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Article Emulation

Le document aborde le défi de nourrir 9 milliards de personnes d'ici 2050 tout en préservant les écosystèmes, en mettant en avant l'importance des innovations agro-écologiques et d'une meilleure organisation des échanges commerciaux. Il souligne également les impacts des activités humaines sur le changement climatique, notamment l'augmentation des gaz à effet de serre et la dépendance aux énergies fossiles. Enfin, il évoque la nécessité de stratégies d'adaptation pour faire face à ces enjeux environnementaux croissants.

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Article Emulation

Le document aborde le défi de nourrir 9 milliards de personnes d'ici 2050 tout en préservant les écosystèmes, en mettant en avant l'importance des innovations agro-écologiques et d'une meilleure organisation des échanges commerciaux. Il souligne également les impacts des activités humaines sur le changement climatique, notamment l'augmentation des gaz à effet de serre et la dépendance aux énergies fossiles. Enfin, il évoque la nécessité de stratégies d'adaptation pour faire face à ces enjeux environnementaux croissants.

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travaux mettent en évidence l’importance des capacités de dispersion, merciaux de denrées agricoles à la surface du globe.

Dans le contexte
de l’efficacité de la reproduction et des moyens de défense contre les actuel, le développement d’innovations « agro-écologiques » permet-
propres parasites et prédateurs attirés involontairement. La présentation tant d’augmenter durablement la production en minimisant le recours
du 17 novembre a permis d’examiner différents exemples portant sur aux intrants (engrais chimiques, pesticides, …) est particulièrement
les arbres dans des forêts tropicales, les buissons du pic du Teide à Tene- pertinent. Il s’agit de mieux utiliser le fonctionnement des écosystè-
rife, ou encore les nids de fourmi dans une plantation de figuiers. mes sans altérer leur renouvellement en aboutissant à une « agriculture
écologiquement intensive » permettant de rencontrer durablement
les besoins des populations. L’amélioration des conditions de nutrition
de l’ensemble de l’humanité, et tout particulièrement des populations
NOURRIR DURABLEMENT LA PLANÈTE du Sud, passe également par la prise de mesures adéquates au niveau
du commerce des denrées agricoles pour éviter que ne se perpétue la
M. Guy Mergeai, chargé de cours, Faculté Agro-Bio-Tech, Gembloux concurrence déloyale qui existe entre les exploitations agricoles à haut
niveau de ressources, que l’on retrouve principalement dans les pays in-
L’humanité se trouve confrontée à l’obligation de nourrir 9 milliards d’in- dustrialisés et les pays émergents, et l’immense majorité des paysans du
dividus en 2050 tout en préservant les écosystèmes de notre planète. monde qui disposent de très peu de moyens pour produire.
L’objet de la conférence était de poser un diagnostic sur les composantes
de ce défi et de présenter les pistes qui peuvent être suivies pour relever
celui-ci. L’analyse des éléments de la problématique concernait la pré-
sentation de l’évolution de la population humaine dans les différentes
L’HOMME ET SON ENVIRONNEMENT :
parties du monde, l’importance des besoins en aliments en fonction des HISTORIQUE ET PERSPECTIVES
modes de vie des gens et l’importance des ressources qui sont nécessai-
res pour produire la nourriture et les matières premières agricoles utiles M. Pierre Ozer, chargé de recherches, Département des Sciences
à l’homme. Elle présentait également brièvement les caractéristiques et Gestion de l’Environnement, ULg
des grands systèmes de production agricole qui sont pratiqués dans le
monde et leurs performances respectives. La prévalence actuelle de la Introduction
sous-alimentation dans les différentes parties de la planète a également Nous vivons dans la pelure d’un fruit, la Terre. En effet, si on décidait de
été décrite et mise en relation avec le mode de fonctionnement des construire une autoroute directe vers la Lune, il faudrait approximati-
systèmes de production agricole pratiqués. vement une demi-heure pour sortir de notre atmosphère. C’est une
première évidence, nous vivons dans un monde fini. Dans ce monde
Les pistes à suivre pour nourrir durablement l’humanité relèvent princi- fini, nous sommes de plus en plus nombreux à vivre. Sur ma brève
palement d’améliorations qui peuvent être apportées dans les techni- existence, je me suis fait une place sur la planète parmi 3,7 milliards de
ques de production et d’une meilleure organisation des échanges com- mes semblables (en 1970), dont 36% vivaient en zone urbaine. Actuel-
lement (2010), nous sommes 6,9 milliards, dont une récente majorité venons de le voir, nous n’avons pas trop d’alternatives.
d’urbains. Dans un jet de pierre, en 2030, nous serons probablement
8,3 milliards d’individus et 60% d’entre nous vivront en ville. Dès main- À une échelle totalement différente, géologique cette fois, on se rend
tenant, la population rurale totale devrait régresser pour atteindre, en compte que l’essentiel de nos ressources en énergies fossiles a été
2050, un nombre absolu similaire à celui observé en 1970… Pendant créé lors de processus lents qui ont duré de l’ordre de 100 millions
ce temps, la population totale aura augmenté de 250% (FAO 2010). d’années. On estime actuellement que près de la moitié des réserves
La structure de la population évolue donc non seulement en nombre de pétrole a été exploitée au cours des 100 dernières années. Il y a
mais également dans les modes de vie des habitants. donc une énorme distorsion temporelle entre le temps de constitu-
tion de ces ressources et le temps de consommation.
Dans le même temps, nous avons des besoins énergétiques croissants
qui nous permettent un développement humain sans pareil par rap- Par ailleurs, une nouvelle évidence émerge : le « pic pétrolier ». Ainsi, il
port à l’histoire de l’Homme (IEA 2004, 2009a). En 1971, la demande glo- semble évident que si les réserves de pétrole sont encore importantes,
bale en énergie était de 5,5 milliards de tonnes équivalent pétrole (tep) les plus grands gisements s’épuisent. Progressivement, il faudra exploi-
contre près de 13 milliards de tep estimées en 2010, soit une augmen- ter des nappes plus confidentielles et dans des lieux difficiles d’accès
tation de 27% de la demande en énergie par habitant en quatre décen- (offshore, proche des pôles, etc.), ce qui aura comme impact direct l’aug-
nies. Avec un souci majeur : l’e1.ssentiel (82%) de notre fourniture totale
2. mentation des coûts de prospection et d’extraction. La rareté progres-
d’énergie primaire provient actuellement de trois énergies fossiles que sive de la ressource et les difficultés croissantes d’exploitation combinées
sont le pétrole (34%), le charbon (27%) et le gaz (21%) ; un ratio qui évo- à une augmentation constante de la demande (3,6 contre 5,6 milliards
lue peu puisque notre dépendance aux énergies fossiles était de 85% en de tonnes annuellement respectivement en 2000 et 2030) devraient
1971 et devrait rester de l’ordre de 82% en 2030. Le nucléaire (6%) et les nous mener vers un « choc pétrolier » structurel. Si certains observateurs
énergies renouvelables (12%) ne représentent encore que très peu par clament qu’on y est entré de plain-pied ces dernières années (Deutsche
rapport à notre consommation globale et leur part ne devrait pas for- Bank 2009) et que d’autres estiment que l’on en est proche (Sorrell et
tement évoluer d’ici à 2030 alors même que notre demande d’énergie al. 2009), tout le monde s’accorde sur le fait qu’il faut dès maintenant
devrait alors flirter avec les 18 milliards de tep (IEA 2009a). Sachant que la mettre en place des stratégies d’adaptation pour s’affranchir progressi-
combustion de ces énergies fossiles est la principale source d’émissions vement du pétrole puis des autres énergies fossiles.
de gaz à effet de serre, on imagine l’étendue du problème, actuel et à
venir, communément appelé « réchauffement climatique ». Notre situation est donc assez inconfortable. On peut tourner le pro-
blème dans tous les sens : pour l’instant, nous n’avons pas d’échappa-
C’est là qu’est une bonne part de la problématique, car l’idée est que toires, du moins dans le système «business as usual », c’est-à-dire on ne
nous avons pris le pétrole ‘bon marché’ comme esclave mais nous change rien du tout ou peu de choses. Cependant, dans une période
sommes devenus bien rapidement l’esclave du pétrole à notre tour. Un située à la confluence des crises systémiques, nous pouvons, nous de-
pétrole qui est de plus en plus onéreux1 et par rapport auquel, nous vons, orienter nos politiques énergétiques qui vont de paire avec nos

