Université Mohamed El Bachir El Ibrahimi de Bordj Bou Arréridj
Faculté des sciences et de la technologies
Département de Électromécanique
Mathématiques 3
Chapitre 3 : Équations différentielles
3-1 : Équations Différentielles du premier ordre.
3-2 : Équations différentielles linéaire d’ordre 2
Par : Dr. Damene L
Pour : 2 ème année ST (ELM, AUT, ELT)
Promotion 2023/2024
Chapitre 1
Équations différentielles
Une équations différentielles ordinaires, notée (E.D.O), d’ordre n est une relation entre
la variable réelle x, une fonction inconnue x 7−→ y et ses dérivées y 0 , y 00 , · · · , y (n) au point x
définie par :
F (x, y, y 0 , y 00 , · · · , y (n) ) = 0
0
dy (n)
dn y
tel que : y = et y = .
dx dxn
? Si n = 1, la fonction F (x, y, y 0 ) = 0 s’appelle équation différentielle du premier ordre.
? Si n = 2, la fonction F (x, y, y 0 , y 00 ) = 0 s’appelle équation différentielle du deuxième
ordre.
? Intégrer (ou résoudre) une équation différentielle, c’est chercher toutes les fonctions y qui
vérifient cette relation.
? On peut classer les équations différentielles en trois catégorie :
1) équations différentielles à variable séparable.
2) équations différentielles homogène.
3) équations différentielles linéaires.
1.1 Équations Différentielles du premier ordre
Définition 1
une équation de la forme F (x, y, y 0 ) = 0 où y qui est en fonction de x est l’inconnu, s’appelle
équation différentielle du premier ordre.
1
1.1.1 Équations Différentielles Séparables (E.D.S)
Elle sont de la forme
y 0 f (y) = g(x) (1.1)
où f et g sont des fonctions continué.
dy
pour résoudre l’équation (1.1) on remplace y 0 = dans (1.1) et on trouve
dx
dy
f (y) = g(x) ⇒ f (y)dy = g(x)dx
dx
On intègre terme à terme Z Z
f (y)dy = g(x)dx
Et obtenir la solution générale de l’équation (1.1) sous la forme
F (y) = G(x) + c, c∈R
(F est une primitive de f et G est une primitive de g)
Exemple 1
1. Résoudre l’équation : y 0 = x2 + 1.
On a
dy
y 0 = x2 + 1 ⇒ = x2 + 1
dx
⇒ dy = (x2 + 1)dx
Z Z
⇒ dy = (x2 + 1)dx
x3
⇒y= + x + c, c∈R
3
2. Résoudre l’équation : y 0 = xy
On a :
dy
y 0 = xy ⇒ = yx
dx
1
⇒ dy = xdx
y
Z
1 Z
⇒ dy = xdx
y
x2
⇒ ln |y| = +c
2
Ainsi, toute solution non nulle est de la forme
x2
y = Ke 2 , K = ec .
2
1.1.2 Equations Différentielles Homogènes (E.D.H)
Elles sont de la forme
x
y0 = f ( ) (1.2)
y
y
Pour résoudre équation (1.2) on pose t = , donc y = xt (t est une fonction de x).
x
On déduit y 0 = t0 x + t.
On remplace les changements dans l’équation (1.2) et on obtient une équation différentiable à
variables séparables de la forme (1.1).
Exemple 2
Résoudre l’équation : xy 0 = x + y
y
xy 0 = x + y est une équation homogène, car elle peut s’écrire : y 0 = 1 + .
x
y 0 0
1
En posant : t = ,(y = x t) on obtient l’équation t x + t = 1 + t d’où t = (E.D.S) de la
x x
forme (1.1).
La solution générale de l’équation proposée est : t = ln |x| + c, c ∈ R et la solution générale
de l’équation homogène est :
y = x ln |x| + K, K∈R
1.1.3 Équations Différentielles Linéaires(E.D.L)
Elles sont de la forme :
y 0 + f (x)y = g(x) (1.3)
Où f et g sont des fonctions données.
Remarque 1
Si g(x)=0 alors l’équation (1.3) équation différentiable homogène (E D H)ou sans second membre
(S S M).
Méthode de Résolution :
La solution générale de l’équation complété (1.3) est de la forme :
y = yH + yP
Pour résoudre l’équation (1.3) on passé par 2 étapes.
1 ère étape :
On résoudre l’équation homogène y 0 + f (x)y = 0
donc :
y 0 + f (x)y = 0
y 0 = −f (x)y
y0 dy
= −f (x) ⇒ = −f (x)dx
y y
ln |y| = −F (x) + c ⇒ y = Ke−F (x) , K ∈ R.
3
ème
2 étape :
On résoudre l’équation avec second membre, alors en cherchant une solution particulière
yP de l’équation(1.3) en utilisant la méthode de variation de constante.
