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Littérature Du M.A 2024

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1 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA

Chef de Travaux

HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE FRANCAISE DU MOYEN ÂGE AU


XVIIIème SIÈCLE
PLAN DIRECTEUR
00. INTRODUCTION GÉNÉRALE
Chap. I. LE MOYEN ÂGE LITTÉRAIRE
Chap. II. LA RENAISSANCE
Chap. III. LE CLASSICISME
Chap. IV. LE SIECLE DE LUMIÈRE
BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE
BALANDIER, G., Aventures et discours dans l’amour courtois, Paris, Ed.
Herman, 2010.
BRAY, R., Chronologie du classicisme, Paris, Boivin, 1992.
C. Lauvergnat-Gagnière et alii, Précis de littérature française, Paul Bert,
Armand Colin, 2020.
DOP BEC, P., La pléiade : Bibliographie critique, Paris, Laur Bains, 1987.
FAYOLLE, R., La critique, Paris, Armand Colin, 1994.
HANQUET S., Modèle français ; poètes et poèmes, Bruxelles, C.M.P., 1993.
LAGARDE M., et alii, Manuel illustré de la littérature française des origines et
l’époque contemporaine, Paris, Hachette, 1998.
SAULNIER V.L. ; Littérature du Moyen Âge, Paris, PUF, 1980.
Littérature française du XVIIIème siècle philosophique, Paris,
PUF, 1980.
ZINC, M. ; Littérature du Moyen Age, Paris, PUF, 2004.

Objectif de l’unité de l’enseignement


Objectif global
Cette unité d’histoire de la littérature française du M.A au XVIIIème siècle
vise à contribuer à la formation littéraire des étudiants en leur montrant la relation
qu’il y a entre la littérature et la civilisation française. Autrement dit, il s’agira
d’expliquer l’interaction qui existe entre les événements socio-politiques et les
mouvements littéraires de chaque siècle.
Objectifs spécifiques
À la fin de cette unité d’enseignement, l’étudiant qui l’aura suivie avec attention
sera capable de :
 Découvrir les différents courants de pensée et les mouvements littéraires
qui ont traversé la France du M.A au XVIIIème du siècle.
 Présenter d’une façon brève les différents courants de pensée pour chaque
siècle.
 Situer chaque écrivain dans son siècle, son courant de pensée et les
genres littéraires développés.
 Préparer intensément, en tant que futur enseignant, les étudiants à une
réflexion critique que propose une intention bien formée aux grands
2 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

moments, aux grands courants et aux œuvres dominantes de la culture


internationale.
INTRODUCTION
0.1. CARACTÉRISTIQUE DU MOYEN ÂGE
Le M.A est une forte foi ardente et en même temps une unité religieuse. Cela
se remarque dans l’architecture en général et le cathédral en particulier. Cette
même foi ardente justifie l’organisation des croisades contre les incrédules, c’est-à-
dire les non-chrétiens. Cependant le M.A s’articule en deux périodes bien
distinctes :
 Du XIème à la fin du XIIIème siècle : c’est la période pendant laquelle la
France est une force vivante au service de la foi. Sur le plan littéraire, la
littérature s’exprime à travers les romans. Du point de vue architectural,
l’art gothique est à la mode.
 Du XIVème au XVème siècle, la France se voit ruinée par des guerres
malheureuses. Aussi la littérature devient-elle moins brillante.
0.2. LA SOCIÉTE DU MOYEN ÂGE
La littérature du MA est avant tout une écriture nationale, c’est-à-dire vouée
au service de la société française. Nous devons distinguer au sein de cette société
médiévale trois groupes sociaux qui vont orienter les activités littéraires : les églises,
la noblesse et le peuple.
a. L’Eglise
Intellectuellement par-là, c’est le sacerdoce qui constitue le groupe le dominant
de la société médiévale. L’église a sauvé les civilisations françaises au moment de
l’invention barbare de 473. De l’autre côté, elle s’opposait farouchement à la
noblesse dans le but de protéger les faibles contre les caprices des seigneurs : c’est
la noble mission de l’église.
Le clergé exerçait donc une véritable autorité politique en limitant les droits
féodaux qu’imposait le seigneur en mettant fin à la tyrannie de l’époque. Comme
tout le monde était d’une foi profonde, l’église n’a pas eu beaucoup de peine à
organiser les guerres saintes contre l’infidélité.
b. La noblesse
Elle possède de la terre et le château fort ayant comme activité principale la
guerre. D’abord rudes et brutaux, les seigneurs s’affirment peu à peu, organisent la
chevalerie et leurs châteaux s’ouvrent à des divertissements artistiques. Ces
divertissements artistiques aspirent une littérature abondante : l’épopée, les
romans, les chroniques et la poésie lyrique.
c. Le peuple
Communément appelé vulgus en latin, le peuple comprend : les serfs, les
artisans et les marchands. Cette couche de la société, par ses activités et par le fait
même d’être éloignée de la noblesse et du clergé, se constitue petit à petit. Une
situation indépendante aboutissant à une formation d’une bourgeoisie riche, plus
instruite que la noblesse. Loin de ressembler aux deux premières couches de la
société, sa littérature sera comique, satirique et grossière (qui manque de la
finesse).
3 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

0.3. APPROCHE SUR LES ORIGINES ET LE DÉVELOPPEMENT DE LA


LANGUE FRANÇAISE
Les origines du Français sont très sobres (simples et classiques). Le Français
issu de la décomposition du Latin vulgaire était transplanté en Gaule par la
conquête romaine. Il appartient donc à la famille des langues romanes telles que
l’italien, l’Espagnol, le Catalan, Sarde, Provençal, Portugais, Rhéto-roman, Roumain
nées pareillement du latin parlé dans diverses contrées de l’empire de Charlemagne.
(Charlemagne est sacré empereur d’Occident en 800, Il a vécu entre 742-814)
Avant l’arrivée de Jules CESAR (101-44 Av J.M), les Gaulois (entre la Garonne et
la Seine) et les Belges (entre la Seine et le Rhin) parlaient la langue Celtique. Les
Aquitaines, habitant entre la Garonne et le Pyrénées, se servaient de l’Ibère. Le
Latin était déjà employé dans la Provincia-Romana, province conquise au IIème
siècle avant notre ère. Le Grec dans quelques cités de la côte méditerranée faisait
l’outil d’échanges commerciaux (Marseille, Nice, Antibes)
Entre 58-51 Av. J.C, la conquête de Jules César entraina la romanisation de
toute la Gaule. La forte organisation des Romains et la supériorité de leur
civilisation ne tardèrent pas à évincer (détruire) la langue celtique : rapports
administratifs, rapports commerciaux, la création des école, l’obligation des vaincus
de connaitre le Latin afin d’accéder aux charges publiques). Prestige des cités
embellies par les vainqueurs dès le IIIème siècle, l’influence de l’Église, … tout cela
contribue à répandre le Latin.
Le Celtique qui n’avait pas de monuments littéraires fut refoulé peu à peu dans
les campagnes et les régions montagneuses. Pour ce, le Celtique disparut au VIème
siècle. Il n’a laissé que de rares vestiges, quelques inscriptions et quelques mots
géographiques tels que Verdun, Rouen, Isère, etc. Et de nos jours, malgré les
tentatives linguistiques et littéraires, il est impossible de le constituer tel qu’il était
parlé à cette époque-là.
Après les invasions germaniques au Vème siècle, un phénomène inverse se
produisit : la puissance romaine est détruite mais les vainqueurs subissent
l’ascendant (l’influence) de la culture romaine. Au Xème siècle, si le Germanique
sera la langue de l’élite militaire chez les Merovingiens et les Carolingiens, c’est le
Latin qui l’emportera partout ailleurs.
Le Latin vulgaire à cheval de se corrompre en passant par les bouches
germaniques se démarque du latin parlé, littéraire des écoles pour devenir anormal.
Ceux qui entendent le latin correctement se font de plus en plus rares et la
décomposition du latin vulgaire se précipite. La scission entre la langue parlée et la
langue écrite s’accentue tellement que la langue écrite devient incompréhensible
pour la population non instruite. Aussi le pape ordonna-t-il que les prêtres
prêchent en Latin vulgaire. Le Concile de Tour de 813 ordonna aux prêtres de
prêcher dans la langue comprise par la population. Cette situation a eu comme
conséquence la naissance d’une nouvelle langue qui portera bien le nom particulier
de « le Roman ».
Les premiers textes de la langue romane
Le développement de la littérature française en ce qui est de premiers
monuments que nous possédons du Roman est d’ordre utilitaire :
 Les glossaires de Richelieu (lexique latin-roman)
4 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

 Les glossaires de Cassel (lexique roman-germanique)


À la fin du VIIème siècle, ces lexiques ont connu un grand succès car ils ont
facilité la lecture et l’interprétation des livres saints. En dehors de ces deux, nous
citons :
 Les serments de Strasbourg (842), textes laïcs
 La cantilène de Saint Alexis vers 1400
 La vie de Saint Leger vers le Xème siècle, etc.
L’avant dernier ouvrage présente déjà de réelles qualités littéraires.
LA LANGUE D’OIL ET LA LANGUE D’OC
Le Roman ne forme pas une langue unique au XIIème siècle. Il était subdivisé en
plusieurs dialectes car le Latin s’était transformé de façons différentes dans
plusieurs contrées de la Gaule. Malgré ces interférences linguistiques, ses dialectes
se subdivisaient en deux groupes :
 Au Nord, la langue d’Oïl
 Au Sud, la langue d’Oc.
La langue d’Oïl comprenait le Wallon, le Picard, le Lorrain, le Normand, le
Francien (dialecte de l’ile de Français), le Bourguignon, le Poitevin, …
La langue d’Oc comprenait également le Provençal, le Lauvergnant, le Garcien, le
Limousin, l’Auvergnant, etc. Tous ces dialectes étaient égaux en importance et
chacun d’eux avait produit des œuvres littéraires. Mais le Francien finit par
l’emporter en supplantant d’autres dialectes de la contrée.
Avec l’extension de la puissance capétienne, le Francien, langue de la capitale,
de la cour, de l’administration devient la langue officielle, participant ainsi à fortune
de la monarchie.
Dès le XIVème, les autres dialectes sont négligés et, n’étant plus écrits,
tombèrent définitivement au rang des patois (villageois). Au XVIème siècle, avec
l’unification définitive du royaume, passant par la langue Françoise, le triomphe du
Français est total. D’une façon synthétique, voici l’arbre généalogique de la langue
française.

Chap. I. LE MOYEN ÂGE LITTÉRAIRE


Le début du Moyen Âge littéraire semble être renvoyé entre 473 (invasion des
barbares) et 1453 (prise de Constantinople). Normalement, le M.A littéraire
commence avec le XIIème siècle. En effet, jusqu’au XIème siècle la situation
politique de l’empire était peu propice à l’éclosion de la littérature, et ce, à cause
de :
 Troubles nés de l’empire de Charlemagne
 Invasions normandes
 Rivalités entre les seigneurs
Il faut attendre 1100 pour que s’épanouisse pendant trois siècles une abondante
production d’épopée.
I.1. LA POÉSIE
I.1.1. LA LITTERATURE CHEVALERESQUE
La littérature française débute par la poésie et par l’épopée. Quand le
Francien s’est imposé sur le Latin et sur d’autres dialectes romans, les œuvres
furent exclusivement poétiques. Les premiers témoignages de la poésie en langue
5 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

romane sont : Les vies des saints, traduites en Latin. Mais le véritable
épanouissement de l’écriture commence avec Les chansons de geste.
Geste vient du Latin « gesta » qui signifie « action » ou hauts faits. Une geste est
alors un récit d’action ou d’éclat d’un héros. À leur origine, les gestes ont d’abord
choisies la forme poétique et avec le temps la forme prosaïque est assonancée en
vers décasyllabiques.
La geste était chantée, récitée, déclamée dans les familles guerrières et les
lieux de pèlerinage. Ainsi les épopées françaises ont-elles été groupées en trois
pèlerinages ou cycles principaux :
 Le cycle de Charlemagne
 Le cycle de Guillaume d’Orange
 Le cycle de Don de Mayance
Il faut dire que la civilisation a tort de grouper ainsi les textes qui ont été écrits
à des époques différentes perdant ainsi des vues de successions chronologiques
d’une part et d’autre part elle a supposé une unité de genre entre les poèmes dont
les origines ont été diverses. L’ensemble de ces cycles présentés ici constitue des
épopées françaises.
I.1.2. Les origines des épopées françaises
Dans les épopées françaises, nous repérons un élément légendaire et un
autre historique. L’imagination populaire vante les exploits d’un héros et les
embellit d’âge en âge. Au cours de temps, ces récits sont mis par écrit par
quelqu’un qui en soigne la forme. Ainsi l’écart entre le moment historique et le
moment littéraire pose le problème d’originalité et de temporalité. Aussi nous
viennent-elles à l’esprit les questions suivantes :
 Quand l’épopée a-t-elle été écrite ?
 De qui est l’épopée ?
 Quelle est la langue originale de l’épopée ?
Ces questions restent ouvertes à tout chercheur qui souhaite s’orienter dans
son domaine.
I.2. LE ROMAN (fin du XIIème siècle)
I.2.1. L’esprit courtois
Dans la deuxième moitié du XIIème siècle, les chansons de geste continuent
à trouver une audience enthousiaste dans le peuple, mais l’aristocratie se tourne
vers les œuvres moins rudes (qui racontent les faits brutaux), c’est-à-dire qui
n’exclut plus la guerre et la violence. L’idéal de l’écriture n’est plus la guerre et la
vaillance mais l’amour, la générosité et la politesse. Toutes ces qualités sont
incarnées par le chevalier courtois. Le héros n’est plus seulement un vaillant
guerrier mais aussi un galant homme (qui a de bonnes qualités).
Du Xème au XIème siècle, le chevalier est brutal, violent, sans manière. Il
combat pour Dieu (Eglise), son seigneur afin de l’expansion du territoire. A partir
du XIIème siècle, le chevalier n’est plus violent, il devient poli, généreux et combat
pour la dame au lieu de combattre pour son seigneur.
I.2.3.2. L’amour courtois
L’amour courtois est le grand thème de la littérature courtoise. Ce n’est ni un
divertissement, ni une passion dévorante moins encore une activité charnelle.
L’amour courtois est un sentiment noble et pur qui donne son prix à la vie et son
6 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