16
systèmes de consommation vers un monde qui tendra vers une opti- de combustibles fossiles. Quant à la hausse de la concentration de N2O
misation des ressources disponibles. Avec un fil conducteur : « Moins, (7,9% des GES), elle est essentiellement due à l’agriculture (gestion des
mieux, autrement ». sols et des effluents d’élevage), même si l’épuration des eaux usées, la
combustion des combustibles fossiles et les procédés de l’industrie
Les causes du changement climatique chimique jouent également un rôle important à cet égard.

Les variations de la concentration de gaz à effet de serre (GES) et d’aé- On peut avancer avec un degré de confiance très élevé que les activi-
rosols dans l’atmosphère, de la couverture végétale et du rayonnement tés humaines menées depuis 1750 ont eu pour effet net de réchauf-
solaire modifient le bilan énergétique du système climatique. fer le climat. Il est par contre très improbable (probabilité inférieure
à 10%) que la variabilité naturelle puisse expliquer le réchauffement
Si la vapeur d’eau représente le principal gaz à effet de serre contenu climatique actuel. Au contraire, à lui seul, le forçage total produit par
dans l’atmosphère, ce gaz est naturel et sa concentration est inva- l’activité volcanique et les fluctuations du rayonnement solaire depuis
riable. Par contre, les émissions mondiales de GES imputables aux acti- cinquante ans aurait probablement dû refroidir le climat (probabilité
vités humaines n’ont cessé d’augmenter depuis l’époque préindus- de 66% à 90%). Seuls les modèles qui tiennent compte des forçages
trielle. Depuis 1750, sous l’effet des activités humaines, les concentra- anthropiques parviennent à simuler correctement les configurations
tions atmosphériques de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4) du réchauffement observées et leurs variations (GIEC 2007).
et d’oxyde nitreux (N2O) –les trois principaux GES– se sont fortement
accrues (figure 1). Elles sont aujourd’hui bien supérieures aux valeurs
historiques déterminées par l’analyse de carottes de glace. Ainsi, en
2005, les concentrations atmosphériques de CO2 (379 ppm)2 et de
CH4 (1774 ppb) ont largement excédé l’intervalle de variation naturelle
des 650 000 dernières années (GIEC 2007).

