Cours Elevages en Developpement
Cours Elevages en Developpement
…………………………………………………………………
ELEVAGES EN DEVELOPPEMENT
APICULTURE-ACHATINICULTURE- AULACODICULTURE
Le concept du mini-élevage est entré dans le monde du développement rural tropical vers 1986.
Ce néologisme, inspiré du "microlivestock" apparu aux U.S.A., englobe une série d'animaux de
petite taille en général dont les deux principales caractéristiques sont, d'une part une utilisation
traditionnelle par l'homme pour son alimentation ou pour d'autres usages, et d'autre part un
On peut ajouter à ces critères le fait que ces animaux sont bien connus sur les plans biologique
et éthologique mais qu'ils ne font (ou ne faisaient) pas l'objet de production contrôlée par
l'homme. En conséquence, ils n'apparaissent pas dans les statistiques et ne font pas l'objet d'un
enseignement similaire aux autres zootechnies spéciales (bovine, ovine, caprine, porcine,
aviaire …). Il est maintenant admis que des techniques de production peuvent être mises au
point pour couvrir le cycle complet de vie de ces espèces sous le contrôle de l'homme. Parmi
les animaux pour lequel un intérêt existe, il faut citer des rongeurs (aulacodes, cricétomes, rats
palmistes, athérures …, capybaras…), les cobayes ou cochons d'Inde, des grenouilles, les
escargots géants, des vers de compost, des insectes … mais aussi, dans une moindre mesure,
des serpents, les pécaris, des tortues terrestres, des oiseaux … On admet que le mini-élevage ne
2
APICULTURE
3
SOMMAIRE
INTRODUCTION .................................................................................................................... 1
4
INTRODUCTION
Le miel est un produit naturellement et exclusivement fabriqué par les abeilles mellifiques pour
leur alimentation. Ces abeilles le fabriquent à partir de nectar se trouvant dans des fleurs. Il peut
être fabriqué à partir d’un mélange de nectar et de miellat. Le miellat est, un produit sucré, excrété
par des pucerons et trouvé sur les troncs d’arbre. La législation en vigueur en Europe situe le taux
d’humidité du miel à 17%.
Définition de l’Apiculture
Elle est caractérisée par l’intervention de l’homme. Elle consiste dans un premier temps à créer les
conditions favorables aux abeilles pour la production de leur miel, dans un deuxième temps à
l’extraction du miel puis, facultativement, dans troisième temps, au conditionnement de ce miel.
Avantages de l’apiculture
• Investissement relativement peu élevé ;
• Activité flexible qui peut être pratiquée par des personnes des deux (2) sexes et à tout âge;
• L'apiculture ne concurrence pas les autres types d'agriculture. Bien au contraire, ils sont
complémentaires.
I. PROPRIETES DU MIEL
• Son potentiel énergétique étant estimé à 310 calories par 100 g, il peut être qualifié
d’énergétique.
• Le miel est dit sucrant parce qu’il permet de sucrer d’autres aliments.
Propriétés médicinales
Le miel est un véritable alicament. L’apithérapie lui attribue un certain nombre d’actions sur le
plan médicinal tels que :
1
• Contre la diarrhée ;
• Calcification de l’os ;
• Amélioration de l’intelligence ;
L’abeille est un agent pollinisateur majeur, irremplaçable. En effet, 80 % des espèces végétales
ont besoin des abeilles pour être fécondées. Sans elles, ni pollinisation, et pratiquement ni fruits,
ni légumes. Trois quarts des cultures qui nourrissent l’humanité dépendent des abeilles
DECOUVERTE DU MIEL
Description physique
Le miel est un produit ayant des caractéristiques physiques variées.
a) La coloration des miels
La couleur du miel a un caractère pratique car elle constitue un facteur de classement important au
plan commercial. Il se trouve alors que la coloration du miel varie, selon les fleurs butinées, du
clair (incolore) au foncé (presque noir). Il existe du miel carrément blanc. La coloration est aussi
attribuée naturellement aux matières minérales qu’il contient. Les miels les plus foncés sont donc
les plus minéralisés, ils sont surtout riches en fer. La couleur du miel peut être aussi influencée
artificiellement par sa technique d’extraction car l’excès de chaleur est à tendance caramélisant.
De même, la vieille cire noire influence artificiellement la couleur du miel en l’assombrissant.
2
EFFET DE LA CIRE CLAIRE SUR LA COULEUR DU MIEL
Acteurs de la production
Le miel consommé par les humains est produit par deux acteurs dont les activités s’enchaînent.
Dans ce travail à la chaîne, les premiers acteurs sont les abeilles mellifères et les seconds, les êtres
humains. Puisque en tant qu’êtres humains, nous nous connaissons relativement bien, ce cours ne
traitera que de la découverte des abeilles.
Découverte de l’abeille
Les abeilles mellifiques ont un puissant instinct grégaire. De ce fait, elles vivent en permanence
au sein d'une famille ou colonie.
Souches
Quatre familles d’abeilles se trouvent en Côte d’Ivoire (Anthophoridae, Apidae, Fideliidae et
Stenotritidae) mais, c’est l’espèce d’abeilles de la race Apis mellifica adansonii, de la famille des
Apidae qui est très bien adaptée à l’environnement africain et ivoirien Alors que A m. adansonii
possède un dard, en Afrique, on trouve aussi des abeilles sans dard.
3
Systématique de l’abeille
Parmi les Apidae, quatre espèces du genre Apis sont connues dans le monde, ce sont dorsata,
cerana, florea, mellifera et. Pour l’espèce, mellifera la classification est la suivante :
Ordre ACULEATES-APOCRITES
Sous-ordre HYMENOPTERES
Super-famille
APOÏES
Famille APIDES-ZUSOCIAUX
Sous-familles APINAE
Tribus
APINES
Genre
APIS
Espèce
MELLIFICA / MELIFERA
Race
adansonii
MORPHOLOGIE
14
Constituants de la colonie
Une colonie est essentiellement constituée d’abeilles femelles appelées ouvrières et d’abeilles
mâles appelées faux bourdons. Les ouvrières proviennent d’œufs fécondés et les faux boudons
sont issus d’une parthénogénèse, c’est-à-dire, formée à partir d’ovule qui n’a pas été fécondé. Une
troisième catégorie d’individu est constituée de la reine. La reine est unique dans une colonie, elle
est toujours entourée d’autres abeilles. C’est une ouvrière sélectionnée avant trois jours d’âge
par les autres, mise à l’écart dans une cellule royale puis gavée uniquement avec une substance
4
particulière appelée gelée royale. Cette reine devient alors le seul individu femelle apte à avoir des
rapports sexuels avec des faux bourdons en dehors de la ruche.
L’abdomen de la reine est plus long que les ailles. Les faux bourdons un abdomen plus arrondi et
possèdent de gros yeux.
Durée de vie
La longévité des abeilles n’est pas la même. Elle varie selon les castes. En effet, les faux bourdons
vivent moins longtemps que les autres parce qu’ils sont tués par les ouvrières en cas de rareté de
l’aliment. Leur longévité est de deux mois au maximum. Ensuite, les ouvrières qui sont très
sollicitées ne vivent que trois mois au maximum. La reine à la plus longue durée de vie 3 à 6 ans.
5
Désignation Reine Ouvrière Mâle
Œufs 3 jours 3 jours 3 jours
Larve 5 jours et demi 6 jours 6 jours et demi
Nymphe 7 jours et demi 12 jours 14 jours et demi
Total 16 jours 21 jours 24 jours
La colonie comprend trois (3) castes bien distinctes (reine, faux bourdon et ouvrière).
Dans une colonie (ensemble d’abeilles ayant une vie collective), il y a trois sortes d’abeilles qui
sont :
➢ La reine ;
➢ Les ouvrières ;
➢ Les mâles ou faux-bourdons.
Chaque abeille a un rôle bien défini et si l’une des trois vient à manquer, la colonie disparaît.
5-1. La reine
La reine (une seule par colonie) est indispensable de par sa fonction de pondeuse. Son alimentation,
dans une cellule particulière en bordure de cadre avec de la gelée royale, détermine dès son
éclosion son mode de développement et sa fonction. Une reine mature s’envole et secrète de la
6
phéromone qui attire les mâles. Après les accouplements qui se soldent par la mort du mâle parce
que son organe copulateur reste accroché à la femelle, la reine retourne à la ruche avec du sperme
stocké dans sa spermathèque. Elle pond ensuite une série d’œufs. Parmi ces œufs, ceux qui ne sont
pas fécondés donnent des mâles (faux bourdons) tandis que les fécondés donnent des femelles
(ouvrières ou reine).
Elles sont les plus nombreuses de la colonie, environ 99,9%. En période de floraison, l’ouvrière
travaille tellement qu’elle meurt au bout de six à sept semaines, tandis qu’en période de non
floraison, elle peut vivre plusieurs mois.
Chaque ouvrière a une fonction qui diffère selon l’âge :
5.3.1-Le nettoyage
A peine née, l’ouvrière nettoie les alvéoles vides à l’aide de ses pattes pourvues de "peignes" pour
permettre à la reine de pondre à nouveau. Elle débarrasse les alvéoles des grains de sable, de la
poussière et des restes d’abeilles mortes.
