2015 TH Garrigues Mathieu
2015 TH Garrigues Mathieu
PARIS
MEMOIRE
SPECIALITE : CONSTRUCTION-AMENAGEMENT
par
Mathieu Garrigues
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JURY
MEMBRES extérieurs :
M. Renzo de Andreis, Directeur général de la société ETA
M. El-Hadi Moussaoui, Président de la société Phœnix Structures
M. Ahmed Abd El Hakeim, Directeur général de Phœnix Structures
Chaire de travaux publics et bâtiment Option : génie civil
REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier mon enseignant tuteur Monsieur Joseph Pais pour ses précieux conseils
sa disponibilité et son encadrement pour la rédaction du mémoire.
Je remercie Monsieur Renzo de Andreis pour ses conseils et la souplesse dont il a fait preuve
pour me permettre de terminer mon cursus tout en travaillant dans le bureau d'étude ETA .
Merci à mes amis et confrères pour leur aide : Ahmed Abd El Hakeim, Gregory Chaigne, El-
Hadi Moussaoui, Hajanirina Ralantoarisoa.
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1. INTRODUCTION :
Depuis le début du siècle la France a acquis des connaissances et développé des règles
pratiques de calcul des structures en béton armé qui ont conduit à la genèse du règlement
BAEL.
Les corrections qui par la suite ont été apportées à partir du BA45 jusqu'au BA68 concernent
justement la prise en compte de contraintes admissibles fonction du mode de sollicitation
avec le développement des essais systématiques et spécifiques au différents cas. On a aussi
dans cet esprit développé le principe de calcul à la rupture pour avoir une estimation raison-
nable des coefficients de sécurité.
Enfin pour pouvoir couvrir d'autres aspects réglementaires non couverts par les méthodes de
calcul à la rupture comme déformations et fissuration ont été développées les notions
d'états limites. Cette dernière approche qui nous conduit aux règles de calculs actuelles est
issues des recherches expérimentales , théoriques du dernier demi siècle et des études
probabilistes concernant la sécurité des constructions.
Ces derniers aspects ont été développés et formalisés dans les années 1970 par le comité
international européen du béton pour servir de références et de base aux règlements
nationaux. Le code modèle CEB/FIP publié en 1978 a ainsi grandement inspiré non
seulement le BAEL mais aussi par la suite l'Eurocode 2.
Les méthodes contemporaines dont font partie les deux règlements objets de ce mémoire
sont des approches semi probabiliste. Pour résumé si les contraintes admissibles et les
actions sont déterminées sur des bases statistiques et expérimentales, les coefficients
multiplicateurs ou diviseurs appliqués aux actions et contraintes le sont sur des bases
probabilistes.
Le BAEL a été ainsi développé non seulement sur les base du savoir faire et de l'expérience
de la France mais aussi avec des références européennes et internationales, ce qui nuance
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quelque peut l'opposition que l'on a tendance percevoir à avec l'Eurocode. On peut cepen-
dant comprendre l'attachement à ce règlement qui a servi les ingénieurs français de 1983
jusqu'à 2010 soit presque une trentaine d'années.
Les documents expérimentaux ENV ont été publiés en 1992 par l'AFNOR en France. Ces
textes par rapport au BAEL ont amené certaines innovations techniques mais aussi des choix
discutables dus aux compromis nécessaires pour aboutir à un règlement harmonisé pour les
différents états. Entre 1992 et 2010 a été établie une période transitoire d'adaptation avec
les ENV et leurs DAN documents d'applications nationaux, ces derniers dans le cas de la
France renvoyaient majoritairement au BAEL, et dans la pratique l'Eurocode a généralement
été boudé par la plupart des acteurs de la construction en raison des changements
importants qu'il introduisait, ceci parfois pour des raisons compréhensible concernant des
aspects où il se montrait plus conservatif et d'autres ou il s’avérait moins securitaire par
rapport aux habitudes du BAEL.
Sous l'autorité du TC50 par soucis de conciliation et d'accélérer la mise en place du nouveau
règlement des annexes nationaux ont été rédigés pour faciliter l'utilisation de l'Eurocode
sous sa forme définitive EN et donner la liberté dans une certaine mesure à chaque pays de
fixer son niveau de sécurité, on peut aussi mentionner l’existence de recommandations
nationales qui sont plus des outils pédagogiques et des méthodes qui permettent de
respecter les nouvelles normes.
Dans le cadre de mon travail en bureau d'étude j'ai eu l'occasion de réaliser l'étude
d’exécution d'un Auvent en béton armé à l'entrée de l'université de Toukra à Ndjamena en
république du Tchad lors de l'année 2010. Du fait de la situation géographique du projet, des
choix du maître d'ouvrage, et en étant encore de justesse dans la période de validité
d'application par le biais des DAN du règlement BAEL, c'est suivant celui ci qu'avait été
menée l'étude.
Pour mon mémoire d'ingénieur génie civil au conservatoire des arts et métiers j'ai donc
choisi pour sujet en accord avec mes enseignants responsables d'analyser cet ouvrage
suivant l'Eurocode et de relever les différences avec les BAEL.
L'objet de ce mémoire est donc dans le cadre de ce projet d'observer les approches des deux
règlements et leur conséquence du point de vue de l'optimisation et de la sécurité.
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2. DESCRIPTION DE L'OUVRAGE
L’ouvrage dont fait l’objet ce mémoire est un auvent situé à l’entrée de l’université de
N’Djamena sur la route principale d’accès ceci dans le cadre plus général de la création du
centre universitaire.
Il se situe au droit du poste de garde et de deux bâtiments annexes situés de part et d’autre
de la route.
Cet ensemble devant marquer l’entrée de l’université. Le auvent en question affiche donc
des dimensions conséquentes pour remplir cette fonction à fin participer au prestige du site.
Il s’agit en résumé d’un portique servant à marquer l’accès au site.
Le site est un terrain avec peu de constructions constitué par une étendue plate parsemée de
quelques arbres. Le site est en effet situé dans la banlieue de N’Djamena et c’est donc un
endroit avec une faible densité d’habitation, on ne se trouve pas dans une environnement
urbain mais plutôt dans une zone de campagne voir semi urbaine.
Le projet architectural est défini par les caractéristiques suivantes, le auvent s’étend
transversalement au dessus de la voie d’accès sur une portée de 71 mètres pour une largeur
de tablier de 21 mètres. La couverture rectangulaire et horizontale est axée sur la voie.
L’ossature porteuse a été définie par l’architecte par 6 portiques transversaux reposant
chacun sur quatre poteaux circulaires de 50 centimètre de diamètre avec des poutres
principales d’une hauteur de 1.00 mètre maximum.
Pour plus de détail et de compréhension les plans et les vues suivantes ci après peuvent
servir d’illustration :
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Le Tchad est un pays se situant au sud du Sahara en Afrique continentale, le pays ne dispose
effectivement d’aucune côtes.
Le climat est très contrasté entre le nord et le sud du territoire, ainsi alors que le nord est
marqué par un climat désertique avec une très faible hygrométrie et des températures
caniculaires sur l ensemble de l’année le sud est soumis à un climat tropical dit soudanien
marqué la moitié de l’année par une saison sèche et l’autre moitié par une saison des pluies
où le taux d’humidité, les précipitations et les températures atteignent leur paroxysme, au
centre se développe un climat dit Sahélien constituant une transition entre celui du nord et
du sud.
Toukra et la ville de N’Djamena dont elle constitue la proche banlieue sont situées au sud du
pays et sont donc soumises à ce climat tropical.
Les données climatologiques que nous avons pris en compte dans le cadre de notre projet
concernant températures et humidités relatives de l’air sont les suivantes, elles
correspondent à des mesures effectuées par la station météorologiques de N’Djamena au
cours de l’année 2008, elles constituent notre référence dans notre étude
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3.1.2 Vent :
Nous ne disposions pas de données officielles comparables à celles fournies dans les
règlements européens pour ce pays d’Afrique, aussi les informations relatives au vent nous
ont-elles été communiquées par l’aéroport de N’Djamena.
Leur estimation du vent normal était de 50km heures, d’un point de vue plus général la
région n’est pas à proprement parler une région exposée à des vents importants.
En pratique ces vents surviennent essentiellement avant les orages avec les variations de
pressions atmosphériques qui les accompagnent.
Le climat est certes tropical dans cette partie du pays mais nous nous trouvons dans une
région continentale dans un site peu exposé où aucune tornade ni ouragan n’ont pu être
observés ce dernier siècle.
Dans une approche conservative en accord avec le maître d’ouvrage nous avons finalement
adopté un vent de région 2 des NV65 c'est-à-dire un vent normal de 60km/heure.
Par la suite dans l’utilisation de l’Eurocode nous déterminerons les actions du vent en se
référant à sa valeur correspondant à la même région de référence française qui a été utilisée
pour le NV65. Il s’agit à proprement parler d’un vent observer en région Ile de France.
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D’un point de vue général au-delà de l’approche des deux règlements on peut déjà relever
qu’il s’agit d’un ouvrage de génie civil et d’une toiture inaccessible sauf lors des phases
d’entretien.
Dans les données du marché la durée minimale de vie de la structure a été fixée à cinquante
ans.
3.2.2 Protection :
Il a été choisi par le maître d’ouvrage pour protéger la surface supérieure du tablier et
assurer l’évacuation des eaux pluviales de disposer une étanchéité protectrice composée
d’une couche de béton brut formant une pente de 5% et d’un revêtement bitumineux
couvrant cette dernière
Cette charge permanente constitue une charge moyenne de 140kg/m² sur le tablier.
Cette exigence est un choix du maître d’ouvrage qui ne dépend pas du règlement pris en
compte.
Aucune exigence n'a été fixée quant à la maîtrise de la fissuration par le maître d'ouvrage.
Nous somme dans le cas d’une toiture isolée et l’eurocode comme le BAEL font des
recommandations identiques concernant la surcharge à prendre en compte, les deux
règlements proposent pour ce type de structure une surcharge variant entre 100kg/m² et
150kg/m².
Pour ce projet il a été choisi par le maître d’ouvrage de prendre en compte une surcharge
d’entretien de 100kg/m², cette surcharge ne pouvant dans une hypothèse réaliste ne charger
qu’un panneau de dalle à la fois, nous avons adopté cette approche pour les deux
règlements.
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3.3 Matériaux :
3.3.1.1 Béton :
Dans le cadre du projet qui a été réalisé aucune restriction concernant la fissuration n’a été
édictée, l’ouvrage est extérieur mais sa face exposée aux eaux de pluie étant protégée, la
fissuration a été dans l’approche du BAEL définie comme «peu préjudiciable ».
Enfin le BAEL fait intervenir dans la résistance l’influence du dosage dans notre cas 375
kg/m3.
Comme le décrit ce tableau issu du BAEL dans ces conditions nous avons adoptés comme contrainte de
compression admissible à 25jours : fc28 =25MPa
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Le BAEL défini la résistance du béton en se basant sur l’essai d’éprouvettes cylindriques alors
que l'Eurocode prend aussi en compte l’essai sur éprouvette cubique qui est plus résistante
en définissant deux valeurs de référence concernant la résistance du béton d’où la notation
B25/30, la raison concerne les essais considérés par les pays dans le cas de la France il s’agit
d'essai sur éprouvette cylindrique, si l'éprouvette carrée donne des valeurs plus
importantes , les facteurs correctifs le sont aussi pour en déduire la contrainte admissible.
C'est là juste une question de norme expérimentale.
f tj = 0.06 x f cj + 0.6
Soit pour un âge supérieur à 28jours et une contrainte de compression admissible à 28 jours
de 25MPa une contrainte admissible en traction dans le cas du projet de 2.1MPa.
Cette valeur sert aussi bien dans la vérification des conditions de fragilité des pièces en béton
armé que dans les vérifications des contraintes en service ou le calcul des flèches par prise
en compte de la fissuration des sections et c’est là une différence notable avec l’Eurocode qui
pour ces différentes situations distingue des contraintes de résistance à la tractions
spécifiques pour ces différents aspects.
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Le BAEL comme l’Eurocode distingue deux modules de déformation à long terme et à court
terme pour prendre en compte le phénomène du fluage propre à ce matériau.
Dans notre situation nous avons donc utilisé les valeurs suivantes :
Pour notre classe de béton le raccourcissement ultime du béton est limité à 0.35% par le
BAEL et aucun allongement du matériau n’est pris en compte dans les calculs.
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3.3.1.2 Acier :
3.3.1.2.1 Résistance :
Dans le cadre du projet l’acier adopté était de type HA, haute adhérence, sans procédé
particulier de fabrication tel que traitement thermique ou écrouissage mécanique.
La désignation HA correspond au façonnage des fers et au fait qu’ils sont naturellement durs
c'est-à-dire pour une teneur en carbone entre 0.3 et 0.4% .
La nuance des ces armatures était Fe E 500, ce qui correspond à une limite élastique garantie
en traction de 500MPa certifiée par l’industrie suivant les normes jusque là en vigueur.
Le module de déformation adopté par le règlement est de 200000MPa c’est celui qui
caractérise habituellement les aciers courants.
Le diagramme contrainte /déformation adopté par le BAEL est constitué par la droite de
Hooke jusqu’au palier plastique correspondant à la contrainte de résistance ou la
déformation acceptée est limitée à 0.1%, nous verrons qu’ici l’Eurocode amène une petite
innovation en proposant un palier incliné et une déformation extrême plus élevée.
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Dans le cadre du projet nous trouvant dans le cas d'un ouvrage extérieur exposé aux
intempéries nous avons suivi en accord avec le maître d'ouvrage la prescription de l'article
A.7.1 du BAEL qui est de prendre en compte 3 centimètres d'enrobage dans ces conditions.
Cette valeur aurait pu être minorées du fait que dans la réalité les parties exposées à la pluie
de l'ouvrage, à savoir la surface du tablier, sont protégées par une étanchéité.
3.3.2.1 Béton :
La maîtrise de la fissuration n’est plus supposée vérifiée par une limitation des contraintes
aux états limite de service correspondant aux cas peu préjudiciable, préjudiciable ou très
préjudiciable du BAEL mais par une limitation de l’ouverture des fissures imposée en fonction
de la classe d’exposition de l’élément. Dans notre projet : un ouvrage extérieur dont le béton
est à l’abri des eaux de pluies du fait de la protection décrite plus haut, et en application des
corrections de l'annexe nationale nous nous trouvons dans le cas d’une structure classée
XC1. Cette configuration correspond à une limitation de l’ouverture des fissures de 0.4mm.
La limitation à 0,4mm est une recommandation esthétique et non structurale du règlement
qui n'est pas une obligation, c'est la raison pour laquelle comme dans l'approche BAEL en
accord avec la maître d'ouvrage il n'y a pas eu d'exigence concernant la maîtrise de la
fissuration et donc la nécessité d'un calcul d'ouverture des fissures suivant l'Eurocode.
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Dans la pratique la contraint fck prise en compte dans les calculs reste celle des essais sur
cylindres comme pour le BAEL.
Dans le cadre des calculs on adoptera donc un béton de nomination B25/30 caractérisé par
la même contrainte de résistance à la compression qu’au BAEL : 25MPA.
Comme pour le BAEL la valeur de fct contrainte de résistance à la traction est déterminée à
partir d’essais de fendages, la valeur retenue correspondant à une minoration de 10% de la
valeur mesurée lors de ces essais.
Ainsi doit on prendre en compte suivant le problème étudié deux valeurs supplémentaires
correspondant l’une à une valeur minimale de la résistance en traction et l’autre à sa valeur
maximale.
La valeur haute fct 0.95 = 1.30 x fctm = 3.33 MPa n'est pour le moment pas utilisée.
La valeur basse fct 0.05 = 0.70 x fctm = 1.8 MPa est utilisée dans la détermination des
longueurs d'ancrage et des aciers de coutures et de manière générale pour la contrainte
d'adhérence et tout ce qui concerne l'association acier/béton.
Enfin fctm est utilisée pour le calcul des déformations, les sections minimales d'armatures et
moyennant certaines corrections dans la détermination du moment de première fissuration.
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Pour résumer suivant la situation étudiée l’Eurocode sera plus ou moins défavorable
comparativement au BAEL. On retiendra cependant que la valeur moyenne est sensiblement
supérieure à la valeur de référence du BAEL : concrètement de 22% d'écart pour des aspects
important comme les flèches et les sections minimales.
Court terme:
Son expression dépend de la classe de résistance du béton par une expression assez proche
de celle du BAEL.
0.3
Ecm = 22000 . (fcm/10) ou fcm = fck + 8 MPa
soit :
Dans le cadre du projet nous n’avons pas pris en compte de pondération concernant cet
aspect, ce qui correspond au cas de béton constitué de granulats de quartzite ou silico-
calcaire assez répandu.
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Dans notre cas l'essentiel des sollicitations étant dues aux charges permanentes, la mise en
charge correspond à la date de dépose de l’étaiement après les 28 jours de coulage du béton
soit : to = 28 jours
La valeur moyenne annuelle de cette grandeur est proche 50% , nous nous sommes donc
servi des tableaux correspondant à la valeur d'un taux d'humidité relative de l'air de 50%
fourni par l'Eurocode pour avoir une estimation honnête de ce coefficient, cela correspond à
un béton placé en intérieur dans un climat tempéré.
Concernant les dimensions et le diamètre moyen nous nous sommes référé à la section du
tablier dont les déformations nous intéressent principalement, ici ho = 330mm.
L'utilisation des abaques ci dessous fournis par l'Eurocode conduisent à une valeur du
module de déformation moyen sur l'année de 9540 MPa soit 11% plus faible que le BAEL.
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Cette différence entre les deux règlements a un impact à la fois sur les efforts d'ordre
dimensionnels tels que retrait et températures, les sollicitations dues au retrait augmentent
en effet avec la valeur du module de déformation et donc la rigidité du matériaux.
Inversement plus le module est faible et plus la structure en devient souple, ainsi pour des
sollicitations identiques les flèches devraient être plus importantes à l'Eurocode du fait de ce
module plus faible.
Diagramme pour le calcul des sections Diagramme pour l'analyse non linéaire
3.3.2.2 Acier
Pour définir à l'Eurocode les armatures employées dans le cadre du projet nous avons
adopté une ductilité de classe A c'est à dire normale, les aciers du projet ne présentant pas
de particularités.
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L'intérêt de ce diagramme qui est plus fidèle au comportement réel de l'acier est de pouvoir
le faire travailler à des contraintes plus élevées, ainsi en pivot A on peut dans le cas d'aciers
de classe A atteindre 454MPa au lieu des 435MPa aux états limites ultimes.
L'Eurocode définit l'enrobage sur la base d'une valeur minimale fonction principalement de
la classe structurale et d'exposition de l'ouvrage plus concrètement en fonction de
l'environnement et de la durée de vie minimale exigée de la structure, cette valeur est
ensuite à corriger par une valeur de tolérance généralement égale à 10mm dans les cas les
plus courants, lorsque aucune procédure d' assurance qualité n'a été adoptée,
Comme dans le cas du BAEL l'enrobage est au moins égal au diamètre des barres ou des
paquets de barres,
Nous ne disposions pas de système d'assurance qualité, dans le cas contraire il nous aurait
été permis de réduire la tolérance , au final l'enrobage nominal est équivalent à celui du
BAEL du fait de la reclassification XC3 en XC1, en fonction des diamètres ils varient entre 25
et 30mm.
