LE COMPTE
I. GENERALITES
1.1. Nécessité
Le bilan tel qu’il est défini dans le chapitre précédent ne peut être présenté ou est même
inutile d’être présenté tous les jours. En effet, le travail d’élaboration du bilan est lourd et
fastidieux.
Le chef d’entreprise a, par contre besoin de connaître à tout moment la situation d’un
grand nombre d’éléments d’actif et de passif.
Quel est l’avoir de l’entreprise en banque ?
Quelle est la dette de l’entreprise vis à vis de ses fournisseurs ?
Combien doivent les clients à l’entreprise ?
Pour répondre à toutes ces questions, on regroupe dans un même tableau toutes les
opérations qui concernent un élément ou un poste du bilan. Ce tableau est appelé
Compte
Ainsi donc dans un compte, on rassemble les opérations de même type.
1.2. Définition
Tout comme le bilan, le compte est un tableau à double entrée (côté gauche et côté
droite) ; son côté gauche appelé DEBIT enregistre par convention les emplois et son
côté droit appelé CREDIT est réservé aux ressources par convention.
Les comptes augmentent et diminuent par les inscriptions qui sont portées à leur débit et
à leur crédit.
Les termes de débit et de crédit signifient à l’origine devoir et avoir, correspondant au
mot latin « debere » et « credere ».
Comment tenir un compte ?Il existe plusieurs façon de tenir un compte mais quel que
soit la présentation, le compte doit contenir les informations suivantes :
- les dates des opérations
- le libellé des opérations
- le montant imputé
- le solde.
Qu’entend on par solde d’un compte ?Le solde d’un compte est la différence entre le
total des sommes inscrites au débit et le total des sommes inscrites au crédit.
- Si le total du débit est supérieur au total du crédit, le solde est débiteur (SD). Ce
solde doit être inscrit au crédit du compte pour équilibrer le compte
(débit=crédit).
- Si le total du débit est inférieur au total du crédit, le solde est créditeur, le solde
est créditeur (SC). Ce solde doit être inscrit au débit pour équilibrer le compte
(débit=crédit).
Que signifient les expressions suivantes ?
Débiter un compte ; c’est enregistrer une somme au débit du compte ;
Créditer un compte ; c’est enregistrer une somme au crédit du compte ;
Imputer un compte ; c’est inscrire une somme au débit ou au crédit d’un compte.
Comment arrêter un compte ? En fin de journée, on calcule le solde de chaque
compte. Pour cela, on devra :
- D’abord calculer le total des sommes inscrites au débit et au crédit ;
- Ensuite faire la différence entre le total le plus fort et le total le plus faible ; on
dit que l’on a tiré le solde du compte.
- Après avoir tiré le solde, on l’inscrit du côté le plus faible. On détermine un
total au débit et au crédit, alors on trace sous le total crédit et le total débit un
double trait ; on dit que l’on a arrêté le compte.
Comment rouvrir un compte ? Au début de la période suivante, il suffit d’inscrire le
solde de son côté normal (côté le plus fort) : au débit si le solde était débiteur et au
crédit si le solde était créditeur. Cette inscription, la première de la nouvelle période, a
pour libellé « solde à nouveau ou solde initial ».
1.3. Les présentations du compte
Le compte en T ou schématique
Il est ainsi appelé parce qu’il se présente sous forme d’un grand T
D Compte banque C
Le compte à colonnes séparées
Numéro et intitulé du compte
Débit Crédit
Dates Libellés Montants Dates Libellés Montants
o Le compte à colonnes mariées ou jumelées
Sommes Soldes
Dates Libellés Débit Crédit Débit Crédit
II. FONCTIONNEMENT DES COMPTES DU BILAN
L’enregistrement des opérations dans les comptes implique une parfaite connaissance du
fonctionnement général des comptes.
2.1. Les comptes des comptes d’actif
Les comptes de l’actif subissent leur augmentation au débit et leur diminution au crédit.
