Parenté
relation sociale fondée sur l'existence d'une alliance, d'une filiation commune, ou d'une adoption
La parenté est la relation sociale privilégiée qui unit les membres d'une même famille. Elle est
fondée sur l'existence supposée d'une filiation commune ou d'une alliance. Dans le cas de la
filiation, elle peut être biologique (filiation légitime ou naturelle) ou découler d'une adoption
(filiation adoptive). Selon les sociétés, elle est le fondement de droits et d'obligations
particulières, dans la branche du droit de la famille. Il existe un système de notation de la
parenté.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (septembre 2022).
Cet article n’est pas rédigé dans un style encyclopédique (août 2023).
Une famille étendue dans la province de
Chagcharan Ghowr, en Afghanistan.
Un lien commun
Tous les individus d'une société donnée entretiennent avec d'autres individus des relations de
parenté. Cependant, le rôle des parents sera différent selon les sociétés : dans les sociétés dites
industrialisées, à côté des parents, un grand nombre de relations s'établissent en dehors de la
parentèle (et ce dès le plus jeune âge, à la crèche et ensuite à l'école et au travail, dans un club
de sport, etc.), ainsi la parenté a moins d'importance que dans des sociétés claniques où la
parenté règle pratiquement toutes les relations.
La parenté articule des fonctions intégrantes et discriminantes qui vont au-delà des proches
parents ou de la famille, que l'on donne à ce terme un sens étroit ou étendu. La filiation, par
exemple, peut définir l'appartenance à des groupes pérennes qui s'étendent sur un réseau
généalogique qui va bien au-delà des parents proches qu'un individu est amené à connaître ou à
fréquenter au cours de sa propre existence, ses géniteurs, les oncles, ou les neveux, etc. À ce
titre, un lignage, un clan, voire une caste, sont des extensions généralisatrices du principe de
filiation. Dans une société donnée, on dira ainsi que les X sont les descendants du castor
mythique ; dans telle autre, qu'ils sont les descendants de tel héros. Enfin, dans des sociétés
stratifiées, la pérennité dans le temps des échelons qui la composent repose aussi sur la
filiation. L'aristocratie de l'ancien régime affirmait, entre autres, se distinguer de la roture par le
« sang bleu » qui l'unissait de façon exclusive, et l'appartenance à l'aristocratie se transmettait
par filiation. Ces exemples divers montrent que l'étude de la parenté, entendue d'une façon
générale, permet de s'interroger sur des questions aussi centrales que « qui sommes-nous ? » et
« qui sont les autres ? ».
La parenté a été analysée par les anthropologues de bien des manières, et selon des optiques
parfois contradictoires. À défaut d'aborder l'histoire de cette sous-discipline de l'anthropologie,
nous examinerons quelques concepts clés des études de parenté, en nous fondant sur les
sources indiquées en bibliographie.
Évolution de la parenté
La parenté humaine connait des similarités avec celle des collectifs de primates supérieurs.
La genèse évolutive de la parenté humaine reste à ce jour un domaine hautement conjectural.
Christian Ghasarian évoque l'hypothèse d'une naissance conjointe de la parenté et du langage, et
en tire une série de conséquences de type psychanalytique1. La constitution d'une représentation
de la filiation aurait ainsi donné plus d'importance au père qui, dès lors, aurait pu « s'interposer »
dans la relation entre la mère et ses enfants, une nouveauté à son tour non dépourvue de
conséquences sur le développement psychique de ces derniers. Toutefois, si la parenté humaine
apparaît en même temps que le langage, on ne saurait montrer trop de prudence au moment d'en
tirer des conséquences.
Lévi-Strauss se refuse à produire une genèse conjecturale de la parenté, mais admet pour sa part
que pour qu'une parenté humaine puisse exister, trois conditions a priori sont nécessaires :
l'existence de la règle comme règle ;
la réciprocité comme forme d'intégration de soi et autrui ;
le caractère synthétique du don.