La cause première de la hausse de la concentration de CO2 est l’uti-


lisation de combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon) et, dans une
moindre mesure, le changement d’affectation des terres (déboise-
ment, décomposition de la biomasse, etc.). Le CO2 représente 76,7%
des GES dits anthropiques dont 59,4% pour la combustion des énergies
fossiles et 17,3% pour le changement d’affectation des terres. Il est très
probable (probabilité de 90% à 95%) que l’augmentation observée de
la concentration de CH4 (14,3% des GES), constituant principal du gaz
naturel, provient surtout de l’agriculture, de l’élevage et de l’utilisation
Figure 1 : concentrations atmosphériques
Or, comme nous l’avons mentionné préalablement, notre dépendance
de dioxyde de carbone (CO2), aux énergies fossiles s’accroît de jour en jour de même que la défores-
de méthane (CH4) et d’oxyde tation et l’étalement urbain. Pour couronner le tout, la durée de séjour
nitreux (N2O) durant les 10 000 (c’est-à-dire le temps qui est nécessaire à ce que le gaz en surplus com-
dernières années (grands graphiques) et mence à s’évacuer de l’atmosphère) approximative du CO2 est de l’ordre
depuis 1750 (médaillons). Les mesures de 100 à 150 ans ! Les perspectives ne sont donc guère réjouissantes.
proviennent des carottes de glace et
d’échantillons atmosphériques. Les
forçages radiatifs correspondants par À titre d’exemple, pour des raisons d’emploi du temps, j’ai dû faire en
rapport à 1750 sont indiqués sur les axes voiture un trajet de Liège à Bruxelles. Sur ce trajet, j’ai émis de l’ordre de
à droite des grands graphiques (GIEC 23 kg de CO2 dans l’atmosphère3 et je ferai la même chose en revenant
2007). sur Liège. Sur ces 46 kg de CO2 ainsi émis, 21 vont rester au-dessus de
nos têtes jusqu’à ce que mes petits-enfants soient grands-parents à
leur tour. Et je n’étais pas seul sur la route…

Pour bien comprendre l’ampleur actuelle du problème, il est intéres-


sant d’analyser le cycle du carbone qui représente plus de 75% des GES Les changements climatiques observés et les effets constatés
anthropiques. En effet, les estimations actuelles (moyenne 2000-2008)
font état d’émissions dans l’atmosphère de près de 7,7 gigatonnes de Le réchauffement du système climatique est sans équivoque. On note déjà,
carbone (GtonC) par an dues à la combustion des énergies fossiles (Le à l’échelle du globe, une hausse des températures moyennes, une élévation
Quéré et al. 2009). À ces quantités, s’ajoute annuellement de l’ordre de du niveau moyen de la mer, et une fonte massive de la neige (figure 2).
1,4 GtonC du fait du changement d’affectation des terres, essentielle-
ment la déforestation dans les régions tropicales, mais également du fait Les douze années les plus chaudes depuis 1850, date à laquelle ont dé-
qu’en Hesbaye, on ne trouve rien de mieux que d’autoriser la construc- buté les relevés instrumentaux de la température à la surface du globe,
tion de villas quatre façades sur des parcelles agricoles parmi les plus ont été observées au cours des treize dernières années (1997-2009) (CRU
riches d’Europe... Au total, 9,1 GtonC sont donc envoyées vers l’atmos- 2010) et l’année 2010 semble s’annoncer comme étant la plus chaude
phère par an. Ces émissions sont partiellement compensées par les jamais enregistrée. La valeur établie pour 1906–2005 atteint 0,74 °C. Les
« puits de carbone » qui vont absorber ce CO2 atmosphérique : les températures ont augmenté presque partout dans le monde, quoique
océans et les écosystèmes terrestres qui captent de l’ordre de 2,3 et de manière plus sensible aux latitudes élevées de l’hémisphère Nord.
2,7 GtonC respectivement. Au final, 4,1 GtonC (soit 45% des émissions) Malgré l’évidence, notons que certains groupes de climato-sceptiques
échappent au cycle et s’accumulent dans l’atmosphère, années après (le plus souvent financés par certains lobbys industriels) remettent en
années... Et le processus s’accélère puisque durant la période 1990-2000, question cette augmentation des températures. Cela contribue à jouer
près de 3,1 GtonC s’accumulaient annuellement dans l’atmosphère. sur l’opinion publique et, in fine, sur les décideurs politiques.

