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1 ⋆⋆ Soit n ∈ N∗ et soit P ∈ R [X] tel que pour tout k ∈ J0, nK, P (k) = k
n . Calculer P (n + 1).
k+1
Corrigé : On considère le polynôme Q = (X + 1)P − X. Par hypothèse, Q est de degré au plus n + 1 et s’annule pour
tout k ∈ J0, nK. Ainsi :
Yn
Q=λ (X − k)
k=0
où λ ∈ R est le coefficient dominant de Q. On peut trouver ce coefficient en calculant :
n
Y 1
1 = Q(−1) = λ (−1 − k) = λ(−1)n+1 (n + 1)! ⇔ λ =
(−1)n+1 (n + 1)!
k=0
Il reste à évaluer Q en n + 1 :
n
Y 1
Q(n + 1) = (n + 2)P (n + 1) − (n + 1) = λ (n + 1 − k) = (n + 1)! = (−1)n+1
(−1)n+1 (n + 1)!
k=0
d’où :
(−1)n+1 + (n + 1)
P (n + 1) =
n+2
2 Que dire d’un polynôme de R[X] dont la fonction polynomiale associée est périodique ?
Corrigé : Analyse. Soit P ∈ R[X], on suppose qu’il existe T ∈ R∗+ tel que pour tout x ∈ R, P (x + T ) = P (x). En
particulier, par une récurrence rapide, on démontre que pour tout n ∈ N, P (nT ) = P (0).
On pose R = P − P (0), d’après la remarque précédente, ce polynôme admet une infinité de racines, les (nT )n≥0 : c’est
le polynôme nul. Ainsi P = P (0) est un polynôme constant.
Synthèse. Réciproquement la fonction polynomiale associée à un polynôme constant est périodique.
Seuls les polynômes constants conviennent
3 ♡⋆ Soit n ∈ N∗ .
1. Soit Pn = (X + 1)2n+1 − X 2n+1 − 1, démontrer que (X 2 + X)|Pn .
n n−1
2. Soit Pn = X 2 + X 2 + 1, démontrer que Pn |Pn+1 .
Corrigé : Dans la question 1., nous allons utiliser les racines et dans les question 2. nous allons procéder par identités
remarquables.
1. On constate que X 2 + X = X(X + 1), les racines de X 2 + X sont simples et sont égales à 0 et −1. Or :
Pn (0) = 12n+1 − 02n+1 − 1 = 0 et Pn (1) = 02n+1 − (−1)2n+1 − 1 = 0
On en déduit que X − 1 et X divisent Pn et d’après le lemme du cours X(X + 1)|Pn .
2. On a : n n
Pn+1 = (X 2 )2 + X 2 + 1
n n
= (X 2 + 1)2 − X 2
n n−1
= (X 2 + 1)2 − (X 2 )2
n n−1 n n−1
= (X 2 − X 2 + 1)(X 2 + X 2 + 1)
On en déduit que Pn |Pn+1 .
1
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4 Soit n ∈ N, calculer le reste de la division euclidienne de X n par X 2 + 2X − 3.
Corrigé : D’après le théorème de la division euclidienne dans R[X], il existe (Q, R) ∈ R[X]2 tels que :
X n = (X 2 + 2X − 3)Q + R avec deg(R) < 2
Il existe (a, b) ∈ R2 tels que R = aX + b. On évalue la division euclidienne en les racines du diviseur X 2 + 2X − 3 qui sont 1
et −3. Cela donne le système :
1 n
a = 1 − (−3)
n
1 =a+b
4
⇔
(−3)n = −3a + b b = 1 3 + (−3)n
4
Finalement, on a :
1
R= (1 − (−3)n )X + (3 + (−3)n )
4
5 Décomposer dans R[X] et C[X] le polynôme P = X 4 + 2X 2 − 3.
Corrigé : On procède par identités remarquables :
P = X 4 + 2X 2 − 3 = (X 2 + 1)2 − 4 = (X 2 − 1)(X 2 + 3) = (X − 1)(X + 1)(X 2 + 3)
Cette écriture est bien la décomposition dans R[X] car le discrimant de X 2 + 3 est négatif.