Cette réunion d'éléments permet l'avènement d'une prohibition de l'inceste « humain » qui est au
fondement du « contrat social » original et originel que constitue pour lui la parenté. Lévi-Strauss
l'a parfois exprimé dans les termes classiques du passage de la nature à la culture. L'aliénation
minimale de la prohibition – je ne peux pas épouser qui je veux – permet l'établissement d'un
ordre collectif minimal – je peux épouser la femme que tu ne peux pas épouser. Il reste que le
statut des trois conditions a priori de la parenté, pose problème d'un point de vue évolutif, et dans
son rapport avec le développement du langage articulé, puisque l'on ne saurait les aborder
autrement que comme des « propriétés invariantes » d'un « esprit humain » dont la conception
est par définition soustraite à tout processus évolutif. S'il y a pour Lévi-Strauss un « esprit
humain » il ne semble pas y avoir un « esprit animal », et par conséquent le problème de leur
continuité ne peut même pas être posé. Résoudre la question de la parenté humaine, et sa
continuité ou sa rupture avec l'organisation d'une « pré-parenté » chez les hominidés anciens,
nécessite de répondre à la question épineuse de l'origine du langage.
Liens de parenté
Types de parenté
Tableau sommaire de parenté.
Parmi la parenté en général, on peut distinguer trois types de liens :
la filiation ;
l'alliance ;
la germanité.
Les liens de parenté, bien qu'on ait tendance à les considérer comme « naturels » ou biologiques,
ne le sont que dans la tradition occidentale : c'est ainsi que la « consanguinité » est considérée
comme biologique. Mais dans cette tradition aussi, des liens de parenté peuvent être créés par
un processus juridique, comme dans le cas de l'adoption ou de la fraternité symbolique (amitié
par exemple). La parenté ne peut pas reposer exclusivement sur des liens consanguins, car ces
liens impliqueraient la parenté de tous, surtout dans les petites sociétés. L'organisation sociale
sur cette base serait impossible. Des liens de parenté sont donc généralement sélectionnés
dans la généalogie, les autres n'étant pas pris en compte. Il apparaît donc que la consanguinité
est surtout définie culturellement. La filiation définit ces liens.
Dénominations
Article détaillé : Notation de la parenté.
Dénominations en français
demi-sœur = celle qui, par rapport à l'autre personne, a un de ses deux parents en commun
demi-frère = celui qui, par rapport à l'autre personne, a un de ses deux parents en commun
sœur = celle qui, par rapport à l'autre personne, a les deux parents en commun
frère = celui qui, par rapport à l'autre personne, a les deux parents en commun
mère = femme qui a mis au monde un ou plusieurs enfants
père = homme qui a engendré, donné naissance à un ou plusieurs enfants
fille = personne du sexe féminin, considérée par rapport à son père, à sa mère
fils = personne du sexe masculin, considérée par rapport à son père, à sa mère
grand-mère ou aïeule = mère du père ou de la mère
grand-père ou aïeul = père du père ou de la mère
petite-fille = fille du fils ou de la fille
petit-fils = fils du fils ou de la fille
tante = sœur du père ou de la mère
oncle = frère du père ou de la mère
nièce = fille du frère ou de la sœur
neveu = fils du frère ou de la sœur
demi-tante = demi-sœur du père ou de la mère
demi-oncle = demi-frère du père ou de la mère
demi-nièce = fille du demi-frère ou de la demi-sœur
demi-neveu = fils du demi-frère ou de la demi-sœur
demi-cousine = fille du demi-oncle ou de la demi-tante, c'est-à-dire, par rapport aux autres, ils
ont en commun, zéro parents et un grand-parent
demi-cousin = fils du demi-oncle ou de la demi-tante, c'est-à-dire, par rapport aux autres, ils ont
en commun, zéro parents et un grand-parent
cousine = fille de l'oncle ou de la tante, c'est-à-dire, par rapport aux autres, ils ont en commun,
zéro parents et deux grands-parents
cousin = fils de l'oncle ou de la tante, c'est-à-dire, par rapport aux autres, ils ont en commun,
