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Les Sols: Tropicaux

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ht INTERN.

CONGRESS OF SOIL SCIENCE, BUCHAREST, ROMANIA, 1964


G.L. 6

LES SOLS TROPICAUX

G. AUBERT1

HISTORIQUE

En 1948, en Angleterre, à Rothamsted, une première Conférence ayant


essentiellement pour sujet l'étude des sols des régions tropicales rassemblait
des pédologues des divers continents. I1 s'y trouvait des Maîtres comme Sir
John Russel, G. W. Robinson, Albert Demolon. Herbert Greene et C. H. Edel-
mann y étaient aussi. Au cours de discussions intéressantes, animées, nous
dûmes cependant reconnaître que nos données étaient bien fragmentaires,
et certains même se demandaient s'il serait un jour possible de classer ces
sols des régions tropicales (First Commonwealth Conference on Tropical
Soils, 1949).
En 1950, au Congrès international d'Amsterdam, l'exposé que je vous
fais aujourd'hui était présenté, sous le même titre, par C . E. Kellogg. L'es-
sentiel en fut la définition pr6cise du sous-ordre des Latosols-modifiée depuis,
pour constituer la base de celle des Oxysols - et la reconnaissance de carac-
tères particuliers, dus à l'action du climat, dans les sols des régions tropi-
cales (Kellogg, 1950).
E n 1954, 8. Léopoldville, au cours d'un ,,Congrès Tropical" il parut
prkfkrable de concentrer l'attention sur certains types de sols, Sols Laté-
ritiques, souvent appelés, depuis, Sols Ferrallitiques, Sols Ferrugineux Tro-
picaux, etc. (Aubert, 1954).
Cette même année, parut le traité de Mohr et van Baren sur les
,,Sols Tropicaux".
En 1960, à Madison, les Sols Tropicaux furent surtout étudiés sous
l'angle de leur utilisation, encore que de nombreuses cartes pédologiques,
cartes génCrales d'Afrique, d'Amérique du Sud, ou cartes détaillées, nous
y firent connaître le résultat des innombrables prospections faites, les années
précédentes, dans ces régions tropicales, tout autour du monde (Comptes
Rendus du 7e Congrès International de la Science du Sol, 1960).
Sur le plan de la classification, la 7 e Approximation du USDA (Soil
Survey Staff, 1960), parue lors de ce Congrès, nous a apporté à la fois un

Chef de la Section Pddologique, Office de la Recherche Scientifique e t Technique


Outre-Mer, Bondy Seine, FRANCE$ ,~
0.
!,ad 8 0s i m !#!-
213
G.L. 6

classement des sols formés sous climat tropical semi-humide ou humide, ou


sous climat équatorial, non plus concentrés en un seul sous-ordre, mais ré-
partis en plusieurs classes, quoique celle des Oxysols leur fût principalement
réservde ; et la notion, étonnante au premier abord pour certains, que latem-
pérature des sols est un de leurs Caractères morphologiques au même titre
que leur couleur. I1 devient naturel, alors, de séparer, à un échelon assez haut
de la classification, sols tropicaux et subtropicaux, à tempQature élevée,
et sols bordaux ou des régions tempérées, dont la tempkrature est nettement
plus basse.
Quelle est donc notre thche, aujourd'hui? Ne serait-ce pas, nous ap-
puyant sur les innombrables travaux, prospections, observations de terrain,
études de laboratoire, faits sur ces sols d'essayer d'envisager l'ensemble des
sols tropicaux, de rechercher leur originalité, expression de leur existence
en tant que tels, d'étudier certains de leurs caractères, et, en conclusion,
d'indiquer très brièvement quelques voies de recherches qui nous apparai-
ssent comme les plus nécessaires.
Le titre même de cet exposé en donne les limites essentielles; il s'agit
en effet des sols sur les caractères et les propriétés desquelles le climat de
type tropical a pu imprimer son action, de faCon déterminante.
Nous laisserons donc de côt6 les sols qui, quoique formés en zone in-
tertropicale, évoluent sous l'influence d'un climat tempéré ou frais d'alti-
tude, ou suivant des processus trop excessifs d'hydromorphie, d'halomorphie
ou de calcimorphie.

CONDITIONS D'GVOLUTION

Les climats de type tropical sont très divers, mais ils possèdent ce
caractère commun que la pluie, d'intensité très variable suivant les cas,
tombe dans une période chaude de l'année; et, si l'on excepte ceux d'alti-
tude, que la température est élevée, parfois très élevée, ne présentant que
des variations assez limitées (Birot, 1960). Tout au plus ces oscillations ther-
miques deviennent-elles importantes dans certaines zones désertiques, comme
le Sahara, dont nous laisserons les sols en dehors de notre propos.
Ces simples faits climatiques ont d'importantes répercussions sur la
pédogdnèse et donnent aux sols de ces régions des caractères qui les dif-
férencient de ceux des zones tempérées ou boréales, permettant ainsi d'uti-
liser, avec les limites indiqudes ci-dessus, ce terme de ,,Sols Tropicaux".
Le pluie tombant en période chaude, la quantité d'eau évaporée sera
d'autant plus importante, proportionnellement, et celle qui, s'infiltrant,
pourra provoquer le lessivage des sols, sera d'autant plus faible. En réalit6,
le phdnomène est plus complexe, parce que, en même temps, la pluviom6trie
est plus concentrée qu'elle ne l'est en général sous d'autres climats.
En zone tropicale peu humide, la pdnétration de l'eau reste relativement
limitée et le lessivage des sols ne se fait que sur une profondeur restreinte,
d'autant que, comme le montrent les mesures faites sur bassins versants,

