PAIEMENTS INTERNATONAUX
CHAPITRE INTRODUCTIF
L’ASPECT COMMERCIAL DE LA
MONDIALISATION
1. La mondialisation de l’économie
2. Les facteurs de développement du commerce mondial
3. Le cadre institutionnel des échanges internationaux
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1. La mondialisation de l’économie
•A. L’évolution du commerce mondial
•B. La structure des échanges par nature
•C. La structure géographique des échanges
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Ø Les dix principaux importateurs et exportateurs de marchandises et
de services commerciaux représentaient 53% du commerce mondial
en 2018.
Ø La part de l’Asie dans les exportations mondiales de marchandises a
augmenté de 6 points de pourcentage au cours des dix dernières
années, passant de 28% en 2008 à 34% en 2018.
Ø La part de l’Afrique dans les exportations mondiales est tombée de
3,5% en 2008 à 2,5% en 2018, la plus faible de toutes les régions
4
Ø Toutes les économies en développement ont enregistré une augmentation du
commerce de marchandises supérieure à la moyenne mondiale de 1,8% pour la
période 2008-2018.
Ø S’agissant des services, la part des économies en développement dans les
exportations mondiales a progressé de plus de 5% au cours des dix dernières
années et leur part dans les importations mondiales a augmenté de près de 7%
Ø En 2018, les économies asiatiques sont celles qui ont enregistré la croissance la plus
rapide des exportations d’»autres services commerciaux» depuis 2011.
Ø Les exportations de la Chine ont augmenté de 17% en raison de la forte croissance
des exportations de services informatiques, de services de construction, d’autres
services aux entreprises et de services liés à la propriété intellectuelle.
Ø Les exportations de l’Inde ont augmenté de 11% et celles de la République de Corée
de 10%.
5
Croissance du PIB et du commerce mondiaux
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12,755
10 9,729
5,88
5
0
80
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84
86
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90
92
94
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08
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26
-3,116
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20
20
20
20
-5
-8,243
-10 -10,331
-15
Gross domestic product, constant prices Trade volume of goods and services
Source: IMF; Base WEO
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9
10
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14
Les indicateurs des échanges extérieurs
Ces indicateurs permettent d’apprécier les différentes relations commerciales d’un
pays avec l’extérieur. On distingue :
§ Le taux de couverture (TC) : Il permet de mesurer la capacité de financement des
importations par les exportations.
Soit TC = le taux de couverture ; X = les exportations ; M = les importations
§ Le taux d’ouverture de l’économie (T0) : Il exprime le degré d’ouverture d’une
économie. Il est apprécié dans le temps. Plus ce taux augmente, plus l’économie
s’ouvre à l’extérieur.
Ce taux peut être influencé par le PIB. Son appréciation nécessite une étude sur
l’évolution des exportations, des importations et des PIB.
§ L’effort à importation (EM) : Il exprime le pourcentage du revenu consacré à
l’achat de biens à l’extérieur
§ L’effort à l’exportation (EX) : Il exprime le pourcentage des recettes d’exportation
sur le revenu(PIB)
§ Le taux de pénétration (TP) : Ce taux exprime la pénétration des biens et services
venant de l’extérieur dans le marché intérieur d’un pays représenté par la demande
intérieure brute(DIB)
§ La part de marché (PM) : Ce rapport permet de montrer le pourcentage des
exportations d’un pays sur l’ensemble des importations du reste du monde.
§ Les termes de l’échange (TE) : Ils expriment le rapport entre l’indice des prix à
l’exportation et l’importation. Soient : IPX = indice des prix à l’exportation
IPM = indice des prix à l’importation
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Les économies sont actuellement centrées vers l’extérieur et dépendantes de
l’extérieur :
üpour l’écoulement des produits (contraintes de débouchés) ;
ü pour l’obtention de biens indispensables (contraintes d’approvisionnement)
ü et pour le choix même des techniques de production.
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Ce phénomène s’est accéléré depuis les années quatre-vingt, en
particulier sous l’effet du développement des investissements
internationaux, de la délocalisation de la production et de l’essor des
firmes multinationales et transnationales.
17
Ce mouvement d’intégration internationale concerne les pays développés
et ceux en voie de développement (la forme extrême d’une hyper-
spécialisation).
