1
DEDICACE
A mes très chers parents pour tant d’amours et soutien à ma formation ;
A mes frères et sœurs ;
A mes camarades et amies.
TSHIPAMBA TSHIBAKA MICHEL
2
REMERCIEMENT
Le deuxième cycle universitaire se clôture par la rédaction d'un mémoire de
recherche. Ce travail constitue un élément essentiel du cursus et permet à l'apprenant de
démontrer ses compétences et sa maîtrise d'un sujet précis dans son domaine de recherche.
C’est dans ce cadre que s’inscrit la présente étude qui porte sur la Gestion du
risque de crédit et performance financière des institutions de microfinance mutualistes et qui
a bénéficié, en outre, des concours variés dans son élaboration.
A cet effet, j’adresse, de prime abord, mes vifs remerciements au Professeur
kevin kazadi, Directeur de ce travail, qui, en dépit de ses multiples occupations, a bien voulu
diriger ce travail. Ses remarques pertinentes m’ont aidé à fignoler ce travail.
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à mes encadreurs de mémoire, les
Professeurs Joe MUSUNGAYI KUPANGANA et David TSHIBAKA . Leur encadrement
avisé et leurs orientations éclairées ont été des éléments clés dans la réalisation de ce travail.
Qu’ils trouvent ici l’expression de notre profonde gratitude. A travers eux, je pense à tous
mes professeurs de la Faculté des Sciences Economiques et de développement.
Je reste redevable vis-à-vis des membres du Comité d’Administration
Provisoire de la MECRECO ainsi que des superviseurs de ce réseau pour nous avoir fourni
les documents et les informations nécessaires à l’élaboration de ce travail.
Mes remerciements s’adressent également à mes parents Pius TSHIBAKA et
Emerance TSHIABA pour leur soutien tant moral que financier. Je leur suis infiniment
reconnaissant pour leur contribution inestimable à mon succès.
Que mes frères, sœurs, oncles, tantes, cousins, cousines, et amis trouvent ici
l’expression de mon sincère amour.
Que tout celui qui, de près ou de loin, nous a été de quelque utilité que ce soit, trouve, dans ce
travail, ma reconnaissance indéfectible et ineffaçable.
3
SIGLES ET ABREVIATIONS UTILISES
1. AGR : Activités Génératrices des Revenus
2. AO : Autosuffisance Opérationnelle
3. BCC : Banque Centrale du Congo
4. CAMEC : Caisse d’Actions Mutuelles d’Epargne et de Crédit
5. CC : Commission de Crédit
6. CDF : Congolese Democratic Franc (Franc congolais)
7. CEAC Communauté Evangélique en Afrique au Congo
8. CEAC : Communauté Evangélique en Afrique au Congo
9. CGAP : Consultative Group to Assist the Poor (Groupe consultatif d'assistance aux
pauvres)
10. COOCEC : Coopérative Centrale d’Epargne et de Crédit
11. COOPEC : Coopérative d’Epargne et de Crédit
12. CTC : Comité Technique de Crédit
13. FCPB : Réseau de Caisses Populaires du Burkina Faso
14. FECECAM: Fédération des Caisses d’Epargne et de Crédit Agricole Mutuel du Bénin
15. FUCEC : Fédération des Caisses d’Epargne et de Crédit du Togo
16. IMF : Institutions de microfinance
17. MECRE : Mutuelle d’Epargne et de Crédit
18. MECRECO : Mutuelle d’Epargne et de Crédit du Congo
19. MECREKIN : Mutuelle d’Epargne et de Crédit de Kinshasa
20. ONG : Organisations Non Gouvernementales
21. PAR : Portefeuille à risque
22. PNB : Produit National Brut
23. RDC : République Démocratique du Congo
24. ROA : Return On Asset (Rendement des actifs)
25. ROE : Return On Equity (Rentabilité des fonds propres)
26. SEEP Network : Small Enterprise Education and Promotion Network
27. SPTF : Social Performance Task Force
28. UCCEC : Union des Coopératives Centrales d’Epargne et de Crédit
29. UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine
4
30. UM-PAMECAS : Union des Mutuelles du Partenariat pour la Mobilisation de l'Epargne
et du Crédit
31. USD : United States Dollar (Dollar américain)
5
INTRODUCTION GENERALE
0.1. REVUE DE LA LITTÉRATURE
La microfinance est une approche innovante du développement qui vise à
fournir des services financiers adaptés aux personnes vulnérables et exclues du système
financier classique. Cette offre des services est réalisée par des institutions, qui sont
généralement des organisations ou des sociétés. Parmi les services offerts par celles-ci, l’on
peut citer notamment le crédit, l’épargne, le service d'assurance aux personnes à faibles
revenus et aux micro-entrepreneurs.
Ainsi, il s’avère que les institutions de microfinance (IMF) jouent un rôle
important dans l'amélioration de l'accès aux services financiers pour les personnes
vulnérables, ce qui peut avoir un impact positif sur leur niveau de vie et le développement
économique.
S’agissant particulièrement du microcrédit, plusieurs praticiens de la
microfinance reconnaissent que ce service devrait faire l’objet d’une gestion saine et prudente
afin de mitiger le risque de crédit ou de contrepartie.
Il importe de préciser que le terme « risque de crédit » a fait l’objet de
plusieurs définitions, du reste, complémentaires. Elles sont convergentes dans la mesure où
ces définitions assimilent le risque de crédit à une défaillance probable des tierces personnes
avec lesquelles l’institution financière entretient un engagement et qui constitue une
contrepartie.
Pour MENGUE, « le risque de crédit est le risque que l'emprunteur (particulier
ou entreprise) ne rembourse pas sa dette à l'échéance »1. Cette définition est partagée par
plusieurs autres auteurs, dont Quiry et Le Fur. Ces derniers assimilent le risque de crédit à
une défaillance possible des agents avec lesquels les institutions financières se sont engagées.
Il s’agit en réalité du risque de défaut. Une telle défaillance peut se traduire par le non
1
MENGUE, M., (2020). La gestion du risque de crédit de non remboursement par l'analyse discriminante
et la régression logistique, Mémoire DIPES II., Université de Yaoundé
6
remboursement de crédits, du côté des emprunteurs privés nationaux en difficulté ou par le
non transfert du remboursement des crédits accordés en devises à des non-résidents.
Bien plus, une étude empirique a montré que la gestion du risque de crédit
dans les IMF est une approche qualitative qui repose sur la confiance des parties prenantes.
Cette approche implique une forte implication des conseillers de clientèle, qui développent
une perception du risque au cours du parcours de création d'entreprise. Cette perception du
risque permet de réduire l'asymétrie informationnelle et d'améliorer la qualité de l'analyse du
risque.
L'approche qualitative du risque des conseillers de clientèle, développée grâce
à leur connaissance approfondie des emprunteurs, est une originalité par rapport à la banque
de détail classique.
En outre, des études récentes ont souligné, à l’instar de celle d’Alpha
OUEDRAOGO, l'importance de la gestion du risque de crédit pour la stabilité bancaire. Cette
approche met l'accent sur le rôle du risque de crédit (solvabilité et liquidité) comme facteur
déterminant de la stabilité bancaire. Il va sans dire que la gestion du risque de crédit est un
facteur clé pour la stabilité et la performance des banques.
A cet effet, la littérature relative à la gestion du risque de crédit a montré que
celle-ci constitue un facteur important, voire essentiel, de la performance des IMF.
S’agissant de la performance, Il y a lieu de retenir qu’en microfinance, il existe
deux types de performance, à savoir la performance financière et la performance sociale.
La performance financière est mesurée à l’aune des indicateurs financiers
standards (ROA, ROE, autosuffisance opérationnelle, la qualité du portefeuille, etc.) et la
performance sociale est évaluée à partir notamment de l’amélioration du niveau de vie de
l’emprunteur, de ses activités couplée avec des indicateurs sociaux, dont les standards
universels de gestion de performance sociale (SPTF)
Par rapport à la performance, Neugebauer, HALLWARD-DRIEMEIER et BECK ont
démontré qu’une IMF ne peut offrir des services de qualité, des prêts en particulier, aux
femmes que lorsque ces IMF sont financièrement performantes.
Par ailleurs, il importe de relever que de nos jours, la relation entre la gestion
du risque de crédit et la performance financière est un sujet de recherche actif en sciences de
7
gestion. En effet, de nombreux auteurs ont étudié ce lien, qui est souvent complexe et nuancé.
En d’autres termes, les recherches antérieures ont montré que la relation entre les pratiques de
gestion des risques, en particulier le risque de crédit, et la performance financière des banques
ou institutions de microfinance reste complexe et controversée. Les résultats de ces
recherches demeurent mitigés.
Ce qui souligne la nécessité de poursuivre les recherches sur ce sujet afin de
confirmer l'hypothèse selon laquelle la gestion des risques a un impact sur la performance des
entreprises.
Dans cette optique, notre recherche se propose de contribuer à la littérature sur
la relation entre la gestion du risque de crédit et la performance des institutions de
microfinance, en général et de celle des mutualistes, en particulier considérées, comme des
structures de proximité offrant des services adaptées à la population pauvre.
De plus, cette recherche contribue à une meilleure compréhension des
déterminants du risque de crédit et de leur importance pour la gestion judicieuse de ce risque.
En conséquence, les institutions de microfinance peuvent adopter des politiques de gestion du
risque de crédit plus efficaces, ce qui devrait se traduire par une meilleure performance
financière.
Enfin, notre recherche vise à analyser les pratiques de gestion des risques des institutions de
microfinance mutualistes (au niveau des réseaux des coopératives d’épargne et de crédit) et
d’évaluer leur impact sur la performance financière. Il s’agira d’analyser le lien pouvant
exister entre les pratiques susmentionnées et la performance financière desdites institutions.
8
PROBLÉMATIQUE
L'octroi de crédit est une activité essentielle pour les banques, car elle leur
permet de générer des revenus, de se maintenir sur le marché et d’assurer ainsi leur pérennité
financière. Mais, cette activité bancaire n’est pas sans conséquence en ce sens qu’elle expose
l’institution bancaire à des risques de différentes natures qui pourraient affecter sa survie.
Au nombre de ces risques figure notamment le risque de crédit, lequel désigne
le risque de défaut des clients ainsi que la dégradation de la situation financière d’un
emprunteur face à ces obligations.
Appelé aussi risque de contrepartie ou risque de défaut, c’est le principal
risque qui menace le bien-être des établissements de crédits.
En outre, les microcrédits présentent différents niveaux de risque en fonction
de leur type. Ce qui amène les IMF à adapter leurs conditions de prêt et leurs critères d'octroi
en fonction du risque. Les prêts non garantis présentent un risque plus élevé, exposant ainsi
les IMF à un risque de crédit plus élevé.
D’après le rapport d’activités de la microfinance publié par la Banque Centrale
du Congo, l’encours de crédit du système microfinancier congolais s’est fixé à l’équivalent en
CDF de USD 283,5 millions à fin 2022.
La répartition du portefeuille de cet encours fait ressortir la prépondérance des
crédits à court terme sur l’enveloppe globale des prêts accordés du fait que les institutions ne
disposent pas d’assez de ressources stables. Les microcrédits octroyés par les institutions de
microfinance ont été affectés principalement par les secteurs de commerce et de la
consommation à hauteur de 90,0 % contre 80,3 % une année plus tôt.2.
2
Banque Centrale du Congo, [Link], p.21
9
En revanche, le portefeuille à risque (PAR 30)3 du secteur de la microfinance à
fin 2022 a connu une augmentation de 5,6 points de pourcentage, passant de 10,8 % en 2021
à 16,4 % une année plus tard. Cette augmentation dénote l’accroissement du risque de crédit
au niveau des institutions de microfinance, en général et au niveau de celles mutualistes, en
particulier.
Il est vrai que la mauvaise gestion du risque de crédit a été un facteur majeur
de la faillite de la plupart des institutions mutualistes, à l’instar des réseaux NYAWERA,
IMARA, CBCO (Caisse Populaire de Crédit LUYMAS/CBCO), CEAC (Communauté
Evangélique en Afrique au Congo), CAMEC (Caisse d’Actions Mutuelles d’Epargne et de
Crédit), COOCEC KIVU et MECRECO.
En effet, l’examen de la gestion du crédit dans la quasi-totalité de ces
structures a révélé qu’elle s’est déroulée en déphasage avec les pratiques de gestion saine et
prudente. Ce qui a eu comme corollaire le risque de contrepartie élevé.
De ce qui précède, il n’en reste pas moins que la gestion du risque de crédit
s’impose et constitue la pierre angulaire d’une pratique bancaire saine et prudente susceptible
de permettre à toute institution financière de pérenniser ses activités à moyen et long termes.
A ce sujet, il est important de noter que les IMF ont développé des approches
efficaces pour gérer le risque de crédit. Ces approches comprennent une sélection rigoureuse
des emprunteurs, une structure prudente de prêt, un suivi régulier, des procédures de
recouvrement claires et une surveillance étroite par la direction de l’institution.
Compte tenu de l’importance de la gestion du risque de crédit dans le
fonctionnement des institutions de microfinance, une gestion efficace de ce risque devrait
donc avoir un impact significatif sur la performance financière des IMF. 4
3
Le taux de portefeuille à risque PAR30 est un indicateur couramment utilisé pour mesurer la qualité du
portefeuille de crédit en microfinance. Il mesure la partie du portefeuille qui est « contaminée » par les
impayés, en pourcentage du portefeuille total.
4
HARKER, P. T., & SATVROS, S. (1998), Performance of financial institutions: Efficiency, innovation, regulation.
Journal of
Banking and Finance, volume 22, numéro 11, pp1709-1734.
10
D’ailleurs, certaines recherches empiriques ont montré que la gestion du risque
de crédit pourrait avoir un impact positif sur la performance financière des IMF, quoique
réalisées dans des contextes spécifiques, tels que des pays développés ou des pays en
développement. Ce qui limite, à juste titre, leur généralisation.
Par ailleurs, l'accroissement du risque de crédit relevé au niveau du secteur
congolais de la microfinance contraste avec l'amélioration de sa performance financière
observée au cours de la même période, laquelle s’est traduite par une hausse de la rentabilité
sur fonds propres (ROE), du rendement sur actifs (ROA) et de l’autosuffisance
opérationnelle.
