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Nations Unies S/2010/164

Conseil de sécurité Distr. générale


30 mars 2010
Français
Original : anglais

Trente et unième rapport du Secrétaire général


sur la Mission de l’Organisation des Nations Unies
en République démocratique du Congo
I. Introduction
1. Le présent rapport est soumis en application de la résolution 1906 (2009), en
vertu de laquelle le Conseil de sécurité avait prolongé le mandat de la Mission de
l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC)
jusqu’au 31 mai 2010, et m’avait prié de faire rapport, au plus tard le 1er avril 2010,
sur la situation en République démocratique du Congo (RDC) et sur l’examen
stratégique demandé au paragraphe 2 de cette résolution. Ce rapport porte sur les
faits nouveaux survenus depuis la présentation de mon rapport du 4 décembre 2009
(S/2009/623) et contient les conclusions et recommandations d’une mission
interdépartementale d’évaluation technique qui s’était rendue en RDC pour
accomplir les tâches énoncées au paragraphe 2 de la résolution 1906 (2009).

II. Principaux faits nouveaux


2. Malgré les progrès importants réalisés en 2009 dans le cadre des efforts
déployés pour tenir compte de la présence de groupes armés étrangers et congolais
dans l’est de la RDC, ceux-ci ont continué de constituer un danger pour la sécurité
des civils et une source d’instabilité générale dans les Kivus et dans certaines parties
de la province Orientale. Les Forces démocratiques de libération du Rwanda
(FDLR) ont continué de mener des attaques de représailles contre les civils. De plus,
certains éléments des organismes nationaux de sécurité ont continué de commettre
de graves violations des droits de l’homme. Une nouvelle opération connue sous le
nom d’Amani Leo a été lancée contre les FDLR en vue de consolider les gains
militaires de l’opération Kimia II et de rétablir l’autorité de l’État dans les zones
débarrassées des groupes armés. Dans les districts des Uélés, situés dans la province
Orientale, les attaques lancées par l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) contre
des civils se sont poursuivies, et les opérations militaires ciblant la LRA en RDC
n’ont remporté que peu de succès. Dans la province de l’Équateur, les Forces armées
de la République démocratique du Congo (FARDC), avec un soutien limité fourni
par la MONUC, ont fait face à une insurrection qui s’était déclarée à la fin d’octobre
2009. Entre-temps, les préparatifs des élections, tant locales que générales, ont
continué de subir des retards.

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Nord et Sud-Kivus
3. Le 31 décembre 2009, les FARDC ont diffusé un communiqué annonçant la fin
de l’opération Kimia II contre les FDLR. Selon une évaluation effectuée
conjointement par les chefs d’état-major de la RDC, du Burundi et du Rwanda à
l’occasion d’une réunion tenue le 19 janvier à Matadi, province du Bas-Congo, cette
opération avait réduit les moyens des FDLR en augmentant les désertions et en
encourageant la participation volontaire au programme de désarmement,
démobilisation, réintégration et réinstallation ou rapatriement (DDRRR) de la
MONUC, en délogeant les FDLR des principaux centres de population et en
anéantissant ses places fortes. La MONUC estime que les effectifs des FDLR ont pu
diminuer de moitié, passant d’environ 6 000 à 3 200 hommes (chiffre estimatif).
4. Conformément à la politique de la MONUC en ce qui concerne le soutien
accordé aux FARDC, énoncée dans mon dernier rapport, de même qu’à la directive
opérationnelle conjointe signée par la MONUC et les FARDC le 17 décembre 2009,
la MONUC a entrepris une planification conjointe avec elles et a soumis à un
processus de vérification et d’autorisation les commandants des 18 bataillons
désignés par les FARDC pour participer à des opérations conjointes menées dans le
cadre de l’opération Amani Leo et pour bénéficier du soutien logistique fourni par la
Mission, notamment sous la forme de moyens de transport par air, de carburant, de
services d’évacuation sanitaire et des blessés, et de rations alimentaires. Bien que
les FARDC aient conduit certaines opérations unilatérales en janvier, les opérations
conjointes soutenues par la MONUC ont débuté le 25 février au Sud-Kivu, et le 26
au Nord-Kivu.
5. Le 11 février, environ 475 combattants maï maï kifuafua se sont inscrits à
Walikale au Nord-Kivu, en vue d’être intégrés aux FARDC. Le PANADEF-
République démocratique du Congo, mouvement non signataire de l’Accord du
23 mars 2009, a indiqué qu’il était prêt à s’intégrer aux FARDC à condition que son
chef militaire soit libéré de prison. Le 28 février, le « général » La Fontaine, l’un
des chefs des Patriotes résistants congolais (PARECO) maï maï, et 10 de ses
principaux collaborateurs se sont présentés à la MONUC à Mbughavinya, dans le
Nord-Kivu. Dans le territoire de Fizi, les FARDC ont également réussi à négocier la
reddition de 500 éléments maï maï yakutumba et à obtenir qu’ils s’engagent à s’y
intégrer.
6. De nouvelles alliances entre certains groupes armés congolais résiduels et les
FDLR ont été signalées dans le Nord-Kivu. Dans le territoire de Lubero, la
collaboration entre des éléments PARECO maï maï et les FDLR s’est traduite par
une augmentation des attaques contre des civils, tandis qu’une coalition entre un
groupe maï maï connu sous le nom d’Alliance du peuple pour un Congo libre et
souverain et les FDLR s’est maintenue à Masisi. À Rutshuru, le chef du Front
patriotique pour la libération du Congo, le « général » Gad Ngabo, a tenté de
rassembler des éléments de groupements congolais armés résiduels pour les intégrer
aux FDLR sous sa direction et de les mobiliser contre les FARDC. Dans le Sud-
Kivu, le 9 décembre 2009, une coalition d’éléments des Forces républicaines
fédéralistes (FRF) et des FDLR a lancé une attaque contre les FARDC déployées à
Mimembwe. Des opérations menées par la suite par les FARDC ont permis de
reprendre ce territoire aux FRF.

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Province Orientale
7. En Ituri, les opérations militaires menées par les FARDC contre des éléments
résiduels de milices faisant notamment partie du Front de résistance d’Ituri (FRPI)
et du Front populaire pour la justice au Congo (FPJC) se sont poursuivies dans la
partie sud de l’Irumu. Le 13 janvier, le FPJC a attaqué une position des FARDC à
Zunguluka, dans le sud de l’Irumu, ce qui a provoqué la mort de six personnes et le
déplacement des habitants de huit villages. Le 8 février, les FARDC ont annoncé
que des groupes de miliciens avaient été expulsés de Bukiringi.
8. Dans le Haut et le Bas-Uélé, l’opération Rudia II menée contre la LRA s’est
poursuivie en coopération avec les Forces de défense de l’Ouganda, avec un soutien
logistique fourni par la MONUC. La Mission et les FARDC ont augmenté les
patrouilles et établi trois bases d’opération temporaires à Dingila, Niangara et Duru
après avoir appris que la LRA avait l’intention de perpétrer des actes aussi sanglants
que ceux connus sous le nom de « massacre de la Noël », en décembre 2008. Par la
suite, après avoir reçu notifications de massacres et d’enlèvements commis par la
LRA dans plusieurs villages éloignés situés à l’ouest de Niangara, à savoir Mabanga
ya Talo, Makombo et Tapili, la MONUC a envoyé dans cette zone, le 20 janvier, une
équipe à laquelle se sont joints des représentants de la société civile pour
entreprendre une enquête préliminaire. Les renseignements recueillis par cette
équipe ont confirmé qu’un massacre avait été commis à Mabango ya Talo pendant la
nuit du 14 au 15 décembre, et que plus de 100 personnes avaient été tuées. Des
enquêtes plus poussées devront être menées pour vérifier le nombre exact de
victimes. La MONUC et les FARDC ont pris des mesures pour renforcer encore la
protection des civils dans les principaux centres de population, par exemple à Duru
Bangadi, Niangara et Kilwa, notamment en établissant des bases temporaires
d’opération, en augmentant le nombre des patrouilles de jour et de nuit, en assurant
une surveillance aérienne, en intensifiant la collecte de renseignements et en
organisant d’autres patrouilles et insertions conjointes MONUC/FARDC. Toutefois,
une stratégie militaire plus vigoureuse, impliquant notamment une augmentation des
capacités de transport par air et de collecte de renseignements, ainsi que du soutien
fourni par la MONUC pour les opérations transfrontières menées en cas de poursuite
d’éléments de la LRA, sera nécessaire pour décourager les attaques lancées par ce
mouvement et pour cibler plus efficacement sa structure de commandement. Entre-
temps, des collectivités locales ont organisé plusieurs manifestations à des endroits
où la MONUC est présente, en particulier à Dungu et Duru, pour protester contre les
attaques incessantes de l’ARS et se plaindre de l’insécurité croissante. La MONUC
a envoyé un coordonnateur civil à Dungu pour renforcer les efforts concertés qu’elle
déployait pour protéger les civils établis dans cette localité.
9. Les 9 et 10 février, les chefs des états-majors des Forces armées de l’Ouganda
et de la RDC se sont rencontrés à Kinshasa pour évaluer les progrès réalisés dans le
cadre des opérations lancées contre la LRA, et ils sont à cette occasion convenus
d’intensifier leurs efforts pour cibler les cadres exerçant des fonctions de
commandement dans la LRA. De plus, le 18 février, la MONUC a organisé une
réunion à Kampala sur la programmation d’activités de sensibilisation ciblées et le
soutien à la réintégration des combattants de la LRA. Au nombre des participants
figuraient des représentants du Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD), du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), de
la Banque mondiale, et des Gouvernements du Soudan et de l’Ouganda. Ils ont

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reconnu la nécessité de renforcer encore la coopération et la coordination dans la


région, en particulier en ce qui concerne les mesures non militaires.

Province de l’Équateur
10. Suite aux affrontements entre communautés qui ont commencé le 29 octobre
2009 dans la région de Dongo et qui se sont encore aggravés et propagés à des zones
plus vastes en novembre et décembre 2009, les FARDC et la Police nationale
congolaise ont réussi à reprendre le contrôle de la situation sur le plan de la sécurité
dans la province de l’Équateur, avec le soutien de la MONUC. Le 13 décembre, les
FARDC ont repris Dongo et ont rétabli la sécurité dans les zones avoisinantes,
lesquelles avaient été investies par le groupe d’insurgés Enyele qui s’était formé
pendant les affrontements. Le 31 décembre, les FARDC ont repris le village
d’Enyele même et, le 13 février 2010, elles ont regagné le contrôle de Buburu, l’un
des derniers bastions qui restaient encore aux mains des insurgés Enyele. Bien que
les principales opérations aient été achevées, les insurgés ont continué de lancer des
attaques de faible ampleur contre les FARDC et certains intervenants du secteur
humanitaire. De plus, près de 200 000 personnes continuent d’être déplacées à la
suite de ces affrontements.

Mise en œuvre des Accords du 23 mars


11. Bien que certains progrès aient été accomplis, la mise en œuvre des Accords
du 23 mars a, dans l’ensemble, continué d’être lente. Trois anciens groupes armés, à
savoir le Front national pour la défense du peuple (CNDP), le PARECO et le
Mouvement d’union pour le développement national, ont achevé leur transformation
en parti politique. Au moment de la rédaction du présent rapport, les formalités
juridiques et administratives à accomplir en vue de la transformation de quatre
autres groupes armés étaient en cours d’achèvement. Les dispositions des accords
relatives à l’adoption d’une loi d’amnistie, à la libération des prisonniers et au
soutien à fournir aux blessés de guerre du CNDP ont été mises en œuvre. La
signature, le 17 février, d’un accord tripartite entre les FARDC, le Rwanda et le
Bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR),
instrument dans lequel est défini le cadre juridique et opérationnel pour le
rapatriement volontaire des réfugiés des deux pays, constitue un important pas en
avant. Des mesures ont également été prises en vue de l’opérationnalisation des
comités de réconciliation locaux, dont le mandat et la structure organisationnelle
atteindront bientôt le stade final de leur élaboration.
12. Cela étant, la mise en œuvre de plusieurs dispositions clefs des Accords du
23 mars reste encore en suspens. Le CNDP et les anciens groupes armés ont répété
qu’ils craignaient que le Gouvernement ne respecte pas l’esprit et la lettre des
Accords en ce qui concerne leur intégration politique lorsqu’ils ont constaté qu’ils
n’avaient pas été pris en compte lors du remaniement ministériel annoncé par le
Gouvernement le 19 février. De plus, des éléments du CNDP ont établi de nouvelles
administrations parallèles et de nouveaux postes de perception des impôts dans
certaines parties du Nord-Kivu. Par ailleurs, les progrès qui ont été accomplis dans
le cadre des efforts déployés pour intégrer les groupes armés aux forces de police de
proximité dans les Kivus ont été décevants.

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Institutions du Gouvernement et du Parlement


13. Le 19 février, un remaniement ministériel a été annoncé, aux termes duquel le
nombre de postes de membres du Cabinet a été ramené de 54 à 43. Les principaux
changements apportés à la composition du Cabinet ont concerné deux des trois vice-
premiers ministres, les Ministères de l’intérieur, des hydrocarbures, des finances et
du budget, et le fusionnement du Ministère des droits de l’homme avec le Ministère
de la justice.
14. Avant de clôturer sa septième session ordinaire le 15 décembre 2009, le
Parlement a adopté des projets de loi visant à améliorer l’environnement dans lequel
évolue le monde des affaires et à reconsidérer, à la demande du Président, le budget
national pour 2010, y compris les affectations autorisées au titre de la rémunération
des membres des forces armées et des services de police. Une commission conjointe
a également été créée en vue de régler les différends subsistant encore entre
l’Assemblée nationale et le Sénat au sujet du projet de loi sur la Commission
électorale nationale indépendante (CENI), instance responsable de la tenue
d’élections générales. Les trois projets de loi organique concernant la réforme des
FARDC, le Conseil supérieur de la défense et le statut du personnel militaire des
FARDC, de même que la loi organique sur la réforme de la police, ont été soumis
par le Gouvernement et vont être examinés pendant la session parlementaire qui a
commencé le 15 mars 2010. D’autre part, le Parlement n’a pas encore adopté les lois
qui seront indispensables pour procéder à la réforme du système judiciaire, et plus
particulièrement la législation portant création de la Cour constitutionnelle, de la
Cour de cassation et du Conseil d’État. La Commission nationale indépendante
chargée des droits de l’homme n’a pas encore été établie, et une législation nationale
de mise en œuvre applicable au Statut de Rome de la Cour pénale internationale
attend encore de voir le jour.
15. Au niveau provincial, des motions de censure ont été adoptées à l’encontre du
Gouverneur du Nord-Kivu et du Président de l’Assemblée provinciale de l’Équateur
en raison du fait que la mauvaise gestion et le détournement de fonds qui leur sont
reprochés ont entraîné la suspension de sessions de l’Assemblée provinciale le
15 janvier au Nord-Kivu et le 6 février en Équateur. Les sessions ont repris depuis
lors dans ces deux provinces.

