mth1224 NV
mth1224 NV
1
Exemple 2
6 si x ∈] − 3; −2[
6 si x ∈ [−2; −1[
6 si x ∈] − 3; −0, 5[
6 si x ∈ [−1; −0, 5[
f (x) = −3 si x ∈ [−0, 5; 1[ =
−3 si x ∈ [−0, 5; 1[
2 si x ∈ [1; 7]
2 si x ∈ [1; 4[
2 si x ∈ [4; 7]
Propriété 1 1. Il est clair que si f est une fonction en escalier alors |f | est une fonction en
escalier
2. Si f et g sont des fonctions en escalier sur [a, b] alors f + g et f g sont des fonctions en escalier
sur [a, b]
Démonstration 1 Soit X = {x0 , . . . , xn } une subdivision de [a, b] telle que f soit constante sur
tout [xi−1 , xi[. Soit X ′ = {x′0 , . . . , x′m
} une subdivision de [a, b] telle que g soit constante sur tout
[x′i−1 , x′i [.La réunion X ′′ = X ∪ X ′ = x′′0 , . . . , x′′p est une subdivision de [a, b] telle que f et t g soient
constantes sur tout [x′′i−1 , x′′i [. Pour cette subdivision f + g et f g sont constantes dans tout [x′′i−1 , x′′i [
et sont donc des fonctions en escalier.
Comme la subdivision X n’est pas déterminée de manière unique par la fonction f , il est nécessaire
de montrer que l’intégrale de f ne dépend pas de la subdivision mais seulement de f .
Proposition 1 L’intégrale de f sur [a, b] ne dépend pas de la subdivision X = {x0 , . . . , xn } de [a, b].
Remarque 2 Z Z Z
b b b
f (x)dx = f (t)dt = f (u)du.
a a a
Z b Z b
1. Si f est une fonction en escalier sur [a, b] et λ un réel, alors λf (x)dx = λ f (x)dx.
a a
Démonstration 2 1. Evident.
2
2. Soit X = {x0 , . . . , xn } une subdivision de [a, b] telle que les fonctions f et g soient constantes
sur chaque intervalle [xi−1 , xi [ avec f (x) = ci et g(x) = di , ∀x ∈ [xi−1 , xi [ pour i = 1, . . . , n.
Z b Xn
Alors, ∀x ∈ [xi−1 , xi [, f (x) + g(x) = ci + di . Par définition, on a f (x)dx = ci (xi − xi−1 ),
a i=0
Z b n
X Z b n
X
g(x)dx = di (xi − xi−1 ) et (f (x) + g(x))dx = (ci + di )(xi − xi−1 ). D’où le résultat.
a i=0 a i=0
Z b Z b
Proposition 3 Si f est une fonction en escalier sur [a, b], alors f (x)dx = |f (x)| dx.
a a
Démonstration 3
Z b n
X n
X n
X Z b
f (x)dx = ci (xi − xi−1 ) ⩽ |ci (xi − xi−1 )| = |ci |(xi − xi−1 ) = |f (x)| dx
a i=0 i=0 i=0 a
.
Z b
Proposition 4 1. Si f est une fonction en escalier positive sur [a, b] alors, f (x)dx ⩾ 0.
a
2. Si f et g sont deux fonctions en escalier sur [a, b] telles que ∀x ∈ [a, b], f (x) ⩽ g(x), alors
Z b Z b
f (x)dx ⩽ g(x)dx.
a a
Démonstration 4 Evident.
3
Chapter 2
2.1 Préliminaires
Définition 2.1 Soit f une fonction défine sur un intervalle I de R. f est dite uniformément continue
sur I si
∀ε > 0, ∃η > 0, ∀x, x′ ∈ I, |x − x′ | < η =⇒ |f (x) − f (x′ )| < ε.
Théorème 1 Toute fonction uniformémént continue sur un intervalle I est continue sur I.
La réciproque de ce théorème est fausse. On peut justifier cette fausseté par l’exemple suivant.
Exemple 3 Considérons la fonction f définie sur R par f (x) = x2 . f est une fonction continue sur
R. Nous allons montrer que f n’est pas uniformément continue sur R. Nous allons raisonner par
contradiction. Supposons que f est uniformément continue sur R. Alors, ∀ε > 0, ∃η > 0, ∀x, x′ ∈
I, |x − x′ | < η =⇒ |f (x) − f (x′ )| < ε. En particulier pour ε = 1, il existe η > 0 tel que pour tout
x, x′ ∈ R, |x − x′ | < η =⇒ |x2 − x′2 | < 1. Or ∀ > 0, en prenant x = η2 et x′ = η2 + η2 , on a |x − x′ | < η
η2
mais |x2 − x′2 | = 2 + 4
> ε = 1. Ce qui est absurde.
Néanmoins, dans le théorème qui suit, nous allons montrer qu’il y’a équivalence entre la continuité
et la continuité uniforme lorsque l’intervalle I est égal à un segment [a, b] (a < b).
Théorème 2 f continue sur [a, b] si et seulement si f est uniformément continue sur [a, b].
Démonstration 5 D’après le théorème précédent, il est clair que si f est uniformément continue
[a, b], alors f est continue sur [a, b].
Il ne nous reste qu’à montrer que si f est continue sur [a, b], alors f est uniformément continue sur
[a, b]. Nous allons raisonner par contradiction. Supposons que f est continue sur [a, b] mais que f
n’est pas uniformément continue sur [a, b].
f n’étant pas uniformément continue sur [a, b], il existe ε0 > 0, ∀η > 0, ∃x, x′ ∈ [a, b] tels que
|x − x′ | < η et |f (x) − f (x′ )| ⩾ ε0 . Appliquons ce résultat pour η = 1, 21 , . . . , n1 , . . . . On obtient alors
deux suites (xn )n∈N , (x′n )n∈N chacune d’éléments de [a, b] et vérifiant |xn −x′n | < n1 et |f (xn )−f (xn )| ⩾
′
ε0 . Comme la suite (xn )n∈N est bornée, on peut en extraire une sous suite xnp np ∈N qui converge
vers un x ∈ [a, b]. Comme ∀n ∈ N, |xn − x′n | < n1 , alors la suite de terme général xnp − x′np converge
vers 0 lorsque np tend vers l’infini. En conséquence, la suite x′np converge vers x. La fonction
f étant continue sur [a, b], les suites f xnp np ∈N et f x′np converge vers la même limite
np ∈N
f (x). Ainsi la suite de terme général f xnp − f x′np tend vers 0 lorsque np tend vers l’infini.
D’où ∀ε > 0, ∃np0 ∈ N, ∀np ∈ N, np > np0 , |f xnp − f x′np | < ε. Ce qui contredit l’hypothèse.
