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Mathématiques 1: Conditionnement D'une Matrice Et Applications

Le document traite du conditionnement des matrices, en introduisant des normes sur les matrices carrées et en étudiant leurs propriétés. Il aborde également des concepts liés aux matrices orthogonales et symétriques, ainsi que des inégalités importantes comme celle de Kantorovich. Enfin, il propose des exercices et des démonstrations pour illustrer ces concepts mathématiques.

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Mathématiques 1: Conditionnement D'une Matrice Et Applications

Le document traite du conditionnement des matrices, en introduisant des normes sur les matrices carrées et en étudiant leurs propriétés. Il aborde également des concepts liés aux matrices orthogonales et symétriques, ainsi que des inégalités importantes comme celle de Kantorovich. Enfin, il propose des exercices et des démonstrations pour illustrer ces concepts mathématiques.

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2025

Mathématiques 1
PSI
4 heures Calculatrice autorisée

Conditionnement d’une matrice et applications

Dans tout ce problème, n désigne un entier naturel non nul, et on rappelle que Mn (R) désigne l’ensemble des matrices
carrées à n lignes et n colonnes. On note Dn (R) le sous-espace vectoriel de Mn (R) des matrices diagonales.
On rappelle que l’on désigne par M ⊤ la transposée d’une matrice M .
Pour alléger les notations, on identifiera les vecteurs de Rn aux matrices colonnes de Mn,1 (R).
On désignera par B = (E1 ,E2 , . . . ,En ) la base canonique de Rn .
v
u n 2
uX
n n
On munit R de la norme ∥·∥, en posant pour tout x = (x1 , . . . ,xn ) ∈ R , ∥x∥ = t xi qui est la norme euclidienne
i=1
associée au produit scalaire canonique ⟨·,·⟩ de Rn où par définition, pour tout X et Y de Rn , ⟨X,Y ⟩ = X ⊤ Y .
Pour toute matrice M de Mn (R) on note ρ (M ) le réel défini par : ρ (M ) = max |λ|.
λ∈SpC (M )

On note par ailleurs Sn+ (R) l’ensemble des matrices symétriques positives de Mn (R) et par Sn++ (R) l’ensemble des
matrices symétriques définies positives de Mn (R).

Partie A – Construction d’une norme sur Mn (R)


On se propose dans cette partie de montrer que l’application N donnée sur Mn (R) par :

N : A 7−→ sup ∥AX∥


∥X∥=1

est une norme sur Mn (R) et d’en étudier quelques propriétés.

I – Étude de l’application N
Dans toute cette partie, on considère A une matrice quelconque de Mn (R) dont on note L1 , L2 , . . ., Ln les n lignes
et C1 , C2 , . . .Cn les n colonnes, que l’on pourra identifier à des éléments de Rn .

Q1. Soit X ∈ Rn tel que ∥X∥ = 1. En notant M = max ∥Li ∥, montrer que :
1⩽i⩽n

∥AX∥ ⩽ M n.

On pourra au préalable s’intéresser à la ie ligne de la matrice AX et utiliser l’inégalité de Cauchy-Schwarz pour


les vecteurs de Rn .
∥AX0 ∥
Q2. En déduire que l’application N est bien définie, puis que : N (A) = sup .
X0 ̸=0 ∥X0 ∥

Q3. Montrer que l’application N ainsi définie est une norme sur Mn (R).

Q4. En est-il de même pour l’application S : Mn (R) −→ R+ ?


M 7−→ ρ (M )

Q5. Soit ∆ ∈ Dn (R) dont on note δ1 , . . ., δn les termes diagonaux.

Vérifier que N (∆) = max |δi |.


1⩽i⩽n

1/4
Q6. À l’aide de l’application X 7−→ ∥AX∥, démontrer que : N (A) = max ∥AX∥.
∥X∥=1

Q7. Établir que : ∀X ∈ Rn , ∥AX∥ ⩽ N (A) ∥X∥.

Q8. Soit B une autre matrice quelconque de Mn (R). Montrer que :


N (AB) ⩽ N (A) N (B) .

Q9. Montrer que : max ∥Ci ∥ ⩽ N (A).