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Les deux règlements présentent beaucoup de similitudes et les écarts observés entre les
valeurs prises en compte concernent des aspects particuliers.
D'un point de vue qualitatif alors que le BAEL raisonne principalement sur la notion d'états
limites la philosophie de l’Euro-code se base aussi sur une définition d'ordre environ-
nemental et structural des ouvrages dont découle l’ensemble de ses prescriptions.
L'Eurocode introduit ainsi diverses exigences vis à vis du facteur qualité dans un soucis
d'assurer la durabilité de la structure. Au niveau de l'enrobage des armatures nous
distinguons une différence avec une valeur légèrement plus importante.
Concernant l'acier malgré quelques innovations, dans le cadre de notre projet le matériau
conserve des caractéristiques relativement proches, l'adoption du palier incliné présente une
petite innovation mais nous verrons par la suite que le gain d'armatures qui en découle ne
dépasse pas 4%. Les déformations admissibles sont aussi plus élevées.
L'aspect sans doute le plus notable concerne la valeur du module de déformation à long
terme, l'Eurocode nous propose d'utiliser une valeur inférieure de 11% à celle du BAEL qui
raisonnait avec un coefficient de fluage bloqué à 2,00. Cet écart impacte sur le calcul des
déformations et des efforts dimensionnels mais aussi sur le coefficient d'équivalence entre
les matériaux.
Tableau de synthèse sur les éléments de divergence
EC2 BAEL
Module de déformation à court 31476 32161
terme(MPa)
Module de déformation à long 9540 10720
terme du tablier(MPa)
Coefficient de fluage du tablier 2,30 2,00
Contrainte admissible de 2,56 2,10
traction(MPa)
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4. Dimensionnement du coffrage :
4.1 Généralités :
Dans le cadre de ce mémoire l'étude a été menée en considérant un coffrage commun aux
deux règlements pour analyser les différences entre l'Eurocode et le BAEL. Ce dimension-
nement a été réalisé sur une valeur approchée et conservative des charges permanentes
comme celle ci dépendent du coffrage choisi. Ce coffrage est celui du projet réel qui a été
dimensionné sous les hypothèses du BAEL avec quelques approximations.
Il est intéressant cependant d'avoir une estimation de quelles optimisations l'on peut
disposer suivant les deux règlement dans la détermination des sections, le but de cette
partie est donc de voir à quel coffrage alternatif pourrait conduire l'Eurocode et aux
optimisations possibles du BAEL.
- Les critère de résistance des sections suivant les déformations et les contraintes
admissibles.
Pour palier aux calculs des flèches les deux règlements définissent des conditions
d'élancement et parfois des conditions de ferraillage particulières pour assurer la maîtrise
des déformations c'est à dire être sûr en fonction du coffrage choisi de ne pas avoir de
déformations trop importantes, ces dispositions pratiques sont fondées sur l'expérience des
professionnels et les essais de laboratoires qui servent de références au règlements.
Dans le cadre de notre ouvrage les éléments qui ont fait l'objet de ces considérations sont les
dalles et les poutres maîtresses, les poteaux pour leur part sont un choix architectural.
Le BAEL admet le calcul des déformations non nécessaire lorsque le l'élancement h/l et le
taux d'armatures des poutres munies d'un hourdis (cas de l'ouvrage) sont limitées suivant les
conditions suivantes :
h Mt 1
≥ ≥
l 10 M 0 16 et
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Dans le cas de notre ouvrage cela conduit en considérant les portées des travées de rive
maximales de 13,00m et intermédiaires maximales de 14,50m à adopter une hauteur
minimale de 1,10m.
Si ces conditions sont vérifiées il est cependant nécessaire de vérifier que le ferraillage final
respecte la condition sur le taux d'acier maximal dispensant d'un calcul de flèche.
Le taux d'acier limite est un critère permettant d'estimer le taux de sollicitation de la poutre.
L'Eurocode ne reconduit pas la condition sur les moments mais développe une formule
basée sur le taux d'armatures et le type de structure en donnant les valeurs de l'élancement
limite d’après les relations suivantes qui sont valables pour les poutres et les dalles.
Avec ρ0 le taux d'armatures de référence égal à √fck /1000 soit 0,005 pour du B25/30, ρ et ρ'
respectivement le taux d'aciers tendus et comprimés.
On est obligé de faire des hypothèses sur ces valeurs pour réaliser les calculs, on peut aussi
considérer la section d'acier comprimée nulle si l'on considère que le moment réduit limite
du béton n'est pas dépassé comme nous le verrons par la suite.
K tient compte des différents systèmes structuraux. Dans le cas de poutres continues munies
de hourdis il est égal à 1,3 pour les travées de rive et 1,5 pour une poutre intermédiaire.
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Des corrections sont nécessaires suivant les cas du fait des hypothèses prises en compte
dans ces formules.
Ces expressions ont été élaborées en considérant que la contrainte de l'acier tendu
n'excédait pas 310MPa à la section critique(appui ou mi travée) sous les sollicitations de
service. Dans le cas contraire le règlement prescrit de corriger le résultat obtenu en le
multipliant par 310/σs la contrainte effective en service.
En faisant l’hypothèse pessimiste que l'on aura suffisamment optimiser les sections pour
atteindre 400MPa de contrainte dans les aciers tendus en classe XC (ce dont on a été assez
proche dans le cas de l'ouvrage) la minoration est de 310/400=0,78.
On doit aussi dans le cas de notre ouvrage pondéré le rapport l/d du ratio 0,8 lorsque le
rapport de la table sur la largeur de l'âme est supérieure à 3 ce qui est notre cas.
Enfin si la dalle de notre auvent avait été susceptible de supporter des cloisons où autre
élément fragile nous aurions du aussi multiplier le rapport l/d par le 7/l(m). Ici cela
représenterait quasiment un facteur 2 sur la plupart des travées.
Pour simplifier les choses néanmoins l'Eurocode donne les valeurs de l/d et de K dans les cas
courants qu'il faut ensuite pondérer par les coefficients correctifs précédemment décrits ; les
valeurs sont données pour ρ=0,015 pour les poutres fortement sollicitées et ρ=0,005 pour
les poutres faiblement sollicitées .
Ne sachant pas à priori quel serait le taux d'aciers dans les poutres on a trouvé les valeurs
suivantes des hauteurs utiles dans le cas fortement et faiblement sollicité après les
corrections dues aux largeurs de tables et aux contraintes en service:
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Dans la pratique le ferraillage des poutres maîtresses a conduit à un taux d'acier d'environ
0,8 % au droit des sections les plus sollicitées et c'est une valeur moyenne qui correspond
aussi pratiquement à la borne au-delà de laquelle les dispenses de calcul de flèche selon le
BAEL ne sont plus valables, en considérant cette valeur on trouve : l/d= 14 en travée
intermédiaire et l/d=13 en rive soit respectivement h max =1,16 m et h min = 1,10 m.
Finalement l'Eurocode s'avère pratiquement identique au BAEL dans cette hypothèse, l'écart
est de 5 %, et le règlement a le mérite de s'appliquer pour un spectre de ferraillage plus
étendu que le BAEL.
Si les valeurs du tableau semblent plus optimistes que celles du BAEL les coefficients
correctifs ne doivent pas être négligés ici ils pondèrent le ration l/d de 62,4 % ce qui n'est pas
négligeable.
Pour les dalles le BAEL reprend une expression comparable aux poutres cependant pour les
dalles appuyées sur leur 4 côtés comme dans de nombreux cas dont le notre, le quotient 10
est remplacé par 20 dans le ratio du moment effectif sur le moment isostatique ce qui
conduit si l'on considère les cas courants à des élancements plus importants.
h Mt
≥ Avec ρ < 2/fe = 0,004 ici pour du fe500.
l 20 M 0
Concernant le taux d'armatures il s'agit de la section par largeur de bande, en effet comme
une dalle est armée dans ces deux directions il serait faux de compter dans ce taux d'acier
aussi les répartitions. Pour une dalle un taux de 0,4 % représente tout de même 7,2cm²/ml
soit un ferraillage assez important.
Nous avons donc considéré que la condition sur le taux devrait être vérifiée, ce qui s'est
confirmé par la suite.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 29/148
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Au final on a adopté les élancements et les épaisseurs figurant dans le tableau de synthèse
ci-dessous :
Il s'agit du cas de la dalle de grande portée encadrée par une console et la dalle centrale qui
constitue donc une dalle intermédiaire.
C'est l'épaisseur qui a été adoptée dans l'ouvrage et sur la base de laquelle tout le reste de
l'étude a été menée.
L'annexe nationale a amené certaines modifications qui ont été acceptées par les instances
européennes qui au final donnent des valeurs similaires à celle du BAEL :
Comme on peut le remarquer les valeurs des poutres sont inchangées mais les dalles sont
dissociées avec un coefficient K variant suivant le taux d'acier de 2 à 2,5 pour les travées
intermédiaires et de 1,75 à 2,14 en rive.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 30/148
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On peut sur la base d'une première approximation des moments dans la structure, pré-
dimensionner les sections à partir des efforts obtenus en utilisant le moments réduits limites
ultime en se plaçant au niveau des sections les plus critiques, dans le cas des poutre les
sections d'appui qui ne disposent pas de table et accusent des sollicitations importantes ont
servi de référence pour fixer la hauteur des poutres maîtresses.
Les matériaux des sections des éléments fléchis doivent à la fois vérifier le non dépassement
des contraintes réglementaires en services et des déformations ultimes aux états limites
ultimes qui correspondent à différents moments réduits caractéristiques du béton.
Plusieurs configurations des déformations peuvent être envisagés en flexion concernant les
sections : pivot B, AB, A. Une bonne approche est d'optimiser le béton en essayant d'
adopter le raccourcissement le plus élevé en tendant vers un pivot B en évitant d'avoir des
aciers comprimés.
L'utilisation d'un pivot B permet de réduire au plus la section de béton et donc les épaisseurs
des dalles et retombées de poutre.
Au niveau des aciers les grandes déformations doivent être équilibrées par le béton
comprimé, ainsi plus la déformation de l'acier sera importante plus la section de béton pour
l'équilibrer le sera et donc la hauteur de l'élément si on veut éviter les aciers comprimés.
Pour que les aciers travaillent correctement et éviter des déformations trop importantes il
est judicieux de se placer au départ du palier plastique avec εs = 0,217 % dans le cas de
l'acier Fe500A employé dans l'ouvrage.
A l'Eurocode pour une classe XC la contrainte de compression du béton en service n'est pas
pondérée on peut donc prendre fck pour valeur limite.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 31/148
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Au BAEL on doit effectuer une réduction par rapport à μbu du fait de la limitation de la
contrainte du béton en service, des valeurs limitées du moment réduit ultime sont fournies
dans des tables en fonction du coefficient ϒ et de la résistance du béton il s'agit d'une valeur
du moment réduit correspondant à la même section d'acier en service et à l'état limite
ultime. Dans le cas d'un B25 en fissuration peu préjudiciable on peut adopter dans le cadre
d'un dimensionnement tout au plus μbu = 0,252.
L'Eurocode s'avère au final plus économique en béton que le BAEL dans le cas de notre
ouvrage, si la classe de l'ouvrage avait été autre que XC ou X0 on aurait du adopter une
correction sur le moment réduit et retrouver des valeurs comparable.
Pour les dalles et les poutres le critère de résistance mécanique et de déformations des
sections a conduit aux sections suivantes suivant les deux règlements (les moments de
référence sont enveloppes du calcul exacte et ne sont pas effectif, il s'agit d'une approche
conservative de dimensionnement) :
Dalles 0,04 9 12
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 32/148
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4.4 Conclusion :
Le pré-dimensionnement doit tenir compte de ces différentes approches pour éviter des
surprises en terme de flèche et d'aciers comprimés.
Dans le cadre du projet la condition de maîtrise des déformation du BAEL a été adoptée pour
déterminer l'épaisseur des dalles de 22cm tandis que la hauteur des poutres maîtresses de
1,00m vient de l'utilisation du moment réduit limite appliqué à la section d'appui.
C'est sur la base de ce coffrage que le reste de l'étude a été poursuivie. Il a donc été
nécessaire de vérifier les flèches des poutres suivant les deux règlement.
La grande différence entre les deux règlements provient des particularités de la classe
inférieures à XD de l'Eurocode au niveau des moments réduits admissibles des sections,
Concernant la limitation des élancement les différences sont moins importantes et suivant
certains cas elles peuvent même être nulles par exemple sans la correction due au
contraintes effectives de l'acier.
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5.1 Modélisation :
Avant d’aborder les recommandations et les principes amenés par les différents règlements
concernant les modèles pris en compte pour étudier le comportement des structures nous
avons essayer de comprendre le fonctionnement du auvent suivant les principes de la
résistance des matériaux pour pouvoir ensuite faire les choix les plus judicieux dans les
dimensionnement des différents éléments.
Quelque soit le règlement pris en compte le modèle élastique linéaire constitue le point de
départ de l’analyse structurale de la majorité des constructions avec les adaptations pos-
sibles pour ce matériau.
La modélisation de la structure est le fruit d’une superposition de modèles que nous avons
réalisés qui a été adaptée suivant les éléments étudiés et les sollicitations prises en compte,
ceci est du aux actions dites dimensionnelles, en leur absence nous aurions résolu la plus
part des problèmes par une analyse plane. Un modèle spatial en 3 dimensions était
nécessaire pour quantifier le plus honnêtement possible les sollicitations dues au retrait et
leur distribution entre les poutres et les dalles.
Pour les sollicitations des charges et surcharges verticales uniquement nous avons adopté
suivant les grandes directions de l’ouvrage des modèles de portiques plans pour prendre en
compte l’encastrement des poutres dans les poteaux et avoir une estimation correcte des
efforts dans ces deux types d’éléments.
Les actions dues au retrait et au dilations thermiques ont nécessité d’utiliser le modèle
spatial. Parallèlement un modèle plan global constitué par le portique principal dans la
direction du retrait a été réalisé pour avoir la valeur de sollicitations totales dues aux actions
dimensionnelles, ce modèle ayant pour poutre l’intégralité du tablier et reposant sur des
poteaux ayant chacun les caractéristiques de la somme des poteaux par files.
Par la suite pour pouvoir estimer les efforts sur les poutres principales et les poteaux, nous
avons du les reconstituer sur les sections réglementaires à partir des contraintes issues du
modèle spatial en ce qui concerne les actions dimensionnelles.
Cette méthode assez laborieuse a rendu délicate de réaliser des redistributions d’effort
comme c’est généralement le cas en béton armé, les deux règlements admettent d’utiliser
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 34/148
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un modèle élastique linéaire, l’important étant de conserver l’intégralité des efforts, et c’est
ce que nous avons fait pour les sollicitations sur les portiques, l’aspect contraignant de cette
approche est surtout économique notamment du fait de l’importance des moments de
continuité et des quantité d’aciers de chapeaux qui en résulte.
Pour l’étude des dalles là encore les actions dues au retrait et dilatation proviennent du
modèle spatiale cependant nous avons procédé avec une analyse plane classique pour les
charges verticales, ces éléments portant principalement suivant la petite direction de
l'ouvrage.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 35/148
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Cette largeur correspond à une estimation de la largeur de dalle dans laquelle vont se
concentrer des contraintes de compression du béton pour équilibrer la traction dans les
fibres inférieures de la nervure, évidemment à l'appui le béton tendu étant négligé, on ne
prend pas en compte de table de compression. Pour une analyse élastique linéaire on peut
cependant raisonner en section constante à condition que les armatures des sections d'appui
soient dimensionnées sans considérer de table.
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Les différences sont faibles dans notre cas, d'un côté l'Eurocode se réfère à la distance sur
laquelle la table est comprimée avec l'espacement des points de moment nul qui est
sensiblement plus faible que la portée mais de l'autre le Bael ne comptabilise pas 20 % de la
distance à la poutre voisine mais seulement la demi largeur de la nervure. Dans le cas de
notre ouvrage l'Eurocode donne des largeurs plus faibles mais l'écart n'est que de 3 % tout
au plus
L’Eurocode et le BAEL dans le cas des portiques proposent d’écrêter les moments sur appuis
du modèle élastique linéaire, lorsque la liaison entre lés éléments est monolithique.
A l'Eurocode le moment au nu de l’appui peut être pris comme moment de calcul à condition
qu’il n’excède pas 65% du moment de la même poutre parfaitement encastrée sur la portée
aux nus. Bien évidemment si ce dernier moment pondéré de 65% est supérieur au moment
élastique axial c’est le moment axial que l’on doit prendre en compte.
M’ moment au nu de l’appui
M’’ moment de la poutre parfaitement bi encastrée sur la portée au nu
Le BAEL ne pondère pas de 65% le moment bi encastré , l’Eurocode propose une valeur
alternative peut être plus adaptée et moins pessimiste que celle du BAEL.
Dans le cas de notre ouvrage finalement l’écrêtage du BAEL et de l’Eurocode ont la même
incidence, dans la plupart des cas pour les poutres principales c’est souvent le moment au nu
M’ qui a été retenu en application des conditions précédentes et dans les autres situations
les moments étant trop faibles on s’en est référé à M le moment élastique axial, cas des
appuis de rives.
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Dans cette partie sont décrites et comparées les différentes actions ou cas de charges et les
sollicitations qui en découlent sur la structure, les moments correspondent au modèle
élastique linéaire avant écrêtage.
Il n’y a aucune différence concernant les sollicitations engendrées par ces charges à
l’Eurocode ou au BAEL, elles sont identiques et le modèle élastique linéaire aussi à part
quelques différences infimes dues aux largeurs de table définissant les sections de poutres
des portiques.
Comme il a été dit précédemment, vue la faible rigidité des poteaux comparativement à celle
des poutres les moments de portiques sont assez faibles.
Concernant la surcharge d’entretien nous avons choisi dans les deux règlements de
considérer la situation ou une seule travée peut être chargée à la fois avec S=100kg/m².
L’action de ces charges sur l’ossature a été traitée en analyse portique plane après avoir
redistribué les charges de dalle sur les poutres à partir du modèle spatial. Dans la pratique
les poutres maîtresses ayant des rigidités quasi identiques cette distribution des charges de
dalles est équivalente à celle d’une poutre continue sur des appuis ponctuels.
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Les diagrammes sont identiques à l’Eurocode et au BAEL, la seule différence possible peut
provenir des largeurs de tables prises en compte dans les deux règlements, mais elle n’est
pas assez importante une dizaine de centimètres tout au plus pour apporter une différence
significative sur les inerties dans la distribution des efforts entre poutres et poteaux.
Ainsi nous avons obtenu les diagrammes d’efforts suivants concernant les portiques
constituants l’ouvrage vis-à-vis des charges permanentes et des charges d’exploitation pour
les portiques constitués par la file centrale longitudinale et la file centrale transversale .
Moment de flexion
Effort normal
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D'après les données du projet la charge d’entretien ne peut se trouver que sur une travée à
la fois c'est la raison pour laquelle sont ici présentées les enveloppes des différents cas de
charge pour les sollicitations extrêmes.