Dans C[X], on a : √ √
P = (X − 1)(X + 1)(X − i 3)(X + i 3)
√ √
P = (X − 1)(X + 1)(X 2 + 3) = (X − 1)(X + 1)(X − i 3)(X + i 3)
6 ♡⋆ Soit α ∈]0, π[ et n ∈ N∗ . Décomposer en facteurs irréductibles dans R[X] le polynôme :
P = X 2n − 2 cos(α)X n + 1
Corrigé : On va commencer par trouver les racines complexes de Pn , on reconnait la forme :
P = (X n − eiα )(X n − e−iα )
On a : z α+2kπ
z n = eiα ⇔ iα = 1 ⇔ ∃k ∈ J0, n − 1K, z = ei n
e n
iα
Étant donné que α ∈]0, π[, on a : e ∈/ R donc toutes les racines trouvées précédemment sont complexes non réelles.
Il nous reste à trouver les solutions de z n = e−iα , cependant pas besoin de faire de calcul car ce sont les conjuguées
des racines trouvées précédemment. Finalement, en regroupant chaque racine avec sa racine conjuguée, nous obtenons la
décomposition de P dans R[X] :
n−1
Y α + 2kπ
P = X 2 − 2 cos X +1
n
k=0
2
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7 ⋆⋆⋆ Soient (P, Q) ∈ C[X]2 non constants, on suppose que :
{z ∈ C, P (z) = 0} = {z ∈ C, Q(z) = 0} et {z ∈ C, P (z) = 1} = {z ∈ C, Q(z) = 1}
Montrer que P = Q.
Corrigé : • Notons n = max(deg(P ), deg(Q)) et on pose R = P −Q ainsi R ∈ Cn [X]. La stratégie va être de démontrer
que R possède n + 1 racines, comme il appartient à Cn [X] cela impliquera que c’est le polynôme nul et par suite on aura
P = Q.
• Par exemple, prenons deg(P ) = n (si n est le degré de Q la suite est similaire). Le polynôme P possède comme racines
z1 , z2 , ..., zr de multiplicités respectives α1 , α2 , ..., αr et l’on sait de plus que le degré de P est égal à la somme des multiplicités
de ses racines, c’est-à-dire :
X r
n= αi
i=1
Ces racines sont également racines de P ′ avec pour multiplicités respectives α1 − 1, ..., αr − 1, toujours en prenant la
convention qu’une multiplicité 0 implique que le complexe en question n’est pas une racine. Ces racines de P ′ ont donc pour
multiplicité totale :
Xr Xr Xr
(αi − 1) = αi − 1=n−r
i=1 i=1 i=1
• On procède exactement de même avec les racines du polynôme P −1 que l’on note z1′ , ..., zs′ et l’on obtient que ces racines
ont une multiplicité totale dans P ′ de n − s. On remarque également que les racines de P sont nécessairement distinctes des
racines de P − 1.
• Nous avons donc une multiplicité totale de (n − r) + (n − s) pour les racines z1 , ...zr , z1′ , ..., zs′ dans le polynôme P ′ . Or
′
P est de degré n − 1 étant donné que P est non constant et de degré n. Nécessairement :
(n − r) + (n − s) ≤ n − 1 ⇔ r + s ≥ n + 1
Ainsi le polynôme R possède r + s racines puisque P (z) = 0 ⇔ Q(z) = 0 et P (z) − 1 = 0 ⇔ Q(z) − 1 = 0. Ce qui
démontre que R = 0.
