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Droit Commerce

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DROIT COMMERCIAL

Année universitaire : 2012-2013


CHAPITRE I : NOTION GENERALES

Section I : Originalité du droit commercial :


Sous section I : Dualité « droit civil - droit
commercial » :
Selon une première approximation, on serait tenté de dire que le droit
commercial a un domaine original. Alors que le droit civil se préoccupe
surtout des personnes et des fortunes, envisagées sous leur aspect
« patrimoine », le droit commercial réglerait la production et la distribution
des richesses.
Bien qu’exacte, cette conception ne rend pas compte de toute la vérité.
Une partie importante du droit civil est consacrée à la théorie générale des
obligations. On y examine comment les contrats se concluent et s’exécutent.
Ce sont là des questions que l’on retrouve aussi en droit commercial. Mais,
celui-ci donne des solutions différentes de celles du droit civil, et utilise des
techniques originales.
Sous section II : Originalité des solutions :
L’examen du droit positif (c'est-à-dire la législation applicable dans un
pays déterminé à une époque déterminée), révèle qu’il existe pour beaucoup
de situations de fait identiques, deux réglementations différentes, selon que
l’acte envisagé est civil ou commercial, ou selon que son auteur est un
commerçant ou un simple particulier.
Exemple :
 Le régime de location d’immeubles, en droit civil et en droit
commercial. Pour une même situation – les rapports entre le loueur et le

2
preneur- le droit apporte deux réglementations différentes, selon que
l’immeuble est loué à usage d’habitation ou à usage commercial :
 Le louage civil, est conclu en considération de la personne du
locataire, qui ne peut modifier la situation des lieux.
Le bailleur, peut aussi refuser de renouveler (sous certaines conditions)
le contrat, sans indemnités.
 Au contraire, à l’expiration du louage commercial, le locataire
commerçant, a le droit soit au renouvellement de celui-ci (sous certaines
conditions), soit à une indemnité d’éviction.
 La preuve est libre en matière commerciale ; toutefois, elle peut
être rapportée par écrit, quand la loi ou la convention l’exigent ;
 En matière commerciale, la solidarité se présume entre les
contractants ;
 La prescription extinctive est de 5 ans, en matière commerciale,
au lieu de 15 ans en matière civile ;

Section II : Les sources du droit commercial :

L’étude des sources du droit, n’est pas menée dans le même esprit en
droit civil qu’en droit commercial.
Le droit civil, part d’un point de vue rationnel et théorique : il
recherche, quels sont les processus capables de créer le droit. Cette analyse
conduite à distinguer les sources créatrices (essentiellement la loi), et les
sources d’interprétation (jurisprudence et doctrine).
Les commercialistes, adoptent un point de vue plus pragmatique
(fondé sur l’étude des faits et qui prend la valeur pratique, comme critère de la
vérité). Ils constatent qu’à côté des sources recensées par le droit civil (sous

3
section I), il en existe d’autres qui jouent en droit commercial un rôle original
et important (sous section II).

Sous section I : Les sources communes au


droit civil et au droit
commercial :
Il s’agit de la loi (Paragraphe I), de la jurisprudence (Paragraphe II), et
de la doctrine (Paragraphe III).
Paragraphe I : la loi
Au sens large, la loi est une règle écrite et obligatoire, édictée par une
autorité souveraine. Elle est soit impérative, et ne peut être écartée par les
intéressés, ou bien supplétive et ne s’applique dans ce cas, qu’en l’absence de
volonté contraire des intéressées.
Cette loi est en principe commerciale, mais elle peut être civile en
l’absence d’une règle commerciale contraire.

Paragraphe II : la jurisprudence :
Les tribunaux ne font qu’interpréter la loi, pour l’appliquer à un cas
d’espèce déterminé. En fait, une jurisprudence constante, en particulier, si elle
émane de la cour suprême, a pour la pratique, une autorité égale à celle de la
loi, et contribue dans l’élaboration du droit commercial.

Paragraphe III : La doctrine :


Elle joue, en principe, le même rôle en droit commercial, qu’en droit
civil. Elle est l’opinion des jurisconsultes (personnes connaissant les lois et
faisant profession de donner leur avis sur des questions de droit : consultants,
professeurs, magistrat, justes en générale). Son autorité est purement

4
scientifique, mais peut avoir une influence sur la pratique, sur la jurisprudence
et même sur le législateur.
Sous section : les sources propres au droit
commercial :
On trouve en droit commercial, des sources qui, sans être ignorées du
droit civil, jouent ici un rôle prépondérant.
L’article 2 du code de commerce (loi n° 15-95), stipule que : « Il est
statué en matière commerciale conformément au lois, coutumes et usages du
commerce, ou au droit civil, dans la mesure où il ne contredit pas les
principes fondamentaux du doit commercial ».
Puis, l’article 3 du même code d’ajouter : « les coutumes et usages
spéciaux et locaux, priment les coutumes et usages généraux ».
On peut ajouter à tout cela, les sources administratives ou
réglementaires, et les conventions internationales.

Paragraphe I : la coutume
C’est un usage qui émane de la conscience populaire, qui, devenant peu
à peu obligatoire, constitue par là même, une source de droit.
Il s’agit donc d’une pratique généralisée, de longue durée élément
matériel, consolidée par la croyance à son caractère obligatoire et l’élément
psychologique. (Voir cour de 1er semestre.)

Paragraphe II : Les usages

Les usages sont des comportements professionnels, constants, notoires


et généralement anciens. Ils constituent une source importante du droit
commercial, car la législation écrite, ne saurait réglementer toutes les
transactions commerciales, et s’en remet aux pratiques suivies par les
commerçants (articles : 25 – 442/2 – 470-475- 476 et 556/C du DOC).

5
Paragraphe III : Les sources administratives
ou réglementaires :

Ces sources, précisent les conditions d’application de la loi. Elles ont


souvent une très grande importance pratique. On trouve ici les arrêtés
ministériels, les circulaires et les communiqués.

Paragraphe IV : Les conventions internationales :

Les conventions internationales ont une importance très grande dans le


domaine du droit commercial, à tel point qu’on peut dire que le droit
commercial a vocation internationale.
Ces conventions ont pour but de remédier à la diversité des législations.
Elles créent des lois qui deviennent applicables au ni veau interne (ex : les
textes régissant les effets de commerces au Maroc…).

Section III : Les caractères du droit commercial :

Ce qui distingue le droit civil du droit commercial, c’est que ce dernier


favorise la rapidité des opérations commerciales (sous section I), et le
développement du crédit (sous section II).

Sous section I : La rapidité :

Dans la vie des affaires, les actes juridiques sont nombreux et surtout
répétitifs, il faut aller vite, et donc se fier à des mécanismes préétablis. C’est
ce qui explique que chaque fois qu’on le pourra, on se dispensera des
formalités longues et onéreuses du droit civil.

6
Sous section II : Le crédit

Le crédit est à la base même de la vie des affaires ; le commerce vit de


crédit. C’est ainsi que le crédit que le commerçant fait à ses clients,
s’enchevêtre avec le crédit qu’il se fait consentir par ses fournisseurs.
En contrepartie, pour atténuer les risques que comporte le crédit, le
droit commercial accorde aux créanciers des garanties particulières.
Exemples :
- La solidarité entre co-débiteurs s’y présume, alors qu’elle est
l’exception en droit civil ;
- En cas de cessation de paiement pour une entreprise
commerciale, la procédure de liquidation judiciaire est organisée pour régler
les créanciers…

7
Le commerçant personne
physique

8
Pour avoir la qualité de commerçant, il faut remplir certaines conditions
(chapitre 1). Aussi, certaines conséquences sur ce statut, sont dues à
l’acquisition de cette qualité (chapitre II).

Chapitre I : Les conditions nécessaires pour


devenir commerçant

En principe, l’acquisition de la qualité de commerçant ne devrait faire


l’objet d’aucune restriction. C’est bien ce que laisse supposer l’article 6 du
code de commerce qui stipule que : « sous réserve des dispositions du
chapitre II du titre IV ci-après, relatif à la publicité au registre du commerce,
la qualité de commerçant s’acquiert par l’exercice habituel ou professionnel
des activités suivantes… ».
Mais, on verra que la qualité de commerçant nécessite certaines
conditions, les unes tenant à la personne de l’intéressé (section I), les autres
relatives à l’activité (section II).