1⩽i⩽n

Q10. Déterminer N (A) dans le cas où toutes les colonnes de A sont nulles, sauf la dernière.
 
0 0 0
En déduire N (A) dans le cas où A = 0 0 −1.
0 0 1

II – Cas des matrices orthogonales et symétriques


Dans cette partie, A désigne une matrice quelconque de Mn (R) et U une matrice orthogonale de Mn (R).

Q11. Déterminer N (U ).

Q12. Démontrer que N (U A) et N (A) sont égales.

Q13. En considérant X0 ∈ Rn où ∥X0 ∥ = 1 tel que ∥AX0 ∥ = N (A), démontrer que N (AU ) = N (A).

Q14. On suppose de plus dans cette question uniquement que la matrice A est une matrice symétrique réelle de
Mn (R).
Montrer que : N (A) = ρ(A).
 
2 1 1
Q15. Déterminer N (A) dans le cas où A = 1 2 1.
1 1 2

Partie B – Conditionnement d’une matrice pour la norme N


On définit sur GLn (R) l’application notée cond par : cond : GLn (R) −→ R
N (A) N A−1

A 7−→

I – Quelques résultats sur le conditionnement


Dans toute cette sous-partie, A désigne une matrice inversible de Mn (R) et U une matrice orthogonale de Mn (R).

Q16. Montrer que : 1 ⩽ cond (A).

Q17. Quel lien a-t-on entre cond (A) et cond (αA) pour α ∈ R∗ ?

Q18. Démontrer que cond(U ) = 1.

Q19. Que dire de cond(U A), cond(AU ) et de cond(A) ?

II – Un exemple de minoration du conditionnement d’une matrice



 1 si i=j
On suppose dans cette partie uniquement que A = (ai,j ) 1⩽i⩽n où : ai,j = 2 si j =i+1 .
1⩽j⩽n
0 sinon

n
X
n
Q20. On considère le vecteur X de R donné par : X= (−1)n−k 2n−k Ek .
k=1
Montrer que AX = En .

Q21. Déduire de ce qui précède que N A−1 ⩾ 2n−1 .




Q22. Justifier ∥AE2 ∥ > 2, pour en déduire que cond(A) > 2n .

2/4
Partie C – Conditionnement pour une matrice réelle inversible
Q23. Soit S une matrice de Sn+ (R).
On considère C = (V1 , . . . ,Vn ) une base diagonalisante orthonormée de Rn où pour tout i ∈ {1, . . . ,n}, Vi est un
vecteur propre associé à la valeur propre notée λi et où l’on suppose que λ1 ⩽ . . . ⩽ λn sont les valeurs propres
de S comptées avec leur ordre de multiplicité.
Montrer que : N (S) = max |⟨SX,X⟩|.
∥X∥=1

Q24. Soit A ∈ Mn (R) non nulle.


Démontrer que la matrice A⊤ A appartient à Sn+ (R) pour établir que N A⊤ A = N (A)2 .


p
Q25. Déduire de ce qui précède que pour A ∈ Mn (R) non nulle : N (A) = ρ (A⊤ A).

Q26. On suppose dans cette question que A est une matrice Mn (R) inversible.
En remarquant que A⊤ A = A−1 AA⊤ A, démontrer que les matrices AA⊤ et A⊤ A ont exactement les mêmes
valeurs propres.

Q27. Soit A ∈ Mn (R) inversible. On note µm et µM respectivement la plus petite et la plus grande des valeurs
propres de la matrice AT A et où l’on suppose que l’on a 0 < µm ⩽ µM .
µM
r
Montrer que : cond (A) = .
µm

Q28. Exprimer cond (A) lorsque A appartient à Sn++ (R) à l’aide des valeurs propres de A en remarquant que
A⊤ A = A2 .

Partie D – Calcul explicite de conditionnement


 
2 −1 (0)
 .. .. 
−1 . . 
Dans toute cette partie, on désigne par T la matrice de Mn (R) donnée par : T = .
 .. .. 
 . . −1
(0) −1 2
Le but de cette partie est de déterminer la valeur de cond(T ) en commençant par déterminer les éléments propres de
la matrice T .

Q29. Montrer que les valeurs propres de T sont réelles.