Exemple : Lorsqu’un commerçant effectue des versements dans son compte en banque,
il va porter ces montants au débit de son compte banque. En effet, son avoir en banque
a augmenté. Par contre lorsque l’entreprise fait des retraits de la banque pour diverses
raisons, son avoir diminue. Le montant des retraits est donc noté au crédit du compte
banque.
2.2. Les comptes du passif
Les comptes du passif subissent augmentation à leur crédit et leur diminution au débit.
Exemple : Lorsqu’une entreprise achète des marchandises à crédit, elle contracte une
dette envers son fournisseur. Le montant de la dette sera donc noté au crédit du compte
fournisseur. Par contre les règlements qui constituent une diminution de la dette seront
notés au débit du compte fournisseur.
Principe de la partie double : dans une écriture comptable ou analyse
comptable, toute opération intéresse au moins deux comptes. Un ou plusieurs
comptes qui sont débités, un ou plusieurs comptes qui sont crédités d’un égal
montant.
III. LE VIREMENT COMPTABLE ET LA RECIPROCITE DES COMPTES
3.1. Le virement comptable
Le virement comptable est le transfert d’une somme du débit d’un compte au débit d’un
autre compte ou du crédit d’un compte au crédit d’un autre compte. On utilise le
virement comptable :
- Pour remplacer un compte par plusieurs comptes.
- Pour remplacer plusieurs comptes par un seul compte.
- Pour effectuer des paiements sans manipuler des espèces.
3.2. La réciprocité des comptes
Les comptes réciproques sont deux comptes qui appartiennent à deux comptabilités
différentes. Ils enregistrent les mêmes mouvements mais de façon opposée. Lorsque l’un
est débité, l’autre est crédité. A une date donnée, ils ont les mêmes soldes, mais de
natures différentes. Il existe plusieurs comptes réciproques.
- Le commerçant et son fournisseur
- Le commerçant et son client
- L’entreprise et sa banque
CAS PRATIQUE 1 :
Inscrire dans le compte Caisse les opérations suivantes :
1er Mars Création de l’entreprise, Apport de l’exploitant 2 000 000
3 mars Achat au comptant de marchandise en espèce 80 000
4 mars Recette en espèce de la journée 20 000
5 mars versé en banque en espèce 50 000 ; Recette du jour 15000
Travail à faire :
Arrêter ce compte après la dernière opération et le rouvrir le 6 mars
CAS PRATIQUE 2 :
Le 1er Février, je verse à la BOA 5 000 000 F en espèces.
Le 05 Février, je paie par chèque 800 000 F à mon fournisseur Cros.
Le 08 Février, je fais virer 700 000 F au compte de mon fournisseur Barreau
tenue par la SGB.
Le 10 février, je remets à la BOA divers chèques à encaisser reçus les jours
précédents 2 500 0000 F.
Le 12 février, la BOA m’avise qu’un de mes clients, Braudel, a fait virer à
mon compte 1 000 000 F.
Le 18 février, je reçois avis de la BOA qu’il a encaissé pour mon compte
80 000 F de coupons (revenus de titres).
Le 25 février, je retire 1 500 000 F en espèces de la banque.
Travail à faire :
Présenter le compte BOA dans mes livres (compte à colonnes mariées avec soldes)
sachant que mon avoir à la BOA au 31 janvier s’élève à 800 000 F
CAS PRATIQUE 3
L’entité « MA BEAUTE » réalise avec son fournisseur « MA ROSE » les opérations
suivantes au cours du mois de novembre 2001.
01/11 : Achat de marchandises à crédits 1.825.000
08/11 : Règlement de la moitié des dettes dues à notre fournisseur
09/11 : Achat de marchandises 420.000 règlement par chèque
10/11 : Achat de marchandises 620.000 (la moitié est payée par chèque
et le reste à crédit
15/11 : Notre fournisseur nous accorde une réduction de 25.000
17/11 : Nous soldons notre dette de 10/11
18/11 : Achat de marchandises à crédit 250.000
20/11 : Retour d’un lot de marchandises non conformes 85.000
25/11 : Nous lui adressons un chèque de 600.000
27/11 : Nous lui adressons un chèque postal pour solde de nos opérations
30/11 : Achat à crédit de marchandises 940.000
Travail à faire
1) Présentez le compte fournisseur en adoptant le tracé à colonnes mariées colonnes de
solde sachant que le 31 Octobre N+1, nous devions 500.000 à notre fournisseur.
