Conseil de Sécurité: Nations Unies
Conseil de Sécurité: Nations Unies
Nord et Sud-Kivus
3. Le 31 décembre 2009, les FARDC ont diffusé un communiqué annonçant la fin
de l’opération Kimia II contre les FDLR. Selon une évaluation effectuée
conjointement par les chefs d’état-major de la RDC, du Burundi et du Rwanda à
l’occasion d’une réunion tenue le 19 janvier à Matadi, province du Bas-Congo, cette
opération avait réduit les moyens des FDLR en augmentant les désertions et en
encourageant la participation volontaire au programme de désarmement,
démobilisation, réintégration et réinstallation ou rapatriement (DDRRR) de la
MONUC, en délogeant les FDLR des principaux centres de population et en
anéantissant ses places fortes. La MONUC estime que les effectifs des FDLR ont pu
diminuer de moitié, passant d’environ 6 000 à 3 200 hommes (chiffre estimatif).
4. Conformément à la politique de la MONUC en ce qui concerne le soutien
accordé aux FARDC, énoncée dans mon dernier rapport, de même qu’à la directive
opérationnelle conjointe signée par la MONUC et les FARDC le 17 décembre 2009,
la MONUC a entrepris une planification conjointe avec elles et a soumis à un
processus de vérification et d’autorisation les commandants des 18 bataillons
désignés par les FARDC pour participer à des opérations conjointes menées dans le
cadre de l’opération Amani Leo et pour bénéficier du soutien logistique fourni par la
Mission, notamment sous la forme de moyens de transport par air, de carburant, de
services d’évacuation sanitaire et des blessés, et de rations alimentaires. Bien que
les FARDC aient conduit certaines opérations unilatérales en janvier, les opérations
conjointes soutenues par la MONUC ont débuté le 25 février au Sud-Kivu, et le 26
au Nord-Kivu.
5. Le 11 février, environ 475 combattants maï maï kifuafua se sont inscrits à
Walikale au Nord-Kivu, en vue d’être intégrés aux FARDC. Le PANADEF-
République démocratique du Congo, mouvement non signataire de l’Accord du
23 mars 2009, a indiqué qu’il était prêt à s’intégrer aux FARDC à condition que son
chef militaire soit libéré de prison. Le 28 février, le « général » La Fontaine, l’un
des chefs des Patriotes résistants congolais (PARECO) maï maï, et 10 de ses
principaux collaborateurs se sont présentés à la MONUC à Mbughavinya, dans le
Nord-Kivu. Dans le territoire de Fizi, les FARDC ont également réussi à négocier la
reddition de 500 éléments maï maï yakutumba et à obtenir qu’ils s’engagent à s’y
intégrer.
6. De nouvelles alliances entre certains groupes armés congolais résiduels et les
FDLR ont été signalées dans le Nord-Kivu. Dans le territoire de Lubero, la
collaboration entre des éléments PARECO maï maï et les FDLR s’est traduite par
une augmentation des attaques contre des civils, tandis qu’une coalition entre un
groupe maï maï connu sous le nom d’Alliance du peuple pour un Congo libre et
souverain et les FDLR s’est maintenue à Masisi. À Rutshuru, le chef du Front
patriotique pour la libération du Congo, le « général » Gad Ngabo, a tenté de
rassembler des éléments de groupements congolais armés résiduels pour les intégrer
aux FDLR sous sa direction et de les mobiliser contre les FARDC. Dans le Sud-
Kivu, le 9 décembre 2009, une coalition d’éléments des Forces républicaines
fédéralistes (FRF) et des FDLR a lancé une attaque contre les FARDC déployées à
Mimembwe. Des opérations menées par la suite par les FARDC ont permis de
reprendre ce territoire aux FRF.
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Province Orientale
7. En Ituri, les opérations militaires menées par les FARDC contre des éléments
résiduels de milices faisant notamment partie du Front de résistance d’Ituri (FRPI)
et du Front populaire pour la justice au Congo (FPJC) se sont poursuivies dans la
partie sud de l’Irumu. Le 13 janvier, le FPJC a attaqué une position des FARDC à
Zunguluka, dans le sud de l’Irumu, ce qui a provoqué la mort de six personnes et le
déplacement des habitants de huit villages. Le 8 février, les FARDC ont annoncé
que des groupes de miliciens avaient été expulsés de Bukiringi.
