Thème 4 : Son et musique, porteurs d’information
Chapitre
Entendre la musique, l’oreille et l’audition
Les sons correspondent à la vibration de l’air, caractérisés d’une part par leur
fréquence (en hertz) mais également par leur amplitude (en Pascal : pression acoustique).
Selon leur puissance, les ondes sonores génèrent des variations de pression qui
correspondent à l’intensité sonore (en décibels). L’ensemble de ces caractéristiques sont
captées par l’oreille qui est l’organe de l’audition (l’ouïe). Cet organe est capable de
transformer les vibrations de l’air en messages nerveux. Les messages nerveux sont ensuite
transmis au cerveau via les nerfs auditifs.
Problématique : Comment l’oreille transforme-telle les vibrations des sons en un
message nerveux ?
I – Structure et fonctionnement de l’oreille
L’oreille est l’organe permettant l’audition et elle est organisée en 3 parties
principales qui ont chacune leur fonction :
- L’oreille externe comprend le pavillon et le conduit auditif
- L’oreille moyenne située entre le tympan et la fenêtre ovale comprend la chaîne des
osselets (marteau, enclume et étrier)
- L’oreille interne comprend la cochlée, un organe en spirale qui comprend des cellules
ciliées.
1 – L’oreille externe : amplification des sons
L’oreille externe comprend le pavillon et le
conduit auditif. Chacune de ces structures
possède des propriétés mécaniques servant à
amplifier les sons. Cette amplification est
appelée gain acoustique.
C’est le pavillon qui possède les capacités
d’amplification les plus perceptibles car
l’amplification de fait sur des fréquences
autour de 1500 à 4000 Hz, ce qui correspond
aux gammes de fréquences d’une
conversation.
Le conduit auditif amplifie les ondes sonores
de 5000 à 6000 Hz (la note la plus aigüe du
piano est de l’ordre de 4100 Hz).
Graphique du gain acoustique de l’oreille externe
2 – L’oreille moyenne : transmission des vibrations au tympan
Les ondes sonores qui atteignent le fond du conduit auditif font vibrer le tympan : c’est la
membrane qui ferme le fond du conduit auditif. Cette membrane est fragile et elle doit être
préservée (risque de perforation). L’oreille interne est donc située en arrière du tympan et
correspond à un volume d’air dans lequel sont
présents les osselets
Les vibrations du tympan sont transmises à la
chaîne des osselets qui est constituée de 3
structures : le marteau, l’enclume et l’étrier.
Lorsque le tympan vibre, il se déplace vers
l’intérieur ou l’extérieur. Ceci tire sur le marteau
qui tape alors sur l’enclume. Celle-ci répercute
alors les vibrations sur l’étrier. Ce dernier
présente une forme en Y dont les 2 « bras »
appuient sur la fenêtre ovale. C’est une nouvelle
membrane qui permet la communication avec
l’oreille interne.
3 – L’oreille interne : genèse du message nerveux auditif.
L’oreille interne comprend la cochlée :c’est un organe en forme de spirale qui contient le liquide
cochléaire. Ce liquide est mis en mouvement par les vibrations de la fenêtre ovale, ce qui
génère des variations de pression qui provoquent des mouvements des cils des cellules
présentes à la surface de la cochlée : ce sont les cellules ciliées. Leur activation induit la
formation de messages nerveux auditifs.
Schéma de la structure de la cochlée et localisation des cellules ciliées
4 – Fonctionnement des cellules ciliées et genèse du message nerveux auditif
Les cellules ciliées sont des cellules nerveuses correspondant aux récepteurs sensoriels de l’ouïe. Ils
sont présents à la surface de la cochlée, au niveau de l’organe de Corti (épaississement de la surface
de la cochlée). Ces cellules sont en contact étroit avec d’autres cellules nerveuses (neurones) qui
forment le nerf auditif.