2) Procédez à sa réouverture le 1er Décembre N+1
CAS PRATIQUE 4 :
Le bilan de l’entité BADAS LE DOUX se présente comme suit au 31/12N
Postes Montants Postes Montant
Terrain 1.500.000 Capital 15.000.000
Bâtiment 8.000.000 Résultat 2.500.000
Mobilier de bureau 5.000.000 Emprunts 5.000.000
Fournisseurs 250.000
Matériel de transport 4.200.000
Marchandises 950.000
Clients 1.200.000
Banques 800.000
Chèques postaux 750.000
Caisse 350.000
22.750.000 22.750.000
Au cours du mois de janvier, NOUSSA a réalisé les opérations suivantes :
02/01 : Achat de marchandises contre chèque bancaire 350.000
05/01 : Règlement par chèque bancaire au fournisseur 1.000.000
06/01 : Vente de marchandises à crédit 450.000 (coût d’achat 325.000)
12/01 : Achat d’un mobilier contre chèque postal 200.000
15/01 : Virement bancaire en notre faveur 500.000
17/01 : Retrait de la banque pour alimenter la caisse 300.000
22/01 : Vente de marchandises à crédit 375.000 (coût d’achat 275.000)
25/01 : Règlement par caisse de 125.000 au fournisseur
28/01 : Achats à crédits de marchandises 280.000
30/01 : Ordre » de virement bancaire au profit d’un fournisseur 200.000
Travail à faire :
1) Présentez les comptes schématiques tels qu’ils résultent du bilan
2) Enregistrez les opérations du mois de Janvier dans les comptes concernés
3) Etablissez le bilan au 31 Janvier N.
LE PLAN COMPTABLE GENERAL SYSCOHADA
I. PRESENTATION GENERALE ET MOTIVATIONS DU SYSCOHADA
L’idée d’harmoniser les droits africains est apparue dans les années 60. Cette idée n’a
pas pu se réaliser pour diverses raisons. Cet état de chose a entrainé des difficultés
certaines dans les relations entre les Etats et notamment dans le domaine des affaires.
Conscient de ce que le développement ne peut se réaliser que dans un environnement
juridique et judiciaire sécurisé, les dirigeants politiques ont fini par accepter l’idée
d’uniformisation et de modernisation des législations des pays africains. Le 17 Octobre
1993 est signé à Port Louis le traité relatif à l’harmonisation du droit des affaires en
Afrique. Le traité est entré en vigueur le 18 Septembre 1995. Un organisme appelé
« ORGANISATION POUR L’HARMONISATION EN AFRIQUE DU DROIT DES
AFFAIRES (OHADA) » est mis en place.
L’OHADA est divisé en région : la région de l’espace OHADA est constituée par un
ensemble économique formé par un certain nombre d’Etats parties dans le but de
favoriser leur développement économique et social, notamment par l’unification de
marché intérieur et par la mise en œuvre de politiques sectorielles communes : c’est le
cas de la CEMAC et l’UEMOA.
Les actes pris par l’adoption des règles communes prévues par le traité sont qualifiés
« d’ACTES UNIFORMES ». Les actes uniformes sont directement applicables et
obligatoires dans les Etats parties nonobstant toutes dispositions de droits internes
antérieures ou postérieures contraires.
Différents actes uniformes ont été publiés. Le dernier acte est celui portant organisation
et harmonisation des comptabilités des entreprises.
