Transfo Parfait - Cours - 1/7
. LE TRANSFORMATEUR PARFAIT
.I Présentation
Le transformateur est un convertisseur statique, alternatif / alternatif. Il est soit
élévateur, soit abaisseur de tension ou de courant. Il peut également être utilisé
comme élément isolant entre deux circuits.
On utilise l’un des deux symboles suivants :
.a Le circuit magnétique
Un transformateur est un quadripôle composé de deux enroulements non reliés
électriquement mais enlaçant un circuit magnétique commun.
.b Les enroulements
Le circuit magnétique est constitué par un empilage de tôles minces et isolées entre
elles par un vernis, il est donc feuilleté, pour diminuer les pertes dues aux courants de
foucault. Il est formé d’un alliage limitant les pertes par hystérésis.
Chaque enroulement est constitué de spires isolées entre elles par un vernis. Les deux
enroulements sont placés autour d’un noyau magnétique afin de diminuer les fuites
magnétiques et d’augmenter le champ.
L’enroulement qui comporte le nombre de spires le plus élevé est l’enroulement haute
tension, il est constitué d’un fil plus fin que l’autre enroulement basse tension.
.c Les notations usuelles
Les grandeurs relatives au primaire sont affectées de l’indice « 1 », celles relatives au
secondaire sont affectées de l’indice « 2 ».
Le nombre de spires des enroulements : N1 ; N2.
La valeur des résistances des enroulements, en ohms [] : R 1 ; R 2.
La valeur instantanée des tensions, en volts [V] : u1 (t) ; u2
(t).
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La valeur instantanée des f.e.m induites, en volts [V] : e1 (t). ; e2
(t).
La valeur des flux magnétiques, en webers [Wb] : 1 (t) ; 2
(t).
i1 (t) i2 (t)
e1 (t) e2 (t)
u1 (t) u2 (t)
Nous choisissons un sens arbitraire pour le flux (t) ici le sens d’une ligne de champ.
Les autres signes en découlent. Les sens des courants i 1 (t) et i2 (t) sont pris de telle
façon que les flux créés soient positifs donc additifs. Le primaire est un récepteur,
nous adoptons la convention récepteur, le secondaire est un générateur, nous
adoptons la convention générateur.
Les f.e.m e1 (t) et e2 (t) sont de sens opposé aux flux (t) et (t) d’après la loi de
Faraday :
e1 (t) La f.e.m induite au primaire, en volts [V]
1 (t) Le flux magnétique au primaire, en webers [Wb]
e1 (t) =
La dérivée du flux 1 (t) par rapport au temps t
e1 (t) La f.e.m induite au primaire, en volts [V]
2 (t) Le flux magnétique au secondaire, en webers [Wb]
e2 (t) =
La dérivée du flux 2 (t) par rapport au temps t
.d Les bornes homologues
Les bornes marquées par un point sont dites homologues. Ce sont des bornes telles
qu’un courant entrant corresponde à un flux positif, les tensions qui pointent vers ces
points sont en phase.
.e Le principe de fonctionnement
Les transformateurs utilisent le phénomène d’induction électromagnétique. La bobine
du primaire est soumise à une tension variable. Elle engendre un courant de même
type, introduisant un champ magnétique, donc un flux variable, d’où la création d’une
f.e.m variable. De plus, grâce au circuit magnétique, la variation de flux au primaire
entraîne une variation de flux magnétique au secondaire et donc une nouvelle f.e.m
induite.
.f le flux magnétique
La tension sinusoïdale u1 (t), de pulsation , crée à travers chaque spire, un flux (t),
sinusoïdal de même pulsation et déphasé de par rapport à la tension u1 (t) :
Transfo Parfait - Cours - 3/7
Si
.g Formule de Boucherot
L’amplitude maximale du champ magnétique, , ne dépend que de la valeur efficace
de la tension appliquée au primaire u1 (t), de la section droite et constante du circuit
magnétique s, et enfin de la fréquence f, fixée par le réseau.