8. Dans le Haut et le Bas-Uélé, l’opération Rudia II menée contre la LRA s’est
poursuivie en coopération avec les Forces de défense de l’Ouganda, avec un soutien
logistique fourni par la MONUC. La Mission et les FARDC ont augmenté les
patrouilles et établi trois bases d’opération temporaires à Dingila, Niangara et Duru
après avoir appris que la LRA avait l’intention de perpétrer des actes aussi sanglants
que ceux connus sous le nom de « massacre de la Noël », en décembre 2008. Par la
suite, après avoir reçu notifications de massacres et d’enlèvements commis par la
LRA dans plusieurs villages éloignés situés à l’ouest de Niangara, à savoir Mabanga
ya Talo, Makombo et Tapili, la MONUC a envoyé dans cette zone, le 20 janvier, une
équipe à laquelle se sont joints des représentants de la société civile pour
entreprendre une enquête préliminaire. Les renseignements recueillis par cette
équipe ont confirmé qu’un massacre avait été commis à Mabango ya Talo pendant la
nuit du 14 au 15 décembre, et que plus de 100 personnes avaient été tuées. Des
enquêtes plus poussées devront être menées pour vérifier le nombre exact de
victimes. La MONUC et les FARDC ont pris des mesures pour renforcer encore la
protection des civils dans les principaux centres de population, par exemple à Duru
Bangadi, Niangara et Kilwa, notamment en établissant des bases temporaires
d’opération, en augmentant le nombre des patrouilles de jour et de nuit, en assurant
une surveillance aérienne, en intensifiant la collecte de renseignements et en
organisant d’autres patrouilles et insertions conjointes MONUC/FARDC. Toutefois,
une stratégie militaire plus vigoureuse, impliquant notamment une augmentation des
capacités de transport par air et de collecte de renseignements, ainsi que du soutien
fourni par la MONUC pour les opérations transfrontières menées en cas de poursuite
d’éléments de la LRA, sera nécessaire pour décourager les attaques lancées par ce
mouvement et pour cibler plus efficacement sa structure de commandement. Entre-
temps, des collectivités locales ont organisé plusieurs manifestations à des endroits
où la MONUC est présente, en particulier à Dungu et Duru, pour protester contre les
attaques incessantes de l’ARS et se plaindre de l’insécurité croissante. La MONUC
a envoyé un coordonnateur civil à Dungu pour renforcer les efforts concertés qu’elle
déployait pour protéger les civils établis dans cette localité.
9. Les 9 et 10 février, les chefs des états-majors des Forces armées de l’Ouganda
et de la RDC se sont rencontrés à Kinshasa pour évaluer les progrès réalisés dans le
cadre des opérations lancées contre la LRA, et ils sont à cette occasion convenus
d’intensifier leurs efforts pour cibler les cadres exerçant des fonctions de
commandement dans la LRA. De plus, le 18 février, la MONUC a organisé une
réunion à Kampala sur la programmation d’activités de sensibilisation ciblées et le
soutien à la réintégration des combattants de la LRA. Au nombre des participants
figuraient des représentants du Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD), du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), de
la Banque mondiale, et des Gouvernements du Soudan et de l’Ouganda. Ils ont
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Province de l’Équateur
10. Suite aux affrontements entre communautés qui ont commencé le 29 octobre
2009 dans la région de Dongo et qui se sont encore aggravés et propagés à des zones
plus vastes en novembre et décembre 2009, les FARDC et la Police nationale
congolaise ont réussi à reprendre le contrôle de la situation sur le plan de la sécurité
dans la province de l’Équateur, avec le soutien de la MONUC. Le 13 décembre, les
FARDC ont repris Dongo et ont rétabli la sécurité dans les zones avoisinantes,
lesquelles avaient été investies par le groupe d’insurgés Enyele qui s’était formé
pendant les affrontements. Le 31 décembre, les FARDC ont repris le village
d’Enyele même et, le 13 février 2010, elles ont regagné le contrôle de Buburu, l’un
des derniers bastions qui restaient encore aux mains des insurgés Enyele. Bien que
les principales opérations aient été achevées, les insurgés ont continué de lancer des
attaques de faible ampleur contre les FARDC et certains intervenants du secteur
humanitaire. De plus, près de 200 000 personnes continuent d’être déplacées à la
suite de ces affrontements.
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Relations régionales
16. Les relations entre les deux pays ayant continué de s’améliorer, la Commission
bilatérale conjointe RDC-Rwanda s’est de nouveau réunie à Kinshasa, du 17 au
19 décembre 2009, pour la première fois depuis sa dernière réunion tenue à Kigali
en 1988. Le 1er février, un mini-sommet de la Conférence internationale sur la
région des Grands Lacs a eu lieu en marge du Sommet de l’Union africaine, à
Addis-Abeba, à l’occasion duquel mon Envoyé spécial pour la région des Grands
Lacs, Olusegun Obasanjo, ancien Président du Nigéria, et son cofacilitateur,
Benjamin Mkapa, ancien Président de la République-Unie de Tanzanie, ont présenté
leur rapport final sur les progrès accomplis et les défis restant encore à relever pour
mettre en œuvre les Accords du 23 mars, ainsi que sur la situation humanitaire et en
matière de sécurité dans l’est de la RDC. Il convient cependant de signaler que les
relations entre la RDC et l’Angola ont été tendues à certaines périodes. Le Bureau
de la coordination des affaires humanitaires a signalé que plus de 10 200
ressortissants congolais ont été déportés de l’Angola en janvier et février 2010,
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malgré la diffusion d’un communiqué conjoint par les deux pays, en date du
13 octobre 2009, aux termes duquel ils s’engageaient à suspendre les expulsions et à
établir un mécanisme bilatéral destiné à examiner les questions soulevées par les
migrations transfrontalières. De graves violations des droits de l’homme, parmi
lesquelles des violences sexuelles, ont été signalées dans le contexte des expulsions.