Le ROE est passé de 34,8% en 2021 à 50,9% en 2022, supérieur à la norme
minimale de 15%. Quant au ROA, il est également passé de 3,8% en 2021 à 4,0% en 2022,
au-delà de la norme minimale de 3%. En ce qui concerne l’autosuffisance opérationnelle, elle
s’est accrue de 1,4 point de pourcentage pour se fixer à 114,1 % en 2022, contre 112,7 % une
année plus tôt, inférieure à la norme minimale de 119,2 %.
Cette situation concorde avec les conclusions d’autres recherches suivant
lesquelles il existe un désaccord sur la relation entre la gestion des risques et la performance
financière.
Ainsi donc, il ne fait aucun doute que les recherches sur l'impact de la gestion
du risque de crédit sur la performance financière des IMF restent encore limitées et
continuent à faire l'objet de débats entre les chercheurs.
D’où, notre recherche se propose d’étudier, dans un premier temps, les
pratiques de gestion des risques des IMF mutualistes, puis d’analyser l'impact de ces
pratiques sur la rentabilité des réseaux de coopératives d'épargne et de crédit dans le contexte
congolais.
Pour mener à bon port cette étude, nous nous sommes proposé de cerner les
contours de la pratique de la gestion du risque de crédit au sein des institutions mutualistes et
plus précisément au sein d’un réseau de coopératives d’épargne et de crédit dénommé
« Mutuelle Centrale des Coopératives d’Epargne et de Crédit du Congo », en sigle
11
MECRECO. Ce réseau est le plus grand de la République Démocratique du Congo agréée en
2009, mais est actuellement sous administration provisoire de la Banque à la suite notamment
de la dégradation de ses indicateurs financiers et de ses ratios prudentiels observés au niveau
de ses affiliés tant de Kinshasa que de ceux de l’est du Congo.
S’agissant de la gestion du crédit au sein de ce réseau, il est à noter que « les
taux de portefeuille à risque consolidés »5 se sont situés à 50,1 % et 31,8 % respectivement en
USD et francs congolais, largement au-dessus de la norme internationalement admise de 5
%, dénotant une mauvaise qualité du portefeuille.
Partant de cette situation, la question spécifique à laquelle notre étude voudrait
répondre est formulée comme suit : « dans le contexte congolais, la gestion du risque de
crédit peut-elle avoir une incidence sur la performance financière de ce réseau ? ».
5
Le taux de portefeuille à risque est un indicateur couramment utilisé pour mesurer la qualité du portefeuille de
crédit en microfinance. Il mesure la partie du portefeuille qui est « contaminée » par les impayés, en
pourcentage du portefeuille total.
12
OBJECTIFS DE L’ÉTUDE
A. Objectif général
L'objectif général de cette étude est d'explorer l'effet de la gestion du risque de
crédit sur la performance financière des institutions de microfinance mutualistes.
B. Objectifs spécifiques
De cet objectif général découle des objectifs spécifiques ci-dessous :
- identifier les mécanismes de gestion du risque de crédit utilisés au sein des institutions
de microfinance mutualistes, plus particulièrement au sein du réseau MECRECO ;
- analyser l’incidence de la gestion du risque de crédit sur la performance financière du
réseau MECRECO.
13
0.4. HYPOTHÈSES DE TRAVAIL
D’après LUTUTALA, une hypothèse est une liaison anticipée entre
phénomènes et variables d’un concept ; c’est un projet de réponse au problème de recherche
qui se pose. Elle est, en d’autres termes, une affirmation portant sur le lien entre plusieurs
14
phénomènes, ou concepts du phénomène, dont on cherche la vraisemblance ou la fausseté, en
le comparant aux faits tels qu’observés sur terrain.6
En s’appuyant sur les résultats issus des recherches en rapport avec la gestion
du risque de crédit et la performance financière, notre étude se propose de vérifier les
hypothèses selon lesquelles les mécanismes de gestion de risque ont un impact sur la
performance financière. En d’autres termes, notre étude dispose qu’il existe un lien entre la
gestion du risque de crédit et la performance financière des institutions de microfinance
mutualistes.
En outre, au regard de la mauvaise qualité du portefeuille du réseau
MECRECO, il est certain que celle-ci est attribuable au déficit des mécanismes de gestion du
risque au sein de cette structure de proximité, lesquels n’ont pas garanti une gestion saine et
prudente de l’activité de crédit.
En clair, nos hypothèses se résument comme suit :
- Hypothèse 1 : les mécanismes de gestion du risque de crédit utilisés par les IMF
Mutualistes du réseau ne permettraient pas de garantir une gestion
saine et prudente de l'activité de crédit.;
- Hypothèse 2 : la gestion rigoureuse et efficace du risque de crédit pourrait contribuer à
une Performance financière positive, tandis qu'une gestion laxiste pourrait entraîner des
résultats financiers négatifs.
0.5. INTÉRÊT DU SUJET
Les IMF mutualistes accordent des micro-crédits à des clients de faibles
revenus, qui sont plus susceptibles de rencontrer des difficultés de remboursement. Une
6
LUTUTALA B., (2021), Méthodes et processus de recherche en sciences sociales, Notes de cours destinées
aux Apprenants de DEA, p.56
15
mauvaise gestion du risque de crédit peut entraîner des pertes financières importantes pour
les IMF mutualistes, voire leur faillite.
Il apparaît clairement que la gestion du crédit a un impact sur la performance
financière des IMF, car celle-ci permet aux IMF mutualistes de poursuivre leurs activités et
de répondre aux besoins de leurs clients.
Face à la concurrence de plus en plus accrue des institutions bancaires et au
durcissement de la réglementation bancaire à laquelle sont confrontées les institutions de
microfinance mutualistes, une bonne gestion du risque de crédit est essentielle pour leur
permettre de faire face à ces défis et de continuer à jouer pleinement leur rôle dans le
développement économique et social.
Ainsi, cette étude est d'un grand intérêt théorique et pratique. Elle permettra de
comprendre les relations entre ces deux concepts aux fins de permettre aux IMF mutualistes
de jouer un rôle encore plus important dans l’éradication de la pauvreté.
En outre, ce sujet revêt un intérêt scientifique et professionnel. Sur le plan
scientifique, ce sujet est d'intérêt pour les chercheurs en finance et en gestion. Il permet
d'étudier les relations entre la gestion du risque de crédit et la performance financière des
institutions de microfinance, un sujet qui est encore peu étudié. Les recherches sur ce sujet
peuvent contribuer à enrichir la théorie financière et à améliorer la compréhension des enjeux
de la gestion du risque de crédit dans ces structures de proximité.
Sur le plan professionnel, ce sujet revêt un intérêt indéniable pour les
professionnels de la microfinance, tels que les dirigeants, les gestionnaires et les consultants.
Il permet de comprendre les facteurs qui influencent la performance financière des
institutions de microfinance et d'identifier les meilleures pratiques de gestion du risque de
crédit. Les connaissances acquises sur ce sujet peuvent être utilisées pour améliorer la
performance des institutions de microfinance.
Enfin, les résultats de ces recherches pourront également être utilisés pour
développer des politiques et des réglementations visant à renforcer la résilience des IMF
mutualistes. De plus, les connaissances acquises sur ce sujet pourront également être
appliquées à aux institutions de non mutualistes.
16
17
0.6. MÉTHODOLOGIE
La vérification de notre hypothèse de travail a nécessité une démarche
méthodologique adaptée, qui se résume comme suit :
- Au niveau de méthodes utilisées
Dans le cadre de cette étude, nous avons recouru à la méthode analytique et à
la méthode descriptive.
La méthode analytique basée sur l’analyse univariée. Pour les variables
qualitatives, des tableaux de fréquences ont été dressés. Pour les variables quantitatives, dont
les distributions sont non symétriques, la médiane et l'intervalle interquartile seront utilisés
comme mesures descriptives.
L'impact du risque de crédit sur la rentabilité a ensuite été étudié à l'aide d'une analyse
discriminante, prenant en compte le caractère longitudinal des données.
Le choix de cette méthodologie se justifie surtout pour vérifier si la
performance financière est liée à la gestion du risque de crédit, mieux de comprendre
l’incidence de ladite gestion sur la performance financière des institutions mutualistes.
Quant à la méthode descriptive, elle a permis, dans un premier temps, d'identifier les
pratiques de gestion du risque de crédit au niveau des institutions de microfinance mutualistes
et ce, au travers des éléments-clés, tels que les politiques et procédures de gestion du risque
de crédit, les outils et techniques utilisés, les ressources humaines dédiées à la gestion du
risque de crédit. Ces données seront ensuite analysées pour identifier les tendances et les
pratiques courantes.
18
Dans un deuxième temps, la méthode descriptive sera utilisée pour décrire les
performances financières des IMF. Pour ce faire, elle utilisera des indicateurs de performance
tels que le rendement des actifs (ROA), le portefeuille à risque (PAR) et l’autosuffisance
opérationnelle (AO).
- Au niveau des techniques de collecte utilisées
Pour ce qui est de la collecte les données, un questionnaire a été adressé aux
dirigeants, gestionnaires et membres des affiliés du réseau. Des interviews ont également été
menées pour affiner l'analyse et s'assurer que les questions du questionnaire étaient
pertinentes.
Ce questionnaire a été également complété par les états financiers et annexes à la situation
comptable du réseau, lesquels états n’ont porté que sur une période de six ans afin d’apprécier
la performance de ce réseau.
19
0.7. DÉLIMITATION DU SUJET
Notre étude se concentrera sur les institutions de microfinance mutualistes de
la ville de Kinshasa, plus précisément sur le réseau MECRECO.
Cette délimitation est justifiée par les objectifs de la recherche. En se concentrant sur les IMF
de Kinshasa pour une période de cinq ans, l’étude sera en mesure de fournir des informations
plus précises et pertinentes sur les relations entre la gestion du risque et la performance
financière. Il importe de préciser que la Ville de Kinshasa abrite un grand nombre d'IMF, qui
jouent un rôle important dans la fourniture de services financiers aux populations à faibles
revenus.
20
En outre, notre étude portera sur la période allant de 2019 à 2023, une période
particulière du système financier congolais marquée par la faillite de plusieurs structures
microfinancières. Ce contexte offre un cadre favorable pour étudier les relations entre la
gestion du risque de crédit et les performances financières des IMF.
21
0.8. STRUCTURE DU TRAVAIL
Outre l’introduction et la conclusion, ce travail comporte 3 chapitres. Le
premier chapitre est consacré aux fondements théoriques sur la gestion des risques et la
mesure de la performance , le deuxième chapitre porte sur description de la gestion du risque
de crédit et indicateurs de la performance financière du réseau MECRECO. Et pour finir le
troisième chapitre va présenter et analyser les données collectées. Il importe de préciser que
ce chapitre constitue la pierre angulaire de la présente étude et s’évertuera à répondre aux
préoccupations soulevées dans le cadre de ce mémoire et ce, sur base de données issues de
notre enquête réalisée au sein de la « MECRECO ».
22
0.9. DIFFICULTÉS RENCONTRÉES
Notre travail a été confronté à plusieurs difficultés au nombre desquelles
figurent l'accès limité à des informations importantes en raison d'un dysfonctionnement du
système d'information, le retard dans la transmission des états périodiques par certaines
agences et l'indisponibilité de certains agents de crédit.
Bien plus, la consolidation des états financiers au niveau du réseau a été
rendue difficile par les retards dans la transmission des informations financières par certaines
agences. Ces retards ont été causés notamment par la situation sécuritaire, en particulier dans
l'est de la RD CONGO.
En outre, lors de l’enquête réalisée, beaucoup d’agents étaient indisponibles,
car devant être sur terrain pour procéder aux actions de recouvrement du crédit. Ce qui a eu
pour conséquence d’allonger la durée de l’enquête. Il est important de relever que certains
chefs d’agence ont été réservés dans les réponses aux questions posées lors de nos différents
entretiens. Cette attitude a été également observée au niveau des agents de crédit.
23
CHAPITRE 1 : FONDEMENTS THEORIQUES DE LA GESTION DU RISQUE
DE CREDIT ET LA PERFORMANCE DES INSTITUTIONS DE
MICROFINANCE
La gestion du risque de crédit est un domaine complexe, mais est essentielle
pour la performance financière des IMF. Il va sans dire que les IMF se doivent de mettre en
place des systèmes de gestion du risque de crédit efficaces, afin de réduire le risque de pertes
et d'améliorer leur rentabilité et, partant, leur performance financière.
Toutefois, des recherches empiriques sur l’impact de la gestion du risque de
crédit sur la performance financière des IMF restent encore controversées et continuent à
faire l'objet de débats entre les chercheurs, du fait qu’elles ont été menées dans des contextes
spécifiques, ce qui limite leur généralisation.
Ainsi donc, dans cette première partie, nous tenterons de circonscrire le cadre
théorique de cette étude, composé de trois sections essentiels :
- la première section porte sur le type d’institutions de microfinance et leurs produits
spécifiques ;
- la deuxième section examine les risques bancaires et microfinanciers ;
- la troisième section explique la gestion du risque de crédit.
24
SECTION 1 : TYPE D’INSTITUTIONS DE MICROFINANCE
Les principales institutions de microfinance sont les institutions de
microfinance mutualistes, les institutions de microfinance non mutualistes et les organisations
non gouvernementales financières.
Les institutions ou les organes financiers qui ont pour objet d’exercer des
activités de microfinance, doivent être préalablement reconnues ou agréées conformément
aux textes en vigueur. Selon le pays, ces institutions peuvent être supervisées ou non par les
autorités monétaires ou d’autres entités, collecter ou non l’épargne de la clientèle ou celle du
public.
1.1. Les institutions de microfinance mutualistes
1.1.1. Définition
Les institutions de microfinance mutualistes sont composées de mutuelles de
crédit ou coopératives d’épargne et de crédit.
Par coopératives d’épargne et de crédit, il faut entendre un groupement de
personnes, à capital variable, doté de la personnalité juridique et fondé sur les principes
d’union, de solidarité et d’entraide mutuelle et poursuivant principalement un objectif social à
travers les services rendus à leurs membres.
Les coopératives d’épargne et de crédit sont régies par des principes essentiels
suivants :
- l’adhésion est libre et volontaire ;
25
- la clientèle est composée des membres. A ce sujet, il y a lieu d’indiquer qu’il existe au
sein de la coopérative deux catégories de membres, à savoir les membres effectifs et
les membres auxiliaires ;
- le nombre des membres est limité ;
- les membres jouissent du même droit suivant le principe « une personne, une voix »,
sans référence au nombre des parts sociales qu’ils détiennent ;
- les trop-perçus annuels sont d’abord versés à la réserve générale dans les limites
prévues aux statuts, le solde est ensuite distribué aux différents membres
proportionnellement aux opérations que chaque membre a effectué avec la
coopérative ;
- les membres ont un droit de vote qu’ils peuvent exercer lors des élections ;
- la primauté des actions visant l’éducation des membres.
