L’état des lieux du
système de
formation
professionnelle
Cameroun
L’état des lieux du
système de
formation
professionnelle
Cameroun
Table des matières
Le contexte socio-économique 7
Politiques de développement et d’emploi 12
Le système de l’enseignement technique et
de la formation professionnelle au Cameroun 18
Anticipation des compétences 24
Développement des compétences 26
Inclusion sociale 34
Éducation et formation tout au long de la vie 38
Principaux défis 40
Solutions potentielles 44
Bibliographie 50
5
6
Le contexte
socio-
économique
Depuis plusieurs décennies, la population du
Cameroun est en augmentation, mais à un
rythme modéré.
En 2018, la population était estimée à 23,8 millions d’habitants,
avec un taux de croissance annuel évalué à 2,6 pour cent sur la
période 2010-2018 contre 2,8 pour cent sur la période 1987-2005
(Bureau central des recensements et des études de population
– BUCREP, 2010). Toutefois, le Cameroun n’a pas encore
véritablement entamé la phase de transition démographique
puisque la fécondité y est encore élevée. En 2014, l’indice
synthétique de fécondité était estimé à 4,9 contre 5,1 en 2011
(Enquête par grappes à indicateurs multiples – MICS, 2015). Par
ailleurs, la population camerounaise reste caractérisée par son
extrême jeunesse. L’âge médian est de 17,7 ans, et la population
ayant moins de 25 ans représente 64,2 pour cent de la population
totale (ministère de la Santé publique – MINSANTE, 2016).
Le système d’éducation et de formation du pays est confronté
à une forte demande scolaire d’une part et à la problématique
de l’accès des sortants au marché du travail d’autre part.
7
Les performances économiques du Cameroun
se sont améliorées.
Depuis le début de la mise en œuvre de la Stratégie pour la
croissance et l’emploi en 2010, les performances économiques du
Cameroun se sont améliorées, malgré un ralentissement observé
à partir de 2016. Sur la période 2010-2018, son PIB réel
était situé à 4,6 pour cent en moyenne, tiré principalement
par les secteurs des services (59 pour cent) et de l’industrie
(26 pour cent), alors que le secteur primaire, principal secteur
pourvoyeur d’emplois, ne contribuait qu’à 15 pour cent
(ministère de l’Economie, de la Planification et de
l’Aménagement du territoire – MINEPAT, 2018).
Cependant cette tendance n’a eu que très peu
d’effets sur les conditions de vie des populations
et la réduction des inégalités sociales,
particulièrement en milieu rural.
En 2014, l’incidence de la pauvreté était estimée à 37,5 pour cent
au niveau national contre 39,9 pour cent en 2007. En milieu
rural, la pauvreté est encore plus accentuée avec plus de la moitié
(56,8 pour cent) de la population vivant au-dessous du seuil
de pauvreté, contre 8,9 pour cent en milieu urbain (Enquête
camerounaise auprès des ménages – ECAM, 2014). On note
en outre une accentuation des inégalités entre les différentes
catégories sociales sur la période 2007-2014, traduite par
une hausse de 13 pour cent de l’indice de Gini qui
s’est situé à 0,44 en 2014, contre 0,39 en 2007.
8
Dans le domaine de l’éducation, le Cameroun
continue d’engranger de bons résultats.
Suite aux stratégies déployées pour l’alphabétisation et l’éducation
non formelle, le développement de la petite enfance, du
préscolaire, de l’enseignement primaire et secondaire, ainsi que
celui de la formation professionnelle, le taux d’alphabétisation
de la population des 15-24 ans notamment a progressé,
passant de 73,4 pour cent en 2004 à 81,8 pour cent en 2011
(Enquête démographique et de santé et Enquête à indicateurs
multiples – EDS-MICS, 2011). L’introduction de la gratuité dans
l’enseignement primaire a porté ses fruits, avec un taux brut de
scolarisation de 109 pour cent en 2018, un taux d’achèvement
au primaire de 68,3 pour cent (ministère de l’Education de
base – MINEDUB, 2018) et un taux de transition au secondaire
se situant quant à lui à 66,5 pour cent en 2015, selon l’UNESCO.
Au secondaire et au supérieur, les niveaux
de scolarisation sont nettement inférieurs à
celui du primaire.
Bien qu’une tendance haussière des effectifs dans ces cycles
d’enseignement soit observée, les statistiques de l’UNESCO
montrent qu’en 2016, alors que les taux brut et net de scolarisation
étaient respectivement de 61,8 et de 47,3 pour cent au secondaire,
au supérieur le taux brut de scolarisation était encore plus faible
(19,2 pour cent), avec un taux moins élevé pour les filles
(16,9 pour cent) comparativement aux garçons (21,4 pour cent).
9
En outre, en 2016, seulement 23,9 pour cent d’élèves scolarisés
au secondaire sont inscrits dans l’enseignement technique
et professionnel. Par ailleurs, s’agissant de la formation
professionnelle, près d’une personne sur quatre aurait
déjà suivi une formation professionnelle au Cameroun,
ce chiffre atteignant quatre personnes sur dix en milieu
urbain, alors qu’il n’est que de deux sur dix en milieu rural
(Enquête sur l’emploi et le secteur informel – EESI, 2010).
Le secteur informel offre l’essentiel des opportunités
d’emploi et l’emploi vulnérable est répandu.