Le haut degré d’internationalisation des économies nationales explique
l’importance, l’intérêt et la complexité de ce domaine fondamental qu’est le
commerce international
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A. L’évolution du commerce mondial
L’économie mondiale s’est engagée depuis longtemps dans un processus de
libéralisation et d’ouverture, ayant donné naissance à un modèle planétaire
basé sur la déréglementation, la concurrence, la technologie et surtout la
primauté de l’information comme atout majeur dans la compétition
internationale.
19
•Les échanges internationaux continuent à progresser à un rythme plus rapide
que la production.
•Les produits manufacturés représentent le secteur le plus dynamique du
commerce mondial grâce aux exportations de machines, et d’équipements de
télécommunications.
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Cette tendance s’explique par :
´L’intégration croissante de l’économie des pays industrialisés et le
développement du commerce intra-branche ;
´La division internationale du travail et le poids croissant du commerce
intra-firme.
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Les causes de cette expansion rapide du commerce mondial sont de
trois ordres :
•la bonne santé de l’économie mondiale
• l’accroissement des importations des pays en développement
• l’expansion du phénomène de sous-traitance.
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B- La structure des échanges par nature
L’analyse de ce point passe par les constats suivants :
vJusqu’à une période récente, les exportations de PVD étaient
composés à plus des deux tiers de produits primaires (produits
agricoles, énergétiques et miniers). A l’inverse entre 70% et 80%
des ventes des pays développés étaient (et sont toujours)
constitués de produits manufacturés.
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vLes échanges des pays industriels entre eux reposent essentiellement
sur le commerce de produits similaires (biens d’équipement, produits
de grande consommation, etc.). La spécialisation des pays industriels
est diffusée : chacun d’eux importe et exporte simultanément un grand
nombre de produits (échanges croisés de produits similaires).
vLa spécialisation des PVD est au contraire très poussée : la plupart
d’entre eux n’exportent qu’un petit nombre de produits, parfois même
un seul.
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vOn assiste depuis une dizaine d’années à une remise en cause de
l’ancienne division internationale du travail, qui assigne aux PVD un
rôle quasi exclusif de fournisseurs de matières premières et
d’importateurs de produits manufacturés, et l’instauration d’une
autre, à travers l’industrialisation rapide de quelque PVD,
principalement les nouveaux pays industrialisés (NPI).
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vA l’ancienne DIT, fondée sur l’échange de produits de base
contre des produits manufacturés, s’est substituée un nouveau
partage entre le Nord et le Sud : celui de la production fortement
utilisatrices d’une main d’ouvre abondante et bon marché dans
les PVD contre des produits à haute technologie, incorporant
beaucoup de capital en provenance des pays développés.
26
Les pays du tiers monde sont structurellement dans une
position de plus grande vulnérabilité. A l’opposé des pays
développés, ils sont hyper-spécialisés, ce qui les rend très
dépendants des marchés internationaux.
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L’état des rapports de force entre le Nord et le Sud est, en quelque
sorte, inscrit dans les structures du commerce international :
Le commerce de produits manufacturés progresse plus rapidement
que celui des matières premières minières ou agricoles. Les
produits manufacturés représentent plus de 72% des exportations
mondiales.
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C- La structure géographique des échanges
a) Une concentration des échanges mondiaux dans trois zones, à
savoir l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie, principalement le
Japon, la Chine et l’Inde.
En effet, 70% du commerce mondial s’effectue entre pays
industrialisés. 4/5 des échanges internationaux ont pour origine
et/ou destination l’un de ces trois pôles.
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b) Une avancée spectaculaire des pays du Sud-Asiatique dans le
commerce mondial (on constate une montée en puissance de l’Asie
du Sud-Est et de la Chine, particulièrement).
Cette zone fascine par son hyper-productivité, sa capacité d’épargne
et d’investissement et ses performances technologiques. Elle inquiète
par son agressivité commerciale, son ascension économique et
l’internationalisation croissante de ses entreprises qui s’accaparent,
dans le commerce mondial, des parts de marché de plus en plus
appréciables.
30
la réussite de ces pays repose d’abord et avant tout sur la qualité
de la formation et de l’éducation, le niveau de qualification
professionnelle de la population, l’appropriation de la science et
de la technologie, le tout s’appuyant sur des structures étatiques
performantes, une cohésion sociale et un sens très élevé de
justice et d’équité.
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c) Une marginalisation de certains pays du tiers-monde qui ont du mal
à assurer leur décollage économique. Les pays à très faible revenu
n’ont guère de chance de pouvoir résister à la pression exercée par les
économies dominantes et par les nouveaux pays industrialisés.