Position de la surcharge sur une seule travée à la fois pour une largeur d'influence:
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5.2.3.1 Généralités :
Sur ce type d'ouvrage que sont les auvents la principale action du vent sur la structure est
constituée par les effets de soulèvement et d'enfoncement caractérisés par pressions et
dépressions sur la surface de la toiture.
La structure étant très ajourée dans les plans verticaux elle présente en effet peu de prise au
vent dans ces directions, nous avons néanmoins pris en compte et quantifié suivant les deux
règlements les effets de traînées engendrés au niveau des poteaux et retombées de poutres
et des poteaux mais il s'est avéré par la suite que ces actions n'avaient pas de valeur signifi-
catives vis à vis du comportement de la structure comparativement à l'effet des autres cas
de charges.
Un autre point important au niveau des actions du vent est que nous trouvant dans le cas
d'un ouvrage en béton armé relativement massif son action ne peut être considérée comme
déterminante comme ce serait le cas pour une structure légère réalisée en acier.
Pour les mêmes raisons concernant la masse de l'ouvrage et sa rigidité les effets dynamiques
ne constituent pas non plus d’actions déterminantes sur l'ouvrage comme ce serait le cas
pour une structure de dimension comparable en acier.
L'analyse des efforts dus au vent sur la structure constitue cependant l'opportunité de
comparer l'estimation de ces effets dans un cas simple de toiture isolée suivant les deux
règlements Eurocode et Bael.
Le BAEL définit les actions du vent en se référant au règlement NV65, la valeur de la pression
de référence prise en compte dans les calculs est celle du vent normal défini par ce
règlement.
Dans l'application du BAEL la valeur de base prise en compte dans les calculs correspond à
cette pression normale majorée de 20% aux états limites ultimes et sa valeur d'origine dans
le cas des états limites de services, c'est là une des différences avec l'Eurocode 2 qui n'opère
pas de modification sur la valeur déduite de l'Eurocode 1.
Comme nous l'avons vu dans la partie concernant les hypothèses générales du projet ce vent
normal a été assimilé à celui d'une région 2 française du NV65 en se basant sur les
informations fournies par l'aéroport de N'Djamena tout proche.
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Le vent normal du NV65 se définit comme une valeur de pointe observée sur une période de
5 ans, c'est sur ces hypothèses en considérant les observations de la station météorologique
de l'aéroport de N'Djamena que nous avons choisi d'adopté une pression normale de
60kg/m² équivalent à une région 2 française. Nous verrons par la suite que l'Eurocode 1 suit
une philosophie bien différente quand à la définition de sa pression de base qui correspond à
une valeur moyenne et non de pointe.
Quand le vent est une action dominante dans les combinaisons de calcul aux états limites
ultimes il est majoré d'un coefficient égal à 1,5, la valeur obtenue 1,5x1,2 de la pression de
vent normale est à peu prés égale à la valeur du vent extrême défini par le NV65.
Comme le décrit Jacques Biétry dans son analyse comparative des deux règlements NV65 et
Eurocode 1 publiée par le CSTB en 1999 ce vent extrême déduit d’ une majoration de 75%
du vent normal correspond quand à lui à un vent de pointe observé sur une période de 100
ans.
La valeur prise en compte dans les calculs après pondération par un coefficient d'altimétrie
et un coefficient de site avant prise en compte des coefficients de dimensions et de traînée
propres aux éléments de structure nous ont finalement conduit à une valeur de base:
L'Eurocode1 à la différence du règlement NV65 base les calculs sur une valeur de référence
correspondant à une vitesse moyenne, et non de pointe, observée sur une tempête
cinquantenale. Dans la pratique cette valeur semble plutôt défavorable puisque l'on peut
observer un écart très net avec la valeur de pointe, allant souvent jusqu'à un facteur
supérieur à 2.
Dans nos calculs comme nous avions assimilé cette région du Tchad à une région 2 française
suivant le NV65 nous avons pris son équivalent Eurocode en nous basant sur un site
comparable à la région d'Ile de France soit une vitesse moyenne de 24m/s. Comme dans le
cas du règlement NV65 la détermination de la pression de vent introduite dans les calculs
passe par l'application de coefficients d'exposition et d'altimétrie.
En principe l'Eurocode devrait donner une valeur nettement plus importante de la pression
de pointe puisque il prend pour référence les observations faites lors de la tempête
cinquantenaire mais cette différence est corrigée par l'introduction d'un coefficient de
rugosité lié à l'environnement de l'ouvrage, ce facteur pouvant pondérer la pression de
pointe de manière très notable.
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Ainsi dans nos calculs en négligeant le coefficient de rugosité aurions nous obtenu une
pression de pointe qp = 71kg/m². Dans notre situation à savoir un site de type III en rugosité
de l'Eurocode cette valeur a du être pondérée d'un coefficient Ce = 0,65, nous conduisant
finalement à une valeur de 50kg/m² plus faible que celle des NV65 mais du même ordre de
grandeur.
5.2.3.4 Comparaison des charges de vent sur les différents éléments de la structure entre
l’Eurocode et le Bael :
Dans les deux règlements la charge de vent affectée aux différentes parties de la structure
est déduite de la pression de pointe sur leur aire de référence avec l’application de
coefficients relatifs principalement à leur géométrie. En principe les valeurs du Bael
devraient être plus importantes du fait la valeur de la pression de pointe cependant le
règlement prescrit un coefficient de dimension prenant en compte les dissipations
tourbillonnaires qui dans notre cas vaut 0.72 dans le cas des poutres.
Enfin vis-à-vis des éléments filaires : retombées de poutres et poteaux, il apparaît que les
coefficients de traînée sont plus défavorables à l’Eurocode. La valeur du coefficient de base
correspondant à la forme de l’élément définissant la traînée aérodynamique de l’élément est
ainsi supérieure à l’Eurocode. Dans le cas des poutres le coefficient Cto est égal à 1.30 pour
Cfo = 2.35 Eurocode. Cependant le coefficient Ψλ de l’Eurocode a un effet réducteur puisqu’il
prend en compte dans sa définition la notion d’effet de dimension comme le NV65 avec la
notion de de facteur d’extrémité, inversement le coefficient γ d’élancement du NV65 est un
facteur majorant les forces dues au vent.
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On arrive à des différences équivalentes dans le cas des poteaux, on pourra souligner
l’apparition d’un coefficient d’amplification de la charge de vent sur les poteaux à base
circulaire lié à leur proximité introduit par l’Eurocode
Pour les éléments filaires l’Eurocode donne donc une charge au plus 10% supérieure pour les
calculs ultimes et 30% supérieurs pour la détermination des sollicitations en service.
On peut retenir que l’Eurocode et le Bael ont des charges quasiment analogues vis-à-vis
des sollicitations aux états limites ultimes dans le cas de notre ouvrage et de ses éléments
filaires, cependant il en est tout autrement concernant les sollicitations en services où
l’écart est très net.
Le Bael est le seul des deux règlements a faire une distinction entre la pression de
référence en service et celle à l’état limite ultime.
Dans l’ensemble quelque soit le règlement ces charges sur les éléments isolés ne constituent
pas de sollicitation déterminante sur la structure, dans le cas de notre auvent ceux sont
surtout les charges d’enfoncement dues aux pressions de vent sur la toiture qui nous
intéressent. La philosophie demeure semblable entre Les NV65 et l’EC1 si l'on raisonne en
terme d'effort résultant sur la toiture.
Cependant les diagrammes et les valeurs des coefficients résultants de pression sont assez
différents à l’Eurocode et au NV65 comme le montre les diagrammes de charges ci-dessous :
Selon l'EC1
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 44/148
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Les pressions de crête aux états limites sont du même ordre de grandeur pour les deux
règlements : 40daN/m² BAEL et 55daN/m² EC.
Le diagramme des pressions de l'Eurocode réunit l'action du vent des deux côté de la
structure avec des charges de crête à chaque bordure de toiture alors que le Bael distingue
les deux actions, on ne peut comparer la résultante des forces de pression que sur la demi
toiture, dans cette approche on trouve une valeur de 315kg/ml et 326kg/ml pour
l'Eurocode .
Dans les pages suivantes sont synthétisés les chargements de vent pris en compte dans les
deux règlements et les sollicitations sur certains portiques.
5.2.3.5 Sollicitations dues au vent suivant les deux règlements sur la structure :
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Sollicitations de vent normal suivant le NV65 sur les portiques configuration la plus
défavorable:
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Le retrait est un phénomène propre au béton armé se traduisant par son raccourcissement
après coulage et ceci sur un temps très important, son impacte est principalement lié aux
conditions d’appuis des éléments concernés, ces déplacements gênés pouvant engendrer
des sollicitations importantes sur les structures.
L’aspect le plus communément reconnu du retrait est celui dit hydraulique ou de séchage lié
à l’évaporation de l’eau, phénomène pouvant s’étendre sur plusieurs dizaines d’années, et
pour le court terme avant durcissement du béton, on distingue une phase plastique de ce
dernier simplement appelée retrait plastique.
Cependant la réalité physique fait intervenir d’autres mécanismes de plus en plus pris en
considération de nos jours. Le principal de ces aspects étant un caractère endogène du
retrait ne faisant pas intervenir d’échange d’eau avec l’extérieur mais une autodessication
rapide, l’eau étant absorbée par les particules fines de ciment par un phénomène de
capillarité.
Le retrait endogène est surtout significatif pour le béton à haute teneur en ciment et peu
hydraté ce qui est principalement le cas des bétons à haute résistance.
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Pour évaluer les actions dues au retrait sur les différents organes de la structure, une analyse
spatiale a été réalisée.
C’est principalement le cas des poutres principales qui nous a intéressés, la question étant de
savoir comment les efforts se répartissaient entre poutres et dalle du tablier.
Le principe a été de confronter un modèle global plan constitué par l’inertie globale du
tablier et de chaque file de poteau aux valeurs relevées sur la structure spatiale.
Iz = 0,5182 m4
S = 6.95 m2
Iz = 0,01227 m4
S = 0,7854 m2
Dans le modèle spatial constitué de la structure porteuse en élément filaire des portiques et
coque pour la dalle nous avons déterminé à partir des contraintes sur les fibres extrêmes les
moments et efforts normaux sollicitant les sections réglementaires de poutres.
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Ces valeurs ont ensuite été comparées à celles relevées sur le modèle plan d’une part pour
vérifier que l’intégralité des efforts du au retrait étaient pris en compte et enfin pour
comprendre la distribution de ceux-ci et ainsi simplifier le reste des calculs.
Exemple de calcul du torseur du au retrait sur une poutre maîtresse avec le modèle spatial:
La conclusion de cette analyse a été que les efforts normaux induits par le retrait se
répartissaient de manière assez homogène au prorata des sections de poutres et de dalles,
c'est probablement en raison de la grande rigidité du tablier.
Vis-à-vis des moments de flexion, il apparaît que ceux-ci résultent des conditions d’appui, le
déplacement gêné du fait de l’encastrement dans les poteaux transmet à ces dernier un
couple qui à son tour transite principalement dans la poutraison.
Ci dessous les déplacement absolus sur le modèle spatial dans le cas du BAEL:
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La définition du retrait suivant le BAEL est assez succincte elle dépend de la zone climatique,
cette région du Tchad comme cela a été explicité dans les hypothèses générales est soumise
à une saison sèche et une saison humide ou le taux d’humidité passe d’un extrême à l’autre,
par soucis de conservatisme pour définir la valeur du retrait nous nous sommes basés sur
l’hygrométrie de la saison sèche.
Le BAEL ne donne que peu d’indications sur la détermination de cette valeur et autorise si
nécessaire d’avoir recours à des essais de laboratoire. On pourra cependant remarquer que si
le BAEL ne donne que peu d’informations, le règlement BPEL qui traite du béton pré con-
traint donne plus de renseignement sur les valeurs du retrait, ceci est sans doute lié à la
précision nécessaire dans la détermination de la tension des câbles et des pertes de
précontraints.
Dans la pratique pour respecter l’usage nous avons gardé pour référence la valeur de base du
BAEL cependant à titre comparatif avec l’Eurocode nous avons déterminé la valeur plus
aboutie du BPEL.
Ou : B5r = Ks B5o
Enfin l’un des facteurs déterminant des sollicitations dues au retrait est bien évidemment la
valeur du module de déformation surtout à long terme, et comme nous l’avons vu dans le
chapitre sur les hypothèses générales la valeur du Bael est sensiblement supérieure à celle
de l’Eurocode.
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εc = εcd + εca
on trouve: ε ca = 0.00375%
Ce retrait est quasi instantané, le respect d’un certain phasage et des reprises de bétonnage
nous dispense de prendre en compte son influence sur l’ensemble de la structure comme
c’est le cas pour le retrait par dessiccation.
avec βds loi de comportement fonction du temps, des dimensions, de l'âge de la cure
kh coefficient de dimension
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Pour illustrer l'effet du retrait sur la structure et les différences entre l'approche du BAEL et
celle de l'Eurocode figurent ci dessous les efforts normaux et les déformations sur le modèle
global suivant les deux règlements, en termes d’effort on pourra remarquer que l’Eurocode
est plus faible d’environ 11% du fait du module de déformation et de la non prise en compte
du retrait endogène qui est aussi la raison de la différence de raccourcissement.
Déplacement: U = 1,72 cm
Déplacement: U = 1,60 cm
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A titre d'exemple ci dessous les efforts redistribués après analyse des contraintes relevées
sur le modèle spatial sur la poutre maîtresse de la file centrale pour le cas du Bael:
4 x 4,13 tonnes = 16,52 tonne = 74% x 22,3 tonnes pour Aires poutres = 70% Aires tablier.
L'analyse du modèle coque à conduit à la conclusion que la majeur partie des moments
induits par le retrait étaient induit par la connections des poutres au poteau et transitaient
essentiellement dans ces dernières probablement du fait de leur inertie, plus de 90% des
cette sollicitations a été relevée dans les sections réglementaires de poutres du modèle
spatial c'est la raison pour laquelle pour simplifier les choses en prenant en compte le
principe d'adaptation de la structure l'intégralité de ce moment a été considérée comme
repris par les poutres principales.
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Concernant les effets actions thermiques nous nous sommes limités à la prise en compte des
actions dimensionnelles : dilatation et retrait. Les gradients thermiques n’ont pas été pris en
compte car ils ne présentaient pas des sollicitations notables sur la structure.
Ces actions se découpent en une partie à court terme pour les variations journalières de
températures et à long terme pour les fluctuations annuelles et font donc intervenir les mo-
dules à court terme et à long terme.
Le tablier a été coulé entre avril et mai sur cette période la température moyenne calculée
est de 31°c, avec des températures minimales et maximales annuelles :
Par conservatisme nous avons adopté une variation de température totale de + ou – 17°c sur
l’ouvrage ceci dans les deux approches.
Sur cette variation une variation à court terme de +ou- 10°c est recommandée par le BAEL et
c’est la valeur qui a été aussi appliquée dans l’approche de l’Eurocode.
Autrement dit sur ces + ou - 17°c : + ou -10°c ont été pris en compte avec le module à court
terme et le reste avec le modèle à long terme.
Nous avons donc pour simplifier la démarche utilisé un module moyen pour les déformations
thermiques appliqué à la variation totale ainsi :
La démarche ensuite adoptée a été la même qu’avec le retrait en se référant aux deux
modélisations plane et spatiales. Les différences entre les deux règlements ne proviennent
au final que de la différence entre leurs modules de déformation sur les pages suivantes les
efforts et déformations sur les modèles globaux.
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Les redistributions sur poutres et dalles obéissent au même principe que pour le retrait
ordinaire, seul ici figure l'action du retrait thermique, la dilatation engendre des
compressions dans les travées c'est donc une action favorable qui soulage la structure, elle
n'est pas assez importante non plus pour engendrer des phénomènes d'instabilité.
Enfin on peut admettre que les raccourcissements sont similaires entre les deux règlements
ci dessous la déformée global de l'Eurocode:
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La différence entre l’Eurocode et le BAEL au niveau des actions sur la structure concernent
les effets du retrait, du vent et plus marginalement des déformations thermiques.
Le vent a des interactions complexes avec les structures et les coefficients de pressions ou de
traînées sont souvent conservatifs et dépendent des modèles pris en compte pour les essais,
il est compréhensible que les deux règlements n’aboutissent pas aux mêmes valeurs. Enfin
les valeurs des pressions de références n’obéissent pas aux mêmes critères : Pression
moyenne ou de pointe, tempête du demi siècle ou du siècle.
Cette action n’est cependant pas déterminante, les grandeurs sont comparables et
finalement assez proches entre les deux règlements, la grande différence provenant de la
distinction que fait le BAEL entre la valeur de base en service et ultime du BAEL qui peut
creuser l’écart avec l’Eurocode.
Concernant les effets du retrait, la prise en compte par l’Eurocode d’un module à long terme
plus faible et la distinction du retrait endogène conduisent à des valeurs plus faibles des
efforts engendrés par le retrait du béton sur la structure, au niveau des sollicitations cela
conduit à une différence de l'ordre de 11% si l'on se réfère au sollicitations d'effort normal.
Tableau de synthèse sur les éléments de divergence entre les deux règlements:
Actions/Sollicitations EC BAEL (EC-BAEL)/BAEL %
Vent enfoncement demi portée
L'écart n'est pas flagrant mais il ressort de l'analyse des actions sur la structure suivant les
deux règlements que dans l'ensemble l'Eurocode est légèrement moins exigeant que le Bael,
grâce à quelques optimisations théoriques.
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5.3.1 Généralités :
Précédemment ont été décrites les différentes actions agissant sur la structure, et les
sollicitations engendrées par ces dernières sur le modèle élastique linéaire pour en estimer
l’intensité.
Ces actions peuvent agir simultanément sur la structure dans des proportions variables et
des combinaisons possibles multiples.
Dans le cadre de notre ouvrage nous avons appliqué les combinaisons relatives aux états
limites ultimes de résistance et aux états limites de service pour le BAEL. Pour l’Eurocode qui
est plus élaboré dans la description des états limites nous avons appliqués les combinaisons
recommandées par l’annexe nationale pour les états limite ultime de résistance STR GEO et
les combinaisons des états limite de service qui sont assez générales et variées.
Les coefficients dits partiels varient suivant le caractère favorable ou défavorable de l’action
sur la structure et dépendent de l’état limite étudié, cette notion est délicate puisqu’une
action ne pourra voir son effet favorable confirmé que relativement à une autre action, c’est
la raison pour laquelle les concepteurs sont souvent amenés à explorer les différentes
possibilités avant de connaître les combinaisons les plus intéressantes c'est-à-dire la plus
sollicitante.
L'Eurocode et le BAEL présentent beaucoup de similitudes dans les valeurs des coefficients et
leurs approches mais certaines singularités peuvent être remarquées.
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Charges Ψ0 Ψ1 Ψ2
Q (surcharge de toiture) 0,77 0,75 0,65
Charges Ψ0 Ψ1 Ψ2
Q (surcharge de toiture) 0 0 0
On remarque que les valeurs de l'Eurocode sont plus faibles mais avec l’application des
coefficients partiels cet écart n'est pas si important.