Q30. Soit k ∈ N tel que k ̸∈ (n + 1)Z. On considère le vecteur Uk de Rn donné par :


        
kπ 2kπ (n − 1)kπ nkπ
Uk = sin , sin , . . . , sin , sin .
n+1 n+1 n+1 n+1

Montrer que Uk est un vecteur propre de T et préciser la valeur propre associée.

Q31. En déduire l’ensemble des valeurs propres de T .

Q32. Déterminer alors la valeur de cond(T ).

Partie E – Inégalité de Kantorovich


Dans toute cette partie, A désigne une matrice de Sn++ (R) et on désigne par λ1 , . . . ,λn l’ensemble de ses valeurs
propres où l’on suppose que 0 < λ1 ⩽ λ2 ⩽ . . . ⩽ λn et comptées avec leur ordre de multiplicité, et on désigne par
C = (V1 , . . . ,Vn ) une base orthonormée de Rn formée de vecteurs propres de A.
On se propose d’établir le résultat suivant, appelée inégalité de Kantorovich :
!2
n 4 −1 1 1 p 4
(K) : ∀X ∈ R , ∥X∥ ⩽ ⟨AX,X⟩ A X,X ⩽ p + cond(A) ∥X∥ .
4 cond(A)

3/4
I – Une première démonstration
On désigne par P le polynôme de R[X] donné par P = X 2 − (λ1 + λn ) X + λ1 λn .

Q33. Exprimer cond(A) à l’aide des valeurs propres de A.

Q34. On admet que l’application (·,·)A : Rn × R n −→ R est un produit scalaire sur Rn .


(X,Y ) 7−→ ⟨AX,Y ⟩
4
À l’aide de l’inégalité de Cauchy-Schwarz, démontrer que : ∀X ∈ Rn , ∥X∥ ⩽ ⟨AX,X⟩ A−1 X,X .

Q35. Montrer que : ∀k ∈ {1, . . . ,n} , P (λk ) ⩽ 0.

Q36. Déterminer les valeurs propres de la matrice B = A−1 P (A) et en déduire que ⟨BX,X⟩ ⩽ 0 pour tout X ∈ Rn .

Q37. Pour X ∈ Rn fixé, on désigne par f la fonction polynôme de degré 2 définie par :

f: R −→ R
2
λ 7−→ ⟨AX,X⟩ λ2 − (λ1 + λn ) ∥X∥ λ + λ1 λn A−1 X,X

Vérifier que f (1) = ⟨BX,X⟩, montrer que f (0)f (1) ⩽ 0, puis établir que :

2 4
(⋆) : (λ1 + λn ) ∥X∥ − 4 ⟨AX,X⟩ A−1 X,X λ1 λn ⩾ 0.

Q38. Déduire de ce qui précéde l’inégalité de Kantorovich.

II – Une deuxième démonstration


On admet que, pour établir la relation (K), il suffit de la vérifier pour un vecteur X de norme 1.
Dans toute cette partie, X = (x1 , . . . ,xn ) désigne donc un vecteur de Rn de norme 1 dont les coordonnées sont données
dans la base C.
On considère alors un espace probabilisé (Ω,A,P), et on définit la variable aléatoire Z par :

Z (Ω) = {λ1 , . . . ,λn } et : ∀i ∈ {1, . . . ,n} , P ([Z = λi ]) = x2i

Q39. Justifier que l’on définit bien une loi de probabilité pour Z.
1
Q40. Justifier que Z et admettent une espérance, puis les exprimer en fonction de ⟨AX,X⟩ et de A−1 X,X .
Z
Q41. En remarquant que la variable aléatoire (Z − λ1 ) (Z − λn ) est négative, établir l’inégalité suivante :

1 λ1 + λn − Z
⩽ .
Z λ1 λn
   2 2
1 1 λ1 + λn (λ1 + λn )
Q42. En déduire alors que : E (Z) E ⩽− E (Z) − + .
Z λ1 λn 2 4λ1 λn
M073 - 28 avril 2025 - [Link] c b e a

Q43. Déduire de ce qui précède la seconde partie de l’inégalité de Kantorovich.

⋄ Fin ⋄

4/4

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