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Paléo Nutrition Secure Download

Le document présente une exploration de la nutrition paléo, en abordant les mythes associés et en comparant les régimes alimentaires modernes aux habitudes alimentaires de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Il souligne l'importance d'une alimentation adaptée à notre génome pour prévenir les maladies modernes et améliorer les performances physiques. Le livre propose également des conseils pratiques pour adopter un régime paléo au XXIe siècle, tout en tenant compte des besoins individuels et des variations culturelles.

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Paléo Nutrition

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Du même auteur

Gluten – comment le blé moderne nous intoxique, Thierry Souccar Éditions,


2013
L’Assiette de la force, Thierry Souccar Éditions, 2012
Nutrition de la force, Thierry Souccar Éditions, 2011

Conception graphique et réalisation: Catherine Julia (Montfrin)


Imprimé par France Quercy à Mercuès (France)
Crédits photos intérieures: © Shutterstock, © Fotolia, © Image 100 LTD
Illustrations: Idée Graphic (Toulouse).
Dépôt légal: 3e trimestre 2014
ISBN 978-2-36549-083-2
© Thierry Souccar Editions, 2014, Vergèze
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Tous droits réservés
Merci à mon ami Christophe Bonnefont
qui s’est prêté au jeu de l’homme paléo
devant mon objectif.
SOMMAIRE

INTRODUCTION

PARTIE 1 LES 5 MYTHES DU PALÉO


Mythe 1. Au Paléolithique on ne faisait pas de vieux os
Mythe 2. L’homme paléo ne mangeait que de la viande
Mythe 3. L’être humain est végétarien par nature
Mythe 4. On ne mangeait que des aliments crus au Paléolithique
Mythe 5. L’homme paléo pratiquait le jeûne intermittent

PARTIE 2 POURQUOI L’ALIMENTATION MODERNE EST


INADAPTÉE
La vérité sur les graisses
Les œufs: la botte secrète de l’homme paléo
Les produits laitiers, une blancheur trompeuse
Le double visage des céréales
Pommes de terre: le crime de Parmentier
Les légumineuses loin d’être exemplaires
Deux notions fondamentales à connaître
Hydratez-vous comme vos ancêtres
Le sel

PARTIE 3 QUELLE ALIMENTATION PALÉO EST FAITE


POUR MOI?
La nutrigénétique
Manger paléo au XXIe siècle
Manger paléo quand on est végan
Quels sont vos besoins en protéines et en calories?
PARTIE 4 NUTRITION PALÉO POUR LA FORCE
Comment les prises de masse rendent gros et malade
Prendre du muscle et de la force sans prendre de graisse
Maigrir
Sécher
Nutrition spécifique de l’entraînement

PARTIE 5 NUTRITION PALÉO POUR L’ENDURANCE


Se nourrir au quotidien pour aller loin
Avant l’entraînement
Pendant l’entraînement
Après l’entraînement
Hydratation: mythes et réalités

PARTIE 6 LES COMPLÉMENTS ALIMENTAIRES


Les compléments indispensables
Les compléments de la performance

INDICE PRAL

TABLEAU D’ÉQUIVALENCE DES ALIMENTS

BIBLIOGRAPHIE
INTRODUCTION

Lorsqu’on commence à s’intéresser à la nutrition, plusieurs


questions viennent rapidement à l’esprit: quelle alimentation est la
plus efficace pour préserver ma santé ou pour guérir les maladies?
Quelle alimentation est la plus efficace pour améliorer mes
performances physiques?

Aujourd’hui, tout le monde a son avis sur la meilleure façon de manger:


les agences de santé, les religieux, les médecins populaires, le sportif qui
s’entraîne dans une salle de sport et le voisin. Les journalistes ajoutent à la
confusion en publiant régulièrement des articles et leur contraire: «le jaune
d’œuf est plus dangereux que la cigarette», «les œufs sont riches en choline
donc bons pour la santé»; «les produits laitiers donnent le cancer», «les
produits laitiers font maigrir»; «il faut manger du saumon pour apporter des
oméga-3», «il faut éviter le saumon car il est trop riche en métaux lourds»,
etc. Néanmoins depuis vingt ans, les autorités sanitaires semblent prendre
une direction commune dans tous les pays industrialisés et nous
recommandent de consommer plus de fruits et de légumes, mais surtout
plus de céréales, en particulier des céréales complètes, plus de
légumineuses et plus de produits laitiers. Parallèlement, on nous conseille
de diminuer notre consommation de viandes et de matières grasses. Ces
conseils pourraient sembler judicieux si on en juge par l’espérance de vie
qui ne cesse d’augmenter, mais si l’on observe plus précisément l’espérance
de vie en bonne santé (un indicateur qui tient compte de l’incapacité
fonctionnelle qui survient en vieillissant) et la prévalence des maladies, on
constate en réalité que les habitants des pays riches sont de plus en plus
malades: ils souffrent d’hypertension artérielle que l’on traite par des
médicaments antihypertenseurs, d’excès de cholestérol que l’on traite par
des médicaments hypocholestérolémiants, ils sont victimes de maladies
auto-immunes traitées par de la cortisone et de puissants médicaments
immunosuppresseurs, de cancers, de maladies cardio-vasculaires, de
maladies neurodégénératives…
Mais la cacophonie ne s’arrête pas là. Les conseils nutritionnels qui
émanent des autorités sanitaires sont à leur tour critiqués par des chercheurs
indépendants de l’industrie agroalimentaire et des pouvoirs publics,
notamment par ceux de l’école de santé publique de Harvard (Boston,
États-Unis) qui n’est rien moins que l’unité de recherche en nutrition la plus
réputée au monde. Par la voix du Pr Walter Willett, l’école de Harvard
affirme que «les laitages ne servent à rien pour lutter contre l’ostéoporose»
ou que «les régimes pauvres en graisses doivent être déconseillés».
Comment s’y retrouver au milieu de toutes ces contradictions?
Comment savoir avec certitude quel type d’alimentation doit être suivi tout
au long de la vie pour prévenir les maladies, les guérir ou pour améliorer
ses performances physiques?

PETIT TOUR AU ZOO


Les gardiens de zoo connaissent bien l’importance de l’alimentation: si les
animaux ne reçoivent pas exactement ce dont ils ont besoin, ils développent
rapidement des problèmes de santé, ils sont incapables de se reproduire et
finissent par mourir. C’est alors une importante perte d’argent pour le parc
animalier. Partant du constat que les fauves, comme les lions, sont des
carnivores situés en haut de la chaîne alimentaire, on leur a donné à manger
pendant longtemps de grandes quantités de viande de cheval. Résultat: les
animaux tombaient malades, se cassaient les os et mouraient
prématurément. Pour résoudre ce problème, désormais on ne nourrit plus
les fauves uniquement avec de la viande, on y adjoint des organes comme le
foie ainsi que des os, source importante de calcium et de phosphore.
Toutefois ces aliments sont souvent servis sous forme de bouillie, ce qui fait
que les animaux ne déchiquettent et ne mâchent plus la chair comme c’est
le cas dans la nature. En conséquence, ils développent plus souvent des
problèmes de dents et de gencives. Ce même problème se retrouve chez nos
animaux de compagnie: alors que les chats sont des carnivores, la plupart
des croquettes et des aliments préparés pour chats sont riches en céréales
donc en glucides. Inéluctablement, la fréquence du surpoids, des maladies
rénales, des cancers, des problèmes de peau ou de poils est en nette
augmentation chez les chats. Mais plutôt que de remettre en cause la qualité
de l’alimentation, la plupart des vétérinaires pointent du doigt la castration
et les modifications hormonales qu’elle entraîne.
Il ne fait pas de doute que, comme pour les animaux, notre alimentation
idéale est celle qui est adaptée à notre génome. Mais pour savoir quelle
alimentation est la plus adaptée à notre génome, il est nécessaire de
comprendre très précisément comment ce dernier a évolué au fil du temps
et pourquoi. Par exemple: pourquoi a-t-on un besoin vital de vitamines?
Pourquoi a-t-on besoin de vitamine C alors que la plupart des mammifères
sont capables de la synthétiser dans leur foie ou dans leurs reins? Cette
différence est le résultat d’une mutation génétique, survenue il y a environ
40 millions d’années, à l’époque où nos ancêtres étaient des primates. Nos
ancêtres vivaient près de l’équateur dans un environnement empli de fruits
riches en vitamine C qu’ils consommaient à longueur de journée: il n’y
avait pas lieu pour l’organisme de gaspiller de l’énergie à synthétiser une
vitamine qu’ils trouvaient en abondance. Le gène activant l’enzyme (la L-
gulono-gamma-lactone oxydase) qui transforme le glucose en acide
ascorbique (le nom chimique de la vitamine C) s’est donc mis en sommeil.
Depuis cette époque, nous sommes donc dépendants des apports
alimentaires en vitamine C. Le gène non fonctionnel de cet enzyme existe
d’ailleurs toujours chez l’homme et a été retrouvé: il se situe sur le
chromosome 8 à l’emplacement p211, 2. La compréhension de l’ensemble
de ces phénomènes est indispensable car nous allons voir que la plupart des
maladies modernes sont la conséquence d’une alimentation inadaptée à
notre génome, y compris lorsqu’on parle de maladies graves et incurables.
Pour savoir quelle est l’alimentation idéale, il faut déterminer quelle a
été notre alimentation tout au long de notre évolution, et plus
particulièrement au cours des millions d’années qui ont façonné notre
génome, c’est-à-dire au cours du Paléolithique. Cette période démarre il y a
environ 3 millions d’années avec l’apparition de la première espèce du
genre Homo, Homo abilis. Elle prend fin il y a 12 000 ans environ avec les
débuts de l’agriculture, c’est-à-dire la domestication des céréales. Notre
espèce, Homo sapiens, est apparue au cours de cette période il y a environ
200 000 ans. L’homme paléo était donc un chasseur-cueilleur. Aujourd’hui
la science nous permet de savoir très précisément ce que l’homme a mangé
pendant plusieurs millions d’années. Ceci est rendu possible par
l’archéologie, les techniques de datation des fossiles et d’analyse des
dentitions, la biochimie moderne, la génétique et l’étude des quelques rares
tribus qui vivent encore coupées du monde moderne, avec un mode de vie
ancestral. Les premières données sur les populations modernes de
chasseurs-cueilleurs ont été publiées en 1939 par le Dr Weston Price, un
dentiste américain. Ce dernier a voyagé à travers le monde pendant les
années 20 à la rencontre des Indiens d’Amazonie, des Eskimos traditionnels
de l’Alaska, des Indiens du Canada, des Aborigènes d’Australie, des
Polynésiens et des Pygmées. Il a observé l’état de santé et l’alimentation de
ces tribus et les décrit dans son livre Nutrition and Physical Degeneration.