8 ⋆⋆ Trouver un polynôme P ∈ R[X] tel que :
X 2 + 1|P et X 3 + X 2 + 1|P + 1
Corrigé : On cherche deux polynômes S et T tels que :
P = (X 2 + 1)S et P + 1 = (X 3 + X 2 + 1)T
En faisant la différence, on en déduit que S et T doivent vérifier :
(X 3 + X 2 + 1)T − (X 2 + 1)S = 1
Ce fait penser à une relation de Bézout, on va appliquer l’algorithme d’Euclide pour trouver S et T . En posant les
divisions, on trouve :
X 3 + X 2 + 1 = (X + 1)(X 2 + 1) − X
X 2 + 1 = −X(−X) + 1
Puis, on remonte les calculs :
1 = (X 2 + 1) + X(−X)
1 = X 2 + 1 + X((X 3 + X 2 + 1) − (X + 1)(X 2 + 1))
et en regroupant les termes :
1 = X(X 3 + X 2 + 1) − (X 2 + 1)(X 2 + X − 1)
On peut choisir T = X et S = X 2 − X + 1. On en déduit que :
P = (X 2 + 1)(X 2 + X − 1)
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Faisons la vérification, ce polynôme est clairement divisible par X 2 + 1 et en développant :
P = X 4 + X 3 + X − 1 = X(X 3 + X 2 + 1) − 1
donc X 3 + X 2 + 1|P + 1.
9 ⋆⋆ Soit P ∈ R[X] de degré supérieur ou égal à 2. On suppose que P est scindé dans R[X], démontrer que P ′ est
scindé dans R[X].
Corrigé : • Notons n ≥ 2, le degré de P . On note α1 < α2 < ... < αr avec r ∈ N∗ les racines réelles de P de
r
X
multiplicités respectives m1 , m2 , ..., mr . Comme P est scindé dans R[X], on a : mi = n.
i=1
• Pour tout k ∈ J1, rK, αk est une racine de P ′ de multiplicité mk − 1 (ceci avec la convention que si αk n’est
′
pas racine de P sa multiplicité vaut 0).
• D’autre part, en appliquant le corollaire du théorème de Rolle, on sait que P ′ possède r − 1 racines,
r−1
(βi )1≤i≤r−1 ∈ R et ces racines sont distinctes des précédentes car pour tout i ∈ J1, r − 1K, βi ∈]αi , αi+1 [. Au final, si l’on
compte les racines de P ′ avec leur multiplicité que l’on a trouvé pour l’instant :
r
X
(mi − 1) + (r − 1) = n − r + (r − 1) = n − 1
i=1
Nous les avons toutes trouvées car P est de degré n − 1. Ainsi P ′ possède exactement n − 1 racines réelles comptées avec
′
multiplicités : P ′ est scindé dans R[X].
10 ♡ Trouver toutes les racines de P = X 3 − 8X 2 + 23X − 28 sachant que la somme de deux racines est égale à la
troisième.
Corrigé : On note x1 , x2 et x3 les trois racines complexes de P comptées avec multiplicité en supposant que x1 +x2 = x3 .
On écrit les relations coefficients-racines :
σ1 = x1 + x2 + x3 = 8
σ2 = x1 x2 + x2 x3 + x1 x3 = 23
σ3 = x1 x2 x3 = 28
Dans ces équations, on remplace x3 par x1 + x2 .
2(x1 + x2 ) = 8
x x + (x1 + x2 )2 = 23
1 2
x1 x2 (x1 + x2 ) = 28
On en déduit que x3 = x1 + x2 = 4 et :
x1 + x2 = 4
x1 x2 = 7
C’est-à-dire que x1 et x2 sont racines de X 2 − 4X + 7. Finalement, le polynôme a pour racines :
√ √
2 + i 3, 2 − i 3 et 4
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11 ⋆⋆ Factoriser dans R[X] le polynôme P = (1 − X 2 )3 + 8X 3 .