Relations régionales
16. Les relations entre les deux pays ayant continué de s’améliorer, la Commission
bilatérale conjointe RDC-Rwanda s’est de nouveau réunie à Kinshasa, du 17 au
19 décembre 2009, pour la première fois depuis sa dernière réunion tenue à Kigali
en 1988. Le 1er février, un mini-sommet de la Conférence internationale sur la
région des Grands Lacs a eu lieu en marge du Sommet de l’Union africaine, à
Addis-Abeba, à l’occasion duquel mon Envoyé spécial pour la région des Grands
Lacs, Olusegun Obasanjo, ancien Président du Nigéria, et son cofacilitateur,
Benjamin Mkapa, ancien Président de la République-Unie de Tanzanie, ont présenté
leur rapport final sur les progrès accomplis et les défis restant encore à relever pour
mettre en œuvre les Accords du 23 mars, ainsi que sur la situation humanitaire et en
matière de sécurité dans l’est de la RDC. Il convient cependant de signaler que les
relations entre la RDC et l’Angola ont été tendues à certaines périodes. Le Bureau
de la coordination des affaires humanitaires a signalé que plus de 10 200
ressortissants congolais ont été déportés de l’Angola en janvier et février 2010,

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malgré la diffusion d’un communiqué conjoint par les deux pays, en date du
13 octobre 2009, aux termes duquel ils s’engageaient à suspendre les expulsions et à
établir un mécanisme bilatéral destiné à examiner les questions soulevées par les
migrations transfrontalières. De graves violations des droits de l’homme, parmi
lesquelles des violences sexuelles, ont été signalées dans le contexte des expulsions.
17. La participation active de la RDC à d’importants mécanismes régionaux a de
nouveau pu être observée pendant la période faisant l’objet du rapport. Le 18 février
2010, des experts de la Communauté économique des pays des Grands Lacs
(CEPGL) ont adopté des documents sur l’intégration économique des États
membres, la création d’un mécanisme de résolution des conflits, y compris la mise
en place d’une cour de justice pour la région des Grands Lacs, et la libre circulation
des personnes, des produits et des capitaux. En janvier, la RDC a assumé la
présidence de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), et
une réunion du Conseil des ministres de la SADC a eu lieu à Kinshasa du 24 au
26 février.

III. Examen stratégique et progrès réalisés dans


l’accomplissement du mandat de la MONUC
18. Au paragraphe 2 de sa résolution 1906 (2009), le Conseil de sécurité m’a
notamment prié de procéder à un examen stratégique de la situation en RDC et des
progrès réalisés par la MONUC dans l’exécution de son mandat, compte tenu du
cadre stratégique intégré (CSI).
19. Comme indiqué dans mon dernier rapport (S/2009/623), la MONUC et
l’équipe de pays des Nations Unies ont élaboré une vaste stratégie pour le système
des Nations Unies en RDC, à savoir le CSI, qui reflète une vision partagée des
objectifs des Nations Unies et fixe des résultats convenus et des délais, ainsi que les
responsabilités pour des tâches d’importance critique pour la consolidation de la
paix dans le pays. Le projet de CSI définit quatre objectifs stratégiques clefs
poursuivis par les Nations Unies en RDC, à savoir intervenir au niveau des conflits
en cours, stabiliser les zones affectées par les conflits, consolider la paix dans toutes
les régions de la RDC, et assurer la viabilité des activités de développement.
20. Le 2 février, mon Représentant spécial pour la RDC, Alan Doss, a fait un
exposé à l’intention du Gouvernement, des membres de l’Assemblée nationale et du
Sénat, et des partenaires internationaux sur les objectifs du CSI. La MONUC a
également fait, le 16 février, un exposé sur le cadre à l’intention du Conseil de
sécurité et des pays fournissant des contingents, conformément à la demande
formulée au paragraphe 40 de la résolution 1906 (2009) du Conseil. Les
consultations entreprises entre la MONUC et le Gouvernement au sujet du projet de
cadre se poursuivent, et d’autres ajustements seront apportés au texte de façon à
tenir compte des vues du Gouvernement.
21. Globalement, les critères définis dans mon rapport du 14 novembre 2007
(S/2007/671), que j’ai réitérés dans mon rapport du 27 mars 2009 (S/2009/160),
restent valides et la MONUC continuera d’évaluer les progrès réalisés sur la voie de
l’établissement d’un environnement stable en matière de sécurité et de la
consolidation des institutions démocratiques sur la base de ces critères.

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Examen stratégique de la situation en RDC


22. Des progrès considérables ont été accomplis en RDC au cours de l’année
écoulée. Les résultats les plus remarquables comprennent la fin de la guerre civile,
le succès du processus de transition, qui a rétabli l’intégrité territoriale du pays, le
déroulement réussi d’élections démocratiques nationales en 2006, le programme de
création d’infrastructures qui se poursuit, et l’amélioration des relations entre le
pays et ses voisins situés à l’est.
23. Une grande partie des régions occidentales de la RDC sont actuellement
relativement stables, et les conditions qui y règnent permettent une reprise des
activités et la consolidation de la paix maintenant que les conflits ont pris fin.
Toutefois, les événements survenus en octobre et décembre 2009 dans la province
de l’Équateur et en février et mars 2008 dans le Bas-Congo ont montré que les
conflits locaux peuvent s’envenimer rapidement si les autorités n’interviennent pas
avec suffisamment de célérité et d’efficacité pour les désamorcer. Les difficultés
socioéconomiques auxquelles les habitants des zones urbaines continuent de faire
face, encore aggravées par la crise financière internationale, sont toujours une
source de risques menaçant la stabilité, notamment à Kinshasa. Les différends
survenus entre la RDC et l’Angola au sujet des frontières terrestres et maritimes,
ainsi que les expulsions de populations qui se poursuivent, ont occasionnellement
tendu les relations entre les deux pays.
24. Dans l’est, l’évolution favorable de la situation en 2009, notamment suite au
rapprochement entre la RDC et le Rwanda, à la fin de la rébellion du CNDP, au
lancement d’opérations militaires contre les FDLR et la LRA, et à l’accroissement
du taux de participation volontaire au programme DDRRR par des éléments des
FDLR, a offert une occasion exceptionnelle d’intervenir contre les groupes armés
présents dans la partie est du pays. Des défis considérables continuent cependant
d’être posés par la présence que les FDLR et la LRA réussissent toujours à
maintenir; par l’ampleur des besoins humanitaires; par la persistance de graves
violations des droits de l’homme, y compris les actes de violence sexuelle ou à
motivation sexiste perpétrés par les FDLR, la LRA et des éléments de l’armée
congolaise, y compris par des membres de groupes qui y ont été récemment
intégrés; par l’exploitation illégale des ressources naturelles; par les tensions entre
communautés, encore aggravées par les mouvements de populations entre la RDC
(principalement le Nord-Kivu) et le Rwanda; et par les causes fondamentales de
l’instabilité dans la région, y compris la faible visibilité de l’autorité de l’État. En
Ituri, les éléments résiduels de groupes armés n’ont pas encore été complètement
neutralisés, et les retards subis dans la fourniture de services à quelque 8 000
combattants démobilisés qui n’ont pas reçu d’avantages de réinsertion depuis 2004
pourraient inciter ces derniers à rejoindre les rangs des groupes armés résiduels. La
LRA est devenue une menace sous-régionale. La MONUC estime que moins de 100
éléments de la LRA restent en RDC et que de petits groupes appartenant à ce
mouvement, soit de 300 à 350 éléments au total, continuent de se déplacer entre la
RDC, la République centrafricaine, le Soudan et peut-être même le Tchad.
25. À l’échelle nationale, le pays continue de faire face à des défis considérables
en ce qui concerne le renforcement de la paix; ces difficultés sont dues aux faibles
moyens dont disposent les institutions de l’État, en particulier lorsqu’il s’agit de
faire respecter la loi et d’assurer la sécurité; d’autres obstacles sont la lenteur de la
reprise socioéconomique, la corruption et l’impunité. Les partis d’opposition se

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déclarent préoccupés par le rétrécissement de l’espace politique, les violations des


droits de l’homme qui continuent d’être commises et l’impunité. Vu les progrès
limités réalisés sur la voie de la création d’une armée et de services de sécurité
congolais professionnels et intégrés, la consolidation de la paix est gravement
compromise. De plus, les préparatifs des élections locales, reportées jusqu’en 2011,
ainsi que des élections générales, dont la tenue dans le courant de la même année est
exigée en vertu de la Constitution, continuent toujours de subir des retards. Le
25 février, la Commission électorale indépendante a annoncé que la seconde phase
de la mise à jour des registres d’inscription des électeurs aurait lieu du 19 mai au
16 août 2010 dans les provinces du Bas-Congo, du Katanga, du Kasaï oriental et du
Maniema.

Progrès réalisés dans l’accomplissement du mandat de la MONUC


26. Le mandat de la MONUC a évolué et s’est élargi considérablement depuis
qu’elle a été déployée en 1999. La Mission a été établie par la résolution
1279 (1999) du Conseil de sécurité, son effectif initial étant de 500 observateurs
militaires. Sa tâche principale consistait à faciliter la mise en œuvre de l’Accord de
cessez-le-feu de Lusaka entre les parties congolaises et les six États qui avaient
participé au conflit. En vertu de la résolution 1291 (2000), l’effectif de la MONUC a
été porté à 5 537 militaires, y compris jusqu’à 500 observateurs, et son mandat a été
élargi en vertu du Chapitre VII, de manière à englober des activités visant à faciliter
le processus volontaire de DDRRR des groupes armés étrangers et de désarmement,
démobilisation et réintégration (DDR) des groupes armés congolais en 2001. À
compter de 2002, la MONUC a également été chargée de soutenir les mesures
destinées à renforcer la confiance entre la RDC, le Rwanda et l’Ouganda.
27. À la suite de la signature par les parties congolaises en 2002 de l’Accord
global et inclusif sur la transition en RDC, le mandat de la Mission a été élargi en
vertu de la résolution 1493 (2003) de manière à englober des mesures visant à
faciliter la coordination avec les acteurs nationaux et internationaux des activités
d’appui à la transition.
28. Suite à l’aggravation de la crise en Ituri, le Conseil de sécurité, dans la
résolution 1493 (2003), a également autorisé une augmentation de l’effectif de la
MONUC de façon à le porter à 10 800 militaires, afin de permettre à celle-ci de
prendre la relève de la Force multinationale placée sous la direction de l’Union
européenne qui avait été déployée à Bunia de mai à septembre 2003. Son mandat a
encore été élargi en vertu des résolutions 1445 (2002), 1468 (2003) et 1484 (2003)
du Conseil de manière à englober des activités visant à faciliter l’établissement de la
Commission de pacification de l’Ituri et de soutenir son action, tâche qui a été
menée à bien en 2004. Le mandat de la Mission a été élargi par la suite en vertu de
la résolution 1565 (2004), de manière à englober des mesures visant à faciliter
l’adoption de lois essentielles, les opérations électorales et la réforme du secteur de
la sécurité.
29. Après la prise de Bukavu, en juin 2004, par des forces dissidentes dirigées par
Laurent Nkunda, le mandat de la MONUC a été renforcé de manière à englober des
mesures visant à soutenir les efforts déployés pour stabiliser les Kivus, notamment
en appuyant les FARDC dans les opérations menées pour désarmer des groupes
armés. À cette fin, l’effectif a été porté à 15 600 militaires. Suite à la détérioration
de la situation dans les Kivus entre 2007 et 2008, la MONUC a été chargée par le

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Conseil de sécurité, en vertu de la résolution 1856 (2008), de concentrer son action


dans l’est de la RDC et de faciliter la recherche d’une solution durable aux défis à
surmonter à cet égard. Ces efforts ont été renforcés par la nomination, en novembre
2008, du Président Obasanjo en tant qu’Envoyé spécial du Secrétaire général dans la
région des Grands Lacs.
30. En vertu de résolutions antérieures qui avaient demandé à la MONUC de
contribuer à l’établissement de conditions propices au maintien de la sécurité en
prévision des élections, la Mission avait favorisé l’intégration à l’armée en
fournissant une formation de base aux unités soumises à un brassage. Dans plusieurs
résolutions adoptées en 2007 et 2009, le Conseil de sécurité avait demandé à la
MONUC de fournir une formation aux FARDC, notamment en matière de droits de
l’homme et de droit humanitaire international, dans le cadre des efforts déployés
pour constituer des forces armées congolaises crédibles, cohérentes et disciplinées.
31. La Mission a accompli plusieurs des principales tâches qui lui avaient été
confiées. C’est avec son soutien que la mise en œuvre des Accords de cessez-le-feu
de Lusaka s’est achevée avec succès en 2003, bien que des groupes armés étrangers
soient encore actifs dans l’est de la RDC et que le processus de DDRRR de leurs
combattants se poursuive encore. La signature de l’Accord de Sun City a préparé le
terrain pour une véritable réunification du pays. Le soutien fourni par la MONUC à
cet égard a joué un rôle crucial dans le cadre des efforts visant à permettre
l’établissement et le fonctionnement des institutions de transition. En particulier, la
Mission a aidé le Gouvernement de transition à obtenir un référendum en vue de
l’adoption d’une nouvelle constitution et à organiser des élections présidentielle et
législatives libres et équitables en 2006. La transition s’est achevée avec succès en
2007 avec la mise en place des institutions dont la composition venait d’être
déterminée par les élections.
32. Les efforts soutenus déployés en 2008 et 2009 par l’Envoyé spécial et la
MONUC ont contribué à améliorer les relations et à faciliter l’échange
d’ambassadeurs entre la RDC et le Rwanda et l’Ouganda, et ils ont préparé le terrain
en vue du lancement d’opérations conjointes contre les FDLR et la LRA.
33. Plusieurs des tâches confiées à la MONUC au cours des dernières années sont
encore en cours d’exécution. Il s’agit notamment de la protection des civils, de la
surveillance, de la protection et de la promotion des droits de l’homme, de
l’élaboration d’une stratégie de justice de transition; du soutien à la fourniture de
l’aide humanitaire; de la mise en œuvre du processus de DDRRR et du soutien aux
processus de DDR du Gouvernement; de la coordination des efforts internationaux
consacrés à la réforme du secteur de la sécurité; de la coordination et de la mise en
œuvre d’activités de lutte antimines; d’un soutien au renforcement de la capacité des
institutions nationales, y compris les FARDC, des capacités des forces de police et
des systèmes judiciaire et correctionnel; du renforcement des institutions
démocratiques et du respect de la loi; et des moyens d’empêcher l’exploitation
illégale des ressources naturelles.
34. Au niveau régional, le soutien fourni par la MONUC en vue de l’instauration
d’un climat de confiance et de la normalisation des relations entre la RDC et le
Rwanda, l’Ouganda et le Burundi a contribué à la reprise des activités des
commissions bilatérales et à la remise sur pied de la CEPGL, de même qu’à la
ratification du Pacte sur la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs.