1.1.2. Organes
Une COOPEC est dotée des organes suivants :
- l’Assemblée Générale
- le Conseil d’Administration
- le Conseil de Surveillance
- la Commission de Crédit.
Le fonctionnement, la composition et les prérogatives de ces organes sont
fixés par les statuts et règlement intérieur de l'institution et ce, conformément aux
dispositions légales et réglementaires régissant le secteur financier dans son ensemble.
Il est important de noter que les membres des organes des coopératives
d'épargne et de crédit appelés communément « dirigeants » exercent leurs fonctions à titre
bénévole. Cependant, certains règlements prévoient le remboursement des frais occasionnés
dans l'exercice de ces fonctions. Ces remboursements ne doivent pas constituer une
rémunération déguisée, car cela serait contraire au principe coopératif.
En revanche, les dirigeants des COOPEC sont pécuniairement responsables,
individuellement ou solidairement, des fautes commises dans l’exercice de leurs fonctions.
Quant à leur mandat, ils sont élus généralement pour une durée de trois ans,
renouvelable au tiers chaque année, conformément aux dispositions légales et réglementaires.
26
Ce renouvellement permet une intégration des nouveaux membres en vue d’éviter les risques
des personnes-clés.
[Link]. Assemblée Générale
L’Assemblée Générale est l’instance suprême de la COOPEC. Elle constitue le
lieu d’expression directe de la démocratie coopérative. Tous les autres organes sont
directement responsables devant elle.
Cet organe a pour rôle d’élire les dirigeants et de s’assurer du bon
fonctionnement ainsi que de la réalisation des objectifs de l’institution au regard des besoins
des membres. En outre, les fonctions et les pouvoirs lui conférés spécifiquement par les
dispositions légales sont généralement les suivantes :
- modifier les statuts et le règlement intérieur ainsi que le siège social;
- élire et révoquer les membres des organes de la COOPEC ;
- décider de l’affectation des trop-perçus annuels.
[Link]. Conseil d’Administration
Le conseil d’administration est l’organe chargé d’administrer la coopérative et
à qui s’impose l’obligation d’agir en toutes circonstances dans l’intérêt de tous les membres.
Elle a notamment pour missions :
- définir les objectifs stratégiques de l’institution ainsi que son organisation générale ;
- définir des politiques en matière de gestion des risques et suivre leur mise en œuvre
par les organes habilités ;
- mettre en application des décisions de l’Assemblée Générale ;
- déterminer la gamme des produits et services à offrir aux membres ;
- préserver la solvabilité de l’Institution de Microfinance et mettre en place des
mécanismes efficaces pour une meilleure gestion des risques ;
- veiller à l’application des politiques prescrivant les activités, les relations ou les
situations susceptibles de porter atteinte à la qualité de la gouvernance de l’Institution
de microfinance ;
- prendre toute mesure utile de nature à promouvoir la transparence et la bonne
gouvernance de l’Institution de microfinance ;
- Embaucher des employés et définir des conditions de travail ;
- adopter et contrôler le budget annuel et le plan d’affaires de l’institution.
27
[Link]. Le Conseil de Surveillance
Le conseil de surveillance est l’organe chargé de veiller sur les opérations de la
coopérative. A ce titre, il s’assure que les contrôles sont effectués régulièrement et que les
opérations de l’institution se dénouent dans le strict respect de dispositions légales et
réglementaires ainsi que de règles de déontologie applicables aux coopératives d’épargne et
de crédit.
[Link]. La Commission de Crédit
La commission de crédit a pour rôle de gérer la distribution et le
remboursement du crédit conformément aux politiques et procédures en matière de crédit.
1.1.3. Réseaux mutualistes
[Link]. Définition
Un réseau est un ensemble de coopératives d’épargne et de crédit unies, suivant les modalités
de regroupement fixées par les législations en vigueur, régissant l’activité bancaire, en vue de
mieux répondre à un certain nombre de besoins, au nombre desquels figurent notamment :
- la mutualisation des services coûteux, tels que les services de formation, d’inspection,
de fonds de sécurité, d’assurances, d’information, etc. ;
- la mise en place d’un mécanisme permettant une allocation plus efficace des
ressources, en augmentant le groupe des emprunteurs et épargnants au-delà de la
coopérative primaire ;
- la conduite des études de marché et des recherches, en développant des produits au
profit des institutions primaires ;
- l’obtention des sources de financement originales, comme les fonds de garantie ou
l’accès à une ligne de crédit de source externe ;
- l’assistance technique si nécessaire pour améliorer les activités, notamment dans le
domaine des systèmes d’information de gestion et de la formation.
- les échanges d’expérience et de bonnes pratiques entre mutuelles ainsi que l’échange
d’informations entre les membres.
1.2. Les institutions de microfinance non mutualistes
28
1.2.1. Définition
Les institutions de microfinance non mutualistes sont des personnes morales
(entreprises commerciales ou sociétés anonymes) exerçant l’activité de microfinance.
Il convient de préciser qu’il n’existe pas d’unicité desdites institutions dans la
mesure où il y a une différence entre :
- celles qui sont autorisées à collecter l’épargne du public et à octroyer du crédit à ses
clients ;
- celles qui ne sont pas autorisées à collecter l’épargne du public mais dont le rôle ne se
limite qu’à l’octroi du crédit à ses clients ;
- les formes juridiques autorisées par les législations (sociétés anonymes, sociétés
privées ou par actions voire des sociétés à but non lucratif).
La réglementation de la microfinance dans la CEMAC et dans des pays tels
que la Guinée, la Mauritanie, le Madagascar et la République Démocratique du Congo, opère
une distinction entre les institutions non mutualistes qui collectent l’épargne et octroient du
crédit et celles qui ne sont pas autorisées à recevoir des fonds du public.
En ce qui concerne la R.D.C., au terme de la Loi n° 11/020 du 15 septembre
2011 fixant les règles relatives à l’activité de la microfinance en République Démocratique
du Congo, les institutions de la microfinance sont réparties en deux catégories, à savoir les
entreprises de micro-crédit et les sociétés de microfinance.
Les entreprises de micro-crédit effectuent des opérations de crédit en faveur de
leurs clients et ne sont pas autorisées à collecter l’épargne du public. Par contre, les sociétés
de microfinance sont habilitées à collecter l’épargne et octroyer des crédits en faveur de leurs
clients.
1.2.2. Organes
Les Institutions de microfinance sont dotées des organes distincts, chargés
respectivement de l’administration et de la gestion. Il s’agit de :
- l’Assemblée Générale des actionnaires ;
- le Conseil d’Administration
- le Comité d’Audit
29
- la Direction Générale.
[Link]. L’Assemblée Générale des actionnaires
L’Assemblée Générale des actionnaires est constituée des apporteurs des
capitaux, à savoir les actionnaires. Le rôle de cet organe est, mutatis mutandis, le même que
celui des institutions mutualistes.
[Link]. Le Conseil d’Administration
Les missions de cet organe sont, mutatis mutandis, les mêmes que celles
énumérées précédemment.
[Link]. Le Comité d’Audit
Le Comité d’Audit est une émanation de l’organe délibérant (Conseil
d’Administration) ayant pour charge de l’assister notamment dans l’évaluation du contrôle
interne et l’appréciation de la cohérence des systèmes d’identification, de mesure, de
surveillance et de maîtrise des risques.
Ce comité a comme tâches principales :
- superviser et contrôler la fonction de contrôle interne ;
- examiner le rapport d’activités de l’audit interne ;
- s’assurer de la couverture complète des activités de l’institution par les audits interne
et externe ;
- s’assurer de l’adéquation du système de contrôle interne aux activités de l’institution ;
- s’assurer de la qualité et de l’exactitude des informations financières destinées à
l’organe délibérant et aux tiers ;
- superviser l’examen et l’approbation des états financiers rendus publics par
l’institution.
[Link]. La Direction Générale
La Direction Générale (organe exécutif) est chargée de la gestion courante de
l’institution et est responsable de la surveillance de différentes lignes d’activité de l’IMF. La
Direction Générale assure le pilotage effectif de la réalisation des objectifs stratégiques de
l’IMF tels que définis par l’organe délibérant.
Par ailleurs, il est à noter qu’une Institution de microfinance non mutualiste
peut se doter de comités spécialisés en matière notamment de crédit, de contrôle interne et de
30
lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme et ce, conformément
à la réglementation édictée par l’Autorité de Contrôle et de Régulation.
1.3. Les organisations non gouvernementales financières
Les organisations non gouvernementales sont les types d’institutions de
microfinance les plus courantes. La plupart des institutions de microfinance sont issues du
monde des ONG en raison de leur forte orientation au développement du fait que l’essentiel
de leurs programmes et de leurs projets vise à soutenir les personnes défavorisées des zones
où elles opèrent.
Ces organisations sont généralement dirigées par des personnes d’une classe
moyenne avec l’objectif d’apporter leur soutien aux plus pauvres pour des raisons sociales,
éthiques et politiques.
Les ONG financières dépendent souvent des bailleurs de fonds et l’essentiel de
leurs programmes vise à soutenir les populations défavorisées par rapport à leurs zones
d’intervention.
En tant qu’institution de microfinance, ces ONG sont à même de fournir les
capitaux nécessaires pour améliorer la productivité et l’autosuffisance des populations
démunies.
31
SECTION 2 : RISQUES BANCAIRES ET MICROFINANCIERS
L’activité bancaire est sujette à des risques de différentes natures auxquelles
sont exposées les institutions bancaires. Il est donc important de gérer ces risques, de réduire
leur probabilité de survenance et d’en limiter les effets.
A ce jour, de nombreuses recherches et discussions, ont donné la description
suivante du risque :
- le risque se rapporte à l'incertitude qui entoure des événements et des résultats futurs ;
- la probabilité de l'incidence d'un événement susceptible d'influencer l'atteinte des
objectifs de l'organisation.
Le risque correspond donc à un fait imprévisible, ou à tout le moins certain,
susceptible d’affecter les membres, le patrimoine, l’activité de l’entreprise et de modifier son
patrimoine et ses résultats.
De cette définition, nous pouvons retirer deux éléments essentiels qui
caractérisent le risque dans le milieu bancaire :
- le caractère aléatoire et imprévisible (qui est à l’origine du risque) ;
- l’enjeu lié au résultat et perte future de la banque (conséquence finale).
1.1. Nomenclature des risques bancaires
32
Plusieurs classifications des risques bancaires peuvent être proposées.
Néanmoins, les banques ont tendance à adopter la classification proposée par le nouvel
accord de Bâle (ou Bale II), qui distingue trois grandes catégories, à savoir le risque de crédit,
le risque de marché et le risque opérationnel.
A titre de rappel, les ratios de Bâle1 (ratios «Cooke») lient le capital exigé au
montant du crédit distribué et les ratios de Bâle2 (Basel Committee [1999-2001]) introduisent
un lien entre l’exigence de capital des banques et le rating (d’agence ou interne) reposant
essentiellement sur les critères quantitatifs des emprunteurs
En outre, au terme de Bâle 3, les nouvelles exigences afférentes aux fonds
propres visent à réduire le risque bancaire et ce, à travers le renforcement, les exigences en
matière de gestion des risques opérationnels. Dans les IMF mutualistes, les normes
prudentielles bancaires ne s’appliquent pas généralement. Il en est de même pour la
tarification des produits, qui est indépendante du niveau du risque. Il en découle que des
clients peu risqués paient le même coût que des clients plus risqués. Il va sans dire que la
dimension humaine est dominante dans l’analyse du risque.
Ainsi, l’application des normes peut avoir des effets positifs à condition que
lesdites normes fassent l’objet d’une adhésion collective et une implication individuelle. Ce
qui revient à dire que ces normes doivent être considérées comme un outil de management
plutôt qu’une règle imposée sans aucune explication aux sociétaires de l’institution.
Néanmoins, en ce qui concerne la R.D. CONGO., il y a lieu de relever que les
dispositions baloises ont pu être intégrées à travers la limitation et la division des risques et
ce, en référence à la hauteur des fonds propres prudentiels.
A titre d’illustration, au terme de l’article 28 de l’Instruction relative aux
normes prudentielles des coopératives d’épargne et de crédit ainsi que des institutions de
microfinance de la Banque Centrale du Congo, il est stipulé que « les institutions de
microfinance ne peuvent pas consentir des crédits et des engagements par signature à un seul
client ou à une seule signature pour un montant global excédant 5 % des fonds propres
prudentiels ».
33
Par ailleurs, dans la typologie de différents risques que doit affronter une
banque, Paul DEMEY en classe comme suit 7:
Risque de défaut
Le risque de défaut correspond au risque de défaillance d’une contrepartie de
la banque. Les contreparties peuvent être de toute nature. Il peut s’agir aussi bien d’une
créance sur un particulier sur une entreprise, sur une autre institution financière que sur le
Trésor.
Dans cette optique, le risque de contrepartie représente le risque qu’un client
débiteur (un particulier ou un professionnel) ne puisse pas rembourser sa dette à l’échéance
convenue, causant ainsi une perte à la contrepartie créancière. D’après GODLWISKI C.F., le
risque de crédit peut être défini comme une contreperformance de la contrepartie, engendrant
une perte probable au niveau de la banque. De plus, ce risque dépend de la probabilité de
défaillance de la contrepartie que ce soit un pays, en particulier, une entreprise ou un
établissement de crédit avec laquelle la banque est engagée
Il sied de noter que le non-respect des obligations à l’échéance convenue ne
dépend pas forcément de la seule volonté du débiteur.
Risque de liquidité
Le risque de liquidité pour une banque correspond à son incapacité de ne pas
pouvoir faire face, à un instant donné, à ses engagements ou de ne pas pouvoir financer le
développement de son activité. Ce risque crée la panique dans le chef de la clientèle de la
banque. Si cette pratique se perpétue, elle peut conduire à la méfiance vis-à-vis de la banque,
se généralisant, elle peut se solder par une crise bancaire et in fine, par une crise financière.
