2013TOU33040
2013TOU33040
Charlène ASTIER
17 Juillet 2013
JURY
Président Professeur NABET Cathy
Assesseur Docteur BOU Christophe
Assesseur Docteur COMTESSE-MARET Delphine
Assesseur Docteur BLASCO-BAQUÉ Vincent
Université Toulouse III – Paul Sabatier
Faculté de Chirurgie Dentaire
THÈSE
pour le
Diplôme D’Etat de Docteur en Chirurgie Dentaire
Présentée et soutenue publiquement
par
Charlène Astier
Le 17 Juillet 2013
Jury
ÉTUDIANT :
Mr HAURET-CLOS Mathieu
CHARGÉS DE MISSION
Mr PALOUDIER Gérard
Mr AUTHER Alain
RESPONSABLE ADMINISTRATIF
Mme GRAPELOUP Claude
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PERSONNELENSEIGNANT
56.01 PÉDODONTIE
Chef de la sous-section : Mr VAYSSE
Professeur d'Université : Mme BAILLEUL-FORESTIER
Maîtres de Conférences : Mme NOIRRIT-ESCLASSAN, Mr VAYSSE
Assistants : Mr DOMINÉ, Mme GÖTTLE
Chargés d’Enseignement : Mme BACQUÉ, Mme PRINCE-AGBODJAN, Mr TOULOUSE
56.02 ORTHOPÉDIEDENTO-FACIALE
Chef de la sous-section : Mr BARON
Maîtres de Conférences : Mr BARON, Mme LODTER, Mme MARCHAL-SIXOU, Mr ROTENBERG,
Assistants : Mme ELICEGUI, Mme OBACH-DEJEAN, Mr PUJOL
Chargés d'Enseignement : Mr GARNAULT, Mme MECHRAOUI, Mr MIQUEL
56.03 PRÉVENTION,ÉPIDÉMIOLOGIE,ÉCONOMIEDELASANTÉ,ODONTOLOGIELÉGALE
Chef de la sous-section : Mr HAMEL
Professeur d'Université : Mme NABET, Mr PALOUDIER, Mr SIXOU
Maître de Conférences : Mr HAMEL
Assistant : Mr MONSARRAT
Chargés d'Enseignement : Mr DURAND, Mr PARAYRE, Mr VERGNES
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57.01 PARODONTOLOGIE
Chef de la sous-section : Mr BARTHET
Maîtres de Conférences : Mr BARTHET
Assistants : Mr MOURGUES, Mme VINEL
Chargés d'Enseignement : Mr. CALVO, Mme DALICIEUX-LAURENCIN, Mr LAFFORGUE, Mr PIOTROWSKI, Mr SANCIER
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L'université Paul Sabatier déclare n'être pas responsable des opinions émises par les candidats.
(Délibération en date du 12 Mai 1891).
Mise à jour au 4 février 2013
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Remerciements
À vous, mes parents, pour votre amour et votre soutien tout au long de ces
interminables années de doutes et d’incertitude. Merci à toi Papa, pour m’avoir toujours
poussé à donner le meilleur de moi-même et m’avoir permis de réaliser tous mes rêves les uns
après les autres. Merci à toi Maman, pour ton amour inconditionnel, ta confiance totale en
moi et pour m’avoir permis de voir toujours le meilleur en chaque chose, à chaque moment.
Merci à vous d’avoir relu et corrigé ma thèse, sans forcément avoir tout compris ; et merci à
Maman pour m’avoir aidé à réorganiser 2,79 fois toute la bibliographie.
À toi, Mamou, ma grand-mère unique et préférée, merci d’avoir toujours été là pour
moi et pour chacun de tes petits enfants, tu es une grand-mère extraordinaire, courageuse et
très généreuse.
À toi, Cédric, parce que c’est évident, parce que c’est toi, et que tu crois en moi tout le
temps. Merci de m’avoir soutenue, d’avoir séché mes larmes et joint ton rire au mien pendant
toutes ces années. Merci d’avoir retenu un nombre incroyable de subtilités dans mon métier
alors que je ne sais même pas faire la différence entre un TIG et un MIG. Merci d’être ma
flamme de bougie qui ne s’éteint jamais. On privilégie toujours la direction, toi et moi.
À vous, Marie José, merci de m’avoir aidée, épaulée, vous avez toujours été là pour
moi, dès le départ et même dans les moments difficiles. Je vous en remercie du fond du cœur.
Vous avez beaucoup de courage et je vous admire énormément.
À toi, ma Nadia, mon amie. Rien de ce que je vais dire ne sera une découverte, tu sais
déjà tout. Merci pour ton amitié, pour ta franchise, ton soutien, ta patience, ta gentillesse, tes
joies, et tes peines. On est des vieilles maintenant, et on vieillit ensemble. Merci pour ton
positivisme, il m’est très précieux et merci pour ta richesse intérieure qui est débordante.
Merci d’être toi, ne change pas.
À toi, mon Ludo, mon Bisounours de toujours. Il n’y a pas de mots assez forts pour
exprimer mon affection pour toi. C’est toi, toujours toi, et encore toi, tout ce temps. Merci
pour ton soutien, pour tes épaules XXL et ta cuillère, pour la façon que tu as de me faire
regarder les choses sous un autre angle, pour me faire oublier, pour me faire rire. Je
n’oublierai rien de ton amitié, de toi, et de tous les moments qu’on a partagés. Mi aime a ou.
À toi ma Zab, à toi ma Marie chérie, à Randy et Gabin mes frères de cœur, à vous
Thomas, Romain, Manue, Chloé, Nalle, Jean Pierre, Aurélia, Remy, Stéphane, Maëva, Claire,
Gab, Myriam et tous les autres, vous qui avez été là pour moi à un moment ou à un autre,
merci pour votre amitié et votre soutien, ça a été les meilleures années de ma vie.
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À toi, Sandrine, merci d’avoir travaillé ce maudit article avec moi, de m’avoir
accordé ton temps et ton savoir.
À toi, Alix, merci d’avoir accepté de relire ce pavé et de corriger mes fautes. Merci
pour ton amitié et pour ton aide.
À Mr P., merci d’avoir accepté que je prenne vos dents en photo pour les intégrer à ce
travail.
Et à toi, ma Laéti, et à toi, ma Flo, mes deux rencontres magnifiques qui ont marqué
cette année de thèse. Vous êtes deux personnes extraordinaires et j’ai de la chance d’avoir
croisé votre chemin. Ne changez pas et longue vie à notre amitié.
INTRODUCTION .................................................................................................................. 12
PREFACE
Il existe un point commun à tous les êtres vivants sur cette terre : la mort. Qu’on lui donne
une signification, qu’on la magnifie ou qu’on la craigne, la mort touche tout le monde.