Section I : Les conditions tenant à la personne :

Le législateur a considéré que l’exercice d’une profession commerciale,


comporte des dangers, à la fois pour celui qui se livre au commerce sans
expérience suffisante, et pour le public qui peut souffrir de l’inexpérience,et
aussi de l’immoralité du commerçant. Il a donc édicté des incapacités et des
interdictions.
Les incapacités étant principalement destinées à la protection du
commerçant, et ont pour effet d’empêcher l’incapable d’avoir la qualité de

9
commerçant (sous section I) ; tandis que les interdictions, sont surtout
destinées à protéger les tiers (sous section II).
Sous section I: Les conditions visant la
protection de la personne qui veut faire le
commerce : la capacité

La capacité qui est la condition de la qualité de commerçant est la


capacité d’exercice.
Le principe est que toute personne âgée de 18 années grégoriennes
révolues, est majeure et peut devenir commerçante (article 209 du code de la
famille).
L’article 15 du code de commerce stipule quand à lui que : « est réputé
majeur pour exercer le commence, tout étranger ayant atteint 20 ans révolus
(18 ans actuellement), même si sa loi nationale prévoit un âge de majorité
supérieur à celui qui est édicté par la loi marocaine ».
L’article 16 du même code stipule de son côté que : « lorsqu’un étranger
n’a pas l’âge de majorité requis par la loi marocaine et qu’il est réputé majeur
par sa loi nationale, il ne peut exercer le commerce qu’après autorisation du
président du tribunal du lieu où il entend exercer, et inscription de cette
autorisation au registre du commerce ».
Vont donc se trouver exclues des professions commerciales, les
personnes suivantes : les mineurs et les incapables.

Paragraphe I : Les mineurs :

I) Le mineur non émancipé :


C’est un mineur ordinaire, il ne peut devenir commerçant, ni même faire
occasionnellement des actes de commerce.

10
II) Le mineur émancipé :
Le mineur émancipé peut exercer le commerce s’il remplit les conditions
suivantes :
 Il doit être préalablement autorisé à le faire par son père, sa mère ou
par son tuteur, ou par délibération du conseil de famille, homologuée par le
tribunal, conformément aux règles exigées par son statut personnel pour
semblable autorisation ;
 L’autorisation d’exercer le commerce par le mineur, et la déclaration
anticipée de majorité, prévues par le code du statut personnel, doivent être
inscrites au registre du commerce (article 13 du code de commerce).
Elle est aussi nécessaire pour l’immatriculation au registre du
commerce ;
 Bien sûr, le mineure ne peut être émancipé, s’il n’a pas atteint l’âge de
16 ans (article 218/3 du code de la famille).

Paragraphe II : Les majeurs incapables :

Ce sont les malades mentaux et les prodigues, ils sont assimilés aux
mineurs non émancipés, ils font l’objet d’une mesure de tutelle (régime de la
représentation), ou de curatelle (régime de l’assistance), afin de les protéger
contre eux-même et contre les autres.

Sous section II : Les conditions visant la


protection de l’intérêt général : les
interdictions :

A cet égard, il faut distinguer entre : les déchéances (paragraphe I), les
incompatibilités (paragraphe II) et enfin, le cas où il faut une autorisation
(paragraphe III).

11
Paragraphe I : Les déchéances :

Pour assainir la profession commerciale et assurer un minium de


moralité, le législateur interdit le commerce aux personnes qui ont encouru
certaines condamnations.
 La déchéance commerciale emporte interdiction de diriger, gérer,
administrer ou contrôler, directement ou indirectement, toute entreprise
commerciale ou artisanale, et toute société commerciale ayant une activité
économique (article 711 C.C.O) ;
 A tout moment de la procédure (de traitement des difficultés de
l’entreprise), le tribunal doit se saisir en vue de prononcer, s’il y a lieu, la
déchéance commerciale de toute personne physique commerçante, ou tout
artisan contre lequel a été relevé l’un des faits ci-après :
 Avoir poursuivi abusivement une exploitation déficitaire qui ne
pouvait conduire qu’à la cessation des paiements ;
Avoir omis de tenir une comptabilité conformément aux dispositions
légales, ou fait disparaître tout ou partie des documents comptables ;
Avoir détourné, ou dissimulé tout ou partie de l’actif, ou
frauduleusement augmenté son passif (article 712 c.c.o).
 A tout moment de la procédure, le tribunal doit se saisir en vue de
prononcer, s’il y a lieu, la déchéance commerciale de tout dirigeant d’une
société commerciale, qui a commis l’un des actes mentionnés à l’article 706
c.c.o. (article 713 c.c.o).
L’article 706 c.c.o stipule que : « En cas de redressement ou de
liquidation judiciaire d’une société, le tribunal doit ouvrir une procédure de
redressement judicaire à l’égard de tout dirigeant contre lequel peut être
relevé un des faits ci- après :

12
 Avoir disposé des biens de la société comme des siens propres ;
Sous le couvert de la société masquant ses agissements, avoir fait des
actes de commerce dans un intérêt personnel ;
Avoir fait des biens ou du crédit de la société un usage contraire à
l’intérêt de celle-ci, à des fins personnels ou pour favoriser une autre
entreprise dans laquelle il était intéressé directement ou indirectement ;
 Avoir poursuivi abusivement, dans un intérêt personnel, une
exploitation déficitaire qui ne pouvait conduire qu’à la cessation des
paiements de la société ;
 Avoir tenu une comptabilité fictive ou fait disparaître des documents
comptables de la société ou s’être abstenu de tenir toute comptabilité
conforme aux règles légales ;
Avoir détourné ou dissimulé tout ou partie de l’actif, ou
frauduleusement augmenté le passif de la société ;
Avoir tenu un comptabilité manifestement incomplète ou irrégulière ».
 A tout moment de la procédure, le tribunal doit se saisir en vue de
prononcer, s’il y a lieu, la déchéance commerciale de tout dirigeant
d’entreprise contre lequel a été relevé l’un des faite ci-après :
Avoir exercé une activité commerciale, artisanale ou de fonction de
direction ou d’administration d’une société commerciale, contrairement à une
interdiction par la loi ;
Avoir, dans l’intention d’éviter ou de retarder l’ouverture de la
procédure, fait des achats en vue d’une revente au-dessous du cours, ou
employé des moyens ruineux pour se procurer des fonds ;
Avoir souscrit, pour le compte d’autrui, sans contre partie, des
engagements jugés trop importants au moment de leur conclusion, eu égard à
la situation de l’entreprise ;

13
Avoir omis de faire, dans le délai de quinze (15) jours, la déclaration
de l’état de cessation de paiement ;
Avoir procédé, de mauvaise foi, au paiement d’un créancier au
détriment des autres créanciers pendants la période suspecte (article 714
c.c.o).
 Le tribunal doit prononcer la déchéance commerciale du dirigeant
de la société qui n’a pas acquitté l’insuffisance d’actif de celle-ci mise à sa
charge (article 715 c.c.o)
 Le jugement qui prononce la déchéance commerciale, emporte
l’incapacité d’exercer une fonction publique élective. L’incapacité s’applique
également à toute personne physique à l’égard de laquelle la liquidation
judiciaire a été prononcée. Elle prend effet de plein droit à compter de la
notification qui en est fait à l’intéressé par l’autorité compétente.
Le jugement prononçant la déchéance commerciale est publié au bulletin
officiel (article 718 c.c.o).
 Lorsque le tribunal prononce la déchéance commerciale, il fixe la
durée de la mesure, qui ne peut être inférieure à cinq (5) ans. Il peut ordonner
l’exécution provisoire de sa décision. La déchéance commerciale et
l’incapacité élective qui en résulté, cessent de plein droit au terme fixé, sans
qu’il y ait lieu au prononcé d’un jugement.
La durée de l’incapacité d’exercer une fonction publique élective
résultant du jugement de liquidation judiciaire est de cinq (5) ans.
Le jugement de clôture de la procédure pour extinction du passif, rétablit
le chef d’entreprise ou les dirigeants de la société dans tous leur droits. Il les
dispense ou relève de la déchéance commerciale et de l’incapacité d’exercer
une fonction publique élective (article 719 c.c.o)
 Dans tous les cas, l’intéressé peut demander au tribunal de le
relever, en tout ou partie, de la déchéance commerciale et de l’incapacité

14
d’exercer une fonction publique élective, s’il a apporté une contribution
suffisante au paiement de l’insuffisance d’actif.
 Lorsqu’il y a relèvement total de la déchéance commerciale et de
l’incapacité élective, la décision du tribunal emporte réhabilitation (article 720
c.o.o).

Paragraphe II : Les incompatibilités :

L’incompatibilité est l’interdiction faite à certaines personnes d’exercer


le commerce en raison de leur profession.
Le fondement de la mise en place de ces incompatibilités est la garantie
de l’indépendance, et la dignité des professions visées.
Ainsi, on trouve le dahir du 25 février 1958 formant statut de la fonction
publique qui, interdit aux fonctionnaires d’exercer le commerce.
De même, les professions d’avocat, de notaire et d’autres professions
libérales sont également incompatibles avec l’exercice d’une activité
commerciale.
Il est à noter que ces personnes ne sont pas incapables : si elles font des
actes de commerce malgré le statut de leur profession, elle pourront être
passibles de sanctions disciplinaires ou pénales, mais, Les actes seront
valables. Et si elles font assez d’actes de commerce pour qu’ils puissent
constituer l’exercice d’une profession, elles auront la qualité de commerçant
avec toutes les conséquences de droit, y compris l’admission au redressement
judiciaire ou à la liquidation judiciaire1.

Paragraphe III : Les commerces soumis à autorisation


administrative :

1
- voir à ce propos, Didier R. Martin « Droit commercial et bancaire marocain ». Société d’édition et de
diffusion AL Madariss- Casablanca , 1ère édition 1999, P .123 et 124 , phe .185.