L'aspect le plus intéressant est sans doute la valeur du coefficient d’accompagnement nul
pour la surcharge de toiture, l'Eurocode considère donc la probabilité d'un vent dominant et
la surcharge d'entretien simultanément comme nulle ce qui parait assez raisonnable.
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Comme cela a été expliqué nous n'avons retenu à l'état limite ultime que les combinaisons
fondamentales de résistance, ci dessous la définitions de ces combinaisons:
Pour les états limites de service l’Eurocode recommande de prendre en compte différents
types de combinaison suivant la nature des états étudiés, là ou le BAEL se limite à la
combinaison rare généralement la plus défavorable que l’état étudié soit réversible ou non, à
court ou moyen terme. C’est là une optimisation par rapport au BAEL.
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Pour le long terme comme les effets du fluage ou du retrait et le calcul de l'ouverture des
fissures.
Les expressions des combinaisons précédemment décrites laissent le champ libre à une
multitude de possibilités, en faisant varier le caractère dominant ou d’accompagnement,
favorable ou défavorable des actions, sans compter les différentes possibilités de répartition.
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Vis-à-vis des états limites de service l’Eurocode en prenant en compte les combinaisons
caractéristiques, fréquentes et quasi permanentes amène un plus grand nombre de
combinaisons possibles que le BAEL mais permet en outre de considérer des combinaisons
mieux adaptées suivant les états étudiés en ayant une approche plus réaliste et moins pes-
simiste.
Aux combinaisons rares l’Eurocode ajoute la prise en compte des combinaisons fréquentes et
quasi permanentes, comme la surcharge d’entretien n’intervient pas dans ces dernières les
combinaisons amenées sont assez réduites, à titre d’exemple on pourra discerner :
1.00G + 0.20V
1.00G + 0.50Rt
1.00G
Les coefficients d’accompagnement et partiels varient entre les deux règlements, pour des
valeurs assez proches tantôt un règlement donnera une valeur plus faible ou plus forte, il est
difficile avec la multiplicité de combinaisons possibles d’avoir une idée réelle du règlement
qui donnera les combinaisons les plus défavorables.
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La majorité des efforts est du aux charges permanentes et les surcharge d’entretien sont
identiques entre les deux règlements. Les différences se limitent aux effets du vent et des
actions dimensionnelles, le retrait étant 11% plus important au Bael et le vent 13.7% plus
important pour l’état limite ultime.
Il est possible que dans le cas d’une structure plus légère ces actions ait eu plus d’importance
sur la structure et qu’un écart plus net est été créé entre les deux règlements.
L’application des combinaisons aux sollicitations engendrées par ces actions suivant les deux
règlements avec des coefficients tantôt plus pénalisants suivant l’un tantôt suivant l’autre
aboutissent pour les portiques principaux à des sollicitations enveloppes pour ainsi dire
identiques.
Si l’on considère les états limites ultimes en se référant au modèle élastique linéaire la
différence entre les sollicitations enveloppes est environ de 2% plus faible pour l’Eurocode.
Ces différences dépendent de la position des nœuds étudiés, l’écart est le plus grand aux
appuis ou se concentrent les moments induits par le retrait gêné sur la structure.
On ne peut tirer de conclusion générale le cas étant particulier à notre structure, mais les
règlements semblent converger et d’après ces calculs comparatifs il semble que les actions
de référence sont proche voir identiques dans les deux règlements.
Les efforts normaux dus aux actions dimensionnelles ont une différence plus nette du fait
des hypothèses prises en compte, mais si l’on considère le fait que les armatures nécessaires
à les reprendre ont été ramenées aux aciers tendus des éléments fléchis l’impacte est
minime vu la prépondérance des sollicitations engendrant de la flexion simple.
Dans la pratique on observe un effort enveloppe de traction dans les portiques principaux de
4% plus fort pour le BAEL ce qui ne constitue pas un écart effarant mais traduit plutôt la
convergence des règlements.
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Ci-dessous à titre d'exemple les enveloppes simplifiées des moments de flexion pour la
poutre continue principale de la file centrale avant écrêtage :
L'écart est généralement faible et favorable à l'Eurocode hormis sur la file de rive ou la
charge de vent est plus importante à l'Eurocode.
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6. ARMATURES DE L'OUVRAGE :
6.1 Généralités :
L’ouvrage ici étudié est d’une nature assez simple, c’est un grand portique à nœud
déplaçables constitué de liaisons encastrées pour assurer son contreventement.
Une des singularités structurelles est liée à ses dimensions et à la prise en compte des
actions dites dimensionnelles.
Pour ferrailler l’ouvrage nous avons pris en compte les sollicitations dues au retrait. Les deux
règlements stipulent que les sollicitations de types dimensionnelles ne font en principe que
l’objet de vérifications aux états limites de service à moins que certaines dispositions n’aient
pas été respectées et que les sollicitations engendrées par ce choix soient devenues
déterminantes sur la structure. Dans la pratique ces dispositions concernent principalement
les joints de dilatations.
Ne sachant pas de prime à bord si le retrait allait avoir un impact net sur le ferraillage, les
poutres et dalles constituants le tablier de même que les poteaux ont été armés en le
prenant en compte. Au bout du compte suivant l’élément étudié on s’est rendu compte que
ce phénomène pouvait ou non être négligé.
Dans le présent chapitre vont être explicités et comparés les armatures obtenues par
l’application des deux règlements. Pour bien comprendre l’origine et la valeur des différences
il faut retenir que les sollicitations sont assez proches et peuvent être considérées dans de
nombreux cas comme identiques.
Les différences entre les armatures obtenues à l’Eurocode et au BAEL dépendent d’abord des
hypothèses générales prises en comptes concernant les matériaux comme les contraintes
réglementaires.
Concernant les différences des efforts Eurocode et BAEL de l’ouvrage il faut rappeler que les
différences observées entre les efforts enveloppes n’excèdent pas 1 à 2 %, le ferraillage est
donc estimé sur des bases comparables.
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L’Eurocode et le BAEL partagent les mêmes principes fondamentaux quant au ferraillage des
éléments fléchis en utilisant les propriétés du matériaux composite qu’est le béton armé.
Les moments de flexion sont équilibrés par la compression du béton et la traction de l’acier
sur les fibres concernées. On retrouve aux états limites ultime la non prise en compte du
béton tendu et le calcul du moment réduit du béton comprimé donnant son bras de levier
par rapport aux aciers tendus et par voie de conséquence la section d’armature nécessaire à
l’équilibre de la section.
Comme dans le cas du BAEL on retrouve les différents pivots pouvant équilibrer les sections
suivant les déformations envisagées par le projeteur sur les deux matériaux. Comme cela est
décrit dans le chapitre sur le pré dimensionnement des moments réduits limites cotres-
pondant à la limitation des déformations aux ELU et des contraints aux ELS permettent de
déterminer la nécessité ou non d’avoir recours à des aciers comprimés pour équilibrer la
section, dans notre cas les coffrages ayant été déterminés dans le but de parer à cette
éventualité, jamais ce type d’armatures n’a été requis.
Si cela s’était avéré nécessaire on peut remarquer que l’Eurocode pour notre classe
d’ouvrage conduirait à des moments réduits limite moins pénalisant concernant le besoin
d’aciers comprimés.
Les résultats sont sensiblement identiques concernant la détermination des sections des
aciers tendus des éléments fléchis, les seuls éléments de divergence proviennent des
contraintes de calcul avec une contrainte de compression du béton légèrement supérieure
pour l'Eurocode et la possibilité d’utiliser le palier incliné en acier.
Les différences entre un ferraillage suivant l’Eurocode 2 et suivant le BAEL proviennent tout
d’abord des contraintes de calcul qui déterminent l’équilibre des sections et la détermination
des aciers.
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Dans le cas de notre ouvrage réalisé en B25/30 cela conduit à des contraintes de calcul
différentes entre les deux règlements :
pour le BAEL
pour l’EC2
Les différences sont plus ou moins notables suivant l’importance des moments et la section
de béton comprimée pour la détermination des armatures des éléments fléchis.
Concernant les aciers BAEL et Eurocode peuvent utiliser des formules identiques donnant la
même valeur, cependant l’Eurocode introduit une option d’optimisation en autorisant
l’utilisation d’un palier plastique incliné de l’acier au lieu du palier horizontal classique.
Cette option permet en fonction de la déformation effective de prendre en compte dans le
meilleur des cas une contrainte admissible de l’acier 4% plus importante que celle du
diagramme courant, l’économie d’acier par rapport à l’utilisation du diagramme classique est
du même pourcentage.
Cependant ceci n’est valable que dans le cas d’une section disposant d’assez de béton
comprimé pour équilibrer la déformation des aciers ce qui est rarement le cas lorsqu'on est
loin du pivot A, cas d'une section optimisée en béton à l'appui mais pas pour les sections en
T en travée.
La différence due à la contrainte du béton pour des sections massives comme celle des
poutres en T sera au contraire négligeable, les moments réduits limite demeurant faibles et
le bras de levier du béton comprimé ne variant pas entre les deux règlements même pour
des moments importants, en revanche pour des sections moins importantes en quantité de
béton des différences constatée jusqu’à 2% d’économie pour l’Eurocode dans le cas de notre
ouvrage pourront impacter la quantité d’acier obtenus, ce qui est le cas des sections d’appui.
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Les dalles du fait d’une section définie par rapport à des critères de déformation et en
conséquence surdimensionnée vis-à-vis de la résistance mécanique conservent des moments
réduits faibles et dans leur cas cet aspect de l’Eurocode n’a pas d’incidence notable
comparativement au BAEL.
Dans le calcul des armatures de flexion suivant l’Eurocode l’utilisation d’un diagramme de
déformation à palier incliné a été d’un apport relatif.
Dans le cas de la flexion simple elle n’amène une réelle économie d’acier que pour des
sections de béton capables d’équilibrer ces déformations. En effet la marge de d’économie
maximale d’acier ne sera atteinte que pour les moments réduits ultimes les plus faibles
tendant vers des pivots A ou le béton est abondant, donnant ainsi la possibilité à l’acier
d’atteindre ces déformations.
Dans le cas de poutres continues à hauteur constante comme dans le cas de notre ouvrage
on a pour usage de pré-dimensionner les sections aux appuis sur la base de moments réduits
correspondant au début du pivot B à l'entrée du palier plastique de l'acier, la section de
béton étant optimisée avec une déformation désirée de 0.35%, ces sections laissent peut de
réserves à l’acier pour des déformations importantes à moins de mettre en place des aciers
comprimés ce qui n’est pas non plus économique.
Dans le cas des poutres principales nous pouvons de ce fait obtenir une économie d’acier
maximale de 4% dans l’hypothèse d’un acier de classe A suivant l’Eurocode des aciers de
flexion en travée alors que la différence n’excédait pas 1.5% en appui et dans certain cas était
inexistante.
On peut retenir que si le palier incliné trouve son intérêt au niveau des sections en travées
en terme d’économie d’acier pour des sections surabondantes en béton, la contrainte de
calcul de béton suivant l’Eurocode aura la même incidence mais aux appuis et dans les
sections au moment réduits élevés, autrement dit optimisées en quantité de béton.
Ci après les ferraillage théorique obtenu sous un moment de référence sur la poutre centrale
suivant les deux règlements pour illustrer l’impacte des contraintes admissibles sur les
sections d’armatures, nous nous sommes basés sur la travée de rive qui est la plus sollicitée
et ou les efforts sont les plus importants.
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Dans la pratique les efforts relevés sur cette travée étaient les suivants :
APPUI TRAVEE
Calcul Bael des armatures théoriques sous des moment de références identiques :
APPUI TRAVEE
MU 130t.m 119t.m
mu b 0.208 0.0301
Z 0.83m 0.925m
Au 36cm² 29,3cm²
MU 130t.m 119t.m
mu b 0.176 0.025
Z 0.85m 0.93m
Au 34.5cm² 28,0cm²
Globalement l’écart est de 4.5% d’économie d’acier en travée et à l’appui, à l’appui le palier
incliné donne un gain d’acier de 2% et la différence de contrainte du béton contribue à
hauteur de 2.2% dans le meilleur des cas. En travée la différence de contrainte du béton n’a
que peut d’incidence, l’économie d’acier relative n’est que de 0.6%. En revanche le béton
surabondant permet de tendre vers un pivot A et le palier incliné conduit à une économie de
4% d’acier.
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Pour prendre en compte les sollicitations composées dans le cas des éléments ou les effets
du retrait sont les plus importants, les moments ont été ramenés aux aciers tendus. Pour
déterminer les sections totales d’aciers tendus du à l’effort normal et la flexion en appli-
quant cette méthode, on a calculé un moment équivalent de flexion simple correspondant à
la même section d’acier théorique que la flexion composée effective, ceci pour simplifier la
détermination des enveloppes et la détermination de la section absolue.
Mua = Muf + N x ea
Finalement après analyse des résultats il apparaît que les actions dimensionnelles sur les
poutres principales dues au retrait entraînent une augmentation des aciers tendus ou des
moments équivalent par rapport au cas ou on les négligerait de 5% maximum pour
l’Eurocode et 6% pour le BAEL.
Autrement dit on est quasiment dans une situation de flexion simple vu l’importance des
charges verticales, cette marge étant relativement admissible.
On aurait presque pu cantonner la prise en compte du retrait aux états limite de service vu sa
faible incidence aux ELU.
On pourra remarquer que dans l’ensemble des cas les moments de flexion étant prépon-
dérant les sections demeurent partiellement tendues et les centres de pression sont toujours
à l’extérieur des sections, la flexion est « légèrement » composée avec un effort de traction.
Concernant les dalles, les actions dimensionnelles dues au retrait ont principalement lieu
suivant le sens des aciers de répartitions et non des aciers porteurs, elles sont d’ailleurs
négligeables dans ce sens.
En appliquant le même principe de ferraillage à ces éléments dans le sens de des aciers de
répartitions (grande dimension de la structure) on trouve aussi bien dans les deux
règlements un supplément d’armatures nécessaires mais cette fois la fourchette est plus
large, suivant les travées concernées le retrait a un impacte important sur les sections d’acier,
nous reviendrons sur cet aspect dans le cas des dalles plus loin.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 69/148
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On pourra remarquer que dans l’ensemble des cas les sections de dalles dans leur sens
principal et de poutres restaient partiellement tendues.
Les éléments fléchis ne requérant pas d’armatures significatives doivent cependant aussi
bien au BAEL qu’à l’Eurocode vérifier une condition de non fragilité en étant capable de
résister au premier moment de fissuration. C’est sur cette base que les deux règlements
estiment la section minimale d’armature.
Ainsi le Bael sur la base de la contrainte admissible des aciers et la valeur ultime de l’effort de
traction du béton définit la condition de fragilité suivant l’expression suivante :
ftj
ρ≥0,23
Fe
D’un point de vue général l’Eurocode conduit à des sections minimales plus importantes que
le BAEL avec qui plus est une démarche plus calculatoire et adaptée à chaque élément.
Ici du fait d’une contrainte de traction admissible plus importante que le BAEL rendant ce
moment de première fissuration plus important et de l’adoption du ratio 0.26 conservatif au
lieu de 0.23 sur la base d’une estimation moins favorable du bras de levier forfaitaire pour l’
EC2 on obtient une section minimale plus importante :
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Les dalles en béton armé bénéficient d'un comportement bidimensionnel et les deux
règlements font référence à la théorie des plaques et des coques pour approcher leur
comportement et prendre en compte leurs caractéristiques.
Concernant les aciers de flexion des dalles, l'Eurocode reconduit de nombreux principes du
BAEL avec quelques différences.
Les dispositions constructives comme l'ancrage de la moitié des aciers en travée aux appuis,
les espacements maximaux des barres et les moments de continuité minimaux (0,15Mt) à
prendre en compte sont reconduits dans le règlement européen et les annexes nationaux. Il
n'y a pas de grande considération à émettre sur ces différents points.
On peut observer que le décalage de la courbe des moments est pris égal à la hauteur utile d
là où le BAEL considère le bras de levier forfaitaire, mais sur une dalle cet aspect n'a que peu
d’impacte et ne crée une différence que de l'ordre du centimètre assez négligeable.
Sous les charges verticales les moments de flexion sont très proches entre les deux
règlements l'écart n’excède pas 1 % et est du principalement au vent tantôt plus favorable
pour le BAEL et tantôt pour l'Eurocode.
Ci dessus: les efforts normaux dus au retrait dans le tablier(les concentrations correspondent efforts dus à la
flexion des poutres principales)
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 71/148
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Les épaisseurs ayant été dimensionnées sur des critères de maîtrise des déformations et non
sur des critères mécaniques moins contraignant, dans le cas général les moments réduits du
béton comprimé sont faibles, on a donc là aussi pu bénéficier des avantages économiques du
palier incliné avec ses 4 % d'économie d'aciers théoriques.
La principale difficulté dans la détermination des armatures des dalles provient du retrait, les
sollicitations engendrées par ce phénomène se développent principalement suivant la
grande dimension de l'ouvrage dans la direction des aciers de répartition des dalles ou sens
de flexion secondaires.
Des efforts normaux de traction plus ou moins négligeables sont dus au retrait, leur diffusion
et leur valeur a été étudiée avec le modèle spatial, il apparaît que leur répartition est assez
homogène sur la structure du fait de la souplesse des appuis.
Les dalles de l'ouvrage ont été armées en considérant qu'elle portait uniquement suivant
leur petite portée, suivant le sens des répartitions les armatures ont du donc à la fois vérifier
les sections réglementaires dans ces conditions et aussi reprendre la traction simple due au
retrait.
Dans le cas d'une dalle on peut se demander si ce n'est pas un peu trop conservatif, en effet
l'élément porte dans deux directions et la fissuration dans la direction secondaire ne
conduira probablement pas à la ruine de la structure.
Néanmoins dans une approche réglementaire et conservative c'est la démarche que nous
avons suivi , cette section minimale est généralement plus importante que la section d'acier
nécessaire à reprendre l'effort normal effectif.
Entre les deux règlements la différence vient encore des contraintes de calcul, ft28=2,1MPa
au BAEL et fctm=2,56MPa àl'EC2 ci dessous l'expression BAEL et EC2 :
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 72/148
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On trouvera ainsi pour une dalle de 22cm d’épaisseur les sections d'aciers minimale s de
tractions simple suivantes :
La prise en compte d'un palier n’enlève pas son caractère plus défavorable à l'Eurocode dans
cette situation. On a un écart de 22 % dans le pire des cas entre les deux règlements.
Dans l’ensemble les sollicitations sur les dalles ne sont pas excessivement importantes et
dans de nombreux cas on s'est retrouvé en pourcentage minimum d'armatures, c'est là
qu'une différence importante s'est dégagée entre les deux règlements.
L'Eurocode reconduit pour les dalles la section minimale d'armatures retenues pour les
poutres en ce qui concerne les armatures principales alors que le BAEL considère une valeur
réduite en adoptant les ratios ρ0 suivant :
0,0008 s'il s'agit de barres ou fils à haute adhérence de classe Fe E 400 ou de treillis soudés à
fils lisses de diamètre supérieur à 6 mm
0,0006 s'il s'agit de barres ou fils à haute adhérence de classe Fe E 500 ou de treillis soudés à
fils lisses de diamètre au plus égal à 6 mm
Dans le cas de notre ouvrage ou nous admettons un diamètre maximal des aciers supérieur à
6mm et avec des HA500 on doit donc adopter ρ0 =0,0008 , la section principale déduite de la
formule de BAEL donnera une valeur variant entre 0,001 et 0,0011selon la dalle concernée,
là où l'Eurocode adopte 0,00133 ce qui représente un écart entre 20 % et 33 % d'économie
pour le BAEL.