5.3.2- L’alimentation
Entre trois et sept jours, l’ouvrière est nourricière. Elle s’occupe des larves et les soigne. Elle
nourrit les larves des futures reines de gelée royale (substances blanchâtres des glandes
nourricières) pendant les trois (3) premiers jours, les futurs mâles et ouvrières de miel et de pollen
à partir du 4ème jour.
5.3.3- La Construction
7
Du 10ème au 14ème jour de sa vie, l’ouvrière sécrète un liquide qui durcit au contact de l’air. C’est
la cire qui lui permet de construire et de fixer les alvéoles. Elle sert aussi à fermer les alvéoles
remplies de miel et de pollen, ainsi que les alvéoles contenant les larves les plus âgées.
5.3.4- La régulation thermique
La cire étant un produit qui fond à une température élevée, l’ouvrière assure le maintien d’une
température constante dans la ruche en battant ses ailes afin d’éviter la fonte de la cire du 14ème au
16ème jour.
A basse température (pays froids), les ouvrières forment un bouquet autour des jeunes larves et
des œufs qui ont besoin d’une température avoisinant 26°C.
La ruche
De façon naturelle, on rencontre des colonies à forte population (plus de 50.000) susceptibles de
bien récolter ou de former des essaims qui peuvent rester suspendus à une même branche des
semaines durant, dans l’attente d’un emplacement favorable.
Depuis des millénaires, l’homme a construit des habitats artificiels pour les abeilles. Dans le bassin
méditerranéen, cet habitat se construisait avec des écorces appelées ruchca en « balladin », d’où le
8
mot ruche qui est l’appellation de tout habitat moderne des abeilles construit par l’homme. Ainsi,
de nos jours, l’apiculteur a créé un environnement plus adapté à la collecte du miel produit par les
abeilles. Cet environnement est constitué de ruche à cadres dont celle inventée par Lorenzo
Langstroth et dite « ruche Langstroth » est la plus couramment utilisée.
Type de ruches
Deux (2) types de ruches, langstroph et kenyane, sont utilisés en Côte d’Ivoire. Mais, c’est le type
Langstroth qui est le plus répandu a été utilisé car il a l’avantage de permettre la récolte du miel
sans trop déranger la colonie. Il est de forme parallélépipédique et constitué de plusieurs parties.
La caisse principale située à la base est dénommée corps ou chambre à couvain. Le corps mesure
46 cm de long, 37 cm de large et 24 cm de hauteur. Dans un corps sont disposés des cadres
rectangulaires qui servent à la construction des cellules dans lesquelles seront déposés les œufs
pondus par la reine. Le couvain, les ouvrières et le miel s’y trouvent également. Le corps n’a pas
de plafond fixe. Il est surmonté d’un couvercle intérieur amovible de même superficie et d’un
couvercle extérieur, amovible aussi, légèrement plus grand, avec un rebord vertical de chaque côté.
Entre le corps et le couvercle, un magasin à miel appelé hausse est disposé, au moment opportun,
pour servir de lieu de stockage du miel. La hausse utilisée peut être de mêmes dimensions que le
cadre du corps ou moins haute.
9
Ruche langstroth
MATERIEL DE PRODUCTION:
Ruche langstroph (très répandue en CI)
couvercle 11
hausse cadres
corps
L 46 cm
l 37 cm
h 24 cm
Aire
d’envole • Ruche ouverte
• Ruche fermée
Ruche kenyane
14
10
La résine
Quelques soit la ruche, les abeilles bouchent les orifices qui pourraient les gêner avec de la résine
(propolis).
Les nouveaux rayons sont généralement clairs. Lorsqu’ils sont gorgés de miel frais, leur couleur
tire sur celle du miel. Mais, les rayons contenant le couvain et surtout le pollen, deviennent sombres
avec le temps. Lorsqu’il arrive aux abeilles de remplacer le couvain par du miel, ce miel prend la
couleur sombre.
11
Rayon progressivement occupé par du pollen et les couvains
Fabrication du miel
Lorsqu’une abeille repère une source de nectar, elle rentre avertir sa colonie. L’information se
donne à la colonie par une danse. La figure géométrique présentée par l’abeille au cours de la
dense renseigne sur la distance entre la ruche et la source, sur l’orientation par rapport au soleil,
etc.
Une butineuse prélève sur les fleurs le nectar, liquide sucré, sécrété puis excrété par des glandes
dites nectarifères, présentes sur de nombreuses plantes. Le nectar des fleurs est de l'eau sucrée
(80% d'eau et 20% de sucre environ). La fabrication du miel commence par le butinage des fleurs
des plantes mellifères. Pour ce faire, ces insectes peuvent visiter des milliers d’espèces végétales
différentes, tout en manifestant néanmoins une très nette préférence pour certaines d’entre elles.
En effet, l’attractivité d’une source nectarifère dépend de ce que l’on peut appeler la “ loi du
maximum ” ou de la meilleure rentabilité : ainsi, la concentration du nectar ou du miellat, la
proximité, l’importante en superficie et en densité florale de la source, la rendent attractive. Sont
également prioritaires, les sources qui peuvent fournir simultanément du nectar et du pollen.
Des plantes, l’abeille prélève des substances, notamment le nectar et/ou le pollen et/ou la résine
pour se nourrir ou pour élaborer ses productions diverses. C’est précisément dans les corolles des
fleurs que l'abeille récolte du nectar produit par les glandes que sont les nectaires.
Selon que les abeilles fabriquent le miel en butinant un seul type de fleur ou différents types, on
parle de miel monofloral ou de miel multifloral.
Le changement de la solution sucrée en miel commence déjà lors du voyage, au cours duquel elle
est accumulée dans le jabot de l'abeille. De retour à la ruche, les butineuses régurgitent leur stock
dans la trompe d’autres abeilles qui attendent à l’entrée, c’est la trophallaxie. En traversant les
différents tubes digestifs en aller-retour, le nectar ou le miellat se charge en enzymes (invertase)
contenues dans la salive des abeilles. Ces enzymes scindent immédiatement les sucres complexes
contenus dans le nectar en sucres simples que sont le glucose et le fructose, le fructose étant en
12
moyenne 8% de plus que le glucose. Le produit est régurgité dans des alvéoles de cire à l’intérieur
de la ruche.
A l’entrée de la ruche, des abeilles battent des ailes afin de créer un courant d’air qui entraîne
l’évaporation de l’eau contenue dans le produit stocké.
Le quart du butin de nectar est ainsi transformé en miel. Ensuite, les abeilles referment les alvéoles
avec une mince couche de cire, c’est l’operculation.
SALIVE
NECTAR
NECTAR
18
Retour à la ruche
Localisation du nectar
13
CONDITIONNEMENT DU PRODUIT DANS LES RUCHES
Rucher
Le rucher est un endroit où sont disposées les ruches en exploitation dans le cadre de l’apiculture.
L’endroit doit être choisi de sorte que sur un rayon de 3 km, les abeilles puissent trouver
suffisamment de nectar et de pollens. Dans ce même rayon, il doit se trouver de l’eau nécessaire à
la vie des abeilles. Néanmoins, il est souhaitable que les ruches ne soient pas trop proches de la
source d’eau pour éviter d’influencer le taux hydrique du miel avant que les alvéoles ne soient
operculées, ou au moment de l’extraction du miel des ruches. Le rayon optimal qui donne une
meilleure rentabilité en miel est de 1 km.
Il est souhaitable de disposer les ruches de sorte qu’elles ne soient pas en contact avec le sol. La
base est ainsi isolée de l’eau de ruissellement, des termites ou des fourmis. Il est possible de
badigeonner le sol et/ou les supports avec de l’huile de vidange de moteur de voiture ou avec tout
autre produit pouvant dissuader les fourmis et certains reptiles d’entrer dans les ruches.
14
Rucher de ruches langstroth Rucher de ruches kényanes
Le nombre de ruches dans un rucher varie en fonction des objectifs de l’apiculteur et de la quantité
des fleurs à butiner dans un rayon de 3 km. Afin de minimiser la compétition des abeilles vis des
sources de nectar et de pollen, il est souhaitable d’avoir entre 10 et 20 colonies par rucher, tout en
séparant 2 ruchers de 4 à 6 km.
Les abeilles ayant un sens aigu de l’orientation, les ruches peuvent être déposées côte à côte. Mais,
pour réduire le risque d’envahissement des ruches voisines, il est souhaitable que les colonies
soient séparées d’au moins 50 cm les unes des autres.
Pour une question de sécurité, il est souhaitable que le rucher ne soit pas trop proche des habitats
d’être humains ou d’animaux. Cela éviterait que les abeilles soient excitées par certaines odeurs
ou gestes et deviennent agressives.
La pose des pièces complémentaires ne doit se faire que si le corps est bien investi par les abeilles.
Sinon, les abeilles aimant toujours se percher le plus haut possible, elles vont plutôt traverser ce
corps pour s’installer dans la pièce complémentaire, ce qui rend la récolte difficile dans le cas des
ruches à progression verticales.
15
Grille a reine
Dans tous les cas, si la reine n’a plus de place pour pondre, elle a tendance à monter dans les lieux
de stockage de miel pour y pondre. Cela peut être évité par la pose d’une grille à reine qui ne laisse
passer que les ouvrières devant stocker le miel.