Corrigé : On va utiliser l’identité remarquable A3 + B 3 = (A + B)(A2 − AB + B 2 ). Ainsi :
P = (1 + 2X − X 2 )((1 − X 2 )2 − 2X(1 − X 2 ) + 4X 2 )
= −(X 2 − 2X − 1)(X 4 + 2X 3 + 2X 2 − 2X + 1)
√ √
= −(X − 1 + 2)(X − 1 − 2)(X 4 + 2X 3 + 2X 2 − 2X + 1)
Il reste à factoriser le polynôme Q = X 4 + 2X 3 + 2X 2 − 2X + 1. On procède par identités remarquables :
Q = (X 2 + X)2 + (X − 1)2
= (X 2 + X)2 − (iX − i)2
= (X 2 + (1 + i)X − i)(X 2 + (1 − i)X + i)
Il reste à résoudre deux équations de degré 2 à coefficients complexes. Nous allons étudier uniquement la première équation
en remarquant que les deux polynômes à coefficients complexes obtenus sont conjugués donc les racines du second seront les
conjugués des racines du premier.
Le discriminant de X 2 + (1√
+ i)X − i vaut ∆ = 6i. En appliquant la méthode vue dans le chapitre 1, on trouve une racine
carrée de ∆, par exemple δ = 3(1 + i). On en déduit que les racines sont :
√ √
3−1 − 3−1
z1 = (1 + i) et z2 = (1 + i)
2 2
Le polynôme X 2 + (1 − i)X + i a donc pour racines :
√ √
3−1 − 3−1
z3 = (1 − i) et z4 = (1 − i)
2 2
Il reste à regrouper z1 avec z3 et z2 avec z4 . On obtient :
Q = (X 2 − 2Re(z1 )X + |z1 |2 )(X 2 − 2Re(z2 )X + |z2 |2 )
√ √ √ √
= (X 2 + (1 − 3)X + 2 − 3)(X 2 + (1 + 3)X + 2 + 3)
Nous obtenons ainsi la factorisation de P dans R[X] :
√ √ √ √ √ √
P = −(X − 1 + 2)(X − 1 − 2)(X 2 + (1 − 3)X + 2 − 3)(X 2 + (1 + 3)X + 2 + 3)
12 ♡⋆⋆ Soit P = X 3 − 11X + 12. Montrer que P admet exactement trois racines réelles a, b et c et que :
−4 < a < −3 et 1 < b < 2 < c < 3
Calculer S = Arctan(a) + Arctan(b) + Arctan(c).
Corrigé : On a :
P (−4) = −8 < 0, P (−3) = 18 > 0
P (1) = 2 > 0, P (2) = −2 < 0 et P (3) = 6
La fonction polynomiale associée à P étant continue, d’après le théorème des valeurs intermédiaires, on en déduit que P
admet au moins trois racines réelles a, b et c telles que :
−4 < a < −3 et 1 < b < 2 < c < 3
D’autre part, P étant de degré 3, ce sont les seules racines.
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On vu des encadrements trouvés précédemment, on a :
i π πh iπ πh iπ πh
Arctan(a) ∈ − , − , Arctan(b) ∈ , et Arctan(c) ∈ ,
2 4 4 2 4 2
i 3π h
En sommant, on obtient S ∈ 0, , on peut donc calculer :
4
a + b + c − abc σ1 − σ3
tan(S) = =
1 − ab − ac − bc 1 − σ2
3π h
En utilisant les relations coefficients-racines, on a : σ1 = 0, σ2 = −11 et σ3 = −12. Finalement tan(S) = 1 et S ∈]0, , on
4
π
en déduit que S = .
4
π
S=
4
tan(x) + tan(y) + tan(z) − tan(x) tan(y) tan(z)
On a utilisé la formule tan(x + y + z) = qui se déduit de la formule
1 − tan(x) tan(y) − tan(x) tan(z) − tan(y) tan(z)
tan(x) + tan(y)
usuelle tan(x + y) = .
1 − tan(x) tan(y)