Concernant les sections de répartitions pour les dalles portant dans une seule direction
l'Eurocode s'avère moins contraignant que le BAEL, en effet d'une part le ratio par rapport à
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 73/148
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la section principale est de 20% au lieu de 25% au BAEL et il n’y a pas de section minimale
d'armature au contraire de l'autre règlement.
On peut qui plus est bénéficier aussi des gains d'aciers dus à l'utilisation d'un palier incliné
sur la section principale par le biais du ratio imposé.
On a au final les sections d'armatures minimales suivantes en flexion pour les deux
règlements en considérant notre dalle de 22cm d'épaisseur :
Au final concernant les aciers de répartition dans la grande direction de l'ouvrage on trouve
des valeurs qui différent à cause de la condition de non fragilité soit 17 % d'écart en faveur
du BAEL même en profitant du palier incliné de l'EUROCODE.
Suivant le sens porteur des dalles on retrouve les écarts dus aux contraintes limite adoptées
favorables à l'Eurocode, Les régions en pourcentage minimal d'armatures sont cependant
plus étendues qu 'au BAEL la section minimale étant plus importante.
L'écart maximal que l'on peu atteindre dans ce cas est de 21 % d'économie d'acier pour le
BAEL .
Si nous n'avions pas eu à prendre en compte le retrait dans la direction secondaire, nous
aurions pu bénéficier malgré une section minimale principale plus exigeante, d'armatures de
répartitions plus faibles à l'EC2 et au final d'une quantité d'acier totale très proche.
Dans le cas d'une dalle isostatique portant dans un sens la section totale d 'acier suivant les
deux règlements s'avère quasiment identique pour un moment identique et sans palier
comme le montre le diagramme ci dessous, on aura une quantité d'acier de 4,17 %
supérieures au BAEL soit le rapport 1,25/1,20.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 74/148
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Section d'armatures totales d'une dalle portant dans une seule direction en fonction de la section principale :
Règlement/situa BAEL avec retrait BAEL sans retrait EC2 avec retrait EC2 sans retrait
tion
BAEL/EC2 % 88 119
La condition de fragilité est vraiment très pénalisante en quantité d'acier avec la prise en
compte du retrait quel que soit le règlement.
Lorsque le retrait n'est pas pris en compte étant donné les répartitions moins élevées à
l'Eurocode on bénéficie d'une économie d'acier de 19 %, ceci n'est valable que parce que les
sections théoriques sont faibles et que l'on est souvent en pourcentage minimal au BAEL .
Pour des valeurs plus élevées des sollicitations on aurait trouvé des valeurs beaucoup plus
proches.
Dans les calculs ont été aussi pris en compte le palier incliné et une différence de sollicitation
de 1 %, en l'absence de palier et avec les mêmes efforts le rapport BAEL/EC2 passe à 92 % au
lieu de 88 % avec retrait et à 113 % au lieu de 119 % sans retrait.
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6.2.2.1 Généralités :
Les deux règlements se référent pour modèle au treillis de Ritter Morsch assimilant les
poutres béton à des treillis dont les tirants sont les armatures et les buttons les bielles de
béton comprimée, les membrures étant constituées par les aciers tendus et la section
comprimée de béton.
Ce modèle assez simplificateur mais efficace est repris avec des corrections expérimentales
par les deux règlements.
Une innovation notable de l’Eurocode est de proposer des inclinaison des bielles plus faible
au concepteur.
Enfin on retrouve dans les deux règlements la définition de deux contraintes limites, la
première ayant rapport à la nécessité ou non d’avoir recours à des armatures d’effort
tranchant et la deuxième à la limite ultime de résistance de la section correspondant à
l’écrasement des bielles de béton impactant directement sur la section de béton.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 76/148
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Les éléments pouvant être dispensés d’armatures d’effort tranchant sont principalement les
dalles et les linteaux pour les poutres quelque soit le règlement pris en compte un
pourcentage minimale d’armature sera requis comme nous le verrons par la suite.
Dans le cas de notre ouvrage ceux sont les dalles du tablier qui sont concernées par cet
aspect.
C’est là que se distingue une différence notable entre les deux règlements, en effet la valeur
limite que fournit l’Eurocode est la même que pour les poutres qui dans leur cas sont soumis
à un pourcentage minimum d’armatures.
La valeur du cisaillement limite correspondant dans le cas d’un béton B25/30 est en terme de
contrainte:
τ Rd,c =0.495MPa
τ u max = 1.17MPa
Cette différence n’a une incidence que dans le cas de dalles fortement sollicitées comme les
radiers ou les planchers industriels puisque à titre indicatif pour une dalle de 22cm ces
cisaillements correspondent à un effort tranchant de 9 tonnes pour l’Eurocode et 22 tonnes
BAEL, ce qui ne concerne pas notre ouvrage mais la marge entre les deux règlements est tout
de même très importante.
La France a préféré conserver une valeur proche du BAEL dans son annexe nationale en
adoptant par exemple pour un B25/30 une valeur de 1.13MPa pour ne pas avoir à doubler
les sections de béton ou avoir à ajouter des aciers verticaux dans les éléments dalles pour
lesquels jusque là l’expérience avait révélé qu’il n’étaient pas nécessaires.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 77/148
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La ruine de la poutre à l’effort tranchant est atteinte quand les bielles de béton ont dépassé
leurs limites de compression pour les deux règlements.
Suivant la diminution de l’angle d’inclinaison des bielles pris en compte les équations du
treillis de Ritter Morsch conduiront elles aussi à une valeur plus faible de cette contrainte.
L’Eurocode prend pour référence cette valeur théorique pour définir la valeur limite de
l'effort tranchant ultime avec l’expression :
Dans le cas d’un angle des bielles à 45° pour les matériaux de notre ouvrage, Acier Fe500A et
Béton B25/30 cela correspond à une valeur de 4.5MPa alors que dans la même configuration
le BAEL donne une valeur limite de 3.33MPa d’après la formule suivante :
Les efforts tranchants correspondant à l’atteinte de ces valeurs sont VRd, max = 214t
Eurocode, Vu lim = 158t BAEL, pour les poutres maîtresses dans le cas de notre ouvrage ils
sont bien supérieurs aux valeurs effectives de l’effort tranchant.
Cependant pour des sections plus faibles ou des sollicitations relatives plus fortes là ou
l’Eurocode aurait conservé les sections le BAEL nous aurait obligé à consommer beaucoup
plus de béton en augmentant la section de 35% dans l’hypothèse d’un cisaillement
correspondant à la limite de 4.5MPa de l’Eurocode.
L’adoption d’une bielle minimale à 21.8° conduit en revanche à une contrainte ultime
Eurocode de 2.8MPa dans les mêmes hypothèses de matériaux . Si les bielles inclinées
permettent des économies d’armatures transversales elles peuvent se montrer plus
exigeantes en béton que le BAEL.
Dans le cas de notre ouvrage pour les poutres principales même pour les bielles les plus
inclinées l’effort tranchant admissible VRd,max : 133t avec un angle de 21.8°, surpasse
l’effort tranchant effectif VEd environ 70 tonnes dans les deux approches. Les cadres ont
donc pu être calculés suivant les différentes options de bielle à l'Eurocode.
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Les armatures d’effort tranchant se déduisent de l’équilibre des efforts dans le treillis de
remplacement comme les efforts de compression dans les bielles de béton.
L’Eurocode reprend l’expression de l’équation d’équilibre alors que le BAEL sur la base
d’essais expérimentaux pondère ce résultat en admettant qu’une partie des efforts dans les
tirants du treillis sont repris par le béton et les composantes verticales des bielles de béton
en introduisant le coefficient k, ainsi l’Eurocode s’avère beaucoup plus exigeant en acier avec
la considération de bielles à 45° que le BAEL.
Expression de l'Eurocode
On peut remarquer que le coefficient k est nul lorsqu’il a reprise de bétonnage dans la
hauteur de la poutre, hors c’est le principe qui avait été adopté pour ferrailler les poutres du
projet et c’est une situation que l’on retrouve régulièrement dans les poutres nervurant un
plancher où les retombées une fois coulées servent de support au coffrage des dalles. Dans
cette configuration les deux règlements donnent les mêmes résultats.
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Il est possible cependant technologiquement de couler les poutres sur toutes leur hauteur en
prévoyant les attentes nécessaires pour la reprise de bétonnage verticale et un système
d’étaiement supportant le coffrage des dalles pouvant lui-même être fixé aux poutres. Dans
ce cas l’absence de reprise de bétonnage revient à pondérer de 0,63 Mpa la contrainte de
cisaillement ce qui équivaut dans le cas de nos poutres à une réduction de l’effort tranchant
de 30 tonnes, sa valeur maximale étant de 70 tonnes, ce qui représente tout de même au
moins une économie de 43% d’acier.La section théorique du BAEL est bien entendu bornée
par le pourcentage minimal sans quoi dans certain cas on se retrouverait avec des quantités
d’armatures négatives.
On peut aussi remarquer l’utilisation des bielles variables présente un gain relativement
important en effet l’adoption de l’angle de bielle le plus faible : 21.8° réduit de 2.5 fois la
section de cadres obtenue pour une bielle à 45°, dans ce cas le ferraillage de certaines
section peut être plus faible que celui du BAEL sans reprise de bétonnage.
Dans le cas de notre ouvrage nous avons étudié les possibilités suivantes :
A titre de comparaison voici un tableau comparatif des quantités d’acier obtenues sur deux
des travées les plus sollicitées des poutres principales et les efforts tranchant maximums
correspondant.
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Si la les reprises de bétonnage n'avaient pas réduit le coefficient k du BAEL à zéro on peut
remarquer que les sections d'aciers auraient été comparables à celle de l'EC2 :
Si l’utilisation de bielles avec un angle faible présente une certaine économie par rapport au
BAEL elle présente un inconvénient, la plus-value de traction engendrée par les sollicitations
d’effort tranchant sur les aciers de flexions entraînant un décalage plus important de la
courbe des moments pour le tracé des épures d’arrêt des barres, ceci est explicité dans le
paragraphe suivant.
Dans les cas de l'utilisation des bielles les plus couchées on se retrouve souvent en
pourcentage minimum ce qui limité l'économie d'acier. Enfin l’adoption d’une bielle moins
inclinée a un impacte aussi sur les vérifications aux appuis.
Les deux règlements autorisent de coucher les cadres suivant un angle alpha par rapport à
l’horizontale comme cela est décrit dans le modèle de Ritter Morsch il y a peu de différence
entre les deux règlements concernant cet aspect, dans la réalité cette pratique est
économique en acier mais elle est délicate à mettre en œuvre et assez peu répandue, dans
notre étude comparative nous sommes restés sur une inclinaison de 90°.
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6.2.3 Influence de l'effort tranchant sur les armatures principales: décalage de la courbe
des moments et sections minimales aux appuis :
Une des grandes différences entre le BAEL et l’Eurocode est que ce dernier au lieu de se con-
centrer sur un treillis unique comme le faisait le BAEL, prend en compte des treillis multiples
pour tenir compte de l’espacement réel des cadres. Cette approche n’est pas nouvelle et
était déjà développée dans le BA68, elle conduit à des valeurs du décalage nettement plus
faibles, pour exemple dans le cas d’une bielle à 45° on obtient a = z/2 au lieu de a = z pour le
BAEL, cela revient à raisonner avec une bielle moyenne correspondant à la résultante de la
contribution des treillis.
La prise en compte de cette bielle résultante des multiples treillis conduit d'une part à
réduire le décalage de moitié mais aussi les efforts d'ancrage aux appuis.
Principe du treillis multiple (JM Paillet calcul des structures en béton- Ed Eyrolles)
Henri Thonier juge cette modélisation de l'Eurocode non sécuritaire en ce qui concernent la
vérification des appuis, a/2 correspondant à la présence d'une infinité de treillis composant
le treillis multiple ce qui demande à être vérifié.
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Ci dessous les lignes d'épures obtenues sur la travée centrale pour différents décalages et les
quantités d'aciers théoriques de flexion d'axe à axe :
BAEL
a=z
385kg
EC2
a=z
362kg
a = 0,5z
330kg
a = 1,25z
379kg
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Aux appuis les efforts tranchants en développant des bielles de compression dans le béton
génèrent de la traction sur les fibres tendues reprise par les armatures, les deux règlements
spécifient de vérifier la section d'acier ancrée en prenant en compte l'effort tranchant
ultime non réduit. La formule complète s'étendant aux appuis de rive comme aux appuis
intermédiaires en tenant compte du type de treillis considérés et des efforts normaux
éventuels est la suivante :
Dans le cas de notre ouvrage comme souvent les sections théoriques d'ancrage aux appuis
intermédiaires sont nulles, le moment de flexion de continuité comprimant suffisamment la
fibre inférieure pour éliminer l'effort de traction même en prenant en compte les efforts
normaux engendrés par le retrait.
Une différence importante de l'Eurocode concernant cet aspect est d'exiger un ancrage
minimal au moins égal à 25 % du moment en travée quand bien même la section théorique
serait nulle, alors que le BAEL ne définit pas de section minimale à ancrer.
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Au niveau des appuis de rive l'Eurocode avec la prise en compte d'un treillis multiple modifie
la section théorique à ancrer, pour une bielle à 45° elle est ainsi deux fois inférieure à celle du
BAEL tandis que l'utilisation de la bielle à 21,8° conduit à prendre un compte un effort
majoré de 25 % par rapport à celui du BAEL.
On peut remarquer que même la prise en compte de β2 = 0,25 aurait conduit dans le cas de
notre ouvrage a une section moins importante d'ancrage aux appuis qu'en appliquant le
treillis simple du BAEL pour les appuis de rive.
Ainsi localement aux appuis de rives ou le moment de portique est faible le BAEL accusera un
dépassement en terme d'aciers ancrés par rapport à l'Eurocode en revanche avec une bielle
à 21,8° l'Eurocode donne une section plus importante, dans le cas de notre ouvrage cette
situation est très locale et ne constitue pas un aspect économique majeur.
Dans le cas classique de la bielle à 45° les deux règlements conduisent à des relations
identiques, et l'annexe nationale à amener à borner la compression de la bielle à une valeur
comparable de la contrainte à celle du BAEL pour l'EC2. Par contre lorsque la bielle a un angle
plus faible les efforts de compressions sont plus importants dans la bielle, à 21°8, la
contrainte effective est plus que triplée, dans notre cas nous étions justes, cet aspect peut
limiter l'angle minimal de bielle adopté dans les calculs ou amené à redimensionner les
appuis en cas de dépassement.
Soit :
Pour θ=45° σRd,1 = 2,00 VEd/(lbd.bw)
(comme au BAEL)
Pour θ=21,8° σRd,1 = 7,25 VEd/(lbd.bw)
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Un autre point singulier de divergence entre les deux règlements réside dans l’approche des
problèmes d’adhérence et d’ancrage entre l’acier et le béton.
Cet aspect du béton armé est déterminé par la contrainte d’adhérence, celle-ci dépendant de
la classe du béton et de la nature des barres utilisées.
Les deux règlements adoptent une valeur assez proche de cette contrainte :
Une des particularités de L'Eurocode est de définir de bonnes conditions d'adhérence. Pour
les barres faisant un angle au plus égal à 45° avec la direction du bétonnage elles sont jugées
bonnes et la contrainte de calcul ne s'en trouve pas réduite par le coefficient η1=0,70 c'est le
cas des cadres d'effort tranchant et des armatures principales des poteaux. Concernant η2 il
est égal à 1,00 pour les diamètres inférieurs à 32 mm.
Dans les autres cas notamment des aciers de flexions des poutres et des dalles où cette
condition n'est généralement pas possible, le règlement fait des exceptions suivant la
distance des armatures au parement supérieur pour les poutres et l’épaisseur de la dalle.
D’après les formules précédentes la contraintes d’adhérence du BAEL est de 2.8 MPa dans
notre cas. La valeur Eurocode dans une expression toujours liée à la contrainte de traction
admissible valant tant qu’à elle 2.7MPa pour notre structure en bonne condition
d'adhérence.
Les deux règlements autorisent de déterminer des longueurs d’ancrages soit conservative-
ment en fonction de l’effort capable de la barre soit en fonction de la valeur effective de la
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sollicitation. Généralement dans le cadre d'un bon dimensionnement des aciers on peut
considérer que la longueur de scellement peut être évaluée sur la base de l'effort capable de
la barre, l'autre option conduisant à des calculs laborieux au cas par cas.
Une différence notables est que alors que le BAEL se réfère à la limite élastique pour
l'ancrage total dans une approche conservative l'Eurocode prend pour valeur la contrainte de
calcul ultime, le scellement doit reprendre un effort capable de la barre plus faible en
conséquence sur une distance moins grande. La différence précédemment citée conduit ainsi
dans le cas d’un ancrage droit total dans nos hypothèses à 44Φ pour le BAEL et 40Φ pour
l’EC2 avec de l'acier 500 et du B25.
L’une des principales innovations de l’Eurocode est d’introduire des coefficients pondéra-
teurs prenant en compte par exemple l’enrobage et le confinement des barres, ces coef-
ficients ayant généralement un effet minorant des longueurs d’ancrage.
Cependant leur détermination dépend de la barre étudiée, et nécessite l’étude au cas par
cas pour pouvoir profiter de ces derniers, cet aspect peu se révéler assez onéreux en terme
de temps d’étude et de gestion des aciers sur places.
Ces coefficients tiennent compte dans l'ordre de leur numérotation : de la forme des barres ,
des conditions d'enrobage , du confinement par rapport aux armatures transversales, des
soudures éventuelles aux armatures transversales et enfin des conditions de pressions
transversales.
Ils ont tous un effet réducteur vis à vis de la longueur de référence, la seule chose que l'on
puisse leur reprocher est que pour réellement profiter des optimisations d'ancrage qu'ils
induisent il faut réaliser une étude poussée de la situation de chaque barre, ce qui implique
des taches supplémentaires aux bureaux d'études comparativement au BAEL et l'obligation
l'entrepreneur d' une certaine rigueur dans la gestion de ses commandes d'acier et leur mise
en œuvre , autrement dit la standardisation et la rapidité des taches peut s'en trouver
affectée et des erreurs commises.
L'un des coefficients intéressant est celui tenant compte de la soudure de la barre en effet il
arrive souvent que les entreprises utilisent des armatures préfabriquées soudées à leurs
cadres dans un soucis de rapidité d’exécution des projets, dans le cas de notre ouvrage et des
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conditions locales il n'était pas possible de profiter de cette option, on peut cependant
remarquer que le dit coefficient : α4 est égal à 0,70 dans le cas d'une barre confinée soudée.
Concernant les aciers principaux de flexion on peut aussi remarquer que lorsque la courbe
des moments résistants des lits d'armature couvrent la courbe des moments phénomène qui
est amplifié par la réduction des longueur de scellement : la longueur des barres n'a pas
d’Impacte sur le façonnage des barres hormis au niveau des recouvrements et des ancrages
aux appuis, dans le cas ou la tangente coupe la courbe l'augmentation des longueurs d'acier
est très relative.