15
Certaines activités commerciales sont réglementées, elles ne peuvent être
exercées que dans les conditions légales définies. C’est le cas des assurances,
des banques, des transports publics des voyageurs et des marchandises, du
raffinage du pétrole, etc…
D’autres activités sont interdites aux particuliers, en vue de leur caractère
(défense nationale, ordre public…).
Remarque :
Toute personne qui, en dépit d’une interdiction, d’une déchéance ou
d’une incompatibilité, exerce habituellement une activité commerciale, est
réputée commerçant (article 11 c.c.o).

Section II : Les conditions tenant à l’activité

L’article 6 du code de commerce stipule que : « …la qualité de


commerçant s’acquiert par l’exercice habituel ou professionnel des activités
suivantes… »
Les articles 7 et 8 du même code stipulent quant à eux que : « la qualité
de commerçant s’acquiert également par l’exercice habituel ou professionnel
des activités… ».
D’après ces textes les trois éléments qui caractérisent le commençant et
l’opposent au simple particulier sont :
- l’accomplissement d’actes de commerce (sous section I) ;
- à titre de profession habituelle (sous section II) ;
- et de manière personnelle et indépendante (sous section III).

Sous section I : L’accomplissement d’actes de commerce :

Lorsqu’il s’agit de définir le domaine d’application du droit commercial,


deux conceptions sont possibles :

16
- Ou bien, réserver l’ensemble de ses règles à une certaine catégorie de
personnes : les commerçants, c’est la conception subjective ;
- Ou bien, les réserver à une certaine catégorie d’opérations : les actes de
commerce ; c’est la méthode objective, et c’est le trait essentiel du droit
marocain.
Le code de commerce ne donne pas une définition générale de l’acte de
commerce, et se contente d’en faire une énumération dans les articles 6 et 7.
La commercialité d’un acte, tient à sa nature (paragraphe I), ou à son
rattachement (paragraphe II).

Paragraphe I : Les actes de commerce par nature :

L’article 6 c.c.o en donne l’énumération suivante :


1- L’achat de meubles corporels ou incorporel en vue de les revendre,
soit en nature, soit après les avoirs travaillés et mis en œuvre, ou en vue de les
louer ;
2- La location de meubles corporels ou incorporels, en vue de leur sous-
location ;
3- L’achat d’immeubles, en vue de els revendre en l’état, ou après
transformation ;
4- La recherche et l’exploitation des mines et carrières ;
5- L’activité industrielle ou artisanale ;
6- Le transport ;
7- La banque, le crédit et les transactions financières ;
8- Les opérations d’assurance à primes fixes ;
9- Le courtage, la commission et toutes opérations d’entreprise ;
10- L’exploitation d’entrepôts et de magasins généraux ;
11- L’imprimerie et l’édition, quels qu’en soient la forme et le support ;
12- Le bâtiment et les travaux publics ;

17
13- Les bureaux et agences d’affaires, de voyages, d’information et de
publicité ;
14- La fourniture de produits et de services ;
15- L’organisation de spectacles publics ;
16- La vente aux enchères publiques ;
17- La distribution d’eau, d’électricité et de gaz ;
18- Les postes et télécommunication.
S’ajoutent aussi à cette liste, toutes les opérations « portant » sur les
navires et les aéronefs et leurs accessoires, ou « se rattachant » à leur
exploitation ou au commerce maritime et aérien ( article 7 c.co). De plus, pour
pallier à toute omission, ou permettre de résoudre toute interrogation future
due à l’évolution des choses, sont généralement tenus pour commerciaux les
actes « de toutes activités pouvant être assimilées « à celles visées aux
articles 6 et 7 précités.

Paragraphe II : Les actes de commerce par rattachement :

Ce sont des actes qui ne doivent pas leur commercialité à leur objet,
mais, soit à une déclaration de la loi, soit à un effet de cohérence.
I) Les actes de commerce par leur forme :
Ils sont réputés actes de commerce par la loi : il s’agit donc d’une
commercialité formelle.
A) La lettre de change ( ou traite) : article 9 c..c.o)
La lettre de change est commerciale quelque soit son objet, c’est-à-dire,
qu’il soit commercial ou civil, et quelle que soit la personne signataire, quelle
soit commerçante ou non.
L’article 9 code de commerce stipule à ce propos que :
« indépendamment des dispositions des articles 6 et 7 ci-dessus,, sont réputés
actes de commerce :

18
- La lettre de change ;
- Le billet à ordre signé même par un non – commerçant, lorsqu’il
résulte d’une transaction commerciale ».

B) Les sociétés commerciales par la forme :

Sont également commerciales par la forme et quelque soit leurs objets :


La société anonyme1, les sociétés en nom collectif, les sociétés en
commandite simple et en commandite par action, ainsi que les sociétés à
responsabilité limite2.
II) Les actes de commerce par accessoire :
Il s’agit d’actes qui deviennent actes de commerce parce qu’ils sont
l’accessoire d’une activité commerciale. On traite ici donc l’accessoire
comme le principal, et on le soumet au même régime.
Exemple : Un commerçant qui achète une camionnette afin de
l’utiliser pour ses livraisons, ne fait pas un acte de commerce par nature, car il
ne l’achète pas en vue de la revendre, mais l’acte est tout de même considéré
comme commercial puisque conclu pour les besoins du commerce.
 Les conditions de ce principe :
1- il faut que son auteur ait la qualité de commerçant :
2- Pour devenir commercial par accessoire, l’acte civil par nature doit
être conclu pour les besoins du commerce, et non pas pour les besoins
particuliers du commerçant.
L’article 10 du code de commerce stipule que : « sont également
réputés actes de commerce, les faits et actes accomplis par le commerçant à
l’occasion de son commerce, sauf preuve contraire ».

III) Les actes de commerce mixtes :


1
- Article 1/1 de la loi 17-95 relative aux sociétés anonymes ;
2
- article 2 de la loi 5-96 sur les autres sociétés que la société anonyme.

19
Si l’acte n’est commercial qu’à l’égard de l’une des parties, il est
généralement qualifié d’acte mixte. On applique alors les règles commerciales
à la partie à l’égard de laquelle l’acte est commercial, et les règles civiles à la
partie pour laquelle l’acte est civil.
Exemple : lorsqu’un particulier achète chez détaillant une
marchandise, l’acte est civil pour lui et commercial pour le détaillant.
 Intérêt de la distinction :
En matière de preuve, le non commerçant peut faire contre le
commerçant la preuve par tous les moyens. Au contraire, le commerçant, ne
peut faire la preuve contre le non commerçant que suivant les règles du droit
civil.

Sous section II : L’accomplissement d’actes


de commerce à titre de profession ou
d’habitude :

Un simple particulier peut accomplir occasionnellement des actes de


commerce sans pour autant devenir commerçant. En effet, cette qualité ne lui
sera acquise selon l’article 6 du code de commerce que s’il le fait de manière
habituelle ou à titre professionnel.
L’article 6 du code de commerce stipule que : « la qualité de
commerçant s’acquiert par l’exercice habituel ou professionnel des activités
suivantes… »
Paragraphe I : L’habitude :
L’habitude suppose la répétition : c’est l’élément matériel ; elle
suppose aussi un élément intentionnel.
Paragraphe II : La profession :

20
C’est une occupation déterminée, sérieuse, continue, de nature à
produire des bénéficies, et à permettre de subvenir aux besoins de l’existence.

Sous section III : L’accomplissement d’actes de


commerce de manière personnelle et indépendante :

Bien que le code de commerce ne le précise pas, il est bien certain


que pour être commerçant, il faut faire les actes de commerce en son nom et
pour son compte.
Donc, celui qui accomplit les actes de commerce pour le compte
d’autrui, n’est pas un commerçant (Exemple : le salarié d’un commerçant, le
gérant salarié d’un fonds de commerce etc….).

Chapitre II : Les conséquences de la qualité de


commerçant

L’acquisition de la qualité de commerçant entraîne une double


conséquence : d’une part, les actes de commerce obéissent à un régime
juridique original (section I), et d’autre part, le commerçant lui-même est
soumis à des obligations particulières ( section II).

Section I : Originalité du régime juridique des actes de commerce :

Cette originalité, concerne aussi bien les règles de fond (sous section I),
que les mécanismes d’exécution des contrats commerciaux (sous section II).

Sous section I : originalité des règles de fond :

21
Les actes de commerce sont soumis, à certains points de vue, à des règles
juridiques différentes de celles qui régissent les actes civils.