Cet acte uniforme relatif à la comptabilité se propose d’harmoniser les règles comptables
applicables dans les pays de l’OHADA grâce aux référentiels mis en place : LE SYSTEME
COMPTABLE OHADA
Il. CHAMP D’APPLICATION DU SYSCOHADA
Le SYSCOHADA s’applique :
- aux entités soumises aux dispositions du droit commercial ;
- aux entités publiques, parapubliques, d’économie mixte ;
- aux coopératives plus également aux entités produisant des biens et services
marchands ou non marchands dans la mesure où elles exercent dans un but lucratif
ou non des activités économiques à titre principal ou accessoires qui se fondent sur
les actes répétitifs à l’exception de celles aux règles de la comptabilité publique, les
banques, les établissements financiers et les assurances qui sont assujetties à des
plans comptables spécifiques.
Ill. CARACTERISTIQUE DU SYSTEME COMPTABLE OHADA
Le SYSCOHADA se distingue par un certain nombre d’options regroupées dans les thèmes
ci-après :
3.1. Une formalisation de la règlementation comptable
L’acte uniforme comprend plusieurs articles qui constituent l’émergence d’un droit
comptable autonome comprenant entre autres :
- l’obligation de la tenue de comptabilité pour les entreprises assujetties ;
- la tenue de livre et documents obligatoires (livres journal, le grand livre, la balance
générale, livre d’inventaire).
Il faut comprendre par :
- le livre-journal, dans lequel sont inscrits les mouvements de l'exercice, enregistrés en
comptabilité, dans les conditions exposées au paragraphe 4 de l'article 17 ci-dessus ;
- le grand livre, constitué par l'ensemble des comptes de l’entité, où sont reportés ou
inscrits simultanément au journal, compte par compte, les différents mouvements de
l'exercice ;
- la balance générale des comptes, état récapitulatif faisant apparaître, à la clôture de
l'exercice, pour chaque compte :
o le solde débiteur ou le solde créditeur, à l'ouverture de l'exercice ;
o le cumul depuis l'ouverture de l'exercice des mouvements débiteurs et le cumul
des mouvements créditeurs ;
o le solde débiteur ou le solde créditeur, à la date considérée ;
- le livre d'inventaire, sur lequel sont transcrits le Bilan, le Compte de résultat et le
Tableau des flux de trésorerie de chaque exercice, ainsi que le résumé de l'opération
d'inventaire.
3.2. Une date de clôture des exercices unique imposée aux entreprises
L’exercice coïncide avec l’année civile, la comptabilité part du 1er janvier N au 31
décembre N.
3.3. La référence aux principes comptables fondamentaux et normes
internationales
Le SYSCOHADA énonce les principes comptables fondamentaux auxquels il se réfère et
fait référence aux normes internationales.
Le SYSCOHADA révisé énonce les principes comptables fondamentaux en trois grandes
catégories qui s’imposent dans la tenue d’une comptabilité :
Hypothèse de base
La continuité de l’exploitation : pour l’établissement des comptes annuels,
l’entité est présumée poursuivre ses activités.
Postulats
Postulat de l’entité : il stipule que l’activité économique peut être découpée en
périodes égales (exercices)
Comptabilité des engagements : elle stipule l’enregistrement des opérations
génératrices de recettes ou de dépenses lorsqu’elles ont lieu et non au moment de
l’encaissement des montants correspondants à ces opérations (contrairement à la
comptabilité de trésorerie).
La spécialisation des exercices : encore appelée principe d’autonomie ou
d’indépendance des exercices, de séparation des exercices ou cut off, ce principe
stipule que le résultat de chaque exercice doit être indépendant de celui qui le
précède et de celui qui le suit. En effet le principe de spécialisation des exercices
exige que les charges et les produits de chaque exercice comptable soient imputés
à la période au cours de laquelle ils ont pris naissance, à savoir, pour les produits,
lorsqu’ils sont acquis et non seulement encaissés, pour les charges, lorsqu’elles
sont engagées et non seulement décaissées.
