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LIBRES PROPOS
À l’est du Congo, les racines d’un quart de siècle
de violence
Par Colette Braeckman
Colette Braeckman, journaliste belge, a été grand reporter au Soir. Spécialiste de l’Afrique,
elle a publié plusieurs ouvrages sur le Rwanda et la République démocratique du Congo.
Près de 30 ans après le génocide des Tutsis au Rwanda, toute la région
reste déstabilisée. Après l’arrivée de Paul Kagame au pouvoir, un million
et demi de Hutus avaient fui en République démocratique du Congo. Ils
représentaient pour le président rwandais une menace inacceptable. S’en
sont suivies les deux guerres du Congo dont les séquelles sont encore
visibles. Les récentes attaques perpétrées par les rebelles du M23 consti-
tuent un nouvel épisode de cette tragique histoire.
politique étrangère
Fin septembre 2022, l’ancien président François Hollande s’est rendu en
République démocratique du Congo (RDC) avec son épouse Julie Gayet. Il
a inauguré la nouvelle aile de l’hôpital de Panzi, dans la banlieue sud de
Bukavu, où les chirurgiens congolais ont été initiés à la technique nouvelle
de la laparoscopie. Cette dernière permet de réaliser des opérations « par
voie haute », à partir d’images filmées à l’intérieur de la cavité abdominale
par une petite caméra glissée via une incision de quelques centimètres.
Avec fierté, le docteur Denis Mukwege – médecin-chef de l’hôpital de
Panzi – a précisé à ses hôtes que cette technique, introduite en RDC voici
une dizaine d’années par le praticien belge Guy-Bernard Cadière, lui per-
mettait désormais de traiter plus facilement les lésions causées par les
violences sexuelles. Le Prix Nobel de la paix a longuement expliqué
comment, dans l’est du Congo, la guerre a pris racine : apparaissent
aujourd’hui dans ses consultations des jeunes femmes sexuellement abu-
sées par des hommes en armes, qui lui expliquent que, vingt ans plus tôt,
leur mère avait déjà subi le même sort…
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En dépit des accords de paix signés en 2002 à Sun City en Afrique du
Sud et malgré le déploiement de la plus ancienne et plus coûteuse des
missions onusiennes, la paix n’a jamais été rétablie dans le Nord et le Sud
du Kivu. Le désordre s’est même étendu à la région de l’Ituri, au nord de
la ville de Goma, en proie à la terreur pratiquée par les Forces démocra-
tiques alliées (Allied Democratic Forces, ADF), milices musulmanes d’ori-
gine ougandaise initialement opposées au président ougandais
Yoweri Museveni. Des observateurs comme l’Américain Jason Stearns
évaluent1 à plus de 120 les groupes armés actifs dans l’est du Congo.
Interrogé sur les causes de cette guerre sans fin, François Hollande,
saluant les efforts de la diplomatie française et du président Macron, a
assuré que son pays ne portait aucune responsabilité dans la déstabilisa-
tion de la région. Pour comprendre la persistance de la violence, son
émiettement entre une multitude de groupes armés et la réapparition du
mouvement M23 – qui occupe la localité de Bunagana sur la frontière
ougandaise et bénéficie du soutien de l’armée rwandaise2 –, un retour en
arrière s’avère indispensable.
L’onde de choc du génocide des Tutsis au Rwanda
Dans toute la région, le génocide des Tutsis du Rwanda (qui, en 1994, fit un
million de morts en trois mois) eut l’effet d’un séisme. Les voisins congolais
avaient d’abord accueilli quelques rares survivants tutsis puis assistèrent, fin
août 1994, au déferlement d’un million et demi de réfugiés hutus. Ballots sur
la tête, tenant les enfants par la main, portant les vieillards et les blessés, des
civils en déroute fuyaient en toute hâte les nouveaux maîtres de Kigali, les sol-
dats tutsis du Front patriotique rwandais, sous les ordres de Paul Kagame.
Cette foule en débandade était cependant bien encadrée par les autorités civiles
de l’ancien régime qui avaient mis en œuvre les tueries : les militaires de
l’ancienne armée rwandaise et les redoutables miliciens Interahamwe, auteurs
des plus grands massacres. Les fuyards étaient aussi protégés et guidés vers la
frontière de ce qui était encore le Zaïre par les militaires français de l’opération
Turquoise. Cette dernière se replia dès la fin août, à l’expiration du mandat qui
lui avait été donné par l’Organisation des Nations unies (ONU).
