remettre
fréquemment.
Page 21
Protection estimée
13 7 5 1 26
Une protection jugée satisfaisante par plus des trois-quarts des répondants, et même très bonne pour
la moitié d'entre eux. Les effets du bruit sont alors ressentis très atténués : "c'est très reposant", "ça
coupe bien, ce qui nous arrive est plus sourd", "on est moins fatigués le soir", ce qui amène même à
se poser des questions quant à l'avenir : "cette atténuation nous rend moins conscients du danger, ne
risque -t-on pas des séquelles plus sournoises à long terme ?". Mais l'équipement ne protége
naturellement pas du bruit des très grosses machines, "avec lesquelles on a toujours mal au crâne".
plusieurs Total
1 jour demi année an plus de 5 ans
années répondants
3 1 7 6 1 18
L'antibruit a généralement une durée de vie qui tourne autour de l'année, certains pouvant rester en
service plusieurs années. Les trois personnes qui déclarent en changer tous les jours sont en fait des
utilisateurs de bouchons d'oreille.
Les coquilles sont la plupart du temps changées lorsqu'elles présentent des détériorations apparentes
importantes (63% des répondants) telles que garniture intérieure détériorée par la transpiration.
4 personnes déclarent les changer plus systématiquement, à l'occasion du renouvellement du casque,
et une seule lorsqu'elle remarque que l'équipement a perdu ses qualités acoustiques.
Modifications antibruit
• 4 personnes ont remarqué des modifications positives récentes. La plus importantes
concernant une meilleure répartition du poids du casque sur la tête grâce à une amélioration
du système de serrage des coquilles : "le casque nous parait moins lourd". Une personne a
quant à elle apprécié la nouvelle esthétique ( formes, couleurs).
• 7 personnes souhaiteraient des améliorations de cet équipement :
o plus efficaces, (4) (isolation, rembourrage) ;
o plus résistants (1) ;
o moins imposants (1) ;
o adaptables sur un casque de bûcheron (1) ;
o "prévoir un petit système sur le pavillon derrière l'oreille, comme sur les appareils
auditifs", afin d'améliorer l'impression de liberté.
Page 22
Le masque
Fréquence de port
13 0 0 7 9 29
Le masque est utilisé dans la profession de manière épisodique, essentiellement lors des traitements
phytosanitaires. Mais une personne déclare l'utiliser aussi lors de travaux d'élagage afin de se
prémunir contre l'inhalation de poussières.
Confort
Sur 8 personnes s'étant exprimées à ce sujet, 4 trouvent le masque pas du tout confortable : buée,
condensation, non adéquation à la morphologie du visage, fait qu'il serre, prise d'air souvent
insuffisante.
Gêne
Les 6 personnes ayant répondu à la question sont unanimes : le masque ne gênerait pas du tout le
bon déroulement de leur travail.
Protection
3 2 1 2 8
Sur 8 répondants, 3 sont convaincus de l'efficacité de la protection offerte par cet EPI : "c'est la raison
pour laquelle je le mets quand je sais que le produit est très dangereux". Ceux qui émettent des avis
plus mitigés évoquent le manque de repères objectifs quant à cette efficacité "toutes les odeurs
passent", on ne sait jamais quand les cartouches sont bonnes ou non".
Durée de vie
La profession utilisant plutôt des masques légers type papier, ceux-ci ne servent généralement pas
plus d'une journée : "on le met une seule fois et on le jette". Une seule personne garde son masque
plusieurs années de suite.
Page 23
Améliorations souhaitées
3 personnes souhaiteraient des améliorations de ces masques. Une nécessité de repères clairs, tout
d'abord : "il faudrait des sels qui changent de couleur". Une meilleure adaptation à la morphologie du
visage ensuite, et une meilleure adéquation aux produits utilisés : "les casques blancs que l'on utilise,
il paraît que ça ne sert à rien".
Les vêtements
Fréquence de port
1 21 3 2 2 29
72% des répondants déclarent porter un « vêtement de travail » en permanence. Vêtement, un terme
générique pour des équipements qui peuvent en fait s'avérer fort différents : pantalon anticoupure (7),
combinaison, veste, bleu, cottes… Le vêtement n'est pas toujours personnel : "on a un seul pantalon
tronçonneuse pour toute l'entreprise, et moi je ne peux pas entrer dedans". Certains gardent le
vêtement pendant toute la journée de travail (8), d'autres ne mettant le pantalon que lorsqu'ils utilisent
la tronçonneuse (6).