Risque de taux d’intérêt et de change
Le risque de taux d’intérêt ou de change est le risque encouru en cas de
variation défavorable des taux d’intérêts sur la situation financière d’une banque. Un risque
7
MUKUNDI, E (2022), Marché financier, théories et perspectives pour l’économie congolaise, édition PUK,
Kinshasa, pp 48-49
34
de taux d’intérêt excessif peut constituer une menace importante pour la rentabilité d’une
banque et, partant, de ses fonds propres.
Les fluctuations des taux d’intérêt affectent significativement les produits
d’intérêts nets ainsi que les autres revenus sensibles aux taux d’intérêt et les dépenses
d’exploitation et, in fine, le résultat net. « Ils ont également une incidence sur la valeur des
créances, dettes et instruments hors-bilan, étant donné que la valeur actualisée des flux de
trésorerie attendus (et, dans certains cas, les flux eux-mêmes) varie en fonction des taux
d’intérêt » [1]
Risque de marché
Les risques de marché désignent les risques dus aux mouvements de la valeur
de marché des positions de la banque.
En d’autres termes, c’est le risque de pertes qui peut découler de la fluctuation
des prix des instruments financiers négociés sur un marché. Ce risque peut porter sur les
éléments ci-après :
- le cours des actions
- les taux d’intérêt,
- les taux de change,
- le cours des matières premières.
Il y a lieu de noter que si les risques de marché ne sont pas maitrisés, ils
peuvent avoir une incidence dramatique pour les institutions financières.
Risques opérationnels
Les risques opérationnels comprennent, en gros, tous les autres risques de
fraude, litiges, désastres, etc.
Le Comité de Bâle II définit le risque opérationnel comme « le risque de
pertes provenant de processus internes inadéquats ou défaillants, de personnes et systèmes
ou d’événements externes ».
35
« Le champ d’application de cette définition est assez large. Elle couvre tout
évènement qui perturbe le déroulement normal des processus métier et qui génère des pertes
financières ou une dégradation de l’image de la banque ».
Dans cette catégorie de risques, l’on distingue les risques de transaction, le
risque de fraude ainsi que le risque légal et de conformité. Le premier risque est la résultante
d’une transaction exécutée en partie, ou de manière erronée. Le second est consécutif à des
pertes générées par une action malveillante d’un client ou d’un employé. Le risque légal et de
conformité est dû à la mauvaise rédaction, lors d’une transaction, des documents légaux.
Cette définition recouvre également les erreurs humaines, les défaillances des
systèmes d'information, les problèmes liés à la gestion du personnel, les litiges commerciaux,
les accidents, incendies, inondations.
Bien plus, le Comité de Bâle a retenu une classification qui institue sept
catégories d'évènements liés à ce risque8 :
- fraude interne : par exemple, informations inexactes sur les positions, falsifications,
vol commis par un employé et délit d’initié d’un employé opérant pour son propre
compte ;
- fraude externe : par exemple, braquage, faux en écriture et dommages dus au piratage
informatique ;
- pratiques en matière d'emploi et sécurité sur le lieu de travail : par exemple, demandes
d’indemnisation de travailleurs, violation des règles de santé et de sécurité des
employés, activités syndicales, plaintes pour discrimination et responsabilité civile en
général ;
- clients, produits et pratiques commerciales : par exemple, violation de l’obligation
fiduciaire, utilisation frauduleuse d’informations confidentielles sur la clientèle,
opérations boursières malhonnêtes pour le compte de la banque, blanchiment d’argent
et vente de produits non autorisés ;
- dommages aux actifs corporels : par exemple, actes de terrorisme, vandalisme,
séismes, incendies et inondations ;
8
La classification détaillée des événements générateurs du risque opérationnel est une synthèse de
l’annexe B du texte de l’accord de Bâle II.
36
- dysfonctionnement de l'activité et des systèmes : par exemple, pannes de matériel et
de logiciel informatiques, problèmes de télécommunications et pannes d’électricité ;
- exécution, livraison et gestion des processus : par exemple, erreur d’enregistrement
des données, défaillances dans la gestion des sûretés, lacunes dans la documentation
juridique, erreur d’accès aux comptes de la clientèle et défaillances des fournisseurs.
La prise en compte du risque par une banque est aussi fonction de la structure
financière de chaque économie.
Pour Michel AGLIETTA, toutes les structures financières ne sont pas
également vulnérables au risque du système.
En dehors de ces principaux risques, les banques sont censées gérer d’autres
risques à savoir, les risques externes.
En effet, les risques externes diffèrent des risques énumérés ci-dessus du fait
qu’ils sont hors de contrôle de l’institution et incluent notamment l’environnement
réglementaire, les changements démographiques, la situation politique, la concurrence, le
cadre macro-économique et les catastrophes naturelles.
Risques réglementaires
Les risques réglementaires sont consécutifs au non-respect, par une institution
de microfinance, des dispositions légales et réglementaires régissant le secteur. Ce non-
respect est susceptible de faire subir à l’institution des sanctions réglementaires et financières.
Il existe principalement deux domaines de réglementation bancaire, auxquelles
les institutions sont vulnérables. Il s’agit de lois sur l’usure et les réglementations relatives à
l’intermédiation financière.
Risques concurrentiels
Les risques concurrentiels sont liés à la concurrence imposée par d’autres
intervenants du secteur, surtout avec l’entrée des nouveaux acteurs sur le marché de
microfinance tels que les banques et d’autres institutions financières.
Les trois principales sources de concurrence sont :
37
- le manque d’information en rapport avec les services fournis par des institutions
concurrentes ;
- l’absence de familiarité d’une institution de microfinance avec les produits offerts par
une institution concurrente afin d’affiner ses propres services et d’assurer une
tarification appropriée ;
- l’absence des informations sur la performance actuelle et passée des clients des
services offerts par les institutions concurrentes.
En outre, pour réduire la vulnérabilité des institutions de microfinance, celles-
ci sont tenues entre autres d’affiner les produits offerts et, le cas échéant, offrir des nouveaux
produits, améliorer l’accès aux installations de l’institution, …
Risques démographiques
Les risques démographiques résultent des caractéristiques démographiques des
clients. Ainsi, les institutions doivent tenir compte de plusieurs facteurs dont :
- le niveau d’instruction des clients ;
- la cohésion sociale ;
- l’attitude et l’aptitude entrepreneuriales ;
- les attitudes sociétales à l’égard de la fraude ;
- les expériences passées avec des ONG et des promoteurs de crédit ;
- la maladie et le décès.
Risques environnementaux
Les risques environnementaux sont liés aux catastrophes naturelles (par
exemple les inondations, le tremblement terre, tsunami, sécheresse) qui sont de nature à
affecter les entreprises, les ménages ainsi que les activités microfinancières.
Il en est de même des infrastructures physiques (transport, communication,
routes, etc.) qui peuvent aussi concourir significativement à la vulnérabilité des institutions de
microfinance.
Pour faire face à ces risques, il est indiqué que l’institution prenne des mesures
préventives, entre autres cibler des milieux dotés des infrastructures et proches l’un de
38
l’autre, souscrire l’assurance (lorsqu’il s’agit par exemple des catastrophes naturelles), créer
un fonds de secours, etc.
Risques macroéconomiques
Ce sont des risques résultant des changements intervenant dans
l’environnement macro-économique telles que la dévaluation et l’inflation.
Risques politiques
Il s’agit des risques résultant notamment des évènements d’ordre politique ou
administratif, des troubles civils, des agitations de débiteurs pouvant entraîner des pertes pour
l’institution de microfinance.
Il est évident que les institutions financières ont moins de contrôle sur ces
types de risques. Pour ce faire, il s’avère important que les gestionnaires mettent des systèmes
de contrôle adéquats pour pouvoir réduire l’impact de ces risques en cas de leur survenance.
1.2. Nomenclature des risques en microfinance
Au niveau du secteur de la microfinance, il existe essentiellement quatre
domaines de risques qui doivent être gérés adéquatement afin de limiter les pertes que
l’institution peut subir. Ces domaines sont le portefeuille, la propriété du capital et la
gouvernance, la gestion et la nouveauté du secteur.
Ainsi, de ces domaines, il en découle les catégories de risques suivantes :
- les risques institutionnels,
- les risques opérationnels,
- les risques financiers et
- les risques externes.
1.2.1. Les risques institutionnels
39
Les risques institutionnels sont des risques liés à la mission sociale, à la
mission commerciale et à la dépendance de l’institution de microfinance.
Les institutions de microfinance sont exposées aux risques de la mission
sociale lorsqu’elles n’ont pas un marché-cible clairement défini et des mécanismes de suivi
pour s’assurer qu’elles offrent des services financiers appropriés à la clientèle voulue. 9 Elles
sont également exposées au risque de la mission commerciale lorsqu’elles ne fixent pas des
taux d’intérêt susceptibles de couvrir les pertes de l’institution et de capitaliser pour la
croissance. En outre, les mauvaises décisions commerciales ou leur mise en œuvre incorrecte,
consécutives au leadership médiocre couplé au déficit de gouvernance causent les risques
stratégiques.
Toutefois, il sied de préciser qu’il existe un conflit entre la mission sociale et
la mission commerciale, suite respectivement aux objectifs sociaux à atteindre, d’une part et
aux objectifs de rentabilité, d’autre part. Ainsi, le défi de la microfinance consiste à maintenir
constamment un équilibre entre les deux missions.
Par exemple, si une institution de microfinance offre un produit de crédit, elle
doit s’évertuer à satisfaire la clientèle (en termes par exemple du taux d’intérêt et du montant
accordé). Il s’agit ici de la mission sociale. Néanmoins, ce taux doit être fixé de manière à
permettre à cette institution de pouvoir générer des revenus susceptibles de couvrir ses
charges (mission commerciale). Ce qui lui permettra de dégager une marge bénéficiaire
nécessaire à assurer la pérennité de ses activités. Au cas, contraire, l’institution risquerait de
ne pas pérenniser ses activités.
En outre, le risque de dépendance est le type de risque auquel sont exposées
surtout les institutions soutenues par des organisations internationales, surtout en ce qui
concerne les activités microfinancières gérées dans le cadre d’un projet. La dépendance se
caractérise par des restrictions dans la réalisation des activités de la vie quotidienne et sociale
de l’institution. Il en découle que ces IMF sont vulnérables à la dépendance par le soutien des
organisations internationales. Bien que ce soutien paraisse avantageux au début, il pourrait
affecter négativement les efforts vers une institution indépendante à long terme.
9
CHURCHILL, C. et FRANKIEWICZ, C., Op. cit., p. 143.
40
1.2.2. Risques opérationnels
Ce type de risques ont déjà été développés au niveau de la première sous-
section.
1.2.3. Risque de crédit
« Le risque de crédit désigne soit le risque de défaut d’une contrepartie avec
laquelle la banque est engagée face à ses obligations, et dans cette éventualité, la banque
risque de perdre tout ou partie des montants engagés ; soit le risque de dégradation de la
situation financière d’un emprunteur sur les marchés des capitaux ».10
La littérature sur le risque de crédit montre que les principales faillites et
scandales bancaires sont liés à des problèmes de crédit. Cela suggère que le risque de crédit
est le principal risque auquel sont exposées les banques.
Le risque de crédit constitue l’un de plus grand risque en matière de
microfinance. Ce risque est une préoccupation majeure pour la plupart des institutions de
microfinance. En effet, ce risque a conduit à la déconfiture de beaucoup d’institutions de
microfinance.
1.2.4. Risques financiers
Comme précisé précédemment, les risques financiers sont des risques liés au
crédit (le non remboursement du crédit), à la liquidité (la difficulté à payer les dettes à un
moment donné), au marché (évolution adverse des taux de change et des taux d’intérêt) et à la
solvabilité.
Figure 1 : Catégories de risques en microfinance
Risques Sociaux
Dérive de mission
Impact négatif sur les
Clients
Risques financiers
Risques opérationnels Liés à la pérennité financière
10
MAYEMBE, B.M., (2022), Risque de contrepartie dans les relations de crédit bancaire à long terme en R.D.
CONGO,
Crédit, éditions
fraude, l’Harmattan, Paris,Risque
sécurité p.61. de réputation Gestion bilancielle
et inefficacité
Gestion de l’épargne
Gestion de l’information
41
Risques externes
Réglementation
Source : CHURCHIL, C.,et COSTER, D. (2001), Manuel de Gestion de Risques en Microfinance, CARE, page
7
42
43
SECTION 3 : GESTION DU RISQUE DE CRÉDIT
3.1. Notions générales
« Le risque de contrepartie, ou de crédit, est le premier des risques auquel est
confronté une institution financière. Il désigne soit le risque de défaut d’une contrepartie avec
laquelle la banque est engagée face à ses obligations, dans cette éventualité, la banque risque
de perdre tout ou partie des montants engagés »11
Le risque de crédit correspond à la défaillance de la contrepartie sur laquelle
un engagement ou une créance est détenue. Le risque est donc le non remboursement du
capital (y compris les intérêts).12
L'évaluation du risque de crédit est difficile, car les banques ne disposent pas
toujours de toutes les informations nécessaires sur les emprunteurs. Il s’agit donc de
l’asymétrie de l’information. Il en découle que la mitigation du risque de crédit dépend de la
capacité des institutions à collecter et à traiter efficacement les informations sur les
emprunteurs, lors de la sélection des demandes de crédit.
Pour ce qui est de la sélection, le prêteur doit collecter des informations sur les
caractéristiques de l'emprunteur, avant et après l'attribution du crédit.
Ainsi, lorsque les institutions recherchent des informations sur les
emprunteurs, elles sont confrontées à un problème d'asymétrie de l'information. Cela signifie
que les emprunteurs disposent de plus d'informations que les institutions, ce qui peut
conduire à deux problèmes majeurs : la sélection adverse et l'aléa moral.
La sélection adverse se produit lorsque les emprunteurs ont des informations
sur eux-mêmes que les prêteurs ne connaissent pas. Par contre, l’aléa moral résulte de
l’incapacité du préteur à observer les actions de l’emprunteur, susceptibles d’affecter sa
probabilité de remboursement13.
En outre, le risque de crédit se mesure à travers notamment les indicateurs ci-
après14 :
11
MAYEMBE, B.M., Analyse du risque de contrepartie dans les relations de crédit bancaire à long terme en
R.D.
CONGO, thèse de doctorat, Faculté des sciences économiques et de gestion, 2016-2017, p.49
12
LECOMTE, A., [Link], p.62
13
MAYEMBE, B.M., op. cit, p.93
14
idem
44
- le taux de créances douteuses
- le taux de provisionnement
- le coût du risque.
