Rapport Jury Centrale 2024 TSI
Rapport Jury Centrale 2024 TSI
Rapport du jury
pour les épreuves de la filière TSI
Session 2024
Concours CentraleSupélec 2024 − Banque CentraleSupelec filière TSI
M moyenne
ET écart−type
Q1 premier quartile
Q2 médiane
Q3 troisième quartile
EI écart interquartile
Les courbes suivantes donnent la répartition des notes des candidats présents. Elles fournissent, pour
chaque valeur en abscisse, la proportion de copies ayant obtenu une note inférieure ou égale à cette
valeur. Les traits continus "rouge" matérialisent les quartiles et le trait pointillés "bleu", la moyenne.
Langue
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Allemand
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Anglais
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Arabe
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Chinois
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Espagnol
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Italien
100 %
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Portugais
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Russe
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Mathématiques 1
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Mathématiques 2
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Physique−chim 1
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Physique−chim 2
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Rédaction
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S2I
100 %
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Mathématiques 1
Présentation du sujet
Cette épreuve introduit les nombres de Fubini comme le nombre de partitions ordonnées d’un ensemble
fini. Certaines propriétés de ces nombres sont démontrées. Ils interviennent en fin de sujet dans la construc
tion d’un produit scalaire sur l’espace des polynômes ℝ𝑛 [𝑋].
Ce sujet comporte quatre parties. Dans la première, on calcule une somme à l’aide d’une famille de poly
nômes. Dans une deuxième partie, les nombres de Fubini 𝐹𝑛 sont définis par une relation de récurrence,
puis sont caractérisés à l’aide d’un dénombrement. On démontre aussi une expression de ces nombres
comme une somme introduite dans la première partie. Grace à cette expression et à une interprétation
probabiliste, on obtient une minoration des 𝐹𝑛 . Dans la troisième partie, on détermine un équivalent
de la suite (𝐹𝑛 ) à l’aide d’une comparaison série-intégrale. Dans la quatrième partie, on construit une
suite (𝑃𝑛 ) de polynômes qui s’expriment en fonction des 𝐹𝑛 . Le sujet se termine par la construction d’un
produit scalaire sur ℝ𝑛 [𝑋] qui rend la famille (𝑃𝑛 ) orthonormée.
Cette épreuve aborde plusieurs notions importantes du programme des deux années de la filière TSI :
polynôme, série entière, dénombrement, espérance d’une variable aléatoire discrète, intégrale généralisée,
endomorphisme, produit scalaire, base orthonormée.
Remarques générales
Le jury a relevé un nombre conséquent de copies manquant de soin avec parfois une rédaction manquant
de clarté. Beaucoup de fautes d’orthographe ont été relevées. La très mauvaise qualité de certaines copies
a été sanctionnée. Les feuilles de brouillon distribuées doivent être utilisées pour que la copie soit claire
et les résultats doivent être soulignés ou encadrés.
Beaucoup de candidats enchainent les calculs sans explication. La réponse à une question doit toujours
être accompagnée de phrases justificatives.
+∞
Les confusions entre les symboles ∑ et ∑ ont été sanctionnées. Une série est une suite. Le symbole
𝑘⩾𝑘0 𝑘=𝑘0
+∞
∑ est un nombre, désignant la limite de la suite des sommes partielles. On peut l’écrire après avoir
𝑘=𝑘0
justifié la convergence de la série.
Dans la partie II, la notation (Ω, 𝒜, 𝑃 ) pour un espace probabilisé apparait, alors que la notion de tribu
n’est pas au programme de la filière TSI. Cette maladresse n’a aucune conséquence sur la compréhension
des questions de probabilité. Aucun candidat ne l’a relevée et aucun n’a semblé être perturbé par la lettre
𝒜 apparaissant qu’une seule fois.
Dans la partie III, l’étude de la convergence d’une intégrale généralisée est mal maitrisée. L’oubli de la
continuité a été sanctionnée. Les critères de comparaison pour les fonctions positives doivent être connus.
Dans une intégration par parties, la convergence du crochet [𝑢 × 𝑣]+∞ 0
doit être justifiée. La fin de la
partie III consiste à comparer une somme avec une intégrale pour déterminer un équivalent du nombre
𝐹𝑛 . Certains candidats ont eu la bonne idée de faire un dessin. Malgré tout, toutes les étapes de la
comparaison attendue doivent être démontrées.
Parmi les questions très classiques, certaines ne devraient poser aucune difficulté. En Q17., on attend
un tableau de variation de la fonction 𝑔𝑛 pour déterminer son maximum. En Q27., on rappelle qu’une
application sur un espace vectoriel 𝐸 est un endomorphisme d’un espace vectoriel 𝐸 si 𝑓 : 𝐸 → 𝐸 et
𝑓 est linéaire. Trop souvent la preuve d’une de ces deux propriétés a été oubliée. En Q35., il s’agit de
décomposer un polynôme en une combinaison linéaire de la famille (𝑃0 , ..., 𝑃𝑛 ) définie précédemment et
donc de démontrer que cette famille engendre l’espace ℝ𝑛 [𝑋].
Partie I - Préliminaires
+∞
Q2. Le domaine de définition de 𝐷0 : 𝑥 ↦ ∑ 𝑥𝑛 a été trop rarement précisé.
𝑛=0
Q3. Il s’agit de démontrer l’égalité des rayons de convergence des séries entières ∑ 𝑘𝑛 𝑥𝑘 et ∑ 𝑘𝑛+1 𝑥𝑘
à 𝑛 fixé. L’égalité entre le rayon de convergence d’une série entière et de sa série dérivée a été très peu
évoquée. On pouvait utiliser la règle de D’alembert mais beaucoup de candidats l’appliquent mal : oubli
de la valeur absolue, confusion entre 𝑘 et 𝑛, conclusion hasardeuse.
Q4. Le théorème de dérivation terme à terme pour les séries entières a été trop rarement cité, le domaine
de validité de l’expression demandée, oubliée.
Q5. Dans l’initialisation de la récurrence, beaucoup de candidats ont mal lu la définition de la suite (𝐷𝑛 ),
la somme 𝐷0 commence à 𝑘 = 0 tandis que pour 𝑛 ⩾ 1, le premier terme de 𝐷𝑛 est 𝑥. Souhaitant arriver
𝑥
au résultat, certains de ces candidats ont interprété l’expression 𝐺𝑛 ( 1−𝑥 ) comme le produit de 𝐺𝑛 par
𝑥
1−𝑥 alors que c’est une composition.
du rayon de convergence 𝑅 de ∑ 𝐹𝑛!𝑛 𝑥𝑛 ne suffisait pas. La question Q11. permettait de minorer 𝑅 par
𝑛
𝑥
ln(2) égal au rayon de convergence de ∑ (ln(2)) 𝑛 . Pour aboutir à ce résultat, beaucoup de candidats ont
écrit à partir de Q11. des inégalités fausses, une comparaison entre sommes partielles doit se faire avec
les modules.
+∞
Q13. Trop peu de candidats ont pensé à appliquer le théorème du cours. La fonction 𝑓 : 𝑥 ↦ ∑ 𝑎𝑛 𝑥𝑛
𝑛=0
𝑓 (𝑛) (0)
est de classe C∞ sur ] − 𝑅, 𝑅[ et pour tout 𝑛 ∈ ℕ, 𝑎𝑛 = 𝑛! . On en déduit simplement : ∀𝑛 ∈ ℕ,
𝐹𝑛
𝐹𝑛 = 𝑓 (𝑛) (0) quand 𝑎𝑛 = 𝑛! .
Q15. La plupart des candidats a cité le théorème de transfert avec son hypothèse de convergence mais
souvent sans la justifier à l’aide de la question Q3. par exemple.
Q16. Certains candidats ont fait l’erreur d’écrire que 𝑃 (𝑋 ⩾ 𝑎) = 𝑃 (𝑋 = ⌊𝑎⌋) pour avoir le résultat
demandé connaissant la loi de 𝑋. D’autres assez nombreux, ont pensé à écrire
+∞
𝑃 (𝑋 ⩾ 𝑎) = 𝑃 (𝑋 ⩾ ⌊𝑎⌋ + 1) = ∑ 𝑃 (𝑋 = 𝑘) et certains d’entre eux ont élégamment commencé le
𝑘=⌊𝑎⌋+1
+∞
calcul par la décomposition (𝑋 ⩾ 𝑎) = ⋃ (𝑋 = 𝑘).
𝑘=⌊𝑎⌋+1
Q18. Il s’agissait de minorer 𝐸(𝑋 𝑛 ) à l’aide de Q15. et Q16.. Quelques candidats ont appliqué l’inégalité
de Markov qui n’est pas au programme. Le jury n’a pas pénalisé son utilisation.
Q19. Des erreurs de manipulation d’inégalités ont été souvent relevées. Il s’agissait de combiner les
questions précédentes et de choisir la bonne valeur de 𝑎.
Q20. - Q21. La convergence de l’intégrale 𝐼𝑛 = ∫ 𝑡𝑛 𝑒−𝑡 ln(2) d𝑡 a été en général mal justifiée.
0
Les propriétés lim 𝑡𝑛 𝑒−𝑡 ln(2) = 0 ou 𝑔𝑛 : 𝑡 ↦ 𝑡𝑛 𝑒−𝑡 ln(2) admettent un maximum sur ℝ+ , n’entrainent
𝑛→+∞
par la convergence de cette intégrale. On attendait la continuité de 𝑔𝑛 sur ℝ+ et une comparaison avec
une fonction de référence intégrable sur ℝ+ . L’intégration par partie doit être justifiée. La valeur de 𝐼0 a
été trop souvent écrite sans démonstration, on souhaitait un calcul.
III.B Cette sous-partie a été souvent abordée mais rarement traitée correctement.
Q32. Le début de la question a été largement bien traitée. Elle permettait de faire apparaitre une
somme télescopique pour prouver que 𝑃𝑛 (0) = 𝐹𝑛 à l’aide de Q13.. Le résultat a été rarement obtenu
correctement.
Q34. La formule de Taylor pour les polynômes au programme de première année est rarement connue.
Q35. Peu de candidats ont pensé à démontrer à l’aide de Q31. que (𝑃0 , ..., 𝑃𝑛 ) est une base de ℝ𝑛 [𝑋].
Q36. Question très souvent abordée. Les axiomes définissant un produit scalaire sont connus. Mais trop
souvent les candidats écrivent une inégalité stricte dans la positivité du produit scalaire. Le caractère
défini n’a jamais été bien traité.
Q31. - Q33. - Q37. - Q38. Ces questions ont été peu abordées.
Conclusion
Contrairement aux années précédentes, le jury a rencontré très peu de copies ne contenant qu’une petite
dizaine de questions traitées. Un très grand nombre de candidats ont abordé pratiquement toutes les
questions, au risque d’en traiter certaines superficiellement. Les parties du programme sur les séries, les
intégrales et l’algèbre linéaire sont mal maitrisées. Certaines notions vues en première année semblent
être oubliées.
Apprendre et comprendre le cours reste essentiel pour pouvoir le restituer avec précision lors d’une épreuve
de concours. On doit aussi retenir des règles et des méthodes mais il faut les comprendre et savoir quand
les utiliser. Travailler le cours à l’aide de nombreux exercices sur toutes les parties du programme des
deux années de classe préparatoire reste incontournable.
Mathématiques 2
Présentation du sujet
Le sujet était composé d’un problème en deux parties dont le thème principal était l’étude de la fonction
génératrice d’une variable aléatoire discrète. La première partie traitait du cas des variables finis et la
seconde des variables quelconques.
Ce sujet faisait appel essentiellement aux notions de probabilités avec quelques applications des polynômes
et des séries entières.
Commentaires généraux
Compréhension du sujet
La bonne lecture du sujet et le respect des notations étaient encore une fois capitale pour bien pouvoir
aborder cette épreuve. Il est regrettable qu’un certain nombre de candidats se trompe dans des calculs
de sommes simples ou ne réussit pas à établir la convergence d’une série.
Cours
Le jury rappelle à nouveau qu’une connaissance solide du cours de mathématiques des deux années
est indispensable afin de bien figurer lors des concours. Les candidats sachant citer et reconnaitre les
théorèmes du cours ont pu se démarquer.
Ci-après quelques remarques non exhaustives sur les points de cours abordés lors du sujet et quelques
remarques qui demandait à plusieurs reprises des questions de cours directes. Insistons sur le fait que
l’utilisation d’un théorème doit s’accompagner de la vérification d’hypothèses :
− les candidats devraient savoir calculer sans difficulté des sommes géométriques finis et ne pas oublier
les cas particuliers (raison égale à 1) ;
− les lois usuelles doivent être connues (loi de Bernoulli, Binomiale, uniforme) ;
− de nombreux candidats ne prennent pas la précaution de vérifier qu’une variable est non nulle avant
une division ;
− le jury attendait une justification de la dérivation termes à termes d’une série entière à l’intérieur de
son domaine de convergence.
Calculs
Dans ce sujet les difficultés calculatoires étaient modérées. Les calculs faisant intervenir des paramètres
ont posé des difficultés à de nombreux candidats.
Parties II-B - Une première application : une loi construite à partir de la loi de Poisson
Cette partie traitait l’étude d’une variable aléatoire et faisait à nouveau intervenir des calculs de séries
entières. Le jury attendait que l’on décompose les événements en jeu comme une union et l’utilisation de
leur incompatibilité pour calculer leur probabilité.
Conclusion
Ce sujet comportait de nombreuses questions proches du cours et a permis aux candidats aux connais
sances solides de se distinguer.
Physique-chimie 1
Présentation du sujet
Cette épreuve étudie quelques aspects d’un robot clarinettiste.
Il comporte de la physique et de la chimie, en s’appuyant sur le programme de première et deuxième
année.
Dans un premier temps, le sujet étudie la partie mécanique du robot et sa commande.
Une deuxième partie s’intéresse à l’aspect chimique de la synthèse du matériau.
Dans un dernier temps, le sujet explore l’aspect acoustique en utilisant l’analogie avec les cavités électro
magnétiques.
De manière générale
Le jury donne, notamment à destination de futurs candidats, quelques conseils pour préparer et réussir
l’épreuve.
La rédaction, les explications et la présentation constituent la première image que donnent les candidats
aux correcteurs.
Les résultats doivent être encadrés.
Il faut veiller à expliquer le raisonnement suivi quand cela est nécessaire. Cela permet au correcteur de
juger le niveau de compréhension et d’attribuer une partie des points même si la réponse est incomplète.
Les candidats doivent s’interroger sur l’unité, à chaque fois qu’il est demandé une application numérique.
Tout résultat sans unité est systématiquement compté faux.
Les futurs candidats doivent également veiller à détailler leurs réponses, particulièrement quand la
consigne du sujet est explicite en demandant de justifier.
Partie I – Le robot
Q1. Trop de candidats ne définissent pas correctement le système
Q2. Il ne faut pas oublier le schéma, surtout quand celui-ci est explicitement demandé.
Q3. à Q6. Rarement bien traitées. Le candidat ne peut pas se contenter de paraphraser les réponses
attendues mais doit mener un calcul de mécanique classique.
Q6. Une petite majorité de candidats justifie correctement. Là encore, le sujet est clair sur l’argument :
le plan contenant 𝑀 et perpendiculaire à (𝑂𝑧) est à citer.
Q7. Le jury attend une démonstration rigoureuse : citer le théorème, orienter le contour sur un schéma
annoté, sont indispensables.
Q8. à Q10. Plutôt bien traitées.
Q12. Le changement d’origine de temps pose quelques problèmes.
Q15. à Q18. Plutôt bien traitées. La Q16. évoque une maille cubique. Les candidats qui ont répondu
pour cette structure plutôt qu’à la CFC sont également récompensés.
Q19. Il fallait déterminer le nombre de bits pour un total de 1024 entiers et non 1025. La réponse 11 bits
a été acceptée.
Q20. à Q22. Proche du cours cette partie nécessitait de la rigueur. À titre d’exemple, c’était une expres
sion vectorielle qui était attendue.
Q23. Peu comprise.
Q24. à Q28. Les modifications du code sont proposées mais peu de candidats terminent correctement
cette partie.
Q29. à Q32. Les justifications sont trop souvent absentes. Les exemples classiques de cours sont à
connaitre.
Q34. Le nom n’est pas toujours connu.
Q35. Seule une infime minorité obtient le bon pH.
Q37. et Q38. Les justifications sont parfois insuffisantes.
Q40. Pas de bonne réponse.
Q42. Rarement intégralement traitée. À noter qu’il manquait la masse molaire. Les candidats n’ont pas
été notés pour la solubilité massique. Les candidats doivent travailler de manière littérale.
Q45. et Q46. Les réponses sont souvent partielles.
Q47. à Q50. La cinétique est plutôt réussie.
Conclusion
Une connaissance solide du cours, une lecture attentive de l’énoncé et de la rigueur permettent aux
candidats de réussir l’épreuve.
Le futur candidat doit également veiller à bien rédiger ses réponses et les justifier.
Physique-chimie 2
Présentation du sujet
Le sujet s’intéresse à différents aspects d’un aquarium d’eau de mer, au travers de trois parties indépen
dantes couvrant des domaines distincts du programme.
Une première partie, basée sur la mécanique des fluides, est consacrée à l’étude de la vidange et de l’appro
visionnement en eau de mer de l’aquarium. La durée de vidange de l’aquarium est tout d’abord estimée,
puis on s’intéresse au calcul de la puissance d’une pompe permettant de réaliser l’approvisionnement en
eau, en tenant compte des différentes pertes de charge.
Une deuxième partie, qui met en jeu la chimie des solutions aqueuses, porte sur le contrôle de la qualité
de l’eau de mer. L’étude consiste à réaliser un dosage du dioxygène dissous dans l’eau par la méthode de
Winkler. Des diagrammes potentiel-pH sont tout d’abord introduits, puis les différentes étapes du dosage,
basées sur des réactions d’oxydo-réduction, sont analysées.
Dans la troisième partie, faisant appel à la conduction thermique, les pertes thermiques à travers les
parois de l’aquarium sont étudiées, en tenant compte du phénomène de rayonnement.
Q34. Il s’agissait de reprendre les raisonnements effectués précédemment de manière plus autonome, ce
que n’ont pas manqué de faire les candidats qui avaient au préalable traité les questions correctement.
Q35. À nouveau abusés par l’analogie électrique, de nombreux candidats proposent un calcul de puissance
thermique basé sur la formule 𝑅th Φ2 qui n’a aucun sens. Le positionnement en parallèle des différentes
résistances thermiques est trop rarement perçu. De nombreuses solutions pratiques correctes ont été
proposées pour limiter les pertes thermiques.
Conclusion
Comme indiqué dans l’introduction du sujet, « toutes les réponses doivent être dûment justifiées ». On
attend que les candidats explicitent leur démarche intellectuelle et détaillent les raisonnements suivis.
Une succession de formules sans aucun texte explicatif n’est pas satisfaisante.
Parmi les différentes consignes à respecter, insistons sur celles-ci :
− nécessité de numéroter les questions ; en cas de réponse correcte mais avec un intitulé de numéro de
question absent ou incorrect, aucun point n’est attribué ;
− mise en valeur des résultats requise ; il est attendu d’encadrer, ou au minium de souligner, les résultats
pour chacune des questions ;
− importance du soin et de la propreté de la copie ; le travail est destiné à être lu donc un effort est là
aussi attendu, dans la lisibilité de l’écriture notamment ;
N.B. Les correcteurs n’hésitent pas à appliquer des malus aux copies mal présentées
− tous les résultats numériques doivent être suivis de l’unité adaptée, faute de quoi aucun point n’est
attribué au calcul, même si la valeur numérique est correcte.
Sur ce dernier point, rappelons l’importance de bien lire l’intitulé des questions : « calculer » ne signifie
pas uniquement obtenir une expression littérale mais bien réaliser une application numérique. Quelques
candidats, alors qu’ils ont la bonne expression littérale, omettent de faire le calcul. Notons enfin que
lorsque l’ordre de grandeur d’une application numérique semble aberrant, le correcteur apprécie que le
candidat en fasse mention.
Rédaction
Présentation du sujet
Le sujet s’appuyait sur un texte de François Dutrait, extrait de Le jeu du mensonge et de la vérité
(ERES, « Enfances et Psy », 2011/4 (n°53), p. 18-27).
L’auteur montre que le mensonge, aptitude purement humaine, vise à « faire croire » afin de manipuler
la pensée d’autrui. La parole détermine la vérité qui est à la fois objet de la logique, distinguant le vrai
du faux, et exigence éthique. C’est à la frontière entre ces deux domaines que se troublent les notions, au
risque de dissoudre les valeurs morales. La gravité du mensonge consiste à induire sciemment en erreur
là où la vérité est requise. Le texte s’achevait sur la responsabilité du sujet parlant, requis d’interroger
la vérité de sa propre parole. Succédant au résumé en 150 mots, la dissertation attirait l’attention sur le
début du cinquième paragraphe (l. 68-71) qui soulignait cette part de vérité inhérente à la crédibilité de
tout mensonge qui veut « faire croire ».
Résumé
S’il y a eu peu de contre-sens sur le sens littéral du texte, le jury a constaté en revanche des degrés
variables dans la compréhension, permettant d’apprécier pleinement la capacité de reformulation. De
plus, beaucoup de candidats ont essayé, à juste titre, de rendre compte du rapport problématique posé
par la cohérence logique. Le « fond de vérité », mentionné dans le sujet de dissertation, a été souvent bien
compris comme un ancrage dans le réel favorisant la cohérence.
L’équilibre du texte d’origine n’a pas toujours été respecté : les candidats se sont parfois étendus sur le
début du texte plus facile à comprendre, au détriment de passages délicats passés sous silence, ou se sont
arrêtés avant la fin. Ce sont alors les développements sur la responsabilité du sujet, sur la valeur éthique
de la vérité et sur la gravité du mensonge dans les rapports à autrui qui ont été le plus souvent malmenés,
voire oubliés.