La valeur maximale du flux magnétique, en teslas [T]
U1 La valeur efficace de la tension u1 (t), en volts [V]
f La fréquence f du réseau utilisé est exprimée en hertz [Hz]
s La section droite est exprimée en mètres2 [m2]
Attention la relation précédente n’est vraie qu’en utilisant les données du primaire U 1
et N1, en effet la valeur maximale du champ magnétique ne se retrouve pas dans
tous les cas au secondaire, notamment lorsque l’on tient compte des pertes
magnétiques.
. II Le transformateur parfait
.a Les hypothèses simplificatrices
L’intensité du courant à vide i 1o (t) est nulle, le transformateur parfait fonctionnant à
vide ne consomme aucun courant, il n’est donc le siège d’aucune perte.
.b Le rapport de transformation du transformateur
Nous appelons m, le rapport de transformation du transformateur. Cette grandeur est,
par définition, le rapport entre le nombre de spires au secondaire par rapport au
nombre de spires au primaire, soit :
m Rapport de transformation [sans unités]
N2 Le nombre de spires de au secondaire [sans unités]
N2 Le nombre de spires de au primaire [sans unités]
.c Les relations entre les tensions pour le transformateur parfait
A chaque instant, chaque spire est traversée par le même flux magnétique.
Au primaire : e1 (t) = - N1 u1 (t) = - e1 (t)
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Au secondaire : e2 (t) = - N2 u2 (t) = - e2 (t)
Donc :
Cette relation indique que les tensions u1 (t) et u2 (t) sont en opposition de phase.
La relation entre les valeurs efficaces U 1 et U2 ne tient pas compte du déphasage :
m Rapport de transformation [sans unités]
m= U2 La valeur efficace de la tension u2 (t), en volts [V]
U1 La valeur efficace de la tension u1 (t), en volts [V]
.d Les relations entre les intensités
Dans tous les cas que nous étudierons, le transformateur sera considéré comme
parfait pour les courants, ainsi pour tous courants non nuls, la relation entre les
valeurs efficaces I1 et I2 s’exprime ainsi :
m Rapport de transformation [sans unités]
m= I1 La valeur efficace de l’intensité i1 (t), en ampères [A]
I2 La valeur efficace de l’intensité i2 (t), en ampères [A]
.e Le diagramme de Fresnel
Un transformateur parfait est alimenté au primaire par une tension sinusoïdale u 1 (t). Il
alimente une charge Zc, telle que le courant i 2 (t) présente un déphasage d’un angle 2
avec la tension u2 (t).
i1 (t) i2 (t)
Zc
u1 (t) u2 (t)
Il est possible d’évaluer l’intensité i 1 (t) du courant appelé au primaire à l’aide d’un
diagramme de Fresnel. Ce courant dépend de la charge appliquée au secondaire.
I1
U2
1
2
U
1
I2
La valeur de l’intensité efficace du courant I 2 dépend de la charge appliquée au
secondaire, il en est de même pour le facteur de puissance cos 2. Ces deux
grandeurs imposent la valeur de l’intensité efficace du courant I 1 appelé au primaire,
ainsi que le facteur de puissance du primaire, sachant que 1 = 2.