Le taux d’activité des personnes âgées de 15 à 64 ans, selon la
définition du BIT , a baissé pour se situer à 72,1 pour cent en
2014, contre 76,2 pour cent en 2010 et 81,9 pour cent en 2007,
et le secteur informel offre l’essentiel des opportunités d’emploi
(ECAM, 2014). En 2014, le secteur informel est le principal
pourvoyeur d’emplois avec près de neuf actifs occupés sur dix
(89,5 pour cent), dont 86 pour cent d’hommes et 93,2 pour cent
de femmes. Ces emplois informels se répartissent entre le secteur
agricole (48,6 pour cent) et non agricole (40,9 pour cent), tandis
que l’industrie occupe seulement 13,4 pour cent des actifs, dont
16,5 pour cent d’hommes et 10,3 pour cent de femmes. Quant au
secteur tertiaire, sa part dans les emplois a augmenté de près de
6 points sur la période 2007-2014 pour se situer à 36,2 pour cent
en 2014, contre 30 pour cent en 2007, avec une représentativité
presque semblable d’hommes (38,1 pour cent en 2014) et de
femmes (34,1 pour cent en 2014). En outre, les emplois sont
pour la plupart vulnérables : 30,1 pour cent des travailleurs sont
des exploitants de l’informel agricole, 27,2 pour cent sont des
travailleurs pour compte propre de l’informel non agricole,
14,6 pour cent sont des salariés de l’informel non agricole
et 13,7 pour cent sont des dépendants de l’informel agricole
(ECAM, 2014).
10
Pour renforcer l’industrie et les services, l’éducation
et la formation doivent être renforcées.
Par ailleurs, tandis que le secteur primaire recrute
majoritairement les actifs de niveau d’instruction primaire ou
sans niveau d’instruction, dans le secteur du commerce et des
services, ce sont les actifs de niveau secondaire et plus qui y sont
majoritairement employés. En 2014, par exemple, près de
82 pour cent des actifs occupés de niveau supérieur sont
employés dans le secteur tertiaire, alors que le secteur primaire
emploie 76,4 pour cent d’actifs sans niveau d’instruction et
59,4 pour cent de niveau primaire. Le chômage demeure un
phénomène essentiellement urbain en touchant, au sens large,
près de 10,2 pour cent de la population active, contre 2,7 pour
cent en milieu rural. Le sous-emploi global, quant à lui, touche
près de huit actifs sur dix (77,6 pour cent) en 2014, les femmes
(86,9 pour cent) et le milieu rural (85,8 pour cent) (ECAM, 2014).
11
Politiques de
développement
et d’emploi
12
En 2009, le Cameroun a adopté un nouveau cadre de référence de
l’action gouvernementale pour la période 2010-2020 (Document
de stratégie pour la croissance et l’emploi – DSCE), qui s’appuie sur
une vision de développement à long terme à travers laquelle le pays
affiche l’ambition de devenir, à l’horizon 2035, « un pays émergent,
démocratique et uni dans sa diversité. » D’après cette vision de
développement, le Cameroun projette de devenir un pays à revenu
intermédiaire avec un niveau de développement humain élevé.
Dans le domaine macroéconomique, la Vision 2035 envisage
d’accélérer la croissance en investissant massivement dans les
infrastructures et la modernisation de l’appareil de production,
tout en préservant la stabilité macroéconomique et en
développant des mesures visant l’amélioration significative du
climat des affaires et de la gouvernance qui devrait faciliter la
mobilisation des financements internes et externes nécessaires
au développement. La Vision 2035 retient l’accélération
de l’investissement comme moteur de la croissance.
Dans le domaine sectoriel, la Vision 2035 prévoit d’intensifier
les activités sylvo-agro-pastorales et piscicoles et de passer à une
structuration plus professionnelle du monde rural, dominée par
les grandes et moyennes exploitations. Elle envisage également
une modification de la structure de l’économie qui devra
passer d’une dominance des activités primaires (agriculture
et extraction) et tertiaires informelles à un stade où le secteur
secondaire sera prépondérant, le primaire intensif et le tertiaire
professionnel, spécialisé et créateur d’emplois décents.
Le DSCE s’inscrit dans une perspective de renforcement de
l’intégration sous-régionale, régionale et internationale et la
recherche des débouchés sur les marchés européens, américains
ou asiatiques, à travers une politique de développement
et de diversification des échanges commerciaux.
13
Concernant le domaine de l’éducation, la Vision
2035 met l’accent sur la nécessité :
I. d’assurer un accès universel à l’éducation, à
l’apprentissage et à la formation professionnelle ;
II. d’améliorer l’efficacité interne et la régulation de
l’ensemble du système scolaire et universitaire ;
III. d’améliorer la valeur et la pertinence des
formations professionnelles au regard
des exigences du marché du travail.
Ainsi, la Vision 2035 veut renforcer d’une part l’éducation et
la formation des ressources humaines dans le domaine de la
santé, des sciences et des techniques notamment, et, d’autre
part, la formation des enseignants dans tous les cycles et
la formation des ingénieurs (TIC, Génie civil, pétrochimie,
mines, génie des procédés, agronomie, industries animales,
etc.). En ce qui concerne l’amélioration de l’employabilité des
jeunes, le DSCE envisage de relever de 5 à 30 pour cent, d’ici
à 2035, la proportion des élèves aux niveaux secondaire et
supérieur dans les filières scientifiques et technologiques.