Confort
13 12 25
Gêne
16 4 4 1 25
Peu de gêne au travail engendrée par ce type d'équipement : tout au plus s'y trouve -t-on parfois
engoncé, avec pour corollaire une légère entrave aux mouvements.
Page 24
Protection estimée
10 8 6 2 26
La protection est jugée satisfaisante pour 69% des répondants, même très bonne pour 38% d'entre
eux : "quand on voit à la télé comment ça arrête la tronçonneuse, c'est drôlement utile, les onze
couches de protection, ça rassure".
Et pourtant, les réserves ne manquent pas :
• Protection non intégrale du pantalon : "protection devant oui, mais pas derrière, ils sont
limites, ne protégeant que 180° au-dessus, or les coupes se situent généralement en
dessous, alors on rajoute des manchons" ;
• Scepticisme : "un coup de tronçonneuse, je me demande si avec ou sans, ce ne serait pas la
même chose…", "quand on taille une haie on n'est pas protégé", "on voit bien que la qualité
s'amenuise", "avec le vêtement de pluie, à la débroussailleuse, on se prend tout : cailloux, ...".
Durée de vie
4 15 3 2 24
Il est plutôt rare qu'un vêtement dépasse l'année. Avant ce terme, le vêtement présente des
détériorations évidentes qui conduisent à le renouveler. "il s'accroche à la tronçonneuse, aux
branches, à l'écorce, les huiles et l'essence de la tronçonneuse accélèrent son usure".
Améliorations
• 4 personnes ont constaté des améliorations positives récentes : protections sur les bras
améliorant chocs et coupures, poches supplémentaires, certains vêtements spécifiques
élagage présentant dorénavant une protection avant et arrière, nombre de couches de kevlar
passé sur certains modèles de 9 à 12.
• 3 ont remarqué des modifications q'elles jugent plutôt négativement : qualité moindre, poids
augmentant avec la multiplication des couches de kevlar protectrices.
• 17 personnes souhaiteraient voir cet équipement s'améliorer :
o protection plus globale, moins localisée (5) : "les rebonds de tronçonneuse
peuvent venir de partout, le pantalon devrait être aussi épais derrière que devant, car
quand il y a un coup de vent, on a froid derrière", "il manque des protections sous les
bras, ils devraient être protégés à 360°, or on ne trouve pas, on nous dit ce serait trop
lourd" ;
o efficacité renforcée (4) : "la première couche est actuellement en synthétique, ce
serait mieux en coton à cause des projections de pots d'échappement qui bouffent le
synthétique", "le pantalon pour le débroussaillage devrait être en plastique dur pour
éviter les projectiles" ;
o poids moindre (4) ;
o souplesse accrue (2) : "les manches ont tendance à tourner et ne restent pas au
dessus du bras", "on est souvent engoncés, il faudrait que l'on soit plus à l'aise" ;
o ajustement plus précis (2) : "je fais 1,91 m, dans certaines marques je ne trouve pas
ma taille", "la combinaison devrait être plus ajustée pour que la sciure et le bois mort
n'entrent pas dedans", "je suis obligé de prendre un autre pantalon avec une taille au-
dessus pour pouvoir mettre quelque chose en dessous l'hiver".
Page 25
Les gants
Fréquence de port
assez de temps en
Non réponse tout le temps presque jamais Total
régulièrement temps
1 8 8 8 4 29
Un équipement utilisé par la plupart des élagueurs, selon une fréquence variable en fonction de la
nature des travaux effectués :
• Pour se prémunir des griffures, coupures, frottements des végétaux (13) : dans ronces,
épineux, mais aussi en présence supposée de toutes sortes d'objets indésirables (seringues,
verres cassés, pierres,…) ;
• Pour une meilleure préhension (7) : contre les vibrations de la tronçonneuse qui la font glisser,
pour s'agripper aux troncs, lors des travaux de dessouchage, de désherbage, pour tirer des
branches… ;
• Pour se protéger du matériel (3) : tire fort (échardes), plateau de la tondeuse, petites scies à
étui ;
• Contre les intempéries (2) : pluie, froid, humidité, ….