Au Congo, les réfugiés civils, assistés par l’aide internationale, ne tardèrent
pas à s’organiser sur le modèle de leurs anciennes communes et sous le
1. J. K. Stearns, « Rebels Without a Cause: The Changing Face of African Warfare », Foreign Affairs, vol. 101,
no 3, 2022 ; J. K. Stearns, The War that Doesn’t Say its Name: The Unending Conflict in the Congo, Prince-
ton, Princeton University Press, 2022.
2. Le soutien apporté par le Rwanda au M23 est reconnu dans le dernier rapport des experts de l’Organisa-
tion des Nations unies. Voir M. J. Kavanagh, « Congo’s M23 Rebels Plan to Take Trading Hub Goma, UN
Report Says », Bloomberg, 18 juin 2022, disponible sur : www.bloomberg.com.
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LIBRES PROPOS
contrôle de leurs anciennes autorités. Occupant les champs des Congolais, ils
proposèrent leurs services, coupèrent les arbres, montèrent des petits com-
merces. Mais les militaires et miliciens responsables du génocide, qui n’avaient
pas été désarmés, avaient également repris leur entraînement en vue d’une
éventuelle revanche.
Paul Kagame, alors vice-président et ministre de la Défense du Rwanda,
avait à maintes reprises annoncé qu’il ne tolérerait pas longtemps une
menace militaire à ses frontières. À l’automne 1996, il tint parole : un mouve-
ment hétéroclite, l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du
Congo, franchit la frontière rwandaise et s’empara des villes frontalières de
Goma et Gisenyi. Cette force était composée d’anciens opposants au prési-
dent Mobutu – un homme désormais affaibli par le cancer –, de jeunes du
Kivu volontairement embarqués dans l’aventure, mais surtout de militaires
rwandais et ougandais. L’Angola et le Zimbabwe ne tardèrent pas à se
joindre à ce conflit que l’on baptisa « première guerre mondiale africaine ».
Carte de la République démocratique du Congo
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Bien avant la chute de Kinshasa en mai 2018, il apparaissait que cette
guerre-gigogne avait en réalité plusieurs objectifs, notamment obliger les
réfugiés hutus à regagner leur pays et éliminer les récalcitrants. Des mas-
sacres furent commis à Kisangani, Lubutu et Mbandaka, sans témoins3,
les humanitaires ayant été soigneusement tenus à l’écart…
Les rebelles souhaitaient aussi prendre le contrôle de la capitale congolaise
et y installer un pouvoir « ami ». Il s’agissait également d’avoir accès aux
immenses ressources, pas seulement minières, de l’Est du Congo. Si les
troupes combattantes se rémunéraient par le pillage, de nouveaux arrivants,
des junior companies4 américaines et canadiennes qui suivaient de près les
belligérants, ne tardèrent pas à prospecter le terrain et à signer des contrats…
Les séquelles de la deuxième guerre du Congo
Laurent-Désiré Kabila, ancien rebelle partisan de Patrice Lumumba placé
à la tête de l’État congolais, maintenu sous haute surveillance par ses
nouveaux amis, ne tarda pas, en août 1998, à congédier ses encombrants
alliés. La deuxième guerre du Congo pouvait commencer. Elle opposait
les assaillants d’hier, Rwandais et Ougandais, aux nouveaux amis de
Laurent-Désiré Kabila (la Namibie, le Zimbabwe et l’Angola), toutes ces
troupes ayant pour principale caractéristique de financer leur effort de
guerre sur les ressources congolaises.
En outre, Laurent-Désiré Kabila, trahi par les amis qui l’avaient porté au
pouvoir, n’hésita pas à bouleverser les alliances. L’ancien rebelle, familier des
maquis de l’Est du Congo d’où il avait tenu tête à Mobutu, réveilla les milices
traditionnelles congolaises, les Maï-Maï. Il accepta le soutien de nouveaux
alliés, les premiers à se porter à son secours : les anciens génocidaires hutus.