sens à l’activité humaine. Le chevalier courtois doit être de mise élégante, poli,
spirituelle, brillante, éloquente, etc. La dame altière vantée dans le roman courtois
est inaccessible car elle est seulement admirée pour sa beauté, ses bonnes
manières et sa sagesse.
L’amour courtois étant donc platonique (admiratif) ne fait qu’unir les
personnes bien nées et de nature pure. Cette dame aimée, éprise pour une divinité,
d’où l’emploi par l’homme conquérant (candidat) de vocabulaire religieux pour
exprimer ses attributs. Cet amour doit être discret et pur. Ce n’est que la nuit que
le chevalier aura prouvé sa bravoure, sa fidélité, sa discrétion, sa soumission aux
moindres caprices de la dame sollicitée.
En récompense de cette dévotion (fidélité) la dame n’offrira à son mari qu’un
simple sourire ou une présence seulement. Donc l’amour prend à partir du XIIème
siècle, une dimension abstractive. Il va sans dire que l’amour courtois a eu pour
effet l’épurement des mœurs et l’acquisition de bonnes manières.
I.2.3.3. La poésie courtoise
Ce mouvement social de la courtoisie était de nature à susciter une
littérature lyrique. Ce furent d’abord de courts poèmes rythmés, destinés à être
chantés. Les chanteurs de Midi, plus élégants et plus abondants s’appelaient
Troubadours et ceux du Nord Trouvères. Plus tard, grâce au génie de ces
Troubadours provinciaux, naît un genre littéraire proprement courtois ayant des
techniques plus savantes célébrant tout.
Spécificités des romans courtois
Le roman du MA est un récit court de nature fictive et rédigé en vers
octosyllabiques. À la différence de l’épopée, le roman courtois est destiné à être lu
pour l’élite de la Cour, les aventures et l’amour le dominent. Selon la matière qu’ils
développent, les romans courtois se répartissent en :
 a. Les romans antiques
Ils imitent les œuvres de l’Antiquité gréco-latine mais remplaçant les
merveilleux païens fantastiques où les fées et enchanteurs (sorciers) jouent un
grand rôle. Ex. Le roman de Troie
Dans ce roman, les auteurs imitent les Grecs et les Latins qui imitent les
guerres de leur civilisation. Ex. Le roman d’Alexandre
Dans ce roman-ci, Alexandre de Macédoine, entouré de ses paires, mène la
guerre jusqu’en Inde. L’auteur s’attarde à peindre (décrire) ce pays lointain et
fantastique (exotique).
b. Les romans bretons
L’intrigue de ce roman conserve la légende du roi Arthur, roi légendaire de la
grande Bretagne qui aurait institué un ordre de chevalier appelé « les chevaliers de
la table ronde ». Ces chevaliers devaient retrouver et conquérir le « Saint Graal »
autrement appelé « La Sainte-cène ». Ces romans d’inspiration monotone ont
emporté des caractères nouveaux.
 Le remplacement du merveilleux épique par des merveilleux de féerie.
 Les récits des aventures guerrières se mêlent à la peinture d’amour.
Selon les critiques littéraires, Chrétien de Troyen est le premier créateur du
roman breton.
d. Les romans d’aventure
7 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

Cette dernière catégorie des romans courtois se veut une histoire d’amour dans
le cadre d’aventure extraordinaire, jouissant ainsi d’une grande vogue (popularité)
au XIIème siècle et au XIIIème. Les principaux romans d’aventure sont :
 Floire et blanche fleur
 Guillaume et Aélis
 Aucassin et Nicolette
I.3. LA LITTÉRATURE POPULAIRE ET BOURGEOISE
Les seigneurs féodaux qui possédaient la terre ne purent pas maintenir sur
leurs habitants de ville (bourgeois) la même autorité que sur les paysans. Les
bourgeois s’enrichirent de plus en plus, créèrent leur mode de vie et surtout leur
littérature.
Au XIIème siècle, ils s’affranchirent et obtinrent l’autonomie municipale
(communale). Une rivalité naquit ainsi entre les deux classes sociales : la
bourgeoisie et la féodalité. Loin de ressembler aux deux premières catégories, la
bourgeoisie crée une littérature spéciale autour du Roman de renard, de Fabliaux et
de satire. Cette littérature se caractérise par les traits ci-après :
 La raillerie (moquerie) envers le monde, la religion ou la noblesse.
 La tendance réaliste dans les écrits : c’est la description de la situation vécue
par le peuple.
I.3.1. Le Roman de renard
Un roman de renard est un recueil de composition satirique réuni autour
d’un thème central « les prouesses et la ruse du renard ». À travers ces histoires
d’animaux antagonistes se traduit une parodie (fausse représentation) de l’époque
chevaleresque. D’où leur caractère satirique accusé par les peuples qui se moquent
de la noblesse. En quoi consiste la parodie littéraire dans le roman de renard ?
Le renard et les autres animaux sont représentés à la fois comme des bêtes
et des barons féodaux (milliardaires) qui galopent sur des chevaux comme des
seigneurs, possèdent des châteaux, plaident devant les tribunaux et vont en
pèlerinage. Le roman de renard passe donc pour l’ancêtre des fables de Lafontaine
en ce sens que les éléments humains et animaux sont mélangés. Ils sont également
considérés comme la peinture des mœurs du MA car les actes et les coutumes des
hommes sont sans cesse transposés dans le monde des animaux.
Que penser de l’origine des romans de renard ?
Les auteurs inconnus ont rassemblé et donné de nouvelles formes aux contes
du folklore oral français. Partant de cette situation, le roman de renard a des
origines populaires (au niveau interne) et celle dite gréco-latine (au niveau externe).
D’abord c’étaient d’amusantes histoires d’animaux personnifiés, puis au XIIIème
siècle, la satire de la société y prend une grande place. Au XIVème siècle, le
symbolisme y pénètre et renard finit par représenter le diable être du monde.
I.3.2. Les fabliaux (XIIIe et XIVème siècle)
Ce sont de courts récits en vers octosyllabiques caractérisés par une
observation malicieuse de la société. En d’autres termes, ce sont des tableaux de
mœurs auxquels se mêle l’intention satirique qui n’épargne aucune catégorie
sociale.
Sa technique consiste en un simple jeu des mots dont la valeur comique tient
au mépris et au quiproquo (imbroglio, situation confuse) nés de l’équivoque. Le
8 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

monde des fabliaux est en quelque sorte le négatif des romans courtois et des récits
chevaleresques. La plupart de ces récits ont un caractère cynique (anticonformiste)
et obscène (qui blesse ouvertement) en ce sens que les personnages faibles ou
victimes ont toujours un mauvais rôle à jouer et la faveur des auteurs va toujours
aux forts. Cette façon d’écrire a une double cause :
 Les chansons de geste et les romans ne s’adressaient qu’aux grandes dames
et aux seigneurs qui en étaient les consommateurs.
 Aux bourgeois et aux peuples correspond une poésie réaliste et satirique.
Les fabliaux disparaitront vers la fin du XIVème siècle et seront remplacés par
des farces qui exploitent des thèmes identiques, c’est-à-dire la satire des mœurs.
Une farce est un récit qui fait rire en critiquant. Les grands inspirateurs des
fabliaux sont Rabelais, Lafontaine, Molière, Boileau et Voltaire. Les fabliaux sont de
petits récits moralisateurs. Il y a lieu d’en distinguer deux catégories à savoir :
a. Les contes à rire
Ce sont des récits poignants ironiquement mais sans amertume (tristesse). Les
mœurs de la classe moyenne ou des vilains paysans en constituent le grand thème.
La seule morale à la fin de ces fabliaux est parfois une leçon d’expérience
comparable aux conclusions dégagées par les fables de Jean de Lafontaine.
b. Les contes moraux ou édifiants
À la différence des contes à rire, les contes moraux sont mieux élaborés avec
une intrigue plus soignées en vue d’en dégager un enseignement moral.
En résumé, les premiers sont destinés à la basse classe, les seconds à l’élite
intellectuelle.

I.4. LA LITTÉRATURE RELIGIEUSE


En ce siècle (le XIIIème) de violence, l’Eglise qui jouit d’une grande autorité
morale fait de l’instruction son cheval de bataille (sa grande préoccupation). Aussi
la plupart des œuvres littéraires écrites par les clergés sont-elles plus ou moins
pénétrées par l’esprit de l’église. Les genres par lesquels cet esprit se remarque sont
généralement les prédications. Avec le temps s’ajouteront la littérature didactique et
les théâtres.
Cependant beaucoup d’œuvres de cette époque sont dépourvues de valeur
littéraire. Seule la littérature didactique du genre « amour » compte une belle
réussite. Citons par exemple :
 Le roman de la rose qui est à la fois une œuvre didactique, satirique et
surtout allégorique (merveilleux).
Le roman de la rose se compose de deux parties écrites en dates différente.
D’abord vers 1230 par Guillaume de Loris et vers 1270 par Jean de Meng. Les
personnages et même l’intrigue sont sous forme des symboles. Les uns reflètent les
qualités qui peuvent émouvoir un amant ou une amante. Ces symboles sont
considérés comme des personnages abstraits. D’autres sont des émotions
contraires susceptibles d’agiter et d’émouvoir le cœur d’une femme.
Ex la serviabilité, le sérieux, la protection, etc. D’autres encore, les passions
nuisibles telles que la médisance, l’infidélité, l’égoïsme, … qui freinent l’élan de la
courtoisie amoureuse.
9 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

Dans le roman de la rose, le héros qui s’appelle Amant cherche à conquérir la


Rose dont le cœur est épris depuis de longues dates. Autour de la Rose évoluent des
complices et des adversaires de l’amour conduits respectivement par « Bel accueil »
et « danger ».
Le Danger symbolise les obstacles que rencontre la passion. Le chemin est
long, c’est-à-dire difficile pour atteindre la Rose. La quête de la Rose constitue donc
un véritable code de l’amour courtois avec ses délicatesses raffinées de la poésie.
Ses qualités (poli, vaillant, gentil, orateur, sage) et ses obstacles (haine, trahison,
jalousie, caprices).
Le besoin d’édification du peuple au M.A trouve largement satisfaction dans
les récits épiques (hauts faits) organisés par les jongleurs sur la place publique ; en
même temps l’église prévoit de grandes festivités religieuses. C’est de cette forme
religieuse et profane que naîtra le théâtre du M.A.
 Le théâtre
Avec le temps, le théâtre sortit des cérémonies du culte dont certaines parties
furent développées en drame quittant le sanctuaire et immigrant sur le porche
(porte de l’église) et enfin sur la place publique (cour de l’église) pour se laïciser
dans la cité.
Le drame liturgique se passait en Latin et dans l’église. Dès le Xème siècle, à
l’occasion de grandes festivités religieuses (pâque et Noel), l’office se complète par
une grande présentation dramatique, devant l’autel, qui évoque brièvement les
grands événements des récits sacrés.
Au XI et XIIème siècle, les dialogues se multiplient et la mise en scène se
complique. Au milieu du XIIème siècle, le drame est devenu trop étendu, des
éléments profanes s’y introduisent et la scène ne se représente plus dans l’église. Le
Francien remplace le Latin et les auteurs ne se recrutent plus exclusivement parmi
les moines et les prêtres mais aussi parmi les laïcs. A partir de cet événement, le
vrai théâtre est né. On distingue trois genres dans le théâtre :
a). Le miracle
Comme le nom l’indique, c’est un drame court mettant en scène un miracle
attribué à la sainte vierge ou aux saints.
b). Le mystère (mysterium=fonction)
C’est une mise en scène de l’histoire religieuse de l’humanité depuis la
création, d’après les écritures saintes et les légendes populaires.
c). Le théâtre comique
Parallèlement au théâtre religieux, le théâtre amusant se développe par le
truchement (au moyen de) de Adam de la Halle. Celui-ci a écrit deux comédies au
XIIIème siècle. Nous le considérons donc comme le précurseur de la dramaturgie
moderne. Ces deux pièces sont :
 Le jeu de la feuillée
 Le jeu de Robin et de Marron
Au XVème siècle, le théâtre prend un contour considérable. Il s’y ajoute alors
trois autres genres.
a). La farce : ce genre n’a qu’un seul but : exciter le gros rire.
b). La moralité : ce genre amuse pour donner une leçon morale.
10 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
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c). La sotie : genre comique, il développe un but politique. Le seul chef d’œuvre de
cette époque est La Farce de maître Patelin, œuvre anonyme, c’est-à-dire sans
auteur, composé un peu avant 1470 et attribuée parfois à Guillaume. Les
caractères sont saisissants des vérités et des dialogues, cela témoigne d’un talent
dramatique très sûr. De là, Patelin est une véritable comédie d’intrigue et de
caractères.
 La poésie lyrique à la fin du moyen âge
La poésie de cette époque est diffuse, pédante et maniérée. Les grands noms
de cette époque sont Christine de Pisan, Alain Chartier, Charles d’Orléans, François
Villon, etc.
Christine de Pisan et Madame de Sévigné sont considérées comme les
premières plumes de lettre féminines. Christine de Pisan a écrit : la cité des dames.
Mais François Villon (1431-1481) est le seul grand poète de la fin du Moyen Âge.
Qu’est-ce que la poésie lyrique ? C’est une poésie qui chante les sentiments
profonds de l’homme avec des accents personnels. Le grand illustrateur de cette
poésie, François Villon eut une vie fort troublée. Ecolier appliqué mais indisciplinés,
étudiant débauché, voleur de grand chemin, arrêté souvent et n’échappant à la
pendaison que par miracle, François Villon garda une âme tendre même au dernier
moment de ses crimes, une singularité qui le caractérise. Il était attaché aux biens
qu’il fuyait, attaché à sa mère, à son oncle, à sa bonne, à Dieu et à la vierge Marie.
Et c’est pour cela qu’on trouve dans ses écrits les douleurs, les accents pleins de
poésie.
 Le Petit Testament (rédigé à la fin de sa jeunesse en 1456)
 Le Grand Testament (rédigé à la veille de sa mort en 1470)
Hormis François Villon, la littérature de cette période est médiocre. Le Moyen
Age qui a été plus grand par la foi religieuse, l’action militaire et l’art ne produit
plus à la fin du XVème siècle que des œuvres littéraires sans vie. Se faisant, il se
manifeste déjà les signes d’une littérature nouvelle sous-tendue par les grandes
découvertes comme celle de l’imprimerie.
Qu’est-ce que le Petit Testament ? (1456) À la suite des démêlés (problèmes)
avec l’autorité, François Villon est contraint de quitter Paris. Et à cette occasion, il
écrit des poèmes burlesques et comiques qu’il lègue à ses amis : Les riens qui sont
sans richesse. Ces poèmes sont appelés Laisses. Le style de ce recueil de poème est
d’un ton satirique et moqueur. Quant à la richesse qu’il laisse à ses amis, c’est
l’ensemble de ces poèmes et de ses souvenirs.
Qu’entendons-nous par Grand Testament ? (1470) C’est l’œuvre capitale de
François Villon. Il s’agit d’une poignante et pathétique confession dans laquelle le
poète, condamné à être étranglé et pendu, est hanté par l’idée de la mort. On y
trouve tous les tons : le regret, le remord, le sentiment de dureté de temps, l’effroi
devant la mort, la peur de l’au-delà, la mélancolie, la pitié, le cynisme et la satire.
C’est par cette dernière œuvre que François Villon se révèle le plus grand poète du
Moyen Age et le premier plus grand poète lyrique de la langue française.
Petit testament Grand Testament
Style moqueur et satirique. Il est formé Poème d’un style littéraire élevé sur le
d’un ensemble de poèmes appelés plan littéraire. On y trouve tous les
11 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

Laisse. Ces poèmes ont été légués tons : regret, émotion, … Le Grand
comme héritage aux amis. Testament est une confession du mal
qui caractérise le poète.