Qui n’a jamais perdu un être proche, ne s’est jamais recueilli sur sa tombe en demandant de
reposer en paix ?
Si il y a une tombe, c’est parce qu’il y a un corps, identifié comme une personne précise
décédée. Nous avons tous entendu parler un jour de John Doe, en se demandant, mais qui est
John Doe ? Pouvons-nous seulement imaginer que notre sœur, notre frère, mère ou père
puisse être un John Doe ?
L’identification médico légale est nécessaire, tant sur le point psychologique que sur les
points sociaux et judiciaires.
Piedelièvre énonce « Identifier une personne, un cadavre, c’est rechercher les indices médico-
légaux suffisamment solides pour être comparés aux caractères physiques connus d’un
individu disparu ».(159)
La question que l’on peut alors se poser est : lorsque nous n’avons pas d’identité présumée,
comment peut-on réaliser l’identification d'un corps et confirmer celle-ci ?
En effet, dans certains cas, nous pouvons nous retrouver face à des états d'altération des corps
tels que la reconnaissance visuelle est impossible, et l'absence d'objets personnels empêche
d'établir une identité.
Les évènements actuels, drames naturels, actes terroristes, accidents catastrophes, ont
inévitablement amené le système d’identification des corps à trouver d’autres moyens, plus
efficaces, afin de pouvoir, ou du moins de tout mettre en œuvre, pour identifier chaque
victime.
12
INTRODUCTION
13
Sassouni (1957) (172) et Gustafson (1967) (75) ont divisé les méthodes d'identification en
deux :
l’identification comparative qui, de par son nom, compare des éléments ante mortem à ceux
post mortem ; et l’identification estimative, qui consiste à recueillir suffisamment d’éléments
pour orienter les enquêteurs grâce à une sorte de fiche signalétique : sexe, âge, tailles,
antécédents médicaux, population d’origine, habitudes de vie, milieu socioprofessionnel…
La stabilité des structures dentaires, la transmission des caractères anatomiques et leur
pérennité expliquent l’importance de l’odontologie dans ce domaine.
On peut également énoncer une troisième technique, l'identification reconstructrice, qui
permet la reconstruction du visage à partir du squelette cranio-facial (45).
Gérasimov en 1955 publia sa méthode dans « La reconstitution du visage d’après le crâne »,
établissant pour la première fois une méthode fiable (69). Cette technique est de plus en plus
utilisée avec les progrès de l’informatique et la modélisation en trois dimensions mais elle est
cependant encore utilisée en dernier ressort car il n’existe qu’un taux faible de succès
statistique (158,204).
Mais l’identification est pluridisciplinaire, et parfois, l’identification est établie avant même
que le rapport dentaire ne soit déposé (64).
Nous allons ainsi voir dans les différentes parties de ce travail le champ d’action et les
préoccupations de l’odontologie médico légale spécifiquement à l’identification estimative.
Nous nous intéresserons ensuite à l’appréciation des différents critères odontologiques
nécessaire à l’identification estimative. Enfin, nous étudierons quelques pistes pour l’apport
de nouvelles données épidémiologiques et des difficultés rencontrées.
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Dans ce cas, l'approche des experts consiste à retracer les étapes de la vie d'un individu à
partir des pièces anatomiques qui lui sont confiées. Ceci doit permettre de confirmer
l'appartenance à l'espèce humaine mais aussi d'orienter le diagnostic de l'âge, du sexe et de
l'origine ethnique.
En effet, en dehors d'un phénomène physique, pathologique ou une intervention humaine pour
une modification thérapeutique ou autres, seule l'usure de l'émail entraine une variation
morphologique de la couronne dentaire (38).
On dit qu'il y a usure par attrition lorsque 2 dents sont en contact direct, ou abrasion lors de
l'interposition d'un objet. L'importance de l'usure dépend de nombreux facteurs comme l’âge,
le sexe, la composition de l'émail et son degré de minéralisation, l'implantation dentaire,
l'édentation et la dureté des éléments antagonistes à une dent naturelle, les habitudes de vie, la
musculature manducatrice ou encore le type d'aliments …
Lorsque le cas le permet, il existe un certain nombre d'objets présents sur le corps que l'on
peut réunir en un premier groupe d'indices. La description des vêtements et chaussures passe
par leur définition, marque, matière, degré d'usure…
Les bijoux peuvent également donner des indications sur le pays d'origine par leur caractère
artisanal ou industriel, par le métal, les poinçons et aussi ce qu'ils représentent.
Cependant même si tous les objets personnels ont pu être recueillis et étudiés, ils n'en restent
pas moins des éléments d'orientation et non de certitudes précises puisqu'ils ne dépendent pas
directement du corps mais l'accompagnent seulement.
Le deuxième groupe est celui des indices corporels qui sont recueillis lors de l'examen de
externe, interne et radiographique.
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On étudiera la morphométrie ( taille, poids, mensuration ), les empreintes digitales, les traits
du visages, couleur des cheveux, des yeux, pilosité… Tous les tatouages, piercings, cicatrices
ou variations anatomiques ou pathologiques externes sont également relevés.
A l'examen interne, on recherchera des états antérieurs constitutionnels ou pathologiques, des
traces d'interventions chirurgicales, la présence de matériel prothétique...
Des prélèvements pour l'étude anatomo-pathologique sont systématiquement réalisés ainsi
que d'autres pour l'identification génétique.
Alors que l'identification comparative peut réaliser un relevé dentaire directement sur le
cadavre ou prélever les pièces anatomiques qui portent les indices, l'examen en identification
estimative se fait impérativement sur des pièces prélevées, car souvent, il est nécessaire de
réaliser des examens complémentaires que seuls le prélèvement peut autoriser.
Il s’agit d’une étape extrêmement importante puisqu'elle ne doit en aucun cas altérer des
signes ou indices utiles à la recherche des causes de la mort et de l'identité.
En général, elle est le fruit d'une collaboration étroite entre le médecin légiste et
l'odontologiste médico-légal, mais en pratique, elle est souvent effectuée par le médecin
légiste seulement.
Les pièces sont ensuite préparées de manière rigoureuse de façon à ne perdre aucun élément et
à en assurer la meilleure conservation.
Lorsque des éléments ne sont plus en connexion anatomique, ils doivent être identifiés et
repositionnés : il s'agit de restauration (64).
Dans ces cas là, des techniques réversibles sont privilégiées pour permettre le démontage en
cas d'erreur notamment.