En microfinance, dans la mesure où la majorité des microcrédits sont
concentrés sur un seul secteur d’activités, la situation d’impayés peut se répandre rapidement
d’une poignée de prêts à une part importante de l’ensemble du portefeuille de crédit de
l’institution de microfinance.
Par ailleurs, il importe de noter qu’une institution de microfinance peut réduire
le risque de crédit à travers notamment certaines mesures de prévention et contrôles qui
portent principalement sur la prévention et le contrôle du risque de crédit,
3.2. Les facteurs influençant le risque de crédit
Le risque de défaut d’un client est très difficile à appréhender en totalité,
compte tenu du nombre élevé de paramètres dont il dépend. Ces facteurs peuvent être
endogènes au client (entreprise) comme ils peuvent lui être exogènes.
3.2.1. Les facteurs endogènes du client
Ce sont les paramètres propres au client, qui peuvent avoir une incidence sur la
probabilité de défaillance de ce dernier. Plusieurs facteurs entrent alors en jeu, à savoir :
- le mode de gestion du client ;
- le profil des dirigeants (formation et expérience) ;
- les procédés de fabrication utilisés (la technologie) ;
- la qualité des produits et son positionnement sur le marché ;
- la situation financière du client ;
- le pouvoir de négociation des fournisseurs et des clients ainsi que leur dispersion ;
- la politique commerciale ;
- le degré de sous-traitance, etc.
3.2.2. Les facteurs exogènes du client
45
Ces paramètres sont les plus difficiles à cerner et à prévoir, ils sont liés à des facteurs
externes au client et peuvent influencer négativement la bonne marche de ses activités. L’on
peut citer notamment :
- la perméabilité du secteur d’activité du client (les barrières d’entrée) ;
- la concurrence du secteur d’activité du client ;
- la situation conjoncturelle, en général et du secteur d’activité du client, en
particulier ;
- les perspectives d’évolution du marché ciblé par le client.
3.3. Prévention du risque de crédit
La prévention du risque de crédit passe notamment à travers la conception du
produit de prêt, la sélection des clients et le rôle du Comité de crédit.
3.3.1. La conception du produit de prêt
En vue d’atténuer le risque de défaillance, les IMF peuvent commencer par
concevoir des produits de prêt qui sont de nature de satisfaire les besoins des clients. La
conception de ces produits doit tenir compte de l’objectif spécifique auquel le crédit est
destiné. Par exemple, un prêt pour financer l’achat du stock pour une épicerie devrait avoir un
échéancier de remboursement et des garanties différentes de celles d’un prêt destiné à
acquérir une machine à coudre.
Ainsi, pour minimiser le risque de crédit, la conception du produit devra tenir
compte des caractéristiques telles que l’éligibilité, le taux d’intérêt et frais, la durée, la
fréquence de remboursement, les montants des échéances ainsi que les garanties.
3.3.2. La sélection des clients
La sélection des clients permet de s’assurer de leur volonté et capacité de
rembourser un crédit et ce, à travers l’analyse de la solvabilité. A ce sujet, il y a lieu
d’indiquer que les institutions de microfinance analysent la solvabilité d’un client à travers
cinq « C » du client, lesquels portent sur le caractère, la capacité, le capital, le cautionnement
et les conditions environnementales.
1° le caractère
46
En microfinance, le caractère est le seul moyen le plus important de
sélectionner de nouveaux demandeurs de crédit. L’évaluation du caractère d’un client permet
d’obtenir des informations importantes sur la volonté du client à rembourser le crédit à la date
convenue.
Avec le crédit individuel, en plus de l’interview avec l’entourage du
demandeur du prêt, les agents de crédit se doivent de s’assurer que les informations fournies
par l’intéressé sont cohérentes.
2° la capacité
L’évaluation de la capacité de remboursement de crédit constitue l’un des défis
majeurs en microfinance. Cette assertion est étayée d’une part, par la difficulté pour les
institutions de disposer de bonnes informations financières et, d’autre part, par les cloisons
souvent floues entre l’entreprise d’un micro-entrepreneur et les activités de son ménage.
Bien plus, il est difficile d’évaluer la capacité de remboursement d’un
demandeur de prêt ayant de faibles revenus. Les estimations du revenu et des dépenses
peuvent ne pas être fiables, et les demandeurs de prêt ne disposent pas généralement de
documents financiers pour accompagner leurs demandes. Il en découle, parfois que le cash-
flow estimé et celui réel de l’entreprise.
« Pour compenser ces difficultés, certaines IMF adoptent une approche
conservatrice pour évaluer la capacité d’un client à rembourser sans tenir compte de l’impact
du crédit sur l’entreprise. Cela signifie que le revenu net courant de l’entreprise est un
multiple de l’échéance ; en d’autres termes, le demandeur estime que l’entreprisse génère
déjà assez de revenu pour rembourser le crédit. De cette façon, la microfinance est plus
proche du financement de la consommation que du financement d’entreprise »15.
Il est à noter qu’avec les crédits de petite taille, le caractère du demandeur de
crédit constitue donc l’élément clé de la sélection.
3° le capital
Outre la capacité de remboursement du client, les IMF peuvent collecter des
informations sur l’actif et le passif de l’entreprise de façon à déterminer si l’entreprise est
solvable et de ressortir le volume du capital investi par le client.
15
CHURCHILL, C. et FRANKIEWICZ, C., Op. cit., p. 157.
47
4° le cautionnement (garantie)
En microfinance, la garantie est fondamentalement utilisée comme un indice
d’engagement du client. Il va sans dire qu’elle est rarement utilisée comme une deuxième
source de remboursement. C’est généralement quand les clients sont de mauvaise foi que les
dirigeants des IMF arrivent à saisir et à réaliser la garantie.
5° Les conditions environnementales
L’évaluation des conditions environnementales est souvent difficile pour les
agents de crédit. Raison pour laquelle la plupart des IMF sont plus intéressées aussi bien à
l’amélioration des performances de l’entreprise qu’à celui du recouvrement de leurs prêts.
Etant donné que les agents de crédit ne sont pas suffisamment outillés pour
analyser les conditions de tous les types d’entreprise, il s’avère que le moyen élémentaire
pour assurer le contrôle du risque de crédit est d’exiger que les demandeurs soient en activité
pendant un certain nombre de temps avant qu’ils ne soient éligibles pour un prêt.
3.3.3. Le rôle du Comité de crédit
La validation des décisions d’octroi de microcrédit aux clients par un organe
est un moyen de contrôle essentiel pouvant concourir à la mitigation du risque de crédit. A ce
sujet, le comité de crédit se réunit suivant la périodicité fixée dans le règlement d’ordre
intérieur aux fins de statuer sur le déblocage ou non des crédits.
Ce comité a la responsabilité non seulement d’approuver les microcrédits,
mais aussi de s’impliquer dans le recouvrement et, le cas échéant, la gestion des impayés.
3.4. Contrôle du risque de crédit
En plus des stratégies de prévention du risque de crédit, il est nécessaire
d’assurer le contrôle de risque à travers la gestion des impayés et le suivi de la qualité du
portefeuille de crédit.
3.4.1. La gestion des impayés
En ce qui concerne la gestion des impayés, les organes délibérants de
l’institution peuvent développer une politique de gestion des impayés consistant notamment à
déterminer la tolérance du risque de crédit.
3.4.2. Le suivi de la qualité du portefeuille de crédit
48
L’IMF doit suivre régulièrement les ratios de la qualité du portefeuille (voir
point 3.1) et s’informer régulièrement sur la hauteur des crédits rééchelonnés.
Ces ratios doivent être calculés, par exemple, par secteur d’activités et par
zone d’intervention.
3.5. Outils de maîtrise du risque de crédit
Parmi les outils de maîtrise du risque de crédit, l’on peut citer principalement
la politique de crédit, les garanties ainsi que d’autres outils tels que la centrale des risques.
3.5.1. La politique de crédit
La politique de crédit définit les procédures à suivre en termes de risque de
crédit Concrètement, la politique de crédit définit le montant de crédit, le taux d'intérêt,
l’échéance ainsi que toutes les procédures à suivre dans le processus de décision d’octroi de
crédit.
Elle constitue un outil important devant garantir un bon remboursement des
crédits octroyés. Ainsi, il est important d’appliquer toutes ces procédures de mise en place et
recouvrement du crédit instituées pour pallier les risques de crédit.
3.5.2. Les garanties
Face au risque de non remboursement et aux situations de défaillance non
prévisibles auxquelles sont confrontées les banques et ce, particulièrement lors de la mise en
place de financement de longue durée, il est d’usage de recourir à la prise de garantie. Celle-
ci ne constitue qu’un accessoire essentiel à la maîtrise du risque de crédit. Elle doit, en aucun
cas, être l’élément déterminant pour la décision qui doit s’appuyer sur la capacité de
remboursement et la solvabilité de l’entreprise.16
Ainsi, il existe deux types de garanties, à savoir les suretés réelles et les suretés
personnelles. Bien plus, il sied d’indiquer que les garanties sont attachées à l’objet du
financement (nantissement fonds de commerce, hypothèque pour une acquisition
immobilière, etc) et assorties de garanties complémentaires.17
16
LECOMTE, A., Op. cit, p. 64
17
idem
49
Au niveau des institutions de microfinance, il a été relevé dans les lignes
précédentes que la garantie n’est utilisée que comme un indice d’engagement du client.
3.5.3. Autres outils de maîtrise de risque de crédit
Parmi les autres outils de maîtrise de risque de crédit, il y a lieu de citer
notamment le pool bancaire et la centrale des risques. On parle de pool bancaire lorsque, pour
un crédit risqué, il y a partage de ce risque entre un groupement de plusieurs institutions
bancaires. Quant à la centrale des risques, elle est un organisme chargé de produire un fichier
nominal des prêts de toute nature contractés par les différents emprunteurs. Ce qui permet
aux banques ou institutions de microfinance de connaître le niveau d’endettement de leurs
clients.
Avec la demande de prêt d’un client, les renseignements de la centrale des
risques peuvent aider les responsables des prêts d’une banque ou d’une IMF à prendre des
décisions mieux informées s’agissant de refuser ou d’accorder une demande de prêt18
Les centrales des risques apportent d’importants avantages au nombre desquels
l’on peut citer notamment 19.
- la meilleure gestion du portefeuille et réduction du risque de crédit.
- la réduction des coûts de transaction
- l’accroissement du degré et de l’étendue potentielle de la portée
- le meilleur accès à la finance.
- la culture du remboursement mieux développée.
- la réduction du risque de surendettement des clients. La sursaturation du crédit est
l’un des plus grands défis pour le secteur de la microfinance ;
- le renforcement de la coordination et du partage des données d’encours de crédits
entre banques, IMF et prestataires privés.
3.6. La gestion du risque de crédit au sein d’une institution de microfinance
3.6.1. Notions
Les institutions de microfinance (IMF) sont confrontées à des risques de crédit
plus élevés que les institutions financières traditionnelles. Ces risques sont liés au profil des
18
RESEAU SEEP (2018), Promotion des centrales des risques : le rôle des associations de microfinance, p.1
19
idem
50
clients des IMF, qui sont souvent des entrepreneurs à faible revenu et donc plus susceptibles
de faire face à des difficultés financières.
Ainsi, les institutions de microfinance (IMF) doivent relever de nombreux
défis pour continuer à prospérer. Elles doivent faire face à une croissance rapide, à un nombre
croissant de clients, à une dispersion géographique et à l'évolution des besoins de leurs
clients. La croissance rapide, le nombre croissant de clients, la dispersion géographique et
l'évolution des besoins des clients augmentent le risque de non-remboursement des prêts des
institutions de microfinance. Par conséquent, ces institutions doivent renforcer leurs efforts
de gestion du risque de crédit pour minimiser ce risque.
D’après BERNARD TAILLEFER, la gestion du risque de crédit est un
processus qui consiste à identifier, à analyser, à mesurer et à surveiller les risques de crédit,
puis à mettre en œuvre des mesures pour les atténuer ou les réduire. Elle porte principalement
sur le processus de décision d’octroi du crédit et constitue un outil indispensable aux
institutions de microfinance pour garantir leur viabilité à long terme et leur permet d'identifier
et de réduire les risques de non-remboursement des prêts, qui peuvent entraîner des pertes
financières importantes.
La gestion du risque de crédit vise à minimiser le risque de non-
remboursement des prêts tout en garantissant une rentabilité suffisante.20.
Ainsi, le processus d’octroi de crédit s’articule autour de cinq étapes
essentielles de la vie d’un crédit, à savoir la demande de crédit, la constitution du dossier, la
décision d’octroi, l’information du client et de déblocage du crédit.
1° La demande du crédit
Pour avoir accès au crédit, l’institution demande que cela soit fait par écrit
pour éviter les débiteurs fictifs. Ainsi, le gérant de l’institution financière devra inscrire
chronologiquement les demandes de crédits dans un registre.
2° La constitution du dossier de crédit
20
OTIENO,S. et NYAGOL,M.,(2018), Relationship between Credit risk management and financial
performance:
empirical evidence from microfinance banks in Kenya, p. 118
51
Le dossier de crédit comprendra principalement les éléments constitutifs ci-
après:
- la lettre de demande de crédit ;
- les éléments d’identification du demandeur ;
- les désidératas du demandeur : montant, durée du crédit, montant à l’échéance et les
fréquences des échéances ;
- les garanties : elles peuvent être de trois ordres, à savoir les suretés réelles, les cautions,
les nantissements, etc.
Toutes les informations fournies par le demandeur du crédit doivent faire
l’objet des investigations aux fins de s’assurer de leur exactitude.
3° La décision d’octroi des crédits
Dans une institution de microfinance non mutualiste, l’analyse de la demande
sera faite par la Direction Générale à travers des comités spécialisés, à savoir le Comité de
Crédit. Il en est de même pour la décision d’octroi de crédit. Par contre, dans une institution
mutualiste, la décision d’octroi de crédit est donnée par la Commission de Crédit, qui est
l’organe attitré en matière de gestion et de distribution de crédit.
4° Le déblocage du crédit
Le déblocage du crédit sera assuré par le gérant de l’institution de
microfinance sur base du protocole établi par le conseil d’administration ou de la gérance
dans le cas des institutions mutualistes. Au moment du déblocage, le gérant ne devra pas
omettre de faire signer le débiteur et sa caution éventuelle sur le contrat21.