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IV. Mission d’évaluation technique


35. En vue d’accomplir les tâches restantes énoncées au paragraphe 2 de la
résolution 1906 (2009) du Conseil de sécurité, à savoir affiner les objectifs existants
et déterminer, en étroite coopération avec le Gouvernement de la RDC et les pays
fournissant des effectifs militaires et de police à la MONUC, les modalités de la
reconfiguration du mandat de la Mission, en particulier les tâches essentielles dont
elle doit s’acquitter avant d’envisager un retrait progressif sans provoquer une
résurgence de l’instabilité, j’ai envoyé une mission d’évaluation technique (MET)
multidisciplinaire en RDC du 22 février au 5 mars. En ce qui concerne le retrait
progressif de la MONUC, on se rappellera que le Président, Joseph Kabila, avait
déjà, vers le milieu de 2009, demandé à l’ONU de soumettre, au plus tard en juin
2010 (année de la célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance du
pays), un plan de retrait progressif de la Mission.
36. Les Départements chargés des opérations de maintien de la paix, du soutien
sur le terrain, des affaires politiques et de la sûreté et de la sécurité, ainsi que le
Bureau de la coordination des affaires humanitaires, le Haut-Commissariat des
Nations Unies aux droits de l’homme, le PNUD, l’UNICEF, le Programme
alimentaire mondial et, sur place, le HCR, ont participé à la MET. Le Secrétaire
général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Alain Le Roy, s’est joint à
la mission et en a assuré la direction du 1er au 3 mars, afin de présenter ses
conclusions au Premier Ministre, M. Adolphe Muzito, et au Président Kabila.
37. Les membres de la MET ont assisté à des exposés détaillés présentés par la
MONUC et l’équipe de pays des Nations Unies, et ont consulté des membres du
Gouvernement de la RDC, notamment le Vice-Premier Ministre de l’intérieur et de
la sécurité, le Chef de l’état-major des FARDC, l’Inspecteur général de la police et
les Ministres des affaires étrangères, de la défense, de la justice et des droits de
l’homme, de la coopération internationale et régionale, et de la planification, ainsi
que le Président de la Commission électorale indépendante, dont l’avis a également
été sollicité en tant que Vice-Président du Comité national de suivi des Accords du
23 mars. Par ailleurs, la mission a rencontré des représentants des milieux
diplomatiques, d’organisations non gouvernementales internationales, de partis
politiques d’opposition et de la société civile. Des membres de la mission se sont
rendus à Gemena et Dongo, dans la province de l’Équateur, ainsi qu’à Goma, au
Nord-Kivu.

A. Conclusions de la mission d’évaluation technique

Aspects politiques
38. Tenant compte des faits nouveaux survenus en ce qui concerne la mise en
œuvre des Accords du 23 mars dont il est question aux paragraphes 11 et 12, la MET
a noté que la MONUC et l’équipe de pays des Nations Unies ont continué à aider les
parties à mettre en œuvre les Accords au quotidien dans le cadre de la Stratégie
internationale d’appui en matière de sécurité et de stabilisation pour l’est de la RDC.
En même temps, comme il est prévu que le Bureau de mon Envoyé spécial pour la
région des Grands Lacs à Nairobi sera fermé en juin 2010, la mission a recommandé
que les bureaux de la MONUC à Goma et Bukavu se voient confier la responsabilité
de soutenir et de surveiller la mise en œuvre des Accords.

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39. L’établissement et le maintien de communications efficaces avec la population


et les autorités congolaises continuent de poser un défi de taille. La MONUC mène,
à l’échelle du pays tout entier, des activités quotidiennes de sensibilisation des
collectivités, de dissémination de l’information et de diffusion qui reflètent tous les
aspects de son mandat. Radio Okapi continue d’enregistrer des taux d’écoute et de
crédibilité plus élevés que ceux de n’importe quel autre réseau de radiodiffusion
présent à l’échelle nationale en RDC. Le nouveau mandat et la reconfiguration de la
MONUC exigeront que l’on poursuive les efforts destinés à améliorer l’information
du public et les communications qui se rapportent à la mission, sa relation avec
l’équipe de pays des Nations Unies et la réduction et le retrait progressifs des
effectifs de la Mission. La conclusion d’une entente avec des fonctionnaires
congolais au sujet d’une stratégie commune en matière de communication
renforcerait la stabilité pendant la phase de retrait. Des mesures appropriées
devraient être prises pour faciliter les échanges de renseignement entre la Mission et
les institutions congolaises, ainsi que pour renforcer la coordination entre le
Gouvernement de la RDC et la MONUC dans le cadre des communications qu’ils
adressent au public au sujet du mandat et des activités de la Mission. Dans le même
ordre d’idées, la MONUC et l’équipe de pays des Nations Unies devraient
entreprendre un effort concerté pour harmoniser leurs activités dans le domaine de
l’information. Radio Okapi devrait continuer de fonctionner en tant que réseau
diffusant à l’échelle nationale pendant la phase de reconfiguration et de réduction
des effectifs de la MONUC.

Aspects militaires
40. Les FARDC font toujours face à des faiblesses structurelles et à un manque de
capacités qui, faute de mesures appropriées pour y remédier, continueront de limiter
l’aptitude du Gouvernement à offrir une protection adéquate à ses citoyens. L’armée
nationale continue d’être un amalgame de groupes constitués d’anciens miliciens
n’ayant subi ni sélection ni formation et de militaires des anciennes Forces armées
zaïroises. On estime que l’effectif global des FARDC se situe entre 130 000 et
155 000 militaires, dont 60 000 ont atteint l’âge de la retraite ou devraient y arriver
bientôt. C’est aux phases successives d’intégration de groupes armés qu’il faut
imputer le niveau de loyauté médiocre, le manque de discipline et les perturbations
dans la chaîne de commandement. Cette situation a encore été aggravée par
l’insuffisance des ressources budgétaires, le manque de matériel et de garnisons, les
lacunes flagrantes du système de rémunération, la faiblesse du système de justice
militaire, et l’insuffisance des mesures nécessaires pour réprimer et éviter les actes
d’indiscipline et de violation des droits de l’homme.
41. Pour faire face à ces lacunes, le Ministère de la défense a élaboré un plan de
réforme de l’armée qui a été présenté aux partenaires internationaux le 26 janvier
2010. Ce plan, qui fait l’objet d’un examen entrepris par le Parlement, vise à
renforcer les FARDC en réorganisant les chaînes de commandement territoriales et
opérationnelles. Il comprend trois phases et prévoit un effectif total d’environ
141 000 militaires. La phase 1 (2009-2011) prévoit la réorganisation, la formation,
l’équipement et le prédéploiement d’unités des FARDC dans des zones clefs des
diverses régions du pays pour faire face à des situations d’urgence telles que celles
créées par les événements qui sont survenus récemment dans la province de
l’Équateur. L’un des objectifs poursuivis pendant cette phase consiste à préparer les
FARDC à prendre la relève de la MONUC. La phase 2 (2011-2016) consistera à

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poursuivre le déploiement des unités assurant une présence militaire à l’échelle du


territoire, et à établir des unités de réaction rapide et de défense. Au cours de la
phase 3 (2016-2025), le plan prévoit l’optimisation de la capacité militaire des
FARDC et leur participation éventuelle à des opérations de maintien de la paix
menées sous l’égide de l’Union africaine ou des Nations Unies.
42. Malgré leurs lacunes, les FARDC ont réussi à déployer rapidement et avec
succès des troupes dans la province de l’Équateur afin de neutraliser le conflit qui
avait éclaté dans la zone de Dongo. Des éléments des FARDC et de la Police
nationale ont été déployés à l’aide de moyens aériens appartenant au Gouvernement,
avec la participation de bataillons hautement efficaces ayant récemment reçu une
formation dispensée par la Belgique et l’Afrique du Sud. Les soldats étaient
également bien équipés, entraînés et disciplinés; ils emportaient avec eux des rations
alimentaires prêtes à l’emploi pour une durée de plusieurs jours; et ils étaient
spécialement équipés pour la conduite d’opérations impliquant la mise en œuvre de
matériels de communication perfectionnés comprenant notamment des téléphones
satellitaires.
43. Après le déploiement initial, l’établissement d’une base d’étape et la poussée
initiale visant à investir Gemena et à reprendre l’initiative par rapport aux insurgés,
les FARDC ont demandé à la MONUC de les aider à conduire d’autres opérations
offensives afin de placer les centres de population sous son contrôle. À cet égard, la
MONUC a fourni aux FARDC des moyens terrestres et aériens lui permettant de
disposer d’une mobilité tactique, du carburant, des services de transport sanitaire et
d’évacuation des blessés, et des rations pour 2 350 éléments des FARDC et de la
Police nationale.
44. La MET a noté que le déploiement de moyens supplémentaires autorisé par la
résolution du Conseil de sécurité 1843 (2008), pour lequel des engagements ont été
reçus, était en grande partie achevé. Outre l’avion de type C-130 mis à disposition
par la Belgique en juin 2009, deux bataillons d’infanterie fournis par le Bangladesh
et l’Égypte de même que deux compagnies de soldats des forces spéciales envoyées
par ce dernier pays sont devenus opérationnels en décembre 2009, en même temps
qu’une unité de police formée en provenance du Bangladesh. Une compagnie de
génie, 1 unité de police formée envoyée par le Bangladesh et 13 officiers de
renseignement achèveront leur déploiement en mars 2010. Mon rapport du
4 décembre (S/2009/623) décrit le déploiement et les affectations de ces moyens
supplémentaires dans les zones prioritaires de l’est de la RDC.
45. Parmi les moyens supplémentaires qui restent encore à fournir suite aux
engagements dont ils ont fait l’objet, il convient de mentionner deux hélicoptères
d’appui qui devraient arriver en provenance de l’Uruguay à la fin de mars 2010,
auxquels un troisième devrait s’ajouter en août 2010. On s’attend à ce que le
déploiement d’une unité de police formée en provenance de l’Égypte soit achevé
d’ici à juin 2010. Le Bangladesh s’est également engagé à fournir un hélicoptère
d’appui à la MONUC, se qui portera à 4 le nombre total d’hélicoptères ayant fait
l’objet d’engagements, sur les 18 qui ont été autorisés. La MET a déterminé que le
maintien du déploiement de tous les autres moyens supplémentaires autorisés dans
la résolution 1843 (2008), y compris ceux pour lesquels des engagements doivent
encore être reçus, était essentiel, en particulier eu égard aux opérations militaires
qui se poursuivent dans les deux Kivus et dans la province Orientale, et à
l’obligation de protéger les civils qui constitue une exigence prioritaire.

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Police
46. Comme les FARDC, la Police nationale congolaise est handicapée par son
passé d’intégration de groupes armés, cause de manque de cohésion et de
différences importantes sur le plan du contrôle des antécédents et de la formation,
voire d’absence de contrôle et de formation. D’autre part, ses capacités
opérationnelles sont fortement limitées par le manque de véhicules, de matériel de
transmissions, de fournitures et de matériel connexe. Le système d’indemnités
présente lui aussi des faiblesses et des lacunes.
47. Malgré ces difficultés, la mission d’évaluation a noté qu’un certain progrès
avait été accompli sur le plan de la réforme de la police, notamment lorsque les
autorités congolaises avaient adopté, le 26 octobre 2009, un plan stratégique à
15 ans et un plan d’action triennal aux fins du développement des capacités de la
Police nationale. Au deuxième semestre 2009, la police de la MONUC a formé, avec
l’aide du Gouvernement japonais, 8 625 agents de police, dont 666 femmes, et
230 autres agents de la PNC ont été formés et déployés par la MONUC sur des axes
stratégiques de l’est du pays, dans le cadre de la Stratégie internationale d’appui en
matière de sécurité et de stabilisation pour l’est de la RDC. En Ituri, le PNUD a
formé et déployé 709 policiers, en plus de 210 membres de la police judiciaire.
48. La mission d’évaluation a estimé qu’il fallait continuer à se concentrer sur le
développement des capacités d’intervention de la police congolaise en cas de crise,
sur l’agrandissement du territoire sur lequel l’État exerce son autorité, grâce au
déploiement effectif d’unités de police congolaise sur les axes critiques de l’est, et
sur l’appui à la mise en œuvre effective de la réforme de la police.

Institutions judiciaires et pénitentiaires


49. La justice civile de la RDC est toujours en piètre état, et nombre des
institutions judiciaires prévues dans la Constitution, à commencer par la Cour de
cassation et la Cour constitutionnelle, n’ont pas encore vu le jour. La justice civile
doit fonctionner avec moins de 1 % du budget national de la RDC, et aucune
structure administrative n’est en place, qu’il s’agisse par exemple de gérer les
finances ou le personnel, d’assurer le suivi des affaires, d’établir le budget,
d’effectuer les achats ou de gérer les actifs. Des cas d’immixtion de fonctionnaires
dans l’administration de la justice et de corruption sont fréquemment signalés et ont
provoqué la formation de 200 magistrats dans les domaines de la déontologie et des
pratiques anticorruption. Il y a moins de 1 400 juges et procureurs, alors qu’on
estime qu’il en faudrait au moins 5 000, et les juristes sont en nombre limité,
notamment les avocats de la défense. Une des difficultés capitales et prioritaires
citée à la mission d’évaluation par le Ministère de la justice et des droits de
l’homme est la création de tribunaux de justice et de paix chargés de s’occuper des
différends électoraux.
50. Les institutions de justice militaire continuent de se heurter à des problèmes
analogues à ceux des institutions civiles; il y a notamment une pénurie de juges et
de procureurs militaires, et, sur les 818 magistrats militaires nécessaires, seulement
350 sont en place. Le dispositif de justice militaire subit souvent des pressions
politiques ou des interventions du commandement, et les dispositions prises pour
assurer la sécurité des magistrats dans les zones de conflit sont insuffisantes. Au
cours de la période considérée, la MONUC et le PNUD ont formé 665 agents de la
justice militaire.

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51. Le système carcéral reste marqué par le caractère catastrophique des


conditions de détention, y compris le manque de nourriture, un surpeuplement aigu
et le manque d’installations médicales. Dans plusieurs cas, des détenus sont morts
de faim parce qu’aucun budget n’est prévu pour financer les dépenses de
fonctionnement comme la nourriture et la réponse à d’autres besoins élémentaires.
Les prisons à sécurité renforcée sont rudimentaires, ce qui est une des causes du fort
taux d’évasion dans tous les établissements pénitentiaires. Environ 95 % des
personnes qui y travaillent ne sont pas des fonctionnaires mais des individus qui ont
occupé les postes de leur propre chef sans avoir reçu de formation à l’exercice des
responsabilités qui y sont attachées. Il n’existe pas d’établissement de formation
pour le personnel pénitentiaire, y compris les gardiens de prison. Il n’y a aucune
coordination, ni officiellement ni dans les faits, entre le Ministère de la justice et des
droits de l’homme et ceux de la défense et de l’intérieur, qui sont conjointement
responsables du système pénitentiaire. Sur environ 18 000 prisonniers que compte la
RDC sur l’ensemble de son territoire, on estime qu’au moins 70 % sont en détention
provisoire. Aucune des prisons militaires du pays n’est en état de fonctionner.
52. Vu cette situation, la mission d’évaluation a recommandé que la plus haute
priorité soit accordée immédiatement à l’élaboration et à la mise en œuvre
conjointes, par les organismes des Nations Unies, d’un programme pluriannuel
d’appui à la justice, qui devrait être particulièrement axé sur le développement de
l’appareil de justice pénale – police, justice et prisons –, dans les régions déchirées
par un conflit en Ituri, au Kivu et dans la province Orientale, ainsi que sur l’appui
stratégique aux programmes, au niveau central, à Kinshasa.