4
Définition 2.2 Une suite de fonctions (fn )n∈N converge uniformément vers une f sur [a, b] si
Théorème 3 Soit f une fonction réelle continue sur un intervalle [a, b] de R. Alors
1. il existe une suite de fonctions en escalier (fn )n∈N définie sur [a, b] qui converge uniformément
vers f sur [a, b].
2. Si (fn )n∈N est une suite de fonctions en escalier sur [a, b] qui converge uniformément vers f sur
Z b
[a, b], alors les nombres fn (x)dx, n ∈ N, ont une limite finie qui ne dépend que de f lorsque
a
n tend vers l’infini.
Démonstration 6 1. Soit f continue sur [a, b]. Montrons qu’il existe une suite de fonctions en
escalier sur [a, b] qui converge uniformément vers f sur [a, b]. Soit ε > 0. f étant continue sur
[a, b], elle est alors uniformément continue sur [a, b]. Ainsi, il existe η > 0 tel que ∀x, x′ ∈ [a, b],
|x − x′ | < η =⇒ |f (x) − f (x′ )| < ε.
Soit X = {x0 , x1 , . . . , xn } une subdivision de [a, b] telle que xi − xi−1 < η, ∀i ∈ {1, . . . , n}. Soit
Φ la fonction définie sur [a, b] par
f (xi−1 ) si x ∈ [xi−1 , xi [, pour i ∈ {1, . . . , n}
Φ(x) = .
f (b) si x = b
La fonction Φ ainsi définie est une fonction en escalier sur [a, b]. De plus on a
En effet,
La construction de Φ vérifiant la condition |f (x) − Φ(x)| < ε, ∀x ∈ [a, b]. étant réalisée pour
tout ε fixé, on peut alors appliquer cela en prenant successivement ε = 1, 12 , . . . , k1 , . . .. On
obtient alors une suite Φ1 , Φ2 , . . . , Φk , . . . de fonctions en escalier sur [a, b]
telle que ∀k ∈ N∗ , ∀x ∈ [a, b], |f (x) − Φk (x)| < k1 . La suite (Φk )k converge uniformément vers
f sur [a, b].
2. Soit (gn )n∈N une suite de fonctions en escalier qui converge uniformément vers f sur [a, b].
Ainsi ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, ∀x ∈ [a, b], ∀n > n0 , |gn (x) − f (x)| < 2(b−a)
ε
. Soient n, p ∈ N.
Alors Z Z Z
b b b
gn (x)dx − gp (x)dx ⩽ |gn (x) − gp (x)|dx.
a a a
Ainsi
Z b Z b Z b Z b
∀n, p > n0 , gn (x)dx − gp (x)dx ⩽ |gn (x) − f (x)|dx + |f (x) − gp (x)|dx
a a a a
ε(b − a) ε(b − a)
< + = ε.
2(b − a) 2(b − a)
5
Z b
Ainsi la suite de nombre réels gn (x)dx esr cauchy. D’où elle est convergente.
a n∈N
Si (hn )n∈N est une autre suite de fonctions en escalier qui converge uniformément vers f sur
[a, b], alors la suite formée par la collection des termes de la suite (gn )n∈N et de la suite (hn )n∈N
converge uniformément vers f sur [a, b]. Ainsi les nombres
Z b Z b Z b Z b Z b Z b
g0 (x)dx, g1 (x)dx, . . . , gn (x)dx, . . ., h0 (x)dx, h1 (x)dx, . . . , hn (x)dx, . . . con-
a a a a a a
vergent vers la mêmelimite
Z b ℓ. Toute suite
partielle
Z b de cette
dernière suite tendant vers ℓ, on en
déduit que les suites gn (x)dx et hn (x)dx convergent vers la même limite ℓ.
a n∈N a n∈N
Définition 2.3 CetteZ limite qui ne dépend pas de la fonction continue f s’appelle l’intégrale de f
b
sur [a, b] et est notée f (x)dx.
a
Théorème 4 Soit f une fonction continue sur [a, b]. On considère la suite de fonctions en escalier
(fn )n∈N∗ définie sur [a, b], pour tout n ∈ N∗ par
f (xi ) = f a + k n
(b−a)
si x ∈ [xk , xk+1 [, pour k ∈ {0, . . . , n − 1} avec xk = a + k (b−a)
n
fn (x) = .
f (b) si x = b
Il est clair que X = {x0 , x1 , . . . , xn } est une subdivision régulière d’ordre (n + 1) de [a, b]. D’après
la démonstration du théorème précédent, on montre que la suite de fonctions en escalier (fn )n∈N∗
converge uniformément vers f sur [a, b]. Alors
Z Z n−1
b b
b−aX (b − a)
f (x)dx = lim fn (x)dx = lim f a+k .
a n→+∞ a n→+∞ n k=0 n
Application
n−1 2
X n−1
X
k n
Calculer les limites lim 3
, lim .
n→+∞
k=0
n n→+∞
k=0
k 2 + n2
2.2 Propriétés
Proposition 5 (Linéarité de l’intégrale des fonctions continue ) .
Z b Z b
1. Si f est une fonction continue sur [a, b] et λ un réel, alors λf (x)dx = λ f (x)dx.
a a
Z b
Proposition 6 1. Si f est une fonction positive continue sur [a, b] alors, f (x)dx ⩾ 0.
a
2. Si f et g sont deux fonctions continues sur [a, b] telles que ∀x ∈ [a, b], f (x) ⩽ g(x), alors
Z b Z b
f (x)dx ⩽ g(x)dx.
a a
6
Z b Z b
3. Si f est une fonction continue sur [a, b], alors f (x)dx = |f (x)| dx.
a a
Proposition 7 1. Si f est une fonction continue sur [a, b] et |f (x)|, ∀x ∈ [a, b], alors,
Z b
f (x)dx ⩽ M (b − a).
a
2. Si f est une fonction continue sur [a, b] telle que m ⩽ f (x) ⩽ M, ∀x ∈ [a, b] , alors
Z b
m(b − a) ⩽ f (x)dx ⩽ M (b − a).
a
Z b
3. Si f est une fonction continue sur [a, b], alors il existe c ∈ [a, b] tel que f (x)dx = f (c)(b − a).
a
4. Si f est une fonction continue sur [a, b], alors pour c ∈ [a, b], on a
Z b Z c Z b
f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx.
a a c
Z b Z a
Remarque 3 Lorsque a > b, on pose par définition f (x)dx = − f (x)dx.
a b
7
Chapter 3
Primitives
car c ∈ [x, x + h] et lorsque h tend vers zéro, le segment [x, x + h] se réduit au singleton {x} . F
est donc Zdérivable en tout x ∈ I et F ′ (x) = f (x). D’où F est une primitive de f sur I. De plus
x0
F (x0 ) = f (t)dt = 0. F est donc la primitive de f sur I qui s’annule en x0 .
x0
Théorème 5 (Théorème fondamental du calcul intégral) Soient f une fonction continue sur
un intervalle I de R et F une primitive de f sur I. Si a et b appartiennent à I, alors
Z b
f (t)dt = F (b) − F (a).
a
Z
Notation: Les primitives d’une fonction f sont désignées par le symbole f (x)dx qui est appelé
intégrale indéfinie.