5° Suivi et recouvrement du crédit
Après le déblocage du crédit, l’institution doit s’assurer que le crédit octroyé a
été effectivement affecté à l’objet pour lequel il a été sollicité. Bien plus, l’institution doit
s’évertuer à recouvrer le crédit conformément aux échéanciers repris dans le contrat de crédit.
3.7. Mesure de la gestion du risque de crédit
La mesure de la gestion du risque de crédit est un processus complexe qui
consiste à évaluer l'efficacité des politiques et des procédures mises en place par une
21
TAILLEFER, B. (1996), Guide de la banque pour tous : innovation Africaine, éd Karthala, P. 119.
52
institution financière pour gérer le risque de crédit. Elle permet aux institutions de
microfinance de s'assurer qu'elles disposent d'un cadre de gestion du risque de crédit solide et
efficace.
Il existe de nombreuses façons de mesurer la gestion du risque de crédit. Les
approches les plus courantes sont les suivantes : les mesures quantitatives et les mesures
qualitatives.
3.7.1 Mesures quantitatives
Les mesures quantitatives sont les plus couramment utilisées pour mesurer la
gestion du risque de crédit. Elles permettent d'évaluer les résultats concrets de la gestion du
risque de crédit, tels que le taux de défaut, la perte sur prêts et le coût du capital.
A. Taux de défaut
Par définition, le taux de défaut est le pourcentage de clients qui ne
remboursent pas leurs prêts. Il est l'indicateur le plus couramment utilisé pour mesurer la
performance de la gestion du risque de crédit.
En microfinance, l’on recourt au portefeuille à risque, qui est un indicateur
mesurant en fait la partie du portefeuille qui est « contaminée » par les impayés, en
pourcentage du portefeuille total.22
Le PAR s’est imposé comme le principal indicateur de la qualité du
portefeuille dans la mesure où il reflète le risque réel d’impayés, du fait de la prise en compte
non seulement du montant en retard mais aussi du capital restant dû sur le crédit considéré.
Plus la durée du retard de paiement est grande, moins le prêt a des chances d’être remboursé.
De manière générale, tout Portefeuille à Risque de plus de 30 jours de retard
(PAR30) excédant 10% doit être préoccupant, car à l’opposé des crédits commerciaux, la
plupart des microcrédits ne sont pas couverts par des garanties facilement réalisables, telles
que des titres, du matériel, …).
En outre, un microcrédit est généralement considéré comme étant en situation
de risque, s’il présente un retard de paiement de plus de 30 jours. Cette règle est bien plus
22
INTER-AMERICAN DEVELOPMENT BANK. (2008), Indicateurs de performance pour les
institutions de microfinance : Guide technique, 2e édition, Washington, p. 6.
53
rigoureuse par rapport aux pratiques des banques commerciales, suite au problème de
réalisation des garanties.
B. Perte sur créances
La perte sur prêts est la perte financière subie par une institution financière
lorsque des clients ne remboursent pas leurs prêts. Elle est calculée en multipliant le taux de
défaut par le montant moyen des prêts accordés.
Les pertes sur créances peuvent être calculées de différentes manières, en
fonction de la méthode utilisée par l'institution financière.
La méthode la plus courante est la méthode des provisions. Cette méthode
consiste à provisionner un montant pour les pertes sur créances attendues. Le montant de la
provision est calculé en fonction du taux de défaut estimé et de la valeur moyenne des prêts.
La formule suivante peut être utilisée pour calculer le montant de la provision :
Provision = Taux de défaut * Valeur moyenne des prêts
Par exemple, si le taux de défaut estimé est de 1 % et que la valeur moyenne
des prêts est de 10 000 francs congolais, le montant de la provision sera de 100 francs
congolais.
Une autre méthode pour calculer les pertes sur créances est la méthode des
pertes actuelles. Cette méthode consiste à comptabiliser les pertes sur créances lorsque celles-
ci sont effectivement constatées.
La formule suivante peut être utilisée pour calculer les pertes sur créances :
Pertes sur créances = Montant des prêts non remboursés
Enfin, il est également possible de calculer les pertes sur créances en utilisant
une combinaison des deux méthodes précédentes. Cette méthode est appelée la méthode des
pertes attendues et réalisées.
54
La formule suivante peut être utilisée pour calculer les pertes sur créances :
Pertes sur créances = Provision + Pertes actuelles
En outre, il est important de préciser que le provisionnement des créances
litigieuses en microfinance est un processus complexe qui doit être adapté aux besoins et aux
objectifs spécifiques de l'institution financière.
En général, le provisionnement des créances litigieuses en microfinance se fait
selon les étapes suivantes : la classification des créances, l’estimation de la perte probable, la
constitution de la provision et la réévaluation de la provision.
1° classification des créances
La première étape consiste à classer les créances en fonction de leur risque de
non-remboursement. Les créances litigieuses sont des créances qui présentent un risque de
non-remboursement significatif.
2° estimation de la perte probable
Une fois les créances classées, il est nécessaire d'estimer la perte probable pour
chaque créance litigieuse. Cette estimation est basée sur un certain nombre de facteurs, tels
que la situation financière de l'emprunteur, la nature du prêt et les perspectives économiques.
3° constitution de la provision
En fonction de l'estimation de la perte probable, l'institution financière doit
constituer une provision pour couvrir la perte potentielle. Le montant de la provision est
généralement calculé en multipliant la perte probable par le montant de la créance litigieuse.
En R.D.C., l’Instruction relative à la classification et au provisionnement des
crédits des coopératives d’épargne et de crédit ainsi que des institutions de microfinance fixe
le provisionnement de la manière suivante :
- 1 à 30 jours de retard : 5 % du capital restant dû ;
- 31 à 60 jours de retard : 25 % du capital restant dû ;
- 61 à 90 jours de retard : 50 % du capital restant dû ;
55
- 91 à 180 jours de retard : 75 % du capital restant dû ;
- Plus de 180 jours de retard : 100 % du capital restant dû.
Les crédits prorogés sont également provisionnés comme des crédits litigieux
à compter de leur échéancier initial.
4° Réévaluation de la provision
La provision doit être réévaluée périodiquement pour s'assurer qu'elle est
toujours suffisante pour couvrir la perte probable. Cette réévaluation doit être effectuée au
moins une fois par an, ou plus souvent si nécessaire.
En microfinance, les créances litigieuses sont souvent difficiles à évaluer. Cela
est dû au fait que les emprunteurs sont souvent des personnes à faibles revenus qui ont un
accès limité aux services financiers. De plus, les institutions de microfinance disposent
souvent de moins de données sur leurs emprunteurs que les banques traditionnelles.
Pour pallier ces difficultés, les institutions de microfinance peuvent utiliser une
variété de méthodes pour évaluer les créances litigieuses. Ces méthodes comprennent
l’analyse financière ainsi que l’analyse du risque et du crédit.
La méthode utilisée pour évaluer les créances litigieuses dépend des besoins et
des objectifs de l'institution de microfinance. Les institutions de microfinance doivent choisir
la méthode qui leur permet d'obtenir une estimation fiable de la perte probable.
En plus de constituer des provisions pour les créances litigieuses, les
institutions de microfinance peuvent également prendre des mesures pour réduire le risque de
pertes sur créances. Ces mesures comprennent une évaluation minutieuse et une surveillance
régulière des emprunteurs, une diversification des portefeuilles de crédit et la mise en place
de politiques et procédures de suivi et recouvrement de crédit efficaces
La prise de ces mesures peut aider les institutions de microfinance à réduire le
risque de pertes sur créances et à protéger leurs profits et leur solvabilité.
56
Enfin, la mesure de la perte sur créance peut se faire sur base d’un indicateur y
afférent, lequel mesure les créances passées en pertes comme un pourcentage de l’encours
brut de portefeuille de crédit. 23
Ce taux reflète uniquement le montant passé en perte au cours d’une période
donnée et fournit des informations utiles sur le volume des pertes encourues pendant ladite
période par rapport à l’encours des crédits moyen.
Le ratio de pertes sur créances peut également être comparé au montant des
provisions sur créances douteuses afin de s’assurer si les provisions constituées sont
suffisantes au regard du montant des pertes historiques.
A. Le coût du capital
Le coût du capital est le montant de capital que les institutions financières
doivent détenir pour couvrir le risque de crédit. Il est calculé en fonction du taux de défaut, de
la perte sur prêts et de la volatilité des pertes. Pour ce fait, l’institution peut recourir à certains
ratios financiers comprenant notamment le ratio de couverture des pertes.
Concrètement, le coût du capital peut être estimé comme suit :
Coût du capital = Risque + Prime de risque
Partant de cette formule, le risque correspond au risque de non-remboursement
des prêts, calculé en fonction du taux de défaut et de la perte sur prêts. Par contre, la prime de
risque correspond à la rémunération que les investisseurs exigent pour investir dans une
entreprise présentant un risque plus élevé. Elle est généralement calculée en fonction du taux
de rendement des actifs sans risque et d'une prime de risque de marché.
Il est à noter que le coût du capital en microfinance est plus élevé que dans le
secteur bancaire traditionnel. Cela est dû au fait que les emprunteurs du secteur de la
microfinance sont souvent des personnes à faibles revenus qui présentent un risque de non-
remboursement plus élevé.
23
CHURCILL, C. et FRANKIEWICZ, C., op. cit., p. 372.
57
Le coût du capital est un facteur important dans la gestion du risque de crédit
en ce que les institutions de microfinance doivent tenir compte du coût du capital lorsqu'elles
décident d'accorder des prêts.
Si le coût du capital est trop élevé, les institutions de microfinance devront
augmenter les taux d'intérêt sur leurs prêts pour couvrir leurs coûts. Cela peut rendre les prêts
moins accessibles aux emprunteurs, ce qui peut réduire la rentabilité des institutions de
microfinance.
En plus des indicateurs susmentionnés, l’efficacité de la gestion du risque de
crédit peut être évaluée également à travers notamment le respect des normes prudentielles, le
taux de suivi de crédit et la couverture du risque de crédit.
3.7.2. Mesures qualitatives
Les mesures qualitatives évaluent les processus et les pratiques de gestion du
risque de crédit. Elles fournissent des informations plus complètes sur l'efficacité de la
gestion du risque de crédit tels que la qualité des données utilisées, la pertinence des analyses
de risque et l'efficacité des contrôles internes.
La qualité des données est essentielle pour une gestion du risque de crédit
efficace. Les données doivent être complètes, exactes et à jour.
La pertinence des analyses de risque est également importante. Les analyses de
risque doivent être adaptées aux besoins spécifiques de l'institution financière et doivent tenir
compte des facteurs de risque pertinents.
L'efficacité des contrôles internes est essentielle pour garantir que les
politiques et procédures de gestion du risque de crédit sont respectées.
58
La combinaison de mesures quantitatives et qualitatives permet d'obtenir une
évaluation plus complète de la gestion du risque de crédit. La mesure de la gestion du risque
de crédit est un processus continu qui doit être adapté aux besoins et aux objectifs spécifiques
de l'institution financière.
La mesure de la gestion du risque de crédit est un processus continu qui doit
être adapté aux besoins et aux objectifs spécifiques de l'institution financière.
CHAPITRE 2 : DESCRIPTION DE LA GESTION DU RISQUE DE
CREDIT ET INDICATEURS DE LA PERFORMANCE
FINANCIERE DU RESEAU MECRECO
59
Ce chapitre traite de la gestion du risque de crédit au sein de la MECRECO. Il
se compose de trois sections. La première section présente le réseau MECRECO et la
deuxième section présente les types de crédits offerts par le réseau. Cette deuxième section
décrit le processus de gestion du risque de cré[Link] troisième section description du processus
de gestion du risque de crédit au sein du réseau mecreco . La quatrième section analyse
quelques indicateurs de performance financière.
SECTION 1 : BRÈVE PRÉSENTATION DU RÉSEAU MECRECO
La MECRECO est un réseau de plusieurs coopératives primaires disséminées
dans la Ville Province de Kinshasa et dans certaines provinces de la R.D. CONGO,
60
notamment le Kongo Centrale, le Maniema, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri et la Tshopo.
Elle a été agréée en 2009 par la Banque Centrale du Congo (BCC).
Au démarrage de ses activités en 2001, ce réseau comptait 21 mutuelles
d’épargne et de crédit. A ce jour, il ne compte dix-sept (17) mutuelles suite au
redimensionnement imposé par l’Autorité de Supervision et de Contrôle qu’est la Banque
Centrale du Congo (BCC).
En effet, depuis le mois d’avril 2016, ce réseau est confronté à une crise aigüe
de liquidités sans précédent, laquelle a amené la Banque Centrale du Congo à placer ce
réseau sous gestion d’un administrateur provisoire depuis octobre de la même année aux fins
de son redressement.
A ce jour, les institutions du réseau couvrent la moitié du pays, soit provinces
7 sur 26. Elles sont reparties comme suit :
- à Kinshasa : MECREKIN, MECRE NGALIEMA et MECRE KINTAMBO ;
- au Maniema : MECRE KINDU ;
- au Kongo Central: MECRE MATADI (en déconfiture) ;
- au Nord Kivu : MECRE BENI, MECREGO, MECRE KATINDO, MECRE
VIRUNGA et MECRE RUTSHURU (Non agréée par la BCC) ;
- au Sud Kivu : MECREBU, MECRE IBANDA, MECRE KAVUMU et MECRE
UVIRA ;
- à la Tshopo : MECRE KISANGANI ;
- en Ituri : MECRE BUNIA.
Néanmoins, il sied de rappeler que ce réseau a pendant longtemps été réputé
pour la célérité, la qualité et l’excellence de ses services financiers, au profit des populations
démunies et exclues du système bancaire classique. Ceci lui a permis de gagner la confiance
de plus de 200 000 membres.
Sur le plan fonctionnel, les MECRE primaires offrent des services financiers
(Crédit, épargne, transfert de fonds etc.) aux membres, tandis que la faîtière (MECRECO)
exerce cette fonction en faveur des MECRE.
61
Du point de vue de la gouvernance, Chaque MECRE est dotée d'une structure
composée d'organes délibérants : l'Assemblée Générale, le Conseil d'Administration, le
Conseil de surveillance et la Commission de crédit. Les membres de ces organes sont élus
pour un mandat de trois ans, renouvelable au tiers des membres chaque année.
SECTION 2 : TYPE DE CRÉDITS OFFERTS PAR LE RÉSEAU
MECRECO
Le réseau MECRECO offre les crédits suivants : le crédit individuel et le
crédit de groupe.
62
2.1. Le crédit individuel
Les membres du réseau peuvent demander un crédit s'ils ont un compte ouvert.