Il faut préciser que le principe est à la base :
- du découpage de l’amortissement annuel selon un plan d’amortissement,
- de l’inscription dans les charges de l’exercice des charges et pertes probables,
- du découpage à la clôture de l’exercice des charges et produits constatés d’avance et
de l’inscription dans le résultat des produits à recevoir et charges à payer.
La permanence des méthodes : les règles appliquées au cours des périodes
annuelles successives doivent rester fixer afin de permettre la comparaison dans
le temps de l’évolution de l’entité.
La prééminence de la réalité économique sur l’apparence juridique : la
réalité économique prime sur l’apparence juridique.Il est donc possible d’inscrire
au bilan des biens détenus dans le cadre de contrat de crédit-bail, et de réserves
de propriétés, inscrire dans les charges de personnel le coût des services fournis
par le personnel extérieur non lié à l’entité par un contrat de travail (personnel
intérimaire) et le cas des effets escomptés non échu .
Conventions comptables
La prudence : le principe de prudence doit éviter de donner une vue trop
optimiste de la situation de l’entité : un gain (produit) ne doit être comptabilisé
que lorsqu’il est devenu certain, au contraire une charge doit être comptabilisée
dès lors que son existence est probable.
La correspondance bilan de clôture-bilan d’ouverture : le bilan de clôture de
l’exercice N est identique au bilan d’ouverture de l’exercice N+1. Ce principe est
encore appelé l’intangibilité du bilan.
Le coût historique : ce principe repose sur l’hypothèse théorique de stabilité de
la valeur de la monnaie dans le temps (nominalisme monétaire). En raison de ce
principe, les biens entrent dans les états financiers même si, en réalité, il y a des
variations de cours observées dans le temps. La comptabilité ne tient pas compte
de l’inflation ni des fluctuations de la monnaie.
Toute opération sera enregistrée dans les comptes, et ce, de façon définitive, au
coût d’acquisition ou au coût de production effectif supporté par l’entité, exprimé
en monnaie locale courante. Cette méthode n’exclut pas le recours à des
réévaluations légales ou libres dans les conditions fixées par les autorités
compétentes. Ce principe exige qu’à la sortie ou vente du bien et de
l’immobilisation à la valeur d’entrée.
La transparence et régularité : la comptabilité doit se conformer aux règles et
procédures éditée par le SYSCOHADA.
L’importance significative : toute information ou éléments pouvant influencer
les utilisateurs des documents doivent être fournis.
3.4. L’adaptation des états financiers à la dimension des entités et à leur
activité
Les informations comptables sont regroupées une fois au moins par an dans des tableaux
de synthèse qu’on appelle Etats financiers.
Les Etats financiers sont rendus obligatoires en fonction de la taille des entreprises,
appréciées selon des critères relatifs au chiffre d’affaires de l’exercice.
Deux modèles d’états financiers sont prévus par le SYSCOHADA révisé :
3.4.1. Le système normal :
Toutes les entités sont soumises au système normal de tenu et de présentation des
comptes sauf exception liée à sa taille. Il concerne toute entité dont le chiffre d’affaires
est supérieur à 100 millions de FCFA quel que soit son secteur d’activité. Le système
normal comporte l’établissement du bilan, du compte de résultat de l’exercice, du
Tableau des flux financiers (TFT) et les notes annexes. Ce système normal est applicable
à la majorité des entités.
Selon le dernier alinéa de l’article 11 de l’Acte Uniforme relatif au droit comptable et à
l’information financière dispose : « toute entité est, sauf exception liée à sa taille,
soumise au système normal de présentation des états financiers et de tenue des
comptes ».