Remarque 5 Une intégrale indéfinie est une fonction.
8
3.2 Primitives usuelles
Z
xα+1
xα dx = + λ, λ ∈ R et α ∈ Q \ {−1}
α+1
Z
1
dx = ln |x| + λ, λ ∈ R
x
Z
cos αx
sin αxdx = − + λ, λ ∈ R, α ̸= 0.
α
Z
sin αx
cos αxdx = + λ, λ ∈ R, α ̸= 0
α
Z
eαx
eαx dx = + λ, λ ∈ R, α ̸= 0
α
Z
ax
ax dx = + λ, λ ∈ R, a ∈ R∗+ \ {1} .
ln a
Z
ex + e−x ex − e−x
ch(x)dx = sh(x) + λ, λ ∈ R. ch(x) = et sh(x) = .
2 2
Z
sh(x)dx = ch(x) + λ, λ ∈ R.
Z
dx
√ = Arcsin(x) + λ = −Arccos(x) + λ′ , λ, λ′ ∈ R
1−x 2
Z √
dx
√ = ln(x + 1 + x2 ) + λ = Argsh(x) + λ, λ ∈ R
1+x 2
Z √
dx
√ = ln |x + a + x2 | + λ, λ ∈ R
a + x2
Z
dx 1 a+x
2 2
= ln + λ, λ ∈ R, a ̸= 0.
a −x 2a a−x
Z
dx
= Arctan(x) + λ, λ ∈ R
1 + x2
Z x
dx 1
= Arctan + λ, λ ∈ R
a2 + x 2 a a
Z Z
dx
= (1 + tan2 x)dx = tan(x) + λ, λ ∈ R
cos2 x
Z
dx
= th(x) + λ, λ ∈ R.
ch2 x
9
3.4 Calcul de primitives
3.4.1 Quelques formules
U est une fonction de classe C 1 sur un intervalle I. On a:
Z
U α+1
U ′ U α dx = + λ, λ ∈ R et α ∈ Q \ {−1}
α+1
Z Z √
U′
√ dx = U ′ U −1/2 dx = 2 U + λ, λ ∈ R (c’est un cas particulier du 1er cas).
Z ′U
U
dx = ln |U | + λ, λ ∈ R
U
Z
U ′ eU dx = eU + λ, λ ∈ R
Z
U ′ cos(U )dx = sin U + λ, λ ∈ R
Z
U ′ sin(U )dx = − cos U + λ, λ ∈ R
Exercice 2 À l’aide d’intégrations par parties, déterminer les primitives des fonctions suivantes:
3
1. √x (on pourra poser f (x) = x2 et g ′ (x) = √ x )
x2 +1 x2 +1
10
3.4.3 Changement de variables
Théorème 6 Soient I et J deux intervalles de R et Φ une fonction de classe C 1 sur J telle que
Φ(J) ⊂ I. Soient f une fonction continue sur I et F une primitive de f sur I. Alors F oΦ est une
primitive de (f oΦ) × Φ′ .
Application
Résolution
Z
1
• Déterminons p dx. Pour appliquer directement le théorème, on doit remarquer
x 1 − (ln x)2
que
Z Z 1 Z
1 1
p dx = p x
dx = p × Φ′ dx, avec, Φ(x) = ln x. (3.1)
x 1 − (ln x)2 1 − (ln x)2 1 − (Φ)2
11
3.5.1 Intégration des éléments simples de première espèce
Z
dx 1 1
n
=− . + λ avec n ̸= 1 et λ ∈ R.
(x − a) n − 1 (x − a)n−1
Z
dx
= ln |x − a| + λ avec λ ∈ R.
(x − a)
12
Chapitre 4
4.1 Préliminaire
Soit R(X) une fraction rationnelle à une indéterminée, à coefficients réels ; on peut écrire
P(X)
R(X) sous la forme irréductible R(X) = où P(X) et Q(X) sont deux polynômes à
Q(X)
coefficients réels, premiers entre eux avec Q(X) différent du polynôme nul. Les racines
éventuelles a1 , . . . , ap de Q(X) sont appelées pôles de R(X). La fraction rationnelle R(X)
permet de définir la fonction rationnelle r : x 7→ R(x) de IR − {a1 , . . . , ap } vers IR qui est
continue sur son domaine de définition.
Soient deux réels a et b, a ≤ b tels que l’intervalle [a, b] ne contienne aucun pôle de R(X)
alors la fonction rationnelle r est continue sur [a, b].
Théorème
10
Soit Q(X) = λ(X − a1 )n1 . . . (X − ap )np (X2 + c1 X + d1 )m1 . . . (X2 + cq X + dq )mq la décompo-
sition de Q(X) en produit de facteurs irréductibles dans IR[X] alors la fraction rationnelle
R(X) s’écrit de manière unique sous la forme :
Pp γi,ni γi,ni −1 γi,1
R(X) = E(X) + i=1 + + ··· +
(X − ai )ni (X − ai )ni −1 X − ai
Pq αj,mj X + βj,mj αj,mj −1 X + βj,mj −1 (4.1)
αj,1 X + βj,1
+ j=1 + + ··· + 2
(X2 + cj X + dj )mj (X2 + cj X + dj )mj −1 X + cj X + dj
Définition
L’écriture de R(X) sous la forme (4.1) constitue la décomposition en éléments simples de
R(X).
Définition
Le polynôme E(X) est appelé la partie polynômiale de R(X).
On démontre que E(X) est le quotient de la division euclidienne de P(X) par Q(X).
Le calcul des coefficients γi,a , αj,b et βj,b peut toujours se faire en réduisant les éléments
simples au même dénominateur et en identifiant leur somme à R(X) − E(X). Mais des
méthodes plus rapides peuvent être utilisées dans des cas particuliers (voir exercices).
11
UNIVERSITE DE LOME ANNEE UNIVERSITAIRE 2020-2021
Faculté des Sciences
Travaux dirigés de MTH 104
Exercice I
Soient [a, b] un intervalle de IR, (a < b), Sa,b l’ensemble des subdivisions de [a, b] et f une
fonction
Pn Pour la subdivision X = {x0 , . . . , xn } ∈ Sa,b on pose s(f, X) =
définie sur [a, b]. P
n
h
i=1 i inf Ii f , S(f, X) = i=1 hi supIi f , Ii = [xi−1 , xi ], hi = xi −xi−1 , i = 1, . . . , n, infIi f
et supIi f étant respectivement le minimum et le maximum de f sur l’intervalle Ii . Le réel
S(f, X) (resp s(f, X)) est la somme de Darboux supérieure (resp inférieure) de la fonction
f relativement à la subdivision X. Montrer que :
1- Si Y = X ∪ {yi } avec yi ∈]xi−1 , xi [ alors s(f, X) ≤ s(f, Y ). En déduire que ∀X, Y ∈ Sa,b
si X ⊂ Y alors s(f, X) ≤ s(f, Y ) et S(f, Y ) ≤ S(f, X).
