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LE PAPE
LE L I V R E C H R É T I E N Le Conclave, l'élection
et les cardinaux
CHANOINEC. BARTHAS
« Tous les Pontifes romains en-
semble, dit Bossuet, doivent être
LOUIS BERTRAND
de l'Académie française DANIEL-ROPS considérés comme la seule personne
de saint Pierre continuée. »En effet,
HENRY BORDEAUX derrière les hommes qui, depuis
de l'Académie française deux millénaires, se succèdent sur
Sales le trône de saint Pierre, il y a une
THOMAS DECELANO institution divine. C'est le caractère
permanent de la Papauté que
LOUISCHAIGNE M ISS A E S T Charles Pichon a voulu dégager
dans son livre. Il ne s'est pas atta-
ché à l'étude de tel ou tel pape
DANIEL-ROPS ISDE
PHOTOGRAPHE mais du Pape en général.
Dans une série de chapitres extrê-
de l'Académie française LAUREALBIN-GUILLOT mement vivants, il nous montre com-
ment, après la mort d'un pape, est
élu son successeur, c'est-à-dire les
! diverses étapes du Conclave au
PHILIPPE DEFROBERVILLE Pour chacun des grands m "oments" de la cours duquel est désigné le Vicaire
Messe,Daniel-Rops aécrit unbrefcommentaire du Christ, chef spirituel de quatre
cents millions de fidèles, puis les
CARDINALGRENTE
de l'Académie française
Archevêque-Evêque du Mans
hisatuoreriquAelbeint-G
L lituurigloiqtuaefaiettucnom
espuoistéeudna'edm pririèabreles; cérémonies du Couronnement. Un
dernier chapitre est consacré au
cphhroé[Link] uteâlivgree; ilestesntécpeasrstiaciurelièreàmtoeuntt
Sacré-Collège, c'est-à-dire aux car-
dinaux qui ont la lourde responsa-
bilité de choisir parmi eux le Pontife
JACQUES HÉRISSAY
la recommandéàceuxquiveulentprier encommun, suprême.
HENRI LASSERRE à haute voix, ettous ceuxquidésirentmeiux Ce livre nous aide à mieux com-
prendre, à mieux respecter celui qui,
Les
Notre-Dame de pénétrerlesensprofonddelaliturgie. suivant le mot de Daniel-Rops, est
le témoin, l'héritier, le lien vivant
NAZARENOPADELLARO Pour que ce livre soit vraiment accessible à qui rattache nos générations mor-
XII
CHARLES PICHON tous,sonprixaété fixéextrêmementbas. telles à Celui de qui la Parole ne
meurt pas. ★
RÉMY Couverture :
Saint-Pierre de Rome
Le
R. P. MICHELRIQUET
face à LIBRAIRIE ARTHÈME FAYARD Photo Rapho
LOUIS-FRÉDÉRIC ROUQUETTE
MONSEIGNEURTROCHU
Le Curé
[Link] Imp. Watelet-Arbelot
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DU MÊME AUTEUR
L'ÉCRIVAIN ET LA VICTOIRE, Paris, Éditions de la Revue
des Jeunes, 1921 (Épuisé).
LE PAPE ET LA CITÉ DU VATICAN, Paris, Plon, 1933.
LE VATICAN ET LE MONDE MODERNE (en collaboration avec
Géo London), Paris, Éditions des Portiques, 1933.
HUIT JOURS AU VATICAN, Paris, Spes, 1934.
LA LÉGENDE DORÉE DE SAINT JEAN Bosco, Lyon et Paris,
Vitte, 1934.
HISTOIRE DE L'ENTRE-DEUX GUERRES (2 vol.), Montréal,
Achard, 1941.
LE HOUZARD, Paris, Éditions de la Nouvelle France, 1946.
LE SAINT DU SAHARA, Paris, Éditions de la Nouvelle
France, 1946.
HISTOIRE DU VATICAN, Paris, S. E. F. I., 1946 (ouvrage
couronné par l'Académie Française), Éditions allemande;
Freudebeul, Essen, 1950 ; anglaise : Dutton, New-York,
1950; espagnole : Hymsa, Barcelone, 1950.
LECLERC, Paris et Lyon, S. E. F. I., 1948.
CHARLES DE FOUCAULD, Paris, Éditions de la Nouvelle
France, 1946.
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LE PAPE
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CHARLES PICHON
LE PAPE
LE CONCLAVE, L'ÉLECTION
ET LES CARDINAUX
LE LIVRE CHRÉTIEN
L I B R A I R I E A R T H È M E FAYARD
18 RUE DUSAINT-GOTHARD PARIS XIV
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NIHIL, OBSTAT :
PARIS, le 30 novembre 1955
A. DE PARVILLEZ S J.
IMPRIMATUR
PARIS, le 2 décembre 1955
MICHEL POTEVIN V. G.