Paragraphe I : La capacité :

(Voir cours correspondant)


L’exercice du commerce comporte beaucoup de dangers, d’où la
nécessité de la capacité.
La capacité commerciale au Maroc est déterminée par les règles du code
de la famille ( article 12 c.c.o).
La capacité qui est la condition de la qualité de commerçant, est la
capacité d’exercice.
Le principe est que toute personne âgée de 18 années grégoriennes
révolues, est majeure, et peut devenir commerçante (article 209 du code de la
famille). Le mineur marocain peut tout de même exercer le commerce par
émancipation, s’il atteint l’âge de 16 ans (article 218/3 du code de la famille).
Pour ce qui est des étrangers, il faut distinguer entre deux cas :
 Le premier cas :
Quand la loi nationale de l’étranger, fixe un âge de majorité supérieur à
celui de la loi marocaine :
Dans ce cas, cette personne est réputée majeure pour exercer le
commerce au Maroc, si elle a atteint l’âge requis pour telle qualité (qui est de
18 ans accomplis), (article 15 c.c.o).
 Le deuxième cas :
Quand la loi nationale de l’étranger fixe un âge de majorité inférieur à
celui de la loi marocaine :
Dans ce cas, cette personne peut exercer le commerce au Maroc, mais, à
condition d’avoir une autorisation du président du tribunal du lieu où elle
entend exercer, et inscription de cette autorisation ( article 16/1 c.c.o).

22
Paragraphe II : La preuve des contrats :

En matière commerciale, la preuve est libre. Toutefois, elle doit être


rapportée par écrit quand la loi ou la convention l’exigent ( article 334 c.co)
La liberté de preuve se fonde sur la rapidité et le caractère répétitif des
opérations commerciales.
Lorsque la comptabilité du commerçant est régulièrement tenue, elle est
admise par le juge pour faire preuve entre commerçants, à raison des faits de
commerce ( article 19/2 c.co)
Les tiers peuvent opposer au commerçant le contenu de sa comptabilité,
même irrégulièrement tenue (article 21 c.c.o)
En cas de concordance entre les énonciations des originaux détenus par
l’une des parties, et des copies détenues par l’autre, les uns et les autres, ont la
même force probante (article 26/2 c.co).

Paragraphe III : La prescription extinctive :

Certaines situations juridiques, ne peuvent demeurer indéfiniment en état


d’immobilité. Si un créancier demeure inactif trop longtemps, s’il ne fait pas
valoir ses intérêts en réclamant le payement de ce qui lui est dû, il encourt le
risque de voir disparaître, par la prescription extinctive, l’obligation de son
débiteur. Auquel cas, il ne pourrait plus agir en justice contre ce dernier pour
le contraindre à s’acquitter.
Les obligations nées, à l’occasion de leur commerce, entre commerçante,
ou entre commerçants et non commerçants, se prescrivent par cinq (5) ans,
sauf dispositions spéciales contraires (article 5 c.c.o).

Sous section II : Originalité des mécanismes


d’exécution des actes de commerce :

23
Paragraphe I : La compétence judiciaire :

L’article 28/15 du code de procédure civile (c.p.c), stipule que, l’action


en matière commerciale peut être portée selon le choix du demandeur, soit
devant le tribunal du domicile du défendeur, ou devant celui dans le ressort
duquel l’exécution devait être effectuée.

Paragraphe II : La clause compromissoire : (arbitrage)

La clause insérée dans un contrat, par laquelle les parties conviennent


que les litiges nés de l’application de ce contrat, seront obligatoirement
soumis à des arbitres, constitue la clause compromissoire, c’est une promesse
de compromis.
Dans les contrats ayant trait à des actes de commerce, la clause
compromissoire peut contenir la désignation à l’avance des arbitres1.

Paragraphe III : La solidarité :


En matière d’obligations commerciales, la solidarité est présumée (article
335 c.c.o).

Paragraphe IV : Le délai de grâce :

Le paiement doit être fait au jour convenu quand l’obligation comporte


un terme, et immédiatement dans le cas contraire. Néanmoins, le débiteur qui
serait dans la difficulté d’honorer son échéance, notamment par suite de
circonstance économiques, pourrait solliciter du tribunal un délai de grâce, si
une telle possibilité était prévue au contrat ou par la loi 2. Mais, cette faveur
est refusée au débiteur d’une lettre de change ou d’un chèque.
1
- Article 5/3 de la loi n° 53-95 instituant les juridiction de commerce
2
- Article 128 D.O .C.

24
Section II : pluralité des obligations des commerçants :

Parmi les obligations qui s’imposent aux commerçant, il faut relever


notamment les deux suivantes qui sont les plus importantes :
- L’immatriculation ou l’inscription au registre du commerce (sous
section I) ;
- Les obligations comptables et la conservation des correspondances
(sous section II).

Sous section I : L’immatriculation au registre du


commerce

Le registre de commerce est un répertoire officiel des personnes


physiques et morales exerçant le commerce, permettant de réunir et de
diffuser un certain nombre de renseignements concernant ces personnes et
leurs entreprises.
Le registre de commerce est constitué par des registres locaux aux sièges
des tribunaux compétents, et un registre central pour tout le royaume (article
27 c.c.o). Il est tenu à l’office marocain de la propriété industrielle et
commerciale de Casablanca (OMPIC).

Paragraphe I : organisation du registre du commerce :

I) Le registre local :
Il est tenu par le secrétariat- greff du tribunal de commerce. La tenue du
registre du commerce, et l’observation des formalités prescrites par les
inscriptions qui doivent y être faites, sont surveillées par le président du
tribunal, ou par un juge qu’il désigne chaque année à cet effet (article 28
c.c.o)

25
Les déclarations sont faites suivant quatre (4 modèles différents :
- Le « modèle n°1 « pour les personnes physiques ;
- Le « mode n° 2 « pour les personnes morales ;
- Le « modèle n° 3 » pour les succursales ou agences d’entreprises
marocaines ou étrangères, représentations commerciales ou agences
commerciales, des collectivité ou établissement publics étrangers ;
- Le modèle n° 4 « pour les inscriptions modificatives 1.

Le registre local du commerce comprend deux parties : un registre


chronologique ( modèle n° 5), et un registre analytique ( modèle n° 6)2.
Les déclarations d’immatriculation sont enregistrées sommairement sur
le registre chronologique dans l’ordre de leur dépôt au secrétariat-greffe du
tribunal compétent et sous le numéro qui leur a été attribué, suivant une
numération continue, commençant le premier janvier de chaque année 3.
Le registre analytique, est tenu sous forme de tableau et suivant une
numération continue. Il est constitué de deux recueils, l’un affecté aux
personnes physiques, l’autre aux personnes morales, les numéros du premier
recueil étant des nombres pairs, ceux du second, des nombres impairs4.
Tout personne peut se faire délivrer une copie ou un extrait des
inscriptions qui sont portées au registre du commerce, ou un certificat
attestant qu’il n’existe point d’inscription, ou que l’inscription existante a été
rayée.
Les copies, extraits ou certificats, sont certifiés conformes par le
secrétaire-greffier chargé de la tenue du registre.

1
- Article 2 du décret d’application de loi n° 15-95 sur le registre de commerce, n° 2 96-906
2
- Article 7 du même décret d’application ci-dessus ;
3
- Article 8 du même décret d’application ci-dessus ;
4
- Article 9/3 du même décret d’application ci-dessus.

26
Toute inscription au registre du commerce, d’un nom de commerçant ou
d’une dénomination commerciale, doit être requise du secrétariat-greffe du
tribunal du lieu de situation de l’établissement principal du commerçant ou du
siège de la société.
Dans la première semaine de chaque mois, un exemplaire sera transmis
par le secrétaire-greffier au service du registre central pour y être inscrit.
II) Le registre central du commerce :
Le registre central du commerce est tenu par les soins du ministère
chargé du commerce1. Il est public, toutefois, sa consultation ne peut avoir
lieu qu’en présence du préposé à la tenue de ce registre.
Il est destiné :
1- à centraliser pour l’ensemble du royaume, les renseignements
mentionnés dans les divers registres locaux ;
2- à délivrer des certificats relatifs aux inscriptions des noms de
commerçants, dénominations commerciales et enseignes, ainsi que les
certificats et copies relatifs aux autres inscriptions qui y sont portées ;
3- à publier au début de chaque année, un recueil donnant tous
renseignements sur les noms des commerçants, les dénominations
commerciales, et les enseignes qui lui sont transmis.
Le registre central doit transcrire sans délai les mentions qui lui sont
transmises par le secrétaire greffe, avec une référence au registre du
commerce local sous lequel le commerçant, ou la société commerciale est
immatriculé.
Paragraphe II : Les inscriptions au registre du commerce
Les inscriptions au registre du commerce, comprennent les
immatriculations (I), les inscriptions modificatives (II) et les radiations (III).
I) Les immatriculations :
1
- Article 12 du décret d’application de la loi sur le registre du commerce n° 2-96-906.

27
L’immatriculation au registre du commerce est rendue obligatoire par
l’article 37 du code du commerce qui stipule : « sont tenus de se faire
immatriculer toutes les personnes physiques et morales, marocaines ou
étrangères, exerçant une activité commerciale sur le territoire du royaume.
L’obligation d’immatriculation s’impose en outre :
1- à toute succursale ou agence d’entreprise, marocaine ou étrangère :
2- à toute représentation commerciale ou agence commerciale des
Etats collectivités ou établissements publics étrangers ;
3- aux établissements publics marocains à caractère industriel ou
commercial, soumis par leurs lois à l’immatriculation au registre du
commerce ;
4- à tout groupement d’intérêt économique ».
L’immatriculation a un caractère personnel. Nul assujetti ou société
commerciale ne peut être immatriculé à titre principal dans plusieurs registres
locaux ou dans un même registre local sous plusieurs numéros ; le juge
procède d’office aux radiations nécessaires.1
La demande d’immatriculation doit être déposée auprès du secrétariat-
greffe, du tribunal dans le ressort duquel est situé le siège social, ou s’agit
d’un commerçant personne physique, soit son principal établissement, soit le
siège de son entreprise s’il est distinct de son, principal établissement 2.