Nous avons trouvé peu de calques cette année et peu de résumés disséminés en un trop grand nombre de
paragraphes ou au contraire écrasés en un seul : la méthode de l’épreuve et les exigences de construction
qui lui sont propres semblent de mieux en mieux acquises et pratiquées. En revanche, certains candidats
ont voulu à tout prix trouver des substituts aux notions clé (réalité, vérité, mensonge, manipulation),
brouillant ainsi le sens de leur propos. Nous rappelons qu’il est inutile de chercher à remplacer systéma
tiquement les termes clé d’un texte pour éviter le risque de décalages fâcheux avec le texte d’origine. Il
est également attendu que la clarté de l’expression soit respectée : un résumé rédigé dans un galimatias
toujours surprenant ne saurait satisfaire aux exigences du concours.
Dissertation
Nous avons lu bon nombre de copies dont la réflexion était structurée de manière très cohérente en
prenant appui sur une explicitation de la totalité de l’énoncé, dont la seconde partie (« un mensonge ne
peut avoir de sens que sur un fond de vérité ») orientait franchement le sujet. Les candidats qui ont oublié
l’étape indispensable de l’explication ou qui ont fait l’impasse sur cette seconde proposition se sont lancés
dans des commentaires trop larges et convenus sur le mensonge en général et son rapport à la vérité,
produisant un propos hors-sujet, qui entretenait un rapport lointain avec l’énoncé. D’autres candidats,
après avoir très convenablement expliqué le sujet, ont oublié aussitôt ce qu’ils avaient manifestement
compris, pour avancer de manière surprenante un plan sans grand rapport avec leur point de départ.
Ce sont les développements distendus sur la psychologie du menteur et les stratégies mises en œuvre
pour manipuler l’interlocuteur qui ont occupé la plus grande place dans un certain nombre de copies,
au détriment de l’orientation de l’énoncé initial. La récitation de pans de cours entièrement détachés du
sujet a été en revanche moins fréquente cette année.
La connaissance des œuvres au programme est dans l’ensemble satisfaisante : rares sont les copies qui
omettent un des auteurs – Musset ou Laclos dans ce cas. Les deux textes plus théoriques de Hannah
Arendt ont été en revanche convoqués, même s’ils sont analysés avec plus ou moins de pertinence. Même
si l’appropriation des œuvres reste souvent assez factuelle et leur exploitation, descriptive, certains candi
dats ont à cœur de relier leurs arguments aux exemples avancés, parfois assortis de citations pertinentes.
De bonnes copies ont avancé des analyses fines sur le rapport du menteur à la vérité – double langage
de Valmont qui dit malgré tout la vérité, rhétorique des libertins qui produit un discours vraisemblable
pour mieux duper ou encore attitude cynique de certains personnages comme le cardinal Cibo ou madame
de Merteuil qui ne s’embarrassent pas toujours de « faire croire » en fonction de leur interlocuteur.
titre des œuvres soit souligné. Prendre le temps de se relire à la fin de l’épreuve ou au fil de la rédaction
est toujours une idée bienvenue. Les deux années de préparation sont propices à cet entrainement.
Conclusion
L’épreuve de rédaction du concours Centrale-Supélec est exigeante : elle requiert de manifester des qualités
de synthèse et de reformulation d’une part, de réflexion et d’écriture d’autre part, en un temps relativement
court. Des outils méthodologiques solides sont les meilleurs garants d’un travail de qualité, que des
exercices fréquents, patients et rigoureux permettent de mettre au point durant l’année. Le jury repère
et valorise toujours ces compétences qui permettent aux meilleurs candidats de déployer une réflexion
maîtrisée. Nous les encourageons tous à aborder l’épreuve avec cet esprit d’exigence qui permet, dans la
logique du concours, de se distinguer.
compléter l’épure d’un schéma cinématique spatial associé. Le jury regrette que les liaisons (glissières et
pivot) ne soient pas correctement identifiées, que leurs caractéristiques (directions et axe) ne soient pas
correctement formulées et que les schémas cinématiques soient parfois réalisés en deux dimensions sur
l’épure spatiale fournie. Le robot étant un robot série trois axes, les graphes de structure comportant un
cycle ont été sanctionnés.
Les rapports de réduction demandés étaient associés à des systèmes poulies/courroie basiques. Le jury
s’étonne de la confusion entre certains rayons primitifs des poulies, sur la présence de moments d’inertie
dans des rapports de réduction ou encore de masses conduisant dans tous les cas à des rapports non
homogènes.
Les réponses proposées dans la plupart des copies pour la justification de la valeur de l’intensité du
courant au démarrage sont très décevantes et témoignent parfois d’un manque de sens physique et de
culture technologique à acquérir en travaux pratiques.
Le jury se réjouit de voir que la plupart des candidats parvient à exprimer l’expression de la fonction de
transfert en boucle fermée (vitesse angulaire/tension).
L’identification de la constante de temps à partir d’une réponse à un échelon d’un système du premier
ordre doit être réalisée à partir du temps pour lequel la sortie est égale à 63 % de la valeur finale, ou encore
par l’utilisation de la tangente à l’origine. Les méthodes d’identification à partir du temps à 95 % ou à
99 % sont à proscrire car particulièrement imprécises. L’instant initial étant décalé à la date t=20 ms, il
était nécessaire de prendre en compte ces 20 ms dans l’identification de la constante de temps, ce que
trop peu de candidats ont perçu. Nombreux sont les résultats proches de 22 ms au lieu de 2 ms, ce qui
conduit alors à une valeur fausse pour le moment d’inertie, incomparable à celle fournie dans le tableau 2.
Le calcul de l’énergie cinétique de l’ensemble des pièces en mouvement pour obtenir l’expression littérale
du moment d’inertie équivalent ramené sur l’arbre moteur nécessite l’analyse du mouvement de chaque
pièce par rapport au bâti, ce qui explique la différenciation de la question en question ouverte. Le mou
vement étudié ne comportait qu’une seule mobilité mais les solides 11 et 12 étaient en mouvement de
rotation par rapport au solide 10, lui-même en translation par rapport au bâti. Ainsi, si la plupart des
candidats formulent correctement l’expression de l’énergie cinétique du solide 10 dans son mouvement
par rapport au bâti, les expressions des énergies cinétiques des solides 11 et 12 sont erronées. Enfin, les
énergies cinétiques des solides 13, 20 et 30 ne sont que trop rarement prises en compte.
Si l’application du théorème de l’énergie cinétique est correctement proposée, l’évaluation des puissances
des actions mécaniques intérieures et extérieures n’est pas correctement menée. En effet, la plupart du
temps, le bilan des actions mécaniques extérieures n’est pas réalisé et le jury s’étonne de voir figurer la
puissance de la pesanteur non nulle alors que le mouvement est un mouvement de direction horizontale.
type premier ordre de la boucle de vitesse suppose de choisir l’essai dans lequel le couple n’est pas saturé
par la limitation de courant.
L’effet de la limitation de courant sur la saturation du couple et la conséquence sur le profil linéaire de
la vitesse n’est pas correctement compris par la majorité des candidats. Nombreux sont les candidats qui
confondent le bloc de limitation de courant et le bloc associé au régulateur de courant.
De nouveau, dans cette identification de la constante de temps d’un système du premier ordre, la plupart
des candidats oublie de considérer le décalage par rapport à l’origine des temps de 20 ms. De plus, le
terme « identification » n’est pas maitrisé : le jury rappelle que l’identification d’un paramètre consiste à
déterminer la valeur d’un paramètre à partir d’une réponse expérimentale, et ne consiste en aucun cas à
donner le nom de ce paramètre.
La détermination de la valeur de l’adaptateur de consigne pour que l’écart de l’asservissement soit nul
lorsque la sortie x(t) est égale à la consigne xc(t) n’est pas assimilée.
Le jury s’étonne que l’expression de la fonction de transfert en boucle ouverte pour un système dont le
retour n’est pas unitaire ne soit pas comprise et qu’elle soit confondue avec l’expression de la fonction de
transfert en chaine directe ou encore par l’expression de la fonction de transfert en boucle fermée.
Le jury se réjouit de voir que la plupart des candidats parvient à identifier la marge de phase avant
correction. La détermination du gain du correcteur proportionnel permettant de satisfaire l’exigence
de marge de phase entraine quant à elle des erreurs de jugement (augmentation du gain au lieu de
diminution).
Le calcul de l’erreur en régime permanent pour une consigne en rampe n’est que rarement mené de
manière satisfaisante par l’utilisation du théorème de la valeur finale. Ce résultat, qui était à justifier
par calcul dans cette question, fait pourtant partie des résultats de cours classiques pour un système de
classe 1.
Pour terminer, la validation des exigences de précision supposait de valider à la fois l’exigence pour une
consigne en rampe mais aussi pour une consigne en échelon, ce que les candidats ont oublié pour une très
grande majorité.
Question 40 : synthèse
Cette dernière question supposait de prendre du recul par rapport à l’ensemble de l’étude menée et
permettait d’analyser la nécessité de rapprocher le centre de gravité de la tête du robot de son axe
de rotation afin de limiter le couplage dynamique et les dépassements qui pouvaient apparaitre sur les
réponses temporelles de l’axe Thêta. Le jury regrette que trop peu de candidats aient évoqué la position
du centre de gravité par rapport à l’axe de rotation de la tête, ou encore la notion d’équilibrage.
Conclusion
L’épreuve de sciences industrielles de l’ingénieur est destinée à valider d’autres compétences que celles
évaluées par les autres disciplines, en s’appuyant sur des réalisations industrielles qu’il faut appréhender
dans leur complexité. Il est recommandé aux candidats de lire attentivement l’énoncé et de traiter les
questions dans l’ordre pour appréhender correctement la problématique et la démarche de résolution
proposée. Il est essentiel que les candidats s’attachent à répondre aux questions d’analyse, de critique,
de validation des modèles et des solutions technologiques proposées. En dernier lieu, une bonne culture
technologique est indispensable pour réussir cette épreuve.
Arabe
Présentation du sujet
Le sujet d’arabe, session 2024, posait, avec acuité, la question des médias arabes confrontés aux défis de
l’évolution numérique.
Ainsi, le premier article intitulé, « Les médias arabes et les défis des médias nouveaux », résumait, dans
la caricature qui l’accompagnait, la crise des médias classiques, soumis à la concurrence des médias
nouveaux, symbolisée par un couple qui navigue avec un engouement, non dissimulé, sur un ordinateur
portable et une tablette électronique devant un téléviseur débranché et « hors d’usage ». En voulant
concurrencer les médias nouveaux, véhiculés à travers les réseaux sociaux, les médias arabes traditionnels
ont perdu leur professionnalisme et leur crédibilité. La crise du Covid aurait pu donner aux médias arabes
traditionnels l’occasion de retrouver leur rang puisque le citoyen arabe était en quête de l’information
attestée et objective. Mais les médias arabes traditionnels ont continué, à l’instar des réseaux sociaux, de
traiter l’information loin du sérieux et de l’exigence attendus.
Le deuxième article, « L’impact des médias parallèles », étayait le premier article et le complétait. Les
médias officiels arabes, corollaire des médias traditionnels, sont soumis au contrôle étatique et manquaient
de transparence et de liberté à traiter certains sujets. La lenteur à inter-réagir avec les événements ainsi que
la monotonie marquent encore ces médias. En revanche, les médias parallèles, dits aussi médias nouveaux
ou de substitution, disposaient d’un espace numérique ouvert affranchi de toute tutelle économique ou de
censure politique. La parole y était libre sans tabou et permettait une interaction fluide avec l’actualité.
Le citoyen n’était plus un réceptionnaire passif de l’actualité. Ainsi, les médias officiels sont devenus
tributaires des médias parallèles qui ont contribué largement à affaiblir leur impact.
Le troisième article, « Les réseaux sociaux ne pourront pas venir à bout des médias officiels », modérait
les conclusions des deux premiers articles et remettait chaque média à la place qui lui revenait de facto.
Certes, les réseaux sociaux concurrencent férocement les médias officiels car ils utilisent des outils rapides,
susceptibles de diffuser l’information sans se soucier de considérations professionnelles ou éthiques. Ils
ne peuvent ainsi se substituer et supplanter définitivement les médias officiels qui restent garants, peu
ou prou, de la véracité et de la précision de l’information traitée. L’article prônait, enfin, la nécessité
pour les médias traditionnels arabes de sauvegarder leur rigueur méthodologique dans le traitement de
l’information tout en s’appuyant sur les plateformes numériques. Cette mutation était nécessaire pour la
pérennité de leur existence devant la menace des médias qui recouraient aux réseaux sociaux.
On peut trouver, en filigrane, trace du sujet 2024 dans les sujets proposés aux concours Centrale-Supélec
en 2014 et 2018. Le sujet de la session 2014 soulignait l’importance prépondérante des médias en général et
des médias électroniques en particulier dont l’influence allaient crescendo. Quant au sujet 2018, consacrée
à la thématique de la lecture, il attirait l’attention sur l’effondrement de la presse, publiée sur support
papier, devant la presse en ligne. Il est souhaitable que les candidats lisent et analysent les sujets des
éditions précédentes pour s’imprégner des thématiques proposées et orienter leurs lectures et leurs centres
d’intérêt vers l’horizon d’attente du jury du concours Centrale-Supélec.
Cependant, les candidats doivent accorder beaucoup d’importance au choix du titre de leur synthèse.
Les titres de l’édition 2024 étaient souvent de portée très générale. De même, beaucoup de candidats
désignaient numériquement les documents du dossier : doc 1, doc 2, etc. Cette pratique, sanctionnée dans
le barème de correction, est à bannir.
Problématique
La problématique appropriée pour l’élaboration de la synthèse du dossier de la session 2024 devait être
proche, plus ou moins, de la problématique suivante :
Les médias traditionnels en quête de pérennité face aux défis des médias parallèles : Des échecs de l’imi
tation servile des réseaux sociaux et de la perte d’identité vers la nécessité d’adaptation en s’inspirant du
modèle technologique des plateformes en ligne tout en sauvegardant leur déontologie.
La majorité des candidats ont opté pour une problématique proche de celle proposée ci-dessus qui recou
vrait les idées principales des trois articles.
Cependant, certaines copies ont mis l’accent exclusivement sur les déboires des médias traditionnels et
sur l’hégémonie des médias nouveaux ou de substitution (articles 1 et 2) et ont omis l’importance de ces
médias et la voie de sa régénération et son salut (article 3). Il est probable que certains candidats, férus
des réseaux sociaux et dédaigneux des organes d’information traditionnels, ont choisi une problématique
incomplète et ont produit une synthèse partielle répondant à leur penchant et orientation personnelles.
Cela va à l’encontre des impératifs de l’exercice de la synthèse qui consiste à une restitution fidèle des
idées du dossier avec effacement et neutralité totales.
D’autres copies, plus rares, ne comportaient aucune problématique et se contentaient d’énumérer les idées
du dossier suivant une hiérarchie hasardeuse, plus ou moins rigoureuse. La présence d’une problématique,
a fortiori explicite et complète, prémunissait la synthèse de tout caractère parcellaire et déconstruit.
La langue
Le niveau linguistique des candidats était globalement très satisfaisant. Nonobstant, nous relevons d’une
année à l’autre, quelques curieux « schismes » linguistiques qui émergent ou d’autres qui ont la fâcheuse
tendance à s’installer durablement.
Orthographe
− Le mot دﯾﻤﻮﻗﺮاطﯿﺔau lieu de ( دﯾﻤﻘﺮاطﯿﺔsans wâw), les candidats s’obstinent, d’une session à l’autre,
à commettre cette erreur, relevée déjà dans des rapports précédents.
Sémantique
Usage confus et brouillon parfois entre ( ﺷﻌﺒﻮﯾﺔpopulisme) et ( ﺷﻌﺒﯿﺔpopularité). Ces deux mots qui
proviennent, certes de la même racine, ne sont pas du tout interchangeables.
Pis encore les phrases justes grammaticalement mais dont le sens est tellement imprécis, convenu ou
bateau. Ce qui induit des énoncés à la lisière du non-sens, voire de l’absurde :
( أﺿﺤﻰ اﻹﻋﻼم اﻟﺘﻘﻠﯿﺪي ﺟﺎھﺪاً ﻟﻜﺴﺐ ﻗﯿﻤﺘﮫ ﻣﻨﺬ اﻟﻘﺪمLes médias traditionnels s’efforçaient de gagner de l’impor
tance depuis des lustres) / ﻏﺬت ﻣﺸﻜﻠﺔ اﻹﻋﻼم اﻟﺘﻘﻠﯿﺪي ھﺎﺟﺲ اﻟﺪول اﻟﻌﺮﺑﯿﺔ واﺳﺘﺄﺛﺮت ﺑﺎھﺘﻤﺎم اﻟﻤﻔﻜﺮﯾﻦ واﻟﻤﺒﺪﻋﯿﻦ
(Le problème des médias traditionnels constitue une hantise pour les pays arabes et a focalisé l’intérêt
des penseurs et créateurs) / ( ﻟﻄﺎﻟﻤﺎ ﻛﺎن اﻹﻋﻼم اﻟﻌﺮﺑﻲ ﻣﺼﺪراً ﻟﻜﻞ اﻟﻤﻌﻠﻮﻣﺎت واﻷﺧﺒﺎرLes médias arabes ont
été longtemps la source de toute connaissance, de toute information). Ces idées imprécises, sans ancrage,
extérieures au dossier, constituent une erreur méthodologique à l’esprit de la synthèse.
Conclusion
Ces remarques n’enlèvent rien à la qualité générale des postulants de la session 2024. Les candidats
doivent redoubler de vigilance au niveau méthodologique et veiller à la correction linguistique. La lecture
des rapports du concours Centrale-Supélec s’avère indispensable pour parer à toute faille méthodologique
ou linguistique.
Allemand
Présentation du sujet
Les documents à synthétiser en allemand avaient cette année pour objet l’évolution de la politique éduca
tive en Allemagne depuis l’an 2000. L’enjeu était donc tout simplement l’avenir culturel de cette nation
fière d’avoir été autrefois la patrie des « poètes et des penseurs ».
Le dossier s’appuyait sur les résultats de la dernière étude PISA, unanimement jugés catastrophiques
pour l’Allemagne, en présentait les causes et proposait des pistes en vue d’une amélioration. Il est à noter
que tous les documents (à l’exception du document 4) ont été publiés dans les jours suivant l’annonce
des résultats de l’étude PISA 2023. Les documents avaient valeur de diagnostic des politiques éducatives
menées au cours de ces vingt-cinq dernières années.
Pour expliquer ces mauvais résultats, les documents mettaient en avant les particularités structurelles
(fédéralisme) ou conjoncturelles (accueil de nombreux migrants depuis 2015) de l’Allemagne, tout en
soulignant également l’impact sur l’école des grands bouleversements mondiaux comme l’épidémie de
Covid-19.
Alors que chaque document pointait telle ou telle cause du constat actuel, globalement négatif, l’ensemble
du dossier permettait de dégager des explications communes et se prêtait donc au jeu de la synthèse.
Il mettait en outre l’accent sur une perspective diachronique et invitait à se pencher sur les politiques
éducatives, leurs (rares) succès et leurs échecs depuis le premier « choc » Pisa en 2000.
Tous les documents jetaient aussi des ponts vers l’avenir, en suggérant des pistes d’amélioration, que ce
soit la digitalisation, l’investissement massif dans l’école primaire, la revalorisation du métier d’enseignant
ou une certaine centralisation des politiques éducatives.
Dans leur synthèse, les candidats étaient par conséquent invités à apporter une attention particulière aux
points suivants :
− ce qui était dit des résultats des différentes études PISA depuis l’an 2000 (erster „Pisa-Schock“) ;
− le manque de réaction politique depuis l’an 2000 malgré des réformes certes existantes, mais jugées
insuffisantes sur la durée ;
− l’impact de la crise du Covid-19 sur l’école, tout en soulignant que d’autres pays ont réussi à faire face
plus efficacement ;
− l’accueil massif de migrants, dont la maitrise insuffisante de l’allemand explique en partie les médiocres
résultats enregistrés par l’étude Pisa ;
− l’écart entre les élèves issus de milieux favorisés et les autres, notamment les familles où l’on ne parle
pas allemand à la maison, et l’incapacité de l’école à combattre ce déterminisme social ;
− la structure fédérale de l’Allemagne, qui veut que l’éducation soit une prérogative exclusive des
Länder ;
La synthèse invitait par conséquent à mobiliser des champs lexicaux diversifiés comme le champ lexical
de la sociologie, de l’enseignement et de la jeunesse. Les graphiques pour leur part mobilisaient le lexique
de la numération et les notions de moyenne, de hausse et de baisse, auxquelles les candidats sont habitués
dans leur préparation.
La synthèse et sa méthode
« Il est admis en général que la synthèse reconstitue ce que l’analyse avait séparé et qu’à ce titre la
synthèse vérifie l’analyse. » Les candidats sont invités à méditer cette formule de Claude Bernard et à
s’en inspirer au moment de passer à la rédaction de leur synthèse, une fois le travail analytique accompli.
Pour mémoire, la synthèse exclut tout commentaire. Les candidats sont donc invités à ne pas se laisser aller
à un commentaire personnel, aussi pertinent soit-il, que ce soit dans l’introduction ou dans la conclusion.
Le titre devait renvoyer à l’ensemble du corpus et non à un aspect saillant d’un des documents. On se doit
de proscrire les titres « passe-partout » et les titres hors de propos à force de vouloir être accrocheurs.
Les jeux de mots ont rarement l’efficacité voulue et il convient de rester prudent. L’introduction est la
première démarche de la synthèse et se distingue de l’introduction à un commentaire composé. Il importe
d’y présenter brièvement les sources, à condition de les caractériser, c’est-à-dire d’en donner la nature
et d’en dégager aussitôt l’argument principal. Ceci présente l’avantage de renforcer l’intelligibilité de la
synthèse qui suit. Pour mémoire il faut s’interdire une référence purement numérique aux documents.