Lorsque les cils vibratiles sont mis en mouvement par les variations de pression du liquide cochléaire,
cela active la cellule. Elle va alors libérer des molécules chimiques appelés neurotransmetteurs (ou
neuromédiateurs) dans sa partie basale (à l’opposé des cils). Les neurotransmetteurs diffusent alors
vers les neurones puis ils se fixent aux récepteurs de ces cellules. La fixation du neurotransmetteur sur
le récepteur active le neurone, ce qui produit un message nerveux .
Structure et fonctionnement des cellules ciliées
L’humain capte théoriquement les sons compris entre 20 (grave) et 20 000 Hz ou 20 kHz (aigu), soit 10
octaves, avec un pouvoir séparateur de l’ordre de 3 Hz. Les sons au-delà de 16 000 Hz correspondent
aux ultrasons. Au cours de la vie, les fréquences maximales détectent diminuent progressivement. Par
exemple, les ultrasons sont généralement perçus avant l’âge de 18 ans puis ne seront plus perçus après
cet âge.
Selon les fréquences des sons captés, les variations de pression seront détectées dans différentes
zones de la cochlée, ce qui permet au cerveau de discriminer la fréquence des sons (grave/aigu). Les
sons les plus aigus sont captés au début de la cochlée.
Les cellules ciliées, en particulier les cils vibratiles, sont fragiles. L’être humain peut percevoir des sons
de niveaux d’intensité compris entre 0 et 120 dB (seuil de la douleur). Néanmoins, au-delà de 90 dB
(seuil de danger) et selon la durée d’exposition, les sons peuvent dégrader les cellules ciliées et
entraîner des dommages irréversibles.
Actuellement, nous ne connaissons pas de technique pour restaurer la formation des cellules ciliées. Il
faut donc préserver son
audition en limitant l’exposition
à des volumes sonores trop
intenses (> 90 dB) et en limitant
la durée d’exposition à des
sons puissants.
Il existe cependant des
implants cochléaires qui
permettent de résoudre des
problèmes de surdité grave.
II – L’audition et le cerveau
1- L’identification des aires auditives
L’étude des clichés d’IRM montre que les aires cérébrales sont généralement organisées de la même
manière chez tous les individus humains (sauf pathologie). Ainsi, les aires auditives sont toujours situées
au niveau du lobe temporal (vers les tempes).Les aires auditives primaire et secondaire (A1 et A2)
permettent de percevoir les sons (fréquence, amplitude).
L’IRM est une technique
non invasive qui permet de
déterminer les structures
des organes mais aussi du
squelette. Cette technique
permet d’étudier les tissus
mous (contrairement à la
radio qui étudie surtout les
tissus durs). Dans ce cas,
on réalise une IRM
anatomique.
L’IRM peut également être
associée à l’injection d’un
« traceur » qui diffuse
dans tout l’organisme et
peut être révélé par les
clichés d’IRM. On parle
alors d’IRM fonctionnelle
(IRMf). L’IRM fonctionnelle
permet de visualiser les
zones actives (intensité de
dégradation du traceur).
L’intensité du signal peut
ensuite être codée
(généralement en niveau de couleur : bleu pour une intensité faible, rouge pour une intensité forte).
2- La coopération entre les aires auditives et le reste du cerveau
Les informations auditives obtenues par les aires A1 et A2 sont ensuite transmises à d’autres aires afin
d’analyser et répondre aux stimuli auditifs :
- L’aire de Wernicke permet la compréhension des messages
- L’aire de Broca permet la commande du langage pour élaborer une réponse
Enfin, la réception des sons contribue très souvent à générer des émotions. Celles-ci sont associées à
l’activation d’une autre zone du cerveau : c’est l’amygdale, une structure qui fait partie du système
limbique. Cette structure est également mise en jeu durant le stress (voir programme Term SPE SVT).
Le fonctionnement des aires cérébrales participant à l’audition
CONCLUSION :
L’audition est permise par l’oreille dont les 3 parties permettent de transmettre les sons
(variations de pression/vibrations mécaniques) en message nerveux qui est envoyé via le nerf
auditif jusqu’aux aires auditives situées dans le lobe temporal du cerveau. Les cellules ciliées
sont fragiles et il faut les préserver.