La mandibule est replacée sur le crâne après apposition de cire de 2mm d'épaisseur au niveau
de l'articulation temporo mandibulaire, pour remplacer le ménisque. Ceci est d'autant plus aisé
que les contacts interdentaires sont nombreux. Des élastiques ou ressorts peuvent être ajoutés
pour maintenir l'ensemble.
Les fragments osseux sont maintenus par collage ou suture au fil métallique.
Les dents fracturées sont restaurées à l'aide d'une colle cyanoacrylate si aucun doute ne
subsiste quant au bon positionnement.
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Les dents expulsées sont remises en place tout d'abord sans moyen de contention. Chaque
racine doit retrouver naturellement son emplacement d'origine sans forcer.
Les couronnes reprennent contact avec les dents voisines et antagonistes. Puis on ajoute une
cire ou plasticine pour recréer l'épaisseur du ligament alvéolo-dentaire.
Les prothèses amovibles sont remises en place après avoir déposé une couche de cire rose
pour remplacer la muqueuse gingivale. Les fragments prothétiques en résine sont réparés
selon les techniques habituelles de laboratoire.
Les prothèses fixées sont rarement descellées et sont fixées dans le cas contraire avec un
ciment provisoire.
Fig. 1. Etude de l’anatomie radiculaire des dents expulsées post mortem par empreinte au silicone des alvéoles .
( Fronty et coll. 2005)
I.1.2.L'examen
Tout d'abord, l'examen est similaire à celui de l'identification comparative afin de rechercher
la totalité des indices dentaires nécessaire à la diffusion ultérieure de l'avis de recherche
(64,68).
Une dent réellement absente est une dent naturelle non visible sur les arcades, ou remplacée
par une prothèse quelqu'en soit le type.
Ensuite est réalisé un examen des arcades dentaires, quadrant par quadrant et dent par dent,
afin de relever les caractères anatomiques, physiologiques, pathologiques et thérapeutiques.
Dans un second temps, une biométrie osseuse complète ( crâne et maxillaires ) est réalisée
lorsque c'est possible.
Une fois ces informations saisies, l'expert réalise un nouvel examen des dents et de leurs
supports pour estimer d'une première approche instinctive l’âge, le sexe, le milieu socio
professionnel, des habitudes de vie particulière.
En troisième étape, différentes techniques sont mises en œuvre pour pouvoir répondre
scientifiquement aux estimations précédentes.
Les signes discrets sont des indices bucco-dentaires rares ou difficiles à percevoir.
Les signes discrets anatomiques sont par exemple une cuspide supplémentaire, un double
tubercule de Bolk, courbure radiculaire prononcée, troisième racine sur une prémolaire
maxillaire…
Fig. 2.a. Tubercule supplémentaire sur la face Fig. 2.b. Prémolaire supérieure 14 à 3 racines -
vestibulaire d'une 2ème molaire inférieure caractère ancestral
( Fronty et coll. 2005 )
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Les signes discrets physiologiques regroupent les mylolyses asymétriques, liées aux habitudes
de brossage et permettent de supposer si l'individu est droitier ou gaucher, ainsi que les
facettes d'usure, renseignant sur certains modes de vie ( décrites dans la partie 2 ).
On peut également y inclure le tartre, qui perdure très longtemps et permet l'étude des
xénobiotiques. Il s'agit de substances d'origine exogène telles que les médicaments, la
nicotine, la caféine… Ainsi, il est possible de mettre en évidence la présence de certains
composés pouvant informer sur les habitudes de vies et habitudes alimentaires mais
également sur des thérapeutiques et si il y a spécificité, sur les pathologies.
Les signes discrets thérapeutiques correspondent à des actes plus délicats à relever comme par
exemple le scellements de sillons, des composites récents..
Les photographies et les radiographies sont des éléments indispensables d'un point de vue
judiciaire. Elles permettent la correction d'erreurs notamment grâce à des protocoles précis et
reproductibles, et ainsi l'obtention de documents objectifs et archivables.
La prise d'empreinte n'est pas systématique et est évaluée au cas par cas.
Les examens invasifs, de par leur nom, altèrent de manière définitive la pièce opératoire. Ils
sont réalisés en seconde intention, une fois les autres examens exécutés et l'autorisation
préalable obtenue.
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Le rapport d'identification estimative est différent des autres car dans ce cas, aucune identité
ne peut être affirmée.
Ce rapport est très important car il fait le lien entre la personne requérante, celui qui déclenche
la procédure d'identification et énonce la mission, et les différents destinataires du rapport,
enquêteurs, confrères experts… Il doit donc être compréhensible par tous, ce qui rend
complexe sa rédaction. Il doit également contenir toutes les interventions, toutes les données
recueillies et toutes les méthodes utilisées.
- Des pages détaillant la recherche des indices et leur description détaillée, suivie d'une
seconde partie correspondant aux données estimatives.
La partie consacrée aux indices est surtout descriptive, détaillant de manière précise et concise
toutes les caractéristiques dentaires et maxillaires. Les examens complémentaires pratiqués
sont également intégrés dans celle-ci.
Les photographies sont particulièrement importantes car elles permettent d'attester les
informations recueillies et de corriger d'éventuelles erreurs ( notamment sur la numérotation
des dents ).
Un odontogramme post mortem est également intégré. Il s'agit d'un outil très important car il
est le support principal des avis de recherche diffusés dans la presse professionnelle. Il
comprend un diagramme ( les arcades dentaires ) et une légende.
Concernant la partie réservée aux données estimatives, ces dernières sont présentées et
interprétées chapitre par chapitre : détermination de la population, de l’âge, du sexe, des
habitudes de vie…
- Une conclusion.
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Ainsi une fois le rapport constitué et remis aux autorités concernées, est mis en place un
système de diffusion afin de retrouver l'identité de l'individu.
L'avis de recherche, sous forme de diffusion de photographies ou portrait robot, est utilisé
dans certaines circonstances, telles que les recherches de personnes disparues ou d’auteurs
présumés de crimes ou délits graves par exemple, et a ainsi entrainé l’élaboration d’un avis de
recherche en identification estimative.
Il diffuse un extrait des informations recueillies sur la victime, et divers documents dans des
revues professionnelles à l'attention des chirurgiens dentistes et des stomatologistes.
Le premier guide sur l'identification des victimes de catastrophes, nommé DVI ( disaster
victim identification ), a été publié en 1984 et révisé en 1997. Depuis il est réactualisé
régulièrement en fonction des nouvelles données scientifiques et thérapeutiques (88).
Il contient les recommandations concernant les procédures servant de référence à tous ceux
qui sont confrontés à une opération d'identification des victimes de catastrophes, et offre la
possibilité d'avoir une base de travail commune et internationale ( à l'aide de codes ), l'objectif
étant l'identification formelle des victimes. Ainsi, il permet une utilisation optimale des
formulaires d'identification, que ce soit dans des cas de catastrophes comme dans des cas
isolés.