3 : Alors la solution générale de (1.3) est défini par
y = yH + yp
= Ke−F (x) + yp
Méthode de variation de la constante :
On utilisé cette technique lorsqu’on ne peut pas trouver de solution particulière de l’équation
avec second membre, on réant dans ce cas l’équation homogène qui fournit yH = ke−F (x) , pius
on fait varier la constant : En posant dans l’équation (1.3) : yP = k(x)e−F (x) . On obtient :
K 0 (x)e−F (x) − f (x)K(x)e−F (x) + f (x)K(x)e−F (x) = g(x)
⇔ k0 (x) = g(x)eF (x) .
Z
⇔ k(x) = g(x)eF (x) dx.
Finalement la solution particulière est
yP = K(x)e−F (x)
Z
−F (x)
=e g(x)eF (x) dx.
Exemple 3 Résoudre l’équation :
y
y0 − = x2 . (1.4)
x
y
∗ L’équation homogène : y 0 − =0
x
y0 1
⇔ =
y x
dy dx
⇔ =
y x
Z
dy Z
dx
⇔ =
y x
⇔ ln |y| = ln |x| + c
⇔ yH = Kx, K∈R
On utilise la méthode de variation de la constant ; on cherchant yP :
yP = K(x)x
yp0 = k0 (x)x + k(x).
4
On remplacé dans (1.4)
1
K 0 (x)x + K(x) − K(x)x = x2
x
0 2
⇔ K (x)x = x
⇔ K 0 (x) = x
x2
⇔ K(x) = + c, c∈R
2
donc
x3
yP = + cx
3
alors
x3
y = Kx + + cx, c, K ∈ R
3
1.1.4 Équation différentielle de Bernoulli
On appelle équation de Bernoulli toute équation différentielle de la forme
y 0 + yf (x) = y α g(x) (1.5)
où f et g sont des fonction continue avec la condition α 6= 0 et α 6= 1
* Si α = 0, équation linéaire complète.
* Si α = 1, équation linéaire sans second membre.
Méthode de Résolution :
Le principe de la méthode, si α 6= 0 et α 6= 1 est de diviser l’équation (1.5) par y α , on
obtient :
y0 1
+ f (x) = g(x)
yα y α−1
1
• On effectue un changement de fonction en posant z = α−1 , il vient donc :
y
1
z 0 − f (x)z = g(x)
1−α
alors : z est la solution d’une équation linéaire du premier ordre.
On la résout et on en déduit un expression de y.
Exemple 4
On a l’équation différentielle suivent :
y 0 − y = x2 y 2 (1.6)
Est équation différentielle de Bernoulli car α = 2.
y0 1
On divise Par y 2 ⇒ 2 − = x2
y y
1 y0
On posant z = ⇒ z 0 = − 2 ⇒ −z 0 − z = x2 ⇒ z 0 + z = −x2
y y
5
La solution de l’équation homogène est zH = ke−x , k∈R
On utilise la méthode de variation de la constante on trouve zP = x2 − 2x + 2. Alors :
z(x) = ke−x + x2 − 2x + 2, k∈R
Donc
1 1
y= =
z ke−x + x2 − 2x + 2
1.2 Problème de Cauchy
Étant donné y0 ∈ R, on appelle Problème de Cauchy le système suivent :
0
y
= f (x, f (x))
y(x0 ) = y0
Théorème 1
Si f ∈ C([a, b]) et f localement lipschitzienne (∀x ∈ [a, b], ∀y, z ∈ [a, b]∃l > 0 tel que :
|f (x, y) − f (x, z)| ≤ L|y − z|)
alors : le Problème de Cauchy admet une unique solution sur [a, b] pour tout y0 ∈ [a, b]
Exemple 5 Résoudre l’équation différentielle définie sur tout intervalle I de R par :
0
y
+ 2yx = 2x
y(0) = 2
1.3 Équations différentielles linéaire d’ordre 2
On appelle équation différentielle du second ordre toute relation de la forme
F (x, y, y 0 , y 00 ) = 0
entre la variable x et la fonction y(x) et ses deux dérivées premières.
1.3.1 Équations différentielles du second ordre incomplètes (ne conte-
nant pas de y)
: Elle sont de la forme
F (x, y 0 , y 00 ) = 0
pour résoudre cette équation on pose : y 0 = t, alors l’équation devient :
F (x, t, t0 ) = 0
(E,D, du premier ordre).