LES MALADIES DES PAYS RICHES


Price explique que les maladies des pays riches comme l’hypertension
artérielle, les caries ou la tuberculose sont inexistantes chez les chasseurs-
cueilleurs traditionnels. De plus il rapporte que les tribus qui décidaient
d’adopter le mode de vie des pays industrialisés voyaient leur état de santé
se détériorer rapidement. Ceci a été démontré à plusieurs reprises depuis: en
2014 le risque de cancer du sein par exemple, est 4 à 7 fois plus faible en
Asie qu’aux États-Unis. Les femmes asiatiques qui immigrent aux États-
Unis voient leur risque de cancer augmenter de 80 % au bout de 10 ans.
Une génération plus tard, leurs filles ont un risque identique à celui des
femmes américaines3, démontrant ainsi l’influence majeure de
l’environnement et de l’alimentation sur cette maladie par rapport aux
facteurs génétiques.
Dans son livre, le Dr Price se contentait d’observations, ne disposant
pas des outils modernes de la biochimie pour en comprendre les
mécanismes. Au sujet de la tuberculose, il notait toutefois qu’en Europe
certains médecins soignaient la tuberculose à l’aide de bains de soleil ou de
séances d’UV. Tous ces médecins furent raillés, comme le fut en 1822
Jedrzej Sniadecki, un médecin polonais qui avait signalé pour la première
fois que les enfants exposés au soleil régulièrement ne développaient pas le
rachitisme (la carence profonde en vitamine D).
On sait depuis que les personnes qui manquent de vitamine D ont plus
de risques de développer la tuberculose4 et que la supplémentation en
vitamine D à doses adéquates accélère fortement la guérison5. L’explication
biologique est simple: la vitamine D permet dans notre organisme la
production de peptides antimicrobiens, des antibiotiques naturels
particulièrement puissants. Ces derniers ne sont d’ailleurs pas uniquement
utiles dans la lutte contre la tuberculose, mais aussi contre toutes les
infections en général: une supplémentation à doses modérées réduit
significativement le risque d’infections bactériennes, et diminue nettement
le recours aux antibiotiques6.
Les travaux du Dr Price n’étant pas le fruit d’une étude scientifique
rigoureuse au sens de la science moderne, ils furent décriés. Aujourd’hui on
réalise, grâce aux travaux du Dr Staffan Lindeberg de l’université de Lund
en Suède, que ces critiques étaient totalement injustifiées. En 1989, ce
chercheur découvre une population d’indigènes sur l’île de Kitava, en
Papouasie-Nouvelle-Guinée qui est alors considérée comme la dernière
tribu de chasseurs-cueilleurs au monde. D’une surface de 25 kilomètres
carrés, cette île abrite 2 300 habitants qui vivent de la pêche et de
l’horticulture. Leur alimentation est très proche de celle que nous avions au
Paléolithique mais c’est aussi leur mode de vie dans son ensemble qui a été
préservé de l’influence des pays industrialisés. En 1990 il est impossible de
trouver de l’électricité, de même qu’un téléphone ou un véhicule sur l’île de
Kitava. La même année, Staffan Lindeberg décolle pour Kitava avec pour
objectif d’étudier l’état de santé de ses habitants. Pendant 7 semaines il va
enchaîner les rencontres et pratiquera 1 200 examens de santé sur des
adultes âgés de 20 ans ou plus. Et les résultats sont surprenants: aucun
habitant n’est en surpoids, aucun ne souffre d’hypertension artérielle, de
diabète, d’accident vasculaire cérébral, d’ostéoporose, de maladie auto-
immune ni d’acné, pas même chez les jeunes de moins de 25 ans7!
L’alimentation des chasseurs-cueilleurs, c’est-à-dire paléo, puisque c’est
cela dont il s’agit, n’est pas unique: elle a varié grandement selon les
périodes, selon les saisons et surtout selon les zones géographiques: on