TP : Relevez et commentez les différents tons rencontrés dans le poème la ballade


des pendus de François Villon.
 LA PROSE
Beaucoup moins abondantes au Moyen Age que les œuvres poétiques, les
œuvres en prose appartiennent surtout au genre historique ou chronique. Jusqu’au
XIIème siècle, les chroniqueurs écrivaient encore en latin car l’histoire, en France,
était réservée aux Clergés (clercques) et par conséquent considérée comme un genre
des érudits.
Sous l’influence des Chansons de geste et en rapport avec elles, l’histoire
évolua dans le sens d’épopée. Les œuvres furent alors rédigées en Français, surtout
en vers octosyllabiques. La chronique en langue vulgaire a commencé avec les
croisades en 1096. L’esprit populaire était avide d’entendre des récits authentiques
par des personnes qui avaient participé aux grandes aventures orientales. Car ce
sont eux des témoins oculaires, c’est-à-dire des combattants qui vont raconter leurs
propres souvenirs. Parmi les premiers chroniqueurs français, on peut citer :
 Ville Hardouin (XIIème siècle)
 Jean de Joinville (XIIIème siècle)
 Jean Froissart (XIVème siècle)
 Philippe de Commynes (XVème siècle)
Les premières œuvres littéraires en prose entre 1200-1220 sont des
adaptations des poèmes au XIIIème siècle. C’est par exemple L’histoire de Graal de
Robert Born
Le cycle de Lancelot Graal (1215-1235). Ce dernier ouvrage cristallise
(contient) tous les thèmes qui avaient fondé la littérature française et nous le
considérons comme l’une des sources de la sensibilité romantique. Jusqu’au XVème
siècle, les œuvres romanesques réapparaitront à la fois en prose et en vers.
 Geoffroi de Ville HARDOUIN (1150-1213)
Les premières chroniques en langue vulgaire paraissent au XIIIème siècle.
Auparavant, elles sont en Latin. La première œuvre de valeur est la conquête de
Constantinople de Geoffroi de Ville HARDOUIN. C’est un récit de la quatrième
croisade à laquelle l’auteur prit part qu’il relate fort clairement. Il cherche surtout à
justifier les croisés de s’être détournés par ambition et amour de la gloire du
véritable but de l’expédition, la délivrance du saint sépulcre.
 Jean de JOINVILLE
Il fut l’ami et confident de Saint Louis IX, qu’il suivi à la septième croisade de
Saint Jean d’Acre et à Damiette, vers 1250. Son œuvre, Histoire de Saint Louis est
un témoignage loyal, moral et de haute portée. Elle est fort décousue des vertus et
de hauts faits du prince. Ce livre de Joinville rapporte sans ordre ce qu’il a vu et
entendu mais il aborde en page charmante où l’observation exacte se mêle à une
grande fraicheur des sentiments. Enfin, Joinville est un hagiographe bien plus
qu’un historien. (Auteur des vies de saints)
12 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

 Jean Froissart : Né à Valenciennes, voyagea en Angleterre, Ecosse, en


France, en Italie, en Hollande, en Béarn, etc., esprit curieux de tous les
événements du siècle, et sans attaches patriotique, il relate ce qu’il a appris
du grand duel (conflit) entre la France et l’Angleterre, depuis la bataille de de
Crécy en 1346 jusqu’à la folie de Charles VI. Les erreurs matérielles de lieu et
de date sont nombreuses. Froissart ne s’intéresse qu’aux spectacles brulants
et pathétiques : les batailles de Crécy ou Poitier, le siège de colis, la mort
d’Etienne Marcel, … Il peint ensuite avec beaucoup de relief et de couleur
mais sans lier, ni expliquer les événements. Il est non pas un historien mais
un excellent chroniqueur.
 Philippe de Commynes
Il naquit à Flandre et fut d’abord conseiller de Charles le Téméraire. L’homme
est considéré comme la créature à l’image de Dieu. L’homme devient un être fort
conscient, équilibré, loin de toute souillure. Bref, il devient responsable de la
science et du progrès, il est considéré centre d’intérêt du monde : c’est ce que nous
appelons « humanisme », vision qui prend l’homme pour le centre de l’univers. En
réveillant l’intérêt de la population, l’humanisme va créer un changement d’ordre
social, philosophique, scientifique et matériel en vue de préparer le rationalisme.
Les orateurs : les prédicateurs sont très nombreux au MA mais la plupart des
textes sont en latin. Les sermons étaient généralement préparés et rédigés dans la
langue des chers (nobles), même s’ils étaient prononcés en français. Signalons ici :
les sermons de Saint Bernard (1091-1153), celui-ci est réformateur de l’ordre
ciseaux et fondateur de l’illustre abbaye de Clairvaux. Ils nous sont connus par
traduction française après la mort de son auteur.
Les sermons de Jean Gerson (1363-1429), Chancelier de l’université de Paris.
Les sermons de Michel Minot (1440-1518) et Olivier Maillard (mort en 1502),
moine cordelier prédicateur à l’éloquence âpres et violente. Quant à l’éloquence
politique, il n’en est pas question avant 1789. L’ordre des avocats date de Philippe
le Bel, mais il faut attendre le XIXème siècle avant de rencontrer les œuvres de
valeur.
On peut conclure ce chapitre en disant qu’hormis François Villon, la littérature
de cette époque est médiocre. Le MA qui a été plus grand par la foi ardente (unité
religieuse), l’action et l’art, ne produit plus au XVème siècle que des œuvres
littéraires sans vie (déclin) et déjà se manifestent les signes d’une littérature
nouvelle.

Chap. II. LA RENAISSANCE ET LA REFORME AU XVIe SIÈCLE


II.1. Approche situationnelle
À la fin du Moyen Âge, la civilisation française traverse une crise :
 La religion est figée (cachée) dans un ensemble de rites (cérémonies), les
théologiens multiplient des disputes formelles éloignées des textes
religieux.
 L’université ne renouvelle pas ses méthodes ; la psychologie ne favorise pas
l’exercice de la raison et la réflexion personnelle.
 La littérature n’évolue pas, elle devient pédante mais maniérée (littérature
orgueilleusement exprimée au niveau personnel).
13 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

Cependant en 1450 et 1550, nous vivons un changement d’ordre culturel,


intellectuel et artistique. La théologie scolastique cultive l’art de l’imaginaire tout en
défavorisant la raison, c’est-à-dire la réflexion personnelle. Ainsi entre François
Villon et Pierre de Ronsard, un changement lent mais profond se produit. Ce
changement est d’ordre culturel, intellectuel et artistique.
Quid de ce changement ?
L’univers chrétien du Moyen Âge, agonisé par l’insécurité, était orienté vers la
vie de l’au-delà, l’homme se considérait comme une partie négligeable de l’univers.
Enclin à l’erreur et au péché, l’idéal était de vaincre le corps matériel en se faisant
souffrir. La lecture des œuvres de l’Antiquité gréco-romaine qui placent l’homme au
centre du monde, devient la préoccupation de la littérature française. L’homme est
considéré comme la création la plus accomplie de l’univers faite à l’image de Dieu.
Tout en rejetant l’image de la bible, l’homme devient un être fort, conscient,
équilibré, loin de la souillure, c’est-à-dire responsable de la science et du progrès.
Par humanisme, il faut entendre l’homme en tant que centre de l’univers et du
monde.
CHANGEMENT D’ORDRE INTELLECTUEL
Comme nous venons de le dire, la lecture des œuvres de l’antiquité gréco-
romaine qui plaçaient l’homme au centre du monde devient la préoccupation de la
France. L’homme est considéré comme la création la plus accomplie de l’univers fait
à l’image de Dieu. Comme les Italiens, l’homme est considéré non comme une
créature malheureuse et épuisante, mais comme un être conscient à l’avenir,
responsable de la science et du progrès. L’humanisme est donc un courant de
pensée qui a servi de base à la renaissance artistique du XVIème siècle. C’est une
conception de nouveaux rapports « HOMME-DIEU-MONDE » caractérisé par un
effort de relever la dignité de l’homme, de le libérer de l’obsession théologique, c’est-
à-dire de la domination. Mais comme cette conception humaniste était trouée dans
les œuvres de l’antiquité, l’humanisme signifiera aussi « culture antique »,
philosophie, lettres, les us et les mœurs, … Alors l’humaniste signifie l’homme qui
cherche la culture humanisante, un homme cultivé, capable de réaliser le progrès.
Les humanités signifient donc les études qui cherchent à ce que l’homme soit
cultivé, humaniste.
En réveillant l’intérêt pour la philosophie antique, l’humaniste va mener le
changement d’ordre artistique, former un esprit favorable aux progrès matériels et
préparer le rationalisme.

a. Changement d’ordre artistique


La foi en l’homme inspirera des courants poétiques qui réhabiliteront des
valeurs affectives et qui libéreront les individus. À la poésie de l’au-delà, il va se
succéder celle d’ici-bas. La poésie d’ici-bas appelée la pléiade connaitra un
épanouissement, c’est-à-dire le culte de la beauté aura à nourrir une littérature
plastique capable de trouver une fin en elle-même.
En d’autres termes, l’art plastique reflète la conscience de la nature, c’est-à-dire
de la vie. Les peintures du Moyen Age représentaient Dieu et les Saints comme des
personnages purs ; mais avec la renaissance, l’homme remplace Dieu avec toutes
14 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

ses qualités. Tout ce qui peut embellir l’œuvre terrestre est fonction de l’homme et
non de Dieu.
Définition de la Renaissance
La renaissance est un mouvement caractérisé par la rupture avec les idées, les
mœurs, les formes littéraires et l’art du Moyen Âge en général et un retour aux
idées de l’Antiquité gréco-romaine.
II.2. CAUSE ET ORIGINE DE LA RENAISSANCE
a. La prise de Constantinople par les Turcs en 1453.
Les savants fuirent leurs sanctuaires de la culture hellénique et se réfugièrent
en Italie amenant avec eux les textes complets des écrivains anciens.
b. L’influence de l’Italie
Au XIVème siècle, Pétrarque donne un élan qui va atteindre toutes les villes de
l’Italie, lesquelles deviendront par la suite les capitales intellectuelles et les points
de vue de jonction de trois civilisation à savoir : la civilisation grecque, romaine et
médiévale. Pétrarque va donner l’intérêt pour la pensée ancienne : les bibliothèques
étaient riches et les villes somptueuses.
c. Les guerres successives
Les guerres menées par Charles VIII et Louis XII et surtout François Ier mirent
en difficulté la France et la civilisation italienne. Rentrés de l’Italie, les corps
expéditionnels vont ramener en France :
 Le désir ardent de mieux organiser la conception littéraire pour rendre
facile et agréable l’engouement pour l’art et les mœurs de l’Italie.
 Le désir de mieux connaître et découvrir en même temps les œuvres des
œuvres des écrivains latins (la philosophie platonique, la poésie
d’Homère, la tragédie de Sophocle et les récits d’Hérode).
 La France et François Ier
Il y avait en France des élans enthousiastes vers la culture gréco-romaine.
François Ier va faciliter leur réalisation. C’est lui qui va jouer pour la France le rôle
de la renaissance, et cela de la même façon, Auguste et Virgile pour le classicisme
mondial.
Grace à son rôle littéraire, François Ier est considéré comme le père des
Lettres de la France et ce pour des raisons suivantes :
 Il fit venir de l’Italie des savants et des artistes
 Il fit créer à Paris les collèges des lecteurs royaux transformés en nos
jours en collège de France.
 Il protégea et soutint les humanistes qui se consacreront aux activités
littéraires.
 Il reprit les textes des Anciens grâce à la découverte de l’imprimerie.
 Il corrigea des hérésies grâce à la découverte géographique de Copernic.
Le MA, possédé une œuvre complète de Plateau, Aristote, … est un luxe rare.
A l’imprimerie, il sied d’y ajouter des découvertes géographiques de Nicolas
Copernic (1473-1543), et de Typhon Brahe (1546-1601) surtout celles de Nicolas
Copernic qui renversèrent bien des conceptions antérieures et posèrent bien des
problèmes insoupçonnés. C’est grâce à ces découvertes que les hommes de ce
temps ont pu se libérer de toute autorité et de croire à la valeur de la raison
15 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

individuelle. Il devint naturel de s’attacher à la littérature païenne qui a parlé


