3.4.
Construction méthodologique de l’étude
L’étude s’appuie sur une méthodologie intégrée qui combine plusieurs approches
complémentaires pour analyser les risques et les dynamiques sociales et économiques de
l’exploitation artisanale du sable sur les berges du fleuve Sanaga. Cette méthodologie fait
appel à des outils issus de différentes disciplines : l’analyse des risques, les enquêtes sociales,
et la modélisation participative. Elle se structure autour de plusieurs étapes clés qui permettent
de comprendre et d’analyser l’ensemble des enjeux associés à cette activité.
3.4.1. Analyse des risques
L’analyse des risques est une composante essentielle de cette étude, puisqu’elle permet
d’identifier et de quantifier les dangers associés à l’exploitation artisanale du sable. Cette
analyse repose sur plusieurs outils méthodologiques :
1. Analyse des risques environnementaux : Elle inclut l’évaluation de l’érosion des
berges, de la perte de biodiversité et de la dégradation des écosystèmes aquatiques.
Les données géospatiales et les relevés de terrain (témoignages, photographies
aériennes, etc.) permettent de cartographier et de quantifier les zones les plus
vulnérables à l’exploitation
2. Analyse des risques socio-économiques : L’identification des risques liés à la précarité
des travailleurs et aux conflits d’accès aux zones d’extraction est menée à travers des
enquêtes de terrain, des entretiens semi-directifs et des focus groups. Ces enquêtes
permettent de comprendre les dynamiques sociales au sein des groupes d’exploitation
et la manière dont les ressources sont partagées.
3. Analyse des risques sanitaires : Elle repose sur une collecte de données à travers des
études de santé publique existantes, des entretiens avec les exploitants, et des
observations sur le terrain. L’objectif est d’évaluer les risques sanitaires associés à
l’activité, notamment les maladies liées à l’eau et les accidents de travail.
3.4.2. Enquêtes sociales et étude des motivations
Les enquêtes sociales permettent de comprendre les perceptions des exploitants vis-à-vis des
risques, ainsi que les motivations qui sous-tendent la persistance de cette activité, malgré les
dangers évidents. L’étude des motivations s’appuie sur :
1. Entretiens semi-directifs: Réalisés avec les exploitants, les autorités locales, les
travailleurs et les acteurs sociaux clés. Ces entretiens permettent d’évaluer les
perceptions locales des risques et les besoins d’accompagnement ou de soutien
économique.
2. Observations directes sur le terrain : Elles servent à comprendre les conditions de
travail, l’organisation sociale au sein des groupes d’exploitation, et les mécanismes
d’adaptation face aux risques. Ces observations permettent également de documenter
les stratégies mises en place pour limiter les effets néfastes de l’exploitation.
3. Études de cas comparatives: Basées sur des exemples d’autres régions ou pays ayant
une problématique similaire, elles offrent des éléments de comparaison pour mieux
comprendre les spécificités locales et les solutions envisageables.
3.4.3. Modélisation participative et dynamique d’accompagnement**
La modélisation participative permet de co-construire des solutions durables avec les
communautés, en impliquant les exploitants, les autorités locales et les experts en
environnement. L’objectif est de développer un modèle de gestion de l’exploitation artisanale
du sable qui minimise les risques tout en répondant aux besoins socio-économiques des
communautés.
1. Méthode ARDI (Acteurs, Ressources, Dynamiques, Interactions: Cette méthode est
utilisée pour analyser les dynamiques sociales et environnementales à travers les
interactions entre les différents acteurs (exploitants, autorités, experts, etc.), les
ressources disponibles (sable, eau, travail), et les dynamiques économiques et sociales
en place. Elle permet de co-construire des solutions adaptées à la réalité locale
(Étienne, 2010).
2. Ateliers participatifs: Ils sont organisés pour impliquer activement les parties
prenantes dans l’identification de solutions. Ces ateliers sont animés avec des
techniques de modélisation participative, telles que la cartographie des risques et des
ressources, la planification de scénarios de transition et la définition de plans d’action
communs.
3. Suivi et évaluation dynamique: Un cadre d’accompagnement est mis en place pour
assurer la mise en œuvre des solutions identifiées et en suivre les impacts. Ce suivi
permet d’ajuster les stratégies en fonction des évolutions du terrain et des retours des
exploitants.
3.4.4. Construction d’un cadre d’analyse intégré
L’étude utilise une approche intégrée, combinant plusieurs outils et méthodes pour fournir une
analyse complète et nuancée des enjeux liés à l’exploitation du sable. Cette approche s’appuie
sur les méthodes suivantes :
- AMDEC (Analyse des Modes de Défaillance et de leurs Effets): Utilisée pour évaluer
et hiérarchiser les risques, tant sur le plan environnemental, socio-économique que
sanitaire. Elle permet d’identifier les modes de défaillance les plus critiques et de
définir les priorités d’intervention.
- Enquêtes sociales et participatives: Pour recueillir les perceptions des communautés et
co-construire des solutions adaptées aux réalités locales.
- Modélisation participative : Pour développer des scénarios de transition vers des
pratiques plus durables, en impliquant toutes les parties prenantes et en assurant une
approche flexible et dynamique.
-
Diagramme logique de la méthodologie de l’étude
Identification des
enjeux socio-
économiques et
environnementaux
|
V
Analyse des risques
(environnementaux,
sociaux, sanitaires)
|
V
Enquêtes sociales et
étude des motivations
|
V
Modélisation
participative|
(méthode ARDI,
ateliers, co-
construction de
solutions adaptées)
|
V
Suivi et évaluation
dynamique
(ajustement des
actions)