Photos Keystone et Archives.
Copyright by F. Brouty. J. Fayard et C , 1955.
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INTRODUCTION
La Papauté est la plus vieille institution dumonde. En Europe,
les amateurs d'antiquité saluent bien bas une noblesse qui peut
remonter aux Croisades : mais la Papauté est antérieure aux
Croisades dedix siècles. En Asie, berceau del'humanité, certaines
religions peuvent revendiquer une antiquité millénaire : mais
elles sont plutôt des syncrétismes de croyances qu'une Église
positive et que, surtout, le gouvernement d'un Chef spirituel.
Seule, la Papauté possède donc, parmi les établissements de
notre époque, ce caractère d'ancienneté deux fois millénaire, unie
à l'activité la plus intense et la plus étendue : cérémonies du
Vatican, « Églises du silence », Action catholique, diplomatie
pontificale, action sociale, liturgies multiples, des Chaldéens aux
Latins et des Latins aux Mozarabes, prêtres, évêques, religieux
de toute robe et de toute couleur...
Or, cette Puissance exceptionnelle reste sur bien des points,
sinon inconnue, du moins mal connue. Le secret nécessaire qui
entoure certaines de ses démarches, le langage particulier de sa
Chancellerie et, plus encore, la «laïcisation »du monde moderne
qui, au regard de tant de spectateurs sans préjugés, fait de son
dogme un corps intellectuel inassimilable, de son culte une sorte
de curiosité fossile, de sa mystique une étrange duperie : tous ces
motifs contribuent à donner de l'Église l'image d'une Puissance
incompréhensible et déconcertante, voire dangereuse, à la fois
pour le cœur et l'esprit.
Les pages qu'on va lire —et qui ne relèvent pas de l'apolo-
gétique —n'ont d'autre objet que d'exposer, d'expliquer au lec-
teur de bonne foi, de lui «raconter »ce qu'est réellement l'Église,
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en éclairant celle-ci en profondeur, sous ses angles les plus divers,
et en commentant cette présentation grâce aux données de
l'Histoire et à l'expérience personnelle de l'auteur : elle sera donc,
si l'on veut, une sorte de spectacle «Son et Lumière », pour lequel
les projecteurs seront braqués essentiellement sur le Chef visible
de l'Église, le Pape, et sur ses associés les plus éminents, ceux
qui «portent »l'Église avec lui, le Sacré-Collège des Cardinaux.
L'Église catholique, apostolique et romaine commence à Jésus-
Christ. C'est Lui-même qui l'a fondée lorsqu'Il déclara au patron-
pêcheur Simon Bar-Jonas, vers l'an 27 denotre ère :
— Je te dis que tu es Céphas (Rocher, Pierre), et sur cette
Pierre je bâtirai mon Église (1).
Ces paroles, qui figurent en lettres de deux mètres de haut à
l'architrave de Saint-Pierre de Rome, sont de soi capitales. Mais
non moins capitale est aussi l'interprétation qu'en ont donnée, dès
l'origine, les communautés chrétiennes, à la fois dispersées et
fraternelles, du monde romain : «Au regard de l'historien attentif
à la leçon des faits, le catholicisme des premiers siècles se mani-
feste comme une communion d'Églises sans nombre dispersées
dans le monde, communion mystique et concrète, fondée sur le
conformisme de la foi, des institutions, avec, pour centre sensible
de gravité, l'Église romaine... »
Ces lignes sont d'un prélat, sans doute, M Batiffol, en tête
deson ouvrage sur le Siège apostolique. Mais ellestrouventconfir-
mation dans le témoignage peu suspect d'un Harnack protestant
et moderniste, estimant de son côté que «tous les éléments de
l'évolution ultérieure de la constitution de l'Église sont prêts à la
fin du second siècle, et même avant, et que de nouveaux facteurs
n'interviendront pas, à l'exception de l'Empereur chrétien...
Même la primauté de fait de Rome est déjà indéniable ».
Au témoignage de Suétone, d'ailleurs, la communauté chré-
tienne de Rome datait certainement du règne de Claude, ce sou-
verain maladif et timide qui, de 41 à 54, se laissa gouverner par
(1) Mat., XVI, 18.
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ses deux épouses, d'abord l'impudique Messaline, puis l'orgueil-
leuse Agrippine, la fille de Germanicus, la mère de Néron. Mais
sous Claude, les chrétiens ne comptent guère. Personne, ou pres-
que, ne s'occupe de cette secte obscure, — une de plus dans le
grouillement du Moabit ou du White chapel romain.