Il est en outre attendu de bien définir la problématique générale dans l’introduction. Elle doit prendre
en compte l’ensemble des documents et les candidats doivent s’efforcer de prendre du recul pour ne pas
proposer de problématique partielle ou biaisée. Il faut aussi se garder de toute contextualisation abusive
dans l’introduction. Enfin, l’introduction ne doit pas être trop gourmande en mots, ce qui conduirait à
déséquilibrer l’ensemble. Les candidats ont ensuite le choix : soit présenter les axes de leur synthèse en
fin d’introduction, soit se contenter de bien marquer au cours du développement tout changement de
perspective, à condition que ces changements ne soient pas abrupts mais respectent et marquent une
logique de progression. Les titres et intertitres sont donc à proscrire.
En ce qui concerne la structuration de la synthèse, on pouvait par exemple se demander dans un premier
temps dans quelle mesure la comparaison avec les résultats de 2000 s’imposait et permettait un état des
lieux, puis quelles en étaient les causes et les explications, et enfin quelles pistes pouvaient permettre une
amélioration.
Il était également important que la synthèse hiérarchise les éléments de l’argumentation et ne néglige pas
les éléments qui nuancent les constatations générales.
Parmi les éléments qui ont parfois été négligés cette année :
Conclure n’est pas une obligation absolue. S’il s’agit de répéter ce qui a déjà été dit ou de glisser un
commentaire personnel, mieux vaut s’abstenir. Mais s’il s’agit de finir par un élément particulièrement
convaincant, tiré d’un des documents, ou de clore la synthèse par une phrase percutante, c’est-à-dire de
produire un effet de conclusion, c’est tout à fait bienvenu.
Conclusion
Une large majorité de candidats a démontré cette année qu’ils s’étaient préparés avec beaucoup de sérieux,
ce dont le jury ne peut que se réjouir. Les futurs candidats sont invités à acquérir à leur tour un niveau
linguistique solide sur le plan grammatical et à privilégier une langue naturellement idiomatique. Il
leur faudra savoir évoluer sur tout type de terrain et continuer à s’entrainer de façon intensive à la
compréhension de l’écrit, ce qui s’avère payant comme le montre le niveau élevé de compréhension des
documents cette année encore. Le respect du contenu des documents, la prise en compte de la totalité de
de ceux-ci, la mise en évidence de leur interaction, le temps consacré à une analyse méticuleuse préalable,
ainsi que le souci d’une habile reformulation lexicale, restent les clefs d’une synthèse de qualité.
Anglais
Présentation du sujet
Le dossier de cette année porte sur le rôle de l’intelligence artificielle, et plus généralement des technologies
liées à internet, dans la société et dans le fonctionnement de la vie démocratique. Il se compose de quatre
documents de natures différentes : un dessin de presse de 2021 de Patrick Chappatte, tiré du site Cagle
cartoons, mettant en scène Mark Zuckerberg, le président de Facebook, ainsi que trois articles de presse
publiés en 2023 qui présentent tous un point de vue sur la question. Le premier article, de Marietje
Schaake, est tiré du Financial Times, le deuxième, de Aaron Pressman, provient du Boston Globe et
le dernier, de Polly Curtis, a été publié dans The Guardian.
Les quatre documents évoquent les risques liés à l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle, risques
qui pèsent sur le fonctionnement quotidien de la société, avec une désinformation toujours plus importante
sur internet, mais aussi sur le processus démocratique des pays où la technologie est répandue. Aaron
Pressman et Patrick Chappatte évoquent ainsi les dangers du quotidien que représente l’invasion des
« chatbots », ces agents conversationnels qui peuvent apprendre aux jeunes à tricher à l’école ou bien
encore contribuer à la détérioration de leur état de santé. Les trois journalistes s’accordent à reconnaitre
les bienfaits de l’intelligence artificielle, mais tous reconnaissent également la nécessité de comprendre
clairement la menace qui pèse, notamment sur le fonctionnement démocratique, à l’aube de ce que Ma
rietje Schaake appelle « l’année de la démocratie ». Le dossier met également en avant la question de
la responsabilité des créateurs de ces programmes d’intelligence artificielle, qui visent trop souvent le
profit aux dépens d’une approche plus éthique. Finalement, les documents s’accordent pour souligner
l’importance de réguler le développement de ces technologies, en mettant en place des garde-fous, comme
le suggèrent par exemple Polly Curtis, le Financial Times et Patrick Chappatte.
Le titre
Le titre doit être concis et informatif pour permettre au lecteur d’avoir une vue d’ensemble des enjeux de la
synthèse. Il peut éventuellement être formulé sous forme de question à condition de ne pas être identique à
la question posée en problématique. Les titres trop courts, tel que « Artificial intelligence », « The rise of
AI », « Technology and society » ou « AI and democracy », qui ne proposent qu’une thématique générale
ou l’articulation limitée de deux concepts ne suffisent généralement pas à rendre compte de la complexité
du sujet.
Le jury met également les candidats en garde contre le choix de titres non neutres ou qui se veulent
percutants ou spirituels, tel que « AI and democracy : the revolution ! », « When AI means artificial
issue », « When technological revolutions become democratic slayers », ou « Artificial democracy », mais
qui manquent le plus souvent de pertinence.
Si des titres tels que « The impact of AI on society and democracy » étaient recevables, le jury a particu
lièrement apprécié les propositions qui tentaient de faire émerger l’ambiguïté de l’impact de l’intelligence
artificielle, tels que « The uneasy implementation of AI as a reliable political tool », ou « The ambivalent
use of AI in society and in politics ».
Introduction et problématisation
Un grand nombre des candidats peine encore à produire une introduction efficace. Il convient de rappeler
qu’une introduction doit intégrer les trois éléments suivants : une amorce, une introduction des documents
et une problématique.
L’amorce doit permettre à la fois de poser le contexte et de participer à la problématisation du sujet. Elle
ne peut reposer sur des éléments extérieurs au dossier. Nombreux sont les candidats qui proposent une
mise en contexte trop générale ou l’omettent complètement. C’est pourtant une étape clé qui permet de
justifier la pertinence de la problématique choisie, et sert parfois à la compléter ou à la préciser.
Le jury attend une identification précise des sources, de la date de publication et de la nature des
documents — cette année, un dessin de presse (a cartoon) et plusieurs articles d’opinion (an opinion
piece / a column / a leader). L’introduction des documents doit toutefois être efficace : recopier les titres
des articles, donner le détail du jour et du mois de la publication alors qu’ils ne sont pas pertinents,
ou écrire les dates en toutes lettres, est inutile et prive le candidat d’un nombre de mots qui seraient
plus judicieusement employés dans la restitution des informations du dossier. Le candidat est également
invité à réfléchir aux éléments dont il aura besoin dans le corps de la synthèse pour faire référence aux
documents : s’il souhaite mentionner les différents auteurs (ex : Aaron Pressman claims...), il faudra
qu’il ait pris soin de les référencer soigneusement afin qu’ils soient bien rattachés à l’un des documents
introduits.
Plusieurs candidats ont su habilement intégrer l’introduction des sources à la contextualisation du sujet
et à la construction de leur problématisation. Les efforts de mise en relation des documents dans ce cadre
sont également bienvenus. À l’inverse, la juxtaposition de résumés assez exhaustifs de chacun des textes
ne fait que rallonger inutilement l’introduction sans répondre aux attendus de l’exercice. On rappelle
également qu’une annonce de plan n’est pas attendue.
La problématique doit être formulée de façon claire, sous la forme d’une question directe ou indirecte. Les
questions à plusieurs volets, souvent confuses et peu efficaces, sont déconseillées. Les candidats doivent
veiller à ce que la problématique ne soit pas trop restrictive : « To what extent is AI a threat to democra
cy ? », par exemple, ne permettait pas de couvrir tous les aspects du dossier.
Parmi les problématiques que le jury a acceptées, on peut recenser : « To what extent is AI threatening
citizens and democracies ? », « To what extent can AI be a threat to society, and more specifically to
democracy ? », « To what extent does AI have an impact on information, society and democracy ? »
Certaines problématiques un peu générales, telle que « To what extent can AI be a threat to society ? »,
mais assorties d’une mise en contexte plus précise et d’un titre pertinent ont également été valorisées,
tout comme les problématiques qui permettaient de mettre en évidence un certain recul sur le dossier,
telles que « How could AI be used to serve the common good and not the interests of a few people ? ».
Il est important de rappeler que la problématisation du devoir ne peut se limiter à la formulation de
la problématique mais qu’elle inclut également l’articulation du corps du devoir à cette problématique.
Une question un peu restrictive peut être rattrapée par un traitement plus complet du sujet dans le
développement. À l’inverse, une question pertinente suivie d’un développement limité ou sans lien avec
la problématique posée ne pourra obtenir la totalité des points.
Restitution
Une restitution efficace des informations contenues dans les documents doit mettre en évidence le travail
de hiérarchisation effectué par les candidats. Il faut prendre le temps de distinguer les idées clés, les idées
secondaires et les exemples. En effet, un trop grand nombre de copies ne proposait qu’une liste binaire
d’exemples des atouts et des menaces que présente l’IA, or le jury attendait certes des candidats qu’ils
identifient au moins les aspects positifs et négatifs de l’impact de l’outil, mais également la nécessité de
réguler son utilisation et les obstacles à cette régulation.
Les copies les plus convaincantes ont su mettre en évidence les nuances du dossier, en analysant les
degrés de pessimisme des différents documents par exemple. Des candidats ont bien identifié la difficulté
à définir clairement la menace, et les conséquences qu’une erreur de définition, voire une hystérisation
du débat pouvait entrainer. D’autres ont souligné les intérêts parfois contraires des démocraties et des
entreprises de la tech qui rendent plus difficile une utilisation de l’IA au service du bien commun. Enfin,
certains candidats ont proposé des analyses très pertinentes du dessin, identifiant correctement un Mark
Zuckerberg se défaussant de toute responsabilité quant à l’impact des algorithmes de Facebook sur les
plus jeunes et sur les écosystèmes politiques au sein des démocraties, et mettant en avant la difficulté que
les régulateurs peuvent éprouver à demander des comptes à des responsables pourtant bien identifiés.
Le jury rappelle une fois encore qu’il n’est pas possible de faire l’économie d’une description précise
du dessin de presse. Un simple « Patrick Chappatte says algorithms spread disinformation,
undermine democracy and harm kid’s health » n’est pas suffisant, ni satisfaisant. Il faut garder à
l’esprit que le lecteur de la synthèse doit pouvoir se faire une idée précise de ce que montre le document
sans l’avoir vu.
Les meilleures copies ont souvent proposé une description succincte mais efficace du dessin en introduction
ou dans le premier paragraphe, et ont ensuite abordé plusieurs pistes d’analyse au fil du développement
de la synthèse. Comme il l’a déjà été précisé dans les rapports précédents, les documents iconographiques
doivent être traités comme des documents à part entière. Une simple mention « en passant » du document
a donc été sanctionnée au même titre que son omission pure et simple.
Rappelons par ailleurs que la reformulation systématique des documents permet d’évaluer la bonne com
préhension du dossier, et cela vaut pour le dessin de presse également. À ce titre, le jury met les candidats
en garde contre les collages de citations déguisées ou non.
Si l’utilisation d’un lexique plus précis et les prises de risques lexicales ont été appréciées et récompensées,
il convient de rappeler que ces prises de risques doivent rester mesurées. L’emploi de termes très précis
mais mal maitrisés rend le propos parfois plus confus qu’il ne l’éclaire. Il est alors préférable de s’en tenir
à une langue plus simple mais parfaitement compréhensible et efficace.
Enfin, la restitution doit absolument rester neutre, et ne porter que sur des éléments d’information
contenus dans les documents, sans ajout de commentaires ni sur-interprétation. Une bonne maitrise de
la modalité permet ainsi de distinguer clairement l’impact qu’a déjà l’intelligence artificielle de l’impact
qu’elle pourrait avoir, mais également d’éviter les ajouts d’opinions personnelles et de prescriptions,
malvenus dans cet exercice.
La synthèse
L’exercice de la synthèse suppose une prise de recul vis-à-vis du dossier pour en faire émerger les lignes
de force. On attend donc des candidats qu’ils présentent une copie structurée en paragraphes facilement
identifiables, et organisée selon une progression logique.
Pour plus d’efficacité, il est recommandé aux candidats de guider le lecteur à l’aide d’une « topic sen
tence » au début de chacun des paragraphes lui indiquant l’idée principale qu’il va développer. Attention
cependant, une « topic sentence » sans aucun lien avec le propos traité ensuite n’est d’aucune utilité.
Trop souvent encore, les candidats proposent un découpage qui n’est pas cohérent avec le contenu des
paragraphes, ce qui donne lieu à des répétitions, ou des ruptures de logique qui rendent le propos plus
obscur.
Le jury souligne également l’importance de l’articulation et de la progression de l’argumentation. Une
simple juxtaposition des arguments et des sources ne suffit pas à produire un texte efficace. La structu
ration de la synthèse suppose donc un travail du candidat sur la cohérence du propos, mais également
sur le référencement systématique des sources.
Rappelons à ce sujet qu’il n’est pas possible d’utiliser un référencement numérique, tel que « doc 1 » ou
« in the first document ». Les références les plus efficaces s’appuient généralement sur le nom de l’auteur
« P. Chappatte suggests... », ou la source « in the opinion piece from The Guardian ». En revanche,
l’utilisation des dates de publications, tel que « both the article published in March and the one published in
May show that... », rend la lecture et le référencement peu aisés. De la même manière, qualifier l’article de
Polly Curtis d’ « opinion piece », celui d’Aaron Pressman de « column » pour ensuite y faire référence
dans le développement de la façon suivante « both the opinion and the column show... », n’aide pas
vraiment le lecteur à s’y retrouver. Enfin, le jury insiste sur le fait que l’utilisation des seuls prénoms des
auteurs pour introduire un document est à proscrire.
L’omission complète de documents a été exceptionnelle cette année. Un grand nombre de candidats a fait
l’effort de citer au moins trois documents dans chacun des paragraphes, et rares sont ceux qui se sont
limités à une unique mention du type « all the documents » sans autre effort de croisement. Pour autant,
juxtaposer « Aaron Pressman says... », « Patrick Chappatte says... », « Marietje Schaake says... »
et « Polly Curtis says... » au sein d’un paragraphe ne suffit pas à faire émerger les rapprochements ou
les divergences entre les documents.
Les meilleures copies ont mis ces liens en évidence à l’aide de structures comparatives et contrastées
adaptées, et d’un lexique permettant d’exprimer clairement les accords et désaccords, mais aussi le dé
passement ou la nuance d’un argument par rapport à un autre.
Enfin, le jury tient à réaffirmer qu’il n’est pas utile de proposer une conclusion à la synthèse. Si la dernière
phrase doit évidemment clore le propos, une répétition de ce qui a déjà été dit n’apporte rien de plus, et
limite encore une fois le nombre de mots à disposition des candidats pour rendre compte du dossier dans
toute sa finesse et ses nuances.
Qualité de la langue
Les candidats sont invités tout au long de leur préparation à acquérir une langue précise, claire et efficace.
Les nombreuses erreurs de grammaire et de syntaxe viennent souvent entraver la compréhension de leur
propos et le manque de vocabulaire ne leur permet pas d’être précis dans la restitution des arguments.
La compréhension des documents ne suffit pas.
Répertoire linguistique
Un trop grand nombre de copies présente un niveau de langue fragile et ce, dès l’introduction (*a draw,
*publicated, *wich’, etc.). Le lexique est souvent pauvre (a good invention, many aspects, etc.) ou mal
orthographié – ce qui est d’autant plus gênant pour les mots clés – (*responsable, *to verifie, *democraty
etc.), et donc inadéquat pour rendre compte de la complexité des idées du dossier. Certaines copies, mi
noritaires, sont tout simplement inintelligibles ou calquent le français (*fonctionnement, *exponentielle,
etc.). Au contraire, certains candidats ont réussi à utiliser des outils lexicaux riches pour restituer pré
cisément les informations, les nuancer et les hiérarchiser (*a useful tool to revolutionize democracy, *it
entails mixed reactions ou encore *to consider similar solutions to fight against misinformation). Ces ef
forts, parfois scolaires, permettent dans l’ensemble une assez bonne reformulation et analyse des éléments.
Nous invitons donc tous les étudiants à apprendre du vocabulaire, notamment en lisant la presse anglo-
saxonne très régulièrement. Nous avons pu par exemple observer dans les meilleures copies l’utilisation
d’adjectifs (*harmful fake news), d’adverbes portant sur des adjectifs (*it is increasingly dangerous) ou
portant sur des verbes (*it slowly damages democracy) et de mots composés (*long-term consequences). Il
faudrait néanmoins se prémunir d’une utilisation artificielle et excessive d’expressions apprises par cœur.
Par exemple, rien ne sert d’employer « boon or bane » si l’enjeu lui-même n’a pas été assimilé. Enfin, il
est vivement conseillé de ne pas copier-coller le lexique du dossier mais de le reformuler (*nefarious a été
répété dans de nombreuses copies).
Correction linguistique
L’anglais a été fautif dans une très grande majorité de copies qui montrent une méconnaissance des règles
de grammaire et de syntaxe. Dans le pire des cas, cela rend le propos incompréhensible et le jury n’a pas
accès à ce que le candidat voulait exprimer. Les étudiants doivent donc faire des révisions systématiques
pour maitriser la grammaire anglaise et viser une langue fluide.
Dans le groupe nominal, il est important de revoir le pluriel des noms (*childs), le fonctionnement des
noms indénombrables (par exemple *many fake news, *(mis)informations), l’accord des déterminants
(*this measures), la détermination des références génériques (par exemple *the democracy, *the social
media), les quantifieurs ( par exemple *every citizens), l’emploi du génitif et la structure en nom + of +
nom (*the interview of Bowie) ou encore le suffixe -ly des adverbes (*misinformation spreads easier).
Le groupe verbal a trop souvent été malmené. Les temps font l’objet d’erreurs récurrentes. Le présent
simple est utilisé au lieu du present perfect (par exemple *AI is a danger for democracy for a few
years). Le participe passé de la construction passive n’est pas respecté (*voice mesages are produce).
Nous conseillons également de réviser les verbes irréguliers (*an article write by, *an illustration draw
by). Enfin, les auxiliaires modaux ne sont jamais suivis de to (*politicians must to check the news).
La syntaxe pose souvent problème. En introduction, les questions directes sont souvent erronées : l’in
version est oubliée (*it is really the case ?), l’auxiliaire do aussi (*how AI have impacted the world’s
population ?). Pour les questions indirectes, l’ordre des mots calque le français (*we can wonder what
are the consequences of AI on democracy). Les phrases complexes sont parfois tronquées et il manque la
proposition principale (*Although AI impacts society). Enfin, les prépositions nécessitent une attention
particulière (*on the cartoon, *an extract of the Financial Times).
On notera que les meilleures copies proposent une langue correcte et complexe. On a pu apprécier des
structures comparatives (The more AI is used, the more democracy is impacted.), des verbes en position
sujet (Threatening the truth damages society.) ou des subordonnées hypothétiques en if. Il est utile de
rappeler que pour pouvoir confronter les idées des documents, il est essentiel de maitriser ces outils
grammaticaux et syntaxiques.
Conclusion
Un grand nombre de candidats a visiblement tenu compte des remarques formulées dans les rapports de
jury des années précédentes et propose une synthèse qui répond aux attentes formelles du concours. Les
faiblesses qui apparaissent encore relèvent souvent d’une compréhension et d’une analyse superficielles
des documents, et d’une difficulté à formuler un propos clair et efficace. C’est sur ces deux points qu’il
faudra continuer de faire porter les efforts.
Espagnol
Présentation du sujet
Le sujet de la présente session aborde le problème épineux de la proposition de loi d’amnistie en faveur
des indépendantistes catalans. Cette proposition de loi, très controversée, a rythmé la vie politique de
l’Espagne durant la deuxième moitié de l’année dernière jusqu’à l’adoption définitive de la loi par la
Chambre des députés (Congreso de los Diputados) le 30 mai dernier. La mesure phare du gouvernement
socialiste de Pedro Sánchez avait suscité une vive polémique et une profonde division au sein de la
société espagnole ; plébiscitée par la gauche, mais largement décriée par la droite, qui accusait Pedro
Sánchez de vouloir gagner les voix des députés indépendantistes catalans afin de pouvoir rester à la tête
du gouvernement espagnol.
Le dossier que le jury a préparé cette année était composé de quatre documents qui portent sur la
pertinence ou l’anomalie que cette proposition de loi peut représenter au sein de la démocratie espagnole.
L’article d’opinion de Josep Ramoneda, paru dans le journal El País le 18 décembre 2023, affirme qu’il
y a de bonnes raisons de penser qu’une fois approuvée, cette loi pourra contribuer à recomposer l’espace
politique espagnol. José Enrique Monrosi insiste, dans son article publié dans elDiario.es le 13 novembre
2023, sur la constitutionnalité de la loi d’amnistie, complètement compatible dans l’organisation juridique
d’un État de droit. En revanche, Xavier Gil Pecharromán publie dans elEconomista.es un article daté
du 30 octobre 2023 dans lequel il présente l’opinion de quelques juristes spécialisés en droit constitutionnel
et pénal pour qui cette loi viole sept articles de la Constitution espagnole, représentant ainsi une attaque
frontale contre l’État de droit. Enfin, un dessin d’Eneko, paru dans le journal Público le 4 octobre 2023,
donne une lueur d’espoir quant à l’avenir de la future loi.
les institutions qui entrent en jeu afin de comprendre les tenants et aboutissants de la proposition de loi
d’amnistie.
Les conseils du jury concernent les deux compétences majeures qui devaient être mises en œuvre et sur
lesquelles repose le barème de correction.
En ce qui concerne la morphologie verbale, les correcteurs ont signalé des fautes récurrentes concernant
les verbes à diphtongaison et la morphologie du passé simple. La morphologie du conditionnel présent
et de l’imparfait du subjonctif, notamment en ce qui concerne les verbes irréguliers, n’est pas toujours
maitrisée.
Sur le plan sémantique, la sempiternelle faute concernant la distribution des verbes ser et estar apparait
systématiquement dans les copies. Rappelons que chacun de ces verbes définit un type de prédicat. Les
prédicats stables sont commandés par ser et les prédicats épisodiques par estar. Les candidats doivent
redoubler de vigilance, car cette distinction n’existe pas en français au niveau verbal.