Confort
pas du tout
très confortable assez confortable peu confortable Total répondants
confortable
3 15 4 0 22
Les gants sont jugés généralement assez confortables. A condition bien sûr qu'ils soient à la bonne
taille, bien serrés, assez souples (on préfère ici le cuir).
Gêne
12 5 4 5 26
La gêne au travail apparaît surtout en présence de pluie ou d'humidité, par la moindre qualité de
préhension qui s'ensuit alors.
Page 26
Protection estimée
15 14 29
L'estimation de la protection offerte par cet équipement est assez mitigée. On précise que les gants
protégent bien des griffures, mais pas tellement des coupures, surtout pas celles provenant de la
tronçonneuse.
4 14 5 1 24
Dans la plupart des cas, le gant dure environ un mois. Lorsqu'il est très sollicité, il ne dépassera pas la
semaine. On le renouvelle toujours lorsqu'il présente des détériorations physiques apparentes
importantes. Les gants se percent rapidement au frottement avec les cordes, plus encore avec le
descendeur.
Les chaussures
Fréquence de port
assez
tout le temps de temps en temps presque jamais Total répondants
régulièrement
25 1 2 1 29
86% 100%
Les chaussures sont portées quasiment en permanence dans la profession par 86% des répondants.
On les met généralement le matin pour venir à son travail et on ne les enlève que le soir.
Page 27
Confort
21 6 27
Les chaussures sont jugées confortables "à condition "d'y mettre le prix, ce sont alors presque des
chaussures de ville", ".
Elles sont tout au plus jugées un peu lourdes "on est content de les enlever à la fin du travail". Une
seule personne se plaint d'avoir mal aux pieds "à cause de la ferraille qui oblige à renforcer avec des
cartons pour avoir moins froid".
Gêne au travail
22 2 24
92% 8% 100%
Protection estimée
22 1 23
96% 100%
3 18 3 24
Les chaussures sont généralement renouvelées tous les ans, lorsqu'elles présentent des signes
évidents d'usure : "les œillets s'en vont", les jointures partent, elles se coupent vite, surtout les moins
chères", "il arrive que la coquille tourne à l'intérieur". Et certaines usures sont spécifiques à l'activité :
"dans les arbres, on les casse souvent au niveau du talon, alors qu'au bêchage ce sont plutôt les
semelles qui souffrent".
Page 28
Améliorations attendues chaussures
11 personnes souhaiteraient quelques améliorations :
• Moins lourdes (5) ;
• Plus confortables (4) : isolation de la coque contre le froid ;
• Plus efficaces (2) : "le problème des bonnes chaussures d'élagage c'est le prix", "des
crampons pour l'adhérence" ;
• Plus souples (1).
Les bottes
assez régulièrement de temps en temps presque jamais Total répondants
3 7 19 29
Les bottes sont assez peu portées. Essentiellement au sol et quand il pleut. C'est un équipement qui
semble assez peu adapté au travail de l'élagueur : "on ne grimpe jamais avec les bottes, ça glisse,
pas de laçage, pas de maîtrise du pied, et même pour tondre on n'est pas à l'aise".
Confort
5 6 11
Utilisées assez irrégulièrement, on ne s'interroge parfois que peu sur leur confort. Les principaux
reproches à ce sujet portent sur la lourdeur, la raideur, et le fait qu'elles font mal aux pieds.
Gêne
11 1 12
Pas de gêne particulière évoquée au travail. On rappelle seulement ici qu'elles ne sont pas prévues
pour les travaux dans l'arbre.
Durée de vie
1 2 4 7
La faible fréquence d'utilisation conduit à garder la même paire de bottes plusieurs années durant.
Modifications attendues
Les deux personnes évoquant un souhait de modifications évoquent surtout une souplesse accrue qui
conviendrait mieux aux spécificités de l'élagage.