2- ∀X, Y ∈ Sa,b , s(f, X) ≤ S(f, Y ).
3- Une fonction f définie sur l’intervalle [a, b] est Riemann-intégrable sur [a, b] si les deux
réels s(f ) = supX∈Sa,b s(f, X) et S(f ) = infX∈Sa,b S(f, X) sont égaux. Montrer que f est
Riemman-intégrable si et seulement si ∀ > 0, ∃X ∈ Sa,b , S(f, X) − s(f, X) <
Exercice II
Soit f et g deux fonctions continues sur l’intervalle I = [− 21 , 21 ] telles que g soit strictement
Z 1 Z 1
2 2
positive sur I, montrer qu’il existe c ∈ I tel que f (t)g(t)dt = f (c) g(t)dt
− 12 − 12
Exercice III
Soit C l’ensemble des fonctions à valeurs réelles, définies et continues sur l’intervalle [− 12 , 12 ],
Z 1
2
à tout élément f de C on associe la suite des nombres Ck (f ) = f (x)xk dx, k ∈ IN
− 12
1) Soient f une fonction de C et F la primitive de f qui s’annule pour la valeur − 12 .
Calculer les nombres Ck (F ) en fonction des nombres Ck (f ).
2) Montrer que si P est un polynôme à coefficients réels et f une fonction de C, l’intégrale
R 21
−1
f (x)P (x)dx s’exprime simplement en fonction des nombres Ck (f ).
2
3) Soit g une fonction positive et intégrable sur [− 12 , 21 ]. On désigne par m (resp M ) le mini-
mum(resp maximum) de f sur [− 12 , 12 ]. Démontrer que pour f ∈ C la fonction F définie sur
Z 1
2
1 1
[− 2 , 2 ] par F (x) = f (x) g(t)dt est continue et trouver ses extréma en fonction de m
− 21
Z 1 Z 1
2 2
et M . En déduire qu’il existe c élément de [− 12 , 21 ] tel que f (t)g(t)dt = f (c) g(t)dt
− 12 − 12
Exercice IV Rπ
a- Pour chaque entier naturel n on pose In = 02 sinn tdt
Trouver une relation entre In et In+2
Calculer In en fonction
Z de n pour n pair et n impair.
Z 1
3(x4 + 2x2 + 2)dx tdt
b- Calculer I = 3 2
et J = √ (on pourra poser
(x − 1)(x + 2x + 2) 2
0 (1 + t ) 1 − t
4
u = t2 )
1 − cos( x3 ) 1
c- Déterminer les primitives des fonctions définies par f (x) = , g(x) = 8 ,
sin( x2 ) x + x4 + 1
cosx + 2sinx 1
h(x) = , l(x) = 3 (x2 + x + 1)
sinx − cosx
Z 1 (x − 1)
x3 1+x
d- Calculer K = √ Log dx. On pourra remarquer que la fonction à intégrer
−1 1−x 2 1−x
est paire.
Chapitre 5
5.1 Définition
Soit F une fonction de Rn+1 dans R, n ∈ N∗ .
Une équation différentielle d’ordre n est une relation de la forme
F x, y(x), y 0 (x), · · · , y (n) (x) = 0 (5.1)
5.1.1 Exemples
a) y 0 − sin 2x = 0 et y 0 + 3y = x + e−2x sont des équations différentielles d’ordre 1.
b) yy” + (y 0 )2 = 0 et y” + 6y 0 − 7y = 2 sin x sont des équations différentielles d’ordre 2 ou
du second ordre.
c) xy (4) + (1 − x2 )y (3) + y” + 3y 0 + 2y = e−x est une équations différentielles du 4me ordre.
5.2.1 Exemple
Montrer que R, x 7−→ e−x + 2e−2x est une solution de l’équation différentielle y 0 + 2y = e−x .
Convention
Il n’est pas toujours aisé d’obtenir à partir de (5.1) une équation différentielle résolue par
rapport à la dérivée d’ordre le plus élévé i.e.
y (n) = f x, y(x), y 0 (x), y”(x), · · · , y (n−1) (x) (5.2)
5
Exemples
L’équation (y 0 )2 + xy 0 + 4y = 0 conduit à deux équations différentielles
p
−x + x2 − 16y
1. y 0 =
2
p
−x − x2 − 16y
2. y 0 = .
2
Aussi dans la suite les équations différentielles seront-elles données sous la forme (5.2) ap-
pelée forme normale.
5.3.1 Exemples
1. y” + y = 0
2. x2 y” − xy 0 + 4y = ex
sont des équations différentielles linéaires d’ordre 2.
Une équation différentielle qui n’est pas linéaire est non linéaire.
5.3.2 Exemples
1. y” + 4 sin y = ex
2. yy” + xy 0 = x2 + 1
sont des équations différentielles non linéaires d’ordre 2.
6
Chapitre 6
6.1 Définition
Une équation différentielle du premier ordre est une équation différentielle de la forme
y 0 = f (x, y) (6.1)
dy
m(x, y) + n(x, y)y 0 = 0 ou m(x, y) + n(x, y) =0
dx
Par exemple en posant m(x, y) = −f (x, y) et n(x, y) = 1.
Lorsque m est une fonction de x seul et n une fonction de y seul, on a une équation à variables
séparées :
dy
m(x) + n(y) =0 (6.2)
dx
M 0 (x)dx + N 0 (φ)dφ = 0
d’où
Z Z
0
M (x)dx + N 0 [φ(x)]dφ(x) = 0
7
et
M(x) + N [φ(x)] = C
M(x) + N (y) = c
6.3 Exemples
3x2 + 4x + 2
1. Soit y 0 = . On a :
2(y − 1)
y cos x
2. Soit y 0 = . On a :
1 + 2y 2
1 + 2y 2
dy = cos xdx
y
d’où
ln |y| + y 2 = sin x + c
6.4.2 Exemples
y 2 + 2xy x+y
y0 = et y 0 = ln x − ln y +
x2 x−y
sont des équations homogènes car elles peuvent se mettre sous la forme
! y
0 y2 y 0 1 x+ x
y = 2 +2 et y = ln y + y , pour x , o
x x x x− x
8
6.4.3 Résolution d’une équation homogène
y
On pose z = . Ainsi y = zx et on obtient par dérivation
x
dy dz
y0 = =x +z
dx dx
En remplaçant dans (6.4) on a
dz
+ z = F(z)
x
dx
d’où on déduit l’équation à variables séparées.
dz dx
= (6.5)
F(z) − z x
y
La résolution de (6.5) donne après remplacement de z par la résolution de (6.4).
x
6.4.4 Exemples
2
0 y 2 + 2xy 0 y y
y = 2
⇐⇒ y = +2 .
x x x
y
En posant z = , on obtient :
x
dz 2 dx dz
x + z = z + 2z ⇐⇒ = .
dx x z(z + 1)
Par décomposition en éléments simple, on a :
dx 1 1
= − dz,
x z z+1
d’où c + ln |x| = ln |z| − ln |z + 1|.
y
z x y
En posant c = ln λ, λ > 0, on a λx = , c’est-à dire λx = y = .
z+1 x +1 y +x
λx2
D’où y = .