Contre l’armée rwandaise dominée par les anciens réfugiés tutsis venus
d’Ouganda, militaires et miliciens hutus, dûment réorganisés, ne tardèrent
pas à mener leur propre guerre, alimentée par le goût de la revanche.
Son nationalisme ayant déplu aux Occidentaux autant qu’à ses alliés
rwandais et ougandais, Laurent-Désiré Kabila, qui avait fini par gagner
le cœur de ses compatriotes en dépit d’intenses campagnes de diffama-
tion, fut assassiné en janvier 2001 dans des circonstances qui ne furent
jamais réellement élucidées. Il ne se trouva personne en Occident pour
pleurer la disparition du vieux rebelle, tué par son garde du corps, lui-
même liquidé quelques minutes après le crime…
3. C. Braeckman, R. Brody, P. Hazan, P. Lardinois et M. Schmitz, Le Cri muet des Collines. Dans l’Est du
Congo, la guerre tourne en boucle, Mons, Couleur livres, 2022.
4. C. Braeckman, Les Nouveaux Prédateurs. Politique des puissances en Afrique centrale, Paris, Fayard,
2003.
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À l’est du Congo, les racines d’un quart de siècle de violence
LIBRES PROPOS
Lorsque Joseph Kabila fut désigné à la succession du Mzee (« le Vieux »,
en swahili), les premières préoccupations de ce jeune soldat de 28 ans
– qui avait servi aux côtés de James Kabarebe, commandant les forces
rwandaises – furent de ne pas être assassiné comme son père, de consoli-
der son pouvoir et de démentir les rumeurs affirmant qu’il ne serait pas
le véritable fils du vieux révolutionnaire.
Lors des pourparlers qui se tinrent à Sun City en Afrique du Sud en
2002, Joseph Kabila n’était pas en position de force et fut donc contraint
de faire des concessions à ses anciens alliés, puis adversaires. Il fut obligé
d’accepter une étrange formule de gouvernement, dite « un plus quatre » :
un président (lui-même) et quatre vice-présidents, dont deux anciens
chefs rebelles (Jean-Pierre Bemba, ancien proche de Mobutu, et Aza-
rias Ruberwa, issu du mouvement rebelle pro-Rwanda, le Rassemblement
congolais pour la démocratie).
L’accord de Sun City avait le mérite de consacrer la réunification du
pays, de prévoir des élections qui devaient se tenir deux ans plus tard
et d’annoncer la rédaction d’une nouvelle Constitution. Le compromis
intervenu allait aussi permettre à Joseph Kabila
de se maintenir au pouvoir jusqu’en jan- La « paix à bon
vier 2019 (les dernières élections ayant eu lieu marché » contenait
le 31 décembre 2018) et d’installer durablement les germes de
une mission onusienne, la MONUC – devenue
MONUSCO, Mission de l’Organisation des
futures guerres
Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du
Congo – qui compte5 toujours un contingent d’un peu moins de
20 000 personnels, dont 12 000 Casques bleus.
Brassage et mixage : une recette pour l’impunité
La « paix à bon marché » contenait les germes de futures guerres. N’ayant
fait ni vainqueur ni vaincu, le conflit s’était officiellement soldé par
l’étrange formule d’une cohabitation forcée entre les ennemis d’hier et
surtout par le « brassage » des armées belligérantes, « mixage » de com-
battants hier hostiles. Les anciens adversaires se voyaient ainsi intégrés
dans une armée congolaise affaiblie, au sein de laquelle cohabitaient déjà
d’ex-officiers et soldats de l’armée de Mobutu, des « rebelles » et anciens
enfants soldats (les kadogos) naguère recrutés sur le terrain par Laurent-
Désiré Kabila, ainsi que des hommes proposés aux plus hautes fonctions
5. « Monusco Fact Sheet », United Nations Peacekeeping, 10 octobre 2022, disponible sur : https://peace
keeping.un.org.
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par l’Ouganda et surtout par le Rwanda qui allaient, au cours des années
suivantes, pratiquer un double jeu et miner l’institution dans laquelle ils
avaient été insérés.