Page 29
Harnais
Fréquence de port
8 11 2 5 3 29
45% de la population rencontrée utilise régulièrement des harnais de sécurité, dès qu'elle grimpe dans
un arbre : "on est ainsi plus à l'aise, on se maintient dans l'arbre d'une seule main".
confort
9 6 15
Ils sont jugés plutôt confortables, "une fois qu'ils sont bien réglés", et donc à condition qu'ils soient
personnels. Le réglage apparaît toutefois assez fastidieux. Lors de déplacements fréquents dans
l'arbre, il peut arriver que l'opérateur se sente serré au niveau des cuisses, occasionnant ainsi
échauffements et rougeurs.
gêne
13 3 16
Ils ne gêneraient que très peu le bon déroulement du travail, là aussi, fait on remarquer, lorsqu'ils sont
bien réglés. Ils sont même considérés dans certains cas comme une aide au travail. On leur reproche
toutefois parfois leur lourdeur, un manque de liberté au niveau des jambières, et leurs bretelles très
rigides.
protection
Les quinze personnes ayant répondu à cette question estiment que le harnais offre une bonne
protection (14 l'estimant même très bonne). "ils sortent maintenant des harnais au top".
Durée de vie
4 7 4 15
Page 30
Le harnais dure généralement plusieurs années, certains étant renouvelés tous les ans. On le change
lorsqu'il est détérioré (3), coupé par exemple par la tronçonneuse, lorsqu'il a atteint sa date de
péremption légale (3), lorsqu'on le perd (2), ou simplement pour le plaisir, pour suivre la mode (1).
modifications harnais
• 4 personnes ont remarqué des modifications positives récentes sur ces harnais, touchant
essentiellement le confort, l'équilibrage : "ça maintient bien mieux le dos, on est bien assis
dedans, ça nous fait comme un petit siège" ;
• 4 personnes souhaiteraient encore quelques modifications : trouver des petites tailles,
réglages plus faciles, confort et légèreté.
Les cordes
Fréquence de port
12 personnes (soit 41% de la population rencontrée) utilisent assez régulièrement des cordes,
évidemment lors de travaux dans les arbres.
Confort
6 personnes les trouvent confortables "à condition d'y mettre le prix et qu'elles soient perso", 3 peu
confortables "à cause du poids".
Gêne
8 personnes estiment que ces cordes ne gênent en rien le bon déroulement du travail : "c'est au
contraire une aide au travail", contre 2 personnes de l'avis contraire (à cause de leur poids).
Protection
10 personnes estiment qu'elles offrent une bonne protection, une seule personne est de l'avis
contraire.
durée
Elles sont généralement utilisées durant plusieurs années, et sont renouvelées le plus souvent en
fonction de leur péremption légale ("les dates sont marquées"). A condition qu'elles n'aient pas été
coupées par la tronçonneuse avant cette date limite….
modifications attendues
3 personnes souhaiteraient voir apparaître quelques modifications au niveau de leur composition:
• un fil d'acier intérieur pour celles qui nous servent autour de l'arbre, mais pas pour celle plus
statique à laquelle on est suspendus ;
• la corde toronnée de la longe de sécurité gonfle plus à l'eau que la corde tressée.
Equipements combinés
Non réponse Port d'EPI combinés non port d'EPI combinés Total répondants
2 22 5 27
Page 31
La profession d'élagueur exige souvent d'avoir simultanément recours à plusieurs équipements de
protection.
• La combinaison la plus fréquemment rencontrée se compose de casque + antibruit + visière
(11 citations) et ne pose pas de problème particulier. On trouve bien l'ensemble un peu lourd
au début, mais on apprécie très vite que l'antibruit maintienne cet ensemble. Il est par contre
peu apprécié en espace verts ( jugé alors gros et encombrant) ;
• Il semble par contre que la combinaison casque + antibruit + lunettes (6 citations) soit plus
problématique : on a du mal à mettre les lunettes sur les oreilles à cause du casque, l'antibruit
serre les lunettes, l'ensemble est lourd à porter et entrave les mouvements de la tête. Par
ailleurs, un problème d'étanchéité sonore apparaîtrait avec l'utilisation conjointe des lunettes
et de l'antibruit ;
• masque et lunettes sont jugés incompatibles, entraînant buée sur les lunettes ;
• Les harnais utilisés conjointement avec les pantalons de sécurité sont jugés lourds ;
• La tenue de pluie forestière en caoutchouc est jugée incompatible avec les mousquetons :
"les matières glissent les unes sur les autres, entraînant alors les harnais à tourner".