honorablement de l’homme sans le recours de la révélation divine.
Les jésuites, en fondant les humanités, contribuent à répandre le culte de
l’humanité et élargirent l’horizon des écrivains et contribuèrent à répandre l’esprit
critique. En ouvrant les collèges, les Jésuites ont introduit les méthodes différentes
de la scolastique. Bref, ils ont renouvelé l’enseignement.
II.3. LA POÉSIE DE LA RENAISSANCE
Il y a deux périodes dans l’histoire de la poésie au XVIème siècle. Celle qui
précède la pléiade et qui prolonge le Moyen Age ; et celle qui, à partir de la pléiade,
voit la poésie se renouveler à partir de 1549.
II.2.1. Avant la pléiade
La poésie du Moyen Age était décadente (de peu de valeur). Une réforme
s’imposait. Cette réforme tente, par une école littéraire qu’on appelle les grands
rhétoriqueurs, travailler au compte de la bourgeoisie. Cette école développe des
chroniques, des poèmes historiques, didactiques et des œuvres poétiques de tout
genre. Au lieu d’opérer des réformes, les écrivains d’avant la Pléiade complique
davantage la versification. Bien qu’ils soient d’habiles versificateurs, ils étaient de
mauvais poètes, plus soucieux de la forme que de la sincérité des sentiments.
Toutefois, la poésie de la renaissance leur doit beaucoup sur le plan formel.
Clément Marot : Étant considéré comme l’un des écrivains de la transition
(entre le Moyen Age et la renaissance), il a d’abord cultivé la poésie savante des
rhétoriqueurs avant d’imiter les Italiens et les Anciens.
Son art a été défini par Boileau en ces termes : « unité de Marot, l’élégance
stylistique » c’est-à-dire l’élégant badinage. Ce badinage est un mélange d’esprit et
de cœur, de critique amusante et de compliment caressant, d’ironie fine qui fait que
son génie soit appelé poésie légère.
II.2.2. La Pléiade
Dans la seconde moitié du XVIème siècle, les jeunes poètes prirent l’habitude
de se réunir autour des érudits hellénistes tels que Dorat au collège de Coqueret.
Dorat les initie à la culture gréco-latine tout en commentant les auteurs grecs et
italiens. Ces jeunes poètes sont : Pierre de Ronsard, Joachim du Bellay, Jean
Antoine de Baïf, Remy BELLEAU, Etienne JODELLE, Ponty de TYARD, Jacques
PELETIER DUMANS. Ce groupe prit d’abord le nom de Brigade tout en se donnant
la tâche de relever le Français en produisant de bonnes œuvres. Plus tard, sous
l’égide de Ronsard, la Brigade prit le nom de la Pléiade.
Le programme de la Pléiade
En 1548 parait L’Art poétique d’un certain SIBILET. Celui-ci exalte la poésie
en décrivant les poètes modernes comme modèles à suivre. La Pléiade voulut
répliquer, elle confia le projet à Du Bellay afin de rédiger le manifeste de l’école de la
Pléiade.
Pour ce faire, Du Bellay rédigea La défense et l’illustration de la langue
française en 1549. Ces deux œuvres ont pour but la défense et l’élargissement de la
langue française.
a. LA DÉFENSE
Elle est un combat contre ceux qui méprisent la langue française de façon
qu’elle soit un moyen de servir comme mangue de culture. C’est pourquoi l’équipe
16 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

de la Pléiade invite tous les savants à composer leurs œuvres en français afin de
hisser cette langue au même rang que le Grec et le Latin.
b. L’Illustration du Français
Il s’agit ici d’enrichir la langue française en la rendant aussi digne et capable
que le Latin et le Grec. Pour cela, la Pléiade se donne comme mission :
 L’élargissement du vocabulaire par l’emploi des noms de métier, des termes
dialectaux, l’usage de vieux mots oubliés, la construction de nouveaux mots
sur des modèles existants.
 L’assouplissement du style par des tours (adjectifs employés comme
adverbes) et par des figures de comparaison empruntées à la mythologie.
 La réforme de la versification : Ainsi la rime sera conçue pour l’oreille et non
pour l’œil. L’alexandrin sera mis en honneur au moment où l’enjambement,
l’hiatus seront plus rares.
 Le renouvellement de l’inspiration par le recours aux genres antiques (odes,
épitaphe, élégie, épopée, comédie et sonnet).

II.3. La conception poétique de la pléiade


1. L’inspiration
L’inspiration est nécessaire, disent les poètes de la Pléiade, mais il faut le travail.
Celui qui désire vivre la mémoire de la postérité, doit comme en soi-même suer et
trembler comme endurer la faim chez Virgile.
2. L’imitation
Le manifeste de la Pléiade est contre la traduction qui ne crée nullement une
œuvre nationale et ne peut rendre la beauté de l’œuvre originale. La grande œuvre
nationale passe pour une imitation et non un calque. Du Bellay la définit comme
ceci « c’est l’art de bien suivre la vertu d’un bon auteur et quasi comme c’est
transformer en lui. »
Convaincu de cette nécessité, la Pléiade nous invite clairement au pillage des
œuvres antiques d’abord. Ainsi faites, certaines œuvres de la Pléiade ne sont, en
fait, que des traductions géniales. Ce qui pousse Du Bellay à modifier et à rectifier
sa théorie. Il dira :
« Le poète doit se familiariser avec les œuvres antiques au point de faire
siennes les pensées, les sentiments et les moyens d’expression qui viennent
spontanément sous la plume quand il écrit quelque chose de sa
propre inspiration. »
II.4. Les poètes de la Pléiade
1. Pierre de RONSARD (1524-1585)
Ronsard abandonna sa vie de gentilhomme pour s’enfermer avec Du Bellay et
Baïf au collège de Couperet pour faire la lecture générale des œuvres. Ses premières
œuvres le rendirent plus célèbre. Il devint le favori de Charles IX. Il passa sa
vieillesse à la campagne, écrivit toujours malgré son âge. Le XVIIème siècle l’oublia
complètement mais il fut remis en honneur par les romantiques.
Par son style lyrique et oratoire, il est considéré comme l’un des plus grands
poètes français. Il est le fondateur de la poésie classique. Ses œuvres principales :
17 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

 Odes pindariques (1550)


 Amour de Cassandre (1552)
 Odes horatiennes et anachroniques (1553-1556)
 Hymnes (1555-1556)
 Discours (1562)
 Mascarades et Bergerie (1562)
 La Franciade (1572)
 Amour d’Hélène (1578)
L’œuvre de Ronsard est abondante et diverse, il évolue en quatre moment :
1. On le voit d’abord se former à l’école des Anciens et de Pétrarque (Grec)
Ici, on formait les gens selon le modèle latin et grec. C’est comme si cette origine
était sa source d’inspiration directe. Ses écrits de cette époque sont lourds de farce
pédantesques (vantard).
2. L’originalité dans l’imitation
Les premières œuvres de cette étape de sa vie d’écrivain suscitèrent une violente
controverse (opposition avec les autres poètes de son temps). Les poètes de la cour
attaquèrent sa grandiloquence et sa pédanterie. Pour cela, il revint à des sujets
d’inspiration plus simple et aussi moins compliqué tout en imitant les Anciens.
Malgré cela, Ronsard arrive à dégager sa personnalité et à traduire le véritable
sentiment de son cœur. Les œuvres de cette période sont :
 Amour de Cassandre (1552)
 Amour de Marie (1552)
Dans ces deux œuvres, il se montre le vrai Ronsard qui a un sentiment plus
vif de la nature, un sentiment profond et mélancolique de l’écoulement des choses
susceptible de séduire par l’ampleur et l’éclat des images.
3. Le poète courtisan
Ronsard fournit à la cour des poésies de circonstance et de divertissement
littéraire lors des fêtes royales.
4. Le poète personnel
À la mort de Charles IX, Ronsard se retire de la cour. C’est alors qu’il va écrire
les meilleurs de ses œuvres. Citons par exemple Les sonnets pour Hélène jouissant
d’une tonalité modérément mélancolique et personnelle.
T.P. Faites l’analyse du poème Odes à Cassandre sur le plan de la forme
(versification) et du fond (thématique).
Ronsard est le plus grand représentant de la Pléiade. Il a bien mérité le titre de
Prince des poètes pour sa fidélité à la doctrine de la Pléiade. Cependant, c’est dans
ses œuvres qu’on observe mieux ses faiblesses littéraires qui sont :
 L’excès de l’imitation : Ronsard reproché son imitation scrupuleuse des
lois qui conviennent à une autre époque et cela impunément.
 L’étalage de son érudition : ses allusions mythologiques ne sont plus
comprises que par des personnes suffisamment instruites.
Cependant, Ronsard jouit d’une grandeur exceptionnelle. C’est un grand
poète qui se révèle quand il est animé d’C’est un grand poète qui se révèle quand il
est animé d’un sentiment personnel. Il fait alors preuve d’une imagination et d’une
sensibilité fines. Et c’est grâce à cet aspect que la tradition scolaire immortalise ce
poète autour de souvenir, de la beauté féminine et des fleurs. Malgré ses faiblesses
18 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

et ses imperfections, Ronsard demeurera le grand poète qui créera le grand style
lyrique et le fond latin de la poésie classique. Apprécions ici Les amours de
Cassandre.
En avril 1545, Ronsard rencontre, lors d’une fête à la cour de Blois, une
certaine Cassandre, fille d’un banquier italien. Il a vingt ans, elle en a treize. Depuis
ce jour, notre poète chantera le souvenir que la fille lui avait laissé, or, Depuis ce
jour, notre poète chantera le souvenir que la fille lui avait laissé, or, il n’aura
l’occasion de revoir la fille que onze ans après leur première rencontre. Il lui dédiera
183 sonnets dont beaucoup sont de merveilleuses harmonies de quête.
Les Amours de Marie
En avril 1555, Ronsard s’éprend d’une modeste paysanne appelé Dupin qu’il
appellera Fleur angélique. Il lui dédiera des poèmes simples et clairs en langue
familière qui exprimaient sincèrement de l’amour envers elle. Cette fille a inspiré
les meilleures de la poésie amoureuse de Ronsard.
Les sonnets pour Hellène
Elle était une fille d’honneur de Catherine de Médicis. Célèbre par son esprit,
sa vertu et sa beauté, elle ne tarda pas à être mariée. Ayant perdu son fiancé dans
la guerre civile, Hellène restait inconsolable dix ans durant. Pour ce, la reine
Catherine invita Ronsard à l’immortaliser par des thèmes à même d’ébranler le très
fond de son cœur. Le poète la chanta sur ordre de la reine puis peu à peu, il finit
sincèrement par tomber amoureux de la jeune fille : d’où le sonnet qui porte son
nom « sonnet pour Hellène ».
L’influence de Ronsard
De son vivant, Ronsard exerça une importante influence sur les poètes
français de son temps et tous l’admiraient en Europe. Au siècle suivant, Ronsard
fut contesté, condamné et finalement tombe dans l’oubli. Le classicisme, par la
doctrine de Boileau, le trouve trop pédant (savant) pourtant par son culte (imitation)
des Anciens, il annonce déjà ce même classicisme. Il a fallu attendre le romantisme
pour que justice lui soit rendue.
En effet, Ronsard annonce le romantisme par ses sentiments personnels
(poésie lyrique). Les parnassiens qui reviennent à l’imitation des Anciens
reconnaissent le service que Ronsard a rendu à la poésie française.
TP : Présentez la bibliographie, les œuvres et la tendance de Joachim du BALLAY.
II.2.3. APRÈS LA PLÉIADE
Après l’effort de la Pléiade, la poésie française s’achemina vers la forme que
Malherbe devait consacrer. Les défauts de la Pléiade furent visibles chez les poètes
de l’âge suivant. Dans l’ensemble la poésie connut des désordres remarquables. Il
n’y eut après la Pléiade aucune œuvre remarquable. Seul une personnalité
puissante reste à citer : c’est Agrippa d’Aubigné, auteur d’un recueil de poèmes
intitulé Les tragiques. Dans ce dernier, le poète traite les thèmes suivants : les
devoirs des vaincus, la piété mythique.
II.3. LES THÉÂTRES
La Pléiade, désireuse de renouveler tous les genres à l’agonie, s’était
appliquée aussi aux théâtres. Et même dans ce domaine, aucune grande œuvre ne
couronne l’intention de cette école.
19 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

II.4. LA PROSE AU XVIème SIÈCLE


La littérature de cette période nous fait retenir deux grands prosateurs :
Rabelais et Montaigne qui représentent toute la philosophie de la renaissance.
a. François RABELAIS (1483-1553)
Les principaux épisodes de sa vie d’écrivain se présentent de la manière
suivante : Rabelais fut élevé par les moines et devient moine lui-même. En 1529, il
quitta son monastère pour devenir simple séculier (abbé). À partir de ce moment, sa
vie n’est que voyage. Il va étudier la médecine à Montpellier puis exerça son métier
de médecine à Lyon, à Rome et à Paris. Il a écrit : Gargantua et Pantagruel qui
paraissent en cinq épisodes.
II.4.1. Pantagruel
Ici, Rabelais raconte les prouesses (hauts faits) de Pantagruel fils de
Gargantua. Géant comme son père, Pantagruel est doué d’une force et d’un appétit
extraordinaire. Il s’agit de l’histoire fantastique d’une famille des géants écrite pour
amuser les malades à l’hôpital. Dans cette œuvre bouffonne (amusante), certains
chapitres sont au-dessus de l’esprit populaire, il a critiqué la religion bien qu’il fut
prêtre.