17. La participation active de la RDC à d’importants mécanismes régionaux a de
nouveau pu être observée pendant la période faisant l’objet du rapport. Le 18 février
2010, des experts de la Communauté économique des pays des Grands Lacs
(CEPGL) ont adopté des documents sur l’intégration économique des États
membres, la création d’un mécanisme de résolution des conflits, y compris la mise
en place d’une cour de justice pour la région des Grands Lacs, et la libre circulation
des personnes, des produits et des capitaux. En janvier, la RDC a assumé la
présidence de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), et
une réunion du Conseil des ministres de la SADC a eu lieu à Kinshasa du 24 au
26 février.
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Aspects politiques
38. Tenant compte des faits nouveaux survenus en ce qui concerne la mise en
œuvre des Accords du 23 mars dont il est question aux paragraphes 11 et 12, la MET
a noté que la MONUC et l’équipe de pays des Nations Unies ont continué à aider les
parties à mettre en œuvre les Accords au quotidien dans le cadre de la Stratégie
internationale d’appui en matière de sécurité et de stabilisation pour l’est de la RDC.
En même temps, comme il est prévu que le Bureau de mon Envoyé spécial pour la
région des Grands Lacs à Nairobi sera fermé en juin 2010, la mission a recommandé
que les bureaux de la MONUC à Goma et Bukavu se voient confier la responsabilité
de soutenir et de surveiller la mise en œuvre des Accords.
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Aspects militaires
40. Les FARDC font toujours face à des faiblesses structurelles et à un manque de
capacités qui, faute de mesures appropriées pour y remédier, continueront de limiter
l’aptitude du Gouvernement à offrir une protection adéquate à ses citoyens. L’armée
nationale continue d’être un amalgame de groupes constitués d’anciens miliciens
n’ayant subi ni sélection ni formation et de militaires des anciennes Forces armées
zaïroises. On estime que l’effectif global des FARDC se situe entre 130 000 et
155 000 militaires, dont 60 000 ont atteint l’âge de la retraite ou devraient y arriver
bientôt. C’est aux phases successives d’intégration de groupes armés qu’il faut
imputer le niveau de loyauté médiocre, le manque de discipline et les perturbations
dans la chaîne de commandement. Cette situation a encore été aggravée par
l’insuffisance des ressources budgétaires, le manque de matériel et de garnisons, les
lacunes flagrantes du système de rémunération, la faiblesse du système de justice
militaire, et l’insuffisance des mesures nécessaires pour réprimer et éviter les actes
d’indiscipline et de violation des droits de l’homme.
41. Pour faire face à ces lacunes, le Ministère de la défense a élaboré un plan de
réforme de l’armée qui a été présenté aux partenaires internationaux le 26 janvier
2010. Ce plan, qui fait l’objet d’un examen entrepris par le Parlement, vise à
renforcer les FARDC en réorganisant les chaînes de commandement territoriales et
opérationnelles. Il comprend trois phases et prévoit un effectif total d’environ
141 000 militaires. La phase 1 (2009-2011) prévoit la réorganisation, la formation,
l’équipement et le prédéploiement d’unités des FARDC dans des zones clefs des
diverses régions du pays pour faire face à des situations d’urgence telles que celles
créées par les événements qui sont survenus récemment dans la province de
l’Équateur. L’un des objectifs poursuivis pendant cette phase consiste à préparer les
FARDC à prendre la relève de la MONUC. La phase 2 (2011-2016) consistera à
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Police
46. Comme les FARDC, la Police nationale congolaise est handicapée par son
passé d’intégration de groupes armés, cause de manque de cohésion et de
différences importantes sur le plan du contrôle des antécédents et de la formation,
voire d’absence de contrôle et de formation. D’autre part, ses capacités
opérationnelles sont fortement limitées par le manque de véhicules, de matériel de
transmissions, de fournitures et de matériel connexe. Le système d’indemnités
présente lui aussi des faiblesses et des lacunes.
47. Malgré ces difficultés, la mission d’évaluation a noté qu’un certain progrès
avait été accompli sur le plan de la réforme de la police, notamment lorsque les
autorités congolaises avaient adopté, le 26 octobre 2009, un plan stratégique à
15 ans et un plan d’action triennal aux fins du développement des capacités de la
Police nationale. Au deuxième semestre 2009, la police de la MONUC a formé, avec
l’aide du Gouvernement japonais, 8 625 agents de police, dont 666 femmes, et
230 autres agents de la PNC ont été formés et déployés par la MONUC sur des axes
stratégiques de l’est du pays, dans le cadre de la Stratégie internationale d’appui en
matière de sécurité et de stabilisation pour l’est de la RDC. En Ituri, le PNUD a
formé et déployé 709 policiers, en plus de 210 membres de la police judiciaire.
48. La mission d’évaluation a estimé qu’il fallait continuer à se concentrer sur le
développement des capacités d’intervention de la police congolaise en cas de crise,
sur l’agrandissement du territoire sur lequel l’État exerce son autorité, grâce au
déploiement effectif d’unités de police congolaise sur les axes critiques de l’est, et
sur l’appui à la mise en œuvre effective de la réforme de la police.