2 14
G.L. 6

en Afrique par exemple, le ruissellement peut déjà être important (Aubert,


1964).
- - - I

En zone tropicale humide, l'efficacité de la masse d'eau qui tombe


devient plus grande, d'autant que la végétation naturelle, la forêt dense en
ce cas, limite le ruissellement.
Enfin, en zone tropicale très humide, la proportion de l'eau arrivée au
sol qui, dans la plupart des cas, ne peut s'y infiltrer, croît très rapidement,
comme l'ont bien précisé Mohr et van Baren (1954). La phétration de l'eau
en profondeur, verticalement ou suivant des trajets plus ou moins obliques,
n'en est pas moins très grande et l'entraînement des éléments solubles ou
pseudosolubles est l'un des processus dominants de la dynamique de ces sols.
L'eau qui s'infiltre dans le sol étant à température élevée - nous avons
souvent mesuré 24-25°C dans les sols de la forêt dense de Côte d'Ivoire
par exemple, contre 9-10°C et souvent moins dans les sols lessivés de la
région parisienne - aura certaines propri&& plus accentuées, par exemple
son pouvoir hydrolytique.
A 25°C le coefficient de dissociation de l'eau est 4 fois ce qu'il est à
10°C; celui de dissolution de la silice est 8 fois plus élevé, et, surtout, la
vitesse de dissolution de ce corps est beaucoup plus grande. Par contre, la
quantité de CO, qu'elle peut entraîner est, relativement, un peu plus faible.
Par suite du pouvoir hydrolytique élevé des solutions qui les traversent,
les sols tropicaux - et c'est déjà, partiellement, le cas pour ceux des régions
subtropicales - seront riches en sesquioxydes métalliques libérés des miné-
raux, le plus souvent Silicat&, qui constituent leur matériau originel. Les
sesquioxydes de fer, accompagnés, dans certains types de sols, de ceux d'a-
luminium et, souvent, d'oxydes de manganèse, prennent alors une grande
importance dans la constitution de ces sols et leur confèrent une couleur parti-
culière, très souvent rouge, ailleurs ocre jaune, ou, en liaison avec d'autres
éEments, humus par exemple, brun-rouge.
Bien des sols tropicaux n'ont pas ces couleurs caractéristiques dès
la surface ; elles y apparaissent cependant en profondeur.
La température élevée des solutions qui s'infiltrent à travers les sols
tropicaux, en même temps que leur volume important, leur permettent,
très souvent, d'en provoquer un approfondissement rapide et très accentué,
dû à l'hydrolyse active des minéraux qui favorise leur désagrégation et leur
morcellement. La pénétration de l'eau en profondeur est d'ailleurs facilitée
par la diminution de sa viscosité, par suite de sa température plus élevée
par rapport à ce qu'elle est en pays tempéré, comme l'ont fait remarquer
Mohr et van Baren (1954).
Un autre fait essentiel est la grande importance que prennent les con-
ditions de pédoclimat - en dargissant un peu ce concept, quant à la limite
supérieure qu'on lui attribue généralement - par rapport même aux condi-
tions de climat, sur la vie du sol et l'bvolution de la matière végétale qu'il
reGoit chaque année et de Ia matière organique qu'il contient. Parmi

215
G.L. 6

les élements constitutifs de la vie du sol, la faune prend en pays tyopicals


une importance qu'elle a rarement, semble-t-il, sous d'autres climats.
Cette influence des conditions climatiques sur la biologie des sols tro-
picaux est, cependant, très variable, quant à son résultat, en fonction sur-
tout, de l'importance de la pluviosité, et, secondairement, de la tempé-
rature du lieu; la première peut se présenter suivant un évantail beaucoup
plus large que la seconde, étan% données les limitations que nous avons,
dès l'abord, admises pour ces reflexions.
Un premier cas correspond à la zone où la pluviosité est tr&s irré-
gulière et faible. La végétation, de type pseudo-steppique à dominance gra-
minéenne, n'a qu'un développement limité. Le sol du type Brun Subaride
(Aubert, 1964) se rapproche, par bien des caractères, des Sols Bruns Step-
piques des pays à hiver froid ou des pays subtropicaux. I1 a cependant
moins de matière organique stable que ceux-ci, surtout que les premiers,
Le pédoclimat étant encore chaud lorsqu'il devient humide la décomposition
de la matière végétale déposée à la surface ou dans le sol est relativement
très forte à cette période de l'année. Cependant, les horizons supérieurs de
ces sols sont soumis à un hygrop6riodisme intense. I1 peut freiner cette évo-
lution, comme l'a montré Bachelier (1963), parmi d'autres, et, selon les expé-
riences de Jacquin (1963), favoriser la condensation des corps hydrosolubles
provenant de la lixiviation des matières végétales en cours de d6composition.
Certains des déments ainsi formés, corps préhumiques de stabilité limitée,
selon Kauffmann et Boquel (1960), paraissent susceptibles de se décomposer
plus ou moins largement lors de chaque réhumectation du sol après ,sa des-
sication, comme l'ont observé Birch et Friend (1956, 1961). Au total, l'accu-
mulation des matières humiques dans ces sols est moindre qu'en pays de
caractère steppique & hiver froid, de pluviosité équivalente comme l'#ontfait
ressortir Maignien (1959), Maignien et Bocquier (1963) en Afrique Occidentale,
Pias (1962) en Afrique Centrale et bien d'autres encore.
E n zone de savane, en climat tropical semi-humide, la quantité de
matière végétale déposée sur, ou laissée dans le sol est déjà beaucoup plus
importante; elle peut aller jusqu'8 6 ou 7 tonnes de matière sèche par
hectare. Une grande partie s'en détruit sous l'action des microorganismes,
microflore et microfaune, ainsi que de la mésofaune-vers, termites, etc.-
mais l'hygropériodisme joue encore A plein son rôle de facteur de conser-
vation et Nye (1961) a bien mont& que l'humus formé reste particuliè-
rement stable. Là se trouve une explication de l'observation de Forestier
(1959) sur la plus forte quantité d'humus d'un sol en savane arborée qu'en
la forêt voisine. Cependant, les processus de fixation d'azote y paraissent
assez peu dhvelopphs, facteur d'apparition de matière humique à C/N rela-
tivement plus élevé comme l'ont observé tant de pédologues.
Sous la forêt dense, non dhgradée, qu'elle se développe sous un climat
tropical humide ou déjà subéquatorial, le phdoclimat reste toujours humide
et chaud (Aubert, 1964). On ne saurait trop insister sur ce fait. Tant que
la réaction du sol n'est pas trop acide, les microorganismes peuvent se
développer très activement tout au long de l'ann6e. Aussi la masse de 14 8
18 tonnes de matière sèche déposbe chaque année à la surface du sol ou