La reine pondant partout où elle se trouve, la fonction de la grille à reine, c’est de l’empêcher de
migrer dans les rayons prévus pour le stockage du miel. Pour ce faire, dans les ruches à hausses
ou latérales, la grille à reine sert de frontière entre la partie réservée au couvain et celle réservée
au miel. Il ne faut poser la grille que si les ouvrières ont commencé à stocker du miel dans les
rayons proches de l’espace réservé au couvain. Il convient donc de contrôler les pièces
complémentaires une fois par semaine. La pose de la grille ne doit se faire que si les ouvrières
fréquentent bien la pièce complémentaire, soit 15 jours après le début de l’occupation de cette
pièce. Si la grille est posée trop tôt, les ouvrières qui ne sont pas encore habituées à la pièce
complémentaire refuseront d’y entrer.
16
Vue d’un essaim d’abeilles en mouvement
- L’âge de la reine : ce sont les reines âgées de plus de 2 ans qui essaiment plus facilement.
- L’encombrement du corps de ruche qui entraine le blocage de ponte. Il faut éviter cela en
posant la hausse à temps.
- Une miellée importante : le nectar récolté occupe anormalement les cellules destinées au
couvain.
17
Au trou de vol, l’apiculteur peut observer au moins trois signes permettant de supposer le
démarrage d’un processus d’essaimage :
Dans la ruche, un net ralentissement de la ponte et la présence des cellules royales (ou des
ébauches) habitées, operculées ou non, sont révélateurs : le remplacement de la reine s’est
organisé, soit par supersédure (remplacement de la reine sans essaimage), soit par un essaimage
quasi imminent.
• Identifier, dans la ruche mère, des alvéoles portant déjà une cellule à reine. Introduire ces
alvéoles dans l’essaim qui n’a pas de reine. Les abeilles convaincues d’avoir bientôt une
reine finissent par se calmer.
• Au cas où dans la ruche mère, il n’y a pas cellule royale, il faut ajouter des couvains de
moins de trois jours d’âge à l’essaim qui n’a pas de reine. Les abeilles s’occuperont à
choisir une nymphe pour en faire une reine. Ici aussi, l’espoir d’avoir une reine, en
attendant un peu plus longtemps que dans le premier cas, finit par les calmer.
Dans tous les cas, il faut prévoir un stock d’aliment dans les deux ruches, soit en encadrant les
colonies de rayon à miel, soit en disposant de l’aliment artificiel dans les ruches
18
Nourissement
Pendant les périodes de raréfaction de nectar, les abeilles n’ayant pas assez de miel en stock
peuvent essaimer. Afin d’éviter cela, il faut leur apporter de l’aliment basé essentiellement sur
50% de sucre et 50% d’eau. Une ruche qui a besoin d’aliment artificiel se reconnaît car elle est de
moins en moins lourde. Afin de se rapprocher de l’acidité du miel naturel, ajouter un verre de
moutarde blanc pour 10kg de sirop. Afin d’aseptiser le milieu, ajouter une cuillérée à soupe de
javel pour 5l de sirop.
Apport de sirop
Entretien
Un rucher doit être régulièrement visité afin de lutter contre l’enherbement qui expose les ruches
au feu. Les visites permettent aussi de constater les éventuels disfonctionnements au niveau des
colonies afin d’y apporter des solutions.
19
Observation de ruche non habitée constatation d’un attroupement anormal
V. CONDUITE DE LA PRODUCTION
Matériel de récolte
7.1.1-Le lève-cadre
C’est un genre de couteau très dur et percé d’un trou à la base. Il permet de détacher les cadres
collés par les abeilles et d’enlever aisément les pointes.
7.1.2-La torche
7.1.3- La brosse
Longue de 30 à 40 cm, elle sert à nettoyer sans blesser les abeilles qui restent agglutinées aux
cadres que l’on veut inspecter ou récolter.
7.1.4- Enfumoir
Il permet à l’apiculteur au travail d’envoyer des bouffées de fumée aux abeilles pour les calmer.
20
Combinaison blanche Enfumoir
Brosse
7.1.5-Tenue de protection
Elle protège l’Apiculteur au travail contre les piqûres d’abeilles. Elle est composée de :
✓ Une combinaison de type salopette (une chemise à manches longues, cousue sur un
pantalon) protégeant le corps à l’exception des mains, des pieds et de la tête ;
✓ Une veste surmontée d’un masque qui protège la tête. Ce masque peut être une grille
en métal rigide ou en toile moustiquaire souple, soutenu par un chapeau ;
✓ Une paire de gants de protection des mains en cuir souple ;
✓ Une paire de bottes ou de souliers de protection des pieds.
21
7.2.3- La trappe à pollen
C’est un dispositif de collecte de pollen. Il est formé d’une caisse à tiroir surmontée d’un toit
entièrement en grillage.
22
Il est souhaitable de ne pas désoperculer les rayons au niveau du rucher par souci de propreté et
pour réduire les risques d’hydratation du miel par l’humidité atmosphérique. Mais, si l’extraction
ne se fait pas par centrifugation qui nécessite les cadres, il est possible de détacher les rayons des
cadres près des ruches, en temps sec et dans des récipients propres qui se ferment hermétiquement.
Les cadres vidés sont alors immédiatement remis dans la ruche.
L’extraction du miel peut se faire de trois manières à savoir : la flottaison (égouttage), le pressage
et la centrifugation. Les cadres sont retirés des ruches puis désoperculés. En cas de centrifugation,
ils sont placés dans un extracteur qui est mu manuellement ou électriquement. Le miel obtenu est
conservé dans un maturateur pour que les impuretés solides surnageant afin d’être recueillies.
Lorsqu’il n’y a plus de surnageant, le miel est mis en pots.
Maturateur de miel
23
Récupération de surnageant sur du miel frais au maturateur
Le principal risque qui peut menacer la vie de l’apiculteur, c’est la piqûre d’abeille.
En cas de piqûre,
La douleur provoquée par la piqûre peut finir seule. En cas de renflement causé par une piqûre, la
boursouflure disparaît seule en deux jours maximum.
Risque de désertion :
Lorsque les abeilles sont mal à l’aise, soit parce qu’on leur a pris tout leur stock, soit parce qu’elles
sont menacées par du feu ou des bêtes (fourmis et autres), elles s’enfuient de la ruche. Cela
compromet la production.
L’entretien des ruches et la récolte du miel se font en pleine végétation. Ce qui expose l’apiculteur
aux reptiles. La combinaison qui comprend des bottes des gants et un tissu épais de préférence
permet de se protéger des reptiles.
Dans l’environnement du rucher, il peut se trouver des voleurs qui volent le miel. Ainsi, ils
compromettent la production et parfois, ils détruisent les ruches, ce qui compromet l’activité
apicole, car il faut tout recommencer.
L’intérêt pour les sous-produits apicoles a commencé avec la cire. En effet, c'est dans les
monastères que s'est développée l'économie apicole, en majeure partie pour fournir la cire des
cierges d'églises, depuis le VIIIe siècle en l'Allemagne
La cire
Elle sert aussi à :
La propolis
C’est un liant fabriqué par les abeilles pour colmater les brèches de la ruche, ou embaumer les
cadavres d’intrus tués dans la ruche par les abeilles et qui sont trop gros pour être évacués. Les
abeilles la fabriquent à partir de résines, d'huiles volatiles et de substances diverses collectées sur
certains arbres. Cette résine peut être récoltée et commercialisée. Dans la médecine traditionnelle,
La propolis est utilisée pour soulager les maux de gorge, les problèmes de peau, les brûlures, les
blessures, etc.
Résine entre les parties d’une ruche Résine récoltée par IRITIE
Le pollen
Le pollen est récolté par les abeilles sur les arbres, pour en servir aux couvains comme source de
protéine végétale. Ce pollen peut être récupéré avec une trappe à pollen placée à l’entrée d’une
ruche. La trappe à pollen étant un cadre percé de petits trous ne pouvant laisser passer que les
abeilles, leur paquet de pollen placé sur la patte sera arraché au passage. Le pollen ainsi obtenu
peut être conditionné puis vendu. Un apiculteur polliniculteur ne doit pas prélever tout le pollen
recueilli par les abeilles, pour ne pas mettre la vie du couvain en danger. 3kg de pollen/ruche/an
est l’idéal à prélever.
Composition du venin :
Le venin des abeilles, utilisé à doses raisonnables, sert à soulager certains maux des humains en
particulier contre le rhumatisme. Ce venin peut être alors récupéré en amenant les abeilles, sous
de décharges électriques, à déverser sur une plaque. Le venin ainsi obtenu peut être commercialisé.
Production du venin
La production du venin n’est pas toujours égale. Durant les trois jours qui suivent l’éclosion, la
poche à venin des abeilles est totalement vide. Le venin n’est pas produit non plus lorsqu’il y a un
manque de pollen dans la nourriture.
L’abeille possède la plus grande quantité de venin entre le 16ème et le 21ème jour de son existence,
lorsqu’elle œuvre comme gardienne à l’entrée de la ruche.