La philosophie de Rabelais
Le Moyen Age était profondément chrétien. La philosophie rabelaisienne
conserve le christianisme, la croyance en Dieu et en une vie de l’au-delà. Mais
confronté avec la philosophie de l’Antiquité qui plaçait l’homme au centre de ses
préoccupations, la philosophie de Rabelais et celle de Montaigne réagissent contre
les contraintes médiévales imposées aux esprits et au corps. À travers les
plaisanteries, Rabelais cherche à isoler les idées de l’imperfection allouées aux
païens.
1. L’idéal
Cet idéal se résume en « une quête de principe de la vie » (donner au corps ce
qu’il exige). La philosophie nous invite à suivre la nature en donnant au corps et à
l’esprit ce qu’ils réclament. Ce principe se résume en ceci « Bois, prends du bon vin
et de la bonne science et moque-toi de tout le reste. »
2. Les idées en matière de l’éducation
À l’éducation scolastique qui se borne à des théories abstraites de théologie et de
droit, Rabelais propose une éducation physique et scientifique qui ne foule pas aux
pieds la formation littéraire et morale. Selon lui, c’est le programme encyclopédique
qui forme : « la tête bien faite ».
MICHEL EYQUEM DE MONTAIGNE (1533-1592)
Pour raffiner son âme, Montaigne fut éduqué dans un mélange de rudesse et
de doucisse par un père adepte et enthousiaste des idées de la renaissance. Il a
appris le Latin comme la langue maternelle, si bien que ses études classiques
furent aisément terminées. Son domaine est la philosophie et la morale.
Comme moraliste du XVIème siècle, Montaigne est très attaché à la pensée
païenne qu’il vient de découvrir et la pensée chrétienne qui est à la mode. Dans ses
écrits, il tentera d’unir le meilleur de la morale païenne au précepte moral de la
chrétienté.
Sa carrière
20 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

Michel EYQUEM DE MONTAIGNE fut conseiller au parlement de Bordeaux. Il


se retira à Montaigne pour se concentrer à l’étude et à la réflexion. Ces études
réunies forment un volume qu’il publie en 1550 sous le titre d’Essai. Par la suite, il
voyage pour se distraire et faire soigner sa santé. De retour, il est élu maire de
Bordeaux et cette fois-ci, il va reprendre la correction de son œuvre et y ajoute un
troisième qu’il publie en 1588.
La pensée de Montaigne
Les idées philosophiques de Montaigne sont éparses dans ses essais. Dans
sa démarche, Montaigne invite l’homme à s’examiner, à prendre conscience de sa
valeur et de ses vérités. La conclusion à laquelle aboutit cet examen de facultés et
de connaissances humaines n’est autre que le doute ; lequel doute est exprimé dans
la formule « Que sais-je ? » C’est le scepticisme de Montaigne.
a. Le scepticisme de Montaigne
C’est une philosophie qu’il fonde sur la méfiance de tout et même de la raison.
b. Le stoïcisme de Montaigne
Stoïque, Montaigne prône l’acceptation des épreuves de la vie comme
préparation à la mort. Cette acceptation ne se réalise qu’à travers l’austérité et la
patience.
c. La morale de Montaigne
En tant que moraliste, Montaigne préconise une morale teintée d’épicurisme
(carpe diem)
Les idées pédagogiques de Montaigne
Les essais de Montaigne renferment des arguments qui contrebalancent ce
qu’avaient d’exagérant les théories de Rabelais. Partant du principe « la tête bien
faite au lieu d’une tête bien pleine » Montaigne voudrait qu’on se soucie davantage
du jugement, de la qualité au lieu de bourrer les jeunes intelligences d’une culture
indigéniste, c’est-à-dire culture non travaillée, quantitative, dépourvue de profit
pour l’esprit. Pour ce, Montaigne nous recommande d’éviter les contraintes et
sévices corporels. Les préceptes de moral sévères sont à bannir.
Objectif des essais de Montaigne
Comme l’indique le titre, c’est un ouvrage sans prétention, qui traite de tous
les sujets sans lien. C’est ainsi qu’ils sont parfois contradictoires. Le sujet de ces
essais reste Montaigne lui-même : « Je suis moi-même la matière de mon livre. » D’où
Montagne a voulu prendre « le soi », c’est-à-dire se saisir de ses idées et sa
complexité corporelle. Montaigne se décrit non pas par vanité personnelle mais par
désir de trouver en lui-même l’homme qu’il faut, c’est-à-dire l’homme général.
L’art de Montaigne
La langue des essais a encore la verdeur du XVIème siècle : Usage du néologisme et
des termes empruntés au passé. Malgré ces imitations, les essais renferment des
expressions magnifiques et les images très appréciables.
21 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

Chap. III. LE CLASSICISME AU XVIIème SIÈCLE


Le XVIIème siècle est l’âge d’or de la littérature française. La littérature de ce
siècle est qualifiée véritablement de classique au sens de vérité éternelle et
universelle revêtue d’une fourrure (style) parfaite.
Est classique toute œuvre susceptible d’être appréciée en dehors de son
terroir et de son temps qui l’a vue naître. Pendant les premières années du XVIIème
siècle, l’esprit classique s’élabore lentement à partir des principes déjà posés par la
Pléiade, à savoir l’Imitation, à savoir, l’Imitation des Anciens. Son idéal est la raison.
Son idéal est la raison.
Les repères historiques
Au début du XVIIème siècle, un besoin de remise en ordre se fait sentir en
France. Trois personnes semblent des animateurs de cette situation. Il s’agit de
Henri IV, Richelieu (ministre) et Mazarin (ministre de Louis IX). Ces trois
personnalités remettent la paix et l’ordre intérieur en France. A cette époque, la
littérature et l’art atteignent leur apothéose (apogée).

III.1. LE CONTENU DE LA DISCIPLINE CLASSIQUE


1. François de MALHERBE (1558-1628)
En effet, ce n’est que vers la quarantaine d’âge que Malherbe se tourna vers la
poésie. Selon ses dires, il regarda la poésie comme un métier d’écrivain au service
des rois et de grand dont on vit les faveurs. Cette façon de concevoir explique la
légèreté du métier de l’écrivain à cette époque : « le corbeau et le renard ».
Malherbe, malgré ces critiques à l’égard des autres, manque d’imagination et de
sensibilité pour être un vrai poète.
 Il est effroi, sec et sans émotion mais grand écrivain par l’harmonie de ses
vers.
 Il est surtout théoricien de la poésie pour ne pas dire grand réformateur de la
versification. Ses théories ne sont connues qu’indirectement par sa
correspondance et par les mémoires du poète Racan.
La fameuse théorie réformatrice de Malherbe comporte cinq principes :
 L’imitation des Anciens
 Au lieu d’accepter une langue faite de tous les dialectes, Malherbe ne
permet à l’écrivain que l’usage de la langue de Paris et la proscription des
mots étrangers.
 Au lieu de faire de la poésie une œuvre de l’imagination et de sensibilité,
Malherbe en fait une œuvre de la raison. Malherbe pense qu’un poète est
un ouvrier au service du peuple et non un prophète messager de Dieu.
 Au lieu de laisser beaucoup de liberté dans la versification, Malherbe
proscrit l’hiatus, l’enjambement aux fins d’imposer les règles précises.
 Il accepte le principe de distinction de genres.
III.2. Les salons au XVIIème siècle
Dans les salons de ces dames, les honnêtes gens (nobles, riches, religieux,
écrivains) se rencontrent pour converser, apprendre la politesse et les manières
raffinées par les sciences, la littérature et la philosophie.
On y cultive le bon goût mais avec le temps ce bon goût dégénère en
préciosité (hypercorrection). La préciosité dont on parle ici est un mouvement
22 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

européen dont les conséquences se sont fait sentir partout sous diverses formes.
C’est ainsi qu’on parle du gongorisme en Espagne, marinisme en Italie, et de
l’euphémisme en Angleterre. Cette recherche de la préciosité a été appelée
« excentricité » sur base de leur point de vue commun. La préciosité lutte contre la
vulgarité dans les manuels, c’est-à-dire la politesse devrait s’affiner.
Mots vulgaires Périphrases proposées
La bougie Supplément du soleil
Le miroir Le conseiller de la grâce
Le balais L’instrument de la prospérité
Le chapeau L’affronteur des temps
La chemise L’empire du volcan
Le pain Le succès de la vie
Les dents L’ameublement de la bouche
La lune Le flambeau de la nuit

Tant que la préciosité était discrète et élégante, elle est une bonne chose (au
niveau interne), mais il y a une préciosité dont Molière se moquait. L’influence des
salons sur la langue française est évidente. Cette langue est purée, affinée mais
appauvrie ou affaiblie dans un sens.
Ex. La langue va souffrir au moins pendant deux siècles de division de mots en
caste (classe sociale) : vocabulaire de la noblesse d’une part et le vocabulaire du
reste de la population de l’autre.
L’influence des salons est surtout remarquable dans les écrits des poètes. Ils
veulent plaire à ce public raffiné, cultivé et pour ce faire, ils prennent le ton qui
convenait à ce propos. C’est grâce aux salons que certains genres littéraires furent
cultivés : le portrait, la maxime, la correspondance, les mémoires et les romans.
L’homme parfait, qu’est-ce ?
L’homme parfait est celui qui obéit à l’honneur, celui qui sait vivre dans la
haute société, qui possède un goût averti pour juger le tout, celui qui écrit à
l’occasion mais n’affecte rien. Bref c’est un homme bien éduqué.

2. DESCARTES ET BLAISE PASCAL


Ces deux grands cerveaux ont joué un rôle semblable dans l’élaboration de la
conception classique. Descartes a marqué la place de la raison dans le jeu de la
faculté de la création littéraire tout en donnant à son siècle une méthode de travail
(évidence due à l’observation, l’analyse et le dénombrement).
Blaise, lui, a instauré le sérieux dans la littérature tout en lui inculquant le
cachet philosophique.
Descartes et le discours de la méthode
C’est l’histoire des idées et du raisonnement de Descartes, considéré comme la
première grande œuvre philosophique écrite en langue française. Sa philosophie
consiste à rejeter provisoirement toutes connaissances acquises ou apprises à priori
et de procéder ensuite par le raisonnement à la reconstitution des sciences.
Descartes arrive ainsi à cette vérité dont on peut douter « Cogito ergo sum ». Il fonde
ainsi une philosophie qui repose essentiellement sur l’exercice de la raison.
23 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

Grand principe de la doctrine classique


La doctrine classique prône huit principes :
 La même croyance esthétique :
C’est-à-dire le respect des règles (règles de trois unités par exemple dont lieu, le
temps et l’action), la parfaite ordonnance du discours et l’applicabilité de la
versification.
 Le prima de la raison :
Dans le domaine de l’art, la raison est ce qui s’oppose à l’imagination, à
l’inspiration spontanée. Pour le classicisme, une œuvre est construite
méthodiquement. Citons ici le serment de Bossuet, la tragédie de Racine, la
comédie de Molière… développé selon un plan ordonné et logique.
 L’imitation des Anciens :
Les écrivains du XVIIème siècle usent volontiers des thèmes littéraires, du sujet
d’humanité littéraire à savoir « l’amour ».
 La nature :
Dans l’œuvre classique, la nature est la matière d’une œuvre d’art. Le classique
peint la nature extérieure (panorama, bois) mais aussi la nature humaine à travers
les mœurs et les caractères. Bref, sa psychologie.
On peut citer ici La Bruyère (les caractères) , Lafontaine (les mœurs ), Racine et
Molière (la passion).
 Le souci de l’objectivité :
Ici l’objectivité s’oppose à la subjectivité, c’est-à-dire que la littérature du grand
siècle (siècle de Louis XIV) n’est jamais subjective, exception faite bien entendu aux
mémoires, et aux genres épistolaires. Le « Moi est haïssable », voilà le slogan de ce
principe.
 Le sens de la mesure :
Peu d’œuvres classiques cultivent le surprenant et le merveilleux (l’exagération).
Molière lui-même s’en prend aux écrivains précieux, Boileau aux faiseurs d’épopée
et roman. Quand on écrit, on ne doit pas exagérer, dépasser la mesure.
 La foi en tant que mission sociale et moralisatrice de l’œuvre littéraire
L’œuvre d’art doit moraliser et socialiser la société. Raison suffisante pour que
les préoccupations morales et sociales soient l’extrême point de la pensée de Molière
et de Lafontaine.
 La dignité de l’expression
Jusque dans la comédie et dans la satire, la langue classique reste châtiée,
policée, épurée, prônée de sorte que les exemples de pluralité sont rares. L’écrivain
est invité à montrer beaucoup d’entrain (vivacité) pour une certaine emphase.
L’accent oratoire de la langue se trouve chez presque tous les écrivains du siècle.
Ainsi, l’évolution de la littérature au XVIIème siècle semble passée par trois étapes
fortement caractérisées.
 L’élaboration
 La réalisation
 La dislocation
24 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

A. LA TRAGÉDIE CLASSIQUE
1. PIERRE CORNEILLE
 La tragédie avant Corneille
La tragédie du XVIIème siècle manquait d’action. Statique, elle était l’œuvre de
la rhétorique et c’est le pathétique qui régnait parmi les spectateurs affectés par le
malheur du héros. La tragédie classique au contraire repose sur l’attente anxieuse
du déroulement. Chronologiquement, Corneille appartient à la première moitié du
XVIIème siècle, mais par l’action de son œuvre, il dépasse le rôle du pionnier pour
atteindre celui du maître.
Son contemporain, Boileau formula ainsi la règle de trois unités : « Qu’en un
lieu, en un seul jour, un seul fait accompli tienne jusqu’à la fin du théâtre accompli. »
 La vie de Corneille
Pierre CORNEILLE est né à Rouen en 1606 et mort en 1684. Après ses études
des humanités chez les Jésuites, il se consacre au droit dont il gardera le gout de
plaidoirie et de discussions serrées. Il a écrit :
 Mélite
 Le Cid
 Horace
 Polyeude
 Rodrigue
 Le Menteur
 Don Sanché
 Nicomède
 Pertharite
Découragé par l’insuccès de cette dernière pièce, Corneille renonça
provisoirement au théâtre. Quand il revint en 1659, il ne produisit que des pièces
médiocres. Il mourut dans l’oubli et la gêne matérielle en 1684.
 Le système dramatique chez Corneille
Corneille écrit des pièces de théâtre pour soulever l’admiration du spectateur. Et
cette admiration doit naitre de la victoire des héros, de leur domination sur les
passions. D’où le héros doit :
 Aspirer à la plus haute réalisation de lui-même en général dans le bien.
 Agir non par instinct mais par volonté.
 Dépasser l’humanité commune, c’est-à-dire là où les autres échouent, il doit
réussir.
 Mesurer sa vraie valeur dans les situations extraordinaires et complexes.
Chez Corneille, l’amour est une vertu et non une faiblesse comme le prône
Racine. La tragédie cornélienne pose un conflit entre deux grands sentiments : c’est
soit l’amour profane opposé à l’amour religieux.
Soit l’amour patriotique opposé à l’amour familial (dans Horace). Corneille
oppose toujours deux sentiments nobles.
 L’issue du conflit
Dans la plupart de ses œuvres, le devoir l’emporte et fait triompher l’honneur.
Entre deux passions en conflit, c’est la volonté qui est mise en honneur. Raison
suffisante pour que les exégètes disent que chez Corneille les devoirs l’emportent
sur les passions.
25 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