Conclusion
Le jury a été agréablement surpris de constater que les candidats se tenaient bien informés de l’actualité
politique de l’Espagne, ce qui leur a grandement facilité la tâche au moment d’analyser le sujet. La plupart
des candidats ont su construire une synthèse cohérente dans laquelle il était possible de retrouver les points
essentiels de chaque document, donnant ainsi une vision complète et correcte du problème soulevé par la
proposition de loi d’amnistie. Toutefois, une bonne maitrise linguistique était indispensable pour rendre
compte, avec toutes les nuances qui s’imposent, des éléments pertinents du dossier.
Le jury tient à remercier les enseignants des classes préparatoires pour l’excellente préparation des can
didats, aussi bien sur le plan méthodologique que linguistique.
Italien
Présentation du sujet
Le dossier était composé des documents suivants :
− un extrait d’un article de Annalisa Camilli, paru sur le site Internazionale.it, du 10 mars 2023 ;
Les quatre documents portent sur la question migratoire, notamment en Italie, du XIXe siècle à nos jours.
L’extrait de l’article de Camilli présente les lignes directrices du décret de loi du gouvernement Meloni ;
l’article de Carboni fait référence à des perspectives critiques, à partir de sondages récents ; l’image
propose une confrontation entre la condition des migrants italiens dans le passé, et celle des migrants qui
débarquent en Italie aujourd’hui ; l’article de Rotondi reconstruit l’évolution du rôle de l’Italie dans le
phénomène migratoire.
Les candidats étaient invités à identifier une problématique qui couvre les quatre documents – y compris
l’image – et à rédiger une synthèse qui laisse émerger les lignes de force de chaque document tout en
mettant en relation les différents éléments avec cette même problématique. Le jury a évalué la précision
dans la compréhension et la contextualisation des documents, le niveau d’expression écrite et la capacité
à rédiger une synthèse qui doit couvrir l’ensemble du dossier, mettre en relation tous les documents entre
eux et en dégager une problématique pertinente.
La maitrise de la langue et l’étendue du lexique sont parfois proches d’un italien authentique. Les très
bonnes copies ont fait preuve à la fois d’un excellent niveau d’expression écrite, d’une compréhension fine
du sujet et d’une remarquable capacité de problématisation, ce qui a permis de développer un discours
fluide, clair et bien structuré, couvrant tout le dossier et mettant en valeur les liens et les contradictions
entre les différents points de vue exprimés dans les articles.
De rares copies ont été pénalisées non seulement à cause d’un problème de maitrise de la langue, mais aussi
par un manque de clarté dans la restitution des idées et une mauvaise hiérarchisation des informations
et de structuration des arguments.
Pour se préparer à cette épreuve, le jury rappelle l’importance non seulement de l’étude de la grammaire,
mais aussi de la lecture régulière de la presse et de livres, sur des sujets de culture générale et d’actualité.
Les élèves pourront aussi tirer profit de la rédaction de fiches de lectures, pour s’entrainer à repérer les
éléments principaux d’un texte et à hiérarchiser les informations.
Enfin, la comparaison entre différents textes portant sur un même sujet peut s’avérer un exercice très
utile pour apprendre à identifier avec plus de précision les points de vue et à mettre en résonance les
documents entre eux, ce qui constitue la clé pour entrer dans la logique de la synthèse d’un dossier.
Conclusion
Le jury félicite les candidats et leurs enseignants du niveau général qui est tout à fait satisfaisant, non
seulement en ce qui concerne les compétences linguistiques, mais aussi pour la maitrise de la méthodo
logie. Nous avons pu apprécier plus particulièrement des progrès remarquables dans la formulation et le
développement de la problématique, qui reste un élément fondamental pour rédiger une bonne synthèse.
Portugais
Présentation du sujet
Les quatre documents proposés portent sur quelques points autour du débat actuel sur l’utilisation de
l’Intelligence Artificielle dans la société. Le dessin met en valeur le danger des photographies publiées sur
les réseaux sociaux, surtout celles des enfants, sans que l’on sache ce qui pourrait être fait avec ; un article
présentant un bilan des professeurs sur l’usage de l’IA dans l’enseignement, sur leurs appréhensions et les
avantages dans leurs usages pratiques ; un autre article aborde la proposition d’une loi afin de restreindre
l’utilisation par l’IA de l’image d’une personne décédée ; un dernier article sur le défi de mettre en place
une réglementation sur de l’usage de l’IA et du manque de transparence dans ce qui est fait actuellement
dans la société brésilienne. Une lecture attentive permettait de comprendre les principaux enjeux liés au
thème.
Conclusion
Les candidats ont démontré une bonne maitrise de la langue portugaise en abordant les questions actuelles
sur le thème de l’intelligence artificielle. Le jury félicite les candidats qui ont su, d’une manière générale,
rédiger une bonne synthèse, ainsi que les enseignants qui les ont préparés.
Russe
Présentation du sujet
Les documents de cette année étaient accessibles, tant sur le plan du vocabulaire que de la structure, et la
problématique était relativement facile à cerner. Tous les articles abordaient la question de la pauvreté en
Russie, en mettant en évidence le fait que les statistiques officielles sur le niveau de pauvreté ne reflètent
pas l’ensemble de la situation dans toute sa complexité. La pauvreté en Russie revêt de nombreuses
dimensions : il ne s’agit pas seulement de faibles revenus, mais aussi de problèmes de logement, d’une
baisse du pouvoir d’achat et de difficultés financières persistantes pour la plupart des familles. En réalité,
de nombreuses personnes dont les revenus sont à peine supérieurs à ce seuil sont confrontées à de graves
difficultés financières et ont besoin d’aide.
L’extrait d’article de Margarita Lyutova « Si l’on en croit les statistiques officielles, ni la guerre ni
les sanctions n’ont augmenté le nombre de Russes pauvres. Comment cela est-il possible ? Et qu’en est-il
réellement de la pauvreté en Russie ? », paru le 2 janvier 2023 sur le site de Meduza, souligne qu’en dépit
du ralentissement économique, de la hausse des prix et de la crise, les statistiques officielles n’enregistrent
pas d’augmentation significative du nombre de Russes pauvres. L’article analyse les données officielles
sur la pauvreté ainsi que la définition du terme « pauvre ». La journaliste aborde les questions de la
stagnation économique, du manque de progrès dans la lutte contre la pauvreté, de l’inégalité des revenus
dans les régions et de la mauvaise qualité du logement.
L’article de Sofia Krakova « Pas d’argent, même pour le pain : comment survivent les pauvres », paru
le 16 avril 2019 sur Gazeta.Ru, souligne la situation des personnes qui ne sont pas prises en compte
dans les statistiques officielles, mais qui sont tout de même dans la détresse. Ces Russes, oubliés par les
statistiques, n’arrivent pas à joindre les deux bouts, ont du mal à trouver du travail et à se loger, ils sont
obligés de batailler au quotidien pour survivre.
L’article « Les salaires des Russes baissent depuis six mois consécutifs », publié par l’Écho de Moscou le
1 décembre 2022, puis diffusé par Arbat Media, met en évidence la situation financière déplorable dans
laquelle se trouvent de nombreux Russes depuis le début de la guerre, menée par la Russie en Ukraine.
Bien que les salaires nominaux aient augmenté, l’inflation a amputé cette croissance, entraînant une baisse
des revenus réels et une détérioration du niveau de vie. Les dépenses liées à la consommation ont chuté
de manière significative et de nombreux Russes sont confrontés à une insuffisance de moyens financiers,
même pour répondre à leurs besoins essentiels. De ce fait, nombreux sont ceux qui ont commencé à faire
des économies sur la nourriture, ce qui témoigne d’une grande détresse.
Et enfin, le dernier article « Sous le seuil de pauvreté : comment vit un habitant sur six en Russie » de
Nikita Blatov, paru le 9 juillet 2015 sur DW illustrant le quotidien de populations russes dont les
revenus ne couvrent même pas les besoins de base, reflétant ainsi la pauvreté grandissante dans le pays.
Quelques exemples concrets montrent comment ces personnes sont obligées de limiter considérablement
leurs dépenses et ont des difficultés à boucler leurs fins de mois.
Quelques candidats ont eu des difficultés à formuler une problématique pertinente et à choisir un titre
approprié.
Il y a eu aussi quelques copies avec un nombre considérable de fautes d’orthographe, d’écriture des lettres
cyrilliques et de tournures maladroites ou incompréhensibles.
− Le jury rappelle qu’une attention particulière doit être accordée au titre de la synthèse, qui doit être
à la fois simple, clair et refléter la problématique.
− Par la suite, chaque aspect de la problématique doit être abordé de manière équilibrée.
− La restitution des informations doit être complète, fidèle aux documents et bien hiérarchisée.
− Les candidats ne doivent pas recopier les morceaux des documents. Il est essentiel de reformuler les
phrases et de résumer les informations avec ses propres mots, afin de démontrer sa capacité d’analyse.
− Le vocabulaire doit être approprié au sujet. Il faut éviter d’employer des termes trop vagues ou
imprécis, qui risquent de brouiller le sens de la réponse. Il faut veiller à ne pas faire des calques du
français et éviter de construire des phrases trop longues.
− Les candidats ne doivent pas non plus oublier que la qualité de la langue est également prise en
compte. De ce fait, les candidats doivent s’exprimer dans une langue claire et grammaticalement
correcte, respecter l’orthographe, la ponctuation et veiller à ce que la copie soit lisible, sous peine de
sanctions.
Conclusion
Comme chaque année, le jury rappelle que pour réussir cette épreuve, les candidats doivent maîtriser l’art
de la synthèse et être capables d’argumenter dans une langue correcte, riche et nuancée. Pour enrichir le
vocabulaire, mieux comprendre les enjeux d’un texte et améliorer la qualité de la production écrite, il est
indispensable de lire régulièrement des articles en russe qui traitent de sujets variés, comme l’actualité
politique, économique, sociale, culturelle, etc.
Pour se préparer, les futurs candidats doivent s’entraîner d’abord à résumer un article, puis plusieurs
articles traitant du même sujet, en respectant rigoureusement les règles de la synthèse.
Chinois
Présentation du sujet
Le dossier proposé aux candidats est constitué de :
− « Pourquoi aime-on de plus en plus aller dans les cafés ? 为什么越来越喜欢泡咖啡馆 ? » : un extrait
adapté de deux articles, l’un paru sur Google dans le site 《咖啡网》, et le deuxième est paru le 30
avril 2022 dans le site de 《Tech时代网》 ;
− un extrait adapté d’un article paru sur Google dans le site 《新华网》, le 21 février 2023 : « Le « café
social » des jeunes Chinois s’installe dans les petites et moyennes villes . 中国年轻人的“咖啡社交”
进入中、小城市 » ;
Les candidats doivent rédiger en chinois et en 500 caractères environ une synthèse des documents proposés,
qui comporte obligatoirement un titre et indique avec précision à la fin du travail le nombre de caractères
utilisés (titre inclus). La synthèse peut être rédigée en caractères simplifiés ou complexes et un écart de
10 % en plus ou en moins est accepté. L’usage de tout système électronique ou informatique est interdit
dans cette épreuve.
− problématisation (titre, problématique et sources) avec une problématique en cohérence avec l’en
semble du document ; Sources exploitées en rapport avec la problématique.
− synthèse en portant un regard critique sur le dossier avec une argumentation solide et cohérente.
− richesse linguistique mettant en évidence un vaste répertoire, proche d’une langue authentique.
− correction linguistique, si de rares erreurs peuvent être acceptées, l’ensemble doit être proche d’une
langue authentique.
Dans cette épreuve, les candidats ont pour la plupart bien respecté la consigne : « Doit obligatoirement
comporter un titre. Indiquer avec précision à la fin du travail le nombre de caractères utilisés (titre
inclus), un écart de 10 % en plus ou en moins est accepté ». Mais comme les années précédentes, certains
ne semblent pas savoir ce que l’on attend d’eux. Certains candidats donnent une thématique, mais non
problématisée ou maladroitement exploitée. Ils construisent une structure incohérente ou utilisent mal
les sources. Certains candidats possèdent un vocabulaire assez limité, et ne savent pas bien utiliser les
synonymes, ni la ponctuation chinoise, par exemple : “来原” au lieu de “来源”, “爱号” au lieu de “爱好”,
“个种个样” au lieu de “ 各种各样”, etc. Il existe aussi des problèmes de grammaire mineures, par exemple :
des adverbes 也 et 都 sont mal placées. Il y a parfois trop de répétitions ou de maladresses qui demeurent,
d’où leurs difficultés d’écriture du texte.
Ainsi, les candidats doivent faire attention à maitriser ces cinq compétences. Par exemple, éviter les
répétitions, utiliser un bon vocabulaire approprié et à éviter les faux caractères ; leur travail sera aussi
de veiller particulièrement aux spécificités et aux différences d’expression chinoise. Sans l’usage de tout
système électronique ou informatique, il leur faut soigner de près les tournures chinoises.
Conclusion
Il s’avère, lors de cette épreuve, qu’un manque de niveau réel en chinois peut avoir des conséquences
désastreuses, mais, qu’avec un entrainement régulier, un respect des consignes, une bonne maitrise sur les
cinq compétences ci-dessus, une synthèse correcte, les candidats devraient avoir en main les ingrédients
pour accéder, grâce à leur travail, à de bons résultats.
Les courbes suivantes donnent la répartition des notes des candidats présents. Elles fournissent, pour
chaque valeur en abscisse, la proportion de copies ayant obtenu une note inférieure ou égale à cette
valeur. Les traits continus (rouge) matérialisent les quartiles et le trait pointillé (bleu), la moyenne.
TIPE
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
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Mathématiques
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
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10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Math-info
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Physique-chimie
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Phys-chim-info
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
TP physique-chimie
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
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10 %
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0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Langue obligatoire
100 %
90 %
80 %
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60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Anglais 1
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Anglais 2
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Arabe 1
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Espagnol 1
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Russe 1
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Langue facultative
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Allemand 2
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Anglais 2
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Arabe 2
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Chinois 2
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Espagnol 2
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Italien 2
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
S2I
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
12
10
8
%
6
90
1
%
4
76
3
2
%
6
50
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Note de Mathématiques
14
12
10
8
%
6
91
1
%
4
74
2
2
%
5
47
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Note de Physique-chimie
Mathématiques
Remarques générales
Les techniques du programme de mathématiques sont globalement acquises avec tout de même de grosses
lacunes sur l’énoncé exact des théorèmes du cours et/ou sur la vérification des hypothèses. C’est l’occasion
de rappeler aux futurs candidats qu’une bonne connaissance du cours est la clé de tout.
Les candidats sont en général peu à l’aise avec les exercices théoriques d’algèbre linéaire notamment le
théorème du rang, et les exercices sur les polynômes ou les complexes même très simples. Concernant
l’analyse, le jury note une faiblesse dans les techniques de bases : notion d’équivalent en général très peu
maitrisée par les candidats, lors de cette session de très grandes lacunes sur la convergence d’une intégrale
impropre.
Le niveau des candidats en algorithmique et en maitrise du langage Python est très hétérogène, certains
candidats sont excellents et d’autres sont bloqués par des instructions élémentaires. Il faut cependant
indiquer que ces derniers sont de moins en moins nombreux au fil des ans.
Dans l’ensemble, les candidats proposent une présentation orale satisfaisante, et les techniques classiques
du programme de mathématiques sont globalement acquises. Néanmoins, certains candidats articulent
très peu ou ne parlent presque pas, comme s’ils étaient paralysés par l’enjeu. À l’inverse, d’autres candidats
parlent trop vite, sans avoir pris la peine de réfléchir au préalable, et enchainent les erreurs de calcul ou
les affirmations grossièrement fausses, ce qui ne peut que fortement les pénaliser : l’oral n’est pas une
épreuve de vitesse.
Il faut rappeler aux candidats, qu’il s’agit ici d’une épreuve orale et qu’il est donc inutile de considérer
le tableau comme une copie de concours, il est préférable de s’exprimer un maximum et de n’écrire au
tableau que les étapes importantes du calcul. Inversement le tableau n’est pas un simple brouillon : il
est impératif, lorsque cela est nécessaire, d’écrire soigneusement certaines assertions. Lors de séquences
de calcul au tableau, certains candidats arrêtent de parler pendant plusieurs minutes en écrivant. Il faut
impérativement éviter de faire durer ces longues minutes et s’efforcer d’expliquer ce que l’on fait tout en
écrivant : ce n’est certes pas facile, mais les candidats ont tout à y gagner en dynamisant leur oral.
Par ailleurs, il ne faut pas effacer une partie du tableau sans autorisation de l’examinateur. Parfois, des
résultats intéressants, même entachés d’erreur, sont effacés à la hâte et les réécrire fait perdre un temps
précieux aux candidats.
Le nombre des candidats qui passent beaucoup de temps sur les questions simples du début et qui espèrent
donc ne pas être interrogés sur les questions plus délicates est toujours important et la notation en tient
compte.
Trop souvent, le jury constate une rigueur très approximative quant à l’énoncé précis des théorèmes ou
la vérification des hypothèses, quand ce n’est pas une confusion complète sur le nom des outils.
Enfin, le jury rappelle que tous les exercices proposés peuvent être et ne doivent être traités qu’avec les
outils du programme, et que tous les points du programme sont matière à interrogation.
Analyse thématique
Analyse
Le jury donne ci-dessous quelques domaines où les candidats mériteraient d’accentuer les révisions.
− Les équivalents : il y a eu encore des problèmes avec la manipulation des équivalents lors de cette
session.
− L’analyse de première année : théorème de la limite monotone, théorème des valeurs intermédiaires,
théorème de la bijection, théorème de Rolle et accroissements finis, vérifier que deux applications sont
réciproques l’une de l’autre.
− Les théorèmes de positivité et de croissance de l’intégrale sur un segment et l’intégrale d’une fonction
continue positive sur un segment ou un intervalle (en cas de convergence) est nulle si la fonction est
identiquement nulle sur cet intervalle.
− La notion de point critique et de maximum et minimum d’une fonction de ℝ2 dans ℝ (en étudiant un
signe) et le cas des bornes atteintes sur un fermé borné.
Algèbre
− Le théorème de division euclidienne polynomiale est maltraité (la condition sur le degré du reste est
presque systématiquement oubliée), et certains candidats se sont même révélés incapables d’effectuer
une division euclidienne concrète.
− Les notions fondamentales d’algèbre linéaire (familles libres, bases, sous-espaces supplémentaires, rang,
noyau et image d’un endomorphisme, matrice d’un endomorphisme dans une base donnée) donnent
lieu à beaucoup de confusion.
− De trop nombreux candidats se sont révélés incapables d’écrire correctement la formule du rang.
− Pour la détermination des éléments propres d’une matrice, trop de candidats se précipitent sur le
calcul du polynôme caractéristique, sans examen circonstancié de la matrice étudiée.
− Les calculs de polynôme caractéristique ont souvent été laborieux. Rappelons que la règle de Sarrus
est à proscrire, et sommer toutes les colonnes n’est pas la seule opération élémentaire à considérer.
− Peu de candidats connaissent le lien entre l’inversibilité d’une matrice et le fait que 0 soit ou non
valeur propre.
− L’utilisation du théorème du rang pour déterminer la dimension d’un sous-espace propre n’est pas
naturelle.
− La justification simple, par l’absurde, du fait qu’une matrice carrée possédant une seule valeur propre
n’est pas diagonalisable (sauf si elle est déjà diagonale) est ignorée de la plupart des candidats.
− Les connaissances et techniques de géométrie préhilbertienne (produit scalaire, projeté orthogonal, dis
tance à un sous-espace de dimension finie, classification des isométries de l’espace) sont bien maitrisées
par certains candidats, et complètement ignorées par d’autres.
− Les polynômes dans leur ensemble (calculs de degré, polynômes scindés, racines, coefficients, division
euclidienne...) !
− Attention les théorèmes fondamentaux de diagonalisation et trigonalisation ne sont pas toujours mai
trisés.
Comme chaque année, trop de candidats présentent des lacunes importantes concernant la manipulation
des puissances, exponentielles et logarithmes.
De même, l’utilisation d’équivalents est souvent mal maitrisée, et le jury voit encore beaucoup trop
d’absurdités du type 𝑐𝑜𝑠𝑥 ∼ 1 en +∞.
Un nombre inhabituel de candidats ne connait les développements limités usuels, même à l’ordre 1 ou 2.
Quelques candidats peinent à dériver une composée de fonctions, ou à reconnaitre une forme usuelle à
primitiver.
L’examen de la nature d’une série numérique (ou d’une intégrale impropre) donne souvent lieu à de
grandes souffrances : rappelons que la nature d’une série s’étudie presque toujours en étudiant le terme
général (et pour une série à termes positifs, un équivalent simple suffit bien souvent).
Certains candidats semblent ne pas du tout connaitre la démarche pour rechercher les solutions dévelop
pables en série entière d’une équation différentielle.
Rares sont les candidats connaissant le plan d’attaque pour la recherche des extrema d’une fonction de
plusieurs variables (sur un domaine ouvert ou fermé borné), ou pour la résolution d’une équation aux
dérivées partielles par changement de variables (suggéré par le jury).
L’étude des courbes paramétrées est mieux maitrisée, mais la question de la réduction du domaine d’étude
a souvent posé des problèmes.
Comme chaque année, le jury rappelle que l’utilisation de la règle de D’Alembert n’est pas la seule
méthode pour déterminer le rayon de convergence d’une série entière.
Les résolutions d’équations différentielles, par variation de la constante pour le 1er ordre ou par abaisse
ment de l’ordre pour le 2e ordre, ont rarement été effectuées de façon autonome.
Les hypothèses et l’utilisation des théorèmes de Parseval et Dirichlet pour les séries de Fourier laissent
encore à désirer.
De façon générale, trop de candidats présentent des lacunes concernant les résultats fondamentaux d’ana
lyse de 1re année (suites adjacentes et théorème de convergence monotone, théorème des valeurs inter
médiaires et théorème de la bijection, inégalité des accroissements finis, prolongement d’une fonction de
classe 𝐶1).