18
L’élévation du niveau de la mer concorde avec le réchauffement. Sur Figure 2 : variations observées
l’ensemble de la planète, le niveau moyen de la mer s’est élevé de 1,3 a) de la température moyenne à
mm/an depuis 1870, de 1,8 mm/an depuis 1961 et de 3,1 mm/an la surface du globe, b) du niveau
moyen de la mer à l’échelle
depuis 1993, sous l’effet principal de la dilatation thermique mais aussi
du globe, selon les données
de la fonte des glaciers, des calottes glaciaires et des nappes glaciaires recueillies par les marégraphes
polaires. Le phénomène semble donc s’accélérer. et les satellites, et c) de la couver-
ture neigeuse dans l’hémisphère
La diminution observée de l’étendue des zones couvertes de neige et Nord en mars–avril. Tous les
de glace concorde elle aussi avec le réchauffement. Les données satel- écarts sont calculés par rapport
litaires dont on dispose depuis 1978 montrent que l’étendue annuelle aux moyennes pour la période
1961-1990. Les courbes lissées
moyenne des glaces a diminué de 2,7% par décennie dans l’océan
représentent les moyennes
Arctique. Les glaciers et la couverture neigeuse occupent une moins décennales, et les cercles corres-
grande superficie dans les deux hémisphères. pondent aux valeurs annuelles.
Les zones ombrées représentent
Entre 1900 et 2005, les précipitations ont fortement augmenté dans l’est les intervalles d’incertitude (GIEC
de l’Amérique du Nord et du Sud, dans le nord de l’Europe et dans le 2007).
nord et le centre de l’Asie, tandis qu’elles diminuaient au Sahel, en Médi-
terranée, en Afrique australe et dans une partie de l’Asie du Sud. Il est
probable (probabilité de 66% à 90%) que la sécheresse ait progressé à conde moitié du XXe siècle que durant n’importe quelle autre période
l’échelle du globe depuis les années 1970.
de cinquante ans au cours des cinq derniers siècles, et il est probable
(probabilité de 66% à 90%) qu’elles ont été les plus élevées depuis 1 300
Il est très probable (probabilité de 90% à 95%) que les journées froides,
ans au moins.
les nuits froides et le gel ont été moins fréquents sur la plus grande
partie des terres émergées depuis cinquante ans et que le nombre de
journées chaudes et de nuits chaudes a, au contraire, augmenté. De Les changements climatiques projetés et les effets attendus
plus, la fréquence des vagues de chaleur sur la majeure partie des terres
émergées, des précipitations extrêmes dans la plupart des régions et La poursuite des émissions de GES au rythme actuel ou à un rythme plus
des élévations extrêmes du niveau de la mer dans le monde entier s’est élevé devrait accentuer le réchauffement et modifier profondément le
probablement accrue (probabilité de 66% à 90%). système climatique au XXIe siècle. Il est très probable (probabilité de 90%
à 95%) que ces changements seront plus importants que ceux observés
Il est très probable (probabilité de 90% à 95%) que les températures pendant le XXe siècle. En effet, un réchauffement d’environ 0,2 °C par
moyennes dans l’hémisphère Nord ont été plus élevées pendant la se- décennie au cours des vingt prochaines années est anticipé dans plu-
sieurs scénarios d’émissions. Par ailleurs, même si les concentrations de Avec un degré de confiance élevé (au moins 9 chances sur 10 de tom-
l’ensemble des GES et des aérosols avaient été maintenues aux niveaux ber juste), il apparaît que les effets du réchauffement climatique ne vont
de 2000, l’élévation des températures se poursuivrait à raison de 0,1 °C pas seulement se limiter à la seule augmentation des aléas naturels
environ par décennie. d’origine climatique mais vont avoir des incidences planétaires sur les
ressources en eau (sans nous projeter dans un siècle, mais plutôt avec
Parmi les changements anticipés à l’échelle régionale, les scénarios in- une vision à court terme, on estime que 75 à 250 millions de personnes
diquent une contraction de la couverture neigeuse, une augmentation supplémentaires devraient souffrir d’un stress hydrique4 accentué par
d’épaisseur de la couche de dégel dans la plupart des régions à pergéli- les changements climatiques en Afrique subsaharienne d’ici 2020), sur
sol (sol dont la température reste égale ou inférieure à 0°C toute l’année) la survie de certains écosystèmes (par exemple, la contraction des zones
et une diminution de l’étendue des glaces de mer. Selon certaines pro- humides et l’extension des zones arides), sur la production alimentaire
jections, les eaux de l’Arctique seraient pratiquement libres de glace à la (surtout pour les petits producteurs pratiquant une agriculture de sub-
fin de l’été d’ici la deuxième moitié du XXIe siècle. sistance ; ainsi, dans certains pays africains, les rendements de l’agricul-
ture pluviale pourraient chuter de 50 % d’ici 2020 avec un accès à la
Par ailleurs, une hausse de la fréquence des températures extrême- nourriture fortement diminué dans de nombreux pays impliquant de
ment élevées, des vagues de chaleur et des épisodes de précipitations lourdes conséquences en matière de sécurité alimentaire et de malnu-
extrêmes est très probable (probabilité de 90% à 95%). Avec ce même trition), sur les régions littorales (notamment dans les zones deltaïques
niveau de probabilité, une augmentation des précipitations aux lati- densément peuplées à faible énergie de relief ) et dans le domaine de
tudes élevées et, au contraire, une diminution sur la plupart des terres la santé publique. Ces incidences négatives vont aller crescendo avec
émergées subtropicales, conformément aux tendances relevées à l’augmentation des températures globales (figure 3).
la fin du XXe siècle, devrait se produire. Les zones tropicales devraient
connaître une augmentation probable (probabilité de 66% à 90%) de C’est clairement la raison pour laquelle le GIEC préconise une diminution
l’intensité des cyclones alors que, sous nos latitudes, un déplacement drastique des émissions de GES dans un futur proche. Dans le meilleur
vers les pôles de la trajectoire des tempêtes extratropicales devrait être des cas, l’augmentation des températures d’ici à la fin du siècle serait
observé. Notons également que l’on estime avec un degré de confiance limitée à 1,8°C (meilleure estimation) par rapport à la moyenne 1980-
élevé que, d’ici le milieu du siècle, le débit annuel moyen des cours d’eau 2000. Dans le pire des cas, l’augmentation des températures serait su-
et la disponibilité des ressources en eau augmenteront aux hautes lati- périeure à 6°C. En réalité, le GIEC présente l’évolution des températures
tudes et dans certaines régions tropicales humides, alors qu’elles dimi- selon six principaux scénarios plausibles qui vont depuis des émissions
nueront dans certaines régions sèches des latitudes moyennes et des de GES contenues voire plafonnées très prochainement (effets limités ;
tropiques. Bon nombre de zones semi-arides souffriront d’une baisse +1,8°C en moyenne) aux émissions de GES non maîtrisées (effets non
des ressources en eau imputable aux changements climatiques, ce qui contrôlables avec des effets d’entraînement pouvant atteindre + 6,4°C
accentuera les processus de désertification. d’ici à la fin du siècle).