Pour ce faire, ils doivent d'abord préparer un plan d'utilisation du crédit et soumettre une
demande officielle. Le remboursement du capital est effectué en versements égaux sur la
durée du crédit, tandis que les intérêts sont dégressifs jusqu'à l'échéance.
Les crédits ordinaires ont une durée maximale de 12 mois, tandis que les
crédits express ont une durée maximale de 2 mois.
En outre, La MECRECO dispose de trois types de crédit individuel : le crédit à
la production, le crédit à la consommation et le crédit express
2.1.1. Crédit à la production
Ce type de crédit est accordé aux personnes ayant leurs propres activités
(MECRO petite et moyenne entreprise, activité génératrice des revenus) et qui ont a domicilié
leurs recettes à la MECRECO.
Ce crédit est accordé pour une durée de 12 mois, avec un taux d'intérêt
dégressif, compris entre 4 % et 4,8 %. La garantie du crédit est un titre parcellaire.
Le remboursement de ce type de crédit se fait par les revenus ou recettes de
l'activité financière de l'emprunteur. Le demandeur, personne physique ou morale, doit être
membre de la MECRECO et avoir un compte bancaire régulièrement approvisionné. Il doit
également présenter des moyens de paiement et une garantie suffisante, telle qu'un titre de
propriété ou un certificat d'enregistrement légal.
2.1.2. Crédit à la consommation
Le crédit à la consommation est accessible aux salariés des secteurs privé et
public, qu'ils domicilient ou non leur salaire et primes à la MECRECO. Il est accordé pour
une durée de 12 mois, avec un taux d'intérêt dégressif de 3 % pour les salariés domiciliés et
de 4,8 % pour les salariés non domiciliés. La garantie du crédit est le salaire de l'emprunteur,
qui est également le moyen de remboursement.24
2.1.3. Crédit express
Le crédit express est un type de crédit individuel qui peut être accordé dans
des cas exceptionnels, après approbation du comité de gestion et du président du CA. Ce
24
http:// [Link], site consulté le 20 juillet 2023 à 8 h 22
63
crédit est destiné à financer des besoins urgents, et le remboursement doit être effectué dans
un délai de deux mois. Le crédit express peut être utilisé à des fins de consommation ou de
production.43
Il est à noter que pour obtenir un crédit à la production, l'activité concernée
doit être viable sur le plan économique. L'étude du dossier doit montrer que l'emprunteur est
en mesure de rembourser le prêt dans les délais
2.2. Le Crédit aux groupes solidaires
Le crédit solidaire est accordé aux personnes qui ont des activités génératrices
de revenus et qui se regroupent entre 15 à 25 personnes. Il est accordé pour une durée
maximale de 6 mois, avec un taux d'intérêt de 4,8 %. La garantie du crédit est la caution
solidaire, qui est un contrat signé par tous les membres du groupe. Ce contrat stipule que
chaque membre du groupe est responsable du remboursement de l'intégralité du crédit, et non
seulement de sa part.
Dans cette catégorie, l’on distingue le crédit aux groupes villageois et le crédit
agricole.
2.2.1. Crédit aux groupes villageois
Ce microcrédit est destiné aux groupements de femmes rurales pauvres, qui
souhaitent améliorer leur niveau de vie en créant des activités génératrices de revenus.
2.2.2. Le crédit agricole
Le microcrédit agricole est un prêt accordé aux paysans pour les aider à
améliorer leurs activités agricoles et augmenter leurs rendements. Il est versé en plusieurs
tranches, en fonction des étapes du cycle de culture. Le remboursement s'effectue à la fin du
cycle agricole, par l'intermédiaire des organisations paysannes.
Le tableau ci-dessous reprend les différents types de crédits, assortis de leurs
tailles ainsi que de leurs échéanciers de paiements :
Tableau 1 : Type de crédits offerts par le réseau MECRECO (en dollars américains)
CREDITS CREDITS DE CREDITS AUX CREDITS
INDIVIDUELS GROUPE SALARIES EXPRESS
TAILLE 10 à 100 000 50 à 500 100 à 20 000 100 à 100 000
64
ECHEANCIER Mensuel Mensuel Mensuel Mensuel
DUREE 6 à 12 mois 4 à 6 mois 6 à 12 mois 1 à 2 mois
TAUX D'INTERET (dégressif) 3 à 4,8 % 3 à 4% 2,5 à 3 % 5 à 10 %
Source : Auteur, sur base de la politique de crédit en vigueur.
SECTION 3 : DESCRIPTION DU PROCESSUS DE GESTION DU
RISQUE DE CRÉDIT AU SEIN DU RÉSEAU MECRECO
Le processus de gestion des risques de crédit au sein de la MECREKIN se fait
à travers trois méthodes de contrôle, à savoir :
- la méthode de contrôle incorporée aux opérations ;
- la méthode de contrôle des opérations après leur bouclage ;
- la méthode de contrôle par analyse de tableaux de bord ou indicateurs.
65
Les étapes suivantes seront analysées par type de méthodologie de contrôle de
risques :
3.1. Procédure de contrôle incorporée aux opérations
Au niveau de contrôle incorporé aux opérations, les étapes suivantes entrent en
ligne de compte :
- la prospection :
L’étape de sensibilisation consiste à informer les personnes sur les avantages
de l'adhésion à la MECRECO. Elle peut se faire de deux manières : soit les personnes
viennent à l'agence pour en savoir plus, soit la MECRECO va à leur rencontre sur le terrain.
- l’ouverture de compte d’épargne :
Cette étape constitue le moyen d’adhésion à la MECRECO ; elle se fait par un
payement de frais appelé « Part Sociale » de l’équivalent en francs congolais de dix (10)
dollars.
Notons que la prospection est une activité effectuée par tous les agents (gérants, chef
d’agence, chargé de clientèle, agent de crédit, caissière, comptable).
- le suivi des comptes d'épargne
Le chargé de clientèle est chargé de cette étape. Il analyse les comptes
épargnes pour identifier les membres actifs, c'est-à-dire ceux qui épargnent régulièrement. Il
les contacte ensuite pour leur présenter le crédit et les encourager à en faire la demande.
- l’ouverture et le montage de dossiers de crédit
Le chargé de clientèle est chargé de cette étape. Après avoir sensibilisé les
membres à l'intérêt du crédit, il leur remet un formulaire de demande de crédit à remplir. Ce
formulaire contient des informations sur le membre, à savoir son identité, le montant sollicité,
etc.
Il est à noter que le chargé de clientèle transmet les demandes de crédit au
gérant ou chef d'agence. Ce dernier les distribue ensuite aux agents de crédit pour le montage
de dossiers de crédit.
66
En clair, l’ouverture du compte débute par la vérification de l'identité du
demandeur en relevant toute demande de crédit par personne interposée, par procuration ou
identité fictive.
Ensuite, les agents de crédit sont tenus de se rassurer que la lettre de demande
de crédit et le formulaire de demande de crédit contiennent la signature du membre conforme
à celle se trouvant dans le système.
Bien plus, il sied d’indiquer que l’analyse des dossiers de crédit se poursuit
jusqu’à la tenue de la réunion du comité technique de crédit ou commission de crédit.
Cette analyse consiste à contrôler les éléments de saisie des moyens de
remboursement selon le type de garantie offerte :
par rapport à l'activité à financer :
- vérifier si l'activité à financer se trouve sur la liste des activités acceptées par le réseau
et surtout analyser les risques liés à l'activité à financer en se rassurant que cela a été
pris en compte dans les analyses.
L’agent de crédit se doit de procéder à une meilleure évaluation des garanties reçues
en recourant à certains ratios. A titre d’exemple, il peut calculer un ratio de couverture
des garanties qui mesure la valeur des garanties par rapport au montant du prêt
sollicité. Il est préférable que ce ratio soit supérieur ou égal à 80 % du prêt.
par rapport aux moyens de paiement et garanties :
La collecte des informations sur la garantie est une activité qui consiste à se
rassurer sur l'existence de la garantie, l'authenticité des documents de garantie, mais aussi sur
la valeur marchande de celle-ci.
La prise de garantie par la MECRE-COOPEC est l'une des prédispositions de
gestion de risques, de non remboursement de crédit en ce sens que la garantie constitue le
dernier recours en cas d'impayés.
A ce sujet, les préposés sont tenus de :
- chercher les preuves de consultation de la centrale de risques, soit internes ou
externes (BCC) aux fins de minimiser les risques de surendettement ;
67
- vérifier si tous les moyens de remboursement ont été cernés par des documents signés
et versés dans le dossier ;
- vérifier si l'entreprise a été accréditée par une analyse de crédibilité et de viabilité
pour l'engagement des crédits salaires ;
- analyser si les garanties matérielles proposées sont sécurisantes et suffisantes.
S’agissant de garanties, il y a lieu d’indiquer que le réseau MECRECO recourt
aux suretés réelles, cautions, nantissements, hypothèques et gages. Du reste, la valeur de la
garantie doit dépasser à 200% le montant sollicité.
Le dossier de crédit fini, sera transmis auprès du superviseur « gérant ou chef
d’agence » pour analyse et validation. Ce dernier peut juger bon d’effectuer une carte
d’investigation dans le but de confirmer les informations renseignées par l’agent de crédit.
Ensuite, le dossier sera transmis au niveau du CTC (Comité Technique de
Crédit), composé de tous les acteurs de crédit, entre autre les agents de crédits, le gérant, le
chargé de clientèle et le chargé des risques. La décision finale de la validation ou du rejet
reviendra à la Commission de Crédit.
3.2. Travaux du Comité Technique de Crédit (CTC) et de la validation par la
Commission de Crédit
Cette étape consiste à :
- vérifier que la fiche de décision est bien complétée, signée et versée dans le dossier ;
- participer activement à la réunion du CTC pour orienter les membres du CTC à
prendre une bonne décision ;
- poser des questions intelligentes pour se rassurer que le superviseur a la maitrise du
dossier de crédit présenté ;
Après l’étape technique réalisée par le CTC, intervient la validation du
déboursement de crédit par la Commission de Crédit.
Les travaux du Comité de crédit sont complétés par une analyse des dossiers
administratifs de crédit, laquelle consiste à :
68
- contrôler si toutes les recommandations et conditions préalables au décaissement
formulées par le CTC et CC ont été strictement prises en comptes et que tous les
documents exigés sont versés au dossier ;
- contrôler tous les documents originaux déposés au dossier ;
- vérifier que le montant au contrat est conforme à la décision de CTC/CC et que toutes
les pages ont été paraphées par lui ;
- vérifier si le membre a été formé sur les clauses du contrat de prêt et l'échéancier de
remboursement ;
- vérifier que tous les documents de garantie et de saisie des moyens de remboursement
versés au dossier sont en original, signés par les personnes habilités, notariés selon le
cas et versés au dossier ;
- vérifier que le contrat est signé par le membre lui-même en comparant sa signature à
celle se trouvant dans le système et sur la demande de crédit ;
- vérifier que l'échéancier est signé par le membre, que les informations sur les crédits
sont renseignées dans le système informatique
Ainsi, au cours de la période de 2019 à 2023, le résultat du nombre des
dossiers montés par le comité de crédit se présente comme suit :
Tableau 2 : Nombre de dossiers traités par la Commission de Crédit
NBRE DE NBRE DE
CREDIT CREDIT TAUX DE TAUX
ANNEE SOLLICITE AUTORISE REJET D'ACCEPTATION
2019 313,00 293,00 6,39 93,61
2020 190,00 179,00 5,79 94,21
2021 106,00 95,00 10,38 89,62
2022 132,00 128,00 3,03 96,97
2023 149,00 144,00 3,36 96,64
Source : MECRECO : Rapport d’activités 2023
3.3. Contrôle des montants à décaisser
Le contrôle de montant à décaisser consiste à :
- vérifier que le montant de crédit mis en attente de validation est conforme à la
décision du Comité Technique de Crédit (CTC) et de la Commission de Crédit (CC)
69
- vérifier que le membre a déjà constitué l'épargne-caution de l'équivalent de 10 % du
montant à décaisser selon le type de crédit
- vérifier que les frais d'étude et d'analyse de dossier ont été débités
- l’analyse des dossiers tenue du comité technique de crédit
Ce contrôle est suivi de la contractualisation et du déboursement. Au niveau de
l’étape de contractualisation, le chargé de la clientèle prend contact avec les membres dont
les dossiers ont été validés et passe à la signature de contrat entre le membre et le responsable
de l’entité.
Enfin, intervient le déboursement qui est réalisé par le comptable à travers le
virement du montant de crédit autorisé dans le compte du membre, en passant les écritures
dans le système informatisé.
3.4. Procédures de contrôle après les opérations
A ce niveau, les étapes à respecter sont les suivantes :
- le suivi après déboursement ;
- le suivi-remboursement ;
- le suivi-recouvrement.
3.4.1. Suivi après déboursement
Cette étape consiste à suivre l’affectation de l’agent reçu par le membre à
l’objet renseigné dans la demande.
1° Suivi-remboursement
Il s’agit d’un suivi effectué par l’agent de crédit afin de s’assurer du
remboursement de tous les crédits se trouvant dans son portefeuille.
A ce sujet, il appelle le membre quelques jours avant la date du
remboursement pour un rappel, ils veulent le remboursement quotidien.
Ainsi, si le crédit n’est pas remboursé à l’échéance contractuelle, l’agent de
crédit procède à des relances. En cas de non remboursement, l’agent de crédit se verra dans
l’obligation d’effectuer des descentes sur terrain aux fins de recouvrer le crédit
2° Suivi-recouvrement
70
Le recouvrement intervient lorsqu’il y a dépassement de l’échéance de
remboursement prévue. Les actions de recouvrement sont effectuées par un agent de
recouvrement.
En cas de non remboursement persistant, le dossier de crédit sera transmis
auprès des avocats conseils du réseau, qui pourront entamer une procédure judiciaire.
Par ailleurs, il y a lieu de relever que les modes de remboursement dépendent
du type de crédit.
Ainsi, par exemple, le remboursement afférent au prêt ordinaire intervient le
lendemain du décaissement du crédit au profit du client et se fait généralement sur le lieu
d’activités du membre.
Néanmoins, d’autres membres préfèrent se rendre dans les agences de la
MECRECO pour y rembourser leurs crédits à l’échéance.
Le remboursement lié au prêt fixe ou ponctuel intervient un mois (30 jours)
après le décaissement du crédit et généralement aux guichets de différentes agences du
réseau.