Probabilités
Le jury constate depuis deux ans une amélioration des candidats sur ce thème des probabilités, les
candidats ne se contentant plus de « donner » leurs résultats mais s’efforçant de les justifier, avec plus ou
moins de bonheur. Néanmoins, des lacunes persistent sur les points suivants :
− confusion et / ou absence de connaissance sur les formules des probabilités conditionnelles, formules
des probabilités totales et la formule de Bayes ;
− quelques candidats ne connaissent pas les lois usuelles ni leur espérance et leur variance ;
− certains candidats peinent à écrire la définition d’une probabilité conditionnelle ou la formule des
probabilités totales, pourtant cruciale. La notion de système complet d’événements n’est pas assez
naturelle ;
− le jury voit encore trop souvent des non-sens comme la probabilité d’une variable aléatoire ou l’inter
section de deux probabilités ;
− les candidats n’ont en général pas le réflexe, dans des situations assez simples, de décomposer un
événement en union/intersection d’événements plus élémentaires.
Géométrie
Le programme de géométrie est restreint, mais le peu qu’il y a doit être maitrisé : équation d’un plan,
vecteur normal à un plan, représentation paramétrique d’une droite, équation d’une sphère,surface définie
par une équation et plan tangent en un point régulier.
Ceci étant, la géométrie irrigue de nombreux pans du programme. Les candidats, qui savent raisonner
géométriquement, abordent plus facilement par exemple une situation d’algèbre linéaire. Le jury constate
depuis deux ans une amélioration des candidats sur ce thème des probabilités, les candidats ne se conten
tant plus de « abstraite », s’en sortent généralement beaucoup mieux que les candidats qui restent collés
à l’aspect formel de la situation.
Python/Algorithmique
Là également, le jury signale ci-après des notions qui ne sont pas suffisamment maitrisées.
− Utiliser les 30 minutes de préparation pour faire les calculs les plus techniques et faire la partie Python.
− Ne pas faire d’impasse sur les programmes de 1re et de 2e année car à l’oral cela peut s’avérer drama
tique !
− Ne pas perdre trop temps tant dans la préparation que dans l’exposé sur les questions très faciles ou
calculatoires pour pouvoir aborder les questions un peu plus intéressantes.
− Utiliser une terminologie adaptée aux calculs exposés (confusion numérateur, dénominateur, termes
d’une addition et facteurs d’un produit, les sujets indéfinis, le articles définis ou indéfinis, les vecteurs
de la matrice...)
− Utiliser à bon escient le tableau (ne pas tout écrire ou au contraire s’aider du tableau pour visualiser
une étape de raisonnement et/ou de calcul).
Conclusion
Le jury précise, pour conclure, qu’il ne cherche jamais à piéger les candidats mais au contraire à les
valoriser. Pour cela, il est indispensable que ceux-ci ne négligent pas la connaissance de leur cour et ne
fassent aucune impasse.
L’épreuve orale est l’occasion de faire preuve de qualités attendues chez de futurs ingénieurs : rigueur
scientifique, sens de la communication, honnêteté intellectuelle, autonomie, esprit critique. Ces qualités
ont été perçues chez un nombre significatif de candidats, preuve, s’il en fallait encore une, de la pleine
légitimité des candidats de la filière TSI.
Physique-chimie
Présentation des épreuves
L’oral de Physique-Chimie de la session 2024 était constitué de deux épreuves. Ces deux épreuves sont très
différentes de par leur format et de par les compétences qui y sont évaluées. Par ailleurs, le jury s’assure que
les thèmes (mécanique, électromagnétisme, chimie, thermodynamique, optique, électronique...) proposés
aux candidats lors des deux épreuves soient nécessairement différents. Les deux épreuves peuvent porter
sur l’intégralité du programme de 1re et 2e année TSI.
L’épreuve de Physique-Chimie est une épreuve de 30 minutes sans préparation. Elle consiste en un exercice
assez court. Cette épreuve permet d’évaluer en particulier la réactivité et l’autonomie des candidats face
à des situations proches de celles étudiées en cours.
L’épreuve de Physique-Chimie Informatique est une épreuve de 30 minutes avec préparation de 30 mi
nutes. L’exercice proposé est plus long et consiste à l’étude d’une situation fortement contextualisée. Les
candidats auront à analyser des documents, des relevés expérimentaux ou à utiliser des programmes ou
simulations Python. Cette épreuve permet d’évaluer en particulier les compétences d’analyse et d’appro
priation des candidats.
La calculatrice est autorisée lors des deux épreuves.
Introduction
Toutes les remarques et conseils reportés dans les rapports des années précédentes sont toujours valables
et le jury encourage les candidats à les lire régulièrement au cours de l’année. Dans le rapport du jury
2022, des conseils sur les attitudes attendues des candidats aux différents moments de l’oral avaient été
formulés. Il est toujours intéressant de s’y référer car les plupart des recommandations formulées restent
d’actualité.
De manière générale, le jury attend des candidats :
− qu’ils aient une bonne connaissance et, surtout, une bonne compréhension du cours ;
− qu’ils sachent extraire une donnée chiffrée ou qualitative d’un ensemble de documents ;
− qu’ils sachent faire preuve d’autonomie dans la formalisation d’un problème (proposer une loi physique
pertinente à utiliser, introduire des notations littérales, mener des calculs formels, et réaliser une
application numérique uniquement à la fin du raisonnement).
Par la suite, quelques points de difficulté et des conseils sont détaillés face à certaines situations. Le jury
insiste sur le fait que la connaissance de tous les chapitres au programme est nécessaire.
Mécanique
La 2e loi de Newton est une loi vectorielle. Les candidats doivent donc faire preuve de rigueur dans la
manipulation des vecteurs puis leur projection, au risque d’écrire de lourds contresens lorsque la trajectoire
du mouvement n’est pas rectiligne.
Optique
Lors d’interférences, les candidats doivent s’interroger sur la situation étudiée : est-ce une interférence à
2 ondes ou à 𝑁 ondes ?
Dans le premier cas, la détermination de l’expression de la différence de marche et la connaissance de la
formule de Fresnel permettent en général d’aboutir aux résultats demandés.
Dans le second cas, les candidats doivent isoler deux rayons successifs pour déterminer la condition
d’interférence constructive. Ici, la formule de Fresnel ne peut pas s’appliquer. Les candidats doivent
connaitre, qualitativement, la différence observée au niveau de la figure d’interférences entre l’étude d’un
réseau et l’étude d’une interférence à 2 ondes.
Électricité
Le jury attend des candidats qu’ils aient des connaissances sur la structure des oscillateurs quasi-sinu
soïdaux (amplificateur + filtre) et des oscillateurs à relaxation (comparateur à hysteresis + intégrateur)
ainsi que sur la nature des signaux issus de ces oscillateurs (sinus, créneau ou triangle).
Pour la condition d’auto-oscillation d’un oscillateur quasi-sinus, le jury n’attend pas une méthode parti
culière pour y parvenir (le programme laissant libre choix au candidat) mais il attend que les candidats
soient capables de la déterminer de manière autonome à partir de la connaissance des fonctions de trans
fert de l’amplificateur 𝐾 et du filtre 𝐻. On peut alors soit écrire la relation 𝐻𝐾 = 1 ou bien en déduire
l’équation différentielle régissant le démarrage des oscillations pour conclure sur la condition d’oscillation.
Chimie
Contrairement à ce qui était observé les années précédentes, le jury a observé une amélioration de la
rigueur dans les exercices de température de flamme. Plutôt que d’essayer d’utiliser une relation « toute-
faite » pour déterminer la température atteinte par le système chimique, la décomposition de la trans
formation en transformations virtuelles successives (réaction isotherme + chauffage) a été plus souvent
présenté par les candidats. La mise en œuvre est ensuite plus incertaine (notamment : quel 𝐶𝑝 considé
rer ? comment justifier que Δ𝐻 = 0 sur toute la transformation ?) et le jury encourage les candidats à
s’approprier en profondeur les différents arguments de cette démonstration.
Le jury encourage par ailleurs les candidats à revoir la notion de solubilité, et à s’assurer de la maitrise
de l’écriture de la relation de Nernst en oxydo-réduction.
Informatique
Cette année, le jury a introduit de nouvelles capacités exigibles, conformément à l’écriture des pro
grammes. L’utilisation de fonctions de dichotomie, de résolution d’équations différentielles ont souvent
été fructueuses. Le jury a été agréablement surpris par la maitrise de Python chez de nombreux candidats,
notamment pour la manipulation des tableaux et des listes.
L’introduction de Notebook dans certains sujets a, semble-t-il, aidé les candidats qui perdent moins de
temps à importer des fonctions depuis un module à chercher où s’est affichée une fenêtre graphique.
Le jury fournit, lors de l’utilisation de fonctions de type « dichotomie » (pré-écrite dans le code) ou
« odeint », des exemples d’utilisation de ces fonctions sur des cas classiques. Les candidats ont alors à
comprendre la manière dont elles sont utilisées et à transposer cette étude à leur situation. L’idée n’est
pas d’évaluer la maitrise de la syntaxe associée à la fonction par les candidats, mais leur compréhension
de son rôle et leur capacité à se l’approprier.
Malheureusement, certains candidats ont encore du mal à « décrypter » certaines informations de l’énoncé.
Quand il est dit qu’une certaine fonction importée depuis un certain module réalise une certaine tâche,
et que ce module a été importé au début du script Python, alors les candidats n’ont pas à écrire cette
fonction. Il s’agit juste de l’utiliser.
Conclusion
Au-delà de ces remarques de fond sur les points à améliorer, le jury souhaite mentionner l’attitude
exemplaire de la grande majorité des candidats qui sont polis, courtois et agréables.
Le jury a eu le plaisir d’interroger des candidats sérieux et, pour la plupart, bien préparés. Il insiste sur la
rigueur nécessaire concernant la connaissance, l’application et la compréhension du cours, qui départage
nettement les candidats.
Présentation du sujet
Au cours de cette épreuve orale d’une durée de quatre heures, le jury évalue l’ensemble des compétences
des candidats permettant de mener une démarche globale afin d’appréhender une problématique issue
d’un système industriel. Il leur est nécessaire de faire preuve, d’une part, de capacités d’abstraction
indispensables pour comprendre, établir et utiliser des modèles, et, d’autre part, expérimentales pour
imaginer, conduire et exploiter des protocoles expérimentaux au regard d’objectifs définis à priori.
Les candidats sont ainsi évalués selon différentes compétences touchant à l’analyse fonctionnelle et struc
turelle d’un système, à l’appropriation d’une problématique scientifique et industrielle, aux démarches
de modélisations de niveaux adaptés en réponse à un objectif spécifique, à la formulation de problèmes
bien posés dans une optique de recherche de solutions, à la simulation et la résolution numérique, à la
validation des modèles et solutions proposés à l’aide de confrontations expérimentales avec le système
réel.
La formulation de conclusions étayées et les capacités de communication et de synthèse sont indispensables
aux ingénieurs évoluant dans un contexte professionnel de plus en plus international et sont à ce titre
également évaluées durant l’épreuve.
L’ensemble des sujets est conçu de façon à aborder des aspects aussi bien méthodologiques qu’expéri
mentaux qui doivent, in fine, amener les candidats dans une posture de formulation de conclusions et de
prise de décisions.
de la formation lors des 2 années de préparation), ainsi qu’un léger recul dans l’interprétation d’un résultat
vis-à-vis du système étudié et de la problématique proposée.
Enfin, la capacité à effectuer une synthèse globale en temps limité fait partie des compétences
recherchées pour un ingénieur, et le jury a noté que, pour la majorité des candidats, les attendus de cette
partie de l’épreuve sont bien intégrés. Le jury a noté une amélioration du niveau global de ces synthèses
qui intègrent généralement une restitution claire et assimilée de la problématique étudiée.
De manière générale, les échanges avec les examinateurs pourraient être de meilleure qualité grâce à
l’utilisation judicieuse et soignée de schémas explicatifs.
− nacelle gyrostabilisée ;
− robot cameraman ;
− robot d’impression 3D ;
− hoverboard ;
− slider de caméra ;
− robot nettoyeur de vitres.
Organisation de l’épreuve
L’organisation de cette épreuve, d’une durée de quatre heures, est décomposée en quatre parties de durées
et d’objectifs différents :
Les objectifs, le déroulement et les compétences évaluées dans ces différentes parties sont décrits plus
précisément ci-dessous.
La première partie est conçue pour une durée d’environ quarante cinq minutes. L’ensemble des activités
amène les candidats à montrer leur capacité à s’imprégner du contexte de l’étude. Pour cela, les activités
de cette partie sont conçues de façon à permettre aux candidats :
− d’évaluer et analyser l’écart éventuel entre un niveau de performance attendu et un niveau de perfor
mances mesuré (ou simulé) ;
Pour les chaines de puissance et d’information, les candidats doivent être capables :
− de décrire leur principe de fonctionnement, notamment pour les capteurs les plus classiques ;
La deuxième partie est conçue pour une durée de 60 minutes autour d’une activité de modélisation.
Elle permet aux candidats de montrer leur capacité à prendre des initiatives, à formuler et justifier avec
rigueur des hypothèses et à critiquer leurs résultats. La démarche proposée est évaluée et le jury intervient
en fournissant des informations en vue de faciliter, ou de débloquer si besoin, leur progression.
La construction de cette partie a comme objectif d’élaborer et / ou de compléter un modèle qui sera
exploité dans la suite de l’étude. Par exemple :
− développement d’un modèle potentiellement multi-physique de niveau adapté aux objectifs de l’étude
tout en restant réalisable durant le temps imparti ;
− enrichissement et/ou raffinement d’un modèle donné en ajoutant des éléments fonctionnels complé
mentaires (capteurs, actionneurs, etc.) ;
− etc.
Cette partie nécessite d’imaginer, de développer, de justifier et de réaliser des protocoles expérimentaux
permettant d’identifier et de valider expérimentalement et / ou par simulation des paramètres d’un modèle
et de les recaler si besoin.
Dans tous les cas, toute mise en équation, lorsqu’elle est nécessaire, reste limitée à des relations simples,
et les objectifs sont généralement de définir la forme du modèle qui sera identifié et / ou recalé et de
justifier rigoureusement les hypothèses ayant conduit à ce modèle ainsi que son domaine de validité.
Dans le cadre de ces activités, l’appel à des outils de modélisation causale et / ou acausale peut être
nécessaire.
La démarche amenant à une solution au problème étudié est rarement unique. Ainsi, des démarches
ou hypothèses différentes peuvent conduire à des solutions distinctes du problème abordé lors de cette
deuxième partie. Les examinateurs s’attachent à dissocier l’exactitude des valeurs voire des équations
trouvées de la cohérence et de la pertinence de la démarche.
Ainsi, de manière générale, cette partie entend valoriser le travail des candidats qui ont préparé spécifi
quement l’épreuve de travaux pratiques durant toute l’année pour acquérir les compétences nécessaires à
l’étude et la modélisation d’un système complexe.
La troisième partie est conçue pour amener les candidats à l’exploitation, entre autres, des modèles
développés lors de la deuxième partie afin de construire progressivement une réponse à la probléma
tique de l’étude. La deuxième partie ayant pu conduire à des modélisations différentes, les éléments
complémentaires sont fournis, si nécessaire, afin de permettre une progression dans la troisième partie
indépendamment de niveau de réussite de la partie précédente. Les activités proposées dans cette partie
ont pour objectif global la prévision des performances et l’évolution du système en vue de satisfaire le
besoin exprimé.
Cette partie doit permettre :
− d’imaginer et choisir des solutions d’évolution du système en vue de répondre à un besoin du point
de vue de l’utilisateur et exprimé par les exigences d’un cahier des charges.
La quatrième partie, d’une durée de 40 minutes, est décomposée en 30 minutes pour l’évaluation des
solutions et 10 minutes pour la préparation d’une synthèse globale. Elle est conçue autour des thématiques
de conception / optimisation / adaptation des solutions envisagées lors de la partie précédente. Les
activités de cette partie ont pour objectif de permettre de conclure vis-à-vis de la problématique abordée
dans le sujet de travaux pratiques et ainsi de fournir des éléments nécessaires pour la synthèse finale, et
ce quel que soit le niveau d’avancement des études réalisées dans les parties précédentes. Le cas échéant,
le jury fournit aux candidats les éléments leur permettant d’aborder cette partie.
Synthèse finale. À la fin de la quatrième partie, et en conclusion globale de l’étude, une synthèse courte,
limitée à trois minutes au maximum après dix minutes de préparation, est demandée. Au cours
de cette synthèse orale, en appuyant explicitement leur présentation sur le support étudié et
sur les résultats obtenus et quantifiés, les candidats doivent être capables :
Chaque candidat présente sa synthèse devant un membre du jury qui ne l’a pas suivi au
cours des trois heures et cinquante minutes précédentes.
Pour faciliter les échanges avec le jury et en vue de préparer la synthèse, les postes informatiques disposent
d’un ensemble complet de suites bureautiques (Microsoft Office et / ou Libre Office) permettant de
conserver temporairement une mémoire numérique des activités, des courbes suite à des mesures ou de
rassembler des graphiques dans un document. Il est rappelé néanmoins qu’aucun compte-rendu
écrit n’est demandé, les brouillons ayant servi au travail sont détruits et tous les fichiers
enregistrés systématiquement supprimés dès le départ du candidat.
En ce qui concerne la synthèse finale, les différents éléments fournis par le jury durant toute l’épreuve
doivent permettre de conclure sur l’étude quel que soit le niveau d’avancement dans les activités. Ainsi,
un candidat qui n’aurait pas réalisé avec succès toutes les activités du sujet proposé peut tout à fait
effectuer une synthèse de qualité et ne sera pas pénalisé s’il réussit à assimiler toutes les informations
disponibles pour en dégager la problématique, la démarche proposée et les réponses obtenues vis-à-vis de
la problématique. À contrario, une énumération linéaire des activités effectuées, même correctes, est à
proscrire. Le jury attend des candidates et des candidats une prise de recul par rapport à l’étude menée
et au fil conducteur qui la sous-tend.
Logiciels utilisés
Cette épreuve de travaux pratiques fait appel à l’outil informatique et plus précisément à des logiciels
de modélisation / simulation de systèmes dynamiques (Scilab), des modeleurs 3D, et un langage de
programmation informatique (Python) prévus dans le programme de CPGE. Pour l’utilisation de ces
langages et logiciels, un aide-mémoire est systématiquement fourni sous la forme d’un document ressources
et l’ensemble du programme de l’informatique commune en CPGE peut être utilisé lors de cette épreuve.
Lors des activités faisant appel aux outils de modélisation et simulation, les compétences évaluées sont :
analyser le(s) modèle(s) proposé(s), comprendre les algorithmes implantés, identifier et/ou modifier un
nombre limité de paramètres, compléter des procédures associées à des algorithmes fournis et exploiter
les résultats de simulation.
L’utilisation de la programmation peut être demandée pour compléter une activité de développement
algorithmique portant sur des thèmes comme, entre autres :
− optimiser des paramètres en vue de recaler ou d’identifier un modèle, de déterminer un régulateur au
regard d’un cahier des charges, etc. ;
− mettre en œuvre un traitement numérique d’un signal ;
− exploiter des signaux en vue d’analyses énergétiques (rendement, inertie, etc.), de traiter des signaux
(intégration, dérivation, analyse statistique, etc.) ;
− analyser et compléter un diagramme d’états.
D’une façon générale, la mise en œuvre d’une programmation informatique reste limitée et il s’agit,
généralement, de compléter un programme. Une progression efficace dans ces études ayant recours à
l’outil informatique demande néanmoins une préparation régulière lors des deux années. L’utilisation
de Python étant au programme de CPGE, plusieurs environnements de programmation parmi les plus
courants sont utilisés (Idle, Spyder ou Pyzo).
Concernant la simulation numérique des systèmes dynamiques, la connaissance préalable
des logiciels retenus n’est en aucune façon exigée et l’évaluation ne porte pas sur l’aptitude à
connaitre et maitriser leurs fonctionnalités.
La mise en œuvre d’une simulation numérique est limitée à :
− un apport d’informations facilitant la compréhension du système ;
− la simplification de la résolution d’une partie de l’étude ;
− une modification paramétrique d’un modèle déjà construit pour l’adapter au système étudié (les
valeurs des paramètres sont issues des documents fournis, obtenus au préalable par identification
expérimentale ou encore en utilisant un modèle de connaissances fourni) ;
− la détermination de résultats dont l’obtention sans outil de calcul ou de simulation numérique est
fastidieuse ou difficile.
Modélisation
La deuxième partie étant conçue autour d’une problématique de modélisation, une meilleure appréhension
de la modélisation selon ses différentes formes et des protocoles expérimentaux pour identifier / recaler
les paramètres associés (moment d’inertie, coefficient de frottement, couple perturbateur...) doit être le
fil conducteur dans la préparation des candidats pour aboutir à de meilleures prestations.
Les activités menées doivent conduire à un modèle validé mais le jury rappelle que l’évaluation porte
aussi sur la réactivité des candidats, la capacité à analyser de façon critique les résultats, la cohérence
dans la démarche et, si besoin, la remise en question d’une façon argumentée. L’échec n’est pas pénalisé
si la démarche est cohérente. Ainsi le jury est-il plus en attente d’une justification et d’une analyse de la
démarche que d’un simple résultat, quand bien même celui-ci soit exact. La démarche d’un candidat, qui ne
réalise pas l’ensemble des activités proposées mais qui justifie rigoureusement en quoi la proposition mise
en œuvre est partiellement erronée (mauvaise hypothèse initiale, mauvais choix d’équation, simplification
abusive, etc.), est valorisée. À contrario, une démarche apprise par cœur et réutilisée sans réflexion quant
à son bien-fondé pour l’étude menée ne sera pas nécessairement valorisée si elle n’est pas rigoureusement
justifiée, même si le résultat numérique déterminé est correct.
En écho à la remarque sur la précision de lecture de sujets, les candidats qui par précipitation ne s’im
prègnent pas suffisamment du contenu (et donc des pistes d’études proposées) et ne voient pas un certain
nombre d’informations simples données en vue de faciliter leur progression (récupération de données
constructeurs par exemple) se pénalisent fortement.
