0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
34 vues2 pages

Chéque

Transféré par

Amal El Sahli
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
34 vues2 pages

Chéque

Transféré par

Amal El Sahli
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

I.

L’élargissement des infractions pénales par la


nouvelle loi n°41-2024
Avec la loi n°41-2024 du 2 août 2024, le législateur tunisien a souhaité
réformer en profondeur le droit du chèque, notamment en élargissant et
en précisant les infractions pénales relatives à la considération du chèque
comme un moyen de garantie (A) , et les infractions relatives au
manquement de la banque à ces obligations (B), dans une logique de
protection des transactions et de responsabilisation des acteurs
économiques.
A. les infractions pénales relatives à la considération du chèque comme un
moyen de garantie :
Comme nous l’avons déjà mentionné, l’usage pratique du chèque a connu
une dérive de sa fonction originelle d’instrument de paiement pour
devenir un moyen de garantie.1
Cela est dû à l’implication de diverses parties, en particulier le tireur et le
bénéficiaire, qui ont adhéré à cette logique facilitant, selon eux, les
transactions commerciales. Afin de contrer ces pratiques, le législateur
tunisien a élargi le champ de la criminalisation, de sorte que l’infraction ne
concerne plus seulement l’émetteur du chèque, mais aussi celui qui
délivre un chèque à titre de garantie, celui qui l’accepte à ce titre, toute
personne qui s’oppose au paiement d’un chèque auprès de la banque
tirée sans justification légale, ainsi que la banque elle-même dans
plusieurs cas spécifiques.2
Cette nouvelle incrimination vise à lutter contre le phénomène du
“chèque postdaté”, par lequel un chèque est émis à une certaine date
avec l’engagement du bénéficiaire, à la demande du tireur, de ne le
présenter à l’encaissement qu’à une date ultérieure indiquée sur le
chèque, ce qui est contraire à la nature juridique du chèque, qui doit être
un instrument de paiement immédiat et non une garantie. L’acceptation
d’un chèque à titre de garantie constitue ainsi un élément constitutif de
cette infraction, ce qui soulève la question de la preuve de cette
acceptation. Dans la nouvelle législation, cette preuve est facilitée grâce à
l’obligation pour le bénéficiaire de s’enregistrer sur une plateforme
électronique supervisée par la Banque Centrale de Tunisie, laquelle
interconnecte tous les acteurs bancaires. L’identité du bénéficiaire est
ainsi établie de manière incontestable, et ce dernier prouve son
1
‫ مقال منشور في جريدة الشروق‬, ‫قانون الشيكات الجديد اشكاليات في التعامل التجاري و ارباك اللقتصاد‬
‫ االلكترونية‬https://www.alchourouk.com/article/23
2
‫مقال حول الجديد في قانون الشيكات‬, ‫نجاة ابراهمي‬
acceptation du chèque en accédant à la plateforme pour vérifier
l’existence du solde et en notifiant immédiatement la banque de la
demande d’affectation du montant correspondant au chèque. Le nouvel
article 410 ter du Code de Commerce prévoit la création, à l’initiative de la
Banque Centrale de Tunisie, d’une plateforme numérique unifiée dédiée
aux transactions par chèque, à laquelle toutes les banques doivent
obligatoirement adhérer via un système d’interconnexion. Il est
également prévu que la feuille du chèque comprenne des éléments
d’identification électronique et des dispositifs de sécurité pour protéger le
secret bancaire. Toutefois, la question demeure de savoir comment
prouver que le bénéficiaire a accepté le chèque en tant que garantie,
même s’il est inscrit sur la plateforme. En principe, l’adhésion obligatoire
réduit ce risque, mais en l’absence de sanction explicite pour le non-usage
de la plateforme, cette fraude reste possible. Le nouvel article 410 quater,
paragraphe 9, indique qu’une liste des banques adhérentes est établie et
mise à jour par circulaire de la Banque Centrale, ce qui montre que
l’adhésion reste de fait volontaire jusqu’à généralisation effective,
permettant certains abus. Si un bénéficiaire est reconnu coupable d’avoir
accepté un chèque en tant que garantie, il sera puni des mêmes peines
que le tireur d’un chèque sans provision, soit deux ans d’emprisonnement
et une amende équivalant à 20 % du montant du chèque. De même, celui
qui reçoit un chèque à titre de garantie sera sanctionné. Cette
incrimination vise également à combattre la pratique consistant pour le
bénéficiaire à conserver un chèque en tant que garantie pendant une
période déterminée, sans l’encaisser immédiatement, en attendant de
recevoir en espèces le montant inscrit. Ici encore, la généralisation de
l’adhésion obligatoire à la plateforme électronique vise à limiter ce type
d’abus, l’interconnexion des données devant permettre de détecter ces
comportements frauduleux, comme c’est le cas dans les pays avancés. Si
l’infraction est prouvée, les sanctions seront les mêmes que pour
l’émission d’un chèque sans provision. Par ailleurs, le législateur a pénalisé
l’opposition au paiement du chèque par le tireur en dehors des cas prévus
par la loi (perte ou vol) afin de lutter contre les manœuvres frauduleuses
perturbant le processus de paiement, cette infraction étant sanctionnée
comme l’émission d’un chèque sans provision.

Vous aimerez peut-être aussi