Le formulaire ante mortem AM sert à recueillir tous les renseignements qui peuvent aider à
réaliser une identification par comparaison avec les indices relevés sur le(s) cadavre(s).
Le formulaire post mortem PM quant à lui sert à recueillir toutes les données concernant un
corps, les effets personnels retrouvés et attribuables avec certitude à la victime.
Le plus souvent possible, il s'agit de cases à cocher, de façon à éviter toute mauvaise
compréhension d'écriture ( et de langue étrangère ).
Deux sections sont attribuées aux constatations dentaires (F1 et F2). Elles doivent être
remplies par un odontologiste formé à l'identification médico légale.
Dans la deuxième section doivent être reportées toutes les constatations dentaires.
Il faut noter dent par dent tous les traitements et autres états constatés. Les faces concernées
sont notées en lettres capitales :
M = mésial, O = occlusal, D = distal, V = vestibulaire, L = lingual.
Ensuite un odontogramme doit être rempli pour évaluer la situation et l'état des obturations et
autres états constatés. Un code couleur est également attribué pour meilleure compréhension :
Noir pour les amalgames
Rouge pour l'or
Verts pour les obturations de la couleur des dents ( composites, CVI… )
Les dents absentes AM sont marquées d'une grande croix (X) et pour les dents absentes PM,
le numéro de la dent correspondante est entouré.
Tous les examens radiographiques, et complémentaires ( moulages, photographies… ) doivent
être indiqués et intégrés aux formulaires.
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32
En dernier lieu, sur le formulaire PM, une estimation de l’âge est donnée, ainsi que la
méthode utilisée pour le déterminer.
L'identification du cadavre est possible si les données concernant le corps, recueillies sur les
fiches roses, peuvent être comparées et assimilées aux données recueillies sur les fiches
jaunes concernant la personne disparue. Si l'identification est réalisée, les experts peuvent
alors remplir le rapport d'identification, nécessaire pour l'établissement d'un certificat de décès
et permettant l'inhumation.
Ce nouveau concept a été élaboré par Pierre Fronty afin d'universaliser l'informatique des
praticiens en créant un "langage numérique commun" et un odontogramme standard à la
profession, tout en laissant le libre choix au praticien de travailler avec son logiciel habituel.
Ce système convertira de lui-même les données saisies par le praticien en données
numériques, l'objectif étant de pouvoir transmettre entre praticiens et avec les autorités si
nécessaire, un schéma clair et universel de l'état dentaire d'un individu.
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Cet odontogramme repose sur un principe simple : sur chaque arcade dentaire, toute dent est
notée :
A pour absente
P pour présente
E pour expulsée post mortem
Ceci permet d'effectuer un premier odontogramme clair pour préciser dans un premier temps
la formule dentaire et l'état des dents présentes.
L'odontogramme numérique d'un patient sera référencé par un code identitaire définissant son
sexe et son âge, le CID, suivi d'un code alpha numérique d'identification dentaire CAIDENT
précisant les caractéristiques de chaque dent.
Préfixe 0
Sexe ( 1 pour féminin, 2 pour masculin, 3 pour inconnu )
De 000 à 100 pour l'intervalle de confiance dans le diagnostic du sexe
De 000 à … pour l’âge du sujet
Les deux derniers chiffres pour la fourchette de confiance dans la détermination de l’âge
Par exemple, 0109502503 est le code identitaire CID d'une femme, avec une probabilité de
95%, âgée de 25 ans à plus ou moins 3 ans.
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Le huitième caractère est dit " caractère odontologique corrélé". Il est utilisé en corrélation
avec la dent considérée pour qualifier certaines situations particulières discriminantes pour
l'identification. Il précise la position anatomique précise de la dent, un signe discret
anatomique, pathologique, ethnique ou culturel, un traitement incomplet ou iatrogène, la
nature du métal de la prothèse… Ce caractère est alphabétique et donne ainsi 26 possibilités
de codage.
Le neuvième et dernier caractère est dit " caractère odontologique non corrélé ". Il est utilisé
pour signaler, dans le secteur de la dent considérée, la présence d'un élément qui ne
caractérise pas cette dent, comme par exemple une dent surnuméraire, l'inclusion d'un corps
étranger, problème d'occlusion, ou tout signe discret anatomique, pathologique, ethnique ou
culturel présent dans le secteur considéré.
Il est également alphabétique, comme le 8ème caractère, de manière à offrir un plus large
choix de codage.
En 2005, à la suite du Tsunami, une adaptation du dispositif de saisie a été réalisée afin de
l'adapter aux formulaires du DVI d'Interpol.
A terme, tous ces travaux devraient amener à la mise en œuvre d'une infrastructure dans le
cadre légal, qui ferait transiter les avis de recherche sous forme numérique vers les ordinateurs
des praticiens intégrant au préalable ce moteur de recherche, et ainsi, après lancement
explicite de la recherche, le moteur analysera d'éventuelles corrélations entre l'avis de
recherche et les données des patients.
De ce fait, ce type d'investigation devrait s'en trouver véritablement améliorée, à condition
que les praticiens observent une grande rigueur dans la tenue des dossiers patients.
Malgré tout, ce système de recherche n'est pas d'actualité et attend un financement s'élevant à
150 000 euros.(165)
Ainsi, alors que les formulaires d'Interpol reposent sur une comparaison avec des données
ante mortem, une diffusion d'avis de recherche numérique à vaste échelle pourrait relier le
secteur de l'identification estimative avec celui de l'identification comparative (58).
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I.3.1. Définition
« L’acide désoxyribonucléique ou ADN est une molécule présente dans toutes les cellules
vivantes, et qui renferme l’ensemble des informations nécessaires au développement et au
fonctionnement d’un organisme. C’est aussi le support de l’hérédité, car il est transmis lors de
la reproduction, de manière intégrale ou non. Il porte donc l’information génétique et
constitue le génome des êtres-vivants ». ( Larousse médical )
Il existe deux types d’ADN utilisables pour identifier le génome d'un individu : l'ADN
nucléaire (n) et l'ADN mitochondrial (mt).
L'ADN nucléaire est composé de deux brins enroulés en double hélice. Il est issu pour moitié
du père et pour l’autre moitié de la mère.
L'ADN mt est simple brin et d'origine maternelle, donc moins discriminant que le nucléaire.
Cependant, il est plus souvent préservé grâce à la haute résistance de la mitochondrie et il
peut être analysé sur des traces anciennes ou fortement dégradées sur lesquelles l'ADN
nucléaire n'est plus exploitable.