La modélisation est un besoin fort en sciences industrielles de l’ingénieur, aussi le jury rappelle la nécessité
de justifier ou proposer un modèle de connaissance dynamique. Une épreuve orale exige la même rigueur
scientifique qu’une épreuve écrite : système isolé, bilan exhaustif des actions mécaniques extérieures,
théorème utilisé (TRD, TMD ou TEC), direction éventuelle de projection, point de réduction pour le
théorème du moment, hypothèses de modélisation, etc.
Le développement de modèles pertinents passe souvent par une modélisation rigoureuse des liaisons mé
caniques : une analyse précise par observation des surfaces en contact ou des mouvements élémentaire est
alors requise. Le jury regrette que cette analyse rigoureuse soit souvent remplacée par un raisonnement
intuitif. De plus, certains candidats cherchent à dessiner immédiatement le schéma sans avoir au préalable
mené une réflexion les conduisant par exemple à un graphe de liaisons. L’activité de travaux pratiques
donne la possibilité, par une observation et des manipulations du système présent sur le poste de
travail, de faire des propositions de modèles cohérents vis-à-vis des surfaces observées. Les formules de
mobilité sont bien connues, mais sont généralement appliquées avec peu de recul, sur des modèles parfois
équivalents cinématiquement au modèle attendu. Par ailleurs, les connaissances et savoir-faire élémen
taires concernant la géométrie et la cinématique des solutions classiques de transmission mécanique sont
rarement maitrisés. Une partie des candidats éprouve des difficultés à proposer un schéma cinématique
d’un système de transformation de mouvement, même en modélisation plane. L’oubli de certaines classes
d’équivalence ou de certaines liaisons peut être également noté.
L’identification de modèles comportementaux pose des problèmes à un certain nombre de candidats
lorsque le type de modèle (2e ordre ou 1er ordre sous forme canonique) ou la démarche ne sont pas
explicitement donnés, même si le jury a noté une nette progression sur ce point. La reconnaissance d’un
tel type de modèle ou le protocole d’identification expérimentale doivent être maitrisés.
Le jury note des difficultés pour la mise en équation de circuits électriques simples lorsqu’une démarche
n’est pas précisée d’une façon explicite, par exemple lors d’activités préparatoires à l’identification des
valeurs des paramètres du circuit ou pour définir la forme d’un modèle à identifier.
Lors de l’identification de paramètres électriques mettant en jeu des grandeurs mesurées sinusoïdales, le
jury a noté que certains candidats restent bloqués sans penser à utiliser les valeurs des amplitudes de ces
grandeurs.
Analyse
Si les éléments composant les chaines fonctionnelles d’information et de puissance sont bien connus, les
difficultés constatées consistent à les situer précisément sur le support et à faire une présentation
formalisée de leur organisation mettant en évidence l’architecture du système analysé (alimentation,
pré-actionneur, actionneur, effecteur, etc.). Par ailleurs, le vocabulaire technologique est parfois peu ap
proprié et approximatif. Le jury note en particulier qu’un certain nombre de candidats présente des
chaines d’information et de puissance constituées de composants classiques rencontrés durant leur forma
tion, sans se poser la question de leur présence réelle ou non sur le système considéré durant l’épreuve
et leur enchainement logique. Une part importante des candidats propose des chaines de puissance et
d’information génériques issues directement de leur cours sans vérifier la cohérence par rapport à celles
du support objet de l’étude, en particulier sur la zone de prise d’information sur la chaine d’énergie qui
est systématiquement faite sur l’actionneur quand bien même ce ne soit pas le cas sur un certain nombre
de systèmes.
Le jury rappelle à ce titre que les diagrammes SysML fournis (notamment les diagrammes de définition des
blocs et des blocs internes) doivent permettre d’identifier les constituants et de comprendre l’architecture
d’une chaine fonctionnelle.
Sur un aspect expérimental :
− les mesures sont souvent interprétées à minima, ce qui traduit un manque d’analyse. Une comparaison
de résultats souvent non chiffrée et sans valeur quantifiée n’est pas admise ;
− l’absence de vérification de l’homogénéité des relations manipulées et de la validation des modèles
utilisés (effectuée expérimentalement ou en utilisant la simulation numérique) conduit une part non
négligeable de candidats à des erreurs d’analyse ;
− dans le même ordre d’idée, le jury note une absence de recul et de vérification de la cohérence des
ordres de grandeur des valeurs numériques obtenues pour les paramètres identifiés (inerties, coeffi
cients de frottement, inductances... parfois gigantesques au regard du composant étudié). Si le jury
sait faire preuve d’indulgence pour l’ordre de grandeur de certaines variables moins intuitives, il est
particulièrement surpris de voir certains candidats ne pas s’étonner de trouver des vitesses de dépla
cement ou des cadences de traitement astronomiques au regard du problème étudié et du système
présent sur le poste de travail ;
− le jury note souvent un manque de rigueur dans la comparaison de résultats (issus de simulation et/ou
de mesures). Les indicateurs liés à cette comparaison doivent être systématiquement chiffrés (valeurs
maximale, finale, dépassement, etc.).
Un manque de recul vis-à-vis des différences entre une courbe théorique et une mesure expérimentale est
observé pour une partie des candidats, en progression lors de cette session. Ainsi, la présence inévitable de
bruit de mesure peut perturber et certains candidats qui analysent à tort ce bruit comme des instabilités
du système. De la même façon, les conditions expérimentales (instant de déclenchement d’un échelon,
conditions initiales non nulles) entrainent des erreurs sur la détermination d’un temps de réponse ou
du gain statique. Le jury conseille aux candidats de bien s’imprégner de ces différences inévitables liées
aux conditions de l’expérience, ce qui ne peut s’acquérir que par un travail régulier et spécifique sur les
activités expérimentales durant les deux années de formation.
Le jury note des difficultés chez certains candidats pour réutiliser des compétences dans un contexte
légèrement différent de celui vu durant les deux années de formation. Le jury encourage les candidats à ne
pas cloisonner leurs apprentissages : compréhension des solutions technologiques, méthodes « théoriques »
et déterminations expérimentales forment un ensemble indissociable qui permettent une prise de recul
sur les concepts et outils manipulés. Le jury s’attend à ce que l’épreuve de travaux pratiques soit le lieu
où les candidats montrent le caractère transverse de leurs compétences.
En automatique :
− le choix ou la justification d’une loi de commande (structure, correcteur, etc.) repose souvent sur des
critères trop généraux de rapidité / stabilité / précision, non étayés à l’aide d’arguments quantifiés
et contextualisés liés au cas d’étude concerné ;
− les comparaisons entre les courbes réponses simulées et les courbes réponses du système réel sont
souvent très mal réalisées (effet des conditions initiales, stimuli injecté, comparaison modèles simpli
fiés/modèles plus complexes/système réel) ;
− les capacités à manipuler et exploiter les réponses fréquentielles en boucle ouverte (diagrammes de
Bode) pour déterminer des critères de performances classiques (stabilité, marges de stabilité) sont en
progrès mais des améliorations sont encore possibles.
L’analyse du fonctionnement d’une structure d’électronique de puissance n’est souvent comprise que
si elle est présentée en détails dans le sujet. Ainsi, l’analyse du fonctionnement de circuits simples en
commutation (convertisseurs statiques) pose des problèmes importants à la majorité des candidats de la
filière TSI qui devraient pourtant être capables d’analyser et de justifier les formes des tensions et des
courants, de préciser les relations caractéristiques, etc.
Aspects expérimentaux
Le jury a constaté un manque d’autonomie à l’occasion de cette session d’oral et une plus grande difficulté
dans la prise en main des supports objet de l’étude, dans la continuité des sessions précédentes.
Les protocoles de mesure proposés ne sont pas toujours bien suivis. Avant toute mesure, le jury conseille
aux candidats de bien lire les conseils donnés et les protocoles proposés.
Synthèse globale
Les attendus de la synthèse globale de fin d’épreuve et le principe d’une présentation en temps limité
sont bien intégrés par les candidats. Le jury en conclut avec satisfaction que la majorité des candidats a
lu les rapports des années précédentes et s’est appropriée l’organisation de l’épreuve de travaux pratiques
de sciences industrielles de l’ingénieur.
Le fil conducteur de la présentation doit être organisé autour de trois mots clés : problématique, dé
marche, conclusion ... contextualisés sur le support de l’étude. Cette activité demande un réel
entrainement. Le jury conseille :
− de s’entrainer à ce type d’activité avec une structure de présentation articulée autour des trois points
− d’exposer cette dernière phase d’évaluation en s’appuyant sur des résultats graphiques et numériques ;
− de travailler le choix du vocabulaire technologique qui doit être mieux maitrisé, le jury constate que
cet aspect est en recul par rapport aux années précédentes ;
Il est indispensable que les présentations soient fondées sur le support étudié, les modèles développés ou
étudiés, les mesures et analyses réalisées en rappelant systématiquement les principaux résultats obtenus.
De manière assez surprenante et différente des sessions précédentes, le jury a noté que beaucoup de can
didats n’utilisent aucun support visuel durant cette synthèse. Alors que de nombreuses captures d’écrans
ont été effectuées durant toute l’épreuve comme support des échanges avec le jury, aucune de ces captures
d’écran n’est réutilisée pour illustrer cette dernière phase de l’épreuve.
Le jury encourage les candidats à sélectionner de façon pertinente les résultats principaux obtenus, et à
les utiliser judicieusement durant cette synthèse pour illustrer et appuyer la présentation. De la même
façon, la synthèse finale est faite sur le poste de travail, avec le système à disposition, et il est donc tout
à fait possible voire souhaitable de s’y référer de façon très concrète.
Le jury n’attend, en aucun cas, un compte rendu linéaire des activités abordées au cours
de la séance.
Conclusion
Pour la session 2025, les objectifs généraux et l’organisation de l’épreuve orale de sciences industrielles de
l’ingénieur seront dans la continuité de ceux de la session 2024 avec une structuration en quatre parties
et une synthèse globale en temps limité effectuée devant un membre du jury n’ayant pas suivi le candidat
lors des quatre heures de l’épreuve.
La préparation de cette épreuve ne s’improvise pas et l’acquisition des compétences évaluées est le fruit
d’un travail régulier au cours des deux années de préparation. Il est donc indispensable de s’approprier :
− une démarche de mise en œuvre des fonctions d’un système industriel pluritechnologique ;
− une maitrise suffisante des principes d’utilisation d’outils de simulation numérique et d’analyse des
résultats obtenus.
Le jury de sciences industrielles de l’ingénieur souhaite que les futurs candidats s’imprègnent des conseils
donnés dans ce rapport pour bien réussir cette épreuve.
Présentation de l’épreuve
L’épreuve, d’une durée de 3 heures, consiste à réaliser plusieurs expériences, à analyser et à interpréter
les résultats en vue de répondre à une problématique concrète et explicitée en introduction.
Que ce soit en chimie (titrage, étude cinétique et thermodynamique, oxydoréduction, électrolyse...) ou
en physique (électricité, électronique, optique, capteurs...), il s’agit d’étudier un phénomène particulier
à l’aide des notions figurant au programme des deux années de préparation. D’une manière générale,
les candidats sont évalués à partir des compétences de la démarche scientifique : s’approprier, analyser,
réaliser, valider, communiquer.
L’évaluation s’articule le plus souvent autour de trois composantes : les échanges oraux qui permettent
de valider le protocole élaboré par les candidats ou de vérifier qu’il ont compris la manipulation qui
leur était proposée, les gestes techniques et le compte-rendu. En effet, parallèlement aux échanges avec
l’examinateur, les candidats rédigent un compte-rendu dans lequel figurent les réponses à certaines ques
tions identifiées ou à l’intégralité des questions (selon les indications du sujet). Ils doivent par ailleurs
analyser et valider les résultats et répondre de façon argumentée à la problématique posée. Enfin, ils
doivent effectuer une synthèse montrant qu’ils ont compris la démarche et la finalité de l’étude ou encore,
pour certains TP de physique, répondre à une question ouverte permettant de replacer le travail dans un
contexte plus général.
Le matériel fourni diffère d’un centre d’examen à l’autre. Par défaut, les candidats doivent se munir
d’une calculatrice et du matériel d’écriture usuel (stylos, crayons, gomme et règle). Certains se présentent
sans calculatrice et utilisent le langage de programmation Python pour faire leur calcul. Les copies et
les brouillons sont en revanche toujours fournis par le concours. Les appareils connectés (en particulier
les téléphones portables) et les clés USB sont interdits. Les montres sont interdites dans certains centres
d’examen, mais dans ce cas, un réveil ou une horloge est mis à disposition des candidats. Pour les
manipulations de chimie et pour des raisons de sécurité, les candidats doivent porter un pantalon et des
chaussures fermées et les cheveux longs doivent être attachés. Ils doivent se munir d’une blouse en coton
à manches longues et apporter leurs lunettes de protection ; les lentilles de contact ne sont pas autorisées.
Durant l’épreuve, les candidats peuvent disposer de la notice de certains appareils ou bénéficier d’expli
cations sur le fonctionnement de certains dispositifs. Des modes d’emploi succincts des différents logiciels
sont parfois mis à disposition.
Attitude
L’épreuve de travaux pratiques se déroule souvent dans un lieu différent de celui des autres épreuves. Les
candidats doivent donc veiller à se présenter à l’endroit et à l’heure indiqués sur leur convocation sans se
tromper de centre d’examen.
Il est rappelé que cette épreuve s’effectue en temps limité : trois heures pour les appels, la réalisation des
expériences et la rédaction du compte-rendu, une fois les explications et consignes données. En chimie,
le rangement de la paillasse et la vaisselle se font en dehors des trois heures. Un étudiant qui ne respecte
pas les consignes de rangement se voit pénaliser dans la notation.
Les candidats sont responsables de la gestion de leur temps qui doit leur permettre de traiter l’essentiel de
l’épreuve dans la durée impartie. En chimie, certains retardent à l’excès la mise en œuvre des expériences
et perdent beaucoup de temps à s’approprier la problématique en s’engageant dans des calculs très
souvent inadéquats. Le jury conseille, en cas de difficulté dans la compréhension du sujet, de faire appel
à l’examinateur pour engager un dialogue qui, certes, peut priver d’une partie des points attribués dans
le barème lié à l’appropriation du problème posé, mais permet de mettre en œuvre les protocoles et
d’exploiter les résultats des mesures, activant ainsi les compétences « réaliser » et « valider ». Il est attendu
des candidats une attitude dynamique et la prise d’initiative pour gérer leur séance.
Les candidats sont invités à lire attentivement l’ensemble du sujet, y compris les informations en début
de sujet et les annexes. En effet, une meilleure identification des différentes manipulations à réaliser et
des éventuels « temps d’attente » (notamment en chimie : chauffage ou agitation de quelques minutes,
acquisitions automatiques en cinétique, attente d’un appel) permettrait de s’organiser avec plus d’effica
cité. Certaines parties du sujet peuvent être traitées indépendamment et dans un ordre quelconque ; des
explications introductives permettent souvent de mieux appréhender l’objectif du TP ; des informations
complémentaires (fonctionnement du matériel spécifique, régime de fonctionnement des amplificateurs,
graduations des réticules en optique, rappels de certains éléments théoriques) sont également données
dans les sujets pour éviter toute confusion dans les manipulations.
Par ailleurs, dans la précipitation, certains candidats passent à côté d’informations importantes ou font
des contre-sens très préjudiciables à l’élaboration de protocoles pertinents (exemple en électronique :
confusion entre des montages en série et parallèle malgré les indications). L’analyse des données fournies
est également très importante. En chimie, elle permet d’identifier la réactivité des espèces chimiques
étudiées (acides, bases, oxydants, réducteurs...) et les grandeurs physico-chimiques qui les caractérisent
(𝐸 ∘ , p𝐾𝑎 ) donc de prévoir ou de comprendre les protocoles.
Dans chaque sujet, figurent deux ou trois appels à l’examinateur, pendant lesquels les candidats doivent
faire une brève synthèse orale de leurs réflexions et de leurs travaux et répondre aux éventuelles questions
posées dans le sujet. Le jury recommande par ailleurs une rédaction écrite raisonnée pour préparer des
échanges efficaces. Les candidats doivent prendre l’initiative de solliciter l’examinateur lors pour chaque
appel.
Le jury attend que les candidats préparent ces appels :
− l’argumentation doit être organisée de façon claire et logique et s’appuyer sur un vocabulaire adapté
(les appareils clairement identifiés, la verrerie correctement nommée...) ;
− si la réponse s’appuie sur une équation, un calcul ou un schéma, il faut que le support écrit soit clair
et lisible.
Suivant les cas, un protocole est fourni à l’issue de l’appel, que la proposition faite par le candidat soit
correcte ou non. Les candidats doivent mettre en œuvre le protocole distribué (même s’il ne correspond
pas à celui qu’ils ont proposé) car il prend en compte les contraintes de matériel, de cinétique et de
sécurité.
Sécurité
Le port des lunettes ou sur-lunettes est obligatoire pendant toute la durée de l’épreuve des manipulations
de chimie.
L’emploi des gants est réservé pour les prélèvements des produits corrosifs ou toxiques. Garder des gants
en permanence est inutile et même dangereux.
Par ailleurs, les rejets des solutions doivent se faire de façon raisonnée. Des bidons de déchets sont mis à
disposition. En cas de doute, il est conseillé de questionner le technicien de la salle ou l’examinateur.
S’approprier
Le titre du sujet contient souvent des informations capitales que tous les candidats ne pensent pas à
exploiter.
En optique, pourquoi s’acharner à parler de prisme quand l’objet du sujet est un réseau ? Pourquoi faire
des calculs de minimum de déviation sur un prisme quand cette notion est hors programme et que la
situation expérimentale montre clairement que le prisme ne travaille pas au minimum de déviation ?
Pourquoi faire des calculs quand le sujet ne demande que des mesures et donne les formules à utiliser ?
Concernant le matériel utilisé en optique, trop de candidats ne savent pas distinguer une lentille divergente
d’une lentille convergente. Les termes utilisés sont souvent approximatifs et il y a souvent confusion entre
les différents instruments (lunette, viseur, collimateur...). Certains instruments mentionnés dans le sujet
voient leur orthographe maltraitée dans les comptes-rendus, révélant un cruel manque de culture chez
certains candidats (l’oculaire devient l’oriculaire ou l’occulaire selon les cas...)
Analyser / Raisonner
Les candidats ne savent que très rarement faire le lien entre les régimes temporels et fréquentiels.
En optique, le jury note une nette régression dans les connaissances sur les tracés de rayons à travers
les systèmes optiques à lentilles. Rappelons qu’un tracé de rayons suit un raisonnement et modélise une
réalité expérimentale. Beaucoup (plus de 50 % !) de candidats font des observations correctes mais ne font
pas les tracés de rayons demandés (avouant à l’examinateur que « le tracé de rayons n’est pas leur point
fort »), ou font un tracé de rayons qui ne reflète pas la situation expérimentale. Cette déconnexion totale
entre la réalité expérimentale et la modélisation est très pénalisante pour les candidats.
En interférométrie, il manque souvent la compréhension physique des phénomènes observés, en particulier
la relation entre l’observation (niveau lumineux) et la différence de marche, ainsi que la différence entre
la forme des franges (rectilignes, circulaires ou autres) et leur interprétation physique (égale épaisseur ou
égale inclinaison). Plus généralement, certains candidats n’ont pas acquis les bases théoriques indispen
sables à la compréhension de certains sujets d’optique. Sur le goniomètre, par exemple, peu de candidats
comprennent le protocole de réglage ou font correctement le lien entre les angles lus sur le cercle gradué
et les angles incidents et réfractés ou diffractés par un réseau. La conjugaison infini foyer pour un point
objet hors d’axe n’est pas toujours maitrisée. Idem pour la notion de mise au point à l’infini.
Réaliser
Les candidats présentant un montage propre et facile à vérifier sont avantagés. Le jury note toujours des
erreurs de masse trop fréquentes (non-raccordement ou raccordement en deux endroits différents, entrée
non branchée à la masse, le candidat pensant que c’est équivalent à appliquer un potentiel de 0 V).
Lors de l’étude de systèmes en électronique (filtres par exemple), il est fortement conseillé de visualiser
à la fois les signaux d’entrée et de sortie, afin de s’assurer du bon fonctionnement de la maquette ou de
leur montage. Cela permet notamment de vérifier la linéarité du montage (pas de saturation de la sortie,
fréquences des signaux d’entrée et de sortie identiques).
Malgré les notices simplifiées fournies pour les oscilloscopes, le jury note régulièrement des erreurs de
mesure en raison d’une mauvaise configuration. Le bouton de configuration automatique des oscilloscopes
(« autoset ») est à utiliser avec une grande précaution (pour ne pas dire en dernier recours) car il modifie
de nombreux paramètres sans réelle maitrise. Pour le multimètre et l’oscilloscope, le jury relève toujours
des erreurs de choix entre les positions AC, DC et AC+DC, de branchement (problèmes de masse,
ampèremètre en parallèle, voltmètre en série...) et de compréhension de la notion de calibre. Lors du
réglage des appareilss la confusion entre fréquence et pulsation, entre tension crête et tension crête-à-
crête est source d’erreurs de mesure.
La mesure de déphasages pose souvent des problèmes (notamment sur le signe) et les candidats ne
pensent pas toujours à utiliser les marqueurs temporels lorsque l’oscilloscope ne fournit pas une mesure
du déphasage. Enfin le jury note parfois un manque de recul sur l’usage des fonctions « measure » typi
quement lorsque que le signal est à peine visible à l’écran (ce qui traduit un choix inadapté des échelles
d’observations).
En optique, il est primordial d’être précautionneux dans les manipulations en évitant par exemple de
toucher les optiques avec les doigts, ou encore d’écrire au stylo sur les optiques. Par ailleurs, les réglages
et alignements doivent être effectués avec un maximum de précision : trop souvent ils sont grossiers, les
candidats se satisfaisant de voir un vague signal lumineux quand bien même il leur est demandé de réaliser
de bons alignements. Le retour sur investissement en temps passé à réaliser des alignements soigneux est
pourtant évident : il autorise des mesures avec des biais et des incertitudes réduits. L’examinateur est
d’ailleurs très sensible à la qualité des réglages et mesures effectués.