Obligation ou conviction
23 5 28
Il reste toutefois une minorité pour qui le port est étroitement lié à une obligation édictée : "ce ne serait
que de moi, je ne les mettrais que quand j'aurais le temps…"; "ça n'a fait son apparition sur le chantier
que lorsque ça a été obligatoire".
24 4 28
La grande majorité des élagueurs rencontrés déclare avoir le temps -ou plus précisément, comme elle
le précise volontiers, "prendre le temps"- de mettre ses protections. On s'équipe généralement dès le
début du chantier avec chaussures, vêtements, que l'on gardera toute la journée : "c'est la première
des choses à faire avant de démarrer, et puis, ça prend 5 minutes". Les autres équipements étant
portés en fonction des différents travaux au cours de la journée. Et c'est là qu'une petite négligence ou
un souci de rendement "quand le chef me dit de me mettre rapidement au boulot" peuvent intervenir :
"pour des petits travaux, on ne va pas toujours courir au camion", "en élagage, quand la branche est
Page 32
attachée, il faut faire très vite, pas alors le temps d'aller au camion", "pour une bricole ça vaut pas le
coup de s'équiper". Cependant, on reste intransigeant sur certains points jugés incontournables:
"personne ne grimpera sans ses protections, même s'il faut faire vite".
Le fait de se protéger
on nous recommande des
des protections individuelles j'ai l'habitude de mon
protections, mais dans la Total
nous sont recommandées et travail, je sais me
pratique je ne peux pas répondants
les utilise presque toujours protéger autrement
toujours les porter
16 4 5 25
64% des répondants à cette question déclarent utiliser presque toujours les protections qui leur sont
recommandées. "ça nous aide vraiment dans notre métier", c'est un véritable confort au travail".
Deux personnes ajoutent toutefois : "j'espère que ça va durer", subodorant déjà des difficultés
ultérieures, provenant d'une pression du groupe ou des responsables :
• "mon maître de stage trouvait que je me protégeais beaucoup trop, tu es surprotégé disait-il" ;
• certains se sentent tributaires de l'approvisionnement : "quand je suis arrivé, je suis resté un
mois sans protection…les responsables n'y pensent pas assez".
20% invoquent l'habitude du travail, sans autre précision, et 16% se retranchent derrière le caractère
"entravant" de la protection : "c'est pas toujours pratique, par exemple pour grimper", "ça nuit à
l'efficacité de mon travail", ou encore remettent en cause son utilité :"je ne me sens pas en sécurité
avec l'antibruit : pertes des repères sonores, moins de repères dans l'espace à cause de la pression,
problèmes d'équilibre".
Quant aux influences extérieures possibles, le fait de se protéger ou non dépendrait plutôt :
des chefs et de leur manière de l'état d'esprit qui règne les deux : chefs et Total
d'aborder le problème dans le groupe groupe répondants
7 16 4 27
Surtout donc de l'état d'esprit qui règne dans le groupe, puisque l'on fait remarquer que "le chef n'est
de toutes manières pas tout le temps là". On insiste sur l'émulation au sein même du groupe : "si l'un
n'a pas l'EPI, l'autre le lui dira", "on n'a pas envie que ça retombe sur le copain", "on est tous capables
d'en parler". Une émulation qui devrait aller, pour certains, jusqu'à exiger collectivement la fourniture
des Epi auprès des responsables.
Car on est bien conscient que les responsables ont eux aussi leur rôle à jouer, par la mise à
disposition de cet équipement, l'information, les rappels de consignes, la prise éventuelle de sanctions
auprès des récalcitrants. Et bien entendu aussi par l'exemple.
Page 33
Certaines entreprises ont choisi une solution mixte : attribution systématique de certains matériels
"lourds" : chaussures, vêtements, le reste étant renouvelé en fonction de l'usure : antibruit, gants…
Mais il reste aussi des salariés qui doivent acheter eux-mêmes leurs protections : "j'ai pas eu droit à
grand chose, ici, ils veulent que l'on ait tout, mais ne donnent rien".