216
G.L. 6

dans les premiers centimètres se dbcompose-t-elle beaucoup plus qu'en pays


tempéré ; Laudelout, Meyer et Peeters (1960), dans leur remarquable
étude sur ce problème de l'évolution de la matière organique en fonction
du climat donnent les chiffressuivants: 65 à 75 p. 100 à Yangambi, au
Congo; 40 à 60 p. 100 en Colombie, contre 6 à 12 p. 100 en pays tempérés,
sous forêt de chênes, et 2-3 p. 100 sous forêt de pins des mêmes régions.
La matière humique formée est relativement stable.
Si, dans l'ensemble des régions tropicales, la dynamique de la matière
organique paraît dépendre d'abord de la pluviosité, ce qui a été souligné
par Bates, (1960) Birch et Friend (1961) et d'autres, par contre, dans la
zone que nous envisageons maintenant, la quantité d'eau qui impregne le
sol et filtre à travers, reste dans des limites telles que ses variations, pourtant
très notables, n'influencent guère ces phénomènes. La température du
milieu devient alors le facteur fondamental. Les études de Jenny et al. (1948,
1
1949,1950,1958,1961)et celles de Laudelout, Meyer et Peeters (1960)permettent
de concevoir une relation matière organique du sol-température, exprimée
sous forme exponentielle comme en d'autres régions, mais les coefficients à
faire intervenir sont beaucoup plus devbs sous climat tropical que sous
climat tempéré : 0,33 8. Yangambi, 0,25 &, Puerto Rico, contre 0,03 à 0,07
en pays tempéré, d'après Laudelout. Peut-être l'absence de gelées et une
action plus prolongée des radiations solaires expliquent-elles cette particu-
larité importante des sols tropicaux. Teneur relativement plus élevée du
sol en azote et carbone, dynamique organique beaucoup plus active, recon-
stitution beaucoup plus rapide de la litière après soutrage, ou de la matière
organique après décapage, sont des caractères maintenant bien démontrés
des sols tropicaux par rapport à ceux des pays tempérks.
La matière organique des Sols Ferrallitiques qui constituent l'essentiel
de ceux de cette zone est bien évoluée, à C/N bas. Elle n'est riche en
acides humiques que sur les premiers centimètres ; très rapidement les acides
fulviques l'emportent ; beaucoup de résultats maintenant le prouvent (Tho-
mann, 1964; Duchaufour et Dommergues, 1963).
Une dernière zone est celle des pays équatoriaux très humides. Une
acidité rapidement croissante des horizons supérieurs du sol, - due à une
pluviosité très largement excessive - limite la vie microbienne et l'activit6
diastasique des levures, phénomène proportionnellement si important dans
les sols précédents.
Ce même excès d'eau provoque, à la surface de nombreux sols, une
hydromorphie temporaire mais fréquemment répétée. Ces deux faits déter-
minent une déviation de l'évolution de la matière organique, processus qui
est alors, pour une large part, sous l'influence du développement des cham-
pignons. Un humus nouveau apparaît, bien plus riche an acides humiques,
nettement plus grossier, à CJN plus élevé et à action tout à fait diffé-
rente de celle de l'humus précédent; la podzolisation - au sens même le
plus strict - peut alors se surimposer à la ferrallitisation.
Un dernier fait important enfin dans la vie du sol tropical et sur
lequel nous reviendrons, est l'extraordinaire ddveloppement que peuvent y

217
G.L. 6

prendre certains -éléments de la mésofaune, vers, fourmis et termites en


particulier, par suite des conditions mêmes du climat tropical.
Si les effets que nous venons d'envisager du climat tropical paraissent
pouvoir s'observer très régulièrement en tout sol soumis à de telles condi-
tions climatiques, il en est d'autres éléments qui ont une très grande signi-
fication en certains pays tropicaux comme l'Afrique, mais qui peuvent être
moins constants.
Les sols tropicaux sont souvent des sols très anciens. La succession des
climats en pays tropical -ou au moins en beaucoup d'entre eux - a permis
leur maintien depuis le début du quaternaire et même depuis plus longtemps.
Leur rajeunissement ne s'est pas effectué ni sous l'influence d'une large exten-
sion des glaciers, ni sous celle d'un remaniement en coulées boueuses comme
cela s'est produit dans les régions tempérées ou méditeranéennes. Souvent,
d'ailleurs, ces sols, plus ou moins remaniés ou décapés, en surface - mais
tL faible distance ou sur une faible épaisseur - ont eu leurs horizons moyens
et profonds protégés par les éléments durcis de carapaces et cuirasses. Le
professeur Kovda y a fait allusion dans son remarquable exposé du premier
jour de ce Congrès.
'Les sols jeunes ne manquent cependant pas sous climat tropical: sols
rajeunis par l'érosion comme dans le Centre-Nord Togo ou en Guinée; sols
très jeunes, d'apport, sur alluvions ou colluvions comme dans le Tabasco,
au Mexique - ils peuvent d'ailleurs avoir beaucoup des caractères des sols
très évoluCs, Ctant formCs à leurs dépens, comme dans la Vallée du Niger,
au Mali; sols sur dt5pôts volcaniques récents, comme certains de l'Ouest Ca-
meroun ou surtout ceux 6tudiés aux Hawaï par Hough, Gile et Foster (1941),
aux Antilles par Hardy et Rodriguez (1941), aux Nouvelles Hébrides par
Tercinier, en Indonésie par les pédologues hollandais,Mohr et van Baren (1954)
en premier lieu; sols sur formation calcaires construites, tels sur coraux
comme ceux que l'on peut voir, plus ou moins proches des rendzines, sur
de nombreuses îles du Pacifique.