Sous Néron, toutefois, ces mêmes chrétiens, dont la commu-
nauté s'est prodigieusement développée dans Rome, vont par-
venir, si l'on peut ainsi parler, au premier rang de l'actualité.
Quelles qu'aient été en l'espèce les intentions et les responsabilités
du rejeton détraqué de Domitius Ahenobarbus, —de l'empereur
qui fit assassiner son précepteur, son frère, sa femme et sa mère,—
le fait n'est pas contesté que ce fut sous son règne, L. Domitio
Nerone imperitante, qu'après l'incendie de Rome les chrétiens
furent enveloppés de peaux de bêtes saignantes et livrés à des
chiens furieux. Plus raffiné encore : on les attacha à despoteaux,
on les enduisit de poix et de résine, puis, la nuit tombée, on
alluma ces flambeaux humains pour éclairer, vivants, les Jar-
dins... Et bientôt viendra la décollation de saint Paul, le cruci-
fiement de saint Pierre. Pendant les trois premiers siècles, tous
les Papes souffriront mort et passion pour le Christ, tous les
Papes mourront «martyrs ».
Ainsi commencèrent, atroces et grandioses, les supplices qui,
pendant des siècles, dans Rome et dans l'Empire, allaient guetter
les chrétiens. Telles furent les premières relations du Pape et de
l'Empereur, —et telles on les a vu se continuer de nos jours en
U. R. S. S., chez les satellites, en Chine, au Nord-Vietnam.
Rien n'arrêta cependant l'essor du christianisme ni le déve-
loppement de la communauté romaine. L'Église de Rome appa-
raît dès l'origine commela première entre les Eglises, prima inter
pares. Ses évêques, héritiers du pouvoir de Pierre, —le «Prince
des Apôtres », c'est-à-dire le premier des évêques, — décident
dans les questions litigieuses et les tranchent en dernier ressort.
Dès le second siècle, le pape Victor I , qui occupa la chaire de
saint Pierre de 193 à 203, règle la délicate affaire de la Fête
pascale. L'Asie la célébrait le 14 Nisan (ou 14 jour du mois
lunaire), alors que Rome la célébrait toujours un dimanche du
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mêmemois. Victor I fit prévaloir entous lieux l'usage romain,
—et cen'était pas unepetite affaire quand onsonge à l'acharne-
ment avec lequel, aujourd'hui, certains orientaux défendent leur
calendrier! La querelle pascale fit donc apparaître au monde
civilisé toute une «confédération »d'Églises chrétiennes s'éten-
dant de Lyon à Edesse et trouvant son centre à Rome: confédé-
ration d'ailleurs organisée et hiérarchisée, parce que c'est là sa
principale défense contre le foisonnement des premières hérésies
(ébionites, gnostiques, nicolaïtes) et des premiers schismes. Car
les premiers docteurs hétérodoxes, les prédicateurs de «nouveau-
tés », sont assurés, même s'ils rencontrent bon accueil dans une
Église isolée, de ne point-le retrouver dans une autre, parce que
le centre de l'Épiscopat, —Rome —aussitôt alerté, aura élevé
son veto.
C'est cette organisation de l'unité parmi tant de causes de
dissolution qui apparaît à Renan comme «le véritable miracle
du christianisme naissant ».
Maisprécisément, l'organisation descommunautéschrétiennes
groupées en provinces, gouvernées chacune par un évêque et
dont le métropolitain pouvait convoquer un Concile, les unes et
les autres reliées au «chef »de Rome, une telle organisation ne
pouvait manquer d'inquiéter l'Empire. Alors que celui-ci s'était
toujours montré hospitalier aux religions des peuples vaincus,
dont il accueillait et adoptait dans son Panthéon les divinités
disparates, il décida de combattre le christianisme aussitôt qu'il
l'eut vraiment connu. Là où le monothéisme juif, pourtant si
contraire au panthéisme officiel, avait trouvé grâce, le christia-
nisme neparvint jamais à obtenir droit decité. C'est que celui-ci
tendait à établir dans un nouveau domaine, le domainespirituel,
une royautéqui n'était pas decemonde, uneroyautéqui, retirant
quelquechosedel'hommeà César, —le meilleur, le plus intime de
lui-même, sa conscience profonde, —ne laissait plus au prince
qu'un sujet «extérieur ». Faute de se présenter comme un culte
national, commeune religion établie, officielle et partant contrô-
lable, le christianisme se trouvait constituer un « État dans
l'État »et menaçait de faire craquer à son Profil les cadres pro-
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Imprimé en France Imp. du Carré, Paris
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