Valider
Il est important de faire preuve d’esprit critique quant aux résultats obtenus, par exemple dans le cas
d’échelles horizontales ou verticales inadaptées.
Les signaux en sortie d’un système linéaire (type filtre) ont parfois du mal à être interprétés par certains
candidats, à partir du diagramme de Bode du système. Certains ont des difficultés à établir la fréquence
de coupure à −3 dB d’un filtre ou à définir la bande passante à −3 dB pour un filtre quelconque.
La restitution des résultats sous forme de tracés nécessite quelques règles incontournables (échelle présente
et adaptée, courbe suffisamment zoomée pour être lue avec précision). L’exploitation d’un tracé fréquentiel
(identifier un gain statique ou une fréquence de coupure, calculer une pente en échelle logarithmique)
pourrait être améliorée. L’asymptote en hautes fréquences du tracé fréquentiel d’un filtre passe-bas est
parfois utilisée pour identifier sa constante de temps alors que c’est moins précis que l’intersection des
asymptotes ou l’utilisation de la fréquence de coupure.
Les signaux numériques, caractérisés par des paliers de tension, sont parfois interprétés comme du bruit.
La période d’échantillonnage n’est pas systématiquement mesurée. Le critère de Nyquist-Shannon n’est
pas systématiquement considéré dans le cadre des systèmes avec échantillonnage.
Les calculs d’incertitudes-types et leur interprétation pourraient être améliorés. Le jury note en particulier
des difficultés pour identifier les grandeurs expérimentales sources d’incertitudes (par exemple l’ampli
tude du signal d’entrée d’un système électrique est rarement prise en compte) ou encore pour évaluer
l’incertitude-type d’une grandeur s’exprimant en fonction d’autres grandeurs, dont les incertitudes-types
sont connues, à l’aide d’une somme, d’une différence, d’un produit ou d’un quotient. La comparaison de
la cohérence de deux mesures obtenues par des protocoles différents est généralement problématique.
En optique, les schémas représentant les observations faites sont appréciés mais trop rares. Un schéma
en dit souvent plus long qu’un texte.
− chimie analytique (réalisation de titrage ou de dosage par étalonnage, études de transformation acido-
basique ou d’oxydoréduction) ;
− électrochimie (piles).
Les techniques et mesures mises en œuvre sont également variées (calorimétrie, pH-métrie, conductimétrie,
spectrophotométrie, modélisation ou traitement de données au moyen de scripts Python, ...).
Choix de la verrerie
Le jury recommande aux candidats de bien réfléchir au choix de la verrerie utilisée. Pour un volume
précis, l’utilisation de pipettes jaugées est attendue. Pour le prélèvement d’un volume imprécis l’utilisation
d’éprouvettes graduées est attendue, un bécher n’est pas considéré comme un instrument permettant de
prélever.
L’utilisation d’une verrerie jaugée lorsque ce n’est pas nécessaire est sanctionnée par le jury car elle est
signe d’une mauvaise compréhension du rôle des espèces chimiques concernées. Il est important de savoir
nommer correctement la verrerie lors des échanges avec le jury.
Le remplissage d’une burette graduée doit être effectué à l’aide d’un bécher. De plus l’ajustement du zéro
doit être fait après avoir vérifié l’absence de bulle au bas de la burette, et de préférence à la valeur zéro.
Réalisation de solutions
Le jury attend des candidats qu’ils soient capables de réaliser une dilution en utilisant avec précision une
pipette jaugée et une fiole jaugée. L’ajustement d’une fiole jaugée doit être réalisé à l’aide d’une pipette
pasteur et l’homogénéisation finale de la solution par retournement de la fiole ne doit pas être oubliée.
Pour la réalisation d’une solution par dissolution d’un solide, l’utilisation d’une balance de précision et
d’une fiole jaugée est attendue, avec rinçage de la coupelle pour un transvasement quantitatif du solide
et homogénéisation. Il s’agit de bien comprendre l’expression « peser une masse précise d’environ » et
d’utiliser la masse réellement pesée pour l’exploitation des résultats, et non la masse ciblée.
Titrage
Lorsqu’un protocole de titrage doit être établi, le jury attend des candidats qu’ils présentent un raison
nement complet incluant plusieurs étapes :
− Démontrer que la transformation est quantitative par calcul de sa constante thermodynamique d’équi
libre ou par l’analyse de diagrammes.
Différentes techniques de suivi sont à maitriser et le jury donne ici quelques indications :
− Pour un suivi conductimétrique, le tracé de la conductivité corrigée ou l’ajout d’un grand volume de
solvant pour négliger la dilution doit être proposé par les candidats lors de l’élaboration du protocole.
Lors de la manipulation, il est inutile de resserrer les points au voisinage de l’équivalence et il faut
suffisamment de points après la rupture de pente pour faire une linéarisation correcte.
− Pour un suivi pH-métrique, les candidats doivent être capables de prévoir une augmentation ou une
diminution de la grandeur mesurée au cours du titrage. Les points doivent être resserrés au voisinage
de l’équivalence, puis une détermination précise du volume équivalent est attendue par la méthode
des tangentes ou de la dérivée.
− pour un titrage suivi par colorimétrie, les candidats doivent choisir un indicateur coloré ou identifier
une espèce colorée intervenant dans le titrage afin de prévoir le changement de couleur à l’aide des
données. Lors de la manipulation deux essais sont attendus : un premier titrage rapide permettant
un encadrement du volume équivalent et un second titrage pour la détermination à la goutte près du
volume équivalent. Il convient bien sûr de regarder le bécher (et pas la burette) pour la détection de
l’équivalence.
L’utilisation d’un logiciel (Regressi, Latis-pro, Excel, Libre-office Calc, Pyzo ou Spyder) est recommandée
pour le tracé des courbes, bien que l’utilisation du papier millimétré soit également acceptée. Il est
recommandé de tracer les courbes au fur et à mesure de la prise de valeur pour repérer l’équivalence
et ajuster les volumes ajoutés en conséquence. Le jury conseille de choisir des marqueurs visibles pour
les valeurs relevées. Si le logiciel choisi le permet, il est recommandé aux candidats de l’utiliser pour
déterminer le volume versé à l’équivalence à partir de la courbe tracée.
Spectrophotométrie
Le jury souhaite attirer l’attention sur plusieurs points à bien maitriser en spectrophotométrie.
Le blanc doit être réalisé avec une cuve contenant les espèces chimiques autres que celle étudiée, et pas
uniquement de l’eau. L’utilité du blanc doit être bien comprise et expliquée.
L’intérêt de travailler au maximum d’absorbance doit être justifié complètement, le candidat ne pouvant
se contenter d’indiquer simplement une meilleure précision.
Lorsqu’il y a plusieurs mesures, le jury recommande l’utilisation d’une unique cuve, qui doit être rincée
avec la solution dont on mesure l’absorbance.
Une bonne homogénéisation des solutions de la gamme d’étalonnage est nécessaire à l’obtention d’une
bonne gamme étalon.
Calorimétrie
Les mesures de calorimétrie n’ont pas cette année posé de gros problèmes aux candidats. La capacité
thermique du calorimètre est une grandeur qui est connue par un grand nombre de candidats qui savent
la déterminer expérimentalement par la méthode des mélanges.
Les mesures de température peuvent être réalisées, selon les sujets proposés, avec un thermocouple relié
à un dispositif d’acquisition permettant de réaliser un suivi temporel de la température ou avec un
thermomètre à affichage numérique.
Oxydoréduction
Lorsque des réactions d’oxydoréduction sont impliquées, le jury attend des candidats qu’ils utilisent les
données et les diagrammes E-pH pour déterminer si la transformation est thermodynamiquement favorisée
ou non, puis éventuellement les courbes intensité-potentiel pour déterminer si elle est cinétiquement
bloquée ou non. L’équation de la réaction modélisant la transformation doit être correctement ajustée,
en établissant au préalable les demi-équations électroniques de chaque couple.
Dans le cas d’une pile, le schéma du montage doit être maitrisé et les demi-équations électroniques
possibles à chaque électrode doivent pouvoir être discutées.
En chimie, l’évaluation des incertitudes a pu être réalisée soit par propagation des incertitudes ou en
utilisant la méthode Monte Carlo dont un script Python à adapter était fourni. Le jury recommande
d’utiliser l’écart normalisé (ou z-score) et non l’écart relatif. De même, il est conseillé d’analyser les
résidus (écarts entre les points expérimentaux et un modèle) pour valider ou invalider un modèle choisi.
Compétence « communiquer »
À l’oral
L’épreuve comporte une part de communication orale et la capacité des candidats à exposer clairement
leur démarche est largement évaluée. Il est conseillé de débuter par une courte introduction du contexte.
La présentation doit s’appuyer autant que possible sur un schéma clair, un calcul effectué proprement au
brouillon, des graphiques clairs et pertinents. Il est important de ne pas omettre de présenter le protocole
utilisé et d’en justifier la pertinence (s’il y avait un choix possible).
Le jury attend un langage précis, une expression claire. Par ailleurs les candidats confondent les verbes
« mesurer » et « calculer » : une grandeur obtenue par la mesure de grandeurs expérimentales est une
mesure. Lorsque l’on détermine une grandeur à partir de grandeurs tabulées, la grandeur obtenue est une
grandeur calculée.
À l’écrit
Un compte-rendu succinct est attendu. Dans ce compte-rendu, les candidats doivent faire figurer les
réponses aux questions posées dans le sujet et communiquer leur résultats expérimentaux. Toutefois, il
n’est pas nécessaire de présenter le détail des protocoles qui ont été précédemment abordés à l’oral car
ils ont déjà été évalués. Les observations ou remarques pertinentes qui n’auraient pas été discutées avec
l’examinateur sont cependant appréciées. Enfin, les candidats doivent s’efforcer de rédiger leur compte-
rendu en utilisant un vocabulaire rigoureux, une syntaxe correcte et une calligraphie lisible. Les résultats
doivent être soulignés ou encadrés. Le compte-rendu ne doit pas être rédigé au crayon de papier. Les
explications doivent être concises et répondre aux questions posées. En physique, les tableaux de mesures
sont trop rares alors qu’ils sont très appréciés. Le jury recommande aux futurs candidats ne pas négliger
la rédaction du compte-rendu. Le jury note que la qualité des comptes-rendus s’est globalement dégradée
ces dernières années. En TP de physique, dans certains sujets, une part non négligeable du travail, qui
peut compter jusqu’à un tiers de la note finale, est à faire après le dernier appel et n’est donc évaluée
qu’à l’écrit.
Les courbes doivent être systématiquement légendées, les axes gradués et avec le nom et l’unité des
grandeurs physiques qu’ils représentent.
Lorsque cela est demandé explicitement, il est important de rédiger une introduction (rappelant les
objectifs du TP et montrant que le candidat s’est approprié le sujet) et une conclusion (résumant les
objectifs qui ont été atteints).
Conclusion
L’épreuve de travaux pratiques requiert de la part des candidats des efforts d’appropriation du sujet et
d’analyse. Après avoir réalisé les manipulations, il convient d’en exploiter les résultats expérimentaux et
d’avoir une attitude critique vis-à-vis des résultats obtenus.
Ce rapport pointe principalement les erreurs et l’absence de maîtrise de capacités techniques et compé
tences expérimentales observées chez certains candidats mais le jury n’en oublie pas moins les qualités
de beaucoup d’entre eux. Les compétences évaluées par cette épreuve sont complémentaires de celles de
l’oral et permettent à des candidats d’obtenir de très bonnes notes en ayant travaillé intelligemment et
régulièrement lors des séances de travaux pratiques des deux années de préparation.
Arabe
Présentation de l’épreuve
À l’instar des autres langues vivantes, le protocole de l’épreuve orale en langue arabe du concours Centrale-
Supélec se déroule comme suit :
− les candidats se voient proposer deux textes publiés dans la presse (article issu d’un journal ou d’un site
électronique, compte rendu d’un livre ou d’un colloque...) traitant de deux thématiques différentes ;
− à l’issue des vingt minutes de préparation, les candidats présentent un compte-rendu du texte choi
si, suivi d’un commentaire. Les candidats disposent de dix minutes d’expression orale en continu
sans aucune intervention de l’examinateur. Les dix minutes restantes sont dévolues à l’échange entre
examinateur et candidat. Le jury commence généralement par les questions, remarques, réactions...
qui découlent directement de l’exposé des candidats. Ensuite, il pose des questions visant à tester
la compréhension fine des candidats et leurs aptitudes à mettre en perspective la problématique du
document.
Le jury a proposé une palette large de thématiques. Chacune d’elles est illustrée à travers plusieurs
documents déclinant la thématique sous divers angles et approches :
− arts et censure ;
− 63 % des candidats interrogés ont obtenu une note qui oscille entre 17 et 20/20. Les prestations étaient
particulièrement brillantes et mettaient en évidence :
• une expression en arabe est très fluide avec la maitrise d’un vocabulaire riche et précis ;
• une méthodologie rigoureuse et une présentation structurée et bien agencée. Une distinction est
faite entre le propos de l’auteur et l’opinion personnelle qui est toujours pertinente et bien-à-propos.
− 29 % des candidats ont obtenu une note qui oscille entre 13 et 16/20. Les prestations étaient de
bonne, voire de très bonne facture. Cependant, elles étaient, à divers degrés, en deçà de l’excellence
des candidats précédents en raison d’un lexique moins étoffé et parfois même approximatif, d’une
méthodologie moins rigoureuse.
− Plus de 4 % des candidats ont obtenu une note allant de 11 à 12/ 20. Leurs prestations étaient glo
balement moyennes et dénotaient une compréhension plus ou moins satisfaisante des documents dans
une langue correcte mais rudimentaire. Les candidats étaient en mesure de comprendre les questions
et d’y répondre, lors de la phase d’interaction orale, mais les réponses étaient parfois excessivement
brèves et n’étaient ni argumentées ni étayées.
− Un peu plus de 3 % des candidats a obtenu une note qui oscille entre 3 et 9/ 20. Les prestations étaient
médiocres à cause d’un niveau de langue défaillant et lacunaire. L’exposé était souvent incohérent et
ne pouvait attester de la bonne compréhension des documents. Le deuxième volet de l’interrogation
orale n’était pas aisé. Les candidats ne comprenaient pas souvent les questions et le jury devait les
reformuler à plusieurs reprises, souvent en vain.
Conclusion
Le jury ne peut qu’insister davantage sur les éléments suivants pour que les futurs candidats répondent
mieux aux attentes du jury du concours :
− être en mesure de manier la langue arabe avec aisance et clarté. Le dialogue doit être fluide entre le
candidat et l’examinateur ;
− acquérir les outils méthodologiques qui permettent d’aborder les textes avec recul et esprit scientifique.
Allemand
Présentation de l’épreuve
L’épreuve orale d’allemand prend appui sur des articles extraits de quotidiens et hebdomadaires de la
presse allemande, autrichienne et suisse, ainsi que de médias en ligne. L’accent est mis sur des textes ré
cents, mais qui permettent de mettre en valeur la préparation des candidats sur deux ans, leur maitrise de
la civilisation, ainsi que leur observation de l’actualité. Les textes pour l’épreuve obligatoire se distinguent
des textes proposés à l’épreuve facultative par leur longueur et par leur densité lexicale. La sélection des
textes tend à favoriser les approches originales lorsqu’il s’agit de sujets prévisibles. Les candidats sont
invités à faire un choix réfléchi entre deux textes, puis, au terme d’une préparation de 20 minutes dans la
salle d’examen, ils doivent proposer un compte-rendu et un commentaire (10 minutes en tout) suivis d’un
entretien de 10 minutes avec le jury. Les candidats préparent dans la salle où ils passent ensuite devant
le jury, ils sont donc invités à se prémunir contre le bruit que peut occasionner le passage du candidat
précédent (protections auriculaires).
Le jury valorise les prestations qui rendent compte de la richesse des documents et de la manière particu
lière dont ces derniers abordent un thème. Le compte-rendu doit s’éloigner de la paraphrase et être autant
que possible structuré, plutôt que linéaire. Le commentaire ne doit pas être un commentaire plaqué, ni
hors sujet bien entendu. Lors de l’échange, l’examinateur évalue l’aptitude des candidats à s’exprimer
spontanément en allemand et à communiquer en s’adaptant à leur interlocuteur, ainsi qu’à ses questions.
Les premières questions du jury peuvent pousser les candidats à éclaircir un point de leur présentation
ou des aspects du texte qui ont été négligés (et c’est fréquemment le cas du titre), puis les candidats sont
guidés par des questions vers une exploitation plus large. Les questions sont ouvertes et doivent conduire
à des réponses étoffées. Le jury ne se prive pas de relancer quand une réponse est jugée trop brève, trop
vague ou trop abstraite.
des candidats qu’ils argumentent leurs prises de position et analysent les causes d’un phénomène qu’ils
constatent.
La correction de la langue
La fluidité, le respect de la phonétique et la correction morphosyntaxique font partie des critères pour
départager les candidats. Chez les candidats de langue optionnelle surtout, il convient de combler des
lacunes portant entre autres sur l’ordre de la phrase, l’usage de la proposition relative, les degrés de
l’adjectif, la conjugaison des verbes forts ou la rection des verbes. Pour mémoire, la déclinaison du groupe
nominal n’est pas un casse-tête chinois mais un mécanisme cohérent ayant pour but de délivrer du sens.
Sur le plan lexical, les candidats devraient veiller à enrichir leur lexique au niveau du groupe verbal et à
ne pas systématiser l’usage de l’expression „es gibt“. Ils se prépareront de même à citer les noms de pays
et à pouvoir en évoquer les habitants (noms géographiques et ethnonymes). Parmi les lacunes déplorées
cette année encore : die Ukraine, der Ukrainer (-), Russland, China, der Chinese (-n,-n), der Franzose
(-n,-n), der Amerikaner (-), die neuen Länder, der Westen, etc.
Ils se garderont enfin de toute confusion avec l’anglais. Dans cette perspective, il conviendra de maitriser
l’emploi du complément d’agent en allemand, ainsi que des expressions comme : Geld aus/geben, eine
Partnerschaft auf/bauen, Flüchtlinge auf/nehmen, Zeit verschwenden, eine Frage auf/werfen (i,a,o) et
des mots comme zeigen, werden, die Verbindung, das Klima, etc.
Conclusion
Tant pour la langue obligatoire que pour la langue facultative, l’épreuve d’allemand se veut donc une
épreuve ouverte, diversifiée, proposant plusieurs étapes, et donc plusieurs occasions de mettre en valeur
son travail et ses qualités linguistiques. Les futurs candidats sont encouragés à aborder cette épreuve avec
un allant dont on sait qu’il libère l’expression et valorise les acquis.
Anglais
Présentation de l’épreuve
En LV1 comme en LV2, les examinateurs soumettent au choix des candidats deux articles de 450 à
550 mots publiés au cours des douze derniers mois. Les candidats disposent de quelques instants pour
en sélectionner un, un rapide coup d’œil au titre leur permettant de cerner la thématique principale
des deux sujets proposés. Une fois le sujet choisi, ils disposent de 20 minutes de préparation pendant
lesquelles il est attendu des candidats qu’ils préparent un résumé et un commentaire à partir de
l’article retenu.
L’interrogation dure également 20 minutes maximum ; lors d’une première phase de prise de parole en
continu (10 minutes maximum), les candidats présentent une accroche pour introduire le contexte de
publication et le sujet global, puis un compte-rendu synthétique suivi d’un commentaire de l’article et
d’une conclusion. Il ne faut pas se contenter de lire le titre et de reprendre la source et la date de
publication dans l’introduction ; ces éléments peuvent certes être mentionnés mais seulement s’ils semblent
avoir un intérêt particulier (par exemple, une date de publication significative). En outre, le contenu de
l’article doit être systématiquement reformulé, la paraphrase ou la lecture de passages du texte,
étant fortement sanctionnées.
Cette première phase d’expression en continu est suivie d’un temps d’interaction au cours duquel les
examinateurs formulent des questions en lien avec le sujet traité ou avec les idées présentées par le candidat
dans le commentaire, ces questions pouvant parfois ouvrir sur des débats plus généraux. Les candidats
peuvent demander aux examinateurs de reformuler une question s’ils ne sont pas certains d’en avoir saisi
le sens.
Lors de ces deux temps, les examinateurs évaluent à la fois la capacité des candidats à comprendre un
article donné, à structurer leur présentation (dans le résumé et le commentaire), mais aussi la pertinence
des exemples sélectionnés dans le commentaire et leur degré de précision, ainsi que l’aisance avec laquelle
les candidats s’expriment en anglais.
En introduction, quelques candidats commencent par se présenter (“Hello, my name is ...”) ; cela n’est
pas nécessaire dans la mesure où leur identité a déjà été vérifiée, et ne correspond pas au registre de
l’exercice. De la même façon, le titre de l’article, son ou ses auteur(s), sa date de publication et sa source
ne doivent pas être reprises (ou pire, lues) de manière réflexe et systématique.
La thématique de l’article doit quant à elle être mise en avant mais il n’est pas attendu d’annonce de plan
pour le résumé (lequel entraine souvent l’identification de différentes parts et un découpage du texte
alors même que cela est maladroit) ; le temps imparti étant limité à dix minutes de prise de parole en
continu, il faut privilégier un compte-rendu organisé (afin de ne pas reprendre les éléments importants
de manière purement chronologique) qui s’appuie sur des points précis sans pour autant être exhaustif.
Quelques candidats, juste après l’accroche et avant de commencer le résumé, énoncent leur problématique
et le plan retenu pour le commentaire ; cela brouille en général les pistes et mène à des redites et est donc
à éviter.
Les candidats, dans le commentaire, doivent se méfier du recours au pronom we que certains ont
tendance à utiliser à outrance, donnant ainsi lieu à des maladresses (“we should work on new technologies” ;
s’agit-il d’un pronom qui fait référence aux (futurs) ingénieurs ? ou bien est-ce un cas d’usage collectif
qui nuit à la clarté du fond ?). De manière générale, les candidats privilégieront une identification claire
du référent.