CARACTI~RES DES SOLS TROPICAUX

Le climat joue, comme nous venons de le voir, un rôle essentiel et


suivant les processus particuliers que nous avons indiquCs, dans I'évolution
des sols des régions tropicales. Aussi leur imprime-t-il des caractères particu-
liers. Aucun d'eux cependant n'est absolument général.
L'un des plus frappants est leur profondeur. I1 est, en région tropicale
comme ailleurs, des sols squelettiques ou très jeunes, très peu dpais, et dans
les zones, même de climat tropical, o h la pluviosité est faible ils peuvent n'a-
voir comme en d'autres zones climatiques, qu'une profondeur très limitée.
Cependant, dès que la pluie tombe en quantité assez importante - sen Afri-
que Occidentale, à partir de700 ouS00mm les sols deviennent, pour la plu-
part, profonds, et tL plus de 1200 ou 1300 mm, très profonds. De 3 à 4 m
d'épaisseur ils passent à S ou 10.m et même davantage.

21s
G.L. 6
I

I Ce caractère est dû à l’énergie pédogénétique très élevée du. climat, mais


il est accentué par l’ancienneté de beaucoup de ces sols et par la protection
1
1
contre une érosion brutale et lointainement exportatrice que, dans ces régions,
leur a apportée, depuis des dizaines de millénaires, une épaisse végétation,
~
ici de savane arborée, là de forêt dense. Au cours de ces derniers siècles, l’homme
a souvent modifié cet aspect des Sols Tropicaux. Leur phase cultivée est,
, généralement, d‘épaisseur plus réduite.
Parfois, comme nous l’avons déjà indiqué, ils sont protégés contre
l’amincissement par érosion, par la présence dans les horizons supérieurs
ou de faible profondeur, de formations massives et indurées, carapaces ou
cuirasses. Le rajeunissement par décapage ne peut plus s’opérer alors, mais
il arrive même qu’une nouvelle pédogenèse s’installe sur ces chapeaux résis-
tants. Parfois, comme l’a montré Maignien (1960), la pédogenèse peut se
poursuivre à sa base, en dessous de la cuirasse et le sol s’approfondir encore.
Cette évolution profonde peut se développer suivant un processus qui corres-
1 pond aux conditions initiales et non actuelles d’évolution de ce sol.
De nombreux auteurs, dont Bachelier (1959) au Cameroun, Ruhe (1960)
. en Afrique Orientale, de Heinzelin (1952)’Waegemans (1953, 1954) en Afrique
Centrale, ont cependant montré que beaucoup de ces sols très épais ont été
profondément remaniés ou ont reGu de volumineux apports extérieurs.
Un second Caractère tout aussi frappant et, peut-être plus général encore,
des sols tropicaux est leur richesse en sesquioxydes (d’Hoore, 1954). Nous
y avons déjà fait allusion. Elle s’accompagne d’un appauvrissement, absolu
ou, surtout, relatif, en silice. A l a suite des intenses réactions d‘hydrolyse
que subissent les minéraux dans les sols évoluant sous climat tropical, ou lors
de la formation de leur matériau originel, une proportion importante des
oxydes de métaux tels que fer, aluminium, manganèse, titane, parfois nickel,
cobalt, composants essentiels des minéraux des roches, sont libérés et se
maintiennent dans le profil.
Ce maintien peut être dû à ce que le climat, toujours chaud, présente
des périodes de grande sécheresse, à la suite de celles, très humides, qui per-
mettent ces réactions. Les oxydes et hydrates libérés subissent alors une forte
dessication qui les immobilise dans le profil du sol, sous forme pectisée, par-
fois en masses indurées (Maignien, 1958).
E n région tropicale humide, sous la forêt, le sol ne subit pas de pareilles
dessications. Les oxydes et hydrates d’aluminium et de fer, restent, cependant,
fortement liés aux surfaces des éléments minéraux du sol, et, même en milieu
acide, ne paraissent que difficilement migrer. Les éléments organiques qui
seraient susceptibles de participer à leur entraînement ou à leur chdluviation
ne se forment pas ou n’ont qu’une existence très transitoire, et, donc, une
influence très réduite.
E n outre, les phénomènes d’hydromorphie tout à fait superficielle, qui,
en d‘autres sols forestiers comme les Podzols, sont, pour une large part, à
l’origine du démarrage des entraînements des sesquioxydes libérés, n’existent
pas dans ces sols des forêts tropicales où une litière sans cesse en coursde
décomposition repose directement SUT un horizon supérieur, plus ou moins