Réforme du secteur de la sécurité


53. Dans l’ensemble, la mission d’évaluation a relevé l’absence de tout contrôle
effectif du secteur de la sécurité, y compris de la part du Parlement. Lors de ses
rencontres avec les partenaires de la communauté internationale, ceux-ci lui ont dit
qu’ils seraient heureux que la MONUC s’occupe de l’harmonisation des efforts
entrepris bilatéralement dans ce domaine, notamment en ce qui concerne la
constitution d’une armée de base comme celle que le Conseil de sécurité a évoquée
dans sa résolution 1906 (2009), ce qui pourrait concourir à l’exécution de la phase 1
du plan de réforme de l’armée du Gouvernement.
54. La mission d’évaluation a constaté que l’existence de forces armées et d’une
police professionnelles était indispensable si l’on voulait assurer la protection des
civils et garantir que les forces de sécurité ne commettront pas de violations graves
des droits de l’homme et qu’elles auront les moyens d’empêcher de telles violations,
ou d’intervenir s’il s’en produit. Dans cet esprit, la MONUC a établi un projet de
mémorandum d’accord entre elle-même et le Gouvernement concernant le contrôle
destiné à garantir qu’aucun des agents de la sécurité nationale qui seront formés par
ses soins n’aura été impliqué dans une grave affaire de violation des droits de
l’homme. Ce mémorandum d’accord a été communiqué à des partenaires
internationaux afin de susciter la mise en place d’un système plus large de
vérification des antécédents.
55. En ce qui concerne les efforts d’harmonisation de l’action menée pour
réformer le secteur de la sécurité, la mission d’évaluation est convenue qu’il fallait
fixer les rôles respectifs des différentes institutions du secteur de la sécurité, mettre
au point un outil en ligne de partage de l’information entre partenaires, organiser

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des séminaires sur la question et faciliter les programmes d’échange avec d’autres
pays, afin que les parlementaires et les fonctionnaires du Ministère de la défense
mettent en commun leurs données d’expérience et les enseignements tirés de
l’expérience.

Désarmement, démobilisation et réintégration; désarmement,


démobilisation, réintégration et réinstallation ou rapatriement
56. En 2009, au total, 3 751 éléments des FDLR ont été rapatriés au Rwanda. Sur
ce nombre, 1 564 étaient des combattants étrangers, dont 42 enfants suivant les
forces et groupes armés, et 2 187 étaient des personnes à charge. Ce rythme de
rapatriement est trois fois supérieur à celui de 2008. D’autre part, la MONUC a
accueilli 433 Congolais membres des FDLR qui n’ont pas encore bénéficié de
l’application du programme de désarmement, démobilisation et réintégration
(DDR). Depuis le début de 2010, elle a réalisé la démobilisation et le rapatriement
de 157 combattants des FDLR par mois, en moyenne.
57. Au cours de la période considérée, le Gouvernement de la République
démocratique du Congo a accepté le principe de la participation des combattants
congolais de groupes armés au programme national de DDR. Quant aux éléments de
groupes armés congolais dont le cas n’est toujours pas réglé, il étudie actuellement
un plan qui leur donnerait droit, pendant un temps limité, à des possibilités de
réintégration offertes dans le cadre de la Stratégie internationale d’appui en matière
de sécurité et de stabilisation. En décembre 2009, les Maï Maï Kifuafua ont été les
premiers à accepter, et ils ont commencé à se rassembler au Nord-Kivu le 24 janvier
2010.
58. La mission d’évaluation a ajouté plusieurs recommandations à celles que
j’avais faites dans mon vingt-huitième rapport au Conseil (S/2009/335), visant à
renforcer les activités de la MONUC en matière de DDRRR et à appuyer celles du
Gouvernement en matière de DDR. Sur le premier point, elle a recommandé que la
MONUC renforce la stratégie multidimensionnelle des Nations Unies face aux
FDLR, que j’ai décrite dans mon dernier rapport (S/2009/623), notamment en
étudiant la possibilité d’un programme d’incitation à l’intention des chefs, ciblant
les membres des niveaux moyen et supérieur de commandement qui ne sont pas
impliqués dans le génocide ni accusés d’avoir commis des atrocités contre des civils
en RDC. En outre, il faut engager les pays où vivent des membres de la direction
des FDLR à prendre contre ceux-ci les mesures qui s’imposent sur le plan juridique,
notamment en appliquant effectivement le régime des sanctions contre la RDC et en
poursuivant en justice ceux qui le violent.
59. En ce qui concerne la DDR, la mission d’évaluation a recommandé que la
MONUC apporte son appui à des programmes visant les éléments armés qui restent
présents en Ituri, au Nord et au Sud-Kivu, au Katanga et au Maniema et qu’elle aide
à trouver des financements pour les programmes de DDR qui ne seront pas financés
par la Banque mondiale, notamment en ce qui concerne les éléments des FARDC
qui devraient être démobilisés dans le cadre du plan de réforme de l’armée, dont on
pense qu’ils sont une trentaine de milliers.

Protection des civils


60. Deux importants indicateurs de l’importance des problèmes de protection en
RDC sont la fréquence toujours élevée des violations des droits de l’homme et le

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nombre élevé de personnes déplacées, qui sont au cœur du problème humanitaire.


Plus d’un million de retours ont été enregistrés en 2009, dont 850 000 au Nord-
Kivu, mais l’insécurité continue de régner dans certains secteurs de cette région, y
compris ceux de Masisi, Rutshuru et Lubero, et au Sud-Kivu, notamment dans les
secteurs de Shabunda, de Kalehe et des hauts plateaux d’Uvira, où on continue de
signaler des violations et des attaques de groupes armés contre la population civile.
D’autre part, la tension est montée du fait de déplacements à travers la frontière, du
Rwanda vers la RDC, qui ont donné lieu à des litiges fonciers dans les zones de
retour.
61. Dans la province Orientale, on estime à 300 000 le nombre de personnes qui
sont encore déplacées. Dans celle de l’Équateur, à la suite des événements survenus
dans le secteur de Dongo, peut-être autant que 600 000 personnes ont été déplacées,
114 000 ont passé la frontière de la République du Congo et 18 000 autres se sont
réfugiés, de novembre 2009 à février 2010, en République centrafricaine. Malgré
l’amélioration des conditions de sécurité, peu sont retournés chez elles.
62. La situation sur le plan des droits de l’homme demeure extrêmement
problématique en RDC. Les groupes armés, en particulier les FDLR et la LRA, ainsi
que des éléments des FARDC, de la Police nationale, de l’Agence nationale du
renseignement et d’autres fonctionnaires de la RDC chargés de protéger la
population, ont continué à commettre de graves violations des droits de l’homme
pendant la période considérée. Des menaces et des actes d’intimidation et de
violence dirigés contre des défenseurs des droits de l’homme ont également été
signalés. D’autre part, la MONUC a continué à avoir du mal à pénétrer dans
plusieurs centres de détention, en dépit des instructions données aux autorités
compétentes par le Président lui-même, en juillet 2005. Plusieurs membres du
personnel de la MONUC ont reçu des menaces au cours de la période considérée,
même si les autorités gouvernementales ont pris des mesures contre ceux qui étaient
accusés d’en être les auteurs.
63. Les groupes armés, y compris la LRA et les FDLR, ont continué à représenter
un danger pour les populations civiles de la province Orientale et des Kivus. De
décembre 2009 à février 2010, plus de 250 civils auraient été tués par la LRA dans
le secteur du Haut-Uélé, des dizaines d’autres ont été enlevés et des milliers de
personnes ont été déplacées à cause de l’insécurité qui régnait après ces attaques.
On a aussi observé dans les Kivus des activités des FDLR qui ont pris la forme de
représailles contre des villages. D’autre part, d’autres groupes armés et milices, dont
les Maï-Maï, les Patriotes résistants congolais et des groupes de miliciens d’Ituri,
ont continué à se rendre coupables de graves violations des droits de l’homme.
64. La persistance des violations des droits de l’homme commises par des
éléments des FARDC, y compris dans le cadre des opérations Kimia II et Amani
Leo, est particulièrement préoccupante. La MONUC a reçu de nombreuses
accusations non vérifiées de telles violations, dont 53 ont fait l’objet d’une enquête,
été confirmées et signalées aux autorités judiciaires de la RDC pour suite à donner.
Le 13 février, le Tribunal militaire opérationnel du Nord-Kivu, qui n’avait pas siégé
depuis plusieurs mois, a condamné cinq soldats des FARDC à mort pour assassinat,
un à 20 ans de prison pour viol et deux à cinq ans de prison pour arrestation
arbitraire. Au cours de la période considérée, les tribunaux militaires de garnison
d’Uvira et de Bukavu ont aussi condamné au moins 14 soldats participant aux
opérations Kimia II et Amani Leo pour violations des droits de l’homme,

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notamment pour viol. Cependant, les poursuites sont restées dirigées principalement
contre les soldats, et aucun officier supérieur des FARDC n’a été condamné pendant
cette période.
65. La politique de tolérance zéro du Président à l’égard des actes d’indiscipline
commis par des membres des FARDC continue donc d’être appliquée de manière
limitée. Cependant, le Chef d’état-major des FARDC a annoncé à la mission
d’évaluation la création d’unités de police militaire chargées de faire régner la
discipline. Il a demandé à la MONUC d’aider à équiper ces unités, ainsi que les
tribunaux militaires opérationnels.
66. Au paragraphe 41 de sa résolution 1906 (2009), le Conseil de sécurité m’a prié
de présenter un bilan de l’application de la politique de soutien conditionnel de la
Mission. Vu la pause dans les activités de la Mission qui a suivi la fin des opérations
Kimia II, le 31 décembre 2009, et le lancement, les 25 et 26 février 2010, des
activités conjointes MONUC-FARDC menées dans le cadre de l’opération Amani
Leo, j’enverrai une mission d’évaluation interinstitutions en RDC lorsque la
situation sera plus propice au déroulement de ses travaux, fin avril 2010.
67. Entre-temps, bien que certains problèmes persistent, la MONUC a pris
plusieurs mesures pour mettre en pratique sa politique de soutien conditionnel. Dans
le cadre de l’opération Amani Leo, la MONUC et les FARDC sont convenues, dans
leur directive opérationnelle commune, que les activités conjointes d’établissement
des plans et les activités opérationnelles conjointes seraient menées conformément à
la politique de tolérance zéro du Président et à la politique de soutien conditionnel
de la Mission.
68. Dans un échange de lettres qui a eu lieu par la suite, le 11 janvier 2010, entre
le commandant de la force de la MONUC et le Chef d’état-major des FARDC, il a
été confirmé que la Mission n’apporterait son soutien qu’aux activités des FARDC
qui ont été préparées ensemble et qui sont commandées par un officier qui n’a pas
été impliqué dans de graves violations des droits de l’homme. Depuis, comme il est
noté au paragraphe 4 ci-dessus, la MONUC a contrôlé les antécédents des
commandants de 18 bataillons et préapprouvé leur désignation par les FARDC pour
participer aux opérations conjointes.
69. La Cellule d’alerte et d’intervention rapides examine régulièrement la mise en
œuvre de la politique de soutien conditionnel de la Mission, qui communique des
recommandations sur la marche à suivre au Groupe de direction pour la protection.
Des mécanismes analogues étaient en cours de mise en place, pendant la période
considérée, à Goma et Bukavu. D’autre part, la MONUC a établi une consigne
permanente sur les conditions et procédures régissant le soutien qu’elle apporte aux
FARDC.
70. Conformément à la stratégie du système des Nations Unies pour la protection
des civils, dont la mise au point a été achevée en janvier 2010, la MONUC a pris
des mesures concrètes pour renforcer les capacités militaires et civiles et former des
alliances cruciales dans le domaine de la protection des civils. Elle a créé une base
de données qui regroupe l’information des équipes mixtes de protection des civils et
du groupement de la protection servant à déterminer quelles sont les zones ayant
absolument besoin d’être protégées. D’autre part, à la suite d’une évaluation interne
des équipes mixtes de protection faite par la MONUC en novembre 2009,
29 membres du personnel de la Mission ont été temporairement réaffectés à des

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missions d’équipe mixte. Il a aussi été prévu de placer plus de 49 interprètes pour
les relations avec la population dans quelque 49 sites de base opérationnelle de
compagnie ou de base opérationnelle temporaire, afin d’améliorer les relations entre
le personnel militaire et la population locale. La MONUC a aussi pris des mesures
pour transposer l’idée de centre de surveillance dans certains des sites de ses bases
opérationnelles de compagnie, sur le modèle de celui qui avait été créé en 2009 à
Kiwanja, au Nord-Kivu.
71. Pour faire face aux problèmes causés par la limitation des ressources dans le
domaine de la protection des civils, la mission d’évaluation a proposé de constituer
une capacité permanente pour les équipes mixtes de protection, à laquelle devraient
se joindre des interprètes pour les relations avec la population et qui devrait faire
systématiquement l’objet d’enquêtes du Bureau conjoint de la MONUC pour les
droits de l’homme et des équipes mixtes d’investigation lorsque des violations des
droits de l’homme sont signalées. Il faudrait que ces mécanismes de protection
soient dotés d’effectifs suffisants et bénéficient du soutien logistique voulu, y
compris des véhicules, du matériel de transmissions et la possibilité de se déplacer
en avion. En outre, il faudrait renforcer les capacités de la Mission en matière
d’analyse, d’alerte précoce et de prise de décisions, notamment en faisant appel à sa
Cellule d’alerte et d’intervention rapides et à son Groupe de direction pour la
protection, auquel participent le Bureau de la coordination des affaires humanitaires
et le HCR, en tant que chef de file du groupement de la protection. Ayant constaté
que le déploiement de la composante militaire de la Mission couvrait 88 % des
secteurs à protéger absolument, du Nord-Kivu, la mission d’évaluation a
recommandé que ce taux élevé soit maintenu pendant le déroulement de l’opération
Amani Leo. Elle a aussi recommandé que la MONUC et l’équipe de pays des
Nations Unies renforcent leurs moyens d’effectuer ensemble les analyses concernant
la protection des civils, tout en veillant à ce que le rôle particulier des équipes
conjointes de protection reste distinct de celui des organismes des Nations Unies et
des organisations non gouvernementales s’occupant de protection.