zéro parents et deux grands-parents
double-cousine = fille de la tante maternelle (sœur de la mère) avec l'oncle paternel (frère du
père) ou fille de l'oncle maternel (frère de la mère) avec la tante paternelle (sœur du père),
c'est-à-dire, par rapport aux autres, ils ont en commun, zéro parents et quatre grands-parents
double-cousin = fils de la tante maternelle (sœur de la mère) avec l'oncle paternel (frère du
père) ou fils de l'oncle maternel (frère de la mère) avec la tante paternelle (sœur du père),
c'est-à-dire, par rapport aux autres, ils ont en commun, zéro parents et quatre grands-parents
arrière-grand-mère ou bisaïeule = mère du grand-père ou de la grand-mère
arrière-grand-père ou bisaïeul = père du grand-père ou de la grand-mère
arrière-petite-fille = fille du petit-fils ou de la petite-fille
arrière-petit-fils = fils du petit-fils ou de la petite-fille
grand-tante = sœur du grand-père ou de la grand-mère
grand-oncle = frère du grand-père ou de la grand-mère
petite-nièce = petite-fille du frère ou de la sœur
petit-neveu = petit-fils du frère ou de la sœur
grand-cousine = cousine du père ou de la mère
grand-cousin = cousin du père ou de la mère
petite-cousine = fille du cousin ou de la cousine
petit-cousin = fils du cousin ou de la cousine
cousine au deuxième degré = petite-fille du grand-oncle ou de la grand-tante
cousin au deuxième degré = petit-fils du grand-oncle ou de la grand-tante
arrière-arrière-grand-mère ou trisaïeule = mère de l'arrière-grand-père ou de l'arrière-grand-mère
arrière-arrière-grand-père ou trisaïeul = père de l'arrière-grand-père ou de l'arrière-grand-mère
arrière-arrière-petite-fille = fille de l'arrière-petit-fils ou de l'arrière-petite-fille
arrière-arrière-petit-fils = fils de l'arrière-petit-fils ou de l'arrière-petite-fille
arrière-grand-tante = sœur de l'arrière-grand-père ou de l'arrière-grand-mère
arrière-grand-oncle = frère de l'arrière-grand-père ou de l'arrière-grand-mère
arrière-petite-nièce = arrière-petite-fille du frère ou de la sœur
arrière-petit-neveu = arrière-petit-fils du frère ou de la sœur
arrière-grand-cousine = cousine du grand-père ou de la grand-mère
arrière-grand-cousin = cousin du grand-père ou de la grand-mère
arrière-petite-cousine = petite-fille du cousin ou de la cousine
arrière-petit-cousin = petit-fils du cousin ou de la cousine
grand-cousine au deuxième degré = cousine au deuxième degré du père ou de la mère
grand-cousin au deuxième degré = cousin au deuxième degré du père ou de la mère
petite-cousine au deuxième degré = arrière-petite-fille du grand-oncle ou de la grand-tante
petit-cousin au deuxième degré = arrière-petit-fils du grand-oncle ou de la grand-tante
cousine au troisième degré = arrière-petite-fille de l'arrière-grand-oncle ou de l'arrière-grand-
tante
cousin au troisième degré = arrière-petit-fils de l'arrière-grand-oncle ou de l'arrière-grand-tante
arrière-arrière-arrière-grand-mère ou quadrisaïeule = mère de l'arrière-arrière-grand-père ou de
l'arrière-arrière-grand-mère
arrière-arrière-arrière-grand-père ou quadrisaïeul = père de l'arrière-arrière-grand-père ou de
l'arrière-arrière-grand-mère
arrière-arrière-arrière-petite-fille = fille de l'arrière-arrière-petit-fils ou de l'arrière-arrière-petite-
fille
arrière-arrière-arrière-petit-fils = fils de l'arrière-arrière-petit-fils ou de l'arrière-arrière-petite-fille
arrière-arrière-grand-tante = sœur de l'arrière-arrière-grand-père ou de l'arrière-arrière-grand-
mère
arrière-arrière-grand-oncle = frère de l'arrière-arrière-grand-père ou de l'arrière-arrière-grand-
mère
arrière-arrière-petite-nièce = arrière-arrière-petite-fille du frère ou de la sœur
arrière-arrière-petit-neveu = arrière-arrière-petit-fils du frère ou de la sœur
arrière-arrière-grand-cousine = cousine de l'arrière-grand-père ou de l'arrière-grand-mère
arrière-arrière-grand-cousin = cousin de l'arrière-grand-père ou de l'arrière-grand-mère