 Les diverses inscriptions :


Les principales mentions portées sur le registre du commerce, sont celles
concernant l’identité, la nationalité, la capacité, l’objet du commerce, le nom
commercial, et tous les autres éléments de la situation juridique et de l’activité

1
Article 39/1 du code de commerce
2
Article 39/2 du code de commerce

28
commerciale de l’intéressé, dont les tiers ont besoin pour traiter avec le
commerçant en toute sécurité.
Doivent aussi être déclarés en vue de leur inscription sur le registre du
commerce :
 Le nantissement du fonds de commerce, le renouvellement et la
radiation de l’inscription du privilège du créancier gagiste ;
 Les brevets d’invention exploités et les marques de fabrique ou de
commerce ou de services déposés par le commerçant ;
 La cession du fonds de commerce ;
 Les décisions judiciaires prononçant l’interdiction du commerçant,
ainsi que celles ordonnant mainlevée ;
 Les décisions judiciaires en matière de redressement ou de
liquidation judiciaire ;
 Les décisions judiciaires et les actes affectant le régime matrimonial
du commerçant étranger ;
 Tous les faits cités ci-dessus intéressant les commerçants n’ayant
pas leur établissement principal au Maroc, mais y possédant une succursale
ou une agence, ainsi que les décisions judiciaires rendues à l’étranger à
l’encontre des mêmes commerçants et déclarées exécutoires par tribunal
marocain.

II) Les inscriptions modificatives :

Tout changement ou modification, se rapportant aux faits dont


l’inscription sur le registre du commerce est prescrite par la loi, doit faire
l’objet d’une demande d’inscription modificative1.

III) Les radiations ( : (article 51 et s.c.co.)

1
- Article 50 c.c.o.

29
Quand un commerçant cesse d’exercer son commerce, ou vient à
décéder, sans qu’il y est vente du fonds de commerce, ou quand une société
est dissoute, il y lieu de procéder à la radiation de l’immatriculation.
La radiation peut être requis par le commerçant ou par ses héritiers ou
par le liquidateur ou par les gérants ou les membres des organes
d’administration, de direction ou de gestion de la société en fonction au
moment de sa dissolution.
L’assujetti ne peut être rayé des rôles d’imposition à l’impôt des
patentes afférentes à l’activité pour laquelle il est immatriculé, qu’en justifiant
au préalable de la radiation du registre du commerce.
Avant toute radiation, les inscriptions doivent être apurées et les
créanciers gagistes informés.
En cas d’acquisition ou de location d’un fonds de commerce, il est
procédé sur le registre du commerce du précédent propriétaire ou du bailleur,
à la radiation de l’inscription du fonds cédé ou loué.
En cas de cédés du commerçant, et si le commerce doit être continué
dans l’indivision, une immatriculation nouvelle doit être demandée par
chacun des indivisaires.
En cas de partage, la radiation des indivisaires doit être demandée et
une immatriculation nouvelle, requis par celui auquel le fonds est attribué.
 Est radié d’office, tout commerçant : ( 54 c.co)
1- frappé d’une interdiction d’exercer une activité en vertu d’une
décision judiciaire passée en force de chose jugée ;
2- décédé depuis plus d’un an ;
S’il est établi que la personne immatriculée a cessé définitivement
depuis plus de trois ans l’exercice de l’activité pour laquelle elle a été inscrite.

30
 Est radié d’office tout commerçant personne physique ou morale :
(article 55 c.co)
1- A compter de la clôture d’une procédure de redressement ou de
liquidation judiciaire ;
2- Au terme d’un délai de trois ans courant à compter de la date de la
mention de la dissolution.
Toutefois, le liquidation peut demander la prorogation de
l’immatriculation par voie d’inscription modificative pour les besoins de la
liquidation ; cette prorogation est valable un an, sauf renouvellement d’année
en année 1
La radiation d’office est opérée en vertu d’une ordonnance du président
du tribunal, au vu de renseignements qui se révèlent erronés (57 du code de
commerce).

Paragraphe III : effets et sanctions des inscriptions au registre du


commerce
I) Les effets de l’immatriculation :
- L’utilité principal du registre du commerce est la publicité : il est
fait pour renseigner le public ;
- Toute personne physique ou morale immatriculée au registre du
commerce est présumée, sauf preuve contraire, avoir la qualité de
commerçant avec toutes les conséquences qui découlent de cette qualité 2 ;
- Les personnes physiques ou morales assujetties à l’immatriculation
au registre du commerce et qui ne sont pas fait immatriculer, ne peuvent se
prévaloir, jusqu’à immatriculation, à l’égard des tiers de leur qualité de

1
- article 55 c.co.
2
- article 58 c.co.

31
commerçant, mais elles restent soumises à toutes les obligations découlant de
cette qualité1
- En cas de cession ou de location d’un fonds de commerce, la
personne immatriculée reste solidairement responsable des dettes de son
successeur ou de son locataire tant qu’elle ne s’est pas fait radier du registre
du commerce ou qu’elle n’a pas fait modifier son inscription avec la mention
expresse de la vente ou la location2 ;
- Seuls les faits et actes régulièrement inscrits au registre du
commerce sont opposables aux tiers ;

II) Les conséquences du défaut d’immatriculation :

- La personnalité morale des S.A . S.N.C, S.C.S, S.C.A et S.A.R.L, n’est


acquise qu’à compter de leur immatriculation au registre du commerce 3.
- La non immatriculation dans le délai légal de trois mois constitue une
infraction pour tout commerçant ou société commerciale ;
- Le défaut d’immatriculation donne lieu à une amende de 1000 à 5000
dh après injonction administrative d’y pourvoir dans le mois, et à une seconde
amende de même montant après injonction d’y satisfaire dans les deux mois 4
- Toute indication inexacte donnée de mauvaise foi lors de
l’immatriculation ou d’une inscription modificative, ou sur les papiers de
commerce, ou le défaut d’une mention requise sur ces papiers, est punie d’un
emprisonnement d’un mois à un an, et d’une amende de 1000 à 50000
dirhams, ou de l’une de ces deux peines seulement, sans préjudice des
dispositions du code pénal5.

1
- Article 59 c.co.
2
- Article 60 c.co ;
3
- article 7 sur le S.A, et l’article 2 sur les sociétés autres que la S.A ;
4
- article 62 et 63 c.co ;
5
- article 64 à 68 c.co.

32
Les personnes assujetties à l’immatriculation au R.C 1, ne peuvent, dans
l’exercice de leur activité commerciale, opposer aux tiers qui peuvent
toutefois s’en prévaloir, les faits et actes sujets à mention modificative que si
ces derniers ont été inscrits au R.C.
Toutefois, cette règle n’est pas applicable, si, les assujettis établissent
qu’au moment où ils ont traités, les tiers en cause avaient connaissance des
faits et actes dont il s’agit2.

Sous section II : Les obligations comptables et la conservation des


correspondances :

- tout commerçant pour les besoins de son commerce a l’obligation


d’ouvrir un compte dans un établissement bancaire ou dans un centre de
chèques postaux (art .18.c.co) ;
- Le commerçant doit tenir une comptabilité conformément aux
disposition de la loi 9-88 relative aux obligations comptables des
commerçants, promulguée par le dahir n° 1-92-138 du 25 décembre 1992
(article 19/1 c.co) ;
- Si cette comptabilité est régulièrement tenue, elle est admis par le
juge pour faire preuve entre commerçants à raison des faits de commerce
(art.19/2 c.co) ;
- Les tiers peuvent opposer au commerçant le contenu de sa
comptabilité même irrégulièrement tenue (art.20 c.co) ;
- Lorsque les documents comptables correspondent à un double qui se
trouve entre les mains de la partie adverse, ils constituent pleine preuve contre
elle et en sa faveur ( art .21 c.co) ;

1
- RC= Registre du commerce ;
2
- article 61 c.co.

33
- Au cours d’une instance judiciaire le tribunal peut ordonner d’office
ou à la requête de l’une des parties, la représentation ( certaines écritures
seulement), ou la communication (production, intégrale) des documents
comptables (art.22,23 et 24 c.co) ;
- Les originaux des correspondances reçues, et les copies des
correspondances envoyées, doivent être classés et conservés pendant 10 ans à
compter de leur date (art 26/1/ c.co).

34
LE FOND DE COMMERCE

Introduction :
Le fond de commerce (F.C)1, est un bien meuble incorporel, constitué
par l’ensemble des biens mobiliers affectés à l’exercice d’une ou de plusieurs
activités commerciales.

1
- F.C. = Fond de Commerce.