En outre, tous ces belligérants, de quelque bord qu’ils fussent, parta-
gèrent, au fil du temps, une caractéristique commune : ils vivaient au
détriment des populations congolaises en se livrant au pillage des mine-
rais, notamment le coltan (devenu célèbre pour son usage dans les télé-
phones portables), l’or de l’Ituri et du Maniema, etc. Tandis que les
officiers congolais se transformaient en chefs de guerre mafieux, leurs
alliés étrangers pillaient consciencieusement le pays.
C’est ainsi que les ressources du Congo aidèrent le Rwanda à recons-
truire son économie et réaliser son « accumulation primitive du capital ».
À Kigali, un quartier réservé aux nouveaux riches fut rapidement sur-
nommé « Merci Congo ». De son côté, l’Ougandais Museveni entretenait
la fidélité de son armée en puisant dans les ressources du pays voisin et
préparait l’ouverture à Kampala de la plus grande raffinerie d’or
d’Afrique, aux mains d’une société d’origine belge.
Des rebelles en gestation
Sur le plan politique, l’accord dit « global et inclusif » signé à Sun City
contenait d’autres germes de conflit. Jason Stearns rappelle6 que trois
grands belligérants l’avaient signé : le gouvernement congolais d’alors
– en l’occurrence les représentants d’un Joseph Kabila encore affaibli par
l’assassinat de son père et manquant d’expérience – ; le Mouvement pour
la libération du Congo de Jean-Pierre Bemba, assez populaire à Kinshasa ;
et enfin le Rassemblement congolais pour la démocratie, le plus puissant
des trois groupes rebelles, qui contrôlait un tiers du territoire pour le
compte du Rwanda.
La stratégie du Rwanda fut un jour résumée7 par James Kabarebe, alors
chef d’État-major de l’armée rwandaise : « Notre pays étant petit, il nous
manque la profondeur. Et c’est au Congo que nous devons la rechercher,
pour y combattre nos ennemis. » Or, dans l’immense territoire de la Répu-
blique démocratique du Congo, la profondeur ne manquait pas, et moins
encore les adversaires à combattre.
6. J. K. Stearns, The War that Doesn’t Say its Name: The Unending Conflict in the Congo, op. cit.
7. Interview citée par Colette Braeckman dans le livre de C. Braeckman, R. Brody, P. Hazan, P. Lardinois et
M. Schmitz, Le Cri muet des Collines. Dans l’Est du Congo, la guerre tourne en boucle, op.cit.
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À l’est du Congo, les racines d’un quart de siècle de violence
LIBRES PROPOS
Les Hutus exilés s’étaient en effet réorganisés sous des appellations
diverses – ALIR (Armée de libération du Rwanda) et finalement FDLR
(Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) –, toujours porteurs
du même désir de revanche. En outre, de manière plus ou moins infor-
melle, des groupes de Hutus avaient combattu aux côtés de l’armée
congolaise ou avaient noué des alliances ponctuelles avec des combattants
Maï-Maï, groupes d’autodéfense locaux.
James Kabarebe n’ignorait rien de ce qui se passait au Congo. Les fai-
blesses de ses alliés du Rassemblement congolais pour la démocratie lui
paraissaient évidentes ainsi que la probabilité qu’ils perdent des élections
libres, non seulement en raison de leur origine ethnique mais parce qu’ils
étaient considérés comme les agresseurs d’hier, la « cinquième colonne » du
Rwanda. C’est pour cette raison que la première rébellion – le Conseil natio-
nal pour la défense de la démocratie, dirigée par Laurent Nkunda, un Tutsi
congolais originaire du Masisi – vit le jour avec le soutien du Rwanda.
Quant à Joseph Kabila – qui ne pouvait compter que sur une armée
hétéroclite où se trouvaient ses anciens adversaires et qui se sentait
menacé –, il opta pour la ruse : « au lieu de gérer son armée par la force,
la discipline, l’efficacité », assure Jason Stearns, « il choisit de transformer
l’armée par des réseaux clientélistes ».
Cette solution, qui laissait le peuple congolais aux mains de chefs de
guerre assurés de l’impunité, convenait à beaucoup de monde. Les géné-
raux corrompus fonctionnaient sur un principe pyramidal : ils amenaient
de Kinshasa les paies des militaires dont ils avaient la charge sur le
terrain, mais en cours de route redistribuaient une partie de la manne et
renvoyaient le reste en direction de leurs complices dans la capitale. Une
manœuvre connue sous le nom d’« Opération retour ».