Dans le domaine de l’emploi, la politique nationale fait
de l’emploi des jeunes un axe central de la politique de
développement. L’emploi est donc considéré non seulement
comme un résultat de la croissance économique, mais aussi et
surtout comme un facteur inducteur et accélérateur du recul
de la pauvreté. La question de l’emploi dans le DSCE est axée
autour de trois angles fondamentaux : i) l’accroissement de l’offre
d’emplois décents ; ii) la mise en adéquation de la demande
d’emploi et de l’offre de formation ; et iii) l’amélioration de
l’efficacité du marché de l’emploi. Ainsi, le DSCE montre la
nécessité de promouvoir un cadre global incitatif favorable
au développement des petites et moyennes entreprises
pour en faire le creuset de la création d’emplois décents.
14
15
« Chacun a droit à
l’éducation. L’éducation
doit être gratuite, au moins
aux stades élémentaire et
fondamental. L’éducation
élémentaire devrait être
obligatoire. L’enseignement
technique et professionnel
doit être généralisé et
l’enseignement supérieur
doit être également
accessible à tous sur la base
du mérite. »
16
– Constitution de
la République du
Cameroun
Article 26
17
Le système
de l’EFTP au
Cameroun
18
Politiques de réforme
Le Cameroun a depuis quelques années engagé des
réformes visant une restructuration de son système
de développement des compétences à travers :
I. l’institution par le ministère de l’Education de
base (MINEDUB) en 2007 et le ministère des
Enseignements secondaires (MINESEC) en 2014 de
l’approche par compétences (APC) comme pédagogie
d’enseignement au primaire et au secondaire ;
II. la mise en œuvre en 2014, par le MINESEC, du Projet
d’appui à la réforme de l’enseignement technique
et de la formation professionnelle (PARETFOP),
qui vise à créer les conditions institutionnelles
d’un système de formation efficace et à améliorer
la transition de la formation vers l’emploi ;
III. l’adoption du système LMD (abréviation de licence,
master et doctorat) en 2008 par le ministère de
l’Enseignement supérieur (MINESUP), dont l’objectif
est, d’une part, l’introduction des formations
spécialisées pour certains domaines d’activités
et, d’autre part, la transformation des universités
pour donner une dimension professionnelle à
toutes (ou une partie importante) les filières ;
19
IV. la mise en place, depuis 2013, par le ministère
de l’Emploi et de la Formation professionnelle
(MINEFOP) de nouvelles structures de formation
telles que les centres de formation aux métiers
(CFM) offrant des formations non agricoles
en milieu rural, les centres de formation
professionnelle rapide (CFPR) et les centres de
formation professionnelle d’excellence (CFPE) ;
V. la mise sur pied par le MINEFOP du Projet d’appui
au développement des compétences pour la croissance
et l’emploi (PADECE), dont le démarrage est prévu
en 2020 pour une durée de cinq ans. Développé
avec l’appui de la Banque mondiale, ce projet vise
à augmenter l’offre et la qualité des compétences
requises par le marché du travail, particulièrement
dans les secteurs porteurs tels que le bâtiment
et les travaux publics (BTP), l’agro-industrie, le
numérique et l’énergie, et à améliorer la gouvernance
et le pilotage du système de développement
des compétences au Cameroun, en vue d’une
croissance soutenue et inclusive de l’économie.
20
Gouvernance
Le système d’éducation et de formation au Cameroun est
régi par plusieurs départements ministériels, notamment :
I. le MINESEC qui a sous sa tutelle les lycées et collèges
d’enseignement général et technique, les écoles
normales d’instituteurs d’enseignement général
et d’enseignement technique (ENIEG, ENIET) ;
II. le MINESUP qui est chargé des écoles normales
supérieures (ENS) et de l’enseignement technique
(ENSET), des facultés, des instituts d’enseignement
supérieur préparant au brevet de technicien
supérieur (BTS), à la licence, au diplôme
universitaire de technologie (DUT), etc. ;
III. le MINEFOP qui est responsable de l’enseignement
postprimaire et de la formation professionnelle. Il
assure ainsi la supervision technique de toutes les
structures publiques ou privées responsables de la
diffusion de l’enseignement et formation techniques
et professionnelles (EFTP) au Cameroun, notamment
les CFPE, les CFPR, les CFM, les sections artisanales
et rurales et les sections ménagères (SAR/SM), etc.
21
Dialogue social
Le Cameroun a mis en place des mécanismes institutionnels
de dialogue social entre le gouvernement, les organisations
d’employeurs et les syndicats concernant l’EFTP, à savoir :
I. Un comité interministériel élargi au secteur privé et
auquel participent également les acteurs de la société
civile. Présidé par le Premier ministre, ce comité,
qui se réunit deux fois par an, est une plateforme
officielle pour le développement de compétences. Il
s’agit également d’un cadre de concertations sur les
actions à mener pour développer l’EFTP. Cependant,
la tenue irrégulière de ses réunions ne permet pas
une opérationnalisation et une prise en compte de
l’ensemble des contraintes du sous-secteur de l’EFTP ;
II. L’établissement des conventions de partenariat
entre le MINEFOP, le MINESUP et les organisations
d’employeurs, notamment le Groupement
interpatronal du Cameroun (GICAM), en vue de
la participation des entreprises dans la définition,
la conception et l’élaboration des programmes
de formation des filières professionnelles et
professionnalisantes. Cependant, les organisations
d’employeurs et les syndicats jouent un rôle limité
dans la définition des politiques, la gouvernance
et la gestion de l’EFTP au Cameroun.