L'utilisation de l'ADN mt est une bonne alternative lorsque les échantillons ne permettent pas
une analyse de l'ADN nucléaire, mais son origine maternelle empêche d'identifier de manière
individuelle les membres d'une même famille côté maternel.
Les premières études sur la persistance de l'ADN après la mort d'un organisme datent de
1984, à partir d'échantillon de momies égyptiennes (209).
En effet, les tissus durs enveloppant la pulpe dentaire préservent l'ADN contenu dans celle-ci
de nombreuses variations, parfois extrêmes.
Schwartz et coll (1991) ont étudié 75 dents extraites et exposées à différentes conditions de
température, humidité et acidité et ont noté que l'ADN semble stable et résiste trois semaines
à des pH variant de 3 à 7 et des températures de 4 à 25°C (179).
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Les investigations par ADN servent à démontrer qu'à partir de la pulpe dentaire et de la
récupération de l'ADN qu'elle contient, on peut obtenir "l'identification génétique" d'un
individu par le biais des empreintes génétiques ( régions variables d'ADN propres à chaque
individu ). Cependant, ce système repose sur des valeurs comparatives. Il est nécessaire
d'avoir un échantillon biologique de référence pour avoir une valeur comparative
d'identification.
Ainsi, dans le rapport préparatoire du décret du 6 Février 1997, la commission notait que
« Pour éviter toute utilisation détournée de cette information, il semble préférable de pas
l’intégrer à un fichier, et par conséquent, de ne pas utiliser le marqueur qui la fournit ».(208)
De ce fait, face à un échantillon génétique sans identité, même si cela est éthiquement justifié
pour éviter tout abus ou utilisation détournée de l’information, la recherche d’anomalies
génétiques, la recherche d’appartenance à une ethnie, les caractères physiques prévisibles
d’une personne ou sa prédisposition à certaines maladies ne sont pas accessibles, ce qui
limite l’information disponible pour l’identification estimative.
Cependant, une exception a été admise, celle de la détermination du sexe.
Fig. 6. Procédure de l'identification odontologique dans les suites de la découverte d'un cadavre
( Fronty et coll. 2005 )
41
L'homme possède deux dentitions successives et trois dentures. Une temporaire et une
permanente, chacune des deux comportant un nombre défini de dents, avec entre les deux une
denture mixte comportant à la fois des dents temporaires et des dents permanentes.
Les dents possèdent une morphologie variée au sein d'une même denture. Elles sont
implantées sur le maxillaire et sur la mandibule et leur croissance est limitée dans le temps.
Les dents humaines sont scindées en couronne/racine, ceci étant séparé par le collet. Elles
présentent 3 tissus durs minéralisés : l'émail, la dentine et le cément ainsi que d'un tissu
conjonctif mou : la pulpe, remplissant la cavité pulpaire.
Fig. 7. L'organe dentaire : coupe schématique d'une molaire inférieure ( Fronty et coll. 2005 )
La dent est constituée des tissus les plus minéralisés de tout l'organisme. L'émail est une
structure acellulaire, avasculaire et dépourvu d'innervation; et sa couche externe est plus dure
que les couches sous-jacentes ( Cadwell et coll. 1957) (64).
La dentine et le cément sont donc des structures moins dures et les différences de degrés de
minéralisation expliquent certaines lésions post mortem comme par exemple la séparation de
l'émail et de la dentine par déshydratation.
43
Bien que résistante, la dent subit néanmoins certaines altérations comme des craquelures et
des fêlures post mortem qui doivent être différenciées des atteintes ante mortem.
Mais cette résistance fait de la dent un indice de choix dans l'identification des cadavres.
Les dents sont parfois lésées par des traumatismes causés lors d'un décès, que ce soit
accidentel ou non. Selon Keith-Simpson (96), l'examen de la bouche peut révéler certains
détails indiquant la direction et l'intensité de la force, ainsi que la nature de l'instrument
utilisé.
La modification de teinte post mortem peut être physiologique, mais il existe aussi un
rosissement au niveau de la dentine près de la pulpe dans les cas de strangulation ou de
noyade (133,206), qui est dû à une intense congestion pulpaire associée à des micros
hémorragies. Cette coloration apparait dans un délai en général supérieur à une semaine, délai
nécessaire à la survenue de l'hémolyse et à l'imprégnation des canalicules, cependant on peut
également la retrouver sur les dents de cadavres enterrés depuis deux semaines à 4 ans.
Bien que le système dentaire soit bien protégé par les tissus durs et mous qui l'entourent et
même si la dent est l'élément le plus résistant à l'action du feu grâce à son haut degré de
minéralisation, il n'en est pas moins vulnérable aux flammes. Ainsi, les dents soumises au feu
présentent, outre une fragilisation considérable, des variations de teintes selon la température
atteinte et l'exposition plus ou moins directe aux flammes. (64)
A 175°C, l'émail est légèrement jaune et brillant; à 200°C il reste brillant mais un peu grisâtre
et à 225°C il prend une coloration grisâtre tachetée de brun rouge. Au-delà de ces
températures, la dent est morphologiquement atteinte, avec des fissures et des fractures.
Fig. 9. Dent antérieure fracturée et décolorée après un accident de voiture et un incendie ( Hinchliffe 2011 )
Fig. 10. Même dentition que dans la fig.9., montrant les dents postérieures et les restaurations protégées des
dommages du feu ( Hinchliffe, 2011 )
45
Fig. 11.a. A la suite d'un incendie dans une maison, des restes d'une femme ont été retrouvés dans un lit.
Radiographie antemortem prise en 2006 ( Hinchliffe 2011 )
Fig.11.b. Radiographie post mortem prise en 2009, montrant le traitement dentaire complet, pouvant être
comparé avec les radiographies antemortem. (Hinchliffe 2011)
Face aux agressions chimiques, la dent montre une résistance supérieure à l'os, ce qui lui
permet d'être le dernier élément préservé lors de la dissolution criminelle des corps dans
l'acide ou les bases. Cependant cette propriété a des limites et même l'émail est sensible aux
acides.
46
Les dents ayant séjourné dans de l'acide sulfurique concentrée ne sont plus reconnaissables
après un mois d'immersion et sont dissoutes en trois mois.
Le comportement des matériaux de restauration est variable : les ciments disparaissent
rapidement, la résine résiste plus longtemps, l'or résiste mieux que les matériaux non précieux
qui se corrodent et la céramique reste intacte. (90,165)
De plus l'organe dentaire, du fait de son fort degré de minéralisation, représente la partie de
l'organisme qui se fossilise le plus rapidement.
Cependant, selon la nature du sol, on peut observer des modifications dans la détérioration des
corps et de leurs structures.