Sur le terrain aussi on pouvait constater les effets de la corruption. Les
officiers assuraient, moyennant ristournes ou taxes, la protection des
carrés miniers où opéraient les « creuseurs » en quête de coltan et autres
minerais rares. Dans l’impossibilité de faire sortir l’argent gagné, les hauts
gradés investissaient dans l’immobilier. Les rives verdoyantes du lac Kivu
ont ainsi été le cadre d’un véritable boom immobilier, ponctué d’expropri-
ations et quelquefois de crimes – comme l’assassinat en 2020 de Simba
Ngezayo, défenseur de la nature et grand propriétaire dans les montagnes
du Masisi, au nord de Goma.
Appartements et villas étaient alors loués à des expatriés capables de
payer en devises, c’est-à-dire à des agences de la mission des Nations
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unies ou plus souvent encore à des organisations non gouvernementales
humanitaires. Sans surprise, avant la mise hors course de Laurent
Nkunda, un slogan courait dans la ville de
Un improbable Goma : no Nkunda no job. Autrement dit, un très
règlement du conflit improbable règlement du conflit n’aurait pas
n’aurait pas arrangé arrangé tout le monde… Quant aux simples
soldats, mal nourris et mal payés, ils savaient
tout le monde que la seule manière de s’en sortir consistait à
racketter ou à contrôler le trafic frontalier. De plus, ceux qui se trouvaient
au front étaient, en principe, mieux rémunérés : ils bénéficiaient de
primes, sans avoir pour autant envie de se battre…
Est-ce à dire que les soldats congolais sont de piètres combattants ?
Certainement pas. Ils ont démontré leur valeur à maintes reprises à l’ère
coloniale, mettant les Italiens en échec durant la Seconde Guerre mon-
diale, entre autres à Gambela et Saïo en Éthiopie ainsi que dans d’autres
lieux devenus mythiques. Ils ont remporté des victoires sur les rebelles
mulélistes du temps de Mobutu, défaisant même en octobre 1990 le pre-
mier assaut du Front patriotique rwandais en se portant au secours du
président Habyarimana. En réalité, l’armée congolaise a été minée par la
politique, l’affairisme des généraux et l’iniquité d’accords de paix inégaux
qui, depuis 2002, ont mis sur le même pied forces étrangères, rebelles
« collabos » et représentants de l’État congolais.
Avec le recul, on ne peut que donner raison au docteur Mukwege, qui
s’exclamait8, voici plus de dix ans : « Le Congo est une bijouterie à ciel
ouvert, délibérément laissée sans gardiens. » La formule dite de « la blan-
chisserie », consistant à intégrer sans cesse d’anciens rebelles aux troupes
congolaises, a entraîné des désagréments également pour le Rwanda : les
offres de service des véritables ennemis de Kigali ont quelquefois trouvé
preneur, les opposants hutus, descendants des Interahamwe et de
l’ancienne armée rwandaise, étant toujours présents au Congo. Bien
qu’ayant subi des revers, ils représentent une force organisée et bien pré-
sente sur l’échiquier politico-stratégique. Ils nouent des alliances ponc-
tuelles avec divers groupes armés ou collaborent avec l’armée congolaise
elle-même, sur fond de trafics partagés.
En outre, il est clair que les menées rwandaises en RDC, la volonté de
contrôler le pays via des proxies, ont nui à ceux que l’on appelle les Tutsis
congolais, souvent considérés comme une « cinquième colonne ». C’est
8. C. Braeckman, L’Homme qui répare les femmes, Gien, GRIP Éditions, 2014.
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LIBRES PROPOS
ainsi que des éleveurs du Masisi, au Nord-Kivu, qui avaient hérité de
grandes propriétés abandonnées par le colonisateur belge, ont dû faire
face à la jalousie de paysans locaux qui estimaient avoir été dépossédés
de leurs terres ancestrales. Ils ont aussi dû affronter les infiltrations de
Hutus du Rwanda, désireux de s’installer dans les vertes collines ou d’y
couper du bois de chauffe. L’abattage des arbres étant interdit dans le
très écologique Rwanda, le makala (bois utilisé dans les foyers artisanaux)
vient essentiellement du Kivu, commercialisé par les Hutus.