arrière-arrière-petite-cousine = arrière-petite-fille du cousin ou de la cousine
arrière-arrière-petit-cousin = arrière-petit-fils du cousin ou de la cousine
arrière-grand-cousine au deuxième degré = cousine au deuxième degré du grand-père ou de la
grand-mère
arrière-grand-cousin au deuxième degré = cousin au deuxième degré du grand-père ou de la
grand-mère
arrière-petite-cousine au deuxième degré = arrière-arrière-petite-fille du grand-oncle ou de la
grand-tante
arrière-petit-cousin au deuxième degré = arrière-arrière-petit-fils du grand-oncle ou de la grand-
tante
grand-cousine au troisième degré = cousine au troisième degré du père ou de la mère
grand-cousin au troisième degré = cousin au troisième degré du père ou de la mère
petit-cousine au troisième degré = arrière-arrière-petite-fille de l'arrière-grand-oncle ou de
l'arrière-grand-tante
petit-cousin au troisième degré = arrière-arrière-petit-fils de l'arrière-grand-oncle ou de l'arrière-
grand-tante
cousine au quatrième degré = arrière-arrière-petite-fille de l'arrière-arrière-grand-oncle ou de
l'arrière-arrière-grand-tante
cousin au quatrième degré = arrière-arrière-petit-fils de l'arrière-arrière-grand-oncle ou de
l'arrière-arrière-grand-tante
conjoint = mari ou époux
femme = femme uni par le mariage
mari = homme uni par le mariage
belle-mère = mère du conjoint / la femme du père qui n'est pas la mère
beau-père = père du conjoint / mari de la mère qui n'est pas le père
belle-fille ou bru = femme du fils / fille de l'autre conjoint, pour un conjoint
beau-fils ou gendre = mari de la fille
beau-fils = fils de l'autre conjoint, pour un conjoint
belle-grand-mère ou belle-aïeule = grand-mère du conjoint / femme du grand-père qui n'est pas
la grand-mère / mère du beau-père ou de la belle-mère
beau-grand-père ou beau-aïeul = grand-père du conjoint / mari de la grand-mère qui n'est pas
le grand-père / père du beau-père ou de la belle-mère
belle-petite-fille = femme du petit-fils / petite-fille de l'autre conjoint, pour un conjoint / belle-
fille du fils ou de la fille
beau-petit-fils = mari de la petite-fille / petit-fils de l'autre conjoint, pour un conjoint / beau-fils
du fils ou de la fille
belle-sœur = sœur du conjoint / femme du frère / fille du conjoint de l'un des parents qui n'est
pas la demi-sœur
beau-frère = frère du conjoint / mari de la sœur / fils du conjoint de l'un des parents qui n'est
pas la demi-sœur
belle-tante = tante du conjoint / femme de l'oncle / sœur du beau-père ou de la belle-mère
beau-oncle = oncle du conjoint / mari de la tante / frère du beau-père ou de la belle-mère
belle-nièce = femme du neveu / nièce du conjoint / belle-fille du frère ou de la sœur
beau-neveu = mari de la nièce / neveu du conjoint / beau-fils du frère ou de la sœur
belle-cousine = femme du cousin / cousine du conjoint / belle-fille de l'oncle ou de la tante /
fille du beau-oncle ou de la belle-tante
beau-cousin = mari de la cousine / cousin du conjoint / beau-fils de l'oncle ou de la tante / fils
du beau-oncle ou de la belle-tante
sans parenté = les ascendants des conjoints des collatéraux / les collatéraux des conjoints
des descendants / les ascendants des conjoints des collatéraux / les collatéraux des
conjoints des descendants / personne par rapport à une autre personne qui n'a pas de
consanguinité, pas d'ancêtre commun, pas de parenté par affinité, pas de parenté par
adoption, pas de parenté par classification indéfinie et aucun autre type de parenté
Degré de parenté en droit
Droit civil français
Le droit civil français définit le degré de parenté dans le titre relatif aux successions. Depuis le
début du xixe siècle, le degré de parenté y est défini comme le nombre total de générations qui
séparent deux individus2. Autrement dit, c'est la longueur du chemin qui va, dans leur arbre
généalogique, de l'un à l'autre en passant par leur ascendant commun (qui peut être l'un d'eux)3.
