Sujet de type 1 : Contraction de texte et discussion
La révolution numérique : les journalistes face au nouveau tempo de l’info.
Il est des transformations technologiques qui produisent plus que des évolutions, mais bel et bien
des révolutions. Pour galvaudé que puisse être ce terme, particulièrement dans la bouche de
certains journalistes, il convient de le réhabiliter dans toute sa puissance lorsqu’il s’agit de
considérer la révolution numérique de l’information. Oh bien sûr, comme l’a si bien montré
Alexis de Tocqueville comparant l’Ancien Régime et la Révolution, même dans une révolution,
il existe des continuités historiques. Un journaliste reste un journaliste, des règles fondatrices
visant à crédibiliser l’information demeurent : vérifier, recouper, hiérarchiser.
On peut même ajouter que plus il y a des propos circulant sur internet qui se revendiquent
comme étant des informations (et chacun sait que tous ne méritent pas ce label), plus nous avons
besoin de journalistes patentés dont le travail est régi par un fonctionnement collectif (les
rédactions qui doivent éviter les errements individuels), des savoir-faire professionnels et une
déontologie qui place le souci de vérité au-dessus de tout (la vérité contre les rumeurs, contre les
approximations, contre les explications simplistes, contre les secrets et les tentatives pour
empêcher la vérité d’éclater). Par conséquent, l’analyste doit, dans cette situation, montrer les
persistances et ce qui change vraiment.
L’accès à l’information pour les citoyens est le plus souvent immédiat, se fait sur internet, et via,
de plus en plus, les smartphones. […] Plus instructif encore que ces données globales, regardons
leurs énormes différences par tranches d’âge. Les nouvelles générations sont porteuses de
transformations des pratiques d’information. Phénomène essentiel pour anticiper sur l’avenir de
l’information, car ces pratiques s’imposeront inexorablement au fil du temps.
Ces citoyens qui s’informent de plus en plus par internet, que l’on peut donc appeler des
infonautes, ont la possibilité de transformer les productions journalistiques en morceaux choisis.
Là où dans l’ancien univers, la production médiatique d’information s’offrait comme un tout
(dont on pouvait, bien sûr, ne pas tout lire ou écouter), l’accès à l’information se fait de plus en
plus par morceaux, et de façon aléatoire, au fil des recommandations, des alertes reçues et de
notre butinage d’infos sur nos comptes de réseaux socionumériques. On dispose aussi des
contenus agrégés automatiquement, façon Google Actu. On ne consomme donc plus, dans ce
cas, un média mais une compilation faite par un algorithme des sujets considérés comme les plus
populaires ou censés nous intéresser le plus. L’infonaute dispose du pouvoir de décomposer et
recomposer les contenus médiatiques, puis de les remettre en circulation, accompagnés souvent
de ses commentaires, voire transformés par ses soins.
En lieu et place d’une audience constituée par les médias, grâce à leur offre d’information totale,
émerge un picorage d’informations, sur plusieurs médias, qui peut conduire à ne même plus
totalement prêter attention au média sur lequel on atterrit. L’accès à l’information en ligne est
alors éclaté. On arrive sur un site d’information soit en cherchant le nom du média, sa marque
(brand), soit par un moteur de recherche (search), ou par des réseaux socionumériques (social) ou
par une newsletter (e-mail). Et si dans chaque pays, le poids relatif de chaque voie d’accès
diffère, l’affaiblissement de la marque est communément partagé, comme le montre le tableau ci-
dessous.
Cela a pour implication que les médias perdent une part de leur pouvoir de prescription au profit
d’acteurs qui leur échappent (moteurs de recherche, internautes, algorithmes agrégateurs…). La
logique profonde des médias grand public a toujours été de construire une audience, qui se veut
la plus large possible. Et, ainsi, de standardiser la production en fonction d’un certain nombre de
critères d’identification du public. Tout cela étant diffusé par des canaux qu’ils maîtrisaient.
Aujourd’hui, les médias sont insérés dans une économie de la recommandation, faisant face à la
dissémination et à la viralité.
Arnaud Mercier, « La lecture événementielle des faits politiques : entre logiques journalistiques
et (des)intermédiations numériques », Sciences de la société, 2019.
1. RÉSUMÉ (9points)
Ce texte comporte environ 617 mots. Vous le résumerez en 154 mots. Une marge de 15 en plus
ou en moins sera tolérée. Vous voudrez bien indiquer le nombre de mots utilisés à la fin de votre
résumé.
2. DISCUSSION (9points)
À propos du traitement de l’information, Arnaud Mercier soutient que « L’infonaute dispose du
pouvoir de décomposer et recomposer les contenus médiatiques, puis de les remettre en
circulation ».
Pensez-vous que la manipulation de l’information contribue à restituer ou à mettre à mal la vérité
? Vous répondrez à cette question par une argumentation structurée et illustrée d’exemples tirés
de votre observation de la société.
ÉPREUVE DE COMMENTAIRE COMPOSÉ
Texte :
> Méka regarda de biais sa poitrine. La médaille était bien là, épinglée sur la veste kaki. Il sourit,
leva la tête et s'aperçut qu'il chantait en sourdine tandis que tout son visage battait la mesure. Son
torse ondula malgré lui pendant que ses genoux fléchissaient et se détendaient comme un ressort.
Il ne souffrait plus et n'entendit même pas ses os craquer. La chaleur, son besoin, la douleur qu'il
avait aux pieds, tout avait disparu comme par enchantement. Il regarda encore sa médaille. Il
sentit que son cou grandissait. Oui, sa tête montait, montait comme la tour de Babel à l'assaut du
ciel. Son front touchait les nuages. Ses longs bras se soulevaient imperceptiblement comme les
ailes d'un oiseau prêt à s'envoler.
Consigne :
Après avoir lu attentivement cet extrait, vous rédigerez un commentaire composé en répondant à
la problématique suivante :
Problématique : Comment cet extrait illustre-t-il l'impact symbolique de la médaille sur la
perception de soi de Méka et quelles en sont les implications sur sa condition dans le contexte
colonial ?
Grille de notation (sur 20 points)
1. Compréhension et interprétation du texte (8 points)
Compréhension globale du texte : 4 points
Pertinence de l'interprétation : 4 points
2. Analyse des procédés littéraires (6 points)
Identification des procédés stylistiques : 3 points
Pertinence de l'analyse des procédés : 3 points
3. Organisation et structure du commentaire (4 points)
Cohérence et logique du plan : 2 points
Clarté de l'expression et transitions : 2 point
4. Qualité de l'expression écrite (2 points)
Orthographe, grammaire et syntaxe : 1 point
Richesse du vocabulaire : 1 point
Sujet de type 3 : Dissertation littéraire
À propos du statut de l’écrivain, André GIDE affirme : « Je crois que la valeur d’un écrivain est
liée à la force révolutionnaire qui l’anime ou plus exactement à sa force d’opposition. Un grand
écrivain, un grand artiste est essentiellement anticonformiste, il navigue à contre-courant ».
Commentez et discutez cette affirmation à la lumière des œuvres lues ou étudiées.