Protection des enfants


72. Le recrutement et l’emploi systématiques d’enfants dans les conflits armés a
continué, particulièrement aux Nord et Sud-Kivus, au Katanga et dans la province
Orientale. En 2009, la MONUC a consigné des faits prouvant l’enrôlement de 848
enfants, dont 52 filles. Les coupables étaient les Patriotes résistants congolais, les
FDLR, le Congrès national pour la défense du peuple, le Front de résistance
patriotique d’Ituri et la LRA. Le processus d’intégration accéléré a aussi accru la
présence d’enfants dans les FARDC, et celles-ci ont lancé de nouvelles campagnes
de recrutement au Katanga et dans les Kasaïs. On a aussi prouvé l’existence de 23
cas d’assassinat et 12 de mutilation d’enfants, et les violences sexuelles sur les
enfants sont restées très fréquentes. Les organismes des Nations Unies présents en
RDC continuent donc à collaborer étroitement avec le Gouvernement pour s’assurer
qu’il tient ses promesses en ce qui concerne la lutte contre la perpétration de sévices
graves à l’égard d’enfants.

Violence sexuelle
73. Les femmes et les filles sont encore gravement menacées de violence sexuelle.
En 2009, le Fonds des Nations Unies pour la population en a recensé 15 297 cas,
dont peu ont été signalés à la justice. Au seul mois de décembre 2009, 286 incidents

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ont été signalés au Nord-Kivu, et 360 autres au Sud-Kivu. Dans le secteur d’Uélé,
les attaques de la LRA ont été accompagnées de violences sexuelles et de
mutilations. Depuis mon dernier rapport, un certain progrès a été accompli sur le
plan judiciaire en ce qui concerne trois des cinq officiers supérieurs des FARDC
accusés d’actes de violence sexuelle, dont le cas avait été évoqué avec le Président
Kabila lorsque le Conseil de sécurité s’est rendu dans le pays en mai 2009. Il reste
cependant que deux des accusés réussissent à éviter d’être arrêtés.
74. Les 25 et 26 novembre 2009, la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte
contre la violence sexuelle ou fondée sur le sexe élaborée par le Ministère du genre,
de la famille et de l’enfant a été lancée à Kinshasa avec l’appui de la MONUC et de
l’équipe de pays des Nations Unies. Certains éléments prioritaires de cette stratégie
nationale viennent du plan opérationnel de mise en œuvre, dans l’est de la RDC, de
la stratégie globale de lutte contre les violences sexuelles adoptée par les Nations
Unies. Cinq groupes de travail thématiques ont été créés, un pour chacun des cinq
piliers de la stratégie. Un fonctionnaire a été désigné comme référent pour chacune
des composantes et, en janvier 2010, les mécanismes de réalisation ont été mis en
place au niveau de la province, aux Nord et Sud-Kivus et en Ituri.

Consolidation de la paix et stabilisation


75. L’autorité de l’État a été sérieusement battue en brèche par des dizaines
d’années de mauvaise gouvernance, particulièrement dans l’est de la RDC; dans tout
le pays, la présence de l’État demeure timide et ses moyens d’agir sont limités. Ces
difficultés sont aggravées par l’ampleur du problème de la corruption, qui pèse sur
la capacité des autorités centrales d’assurer des services, de percevoir effectivement
des recettes et de rétablir l’état de droit. La décentralisation prévue et la révision
prévue du tracé des frontières des provinces restent en suspens et risquent
d’accroître les tensions entre autorités centrales et provinciales et d’intensifier les
conflits locaux.
76. La durée du conflit et l’instabilité de différentes régions de l’est du pays,
jointes à l’absence, dans ces régions, d’une administration publique digne de ce
nom, continuent de faire perdurer une situation qui permet un boom de
l’exploitation illégale des ressources naturelles. Rares sont les possibilités d’activité
économique ou d’éducation. Malgré quelques améliorations, l’infrastructure de
base, surtout les routes, reste en mauvais état, ce qui entrave le commerce et interdit
l’accès de vastes parties du pays aux autorités de l’État.
77. Vu cette situation, la mission d’évaluation a estimé que la MONUC devrait
continuer, dans les régions touchées par un conflit, à aider le Gouvernement à offrir
aux populations civiles en danger un cadre de vie sûr, notamment en continuant de
faire faire des patrouilles et de faire escorter le personnel des Nations Unies et des
organisations humanitaires pour leur permettre de faire leur travail, et à offrir une
assistance opérationnelle directe pour les activités de stabilisation, grâce au soutien
logistique et aux services du génie assurés par la composante militaire de la Mission
et à l’appui offert par les sections techniques de la composante civile, ainsi que
l’aide apportée pour le déploiement de la Police nationale et le casernement des
FARDC. La Mission devrait aussi continuer à mobiliser des partenaires et, en faisant
appel à la Stratégie internationale d’appui en matière de sécurité et de stabilisation,
à faciliter la programmation et la coordination conjointes des activités de

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stabilisation menées dans le cadre du plan de stabilisation et de reconstruction du


Gouvernement pour les régions touchées par la guerre.
78. La mission d’évaluation a aussi recommandé que la MONUC se concentre sur
l’intégration de l’action menée par elle-même et par l’équipe de pays des Nations
Unies dans les secteurs où elles réalisent des opérations et programmes conjoints,
c’est-à-dire dans les zones de protection, aidant à bâtir les capacités des institutions
nationales et à instituer l’état de droit. À l’ouest, elles devraient également aider à
bâtir les capacités des institutions nationales et se concentrer sur la consolidation de
la paix, surtout en ce qui concerne l’appui à apporter aux autorités provinciales, aux
institutions locales et à la société civile en matière de gestion des conflits, de
protection, de droits de l’homme et de lutte contre l’impunité. Afin d’aboutir à ces
résultats, l’équipe de pays devra mobiliser des partenaires, ainsi que la communauté
internationale en général, derrière l’établissement et la mise en œuvre de plans de
province dans le cadre de la deuxième vague de documents de stratégie pour la
réduction de la pauvreté.

Élections
79. Avant la visite de la mission d’évaluation, une mission interdépartementale
d’évaluation des besoins relatifs aux élections s’est rendue en RDC, du 18 au
25 janvier 2010, pour faire le point des préparatifs des élections avec les organismes
des Nations Unies et les partenaires internationaux et pour se concerter avec les
autorités du pays à propos du rôle que les Nations Unies devraient jouer dans le
processus électoral. Cette mission a constaté qu’il y avait un grand décalage entre
l’attachement à la tenue d’élections professé par le Gouvernement et les moyens
dont celui-ci disposait pour concrétiser cet attachement. Elle a également été d’avis
que la probabilité de voir les élections se dérouler correctement et sans retard était
subordonnée à la prise d’engagements financiers importants, à l’existence de
capacités opérationnelles, à l’adoption des instruments nécessaires pour les
inscriptions sur les listes électorales et au règlement des obligations financières du
Gouvernement à l’égard de la Commission électorale indépendante. Ces
préoccupations ont été exprimées au Président Kabila dans une lettre datée du
23 février que lui ont adressée mon Représentant spécial en RDC, l’Ambassadeur
des États-Unis auprès de la RDC et l’Ambassadeur d’Espagne, dont le pays assurait
la présidence de l’Union européenne.

Tâches d’importance critique


80. En fonction de son analyse de la situation sur le terrain, telle que décrite ci-
dessus, et compte tenu des critères visés au paragraphe 21, la mission d’évaluation a
recensé plusieurs tâches d’importance critique qui doivent être accomplies, comme
le prévoit le paragraphe 2 de la résolution 1906 (2009) du Conseil, grâce à l’action
menée par la MONUC, l’équipe de pays, le Gouvernement et les partenaires
bilatéraux, afin de permettre à la MONUC de réduire progressivement ses effectifs
sans faire retomber le pays dans l’instabilité.
81. Vu que la protection des civils reste une priorité, la première tâche
d’importance critique doit être de neutraliser la menace que constituent les FDLR, la
LRA et ce qui reste des groupes armés congolais, y compris en prenant des mesures
militaires et non militaires et en les exécutant dans le respect du droit international
humanitaire et du droit des droits de l’homme, ainsi que du droit des réfugiés. Pour

20 10-29070
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ce qui est des mesures non militaires, la mission d’évaluation a recommandé que
l’on achève le DDRRR des groupes armés étrangers agissant illégalement en RDC,
en s’occupant tout particulièrement du rapatriement volontaire des combattants des
FDLR et de leurs personnes à charge et en appliquant une démarche régionale et
transfrontière en ce qui concerne la LRA. Elle a aussi recommandé que l’on achève
dans tout le pays le DDR de tous les combattants congolais dont le cas n’est pas
encore réglé, y compris ceux qui appartiennent aux FARDC et aux groupes armés
étrangers, et aussi qu’on apporte un soutien au processus national de réintégration
des ex-combattants. En outre, compte tenu de ses entretiens avec les autorités de la
RDC, elle a estimé que les opérations militaires conjointes FARDC-MONUC dans
les Kivus et dans la province Orientale devraient s’arrêter lorsque le Gouvernement
et la Mission constateraient ensemble qu’à l’échelle de la région la menace
résiduelle que constituent les groupes armés pour l’État et la population civile a été
réduite à un niveau où ce n’est plus qu’un problème de maintien de l’ordre auquel
les organes de maintien de l’ordre et de sécurité de la RDC peuvent faire face tout
seuls. L’affaiblissement de la menace se mesurerait à l’aune de la diminution de la
violence et des attaques dirigées contre des civils et de la baisse du nombre de
violations des droits de l’homme et, plus précisément, de la baisse du nombre de cas
de violence sexuelle ou fondée sur le sexe, les autres indicateurs étant la fin du
recrutement et de l’exploitation d’enfants dans les groupes armés et l’absence de
flux de personnes nouvellement déplacées.
82. Les deuxième et troisième tâches d’importance critique recensées par la
mission d’évaluation se rapportent à la situation finale décrite ci-dessus. Au fur et à
mesure que la MONUC réduira ses effectifs dans les provinces touchées par les
conflits, le Gouvernement devra veiller à ce que des mesures appropriées soient
prises pour empêcher l’apparition de toute brèche dans la sécurité qui serait
susceptible de faire courir des risques supplémentaires à la population civile. La
deuxième tâche serait donc de bâtir une armée de base professionnelle, qui, dans
l’esprit de la mission d’évaluation, pourrait regrouper jusqu’à une vingtaine de
bataillons. Cette force devrait avoir son pendant dans la police, qui pourrait
endosser progressivement la responsabilité du maintien de l’ordre, dans le respect
total du droit international des droits de l’homme. Les capacités ainsi constituées
reprendraient petit à petit les attributions actuelles de la MONUC en matière de
sécurité en ce qui concerne la protection des civils et le maintien de la liberté de
mouvement des agents humanitaires. L’idéal serait que le Gouvernement et les
partenaires bilatéraux dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité se
mettent d’accord sur le nombre d’unités des FARDC et de la Police nationale qui
devraient, à chaque étape de la réduction des effectifs de la Mission dans les
provinces de l’est touchées par les conflits, avoir été contrôlées, formées et équipées
et être prêtes à remplacer la MONUC.
83. La troisième tâche d’importance critique consiste à asseoir effectivement
l’autorité de l’État dans les secteurs libérés des groupes armés, en particulier le long
des axes stratégiques dans les provinces orientales qui sont désignés dans le plan de
stabilisation et de reconstruction, afin de faciliter le retour et la réintégration
durables des réfugiés et des déplacés. Dans cette perspective, il faut que les
appareils d’administration publique, de police et de justice et le système carcéral de
la RDC aient été développés et aient atteint durablement un niveau qui leur permette
d’assurer par leurs propres moyens la surveillance du respect des droits de l’homme

10-29070 21
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et d’aider à mettre fin à l’impunité et à créer un système carcéral efficace et


totalement conforme aux normes internationales.
84. Les autres tâches d’importance critique recensées par la mission d’évaluation
sont les suivantes : appliquer intégralement les Accords du 23 mars; contrer
l’exploitation illégale des ressources naturelles; créer des mécanismes efficaces et
décentralisés permettant de régler les litiges fonciers et autres litiges
intercommunautaires qui accompagnent le retour des déplacés et des réfugiés, y
compris un système provisoire d’administration de la justice; achever le
rapatriement volontaire des réfugiés congolais se trouvant dans les pays voisins et
souhaitant rentrer en RDC; organisation par les autorités congolaises, en 2011,
d’élections nationales crédibles et pacifiques.

B. Appui à fournir au Gouvernement

85. Cela étant posé, la mission d’évaluation a désigné plusieurs domaines précis
dans lesquels les Nations Unies pourraient aider le Gouvernement à exécuter ses
projets.

1. Appui relatif au plan de réforme de l’armée


86. La mission d’évaluation s’est employée à mettre au point, en étroite
collaboration avec la MONUC, un projet selon lequel la Mission offrirait de la
formation et éventuellement du matériel de base et apporterait son concours à la
construction de casernes pour certaines unités des FARDC faisant partie de l’armée
de base dont il est question dans la résolution 1906 (2009) du Conseil de sécurité,
ainsi qu’à la première phase de l’exécution du plan du Gouvernement relatif à la
réforme de l’armée. Ce projet prévoyait aussi une aide à l’accroissement de la
capacité des bataillons de police militaire récemment constitués, notamment sous
forme de formation et en aidant le Gouvernement à pourvoir une partie de leur
matériel, comme le Chef d’état-major des FARDC l’a demandé à la mission
d’évaluation. L’appui apporté par la MONUC à la mise sur pied d’une armée de
base aurait pour but de compléter les activités d’ordre plus général actuellement
menées par les partenaires bilatéraux à l’appui de la réforme de l’armée.

2. Appui relatif aux plans du Gouvernement concernant la mise


en place d’un système de maintien de l’ordre et de systèmes
judiciaire et pénitentiaire
87. Dans les domaines judiciaire et pénitentiaire, la mission d’évaluation a estimé
que les Nations Unies devraient continuer à apporter leur concours à
l’accroissement de la capacité des institutions judiciaires et pénitentiaires civiles et
militaires, ainsi qu’à l’exécution du plan d’action national de réforme du système
judiciaire (2008-2012) adopté par le Ministère de la justice en novembre 2007 et à la
mise en œuvre des stratégies connexes, en élaborant pour la RDC et en y appliquant
un programme commun pluriannuel des Nations Unies pour l’appui à la justice. Ce
programme devra comporter des projets pour le Nord et le Sud-Kivus et l’Ituri
concernant la justice et le système pénitentiaire civils et militaires.
88. En ce qui concerne la police, la mission d’évaluation a estimé qu’il serait
indispensable de maintenir à son niveau actuel l’effectif de police de la Mission,
afin que la composante police continue d’apporter son concours à l’exécution du

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plan d’action triennal de réforme de la police, en participant à la réalisation du


programme consultatif concernant la police et au programme de formation et de
développement des capacités de la police, y compris la vérification des antécédents
des formateurs de la police et leur propre formation. En outre, la mission
d’évaluation a pensé que la MONUC pourrait aider à constituer dans la police un
équivalent de l’armée de base, comme l’Inspecteur général de la police le lui avait
demandé.