Un enfant et son père sont parents au premier degré. Deux sœurs sont parentes au deuxième
degré : une « génération » de l'une des sœurs à leurs parents, plus une « génération » des parents
à l'autre sœur ; un individu et son grand-père sont également parents au deuxième degré : une
génération de l'individu à ses parents, plus une génération des parents au grand-père ; dans les
deux cas, il y a un intermédiaire : le couple des parents (ou le parent commun). Un oncle et sa
nièce sont parents au troisième degré. Des cousins germains sont parents au quatrième degré.
Droit civil belge
Le droit belge des successions, comme le droit civil français, définit le degré de parenté comme
le nombre total de générations qui séparent deux individus4.
Droit civil suisse
Le droit civil suisse appréhende la parenté selon sa ligne et sa proximité5. La ligne est directe
entre les personnes physiques qui descendent l'une de l'autre (p.ex. une mère et son fils, ou un
grand-père et sa petite-fille); elle est collatérale pour les personnes qui descendent d'un auteur
commun sans descendre l'un de l'autre (frères et sœurs, cousins, neveux, etc.). La proximité est,
comme en droit français et en droit belge, définie selon le mode romain (par opposition au mode
canonique ou allemand). Plus précisément, cela signifie que le degré de parenté est défini par le
nombre de générations qui sépare les deux personnes : en remontant de la première jusqu’au
parent commun, puis en redescendant vers la seconde. Ainsi, en ligne directe, le premier degré
de parenté est le lien entre parents et enfants; le deuxième degré entre grands-parents et petits-
enfants, etc. En ligne collatérale, le deuxième degré unit les frères et sœurs, le troisième degré
les oncles et neveux, le quatrième les cousins (ou les grands-oncles et petits-neveux), etc. Il
n'existe pas de premier degré en ligne collatérale.
Droit canon
Le droit canon de l'Église catholique définit, dans le texte relatif à la consanguinité6, le degré de
parenté entre deux individus comme étant, en ligne directe, le nombre de générations entre eux7
et, en ligne collatérale comme le plus grand des degrés dans les deux lignes directes8.
Un frère et sa sœur sont ainsi « parents au premier degré ». Des cousins germains sont donc
parents au deuxième degré car il faut remonter à la génération du grand-père ou de la grand-
mère pour trouver un ancêtre commun. Ce mode de calcul vaut pour les individus d'une même
génération. Lorsque les générations des deux individus considérés sont différentes, on
mentionne les degrés de chacune des deux branches : un oncle et sa nièce sont dits « parents du
premier au deuxième degré ». L'ancêtre commun est en effet le père ou la mère de l'oncle (premier
degré) qui est aussi le grand-père ou la grand-mère de la nièce (deuxième degré). [réf. nécessaire]
Filiation
Article détaillé : Filiation.
La filiation est, selon Ghasarian, « le principe gouvernant la transmission de la parenté. » La
filiation permet de donner un statut social à un individu et de classer les hommes, ce qui est
particulièrement important, par exemple pour les règles du mariage. La filiation ne repose
généralement pas sur des critères biologiques et dépend plutôt de la conception reçue du lien de
parenté.
Les anthropologues distinguent trois grands types de filiation (cf. Ghasarian, p. 58) :
filiation unilinéaire patrilinéaire ou matrilinéaire ;
filiation bilinéaire ;
filiation indifférenciée.
Note : ces organisations sont particulièrement complexes, et un exposé détaillé demanderait un
grand nombre de schémas pour être intelligible. Nous nous en tiendrons donc à des généralités.
Filiation unilinéaire
C'est l'organisation la plus répandue. La filiation est imposée à chacun, du côté du père ou de la
mère. Généralement, dans ces systèmes, on estime l'importance du rôle physique de l'homme ou
de la femme dans la procréation d'après cette appartenance au père ou à la mère.
Dans la plupart des filiations unilinéaires les femmes sont dominées par les hommes. D'après
Laburthe-Tolra, ce système est fondé par la force physique, plus grande chez l'homme, et donc
aussi par la violence, malgré la rébellion des femmes dans beaucoup de sociétés traditionnelles.