35
Le fonds de commerce comprend obligatoirement la clientèle et
l’achalandage.
Il comprend aussi, tous autres biens nécessaires à l’exploitation du
fonds, tels que le nom commercial, l’enseigne, le droit au bail, le mobilier
commercial, les marchandises, le matériel et l’outillage, les brevets
d’invention, les licences, les marques de fabrique, de commerce et de service,
les dessins et modèles industriels et, généralement, tous droit de propriété
industrielle, littéraire ou artistique qui y sont attachés (80 du c. co).
Remarque :
La notion de fonds de commerce a été crée pour marquer que
l’installation et l’ensemble des moyens employés par le commerçant, sont
plus importants que le travail personnel de l’Homme.
Nous examinerons successivement dans ce chapitre, les notions
générales sur le fonds de commerce (section I), sa protection (section II) et
enfin les opérations dont il peut faire l’objet (section III).

Section I : Notion générales sur le fonds de commerce :

Nous étudierons ici : la composition du Fonds de commerce (sous


section I), et sa nature juridique (sous section II).

Sous section I : La composition du Fonds de


commerce :
Le Fonds de commerce se compose de deux sortes d’éléments :
 Les éléments incorporels (Paragraphe I) ;
 Les éléments corporels (Paragraphe II).

Paragraphe I : Les éléments incorporels :

36
I/ La clientèle et l’achalandage : art. 80 c.co :
Pour certains auteurs, ces deux éléments sont synonymes, ils signifient
la valeur que représentent les relations d’affaires entre le fonds et les
personnes.
Pour d’autres auteurs, la clientèle comprend les personnes qui ont
l’habitude de s’adresser au fonds, alors que l’achalandage est l’aptitude du
fonds à attirer le public.
II/ Le nom commercial :
C’est l’appellation sous laquelle le commerçant, personne physique ou
société, exercice son activité. Lorsque l’entreprise est individuelle, le nom
commercial peut être le patronymique.
Mais alors que le nom patronymique est hors du commerce, le nom
commercial peut être cédé avec le fonds, car c’est un moyen d’attirer la
clientèle.
Mais, afin de montrer au public que le titulaire du fonds a changé,
l’acquéreur du nom devra le faire précéder de la mention : « successeur
de… », ou encore « ancienne maison de… ».
III/ L’enseigne :
Elle consiste en une inscription, une forme ou une image, apposée sur
un immeuble et se rapportant à l’activité qui s’y exerce. Elle est le moyen
d’individualiser la boutique ou le fonds exploité.

IV/ Les droits de propriété industrielle :


Ce sont les brevets d’invention, les marques de fabrique, de commerce
ou de service et les dessins et modèles.
V/ La propriété littéraire et artistique :
VI/ Le droit au bail :

37
C’est le droit lorsque le commerçant est locataire d’occuper les locaux
où il exploite son fonds et de renouveler le bail.
VII/ Autres éléments incorporels :
Telles les licences et les autorisations prévues pour certains commerces,
qui se transmettent avec le F.C. (ex : Licence de débit de boisson).

Paragraphe II : Les éléments corporels :


I/ Le matériel et l’outillage :
Ce sont les objets qui servent à l’exploitation di fonds, tels les machines
et l’équipement.
II/ Les marchandises :
C'est-à-dire les stocks de matières destinées à être travaillées et les
produits finis qui attendent d’être vendus.

Sous section II : La nature juridique du F.C :

Selon l’opinion dominante, le fonds doit être considéré comme une


universalité (Paragraphe I), et comme un meuble incorporel (Paragraphe II).

Paragraphe I : Le fonds de commerce est une


universalité :
Cela veut dire que le F.C. est une entité juridique à part, ayant une
nature propre, indépendante des éléments qui la composent. En conséquence,
une opération portant sur l’ensemble du fonds sera valable ; Alors qu’elle ne
le serait pas si elle portait sur un élément isolé.
Cependant, le F.C. ne constitue pas un patrimoine autonome, mais fait
partie du patrimoine de son titulaire.

38
Paragraphe II : Le F.C. est un meuble
incorporel :
I/ Le F.C. est meuble :
Par ce que les éléments qui le constituent, sont ou bien des meubles
corporels, ou bien des droits mobiliers (ex : le droit au bail). Mais c’est un
meuble de nature particulière, car il est stable, d’où les garanties qu’il offre
pour les besoins du crédit du commerçant.
II/ Le Fonds de commerce est un meuble
incorporel :
D’où cette conséquence, que la règle « en fait de meubles possession
vaut titre », applicables aux seuls meubles corporels ne joue pas.

Section II : La protection du Fonds de commerce :

Cette protection sera d’une part, contre la concurrence déloyale (sous


section I) et d’autre part contre le bailleur des locaux (sous section II).
Sous section I : La protection du Fonds de
commerce contre la concurrence
déloyale :
La concurrence déloyale est le fait d’un commerçant, qui de mauvaise
foi, détourne ou tente de détourner la clientèle, nuit ou tente de nuire aux
intérêts d’un concurrent par des moyens contraires aux lois, aux usages et à
l’honnêteté professionnelle.
L’article 84 DOC, donne quelques exemples : Le fait d’user d’un nom
ou d’une marque à peu près similaire à ceux appartenant à une maison ou
fabrique déjà connue…

39
Sous section II : La protection du F.C. contre
la bailleur des locaux :
Assez souvent, le commerçant n’est pas propriétaire des locaux dans
lesquels il exerce son activité, il est alors locataire. Et si à l’expiration du bail,
le bailleur refuse de le renouveler, le commerçant locataire risque de perdre sa
clientèle, qui généralement est liée à la situation du local, ce qui l’exposera
soit à des frais de réinstallation considérables, ou à la ruine.
Afin de protéger le commerçant contre le risque d’appauvrissement, le
dahir du 24 mai 1955 (relatif aux baux d’immeubles ou de locaux loués à
usage commercial, industriel ou artisanal) a institué en leur faveur le droit au
renouvellement du bail, et à défaut, une indemnité d’éviction.

Section III : Les opérations relatives au fonds de


commerce :

Le droit admet que le F.C. est une universalité. Il peut dons faire l’objet
de contrat. On retiendra ici, ceux qui sont les plus usuels, à savoir : la vente
ou cession (sous section I), le nantissement (sous section II), et la location
gérance (sous section III).

Sous section I : La vente du F.C. (81 0 103


CCO)
La vente du F.C. n’est pas une cession d’entreprise elle ne porte que sur
les éléments corporels et incorporels. Mais elle n’oblige ni les dettes du
cédant, ni les contrats conclus par celui-ci, sauf lorsqu’une loi l’impose
comme en matière de contrat du travail, ou le permet comme en matière de
bail commercial. C’est un fonds nu qui est transmis.

40
Paragraphe I : Les conditions de validité de
la vente du F.C. :
La vente du F.C. est soumise à des conditions de fond et de forme. Il
faut aussi respecter les formalités de publicité.
I/ Les conditions de fond :
Se sont celles applicables à toutes les ventes, à savoir : la capacité
commerciale, le consentement non vicié, l’objet et la cause.
Remarque :
L’achat ou la vente d’un F.C., constitue un acte de commerce par
accessoire. C’est donc par une combinaison de la théorie de l’anticipation
(futur commerçant) et de celle de l’accessoire, que l’acte est qualifié acte de
commerce.
C’est la valeur pécuniaire, souvent importante des F.C. qui explique
que les conditions de capacité et de pouvoirs, soient plus strictes que pour les
ventes mobilières de droit commun.
II/ Les conditions de forme :
Toute vente du fonds de commerce, ainsi que tout apport en société ou
toute attribution de fonds de commerce par partage ou licitation 1, est constatée
par acte en la forme authentique ou sous seing privé.
Le montant de la vente est déposé auprès d’une instance dûment
habilitée à conserver les dépôts.
L’acte de vente doit mentionner :
1/ Le nom du vendeur, la date et la nature de son acte d’acquisition, le
prix de cette acquisition en spécifiant distinctement les prix des éléments
incorporels, des marchandises et du matériel.

1
– Licitation = vente par enchère, faite à un seul acquéreur par les propriétaires d’un bien qui ne
pourrait être partagé sans dépréciation.

41
2/ L’état des inscriptions des privilèges et nantissements pris sur le
fonds.
3/ S’il y a lieu, le bail, sa date durée, le montant du loyer actuel, le nom
et l’adresse du bailleur.
4/ L’origine de la propriété du fonds de commerce.
- Les conséquences de l’inobservation de ces conditions :
Lorsque l’une des mentions prescrites ne figure pas dans l’acte de
vente, l’acheteur peut demander l’annulation du contrat, si l’absence de cette
mention lui porte préjudice.
Lorsque les mentions figurant à l’acte sont inexactes, l’acheteur peut
demander l’annulation du contrat ou la réduction du pris si l’inexactitude des
mentions lui a porté préjudice.
Dans les deux cas, l’action doit être intentée dans un délai maximum
d’un an à compter de la date de l’acte de vente.
III/ Les modalités d’enregistrement et de
publicité :
Après enregistrement, une expédition de l’acte notarié ou un
exemplaire de l’acte sous seing privé, doit être dans les 15 jours de sa date,
déposé au secrétariat-greffe du tribunal dans le ressort duquel est exploité le
fond où le principal établissement di fonds, si la vente comprend des
succursales.
Un extrait de cet acte est inscrit au registre du commerce.
L’extrait contient la date de l’acte, les noms, prénoms, et domicile de
l’ancien et du nouveau propriétaire, la nature et le siège du fonds, le pris
stipulé, l’indication et le siège des succursales qui peuvent être comprises
dans la vente, l’indication du délai fixé à l’article 84 pour les oppositions et
une élection de domicile dans le ressort du tribunal.