Par exemple, selon la région, si le terrain est riche en oxyde métallique, on observera une
teinte grisâtre, par contre s'il est riche en sels ferreux, on aura une couleur jaune ocre.
Pour un terrain acide, on pourra noter une importante déminéralisation de l'émail jusqu'à sa
disparition totale.
Un terrain sablonneux pourra, lui, conserver les dents de manière intactes pendant des siècles.
Parfois, les tissus mous sont également bien conservés par momification naturelle.
Avec Carl Von Linné, apparaît pour la première fois, une classification à visée
« scientifique ». Dans la dixième édition de son Systema Naturae (1758), celle qui fait foi
pour toutes les questions de nomenclature, le savant suédois divise l'Homo Sapiens en quatre
groupes fondamentaux (205).
Le mot race est défini en biologie par la subdivision de l'espèce, fondée sur des caractères
physiques héréditaires, représentée par une population. »
En anthropologie, ce mot signifie :
« 1. Groupement naturel d'êtres humains, actuels ou fossiles, qui présentent un ensemble de
caractères physiques communs héréditaires, indépendamment de leurs langues et
nationalités. »
« 2. Ensemble de personnes qui présentent des caractères communs dus à l'histoire, à une
communauté, actuelle ou passée, de langue, de civilisation sans référence biologique dûment
fondée. »(192).
Ainsi le mot race a été utilisé pour signifier la différence entre les groupes humains,
s'attachant à des caractères apparents, le plus souvent immédiatement visibles.
Les différences visibles parmi les êtres humains ont donné lieu à des tentatives visant à
classifier l'espèce humaine en fonction de races, décrites généralement selon la couleur de la
peau.
Progressivement d'autres critères sont apparus, avec l'émergence de l'anthropologie physique
et de l'anthropologie notamment.
En 1951, Vallois énonce que " la race est un groupement naturel d'hommes présentant un
ensemble de caractères physiques héréditaires communs, quelles que soient par ailleurs leur
langue, leurs mœurs, ou leur nationalité" (196).
Plus tard, les généticiens observent des caractères héréditaires certes différents mais énoncent
qu'il est impossible de déterminer la race d'un individu à partir de son ADN.
48
La notion de "race" pour les humains a été utilisée par la suite à des fins idéologiques et a
engendré de nombreux conflits. Un nouveau terme est ainsi apparu : celui de population, qui
est un ensemble d'individus d'une même espèce vivante se perpétuant dans un territoire
donné. Les caractéristiques prises en compte pour son étude sont l'écologie, la génétique des
populations et la biologie de l'évolution.
Aujourd'hui compte tenu de l'expansion humaine sur la terre et du brassage des populations,
l'exogamie ( mariage entre individus de différentes tribus) est constante.
Pour les populations actuelles, les généticiens ont prouvé qu'il n'existe pas deux populations
sans chevauchement de données biométriques, il y a toujours interpénétration. Ainsi, Brunet
énonça en 1995 " On ne peut pas scientifiquement parler de races humaines, de populations :
oui, de races : non".(23,64)
Cependant, il n'en demeure pas moins vrai que certains caractères physiques s'observent plus
fréquemment dans certaines populations, ce qui peut orienter le diagnostic ethnique.
Cette classification du milieu du XXe siècle divise les populations en trois groupes ou troncs
suivant leur couleur de peau.
On décrit alors :
Le tronc blanc ou caucasien avec un taux faible de mélanine
Le tronc noir ou éthiopien avec un taux élevé de mélanine
Le tronc jaune ou mongolique avec un taux moyen de mélanine.
Dans ces trois groupes, Krogman observe plusieurs critères cranio-faciaux communs qu'il
détaille.
49
A l'instar de Krogman, les travaux de Hartweg classent les populations en trois catégories en
fonction de la couleur de la peau.
Les mélanodermes où les individus ont la peau de couleur noire, regroupent les populations
mélano-africaines avec les Noirs d'Afrique, les populations mélano-océaniennes avec les
Mélanésiens et les populations Australiennes.
Les xanthodermes où les individus ont la peau de couleur jaune, regroupent les populations
Esquimaux et Mongoles.
Les leucodermes où les individus ont la peau de couleur blanche, regroupent les individus
blancs, de type dolichocéphale ( crâne allongé ) et brachycéphale ( crâne plus large )
[Link]étrie
L'idée d'utiliser les dimensions des dents pour classifier les populations est très ancienne,
étant donné les qualités de stabilité et de longévité de l'organe dentaire.
[Link], entre autres, distingue trois groupes ethniques selon le rapport entre les indices
dentaires moyens et la taille moyenne des individus (127).
Les microdontes qui regroupent les Européens, les Egyptiens et les Polynésiens
Les mésodontes qui regroupent les Chinois, les Indiens d'Amérique, les Malais et les Noirs
d'Afrique.
Les macrodontes qui regroupent les Australiens, les Mélanésiens et les Négrilles.
50
Plus récemment, Schnutenhaus et Rösing, en 1998, ont extrait de la littérature et comparé les
résultats d'études odontométriques sur 160 populations à travers le monde.(64,176)
Ils ont établi la présence de biais dans ces études ( individus non choisis au hasard, techniques
utilisées non standardisées…),
En effet, la mesure des dents varie suivant les repères pris et les opérateurs (110).
Une solution peut être alors d'utiliser des radiographies rétro-alvéolaires réalisées à l'aide
d'angulateur pour diminuer ces biais (172,191). Il faut donc retenir les rapports de grandeurs
des dents les unes par rapport aux autres.
Même si des ratios entre les différentes mesures dentaires sont calculés pour compenser les
déformations liées à l’agrandissement et à l’angulation des radiographies, il est maintenant
possible de réaliser des mesures volumétriques 3D, permettant une évaluation quantitative
plus précise et donc plus fiable (126).
Cependant le domaine d’étude des données volumétriques n’a pas encore été utilisé pour
étudier et établir éventuellement des corrélations entre volume dentaire et appartenance à une
population, contrairement à l’estimation de l’âge.
Schnutenhaus et Rosing (176) ont néanmoins remarqué un certain ordre, notamment les
groupes possédant les dents les plus volumineuses proviennent des populations d'Océanie.
Cependant l'utilisation d'informations odontométriques dans un but taxonomique pour les
populations actuelles n'est pas concluante. Ces deux auteurs préconisent l'utilisation d'autres
caractéristiques, telles que les mesures du crane ou des os post crâniens, les dermatoglyphes,
les pigmentations, ou les analyses de sang.
Selon les anthropologistes, la forme des arcades varie selon les populations mais celle-ci est
très variable au sein d'une même population. Ainsi la forme de l'arcade ne constitue un
caractère discriminant qu'à titre statistique et non individuel.