20
Figure 3 : exemples d’incidences planétaires anticipées des changements climatiques selon l’ampleur de l’effet mentionné. Les chiffres relatifs à la pénurie d’eau et aux inondations représentent les répercussions
la hausse de la température moyenne à la surface du globe au XXIe siècle. Les traits noirs relient les diverses supplémentaires des changements climatiques relativement aux conditions projetées selon divers scénarios.
incidences entre elles, les flèches en pointillé indiquent que ces incidences se poursuivent avec le réchauffe- Ces estimations ne tiennent pas compte de l’adaptation aux changements climatiques. Toutes ces incidences
ment. La disposition du texte permet de voir approximativement à quel niveau de réchauffement s’amorce sont affectées d’un degré de confiance élevé (GIEC 2007).
Il est souvent admis que les plus vulnérables pâtiront des effets du ré- L’augmentation du niveau des mers est également un aspect très in-
chauffement climatique. Ce n’est pas faux. Cependant, on associe le plus quiétant du réchauffement climatique. Ainsi, dans le delta du Nil, une
souvent « population vulnérable » aux populations lointaines des pays du augmentation de 50 cm du niveau de la mer, c’est-à-dire tout simple-
Sud comme, par exemple, les subsahariens qui sont totalement démunis ment jusqu’au genou, devrait entraîner le déplacement de près de 4
par rapport à toute crise. L’analyse de la canicule de l’été 2003 en Europe millions de personnes et surtout, plus inquiétant, faire disparaître 180
montre que nos sociétés sont également très vulnérables. En effet, la 000 hectares de terres actuellement cultivés soit parce qu’elles seront
canicule de 2003 est la catastrophe naturelle qui a fait le plus de victimes sous l’eau, soit parce que les nappes phréatiques seront contaminées
en Europe au cours des 50 dernières années (Tressol 2008). Comme lors par l’eau de mer salée. Outre le fait qu’un nombre important de per-
de toutes les vagues de chaleur, le nombre de décès s’est accentué et ce sonnes vont devoir se déplacer, la question de la sécurité alimentaire
sont les personnes âgées de plus de 75 ans qui ont été les plus en dan- est également préoccupante. Il en va de même pour la majeure partie
ger car au sein de nos sociétés développées, nous avons également nos des zones deltaïques de la planète qui sont très densément peuplées.
vulnérables. Une surmortalité approchant les 40 000 décès pour les deux
premières semaines du mois d’août a été enregistrée en Europe. Pour tout Réfugiés climatiques. Le mot est lancé. Il reste en effet à comprendre
l’été 2003, ce sont près de 70 000 décès additionnels qui furent relevés. comment ces populations fragilisées s’adapteront aux effets du change-
L’augmentation de mortalité durant la deuxième semaine de la canicule ment climatique. Souvent commentée, la stratégie d’adaptation des plus
d’août a atteint les valeurs de 96,5% en France et près de 40% au Portugal, pauvres touchés par des événements climatiques extrêmes (soudains ou
en Italie, en Espagne et au Luxembourg (Robine et al. 2007). Par ailleurs, lents) ainsi qu’affectés par des processus lents de dégradation environne-
la production agricole en 2003 a fortement été impactée. En France, la mentale serait la migration. On parlera dès lors des réfugiés climatiques,
production de fourrage a en effet été de 60% inférieure à 2002. Quant à à savoir les personnes forcées à se déplacer à cause de modifications
la culture de maïs et de blé, la diminution enregistrée était de l’ordre de climatiques (élévation du niveau de la mer, sécheresse, événements cli-
25%. Au total, en France, Allemagne, Autriche, Espagne et Italie, les pertes matiques extrêmes, extension des zones désertiques, etc.). Le nombre de
cumulées dans le secteur agricole ont dépassé les 10 milliards d’euros. Les ces réfugiés climatiques, estimé à 20 millions en 2008, est – semble-t-il
nombreux rapports et articles scientifiques publiés sur ce sujet montrent – appelé à augmenter ces prochaines décennies (Laczko et Aghazarm
l’intérêt porté par la communauté scientifique sur les conséquences so- 2009). Les chiffres les plus souvent avancés présentent une fourchette
ciales de cet épisode au caractère sans précédent. Car il est fort probable variant de 200 millions à 1 milliard de réfugiés climatiques d’ici à 2050
que cette vague de chaleur soit due au réchauffement climatique et que (Myers 2002 ; Christian Aid 2007). Trois facteurs principaux expliquent ce
ce type de chaleur estivale devrait être la norme durant la période 2071- nombre important de personnes contraintes à se déplacer au cours des
2100 si rien n’est fait pour lutter contre les émissions des GES (Stott et al. prochaines décennies : [1] l’augmentation de la dérégulation climatique
2004). Si à cela on ajoute que la population européenne tend à vieillir, on affectant [2] des zones pauvres non préparées et globalement sans straté-
peut imaginer les conséquences désastreuses que pourraient avoir ces gie d’adaptation aux changements dans [3] des régions connaissant un
canicules dans les décennies à venir. accroissement démographique soutenu.