Patrilinéaire (dite agnatique) : Dans cette filiation, l'individu appartient au groupe parental
consanguin de son père. Les relations sociales à l'intérieur du groupe et le droit dépendent des
hommes. La femme réside alors chez son mari et doit se soumettre à son autorité. Exemples :
Birmanie, Chine ancienne, Grèce, Rome.
Matrilinéaire (dite utérine) : L'individu est cette fois inclus dans le groupe consanguin de sa
mère : les droits se transmettent par les femmes. Dans ce cas, le mari n'a que peu
d'importance, et c'est le frère de la mère (oncle) qui possède des droits sur les enfants. On
trouve aussi des sociétés où la parenté est patrilinéaire alors que le droit de propriété (y
compris l'état d'homme libre) est matrilinéaire. Dans ce système, les femmes n'ont souvent
pas plus de pouvoir politique que dans le système patrilinéaire, bien que leurs rôles
économiques et religieux soient plus importants. On doit donc distinguer parenté matrilinéaire
et matriarcat : la parenté matrilinéaire est la plupart du temps patriarcale.
Filiation bilinéaire (dite aussi double filiation)
Cette filiation rare combine les deux systèmes de filiation précédents. L'individu obtient des
aspects sociaux précis de chaque côté : nom de famille, droits, devoirs, statuts, biens, culte des
ancêtres, etc. Exemples : chez les Juifs, la parenté est patrilinéaire, mais la judéité se transmet
par les femmes ; Touareg ; Hereros.
Filiation bilatérale ou indifférenciée (dite cognatique)
L'individu fait dans ce cas partie d'au moins deux groupes de parenté, du côté de sa mère et de
son père à partir des grands-parents. Cette organisation structure des sociétés plus complexes
que dans les cas précédents. Selon Ghasarian, ce système de parenté concerne cinquante pour
cent des sociétés humaines.
L'individu peut choisir sa filiation : en Occident, le choix n'est pas obligatoire pour avoir un statut,
mais il l'est dans les sociétés traditionnelles, ce qui fait distinguer entre droits effectifs et droits
potentiels. Par ce choix, l'individu doit s'établir en résidence dans l'une ou l'autre parenté, ou se
partager entre les deux, et ses droits varient en conséquence. Ce choix laisse une grande liberté
individuelle, puisque c'est l'individu qui est censé rendre ses droits effectifs ; l'individu peut en
outre parfois modifier son choix de résidence.
Réserves sur ces divisions
Des ethnologues ont fait remarquer que ces divisions sont trop rigides pour décrire les parentés
réellement à l'œuvre dans les sociétés : c'est une certaine proportion de patrilinéarité et de
matrilinéarité qu'on y trouverait en fait. Pour Rodney Needham (dans « La Parenté en question »,
citée par Ghasarian), il n'y a « aucun principe de filiation unique ». La conformité d'une société à
un modèle uniforme est ainsi selon lui improbable. En conséquence, le classement des sociétés
selon ces critères n'a rien d'évident.
Le lignage
Le lignage est un ensemble de personnes (y compris les morts) qui descendent d'un même
ancêtre (homme ou femme). Le lignage renvoie à l'ancien droit coutumier d'origine germanique
(le lien du sang). Au Moyen Âge, le lignage structure la hiérarchie féodale, au sein de la noblesse
(dite de sang). Ainsi, la vassalité qui unit au travers des obligations réciproques d'homme libre à
homme libre était le plus souvent jointe au lignage et à la parenté (c'est-à-dire à l'alliance par le
mariage de deux lignages, par exemple, les mariages d'Anne de Bretagne avec Charles VIII puis
avec Louis XII qui firent entrer la Bretagne dans le royaume de France).
Le lignage comprend de très nombreux aspects :
organisation (économie, travail, etc.) ; y compris dans les sociétés traditionnelles le don et le
contre don ;
droit (héritage / succession, autorité des Anciens, gestion et usage des biens, etc.) ;
fiscalité (droits de succession, définition fiscale du ménage, etc.) ;
religion (cultes des ancêtres) ;
service (chasse, gestion du bétail, etc.) ;
etc.
Cet ensemble forme une personne morale (encore que juridiquement ce terme s'applique plutôt
aux sociétés et associations), dont les membres sont les représentants.