Au Sud-Kivu, les Tutsis congolais Banyamulenge ont été les véritables
victimes du conflit. Arrivés dès le XIXe siècle sur les hautes montagnes sur-
plombant la ville d’Uvira suite à des désaccords avec la monarchie rwandaise
de l’époque, ils avaient créé des élevages prospères et se tenaient à l’écart des
mouvements militaires et politiques. Ils furent cependant précipités dans le
maelström lors de la première guerre du Congo, lorsque l’Alliance des forces
démocratiques pour la libération du Congo recruta de jeunes pasteurs pour
en faire des militaires, et que le gouverneur du Sud-Kivu décréta l’expulsion
de tous les individus dotés d’un « faciès rwandais ».
De son côté, le Rwanda qualifia de « Banyamulenge » des combattants
infiltrés au Congo, tandis que quelques intellectuels qui avaient étudié à
Lubumbashi comme Azarias Ruberwa, ou en Afrique du Sud comme
Bizima Karaha, furent poussés en avant. Le second est devenu, sans expé-
rience aucune, le ministre des Affaires étrangères de Kabila.
Les réflexes des Kivutiens, et en particulier du groupe ethnique majori-
taire bashi, se trouvèrent exacerbés par cette collaboration avec Kigali et,
par la suite, les Banyamulenge des hauts plateaux durent faire face aux
bandes armées venues des plaines, formées de divers groupes ethniques
congolais (Bashi, Bafuleros, Babembe…)
Par ailleurs, refusant de se rallier aux visées du Rwanda, les Banyamu-
lenge sont aujourd’hui accusés par Kigali de soutenir l’ancien chef d’État-
major et principal opposant au président Kagame, le général Kayumba
Nyamwasa qui a fondé en Afrique du Sud le Rwanda National Congress.
Par combattants locaux interposés, les attaques rwandaises sur les vil-
lages des hauts plateaux sont de plus en plus fréquentes.
Les soldats de la paix en terrain piégé
Dans un contexte miné par la corruption, l’opportunisme et les ambitions des
voisins, la Force de paix de l’ONU, déployée dès 1999 et qui prit sa forme
définitive après la signature de l’accord de paix de 2002, ne pouvait jouer qu’un
rôle limité. Tout d’abord parce que si les Casques bleus viennent de l’Inde, de
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l’Uruguay, du Pakistan, du Bangladesh, c’est qu’aucune ancienne puissance
coloniale n’a accepté d’envoyer des troupes au Congo – les Français sont
déconsidérés par l’opération Turquoise et les Belges durablement échaudés par
l’assassinat de dix de leurs Casques bleus au Rwanda, désarmés et massacrés
par des éléments de l’armée rwandaise. En outre, durant deux décennies, les
priorités politiques et économiques de l’Europe se sont trouvées à l’est du
Vieux Continent et, en dépit des motions du Parlement européen, la dérive de
l’immense Congo n’a jamais figuré en tête des priorités de l’Union européenne.
Quant aux Casques bleus censés garantir des accords de paix que nul
n’avait l’intention de respecter, privés d’un mandat clair de peacemaking
(imposition de la paix), ils n’avaient aucune raison de mourir pour proté-
ger les civils congolais ou de s’interposer dans des combats entre factions
rivales. De plus, reprochant aux forces congolaises leur inefficience et leur
noyautage par des mafieux ou des politiques, les soldats de la paix préfé-
rèrent souvent demeurer dans leurs cantonnements, sans intervenir autre-
ment que pour produire des rapports dûment expédiés à New York.
Alors que la fin du mandat de la MONUSCO est prévue pour 2024, de
plus en plus nombreux sont les Congolais qui réclament son départ anti-
cipé, à commencer par le président du Sénat Bahati Lukwebo, natif du
Kivu. À quelques mois des élections programmées pour fin 2023, les poli-
tiques souhaitent peut-être accélérer le départ de témoins gênants. Les
Sans la MONUSCO, manifestations hostiles à la MONUSCO sont
loin d’être spontanées, même si la colère popu-
la tragédie laire est réelle.
congolaise se
déroulerait dans un C’est que la force onusienne, si elle renâcle
devant les opérations militaires, a de nombreux
huis clos complet « mérites secondaires ». En période électorale,
elle offre ses moyens logistiques pour transporter les urnes et le matériel
électoral, amène les paies des militaires, assure le transport des tra-
vailleurs humanitaires, permet aux experts de rédiger leurs rapports…
Bref, la mission de l’ONU, qu’on l’apprécie ou non, représente les yeux et
les oreilles de la communauté internationale. Sans sa présence, la tragédie
congolaise se déroulerait dans un huis clos complet.