comprend aisément que des Inuits traditionnels qui faisaient face à des
hivers de plus de 6 mois ne se nourrissaient pas de la même manière que les
habitants de Kitava. Mais il y a des dénominateurs communs à
l’alimentation dans tous ces cas de figure et c’est ce que nous allons
découvrir ensemble. Ces dénominateurs communs balayent de nombreuses
idées reçues sur l’alimentation paléo et montrent par exemple qu’il est tout
à fait possible d’avoir une alimentation de type ancestral tout en étant
végétarien. L’idée reçue selon laquelle nous étions de féroces carnivores est
en effet tout à fait fausse, tout comme l’idée selon laquelle nos ancêtres
mourraient tous à 20 ans dans des conditions déplorables. En vérité, comme
nous allons le voir, l’homme paléo vivait plus longtemps et en meilleure
santé que l’homme moderne du XXe siècle.

MANGER PALÉO REND-IL PLUS PERFORMANT?


Suffit-il de manger «équilibré» ou «un peu de tout» pour être au meilleur de
sa forme, de sa force, pour être plus endurant? Récemment, un jeune
rugbyman de l’équipe de France espoir me confiait le menu qui lui était
servi dans son équipe: pétales de maïs (Corn Flakes) avec du lait puis un
fruit au petit déjeuner, une viande ou du poisson avec des légumes et des
féculents au repas de midi, deux brioches et une barre chocolatée au goûter
puis une viande ou un poisson avec des légumes au dîner. Bien entendu
aucune nutrition particulière n’est conseillée à ces sportifs pendant les
entraînements.
Tout récemment des chercheurs danois ont recruté 28 coureurs de
marathon et les ont séparés en deux groupes: l’un a suivi une stratégie
nutritionnelle pendant le marathon de Copenhague qui s’appuyait sur les
dernières données scientifiques et l’autre a suivi une stratégie nutritionnelle
conforme à ses croyances personnelles. Résultat: le groupe qui a suivi les
conseils scientifiques a couru 5 % plus vite, une différence minime en
apparence. Mais savez-vous quelle différence il y a entre le vainqueur du 10
000 mètres aux Jeux olympiques de Londres 2012 et le vingtième?
Mohamed Farah, le vainqueur, a affiché un temps de 27 min 30 s 42 alors
que le vingtième, Ben Saint-Lawrence, a fini sa course en 28 min 32 s 67,
une différence de 3,77 % seulement! Sur la finale du 100 mètres, la
différence entre Usain Bolt, le vainqueur, et Richard Thompson, le
septième, n’est que de 3,63 %. Autrement dit, le simple fait d’améliorer
votre alimentation peut vous donner le coup de pouce nécessaire pour
monter sur le podium. Et pour ce faire, l’alimentation paléo apparaît comme
le modèle à suivre. Tout d’abord, car elle permet de prévenir la plupart des
maladies chroniques, une nécessité pour être performant. Mais aussi, car
elle optimise le fonctionnement de l’organisme et le place dans des
conditions favorables à la performance. Un des éléments clés de la
performance physique est l’utilisation des glucides alimentaires: ces
derniers doivent pouvoir être stockés en grande quantité sous forme de
glycogène dans nos muscles au détriment de nos graisses corporelles. Le
glycogène est une réserve d’énergie facilement disponible lors d’un effort
physique. Cet élément est important pour les sports d’endurance, mais il
l’est aussi pour les sports de force: une bonne utilisation des glucides
témoigne d’une bonne sensibilité à l’insuline qui facilite la synthèse
protéique après un effort physique de force comme la musculation ou les
sports de combat. Or il se trouve que lorsque le Dr Lindeberg a comparé la
sensibilité à l’insuline des habitants de Kitava avec celle de Suédois en
bonne santé, il a découvert qu’elle était très largement supérieure, comme
en témoigne le graphique suivant.