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des séminaires sur la question et faciliter les programmes d’échange avec d’autres
pays, afin que les parlementaires et les fonctionnaires du Ministère de la défense
mettent en commun leurs données d’expérience et les enseignements tirés de
l’expérience.
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notamment pour viol. Cependant, les poursuites sont restées dirigées principalement
contre les soldats, et aucun officier supérieur des FARDC n’a été condamné pendant
cette période.
65. La politique de tolérance zéro du Président à l’égard des actes d’indiscipline
commis par des membres des FARDC continue donc d’être appliquée de manière
limitée. Cependant, le Chef d’état-major des FARDC a annoncé à la mission
d’évaluation la création d’unités de police militaire chargées de faire régner la
discipline. Il a demandé à la MONUC d’aider à équiper ces unités, ainsi que les
tribunaux militaires opérationnels.
66. Au paragraphe 41 de sa résolution 1906 (2009), le Conseil de sécurité m’a prié
de présenter un bilan de l’application de la politique de soutien conditionnel de la
Mission. Vu la pause dans les activités de la Mission qui a suivi la fin des opérations
Kimia II, le 31 décembre 2009, et le lancement, les 25 et 26 février 2010, des
activités conjointes MONUC-FARDC menées dans le cadre de l’opération Amani
Leo, j’enverrai une mission d’évaluation interinstitutions en RDC lorsque la
situation sera plus propice au déroulement de ses travaux, fin avril 2010.
67. Entre-temps, bien que certains problèmes persistent, la MONUC a pris
plusieurs mesures pour mettre en pratique sa politique de soutien conditionnel. Dans
le cadre de l’opération Amani Leo, la MONUC et les FARDC sont convenues, dans
leur directive opérationnelle commune, que les activités conjointes d’établissement
des plans et les activités opérationnelles conjointes seraient menées conformément à
la politique de tolérance zéro du Président et à la politique de soutien conditionnel
de la Mission.
68. Dans un échange de lettres qui a eu lieu par la suite, le 11 janvier 2010, entre
le commandant de la force de la MONUC et le Chef d’état-major des FARDC, il a
été confirmé que la Mission n’apporterait son soutien qu’aux activités des FARDC
qui ont été préparées ensemble et qui sont commandées par un officier qui n’a pas
été impliqué dans de graves violations des droits de l’homme. Depuis, comme il est
noté au paragraphe 4 ci-dessus, la MONUC a contrôlé les antécédents des
commandants de 18 bataillons et préapprouvé leur désignation par les FARDC pour
participer aux opérations conjointes.
69. La Cellule d’alerte et d’intervention rapides examine régulièrement la mise en
œuvre de la politique de soutien conditionnel de la Mission, qui communique des
recommandations sur la marche à suivre au Groupe de direction pour la protection.
Des mécanismes analogues étaient en cours de mise en place, pendant la période
considérée, à Goma et Bukavu. D’autre part, la MONUC a établi une consigne
permanente sur les conditions et procédures régissant le soutien qu’elle apporte aux
FARDC.
70. Conformément à la stratégie du système des Nations Unies pour la protection
des civils, dont la mise au point a été achevée en janvier 2010, la MONUC a pris
des mesures concrètes pour renforcer les capacités militaires et civiles et former des
alliances cruciales dans le domaine de la protection des civils. Elle a créé une base
de données qui regroupe l’information des équipes mixtes de protection des civils et
du groupement de la protection servant à déterminer quelles sont les zones ayant
absolument besoin d’être protégées. D’autre part, à la suite d’une évaluation interne
des équipes mixtes de protection faite par la MONUC en novembre 2009,
29 membres du personnel de la Mission ont été temporairement réaffectés à des
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missions d’équipe mixte. Il a aussi été prévu de placer plus de 49 interprètes pour
les relations avec la population dans quelque 49 sites de base opérationnelle de
compagnie ou de base opérationnelle temporaire, afin d’améliorer les relations entre
le personnel militaire et la population locale. La MONUC a aussi pris des mesures
pour transposer l’idée de centre de surveillance dans certains des sites de ses bases
opérationnelles de compagnie, sur le modèle de celui qui avait été créé en 2009 à
Kiwanja, au Nord-Kivu.