22
Qui est responsable ? Et qui devrait faire quoi ? 11,4% de la population mondiale pour 0,6% des émissions liées aux com-
bustibles fossiles.
En 2007, 29 milliards de tonnes de CO2 dues à la seule combustion d’éner-
gie fossile ont été émises dans l’atmosphère. Un record. Depuis 1971, Tableau 1 : estimation des émissions de CO2 liées à l’utilisation des combustibles fossiles (en
ces émissions globales ont plus que doublé alors qu’entre 1990 et 2007, 106 tonnes) et de leurs évolutions au niveau global, des pays de l’OCDE, des pays non-OCDE,
et des dix pays les plus émetteurs en 2007 (représentant 65% de ces émissions globales)
celles-ci ont connu une croissance de 38% (tableau 1). L’augmentation (IEA 2009b).
moyenne annuelle des émissions de CO2 dues à la combustion d’énergie
Région/Pays Emissions de Emissions de Emissions de Evolution Evolution Evolution
est de 3,2% depuis 2000. Si depuis 1990, les pays membres de l’Organi- CO2 (1971) CO2 (1990) CO2 (2007) (1971-1990) (1990-2007) (1971-2007)
sation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont
Monde 14095 20981 28962 +49% +38% +105%
augmenté leurs émissions de CO2 dues à la combustion d’énergie de 17%,
le reste du monde affiche une progression de 61% (IEA 2009b). Ceci étant OCDE 9604 11440 13565 +19% +19% +41%
dit, les pays membres de l’OCDE ont été responsables de plus de la moi- Non-OCDE 4491 9541 15397 +112% +61% +243%
tié de ces émissions de CO2 jusqu’en 2004 alors que leurs populations ne 1. Chine 810 2244 6071 +177% +171% +650%
représentent pas même 20% du total global (tableau 2). 2. USA 4291 4863 5769 +13% +19% +34%
3. Russie 1191 2180 1587 +83% -27% +33%
Le monde change. Les tendances s’affirment entre les pays développés
(croissance à présent lente pour un total disproportionné par rapport au 4. Inde 199 589 1324 +196% +125% +565%
reste du monde), les pays émergents (croissance récente démesurée pour 5. Japon 759 1065 1236 +40% +16% +63%
des émissions qui, par habitant, sont encore souvent sous la moyenne 6. Allemagne 979 950 798 -3% -16% -19%
mondiale), et les pays les moins avancés (croissance contenue pour un
7. Canada 339 432 573 +27% +33% +69%
total très peu représentatif ). Ainsi, en 1971, les trois pays les plus émet-
8. Royaume-Uni 624 553 523 -11% -5% -16%
teurs de CO2 dû à la combustion d’énergie étaient les USA, la Russie et
l’Allemagne. En 1990, les USA étaient toujours largement en tête de ce 9. Corée 52 229 489 +340% +114% +840%
classement, suivis par la Chine et la Russie. En 2008, la Chine est le premier 10. Iran 41 175 466 +327% +166% +1037%
émetteur suivi par les USA et l’arrivée de l’Inde dans le top 3.

Les fossés se marquent. À titre d’exemple, en 2007, l’Australie (21 106 d’ha- La célérité avec laquelle la Chine augmente ses émissions de CO2 dues
bitants pour 396 106 tonnes CO2) a émis deux fois plus de CO2 dû à la à la combustion d’énergie est telle (+426 106 tonnes CO2 entre 2006 et
combustion d’énergies fossiles que l’ensemble des 754 106 de personnes 2007) que l’ensemble des efforts de réductions de l’UE-27 entre 1990
qui peuplent l’Afrique subsaharienne non émergente (177 106 tonnes et 2007 (-133 106 tonnes CO2) a été totalement annulé par seulement
CO2)5. En d’autres termes, un résident australien “pollue” 80 fois plus qu’un 16 semaines d’accroissement des émissions de CO2 chinoises en 2007.
résident d’Afrique Noire. À l’heure actuelle, cette part du continent abrite Ceci étant dit, il est estimé que près de la moitié du doublement des
émissions de CO2 enregistrée en Chine depuis 2000 est imputable à la Cependant, il est impératif de ramener ces chiffres en « émissions de
fabrication de produits pour l’exportation, essentiellement vers les pays CO2 dues à la combustion d’énergie par habitant » (tableau 2). Un
développés (Guan et al. 2009). constat simple s’impose à nous : en 2007, un être humain est respon-
sable des émissions de 4,4 tonnes CO2 par an, soit 10% de plus qu’en
Tableau 2 : populations continentales membres ou non de l’OCDE (en 106 d’habitants) ; part
de ces populations aux émissions mondiales de CO2 liées à l’utilisation des combustibles 1990. Mais un habitant d’un pays de l’OCDE (11 tonnes CO2) pollue
fossiles (en %) ; émissions de CO2 (en tonne) par habitant en 1990 et 2007 et évolution de ces toujours quatre fois plus qu’un résident du reste du monde (2,7 tonnes
émissions entre 1990 et 2007 (IEA 2009b). CO2). Ainsi, un Américain (19,1 tonnes CO2) émet l’équivalent de deux
Région Population % % Emissions Emissions Evolution des Belges, ou de quatre Chinois, ou de seize Indiens, ou encore de 80 Afri-
2007 population émissions de CO2 de CO2 émissions cains … Dès lors, on peut se réjouir de constater que les émissions de
mondiale mondiales par habitant par habitant de CO2 par
(2007) de CO2 (1990) (2007) habitant
CO2 dues à la combustion d’énergie par Belge aient diminué de 7,8%
(2007) (1990-2007) entre 1990 et 2007, et s’effrayer de voir ces mêmes émissions exploser
Monde 6609 100 100 4 4,4 +10%
au Bénin (+608%). Il n’empêche qu’à l’heure actuelle, les 300 000 habi-
tants de ma ville (Liège) et de sa périphérie directe émettent toujours
OCDE 1185 17,9 46,8 10,6 11 +3%
autant de CO2 que tout le Bénin (9 millions de personnes) ! Quant aux
Amérique du 441 6,7 24,0 15,6 15,4 -1% Chinois, ils émettent annuellement 4,6 tonnes CO2 par habitant mais
Nord
22,5% de ces émissions sont dues à la fabrication de produits « Made
Pacifique 201 3,0 7,8 8,4 10,7 +27% in China » que les pays développés importent (Davis et Caldeira 2010).
Europe 543 8,2 15,1 7,9 7,5 -5% De ce fait, la Belgique importe 5 tonnes de CO2 par habitant6. Au final,
Non-OCDE 5424 82,1 53,2 2,2 2,7 +25% un Belge n’est pas responsable de 11 tonnes de CO2 par an, mais bien
de 16. Au contraire, le Chinois verra ses émissions passer de 4,6 à 3,6
Europe 53 0,8 1,0 6,5 5,1 -21%
tonnes de CO2 par an. Et il ne faudra pas 2,4 Chinois pour atteindre les
Afrique du 157 2,4 1,3 1,6 2,3 +41% émissions d’un Belge, mais bien 4,4 Chinois…
Nord
Afrique sub- 802 12,1 1,9 0,7 0,6 -6% Pour lancer les négociations de Copenhague, l’Europe s’est engagée à
saharienne
faire des efforts importants de réduction des émissions de gaz à effet
Moyen 193 2,9 5,1 4,5 7,2 +61% de serre (GES), soit -20% ses émissions de GES en 2020 par rapport à
Orient
1990, tout en annonçant un effort de réduction possible de 30% de ses
Ex-URSS 284 4,3 8,4 12,6 8,5 -33% émissions pour autant qu’un accord global ambitieux soit signé à l’issue
Amérique 461 7,0 3,7 1,7 2,2 +30% de la Conférence. Cependant, les autres pays développés, dont plusieurs
latine ont refusé d’adhérer au Protocole de Kyoto ou n’ont pas respecté leurs
Asie - Chine 2148 32,5 10,6 0,8 1,4 +70% engagements, hésitent à aller plus loin (tableau 3).
Chine 1327 20,1 21,2 2 4,6 +133%
À l’opposé, le G77 (pays du Sud) souligne la responsabilité historique