3.4.2. Le système minimal de trésorerie (SMT) :
C’est le système de la comptabilité admis pour les très petites entités dont les recettes
annuelles ne dépassent pas un certain seuil. Il répond à des conditions de formes et de
fonds dérogatoires aux dispositions comptables de droit commun. Ce système est destiné
aux petites entités. L’article 13 du même Acte Uniforme dispose : « Les petites entités
sont assujetties, sauf option, au Système minimal de trésorerie, en abrégé, SMT ». Le
même article fixe, dans son dernier alinéa les seuils de recettes annuelles autorisant
l’utilisation du Système minimal de trésorerie :
- Soixante (60) millions de FCFA ou l’équivalent dans l’unité monétaire ayant cours
légal dans l’Etat pour les entités de négoces ;
- Quarante (40) millions de FCFA ou l’équivalent dans l’unité monétaire ayant cours
légal dans l’Etat pour les entités artisanales et assimilées ;
- Trente (30) millions de FCFA ou l’équivalent dans l’unité monétaire ayant cours légal
dans l’Etat pour les entités de services.
IV. NOMENCLATURE COMPTABLE
Le SYSCOHADA regroupe l’ensemble des comptes en classes. La numérotation des
comptes est décimale. Les comptes sont numérotés de 1 à 9. Chaque classe est divisée
en comptes principaux comportant 2 chiffres :
Le 1er la classe le 2ème précise une division de la classe.
Chaque compte principal à 2 chiffres peut être divisé en compte divisionnaire à 3 chiffres
lesquels peuvent être divisés en sous compte.
Exemple : classe1
10 Capital
101 Capital social
1011 Capital souscrit non appelé
Le cadre comptable est subdivisé en 9 classes :
Classe1 : Compte des ressources durables
Classe2 : Compte d’actif immobilisé
Classe3 : Compte de stocks
Classe4 : Compte de tiers
Classe5 : Compte de trésorerie
Classe6 : Compte de charges ACTIVITES ORDINAIRES (AO)
Classe7 : Compte de produits ACTIVITES ORDINAIRES
Classe8 : Autres charges et autres produits (HAO)
Classe9 : Compte des engagements hors bilan et comptes de la
Comptabilité analytique.
Ces comptes représentent
- Pour les classes de 1à 5 : des comptes de bilan (PATRIMONIAUX) ;
- Pour les classes 6,7 et 8 : des comptes de gestion (charges et produits qui forment le
résultat).
- Pour la classe 9 : compte des engagements hors bilan et les comptes de la
comptabilité analytique de gestion.
REMARQUE :
Le SYSCOHADA essaie d’aménager dans la mesure du possible des constantes ou des
parallélismes de codification, susceptibles de favoriser la mémorisation et dans certains
cas la compréhension : Exemple de parallélisme entre charges et produits (601achats
de marchandises et 701 ventes de marchandises ; 602 achat de matières
premières 702 et ventes de produits finis).
Exemple de constantes :
Le chiffre 9 en 3ème ou 4ème position a un solde inversé par rapport à la nature normale
des comptes de la catégorie : utilisation des comptes 401 pour les comptes de
fournisseurs créditeurs et du compte 409 pour les comptes de fournisseurs débiteurs.
Utilisation des comptes débiteurs 6011 à 6014 pour les achats de marchandises et du
compte créditeur 6019 pour les RRR obtenus. Le chiffre 8 en 2ème position dans la
classe2 est utilisé pour indiquer les comptes d’amortissement.
Exemple : 24 Matériel
284 amortissements du matériel
Le chiffre 9 en 2ème position dans la classe2 et les autres classes est utilisé pour indiquer
des comptes de dépréciations.
Exemple : 29 dépréciation des immobilisations
39 : dépréciation des stocks et en cours de production.
49 : Dépréciations et provisions pour risques à court terme (tiers).
NB : le 19 est provisions pour risques et charges.
V. ETUDE DES CLASSES
5.1. Classe 1 : comtes de ressources stables
Les comptes de ressources stables sont constitués par les moyens de financement dont
dispose l’entreprise de façon permanente et durable. Il s’agit de capitaux propres et de
capitaux empruntés ; les capitaux propres résultent de la somme algébrique des comptes
de capital, de réserves, de report à nouveau, de résultat net de l’exercice, de
subventions d’investissement, de provisions réglementées et fonds assimilés (10 à 15).