6
Exemple 6
xy 00 + 2y 0 = 0 (1.7)
On pose : y 0 = t ⇒ xt0 + 2t = 0 (E,D du premier ordre séparable)
dt
⇒x = −2t
dx
Z
dt Z
dx
⇒ = −2
t x
⇒ ln |t| = −2 ln |x| + c
⇒ ln |t| = ln(x)−2 + c
1
⇒ ln |t| = ln 2 + c
x
1
⇒t=K 2 K∈R
x
K Z Z
dx
Donc y 0 = 2
, alors dt = K
x x2
K
y=− + c1 (K, c1 ∈ R)
x
1.3.2 Équations différentielles linéaires du deuxième ordre à coeffi-
cients constants
Une équations différentielles linéaires du 2ème ordre à coefficients constants est une équation
de la forme :
ay 00 + by 0 + cy = f (x) (1.8)
Où a, b, c ∈ R et f une fonction continu sur l’intervalle de définition.
L’équation différentielle homogène associe a (1.8) est :
ay 00 + by 0 + cy = 0 (1.9)
Proposition 1 La solution de l’équation (1.8) est
y = yH + yP .
telle que : yH est un solution homogène de (1.9),
et yP est un solution particulière de (1.8).
I- Résolution de l’équation homogène
ay 00 + by 0 + cy = 0 (1.10)
On cherche la solution sous la forme y(x) = erx avec une constante.En remplaçant = erx dans
(1.10) on obtient l’équation ar 2 + br + c = 0 qui s’appelle polynôme caractéristique de (1.10).
7
La nature des solution de (1.10) dépende de la nature des solution de ar 2 + br + c = 0
? Si ∆ > 0 : Alors ar 2 + br + c = 0 admet deux racines réelles distinctes r1 , r2 , la
solution générale de (1.10) est donc
y = C1 er1 x + C2 er2 x , C1 , C2 ∈ R
? Si ∆ = 0 : Alors ar 2 + br + c = 0 admet un racine double r ∈ R et :
y = (C1 + xC2 )erx , C1 , C2 ∈ R
? Si ∆ < 0 : Alors ar 2 + br + c = 0 admet deux racines complexe conjuguée r1 = α + iβ
et r2 = α − iβ tel que : α, β ∈ R; β 6= 0, la solution homogène est :
y(x) = eαx (C1 cos βx + C2 sin βx), C1 , C2 ∈ R
Exemple 7
1) : Résoudre l’équation :
y 00 − 2y 0 + y = 0
L’équation caractéristique s’écrit :
r 2 − 2r + 1 = 0
elle admet un racine double r=1, par conséquent la solution générale de l’équation est :
y = (C1 + xC2 )ex
2) : Résoudre l’équation :
y 00 − 4y 0 + 3y = 0
L’équation caractéristique s’écrit :
r 2 − 4r + 3 = 0
admet deux racine réelles distinctes r1 = 1, r2 = 3 la solution est :
y(x) = C1 ex + C2 e3x , C1 , C2 ∈ R
3) : Résoudre l’équation :
y 00 + 2y 0 + 4y = 0
L’équation caractéristique s’écrit :
r 2 + 2r + 4 = 0
√ √
admet deux racine complexe r1 = −1 + i 3 et r1 = −1 − i 3 d’où la solution est
√ √
y(x) = e−x (C1 cos(x 3) + C2 sin(x 3)), C1 , C2 ∈ R
II- Résolution de l’équation non homogène(avec second membre)
ay 00 + by 0 + cy = 0 (1.11)
8
II-1 : Second membre de type eαx P (x)
Si f (x) = eαx P (x), avec α ∈ R et Pn ∈ R[x], alors on cherche une solution particulière
sous la forme :
yP (x) = eαx xm Q(x)
Où Q(x) est un polynôme de même dégrée de P avec :
? yP (x) = eαx Q(x), (m = 0) si α n’est pas une racine de l’équation caractéristique de
(1.10).
? yP (x) = eαx xQ(x), (m = 1) si α est un racine simple de l’équation caractéristique de
(1.10).
? yP (x) = eαx x2 Q(x), (m = 2) si α est un racine double de l’équation caractéristique
de (1.10).
Exemple 8 Résoudre l’équation suivante :
y 00 − 4y 0 + 4y = ex (x2 + 1) (1.12)
1) : On commence par résoudre l’équation homogène :
y 00 − 4y 0 + 4y = 0
E.C : est r 2 − 4r + 4 = 0 ⇒ (r − 2)2 = 0 alors r=2 un racine double.
Donc
yH (x) = (C1 + xC2 )e2x , C1 , C2 ∈ R.
2) : Calcul de yP de l’équation (1.12)
On a f (x) = ex (x2 + 1) tq : p(x) = x2 + 1 et α = 1 n’est pas racine de l’équation
caractéristique donc :
yP (x) = ex Q(x)
Avec Q(x) de dégrée 2. Donc
yP (x) = ex (Ax2 + Bx + C)
On remplace dans l’équation (1.12) et on trouve :
yP (x) = ex (x2 + 4x + 7).