Vis-à-vis des ancrages courbes le BAEL admet une réduction de la longueur développée de
l’ancrage due à sa forme. Il autorise à calculer la longueur nécessaire des ancrages courbes à
partir de l’effort de frottement là ou les forces centripètes agissent .
L’ Eurocode ignore cet aspect et prend pour longueur projetée de l'ancrage courbe lb,qrd
pondérée de α1 = 0,70 pour les courbures supérieures à 3Φ ce qui conduit à des longueur
développées totales équivalentes à lb,qrd plus importantes que le BAEL qui au contraire la
réduit de 20 % en profitant de l'effet du à la courbure.
Concernant les quelques barres dont la longueur dépassait 12,00m nous avons utilisé des
coupleurs cependant on peut remarquer des différences intéressantes entre EC2 et BAEL
concernant le recouvrement des barres des poutres.Dans le cas de l'EC2 on peut recouvrir
jusqu'à 50 % des barres à condition de pondérer la longueur de scellement droit d'un
coefficient α6 allant jusqu'à 1,50, option qui n'était pas proposée dans le BAEL. En revanche
ce ratio n'est applicable que sur une longueur égale à 1,30 l0 là ou le BAEL se limité à la
longueur de scellement droit ce qui est moins contraignant.
avec l0 = α6 lb,qrd
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Le façonnage des cadres d’effort tranchant dans les deux règlements obéit à des principes
forfaitaires par soucis de simplification. L’Eurocode spécifie 5 diamètres pour les cadres, les
étriers et épingles alors que le BAEL adopte 10 diamètres pour les cadres.
L’Eurocode limite qui plus est la longueur d’ancrage droit de 50mm là ou le BAEL n’admettait
pas de valeur minimale.
Au final épingles et étriers pour des diamètres inférieurs à 10mm seront plus économiques
au BAEL mais ce dernier pourra donner des cadres avec plus d'acier. Avec un système de
cadre HA8 + 4 épingle HA6 par file de cadre on trouve la quantité d'acier suivante par file, la
différence est au finale pour ainsi dire inexistante en terme de quantité d'aciers.
2,06kg/file
(Pratique du BAEL 91 J Perchat, J Roux, Ed Eyrolles)
2,07kg/file
(Pratique de l' EC2 J Roux Ed Eyrolles)
Les poutres du auvent ont une hauteur atteignant 1,00m pour ce qui concernent les
principales dans ces conditions des armatures de peau sont nécessaires pour limiter la
fissuration et l'épaufrure du béton, pour la même raison ces armatures sont aussi requises
lorsque des sections d'acier massives(paquet de barres ou gros diamètres) arment la fibre
tendue des poutres, les deux règlements prennent en compte cet aspect.
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L'EC2 dit : il convient de prévoir des armatures de peau supplémentaires afin de maîtriser
la fissuration sur les joues de la poutre. Il convient de répartir ces armatures régulièrement
entre le niveau des armatures de traction et l'axe neutre.
Le BAEL dit :Des armatures dénommées armatures de peau » sont réparties et disposées
parallèlement à la fibre moyenne des poutres de grande hauteur ; leur section est d'au
moins 3 cm par mètre de longueur de paroi mesurée perpendiculairement à leur direction
D'autre part la répartition de ces aciers s'effectue sur toute la hauteur de la retombée là où
l'Eurocode se limite à la distance entre l'axe neutre et celui des aciers principaux. Il s’avère
beaucoup plus exigeant en acier que le BAEL concernant les armatures de peau .
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6.2.5 Synthèse des quantités d'aciers principaux sur les poutres du tablier :
BAEL
Travée 1 2 3
Aciers de peau 57 55 66
EC 2 θ=45°
Travée 1 2 3
EC2 θ=21,8°
Travée 1 2 3
cadres 79 77 87
Au final concernant les poutres principales il apparaît que c'est l'Eurocode avec la prise en
compte de bielle à 21,8° qui donne le ferraillage le plus économique, le gain d'acier sur
l’ensemble de la poutre avec le Bael est de 7 % alors qu'elle est de 2 % avec la bielle à 45°.
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Sur l’ensemble des poutres on a finalement trouvé les quantités d'aciers présentées dans
l’histogramme suivant qui conduit aux différences précédemment décrites :
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6.3.1 Généralités :
L'étude des poteaux en béton armés est une problématique qui peut s'avérer très laborieuse
du fait des phénomènes d'instabilité et des sollicitations du second ordre caractérisant le
phénomène de flambement.
Les deux règlements donnent des méthodes et des simplifications suivant certaines
conditions qui permettent de s'affranchir d'un calcul assez lourd, dans le cas de notre
ouvrage nous avons pu en bénéficier et je me suis limité à approcher le phénomène sous cet
angle.
Une étude approfondie du phénomène aurait nécessité beaucoup plus de temps et des
moyens logiciels dont je ne disposais pas , je dégagerais cependant les éléments
fondamentaux différenciant l'approche Eurocode et BAEL.
Suivant les deux règlements on retrouve les notions d'excentricité du premier ordre
correspondant l'excentricité initiale due au chargement des poteaux (quasiment identiques
suivant les deux règlements) et aux imperfections géométriques avant que les phénomènes
de flambement ne soit pris en compte.
L'Eurocode s'avère moins contraignant que le BAEL qui quel que soit le cas prend une valeur
minimale de 2cm à comparer au 250ième de la hauteur soit ici 2,40cm.
et : ei= θi lo/2 avec un nombre d'étage m égal à 1,00 cela conduit à ei = 1,22cm
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On peut cependant remarquer que dans le cas de sections en flexion composée de sections
symétriquement armées l'Eurocode considère une excentricité minimale de 2 cm.
L'interprétation de l'article concernant cette excentricité minimale est que c'est une valeur
minimale donc non cumulable mais à comparer avec l'excentricité totale du premier ordre .
Dans le cas d’éléments bi encastrés avec un nœud déplaçable en tête l’Eurocode et le BAEL
autorisent l'approximation sur la longueur de flambement égale à la hauteur de calcul du
poteau, ici 6.00 m en se référant au cas e) des situations possibles ci dessous. .
Cette valeur a été confirmée par son calcul à partir du modèle aux éléments finis en
adoptant les méthodes préconisées par les deux règlements. L'encastrement en tête de
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poteau n'est en effet pas parfait et par rapport à la valeur approchée la longueur de
flambement est légèrement supérieure du fait de la souplesse de la liaison haute.
Sous certaines conditions les deux règlement admettent et définissent un calcul des poteaux
en supposant maîtrisés les effets du second ordre.
On pourrait croire que l'Eurocode est le seul des deux règlements a réellement considérer la
situation de compression centrée cependant du fait de la prise en compte d'une excentricité
minimale des poteaux et de l'excentricité minimale de flexion composée on est toujours en
flexion composée même lorsque les effets du second ordre peuvent être négligés.
Le BAEL quand à lui prend en compte un coefficient d'amplification des efforts lié à
l'élancement des éléments dans cette approche, il s'agit donc d'un calcul simplifié au
flambement sous réserve que l'élancement n’excède pas 70 et que les moments appliqués
au poteau n'engendrent pas un une excentricité supérieure à la moitié de la demi largeur du
noyau central. Dans notre cas pour un poteau circulaire de 50cm de diamètre e lim = 50/16=
3,125cm.
Les conditions de l'Eurocode sont drastiques pour se retrouver dans cette configuration et
pour que les effets du second ordre soient négligés dans le cas de la compression ou de la
flexion composée l'élancement limite doit vérifier la formule ci dessous :
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Dans notre ouvrage les poteaux de section circulaire ont un élancement moyen (les cas
varient suivant la position du poteau concerné) de 50.
Suivant les valeurs de n pour la plus petite on sera borné à un élancement limite égal à 35, la
considération d'un poteau fortement sollicité pourra conduire à une valeur de C égale à 1,35
pour ρ=0,015 soit ω= fyd/fcd , 0,015 = 0,40 pour du béton B25/30 et de l'acier Fe500 soit un
élancement limite de 45. On est loin de la marge du BAEL avec l'élancement limite de 70.
En se basant sur un rapport n=1 et n=0,1 : en fixant A et C à leur valeur courante on obtient
On peut aussi pour les valeur courante A,B,C fixées faire varier n ci dessus
On arrive difficilement dans le meilleur des cas à un élancement limite de 50 et ceci pour des
sections abondantes en béton ou des efforts normaux suffisamment faibles avec un
coefficient n peu élevé.
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Dans le cas de notre ouvrage la valeur du coefficient de fluage des poteaux de 2,56 qui
donne un coefficient efficace égal à 1,50, sur lequel nous reviendrons pour parler du calcul à
l'état limite de stabilité de forme, a conduit aux élancement limite pour les poteaux
intérieurs et d'extrémités suivants :
Comparativement dans le cadre du BAEL certains poteaux ont pu être épargné du fait de la
faiblesse de leur moment malgré des efforts normaux importants . Dans le cas général le
BAEL simplifie grandement les calculs.
Pour palier à ce changement de procédure par rapport à l'ancien BAEL la France a introduit
une recommandation professionnelle avec une méthode simplifiée développée par Henri
Thonier, enveloppe de la méthode de la courbure nominale (qui sera décrite plus loin) et
inspirée du calcul BAEL pour conserver les habitudes vis à vis du calcul dit en » compression
centrée » :
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L'application de cette méthode donne cependant des résultats très proches du BAEL dans le
cas de charge appliquée entre 28 et 90jours.
C'est une méthode conservative et enveloppe d'une méthode simplifiée, elle a été recalibrée
pour retrouver les résultats de la méthode approchée du BAEL dans le cas de la compression
centrée.
Il faut aussi souligner que dans le cas de l'ouvrage les descentes de charges n'étaient pas
assez importantes vue les dimensions des poteaux pour faire travailler l'acier dans le cas de
la compression centrée.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 98/148
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Dans le cas général de l'Eurocode de sans effet du second ordre le fait de ne pas prendre en
compte de coefficient d'amplification et de réduction de la section impacte sur le critère
autorisant un ferraillage minimal , la prise en compte d'un section minimale d'armatures
dans le cas des poteaux intervient lorsque en faisant abstraction des phénomènes
d'instabilité l'effort capable réglementaire de la section de béton seule, est capable de
reprendre l'effort effectif.
Pour des poteaux en compression centrée suivant l'Eurocode cette valeur limite de l'effort du
béton est égale à Ac.fcd ,pour l'annexe nationale Ac .fcd .Kh .Ks.α ,pour le BAEL α Br fc28/
(0,9ϒb).
Si l'on considère Ks=Kh=1,00 ce qui est notre cas l'écart provient du coefficient d'élancement
α et des contraintes de calcul du béton.
Dans le cadre d'un élancement maximum de 35 pour rester dans le cas de la compression
centrée Eurocode on a α>0,70 ce qui correspond grossièrement au rapport le plus important
de l'effort limite BAEL sur l'effort limite EC2 .
On aura par exemple pour un poteau de 20x50 avec un élancement de 35 les efforts capables
du béton suivant:
et
Il faut cependant rappeler que cette situation est très rare à l'EC2 et l'application de la
méthode des recommandations professionnelles conduit à des valeurs limites comparables
de l'effort limite de ferraillage, α étant très proche dans les deux cas.
Concernant les conditions dispensant d'une prise en compte des effets du second ordre il
faut aussi mentionner une autre condition de l'Eurocode à savoir que les effets du second
ordre soit inférieurs ou égaux à 10 % de ceux du premier ordre, condition qui demande un
calcul du second ordre cependant comme l'Eurocode propose des méthodes simplifiées cela
peut s'avérer intéressant de réaliser un premier calcul en les utilisant.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 99/148
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6.3.4.1 Généralités :
Suivant les données géométriques et mécaniques pour différentes valeurs de l'effort normal
la structure sera capable ou non d'équilibrer ces efforts et tendra vers un état d'équilibre ou
sera conduite à la rupture.
Le seuil d'équilibre correspond à un effort normal critique qui a été déterminé par Euler dans
le cas simple de poteau bi-articulé, cette force critique est fonction de la rigidité définissant
la résistance interne et de la longueur sur laquelle flambera l'élément.
Le but d'un dimensionnement d'un élément dans ces conditions est donc de vérifier cet état
d'équilibre vis à vis des effets du second ordre correspondant.
En béton armé la tache est ardue à cause du matériau et de son comportement. Le principe
général est de rechercher un état d'équilibre stable entre les efforts internes et externes de
la structure.
L'une des manières les plus rigoureuse développée par Faessel pour appréhender le
phénomène est de considérer une excentricité interne fonction du moment et de l'effort
normal capables autrement dits les efforts internes(Mi,Ni) de la section considérée en
situation de flexion composée et de les comparer aux efforts extérieurs.
Le moment interne est lié directement à la courbure de l’élément, d'autre part pour une
courbure et une excentricité il ne pourra exister qu'un effort normal interne possible, ces
trois grandeurs sont liées par les relation d'équilibre mécanique de la section qui nous
conduisent à une relation Φ(Ni,1/r,ei)=0.
L'application de cette relations permet pour un effort Ni donné de définir ei(1/r), la courbure
par ailleurs est liée aux déformations de l'élément et contribue donc aux moments extérieurs
du second ordre dont dépend l'excentricité des efforts appliqués soit l'excentricité externe.
L'équilibre sera considéré admis si Ni > Next et e int > e ext .
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 100/148
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Dans la
pris en
compte
d'un
poteau bi
articulé
accusant
une
Sur le diagramme ci dessus tiré de l'ouvrage Maîtrise de l'Eurocode 2 édition Eyrolles par
Jean Roux donnant ei(1/r) en bleu et e ext(1/r) en rouge on peut voir les différentes
situations d'équilibre possible(attention Ni+1>Ni) ; pour que le poteau soit stable il faut se
trouver entre E1 et E2 où toutes les conditions sont vérifiées.
C'est une tâche relativement laborieuse conduisant à un calcul itératif pour laquelle l'outil
informatique s’avère généralement indispensable.Le principe consiste à partir d'un état de
déformation des sections et de comparer les efforts et les excentricités.
Une simplification admise est de ne réaliser le calcul que sur les sections les plus critiques.
Les deux règlement admettent et recommande cette démarche, les principales différences
proviennent des hypothèses sur les matériaux.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 101/148
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Pour l'analyse au flambement l'Eurocode prend en compte un diagramme σ/ε brut sans
l'approximation parabole rectangle avec un module Ecd=Ecm/1,20 pour la partie élastique du
diagramme ce qui est plus pessimiste que dans le cas du BAEL ou E restait inchangé, ce qui
réduit comparativement la pente de la courbe, mais comme pour l 'ancien règlement la
contrainte de crête est identique à la valeur réglementaire du calcul ultime fcd courant, la
déformation εc1 au pic de contrainte assez proche 0,207 % pour 0,2 % au BAEL.
Ceux sont des différences au final assez mineures. Concernant le module il faut aussi
remarquer que dans leurs méthodes approchées décrites plus loin le calcul est mené à partir
des courbures.
Concernant le fluage les deux règlements le prennent en compte en opérant une affinité sur
le diagramme des déformations instantanée du béton, cette amplification des déformations
est au finale assez proche entre les deux règlements.
Cette amplification prend en compte le coefficient de fluage qui est fixé à 2 au BAEL alors
qu'il peut varier généralement entre 2 et 3 à l'EC2, cependant cette valeur est pondérée par
un ratio de moments sous deux combinaisons différentes. Alors que le BAEL prend en
compte le rapport entre le moment sous la combinaison quasi-permanente par la
combinaison de service, L'Eurocode remplace le moment de service par le moment ultime.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 102/148
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De ce fait on arrive à des valeurs assez proches, pour exemple dans notre ouvrage dans le cas
des poteaux :
ϕ(∞,to) = 2,50 et M0Eqp/M0Ed =0,60 pour l'EC2 soit ϕeff = 2,50x0,60 = 1,50
Au finale l'amplification des déformation sera de 2,50 à l'EC2 pour 2,60 au BAEL dans le cas
des poteaux de notre auvent du fait de l'importance des actions de longue durée .
Généralement plus les actions permanentes sont importante plus le coefficient de fluage de
l'Eurocode est élevé et le coefficient α du BAEL aussi, d'où la proximité des valeurs.
La particularité de l'Eurocode est de considérer un fluage non linéaire au-delà d'une certaine
valeur de la contrainte effective du béton soit la valeur limite de 0,45fck soit 11,25MPa, à
partir de ce palier le coefficient de fluage dépend de la valeur de la contrainte de
compression effective du béton et donc le coefficient de fluage effectif aussi.
Cet aspect peut apparaître assez compliqué et introduit un calcul non linéaire dans une calcul
qui ne l'était déjà pas, mais on peut se poser des questions quand à l'utilité de cette relation
en effet au pire des cas pour σc = fcd = 0,675.fck=16,66MPa, pour un B25/30 kσ= 33/16,66
= 0,505 et exp( 1,5(kσ-0,45)=exp(0,082)=1,09 soit une majoration de 9 % du coefficient de
fluage et donc du coefficient effectif.
Dans notre cas l’amplification des déformations devient 1+1,50x1,09=2,63 au lieu de 2,50 la
différence de déformation ou d'affinité appliquée au diagramme des déformations est de
2,63/2,50=5 %.
Dans le cas de l'ouvrage les calculs ont d'abord été menés avec un coefficient constant en
supposant des contraintes admissibles car la majoration due à un coefficient non linéaire
aurait été très relative mais les calculs non .
Concernant les déformations admissibles de l'acier on dispose d'un palier plastique plus
étendu à l'Eurocode pour la classe d'acier A : la déformation ultime admissible est deux fois
supérieure à celle du BAEL. Cependant au niveau des fibres comprimées son
raccourcissement reste borné par celui du béton comprimé.
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Le béton tendu :
La seule référence en terme de méthode de calcul concernant cet aspect renvoi à la méthode
de détermination des flèches traitée dans le chapitre sur les états limites de services, où le
coefficient de distribution de la fissuration traduit en fait la contribution du béton tendu
entre les fissures.
Le problème vient du fait que cette méthode définit le coefficient sur la base du rapport de la
contrainte effective de l'acier par la contrainte entraînant la première fissure, elle dépend du
moment effectif et de l'effort normal appliqués à l'élément comme les moments internes et
les efforts normaux internes sont définis sur la base d’hypothèses successives sur les
déformations dans le cadres des calculs itératifs au flambement cela complique
extrêmement les choses.
Comme le propose Jean Marie Paillé dans son livre « calcul des structures à l'Eurcode2 » il
est peut être plus simple de reprendre l'approche du BAEL dans la prise en compte du béton
tendu, méthode qui est d'ailleurs utilisée à l'Eurocode pour déterminer l'ouverture des
fissures. L'idée étant d'appliquer une loi de Hooke au bulbe de béton entourant l'armature
entre deux fissures successives pour corriger la déformation de l'acier avec la contribution du
béton tendu.