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des pays développés dans les émissions anthropiques de GES, réclame Canada +54,8% -6,0% -20% par rapport à 2006, soit
une « justice climatique » avec la mise en place de mécanismes de com- +24% par rapport à 1990
pensation et d’adaptation aux effets des changements climatiques et Australie* +6,6% +8,0% -5% à -25% par rapport à 2000, soit
exige des pays du Nord une réduction de 40% de leurs GES d’ici 2020 -3% à -24% par rapport à 1990
par rapport à 1990. Le G77 se base ainsi sur les conclusions scientifiques Nouvelle +33,0% 0% -10% à -20% par rapport à 1990
du dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évo- Zélande*
lution du climat (GIEC 2007) qui estime que, pour éviter le pire, c’est-à-
dire ne pas dépasser une augmentation globale des températures de On le sait, la Conférence de Copenhague a été un échec. En effet,
2,0 à 2,4°C d’ici à la fin du siècle, les émissions de GES doivent se stabili- quelques chefs d’État – à savoir les européens et américains pour le
ser entre 2000 et 2015 puis diminuer de 50 à 85% en 2050 par rapport monde industrialisé – et la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud pour
à 2000. On ne peut pas donner tort aux pays en développement par les pays émergents ont doublé le processus de négociations des Na-
rapport à la « justice climatique ». En effet, en 2007, Union Européenne tions Unies (dans l’obscurantisme le plus total et sans concertation avec
et États-Unis représentent 12% de la population mondiale et 33% des les pays en développement) pour arriver à une note qui tient sur deux
émissions globales de CO2, mais leur part de CO2 cumulé dans le temps pages. Ce texte ne comporte plus de trace d’engagement de réduction
est de 51% ! À l’inverse, la Chine, tant décriée dans ces négociations, de GES pour 2020 ou 2050, pas même volontaire. Une aide financière
représente en 2007 près de 20% de la population mondiale et 21% des sera dégagée pour aider les pays pauvres à faire face aux conséquences
émissions globales de CO2, mais sa part de CO2 cumulé dans le temps du changement climatique. Quel sera le montant de cette aide ?
n’est que de 9%... Quant à l’Inde, sa responsabilité historique dans les Sera-t-elle additionnelle ou détournée des fonds d’aide au développe-
émissions de CO2 est de seulement 3% alors qu’elle concentre 17% de la ment ? De qui viendra-t-elle et à qui profitera-t-elle ? Et pour quoi faire ?
population mondiale (IEA 2009c). Nul ne le sait. Quant à la réduction de la déforestation et aux contraintes
d’émissions de GES pour les secteurs aérien et maritime (annoncés
Tableau 3 : évolution des émissions officielles des GES7 de 1990 à 2006 dans certains pays comme des conditions sine qua non d’accord par les Européens), pas
développés s’étant engagés dans le Protocole de Kyoto (sauf les USA) et positions actuelles
en vue des négociations de Copenhague (en date du 9 octobre 2009)8. * Pour l’Europe, un mot... Autant dire que le résultat final de ce grand rendez-vous n’est
l’Australie et la Nouvelle Zélande, les objectifs de réduction les plus faibles sont avancés guère étincelant... Directement après ladite Conférence, j’écrivais dans
dans la perspective d’un ‘stand alone’ alors les objectifs les plus ambitieux seront avancés une carte blanche : À quoi sert la science, si le politique se borne à culti-
dans le cas d’un accord global.
ver, pour des raisons économiques dans le court terme, la science de
Pays Evolution des GES Engagement dans le cadre Propositions pour Copenhague : objectifs l’inconscience ? (Ozer 2010).
(1990-2006) du Protocole de Kyoto de réductions des GES à l’horizon 2020
Europe* -2,7% -8,0% -20% à -30% par rapport à 1990 Arriverons-nous à trouver un accord dans les mois ou les années à venir ?
USA +14,0% Aucun -15% par rapport à 2005, soit Ou devrons-nous subir brutalement les conséquences de ce change-
-3% par rapport à 1990 ment climatique ? Car on peut négocier à l’infini entre délégations, mais
Japon +5,8% -6,0% -25% par rapport à 1990 (octobre 2009) on ne négociera jamais avec la physique de l’atmosphère.
1 Le prix du baril de pétrole était inférieur à 20 US$ au début des années 1970. Il est de l’ordre Guan D., Peters G.P., Weber C.L., and Hubacek K., 2009. Journey to world top emitter: An