Taux d’insuline à jeun (UI/mL)

Mais l’alimentation paléo n’est pas qu’une question de théorie, c’est


aussi une question de pratique; et pour cela, laissez-moi vous raconter mon
histoire.
Ma relation avec le sport et la nutrition a commencé très jeune. Mes
parents, deux pharmaciens à l’hygiène de vie irréprochable, m’avaient en
effet très tôt initié à de nombreux sports, quand ils ne me forçaient pas à
manger des légumes que j’avais en horreur. Pratiquants assidus de
randonnées, ils me traînaient avec eux à la montagne toutes les vacances
scolaires. «Traîner» est bien le mot qui convient: marcher était pour moi le
sport le plus ennuyeux du monde.
À 8 ans je découvre l’escalade sur les rochers de la forêt de
Fontainebleau et c’est une révélation. Après 7 années de pratique,
j’escaladais de nombreuses voies en 7a et certaines en 7b. À ce stade mon
gabarit ne me permettait pas de progresser davantage et le rapport
poids/puissance s’imposait comme paramètre clé. Mon meilleur ami, un
judoka de haut niveau, m’a incité à me mettre à la musculation pour prendre
du gabarit, ce qui n’était pas une mince affaire du haut de mon mètre 86.
J’ai pratiqué la musculation pendant plus d’un an à l’époque, avec des
résultats objectivement médiocres. J’avais pris une dizaine de kilos mais
mes abdominaux étaient de moins en moins visibles au fil du temps, signes
d’une prise de masse grasse anormale.
À 20 ans je quittais le domicile familial pour emménager dans un
appartement, plus proche de la faculté de médecine. Totalement libéré du
carcan maternel, je pouvais enfin manger comme je l’entendais: pizzas,
céréales et lait, fromage, pâte à tartiner au chocolat, biscuits, glaces. Surtout
pas de fruits ni de légumes! De peur sans doute de m’intoxiquer par un
excès de vitamines… Quelque temps après un tel régime, de graves
problèmes de santé se sont déclarés: une fatigue chronique et une
rectocolite hémorragique. C’est à ce moment que je me suis intéressé de
près à la nutrition, d’autant que je constatais l’absence d’enseignement sur
ce sujet en faculté. Avide de connaissances, je lisais tout ce qui me tombait
sous la main… Avant d’avoir eu 22 ans j’avais déjà expérimenté le
végétarisme, le végétalisme, le régime cétogène, l’alimentation dissociée, le
régime Seignalet et même le jeûne hydrique. C’est grâce à une alimentation
paléo adaptée que je suis parvenu à mettre en sommeil mes problèmes de
santé. Toutefois ces deux ans de maladie ont laissé des séquelles qui me
valent aujourd’hui la reconnaissance de travailleur handicapé.
Côté physique, la situation n’était pas brillante. J’avais perdu tous les
kilos de muscle chèrement gagnés et mon ventre s’était malgré tout bien
arrondi. Je décidai de reprendre la musculation mais cette fois avec de
solides connaissances en diététique. En un mois d’entraînement seulement,
j’ai progressé plus vite qu’en un an par le passé. En l’espace de deux
années, j’ai pris 20 kilos de masse musculaire. Le formidable pouvoir de la
diététique n’était plus à prouver.
LA NUTRITION, LE PARENT PAUVRE DE LA
PRÉPARATION PHYSIQUE
Cela va peut-être vous surprendre mais la plupart des sportifs, même de très
haut niveau, n’ont presque aucune connaissance sérieuse en diététique. Mon
ami Olivier Bolliet, préparateur physique d’athlètes de niveau olympique et
auteur du livre de référence La Préparation physique moderne m’expliquait
sans détour: «Aucun de mes athlètes ne s’intéresse à la diététique, ils
estiment ne pas en avoir besoin. Il faut dire que leurs capacités physiques
naturelles sont telles qu’ils n’estiment pas utile de s’y attarder. Il n’y a
qu’en cas de blessures que certains se penchent sur le sujet.» Les sportifs
qui nous inspirent et qui décrochent les plus hautes médailles ne sont donc
pas toujours des exemples à suivre, sans parler de la question du dopage. Il
se trouve d’ailleurs que de nombreux athlètes ont un pic de performance
pendant quelques années puis prennent leur retraite et souffrent de blessures
chroniques qu’ils conservent tout le reste de leur vie. Mais une blessure
n’est pas toujours la conséquence d’une lésion physique, elle peut être aussi
la conséquence d’un déficit en vitamine, d’une maladie ignorée ou d’une
intolérance alimentaire comme nous allons le voir.
Il existe heureusement quelques sportifs dont la longévité est
exceptionnelle. C’est le cas de Jeannie Longo. Née en 1958, elle possède 59
titres de championne de France et 13 titres de championne du monde en
cyclisme, des décorations qui lui valent d’être la plus grande cycliste de
tous les temps. Lorsque je l’ai rencontrée fin 2013, elle me confiait: «La
volonté d’atteindre des objectifs sportifs d’envergure internationale m’a
incitée à prendre en compte tous les paramètres qui mènent à la
performance. Parmi eux, il y a celui d’une alimentation saine et équilibrée.
Je privilégie au maximum des aliments issus de l’agriculture biologique
pour éviter les pesticides et les produits chimiques; il faut se tourner vers
des aliments naturels, non traités. Je suis très concernée par la cause
animale ce qui m’a motivée à essayer un régime végétarien, mais lorsque je
diminue trop ma consommation de produits animaux je suis plus fatiguée et
mon système immunitaire est moins résistant.»
En adoptant une alimentation adaptée à notre génome, chacun peut
espérer prévenir la plupart des maladies, les guérir ou les mettre en
sommeil, diminuer la fatigue, améliorer le sommeil et la récupération,
améliorer les performances d’endurance ou accélérer les gains de force et
de masse musculaire. Mon ami Christophe Carrio, champion du monde de
karaté, me confiait: «La découverte du régime paléo fut pour moi le
chaînon manquant vers la route de la santé et de la performance sportive.»