219
G.L. 6

humifère, mais à humus très intimement lié à la matière minérale et ne faisant


donc pas éponge.
Enfin ces sols sont, le plus souvent, profondément et fortement struc-
turés ce qui améliore leur drainage et limite les engorgements superficiels.
Cette accumulation des sesquioxydes et cet entraînement de la silice
sont prouvés par d'innombrables resultats analytiques.
Ainsi d'après Lacroix (1913) dans les iles de Los en Guinée sur m e
syénite néphélinique contenant 0'97 p.100 Fe,O, et 2,19 p.100 Feo, se forme une
cuirasse à7,41 p.100 Fe,O,; àThu Phop, au Vietnam, d'après Castagnol(l942),
des schistes à 5,12 p. 100 Fe,O, donnent des sols où la teneur en cet élément est
de 13,25p. 100. Dans le sol de Dakpadou, Côte d'Ivoire que nous avions étudié
au Congrès de Léopoldville (Aubert, 1954), la richesse en oxyde de fer passe de
10,9p. 100 dans le matériau originel à 34,5 p. 100 dans l'horizon de concentration
et 32,l p.100 en surface. Dans la littérature les exemples de ce fait abon-
dent, et dans leur Traité, - en particulier dans les chapitres I V et XII-Mohr
et van Baren (1954) en ont cité un grand nombre.
Le même type d'évolution se présente dans de nombreux sols tropicaux
pour les composés d'aluminium. Martin et Doyne (1927, 1930) ont ainsi
étudié en Sierra Leone une norite qui dosait 17,9 p. 100 en Alzo, et qui a donné
naissance à une cuirasse qui en contient 51,l p.100 L'enrichissement en
alumine peut atteindre, dans certaines cuirasses blanches, formées en
place, jusqu'à plus de 64 p.100 (Guinée, Surinam).
Cependant les oxydes de fer et de manganèse, tout en s'accumulant
dans le profil, se laissent parfois entraîner dans les horizons supérieurs, par
exemple dans la plupart des Sols Ferrugineux Tropicaux, dont la mobilité
des sesquioxydes de fer est si frappante par rapport à leur stabilité dans la
plupart des sols Ferrallitiques ou dans les Sols Ferrallitiques Lessivés, des
régions équatoriales ou tropicales très humides.
A Dakpadou, l'horizon supérieur est moins riche en cet élément que celui
qui lui est juste sous-jacent : 32,l contre 3 4 3 p.100.
Dans le sol de Sierra Leone étudié par Martin et Doyne (1927, 1930)
la cuirasse, en surface, en contient 19,l p.100, le matériau originel, proche de la
roche, 23,2. Sur basalte, à Dschang, au Cameroun, il s'en trouve 10,9p. 100 dans
l'horizon supérieur contre 25,3 p. 100 dans l'horizon d'accumulation.
Parfois, l'horizon subsuperficiel devient très clair, blanchi, même
cendreux, et, en surface, se constitue un humus grossier de type ,,morr'. Cela
a été observé en divers pays, par exemple en Indonésie, d'après divers au-
teurs, en Amazonie d'après Kovda, en Basse Côte d'Ivoire par Leneuf
(1956), au Nord Congo de Brazzaville par Bocquier. Dans ce dernier cas
il y a podzolisation véritable au sommet d'un Sol Ferrallitique. Cet entraîne-
ment s'explique à la fois par une pluviosité plus abondante, et, surtout, par
les conséquences indirectes qu'elle a sur l'horizon superficiel du sol : acidi&
cation, formation de matieres humiques plus grossières, engorgement hydrique
superficiel à certaines époques, tous processus qui permettent ou favorisent
la migration d'au moins certains de ces oxydes et hydrates.

220
G.L. 6

E n même temps que se produit cette évolution dans certains sols, la


silice est entraînée, principalement silice des silicates et des alumino-silicates,
mais aussi, parfois, silice des grains de quartz, après leur morcellement très
poussé. C'est essentiellement en Sol Ferrallitique que ce processus se développe.
On en aurait des exemples éclatants en prenant les chiffres correspondant aux
sols que nous avons cités précédemment. E n voici d'autres: à Ayamé, en
Basse Côte d'Ivoire, d'après Leneuf (1959),la roche contient 59,s p.100 de silice
combinée, l'horizon supérieur 16,l p. 100. D'apres Pécrot et al. (1962)dans un sol
étudié au Kivu, la teneur en SiO, passe de 46,4 p. 100 dans le matériau originel
à 30,3 et 31 p.100 en surface.
Cette mise en solution de la silice se fait facilement aux pH élevés des
horizons d'altération, observés par de nombreux auteurs, en particulier par
Bonifas (1959), Leneuf (1959), Mohr et van Baren (1954), et bien
d'autres, et, très récemment' encore, par Pedro (1964) dans ses remarquables
études de pédologie expérimentale. Elle peut se produire également en milieu
neutre ou acide, et ce n'est qu'à pH très bas que la silice ne pourrait être
entraînée hors de son milieu de libération, comme l'ont rappelé Millot et ses
collaborateurs (1960) dans leur récente revue de la dynamique de la silice.
Un élément de ce problème que nous connaissons mal est la vitesse
de migration des solutions dans les sols par rapport à celle des réactions chi-
miques qui peuvent affecter les corps qu'elles contiennent. Peut-être y-a-t-il
dans cette comparaison, en chaque cas, de la vitesse d'entraînement de la
silice et de celle de la réaction qui peut l'unir aux hydrates d'alumine présents
dans le milieu, une possibilité d'explication des faits observés de désilicification,
de resilicification et rekaolinisation. Dans certains de ces sols tropicaux, en
effet, la perte de silice peut être presque totale. Aux îles de Los la cuirasse
étudiée par Lacroix (1913) ne contenait plus que 0,37 p.100 de SiO,, la syénite
néphélénique dont elle provenait en ayant 56,9 p.100. E n Nouvelle Calédonie
et & Tahiti, Tercinier (1963) a décrit des sols dans lesquels SiO,/Al,O, n'est
plus que de 0,l et même moins. Sherman et al. (1948) aux Hawaï et Ségalen
(1957) à Madagascar, ont signalé des cas analogues sinon aussi poussés comme
6 volution.
Cette silice peut être entraînée hors du profil et se retrouver dans les
eaux de drainage puis les rivières, ou, à la suite d'un de ces phénomènes d'en-
traînement latéral, si fréquents en pays tropical, dans un des sols du bout
le plus bas de la chaîne à laquelle appartenait celui qui a fourni la silice; il
peut s'y former, alors, un Vertisol. Mohr et van Baren (1954) ont donné
des exemples très précis de ces deux cas.
Elle peut aussi s'accumuler à la base du profil, quartz de néoformation
décrit par Sir John Harrison (1934) ou meulière feuilletée et vacuolaire comme
des meringues, ou au contraire à la base du paysage, meulière caverneuse
ou compacte par bloc. Ce fait a déjà été plusieurs fois signalé et nous avons
pu observer en Nouvelle Calédonie ces deux types de meulière d'origine
pédologique.
Dans tous les cas précédents la silice libérée reste ou sort du profil;
les sesquioyxdes peuvent se maintenir individualisés. D'autres fois cependant,
et en particulier lorsque le sol présente soit à sa base dans le matériau originel