Les fourmis
Les fourmis constituent un réel danger pour les abeilles. A la recherche de substances sucrées, si
les fourmis découvrent une ruche dans laquelle se trouve du miel ou des traces de substance sucrée,
elles investissent cette ruche. Elles s’attaquent aux occupants de la ruche qui s’enfuient pour ne
pas être tués. Au moment de l’installation des ruchers ou des ruches pièges, il faut éviter la
proximité des fourmis ou bien les déloger de leur site. Au cas où les fourmis envahissent une ruche,
c’est par le feu et la fumée qu’on peut les en déloger.
Types de maladies
Elles sont d’origines microbiennes, parasitaires, environnementales, bactériennes. Elles peuvent
aussi être dues aux virus et aux champignons.
27
MALADIES AGENT CAUSAL MANIFESTATION CIBLE CONDUITE A TENIR
La loque Bactérie - Mauvais Couvain - Désinfection des cadres à
développement du l’intérieur de la ruche vide
couvain, avec l’eau de javel ou avec
- Jaunissement des l’eau chaude.
larves,
- Mort des larves
- Forte odeur dans la
ruche.
Les fausses Chenilles provenant - Destruction de la Cire Retrait des caisses et tuer les
teignes des papillons gris cire et du couvain, Couvain chenilles avec des produits.
- Destruction des
cadres et le bois de la
ruche.
Nosémose Protozoaire - Les abeilles ne Tube Remplacer tous les cadres
(amibe) peuvent plus voler ni respiration infectés par des cadres sains.
faire leurs des abeilles
excréments, adultes.
- Mortalité.
Acariose Parasites internes - Diarrhée Abeilles Désinfection des cadres à
- mauvais adultes l’intérieur de la ruche vide
développement avec de l’eau de javel ou
du couvain. avec de l’eau chaude.
Prophylaxie générale :
3- Eviter si possible d’utiliser des colonies inconnues. L’idéal est donc de provoquer soi-
même ses divisions de colonies.
5- Renouveler les cadres dans les ruches progressivement, car plus la cire est vielle dans la
ruche, plus elle contient des microbes. Les cadres se renouvellent à raison de deux par an.
28
TRAVAUX DIRIGES 2
1- A quoi sert le matériel suivant : Maturateur de miel /Désoperculateur de rayon /Lève-
cadre /Enfumoir
2- Expliquez-le processus de production d’un miel monofloral
3- Citer les techniques d’extraction du miel
29
ACHATINICUTURE
30
SOMMAIRE
Introduction
CHAPITRE 1 : BIOLOGIE DE L’ESCARGOT
1. Grandes lignes de l‘anatomie de l’escargot géant africain
1.1- Anatomie générale de l’escargot
1.2- Anatomie de la coquille
1.3- Diagnose des sexes
2- Infrastructures d’élevage
2.1. Construction du bâtiment d’élevage
2.2. Le matériel d’élevage hors sol
2.3. Les matériels accessoires
3. Conduite d’élevage
3.1. Alimentation
3.2. La reproduction chez les escargots
4. Mesure générale d’hygiène
4.1. Limiter l’introduction d’agents pathogènes
31
Introduction
En Afrique subsaharienne et particulièrement en Côte d´Ivoire, l´escargot constitue une denrée
fortement appréciée. Sa chair tendre, savoureuse, très riche en protéines, en sels minéraux et
surtout en fer, représente une source alternative de protéines animales aussi bien en milieu rural
que citadin. Le ramassage et le commerce de ces animaux durant les saisons pluvieuses de l’année
génèrent d’importants revenus financiers tant pour les femmes des régions rurales que pour les
revendeuses. Sur les marchés, les escargots sont très abondants pendant les saisons pluvieuses et
très rares pendant les saisons sèches. Il existe donc un besoin non couvert par une offre appropriée
pendants certaines périodes de l’année.
Ainsi, face à la forte demande des marchés, la pression des ramassages, la destruction de leur
biotope par l’homme et les ennemis naturels sont autant de facteurs qui accentuent la rareté de
certaines espèces, d’où la nécessité de leur élevage.
Cependant, la réussite de leur production passe par la connaissance des espèces d’escargots les
mieux adaptées aux conditions d´élevage et la maîtrise de certains facteurs biotiques et abiotiques
qui influencent directement leur vie. Par analogie avec l’héliciculture qui désigne l’élevage des
escargots Helicidae, l’achatiniculture est l’élevage des escargots Achatinidae et constitue l’une des
facettes du mini-élevage.
Ce cours a pour objectif de valoriser les techniques de production de l’escargot africain, en vue
d’une meilleure disponibilité des ressources protéiques. Il permettra de produire des ressources
financières tout en créant des emplois.
32
CHAPITRE 1 : BIOLOGIE DE L’ESCARGOT
Les escargots sont des Mollusques Gastéropodes terrestres, pulmonés. Ils sont végétariens,
hermaphrodites et ovipares. En Afrique, ils sont regroupés au sein de la famille des Achatinidae,
tandis que dans les régions tempérées (Europe), ils appartiennent à la famille des Helicidae. La
taxonomie des escargots géants d’Afrique est encore mal connue et même considérée par certains
auteurs comme étant complexe et très controversée. Cependant, les travaux de nombreux auteurs
ont permis de montrer que ces animaux appartiennent au règne animal. Ce sont des Invertébrés
aquatiques ou terrestres à corps mou. Ils sont souvent dotés d’une coquille. Ils sont constitués de
sept classes dont celle des Gastéropodes à laquelle appartiennent les escargots.
L’escargot comprend en gros deux (2) parties : le corps et la coquille. Le corps est divisé en trois
(3) zones (la tête, le pied et les viscères).
La tête, peu démarquée du reste, porte deux paires de tentacules rétractables. L’une des paires est
beaucoup plus allongée que l'autre. La paire la plus allongée contient les yeux dans sa
terminaison protubérante et la paire la plus courte sert d’organe tactile et gustatif au bout
desquels se trouve le nez. Et juste en dessous se trouve la bouche. L’orifice génital est situé à la
base de la tête juste en arrière de l’implantation du grand tentacule droit. Les viscères, de forme
bosselée, se trouvent dans la coquille au-dessus du pied. Ils contiennent les organes
digestifs, reproducteurs et respiratoires.
Le pied musculaire, allongé, occupe presque toute la surface ventrale et, comme la tête, n'est
pas clairement démarqué du reste du corps. La coquille constitue l’habitat protecteur de l’escargot
qui y rétracte son corps en cas de danger.
33
1.3- Diagnose des sexes
La particularité chez l’Achatine est qu’il est Hermaphrodite. Mais l’accouplement est nécessaire
pour la reproduction naturelle. L’escargot mâture manifeste d’abord une tendance sexuelle mâle.
34
l’objet d’un commerce florissant appartiennent essentiellement aux genres Achatina et
Archachatina.
2.1- Achatina achatina (gros-rouge)
Les escargots Achatina achatina sont réputés être les plus gros escargots terrestres du monde. La
coquille, de forme conique et pointue au sommet, est marron et comporte des rayures
caractéristiques (escargot tigre). A. achatina est réputée être plus difficile à élever parce qu’elle
n’est pas habituée à des conditions de vie très instables. La ponte a généralement lieu à la tombée
de la nuit ou pendant la nuit et comporte de 30 à 300 œufs. Les œufs, plus ou moins ovales et de
couleur jaune sale, font 8 à 9 mm de long et 6 à 7 mm de large, sont déposés dans des trous de 4
cm de profondeur. Les œufs éclosent généralement 2 à 3 semaines après avoir été pondus selon la
température avec un taux d’éclosion de 90%. Le bébé escargot possède une fine membrane
coquillière qui se calcifie progressivement. Bien que cette période se caractérise par une rapide
croissance, les escargots sont capables de se passer de nourriture pendant quelques jours (5-10
jours) après l’éclosion. La phase juvénile est la période commençant 1 ou 2 mois après l’éclosion
jusqu’au stade de maturité sexuelle (14- 20 mois). En fin de cette période juvenile, sa coquille est
complètement formée. Il pèse alors entre 100 et 450 g. La durée de vie est en moyenne de 5 à 6
ans.
L’escargot gros noir ou Archachatina ventricosa est le second en taille. Sa coquille mesure 10 à 15
centimètres et son poids peut atteindre 450 grammes. La couleur de sa coquille est grise et plus
épaisse que celle du gros rouge. Le gros noir pond en moyenne 3 à 14 œufs et une fois par an. La
durée d’incubation des œufs est d’environ 29 jours.
35
2-3- Archachatina marginata
Peu connue en Côte d’Ivoire, présente dans la région du sud Comoé. Elle a des traits de
ressemblance avec A. achatina par l’ornementation de sa coquille. Elle présente deux variétés, une
à chair blanche et une autre à chair noire avec des variantes intermédiaires. Archachatina marginata
est un gros escargot, la coquille est bien moins pointue que l’espèce Achatina, sa rondeur
étant particulièrement accentuée chez les jeunes escargots. Sa tête est gris foncé et son pied
est légèrement plus clair.
2.3.1-Reproduction
L’espèce atteint sa maturité sexuelle vers un an avec un poids vif de 100-125 g.