71. Pour faire face aux problèmes causés par la limitation des ressources dans le
domaine de la protection des civils, la mission d’évaluation a proposé de constituer
une capacité permanente pour les équipes mixtes de protection, à laquelle devraient
se joindre des interprètes pour les relations avec la population et qui devrait faire
systématiquement l’objet d’enquêtes du Bureau conjoint de la MONUC pour les
droits de l’homme et des équipes mixtes d’investigation lorsque des violations des
droits de l’homme sont signalées. Il faudrait que ces mécanismes de protection
soient dotés d’effectifs suffisants et bénéficient du soutien logistique voulu, y
compris des véhicules, du matériel de transmissions et la possibilité de se déplacer
en avion. En outre, il faudrait renforcer les capacités de la Mission en matière
d’analyse, d’alerte précoce et de prise de décisions, notamment en faisant appel à sa
Cellule d’alerte et d’intervention rapides et à son Groupe de direction pour la
protection, auquel participent le Bureau de la coordination des affaires humanitaires
et le HCR, en tant que chef de file du groupement de la protection. Ayant constaté
que le déploiement de la composante militaire de la Mission couvrait 88 % des
secteurs à protéger absolument, du Nord-Kivu, la mission d’évaluation a
recommandé que ce taux élevé soit maintenu pendant le déroulement de l’opération
Amani Leo. Elle a aussi recommandé que la MONUC et l’équipe de pays des
Nations Unies renforcent leurs moyens d’effectuer ensemble les analyses concernant
la protection des civils, tout en veillant à ce que le rôle particulier des équipes
conjointes de protection reste distinct de celui des organismes des Nations Unies et
des organisations non gouvernementales s’occupant de protection.
Violence sexuelle
73. Les femmes et les filles sont encore gravement menacées de violence sexuelle.
En 2009, le Fonds des Nations Unies pour la population en a recensé 15 297 cas,
dont peu ont été signalés à la justice. Au seul mois de décembre 2009, 286 incidents
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ont été signalés au Nord-Kivu, et 360 autres au Sud-Kivu. Dans le secteur d’Uélé,
les attaques de la LRA ont été accompagnées de violences sexuelles et de
mutilations. Depuis mon dernier rapport, un certain progrès a été accompli sur le
plan judiciaire en ce qui concerne trois des cinq officiers supérieurs des FARDC
accusés d’actes de violence sexuelle, dont le cas avait été évoqué avec le Président
Kabila lorsque le Conseil de sécurité s’est rendu dans le pays en mai 2009. Il reste
cependant que deux des accusés réussissent à éviter d’être arrêtés.
74. Les 25 et 26 novembre 2009, la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte
contre la violence sexuelle ou fondée sur le sexe élaborée par le Ministère du genre,
de la famille et de l’enfant a été lancée à Kinshasa avec l’appui de la MONUC et de
l’équipe de pays des Nations Unies. Certains éléments prioritaires de cette stratégie
nationale viennent du plan opérationnel de mise en œuvre, dans l’est de la RDC, de
la stratégie globale de lutte contre les violences sexuelles adoptée par les Nations
Unies. Cinq groupes de travail thématiques ont été créés, un pour chacun des cinq
piliers de la stratégie. Un fonctionnaire a été désigné comme référent pour chacune
des composantes et, en janvier 2010, les mécanismes de réalisation ont été mis en
place au niveau de la province, aux Nord et Sud-Kivus et en Ituri.
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Élections
79. Avant la visite de la mission d’évaluation, une mission interdépartementale
d’évaluation des besoins relatifs aux élections s’est rendue en RDC, du 18 au
25 janvier 2010, pour faire le point des préparatifs des élections avec les organismes
des Nations Unies et les partenaires internationaux et pour se concerter avec les
autorités du pays à propos du rôle que les Nations Unies devraient jouer dans le
processus électoral. Cette mission a constaté qu’il y avait un grand décalage entre
l’attachement à la tenue d’élections professé par le Gouvernement et les moyens
dont celui-ci disposait pour concrétiser cet attachement. Elle a également été d’avis
que la probabilité de voir les élections se dérouler correctement et sans retard était
subordonnée à la prise d’engagements financiers importants, à l’existence de
capacités opérationnelles, à l’adoption des instruments nécessaires pour les
inscriptions sur les listes électorales et au règlement des obligations financières du
Gouvernement à l’égard de la Commission électorale indépendante. Ces
préoccupations ont été exprimées au Président Kabila dans une lettre datée du
23 février que lui ont adressée mon Représentant spécial en RDC, l’Ambassadeur
des États-Unis auprès de la RDC et l’Ambassadeur d’Espagne, dont le pays assurait
la présidence de l’Union européenne.
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ce qui est des mesures non militaires, la mission d’évaluation a recommandé que
l’on achève le DDRRR des groupes armés étrangers agissant illégalement en RDC,
en s’occupant tout particulièrement du rapatriement volontaire des combattants des
FDLR et de leurs personnes à charge et en appliquant une démarche régionale et
transfrontière en ce qui concerne la LRA. Elle a aussi recommandé que l’on achève
dans tout le pays le DDR de tous les combattants congolais dont le cas n’est pas
encore réglé, y compris ceux qui appartiennent aux FARDC et aux groupes armés
étrangers, et aussi qu’on apporte un soutien au processus national de réintégration
des ex-combattants. En outre, compte tenu de ses entretiens avec les autorités de la
RDC, elle a estimé que les opérations militaires conjointes FARDC-MONUC dans
les Kivus et dans la province Orientale devraient s’arrêter lorsque le Gouvernement
et la Mission constateraient ensemble qu’à l’échelle de la région la menace
résiduelle que constituent les groupes armés pour l’État et la population civile a été
réduite à un niveau où ce n’est plus qu’un problème de maintien de l’ordre auquel
les organes de maintien de l’ordre et de sécurité de la RDC peuvent faire face tout
seuls. L’affaiblissement de la menace se mesurerait à l’aune de la diminution de la
violence et des attaques dirigées contre des civils et de la baisse du nombre de
violations des droits de l’homme et, plus précisément, de la baisse du nombre de cas
de violence sexuelle ou fondée sur le sexe, les autres indicateurs étant la fin du
recrutement et de l’exploitation d’enfants dans les groupes armés et l’absence de
flux de personnes nouvellement déplacées.