221
G.L. 6

d'altération, soit un peu plus haut dans son profil, dans l'horizon d'argile
tachet.de, une zone de mauvais drainage, la silice, d'abord libérée, en général
dans un horizon supérieur, et entraînée, peut se recombiner avec les éléments
prégibsitiques tels que définis par Fripiat, et qui ont pu prendre naissance en
ce point. I1 se forme alors une kaolinite de néosynthèse, observ6e lors d'études
précises de Sols Ferrallitiques, par exemple par Sir John Harrison (1934)
ou par Leneuf (1959).
Jusqu'à ces demières années la matière organique des sols tropicaux n'a-
vait été étudiée que par quelques rares chercheurs-par exemple Craig et Hallais
(1934), Hardon (cité par Mohr et van Baren, 1954), Theron et Van Niquerak
(1934), Villanueva et Lumang (1935). Les recherches de Jenny et al. (1948,
1949, 1950, 1958, 1961) et d'autres, donnaient déjà quelques idées sur leur
évolution. Maintenant les éléments de sa connaissance s'accumulent, en parti-
culier grâce aux travaux de Nye (1960), Bates (1960) Laudelout et Meyer,
(1954, Laudelout, Meyer et Peeters (1960), Meyer(1959), Dommergues (1962),
Thomann (1964), pour les sols d'Afrique, à ceux des collaborateurs de Jenny
pour les sols d'Amérique, à ceux de van Schuylenborgh et Tan (1961) ou à
ceux de Tyurin et Kononova, (1963), de Kononova (1961), Niu Ching
Wen (1961)' Tu Men Chau (1960) et d'autres, ainsi qu'à ceux de Jenny et
Raychaudhuri (1960) pour les sols d'Asie.
I1 est cependant difficile de parler d'une façon g6nérale de la matière orga-
nique des sols tropicaux. Elle est trop différente d'un type de sol à un autre,
Comme nous l'avons vu précédemment, dès qu'ils sont assez humides
sans, cependant, manquer d'oxygène, et s'ils ne sont chimiquement pas trop
pauvres ou trop acides, ces sols constituent, grâce à leur température élevée,
un remarquable milieu pour une décomposition très poussée de cette matière
organique ; et le résidu de cette ,,fermentation", l'humus stable, ne sera qu'en
faible proportion par raport à la masse de matière végétale acquise en un temps
donné par le sol, mais cependant en quantité plus élevée, relativement à la
température, qu'en pays tempéré.
Les Sols Bruns Sublarides des pseudosteppes tropicales ne se différencient
pas sensiblement par leur humus des sols de steppe des régions tempérées plus
ou moins continentales. I1 est en moindre proportion par suite de cette décom-
position plus poussée que nous signalons ci-dessus, mais l'on y retrouve,
quoique moins accusée peut-être, la dominance des acides humiques sur les
acides fulviques, caractéristique si essentielle des sols steppiques.
De même, il ne paraît pas que les tourbes des pays tropicaux diffèrent
très sensiblement de celles des régions subtropicales, tempérées ou bor6ales i.
La même remarque paraît valable en ce qui concerne les Vertisols, les Sols
à Alcalis, les Solonetz etc. Reconnaissons cependent que de plus amples 6tudes
sont nécessaires à ce sujet.
Par contre, il est deux catégories de sols spécifiques des régions tropica-
les, Sols Ferrugineux Tropicaux et Sols Ferrallitiques, dont l'humus doit
retenir notre attention.

R. Didier de Saint-Amand, Contribution A l'étude des sols hydromorphes organiques


de Madagascar.

222
G.L. 6

Dans les premiers, le coefficient de minéralisation du carbone, tel que


défini par Dommergues (1960), est moyen, supérieur à celui des sols hydro-
morphes mais bien inférieur à celui des Sols Bruns Subarides. Leur activité
biologique, assez basse dans les plus sableuxet les plus secs, peu lessivés,
augmente très fortement dans les plus lessivés, de zones plus humides, et
de végétation moins clairsemée, au moins lorsqu'ils sont développés sur un
matériau limoneux ou argileux. Ils sont aussi riches et parfois même plus
riches en acides humiques que fulviques et dans les premiers la proportion
d'acides humiques gris, très différrents cependant d'après Duchaufour et
Dommergues (1963) de ceux qui caractérisent les sols de chernozem et,
partiellement, les vertisols, est élevée.
La matière organique de ces sols, quoique trés évoluée, a un rapport
C/N qui reste souvent autour de 15-16. L'humus tend à croître en début
de saison sèche, comme l'a montré Ghildyal (1963) et comme cela a été ob-
servé par d'autres (Bouyer, 1959) I, le développement des bactéries reste
encore très élevé à cette période. L'évolution de la matière organique semble
se maintenir, si la température est élevée, même si le sol devient très sec
(Dommergues, 1962). La succession de saisons sèches et de saisons de pluie
ainsi que la grande valeur des radiations solaires en ces pays - faits sur
lesquels Rode (1961) a tant insisté - sont les Cléments qui expliquent probable-
ment ces quelques caractéristiques que nous venons d'indiquer pour ces sols.
Dans les Sols Ferrallitiques formés sous forêt dense les processus géné-
raux restent les mêmes, simplifiés par le caractère toujours humide du pé-
doclimat (Aubert, 1964). Aussi est-ont très frappé de constater, au premier
abord, la grande différence du type de leur matière organique par rapport à
celle des sols précédents. La décomposition y est plus poussée, la minéralisa-
tion est intense, comme le prouvent les résultats de Nye (1960) au Ghana, de
Jenny et Raychaudhuri (1960) aux Indes, la condensation des molécules or-
ganiques plus réduite. Les acides humiques necomportent plus que 30 à 40
p. 100 de gris, alors que dans les précédents cette teneur atteignait 60 à 70
p. 100 Selon Tu Men Chau (1961),on passe du type ,,humates libres" au type
,,humates-fulvates". Divers auteurs, tels que ICononova (1961), Niu Cliing
Wen (1961), Thomann (1964),de Boissezon (1962),Duchaufour et Dommergues
(1963) et d'autres ont insisté sur cette prédominance des acides fulvi-
ques. Dans un tel sol du Cameroun, étudié par Thomann2 le rapport acides
humiqueslacides fulviques est de 1,l tout à fait en surface avec un C/N
de 11, mais dès 1 cm de profondeur ces valeurs passent à 0,4 et 7,5 à 8 3
jusqu'à 25 cm, diminuant encore plus profondément. La matière organique
de ces sols comprend des éléments très mobiles et facilement décomposables
lors d'une modification des conditions du milieu, comme une mise en défri-
chement, et une fraction très stable, liée à la kaolinite comme l'a mis en évi-
dence Smith (1954) pour les sols de Porto-Rico, Ce type d'humus peut cepen-
dant varier, en particulier s'il s'accumule dans le sol. Scheffer, Sunckel et Welte
(1958) ont montré qu'alors son rapport C/N croît. Tel est le cas des Sols
1 R. Fauck et J. P. Cointepas, renseignement in6dit.
2 Resultat inidit.