La disponibilité des EPI est jugée satisfaisante pour 83% des personnes rencontrées. Cependant
quelques problèmes de stocks insuffisants chez le fournisseur sont évoqués :
• la non disponibilité permanente de toutes les tailles, obligeant alors à des commandes
pouvant durer jusqu'à deux mois dans les cas extrêmes (taille de l'opérateur dépassant
1,90m). On se hasarde ici à évoquer une non connaissance du terrain de la part des
fournisseurs : "ils s'imaginent encore les vieux bûcherons canadiens de 110 kg et constituent
leurs stocks en conséquence" ;
• la non disponibilité de matériel jugé peu courant : les chaussures anti-coupe par exemple, qui
seraient toujours commandées à la demande chez certains fournisseurs ;
• La non-disponibilité en pleine saison, due à un afflux de demandes, et qui peut conduire alors
à des délais de 5 semaines.
17% seulement font état d'essais préalables avant l'achat des EPI. A part le cas de relations directes
avec le fabricant évoqué plus haut, qui permet de recevoir du matériel à l'essai pour tests, la
démarche d'essai préalable n'est pas encore étendue aux EPI, alors qu'elle se pratique couramment
dans certaines régions pour le matériel type tronçonneuse, taille-haies ou broyeur. Tout au plus arrive-
t-il que l'on demande l'avis de l'utilisateur, mais de manière toujours informelle, sans que l'on sache
Page 34
très bien quelles en sont, ou même pourraient en être, les retombées. Les essais sont donc plus l'effet
d'initiatives personnelles : "j'ai essayé un autre type de harnais par l'intermédiaire d'un collègue d'une
autre entreprise et des gars de l'EDF m'ont prêté leur casque, pour changer un peu"
Information à l'achat
71% déclarent recevoir une information lors de l'achat de leur EPI.
14 9 0 1 21
Plusieurs réponses
66% 43%
possibles
Un mode d'emploi dans 66% des cas, une information orale du revendeur dans 43%, les deux
pouvant cohabiter.
Un mode d'emploi ou une notice accompagnent souvent le produit. "mais on ne la lit plus, on sait ce
qu'il y a dedans, on connaît bien le matériel, on n'en a donc plus besoin". D'autant qu'on lui reproche
son caractère parfois ésotérique : "c'est fait par des bureaucrates, d'après les législations, avec les
mêmes phrases et les mêmes mots. Comment voulez-vous que ce soit parlant pour les gens qui les
utilisent?". Ce qui fait que l'on perçoit parfois ces indications comme un simple transfert de
responsabilité : "c'est comme les explications sur les paquets de tabac". Les notices se bornent
souvent à des indications sur l'entretien, des chaussures, par exemple. Ou comportent parfois des
indications très techniques, "comme la résistance d'une corde, d'un harnais, d'un mousqueton".
Parfois, un carnet de suivi accompagne le matériel "mais on ne le remplit pas". Dans certains
catalogues de produits, on trouve aussi un coupon à renvoyer en cas d'accident, afin de déterminer
l'origine du problème.
Les explications orales apparaissent plus comme un complément à cette information écrite. Mais on
est alors tributaire de la fiabilité des connaissances du vendeur : "ça dépend des magasins, il y en a
qui connaissent bien" et de la propre propension de l'acheteur à interroger son fournisseur….En
dernier ressort apparaissent les explications des chefs d'équipe, se résumant souvent à des
renseignements très basiques : "ils nous disent à quoi ça sert", "ils nous montrent comment mettre les
masques à l'endroit" "pour les harnais, il n'y a pas de mode d'emploi, c'est donc le responsable qui
explique".
¼ seulement de la population totale initiale déclare ne pas éprouver de problème particulier quant à la
compréhension de ces indications. Parmi les nombreux autres, beaucoup s'interrogent sur la
signification, découvrant même parfois ces indications pour la première fois lors de l'enquête. On
Page 35
évoque alors les difficultés de compréhension d'indications techniques, parfois libellées en anglais, ou
sur lesquelles l'opérateur n'a souvent jamais eu la moindre information : "il faudrait déjà qu'on nous
l'ait appris". Car le caractère intuitif et universel de cette information semble échapper à beaucoup :
"on ne sait pas ce que veut dire Kn (kilo newton), on nous fait référence à un système international,
qui nécessiterait une culture générale que tous n'ont pas, et on part du principe que tout le monde
sait…".