82. Les deuxième et troisième tâches d’importance critique recensées par la
mission d’évaluation se rapportent à la situation finale décrite ci-dessus. Au fur et à
mesure que la MONUC réduira ses effectifs dans les provinces touchées par les
conflits, le Gouvernement devra veiller à ce que des mesures appropriées soient
prises pour empêcher l’apparition de toute brèche dans la sécurité qui serait
susceptible de faire courir des risques supplémentaires à la population civile. La
deuxième tâche serait donc de bâtir une armée de base professionnelle, qui, dans
l’esprit de la mission d’évaluation, pourrait regrouper jusqu’à une vingtaine de
bataillons. Cette force devrait avoir son pendant dans la police, qui pourrait
endosser progressivement la responsabilité du maintien de l’ordre, dans le respect
total du droit international des droits de l’homme. Les capacités ainsi constituées
reprendraient petit à petit les attributions actuelles de la MONUC en matière de
sécurité en ce qui concerne la protection des civils et le maintien de la liberté de
mouvement des agents humanitaires. L’idéal serait que le Gouvernement et les
partenaires bilatéraux dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité se
mettent d’accord sur le nombre d’unités des FARDC et de la Police nationale qui
devraient, à chaque étape de la réduction des effectifs de la Mission dans les
provinces de l’est touchées par les conflits, avoir été contrôlées, formées et équipées
et être prêtes à remplacer la MONUC.
83. La troisième tâche d’importance critique consiste à asseoir effectivement
l’autorité de l’État dans les secteurs libérés des groupes armés, en particulier le long
des axes stratégiques dans les provinces orientales qui sont désignés dans le plan de
stabilisation et de reconstruction, afin de faciliter le retour et la réintégration
durables des réfugiés et des déplacés. Dans cette perspective, il faut que les
appareils d’administration publique, de police et de justice et le système carcéral de
la RDC aient été développés et aient atteint durablement un niveau qui leur permette
d’assurer par leurs propres moyens la surveillance du respect des droits de l’homme
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85. Cela étant posé, la mission d’évaluation a désigné plusieurs domaines précis
dans lesquels les Nations Unies pourraient aider le Gouvernement à exécuter ses
projets.
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91. Tenant compte des problèmes de sécurité qui continuent de se poser dans les
provinces touchées par le conflit (les Kivus et Orientale) et de la stabilité relative
qui a jusqu’ici été établie dans le reste du pays, la mission d’évaluation technique a
conclu qu’il était essentiel de maintenir une présence importante de la force de la
MONUC dans les Kivus et la province Orientale mais que les huit autres provinces
du pays offraient au Gouvernement la possibilité d’assurer en toute indépendance le
maintien de l’ordre, la protection des civils et la mise en œuvre d’arrangements
efficaces de sécurité sans la présence militaire de la MONUC.
92. Sur cette base, la mission d’évaluation a procédé à une analyse d’adéquation
des effectifs aux tâches à accomplir et élaboré un projet de plan de retrait, en étroite
consultation avec la MONUC. Selon le plan proposé, le retrait de la force de la
MONUC pourrait être achevé en trois ans si les conditions de sécurité continuaient
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101. Le Président a noté qu’il n’y avait pas de divergence de vues entre l’ONU et le
Gouvernement sur les propositions que le Secrétaire général adjoint avait présentées
à celui-ci, à l’exception de deux questions seulement : a) le retrait final de la
composante militaire de la MONUC, que le Gouvernement souhaite voir achever en
2011; b) les propositions de la mission d’évaluation concernant la contribution de la
MONUC au renforcement des capacités des FARDC. En qui concerne cette dernière
question, le Président a déclaré que le Gouvernement préférait travailler directement
avec les partenaires bilatéraux mais a indiqué également qu’il envisagerait la
possibilité d’une contribution de la MONUC.
102. Au cours de ces échanges, il a été souligné que l’ONU voulait surtout s’assurer
que le retrait de la force de la MONUC serait mené prudemment de façon à
préserver les acquis, faire fond sur les progrès accomplis et les consolider, et
permettre aux institutions nationales de sécurité et de l’état de droit de renforcer
leurs capacités afin d’être en mesure d’assumer les fonctions exercées actuellement
par la MONUC, notamment en ce qui concerne la protection des civils, l’accès
humanitaire et les mesures propres à empêcher l’apparition d’un vide sécuritaire
potentiellement déstabilisateur. Le Président Kabila a décidé de désigner une équipe
de hauts fonctionnaires de l’État chargée de discuter davantage avec une équipe de
la mission d’évaluation et de la MONUC des deux questions non encore résolues, et
de proposer la voie à suivre. Ces discussions ont été achevées le 9 mars.