Corneille peint les hommes tels qu’ils devaient être, les hommes types,
archétypes, modèles, bref un idéal d’être. C’est dire que chez Corneille, le héros est
maitre de ses passions et de sa volonté. C’est l’aspiration même du théâtre
cornélien.
 Le style cornélien
Ainsi conçue, la tragédie cornélienne est d’un style exceptionnel, une expression
rigoureuse condensée et dynamique.
2. JEAN DE RACINE
Il y a trois parts dans l’œuvre de Racine :
- Une part mondaine
- Une part de son génie
- Une part de Port-Royal
1. La part mondaine
Racine a fait ses débuts littéraires avec l’œuvre intitulée L’ode à la nymphe de la
seine (1960). C’est une œuvre empruntée à la préciosité farcie (dominée) de
mythologie et d’emphase selon le goût de l’époque.
Quand il débute avec des pièces de théâtre, il continue dans cette même ligne.
C’est le cas de Alexandre (1665)
2. La part de son génie
Les critiques de ses deux premières pièces lui rendirent un grand service. Il se
forgea ainsi sa propre voie dans la littérature. Les pièces qu’il écrivit dans cette
deuxième étape de sa vie littéraire se déroulent sur un fond de décor antique, peinte
avec beaucoup d’attention et un cœur humain. Par cœur humain, il faut entendre
les pièces à caractère psychologique telles que :
 Andromaque, 1668
 Britanicus, 1669
 Berenice, 1670
 Bazajet, 1671
 Mithridale, 1673
 Iphigénie, 1674
3. La part du Port-Royal
Les dernières pièces de Racine acquièrent une préoccupation nouvelle. Elles
concilient des sujets chrétiens avec la forme de la tragédie antique (mythologie). Ces
pièces sont :
 Phèdre, 1677 : Ici, l’auteur expose les problèmes moraux, c’est-à-dire du
remord et de la prédestination.
 Esther, 1689
 Athalie, 1691

A. LE SYSTÈME DRAMATIQUE DE RACINE


Contrairement à Corneille qui suscite chez le spectateur l’admiration du héros
caractérisé par sa vertu et sa volonté, Racine, lui, suscite la pitié due aux faiblesses
du héros (amour aveugle).
Pour créer cette pitié, Racine y arrive grâce :
 Le sujet (les thèmes exploités dans le théâtre)
Les thèmes raciniens sont toujours vraisemblables, ordinaires et quotidiens.
26 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

 L’action :
Cette action est simple car elle a très peu d’incidents. Elle est intérieure, c’est-
à-dire que le conflit se vit dans l’âme du héros bien que les conséquences soient
extérieures.
 L’intrigue :
Elle rapide car elle commence le plus près possible du dénouement. La tragédie
racinienne est une crise et non une histoire, c’est-à-dire une passion qui dure
depuis longtemps à l’intérieur du héros. L’action la saisit au moment où elle
commence à faire de ravage.
 Le mélange de force et de faiblesse, de vertu et de vice
Ce jeu d’opposition des qualités humaines rend la tragédie de Racine
quotidienne, c’est-à-dire de la vie de tous les jours. D’où sa popularité.
La passion racinienne représente nombre des passions entre autre l’ambition,
l’amour, … mais aussi pour lui l’amour n’est autre qu’une passion tragique par
excellence.
B. CARACTÉRISTIQUES DE L’AMOUR RACINIEN
 Amour irrésistible
Cet amour éclate comme un coup de foudre et se traduit comme un désordre
physiologique. Ni la raison, ni la volonté de l’homme n’y peut rien contre lui.
 Amour-devoir
Pour Racine, il n’est pas de devoir qui puisse exister en dehors de la passion.
 Amour-dignité
La passion pousse le héros si vertueux ou orgueilleux soit-il à des démarches
déshonorantes et humiliantes, aux mensonges et à la perfidie aux ridicules et à
l’insensé. À ce niveau, l’amour aveugle ôte la dignité.
 L’amour-égoïsme
Dans les pièces de Racine, l’amour adressé à l’être aimé rencontre souvent une
résistance que le héros cherche à contourner par tous les moyens (haine, force, …)
 L’amour-impossible
Le destin tragique chez Racine ne permet presque jamais à l’amour de se
réaliser. Quand l’amour, par hasard, tend à se partager, un obstacle extérieur
empêche l’union des amants.
 L’amour-jalousie
Si l’être aimé ne répond pas à l’amour lui proposé, c’est souvent parce qu’il aime
ailleurs. Raison suffisante pour qu’on s’acharne à le jalouser. C’est une haute
humiliation de se voir préféré à un rival ou une rivale.
C. LES TYPES RACINIENS
Malgré la diversité des personnages, un type racinien se dégage contrairement à
celui de Corneille. Pour ce dernier, le héros a des facilités dès sa naissance qui lui
font arriver aux hauteurs de la vie. Cependant, le héros racinien se débat
vainement parmi les contradictions insolites de sa nature. Voilà pourquoi ce héros
s’achemine vers le meurtre et le suicide, une sorte d’égarement qui annihile sa
volonté tout en étant conscient de ce qu’il fait.
D. LA FATALITÉ RACINIENNE
Le dénouement sanglant des héros raciniens s’explique par la place
qu’occupe la fatalité. Celle-ci est une force irrésistible qui conduit vers une fin
27 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

prédestinée malgré les moyens mis en œuvre pour lui échapper. Racine présente
cette irréversible fatalité de trois manières différentes :
 Le destin hostile (mal chance)
 La malédiction héréditaire
 L’impulsion irréversible de la passion.
4. LA COMÉDIE CLASSIQUE
A. JEAN POQUELIN DE MOLIÈRE
 Sa vie :
Jésuites Molière est né à Paris. Les fonctions de son père lui permirent de faire
les études des classiques chez les. Après les humanités, il fait le droit. Mais
brusquement il renonce au métier d’avocat. Il va alors fonder lui-même une troupe
théâtrale sous le nom de « Illustre théâtre » dans lequel sa femme Madeleine est
également actrice.
En 1655, il fait sa première grande présentation en vers de l’Etourdi. L’année
suivante (1656), il connait un autre succès avec la pièce Dépit (dégout). L’explosion
de ces deux pièces atteint Paris et Molière est invité à aller jouer devant le roi et la
Cour. Désormais Molière devient le protégé du roi et surtout du petit frère du roi
appelé Monsieur. Ainsi la troupe de Molière s’appellera depuis lors la troupe de
Monsieur.
En dépit du succès dû à la faveur royale et à la fortune, Molière vécu
malheureux. La condition d’auteur et d’écrivain n’était pas respectée à l’époque.
Molière mourut sur scène lors de la présentation de la pièce Le malade imaginaire
où lui-même jouait le personnage du malade même.
B. LA COMÉDIE DE MOLIÈRE
Avant Molière, la comédie passe pour un simple divertissement où le personnage
Bouffon (qui fait rire) avait pour rôle principal de faire rire le public. Beaucoup
avaient été tentés par la comédie mais celle-ci n’avait produit que des farces.
D’ailleurs Molière lui-même avait commencé par la farce. Cependant, de la farce, il
est passé à la comédie tout en l’élevant au même rang que la tragédie. Son œuvre
comprend alors les comédies de mœurs dont la toile de fond (thème principal) est la
critique sociale. C’est le cas de :
 Précieuses ridicules
 Le Bourgeois gentil homme
 Le Malade imaginaire
Il a aussi excellé dans des comédies psychologiques ou de caractère à savoir :
 Tartuffe
 Don Juan
 Le Misanthrope
 L’Avare
 Les Femmes savantes
C. LA DOCTRINE LITTÉRAIRE DE MOLIÈRE
Sa doctrine comprend quatre points essentiels :
 La règle de plaire
Pour lui, les règles ne sont pas de choses extraordinaires, ce sont de simples
observations de bon sens que chacun peut faire à son tour. Selon Molière, l’œuvre
se juge, non point d’après les règles de Horace ou de Aristote, mais d’après l’effet
28 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

qu’elle produit sur les spectateurs. Corneille suscite l’admiration sur le spectateur,
Molière le rire et Racine la pitié.
 La manière dans la comédie
La peinture des vices à travers les mœurs et les caractères contemporains ont,
selon Molière, pour objectif leur correction. Les sujets qui inspirent Molière sont
particulièrement l’hypocrisie et l’imitation de la vertu.
 La peinture d’après la nature
La comédie de Molière est une peinture générale qui repose sur une observation
attentive de la nature humaine dans son cadre spatio-temporel.
 La portée morale de la comédie de Molière
Molière ne force pas seulement le rire, il entraine également à la réflexion, à la
méditation sur les conséquences des vices. Les spectateurs font inconsciemment
une comparaison entre le personnage ridicule et eux-mêmes.
D. LE COMIQUE DE MOLIERE
L’art de Molière consiste justement à traiter de façon amusante des situations
pénibles (complexes). Le comique passe toujours au premier plan. Pour provoquer le
rire, Molière use des procédés divers :
 La parodie (caricature) grossière, c’est-à-dire des coups de flèche adressés
aux autorités.
 La caricature qui consiste à isoler (mettre en relief) les traits saillants d’une
physionomie tout en le grossissant.
 La répétition d’un mot ou d’un geste qui devient un tic.
 L’exagération paradoxale d’une idée juste.
 L’opposition de deux personnages qui se font valoir mutuellement.
 Le quiproquo (confusion).
E. LA LANGUE DE MOLIERE
Dans son style, nous remarquons une certaine négligence voulue. Molière utilise
parfois la langue parlée au détriment de celle dite soutenue, c’est-à-dire le jargon de
toutes les couches sociales mais cela s’explique : l’élégance et la finesse littéraire
dans le comique ne sauraient être saisies par le public dans son ensemble. On
dirait que Molière écrit trop banalement pour être entendu de loin.
B. JEAN DE LA FONTAINE (1621-1695)
De bonheur, Jean de Lafontaine accompagna dans ses courses son père qui
était conservateur des Eaux et de foret. Les exégètes pensent qu’il a pris un goût
très vif pour les choses de la campagne à travers cette situation. A la mort de son
père, il lui succéda et mena une vie de campagnard jusqu’à quarante-cinq ans. Le
fait de passer une grande partie de sa vie dans le bois, il y a de quoi alimenter et
rafraichir son œuvre pour le reste de sa vie. Lafontaine est un rêveur, paresseux,
distrait et timide. Son épitaphe (inscription sur la tombe) en est une preuve
éloquente :
« Jean s’en alla comme il était venu
Mangeant le fond avec le revenu
Tint les trésors chose peu nécessaire
Quant à son temps bien sut le dispenser
Deux parts en fit dont il souhaite passer
L’une à dormir et l’autre à ne rien faire. »
29 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

 LA FABLE
Une fable est un récit court visant à démontrer une vérité morale. Lafontaine
passe pour un grand fabuliste français de son époque. Cependant, pas plus que les
autres écrivains classiques, Jean de Lafontaine ne se soucie pas d’être original dans
la matière de ses œuvres. Les critiques littéraires estiment qu’il a imité les fables de
ses devanciers en les transformant. Pensons ici au fabuliste de l’Orient dont les
œuvres lui sont parvenues par les croisades d’une part, et les œuvres d’Esope et de
Phèdre (fabuliste grec) d’autre part. Seulement, sa valeur réside dans la façon
personnelle de traiter cette matière.
 LA COMPOSITION DES FABLES DE LAFONTAINE
Les éléments du drame
 Le récit
Ses récits sont caractérisés par un début rapide ou une introduction en quelques
mots. Celle-ci sert à situer les personnages et à tracer le cadre de l’action. Ex. la
raison du plus fort est toujours la meilleures.
Dès que le début est fini les personnages parlent et l’auteur se dissimilent
pour les laisser agir. Le tout est d’une composition rigoureuse, donc impossible
d’ajouter et de retrancher sans nuire à la fable. La conclusion est toujours
moralisante (une ligne ou quelques mots).
 Les personnages
Quelque fois sont les hommes mais très souvent des animaux auxquels
Lafontaine prête une âme, une intelligence, un caractère humain.
 Le cadre spatial
Lafontaine ne décrit pas pour décrire, et en cela il se présente comme tous les
autres classiques. Remarquons ici qu’il est l’un des rares écrivains qui aient
accordé quelques places à la campagne.
Les caractéristiques des fables de Lafontaine
Dans ses fables, la nature n’intervient pas pour elle-même, elle est un simple
décor. Certaines de ses évocations restent malgré tout inoubliables même s’il ne
s’agit pas de la nature telle que conçue par les romantiques.
La morale des fables de Lafontaine
Tout en décrivant fort bien les animaux, Lafontaine ne peint en réalité que
les mœurs des hommes. Cependant, cette moralité est fort discutée par les
exégètes. Pour certains, ces fables n’ont pas un cachet moral, c’est-à-dire elles ne
sont pas le reflet d’une réalité réelle. Dans la fable le Loup et l’Agnon, nous lisons
en son début « la raison du plus fort est toujours la meilleure », c’est comme si
Lafontaine disait « c’est regrettable mais c’est comme cela ». Un moraliste ne devait
pas accepter une telle situation et l’accepter comme principe. Malgré cela, les fables
de Lafontaine ont le mérite d’être accueillies comme une morale pratique.
L’autre camp interprète le début de cette fable comme suit : le monde est
méchant, tachez de ne pas en être victime. Ainsi puisqu’il attaque les travers et les
vices de la nature humaine, nous pouvons considérer que son œuvre est morale au
même pied que d’autres œuvres classiques.
Le style de Lafontaine
C’est un style très varié dont le rythme et le ton s’adaptent aux caractères
des personnages et à l’idée.
30 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