1 − λx
6.5.1 Définition
L’équation (6.6) est exacte si et seulement si il existe une fonction à deux variables ψ telle
∂ψ ∂ψ
que : m = et m = .
∂x ∂y
Théorème 6.5.1
∂m ∂n
Si les fonction m, n, et sont continues dans un rectangle R : a < x < b, c < y < d de
∂y ∂x
R2 alors l’équation (6.6) est une équation différentielle exacte dans R si et seulement si
∂m ∂n
= (6.7)
∂y ∂x
9
en tout point de R.
∂ψ ∂ψ
Si l’équation (6.7) est vérifiée, il existe une fonction ψ telle que m = et n = .
∂x ∂y
6.5.2 Exemple
Résoudre (y cos x + 2xey ) + sin x + x2 ey − 1 y 0 = 0.
Résolution
∂m ∂n
On a m(x, y) = y cos x + 2xey , n(x, y) = sin x + x2 ey − 1 et = cos x + 2xey = .
∂y ∂x
Donc il existe ψ telle que m = ψx et n = ψy .
ψx = y cos x + 2xey =⇒ ψ(x, y) = y sin x + x2 ey + h(y).
De ψy = n on tire h0 (y) = −1 et h(y) = −y.
Donc ψ(x, y) = y cos x + x2 ey − y et la solution est ψ(x, y) = c.
10
Chapitre 7
Définition 7.0.1
Une équations différentielle linéaire du premier ordre est une équation différentielle de la
forme
y 0 + a(x)y = b(x) (7.1)
où a et b sont des fonctions numériques de la variable réelle x.
L’équation
y 0 + a(x)y = 0 (7.2)
est l’équation sans second membre ou l’équation homogène associée à (7.1).
11
7.2.1 Recherche d’une solution particulière (7.1)
On cherche la solution particulière (7.1) sous la forme yp = λ(x)e−A(x) .
En injectant dans (7.1) on a :
D’où
Z Z
A(t) −A(x)
λ(x) = b(t)e dt et yp (x) = e b(t)eA(t) dt
Exercice 7.2.1
1. Résoudre l’équation y 0 + 2y = x.
2. Résoudre les équations différentielles suivantes sachant que y1 est une solution par-
ticulière :
(a) y 0 = 1 + x2 − 2xy + y 2 , y1 (x) = x.
1 y 1
(b) y 0 = − 2 + + y 2 , y1 (x) = .
x x x
2 2 2
2 cos x − sin x + y
(c) y 0 = , y1 (x) = sin x.
2 cos x
Si α est strictement positif alors la fonction nulle est solution de l’équation de Bernoulli.
12
7.3.2 Equation de Riccati
[Link] Définition
Une équation de Riccati est une équation différentielle de la forme : y 0 = f (x)y 2 + g(x)y + h(x)
où f , g et h sont des fonctions numériques de la variable r’eelle x continues sur un intervalle
I de IR.
[Link] Résolution
Si y1 est une solution particulière de l’équation de Riccati alors la solution générale est de la
1
forme : y = y1 + .
u
En remplaçant dans l’équation de Riccati on a l’équation différentielle linéaire du premier
ordre suivante pour la détermination de u :
u 0 + [g(x) + 2f (x)y1 ]u + f (x) = 0
.
7.4 Applications
[Link] Décroisance radioactive
Exercice 7.4.1
L’isotrope radioactive thorium −234 se désintègre proportionnellement à la quantité de
l’élément considéré.
1. Si 100mg de ce matériau est réduit à 82, 04mg en 7 jours, déterminer l’expression de
la quantité de thorium −234 présent en fonction du temps.
2. Déterminer le temps nécéssaire pour que la masse du thorium diminue de moitié.
Solution
1. Si Q(t) est la quantité de thorium présente au temps t, on mesure Q en mg et t en
jours. Le matériau se désintégrant proportionnellement à la quantité de lélément
considéré, on a donc
dQ
= −kQ (7.4)
dt
k > 0 est le taux de désintégration, le signe moins (signe négatif) indiquant la dimi-
dQ dQ
nution < 0 et étant le taux de variation instantané de Q.
dt dt
On cherche donc la solution de l’équation différentielle (7.4) qui satisfait Q(0) = 100
et Q(7) = 82, 04.
(7.4) ⇐⇒ Q(t) = λe−kt
On a donc
Q(0) = λ = 100 d’où λ = 100,
et
ln(0, 8204)
100e−7k = 82, 04 d’où k= = 0, 02828.
7
Ainsi Q(t) = 100e−0,02828t .
13
2. Le temps mis pour arriver à la moitié de la masse initiale est tm tel que
1
50 = 100e−ktm donc = e−ktm .
2
ln 2
D’où tm = ' 24, 5jours .
k
Pour déreminer k on peut faire une autre mesure θ1 de la température à un temps ultérieur
t1 > 0. On a alors
θd = T + (θ0 − T )e−ktd
!
1 θd − T
en td et on obtient td = − ln .
k θ0 − T
Si par exemple la température du corps était de 25◦ C au moment de la découverte, de 13◦ C
deux heures plus tard et que la température ambiante est de 7◦ C, on a :
1 13 − 7 1 1 1
k = − ln = − ln = ln 3/h
2 25
−7 2 3 2
2 37 − 7 2 5
td = − ln = − ln
ln 3 25 − 7 ln 3 3
14
Chapitre 8
Définition 8.0.1
Une équation différentielle du deuxième ordre est une équation de la forme
y” = f (x, y, y 0 )
où f est une fonction de R3 dans R.
Exemples
1. 1 − x2 y” − 2xy 0 + x2 + 2x y = 0.
2. x2 y” + yy 0 + x2 − 1 y = ex
sont des équations différentielles du deuxième ordre.
15
8.1.1 Exemples
Les équations différentielles d’ordre 2 suivantes peuvent se ramener à des équations diffé-
rentielles du premier ordre par changement de fonctions.
d2 d
En notant L l’opérateur 2
+a(x) +b(x), les équations (8.5) et (8.6) s’écrive respectivement
dx dx
sous la forme
Preuve
Supposons y1 et y2 sont deux solutions de L(y) = 0 i.e L(y1 ) = y1 ” + ay10 + by1 = 0 et L(y2 ) =
y2 ” + ay20 + by2 = 0.