103. Les deux équipes ont confirmé de nouveau que le Gouvernement acceptait la
proposition de l’Équipe d’évaluation selon laquelle le retrait de la force de la
MONUC se ferait en plusieurs phases successives. En ce qui concerne la première
phase, la MONUC retirera complètement ses troupes des zones de défense 1 et 2 des
FARDC d’ici à fin juin 2010. Les FARDC et la Police nationale assumeront
totalement la responsabilité de la sécurité et du maintien de l’ordre dans les sept
provinces couvertes par ces zones, conformément à la vision du Président
concernant l’autonomisation des institutions nationales. Le rôle de la force de la
MONUC sera limité à la zone de défense 3 (qui couvre les provinces du Nord-Kivu
et du Sud-Kivu, la province Orientale et la province de Maniema) où des opérations
militaires sont en cours contre les FDLR et la LRA, une présence militaire modeste
d’un bataillon au maximum étant également maintenue à Kinshasa pour assurer la
sécurité du personnel et des installations des Nations Unies. Le bataillon de
Kinshasa et la force de réserve basée dans les provinces de l’est du pays seront dotés
d’une capacité de déploiement rapide dans d’autres provinces pour protéger le
personnel et les biens des Nations Unies, in extremis, ou soutenir les FARDC, à la
demande du Gouvernement.
104. Suite à ces arrangements, 2 000 soldats de la MONUC au total seraient retirés
de la RDC fin juin 2010 au plus tard. La MONUC prendrait des dispositions pour
que certaines des unités en partance participent à la célébration du cinquantième
anniversaire de l’indépendance du pays, comme l’a demandé le Gouvernement, afin
de saluer le rôle joué par les forces de maintien de la paix de l’ONU, qui ont
contribué à restaurer la paix et à préserver l’intégrité territoriale et l’indépendance
du pays au cours des 50 dernières années.
105. Après cette première phase, il y aurait périodiquement tous les six mois des
examens communs du processus de retrait, pour lesquels un mécanisme de
coordination commun sera également établi. Le premier examen commun aura lieu
en septembre 2010. Il permettra d’évaluer la première phase et de discuter des
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modalités de la deuxième phase qui pourrait être mise en œuvre en décembre 2010
en fonction de la situation sur le terrain. La deuxième évaluation commune sera
menée en mars 2011, à la suite de quoi une décision commune sera prise sur les
modalités de mise en œuvre des phases successives.
106. En ce qui concerne la date du 30 juin 2011 que le Président avait initialement
fixée pour le retrait final de la force, l’équipe représentant le Gouvernement a
indiqué que celui-ci avait décidé de faire preuve de souplesse et de reporter la date
au 30 août 2011. L’équipe des Nations Unies a pris note de la position du
Gouvernement concernant la date de retrait final et a promis de la porter à mon
attention.
107. Les deux équipes ont défini les tâches qu’il importe de mener d’urgence afin
de renforcer les capacités des institutions, de façon à aider à accélérer le retrait. Il
s’agit notamment : a) de mener à bien les opérations militaires en cours contre les
FDLR et la LRA, ainsi que les groupes armés congolais résiduels dans les provinces
du Nord-Kivu et du Sud-Kivu et la province Orientale; b) de rétablir l’autorité de
l’État, grâce au déploiement de la police, de l’administration territoriale et des
institutions de l’état de droit dans les zones libérées des groupes armés, dans le
contexte du plan de stabilisation et de reconstruction élaboré par le Gouvernement et
de la Stratégie internationale d’appui en matière de sécurité et de stabilisation. Le
Gouvernement a souligné que ces tâches à mener d’urgence ne devraient pas être
considérées comme des conditions préalables mais plutôt comme des mesures qui
devraient contribuer à donner un coup d’accélérateur au processus de retrait.
108. S’agissant du rôle de la MONUC dans la réforme du secteur de la sécurité,
l’équipe représentant le Gouvernement a réaffirmé sa position selon laquelle la
formation et l’équipement des FARDC se poursuivront dans le cadre d’arrangements
bilatéraux. Toutefois, pour poursuivre son partenariat avec la Mission, le
Gouvernement demandait à la MONUC d’entreprendre les tâches ci-après qu’il
considèrerait comme prioritaires : a) formation de 20 bataillons de police et
fourniture du matériel nécessaire pour leur déploiement; b) équipement de trois
bataillons de police militaire qui seront formés par des formateurs congolais;
c) appui aux tribunaux militaires opérationnels en leur fournissant des moyens de
transport et du matériel de communication et en renforçant les capacités de leur
administration; d) renforcement des capacités de l’administration publique,
notamment en lui fournissant des moyens de transport; e) poursuite de l’utilisation
des services de génie civil de la MONUC pour soutenir le rétablissement de
l’autorité de l’État grâce à l’ouverture des routes dans les zones d’accès difficile
dans l’est du pays, en particulier dans la province Orientale.