de 80 US$ en 2010 alors même que les prévisions de l’Agence Internationale de l’Énergie analysis of the driving forces of China’s recent CO2 emissions surge, Geophys. Res. Lett., 36,
en 2004 tablaient sur un prix de 22 US$ pour 2010 (IEA 2004). L04709, doi:10.1029/2008GL036540
2 En 2008, les concentrations atmosphériques de CO2 étaient de 385 ppm. En moyenne, sur IEA (International Energy Agency), 2004. World Energy Outlook 2004. IEA, Paris, France.
la période 2000-2008, l’accroissement annuel de CO2 dans l’atmosphère est de 1,9 ppm IEA (International Energy Agency), 2009a. World Energy Outlook 2009. IEA, Paris, France.
contre 1,5 ppm durant la décennie précédente (Le Quéré et al. 2009). IEA (International Energy Agency), 2009b. CO2 emissions from fuel combustion – Highli-
3 Si mon véhicule émet de l’ordre de 160gCO2 par kilomètre parcouru selon les spécifica- ghts 2009. IEA, Paris, France.
tions techniques du constructeur, il ne s’agit ici que des émissions ‘directes’ (CO2 émis direc- IEA (International Energy Agency), 2009c. How the energy sector can deliver on a climate
tement lors de la combustion du carburant). À ceci, il faut ajouter les ‘rejets indirects’ du agreement in Copenhagen. IEA, Paris, France.
combustible utilisé (le CO2 qui se libère lors de l’extraction, du raffinage, du transport et Laczko F., Aghazarm C., 2009. Migration, environment and climate change: assessing the
de la distribution du combustible, soit 25% des émissions ‘directes’), soit 40 gCO2 / km. Par evidence. International Organization for Migration (IOM), Geneva, Switzerland.
ailleurs, les étapes de construction d’un véhicule neuf moyen et de son traitement en fin de Le Quéré C., Raupach M.R., Canadell J.G., Marland G., 2009. Trends in the sources and sinks
vie génèrent 5,3 tonnes de CO2 pour les véhicules diesel, soit (en considérant la durée de of carbon dioxide. Nature Geoscience, 2: 831-836.
vie moyenne d’un véhicule à 180 000 kilomètres) 30 gCO2 supplémentaires par kilomètre Myers N., 2002. Environmental refugees: a growing phenomenon of the 21st century. Phi-
parcouru. Au total, nous arrivons approximativement à des émissions de 230 gCO2 / km, losophical Transactions of the Royal Society B, Biological Sciences, 357: 609-613.
ou 23 kg CO2 émis sur 100 km. Ozer P., 2010. Quand le politique cultive la science de l’inconscience. Le 15e jour du mois,
4 Une population est soumise à un stress hydrique lorsque la nécessité d’une alimentation Mensuel de l’Université de Liège, 190: 2.
en eau douce assurée par prélèvement d’eau est un frein au développement. Robine J.M., Cheung S.L., Le Roy S., Van Oyen H., Herrmann F.R., 2007. Report on excess
5 L’Afrique du Sud n’est pas considérée ici car considérée comme pays émergent. mortality in Europe during summer 2003. Technical report, EU Community Action Pro-
6 En réalité, un Belge importe 8,8 tonnes de CO2 et exporte 3,8 tonnes de CO2 par an. Le bilan gramme for Public Health, 2007. 15 p.
final est donc de 5 tonnes de CO2 importées. Sorrell S., Speirs J., Bentley R., Brandt A., Miller R., 2009. Global Oil Depletion : An assessment
7 On considère ici tous les gaz à effet de serre (CO2, CH4, NO2, HFCs, PFCs et SF6) ainsi que le of the evidence for a near-term peak in global oil production. UK Energy Research Centre,
changement d’utilisation des terres. Le tout est exprimé en CO2 équivalent (CO2 eq). http:// August 2009, 228 p.
unfccc.int/ Stott P.A., Stone D.A., Allen M.R., 2004. Human contribution to the European heatwave of
8 Source: http://unfccc.int/files/kyoto_protocol/application/pdf/awgkpjointqelrosubmission091009.pdf 2003. Nature, 432: 610-614.
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org/ (dernier accès le 20 octobre 2010). se passe alors comme si les petits soucis matériels ne se réveillaient pas
GIEC, 2007. Bilan 2007 des changements climatiques. Contribution des Groupes de travail
I, II et III au quatrième Rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur
en premier lieu, et laissaient place à une divagation plus libre : un cerveau
l’évolution du climat. http://www.ipcc.ch/pdf/assessment-report/ar4/syr/ar4_syr_fr.pdf momentanément vierge, sans mémoire. Certains neurones, habituelle-

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