Relations des individus dans la parenté
Le respect
La familiarité
Les interdits (notamment l'inceste)
L'évitement : cette relation, qui s'apparente au respect, comporte de nombreux aspects liés à la
personne évitée. Évitement des regards, des contacts physiques, de la présence, de la
réalisation de certains actes (nutrition par exemple) en présence de la personne, etc. Ce
comportement concerne plusieurs types de relation et se produit suivant le lieu, le moment de
la journée, etc. : mari et femme, gendre et beaux-parents, etc. Par exemple, dans certaines
sociétés, le gendre est censé se cacher s'il aperçoit sa belle-mère : c'est un comportement de
crainte qui doit permettre d'éviter les conflits et conserver le respect mutuel.
Les relations à plaisanteries
Alliances et mariage
Types de mariages
Le mariage est l'union de deux personnes (traditionnellement : une femme et un homme ; et plus
récemment : deux femmes ou deux hommes), formant ainsi une famille, qu'ils aient des enfants
ou non. C'est en effet la fonction sociale du mariage qui est prise en compte.
Le nombre d'époux et d'époux détermine une des classifications possibles des mariages :
monogamie : dans un mariage monogame, l'époux a une seule épouse et réciproquement ;
polygamie. c'est le mariage d'un individu (homme ou femme) avec plusieurs personnes
(hommes ou femmes) ; on distingue deux types de mariage polygame :
mariage polygynique, où l'homme a plusieurs épouses légitimes. Cette pratique est
généralement associée au statut social de l'homme, le nombre de femmes témoignant de
son importance et de sa puissance. Le statut des femmes y est variable : les femmes
peuvent être enfermées comme des biens (signe de richesse), ou au contraire disposer
d'une grande liberté dans leurs activités par une répartition des tâches entre les épouses ;
mariage polygynique sororal : l'homme se marie à une femme, puis par la suite à sa sœur,
voire à plusieurs d'entre elles ;
mariage polyandrique : la femme a plusieurs hommes légitimes ;
mariage polyandrique fraternel : la femme se marie avec des frères.
Il existe de nombreuses formes de mariage particulières, parmi lesquelles :
le lévirat. Dans ce type de mariage, une femme doit épouser le frère de son mari défunt. Le
nouveau mari a alors le devoir de poursuivre la lignée de son frère ; les enfants issus de cette
union seront socialement considérés comme ceux de l'ancien mari. Exemples : Grèce antique,
Rome ;
le sororat. Dans ce type de mariage, c'est cette fois la sœur d'une épouse défunte qui assure la
continuité de la lignée.
le mariage morganatique : pour les souverains, mariages où l'un des époux, et les enfants du
couple, renoncent à une partie des prérogatives d'héritage.
Pour exemple, un homme stérile peut se marier dans la quasi-totalité des pays du monde. Une
femme stérile peut par exemple tenir le « rôle d'un homme » tel qu'il est défini chez les Nuer9.
Quelques aspects
Économie du mariage
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Comment faire ?
Procréation
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Comment faire ?
Fidélité des mariés
L'épouse est généralement considérée par l'homme et se voit elle-même comme un bien, comme
dans le cas de la polygynie [réf. nécessaire]. À ce titre, c'est souvent la virginité de la future mariée
qui fait sa valeur [réf. nécessaire]. Les rapports sexuels avant le mariage sont pour une femme une
cause de déshonneur et d'impureté dans de nombreuses sociétés traditionnelles. Quant à
l'homme, il est souvent tenu d'épouser la femme avec qui il a eu des rapports
sexuels [réf. nécessaire].
L'adultère est soit interdit aux deux époux, soit accepté pour les deux, soit interdit à l'un des deux
seulement. Ce point, comme la virginité, est lié à l'honneur et peut entraîner des vengeances.
Dans certaines sociétés, les femmes sont échangées entre époux [réf. nécessaire].
Le partage d'un des deux conjoints peut également faire l'objet d'un accord plus ou moins
temporaire avec des proches en raison du manque de partenaires potentiels10, de vigueur
sexuelle11 ou bien en échange de services particuliers, système particulièrement répandu en
Amazonie Indigène.
Divorce
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Comment faire ?
Statut social
La parenté offre un statut social qui a souvent joué un rôle déterminant dans l'organisation du
pouvoir. L'anthropologie politique étudie ces éléments. Même en l'absence de définition juridique,
on reconnait souvent dans les familles :
le chef de famille ;
le statut des femmes ;
le statut des anciens ;
le statut des ancêtres.