Numéro
de Intitulé
compte
10 Capital
11 Réserves
12 Report à nouveau
13 Résultat net de l’exercice
14 subventions d’investissement
15 Provisions réglementées et fonds assimiles
Ces capitaux propres représentent le patrimoine de l’entité.
Les capitaux empruntés sont constitués par les dettes financières auxquelles l’entreprise
a recours pour assurer le financement d’une partie au moins de ses activités.
En ce qui concerne les dettes financières, on cite :
- 16 Emprunts et dettes assimilées
Ils représentent les ressources financières externes contractées auprès des
établissements de crédit ou de tiers divers affectés de façon durable au financement de
moyen de production ou d’exploitation. Cette dette doit avoir une longue origine
supérieure à un (1) an.
Les dettes assimilées : ce sont des intérêts des emprunts dues à la fin de l’exercice et
qui sont rattachés à l’exercice.
- 17 Dette de location –acquisition et contrats assimilés
Le leasing ou crédit-bail est défini être des opérations de location d’immeubles de
matériels qui donne au locataire la faculté d’acquérir au plus tard à l’expiration du bail
tout ou partie des biens loués moyennant un revenu.
5.2. Classe2 : Comptes d’actif immobilisé
Les immobilisations sont des biens ou valeurs destinés à rester durablement dans
l’entreprise. A priori la durée de vie est supérieure à une année.
Les immobilisations sont classées en différentes catégories auxquelles s’ajoutent les
avances et acomptes versés sur immobilisations.
Les immobilisations incorporelles : ce sont des immobilisations immatérielles
et tous les autres éléments susceptibles de générer des avantages futurs ;
Les immobilisations corporelles : ce sont des éléments d’actif :
- qui sont détenus par les entreprises soit pour être utilisés dans la production, soit
pour être loués à des tiers, soit à des fins administratives ;
- qui ont été acquis ou construits dans le but d’être utilisé de manière permanente ;
- qui ne sont pas destinés à la vente dans le cycle normal d’exploitation ;
Pour distinguer un actif immobilisé d’un actif circulant, il faudrait utiliser des critères
suivants :
- l’affectation ou la destination ;
- la durée de séjour dans l’entité ;
- la liquidité du bien.
Les immobilisations financières : elles sont constituées par les titres de participation, les
autres titres immobilisés, les prêts, les créances non commerciales assimilées à des
prêts.
26 Les titres de participation
Ce sont ceux dont la possession durable est estimée et utile à l’activité de l’entité
parce que lui permettant d’exercer une certaine influence sur la société émettrice et
d’en assurer le contrôle.
Sont présumés être des titres de participation les titres représentant au moins 10%
du capital d’une autre entreprise.
27 autres titres immobilisés
Ce sont aussi des titres durables composés des prêts et créances non commerciales,
prêts au personnel, créances sur l’état, titres immobilisés, dépôts et cautionnements
versés… etc.
Les immobilisations HORS ACTIVITES ORDINAIRES (HAO)
Ce sont des biens immobilisés non productifs ne participant pas au processus de
production.
Classe 2 : Comptes d’actif immobilise
21 Immobilisations incorporelles
22 Terrains
23 Bâtiments, installations techniques et agencements
24 Matériel, mobiliers et actifs biologiques
25 Avances et acomptes versés sur immobilisations
26 Titres de participation
27 Autres immobilisations financières
28 Amortissements
29 Dépréciations des immobilisations
5.3. Classe 3 : Les comptes de stock
Les stocks sont constitués de biens ou services sui interviennent dans le cycle
d’exploitation de l’entité pour être :
- soit vendus en l’état ou au terme d’un processus de production à venir ou en cours
- soit consommés en général au 1er usage.