Alors ∀α, β, ∈ R on a :
16
Preuve
Admise.
Théorème 8.2.3
Si les fonctions a et b sont continues sur un intervalle ouvert I de R et si y1 et y2 sont
solutions de l’équation sans second membre (8.6) i.e.
y” + a(x)y 0 + b(x)y = 0
et satisfaisant les conditions y1 (x)y20 (x) − y10 (x)y2 (x) , 0 en un point x0 ∈ I alors toute solution
de (8.6) s’écrit de manière unique comme une combinaison linéaire de y1 et y2 .
Preuve
On sait que si y1 et y2 sont deux solutions de (8.6) toute combinaison linéaire de y1 et y2 est
une solution de (8.6). On veut montrer que toute solution y de (8.6) est une combinaison
linéaire de y1 et y2 .
Soit y une solution de (8.6) vérifiant y(x0 ) = y0 et y 0 (x0 ) = y00 pour x0 ∈ I. S’il existe α, β ∈ R
tels que αy1 (x0 ) + βy2 (x0 ) = y0 et αy10 (x0 ) + βy20 (x0 ) = y00 alors d’après le théorème d’existence
et d’unicité de la solution d’une équation linéaire du second ordre on a y = αy1 + βy2 .
Or le système
(
αy1 (x0 ) + βy2 (x0 ) = y0
αy10 (x0 ) + βy20 (x0 ) = y00
y1 (x0 ) y2 (x0 )
admet une solution unique (α, β) si et seulement si le déterminant , 0.
y10 (x0 ) y20 (x0 )
Donc si y1 (x)y20 (x) − y10 (x)y2 (x) , 0, y s’écrit de manière unique comme une combinaison
linéaire de y1 et y2 .
Preuve
f et g sont linéairement indépendantes si et seulement si αf + βg = 0 =⇒ α = β = 0.
Soient α, β, ∈ R. αf + βg = 0 =⇒ αf 0 + βg 0 = 0.
Soit x0 ∈ I, on a :
(
αf (x0 ) + βg(x0 ) = 0
αf 0 (x0 ) + βg 0 (x0 ) = 0
17
Le déterminant de ce système est W (f , g)(x0 ). Donc α = β = 0 si et seulement si ∃x0 ∈
I / W (f , g) , 0.
Ainsi f et g sont linéairement dépendantes si et seulement si W (f , g) = 0
y” + ay 0 + by = 0
définies sur I alors W (y1 , y2 ) est soit identiquement nul sur I, soit ne s’annule jamais sur I.
Preuve
On a :
Corollaire
Si les fonctions a et b sont continues sur un intervalle ouvert I et si y1 et y2 sont deux
solutions de l’équations différentielle (8.6) sur I, s’il existe x0 ∈ I tel que W (y1 , y2 )(x0 ) , 0
alors toute solution de (8.6) s’écrit comme une combinaison linéaire de y1 et y2 .
Définition 8.4.1
Dans ce cas on dit que {y1 , y2 } est un système fondamental de solutions de (8.6).
18
Chapitre 9
19
9.2.1 proposition
La différence y1 − y2 de deux solutions y1 et y2 de l’équation différentielle du second ordre
(8.12)
y” + ay 0 + by = c(x)
y” + ay 0 + by = 0
Preuve
Evidente.
9.2.2 Corollaire
Toute solution y de (8.12) est donc la somme d’une solution générale yH de (8.12) et d’une
solution particulière yP de (8.12)
y = yH + yP
Preuve
Evidente.
Théorème 9.2.1
Soit yP une solution particulière de (8.12) i.e. y” + ay 0 + by = c. Alors toute solution de (8.12)
s’écrit sous la forme
Preuve
On a y = yP + yH avec yH une solution générale de l’équation (8.12). Alors si {y1 , y2 } est un
système fondamental de solution de (8.12), il existe un couple unique (α, β) de réels tel que
yH = αy1 + βy2 . D’où y = yP + αy1 + βy2 .
20
c) Si α n’est pas une solution de léquation caractéristique, on cherche yP sous la
forme
yP = A0 + A1 x + A2 x2 + · · · + An xn eαx
Preuve
1) On remplace yP dans l’équation et on a : h i
yP (x) = eαx u(x), yP0 (x) = eαx [u 0 (x) + αu(x)], y”P (x) = eαx u”(x) + 2αu 0 (x) + α 2 u(x)
d’où
u”(x) + (2α + a)u 0 (x) + α 2 + aα + b u(x) = Pn (x) (9.3)
D’où le résultat.
21
Chapitre 10
Les fonctions de plusieurs variables sont d’un usage courant en physique et en mé-
canique, disciplines dans lesquelles elles sont utilisées pour modéliser des phénomènes se
déroulant dans des espaces de dimension supérieure ou égale à deux. La température T en
un point M de la surface de la terre dépend ainsi de la longitude x, de la latitude y de M
et éventuellement du temps t. On exprime cette dépendance par la relation T = f(t, x, y).
On va d’abord examiner le cas des fonctions numériques ou réelles à deux variables indé-
pendantes.
17
est une fonction à deux variables définie sur la surface d’équation x2 + (y − 1)2 = 1 c’est-
à-dire le cercle de centre C(0, 1) et de rayon 1 et sa circonférence sur laquelle g est nulle.
Exercice 1
Trouver le domaine des fonctions f suivantes et calculer f(3, 2)
√
x+y+1
(a) f(x, y) = , (b) f(x, y) = xln(y2 − x)
x−1
Définition
Si f est une fonction
a deux variables de domaine de définition D alors le graphe de f est
l’ensemble G = (x, y, z) ∈ IR3 /z = f(x, y), (x, y) ∈ D
Le graphe d’une fonction à deux variables f est une surface d’équation z = f(x, y)
Exercice 2
1) Représenter le graphe de la fonction définie par : f(x, y) = 6 − 3x − 2y
2) Trouver le domaine de définition, l’image et représenter le graphe des fonctions définies
par : p
(a) g(x, y) = 9 − x2 − y2
(b) h(x, y) = 4x2 + y2 .
3) Représenter graphiquement les fonctions :
(a) k(x, y) = 18 (3x2 + y2 ) exp(−x2 − y2 ) dans le domaine −2 ≤ x ≤ 2, −2 ≤ y ≤ 2
Définition
On appelle trace horizontale de f toute intersection de l’image de f avec un plan horizontal
d’équation z = k de IR3 , k ∈ IR.
On définit de façon analogue les traces veerticales dans les deux directions planes verti-
cales.
Remarque
On dispose de logiciels pour représenter graphiquement les fonctions à deux variables.
On peut ainsi voir le graphe de la fonction sous différents angles en changeant de point
d’observation.
Les principaux moyens de visualisation des fonctions à deux variables sont les représen-
tations graphiques en trois dimensions et les diagrammes de flèches en deux dimensions.