L’origine géographique des soldats de la paix n’est pas la seule cause
de leur manque d’efficacité ; on a vu que les troupes africaines de la Force
internationale d’intervention, envoyées par le Malawi, le Kenya et la Tan-
zanie, ont perdu à leur tour toute capacité de réaction dès lors qu’elles
ont été intégrées au dispositif onusien. C’est pourquoi le recours à des
forces dépêchées par la Communauté est-africaine (EAC) suscite aussi le plus
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À l’est du Congo, les racines d’un quart de siècle de violence
LIBRES PROPOS
grand scepticisme dans l’opinion congolaise. Le docteur Mukwege a
condamné sans détour cette intervention d’une force régionale composée,
selon lui9, des pays agresseurs de la RDC.
Cependant, l’armée du Kenya a déjà pris position au Nord-Kivu. Les
Burundais ont été les premiers à se déployer dans la plaine de la Ruzizi,
au Sud-Kivu, profitant de l’occasion pour poursuivre leurs propres oppo-
sants, et les Sud-Soudanais vont s’installer dans la province de l’Uélé.
Seul le Rwanda, membre de l’EAC, est absent de ce grand déploiement
qui risque tout au plus d’internationaliser davantage le conflit et le par-
tage des ressources du Congo.
Le nouveau président du Kenya, William Rufo, a déclaré10, peu après
son entrée en fonction, que la guerre qui touchait les 12 provinces de l’Est
du Congo avait déjà fait perdre à son pays des recettes de l’ordre de
10 milliards de dollars : « L’Est de la RDC est desservi par le port de
Mombasa et 50 % de toutes les importations passent par notre pays »…
Il est clair que la mise à l’écart du Rwanda affaiblit sa position sur le
plan régional. Elle attire l’attention sur les fragilités d’un régime qui a long-
temps tiré parti d’un pillage se déroulant à huis clos et qui repose sur une
élite politico-militaire peu représentative de la majorité de la population.
À deux ans du 30e anniversaire du génocide, alors que les ressources de
l’Afrique en général et du Congo en particulier redeviennent essentielles
à une Europe en guerre et en compétition idéologique avec la Russie, il
est des indulgences que l’Europe ne devrait plus se permettre.
Le retour du M23
Reste à savoir qui est le M23 et pourquoi, après avoir été écarté de la scène
voici dix ans, il a soudainement refait surface, occupant depuis la fin du
printemps la localité de Bunagana, sur la frontière entre le Nord-Kivu et
l’Ouganda. Rappelons que le M23 (Mouvement du 23 mars) avait accepté en
2013 de déposer les armes et de transférer ses hommes dans un camp de réfu-
giés en Ouganda. Ce retrait, qui avait mis fin à la guerre, avait été décidé
moyennant l’amnistie pour les combattants et la promesse de leur réintégra-
tion dans l’armée congolaise. Deux « recettes » déjà éprouvées mais qui
suscitèrent de vives résistances dans l’opinion et l’armée congolaise.
9. Pole Institute, Joël Baraka Akilimali, à propos de la constitution d’une force militaire régionale des États
d’Afrique de l’Est.
10. Propos tenus lors d’une interview accordée à Al Jazeera le 24 septembre 2022.
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politique étrangère | 4:2022
Pourquoi le M23 aurait-il été soudain « actionné » par le Rwanda (qui
nie cependant toute implication) ? Pourquoi invoque-t-il désormais le
non-respect des accords conclus il y a une décennie ? La réponse se trouve
probablement plus à Kigali que dans les rangs de ses proxies.