3. Appui relatif aux activités de consolidation de la paix du Gouvernement


89. On compterait sur la MONUC et l’équipe de pays pour continuer, en
appliquant la Stratégie internationale d’appui en matière de sécurité et de
stabilisation, d’appuyer le plan de stabilisation et de reconstruction du
Gouvernement pour les zones touchées par la guerre, mais plusieurs interlocuteurs,
dont le Ministre du plan, ont insisté sur la nécessité de soutenir les activités de
consolidation de la paix dans tout le pays, particulièrement à l’ouest, qui,
relativement parlant, a été négligé par les partenaires internationaux, où
l’administration publique reste mal assurée et où le Gouvernement estime que les
indicateurs du développement humain sont pires que dans l’est. La mission
d’évaluation a donc proposé que la MONUC et l’équipe de pays collaborent avec le
Gouvernement et les partenaires à l’élaboration et l’exécution d’un programme de
consolidation de la paix pour les provinces occidentales, dans l’esprit du CSI et du
document de stratégie pour la réduction de la pauvreté.

4. Appui à l’organisation des élections


90. En se fondant sur les conclusions de la mission d’évaluation des besoins dans
le domaine électoral présentées au paragraphe 79, la mission d’évaluation a estimé
que les Nations Unies devraient rester prêtes à continuer à aider les autorités
électorales congolaises sur le plan des inscriptions sur les listes électorales et des
élections locales, d’une façon adaptée selon la mesure dans laquelle le
Gouvernement aura tenu ses engagements dans ce domaine. Elle a aussi considéré
que l’ONU devrait, si les autorités électorales congolaises lui adressent une
demande concernant un soutien logistique pour les élections nationales et si cette
demande lui parvient suffisamment à l’avance, l’étudier.

C. Retrait de la composante militaire de la MONUC

91. Tenant compte des problèmes de sécurité qui continuent de se poser dans les
provinces touchées par le conflit (les Kivus et Orientale) et de la stabilité relative
qui a jusqu’ici été établie dans le reste du pays, la mission d’évaluation technique a
conclu qu’il était essentiel de maintenir une présence importante de la force de la
MONUC dans les Kivus et la province Orientale mais que les huit autres provinces
du pays offraient au Gouvernement la possibilité d’assurer en toute indépendance le
maintien de l’ordre, la protection des civils et la mise en œuvre d’arrangements
efficaces de sécurité sans la présence militaire de la MONUC.
92. Sur cette base, la mission d’évaluation a procédé à une analyse d’adéquation
des effectifs aux tâches à accomplir et élaboré un projet de plan de retrait, en étroite
consultation avec la MONUC. Selon le plan proposé, le retrait de la force de la
MONUC pourrait être achevé en trois ans si les conditions de sécurité continuaient

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de s’améliorer et si la mise en œuvre des tâches essentielles définies aux


paragraphes 81 à 84 progressait régulièrement.
93. Dans le cadre de ce plan, la mission d’évaluation technique a recommandé que
la MONUC n’ait plus de rôle militaire direct en dehors des trois provinces touchées
par le conflit dans l’est du pays et à Kinshasa. Par conséquent, au cours de la
première phase du retrait qui pourrait commencer immédiatement, la MONUC
pourrait retirer ses troupes de la zone de défense 1 des FARDC, qui couvre les
provinces suivantes : Bas-Congo, Kinshasa, Équateur et Bandundu.
94. La MONUC maintiendrait toutefois une petite présence militaire de la taille
d’un bataillon au maximum à Kinshasa pour assurer la protection du personnel et
des installations des Nations Unies. La force de réserve de la Mission, basée dans
l’est du pays, conserverait la capacité d’intervenir, in extremis, pour protéger le
personnel et les biens des Nations Unies et, à la demande du Gouvernement,
appuyer les FARDC et la Police nationale dans des provinces autres que les Kivus et
Orientale.
95. La deuxième phase du retrait de la MONUC pourrait commencer au cours du
deuxième semestre de 2010 et se traduirait par le retrait total des forces de la
Mission du Kasaï oriental, du Kasaï occidental et du Katanga, se soldant par
l’achèvement du retrait des zones de défense 1 et 2 des FARDC. La phase 3
impliquerait un retrait progressif des troupes de la zone de défense 3 des FARDC, à
savoir Maniema, Orientale, Nord-Kivu et Sud-Kivu, une fois que les opérations
militaires en cours auraient été menées à bien, que l’autorité effective de l’État
aurait été rétablie dans les zones libérées des groupes armés et que la constitution
d’une force de base de l’armée aurait progressé. La phase 4 pourrait ramener le
niveau de la force de la MONUC à quelque 5 000 hommes lorsque la force de base
serait opérationnelle. La mission d’évaluation et la MONUC ont estimé que le
retrait total des forces militaires de la Mission pourrait être achevé une fois que le
Gouvernement et l’ONU conviendraient que les conditions étaient réunies pour
qu’un tel retrait soit opéré sans qu’il y ait un risque de résurgence de l’instabilité.

Propositions concernant la reconfiguration de la MONUC


96. La mission d’évaluation technique a estimé, comme le Gouvernement, que la
reconfiguration du mandat devrait tenir compte des nouvelles réalités sur le terrain
et viser à renforcer les capacités nationales en matière de sécurité et à bâtir les
institutions de l’état de droit à un niveau tel qu’elles puissent s’inscrire dans la
durée. Elle a estimé également que le mandat reconfiguré de la MONUC devrait
tenir compte de la nécessité de toujours accorder la priorité à la protection des
civils; définir les besoins des différentes régions du pays; accorder aux institutions
nationales l’espace nécessaire pour qu’elles puissent opérer de façon indépendante
chaque fois que possible; permettre à la MONUC d’axer son attention sur les tâches
essentielles en se fixant un objectif stratégique clair et en prévoyant une réelle
stratégie de retrait tout en accordant l’attention voulue aux besoins en matière de
consolidation de la paix; jeter les bases d’une transition progressive vers une
présence de l’ONU qui soit davantage axée sur la consolidation de la paix et sur la
viabilité du développement plutôt que sur la sécurité, en fonction de l’évolution de
la situation sur le terrain.
97. Dans ce contexte, il est recommandé que la MONUC, sous la direction du
Représentant spécial du Secrétaire général, comprenne trois composantes

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organiques : une composante appui militaire dirigée par le commandant de la force,


une composante état de droit et protection dirigée par le Représentant spécial adjoint
du Secrétaire général et une composante stabilisation et consolidation de la paix
dirigée également par le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général. La
composante appui militaire serait déployée dans les provinces du Nord-Kivu et du
Sud-Kivu, la province Orientale et la province de Maniema, d’une façon souple qui
lui permette de protéger efficacement les civils et de faciliter l’accès humanitaire,
d’aider à créer un environnement sûr pour le retour des personnes déplacées et des
réfugiés, et d’appuyer les opérations des FARDC contre les groupes armés étrangers
et congolais conformément à la politique de soutien conditionnel de la Mission. Le
quartier général de la force et une présence militaire modeste resteraient à Kinshasa.
Les deux composantes civiles (état de droit et protection, et stabilisation et
consolidation de la paix) maintiendraient leur présence dans l’ensemble du pays.

Échanges avec le Gouvernement


98. Le 3 mars, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix a
présenté au Premier Ministre, au Vice-Premier Ministre chargé de l’intérieur et de la
sécurité et aux Ministres des affaires étrangères, de la défense et de la coopération
internationale et régionale, et, au cours d’une réunion distincte, au Président Kabila,
les propositions de la mission d’évaluation énoncées ci-dessus concernant le retrait
progressif de la force de la MONUC en quatre phases sur une période de trois ans;
la liste des tâches essentielles dont la Mission devrait s’acquitter conformément au
paragraphe 2 de la résolution 1906 (2009) du Conseil de sécurité; et les domaines
spécifiques dans lesquels l’ONU pourrait prêter son concours à la mise en
application des plans du Gouvernement pour remédier aux conflits en cours dans
l’est du pays, procéder à la réforme du secteur de la sécurité, renforcer les capacités
des institutions policières, judiciaires et pénitentiaires, et assurer la consolidation de
la paix.
99. Le Premier Ministre a noté que le contexte dans lequel la MONUC avait été
créée avait considérablement changé. À cet égard, il a énoncé comme suit les
principes que le Gouvernement de la République démocratique du Congo juge
nécessaire de prendre en compte pour reformuler le mandat de la MONUC : respect
de l’indépendance et de la souveraineté de la RDC; abrogation du CSI de 2003 qui,
de l’avis du Gouvernement, « subordonnait » les organismes des Nations Unies à
une opération de maintien de la paix; mise en œuvre du plan de réforme de l’armée
établi par le Gouvernement; renforcement des institutions de l’État de la RDC; et
retrait progressif des forces de la MONUC, qui devrait être achevé au plus tard le
30 juin 2011.
100. Le Président Kabila a noté qu’à l’exception de quelques territoires dans l’est,
la situation en matière de sécurité dans le pays s’était stabilisée et que celui-ci
devait à présent tourner une nouvelle page et se concentrer sur la consolidation de la
paix et la reconstruction. Il a expliqué la vision de son gouvernement de renforcer
les capacités des institutions nationales pour leur permettre d’assumer le rôle que
joue actuellement la MONUC, soulignant que le moment était venu de laisser le
pays « voler de ses propres ailes ». Dans ce contexte, il a estimé que le retrait de la
force de la MONUC devrait commencer en juin 2010 et s’achever au plus tard en
juin 2011.

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101. Le Président a noté qu’il n’y avait pas de divergence de vues entre l’ONU et le
Gouvernement sur les propositions que le Secrétaire général adjoint avait présentées
à celui-ci, à l’exception de deux questions seulement : a) le retrait final de la
composante militaire de la MONUC, que le Gouvernement souhaite voir achever en
2011; b) les propositions de la mission d’évaluation concernant la contribution de la
MONUC au renforcement des capacités des FARDC. En qui concerne cette dernière
question, le Président a déclaré que le Gouvernement préférait travailler directement
avec les partenaires bilatéraux mais a indiqué également qu’il envisagerait la
possibilité d’une contribution de la MONUC.
102. Au cours de ces échanges, il a été souligné que l’ONU voulait surtout s’assurer
que le retrait de la force de la MONUC serait mené prudemment de façon à
préserver les acquis, faire fond sur les progrès accomplis et les consolider, et
permettre aux institutions nationales de sécurité et de l’état de droit de renforcer
leurs capacités afin d’être en mesure d’assumer les fonctions exercées actuellement
par la MONUC, notamment en ce qui concerne la protection des civils, l’accès
humanitaire et les mesures propres à empêcher l’apparition d’un vide sécuritaire
potentiellement déstabilisateur. Le Président Kabila a décidé de désigner une équipe
de hauts fonctionnaires de l’État chargée de discuter davantage avec une équipe de
la mission d’évaluation et de la MONUC des deux questions non encore résolues, et
de proposer la voie à suivre. Ces discussions ont été achevées le 9 mars.
103. Les deux équipes ont confirmé de nouveau que le Gouvernement acceptait la
proposition de l’Équipe d’évaluation selon laquelle le retrait de la force de la
MONUC se ferait en plusieurs phases successives. En ce qui concerne la première
phase, la MONUC retirera complètement ses troupes des zones de défense 1 et 2 des
FARDC d’ici à fin juin 2010. Les FARDC et la Police nationale assumeront
totalement la responsabilité de la sécurité et du maintien de l’ordre dans les sept
provinces couvertes par ces zones, conformément à la vision du Président
concernant l’autonomisation des institutions nationales. Le rôle de la force de la
MONUC sera limité à la zone de défense 3 (qui couvre les provinces du Nord-Kivu
et du Sud-Kivu, la province Orientale et la province de Maniema) où des opérations
militaires sont en cours contre les FDLR et la LRA, une présence militaire modeste
d’un bataillon au maximum étant également maintenue à Kinshasa pour assurer la
sécurité du personnel et des installations des Nations Unies. Le bataillon de
Kinshasa et la force de réserve basée dans les provinces de l’est du pays seront dotés
d’une capacité de déploiement rapide dans d’autres provinces pour protéger le
personnel et les biens des Nations Unies, in extremis, ou soutenir les FARDC, à la
demande du Gouvernement.
104. Suite à ces arrangements, 2 000 soldats de la MONUC au total seraient retirés
de la RDC fin juin 2010 au plus tard. La MONUC prendrait des dispositions pour
que certaines des unités en partance participent à la célébration du cinquantième
anniversaire de l’indépendance du pays, comme l’a demandé le Gouvernement, afin
de saluer le rôle joué par les forces de maintien de la paix de l’ONU, qui ont
contribué à restaurer la paix et à préserver l’intégrité territoriale et l’indépendance
du pays au cours des 50 dernières années.
105. Après cette première phase, il y aurait périodiquement tous les six mois des
examens communs du processus de retrait, pour lesquels un mécanisme de
coordination commun sera également établi. Le premier examen commun aura lieu
en septembre 2010. Il permettra d’évaluer la première phase et de discuter des

26 10-29070
S/2010/164

modalités de la deuxième phase qui pourrait être mise en œuvre en décembre 2010
en fonction de la situation sur le terrain. La deuxième évaluation commune sera
menée en mars 2011, à la suite de quoi une décision commune sera prise sur les
modalités de mise en œuvre des phases successives.
106. En ce qui concerne la date du 30 juin 2011 que le Président avait initialement
fixée pour le retrait final de la force, l’équipe représentant le Gouvernement a
indiqué que celui-ci avait décidé de faire preuve de souplesse et de reporter la date
au 30 août 2011. L’équipe des Nations Unies a pris note de la position du
Gouvernement concernant la date de retrait final et a promis de la porter à mon
attention.
107. Les deux équipes ont défini les tâches qu’il importe de mener d’urgence afin
de renforcer les capacités des institutions, de façon à aider à accélérer le retrait. Il
s’agit notamment : a) de mener à bien les opérations militaires en cours contre les
FDLR et la LRA, ainsi que les groupes armés congolais résiduels dans les provinces
du Nord-Kivu et du Sud-Kivu et la province Orientale; b) de rétablir l’autorité de
l’État, grâce au déploiement de la police, de l’administration territoriale et des
institutions de l’état de droit dans les zones libérées des groupes armés, dans le
contexte du plan de stabilisation et de reconstruction élaboré par le Gouvernement et
de la Stratégie internationale d’appui en matière de sécurité et de stabilisation. Le
Gouvernement a souligné que ces tâches à mener d’urgence ne devraient pas être
considérées comme des conditions préalables mais plutôt comme des mesures qui
devraient contribuer à donner un coup d’accélérateur au processus de retrait.
108. S’agissant du rôle de la MONUC dans la réforme du secteur de la sécurité,
l’équipe représentant le Gouvernement a réaffirmé sa position selon laquelle la
formation et l’équipement des FARDC se poursuivront dans le cadre d’arrangements
bilatéraux. Toutefois, pour poursuivre son partenariat avec la Mission, le
Gouvernement demandait à la MONUC d’entreprendre les tâches ci-après qu’il
considèrerait comme prioritaires : a) formation de 20 bataillons de police et
fourniture du matériel nécessaire pour leur déploiement; b) équipement de trois
bataillons de police militaire qui seront formés par des formateurs congolais;
c) appui aux tribunaux militaires opérationnels en leur fournissant des moyens de
transport et du matériel de communication et en renforçant les capacités de leur
administration; d) renforcement des capacités de l’administration publique,
notamment en lui fournissant des moyens de transport; e) poursuite de l’utilisation
des services de génie civil de la MONUC pour soutenir le rétablissement de
l’autorité de l’État grâce à l’ouverture des routes dans les zones d’accès difficile
dans l’est du pays, en particulier dans la province Orientale.