Ex. En disant que la fourmi est sèche et dure, le pigeon est caressant et doux…,
Lafontaine marie le style à la réalité. Ce style est pittoresque, c’est-à-dire avec
quelques traits bien choisis, il trace un tableau qui s’impose tel une peinture.
5. LE GENRE ÉPISTOLAIRE
A. LA VIE DE MADAME DE SEVIGNE
Née Marie de Robisté Chantal puis Marquise de SEVIGNE, elle a épousé à dix-
huit ans le Marquis qui porte son nom, homme brutal et débauché. Elle sera veuve
à vingt-cinq ans. Dès lors, elle se consacre à l’éducation de ses enfants Françoise et
Charles, tout en recevant ses amis choisis dans son salon. Sa fille épouse en 1669
le Compte de GRIGNAT en Provence (Sud de la France).
Pour se consoler de cette séparation douloureuse, Mm de Sévigné prit l’habitude
d’écrire à sa fille presque toujours lui racontant la vie de Paris. C’est ce qu’il a
appelé « le penchement de mon chœur ».
B. LES LETTRES
Publiées pour la première fois au XVIIIème siècle par sa petite fille Pauline de
GRIGNAT, les premières correspondances étaient tronquées modifiées. Il fallait
attendre le XXème siècle pour que les vrais textes soient connus dans toutes son
intégralité. Elles seront alors réunies en dix volumes : spécialement des lettres
adressées à Mme de GRIGNAT sa fille, à Charles son fils, à ses amis BUSSY-
ROBUSTIN et Mr l’Abbé de Coulanges et Pomponne.
C. INTÉRÊT DES LETTRES
Les lettres ou la correspondance de Mme de Sévigné réveille quatre aspects :
historique, psychologique, moral et littéraire.
 Intérêt historique
En effet, à la manière d’un journal, ces lettres nous font connaitre la Cour et
Paris entre 1670 et 1690.
 Intérêt psychologique
Ses lettres sont une analyse approfondie des âmes, des comportements de Mme
de Sévigné elle-même (son bon sens, sa bonté spirituelle, sa recherche sur la vertu
et l’affection). Elles mettent également en relief sa fille raisonneuse et son fils
écervelé (niveau très bas).
 Intérêt moral
Le climat moral des lettres de Mme de Sévigné est très élevé en ce sens qu’on y
puise quelques conseils moraux pour la vie à savoir : Accepter les devoirs,
s’adonner à la Providence, se préparer à la mort et tant d’autres conseils sur
l’éducation.
 Intérêt littéraire
Enfin la qualité du style et les thèmes développés font que ces lettres soient des
outils didactiques.

D. LA PLUME DE MADAME DE SÉVIGNÉ


Le style de la Marquise de Sévigné fait penser à une conversation enjouée,
spirituelle, rapide et pleine de tact. Il frappe surtout par sa simplicité, mais une
simplicité simplifiée. Très souvent la matière de ses correspondances est, selon ses
propres expressions, « le dessus de tous les panier », c’est-à-dire la fleur de mon
esprit, de ma tête, de mes yeux, de ma plume et de mon écriture.
31 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

Pour cela, on l’a souvent comparé comparée à Lafontaine à savoir le même


vocabulaire riche, la même syntaxe souple et variée, le même sens des expressions
imagées, saisissantes et inattendues.
Cependant les traces de la préciosité y sont très apparentes que chez le fabuliste
(Lafontaine). On sent parfois une certaine richesse et le désir de plaire. Mme de
Sévigné est véritablement classique en ce qu’elle se montre connaisseuse de l’âme
humaine et des sentiments communs aux hommes de toutes les époques. Sans cela
elle ne serait pas goûtée au-delà de son siècle.
6. L’ÉLOQUENCE RELIGIEUSE
BOSSUET (1627-1704)
Eloquence
L’éloquence politique (parlement, présidence, …), l’éloquence judiciaire
(avocat, défenseur juridique, …), éloquence académique (conférence scientifique,
soutenance publique, …), éloquence militaire, religieuse, etc.
A. LA VIE DE BOSSUET
Bossuet est né à Dijon et fit ses études chez les Jésuites où il bénéficiera d’une
formation classique. Ordonné prêtre en 1652 (27ans), il passa sept ans à Metz puis
rentra à Paris en 1659. Dix ans durant, il vivra aux côtés de Saint Vincent de Paul.
Il sera le prédicateur en vogue de grandes églises.
D’abord très simple et familier dans ses sermons, il se fixe peu à peu dans un
genre plus élevé susceptible de plaire à la Cour. En 1669, il est nommé évêque de
Condom.
B. BOSSUET, L’ORATEUR
Il est le plus célèbre représentant de l’éloquence religieuse. Sa notoriété
(popularité) s’impose dans ses sermons et les oraisons funèbres (lié à la mort).
C. LA PRÉDICATION AVANT BOSSUET
La prédication avant le XVIIème siècle avait des défauts. Les prédicateurs
abusaient des termes d’école que le public ne comprenait absolument pas : les
citations des auteurs païens de la préciosité que les salons avaient mises à la mode
étaient leur référence. Des efforts furent tentés pour corriger cette prédication.
Saint François de Sale, les prêtres jésuites, Saint Vincent de Paul contribuèrent à
ramener la prédication à sa source c’est-à-dire l’Évangile. Mais le véritable
réformateur de la chaire est Bossuet.
Évêque de Meaux, il fut surnommé « L’Aigle de Meaux ». On l’a appelé ainsi en
référence de la hauteur de sa pensée, l’élévation de son caractère, la nature de son
cœur et surtout l’étendue de son génie. Bossuet a écrit des œuvres de polémique
religieuse car il a été mêlé à beaucoup de querelles d’ordre religieux. Cette situation
lui a valu le titre d’historique et de dialecticien (d’argumentation). Citons parmi ses
œuvres :
 Le discours sur l’histoire universelle
 L’histoire de variation des églises protestantes
Bossuet est un orateur à la majesté persuasive, il est écrivain par sa langue
soutenue, vigoureuse et solennelle (avec beaucoup d’estime et de valeur). Citons
ici :
 Les oraisons funèbres et la plupart de ses sermons qui ne furent publiés
que vingt-huit ans après sa mort.
32 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

Bossuet n’avait jamais eu l’idée de les faire imprimer. Dispensés, ils furent recueillis
et publiés au XVIIIème siècle d’une manière imparfaite. Depuis, il a fallu de savants
travaux pour rétablir des textes exacts dans leur authenticité. Les principaux
sermons sont :
 Le panégyrique de Saint Bernard
 Le panégyrique de Saint Paul
 Les sermons sur l’éminente dignité des pauvres
 Les sermons sur la passion, la providence, la mort.
Contrairement aux sermons qu’il ne voulait pas publier, Bossuet le fit lui-
même pour la plupart de ses oraisons funèbres, pièces bien soignées, au discours
d’apparat (de grand éclat). Les principaux sont :
 L’oraison funèbre de la reine d’Angleterre (1669)
 L’oraison funèbre de la Duchesse d’Orléans (1670)
 L’Oraison funèbre du prince de Condé (1687)
7. LA CRITIQUE LITTERAIRE
A. NICOLAS BOILEAU
Né à Paris, Boileau a commencé à faire des vers satiriques dans lesquels il
s’attaque aux poètes qui étaient en vogue en cette période. À l’instar de Juvénal,
Horace et surtout Mathurin Régnier. Cette satire lui attira beaucoup d’ennuis. Il fut
vite présenté au roi qui le mit sous sa protection. Il put alors se livrer à sa satire
sans être inquiéter. Parallèlement à la critique (satire), Boileau entreprit à codifier la
doctrine de l’école dans les Epitres et dans l’Art poétique. Au même moment qu’il fait
la satire, il se plonge dans l’exégèse.
Grace à cela, Boileau fut nommé avec Racine « historiographe » (critique
littéraire). Pour ce il entra à l’Académie française.
B. SES ŒUVRES
 Les satires I et IX
Dans cet ouvrage, Boileau se livre tour à tour à la satire des mœurs
bourgeoises, à la satire des mœurs en général et à la satire littéraire, soubassement
de son goût de la critique littéraire ou l’exégèse.
 L’Art poétique
Cette œuvre comprend quatre chants :
 Ier chant : il renferme les préceptes généraux sur la nécessité du talant
pour l’art d’écrire. L’accord de la rime et de la raison, une histoire de la
poésie française termine ce premier chant.
 IIème chant : Celui-ci donne les règles du petit genre tel que : l’églogue,
l’ode, le sonnet, la satire.
 IIIème chant : Il se penche sur les grands genres à savoir : la tragédie, la
comédie et l’épopée après avoir brossé leur histoire.
 IVème chant : Ce dernier étale les préceptes moraux sur le travail de la
vertu.
C. BOILEAU, CRITIQUE LITTÉRAIRE
Comme critique littéraire, on lui reproche de ne pas tenir compte de l’inspiration
nécessaire du poète. Mais nous devons lui reconnaitre certaines qualités d’exégète
notamment la rigueur, la mesure, le bon sens et le gout. C’est dire que Boileau est
un exégète qui sait apprécier à juste titre.
33 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

Comme poète, il lui manque d’imagination et de sentiment. Bref, il n’est pas


lyrique. Comme théoricien, Boileau commence à écrire ses premières satires en
1660 mais la doctrine qu’il expose était déjà et fermement établie. C’est-à-dire que
Boileau n’a rien inventé.
En effet, ceux qu’il attaquait à savoir les poètes précieux, burlesques ou
emphatiques étaient déjà mourants et désapprouvés à cette époque. Les grands
principes que contient son œuvre, il n’en est pas un qu’il ait inventé.
8. LA PEINTURE DE L’HOMME
LA BRUYÈRE (1645-1695)
De bonheur, La Bruyère abandonna la carrière d’avocat pour être précepteur
du petit fils de Condé. Quelques temps après, c’est-à-dire après sa définition dans
le domaine littéraire, il fut reçu en 1693 à l’Académie française.
Son œuvre
Cet écrivain à la plume tranchante n’a écrit qu’une seule œuvre intitulée Les
caractères ou les mœurs de ce siècle publiée en 1688. Ce sont les succès de cet
ouvrage qui le menèrent à l’Académie française en 1693. L’œuvre de La Bruyère est
un ensemble de portraits et de maximes qui constituent la partie populaire du livre.
Bien que le titre indique clairement l’intention de l’auteur de se pencher sur
les hommes de son époque, La Bruyère n’échappe pas à la tendance du XVIIème
siècle d’envisager la société sous son aspect éternel. C’est dans l’analyse des mœurs
contemporaines que sa personnalité se réalise le mieux.
En effet, La Bruyère use des mots cruels pour les courtisans, les paysans, les
financiers, les précieux, les faux dévots, les prêtres frivoles, les mondains, les
bourgeois, etc. On lui reproche cependant d’avoir fait un recueil de médisance au
point que ses ennemis furent même circuler les noms des personnes qu’il voulait
peindre.
Observons que ses idées tournent autour de :
 L’homme éternel
 L’homme de son temps

L’ART DE LA BRUYÈRE
Un tel livre (les caractères) aurait risqué la sécheresse de l’énumération
(défauts), mais la Bruyère a imagination et l’art pittoresque qui rendent ses
portraits vivants et parlants. Au lieu de la grande phrase classique, on a dans les
caractères plutôt une phrase courte.
En effet, La Bruyère n’écrit pas avec aisance, on sent à travers ses lignes un
travail hardi et de recherche. Du point de vue style, La Bruyère annonce déjà les
écrivains qui vont suivre (XVIIIème siècle)
T.P Au XVIIIème siècle, il s’est produit ce que l’exégète appelle « la querelle
des Anciens et des Modernes. » Parlez à suffisance de celle-ci selon le plan ci-
dessous :
00. Introduction
1. La querelle proprement dite
a. Ière phase
b. IIème phase
2. Les thèses des antagonistes
34 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

a. Les thèses des Nouveaux


3. Les arguments des Anciens
Conclusion
 Conséquences de cette querelle
Chap. IV. LE XVIIIème SIECLE FRANÇAIS
Les œuvres de la première moitié du XVIIIème siècle sont conformes à l’idéal
esthétique du XVIIème siècle (le culte de la raison et des règles) tel que fixé par
Boileau. Par contre les 50 dernières années (deuxième moitié) sont caractérisées par
un esprit réformateur et révolutionnaire.
(L’esprit réformateur implique le rejet des classes sociales, l’imitation des
Anciens, les règles dogmatiques, le culte de la raison tandis que l’esprit
révolutionnaire suppose la liberté dans tous les domaines de la vie : liberté des
classes sociales, culturelle, scientifique, littéraire, religieuse, etc.)
De même la réforme mène au renouveau c’est-à-dire au découverte et à la
science, de même la révolution mène vers l’idée philosophique (doute sceptique,
prise de position sans référence
La littérature du XVIIème siècle se distingue de celle du XVIIIème siècle en
nombre de points de vue. Observons :
Littérature du XVIIème siècle Littérature du XVIIIème siècle
Siècle religieux dans l’ensemble, respect des Siècle de la critique de toutes les traditions
institutions traditionnelles dans tous les établies tant politiques que religieuses. C’est
domaines. C’est dire que l’homme est passif, le siècle de la philosophie, c’est-à-dire de
il ne fait que contempler la nature. l’indépendance de la raison individuelle et de
l’incrédulité.
L’objet de la littérature du XVIIème siècle est La littérature a pour objet l’homme social
l’homme intérieur et universel. dominé par le rationalisme.
La littérature s’appuie sur les écrits La tradition cède sa place aux thèmes
traditionnels gréco-romains. nouveaux
Le classicisme en tant que mouvement Le cosmopolitisme du XVIIIème emprunte à
spécifiquement français passe pour une l’étranger ses thèmes, d’où son caractère
littérature nationale. universel.
La philosophie religieuse est une L’incrédulité fait descendre des idées sur la
connaissance désintéressée qui expose terre aux fins de promouvoir l’homme dans
déductivement les thèses d’une doctrine tout tous ses aspects.
en érigeant un système métaphysique c’est-
à-dire des pensées abstraites.