On entend encore, en guise de transition vers le commentaire, le fameux “a sentence caught my attention”
ou bien “in my opinion”. Ces deux réflexes sont à bannir, et on rappellera ici que commenter ne signifie
pas exprimer son avis personnel mais relier les faits présentés à un contexte plus général afin de mettre
en lumière les enjeux liés à un phénomène dans son ensemble ; l’expression d’une opinion ne saurait donc
faire office de problématique pour le commentaire.
La problématique du commentaire (à annoncer à l’issue du compte-rendu pour plus de clarté) doit être
liée à l’angle abordé par le ou la journaliste ; par exemple, un article qui traite de “student loan repayment”
(et d’un effacement éventuel de ces dettes) ne peut pas donner lieu à un commentaire axé sur “the impact
of politics on people” avec des exemples concernant principalement la guerre entre la Russie et l’Ukraine.
En revanche, un raisonnement recentré sur “the impact of political decisions on student life” apparait
plus éclairant. De même, il faut se méfier du placage de raisonnement dans le commentaire : à partir d’un
article centré sur les questions de copyright dans le contexte du développement de l’IA, un commentaire
s’intéressant de manière très générale aux “pros and cons of AI” n’est pas franchement pertinent.
Le commentaire n’est pas non plus le lieu de reprise des arguments du journaliste : ceux-ci doivent être
dépassés ou complétés mais non répétés. Il ne consiste pas non plus en une simple liste d’arguments ou
d’exemples ; est attendue une démonstration organisée de manière logique, qui permet d’approfondir la
thématique de l’article et ne doit donc pas en être complètement détachée.
La phase d’interaction – le plus souvent enrichissante – est rarement, mais quelques fois tout de même,
celle d’un refus de réponse. Le jury a entendu des propos pour le moins inadaptés (“I’m not interested
in the politics of other countries”, “ ⋆ I am not used to pay attention to the actualities” (sic)) qui sont
parfois peut-être à mettre sur le compte d’un manque d’aisance linguistique mais ne sauraient en aucun
cas constituer une justification à ce qui s’apparente à une stratégie du contournement inappropriée.
Certains calques demeurent trop fréquents (⋆ inconvenient (utilisé comme nom) ; ⋆ formation (à la place de
training)), et la traduction de « augmenter » semble encore poser problème : ni ⋆ up, ⋆ grow up ou ⋆ upgrade
ne conviennent.
La connaissance de termes courants comme « la société de consommation », « un producteur », « le coût
de la vie » est incontournable. Plutôt que de demander à l’examinateur la traduction d’un terme inconnu,
les candidats sont invités à essayer de proposer une formulation paraphrastique (pour exprimer le principe
de “use-by date” sur un sujet traitant du gaspillage alimentaire par exemple, ou évoquer le fonctionnement
des « bourses » à l’université sans avoir recours à un barbarisme).
En ce qui concerne la grammaire, l’usage de like comme conjonction de subordination correspond à un
registre non adapté à l’exercice. Every est quant à lui suivi d’un nom singulier (comme « chaque » en
français).
Comme évoqué plus haut, l’usage de we pose souvent problème (particulièrement dans le résumé : we
have invented AI that can create paintings) car il est source de maladresses (ex : we should change gun
laws in the US). Il s’agit d’être aussi précis que possible (et d’éviter la répétition de people). On pourra
ainsi penser à elected officials, ou decision-makers entre autres, en fonction du contexte.
La prononciation de termes particulièrement usuels est à soigner : high ne se termine pas par /t/ ;
promise ne contient pas de diphtongue ; dans health, la voyelle correspond à /e/ (et non /i :/) ; les mots
commençant par ps- ne se prononcent pas /ps/ ; AI, wind turbines ou encore data donnent lieu à des
erreurs assez fréquentes.
Conclusion
L’épreuve orale d’anglais, au-delà de son aspect linguistique, vise à valoriser les candidats étant tout à
la fois capables d’appliquer la méthode d’un exercice auquel ils ont été entrainés pendant deux ans, et
de réagir avec pertinence à un article dont le contenu est – en partie au moins – nouveau. Les meilleurs
candidats réussissent à mettre à profit leur préparation au long cours en adaptant leurs stratégies d’analyse
au contenu spécifique du document proposé. La phase d’interaction permet alors d’approfondir certains
points en tenant compte des questions formulées et donne lieu à un véritable échange que le jury a pu à
nouveau apprécier et valoriser lors de cette dernière session.
Espagnol
Présentation de l’épreuve
Le corpus
Dans le même esprit que celui de l’épreuve écrite de cette session, le grand sujet concernant l’Espagne
a été le projet de loi d’amnistie pour les indépendantistes catalans et sa postérieure adoption par les
députés espagnols, après avoir été rejeté par le Sénat contrôlé par l’opposition de droite. Cette longue
bataille législative a été à l’origine d’une vaste littérature journalistique qui avait pour but d’expliquer
les tenants et les aboutissants d’une telle loi.
La dernière période électorale en Amérique latine a été un thème central de cette session. Elle a débuté
en octobre de l’année dernière avec l’élection du président argentin, Javier Milei, et s’est poursuivie tout
au long de la première moitié de l’année en cours, avec la large réélection du président Nayib Bukele
au Salvador, jusqu’à l’élection de la première femme à la tête de l’État mexicain, Claudia Sheinbaum,
en passant par la chronique de la réélection annoncée de Nicolás Maduro au Venezuela. L’émergence du
néolibéralisme, avec parfois une note d’autoritarisme, a été la grande nouveauté politique de la région,
opposée à la traditionnelle vague rose, qui domine encore dans la plupart des pays latino-américains.
Comme lors des années précédentes, les problématiques liées à l’intelligence artificielle, aux thèmes en
vironnementaux, au tourisme et à la perspective de genre ont aussi complété le corpus de la présente
session.
Les articles ont été extraits des journaux suivants :
Le déroulement de l’épreuve
L’épreuve orale, aussi bien en langue vivante obligatoire qu’en langue vivante facultative, est conçue selon
le même principe. Les candidats sont invités à faire un choix attentif entre deux articles journalistiques de
différents types – articles de presse, tribunes d’opinion, chroniques, etc. – parus dans l’année académique
en cours, afin d’effectuer un compte rendu structuré et un commentaire. Les documents proposés en
langue obligatoire se différencient de ceux proposés en langue facultative par leur densité lexicale et
leur complexité thématique. Les candidats disposent de vingt minutes de préparation avant de prendre
la parole en continu pendant dix minutes. Un entretien avec l’examinateur, pendant dix minutes, clôt
l’épreuve.
celle du concours précédent et confirme la progression que le jury avait déjà remarqué lors de la session
2023. Mais les résultats restent toutefois assez hétérogènes, notamment à cause d’un manque de maitrise
linguistique ou méthodologique. Les prestations indigentes en langue facultative ont été rarissimes. Les
résultats en langue obligatoire ont été, comme à l’accoutumée, d’une grande qualité aussi bien sur le plan
linguistique que méthodologique. La plupart des candidats ont fait preuve d’une très bonne connaissance
de la civilisation hispanique.
Le compte-rendu et le commentaire
Les candidats ne doivent pas négliger l’importance du compte rendu dans l’épreuve. La première étape
incontournable pour procéder à déceler les points essentiels du texte doit être une lecture attentive et
critique. Elle devra permettre de réaliser une analyse fine du document en repérant sa problématique et
les grandes parties qui le composent. Une brève introduction avec une accroche pertinente conduisant
tout naturellement vers la problématique du document est bien entendu souhaitable et permet de réussir
le premier contact avec l’examinateur. Il faut éviter les comptes rendus linéaires au risque de faire de la
paraphrase. Cela détruit la cohésion du discours et nuit à la correcte réception du message. Le dernier
conseil, qui tombe sous le sens, est d’être sûr de comprendre la signification du titre du texte au moment de
choisir le document. Le titre donne déjà une première piste de lecture et peut contenir quelques mots-clefs
qui aideront dans la construction de l’axe d’analyse.
Le jury rappelle, comme il le fait régulièrement, que le commentaire doit avoir un rapport strict avec la
spécificité du sujet et doit comporter une problématique formulée en bonne et due forme qui permettra de
définir un axe précis d’analyse. Dans les meilleures prestations, le jury a apprécié l’annonce d’un plan, ce
qui donne une bonne valeur ajoutée au travail. La problématique doit être constamment rappelée dans les
parties du développement pour éviter de s’éloigner de l’axe d’analyse et d’élaborer un commentaire dans
lequel on plaque pêle-mêle des connaissances qui n’ont aucun rapport avec le sujet. Il est clair que tous
ces conseils d’ordre méthodologique n’auront aucune valeur si l’on néglige la composante linguistique. La
maitrise des connecteurs du discours s’avère indispensable pour construire un exposé précis et éviter de
tomber dans les nombreux pièges de la langue qui peuvent aboutir à des contresens, voire des non-sens.
La correction linguistique
Les candidats peuvent manier une méthodologie impeccable, mais peuvent perdre des points en com
pétence linguistique. Le respect des structures syntaxiques et les règles morphologiques de la langue
ainsi que l’utilisation d’un lexique adéquat constituent un critère discriminant à l’heure de distinguer les
prestations très bonnes, bonnes ou médiocres. Comme lors de sessions précédentes, nous constatons au
niveau syntaxique : une confusion entre les catégories grammaticales, notamment celles de l’adjectif et du
nom ; l’utilisation du gérondif en lieu et place d’un verbe conjugué ; les fautes d’accord dans le syntagme
nominal ou les fautes d’accord de l’adjectif ou du participe en position attributive. En ce qui concerne la
morphologie nominale, le genre des noms n’est pas toujours respecté de même que certaines règles rela
tives à la suffixation (p. ex. les suffixes -ema et -ista) ou à la formation du pluriel. Les problèmes relatifs à
la morphologie verbale se répètent d’année en année, à savoir la confusion entre la première et la troisième
personne du singulier du présent de l’indicatif et du passé simple ainsi que la confusion entre les modes,
due à la méconnaissance du groupe verbal. Les verbes ou les expressions qui commandent le subjonctif
ne sont pas toujours bien repérés. La concordance des temps au passé reste aussi un point sensible de la
grammaire. Sur le plan lexical, nous avons constaté un excès de barbarismes et une utilisation erronée de
certains mots courants.
Conclusion
Dans la continuité des années précédentes, cette session s’est avérée très satisfaisante, aussi bien sur
le plan méthodologique que linguistique. Le jury a constaté un intérêt croissant des candidats pour la
civilisation et l’actualité du monde hispanique.
Le jury salue aussi la préparation, le sens du contact et l’extrême politesse des candidats, soucieux des
respecter les règles de bienséances qui s’appliquent dans le cadre du concours.
Comme nous le faisons chaque année, nous tenons à renouveler nos remerciements aux collègues des
classes préparatoires pour l’excellente formation prodiguée aux candidats.
Italien
Présentation de l’épreuve
Chaque candidat a pu choisir entre deux textes parus au cours de la dernière année dans la presse
italienne. Cette année, les articles proposés (cinquante environ) ont été tirés de : Il Corriere della Sera,
Il Manifesto, La Repubblica, Il Fatto Quotidiano.
Les articles portaient sur des sujets liés à l’actualité nationale ou régionale, dans le domaine de la politique,
de la société, mais aussi de la culture, de la littérature, de l’histoire, de la musique, tels que : le débat sur
l’autonomie des régions, la question environnementale, la politique du gouvernement Meloni, l’affaire Di
Cesare, le terrorisme des années 1970, les déclarations du Pape François, l’urbanisme en Italie, la crise
du cinéma italien, etc.
Chaque candidat a vingt minutes environ pour préparer son exposé. Après ce temps de préparation, le
passage devant l’examinateur dure environ vingt minutes et se compose de deux parties :
− un compte rendu suivi d’un commentaire de l’article (10 minutes maximum) ;
− un échange avec l’examinateur, qui prend comme point de départ l’exposé mais qui peut être également
l’occasion pour aborder tout autre thème en rapport avec la civilisation de la langue choisie, que ce
soit de l’actualité, de la culture, de l’histoire, etc. (10 minutes environ).
L’épreuve évalue le niveau de la compréhension écrite, de la compréhension orale, la qualité de l’expression
orale en continu et en interaction du candidat, mais aussi sa capacité à organiser un discours et à participer
à un échange portant sur un sujet lié à la civilisation italienne.
non seulement de maitriser la langue, mais aussi d’avoir une connaissance de la méthodologie de la
synthèse et d’être au courant des principaux sujets de l’actualité et de la culture italiennes. À cet effet,
le jury invite les futurs candidats à s’entrainer à l’exercice de l’exposé oral, à l’aide de schémas résumant
des articles de journaux, mais aussi aussi à travers l’exercice du commentaire.
Il faut savoir situer l’article dans un contexte et dans une problématique générale, pour bien le déchiffrer,
l’interpréter correctement et éviter tout contre-sens. Il est fondamental de lire régulièrement la presse
italienne, écouter des émissions radio, des podcast, regarder des films et des vidéos, mais aussi de réviser
les événements qui ont marqué l’histoire du pays, ainsi que les auteurs incontournables de la littérature
et les sujets principaux de la civilisation italienne.
En d’autres termes, la connaissance de la langue ne suffit pas pour bien présenter un article : pour faire
un commentaire satisfaisant, il faut également le situer dans un contexte et pour cela il s’avère très utile
d’avoir une connaissance adéquate de la civilisation italienne.
Deuxièmement, le jury attend des candidats qu’ils soient capables de présenter et défendre leurs idées, de
s’ouvrir au dialogue et à l’échange avec l’examinateur. Pour cela aussi, il s’agit de reconnaitre l’importance
de l’étude des piliers de la civilisation italienne et de se préparer en lisant régulièrement la presse, mais
aussi des livres en lien avec la culture et l’histoire italienne. Compte-tenu des hésitations et de l’excessive
passivité montrée par certains candidats au moment de l’échange, il est utile de rappeler que la lecture
ne suffit pas : il est également important de s’entrainer à l’interaction sur les sujets étudiés pour être
suffisamment à l’aise au cours de la dernière partie de l’épreuve orale. Les candidats devraient faire
preuve d’esprit d’initiative et se montrer capables de prendre part activement à une conversation — en
apportant des éléments de contexte, en mobilisant des connaissances acquises pour éclairer le sujet —
mais aussi de se positionner dans la discussion avec l’examinateur, en précisant et faisant évoluer son
point de vue. En ce qui concerne la grammaire et la syntaxe, certaines erreurs récurrentes pourraient
facilement être évitées. Ainsi, le jury insiste cette année encore, sur le fait qu’en italien on ne met pas la
préposition di devant le verbe à l’infinitif dans des expressions comme è possibile andare, è difficile fare,
è facile dire..., qualche est invariable et toujours suivi du singulier, on dit provare a et cercare di. Il ne
faut pas non plus confondre si tratta di avec tratta di et scientifico et scienziato ou encore obiettivo en
tant que nom et oggettivo en tant qu’adjectif.
Conclusion
Cette année encore, le jury constate que les résultats ont été globalement satisfaisants. Il tient à sa
luer le très bon niveau culturel de certains candidats. La plupart des candidats ont fait preuve d’une
bonne connaissance de leur environnement social, économique, scientifique, politique et culturel et de
leur capacité à s’exprimer en italien, également en interaction avec l’examinateur.
Portugais
Présentation de l’épreuve
Les candidats ont pu choisir entre deux textes tirés de la presse brésilienne et portugaise. Nous avons
proposé une vingtaine d’articles tirés de : Exame, CNN Portugal, CNN Brasil, Agência Brasil, Brasil de
Fato, Contacto Portugal, SIC Notícias e João Duque.
Les articles portaient sur des sujets de l’actualité, dans le domaine de la politique, de la société, mais
aussi du sport et de la santé, tels que :
− le débat sur l’Intelligence artificielle – l’IA améliore la vie des autistes, la reconnaissance faciale utilisé
dans les stades, la réglementation au Portugal ;
− la cigarette électronique – la réglementation et les maladies ;
− le travail – les jeunes dans le monde du travail, le chômage au Portugal pour les moins de 25 ans ;
− les élections et les jeunes électeurs ;
− le sport un outil d’inclusion sociale.
L’épreuve évalue le niveau de la compréhension écrite, la qualité de l’expression orale en continu et en
interaction des candidats, mais aussi leur capacité à organiser un discours et à participer à un échange
portant sur un sujet lié à la civilisation brésilienne et/ou portugaise.
Conclusion
Le jury a remarqué que les résultats ont été globalement satisfaisants. Félicitations aux candidats ayant
un très bon niveau culturel. Nombreux d’entre eux ont fait preuve d’une bonne connaissance de leur
environnement social, scientifique, politique, économique, et culturel et de leur capacité à s’exprimer en
portugais, également en interaction avec l’examinateur.
Russe
Présentation de l’épreuve
Les modalités de préparation de l’épreuve orale de russe restent les mêmes que l’année dernière : 20
minutes de préparation, puis 10 minutes pour la présentation en continu et 10 minutes dédiées aux
échanges. Il est toujours attendu du candidat un exposé construit : la présentation de l’article, un compte
rendu, puis un commentaire.
Les candidats sont notés sur :
2. leur capacité à faire un compte-rendu de l’article, synthétique et bien structuré, mais aussi sur leur
capacité à donner un point de vue personnel et argumenté ;
Les articles de cette année ont été tirés de Медиазона https ://zona.media/news, Эхо России https ://www.eho
russia.com, BBC News Русская служба https ://www.bbc.com/russian, Euronews https ://ru.euronews.com,
DW https ://www.dw.com/ru, Forbes https ://www.forbes.ru, Радио Свобода https ://www.svoboda.org,
Сибирь.Реалии https ://www.sibreal.org/news, Новая газета Европа https ://novayagazeta.eu, Meduza
https ://meduza.io, Независимая https ://www.ng.ru, Новая наука https ://new-science.ru, Наука и жизнь
https ://www.nkj.ru, Газета.Ru https ://www.gazeta.ru, Настоящее время https ://www.currenttime.tv/news,
Московская газета https ://mskgazeta.ru et Коммерсантъ https ://www.kommersant.ru.
Voici quelques articles présentés pour l’épreuve de cette année (certains ont été abrégés afin de tenir sur
une seule page) :
2. « Пока кто-то из вас смотрит Евро-2024, Россия побеждает всех на Играх БРИКС », https ://meduza.io,
18/06/24
4. « Олег Кононенко стал первым человеком, проведшим в космосе 1000 дней », new-science.ru, 7/06/24
5. « В России растёт число отцов-одиночек : куда делись матери ? », https ://www.gazeta.ru, 18/04/24
6. « Почему в регионах не любят туристов. И как преодолеть пропасть между жителями соседних обла
стей », https ://www.gazeta.ru, 11/06/24
7. « Объединение наук по-молдавски. Чем потенциально опасен для России образовательный эксперимент
в бывшей республике Советского Союза », https ://www.ng.ru, 03.07.2024
8. « Лесные пожары добрались до Полярного круга : что будет летом-2024 », https ://mskgazeta.ru, 4/06/24
9. « России ограничили доступ к Politico, Spiegel, AFP и еще 78 европейским СМИ », https ://www.forbes.ru,
24/06/24
10. « В России обвинение запросило сроки для Беркович и Петрийчук », https ://www.dw.com/ru, 5/07/24
Conclusion
Les candidats ayant bien réussi l’épreuve ont montré une maîtrise satisfaisante de la langue et une bonne
compréhension des textes. Pour maximiser les chances de réussite, les futurs candidats doivent travailler
sur la compréhension approfondie des textes, l’enrichissement du vocabulaire, la capacité à développer
un commentaire personnel et à interagir de manière plus dynamique lors de l’échange. Une préparation
solide qui inclut la lecture régulière de la presse en russe, l’entraînement à la synthèse et à l’argumentation
permettra aux futurs candidats de se distinguer davantage et d’éviter les erreurs récurrentes qui nuisent
à la clarté et à la pertinence de leur exposé.
Chinois
Présentation de l’épreuve
Le sujet, dont le thème général est la protection de notre planète, propose les documents suivants :
− les meilleurs moments de ma vie (Adapté d’un article du site 新浪网 (sina.cn), paru le 04 juin) ;
− moi et mon chat (Adapté d’un article du site 新浪博客网 (blog.sina.com.cn/), paru le 17 juin) ;
− les comptes des influenceurs chinois qui font étalage de leurs richesses sur Internet sont bloqués (Adapté
d’un article du site rfi.fr, apparu le 28 mai) ;
− La prévision des médailles des Jeux olympiques d’été de Paris 2024 (Adapté d’un article du site rfi.fr,
paru le 26 juin) ;
− Mirabelle – Le délice éphémère de la fin de l’été en France (Adapté d’un article du site rfi.fr, paru au
18 aout 2022) ;
Les candidats doivent faire un compte-rendu oral sur un des documents proposés.
Expression en continu
Échange
Dans cette épreuve, La plupart des candidats ont montré une maitrise dans la fluidité de la langue et un
lexique étendu.
Cependant, certains ne semblent pas savoir ce que l’on attend d’eux. Ces derniers ont multiplié les fautes
ou les hésitations qui nuisent à l’intelligibilité du discours, et la compréhension. Parfois une structure
incohérente ou une mauvaise utilisation des sources. Ils possèdent un vocabulaire assez limité, et ne
savent pas bien utiliser les synonymes ou ils répètent simplement les écrits des documents, donc ils n’ont
pas reformulées dans une perspective critique.
Les candidats doivent veiller à éviter les répétitions, utiliser un vocabulaire approprié. Leur travail doit
également veiller particulièrement aux spécificités et aux différences d’expression chinoise.
Conclusion
Il s’avère, lors de cette épreuve, qu’un manque de niveau réel en chinois peut entrainer des conséquences
désastreuses, mais avec un entrainement linguistique régulier, ils pourraient avoir une bonne maitrise
des trois compétences ci-dessus, et pour une conversation correcte, les candidats devraient s’exercer plus,
grâce à leur travail, et avoir de bons résultats.