Total
aucun 1 acc 2 acc 3 acc plus de 3
répondants
11 8 4 4 2 29
62% des personnes rencontrées ont eu au moins un accident avec arrêt. Une analyse des 29 récits
d'accidents fait apparaître la répartition suivante :
Page 36
Coupures 10=35% Par machines : taille haie, tronçonneuse, broyeur,
Par outils à main : scie, serpe,..
Chutes 8=28% Glissade, chute d'échelle, chute de 12m, …
Surdité 1
Total 29=100%
Sur les six personnes s'étant prononcées quant au rôle qu'aurait joué une protection à ce moment
précis de l'accident, 3 personnes pensent que ce rôle aurait été positif ("un pantalon à fibres aurait
évité la coupure", "le pantalon m'a sauvé, sinon l'entaille m'aurait conduit à l'hôpital"). Et trois autres
pensent que la protection n'aurait de toutes façons servi à rien.
est-ce qu'une protection peut parfois, d'après vous, entraîner elle-même des risques imprévus quand
on la porte ?
1 17 11 28
61% des personnes s'étant exprimées à ce sujet pensent qu le fait de porter une protection pourrait
lui-même être à l'origine d'une accident, contre 39% d'un avis contraire.
Les risques pouvant être induits par la présence de l'EPI se répartiraient ainsi :
Page 37
Perception amoindrie (visuelle, auditive, 7 - Bruits provenant de l'environnement
équilibre (branche qui craque)
- Visière du casque trop importante =>
prendre un truc sur la tête
lunettes diminuent visibilité
-couleur de la visière, avec la rosée en
plus, aveuglement, voile.
- ne pas entendre collègues qui appellent
Confiance exagérée 3 - Quand neuf, défaut de fabrication toujours
possible, mousqueton fendillé ou
endommagé
- coupé le pouce avec la tondeuse malgré
les chaussures
- préhension amoindrie de la corde
Entrave mouvements 3 - moins leste dans les mouvements de pluie
- pantalons de sécurité : prendre des tailles
supérieures pour être à l'aise, entrejambe
descend pas assez abs
Maladies 1 -casque antibruits portés toute la journée,
avec l'humidité, des otites
Total citations 24
peur de l'accident
oui non Total répondants
21 7 28
75% des personnes interrogées avouent éprouver une certaine peur de l'accident ou de la maladie
lorsqu'ils réalisent leur travail.
On n'évoque finalement qu'assez peu les maladies (7 citations) "l'élagueur n'est exposé qu'à très peu
de maladies") dues à :
• l'utilisation de produits phytosanitaires (3) ("avec un masque pas adapté, et un produit tête de
mort") ;
• l'environnement (3) sciure d'acacia, érable, suie… ;
• les gaz d'échappement des machines. Un problème de sécurité des machines qui n'a été
évoqué que deux fois, mais, dont l'acuité semble importante.
o "je respire les gaz d'échappement à longueur de journée, il y a des jours où j'ai la
gorge gonflée. Les moteurs, mal réglés, s'encrassent très vite, se mettent à fumer,
polluent, tournant à des régimes tellement élevés. Pour les taille-haies, le tuyau
d'échappement est certes bien dirigé vers le bas, mais les gaz remontent sur la haie.
Et ils consomment énormément d'essence, plus de 10 litres par jour, c'est tout ça qui
passe dans mes poumons" ;
o "on est gênés par les gaz de tronçonneuses quand on coupe une souche, ça renvoie
du sol et ça pique les yeux, c'est l'huile, et on la respire". Un problème plus
mécanique est également évoqué à ce propos : "le pot d'échappement frotte contre le
vêtement en nylon, les gaz passent au travers et ça chauffe. La chaleur de la
tronçonneuse peut faire fondre le nylon qui se déchire alors très facilement".