Les œufs sont relativement gros, de 7 x 12 mm, et le poids moyen est de 4,8 g. Cela explique
pourquoi il y a peu d’œufs par naissain : de 4-18 œufs. Les œufs sont pondus dans le sol à une
profondeur de 10 cm.
La période d’incubation, est d’environ 4 semaines. Les petits ont une coquille fine transparente ; ils
restent généralement dans le sol pendant 5 à 7 jours, parfois même plus longtemps, avant
d’émerger
Adultes. Ils atteignent leur maturité sexuelle vers 10-12 mois
36
2-4- Achatina fulica (escargot des jardins)
L’escargot Achatina fulica est plus petit que les deux autres. C’est lui qui a donné à l’ensemble
des escargots africains le qualificatif de géant. Son poids n’excède pas 250 grammes. L’achatina
fulica pond deux fois dans l’année à raison de 100 œufs en moyenne par ponte. La durée
d’incubation est de 16 jours. Il est très peu consommé en Côte d’Ivoire car il est d’introduction
récente.
L‘escargot est hermaphrodite et possède donc la fois les lignées germinales mâle et femelle.
Néanmoins, l’accouplement est nécessaire pour la reproduction naturelle.
L’escargot mature manifeste d’abord une tendance sexuelle mâle. Les escargots s’accouplent et
échangent des spermatozoïdes. Ceux-ci sont stockés dans le réceptacle séminal jusqu’au moment
où les ovules arrivent à maturité. La fécondation se réalise au niveau de la jonction du canal
hermaphrodite avec la glande a albumen ; elle est suivie par la formation d’une coquille calcaire,
puis par la ponte.
Selon la F.A.O. (1986) Achatina achatina produit par saison des pluies une seule ponte, ou
exceptionnellement de 30 à 300 petit œufs, alors Archachatina marginata produirait 4 à 8 pontes
de 5 à 10 gros œufs par saison pluies.
Dans la nature, les Helicidae et les achatinidae enfuissent leurs œufs dans un nid qu’ils creusent
dans le sol meuble. Les œufs y sont abandonnés pour l’incubation et les escargots éclos sortent
seul du nid.
37
4. Relations de l‘escargot avec le milieu ambiant
Perception du milieu
− Pour voir, L’escargot dispose d’un œil rudimentaire “situé sur la face interne de chacun de
ses longs tentacules ;
− Pour sentir les odeurs, I ’escargot dispose de “boutons olfactifs” situés à l’extrémité des
longs tentacules.
− Pour gouter, l’escargot utilise ses courts tentacules inférieurs qui surplombent la bouche
dans laquelle exercerait aussi la gustation.
Adaptation de l’escargot au milieu de vie
Comme de nombreux invertébrés, les principales fonctions vitales des escargots sont très
dépendantes des conditions d’environnement, notamment des cycles jour-nuit, de l’hygrométrie et
de la température. Ainsi, l’escargot géant africain est connu pour être actif pendant la nuit de même
qu’au crépuscule et à l’aurore.
En dehors de conditions favorables, l’escargot se rétracte dans sa coquille; il peut même s’isoler
totalement de l’extérieur en produisant une pellicule qui obstruera l’ouverture de sa coquille.
➢ Substrat
Le contact avec la terre semble indispensable à la bonne croissance des escargots. Cette terre leur
apportera du carbonate de calcium, d’autres des sels minéraux notamment du magnésium, ainsi
que diverses substances présentes dans la matière organique dont peut-être les facteurs de
stimulation de la croissance.
➢ Humidité
Les escargots préfèrent un taux élevé d’humidité de l’air (de 80 à 90%) ; ils sont d’ailleurs actifs
durant les périodes humides du jour (aurore et crépuscule) et pendant la nuit. En dehors de ces
périodes humides, ils s’abritent sous la végétation naturelle ou sous des matériaux disposés pour
jouer le même rôle.
➢ Température
Poïkilothermes, ils ne contrôlent pas leur température corporelle. Ceci signifie que leurs
fonctions physiologiques sont très influencées par la température du milieu extérieur et
même altérées si les conditions de vie deviennent défavorables.
38
➢ Air
Pulmonés, les escargots terrestres respirent de l’air. Leur tégument s’opposant à la déshydratation,
il faudra dont prescrire une aération suffisante, mais éviter le vent et les courants d’air.
➢ Confinement
L’escargot géant africain est un animal fouisseur qui rampe non seulement que le tapis végétal,
mais aussi sur l’écorce des arbres et les parois verticales ; il peut parcourir en une seule nuit plus
de 50 m. En Côte d’Ivoire, on propose actuellement de confiner les escargots dans une enceinte
enterrée à la profondeur suffisante pour barrer le passage aux prédateurs creusant des galeries
(rongeurs etc.) et close par un filet s’opposant aux menaces venues des airs (voleurs, oiseaux, …)
➢ Abreuvement
L’eau de boisson est indispensable à l’escargot, mais elle constitue aussi le support idéal pour la
propagation et la multiplication d’agent pathogènes. Il faut donc prévoir des abreuvoirs ad hoc. Un
abreuvoir trop profond peut entrainer la mort des escargots par noyade.
➢ Alimentation
L’escargot géant africain est végétarien et apprécie les feuilles de taro (xanthosoma malaffa),
de Talfairia, de Centrosema, d’amarante hybride (Amaranthus hybridus), de patate douce
(Ipomoea batatas), de manioc (Maniohot esculentis) de laitues (Lactuca taraxacifolia), de
même que les fruits / noix de palme (Elaeis guineesis), papaye (Carica papaya), banane (Musa
sapientum), avocat (Persea gratissima), orange douce (Citrus sinensis), concombre ( Cucumis
sativus), que les racines ( carottes) ou les jeunes pousses de végétaux et d’arbres, ou les sous-
produits agricoles ( farine basses de riz,…). L’escargot géant africain ne mange pas ou très peu
la peau des légumes (courgette, concombre) ou des fruits (pomme, poire…). Il semble donc
indispensable de couper ces légumes/fruits en tranches ou en quartiers pour qu’ils soient
consommés sans gaspillage excessif. Quelques soit l’espèce, la croissance de l’escargot géant
africain est rapide lors de la première année de vie. Ses besoins en minéraux sont énormes vu
la quantité de coquille à produire en peu de temps. Ainsi, chez l’adulte Achatina achatina, la
coquille intervient pour un tiers dans le poids total de l’escargot. Il est donc conseiller
39
d’apporter en permanence une source de carbonate de calcium offerte ad libitum en addition
aux autres aliments.
➢ Densité de peuplement
L’escargot géant africain est sensible à la densité de peuplement. Les expériences montent que
la croissance des jeunes ralentit lorsque la densité de peuplement est trop élevée. En élevage,
il est recommandé pour la mise en charge, 1kg à 5 kg de poids vif au mètre carré. Toujours
est-il que l’effet néfaste d’une densité trop élevée sur la croissance d’Achatinidae se traduit
chez les escargots par la prise de poids sans accroissement de la coquille. Ce ralentissement de
la vitesse de croissance en longueur de la coquille de l’escargot semble dû à des réparations
répétées de la lèvre coquillère aux dépens de l’accroissement de la spire coquillère.
De façon générale les escargots peuvent être repartis dans les escargotières par classe d’âges et par
gabarit selon les densités suivantes :
2- Infrastructures d’élevage
Le bâtiment doit être installé dans un endroit humide ; c'est-à-dire un endroit où il fait beaucoup
frais et calme (pas dans un basfond). On peut ainsi choisir de l’installer sous une ancienne
plantation ou autre couvert végétal. Une clôture de l’enceinte d’élevage est nécessaire pour
sécuriser les animaux. Le bâtiment doit fournir aux escargots des conditions d'ambiance favorables
pour optimiser les résultats techniques et économiques dont certaines règles à respecter,
notamment au niveau des conditions d'ambiance, tels que :
➢ L'isolation thermique du local d'élevage afin de garder les mêmes conditions d’ambiance.
Le contrôle de la température, en effet une température trop basse (inferieure à 7 °C)
entraine l’hibernation et une température trop forte (supérieure à 28°C) entraine l’estivation
et la température idéale se situe autour de 20 °C (de 18 à 22°C)
➢ Le contrôle de l'hygrométrie, l’humidité préférentielle pour les escargots se situe entre 70
et 95 %.
➢ L'éclairement, c'est l'un des facteurs fondamentaux de la biologie des escargots les
photopériodes en reproduction et en nurseries sont identiques (14 heures de lumière), les
40
tubes fluorescents dont le spectre lumineux est proche du spectre naturel sont les mieux
conseillés.
➢ La lutte contre les insectes volants dont l’effet est parfois pathologique pour les escargots.
Le bâtiment doit être sain avec des murs et une toiture en bon état, une hauteur sous plafond
suffisante (2,5 m), facile d’accès et disposant d’un raccordement à l’eau et à l’électricité.
Le bâtiment d’élevage permet de protéger les escargots contre les enfants, la pluie, les grands
vents, les insectes et les animaux. Le bâtiment peut être construit en matériaux locaux ou en
matériaux importés. Il peut être de forme rectangulaire de dimension (8 m x 12 m en moyenne) ou
circulaire (10 m de diamètre). Les murs sont faits en briques de terre (Géobéton) ou en dur élevé
à mi-hauteur et surmontés par une charpente en bois. La toiture doit être en paille ou en "papo".