V. Incidences financières
109. Par sa résolution 63/291 du 30 juin 2009, l’Assemblée générale a ouvert un
crédit d’un montant de 1 346 584 600 dollars aux fins du fonctionnement de la
Mission pour la période allant du 1er juillet 2009 au 30 juin 2010. Le projet de
budget pour le fonctionnement de la Mission pendant la période allant du 1er juillet
2010 au 30 juin 2011 a été soumis à l’Assemblée générale pour examen au cours de
la deuxième partie de la reprise de sa soixante-quatrième session. En attendant que
le Conseil de sécurité se penche sur le réexamen et l’ajustement du mandat de la
Mission évoqués au paragraphe 1 de la résolution 1906 (2009), le projet de budget
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pour 2010/11 est établi sur la base du déploiement de 760 observateurs militaires,
19 815 membres de personnel de contingents militaires, et 1 441 membres du
personnel de police (dont 1 050 membres d’unités de police constituées).
110. Au 28 février 2010, les contributions non acquittées au Compte spécial de la
MONUC s’élevaient à 663,4 millions de dollars. Le montant total des contributions
non acquittées pour la totalité des opérations de maintien de la paix se chiffrait à la
même date à 3 782 700 000 dollars.
111. Au 22 mars 2010, le montant dû aux pays fournisseurs de contingents et
d’unités de police constituées à la MONUC s’élevait à 109,3 millions de dollars.
Les remboursements au titre des contingents et du matériel appartenant aux
contingents ont été effectués pour les périodes allant jusqu’au 30 septembre 2009 et
au 31 mars 2008, respectivement, conformément à l’échéancier de versement
trimestriel.
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123. En ce qui concerne les phases ultérieures du retrait de la MONUC, j’ai pris
note de la position du Gouvernement de la République démocratique du Congo
selon laquelle les opérations de retrait devraient être achevées le 30 août 2011 au
plus tard. J’ai également pris note de l’accord auquel on est parvenu avec le
Gouvernement pour mettre en place un dispositif d’orientation des phases
successives, à commencer par l’examen commun qui aura lieu début septembre
2010, ainsi que les examens ultérieurs et les tâches urgentes qui, une fois menées,
permettraient à la fois d’accélérer le retrait et de donner à la Mission et au
Gouvernement les moyens de gérer les facteurs d’instabilité potentiels mentionnés
plus haut. J’ai donc recommandé au Conseil de sécurité d’entériner le dispositif
convenu qui devrait permettre à l’ONU et au Gouvernement de poursuivre le
dialogue sur les modalités concrètes et le calendrier des phases de retrait successives
dans le cadre des examens communs périodiques.
124. Si le Conseil de sécurité approuvait le dispositif indiqué ci-dessus, il serait
essentiel que le Gouvernement et la MONUC conviennent ensemble de critères
précis pour mesurer les progrès accomplis en ce qui concerne les tâches qu’il y a
lieu de mener d’urgence. À cet égard, il importera que le Gouvernement et la
MONUC définissent les conditions dans lesquelles ils pourraient déclarer, dans une
perspective régionale, que les menaces que posent la FDLR, la LRA et les groupes
armés congolais, en tant que problème de maintien de l’ordre, ont été réduites à un
niveau tel que les autorités congolaises pourraient y faire face sans l’appui de la
MONUC.
125. Afin d’éviter que le retrait de la MONUC des Kivus et de la province Orientale
ne se traduise par une augmentation des risques de sécurité, le Gouvernement et
l’ONU devraient convenir des capacités nécessaires et des zones stratégiques où la
présence de soldats des FARDC ayant suivi une formation est considérée comme
indispensable, ainsi que des arrangements pour déterminer si ces soldats sont prêts à
être déployés, ce qui pourrait nécessiter des consultations avec les partenaires
bilatéraux participant à leur formation. Leur capacité de protéger les civils, y
compris contre les sévices sexuels, et de faciliter l’accès humanitaire sera un facteur
essentiel à cet égard. En ce qui concerne le rétablissement de l’autorité de l’État
dans les zones libérées des groupes armés dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, le
Gouvernement et la communauté internationale sont déjà convenus, dans le cadre du
plan de stabilisation et de reconstruction et de la Stratégie internationale d’appui en
matière de sécurité et de stabilisation, des axes sur lesquels l’administration de
l’État devrait être établie ainsi que des responsabilités respectives des partenaires
internationaux et du Gouvernement.
126. Le Gouvernement a défini les priorités qu’il faudra mettre en œuvre d’urgence
dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité et a prié la MONUC de
prêter son assistance à la mise en place des capacités des diverses institutions de
sécurité indiquées au paragraphe 108 du présent rapport. S’agissant de la demande
du Gouvernement tendant à ce que la MONUC forme et équipe 20 bataillons de
police, on estime que cette tâche pourrait être menée à bien en trois ans, avec la
formation de trois bataillons la première année, huit la deuxième année et neuf la
troisième année. L’augmentation du nombre de bataillons formés chaque année se
fonderait sur l’amélioration des capacités de formation actuelles de la Police
nationale, y compris les installations et les formateurs.
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& Ishasa & Mubone Kapanga Malemba Nkulu Pweto
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The boundaries and names shown and the designations used on Sakania
this map do not imply official endorsement or acceptance by the 0 100 200 mi
MALAW
United Nations.
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