Cet aspect n'est pas traité dans ce mémoire et comme il a été dit précédemment dit, une
comparaison précise de l'analyse du flambement suivant les deux règlement est à elle seule
un sujet de mémoire tant les calculs sont lourds, surtout pour arriver à des conclusions
nettes.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 104/148
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L'Eurocode apporte des solutions pratique avec ses méthodes simplifiées pourtant elles
existent aussi au BAEL, ce dernier par contre n'en décrit qu'une seule précisément.
On distingue deux méthodes principales simplifiées , une troisième approche existe aussi
basée sur une amplification des moments elle existait dans les règlements antérieurs mais
n'est à présent explicitée dans aucun des deux règlement hormis partiellement dans la
méthode des rigidités ci aprés.
-La méthode de la rigidité nominale qui consiste à prendre en compte une rigidité
homogène pour utiliser les principes de l'analyse élastique linéaire eulérienne à fin de
déterminer l'effort critique et l’amplification due aux effets du second ordre.
Cette méthode décrite de manière précise dans l'Eurocode n'est que suggérée dans le BAEL,
le règlement spécifie cependant de choisir cette rigidité de manière judicieuse ce qui est déjà
un point de départ.
On ne peut donc ici effectuer de comparaison que sur la méthode des courbures concernant
les simplifications admises par les règlements :
Conditions d'application :
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Cette méthode consiste à estimer la courbure dans la section la plus sollicitée sur la base
d’hypothèses conservatrices . Le point fondamental est que l'intersection entre les courbes
de l'excentricité externe et interne ne peut se trouver qu'à proximité du coude de la courbe
de l'excentricité interne qui correspond au point de passage des aciers dans le palier
plastique soit l'atteinte de la limite élastique.
Ci dessus l'approximation faite sur la courbure critique (Maîtrise EC2 J Roux Ed Eyrolles)
La considération que les aciers tendus et comprimés sont à la limite élastique conduit à
obtenir la valeur suivante de la courbure :
Cette courbure doit être corrigée en fonction de l'effort normal effectif appliqué à l’élément,
en effet dans une situation de flexion composée pour une section donnée la courbure
maximale correspondant au moment maximal admissible de la section sera atteinte pour
une valeur appelée N bal de l'effort normal, en simplifiant la variation entre Nud et N bal sur
un diagramme d’interaction on déduit la valeur du coefficient de réduction Kr :
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Kr est un coefficient qui est donc réducteur et borné à 1,00 comme valeur maximale.
Si l'on raisonne en terme d'effort normal réduit ce coefficient sera égal à 1 pour des sections
où n=NEd/Ac.fcd<0,40 quel que soit le ferraillage en place, autrement dit quand les sections
de béton sont importantes par rapport aux efforts effectifs.
C'est dans cette zone où n varie entre 0 et 0,4 que la section admet les moments résistants et
les courbures admissibles les plus importants.
Dans le cas de notre ouvrage où les descentes de charges ne sont pas significatives par
rapport à l'effort capable des sections de béton avec tout au plus n max= 0,27, Kr est
toujours égal à 1, il faut donc atteindre un certain seuil n=0,4 pour que l'acier commence à
être pris en compte. C'est une approche conservative de prendre en général Kr=1,00.
C'est quand à lui un coefficient amplificateur borné à 1,00 en valeur minimale qui fait
intervenir le coefficient de fluage efficace en le pondérant d'un coefficient β fonction de
l'élancement et de la résistance du béton : β= 0,35 + fck/200 - λ/150 .
soit : Kϕ = 1,22
Dans notre cas avec des moments bitriangulaires avec leur crête aux extrémités il serait très
pessimiste de considérer les moments maximaux comme référence, d'autant plus qu'à mi
travée ils sont faibles, l'Eurocode propose la même moment de remplacement que le BAEL :
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 107/148
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Le BAEL définit sa formule sur la base d'une courbure approchée comparable à celle de
l'Eurocode en raisonnant avec la même déformation des aciers .
D'après les notations et les hypothèses du BAEL en raisonnant cette fois sur les aciers tendus
et le béton comprimé on trouve pour εbc = 0,2 %.(1+α ϕ) et εs=0,218 %:
1/r=(2(1+α ϕ)+2,18)/1000d
En remplaçant cette fonction par une borne supérieure : 2,2(2+α ϕ)/1000d en appliquant en
somme l'amplification de fluage aux aciers et en prenant 0,22 % pour la déformation du
béton, en utilisant la valeur approchée de l'excentricité e2 = 1/r . lf²/π² ≈ 1/r. Lf²/10 et avec
h= 0,9d on obtient la valeur approchée suivante de e2 :
La dernière approximation sécuritaire du règlement est de remplacer 2,44 par 3 soit une
majoration de 23 %, ce qui conduit à la formule finale du BAEL.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 108/148
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considéré, pour des valeurs élevées de e1 les différences seront plus réduites pour les
moments de calculs.
Comme cela a été dit le BAEL suggère cette méthode mais ne propose aucune démarche, à la
différence de l'Eurocode, cette méthode fait partie comme celle des courbures des
méthodes admises dans l'annexe nationale.
Cette méthode peut se résumer à déterminer dans un premier temps le moment du second
ordre sur la base de la solution d’un cas de déformée sinusoïdale auquel ont été appliqués
des coefficient correcteurs correspondants aux sollicitations réelles, cette solution n’étant
valable que dans le cas ou on se trouve dans la zone d’équilibre.
La force critique doit donc être calculée à partir d’une détermination de la rigidité nominale
du poteau et comparée à l’effort normal effectif qu’elle doit dominer sinon on a instabilité. La
principale difficulté provient de la détermination de cette rigidité .
Avec:
Et:
Le problème de cette méthode est que pour les structures hyperstatiques elle demande de
prendre en compte la fissuration et si nécessaire la contribution du béton tendu, cela rend
son intérêt discutable par rapport à la méthode générale en terme de quantités de calcul et
de simplicité d'application, c'est la raison pour laquelle nous ne l'avons pas utilisé et
développé dans notre étude.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 109/148
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Au final nous avons dégagé deux configurations principales pour les poteaux :
- 1er cas : des poteaux d'extrémités (1ère et 2ième travée) avec des moments importants et
des efforts normaux parfois assez faibles qui ont pu être dimensionnés avec les méthodes
simplifiées du BAEL et de l'Eurocode.
- 2ième cas : des poteaux centraux (3ième travée et 4ième) avec des moments négligeables
pour les efforts normaux les plus élevés. Ces derniers ont donc été calculés avec la méthode
de la compression centrée au BAEL et pour l'Eurocode suivant la méthode des courbures par
soucis d'optimisation, à titre de comparaison on a aussi utiliser la méthode de l'annexe
nationale plus conservative.
NEd/Nu(t) 37 37
MEd/Mu(t,m) 7 7
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 110/148
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La marge de 10 % de dépassement des effets du second ordre pour pouvoir les négliger n 'est
pas vérifiée avec le moment du second ordre M2=37x0,2674= 10t.m représentant 20% du
moment M1=37x0,2224=8,3t.m du premier ordre à l'EC2.
Le ferraillage a été ensuite déduit des diagrammes d'interactions des deux règlement avec un
palier horizontal, la seule différence provenant des contraintes admissibles du béton
légèrement supérieures à L'EC2 comme cela a déjà été dit.
Je ne pense pas qu'il soit judicieux d'utiliser un palier incliné pour le ferraillage des poteaux,
on est toujours limité par le raccourcissent du béton d'où un faible gain et le prendre en
compte pour les parties tendues peut sous dimensionner les aciers comprimés,
effectivement suivant les cas de charges une zone tendue peut devenir comprimée et l'on
adopte des armatures symétriques.
Dans le cas de l'Eurocode l'équilibre est assuré avec le minimum d'acier il en va de même
avec le BAEL.
Dans la pratique la correction des moments n'était pas possible même si elle parait
raisonnable, du fait des nœuds déplaçables en prenant le moment maximal avec un effort de
16t.m dans une approche conservative on a trouvé 12cm² d'acier à l'EC2 et 15cm² au BAEL.
Dans ce cas là on s'est trouvé au pourcentage minimal dans les deux règlements en
appliquant l'annexe nationale à l'EC2 . Comme la méthode des courbures de l'eurocode est
enveloppée par la méthode de l'annexe nationale on aurait aussi trouvé le pourcentage
minimum suivant cette dernière.
Le béton s'avérait suffisant pour reprendre les efforts dans ces conditions d'élancement et de
chargement.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 111/148
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Le pourcentage minimal d'armatures est plus faible à l'Eurocode on retrouve 0,002Ac mais
les 4cm²/ml de périmètre ne sont pas reconduits, pour un poteau circulaire la condition du
périmètre n'est déterminante que pour des diamètres supérieurs à 80cm valeur pour
laquelle 0,002πr²=2πr.0,0004 soit r=0,40m et donc D=80cm.
Ci dessus les valeurs du pourcentage minimale (4u et 0,002B) en fonction du rayon du poteau. Les poteaux de
plus de 1,00m de diamètre ne sont pas très courants.
Dans le cas de nos poteaux cela conduit à Amin= 6,28cm² pour le BAEL et 3,9cm² à l'EC2 soit
une économie de 60 % d'aciers à l'Eurocode.
Cet aspect n'est pas un point anodin car la situation de pourcentage minimal est souvent
retrouvée dans les bâtiments courants pour des élancements faibles le béton est capable de
reprendre des efforts très importants pour des sections minimales d'aciers.
Au niveau des cadres, pour les éléments en flexion composés on retrouve les principes
appliqués aux poutres avec en revanche les espacements maximaux des poteaux.
Dans le cas courant des poteaux l'Eurocode diffère avec un espacement de 20Φ
au lieu des 15Φ du BAEL.
En revanche le recouvrement est celui des poutres et les cadres de coutures sont très
pénalisant ce qui rend l'Eurocode moins économique sur ces dernières dispositions
constructives la minoration de 0,6ls du BAEL n'est en effet pas reconduite.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 112/148
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7.1.2 Généralités
Le respect du non dépassement des moments réduits limites dans le pré dimensionnement
des sections conduit à la vérification des contraintes en service cependant le maître
d'ouvrage peu imposer un calcul vérificatif.
Pour appréhender cet aspect et les différences susceptibles d’apparaître entre les deux
règlement j'ai mené un calcul de vérification des contraintes sur les poutres principales, les
vérifications ont été menées à l'état fissuré démarche conservative généralement admise
pour ce calcul .
Les méthodes de calcul sont identiques à l'Eurocode et au BAEL, les différences proviennent
des hypothèses concernant les matériaux et les contraintes limites admises.
La particularité de l'Eurocode pour le cas de notre ouvrage et plus généralement pour les
classes X0 et XC est de ne pas considérer de limitation de la contrainte de compression du
béton en service, on peut donc admettre une valeur limite de 25MPa pour du B25/30. Au
contraire dans le cas de la fissuration peu préjudiciable adopté dans notre ouvrage pour
l'application du BAEL, la contrainte du béton en service est limitée à 0,6.fc28 soit 15Mpa
pour pour fc28=25MPa.
Au niveau des aciers dans les deux règlements pour la fissuration peu préjudiciable du BAEL
et la classe XC il n'y a pas de limitation de la contrainte de l'acier en service, le BAEL et
l 'annexe nationale recommande simplement par conservatisme 0,8Fe ou 0,8fyk en notation
Eurocode.
On a donc adopté dans le cadre de notre ouvrage les limites de contraintes suivantes en
service :
BAEL EC2
Contrainte limite de compression du béton en service(MPa) 15 25
Contrainte limite de traction de l 'acier en service(MPa) 400 400
Dans la pratique en ayant fixé le même coffrage d'origine pour notre étude comparative,
vérifiant les conditions du BAEL et donc les conditions moins drastiques de l'EC2, nous
n'avons jamais atteint dans le cadre de l'Eurocode de contraintes supérieures à 15MPa.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 113/148
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La vérification des contraintes en services est effectuées sous la combinaison rare qui est
généralement la plus défavorable dans les deux règlement, les différences sont faibles en
terme d'actions et sont tout au plus de 2 % ce qui est assez négligeable .
Nous avons utilisé le palier incliné pour le calcul des aciers à l'Eurocode qui conduit losque le
béton est surabondant dans une section à pouvoir atteindre une économie de 4 % d'acier par
rapport à l'utilisation du palier horizontal au BAEL .
Ceci a bien évidemment une légère incidence sur les contraintes calculées à l'Eurocode. Dans
la pratique on aboutit à une variation de la contrainte de l'acier de la même amplitude (4 %
quand l'économie d'armature le permet).
Comme cela apparaît aussi dans le calcul des flèches le fait que l'Eurocode adopte un
coefficient effectif et non forfaitaire comme le BAEL avec un coefficient de fluage qui peut
être supérieur à 2,00 ; a une incidence dans les valeurs des inerties des sections homogènes
et donc dans le calcul des contraintes.
Comme la majeur parties des charges sont de longues durées, avec un coefficient de fluage
supérieur allant jusqu'à 2,5 suivant les éléments concernés , on a une valeur courante du
coefficient d'équivalence égale à 21 soit 40 % de plus que la valeur de 15 du BAEL.
L'augmentation du coefficient d'équivalence a tendance à augmenter la contrainte de l'acier
et de réduire celle du béton .
Si on écrit l' expression de la contrainte du béton à l'état fissuré on voit que ces deux aspects
ont une effet contraire sur la variation de la contrainte de compression du béton en fonction
du coefficient d'équivalence et finalement le module de flexion de l'Eurocode X1/If est
supérieur de 10 à 15 % par rapport à celui du BAEL.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 114/148
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Ainsi si l'on a bien observé des crêtes de contraintes avoisinant les 15MPa au BAEL pour un
ferraillage identique on trouve une contrainte de 13MPa à l'EC2. L'Eurocode est donc plus
optimiste concernant la compression du béton.
La valeur d-X1 varie faiblement, surtout pour une hauteur de poutre de 1,00m, mais l'écart
est tout de même entre 5 % et 10 %.
Comme on l'a déjà fait remarquer l'écart d'inertie est de l'ordre de 20 à27 % tandis que celui
du coeffcient est de 40 %. Au final comme le montre le calcul grossier précédent on retrouve
des valeurs très proches du BAEL avec un écart de l'ordre de 2 % en défaveur de l'EC2.
La seule différence concernant la traction des aciers provient de l'utilisation d'un palier
incliné et au pire des cas la contrainte sera supérieure de 4 % sur la base de sollicitations
identiques à l'Eurocode.
7.1.5 Conclusion :
Au final les seuls différences que j'ai pu observer dans les contraintes calculées en service
sont des efforts de traction de l'acier légèrement plus importants à l'Ec2 du fait l'utilisation
du palier incliné avec une marge correspondant à l'économie d'acier relative et concernant la
compression du béton du fait du coefficient d'équivalence effectif de l'Eurocode d'une
estimation plus faible de l'ordre de 15 %.
Sur les poutres maitresses pour lesquelles on a mené ces vérifications on a relevé les valeurs
maximales suivantes qui correspondent au même nœud à l'Eurocode et au BAEL soit le
deuxième appui de la file centrale où les moments sont les plus importants :
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 115/148
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7.2.1 Généralités :
Les règlements proposent des méthodes approchées pour prendre en compte ces différents
aspects et en même temps avoir une estimation raisonnable des flèches.
Hormis les différences d’approche que l’on peut constater entre les deux règlements on doit
aussi compter avec les caractéristiques des matériaux qui varient sensiblement entre BAEL et
EC2.
Nous allons voir ci après comment l’Eurocode et le Bael estiment les déformations
maîtrisées et comment par différentes méthodes on peut mener un calcul plus précis suivant
les deux règlements afin de comparer les deux approches.
Le principe de calcul des flèches dues au moment de flexion est basé sur l’équation de la
courbure comme le montrent les relations ci-dessous.
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 116/148
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La problématique principale du calcul de la flèche d’une poutre en béton armé vient du fait
que la courbure ne varie pas suivant une loi mathématique comme les sollicitations de
moment par exemple, à chaque section cette dernière dépendra du caractère fissuré ou non
de la section de son ferraillage et de la présence ou non de la table de compression.
Le calcul de la double intégrale de la courbure donnant la flèche doit donc faire appel à des
méthode d’interpolation des différents points ou le projeteur a calculé la courbure.
Avant de se lancer dans un calcul long et laborieux l’ingénieur peut cependant faire appel à
des méthodes simplifiées proposées en considérant que la courbure varie comme le
moment de flexion ce qui revient à considérer une inertie constante de remplacement en
faisant l’approximation suivante dans le cas d'un chargement uniforme :
Les calculs ici se sont limités aux cas des charges de longues durées du fait de la faiblesse des
surcharges, soit la combinaison quasi permanente. Il n’y a pas non plus de problème de
fragilité de superstructure et la notion de flèche nuisible n’est pas prise en compte.
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7.2.2.1 Généralités :
On peut aussi remarquer que la relation moment/courbure pris en compte par l'Eurocode
n'est pas possible au BAEL dans le cadre d'un calcul des courbures pour la simple raison que
le coefficient d'équivalence préconisé par le règlement n'est pas effectif mais forfaitaire et de
ce fait la somme des déformations de l'acier et du béton ne sont pas égales au rapport du
moment par l'inertie. Le règlement admet l'égalité dans le cas de l'utilisation d'une inertie
fictive mais pas pour un calcul précis.
Comme Es ≠ n.Ev :
Et avec : On a donc:
Deux méthodes peuvent se dégager du BAEL, la première stipulée dans le règlement consiste
à calculer une inertie fictive pour tenir compte simultanément de l’inertie fissurée et non
fissurée, elle est plus communément appelée « méthode du BAEL ». Elle conduit à une valeur
intermédiaire entre l’inertie fissurée et non fissurée. La deuxième méthode se base sur les
déformations effectives du béton et de l’acier à l’état fissuré en prenant en compte la
contribution du béton tendu, c'est la méthode exacte.
Dans les zones fissurées suivant les mêmes hypothèses que l'Eurocode prend en compte
pour déterminer l'espacement des fissures : sur les portions de béton séparant les fissures au
niveau des fibres tendues , le BAEL considère que le béton participe à la résistance à la
traction en soulageant l'acier.
La contrainte réelle l'acier s'en trouve réduite par rapport à sa valeur déduite du calcul en
section fissurée.L'équilibre des armatures du tirant fissuré constitué par la fibre tendue
conduit à l'expression corrigée suivante de la contrainte de traction de l'acier à l'état fissuré :
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C'est en considérant cet aspect que le BAEL définit l'inertie fictive et c 'est sur ce principe que
la méthode des courbures détermine les déformations correspondantes de l'acier.
Enfin Le règlement définit l'état fissuré sur la base du dépassement de la contrainte de
traction limite ftj par le béton tendu soit 2,1MPa dans le cas du béton B25 utilisé ici .
On peut aussi remarquer que le BAEL n’exige pas de prendre en compte l'effet du retrait dans
le calcul de la flèche mais il est loisible à l'ingénieur de l'intégré dans le cas de la méthode
des courbures.
Le calcul de cette inertie fictive fait intervenir le taux de ferraillage de la poutre, la contrainte
effective de l’acier en service et la contrainte limite de traction du béton engendrant la
fissuration.