Prévoir un espace au-dessus des murs pour permettre à l’air de circuler et la lumière du jour d’y
pénétrer. Ce qui permettra aussi à l’achatiniculteur de voir clair dans la maison. Il ne faut pas faire
l’erreur de couvrir le bâtiment avec des tôles car celles-ci dégagent la chaleur reçue à l’intérieur
du bâtiment.
Les escargotières des jeunes et des reproducteurs peut être de 12 m / 2 / 0,4 compartimentées en
trois (3) escargotières de 4m / 2 / 0,4. Les escargotières construites en géobéton ou en ciment
comportent chacune 4 murets s’élevant au plus à 50 cm de hauteur à partir du sol. Il faudra faire
plusieurs escargotières parce que les escargots se reproduisent en grand nombre. Les escargotières
sont munies de couvercles en grillage métallique de préférence inox de maille moustiquaire
constituant un dispositif antifuite pour les animaux. Pour les escargotières sous bâtiment, les
couvercles peuvent se limiter aux grillages type moustiquaire en nylon ou en plastique.
Il faudra enlever du fond des escargotières, la première couche de terre. Cette terre peut contenir
certains ennemis des escargots tels que les œufs de chenille et / ou de fourmis. Remplissez les
fosses jusqu’à 15 cm avec d’abord du charbon (5 cm) ; ce charbon permettra l’infiltration de l’eau
d’arrosage et l’aspiration les odeurs des déchets. Ensuite, du terreau stériliser par chauffage et
refroidi doit être mis au-dessus du charbon (10 cm) ; le terreau contient des éléments minéraux
41
indispensables aux escargots. Enfin, recouvrir le tout de feuilles mortes de cacaoyer, de caféier ou
de tecks.
Ce sont des espaces clos séparés de l'extérieur ce qui permet aux escargots de poursuivie leur
croissance en toute protection de l'environnement extérieur. L'implantation des parcs exige un
choix géographique variable avec les performances zootechniques, un choix de terrain à faible
pente, non inondables, le sol doit être franche, légèrement calcaire.
Les parcs d'engraissements doivent être aménagés d'une couverture végétale. Ils doivent être
ensemencés au moins un mois avant la date de mise en parcs, la végétation doit être coupée
régulièrement et cette opération doit se faire l'après-midi heure à laquelle les escargots sont
concentrés sur les mangeoires.
Il s’agit de bacs en plastique transparent. Il est nécessaire d’y pratiquer des petites ouvertures qui
seront obturées à l’aide d’un grillage fin de type moustiquaire.
Il s’agit tout simplement de poser sur des étagères inclinées (pour assurer l’évacuation des eaux
de nettoyage) des bacs ouverts vers le haut recouvert d’un grillage à maille carrée de 10 mm destiné
à empêcher la fuite des escargots. L’utilisation de bacs en plastique permet une certaine aisance
au niveau de leur entretien.
Les principes de base applicables aux enceintes de nurserie sont les mêmes que ceux applicables
dans le cas des enceintes de reproduction. Des boites en plastique sont les plus utilisées. La nurserie
se conduit en hors-sol, mais certains héliciculteurs utilisent des plateaux dont le fond est garni de
substrat humidifié. Parfois aussi, les éleveurs disposent des abris sur le fond de ces boites de
nurserie : il s’agit de sections de bouteilles en plastique, ou plus simplement de bandes de plastique
souple et opaque sous lesquelles les jeunes escargots se glissent.
42
Le nettoyage quotidien des cages à l’eau, associé à l’utilisation d’un humidificateur (pendant
environ 14 heures par jour) suffit à maintenir un taux hygrométrique satisfaisant.
➢ Les mangeoires
Généralement, afin d’éviter que l’aliment absorbe l’humidité résiduelle, celui-ci est distribué sur
des petits supports qui peuvent être constitués de plaques de plastique ou plus souvent de languettes
de plastique.
➢ Les pondoirs
On utilise des petits pots en plastique, percés au fond (par exemple, des pots à bouture de
pépiniéristes) de préférence en plastique transparent pour pouvoir visualiser très facilement les
pontes sans manipulation. Dans une enceinte de reproduction, le nombre de places de ponte
(nombre de pots ou nombre de trous) dépendra du nombre de reproducteur. On compte une place
pour 5 à 10 reproducteurs. Les pots peuvent être regroupés en un seul point de la cage d’élevage
ou repartis sur toute la surface.
Le substrat de ponte doit être meuble et légèrement humidifié. Il est possible d’utiliser de la terre,
à condition qu’elle soit légère ou un terreau horticole fabriqué à une date ultérieure de 6 mois à 1
an avant son utilisation, on peut aussi utiliser des substrats organiques, tels que le sable de rivière
seul ou associé à la terre du jardin.
Plusieurs modes d’incubation étant possibles, le choix des matériels à utiliser est varié :
Incubation dans les postes de ponte : Dès qu’une ponte est constatée dans un pot, celui-ci est retiré
de la cage de reproduction et placé sur le support d’incubation : il s’agit d’une simple étagère
garnie d’un fond humide constitué de géotextile ou de mousse synthétique. Ensuite, sur le dessus
du pot, on dispose une petite plaque de plastique transparent (plexiglas) qui viendra obstruer
l’ouverture. A la naissance, les escargots iront se coller sur cette plaque.
Incubation en dehors des pots de ponte : Cette technique, de plus en plus généralisée, a plusieurs
avantages. Cette technique consiste à retirer les pontes de leur substrat et à les placer dans des
boîtes d’incubation. Cette opération est facilitée par l’utilisation des pondoirs équipés de «pièges
de ponte ». Les boîtes d’incubation sont des boites en plastique du commerce ou des «boîtes de
Pétri », dont on garnira le fond avec l’équivalent d’une cuillère à soupe de substrat de ponte ou
avec un morceau de géotextile humidifié.
43
3. Conduite d’élevage
3.1. Alimentation
L’escargot géant africain est végétarien. Il préfère les fourrages verts tels que, les feuilles de taro
(xanthosoma maffafa), d’amarante (Amaranthus hybridus), de laitue (salade) (Lactuca sativa et
Lactuca laraxaciplia), de choux (Brassica oleracea), de papayer (Carica papaya), de patate douce
(Ipomaea batatas), de manioc (Maniot esculentus) et de plusieurs fruits comme, les noix de palme
(Elaeis guinéens), de papaye, de banane (Musa parasita sapientum et corniculata), d’avocat
(Persea americana) ainsi que les racines des certains végétaux : carotte, manioc, igname. Certains
végétaux sauvages sont également consommés par les escargots. Cependant, une alimentation à
base de farine de céréales induit de meilleures croissances qu’une alimentation à base de fourrages
verts. Aussi, une alimentation à base de fourrages verts présente plusieurs inconvénients :
Les escargots sont nourris chaque 2 jours après avoir ramassé les refus alimentaires, nettoyé les
mangeoires et arrosé les escargotières. Il faut servir de l’eau potable aux animaux dans des
abreuvoirs propres et peu profonds disposés à même le sol surtout pour ceux qui sont nourris à
l’aliment industriel.
L’eau de boisson est indispensable aux escargots mais constitue également le support de
multiplication d’agents pathogènes. Il faut donc veiller à la propreté de l’eau de boisson ou
d’arrosage et des abreuvoirs qui ne doivent pas être profonds afin d’éviter les noyades.
L'alimentation de l'escargot à base d'aliments composés sont sous forme de farine ou de granulés
et dont la formule globale est la suivante:
L’escargot est un animal ovipare et hermaphrodite, c’est-à-dire qu’il est à la fois mâle et femelle.
Cependant, l’accouplement est nécessaire pour la reproduction : on parle de reproduction croisée.
La période qui s’étend de l’accouplement à la ponte varie selon les espèces et les conditions de vie
des reproducteurs. En élevage, il faudra démarrer avec des individus sains et adultes (consulter un
44
spécialiste du domaine). Cependant, l’on peut se référer à l’aspect général des animaux en
particulier la qualité de la coquille et le poids. Les meilleurs géniteurs ont un poids variant entre
80 et 125 g pour une longueur de coquille allant de 9 à 11 cm. Les reproducteurs peuvent provenir
de :
➢ L’élevage
L’idéal est de disposer de reproducteurs dont l’on connaît les caractéristiques et l’origine. C’est
pourquoi il est souhaitable d’avoir des reproducteurs issus d’un élevage. Aussi, à l’issu d’une
saison d’engraissement est-il possible d’utiliser comme géniteurs les premiers escargots adultes.
➢ la nature
Il est possible de collecter soi-même des reproducteurs. Ces reproducteurs sont capturés dans la
nature pendant la nuit lorsqu’ils sont pleinement actifs. Il faudra éviter tout acte brutal qui pourra
les traumatiser ;
➢ des marchés
C’est le dernier recours si l’on ne dispose pas d’autres sources d’approvisionnement. Lorsque
l’achat des reproducteurs sur des marchés s’avère incontournable, il faudra sélectionner des
escargots frais (moins fatigués), sans cassure et de gabarits comme sur indiques. Les animaux
sélectionnés doivent être mis en observation pendant 15 à 30 jours. Les escargots morts et moins
actifs doivent être éliminés.