Du point de vue littéraire, le XVIIIème siècle est un siècle d’élargissement


(ouverture, éclosion) en ce sens que tous les écrits ont pour objet d’autres domaines
de l’esprit. Cette révolution réformatrice fait la littérature prenne conscience de
l’homme en tant qu’être social, politique, humanitaire et non un sujet de
contemplation comme au XVIIème siècle.
La pensée du XVIIIème siècle se porte pour la première fois à la rencontre de
l’homme vivant, concret et particulier. La Cour n’arbitre plus le jugement littéraire
35 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

car elle cesse de contrôler ou d’orienter le gout des écrivains. Désormais ce sont les
salons qui arbitrent toutes les tendances de la vie intellectuelle.

1. LA LITTÉRATURE
La première moitié du XVIIIème siècle est sous le signe du rationalisme
philosophique, c’est-à-dire qu’on place la raison au-dessus de tout. La seconde
moitié du siècle est marquée par l’esprit critique contre le dogmatisme. Elle est sous
le signe de la sensibilité préromantique bien qu’il n’y ait pas de coupure brusque.
Jean JACQUES ROUSSEAU ; et Denis DIDEROT incarnent le partage de leur
époque entre ces deux tendances.
2. LES PHILOSOPHES
1. MONTESQUIEU Charles Louis de Secondât
Il prit le nom de son oncle Montesquieu en même temps qu’il lui succéda
comme président de Bordeaux (sénat)
Son œuvre : Montesquieu a beaucoup écrit mais ses œuvres les plus célèbres sont :
 L’esprit des lois
 Les lettres persanes
Cette seconde œuvre lui valut son entrée à l’Académie française. Les lettres
persanes sont une sorte de romain épistolaire. Deux persans RICA, homme du
monde plein de finesse et USBECK, philosophe réfléchi, quittent leur pays pour
visiter l’Europe. De Paris où ils s’installent pour un temps, ils envoient leurs
impressions à des amis restés en Perse. Ce sont des observations satiriques sous
forme des plaisanteries. Cette satire est dirigée contre tout le monde. Dans le salon
où ils se trouvent, RICA et ISBECK font des portraits plaisants du poète, du
financier, … la critique du régime politique, l’attaque de l’autorité pontificale, le
célibat ou le clergé (ordre religieux).
Ces observateurs curieux abordent des sujets délicats tels que le divorce et
l’esclavagisme. Montesquieu, craignant les ennuis dus à ces critiques, présente sa
satire comme une fantaisie amusante des personnes naïves (RICA et USBECK).
C’est là une audace où la censure exerçait encore une vigilance exceptionnelle.
3. VOLTAIRE (François Marie-Arouet)
Voltaire est surtout connu sous sa contribution à l’élaboration de
l’Encyclopédie. Par sa longue carrière d’écrivain, Voltaire englobe tout le siècle par
son influence, influence due à son évolution d’esprit public de son activité littéraire
et de l’abondance de ses œuvres. Il est tour à tour philosophe, historien, conteur,
critique littéraire ou exégète.
A. SA VIE
 De brillantes études classiques chez les Jésuites
 Fréquentation de la société libertine
 Jeunesse mouvementée : il a été trois fois en prison à la Bastille (1789
lors de la révolution française).
 Exile dû à son attitude et ses opinions irrespectueuses.
 Plusieurs séjours à l’Plusieurs séjours à l’étranger.
B. LA PHILOSOPHIE DE VOLTAIRE
Sa philosophie est celle des encyclopédistes qui vénéraient leur maitre à savoir :
36 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

 Le rejet de considération métaphysique de l’homme traduit par l’exaltation


du progrès de la science visant l’amélioration des conditions sociales de
l’humanité.
 L’attitude déiste prônant la reconnaissance de l’existence d’une divinité et
non d’une religion pratique. Le Dieu que Voltaire conçoit ne s’occupe des
hommes et voilà pourquoi la religion est inutile. Si Dieu n’existait pas, il
faudrait l’inventer pour maintenir les hommes dans la morale.
Il ajoute : « je voudrais que mon procureur, mon tailleur, mes valets croient tant en
Dieu et je m’imagine que j’en serai moins volé. » La morale voltairienne est ainsi
fondée sur la tolérance et la bienfaisance.
C. VOLTAIRE, HOMME DES LETTRES
Si les qualités littéraires de Voltaire se manifestent non sans peine dans ses
volumes en vers, c’est sa prose par contre qui est nettement supérieure au reste de
ses écrits. Son arme redoutable, ironie, est la grande caractéristique de son style.
3. L’ENCYCLOPÉDIE
Ce qui fait l’unité de l’encyclopédie, c’est l’esprit qui l’anime et qui se résume
comme suit :
 La destruction de tout absolutisme dogmatique, de toute métaphysique, de
toute religion et de toute autorité, c’est-à-dire l’instauration du système
« tabula rasa. »
 Le culte des tendances humanitaires et du progrès.
 La primauté de la critique, du doute et de la négation.

A. L’ACCUEIL DE L’ENCYCLOPÉDIE
L’encyclopédie pénétra partout : chez les nobles de province, chez les notaires
royaux, chez les curés, chez les bourgeois etc. Ses succès se propagent dans le
public et dans les Lettres.
Malgré les entraves officielles, quelques grands personnages de l’époque
accordèrent leur faveur à l’encyclopédie. Citons par exemple Mme POMPADOUR, Le
Marechal de Richelieu et d’autres encore qui protégèrent les encyclopédistes et
rendirent inefficaces les mesures prises par la censure.
B. LES COLLABORATEURS A L’ENCYCLOPÉDIE
Trois noms sont à retenir dans la collaboration à l’encyclopédie, mais la liste
reste longue.
1. DÉNIS DIDEROT (1713-1784)
C’est le plus énergétique défenseur de l’esprit encyclopédique. Il végétait en
bohème, incapable de s’appuyer à une profession, jusqu’à ce que l’entreprise de
l’encyclopédie le sortît de l’obscurité. Pour ce, Diderot devint le chef de l’idole (les
plus admiré) des philosophes de son temps. Catherine de Russie ayant appris sa
gêne matérielle (problème financier) le fit affecter à sa bibliothèque en qualité de
bibliothécaire.
C’est dans cette ville de Saint-Pétersbourg qu’il travailla toute sa vie pour la
remercier et y mourut après.
A. SES ŒUVRES
 Des articules dans l’encyclopédie
 La Lettre sur les aveugles (essai de philosophie)
37 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

 Le Rêve d’Alembert (essai de moral)


 Le Paradoxe sur les comédiens (essai sur la critique littéraire)
 Le Père de famille et les fils naturels (drame)
 Jacques le fataliste (roman)
 Le Neveu de Rameau (roman)
 Les Salons (critique d’art)
B. LA PENSÉE DE DIDEROT
En religion, Diderot est considéré comme athée et matérialiste. L’idée de Dieu
est repoussée pour trois raisons :
 Dieu est incompatible avec l’existence du mal
 Les attributs de Dieu sont contradictoires (justice et bonté), Dieu est injuste
(différence)
 La croyance en Dieu serait un obstacle au bonheur et un danger pour la
morale. Cette croyance dénature l’homme.
En philosophie, il n’y a qu’un principe, qu’une réalité : « la matière sensible,
déclare Diderot. » D’où l’abandon de toute spéculation métaphysique.
Qu’est-ce que l’homme selon Diderot ?
Diderot trouve tour à tour que :
 L’homme est un être moral.
 Cette moralité, il l’a acquise par intuition.
 L’homme est naturellement poussé pour le plaisir à faire le bien, il a horreur
du mal.
 L’homme est un organisme dont la vie humaine n’est qu’un état transitoire
de la matière. De cette conception Diderot pense en définitive que la science
de l’homme n’est pas la morale mais la physiologie.
2. GEORGES LOUIS Le Clerc (1707-1788)
Le Clerc est un grand mathématicien, membre de l’Académie des sciences à
26ans. Il voyage beaucoup après ses études et rapporte de l’Angleterre un gout très
déterminé de science.
A. SON ŒUVRE
 L’Histoire naturelle
 Le Discours sur le style
Le succès de ce premier ouvrage Histoire naturelle le fit nommer membre de
l’Académie française sans l’avoir demandé. Jusqu’à sa mort, il va s’atteler à cette
labeur académique.
POURQUOI ALORS LE CITER PARMI LES ENCYCLOPEDISTES ?
Le Clerc ne fut ni ennemi, ni ami des encyclopédistes. Cependant, il eut le
mérite d’être l’un des principaux artisans, diffuseur de l’esprit scientifique qui est à
la base de l’encyclopédie. En effet, il avait les qualités d’un grand savant.
L’indépendance de son esprit ne s’inclinait que devant les faits prouvés. Le gout de
l’obsession et l’analyse minutieuse sont son cheval de batail.
Son style scientifique doublé des qualités littéraires et orné par des périphrases,
des mouvements syntaxiques oratoires se confirment dans ses discours à
l’Académie. Il écrivit un jour dans son discours sur le style ce qui suit : « Bien écrire,
c’est tout à la fois bien penser, bien sentir et bien rendre. C’est avoir en même temps
38 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

l’esprit, de l’âme et du goût. Le style suppose la réunion et l’exercice de toutes ces


facultés intellectuelles. »
3. JEAN JACQUES ROUSSEAU (1712-1778)
Il a été dit que la première moitié du XVIIIème siècle demeure fortement
tributaire du XVIIème siècle. Nous nous engageons maintenant vers le second
versant du siècle. Nous y trouvons des tendances qui s’épanouissent et se colorent
en siècle romantique. Vers 1750, c’est avec Vauvenargues, moraliste et naturaliste
que s’affirme la volonté de réhabiliter les sentiments. Vauvenargues annonce
l’avènement de J.J ROUSSEAU en soulignant dans ses maximes l’insuffisance de la
raison. Cependant, il célèbre les intuitions des sentiments et réhabilite les
sentiments du passé.
DU POINT DE VUE SENTIMENT
« La raison nous trompe le plus souvent que la nature. Personne n’est sujet à
plus de fautes que ceux qui n’agissent que par réflexion. Connaitre par sentiment est
donc le plus haut degré de connaissance. Les grandes pensées viennent du cœur. »
Du point de vue passion
Vauvenargues soutient que les passions ne sauraient être néfastes car notre
nature n’est pas mauvaise. Elles sont même la source des plus nobles activités et
souvent des plus nobles vertus. Mais c’est J.J Rousseau qui va déchainer les
instincts profonds et assurer le triomphe de la passion.
APRÈS 1750
Parallèlement au rationalisme de Voltaire et des encyclopédistes, un large
courant sentimental que dirige Rousseau traverse la seconde moitié du siècle : une
sorte d’individualisme sentimental annonçant le romantisme.
1. SA VIE
Né à Genève en 1712, J.J Rousseau est d’une sensibilité maladive qu’il
développa de bonheur par des lectures indiscrètes.
2. SON ŒUVRE
J.J. Rousseau se projette de détruire la société qui repose sur des conventions
dans le but de reconstruire une autre conformément à la nature. De là, trois
distinctions sont à faire dans son œuvre :
A. Les œuvres de destruction
 Discours sur les lettres et les arts
 Discours sur l’origine des inégalités
 Lettres à d’Alembert sur le spectacle
 La nouvelle Héloïse
Rousseau y attaque les institutions sociales source de la dépravation sociétaire.
L’Académie de Di juan avait mis en concours la question de savoir si le progrès des
sciences et des arts a contribué à corrompre ou à épurer les mœurs.
À cette occasion, Rousseau écrit le Discours sur les sciences et les arts en 1750.
Dans cette œuvre, il confirme que les sciences et les arts ont réellement corrompu
les mœurs au lieu de les épurer. Il en donne des preuves historiques tout en
démontrant qu’il ne pouvait en être autrement.
1. Les preuves historiques
39 Par Gustave NDARIHORANYI BWINJA
Chef de Travaux

Le progrès des sciences, des arts et de luxe a fait disparaître l’Egypte, la Chine,
la Rome, … antique. Par contre les peuples ignorants et primitifs pygmées,
Hottentots, … ont conservé leur vertu et leur honneur (peuples sauvage).
2. Les preuves rationnelles
Selon J.J. Rousseau, les sciences encouragent l’oisiveté et détruisent le sens
religieux pour rétablir la morale.

B. Les œuvres de reconstruction


 Emile ou de l’Education (roman pédagogique)
 Le Contrat social (théorie sur la démocratie basée sur l’égalité)
 La Nouvelle Héloïse IIème partie (Idéal familial)
Cette deuxième série d’œuvre se propose de contribuer à la régénération de la
société et de l’individu.
C. Les œuvres de réalisation
 Les Confessions
 Les Rêveries d’un promeneur solitaire
 Les Dialogues
3. Influence de J.J. Rousseau
J.J. Rousseau a inauguré une ère nouvelle, une nouvelle manière de pensée, de
sentir et d’écrire. Cette écriture nouvelle s’articule sur les points ci-après :
 Il a mis la sensibilité à la mode dans une société dominée par l’esprit, c’est-
à-dire la raison.
 Il a substitué la raison à l’instinct.
 Il a protesté contre l’athéisme des philosophes, pas au nom de la raison
mais pour une religion intuitive du cœur.
 En littérature, il a ouvert la voie au romantisme dont il est l’ancêtre
authentique.
4. Les thèmes de J.J. Rousseau
Ses thèmes préférés sont le Moi, la nature, le sentiment religieux, l’imagination
et le cœur. Ces thèmes seront le soubassement de toute la littérature romantique.
CONCLUSION
De peur de verser dans le romantisme du XIXème siècle, terminons notre exposé
par ce qu’était la littérature de la révolution. L’activité littéraire du temps de la
révolution est pauvre aussi bien en théâtre qu’en poésie, seule l’éloquence politique
a de vrais mérites. En effet, sous la révolution, les événements accaparaient les
énergies et seul l’art qui tissait l’action est apprécié. L’éloquence, elle, est une
conséquence de la situation. Dès que l’autorité passait d’un conseil de roi à une
assemblée délibérante, l’influence des idées devrait être l’apanage des éloquents
(beaux parleurs). Les plus grands noms sont : MIRABEAU, VERGINIAUD,
ROBESPIERRE et DANTON.

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