223
G.L. 6

Ferrallitiques Lessivés et Podzolisés des régions très humides ou formés sur


roche-mère pauvre en bases. Leur teneur en acides humiques bruns
augmente, en même temps qu’ils restent très riches en acides fulviques
et que les complexes ferro-organiques y prennent une plus grande impor-
tance. Dans les cas extrêmes la matière organique de ces Sols Ferrallitiques
Podzolisés apparaît comme très semblable à celle des Sols Podzoliques.
D’autres caractères sont encore communs à un assez grand nombre de
Sols Tropicaux ; ils portent essentiellement sur leurs horizons supérieurs.
Les premiers sont dus aux remaniements mécaniques qu’ils subissent.
I1 est fréquent que, par suite soit d’un passage brusque de l’horizon supérieur
à l’horizon sous-jacent, soit d’un très fort enrichissement du premier en élé-
ments grossiers ou de la présence entre les deux horizons, d’un lit de graviers,
on soit d’abord tenté de conclure qu’il s’agit là d’un recouvrement d’un ancien
sol par un matériau tout différent. Celà peut se produire. Divers auteurs l’ont
montré, en particulier Waegemans (1953) en Afrique Centrale, Riquier
(1965) à Madagascar etc.
Cependant, souvent il n’en est rien. Le sol est bien en place, et seule-
ment remanié en surface. La cause de ces modifications peut être de simples
glissements à faible distance de l’horizon supérieur plus structuré et concréti-
onné, donc plus perméable, sur l’horizon inférieur plus compact; ou des
déracinements successifs d’arbres de la forêt ou de la savane. Peut-être aussi,
dans ces sols très vieux, les éléments grossiers, cailloux et graviers, pourraient-
ils, sous leur propre poids, pénétrer peu à peu, au long des siècles, à travers
l’horizon structure de surface jusqu’à ceux plus compacts de profondeur comme
l’a suggér6 Laporte (1962). Enfin si l’érosion en nappe est très active et très
dégradante SUT les Sols Ferrugineux Tropicaux sous la savane arboree, elle
n’en joue pas moins sur les Solls Ferrallitiques sur pente, même sous la forêt,
le ruissellement ayant lieu sous la litière. I1 n’en est empêché par aucune couche
intermédiaire d’humus brut ou de matière végétale plus ou moins humifiée.
L’enlèvement des éléments fins ainsi commencé en surface par l’eau
qui ruisselle, se poursuit à l’intérieur de l’horizon supérieur sous l’influence du
lessivage oblique des éléments colloïdaux.
Très fréquemment, dans ces sols des régions tropicales semi-humides
ou humides, l’appauvrissement en eléments fins de l’horizon de surface n’est
pas compensé par l’enrichissement correspondant d‘un horizon plus profond.
Ainsi, Fauck (1964) a étudié, dans le sud du Sénégal, des Sols Faiblement
Ferrallitiques dont la teneur en argile passe progressivement de 15 p.100 en
surface à 30 p.100 à 40 cm puis à 38 p.100 à 50 cm pour rester à 35-36 p.100
jusqu’à plus de 4 m de profondeur.
Ces remaniements peuvent aussi résulter de l’action de la faune. Termites
et vers sont capables de construire, au sommet de ces profils de sols, des
horizons nouveaux. Dus aux premiers, ils peuvent dépasser 1 m d’epaisseur,
et présentent une texture plus argileuse, en même temps que, très souvent,
un enrichissement en calcium et en acide phosphorique. Dus aux seconds,
ils ont une teneur plus forte en matière organique et en sable fin et limon,
comme l’a montré Bates (1960) en Nigéria.

224
G.L. 6

Ils peuvent enfin présenter encore d’autres caractères, d‘origine climati-


que, plus de détail, mais très fréquents, et souvent importants sur le plan de
leur utilisation. Ils peuvent être dus à un effet direct de leur température,
toujours forte, ou indirect, par suite de la richesse en sesquioxydes qu’elle
y provoque; ou à un effet des alternances de sécheresse et d‘humidité qu’ils
subissent.
Comme l’ont bien mis en évidence les pédologues belges qui travaillaient
au Congo (d‘Hoore et Croegaert, 1954),Ces sols des régions tropicales humides
sont souvent pauvres en limon vrai, par suite de l’intensité de l’altération,
mais ils se montrent fréquemment très bien pourvus en pseudolimon ou en
pseudosable fin qui ne sont que des microconcrétions ferrugineuses.
Leur structure peut s’en trouver, secondairement transformée. Dans
les cas extrêmes - sols bauxitiques - elle devient farineuse. Ailleurs, en se
désséchant plus lentement, les sesquioxydes peuvent délimiter une macro-
porosité vacuolaire assez large et définitivement fixée ;elle devient maximum
dans certaines carapaces et cuirasses.
Quant aux Cléments qui servent d’aliments aux plantes, ils peuvent
présenter dans ces sols tropicaux une évolution toute particulière. Ele est
analysée par certaines communications à ce congrès ; aussi n’insisteronplnous
pas sur ce point : disponibilité de l’azote, libération et entraînement dus otas-
sium, fixation de P,O, par les sesquioxydes et libération brutale de la frac-
tion de cet élément en réserve humique, lors de la décomposition de la matière
organique ; cycle biotique des oligo-éléments qui, dans certains sols, provoque
leur accumulation tout fait en surface, en plus de celle qui se produit, si
fréquemment, en profondeur à la suite des processus de lessivage.