L’ouverture des marchés peut constituer un facteur favorable au
développement à condition que des règles soient fixées pour protéger
les plus faibles.
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2. Les facteurs de développement du
commerce mondial
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a. La généralisation de la déréglementation
b. Le progrès technologique
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a. La généralisation de la déréglementation
Conçu initialement comme une sorte de libération, ce phénomène
avait pour objectif de revenir aux valeurs traditionnelles de liberté
d’entreprendre et d’innover dans un système libéral de plus en plus
concurrentiel.
Pour y parvenir, Il s’est avéré nécessaire de supprimer les entraves
administratives et réglementaires et d’abolir progressivement tous les
obstacles à la libre circulation des capitaux, des marchandises et des
services.
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b. Le progrès technologique
La technologie constitue un atout majeur dans la compétition
internationale et la promotion des échanges. En effet, le progrès
technologique dans le cadre des moyens de transport et les
télécommunications ont profondément bouleversé l’organisation de
l’économie mondiale.
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Sous leur impulsion, le monde tend à devenir un village sans
frontières. Un nombre de plus en plus croissant de biens circule
librement à très longue distance, y compris les produits
alimentaires périssables, grâce aux innovations combinées du
transport et de la conservation. Le commerce de fruits et légumes
s’effectue désormais entre continents éloignés.
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la généralisation des télécommunications par satellites
permet la circulation rapide des flux financiers et la
connaissance instantanée d’une multitude d’informations
en tous les points du globe.
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Cette situation comporte des risques contre lesquels les pays devront se
prémunir. Cette révolution pénalise lourdement les pays les moins
avancés dont la structure ne permet pas d’accéder de manière égalitaire
à l’information.
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3. Le cadre institutionnel des échanges
internationaux
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3.1. les organisations internationales
•Les organisations à vocation commerciale
•Les organisations à vocation financières
•La chambre du Commerce International (CCI)
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•Les organisations à vocation commerciale
a. le GATT et l’OMC ;
b. La CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le commerce et
le développement)
c. L’OCDE (Organisation de coopération et de développement
économique).
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Le GATT et l’OMC : ont pour objectif le développement du libre échange.
Dans le cadre du GATT, un accord a été établi, reposant sur quatre
principes :
§Le principe de la non-discrimination entre les États signataires ;
§ l’abandon progressif des droits de douane ;
§L’abolition des restrictions quantitatives ;
§L’interdiction du dumping et des subventions à l’exportation.
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vLa CNUCED a pour objectif de favoriser le développement du Tiers-
monde.
vL’OCDE : centre d’étude et de concertation entre pays développés.
Il analyse la conjoncture économique, formule des recommandations
en termes de politique économique et d’aide au développement.
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•Les organisations à vocation financières
1. Le FMI (combattre les désordres monétaires internationaux) ;
2. La Banque mondiale (consent des prêts à des conditions
privilégiées aux pays du tiers-monde) ;
3. La BERD (la banque européenne pour la reconstruction et le
développement) : a pour vocation de favoriser la transition vers
l’économie de marché des pays d’Europe centrale et orientale
engagés dans un processus de démocratisation. Il participe au
financement des projets d’investissements émanant du secteur
privé.
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•La chambre du Commerce International
Son objectif est de faciliter les échanges internationaux et de promouvoir
la liberté contractuelle face à l’interventionnisme des États et la rigidité
des réglementations.
Elle vise :
Ø à réaliser un degré de normalisation et de standardisation dans le
domaine des pratiques et des usages commerciaux ;
ØÀ offrir une assistance technique et professionnelle aux entreprises
internationales.
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3.2. Les accords interrégionaux
Les accords commerciaux régionaux peuvent permettre des formes plus
au moins avancées d’intégration économique. On distingue en effet cinq
degrés d’intégration :
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•La zone de libre-échange : zone au sein de laquelle les
marchandises circulent librement (absence de barrières tarifaires
et non tarifaires), chaque pays membre conservant son système
douanier vis-à-vis des pays tiers.
•L’union douanière : zone de libre-échange accompagnée de
l’adoption d’un tarif douanier commun à l’égard des pays tiers.
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•La marché commun : union douanière complétée par la libre
circulation des personnes, des services et des capitaux.
•L’union économique : marché commun doublé d’une harmonisation
des politiques économiques.
•L’intégration économique : marché unique doublé de l’unification des
politiques économiques et sociales.
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