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Par contre, on évoque beaucoup la peur de l'accident :
• coupures par machines (6) (tronçonneuses surtout) ;
• chutes (6) : "dans les arbres dangereux ça peut arriver à tout moment". On insiste ici sur le fait
que la peur inciterait à la vigilance et augmenterait le niveau de sécurité "un élagueur qui a le
vertige prendra moins de risques, la peur réduit le risque" ;
• seringues qui traînent (3) ;
• accidents de la circulation.
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• 20% des personnes interrogées arriveraient à mettre sur un même pied d'égalité travail à faire
et sécurité : "c'est un tout indissociable, faire le travail dans les meilleures conditions de
sécurité possibles". "c'est un ensemble qui regroupe économie, qualité, sécurité et rentabilité :
sur chaque chantier il faut faire une moyenne de tout cela, si on n'est pas en sécurité on fait
du mauvais travail".
• 52% déclarent privilégier la sécurité.
o elle est tellement intégrée pour certains qu'ils déclarent n'y même plus penser : "je
pars le matin, je pense à tout, j'ai été habitué avec, j'ai tout ce qu'il faut". "avant de
démarrer je vérifie trois fois mes mousquetons : 1)quand je les mets, 2) quand je
monte, 3) en cours de travail" ;
o Une manière de voir souvent imprimée par le mode de fonctionnement du
responsable : "étudier un devis d'élagage c'est difficile, il faut tout prévoir, sans tout
savoir. Parfois, c'est à mes dépends, je privilégie la sécurité, et je ne gagnerai rien sur
certains chantiers". "je dis à mes ouvriers : prenez votre temps je ne veux pas de
casse, je ne veux pas de fadas, ce n'est pas un métier où on peut speeder, il ne faut
pas être à une demi-heure près". "pour un patron, le but c'est quand même de garder
ses employés".
• il en reste 28% qui privilégient avant tout le travail à faire, une manière de voir souvent dictée
par la "culture " de l'entreprise :
o "parce que l'on ne va jamais assez vite pour l'entreprise, on pense donc avant tout à
la rentabilité, surtout que la notion de risque reste tout de même très aléatoire…" ;
o "ici c'est ancré comme ça, ils veulent d'abord le rendement, même dans les bonnes
boites".
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Conclusion
Lorsque l'on évoque les EPI auprès des élagueurs, on se voit immédiatement opposer une notion de
coût de l'équipement d'ensemble, qui oscillerait entre 6000F et 10.000F pour un équipement complet
de bonne qualité. Ce qui renvoie évidemment à la notion de rentabilité de la profession : "si on veut
que nos gars soient bien équipés, on a un coût de revient évidement supérieur, qui ouvre la porte à
une concurrence déloyale". A cela s'ajoute évidemment le poids du matériel, estimé à 25 kg, alors qu'il
faut grimper dans un arbre et y rester agile.
Les élagueurs actuels sont de plus en plus nombreux à avoir reçu une formation adaptée, intégrant la
sécurité. Mais en centre de formation, on manquerait de pratique, et surtout on n'apprendrait pas
suffisamment à travailler à deux. Or, l'élagage est une activité qui implique souvent une coactivité, et
donc une confiance mutuelle avec ses collègues, et une capacité de travail en symbiose. La grosse
différence entre une situation de formation et une situation de travail réel reste la fatigue (les périodes
actives ne sont plus alors entrecoupées de cours théoriques), qui rend alors les gestes moins précis.
L'achat d'un matériel spécifique est souvent conditionné par une information insuffisante et une
disponibilité aléatoire des concessionnaires régionaux. Certaines entreprises n'hésitent donc pas,
nous l'avons vu, à se rapprocher des fabricants, ou à tout le moins à se documenter lors de salons
spécialisés ou en consultant directement les catalogues du fabricant.
Beaucoup d'opérateurs sont bien conscients du fait que la technique de travail a été aussi pensée en
fonction du matériel à disposition : cordes, harnais, longes, qui, bien utilisés, deviennent alors une
aide au travail, et permettent de se sentir à l'aise.
La nécessité de repères fiables lors de l'achat ou de l'utilisation a souvent été évoquée, au niveau des
informations pas toujours compréhensibles figurant sur les équipements, ou du suivi du matériel. On
insiste à ce sujet sur l'importance de la possession d'un matériel personnalisé, dont on connaît
l'histoire.
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Bibliographie
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