Avec :
A titre d'exemple dans le tableau suivant figure les inerties dans les deux états et l'inertie
fictive à des points singulier :
Section Travée Appui Quart de travée
Mathieu Garrigues Étude comparée d'une structure en béton armé suivant le BAEL et l'EC2 page 119/148
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La deuxième méthode dite des courbures reprend des principes de la précédente, elle
consiste à déterminer directement les déformations de l’acier tendu et du béton comprimé
pour calculer la courbure à chaque pas.
Pour tenir compte de toutes les situations envisageables cette méthode se base sur un calcul
des déformations pour déterminer la courbure.
On peut donc la généraliser dans le cadre d'un calcul en flexion composée ou pour la prise en
compte de la courbure engendrée par le retrait, cela facilite surtout l'estimation de l'apport
de rigidité amené par le béton tendu en zone fissurée .
En flexion simple on peut calculer la courbure à partir des moments à condition de prendre
en compte la contribution du béton en traction.
Dans le cas de notre ouvrage l’hypothèse que la courbure variait linéairement entre chacune
de ses valeur autorise a utiliser une matrice type pour assembler les flèches. C'est ce qui a
été fait en découpant la poutre en 10 tronçons pour avoir une précision acceptable.
Ces calculs sont relativement laborieux sans un outil informatique adéquate, le BAEL admet
donc une simplification du calcul en considérant que l’on peut admettre que la courbure
varie linéairement en fonction du moment de flexion, on peut donc se référer au cas d’un
calcul en inertie constante le long de la poutre mais en adoptant l’inertie fictive
précédemment décrite calculée à mi portée.
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Il suffit alors de déterminer l'inertie fictive à mi travée dans le cas général et d'appliquer la
relation :
Cette approche est conservative puisque l’inertie de référence est celle à mi portée ou la
poutre est généralement fissurée, on trouvera forcément une flèche plus élevée que par un
calcul plus précis tenant compte des inerties plus importantes dans les autres sections.
On peut remarquer que le calcul de la courbure sur la base de l'inertie fictive et celui à partir
des états fissurés et non fissurés en tenant compte de la contribution du béton tendu donne
des résultats assez proches, la méthode simplifiée creuse l'écart mais reste conservative avec
une marge d'erreur de 18 % par excès ce qui est raisonnable et la rend efficace.
La flèche ainsi obtenue est au pire égale au 1/414ème ce qui largement acceptable en
l’absence de cloisons ou d'équipement fragile à supporter.
Pour illustrer la justesse de la méthode de l'inertie fictive du BAEL ci après figurent les
diagrammes de variation de la courbure le long de des poutres les plus sollicitées suivant les
deux méthode calcul précis en bleu et à partir de l'inertie fictive en jaune sur la page
suivante.
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Le principe adopté par le règlement est de faire un calcul dans les deux états : fissuré et non
fissuré , puis par le biais d’un coefficient de distribution correspondant de reconstituer la
flèche totale en adoptant l’équation suivante :
Dans le cadre de notre ouvrage les calculs de flèche des poutres ont été menés en négligeant
les efforts de traction, faibles en comparaison des moments de flexion. On peut cependant
noté que l’Eurocode les prend en compte dans les calculs notamment en réduisant la valeur
du moment critique de fissuration.
Dans la prise en compte d’un cas de flexion simple ce qui est à peu de chose prés le cas de
nos poutres maîtresses la valeur du coefficient de distribution est la suivante.
Mcr étant le moment sous lequel se produit la première fissure et M le moment effectif sur
la section en service.
Concernant ce coefficient il est important de noter qu’il est propre à chaque section calculée
sous sa sollicitation. Ceci a un impact sur le résultat du calcul suivant la méthodologie
employée comme nous allons le constater par la suite.
La méthode la plus précise consiste à calculer la courbure à l’état fissuré puis celle à l’état
non fissuré, d’en déduire la courbure totale à chaque section puis de procéder à la double
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On peut aussi calculer la flèche à l’état non fissuré puis celle à l’état non fissuré. Le problème
de cette méthode est que lors de l’assemblage des flèches le projeteur utilisera le coefficient
de distribution correspondant à la section correspondant à la flèche maximale ou ce dernier
est élevé. En conséquence on obtiendra une flèche plus importante qu’en ayant calculé la
flèche à partir de la courbure totale. Cette approche est admise par l’Eurocode sans doute
pour son aspect conservatif.
A mi travée le coefficient est de 77 % alors que la valeur moyenne le long de la poutre est de
47 %. Le coefficient est bien évidemment nul en zone non fissurée. Ceci explique la marge
qui existe suivant la méthodologie employée.
Méthode 1 : la plus précise puisque chaque coefficient de distribution est pris en compte.
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Comme pour le BAEL vu le labeur que représente le calcul exacte on peut faire des
hypothèses conduisant à un calcul simplifié. Cette méthode obéi au même principe que le
BAEL en considérant que la courbure varie comme le moment de flexion.
Cette méthode donne des résultats relativement proche du calcul précis lorsque l’on utilise la
composition des flèches en effet on utilise là encore un coefficient très défavorable sans tenir
compte de ceux des autres sections.
Cette méthode est relativement précise en comparaison des calculs plus fins, le résultat est
quasiment identique à la méthode d'assemblage des flèches fissurées et non fissurées,
On trouve :
f= 3,00 cm
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Nous avons mené le calcul de la flèche en utilisant la méthode tenant compte des courbures
totales, celle de la composition des flèches fissurées et non fissurées à mi travée et la
dernière méthode simplifiée sur la travée la plus chargée en l’occurrence la poutre 1 en rive.
On trouve des résultats très proches entre les deux règlement,notamment avec les méthodes
les plus fines, il est difficile de dire si les méthodes convergent du fait des facteurs liés au
caractéristiques des matériaux qui différent et des armatures suivant les deux règlement.
Cependant ces calculs ont été menés sans prise en compte du retrait du béton dont
l'Eurocode exige la prise en compte dans le calcul de la flèche à la différence du BAEL, pour
bien dissocier cet aspect dans la comparaison j'ai traité de ce sujet dans la partie qui suit.
D'un point de vue général quelle que soit les conditions d'appui de la poutre l'Eurocode
demande de prendre en compte dans les calculs la courbure due au retrait dans les calculs,
effectivement la rétractation du béton empêché par les amatures introduit une courbure
interne dans la poutre.
Cet effort transmis aux aciers et l’excentre-ment de ces derniers par rapport à l'axe neutre
induit un moment interne, l'Eurocode prend alors en compte la courbure interne induite par
le retrait qui en découle dans le calcul de la flèche.
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On peut se demander si cette méthode n'est pas un peu trop conservative comparativement
au BAEL qui juge que l'impacte des déformations différées du béton sur la flèche peuvent
généralement être négligées dans le cas des poutres munies de hourdis.
Le calcul devant bien évidemment être mené à l'état fissuré et non fissuré.
Avec une valeur plus courante en Europe de 0,2/1000 l'apport de de flèche serait quand à lui
de 20 %.
Cette méthode peut sembler discutable, elle ne tient pas compte du comportement
hyperstatique de la poutre qui peut contredire ce résultat en réduisant la déformation du
retrait sous forme d'effort.
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Comme nous l’avons vu dans le chapitre sur les hypothèses générales le module à long terme
de déformation du béton est sensiblement plus faible à l’Eurocode, du fait du coefficient de
fluage.
D'autre part La contribution de l'état fissuré à la flèche totale est plus importante à
l'Eurocode.
Il faut aussi compter avec les variations d'armatures entre les deux règlements ou
l'application des innovations de l'Eurocode comme nous l'avons vu dans le chapitre sur les
armatures réduit les sections d'aciers même si la marge n’excède pas 5 %.
Prise en compte de
Utilisation d'un coefficient de
Méthode de réduction par rapport à l'adhérence
distribution réduisant la
l'état entièrement fissuré Acier/Béton entre
flèche entièrement fissurée.
les fissures.
Au final la différence de module et de critère de fissuration ont un effet antagoniste vis à vis
des flèches, les resultats ont tendance a converger avec une marge d'environ 10 % d'écart
favorable à l'un ou l'autre des règlements.
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Il apparaît que d'un côté le BAEL s’avère plus pessimiste avec son état limite de fissuration
tandis que l'Eurocode adopte un module moins favorable.
Au final ces deux éléments de divergence ont tendance à se compenser, on peut comme le
fait l'Eurocode estimer au BAEL les contributions des courbures à l'état fissuré(1/rII) et non
fissuré(1/rI) à la courbure finale(1/r) en calculant le coefficient de distribution correspondant
en utilisant la relation déduite de la formule de la composition des états:
ζ = (1/r-1/rI)/(1/rII-1/rI)
Les résultat obtenus sont très proches des valeurs Eurocode comme le montre l'histogramme
comparé ci dessous donnant les coefficients de distributions suivant les deux règlements sur
la poutre centrale et de rive :
Avec une approche différente l'Eurocode retrouve des valeurs souvent très proches de celles
du BAEL lorsque les sections sont considérées fissurées suivant les deux règlements.
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7.2.6 Conclusion :
Au final l'utilisation des méthodes les plus fines à l'Eurocode et au BAEL conduisent à des
résultats très proches et la différence varie de 2 % à 10 % entre les flèches suivant les poutres
qui ont été étudiées.
Les paramètres de calcul ont tendance à se compenser dans leur caractère favorable ou non
entre les deux règlements.
Cette convergence traduit probablement un bon calibrage des méthodes par rapport aux
essais expérimentaux et il est difficile de généraliser cette conclusion, elle se limite au cas de
notre ouvrage.
Malgré cet aspect la flèche Eurocode demeure acceptable, dans l'approche la plus pessimiste
on obtient une flèche de 4,00cm correspondant au 325 ième de la portée alors que le BAEL
dans la méthode la plus conservative conduit à une flèche égale au 414 ème.
On pourra retenir les résultats de calcul de flèche suivants pour la poutre la plus sollicitée et
accusant les plus grandes déformations :
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8. CONCLUSION :
8.1 Généralités :
On ne peut faire de conclusion générale donnant un règlement plus optimisé que l'autre ou
plus conservatif. Suivant les cas le Bael sera montrera plus audacieux que son successeur et
dans d'autre il s'avérera plus conservatif.
- La non prise en compte de contrainte limite de compression du béton en service pour les
classes de structures XC X0 qui conduisent à des coffrages moins importants qu'au BAEL.
- Un module fluage moins élevé et la prise en compte du retrait endogène qui permet de
diminuer les efforts dus aux actions dimensionnelles d'une dizaine de pour-cents sur le long
terme.
- Pour les poutres les bielles moins inclinées peuvent amener de grandes économies de
cadres par rapport au BAEL pour un supplément d’armature longitudinales moins important
dans notre cas, ceci moyennant le respect des conditions de non écrasement du béton.
- Dans le cas des poutres pour une bielle à 45° avec une contrainte de cisaillement ultime du
béton plus élevée à l'Ec2 ce qui autorise une section de béton minimum moins importante
que le BAEL vis à vis de ce type de sollicitations.
- La prise en compte d'un treillis multiple réduit d'un facteur 2 le décalage de la courbe des
moments et les efforts à ancrer aux appuis, ce dernier aspect est encore sujet à discussion et
pour nombre d'expert il ne va pas dans le sens de la sécurité.
- Les coefficients réducteurs comme ceux tenant compte des soudures éventuelles des
armatures ou de leur confinement qui permettant de réduire la longueur d'ancrage droit.
- Une section d'armatures de répartitions moins importantes qu'au BAEL pour les dalles
portant dans une direction et sans section minimale suivant cette direction.
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- Le module de flexion à long terme moins élevé facteur aggravant les déformations.
- Les conditions d'élancement minimaux pour la maîtrise des déformations sans calcul
directe qui nécessitent une estimation des contraintes des aciers.
- Des dispositions constructives plus drastiques au niveau des recouvrements et de leur zone
d'influence.
- La non prise en compte de l'effet favorable de la courbure dans la réduction des longueurs
d'ancrage développées.
- Les armatures de peau des poutres ici nettement plus importantes à l'EC2 d'un facteur 2.
- Une contrainte limite de cisaillement pour le ferraillage des dalles beaucoup plus faible
qu'au BAEL qui sans une modification de l'annexe nationale conduirait plus souvent à des
armatures d'effort tranchant dans les dalles.
- La prise en compte du retrait dans le calcul des flèches suivant une approche assez
conservative qui dans le pire des cas peut augmenter la flèche d'environ 30 %.
- Si notre ouvrage avait été classé XC3 pour lequel le BAEL se trouve en fissuration peu
préjudiciable nous aurions du mener un calcul laborieux d'ouverture des fissures.
- L'absence de méthode générale de calcul des poteaux dans les cas simples jusqu'à
l'introduction de la méthode de l'annexe nationale.
Les poteaux ont conduit à des quantités d'aciers assez proches, les économies d'aciers
principaux à l'EC2 avec les sections minimales et des méthodes approchées plus précises ont
été réduites par les conditions de recouvrement et les cadres nécessaires.
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On peut aussi remarquer qu'en l'absence de prise en compte du retrait les calculs de flèches
ont conduit à des valeurs très proches ; la distribution des états de fissurations à l'état fissuré
est comparable entre les deux règlements et la différence de module de flexion à long terme
est compensée par le critère de fissuration de l'Eurocode moins pessimiste.
L'aspect le plus net en terme de différence vient de la prise en compte du retrait dans le
calcul des flèches à l'EC2 qui n'est que peu décrit dans le BAEL et parfois négligé.
Hormis sur ce dernier point les autres différences constatées sont assez faibles pour
considérer que les deux règlements convergent vers des résultats proches.
En tant que praticien j'ai été marqué par le traitement de l'effort tranchant qui bouleverse
grandement les habitudes du BAEL et le module de fluage, d'un point de vue général
cependant, j'ai trouvé que les optimisations de l'Eurocode nécessitaient souvent un calcul
itératif et vérificatif ne simplifiant pas les études comme dans le cas des poteaux.
Le BAEL présentait plus de souplesse avec ces méthodes de calcul plus simples, peut être
plus sécuritaires, et ses dispositions constructives moins conservatives en revanche.
L'Eurocode permet certaines innovations mais nécessite souvent des calculs complémen-
taires laborieux qui sont heureusement facilités aujourd'hui avec le développement de l'outil
informatique. Il est cependant toujours bon d'avoir des outils critiques pour pouvoir
comprendre et analyser la qualité de résultats logiciel, en cela le BAEL constitue toujours une
bonne référence pour vérifier rapidement que des résultats ne sont pas aberrants.
BAEL EC2
Module de fluage 10720MPa 9540MPa
Flèche maximale (EC2 avec 2,65cm 3,44cm
retrait)
Quantité de cadres sur la 165kg 87kg
travée centrale (Θ=21,8° à
l'EC2°)
Hauteur utile des poutres 98cm 75cm
maîtresses d’après le
moment réduit limite du
béton
Section de répartition des 5,31cm²/ml 6,2cm²/ml
dalles par fibre (condition de
fragilité)
Tableau récapitulatif de quelques éléments singuliers de différence entre les deux règlements
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Feuille de calcul des flèches EC2 sur les poutres les plus sollicitées
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- Calcul des structures en béton, guide d'application, Éditions AFNOR Eyrolles, Jean Marie
Paillé, Paris 2009.
- Pratique de l'Eurocode 2, guide d'application, Éditions AFNOR Eyrolles, Jean Roux, Paris
2009.
- Maîtrise de l'Eurocode 2, guide d'application, Éditions AFNOR Eyrolles , Jean Roux, Paris
2009.
- Traité de béton armé des règles BAEL à l'Eurocode 2, Editions Le Moniteur, Jean Perchat,
Paris 2010.
- Pratique du BAEL 91, quatrième édition, Edition Eyrolles, Jean Perchat, Jean Roux, Paris
2002
- Maîtrise du BAEL 91, deuxième édition, Edition Eyrolles, Jean PERCHAT, Jean Roux, Paris
2000.
- Les Dossiers du CSTC – No 4/2010 – Cahier no 2 Etats limites de service du béton armé
Partie 1 – Contrôle des flèches suivant l’Eurocode 2
- Cours de l'Ecole nationale des ponts et chaussée, Conception et calcul des structures de
bâtiment Tome 1 à 4, Presse des ponts et chaussées, Henry Thonier, Paris 1992-1996.
- Document : Règles BAEL 91 révisées 99 (DTU P18-702) (mars 1992) : Règles techniques de
conception et de calcul des ouvrages et constructions en béton armé suivant la méthode des
états limites (Fascicule 62, titre 1 du CCTG Travaux section 1 : béton armé) + Amendement A1
(CSTB février 2000 ISBN 2-86891-281-8)
- Règles NV65 règles définissant les effets de la neige et du vent sur les constructions et
annexes, CSTB, Paris 2009.
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RÉSUMÉ
Ce mémoire compare des règlements Eurocode 2 et BAEL dans l'étude technique d'un
auvent en béton à l'université de N’Djamena. Concernant les hypothèses générales, on a
relevé des différences avec un comportement de l'acier plus optimisé à l'Eurocode et un
coefficient de fluage plus élevé qu'au BAEL. Dimensionner les sections sur la base des
moments réduits s'est avéré plus économique à l'Eurocode cependant les critères de
maîtrise des déformations ont conduit à des sections plus importantes. Hormis un effort de
retrait plus faible à cause du module de fluage et de la prise en compte du retrait endogène à
l'Eurocode les efforts enveloppes étaient similaires. Les contraintes admissible des matériaux
ont permis des économies de l'ordre de 5 % d'aciers théorique de flexion et l'utilisation de
bielles variables a amené des gains importants de cadres en revanche les section minimale et
des dispositions constructives plus exigeante ont réduit cette marge par rap-port au BAEL. Le
calcul des poteaux s'est avéré plus laborieux à l'Eurocode mais moins exigeant en aciers
théoriques, les dispositions constructives étaient toujours aussi défavorables. Au final on
s'est retrouvé avec des quantités d'aciers comparables. Le calcul des flèches a conduit à des
valeurs proches mais la prise en compte du retrait à l'Eurocode très conservative les a
augmenté de 20 % à 30 % par rapport au BAEL.
SUMMARY
This thesis deals with the comparison of Eurocode 2 and BAEL regulations under the techni-
cal study of a reinforced concrete awning at the University of N'Djamena. On general assum-
ptions, there were differences between the two regulations with a particular behavior of
steel more optimized to Eurocode and a coefficient higher than BAEL creep. Size sections
based on the reduced time was more economical to Eurocode however control criteria de-
formations led to larger sections. Apart from an effort to lower shrinkage due to the creep
modulus and taking into account the endogenous shrinkage Eurocode envelopes efforts were
almost identical. The allowable stresses of materials have led to savings of around 5% of
theoretical bending steel rod and use variable has led to significant savings in contrast frames
of minimum section and more demanding construction requirements have reduced this
saving compared to BAEL. The calculation of the posts was more laborious to Eurocode but
less demanding theoretical reinforcement, constructive provisions were still unfavorable. In
the end we ended up with quantities of steel comparable gains theoretical sections of
Eurocode being limited by the requirements of the provisions constructive. The calculations
led to distorted values but close consideration of withdrawal to the Eurocode very conser-
vative rose from 20% to 30% deformation.
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