Les agents pathogènes peuvent être véhiculés par les visiteurs, le personnel, les escargots et le
matériel d’élevage.
➢ Visiteurs et Personnel
Ces derniers peuvent porter sur eux et surtout s’ils sont achatiniculteurs, des agents pathogènes
qu’ils introduiront. Il faut de ce fait dans la mesure du possible, limiter les visites. On peut
également utiliser un pédiluve, tapis de mousse dans un bac remplis d’eau et additionné d’un
désinfectant tant pour les visiteurs que pour le personnel.
➢ Escargots
Une flore et une faune sont associées aux escargots qui sont introduits dans la ferme ; qu’il s’agisse
d’individus d’élevage ou de récolte dans la nature. Cette flore et cette faune peuvent devenir
45
explosives lorsque l’environnement le permet. Afin de limiter les risques, il faudra disposer d’une
source d’approvisionnement dans la ferme. Lorsque les achats ou les récoltes extérieurs sont
nécessaires, une mise en observation s’avère indispensable. Les règles proposées pour la conduite
des introductions sont :
Si des morts sont présents en nombre important, une analyse en bactériologie et en parasitologie
s’impose avant leur introduction dans le bâtiment
• Introduction préliminaire
Les escargots à introduire sont d’abord mis dans des bacs réservés à cet effet. Ces bacs sont si
possible séparés des structures habituelles. La densité des animaux pourrait être plus importante
que celle prévue par les normes. La durée sera de 7 à 14 jours et les animaux se seront familiarisés
aux conditions d’élevage. C’est une période de mise en « quarantaine ».
• Introduction réelle
Si la phase précédente donne satisfaction, les escargots pourront être repartis dans les escargotières
à la densité normale mais sans les mélanger aux escargots existant déjà dans la ferme. Une période
d’observation de 10 jours est encore nécessaire.
➢ Matériel
Tout matériel ayant été utilisé à l’extérieur doit être désinfecté et rincé abondamment à l’eau avant
son introduction.
Tous les deux jours, il faut enlever des escargotières et du bâtiment tous les déchets d’animaux et
les restes d’aliment. Un nettoyage général est conseillé entre les passages de chaque lot
d’escargots. Ce nettoyage consistera à enlever le terreau de l’escargotière et à le remplacer par un
autre nouvellement stérilisé. Après le ramassage des escargots, les parcs sont vidés de leurs
matériels et désherbés. Les résidus de désherbage sont éliminés et éloignés des parcs. C'est à cette
période qu'il est préférable d'effectuer le traitement contre les limaces. En fin de l'année, il est bon
de retourner le terrain afin de mélanger la matière organique et d'assainir le parc d'une façon plus
générale.
46
AULACODICULTURE
47
TABLE DE MATIERES
INTRODUCTION .................................................................................................................... 49
48
Introduction
I. Biologie de l’aulacode
L'aulacode est un des plus gros rongeurs d'Afrique. Il est improprement appelé agouti en Côte
d’Ivoire, au Bénin, au Togo et dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest, mais hérisson au Gabon
et agouti dans d’autres pays de l’Afrique Centrale. Le nom agouti utilisé, est erroné et doit être
proscrit car il désigne une espèce animale bien connue. L’agouti (Dasyprocta agouti) est un
rongeur qui existe uniquement en Amérique du Sud et en Afrique central (photographies 1, 2 et
3). Des critères anatomiques, biologiques et paléontologiques ont permis de distinguer deux
espèces, Thryonomys swinderianus et Thryonomys gregorianus, appartenant à un seul genre connu
Thryonomys. C’est pour rendre hommage au professeur Van Swinderen de Groningen (Pays-Bas)
et à ses travaux sur l’aulacode, que le grand aulacode fut nommé Thryonomys swinderianus, alors
que le petit aulacode recevait le nom de Thryonomys gregorianus. La distinction entre ces deux
espèces s’appuie sur des critères morphologiques, notamment sur la taille. L’aulacodiculture
concerne l’élevage du grand aulacode (photographies 4, 5 et 6).
Le grand aulacode est le plus lourd rongeur d’Afrique après l’athérure. La longueur (tête + corps)
varie entre 10 cm et 50 cm avec en plus une queue de 15 à 25 cm. Sur patte, sa hauteur varie entre
23 et 30 cm.
A l’âge adulte, les femelles pèsent entre 3 et 5 kg tandis que le poids du mâle varie de 4 à 6 kg. Le
pelage du grand aulacode est brun foncé moucheté de jaune et formé de poils raides et rudes ou
subépineux. Le ventre, la gorge, le menton et les lèvres sont recouverts de poils blanchâtres et
moins rudes. La queue est poilue et écailleuse, de couleur brun foncé et s’amincit vers l’arrière.
49
Le museau de l’aulacode adulte est légèrement effilé chez la femelle et un peu arrondi chez le
mâle. Chez les aulacodeaux (jeunes aulacodes) nouvellement nés ou de même âge, la distance
anogénitale du mâle est environ le double de celle de la femelle.
(1) Agouti
(2) Agouti s’alimentant
(3) Agouti femelle
avec sa portée
Aulacodeau : n.m., aulacode mâle entier impubère. Au pluriel (aulacodeaux), il désigne une
portée ou plusieurs aulacodes impubères.
50
Aulacodiculteur : n.m., éleveur d’aulacodes.
Aulacodiculture : n.f., élevage des aulacodes et ensemble des techniques y affèrent.
Aulacodinet : n.m., aulacode mâle entier subadulte. Aulacodinette : n.f., aulacode femelle
subadulte.
II. Infrastructures
L’aulacode est un animal aux mœurs sauvages. Il est très craintif, son élevage nécessite son
apprivoisement pour le rendre docile et son maintien en captivité étroite afin qu’il acquière certains
reflexes et habitudes. Pour ce faire l’on doit lui construire un abri. Le choix de l'emplacement est
très important. Il est conseillé de construire le bâtiment sur un terrain plat, non inondable. Ainsi,
le terrain devra :
• Être habité par au moins une personne en permanence afin d'assurer le gardiennage ;
• Être situé à proximité d'un endroit pourvu en herbes fourragères. A défaut, sa superficie
devra être suffisante pour mettre en place une plantation de fourrage ;
• Être dans un endroit calme, loin du grand bruit et des mauvaises odeurs ;
• Être situé à proximité d’un important marché permettant la commercialisation des produits
de l’élevage à de bons prix.
Comme infrastructure, l’aulacodérie qui les protègera des intempéries et des voleurs et empêchera
la fuite des aulacodes a à son sein des aulacaudères (enclos et cages).
2.1.les bâtiments
plusieurs types de matériaux sont utilisés dans la construction du bâtiment, à savoir des parpaings
de terre ou de ciment, du bambou de Chine, de la paille, des nattes, etc. L’essentiel est d’utiliser
des matériaux locaux pour minimiser les coûts du bâtiment. Le bâtiment doit être aéré et
suffisamment éclairé pour faciliter les opérations d’élevage. Un demi-mur de 1,50 mètre est à
prévoir sur les plus grands côtés, la partie supérieure doit être recouverte par des claustras ou du
51
grillage poulailler. Le toit peut être recouvert de tôle, de paille ou de toute autre matière étanche.
Les animaux sont logés dans des enclos aménagés à l’intérieur du bâtiment d’élevage. Leur nombre
dépend des objectifs de production. Il est conseillé d’avoir une génitrice par enclos. Les
aulacodères sont indispensables. Leur disposition et nombre dépendent des dimensions et de
l’effectif du cheptel de l’élevage. Il existe essentiellement trois sortes d’enclos : l'enclos fermé, les enclos
superposés et l'enclos ouvert.
Enclos ouvert
L'enclos ouvert est constitué par une pièce unique et ne comporte pas de couvercle. Ainsi,
l'observation et la surveillance des animaux sont facilitées. Les enclos peuvent avoir une superficie
de 3m2 (1,5m x 2m) au moins. Du fait de l'absence de couvercle et de l'aptitude des animaux à
sauter assez haut, les murs des enclos doivent atteindre au moins 1,5 m. Les parois peuvent être
constituées par du bois ou des bambous par exemple. Une petite porte permet l'accès à l'intérieur
de l'enclos.
52
Figure 5 : Dimension d’un enclos ouvert
Figure 4 : Enclos ouvert
Enclos fermé
L'enclos fermé est constitué de 2 pièces surmontées chacune par un couvercle, et séparées par
une cloison portant une ouverture de communication.
53
Enclos superposés
Les enclos superposés adoptent le même principe que les enclos fermés mais on en place jusque
trois ou quatre l’un au-dessus de l’autre. La profondeur est limitée à 70 cm pour assurer un
nettoyage facile au fond de l’enclos. La hauteur intérieure est de 30 cm. L’épaisseur de la dalle est
de 3 cm. Elle est réalisée en béton armé. La face de devant soutient la porte (30x30) et est
entièrement grillagée pour assurer une lumière suffisante jusqu’au fond de l’enclos. Ce type
d’enclos est couteux mais son grand avantage est la possibilité de placer plusieurs enclos sur une
surface au sol réduite.