Au lendemain des élections du 31 décembre 2018, perdues par Emma-
nuel Shadary, dauphin du président Kabila, une certaine confusion
régnait à Kinshasa. Le candidat proclamé vainqueur par les observateurs
de l’Église catholique, Martin Fayulu, n’avait pas obtenu l’agrément de
son prédécesseur Joseph Kabila qui, après 18 ans au pouvoir, contrôlait
encore l’armée et le Parlement. Félix Tshisekedi, arrivé bon troisième (le
résultat exact ne fut jamais connu), fut donc proclamé président et chacun
se réjouit de cette alternance pacifique.
Au Rwanda, Paul Kagame, qui s’était initialement opposé à la désigna-
tion de Félix Tshisekedi, finit par s’incliner, emportant également l’assenti-
ment de l’Union africaine dont il exerçait la présidence tournante. En
contrepartie, il passa avec le nouveau président congolais plusieurs
accords pour la construction d’une raffinerie d’or (congolais) au Rwanda,
l’autorisation des vols en RDC de la compagnie rwandaise Rwandair, des
joint-ventures économiques et… la réhabilitation du M23, conformément
aux accords passés dix ans plus tôt.
De l’avis des Rwandais, ces accords entre les présidents Kagame et
Tshisekedi ne furent pas respectés, entre autres sur le plan économique.
C’est ainsi que les Ougandais furent autorisés à construire une route per-
mettant l’évacuation directe de produits miniers congolais via l’Ouganda,
au grand dam de Kigali. Félix Tshisekedi bloqua aussi plusieurs revendi-
cations, dont le retour du M23 et sa réintégration dans l’armée congolaise,
catégoriquement refusée par la société civile et surtout la hiérarchie mili-
taire congolaise. Celle-ci craignait que les hommes du M23, bien entraînés
en Ouganda, ne pussent constituer une sorte d’unité d’élite au sein des
troupes congolaises. De plus, le président Tshisekedi, étant un civil et
ayant longtemps vécu dans la diaspora, s’avéra incapable de contraindre
ses troupes à tenir les promesses faites au Rwanda, tandis que l’état de
siège décrété dans le Nord-Kivu s’avérait un échec.
Parmi les accords de paix signés et jamais appliqués figure un point sensible
entre tous : le rapatriement de 60 000 réfugiés congolais qui avaient fui le
Nord-Kivu en 1993 et sont enregistrés au Rwanda par l’Agence des Nations
unies pour les réfugiés (voir le rapport publié en 1993 par Roberto Garreton,
rapporteur spécial des Nations unies, consacré à la situation des droits de
l’homme dans le Zaïre de l’époque). Cette question avait été, en principe,
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À l’est du Congo, les racines d’un quart de siècle de violence
LIBRES PROPOS
réglée par l’article 6 de l’accord de paix signé en 2009 par le gouvernement
congolais et le Congrès national pour la défense du peuple, « ancêtre » du
M23, mais il ne fut jamais mis en œuvre. Beaucoup de combattants du M23
sont des descendants de ces réfugiés. Il ne suffira donc pas à Kinshasa de qua-
lifier les assaillants actuels de « terroristes », de « Rwandais » ou d’étrangers.
La question de leur retour demeure incontournable et elle figure sur la feuille
de route proposée par le médiateur angolais, le président Joao Lourenço.
Le Rwanda, libérant les combattants du M23, tenta donc une pression
militaire du côté de la ville frontalière de Bunagana, au Nord-Kivu, mais il
se heurta cette fois à une réaction internationale inédite. En mars 2022, après
qu’un hélicoptère de la MONUSCO ait été abattu, entraînant la mort de
8 Casques bleus, le secrétaire général de l’ONU reconnut lui-même que les
soldats de la paix faisaient face à des adversaires mieux armés et équipés.
Moins qu’un hommage aux capacités opérationnelles du M23 et de ses
alliés connus de tous, il s’agissait peut-être là, entre les lignes, d’une mise
en garde adressée au sponsor. À l’heure où la Russie accentue sa propa-
gande contre les anciennes puissances coloniales, tolérer dans l’est du
Congo une occupation et une remise en cause des frontières, jugées inac-
ceptables quand il s’agit de l’Ukraine, est sans doute un luxe que le Vieux
Continent ne peut plus se permettre.
Most clés
République démocratique du Congo
Rwanda
Kivu
M23
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