22
Financement de l’EFTP
Trois sources principales contribuent au financement de
l’EFTP : le financement public (Etat et collectivités territoriales
décentralisées), le financement privé (structures privées de
formation, ménages, etc.) et les autres sources de financement
(financement extérieur, etc.). En 2018, les dépenses publiques
totales consacrées à l’éducation et à la formation s’élevaient à
657,9 milliards de francs CFA, soit 15,8 pour cent du budget
de l’Etat, dont 55,6 pour cent allaient à l’enseignement
secondaire et seulement 12,5 pour cent à l’enseignement
supérieur et à la formation professionnelle (loi des finances,
2018). Toutefois, les parts allouées à l’enseignement
secondaire technique et à l’enseignement universitaire
technique et professionnel ne sont pas disponibles.
Face au financement assez limité de l’Etat, l’appui des
prestataires privés et le financement des ménages pour le
développement des compétences sont souvent mobilisés.
Les partenaires techniques et financiers, notamment la Banque
mondiale, l’agence de coopération sud-coréenne KOICA, la
coopération autrichienne et l’Agence française de développement
(AFD) participent également au financement de l’EFTP.
23
Anticipation des
compétences
Au Cameroun, le MINEFOP, à travers l’Observatoire national
de l’emploi et de la formation professionnelle (ONEFOP),
est la principale institution responsable de l’anticipation
des compétences. Cependant, l’ONEFOP n’a pas encore un
mécanisme efficient visant à identifier et à anticiper les besoins
de compétences futures du marché du travail et métiers
y afférents en raison notamment de : i) la faible capacité
nationale à harmoniser les interventions des partenaires
techniques et financiers et à élaborer des stratégies de
formation anticipant les besoins des compétences futures ; et
ii) l’absence d’un partenariat public-privé efficace, d’une part,
dans l’élaboration et la mise en œuvre des filières pédagogiques
efficaces et efficientes pour l’économie nationale, ainsi que
de la certification et, d’autre part, pour le financement et la
mise en œuvre des programmes d’enseignement technique
et de formation professionnelle (MINEFOP, 2015).
24
Néanmoins, la mise en œuvre effective du PADECE et du
programme de gestion prévisionnelle des emplois et des
compétences (GPEC) – programme sur lequel des réflexions sont
menées depuis quelques années au sein du MINEFOP – pourrait
être une solution pour véritablement aborder le problème
d’anticipation des besoins de compétences au Cameroun.
25
Développement
des compétences
Les différents ministères en charge de l’EFTP au
Cameroun sont engagés depuis des années dans un vaste
programme de réforme visant le développement des
compétences, dont l’impact se manifeste déjà au niveau de
l’accroissement du nombre d’apprenants dans l’EFTP.
26
En effet, les données de l’annuaire statistique du MINESEC
montrent que, pour l’année 2015/2016, les effectifs de
l’enseignement secondaire technique et professionnel
(ESTP) public étaient de 343 597 élèves, dont 117 601 filles
(soit 34,2 pour cent), alors que, en 2011, 145 516 élèves
étaient inscrits dans l’ESTP public, dont 53 450 filles
(soit 36 pour cent). Par contre, l’enseignement secondaire
général public comptait, en 2015/2016, 1 238 891 élèves, dont
580 233 filles (soit 46,8 pour cent). Toutefois, ces statistiques
ne prennent pas en compte les formations professionnelles
formelles réglementées par le MINEFOP. L’EFTP recouvre la
formation formelle, la formation non formelle ou informelle,
y compris la formation par apprentissage et la formation
accélérée en vue de l’entrée dans le monde du travail.
Les programmes d’EFTP formels sont dispensés, d’une
part, par les établissements (publics et privés) relevant
du MINESEC et du MINESUP et, d’autre part, par des
centres de formation professionnelle (CFP) relevant
du MINEFOP. Les programmes d’EFTP sont dispensés
en anglais et en français et sont structurés suivant le
sous-système de formation (UNESCO, 2015) :
I. Au niveau secondaire, l’EFTP est dispensé dans
les collèges et lycées d’enseignement technique et
prépare les apprenants à des métiers commerciaux
et industriels tels que la comptabilité, l’ébénisterie,
l’électronique, etc. En 2015/2016, on recensait
729 établissements publics d’ESTP, alors qu’en
2014/2015 on en comptait 670 (MINESEC, 2016).
27
A ces établissements d’ESTP publics s’ajoutent les
établissements privés qui ont tendance à être plus petits
et offrent une gamme restreinte de formations. En
2015/2016, on a dénombré 69 établissements d’ESTP
privés au Cameroun. Bien que le nombre d’inscriptions
à l’ESTP au Cameroun ait considérablement augmenté
depuis 2011, les effectifs sont encore très faibles
par rapport à l’enseignement secondaire général.