Cages
Les cages sont constituées de petites chambres en grillage. On y place généralement un seul adulte
(50 X 50 X 50 cm) mais parfois plusieurs (90 X 70 X 50 cm). Plusieurs cages peuvent être mises
l’une au-dessus de l’autre pour former une batterie de cages. Il est obligatoire d’utiliser un grillage
dont le fil fait 1,5 mm de diamètre pour résister aux dents des aulacodes.
54
2.3.Densité́
Mangeoires et abreuvoirs
55
Des mangeoires et abreuvoirs en ciment ou en terre cuite conviennent parfaitement. Chaque
éleveur peut les fabriquer lui-même en confectionnant un moule à cet usage.
Cage de contention
Pour manipuler et soigner les aulacodes il est souvent nécessaire de les immobiliser dans une petite
cage de contention. La dimension de la cage de contention doit être aussi voisine que possible de
celle de l'animal afin que la mobilité de celui-ci soit limitée au maximum quand il est dans la cage.
En effet, un animal qui se retourne dans une cage risque toujours de rester coincé et de se blesser
gravement. Il complique par ailleurs le travail de l'éleveur qui peut avoir besoin d'une immobilité
maximale, par exemple pour lire un numéro de boucle. C'est pourquoi il est conseillé aux enleveurs
d'avoir au moins deux cages : une grande et une petite.
56
III. conduite d’élevage
L’alimentation des aulacodes est essentiellement composée de plantes vertes ou herbes que l’on
appelle fourrage, et d’un complément que l’on appelle concentré. Le concentré est appelé ainsi
parce que c’est un aliment riche qui apporte beaucoup de nutriments, même si on en distribue une
petite quantité.
3.1.2. Fourrage
Le fourrage est l'aliment principal des aulacodes, il représente 70% du volume de la ration
quotidienne. Il fournit aux animaux une grande quantité d'éléments nutritifs et de fibres, qui sont
indispensables pour assurer une bonne digestion. Toutes sortes d'herbes et de fibres peuvent être
utilisées. Parmi celles qui sont le plus couramment rencontrées, sont :
3.1.3Concentré
Le concentré est un complément au fourrage indispensable pour un apport de substances nutritives,
57
notamment des protéines, indispensables à la croissance rapide des animaux. De nombreux
aliments peuvent être utilisés pour composer le concentré :
• des céréales (blé, maïs, riz, sorgho, mil, etc.) et leurs sous-produits (son, etc.),
• des tubercules et racines (manioc, patate, tarot, igname, etc.) et leurs sous- produits,
• des oléagineux (arachides, noix de palme...) et leurs sous-produits,
• du pain rassis,
• des fruits (écorces d'ananas, papaye verte...),
• poudre d’os ou de coquilles d’escargot,
• poudre ou feuilles séchées de Morinaga oleifera ou leucaena leucocephala,
• des fruits (écorces d'ananas, papaye verte...),
Pour éviter le gaspillage, le concentré doit être distribué dans des mangeoires disposées dans les
enclos.
3.1.4. La distribution
La distribution doit être faite à heure fixe et de préférence dans la matinée. Un passage en soirée
permettra de compléter les aliments entièrement consommés pendant la journée, car les aulacodes
mangent aussi la nuit. Les aulacodes prennent leurs repas à diverses reprises, le jour comme la
nuit. Il doit donc toujours avoir des aliments disponibles dans les enclos, et même des restes le
lendemain, ce qui atteste que les animaux ont reçu suffisamment à manger. Il est recommandé de
distribuer le fourrage avant le concentré, ce qui limite le gaspillage.
L'eau doit être changée tous les jours et les abreuvoirs sont rincés systématiquement. Les femelles
allaitantes boivent plus que les autres.
La quantité de fourrage à distribuer par jour et par animal dépend du type de fourrage choisi, et de
la taille de l'animal. Le fourrage peut être distribué en vrac ou posé sur des râteliers. En pratique,
on distribue par jour et par animal adulte une bonne poignée de concentré de type céréale
correspondant approximativement à 80 à 150 gr. Les aulacodes présentent une consommation
alimentaire nocturne plus élevée par rapport à la consommation diurne.
Le fourrage doit être récolté dans une zone saine. Il faut éviter de récolter celui qui pousse au bord
de la route, dans des marigots ou à proximité́ des décharges et latrines. En effet, il risquerait d'être
contaminé par des toxines qui donneraient des maladies aux animaux. Il faut aussi éviter de récolter
du fourrage ayant des taches sur les feuilles (moisissures) qui peuvent nuire à la santé des animaux.
58
Les aulacodes apprécient plus le fourrage quand il n'est pas trop vieux, ni trop sec. Toutefois, il est
indispensable de faire sécher le fourrage au moins 24 heures en l’étalant au soleil, avant de le
distribuer aux animaux, afin de limiter les risques de diarrhée. Le concentré doit être stocké à l’abri
de la pluie, des voleurs, des souris, des insectes, et dans un endroit propre.
3.2. Reproduction
Quand ont lieu les premiers accouplements ?
Les femelles sont mises à la reproduction vers l'âge de 6 mois même si la maturité survient un peu
plus tôt. Leur poids doit être au minimum de 1,5 kg. Les mâles peuvent être mis à la reproduction
dès que leurs parties génitales deviennent brunes. Cependant, il est préférable qu'ils aient 8 mois
avec un poids de 2 kg à peu près.
L'aulacode est polygame, c'est-à-dire qu'il peut accoupler plusieurs femelles en même temps.
Ainsi, un groupe de reproduction doit se composer d'un mâle et de 4 femelles au maximum.
L'accouplement polygame présente plusieurs avantages :
• Il permet de gagner de l'espace car on n'utilise qu'un seul enclos pour mettre plusieurs
femelles en accouplement.
• Il permet d'entretenir moins de mâles reproducteurs
• il permet de gagner du temps car les femelles sont accouplées en même temps.
• Il permet de regrouper les mises bas ce qui permet une meilleure gestion de l'espace lors
du sevrage des petits. En effet, les petits aulacodes de même âge et issus de mères
différentes peuvent être regroupés ensemble lors du sevrage.
Le mâle est d'abord placé dans l'enclos afin qu'il puisse marquer son territoire et pour éviter les
bagarres. Les femelles seront placées toutes ensemble au moins 24 heures après. Avant d'accoupler
des aulacodes, il faut préalablement s'assurer que le groupe est compatible ; c'est-à-dire que les
animaux peuvent se reproduire entre eux. Pour cela, il faut contrôler deux aspects:
La parenté
Il ne faut pas croiser des animaux de même sang car cela créerait de la consanguinité. Les risques
d'avoir des petits anormaux augmentent. Les petits peuvent présenter un état de santé précaire ou
encore on peut remarquer des cas de mortinatalité ou d'avortement. Pour vérifier la parenté, on se
réfère au cahier d'élevage et aux fiches individuelles en regardant de quels parents ils sont issus.
Leurs poids
Pour éviter les bagarres et permettre au mâle de dominer toutes les femelles, il faut :
59
• Que le mâle fasse au moins 0,5 kg de plus que la femelle la plus lourde. Il faut aussi éviter que
le mâle soit trop lourd. Si le mâle est plus petit que la femelle, il ne pourra pas la monter.
• Que le groupe soit assez homogène. Ainsi, l'écart de poids entre la femelle la plus lourde et la
plus légère ne doit pas être supérieur à 500 g. La pesée de l’aulacode s’effectue au moyen de la
cage de contention.
Pour savoir si les femelles sont en gestation, on pratique le TEST DE GESTATION 6 semaines
après la mise au mâle. Pour le faire, la femelle est mise dans une cage de contention et les pattes
arrière sont légèrement écartées. Puis un coton tige mesurant environ 4,5 cm est introduit lentement
dans le vagin de la femelle en le faisant tourner toujours dans le même sens entre les doigts
jusqu’au 3/4 de sa longueur. Lorsque le coton tige est retiré du vagin, la couleur blanche
transparente indique que la femelle n’est pas gestante. Si la couleur est rouge, jaune ou marron la
femelle est gestante. Le mâle est laissé en permanence au côté des femelles pour avoir 2 mises bas
par an avec souvent 4 à 6 aulacodeaux en moyenne par mise bas
3.3. Prophylaxie
La maladie ou la mortalité représentent des facteurs de perte économique. L'éleveur devra donc
tout faire pour éviter au maximum les cas de maladies et de mortalité au sein de son cheptel.
Compte tenu de la rusticité de l'aulacode, les risques de maladie et de mortalité peuvent être
significativement diminués en respectant 3 règles fondamentales :
Consigner dans un document toutes les opérations menées et à mener dans la ferme, ainsi que tous
les évènements quotidiens. Chaque animal sera référencié et tous les évènements qui le concernent
seront marqués. Les informations contenues dans ces fiches (idéalement en recto-verso) sont : pour
60
tous les animaux : l’origine de l’animal (référencés des parents ou de la ferme d’origine), le numéro
de l’enclos dans lequel il se trouve, son sexe, son âge.
TRAVAUX DIRIGES
1- Expliquer en quatre lignes (3) la technique de détection de la gestation d’une aulacodine
61