51
Comme l'a signalé Leakey ( 1959 ), le fait que deux corps, que ce soient des crânes, des dents
ou des morceaux d'os, présentent les mêmes longueur, largeur et hauteur, ne signifie pas
nécessairement qu'ils aient la même forme ou qu'ils soient identiques du point de vue
morphologique.
Il souligne qu'aucun caractère mesurable individuel de n'importe quel os ne permet pas à lui
tout seul de distinguer deux individus différents par la race ou le sexe, selon le cas, mais que
c'est seulement après l'examen critique de la combinaison de tous les caractères que nous
pouvons parvenir à des résultats valables. Et encore les caractères, qui par leur nature propre
pourraient échapper à la mensuration ou à son expression d'une façon équivalente, doivent-ils
entrer en ligne de compte pour contribuer à donner la réponse correcte (114).
Les anthropologistes distinguent quatre formes d'arcade possible, et par corrélation avec le
type idéal d'arcade moyenne valable pour chaque population, on observe :
Une arcade de forme parabolique, aux extrémités divergentes, se retrouve chez les
leucodermes.
Une arcade elliptique, aux extrémités convergentes, chez les xanthodermes.
Une arcade en U, aux extrémités parallèles, retrouvée chez les mélanodermes.
Une arcade hyperbolique, qui elle se retrouve dans les trois groupes.
Granat (73) a ainsi étudié cinq échantillons représentatifs statistiquement de leur population
d'origine et dont la répartition géographique correspond aux grands groupes actuels.
Pour essayer de les différencier, trois paramètres ont été retenus : la forme théorique de
l'arcade dentaire, leur forme réelle ( au niveau des segments molaires, prémolaires-canines et
de l'angle d'ouverture) et leur dimension.
Après études, Granat a déterminé que le critère de forme d'arcade théorique n'est pas
recevable pour identifier l'appartenance d'un sujet à une population, étant donné que cette
forme est toujours elliptique et jamais parabolique ni hyperbolique.
52
Pour la forme réelle, au niveau du segment molaire, au maxillaire, il constate des différences
entre populations mais pas à la mandibule. Au niveau du segment prémolaire-canine, pas de
différences notables. Et pour l'angle d'ouverture, il note un segment antérieur arrondi chez les
Africains et les Européens, mais plus court chez ces derniers. Chez les Japonais, ce segment
est plus ouvert et plus long, encore plus ouvert et encore plus long chez les Mongols et les
Mélanésiens.
La longueur (73):
Une corrélation entre la taille relative des dents et la longueur des arcs alvéolaires a été mise
en évidence.
Les microdontes représentés par les leucodermes ( Européens chez Granat ) possèdent les arcs
les plus courts. Les mégadontes représentés par le groupe Australoïde ( Mélanésiens chez
Granat ) ont les arcades les plus longues. Et les mésodontes représentant les mélanodermes et
les xanthodermes ( Africains, Japonais et Mongols chez Granat ) possèdent des longueurs
d'arcades se situant entre les deux précédents.
Ces observations rejoignent celles d'autres anthropologistes, mais ici les populations
mélanodermes et xanthodermes semblent avoir les mêmes longueurs d'arcades.
La largeur :
Byers et coll, en 1997 (25) ont déterminé sept mesures sur l'arcade maxillaire, qui lorsqu'elles
sont utilisées dans des analyses statistiques, permettent d'estimer la population à laquelle
appartient l'individu, comme par exemple la distance entre les canines, entre les secondes
prémolaires..
D'après leurs résultats, ces mesures se trouvent être plus précises pour déterminer les
individus de type xanthoderme.
Granat conclut d'une part en soulignant que les arcades dentaires des différentes populations
sont caractérisées plus par leur taille que par leur forme et d'autre part que l'examen de la
forme du maxillaire et de la mandibule ne permet pas de déterminer avec certitude la
population d'origine du sujet examiné ; la variabilité intrapopulationnelle étant supérieure à la
variabilité interpopulationnelle.
Néanmoins, d'autres études plus récentes affirment que la forme ainsi que certaines
dimensions des arcades dentaires, peuvent être utilisées pour identifier la population à
laquelle appartient l'individu. (25,46,48,53,191)
Ces critères sont à utiliser avec prudence, de nombreuses causes d'erreurs pouvant influencer
les résultats, comme le choix de la population étudiée, le nombre d'individus examinés, l'âge
de la population, la technique utilisée...
Une des différences morphologiques les plus connues s'observe sur les incisives de certaines
populations : le Shovel shape incisor ou le caractère de l'incisive en pelle ( hypertrophie des
crêtes marginales et du cingulum des faces linguale et palatine, la fosse linguale étant alors
très concave ) (64,191).
Fig.13. Variation morphologique des couronnes selon les populations. Caractère ancestral : cingulum et crête
marginale mésiale très prononcée sur une canine 13 – Dent en pelle. ( Fronty et coll. 2005 )
Ce caractère est principalement observé dans les populations xanthodermes ( environ 85% des
Chinois, ce caractère étant plus fréquent chez les populations anciennes ) et rare dans les
autres populations.
Il se retrouve sur les incisives centrales, latérales et les canines (47,64,79,80,81,86,104,110).
De plus, les populations leucodermes possèdent les incisives centrales les moins larges.
Concernant les prémolaires, Kraus a étudié 16 caractères différents, et pouvant être utilisés en
vue de l'identification des individus (103).
55
Burnett et coll (24) ont mis en évidence les variations de position de ces dents. Lavelle (113),
lui, a étudié les faces occlusales de prés et a soumis ses résultats à des analyses multivariées.
Selon lui, les faces occlusales de secondes prémolaires seraient l'indice le plus discriminant
pour identifier la population d'un individu par rapport aux premières prémolaires. Ce test
aurait en plus une meilleure sensibilité pour estimer l'appartenance à une population
caucasienne.
Chez 100% des Aborigènes australiens, des Mongols, des Chinois et des Indiens d'Amérique,
on retrouve le type Y5 contre seulement 87% des Américains blancs et 83% des Européens
(115).
Fig.14. Variations morphologiques des faces occlusales des molaires ( Granat et coll. 1992 )
56
Pour les deuxièmes molaires mandibulaires, le schéma le plus classique est +4 ou Y4. Mais
sur une population africaine du Sénégal, Moreau et Collet ont montré que près de 18% de ces
dents possèdent les schémas à 5 cuspides (139).
Plusieurs auteurs ont également signalé pour les populations africaines que la deuxième
molaire inférieure, et parfois la troisième, est souvent plus volumineuse que la première, et
donc pas en série descendante.