Des mesures devraient être prises pour renverser la
tendance si l’on veut que le système éducatif réponde
efficacement aux besoins du marché du travail ;
II. Au niveau supérieur, l’enseignement technique et
professionnel est dispensé majoritairement par les
instituts privés de l’enseignement supérieur (IPES),
bien que certaines universités publiques aient en leur
sein des établissements d’enseignement technologique
et professionnel (EETP). En 2017, 226 IPES et
41 EETP ont formé les étudiants dans les professions
technologiques, d’ingénierie, de la santé, etc. ;
III. La formation professionnelle est dispensée dans
des CFP publics et privés relevant du MINEFOP,
ainsi que dans les établissements liés au monde
professionnel, notamment la Chambre de commerce,
d’industrie, des mines et de l’artisanat (CCIMA).
Les données disponibles montrent qu’en 2017 plus
de 1 600 structures, dont 87 pour cent relevant du
privé, offraient des formations professionnelles
à près de 46 000 apprenants dans les domaines
aussi variés que les TIC, le génie électrique, le
génie mécanique, l’industrie du bois, etc.
28
Par ailleurs, la formation par l’apprentissage est restée
longtemps dans l’informalité au Cameroun, à cause notamment
de l’inexistence d’un véritable cadre juridique régissant les
partenariats entre les entreprises privées et les centres de
formation du pays. Cependant, avec la loi no 2018/010 du
18 juillet 2018, l’Etat a fait une avancée en reconnaissant
l’apprentissage comme type de formation professionnelle, bien
que les modalités de son organisation restent encore à définir.
Traditionnellement, l’apprentissage au Cameroun consistait en la
formation sur le tas mise en œuvre par le secteur informel.
La littérature existante montre que la plupart des actifs
(66,9 pour cent) du secteur informel apprennent ou ont appris
un métier tout seul ou par la pratique ; une frange non moins
importante (24,4 pour cent) a été formée dans les petites
entreprises et seulement 5,3 pour cent d’actifs occupés ont appris
un métier dans un établissement d’EFTP (Ngathe Kom, 2015).
La formation non formelle est assurée par
divers départements ministériels :
• le ministère de la Jeunesse et de l’Education civique
(MINJEC) qui a mis en place des programmes de
formation des jeunes tels que le Programme d’appui à la
jeunesse rurale et urbaine (PAJER-U) et le Programme
d’insertion par la fabrication du matériel sportif (PIFMAS)
pour leur insertion sur le marché de l’emploi ;
• le ministère de l’Agriculture et du Développement
rural (MINADER) qui organise des
apprentissages dans les métiers agricoles.
29
Reconnaissance
des compétences et
assurance qualité
A ce jour, les certifications ne font pas référence à un cadre
général comme dans d’autres pays (UNESCO, 2015). Il n’existe
pas au Cameroun une plateforme de coordination de
l’EFTP – intégrant tous les ministères concernés
(MINESEC, MINESUP, MINEFOP, etc.) – à partir de
laquelle on pourrait définir des normes d’évaluation, de
certification et d’homologation des titres de qualification
professionnelle. Chaque ministère, à travers des structures
rattachées, définit ses normes d’évaluation et de certification
correspondant à son système d’enseignement.
La certification de la qualification professionnelle relève
exclusivement du MINEFOP qui, à travers la Direction de
la formation et de l’orientation professionnelle (DFOP),
réglemente les normes d’évaluation et de certification de la
formation professionnelle. Le processus de certification de
la qualification professionnelle consiste en l’organisation
annuelle des sessions d’examens nationaux d’évaluation
des apprenants à l’issue de la formation dans les centres
de formation professionnelle publics et privés.
30
Les lauréats de ces examens reçoivent, en fonction de
la formation suivie, soit un diplôme de qualification
professionnelle (DQP), soit un certificat de qualification
professionnelle ou un diplôme de technicien spécialisé (DTS),
qui attestent de l’acquisition d’une qualification et d’une
reconnaissance professionnelle nationale dans un emploi propre
à une branche professionnelle ou à un secteur. Le MINEFOP
n’a pas mis en place un mécanisme de reconnaissance d’un
diplôme/certificat de qualification professionnelle obtenu
à l’étranger par les immigrants. Le dispositif d’équivalence
et de reconnaissance existant, qui relève du MINESUP, est
plus d’ordre académique que professionnel et concerne les
diplômes académiques acquis à l’étranger par les nationaux.
Par ailleurs, s’agissant des compétences acquises de manière
informelle, leur reconnaissance se fait à travers deux mécanismes
mis en place respectivement au MINESUP et au MINEFOP, à
savoir la valorisation des acquis de l’expérience et la validation
des acquis de l’expérience (VAE). Alors qu’au MINESUP ce
mécanisme n’est pas encore fonctionnel à ce jour, au MINEFOP,
la VAE est fonctionnelle et reconnue par les entreprises.
31
Elle consiste en des examens nationaux organisés chaque année
à l’intention des personnes ayant acquis des qualifications en
milieu professionnel et qui souhaitent les faire reconnaître.
Toutefois, ce mécanisme reste encore méconnu par la population
puisqu’en 2016 seuls dix-sept candidats ont été évalués lors
des examens de VAE dans les métiers que sont le secrétariat
bureautique, l’électrotechnique et la réparation automobile. Parmi
ces candidats, seuls neuf (53 pour cent) ont réussi l’évaluation.