Notes et références
1. Ghasarian, Christian Introduction à l'étude de la parenté. Le Seuil, Collection "Points Essais",
276 p.
2. Livre III Des différentes manières dont on acquiert la propriété, Titre Ier : Des successions,
Chapitre III : Des héritiers, Section 1 : Des droits des parents en l'absence de conjoint
successible, Paragraphe 2: Des degrés (http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idSecti
onTA=LEGISCTA000006165763&cidTexte=LEGITEXT000006070721) [archive]
Article 741 : La proximité de parenté s'établit par le nombre de générations ; chaque
génération s'appelle un degré.
Article 742 : La suite des degrés forme la ligne ; on appelle ligne directe la suite des degrés
entre personnes qui descendent l'une de l'autre ; ligne collatérale, la suite des degrés entre
personnes qui ne descendent pas les unes des autres, mais qui descendent d'un auteur
commun…
3. Article 743 : En ligne directe, on compte autant de degrés qu'il y a de générations entre les
personnes… En ligne collatérale, les degrés se comptent par génération, depuis l'un des
parents jusques et non compris l'auteur commun, et depuis celui-ci jusqu'à l'autre parent.
4. Source: notaire.be (http://www.notaire.be/donations-successions/le-degre-de-parent
e) [archive]
5. Antoine Eigenmann, CR Code civil I, vol. I, Bâle, Helbing Lichtenhahn, coll. « Commentaire
romand », 2023, 2e éd. (ISBN 978-3-7190-3900-4, lire en ligne (https://app.legalis.ch/legalis/document-vie
w.seam?documentId=nnpwg4s7mnrwsxzsgazdg&tocid=nnpwg4s7mnrwsxzsgazdg) [archive]), Art. 20, N 4
6. Code de droit canonique, Livre I : Normes générales, Titre VI : Les personnes physiques et
juridiques, Chapitre I : La condition canonique des personnes physiques (http://www.vatica
n.va/archive/FRA0037/_PB.HTM) [archive]
Can. 108 - § 1. La consanguinité se compte par lignes et par degrés.
7. Can. 108, § 2 : En ligne directe, il y autant de degrés que de générations, c'est-à-dire de
personnes, la souche n'étant pas comptée.
8. Can. 108, § 3 : En ligne collatérale, il y a autant de degrés que de personnes dans les deux
lignes additionnées, la souche n'étant pas comptée.
9. E. E. Evans-Pritchard, Parenté et mariage chez les Nuer, Payot, 1973 (ISBN 2-228-11330-1 et
978-2-228-11330-4, OCLC 8397254 (https://worldcat.org/fr/title/8397254), lire en ligne (https://www.worldcat.
org/oclc/8397254) [archive])
10. Philippe Erikson, article "déjouir: note sur l'exhibitionnisme pudique et les affinités électives en
Amazonie Indigène", Revue "Terrain"
11. (en) Allyn Mclean Stearman, Yuqui. Forest Nomads in a Changing World, New York, Rinehart
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Voir aussi
Bibliographie
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Maurice Godelier, Métamorphose de la parenté, Fayard, 2004.
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lire en ligne (https://www.cairn.info/encyclopedie-critique-du-genre-2016--9782707190482-page-439.htm?ref=doi) [archive])
Articles connexes
Notation de la parenté
Les Structures élémentaires de la parenté
Famille
Parentalité
Parenté à plaisanterie
Liens externes
Ressource relative à la recherche : JSTOR (https://www.jstor.org/topic/kinship)
Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Britannica (https://www.brita
nnica.com/topic/kinship) [archive] · Dictionnaire historique de la Suisse (http://www.hls-dhs-ds
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a.pwn.pl/haslo/;3959212) [archive] · Universalis (https://www.universalis.fr/encyclopedie/syst
emes-de-parente/) [archive]
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· Tchéquie (https://aleph.nkp.cz/F/?func=find-c&local_base=aut&ccl_term=ica=ph170448) ·
Lettonie (https://kopkatalogs.lv/F/?func=direct&local_base=lnc10&doc_number=000052809)
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