On peut aussi utiliser des lignes de niveau.
Définition
Soit f une fonction numérique à deux variables de domaine de définition D ⊂ IR2 et
d’image I ⊂ IR. Une ligne de niveau de f est une courbe d’équation f(x, y) = k, k étant
une constante appartenant à I.
La ligne de niveau f(x, y) = k est ainsi le lieu des points M(x, y) de D en lesquels f prend
la valeur donnée k.
Définition
Les lignes de niveau de la fonction réelle à deux variables f sont les projections dans le
plan xy des traces horizontales de la fonction f.
Exercice
Dessiner les lignes de niveau des fonction réelles suivantes :
1) f(x, y) = 6p− 3x − 2y pour k = −6, 0, 6, 12
2) g(x, y) = 9 − x2 − y2 pour k = 0, 1, 2, 3
3) h(x, y) = 4x2 + y2 pour k = 1, 2, 3, 4
On peut considérer des fonctions à n variables avec n ≥ 3. f est alors une application
d’une partie de IRn dans une partie de IR.
Exercice
18
Déterminer le domaine de définition de la fonction f définie par :f(x, y, z) = ln(z − y) +
xysinz
19
Chapitre 11
Les notions de limite et de continuité pour les fonctions à plusieurs variables font appel
à des résultats de topologie qui n’ont pas encore été introduits dans le cas général. On va
donc d’abord définir ces notions dans IR2 .
Exemple
Le
p domaine de définition de f, la fonction numérique à deux variables definie par f(x, y) =
1 − x2 − y2 , est le disque fermé de rayon 1 centré à l’origine O(0, 0),
D = (x, y) ∈ IR2 /x2 + y2 ≤ 1 .
Son image est l’hémisphère de rayon 1 situé dans la région z ≥ 0. Si le point M(x, y) est
près de l’origine O alors ses coordonnées x et y sont aussi proches de 0 ainsi f(x, y) est
proche de f(0, 0) = 1 le sommet de l’hémisphère. Plus précisément si (x, y) est dans un
petit disque centre (0, 0) et de rayon η, η < 1, c’est-a-dire x2 + y2 < η2 , alors
p p
f(x, y) = 1 − (x2 + y2 ) > 1 − η2
On peut donc approcher la valeur de f(x, y) aussi près qu’on veut de f(0, 0) = 1 en prenant
(x, y) dans un disque de centre (0, 0) et de rayon η suffisamment petit. On peut donc dire
que la fonction f tend vers 1 lorsque (x, y) tend vers (0, 0) et on note :
lim f(x, y) = 1
(x,y)→(0,0)
Définition
On dit que le réel l est la limite de la fonction réelle à deux variables f lorsque (x, y) tend
vers (x0 , y0 ) si pour tout positif, il existe un η positif tel que
Comme on suppose que (x, y) ne peut pas prendre la valeur (x0 , y0 ), on peut dire que si
l est la limite de f lorsque (x, y) tend vers (x0 , y0 ) alors la valeur absolue de la différence
entre f(x, y) et l peut être rendue arbitrairement petite en rendant suffisamment petite
la distance entre M(x, y) et M0 (x0 , y0 ).
Remarque
Dans le cas des fonctions à une variable, lorsque x tend vers x0 cela se fait suivant une di-
rection unique et seulement dans deux sens :à droite ou à gauche. On peut donc conclure
20
à l’existence de la limite lorsque les limites à gauche et à droite en x0 existent et sont
égales.
La situation n’est pas aussi simple lorqu’on considère des fonctions à deux variables
puisque (x, y) peut tendre vers (x0 , y0 ) dans une infinité de directions. La définition de la
limite d’une fonction à deux variables fait uniquement référence à la distance entre (x, y)
et (x0 , y0 ) et non à la direction d’approche. Ainsi si la limite existe, elle doit être la même
quelle que soit la direction d’approche.
Conséquence
Si f(x, y) tend vers l1 lorsque (x, y) tend vers (x0 , y0 ) suivant le chemin C1 et f(x, y) tend
l2 lorsque (x, y) tend vers (x0 , y0 ) suivant le chemin C2 avec l1 6= l2 alors f n’a pas de
limite en (x0 , y0 ).
Exercice
Déterminer lorsqu’elle existe la limite des fonctions suivantes lorsque (x, y) tend vvers
(0, 0).
x2 − y2
1) f(x, y) = 2
x + y2
xy
2) g(x, y) = 2
x + y2
xy2
3) f(x, y) = 2
x + y4
3x2 y
4) f(x, y) = 2
x + y2
Définition
La fonction f est dite continue au point M0 (x0 , y0 ) si lim(x,y)→(x0 ,y0 ) f(x, y) = f(x0 , y0 ).
∀ > 0, ∃η > 0, | x − x0 |< η, | y − y0 |< η ⇒| f(x, y) − f(x0 , y0 ) |<
Définition
Une fonction est dite continue dans un domaine si elle est continue en chaque point du
domaine.
En utilisant les propriétés des limites, on peut montrer que la somme et le produit de
deux fonctions ccontinues sont continues.
Exemple
p
La fonction f définie par f(x, y) = 1 − x2 − y2 est continue sur le disque de centre (0, 0)
et sa frontière sur laquelle elle est nulle.
Remarque
La signification intuitive de la continuité est que si le point (x, y) change d’une petite
quantité, alors la valeur de f(x, y) aussi change d’une petite quantité. Dans le cas parti-
culier d’une fonction à deux variables une surface représentant le graphe d’une fonction
continue n’a ni trou ni rupture.
Les fonctions définies par f(x, y) = x, g(x, y) = y et h(x, y) = c sont continues dans IR2
il s’en suit par addition et multiplication que toute fonction polynôme est continue dans
IR2 .
Toute fonction rationnelle à deux variables est de même continue sur son domaine de
définition.
Exercices
x2 − y2
1- La fonction définie par f(x, y) = 2 est-elle continue sur IR2 .
x + y2
21
x2 + y 2
2- Trouver les points en lesquels la fonction definie par g(x, y) = 2 n’est pas conti-
x − y2
nue.
3- Les fonctions suivantes sont-elles continues sur IR2 ? :
2
x − y2
if(x, y) 6= (0, 0)
g(x, y) = x2 + y 2 (11.1)
0 if (x, y) = (0, 0)
3x2 y
if(x, y) 6= (0, 0)
g(x, y) = x2 + y 2 (11.2)
0 if (x, y) = (0, 0)
22
Chapitre 12
23
∂z ∂z
2- Calculer (1, 2) et (1, 2) pour la fonction z de x et y définie par la relation implicite
∂x ∂y
x4 + y4 + z4 + 8xyz = 16
3- On considère l’équation de Clapeyron
pv = RT
A l’aide de cette équation on peut exprimer chacune des grandeurs p pression, v volume
spécifique et T température en fonction des deux autres. Montrer que :
∂v ∂T ∂P
=1
∂T ∂p ∂v
Fonctions à plus de deux variables
∂f f(x1 , . . . , xi + h, . . . , xn ) − f(x1 , . . . , xi , . . . , xn )
(x1 , . . . , xi , . . . , xn ) = lim
∂xi h→0 h
On note
∂f
fx0 i = Di f =
∂xi
Exercice
Calculer fx0 , fy0 et fz0 pour la fonctions à trois variables f définie par f(x, y, z) = exp xy ln z2
f(x, y) = x3 + x2 y3 − 2y2
Théorème
Soit f une fonction à deux variables définie sur un disque D contenant le point (x0 , y0 ).