32
Le dispositif d’assurance qualité de la formation, de l’évaluation
et de la certification du système d’EFTP est mis en place
au sein du MINESUP et du MINEFOP. Au MINESUP, le
mécanisme d’assurance qualité de la formation est encadré
par la Sous-direction de l’assurance qualité dont les missions
consistent entre autres en : i) l’élaboration des normes
des programmes d’enseignement, en liaison avec l’Agence
des normes et de la qualité (ANOR) du Cameroun ; ii) la
production des standards d’évaluation et de certification
des institutions de formation, des établissements, des
programmes d’enseignement, des filières et cycles de
formation; et iii) l’élaboration des normes des infrastructures
académiques et sociales et des équipements didactiques.
Au MINEFOP, le dispositif d’assurance qualité porte
essentiellement sur la prestation de la formation. Il relève
de l’Inspection générale des formations (IGF) qui est entre
autres chargée : i) de la normalisation du dispositif et des
mécanismes de formation professionnelle pour l’emploi,
de leur classification et de leur réhabilitation, ii) du
développement de la qualité, de l’efficience et de l’efficacité
des méthodes de formation professionnelle, et iii) de la mise
en œuvre des référentiels de formation professionnelle.
33
Inclusion
sociale
En exécution de la politique de justice sociale et de lutte
contre l’exclusion sociale, le gouvernement a mis en place
un dispositif institutionnel et opérationnel de promotion
et de protection des populations socialement vulnérables
dont la charge revient au ministère des Affaires sociales
(MINAS) aux termes du décret no 2011/408 du 9 décembre
2011 portant organisation du gouvernement.
34
35
Cependant, l’accès à l’EFTP formel demeure limité pour la
plupart des personnes vulnérables, notamment les personnes
handicapées, les migrants, les personnes du milieu rural, etc.
Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette situation :
I. le nombre relativement limité de prestataires de
formation professionnelle et leur concentration
géographique dans les zones urbaines ;
II. les conditions d’entrée, qui excluent parfois
les jeunes n’ayant pas achevé le premier ou le
second cycle de l’enseignement secondaire ;
III. les coûts de participation à une formation
professionnelle qui sont souvent très élevés par rapport
aux revenus annuels de la plupart des ménages ;
IV. l’absence de matériels et équipements
didactiques adaptés aux besoins des
personnes handicapées notamment.
Le MINEFOP offre chaque année des bourses de formation
professionnelle en priorité aux migrants de retour en vue de
leur insertion socioprofessionnelle. Par ailleurs, dans le cadre
du Programme d’appui à l’insertion-réinsertion professionnelle
des personnes vulnérables (PAIRPEV), mis en place par le
MINAS, en collaboration avec le Fonds national de l’emploi
(FNE), des programmes non formels ont été élaborés comme
alternative de formation aux personnes vulnérables que sont les
adolescents de la rue, les personnes handicapées, les personnes
marginalisées telles que les Pygmées, et bientôt les réfugiés.
36
En outre, le ministère de la Promotion de la femme et de la
famille développe des actions de formation et de financement
des projets au profit des femmes entrepreneurs. La récente
loi de 2018 régissant la formation professionnelle institue
que des dispositifs particuliers doivent être mis en place pour
la formation professionnelle des personnes handicapées.
Aussi, en vue de résorber le problème de la difficile insertion
des jeunes diplômés sans expérience professionnelle ou
qualification, le gouvernement a mis en place des programmes
visant à faciliter l’insertion professionnelle des sortants du :
• système éducatif. Il s’agit notamment du Programme
emplois diplômés (PED) en zone urbaine du FNE, qui
vise à apporter aux jeunes diplômés de l’enseignement
supérieur sans expérience professionnelle une
qualification et une expérience pratique permettant de
faciliter leur insertion dans le circuit de production ;
• Programme d’appui au développement des emplois
ruraux (PADER) qui consiste à apporter aux jeunes
sans activités ou sous-employés de l’espace rural et
périurbain la formation aux méthodes modernes
d’exploitation, les moyens matériels et financiers, ainsi
qu’un appui à la gestion et à la vente des produits ;
• PAJER-U qui vise à renforcer les capacités techniques
et entrepreneuriales des jeunes diplômés ou
non et financer leurs microactivités, etc.
37
Éducation et
formation
tout au long
de la vie
Au Cameroun, le système de formation continue n’est pas
assez développé, bien qu’un partenariat GICAM-MINESUP
ait été signé en vue de coopérer pour son développement.
Selon l’enquête menée en 2012 dans les entreprises, seulement
quatre entreprises sur dix (39,1 pour cent) déclarent disposer
d’un plan de formation du personnel. Ce chiffre varie
selon le secteur d’activité. Il est de 31,8 pour cent pour les
entreprises du secteur primaire et de 42,4 pour cent pour
celles du secteur tertiaire. Le fait que les entreprises du secteur
tertiaire soient plus nombreuses à posséder un plan de
formation pourrait se justifier par les exigences que requiert
ce secteur en matière de technologie et d’innovation.
En outre, parmi les entreprises ayant un plan de formation,
46,4 pour cent déclarent avoir formé ou recyclé au moins
un salarié en 2011 (Institut national de la statistique – INS,
2014). Le taux de recours des entreprises à la formation varie
selon le secteur d’activité. Ce taux est plus important dans
les entreprises de services (51,3 pour cent), comparativement
aux entreprises du secteur primaire (INS, 2014).
