Dans un environnement économique de plus en plus exigeant, les entreprises cherchent à
maîtriser l’ensemble de leurs flux financiers pour garantir une gestion saine, efficace et
transparente. Au cœur de cette dynamique se trouve le processus de facturation, un
maillon stratégique du cycle financier qui structure la relation entre l’entreprise et ses
partenaires économiques, en particulier les fournisseurs.
Le processus de facturation peut être défini comme l’ensemble des opérations
administratives et comptables visant à établir, valider, enregistrer et suivre une facture
jusqu’à son règlement. Il intervient à la suite d’une commande de biens ou de services, et
repose généralement sur des éléments de preuve tels que le bon de commande, le bon de
livraison ou un procès-verbal de service fait. Sa finalité est double : assurer le paiement
conforme des prestations reçues et permettre la traçabilité des engagements financiers.
La qualité de ce processus est cruciale, car elle détermine non seulement la fluidité des
paiements, mais aussi la capacité de l’entreprise à honorer ses engagements dans les
délais contractuels. Un processus mal structuré ou insuffisamment digitalisé entraîne des
retards de paiement, des litiges avec les fournisseurs, et des dysfonctionnements dans la
comptabilité fournisseur. À l’inverse, un processus bien conçu permet de sécuriser les
relations commerciales, d’optimiser la gestion de trésorerie et de renforcer la
performance globale de la fonction finance.
Les enjeux liés au processus de facturation sont multiples. D’abord, un enjeu de fiabilité :
toute erreur de saisie, omission ou incohérence entre la commande, la livraison et la
facture peut entraîner un blocage du paiement. Ensuite, un enjeu de trésorerie : selon le
baromètre Euler Hermes (2021), un délai moyen de paiement prolongé de 10 jours peut
réduire de 5 à 10 % la liquidité disponible d’une entreprise. Enfin, un enjeu de conformité
: la réglementation fiscale impose des conditions strictes de conservation, d’archivage et
de transmission des factures. Le non-respect de ces règles expose l’entreprise à des
sanctions en cas de contrôle fiscal ou d’audit.
Le processus de facturation implique plusieurs acteurs aux rôles complémentaires. En
amont, le service demandeur ou utilisateur exprime un besoin et valide la conformité de
la prestation. Le service achats, quant à lui, contractualise la commande avec le
fournisseur et s’assure que les conditions commerciales sont respectées. Le service
logistique ou technique intervient pour valider la réception physique ou fonctionnelle des
biens et services. Enfin, la comptabilité fournisseur centralise l’ensemble des données et
déclenche le règlement après vérification.
À l’extérieur de l’entreprise, les fournisseurs sont également des acteurs clés du
processus. La qualité de leurs factures (conformité, délai, format) influence directement
la rapidité de traitement. Par ailleurs, certains fournisseurs disposent d’outils d’e-
invoicing ou de portails collaboratifs qui facilitent la transmission automatique des
factures, réduisant ainsi les délais et les erreurs humaines.
La digitalisation du processus de facturation est aujourd’hui un levier stratégique pour
fiabiliser les échanges entre tous ces acteurs. L’automatisation des contrôles, l’intégration
avec les systèmes ERP, la mise en œuvre de la facturation électronique (e-invoicing) et
l’utilisation de la gestion électronique des documents (GED) permettent de sécuriser
l’ensemble du processus, de raccourcir les délais de validation, et de réduire
considérablement les erreurs. D’après une étude menée par PwC (2021), les entreprises
ayant intégré un système de facturation digital constatent une réduction moyenne de 35 %
des délais de traitement des factures.
En conclusion, le processus de facturation ne peut plus être considéré comme une simple
opération comptable. Il constitue un véritable levier de performance opérationnelle, de
gestion des risques et de pilotage financier. Sa maîtrise repose sur une bonne coordination
entre les différents acteurs internes et externes, une gouvernance claire, et une
digitalisation adaptée aux besoins spécifiques de l’organisation.
Références :
- Bruel, O., & Ménage, P. (2019). Management stratégique des achats. Pearson
Education.
- PwC (2021). Digitalisation des fonctions support : leviers de performance.
- Euler Hermes (2021). Baromètre mondial des retards de paiement.
- AFNOR (2020). Norme NF Z42-026 sur la gestion des factures électroniques.