42
Celui-ci est publié en entier et sans délai par le secrétaire-greffier, aux
frais des parties, au B.O et dans un journal d’annonces légales.
Cette publication est renouvelée par l’acquéreur entre le 8 ème et le 15ème
jour après la première insertion.
En plus de ces insertions, le vendeur doit se faire radier du R.C, et
l’acquéreur se faire immatriculer. Cette formalité est essentielle pour
l’opposabilité aux tiers de la perte et l’acquisition de la qualité de
commerçant.

Paragraphe II : Les effets de la vente du


F.C :
Les effets de la cession doivent être examinés à 3 points de vue : celui
du vendeur, celui de l’acquéreur et celui des créanciers du vendeur.
I/ Les obligations du vendeur :
Les obligations du vendeur, sont pour l’essentiel, les obligations qui
découlent de tout contrat de vente, à savoir :
- L’obligation de délivrance : qui consiste pour le vendeur de mettre
l’acquéreur en possession de tous les éléments du fonds énumérés dans le
contrat.
- L’obligation de garantie contre les vices cachés .
- L’obligation de garantie contre le fait personnel, dont la plus
importante est l’obligation de non-concurrence. Le plus souvent, le contrat
précise son étendue en interdisant au cèdent de s’établir dans un certain
périmètre, pendant un certain délai.

II/ Les obligations de l’acheteur :

43
L’obligation principale de l’acheteur, est de payer le prix. La loi
prévoit certaines garanties pour le vendeur qui sont : le privilège du vendeur
(A) et l’action résolutoire ‘(B).
A/ Le privilège du vendeur :
Ce privilège vise à affecter prioritairement la valeur du fonds au
paiement du prix de la vente.
Il doit être inscrit au R.C.
La même formalité d’inscription est remplie au secrétariat-greffe de
chaque tribunal dans le ressort du quel est situé une succursale du fonds
comprise dans la vente. Mais ces inscriptions ne sont pas soumises à la
publication dans les journaux.
Le privilège ne porte que sur les éléments du fonds de commerce
énumérés dans la vente et dans l’inscription, et, à défaut de désignation
précise, que sur le nom commercial et l’enseigne, le droit au bail, la clientèle
et l’achalandage.
Des prix distincts sont établis pour les éléments incorporels du fonds de
commerce, le matériel et les marchandises.
Nonobstant toute convention contraire, les paiements partiels autres que
les paiements comptants, s’imputent d’abord sur le prix des marchandises,
ensuite sur le prix du matériel.
A peine de nullité, l’inscription doit être faite par le vendeur dans les 15
jours à compter de la date de l’acte de vente.
Cette inscription est prioritaire sur toute autre inscription faite par
l’acquéreur dans le même délai.
Elle est opposable au redressement et à la liquidation judiciaire de
l’acquéreur.
 Le privilège du vendeur lui confère 2 prérogatives :
1/ Le droit de préférence :

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Il permet au vendeur d’être payé avant les autres créanciers de
l’acheteur en cas de vente aux enchères du fonds.
2/ Le droit de suite :
C’est la possibilité pour le vendeur de poursuivre le fonds en quelques
mains qu’il se trouve, et de se faire payer par le sous-acquéreur di fonds
(article 122 cco).
B/ L’action résolutoire :
Plutôt que d’exercer son privilège, ce qui suppose une vente forcée du
fonds, intervenue souvent dans de mauvaise conditions, le vendeur peut
préférer mettre en œuvre la deuxième garantie que lui offre la loi : c’est
l’action résolutoire qui lui permet de faire résoudre la vente et reprendre la
possession du fonds.
L’action résolutoire pour défaut de paiement du prix doit, pour produire
effet, être mentionnée et réservée expressément dans l’inscription du privilège
prévue à l’article 92 cco. Elle ne peut être exercée au préjudice des tiers
après l’extinction du privilège. Cette action est limitée comme le privilège
aux seuls éléments qui font partie de la vente.
En cas de résolution amiable ou judiciaire de la vente, le vendeur est
tenu de reprendre tous les éléments du fonds de commerce qui font partie de
la vente, même ceux sur lesquels son privilège et son action sont éteints.
Il est comptable du prix des marchandises et du matériel existant au
moment de sa reprise de possession d’après l’estimation qui en a été faite par
expertise contradictoire amiable ou judiciaire, sous déduction de ce qui pourra
lui rester dû par privilège sur les prix respectifs des marchandises et du
matériel, le surplus, s’il y en a, devant rester la gage créanciers inscrits et a
défauts des créanciers chirographaires.

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Le vendeur qui exerce l’action résolutoire doit la notifier aux
créanciers inscrits sur le fonds, au domicile par eux élu dans leurs
inscriptions.
Le jugement ne peut intervenir que 30 jours après la notification.
S’il résulte du contrat une résolution de plein droit ou si le vendeur a
obtenu de l’acquéreur la résolution à l’amiable, il doit notifier aux créanciers
inscrits, à domicile élu, la résolution encourue ou consentie qui ne deviendra
définitive que trente jours (30 j) après la notification ainsi faite.
Lorsque la vente d’un fonds de commerce est poursuivie aux enchères
publiques, soit à la requête du syndic de redressement ou de liquidation
judiciaire, de tout liquidateur ou administrateur judiciaire, soit judiciairement
à la requête de tout ayant droit, le poursuivant doit la notifier aux précédents
vendeurs au domicile élu dans les 30 jours de la notification, ils seront déchus
à l’égard de l’adjudicataire du droit de l’exercer.
III/ Les effets de la vente à l’égard des créanciers
du vendeur.
Pour protéger les créanciers du vendeur, la loi a prévu une publicité des
ventes (A) , permettant aux créanciers de faire des oppositions (B), de façon à
empêcher que le prix de la vente ne leur échappe, et même de pratiquer une
surenchère (C), de façon à empêcher que le prix ne corresponde pas à la
valeur réelle du fonds.
A/ La publicité de la vente (art 83 cco) :
Toute cession de F.C. doit faire l’objet d’une inscription au registre de
commerce et d’une publication au B.O. et dans un journal d’annonces légales
du ressort du tribunal où se trouve le F.C.
Cette publication est renouvelée par l’acquéreur dans les 15 jours de la
1ère publication. (Voir cours précédent).
B/ Les oppositions (84 c.c.o) :

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Dans les 15 jours, au p lus tard après la seconde insertion, les créanciers
du vendeur, que leur créance soit ou non exigible, peuvent former opposition
au paiement du prix par lettre recommandée avec accusé de réception,
adressée au secrétariat-greffe du tribunal qui a reçu l’acte ou par dépôt de
l’opposition auprès dudit secrétariat, contre récépissé.
L’opposition doit énoncer, à peine de nullité, le montant et les causes
de la créance, et contenir une élection de domicile dans le ressort du tribunal.
Nonobstant toute stipulation contraire, le bailleur ne peut former
opposition pour des sommes de loyers en cours ou à échoir.
Aucun transport amiable ou judiciaire du prix de vente ou seulement
une partie de ce prix, ne sera opposable aux créanciers qui se seront ainsi fait
connaître dans le délai Fixé :
Au cas d’opposition au paiement du prix, le vendeur peut, en tout état
de cause, après l’expiration d’un délais de 10 jours, après le délais fixé pour
l’opposition, se pouvoir ne référé afin d’obtenir l’autorisation de toucher son
prix malgré l’opposition, à la condition de verser au secrétariat-greffe, une
somme suffisante, fixée par le juge des référés pour répondre éventuellement
des causes de l’opposition dans le cas où il se reconnaître ou serait jugé
débiteur.
Les sommes ainsi déposées seront affectées spécialement à la garantie
des créances pour sûreté desquelles l’opposition aura été faite. Il leur sera
attribué un privilège exclusif sur le dépôt, sans toutefois qu’il puisse en
résulter transport judiciaire au profit de l’opposant ou des opposants en cause
à l’égard des autres créanciers opposants du vendeurs, s’il en existe.
A partir de l’exécution de l’ordonnance de référé, l’acquéreur sera
déchargé et les effets de l’opposition seront transportés sur le secrétariat-
greffe.