V. Incidences financières
109. Par sa résolution 63/291 du 30 juin 2009, l’Assemblée générale a ouvert un
crédit d’un montant de 1 346 584 600 dollars aux fins du fonctionnement de la
Mission pour la période allant du 1er juillet 2009 au 30 juin 2010. Le projet de
budget pour le fonctionnement de la Mission pendant la période allant du 1er juillet
2010 au 30 juin 2011 a été soumis à l’Assemblée générale pour examen au cours de
la deuxième partie de la reprise de sa soixante-quatrième session. En attendant que
le Conseil de sécurité se penche sur le réexamen et l’ajustement du mandat de la
Mission évoqués au paragraphe 1 de la résolution 1906 (2009), le projet de budget

10-29070 27
S/2010/164

pour 2010/11 est établi sur la base du déploiement de 760 observateurs militaires,
19 815 membres de personnel de contingents militaires, et 1 441 membres du
personnel de police (dont 1 050 membres d’unités de police constituées).
110. Au 28 février 2010, les contributions non acquittées au Compte spécial de la
MONUC s’élevaient à 663,4 millions de dollars. Le montant total des contributions
non acquittées pour la totalité des opérations de maintien de la paix se chiffrait à la
même date à 3 782 700 000 dollars.
111. Au 22 mars 2010, le montant dû aux pays fournisseurs de contingents et
d’unités de police constituées à la MONUC s’élevait à 109,3 millions de dollars.
Les remboursements au titre des contingents et du matériel appartenant aux
contingents ont été effectués pour les périodes allant jusqu’au 30 septembre 2009 et
au 31 mars 2008, respectivement, conformément à l’échéancier de versement
trimestriel.

VI. Observations et recommandations


112. La RDC a fait des progrès considérables, au regard des défis extraordinaires
qu’elle a dû surmonter au cours de 15 dernières années. Le pays a fait du chemin,
depuis la fin de ce qu’on a appelé la « première guerre mondiale de l’Afrique », à
laquelle ont participé neuf armées étrangères et plusieurs groupes armés intérieurs et
étrangers qui se battaient sur son sol. Mettant fin à la balkanisation qui menaçait son
existence même, il a mené à bien une période de transition délicate et tenu des
élections libres, équitables et transparentes qui ont débouché sur l’installation d’un
gouvernement légitime. Aujourd’hui, la plus grande partie du pays est libérée du
conflit, les relations avec les pays voisins ont été normalisées et les efforts de
reconstruction vont bon train.
113. L’amélioration constante de la situation en matière de sécurité dans 8 des 11
provinces du pays sert de fondement à la formulation d’une stratégie de retrait
responsable pour la force de maintien de la paix de la MONUC. À cet égard, je
souscris à l’évaluation du Gouvernement et de la mission d’évaluation technique et
pense aussi que le niveau de sécurité et de stabilité atteint dans les provinces
exemptes de conflit permet à la force de se retirer de celles-ci sans risquer de
provoquer une résurgence de l’instabilité qui sera difficile à gérer. Conformément
aux principes énoncés par le Gouvernement, le retrait complet de la force de la
MONUC des huit provinces permettra aux institutions nationales d’y assumer
pleinement, de façon indépendante, la responsabilité du maintien de l’ordre et des
arrangements de sécurité nécessaires sans la présence de la force de la MONUC. Au
cours des deux dernières années, la MONUC avait déjà sensiblement réduit sa
présence militaire dans les provinces en question, conformément à la demande du
Conseil de sécurité tendant à ce que les activités de la Mission soient concentrées
dans les provinces de l’est du pays touchées par le conflit.
114. Je respecte pleinement les vues du Gouvernement concernant le plein exercice
de sa souveraineté et la nécessité d’autonomiser les institutions nationales et de les
renforcer pour qu’elles soient en mesure d’assumer la responsabilité des tâches
actuellement effectuées par la MONUC. Le retrait total de la force de la MONUC
des zones de défense 1 et 2 des FARDC témoigne non seulement des nouvelles
réalités sur le terrain mais également de la vision énoncée par le Gouvernement.
Toutefois, à cet égard, afin de garantir le plein exercice de la souveraineté du pays,

28 10-29070
S/2010/164

une stratégie de sortie responsable pour la composante militaire de la Mission doit


être ancrée sur la mise en place de capacités durables, notamment en ce qui
concerne les institutions de sécurité et de l’état de droit de la RDC. Le
Gouvernement a estimé que le renforcement des capacités de ces institutions
constitue un domaine d’assistance prioritaire de la part de la MONUC et des
partenaires bilatéraux, qui nécessitera des efforts concertés et harmonisés de tous les
partenaires internationaux concernés.
115. Comme l’ont montré les événements survenus récemment à Dongo, dans la
province de l’Équateur, et d’autres perturbations, la situation dans ces huit provinces
peut encore dégénérer en conflit armé. Parallèlement, les événements de Dongo ont
aussi confirmé que le Gouvernement était capable de déployer de façon
indépendante du personnel des FARDC et de la Police nationale en cas de crise
sécuritaire dans les zones de défense 1 et 2. Toutefois, un appui de la MONUC serait
encore disponible en cas d’urgence. Grâce au renforcement des capacités militaires
approuvé par le Conseil de sécurité dans sa résolution 1843 (2008), la Mission
dispose d’une force de réserve et de forces spéciales qui lui permettent, à la
demande du Gouvernement, de se redéployer rapidement dans les zones concernées
pour soutenir les FARDC en cas de besoin.
116. En outre, comme l’a demandé le Gouvernement, l’aide internationale dans les
provinces qui ont connu une stabilité durable devrait à présent être axée sur la
consolidation de la paix, la protection des droits de l’homme, la reconstruction et le
développement durable. Le système des Nations Unies continuera de contribuer à
ces activités afin de soutenir les plans et priorités du Gouvernement, notamment
l’action que mène celui-ci en vue de protéger les droits de l’homme des populations
de ces régions, leur fournir des dividendes tangibles de la paix et améliorer leur
qualité de vie.
117. Il ne faudrait pas sous-estimer les difficultés découlant des graves problèmes
qui continuent de se poser dans les Kivus et dans la province Orientale, et le risque
d’une résurgence de l’instabilité dans cette région. Les facteurs d’instabilité
potentiels sont notamment la grave crise humanitaire qui continue de sévir et les
graves problèmes concernant la protection des civils dans ces provinces; la présence
continue des FDLR, de la LRA et de groupes armés congolais résiduels qui ont
encore la capacité militaire de provoquer une insécurité généralisée pour les
populations civiles et les institutions de l’État, ainsi qu’à l’échelle de la sous-région;
l’absence de l’autorité effective de l’État dans la plus grande partie de ces trois
provinces; un vide sécuritaire qui pourrait se créer si les institutions nationales de
sécurité et de l’état de droit ne sont pas déployées à temps dans des zones
stratégiques une fois que la MONUC retirerait progressivement sa force; la mise en
œuvre incomplète des Accords du 23 mars; la résurgence éventuelle des conflits
fonciers et d’autres conflits intercommunaux avec le retour des personnes déplacées
et des réfugiés; les mouvements transfrontières de personnes sans papiers; la
poursuite de l’exploitation illégale des ressources naturelles. Les plans de retrait de
la MONUC doivent tenir compte de ces risques et prévoir des mesures nécessaires
pour les gérer.
118. La présence de la force de la MONUC dans l’ensemble du pays et, en
particulier, sa capacité logistique ont fortement contribué à améliorer la protection
des civils et à faciliter l’action de l’équipe de pays des Nations Unies et des
composantes civiles de la Mission. Compte tenu du caractère limité des

10-29070 29
S/2010/164

infrastructures et des services de transport, la présence de la force est également


essentielle pour ce qui est de faciliter l’accès des pouvoirs publics et des acteurs du
développement, des organismes humanitaires et des droits de l’homme à de vastes
régions du pays. Il faudrait également en tenir compte au stade de l’élaboration des
plans de retrait.
119. Je salue l’engagement du Gouvernement à tenir des élections nationales dans
les délais constitutionnels. À cet égard, j’ai pris note de la détermination du
Président Kabila à veiller à ce que les élections contribuent à renforcer la
démocratie et à préserver la légitimité du Gouvernement. Sur la base de son mandat
tel qu’énoncé dans la résolution 1797 (2008) du Conseil de sécurité, la MONUC
continuera d’apporter son concours aux préparatifs des élections locales en attendant
que le Gouvernement précise le niveau d’appui qu’il entend demander en ce qui
concerne les élections nationales. Je présenterai de nouvelles recommandations au
Conseil de sécurité si je reçois une demande du Gouvernement à cet égard.
Toutefois, je continue de craindre que les élections locales ne soient encore
retardées malgré les mesures prises par les autorités électorales de la RDC au cours
de la période considérée et que cela n’influe sur le calendrier des élections
générales.
120. Ayant attentivement examiné les conclusions et propositions de la mission
d’évaluation technique, son analyse de la situation sur le terrain et les vues du
Gouvernement, je suis convaincu qu’il devrait être possible d’élaborer une stratégie
de retrait de la MONUC et de la mettre en œuvre de façon, à la fois, à faire
progresser la réalisation des aspirations et de la vision du Gouvernement et à éviter
le risque d’un recul qui pourrait se solder par une résurgence de l’instabilité.
121. L’Organisation des Nations Unies s’est fixé pour objectifs d’aider le
Gouvernement de la République démocratique du Congo à promouvoir et protéger
les droits de l’homme, conformément aux obligations internationales en la matière;
de contribuer à instaurer durablement la paix et la stabilité dans le pays; d’aider le
Gouvernement à créer des institutions nationales capables de protéger l’État et la
population, et de fournir des services à celle-ci; d’aider à préserver la légitimité des
institutions nationales, établie avec la tenue, en 2006, des premières élections
démocratiques depuis l’indépendance; d’appuyer les efforts du Gouvernement pour
bâtir un pays démocratique qui soit en paix avec ses voisins et en mesure de réaliser
son potentiel économique. Le cinquantième anniversaire de l’indépendance du pays,
qui sera célébré bientôt, offre une excellente occasion au Gouvernement et au
peuple de la RDC de tourner la page d’une période de l’histoire du pays qui a trop
souvent été marquée par le conflit et la violence. Depuis que la RDC est devenue
indépendante, l’ONU s’est attachée à préserver son intégrité territoriale, à mettre fin
à la violence et aux conflits interethniques et à l’aider à réaliser son développement
économique et social. L’Organisation continuera de collaborer avec les autorités
congolaises et les partenaires internationaux pour aider le pays à faire face aux
nombreuses difficultés avec lesquelles il est encore aux prises.
122. Compte tenu de tout ce qui précède, je recommande au Conseil de sécurité de
prolonger encore de 12 mois le déploiement de la MONUC, conformément à
l’intention qu’il a exprimée au paragraphe 1 de sa résolution 1906 (2009). Je
recommande également au Conseil de sécurité d’autoriser la mise en œuvre
immédiate de la première phase du retrait de la force qui implique le retrait de 2 000
soldats des zones de défense 1 et 2 d’ici au 30 juin 2010.

30 10-29070
S/2010/164

123. En ce qui concerne les phases ultérieures du retrait de la MONUC, j’ai pris
note de la position du Gouvernement de la République démocratique du Congo
selon laquelle les opérations de retrait devraient être achevées le 30 août 2011 au
plus tard. J’ai également pris note de l’accord auquel on est parvenu avec le
Gouvernement pour mettre en place un dispositif d’orientation des phases
successives, à commencer par l’examen commun qui aura lieu début septembre
2010, ainsi que les examens ultérieurs et les tâches urgentes qui, une fois menées,
permettraient à la fois d’accélérer le retrait et de donner à la Mission et au
Gouvernement les moyens de gérer les facteurs d’instabilité potentiels mentionnés
plus haut. J’ai donc recommandé au Conseil de sécurité d’entériner le dispositif
convenu qui devrait permettre à l’ONU et au Gouvernement de poursuivre le
dialogue sur les modalités concrètes et le calendrier des phases de retrait successives
dans le cadre des examens communs périodiques.
124. Si le Conseil de sécurité approuvait le dispositif indiqué ci-dessus, il serait
essentiel que le Gouvernement et la MONUC conviennent ensemble de critères
précis pour mesurer les progrès accomplis en ce qui concerne les tâches qu’il y a
lieu de mener d’urgence. À cet égard, il importera que le Gouvernement et la
MONUC définissent les conditions dans lesquelles ils pourraient déclarer, dans une
perspective régionale, que les menaces que posent la FDLR, la LRA et les groupes
armés congolais, en tant que problème de maintien de l’ordre, ont été réduites à un
niveau tel que les autorités congolaises pourraient y faire face sans l’appui de la
MONUC.
125. Afin d’éviter que le retrait de la MONUC des Kivus et de la province Orientale
ne se traduise par une augmentation des risques de sécurité, le Gouvernement et
l’ONU devraient convenir des capacités nécessaires et des zones stratégiques où la
présence de soldats des FARDC ayant suivi une formation est considérée comme
indispensable, ainsi que des arrangements pour déterminer si ces soldats sont prêts à
être déployés, ce qui pourrait nécessiter des consultations avec les partenaires
bilatéraux participant à leur formation. Leur capacité de protéger les civils, y
compris contre les sévices sexuels, et de faciliter l’accès humanitaire sera un facteur
essentiel à cet égard. En ce qui concerne le rétablissement de l’autorité de l’État
dans les zones libérées des groupes armés dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, le
Gouvernement et la communauté internationale sont déjà convenus, dans le cadre du
plan de stabilisation et de reconstruction et de la Stratégie internationale d’appui en
matière de sécurité et de stabilisation, des axes sur lesquels l’administration de
l’État devrait être établie ainsi que des responsabilités respectives des partenaires
internationaux et du Gouvernement.
126. Le Gouvernement a défini les priorités qu’il faudra mettre en œuvre d’urgence
dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité et a prié la MONUC de
prêter son assistance à la mise en place des capacités des diverses institutions de
sécurité indiquées au paragraphe 108 du présent rapport. S’agissant de la demande
du Gouvernement tendant à ce que la MONUC forme et équipe 20 bataillons de
police, on estime que cette tâche pourrait être menée à bien en trois ans, avec la
formation de trois bataillons la première année, huit la deuxième année et neuf la
troisième année. L’augmentation du nombre de bataillons formés chaque année se
fonderait sur l’amélioration des capacités de formation actuelles de la Police
nationale, y compris les installations et les formateurs.