CONCLUSION

I1 paraît difficile de tirer une conclusion à la suite d’un exposé aussi


incomplet que le nôtre, puisque nous n’avons fait qu’effleurer l’examen de
caractères qui sont essentiels, pour la fertilite de ces sols tropicaux et que
nous n’avons envisage ni leurs processus de formation ni leur classification.
I1 apparaîtbien que les Sols Tropicaux ne forment pas une catégorie
superieure dans la classification des sols du monde, mais qu’ils comportent des
caractères assez particuliers et distinctifs qu’on retrouve, sinon toujours, au
moins très fréquemment, dans ces sols des régions intertropicales, dès que la
pluviosité du lieu ou leur humidité sont suffisantes pour que puissent s’exprimer
les déments que la température élevée tend à induire : profondeur, richesse
en sesquioxydes, type très évolué de matière organique ; la présence d’hori-
zons supérieurs remaniés, sans être vraiment caractéristique, fait cependant
partie du faisceau d’déments qui donnent à ces sols une certaine individualité.
Souhaitons que lors d’un Congrès ultérieur, dans encore 1O’ou 12 ans, un ta-
bleau plus complet et plus synthétique puisse être donné de ces sols tropicaux.
I1 faut pour cela que les recherches s’intensifient dans les zones où ils évoluent
- prospections précises et détaillées pour permettre la connaissance
de nouveaux sols, ou une meilleure caracterisation de ceux déjà reconnus,
en particulier sur les roches volcaniques;

225
G.L. 6

- études de laboratoire sur les processus de ferrallitisation et le mé-


canisme du durcissement des sesquioxydes fondement du cuirassement ; sur
la dynamique des réactions de libération, d'entraînement et de recombinaison,
de ces sesquioxydes et de la silice; sur la caractérisation plus précise de la-

1
matière organique dans ces divers sols ; sur le rôle de la faune ; sur le déplace-
ments mCcaniques relatifs ossibles des divers Cléments en fonction u temps.
- études appliquées sur le plan agronomique, en particul'er à la
dynamique de l'azote et es oligo-éléments en ces sols; sur le m intien et
même I'amBlioration de le r structure, lors de leur mise en culture ;
- sur le plan de l'ingénieur, en particulier sur le durcissemen possible
ii
des routes en terre ou des soubassements de constructions, routes, bâtiments
etc. ainsi que sur leurs caracteristiques vis-&vis des phénomènes de corrosion,
tout autant que de conduction de l'électricité atmosphérique, ou transportée
sous diverses tensions.
Plus notre connaissance de ces sols tropicaux s'accroîtra, même sur un
plan fondamental, meilleure sera l'utilisation que nous pourrons en faire et
nous ne devons pas oublier qu'ils représentent l'une des principales réserves
de sols permettant de produire davantage d'éléments utiles à l'homme.

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G.L. 6

RÉSUMÉ

Aprhs un bref historique des recherches effectuées sur les sols tropicaux, l'auteur expose
les conditions d'évolution de ces sols : il insiste spécialement sur les conditions climatiques qui
ont d'importantes rdpercussions sur la biologie du sol et sur la pédogenèse e t qui confèrent aux
sols de ces régions des caracteres particuliers et distinctifs, permettant d'utiliser le terme de
,,sols tropicaux".
Parmi les principaux caractères des sols tropicaux, sont sujets à discussion : leur grande
profondeur ; leur richesse en sesquioxydes e t leur faible teneur en silice, dus à l'entraînement de
la silice de la partie supérieure du sol; le type très évolué de la matière organique; la présence
d'horizons supérieurs remaniés (sans être vraiment caractéristique); la présence de microconcré-
tions ferrugineuses; l'intense activité de la faune etc. Tous ces caractères constituent des élé-
ments qui donnent à ces sols une individualité précise.
Pour l'explication des processus de la genèse des sols tropicaux il est nécessaire d'intensi-
fier l'étude des régions oÙ ils se rencontrent.

SUMMARY

After a brief history of the investigations carried out on Tropical soils, the author discusses
the conditions of evolution of these soils; particular stress is laid on the climatic conditions that
have a marked influence on soil biology and genesis and which give t o the soils of these regions
their particular and distinctive features. making it possible t o use the term of ,,Tropical soils".
Among the main features of Tropical soils the author discusses : their great depth ;richness
in sesquioxides and low silica content due t o removal of the latter from the upper part of the soil ;
the highly evolved type of organic matter; the presence of relayed upper horizons (without being
actually characteristic) ; the presence of ferruginous microconcretions ; intense activity of the
fauna, etc. All these elements give a certain individuality t o these soils.
I n order to elucidate the genesis of Tropical soils further investigations will be necessary
in the regions in which they appear.

ZUSAMMENFASSUNG

Nach einer kurzen Beschreibung der ausgeführten Forschungen über die tropischen
Böden werden die Entwicklungsbedingungen derselben geschildert : es wird besonders auf die
klimatischen Verhältnisse eingegangen, die bedeutende Einwirkungen auf Bodenbiologie und
Bodenbildung ausüben und die den Böden dieser Gebiete besondere und unterschiedliche Merk-
male verleihen, welche das Verwenden der Benennung ,,tropische Böden" erlauben.
Von den Hauptmerkmalen der tropischen Böden werden besprochen : ihre grosse Tiefe ;
der Reichtum a n Sesquioxyden ; der geringe Kieselsäurgehalt infolge der Beseitigung derselben
aus der Oberschicht des Bodens ; sehr entwickelter Typ organischer Stoffe ; das Vorhandensein
der ungelagerten oberen Horizonte (ohne tatsächlich charakteristisch zu sein) ; das Vorhandensein
eisenhaltiger Mikrokonkretionen ;intensive Tätigkeit der Fauna usw. Alle diese Merkmale bilden
eine Verkettung von Elementen die diesen Böden eine gewisse Individualität verleihen.
Zur Klärung der bodenbildenden Vorgänge, und der Klassifikation und Bildung dieser
Böden, ist eine Verstärkung der Forschungen in den Gebieten in denen sie auftreten nötig,
8th I N T E R N A T I O N A L C O N G R E S S O F S O I L S C I E N C E
VIII" C O N G R k S I N T E R N A T I O N A L DE LA S C I E N C E DU SOL
VIII. I N T E R N A T I O N A L E R B O D E N K U N D L I C H E R K O N G R E S S .

BUCHAREST - ROMANIA, 1964

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