24
Si les fonctions f"xy et f"yx sont continues sur D alors f"xy = f"yx
Preuve
Evidente. On applique la formule des accroissements finis.
Exercices
1- Montrer que la fonction u définie par u(x, y) = exp xsiny est solution de l’équation
aux dérivées partielles u"xx + u"yy = 0.
(4)
2- Calculer fxxyz pour f définie par f(x, y, z) = sin(3x + yz).
Différentielle totale
Soient f une fonction à deux variables définie et ayant des dérivées partielles fx0 , fy0 définies
et continues dans un domaine D, (x0 , y0 ) un point de D. On suppose que x0 et y0 ont
des accroissements ∆x et ∆y tels que le point (x, y) tel que x = x0 + ∆x et y = y0 + ∆y
soit le centre d’un rectangle de côtés 2 | ∆x | et 2 | ∆y | intérieur à D. La variation de la
fonction f lors de l’évolution de (x0 , y0 ) en (x, y) est
et
f(x0 , y0 + ∆y) − f(x0 , y0 ) = fy0 (x0 , y0 + θ2 ∆y)
Ainsi
∆f = fx0 (x0 + θ1 ∆x, y0 + ∆y)∆x + fy0 (x0 , y0 + θ2 ∆y)∆y
Comme fx0 et fy0 sont continues on a
et
lim fy0 (x0 , y0 + θ2 ∆y) = fy0 (x0 , y0 )
∆y→0
,
fy0 (x0 , y0 + θ2 ∆y) = fy0 (x0 , y0 ) + ξ3 ∆y
ξi , i = 1, 2, 3 sont des infiniments petits d’ordre supérieur ou égal à ceux de ∆x et ∆y.
On a ainsi :
∆f = fx0 (x0 , y0 )∆x + fy0 (x0 , y0 )∆y + ξ1 ∆x + (ξ2 + ξ3 )∆y
En négligeant les infiniments petits d’ordres supérieurs on obtient :
25
On peut donc dire que pour des accroissements petits ∆x et ∆y de x0 et y0 l’accroissement
de f est approximativement égal à la somme des accroissements partiels fx0 (x0 , y0 )∆x et
fy0 (x0 , y0 )∆y. On peut donc introduire la définition suivante qui donne l’accroissement
pour des accroissements élémentaires arbitraires dx et dy,différentielles des variables x et
y.
Définition
On appelle différentielle totale de la fonction à deux variables f la fonction df définie par
∂f ∂f
df(x, y) = (x, y)dx + (x, y)dy
∂x ∂y
Définition
Une fonction à deux variables f est dite différentiable si sa une différentielle totale existe.
D’après ce qui précède on a le théorème suivant
Théorème
Soit f une fonction à deux variables définie dans un domaine D et soit (x, y) ∈ D. Si fx0 et
fy0 existent dans un voisinage de (x, y) et sont continues en (x, y) alors f est différentiable
en (x, y).
Exemples
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qui est la formule de dérivation d’une fonction composée de deux variables.
df
La fonction est appelée la dérivée totale de f par rapport à t.
dt
Dans le cas particulier où x est la variable indépendante et que y est une fonction de x la
formule (7.2) donne :
df dy
= fx0 (x, y) + fy0 (x, y)
dx dx
Dérivées des fonctions implicites
Soit y une fonction définie par la relation
f(x, y) = 0 (12.3)
où f est une fonction à deux variables. En dérivant la relation (7.3) par rapport à x on
obtient :
fx0 (x, y) + fy0 (x, y)y 0 = 0
d’où
fx0 (x, y)
y0 = − .
fy0 (x, y)
Ainsi pour une solution y = ψ de (7.3) on a :
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Si f a un minimum ou un maximum en (x0 , y0 ) on dit que f a un extremum en (x0 , y0 ).
Si les inégalités de la définition sont vérifiées dans tout le domaine D alors f(x0 , y0 ) est
un minimum (resp maximum) absolu de f dans D.
Théorème
Si f a un extremum en (x0 , y0 ) alors si les dérivées partielles du premier ordre de f existent
en ce point elles sont nulles.
Preuve
Soient fy0 et fx0 les fonctions d’une variable respectivement définies par fy0 (x) = f(x, y0 ) et
fx0 (y) = f(x0 , y), si f a un extremum local en (x0 , y0 ) alors fy0 a un extremum local en x0 et
fx0 a un extremum local en y0 . Or par définition fy0 0 (x0 ) = fx0 (x0 , y0 ) et fx0 (y0 ) = fy0 (x0 , y0 ).
Donc si f a un extremum en (x0 , y0 ), alors fx0 (x0 , y0 ) = fy0 (x0 , y0 ) = 0.
Définition
On appelle point critique de f un point (x0 , y0 ) tel que fx0 (x0 , y0 ) = fy0 (x0 , y0 ) = 0
Exercice
Trouver les points critiques des fonctions suivantes. Ces points sont-ils des extrema ? (a)
f(x, y) = x2 + y2 − 2x − 6y + 14, (b) f(x, y) = y2 − x2
Un point critique d’une fonction à deux variables peut ne pas être un extremum.
Théorème
Soit (x0 , y0 ) un point critique de f une fonction à deux variables admettant des dérivées
partielles du second ordre continues au voisinage de (x0 , y0 ). Soit :
Alors :
(i)-Si ∆ > 0 et f"xx (x0 , y0 ) > 0 alors f(x0 , y0 ) est un minimum local.
(ii)-Si ∆ > 0 et f"xx (x0 , y0 ) < 0 alors f(x0 , y0 ) est un maximum local.
(iii)-Si ∆ < 0 alors f(x0 , y0 ) n’est pas un extremum local. Remarque
1. Dans le cas (iii) le point (x0 , y0 ) est appelé un point selle de f. Le graphe de f
traverse son plan tangent en (x0 , y0 ).
2. Lorsque D = 0 le théorème ne permet pas de conclure : f peut avoir ou ne pas
avoir d’extremum local en (x0 , y0 ).
Exercices
1- Trouver les extrema locaux de la fonction f définie par f(x, y) = x4 + y4 − 4xy + 1.
2- trouver la distance la plus courte entre le point (1, 0, −2) et le plan d’équation x + 2y +
z = 4.
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