10-29070 31
S/2010/164

127. Chaque bataillon serait composé de 550 personnes, conformément aux


concepts développés pour la Police nationale. Les nouvelles recrues seraient
formées dans les trois centres de formation existants de la police qui auront besoin
d’être remis en état et équipés avant que ne commencent les activités de formation.
Deux centres de formation additionnels ont également été identifiés mais auront
besoin d’être largement rénovés avant d’être opérationnels. Il est proposé que
chaque bataillon suive une formation de neuf mois, soit six mois de formation de
base et trois mois de formation complémentaire spécialisée, notamment dans la
gestion de l’ordre public et les interventions spécialisées qui leur permettraient de
faire face aux troubles civils et aux graves menaces à la sécurité. Cette formation
serait suivie d’un programme de mentorat de trois mois.
128. Pour assurer la viabilité de cette entreprise, la formation pourrait être assurée
dans le cadre d’un ensemble de prestations comportant notamment la fourniture
d’équipements de base et de matériel de protection du personnel, d’armes non
meurtrières, de véhicules et de matériel de communication. En outre, il faudrait
prendre des dispositions pour assurer le casernement de ces bataillons. Il est
indispensable qu’une structure de commandement et de contrôle professionnelle soit
clairement établie pour l’administration de ces bataillons. Il faudra également mettre
en place un système viable de paiement des soldes.
129. Compte tenu de ce qui précède, je recommande que la MONUC contribue, au
cours de la prochaine période de son mandat, à la formation et au développement de
trois bataillons, et assure notamment les légers travaux de rénovation des trois
centres de formation, ainsi que la formation de base et la formation spécialisée, la
fourniture d’équipements de base et de matériel de protection du personnel, d’armes
non meurtrières, de véhicules et de matériel de communication, et la construction de
casernes.
130. Il faudra au total 75 formateurs de police de la MONUC pour s’acquitter de
cette tâche au cours de la première année, soit 25 pour chacun des bataillons prévus.
Bien que la MONUC ne dispose pas pour l’instant des compétences nécessaires, le
déploiement de ces formateurs pourrait être assuré dans le cadre des effectifs de
police autorisés de la Mission qui pourraient être progressivement mis en place à
l’occasion de la relève du personnel. Ces responsabilités entraîneront également des
activités d’appui additionnelles pour la MONUC, notamment en ce qui concerne les
achats, les fournitures et le matériel, ainsi que la rénovation et la construction des
installations. Il sera procédé à une analyse complète et détaillée des incidences en
matière d’appui dont les résultats seront intégrés à la prochaine demande de
ressources qui sera soumise à l’Assemblée générale.
131. Quant à la demande du Gouvernement concernant l’appui aux tribunaux
militaires y compris par la fourniture d’équipements, la MONUC mettra en place
des cellules d’appui aux poursuites judiciaires des Nations Unies pour aider les
autorités judiciaires militaires des FARDC à lutter contre les graves violations des
droits de l’homme, y compris les sévices sexuels. Ces cellules fourniront des
services consultatifs et assureront des activités de formation mais ne participeront
pas directement aux enquêtes sur les violations présumées. Elles seront chacune
composées d’une équipe pluridisciplinaire de personnel de police militaire des
Nations Unies, de procureurs et de conseillers de police et de justice civile. Elles
fourniraient également un appui logistique à ces autorités, notamment en ce qui

32 10-29070
S/2010/164

concerne les transports et les communications. Elles pourraient aussi apporter, au


besoin, une assistance aux autorités judiciaires civiles.
132. Menée parallèlement à la mise en place et à l’exécution d’un programme
commun pluriannuel de justice pour la RDC en vue de soutenir les institutions de
police civile et militaire et les institutions judiciaires et pénitentiaires, sur la base
des priorités définies par les autorités nationales, cette initiative aiderait à renforcer
les capacités des institutions de justice militaire. On a estimé que celles-ci auront
besoin de véhicules, de matériel de communication et d’autres équipements. Il est
recommandé que la MONUC fournisse certains de ces équipements et collabore
avec les donateurs pour mobiliser les ressources restantes.
133. Je propose également que la MONUC et le Ministère de la défense collaborent
à l’élaboration d’un programme de formation et d’équipement des trois bataillons de
police militaire, élément essentiel de la chaîne de justice pénale militaire. On
veillera tout particulièrement à assurer la viabilité grâce à une formation adéquate, à
la fourniture de matériel de base et des équipements non meurtriers pour que ces
bataillons soient pleinement opérationnels de manière à améliorer la discipline au
sein des FARDC. Au cours de la prochaine période de son mandat, la MONUC
collaborera avec le Ministère de la défense pour déterminer la nature de la formation
et des équipements dont ces bataillons auront besoin, et avec les partenaires
internationaux pour savoir comment mobiliser les ressources nécessaires.
134. En ce qui concerne la demande de véhicules pour chacun des 145
administrateurs territoriaux, je voudrais recommander que l’équipe de pays des
Nations Unies et d’autres partenaires internationaux envisagent de répondre à ce
besoin dans le cadre du plan de stabilisation et de reconstruction et de la Stratégie
internationale d’appui en matière de sécurité et de stabilisation pour les provinces de
l’ouest du pays. La MONUC continuera pour sa part, comme l’a demandé le
Gouvernement, d’utiliser ses moyens de génie et de lutte antimines pour soutenir
l’ouverture de routes vers des zones stratégiques extrêmement importantes mais
actuellement inaccessibles afin de faciliter la présence de l’autorité de l’État dans
les zones en question et l’accès de celles-ci aux institutions nationales de sécurité et
de l’état de droit, ainsi qu’aux partenaires des organismes humanitaires et des
organismes de développement, en particulier dans la province Orientale.
135. Parallèlement, il importera de continuer de mieux harmoniser les initiatives
relatives à la réforme du secteur de la sécurité. La MONUC est disposée à
poursuivre ses efforts dans ce sens, sous réserve de l’accord du Gouvernement, et
est prête à aider les autorités nationales à entreprendre un certain nombre
d’initiatives axées sur la réforme du secteur de la sécurité comme il est indiqué au
paragraphe 55.
136. Sur la base des tâches que le Conseil de sécurité approuvera dans sa résolution
concernant le nouveau mandat et à la suite des critères énoncés dans mon rapport du
14 novembre 2007 (S/2007/671), la MONUC et l’équipe de pays des Nations Unies
définiront, en accord avec le Gouvernement, des critères précis pour mesurer les
progrès accomplis dans la mise en œuvre du mandat reconfiguré de la Mission, en
tenant compte des nouvelles réalités sur le terrain.
137. Je recommande que les ressources supplémentaires approuvées par le Conseil
de sécurité dans sa résolution 1843 (2008) continuent d’être déployées. La souplesse
opérationnelle accrue découlant des moyens aériens additionnels et de la force de

10-29070 33
S/2010/164

réserve nouvellement déployée qui manquait précédemment à la Mission, ainsi que


des forces spéciales, sera essentielle au moment où la MONUC retire ses forces et
permettra à celle-ci de continuer à protéger les civils et à faire face aux situations
d’urgence, telles que la demande d’appui aux FARDC à laquelle elle a dû répondre
lors des événements de Dongo dans la province de l’Équateur. Les ressources
supplémentaires sont également nécessaires pour aider les FARDC à achever les
opérations contre les FDLR et la LRA, notamment à mener des actions plus ciblées.
En outre, le Gouvernement a spécifiquement demandé que des unités de génie de la
MONUC, dont l’une a été déployée dans le cadre des ressources supplémentaires,
continuent d’appuyer le rétablissement de l’autorité de l’État dans l’est du pays, en
particulier sur les axes principaux définis dans le plan de stabilisation et de
reconstruction lancé par le Gouvernement.
138. En ce qui concerne la reconfiguration du mandat de la MONUC, je
recommande que la protection des civils reste au tout premier rang des priorités de
la Mission. En outre, les tâches qu’il a été convenu de mener d’urgence, et qui sont
énumérées au paragraphe 107, devraient également faire partie des principales
priorités au titre du mandat de la MONUC au cours des 12 mois à venir. Suite aux
échanges complémentaires qui auront lieu entre le Gouvernement et la MONUC,
j’énoncerai dans mon prochain rapport les critères arrêtés pour chacune de ces
tâches. Dans les huit provinces d’où sera retirée la force de la MONUC, les
composantes civiles de la Mission continueront de collaborer avec l’équipe de pays
des Nations Unies pour appuyer les initiatives de stabilisation et de consolidation de
la paix. On continuera également d’accorder la priorité à la protection des civils
grâce à la promotion et à la surveillance du respect des droits de l’homme, et au
renforcement des capacités des institutions de sécurité et de l’état de droit. La
Mission sera restructurée comme indiqué au paragraphe 97, pour qu’elle puisse
s’acquitter efficacement et rationnellement de son mandat reconfiguré.
139. J’enverrai une mission interinstitutions pour évaluer la mise en œuvre de la
politique de soutien conditionnel de la MONUC, comme l’a demandé le Conseil de
sécurité. Les conclusions de cette mission figureront dans mon prochain rapport,
notamment en ce qui concerne la création d’un mécanisme approprié qui sera chargé
d’évaluer régulièrement la mise en œuvre de cette politique.
140. Pour conclure, je tiens à exprimer ma sincère gratitude et mes remerciements à
tous les membres du personnel de la MONUC – civils, militaires et policiers – qui,
sous la direction de mon Représentant spécial pour la République démocratique du
Congo, M. Alan Doss, ont continué à faire preuve de détermination et d’un
dévouement désintéressé dans des conditions extrêmement difficiles afin de soutenir
le peuple congolais durant une autre période critique de son histoire. J’exprime
également toute ma gratitude aux membres de l’équipe de pays des Nations Unies et
au personnel humanitaire qui continuent de s’employer laborieusement à sauver des
vies dans des conditions difficiles. Mes remerciements vont également aux pays qui
fournissent des contingents militaires et de police à la MONUC et à leur personnel
en uniforme, ainsi qu’aux pays donateurs et aux organisations multilatérales et non
gouvernementales qui fournissent le soutien nécessaire en République démocratique
du Congo.

34 10-29070
10 o 15o CE NTRAL AFRICAN REPUBLIC 25 o INDIA 30 o
MOROCCO SU D A N
5o Ubangi Bangassou H Q Ituri Juba H Q Forward 5o
EGYPT GHANA MOROCCO INDONESIA
Bangui
MONUC BANGLADESH HQ N. Kivu
EGYPT Zongo Gbadolite Bondo SF GUATEMALA BANGLADESH (-)
Yaoundé Faradje
April 2010 Mongala UURUGUAY (-) INDIA
Libenge Businga ele Dungu
GHANA

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MONUC Headquarters Gemena ButaNEPAL Isiro Watsa URUGUAY
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Lisala Bumba CSS MALAWI

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Bogandanga ng
Basankusu Basoko

o
Lul Banalia Aruwimi Mambasa
H Q MONUC Yangambi Bogoro
LOG Logistics base Waka BELGIUM NEPAL INDIA
Wenga Bafwasende
Kisangani
H Q Force GHANA Befale LOG Djolu Sector U GA N D A Kampala
Libreville Military Sector boundary Bolomba SF JORDAN
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o Mbandaka 2 Lubero S. AFRICA
0 A Military Liaison Office is located H Q Western Boende Ubundu 0o
NORD- Lake

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in both Kampala and Kigali Tsh
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Provincial boundary Punia
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Inongo DEMOCRATIC REPUBLIC F RWANDA Lake

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National capital Lake

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URUGUAY (-) Lac INDIA Victoria
Bolobo OF THE CONGO Kalima H Kivu Kigali
Kutu Mai-Ndombe BOLIVIA Bukavu

( Co n g o )
LOG Kindu E
KASAI G
CO NG O Mushie L u k e n ie Lodja INDIA
Kole Pangi S U D - Bujumbura
JORDAN Bandundu H Q S. Kivu
Ka s Kampene K I V U Uvira BURUNDI
ATLANTIC K ai Sankur u O R I E N T A L
Kibombo Kama Baraka

wi
Brazzaville Ilebo PAKISTAN

lu
OCEAN Kinshasa Bulungu KASAI BENIN PAKISTAN
GHANA S A Kasongo
Pointe-Noire HA Mweka Lusambo MANIEMA URUGUAY (-)
K INS Kenge Kikwit Kigoma
BENIN
La

5o BAS-CONGO OCCIDENTAL 5o
Cabinda Mbanza- Kongolo Tabora
ke

Demba Katende Lubao CHINA


(ANGOLA) Boma Matadi Ngungu BANDUNDU k a
ugKabimba BENIN (-)
Lac Mukamba Lu
Kananga Kabalo Kalemie
Kamana CHINA
Tshikapa Nyunzu
Ta

Mbuji-Mayi Kabinda
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s Mwene-Ditu BENIN BENIN (-)

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GHANA Ankoro

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Muyumba
A E H KATANGA L Khemya Pepa R E P U B L IC
Sumbawanga
Rwindi Walungu Adikivu Kanukauvu
& Kavumu a Moliro OF
& Ishasa & Mubone Kapanga Malemba Nkulu Pweto
INDIA PAKISTAN (-) EGYPT (-) Kamina Dubie L. Mweru- TA N ZA N IA
Mitwaba
Luanda Wantina Mbeya
BENIN BANGLADESH SF EGYPT BENIN (-) Lake Mweru
Lulu
a

ANGOLA Sector Nchelenge


B Kiwanja F Sake PAKISTAN (-)
10o
Saurimo 4 ZA M BIA 10o
INDIA INDIA INDIA
S-4 Kasenga
Kolwezi
C Masisi G Panzi INDIA Dilolo
Likasi BENIN Lake
INDIA Lobito
PAKISTAN BOLIVIA (-) ze
be Lubumbashi Bangweulu
m
D Mushake URUGUAY (-) Luena Za
Solwezi Kipushi 0 100 200 300 km
S. AFRICA
L ake M alaw
i

The boundaries and names shown and the designations used on Sakania
this map do not imply official endorsement or acceptance by the 0 100 200 mi
MALAW

United Nations.
I

o
Ndola
10o 15o 20o 25 30o

Map No. 4121 Rev. 46 UNITED NATIONS Department of Field Support


April 2010 Cartographic Section
S/2010/164

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