38
39
Principaux
défis
La promulgation de la loi de 2018 régissant la formation
professionnelle au Cameroun et la création du PADECE
marquent la volonté du gouvernement de véritablement
aborder la question du développement des compétences
au Cameroun. Cependant, en attendant sa mise en
application effective, le système des compétences au
Cameroun reste confronté à d’importants défis :
40
1 Gouvernance fragmentée de l’EFTP.
MINESEC, MINESUP et MINEFOP fonctionnent séparément
et la coordination des dispositions et de la réglementation entre
les trois niveaux est faible. Cette situation a des répercussions
négatives sur la qualité de la formation offerte puisque, d’une
part, elle hypothèque largement les capacités de l’Etat à réaliser
une véritable réforme de cette formation et, d’autre part, elle
est porteuse de conflits entre les structures administratives
impliquées, car elle augmente la compétition, notamment
en matière d’affectation des ressources budgétaires.
2 Offre de formation limitée.
L’enseignement secondaire et supérieur n’a pas suffisamment
mis l’accent sur les formations liées aux sciences, technologies,
ingénierie et mathématiques (STEM) et aux sciences appliquées,
ingénierie et technologie (ASET). Or, les compétences dans
ces domaines sont essentielles pour l’avancée de l’économie
nationale, le corollaire étant le manque de main-d’œuvre
nationale qualifiée observé sur le marché du travail. En outre,
la formation sur les petits métiers et sur l’entreprenariat
n’est pas suffisamment prise en compte dans le système
d’EFTP formel. Pourtant, face à la nature informelle
de l’économie camerounaise et à la rareté des emplois
formels, ces programmes de formation sont importants.
41
3 Ressources matérielles, financières
et humaines insuffisantes.
L’EFTP au Cameroun reçoit une part mineure du budget
de l’Etat alloué au secteur de l’éducation et de la formation.
Pourtant, le secteur a besoin de se développer et d’améliorer
sa qualité. De plus, le déficit quantitatif et qualitatif des
enseignants dans les centres d’EFTP est assez important.
D’où le recours accru aux professionnels du secteur privé
pour la formation des apprenants. Par ailleurs, au Cameroun
l’EFTP souffre du manque d’équipements et de matériels
didactiques spécialisés. Toutes les insuffisances susmentionnées
impactent négativement la qualité de la formation.
4 Système d’information et
d’orientation à améliorer.
Malgré la mise en place de l’ONEFOP, dont l’une des missions
est de suivre périodiquement la conjoncture du marché
de l’emploi et de connaître l’offre et les besoins en matière
de formation, le Cameroun ne dispose pas d’un véritable
système d’information, d’orientation des jeunes, de gestion
de l’EFTP, ni d’un système de gestion prévisionnelle des
emplois et des compétences, qui sont pourtant indispensables
si l’on veut résoudre le problème de l’inadéquation
formation-emploi tant observé aujourd’hui au Cameroun.
42
5 Inexistence d’un cadre
national de certification.
A ce jour il n’existe pas de structure chargée de l’homologation
des titres et diplômes de qualification professionnelle
formelle et informelle au Cameroun. C’est à chaque ministère
en charge de l’EFTP de définir des normes d’évaluation
et de certification de la formation. Cette situation ne
permet pas aux apprenants de migrer aisément d’une
formation à une autre au sein de l’EFTP et entre EFTP.
43
Solutions
potentielles
Le principal défi du Cameroun n’est pas tant la conception
des politiques, mais leur mise en œuvre. Pour preuve,
depuis la promulgation de la nouvelle loi régissant la
formation professionnelle en juillet 2018, les textes
d’application sont toujours attendus à ce jour. Pourtant,
l’application de cette loi permettrait d’améliorer
significativement le système d’EFTP au Cameroun.
44
Est également attendue la mise en œuvre effective du projet
PADECE, soutenu par la Banque mondiale, qui contribuerait à
l’amélioration systémique du développement des compétences
au Cameroun. A côté des mesures susmentionnées, des
interventions à plus petite échelle devraient être mises en œuvre
afin d’améliorer le système d’EFTP. Il s’agit notamment de :
1 L’établissement d’un cadre harmonisé
et unifié de gestion de l’EFTP comme en
République démocratique du Congo.
Cela consiste à mettre en place une instance unique chargée
de l’EFTP, ayant notamment pour rôle de coordonner la
prestation de la formation et l’assurance qualité, d’une
part, et, d’autre part, d’établir les normes d’évaluation et
de certification des qualifications. Cette instance servirait
également de cadre de collaboration entre le gouvernement
et le secteur privé en vue de leur participation effective à la
définition et à l’élaboration des programmes de formation.
2 L’élaboration de programmes basés
sur l’approche par compétences.
Il s’agit d’introduire dans l’enseignement secondaire et
supérieur des programmes solides dans les domaines liés
aux sciences, technologies, ingénierie et mathématiques
(STEM) et aux sciences appliquées, ingénierie et technologie
(ASET), mais aussi dans les secteurs de l’infrastructure, de
l’hôtellerie et du tourisme, notamment afin de répondre à
la demande indirecte très importante en compétences pour
les métiers auxiliaires générés par les projets structurants.