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Le juge des référés n’accorde l’autorisation demandée, que s’il lui est
justifié par une déclaration de l’acquéreur mis en cause, faite sous sa
responsabilité personnelle, et dont il sera pris acte, qu’il n’existe pas d’autres
créanciers opposants que ceux contre lesquels il est procédé.
L’acquéreur, en exécutant l’ordonnance de référé, ne sera pas libéré de
son prix à l’égard des autres créanciers opposants, antérieurs à ladite
ordonnance, qu’il en existe.
L’acquéreur qui sans avoir fait dans les formes prescrites, les
publications, ou qui, soit avant l’expiration du délai de 15 jours, soit au
mépris des inscriptions ou oppositions, aura payé le vendeur, n’est pas libéré
à l’égard des tiers.
C/ La surenchère :
La surenchère a été insti tuée pour protéger les créanciers contre u n
prix dérisoire de la vente.
Pendant le délai de 30 jours fixé à l’article 93 c.c.o, tout créanciers
inscrit, ou qui a formé opposition dans le délai de 15 jours fixé, peut prendre
au secrétariat-greffe du tribunal, communication de l’acte de vente et des
oppositions et, si le prix de vente est insuffisant pour désintéresser les
créanciers, former, en se conformant aux prescriptions de l’article 123 et
suivant c.c.o, une surenchère du sixième du principale du fonds de commerce,
non compris le matériel et les marchandises.
La surenchère du sixième n’est pas admise après la vente judiciaire du
fonds de commerce, ou la vente poursuivie à la requête d’un syndic de
redressement ou de liquidation judiciaire ou de copropriétaires indivis du
fonds, faite aux enchères publiques et conformément aux articles 115 à 117
c.c.o.
Le secrétaire-greffier qui procède à la vente, ne doit admettre à enchérir
que des personnes qui auront déposées entre ses mains avec affection spéciale

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au paiement du prix, une somme qui ne pourra être inférieure à la moitié du
prix total de la première vente, ni a une partie du prix de ladite vente stipulée
payable au comptant, augmentée de la surenchère.

Sous section II : Le nantissement du Fonds de


commerce
Le F.C constitue un élément de crédit pour le commerçant, car il a
souvent une grande valeur.
Le nantissement du F.C. rappelle la constitution d’une hypothèque sur
un immeuble, car il est donné en garantie aux créanciers, sans que son
propriétaire en soit dessaisi.
Normalement, le nantissement est conventionnel, mais il peut- être
judiciaire.
Paragraphe I : Le nantissement conventionnel
I/ Les formalités :
Pour que le nantissement soit valable, il faut :
 Un acte écrit, authentique, ou sous seing privé. L’écrit ici est
exigé comme condition de validité et non à titre de simple preuve
(108/1).
 Le privilège résultant du nantissement s’établit, à peine de
nullité, par le seul fait de l’inscription qui doit être faite sur le registre
du commerce, à la diligence du créancier gagiste et dans le délai de 15
jours à compter de la date de l’acte constitutif (109).
II/ Les effets du nantissement :
Le créancier nanti, dispose d’un droit de suite et d’un droit de
préférence, mais ne donne pas au créance gagiste le droit de se faire attribuer
le fonds en paiement (art 106/2 c.c.o).

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A/ Le droit de suite :
Les privilèges du vendeur et du créancier gagiste suivent de fond en
quelques mains qu’il passe.
Lorsque la vente du fonds n’a pu lieu aux enchères publiques, par voie
judiciaires, l’acquéreur qui veut se garantir des poursuites des créanciers
inscrits, est tenu à peine de déchéance, avant la poursuite, ou dans les 30 jours
de la sommation de payer qui lui est faite, et au plus tard dans l’année de la
date de son acquisition, de notifier à tous les créanciers inscrits au domicile
élu par eux dans leurs inscription (nom, prénom et autres renseignements cités
dans l’article 122 cco).
B/ La surenchère du 1/10 :
Tout créancier inscrit sur un fonds de commerce peut, lorsque l’article
121 cco n’est pas applicable requérir la mise aux enchères publiques en
offrant de porter le prix principal, non compris le matériel et les marchandises
a un dixième en plus et, de donner caution pour le paiement des prix et
charges, ou de justifier d’une solvabilité suffisante.
Le créancier en se déclarant surenchérisseur, doit offrir un pris au
moins égal aux prix du précédent acquéreur, augmenté de 10% sur la valeur
des éléments incorporels.
Cependant, il ne faut pas confondre cette surenchère avec la surenchère
du 1/6 dont disposent les créanciers opposants en cas de vente du fonds.
C/ Le doit de préférence :
Non remboursé, le créancier nanti, peut faire ordonner la vente 8 jours
après sommation de pays faite au débiteur, demeurée infructueuse.
Le droit de préférence permet au créancier nanti, inscrit sur le F.C de se
faire payer sur le prix de la vente, avant les créanciers bénéficiaires d’un
nantissement postérieur.

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Le rang des créanciers gagistes entre eux est déterminé par la date de
leur inscription au R.C.
Les créanciers inscrits les mêmes jours, viennent en concurrence.
Paragraphe II : Le nantissement judiciaire :
C’est une mesure conservatoire, demandée au président du tribunal par
un créancier dont la créance est en péril. Son efficacité est limitée. Il empêche
seulement le débiteur de vendre son fonds.

Paragraphe III : Les éléments compris dans le


nantissement :
A défaut de désignation expresse et précise dans l’acte qui le constitue,
le nantissement ne comprend que le non commercial, l’enseigne, le droit au
bail, la clientèle et l’achalandage.
Si le nantissement porte sur un fonds de commerce et ses succursales,
celles-ci doivent être désignées par l’indication précise de leur siège.
Parmi les éléments exclus du nantissement, on trouve les marchandises.

Sous section III : La location-gérance du F.C.


(ou gérance libre) :

Paragraphe I : Généralités :

La location-gérance, on gérance libre est un contrat par lequel, le


propriétaire d’un F.C. en concède totalement ou partiellement la location à
une personne dite locataire gérant ou gérant libre, qui l’exploite à ses risques
et périls et qui paye au propriétaire un loyer, appelé un pratique
« redevance ».

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Tout contrat de gérance libre, est publié dans la quinzaine de sa date,
sous forme d’extrait au B.O. et dans un journal d’annonces légales (153/2).
Le bailleur est tenu, soit de se faire radie du R.C, soit de faire modifiée
inscription personnelle avec la mention expresse de la mise en gérance libre
(153/4).
Paragraphe II : Originalité de la gérance
libre :
La gérance libre du F.C, ne doit pas être confondue avec les institutions
voisines :

I/ La gérance libre et le bail commercial :


Alors que la gérance porte sur le fonds lui-même, le bail commercial
porte sur l’immeuble où le fonds est exploité.
II/ La gérance libre et la gérance salariée :
Dans la gérance libre, le locataire est un commerçant qui exploite le
fonds à ses risques et périls, moyennant le paiement d’une redevance au
bailleur. Au contraire, dans la gérance salariée, le propriétaire conserve sa
qualité d’exploitant du fonds. Simplement un salarié, souvent rémunéré par
une participation aux bénéfices, effectue certains actes de gestion.
Paragraphe III : Les effets de la gérance
libre :
Le gérant libre à la qualité de commerçant et il soumis à toutes les
obligations qui en découlent (article 153/1 c.c.o). Il est responsable du fonds
du commerce comme s’il en était le titulaire.
I/ Les effets entre les parties :
- Le propriétaire du fonds de commerce doit le mettre à la disposition
du locataire et grandir ce dernier contre l’éviction et les vices cachés.

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- Jusqu’à la publication du contrat de gérance libre, et pendant une
période de 6 mois suivant la date de cette publication le bailleur du fonds est
solidairement responsable avec le gérant libre des dettes contractées par celui-
ci à l’occasion de l’exploitation du fonds.
- Le gérant libre doit exploiter le fonds « en bon père de famille », et
conformément à sa destination. Il est tenu de payer les redevances périodiques
et supporter les charges normales de l’exploitation (loyer, taxes, impôts…).
II/ Les effets à l’égard des créanciers du
propriétaire et des tiers :
Les créanciers du propriétaire du fonds du commerce en justifiant que
ce contrat met en péril le recouvrement de leurs créances, peuvent demander
au tribunal de déclarer immédiatement exigibles leurs créances (152/2).
Paragraphe IV : La fin de la gérance libre :
A l’exploitation du contrat, le gérant libre n’a pas droit au
renouvellement de la location du fonds. Il n’a pas d’avantage droit à une
indemnité d’éviction.
Donc, sauf accord avec le bailleur, il doit abandonner l’exploitation.
La fin de la gérance libre, rend immédiatement exigibles les dettes
afférentes à l’exploitation du fonds, contractées par le gérant libre pendant la
durée de la gérance (157).
Au renouvellement de celui-ci, c’est une note de protection de leur droit
au bail, nécessaire pour protéger la propriété même di fonds, de l’application
courante de « propriété commerciale ».
Mais ne peuvent bénéficier du droit de renouvellement que les
locataires on leur cessionnaires on ayant droits, qui justifient qu’ils exploitent
personnellement on par l’intermédiaire de leur préposé et depuis plus de deux
ans lorsque l’acte est écrit, on 4 années consécutives lorsque le contrat verbal.
Le fonds dont il est propriétaire (article 5 du dahir du 24 mai 1955).

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Le bailleur gérant a lui, il a le droit de refuser le renouvellement du bail
commercial venu à terme.
Un refus sans motif légitime, l’exposera au versement d’une indemnité
d’éviction (article 10 du dahir de 1955).

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