En outre, le remboursement par virement bancaire constitue un mode de
remboursement utilisé par les membres situés loin des agences de la MECRECO
3.5. Procédures d'analyse des indicateurs ou tableaux de bord
L’analyse des indicateurs va consister à examiner les tableaux de bord selon
les normes du réseau et effectuer une analyse tendancielle des indicateurs de gestion, afin de
formuler une opinion assortie de recommandations de gestion.
Dans l’analyse du dossier de crédit, les principaux indicateurs financiers et
ratios calculés sont notamment :
- le ratio de fond de roulement, qui permet d’évaluer la situation financière du
membre ;
- le besoin total de financement ;
- le financement propre ;
- le besoin net de financement ;
- la capacité de remboursement.
71
Cette analyse est présentée dans une fiche d’analyse de crédit. Pour un crédit
de consommation individuel à court terme, par exemple, l’analyse se fait comme suit :
- l’évaluation d’état des revenus du client ;
- l’évaluation d’état des charges du client ;
- l’évaluation de sa situation patrimoniale dans un bilan.
Après cette évaluation, les différents ratios calculés étaient enregistrés dans
la fiche d’analyse proprement dite.
De manière résumée, le processus de gestion des risques de crédit passe par l’ouverture, le
montage des dossiers de crédit, la participation aux travaux du Comité Technique de Crédit et
validation par la Commission de Crédit, le contrôle des montants à décaisser et le suivi des
crédits.
Figure 2. Processus de gestion du risque de crédit au sein du réseau MECRECO
ÉTAPES INTERVENANTS
Demande de crédit
Gérant
Montage du dossier
+
de crédit Agent de crédit
Comité Technique
de Crédit
Analyse du dossier
Analyse et Commission de
et avis techniques
validation du crédit crédit
et avis techniques
Rejet de la Acceptation de
demande la demande
72
Source : Auteur, sur base de la politique de crédit de la MECRECO
SECTION 4 : QUELQUES INDICATEURS DE PERFORMANCE
FINANCIÈRE DU RÉSEAU
Comme précisé à l’introduction de cette étude, l’accent sera mis sur trois
indicateurs de mesure de la performance financière en microfinance, à savoir l’autosuffisance
opérationnelle (AO), le rendement des actifs (ROA) et le portefeuille à risque (PAR).
4.1. Autosuffisance opérationnelle
La majorité des institutions membres du réseau ont enregistré un taux
d'autosuffisance opérationnelle inférieur à la norme minimale de 119,4 %. Seules deux
institutions ont respecté cette norme.
Tableau 3 : Evolution de l’Autosuffisance opérationnelle des institutions du réseau.
AUTOSUFFISANCE
OPERATIONNELLE
INSTITUTIONS 2019 2020 2021 2022 2023
MECRE BUNIA 159,5 106,0 180,1 103,0 154,5
MECRE KAVUMU 182,6 136,9 102,7 75,0 112,5
MECRE KINDU 91,1 102,2 101,0 101,2 75,9
MECRE KISANGANI 64,0 48,0 36,0 48,0 72,0
MECRE KINTAMBO 27,8 32,3 47,6 47,6 71,5
MECRE KATINDO 161,7 121,3 90,9 67,2 100,8
MECRE BENI 111,2 118,5 105,2 104,5 156,8
MECRE BUKAVU 53,1 53,1 53,1 18,6 28,0
MECRE GO 37,1 27,8 23,8 25,9 38,9
MECREKIN 50,1 30,9 48,9 46,7 70,1
MECRE NGALIEMA 46,7 35,0 44,6 33,5 50,3
73
MECRE VIRUNGA 63,2 47,4 35,6 26,7 40,1
MECRE IBANDA 113,4 85,1 63,8 85,1 127,7
MECRE UVIRA 87,4 65,6 49,2 36,9 55,4
Normes ≥119,4 ≥119,4 ≥119,4 ≥119,4 ≥119,4
Source : Auteur, sur base des états financiers du réseau MECRECO
Cette situation peut être visualisée dans le graphique ci-après :
74
Graphique 1 : évolution de l’autosuffisance opérationnelle des institutions du réseau
MECRECO
Graphique 1 : Evolution de l'autosuffisance opérationnelle des institu-
ions du réseau
MECRE
200.0 BUNIA
MECRE
KAVUMU
180.0 MECRE
KINDU
160.0 MECRE
KISAN
GANI
140.0 MECRE
KIN-
120.0 TAMBO
MECRE
KATINDO
100.0
MECRE
BENI
80.0 MECRE
BUKAVU
60.0 MECRE
GO
MECREKI
40.0 N
MECRE
20.0 NGALIEM
A
MECRE
0.0 VIRUNGA
2019 2020 2021 2022 2023
Source : Auteur, à partir du tableau n° 5
L'évolution de cet indicateur de performance montre que la plupart des
institutions ne sont pas en mesure de couvrir leurs coûts opérationnels par leurs revenus
opérationnels. Cela laisse présager qu'elles ne seront pas en mesure de générer des revenus
suffisants pour financer leur croissance.
4.2. Rendement des actifs (ROA)
L’évolution tendancielle du rendement des actifs du réseau a ressorti que la
plupart des institutions du réseau ne sont pas rentables, à l’exception de quatre.
L’évolution de cet indicateur de rentabilité est reprise dans le tableau ci-
dessous :
Tableau 4 : Evolution du ROA des institutions du réseau
75
ROA
INSTITUTIONS 2019 2020 2021 2022 2023
MECRE BUNIA 13,9 8,9 12,1 3,5 5,3
MECRE KAVUMU 22,5 77,0 80,3 60,2 90,3
MECRE KINDU -2,2 -2,0 -1,7 2,7 4,0
MECRE KISANGANI -32,4 -33,1 -33,1 -33,1 -49,6
MECRE KINTAMBO -62,7 -42,6 -15,4 -15,4 -23,1
MECRE KATINDO 16,8 16,3 16,3 16,3 24,5
MECRE BENI 5,4 4,0 2,1 3,4 5,2
MECRE BUKAVU -3,7 -3,5 -3,5 -1,7 -2,6
MECRE GO -24,9 -23,0 -8,5 -8,5 -12,7
MECREKIN -45,0 -5,7 -15,4 -4,8 -7,1
MECRE NGALIEMA -4,1 -4,1 -4,1 -0,5 -0,8
MECRE VIRUNGA -12,5 -12,2 10,4 10,4 15,6
MECRE IBANDA 2,1 2,1 2,1 2,1 3,2
MECRE UVIRA -5,3 -5,2 -5,4 -5,2 -7,9
Norme réglementaire ≥3 ≥ ≥ ≥ ≥
Source : Auteur, sur base des états financiers du réseau MECRECO
L’évolution tendancielle du rendement des actifs du réseau a ressorti que la
plupart des institutions du réseau ne sont pas rentables.
Cette situation est reprise dans le graphique ci-après :
76
Graphique 2 : Evolution du ROA des institutions du réseau
Graphique 2 : Evolution du ROA des institutions du réseau
100
MECRE
BUNIA
80 MECRE
KAVUMU
MECRE
60 KINDU
MECRE
KISAN
40 GANI
MECRE
KIN-
20 TAMBO
MECRE
0 KATINDO
2019 2020 2021 2022 2023 MECRE
ROA BENI
-20 MECRE
BUKAVU
MECRE
-40 GO
MECREKI
N
-60 MECRE
NGALIEM
A
-80
Source : Source : Auteur, à partir du tableau n° 6
Il ressort du graphique que seuls quatre institutions sont rentables. La faible
rentabilité des institutions du réseau MECRECO est une préoccupation majeure qui limite
leur capacité à financer leur croissance et à répondre aux besoins de leurs membres.
4.3. Portefeuille à risque
Les portefeuilles à risque (PAR30) de 2019 à 2023 de la plupart des
institutions du réseau se sont situés au-delà de la norme réglementaire de 5 % maximum,
dénotant une mauvaise qualité du portefeuille de crédit.
Tableau 5 : Evolution du portefeuille à risque du réseau
77
PORTEFEUILLE A RISQUE (30 jours)
INSTITUTIONS 2019 2020 2021 2022 2023
MECRE BUNIA 5,8 6,7 4,4 5,4 8,1
MECRE KAVUMU 2,8 2,1 1,6 1,2 1,8
MECRE KINDU 30,2 23,2 25,2 27,1 40,6
MECRE KISANGANI 26,5 19,9 24,5 18,4 27,6
MECRE KINTAMBO 30,2 15,2 16,4 14,8 22,2
MECRE KATINDO 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
MECRE BENI 10,7 10,3 9,7 11,0 16,5
MECRE BUKAVU 73,7 55,3 41,5 75,2 90,3
MECRE GO 6,8 6,8 100,0 100,0 100,0
MECREKIN 18,0 17,2 16,4 17,4 26,2
MECRE NGALIEMA 12,5 12,5 12,5 11,0 16,5
MECRE VIRUNGA 97,3 73,0 54,7 82,0 92,0
MECRE IBANDA 76,0 57,0 85,5 76,0 91,2
MECRE UVIRA 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Norme réglementaire ≤5 ≤5 ≤5 ≤5 ≤5
Source : Auteur, sur base des balances âgées du réseau
L’évolution tendancielle des PAR30 est retracée dans le graphique ci-après :
Graphique 3 : Evolution du PAR30 des institutions du réseau
Graphique 3: Evolution du PAR30 des insitutions du réseau
120.0
MECRE
BUNIA
100.0 MECRE
KAVUM
U
80.0
MECRE
KINDU
60.0 MECRE
KISAN
40.0 GANI
MECRE
KIN-
20.0 TAMBO
MECRE
0.0 KATIND
2019 2020 2021 2022 2023 O
PAR30 MECRE
BENI
Source : Auteur, à partir du tableau n° 7
En revanche, la couverture du risque de crédit se présente de la manière
suivante :
78
Tableau 6 : Couverture du risque de crédit par les institutions du réseau
INSTITUTIONS 2019 2020 2021 2022 2023
MECRE BUNIA 72,4 86,9 66,5 76,7 75,6
MECRE KAVUMU 64,7 77,6 64,7 71,2 69,6
MECRE KINDU 100,0 100,0 99,9 100,0 100,0
MECRE KISANGANI 99,3 100,0 99,3 99,7 99,6
MECRE KINTAMBO 94,4 100,0 99,6 99,8 98,5
MECRE KATINDO 100,0 100,0 100 100,0 100,0
MECRE BENI 59,5 71,4 72,4 71,9 68,8
MECRE BUKAVU 100,0 100,0 100 100,0 100,0
MECRE GO 100,0 100,0 100 100,0 100,0
MECREKIN 76,6 91,9 86,2 89,1 85,9
MECRE NGALIEMA 66,0 79,2 66 72,6 71,0
MECRE VIRUNGA 100,0 100,0 99,5 99,8 99,8
MECRE IBANDA 97,8 100,0 97,8 98,9 98,6
MECRE UVIRA 100,0 100,0 99,8 99,9 99,9
Normes 100,0 100,0 100 100,0 100,0
Source : Auteur, sur base des états financiers du réseau MECRECO
Il ressort du tableau 8 que la couverture du risque de crédit s'est améliorée au
sein du réseau MECRECO entre 2019 et 2023. Cependant, on observe des disparités
importantes entre les institutions et au fil des années. En effet, 9 institutions sur 14 ont atteint
ou dépassé la norme de 100% de couverture en 2023 : MECRE Kindu, Kisangani, Kintambo,
Katindo, Bukavu, Goma, Virunga, Ibanda et Uvira.
Néanmoins, 3 institutions n'ont jamais atteint la norme de 100%. Il s’agit des
MECRE Bunia, Kavumu et Beni.
Cette situation porte à croire que la gestion du risque de crédit au sein de la
plupart des institutions du réseau serait truffée de certaines insuffisances, qui expliqueraient
la mauvaise qualité du portefeuille susmentionnée.
Au nombre de ces insuffisances, l’on peut relever le laxisme dont font preuve
certains Chargés de prêts dans la mise en place des crédits, couplés avec la mise en place de
crédits fictifs, le financement des clients surendettés, la difficulté d’évaluation des garanties
(suretés réelles) à leur juste valeur.
En sus de déficiences relevées ci-dessus, s’ajoute également le déficit de suivi
et recouvrement de crédit en plus de la léthargie qui caractérise les animateurs de la
Commission de crédit dans le processus d’octroi et de suivi du crédit.
79
Enfin, il sied de relever que le mécanisme de gestion du risque au niveau des
institutions de microfinance, en général et, du réseau MECRECO, en particulier reste
confronté également à d’autres obstacles tels que la qualité des informations fournies par les
micro-entrepreneurs, lesquelles ne sont pas totalement fiables du fait notamment de l’absence
d’une comptabilité bien structurée.
Dans ce cas, les Chargés de prêts procèdent à l’estimation de la capacité de
remboursement à partir de données fournies oralement. Ce qui impose aux chargés de prêts
de disposer de compétences pointues en analyse financière.
80
CONCLUSION DU CHAPITRE
La gestion des risques de crédit au sein du réseau MECRECO occupe une
place prépondérante étant donné que l’activité de crédit constitue son outil de production.
Néanmoins, la mauvaise qualité du portefeuille de la plupart des institutions du
réseau portefeuille porte à croire que ladite gestion serait truffée de certaines déficiences au
nombre desquelles l’on peut citer notamment le laxisme de certains Chargés de prêts dans la
mise en place des crédits couplés avec la mise en place de crédits fictifs, le financement des
clients surendettés, la difficulté d’évaluation des garanties (suretés réelles) à leur juste valeur
et le déficit de suivi et de recouvrement de crédit des animateurs de la Commission de crédit.
En outre, il y a lieu de relever la difficulté en microfinance de recueillir des
informations fiables et suffisantes par les agents de crédit auprès des membres et des micro-
entrepreneurs. Ce qui pose un sérieux problème quant à la détermination adéquate de la
capacité de remboursement.
Il n’en demeure pas moins qu’un portefeuille de mauvaise qualité ne permet
pas à l’institution d’accroître son rendement et d’engranger des produits d’intérêt importants
susceptibles de pérenniser ses activités. Cette assertion est étayée par la modicité de
l’autosuffisance opérationnelle et le ROA négatif, dénotant l’absence de rentabilité observée
dans la plupart des institutions du réseau.
Cette situation semble établir la relation entre la gestion du risque de crédit et
la performance financière des institutions de microfinance.