Finalement
y(x) = (C1 + xC2 )e2x + ex (x2 + 4x + 7), C1 , C2 ∈ R.
II-2 : Second membre de type P (x)
Si f (x) = P (x) = A0 + A1 x + A2 x2 + · · · + An xn , avec Pn ∈ R[x], alors on cherche
une solution particulière sous la forme :
? yP (x) = C0 + C1 x + C2 x2 + · · · + Cn xn . Si c 6= 0.
? yP (x) = x(C0 + C1 x + C2 x2 + · · · + Cn xn ). Si c = 0 et a 6= 0, b 6= 0.
? yP (x) = x2 (C0 + C1 x + C2 x2 + · · · + Cn xn ). Si c = b = 0 et a 6= 0.
9
II-3 : Second membre de type eαx (Pl (x) cos(λx) + Qm (x) sin(λx))
Si f (x) = eαx (Pl (x) cos(λx) + Qm (x) sin(λx)), où α, λ ∈ R et Pl , Qm sont des poly-
nôme de dégrée l et m Dans ce cas la solution particulière yP Sous la forme :
yp = eαx xs (Hk (x) cos(λx) + Lk (x) sin(λx))
Où k = max(l, m), et Hk (x), Lk (x) Sont des polynôme de dégrée k.
? si α + iλ est un racine de l’équation caractéristique de (1.10) alors s = 1 et :
yp = eαx x(Hk (x) cos(λx) + Lk (x) sin(λx))
? si α + iλ n’est pas un racine de l’équation caractéristique de (1.10) alors s = 0 et :
yp = eαx (Hk (x) cos(λx) + Lk (x) sin(λx))
1.3.3 Méthode de variation des constantes
Le second membre n’a pas l’une des formes indiquées précédemment, on emploie la méthode
dite de variation des constantes.
Soit y1 et y2 deux solutions linéairement indépendantes de l’équation homogène (1.10).
Comme pour les équations différentielles linéaires du premier ordre, on suppose que les constantes
C sont des fonctions de x dérivables. On cherche une solution particulière de l’équation complète
sous la forme
y = C1 (x)y1 + C2 (x)y2
avec C10 (x)y1 + C20 (x)y2 = 0
Il reste alors y = C1 (x)y10 + C2 (x)y20 et en dérivant
y 00 = C10 (x)y10 + C20 (x)y20 + C1 (x)y100 + C2 (x)y200
En reportant dans l’équation (1.8) en tenant compte du fait que y1 et y2 sont solutions de
l’équation incomplète, après simplification il reste
a(C10 (x)y10 + C20 (x)y20 ) = f (x)
D’où le système qui détermine C10 et C20
C 0 (x)y1 + C20 (x)y2 = 0
1
f (x)
C10 (x)y10 + C20 (x)y20 =
.
a
Donc C10 , C20 sont solutions du ce système, ce système se résoudre aisément. ce qui donne C10 , C20 ,
puis C1 , C2 par intégration.
Exemple 9 Résoudre l’équation suivante :
y 00 + 4y = tan(x)
1) : E.D.H est y 00 + 4y = 0 ⇒ r 2 + 4 = 0 donc r1 = 2i, r2 = −2i alors :
yH (x) = C1 cos(2x) − C2 sin(2x)
10
2) : On cherche la solution particulière par méthode de variation des constantes sous la forme
C1 (x)y1 (x) + C2 (x)y2 (x) avec y1 (x) = cos(2x) ; et y2 (x) = sin(2x) donc
0
C1 (x) cos(2x)
+ C20 (x) sin(2x) = 0
−C10 (x) sin(2x) + C20 (x) cos(2x) = tan(x).
on résoudre le système et on trouve
0
C2 (x) = tan(x) cos(2x)
C10 (x) = − tan(x) sin(2x).
donc
C20 (x) = tan(x) cos(2x)
sin(x)
= cos(2x)
cos(x)
sin(x)
= (2 cos2 (x) − 1)
cos(x)
sin(x) sin(x)
= (2 cos2 (x)) −
cos(x) cos(x)
sin(x)
= 2 sin(x) cos(x) −
cos(x)
alors
Z
sin(x)
C2 (x) = 2 sin(x) cos(x) − dx
cos(x)
Z
sin(x)
= sin(2x) − dx
cos(x)
1
= − sin(2x) − ln | cos(x)| + k1
2
Et On a
C10 (x) = − tan(x) sin(2x)
sin(x)
= sin(2x)
cos(x)
sin(x)
=2 sin(x) cos(x)
cos(x)
= 2 sin2 (x)
= cos(2x) − 1
Alors
Z
C1 (x) = cos(2x) − 1dx
1
= sin(2x) − x + k2
2
11