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.f Le bilan des puissances
La puissance absorbée au primaire
P1 La puissance active consommée au primaire en watts [W]
P1 = U1.I1 cos 1 U1 La valeur efficace de la tension u1 (t), en volts [V]
I1 La valeur efficace de l’intensité i1 (t), en ampères [A]
1 L’angle de déphasage entre u1 (t) et i1 (t) en degrés [°]
La puissance restituée au secondaire
P2 La puissance active délivrée au secondaire en watts [W]
P2 = U2.I2 cos 2 U2 La valeur efficace de la tension u2 (t), en volts [V]
I2 La valeur efficace de l’intensité i2 (t), en ampères [A]
2 L’angle de déphasage entre u2 (t) et i2 (t) en degrés [°]
Du fait que le transformateur parfait ne subit aucune perte entre le primaire et le
secondaire, la puissance active consommée au primaire est identique à celle délivrée
au secondaire, ainsi :
P2 La puissance active délivrée au secondaire en watts [W]
P2 = P 1 P1 La puissance active consommée au primaire en watts [W]
Q1 La puissance réactive consommée au primaire en V.A.R [vars]
Q1 = U1.I1 sin 1 U1 La valeur efficace de la tension u1 (t), en volts [V]
I1 La valeur efficace de l’intensité i1 (t), en ampères [A]
1 L’angle de déphasage entre u1 (t) et i1 (t) en degrés [°]
V.A.R : Volts ampères réactifs
Q2 La puissance réactive délivrée au secondaire en V.A.R [vars]
Q2 = U2.I2 sin 2 U2 La valeur efficace de la tension u2 (t), en volts [V]
I2 La valeur efficace de l’intensité i2 (t), en ampères [A]
2 L’angle de déphasage entre u2 (t) et i2 (t) en degrés [°]
V.A.R : Volts ampères réactifs
Du fait que le transformateur parfait ne subit aucune perte entre le primaire et le
secondaire, la puissance réactive consommée au primaire et celle délivrée au
secondaire est la même, ainsi :
Q2 La puissance réactive délivrée au secondaire en V.A.R [vars]
Q2 = Q1 Q1 La puissance réactive consommée au primaire en V.A.R [vars]
V.A.R : Volts ampères réactifs
S1 La puissance apparente au primaire en V.A [VA]
S1 = U1.I1 U1 La valeur efficace de la tension u1 (t), en volts [V]
I1 La valeur efficace de l’intensité i1 (t), en ampères [A]
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S2 La puissance apparente au secondaire en V.A [VA]
S2 = U2.I2 U2 La valeur efficace de la tension u2 (t), en volts [V]
I2 La valeur efficace de l’intensité i2 (t), en ampères [A]
S2 La puissance apparente au secondaire en V.A [VA]
S2 = S1 S1 La puissance apparente au primaire en V.A [VA]
Le rendement, rapport entre la puissance active absorbée et la puissance active utile
délivrée par le transformateur parfait prend la valeur particulière de 1.
Le rendement du transformateur parfait [sans unités]
= P2 La puissance active délivrée au secondaire en watts [W]
P1 La puissance active consommée au primaire en watts [W]
.g Le modèle électrique vu de la charge
i2 (t)
e2 (t) Zc u2 (t)
Vu de la charge, le transformateur se comporte comme une source de tension parfaite
e2 (t), cette tension est issue du primaire du transformateur suivant la relation :
Avec e1 (t) = - u1 (t)
La tension u1 (t) est sinusoïdale, nous pouvons utiliser une écriture complexe pour
décrire le comportement du transformateur vu du secondaire :
U2 = E2 = Zc.I2
.h Le modèle électrique vu de l’alimentation
i1 (t)
u1 (t) Z
Vu de l’alimentation, le transformateur se comporte comme une charge d’impédance
Z. La tension u1 (t) est sinusoïdale, nous pouvons utiliser une écriture complexe pour
décrire le comportement du transformateur vu de l’alimentation :
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U1 = Z.I1
Des relations précédentes en utilisant les relations entre les courants et les relations
entre les tensions, nous pouvons écrire :
Z=
.i La plaque signalétique
Les tensions indiquées sur la plaque signalétique sont les valeurs nominales U1n et U2n
des tensions u1 (t) et u2 (t) au primaire et au secondaire. La puissance apparente
nominale Sn est également indiquée ainsi que la fréquence nominale f d’utilisation du
transformateur. La plaque signalétique permet de calculer rapidement les grandeurs
n’y figurant pas à l’aide des relations vues précédemment.
Attention, la plaque signalétique du transformateur réel n’indique pas les mêmes
grandeurs que celles du transformateur parfait.