MANGER PALÉO C’EST RÉVÉLER À VOTRE CORPS SON


VÉRITABLE POTENTIEL
L’alimentation paléo est dépourvue de céréales, de produits laitiers, de
sucre, de sel et d’huiles végétales. De prime abord spartiate, elle est en
réalité goûteuse, variée et amène à découvrir de nombreux aliments que
l’on n’a pas (ou plus) l’habitude de consommer. Les bénéfices que l’on peut
en attendre se ressentent très rapidement et ce, en effectuant assez peu de
changements somme toute.
Les sportifs de niveau international qui suivent actuellement le régime
paléo sont Ryan Bolton (vainqueur du triathlon de l’Ironman à Lake Placid
en 2002), Gordo Bryn (vainqueur en 2002 du championnat du monde
d’ultraman, une épreuve d’ultra-endurance de 515 kilomètres sur 3 jours),
Amanda Beard (médaille d’or du 200 m brasse aux Jeux olympiques de
2004 à Athènes), Dave Zabriskie (champion américain de cyclisme sur
route), Timothy Allen Olson (vainqueur de l’ultramarathon Western States
100 [161 km] en 2012), Ursula Grobler (recordwoman du monde de rameur
en salle et un des meilleures rameuses du monde), Becca Borawski
(ancienne directrice du programme Crossfit à Los Angeles), Frank Mir
(champion des poids lourds en combat libre à l’UFC en 2004), Simon
Whitfield (médaille d’argent au triathlon des Jeux olympiques de Pékin en
2008), David Zabriskie (champion américain de cyclisme sur route).

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