45
3 Une amélioration de l’orientation
et de l’offre de la formation.
Il est nécessaire d’assurer une opérationnalité de la gestion
tripartite des centres de formation professionnelle afin
d’assurer une meilleure implication du secteur privé et
des organisations de travailleurs dans la définition des
filières pédagogiques. Face à la rareté des emplois formels
et à la prépondérance du secteur informel, il faudrait aussi,
d’une part, développer des programmes d’apprentissage
aux petits métiers du secteur informel afin de renforcer les
compétences des employés de ce secteur, et donc d’accroître
leur revenu, et, d’autre part, intégrer davantage dans les
filières de formation des programmes d’enseignement sur
l’entreprenariat afin d’inculquer la culture d’entreprenariat aux
apprenants. De telles mesures permettraient aux populations
vulnérables d’avoir également accès au système d’EFTP.
46
4 La mise en place effective de l’Institut
national de formation des formateurs et de
développement des programmes (INFFDP).
Ce projet, soutenu par l’agence de coopération coréenne
KOICA, n’a pas encore démarré jusqu’à présent. Cependant,
de par ses missions, notamment de perfectionnement des
enseignants, l’INFFDP permettra de résoudre significativement
le problème du déficit de formateurs qualifiés dans les CFP.
47
5 La diversification des sources
de financement de l’EFTP.
Cela passerait par exemple par un processus formel de partage
des coûts entre l’Etat et les entreprises du secteur privé, qui
sont les principaux bénéficiaires des produits de l’EFTP.
6 La vulgarisation de la
formation en alternance.
Il s’agit de mettre en place des mécanismes favorisant
une véritable formation en alternance, notamment par
l’instauration d’un cadre de partenariat étroit avec les
entreprises (par l’entremise des organisations d’employeurs
tels que le GICAM) et la CCIMA qui fixerait les conditions de
son effectivité. Selon la Banque mondiale, une telle approche
pourrait bien convenir aux secteurs de l’agroalimentaire,
des textiles de coton, de l’huile de palme et du tourisme.
48
7 La mise en place d’un véritable
système de gestion prévisionnel des
emplois et des compétences.
La mise en place d’un tel système, en collaboration avec les
entreprises du secteur privé, favoriserait la résolution susbantielle
de la question d’adéquation formation/emploi. De plus cela
facilitera la mise à jour du répertoire des emplois et métiers.
8 La subvention des coûts de
formation de l’EFTP.
Une telle mesure devrait faciliter l’accès des populations
vulnérables, notamment les migrants, aux formations qualifiantes
pour leur intégration socioprofessionnelle au Cameroun.
49
Bibliographie
1. Bureau central des recensements et des études de population (BUCREP). 2010.
Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH).
2. Institut national de la statistique du Cameroun (INS). 2015. 5e Enquête par grappes
à indicateurs multiples (MICS 5), Cameroun, 2014.
3. —. 2014 4e Enquête camerounaise auprès des ménages (ECAM 4).
4. —. 2014. Rapport sur le dispositif de suivi de l’emploi et de la main-d’œuvre.
5. — 2011a. Rapport de synthèse de l’Enquête sur l’emploi et le secteur informel (EESI).
Phase 1: Enquête sur l’emploi, novembre.
6. —. 2011b. Rapport principal de l’Enquête sur l’emploi et le secteur informel (EESI).
Phase 2: Enquête sur le secteur informel, novembre.
7. —. 2007. 3e Enquête camerounaise auprès des ménages (ECAM 3).
8. Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire
(MINEPAT). 2013. Document de stratégie du secteur de l’éducation et de la
formation (2013-2020).
9. —. 2018. Note de conjoncture économique 2018.
10. Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (MINEFOP). 2015. Plan
d’action national pour l’emploi des jeunes (PANEJ) 2016-2020, novembre.
11. —. 2018. Cadre de planification des peuples autochtones du projet PADECE (CPPA).
12. Ministère de l’Enseignement supérieur (MINESUP). 2017. Annuaire statistique 2017.
13. Ministère des Enseignements secondaires (MINESEC). 2016. Annuaire statistique
2016.
14. Ngathe Kom, Philippe. 2015. Encourager l’investissement des pays dans l’acquisition
des compétences des formateurs et entrepreneurs: Rapport du Cameroun, juillet.
15. Plan cadre des Nations Unies pour l’aide au développement (PNUAD 2018-2020),
Cameroun, 2017.
50
16. Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). 2016. Rapport sur
le développement humain 2016, New York.
17. République du Cameroun. 2009. Document de stratégie pour la croissance
et l’emploi.
18. Sosale, Shobhana ; Majgaard, Kirsten. 2016. Renforcer les compétences au
Cameroun : développement inclusif de la main-d’œuvre, compétitivité et croissance,
Directions du développement, Washington, DC, Banque mondiale
[doi : 10.1596/978-1-4648-0764-0. Licence : Creative Commons Attribution CC
BY 3.0 IGO].
19. UNESCO. 2015. Base de données sur l’EFTP dans le monde : Cameroun, Centre
international UNESCO-UNEVOC pour l’enseignement et la formation techniques
et professionnels, octobre.
51
Service des compétences
et de l’employabilité
Département de la politique de l’emploi
Bureau international du Travail,
4, route des Morillons
CH-1211 Genève 22, Suisse
Site web : [Link]/skills