31 Marchandises
32 Matières premières et fournitures liées
33 Autres approvisionnements
34 Produits encours
35 Services encours
36 Produits finis
37 Produits intermédiaires et résiduels
38 Stocks en cours de route, en consignation ou en dépôt
39 Dépréciation des stocks et encours de production
5.4. Classe 4 : Les comptes de tiers
Ils retracent les relations de l’entité avec les tiers, ils servent aussi à comptabiliser les
créances et les dettes de l’entité à l’exclusion de celles inscrites respectivement dans les
comptes d’actif immobilisé et les comptes de ressources stables.
Sont regroupés dans les comptes de la classe 4, les comptes rattachés aux tiers et
destinés à enregistrer soit des modes de financement, liées aux dettes et aux créances
(effet à recevoir, effet à payer) soit des dettes et créances à venir se rattachant à
l’exercice (charges à payer, produits à recevoir).
Les créances et les dettes sont regroupées dans les comptes de tiers pour toutes les
opérations les concernant sans tenir compte de leur échéance (court terme, long terme).
Il ne doit pas être procédé à la compensation entre les dettes et les créances concernant
un même tiers sauf lorsqu’une telle compensation résulte d’une convention tacite ou
expresses.
40 Fournisseurs et comptes rattachés
41 Clients et comptes rattachés
42 Personnel
43 Organismes sociaux
44 Etat et collectivités publiques
45 Organismes internationaux
46 Apporteurs, associés et groupe
47 Débiteurs et créditeurs divers
48 Créances et dettes hors activités ordinaires (H.A.O.)
49 Dépréciations et provisions pour risques à court terme (Tiers)
5.5. Classe 5 : Compte de trésorerie
Ces comptes enregistrent les mouvements financiers de l’entreprise caractérisés par leur
grande liquidité, il s’agit essentiellement des mouvements en espèces, chèques, des
opérations réalisées avec des institutions financières.
50 Titres de placement
51 Valeurs à encaisser
52 Banques
53 Etablissements financiers et assimilés
54 Instruments de trésorerie
55 Instruments de monnaie électronique
56 Banques, crédits de trésorerie et d’escompte
57 Caisse
58 Régies d’avances, accréditifs et virements internes
59 Dépréciations et provisions pour risques à court terme
5.6. Les charges et les produits (classes 6 ; 7 et 8)
Les charges :
Tous les comptes de la classe 6 et les comptes dont les numéros sont impairs de la
classe 8. Les charges sont des emplois définitifs ou consommation de valeurs décaissées
ou à décaisser par l’entité :
Les charges H.A.O sont des charges non récurrentes de nature non liées à l’activité
ordinaire de l’entité. Elles ne doivent pas être confondues avec les charges dites parfois
exceptionnelles qui ne sont que pas leur montant et non par la nature du lien avec les
activités ordinaires.
Les produits :
Ce sont des sommes ou valeurs reçues ou à recevoir :
soit en contrepartie de la fourniture par l’entité de biens, travaux, services ainsi
que des avantages qu’elle a consentis ;
soit exceptionnellement sans contrepartie.
Les produits comprennent également pour la détermination du résultat de l’exercice :
- la production stockée au cours de l’exercice ;
- la production immobilisée ;
- les reprises sur amortissements et provisions ;
- le prix de cession d’éléments d’actifs cédés ou détruits ou disparus ;
- le transfert de charges.
Les produits H.A.O sont des produits non récurrents de nature non liée à la l’A.O de
l'entreprise. Les produits H.A.O ne doivent pas être confondus avec les produits dits
exceptionnels définis le plus souvent à partir des circonstances exceptionnelles à l’origine
de leur survenance.
5.7. Classe 9 : comptes des engagements hors bilan et compte de la
comptabilité analytique de gestion.
Comptes des engagements hors bilan.
90 Engagements obtenus et engagements accordés
91 Contreparties des engagements
Comptes de la comptabilité analytique de gestion (CAGE)
92 Comptes réfléchis
93 Comptes de reclassements
94 Comptes de coûts
95 Comptes de stocks
96 Comptes d’écarts sur coûts préétablis
97 Comptes de différences de traitement comptable
98 Comptes de résultats
99 Comptes de liaisons internes