L'observation de ces deux caractères sur la deuxième molaire mandibulaire ( cuspides en Y5
et volume supérieur de la deuxième molaire par rapport à la première molaire ) oriente le
diagnostic de l'expert vers un sujet Africain (64).
Il existe enfin une dernière disposition, une molaire à six cuspides, qui se retrouve dans la
plupart des cas sur certaines premières molaires d'individus mélanodermes et australoïdes
(165).
Pour les molaires supérieures, la variabilité existe au niveau de l'hypocône ou cuspide disto-
palatine. Habituellement présente sur la première molaire et à un degré moindre sur la
deuxième, elle disparait sur la troisième molaire. Cependant elle persiste pour certaines
populations mélanodermes. (94,191)
57
La présence d'anomalies dentaires dont l'origine génétique est démontrée ne permet pas
d'affirmer l'appartenance du sujet examiné à telle ou telle population, mais il est vrai qu'un
ensemble de caractères peut orienter le diagnostic vers l'appartenance à telle ou telle
population.
Même si la forme des racines est propre à chaque dent et à chaque individu, on retrouve
cependant quelques caractéristiques différenciant les populations.
Concernant le nombre de racines, il a été observé que sur les premières prémolaires
inférieures, on retrouve beaucoup plus souvent deux voire trois racines chez les populations
mélanodermes (36,193).
Les populations xanthodermes présentent, elles, une plus grande fréquence de premières
prémolaires maxillaires monoradiculées que les autres populations (36,195).
58
De plus, les populations xanthodermes semblent avoir des racines plus courtes, surtout dans
les secteurs prémolo-molaires, et ont tendance à être plus fines et souvent fusionnées par
rapport aux autres populations (36,99)
Enfin, les populations mélanodermes et xanthodermes sont les plus sujettes au taurodontisme
sur les dents pluri-radiculées, loin devant les populations leucodermes (51,92,105,125).
Fig 17. Cas de taurodontisme. Image Fig 18. Cas de taurodontisme sur
et radiographie d’une dent extraite la première molaire mandibulaire
(Toullec 2011) (Piette et Goldberg 2001)
59
Les caractères dentaires secondaires sont des éléments morphologiques inconstants dont la
fréquence varie d'un individu à l'autre. Cependant, certains se retrouvent de façon plus ou
moins importante dans certaines populations.
Il s'agit d'une excroissance de la cuspide mésio-linguale des molaires supérieures sur la face
palatine, plus ou moins prononcée.
Sa fréquence varie d'une population à l'autre. Il est quasiment absent chez les populations
xanthodermes, rare dans les populations mélanodermes et très fréquent chez les populations
leucodermes (64,87,98,102,129,152).
Ce caractère est fréquemment rencontré sur les molaires inférieures des populations
mélanodermes et xanthodermes, notamment chez les Indiens d'Amérique, et rarement dans les
populations leucodermes (20,42,105).
Fig 20. Tubercule de Bölk sur une deuxième molaire maxillaire. Photo [Link], 2013
Les perles d'émail sont des nodules sphériques d'émail, situés soit sur la face occlusale ( perle
occlusale ), soit dans la région cervicale, au niveau de l'embrasure interradiculaire ou même
directement sur la racine (111).
61
Ces perles sont retrouvées en majorité dans les populations xanthodermes, en particulier chez
les Esquimaux, sur les canines, prémolaires et molaires; et exceptionnellement dans les
populations mélanodermes (20,152).
Fig 21. Perle d’émail sur une dent de sagesse maxillaire (Piette et Goldberg 2001)
Fig 22. Perle d’émail sur différentes dents de sagesse maxillaires (Woelfel et Scheild 2007)
Les caractères ostéométriques craniofaciaux varient au cours de la vie de l'individu; ils sont
liés au sexe ( le crane féminin est généralement plus petit et moins anguleux que celui de
l'homme; et certains os comme la mandibule sont plus sujets aux variations sexuelles) et il
existe aussi une variabilité non négligeable à l'intérieur d'une même population (64).
Ainsi, avant d'attribuer tel caractère craniofacial a telle population, plusieurs facteurs sont à
prendre en compte.
De plus, certaines pathologies atteignant les bases osseuses peuvent intervenir comme par
exemple la maladie de Paget, la maladie de Basedow, les dérèglements hormonaux…
Souvent, la variabilité des caractères crâniens est sous-estimée à l'intérieur d'une même
population homogène.
Les classifications des caractères crâniens en fonction des populations sont toujours
d'actualités, mais elles doivent être utilisées avec circonspection. Comme pour les autres
indices, c'est l'association de caractères qui peut être utilisée pour évaluer les populations.
Bonneau et coll ( 1983 ) ont réalisé plusieurs études (16), ainsi que Fronty et Coll ( 2005 ) qui
ont proposé une classification et des tableaux (64) :
Platyrrhinie +++ ++ +
Prognathisme +++ ++ +
Eskimo Mongol
Proalvéolie + 0
Dans un article datant de 1972, " Dental identification in the Rijeka air disaster" (78)
concernant l'identification de corps suite à un crash aérien, il est déjà question d'estimation de
population.
Cette catastrophe a fait 78 victimes ( 72 Britanniques et 6 Yougoslaves), à la suite de laquelle
ont été mises en place les démarches pour pouvoir identifier les corps.
73 ont pu être identifiés, 50 par identification positive, 9 par exclusion, et 14 par d'autres
méthodes ( bijoux, documents, détails d'opérations chirurgicales…).
Les 50 cas d'identifications dentaires positives ont pu être décomposés en plusieurs groupes
en fonction des éléments dentaires ayant permis cette identification.
Ainsi, 21 corps ont été identifiés grâce aux restaurations et couronnes seulement; 11 par
rapport aux restaurations et édentements, 2 en fonction des restaurations et de la race, 4 en
fonction des restaurations et de l'âge estimé, 7 grâce à l'estimation de l'âge seulement, 4 grâce
au nom sur l'appareil dentaire, et 1 cas par le port de prothèse complète.
Ce qui est intéressant dans cet article, c'est que pour deux des cas d'identifications positives,
il y a corrélation entre les restaurations dentaires et l’appartenance à une population. Il est
ainsi énoncé que dans ces deux cas on a pu relever des caractéristiques dentaires particulières
sur des corps de femmes lors des examinations: des arcades avec des dents bien espacées, un
diastème inter incisif, des incisives en pelles […] et une large utilisation de restaurations en
silicate au niveau des dents postérieures. Ces dentitions ont été décrites comme étant peu
probablement anglaises. Les restaurations et extractions dans ces deux cas correspondants à
deux passagers Yougoslaves.
Lors de la discussion de l'article concernant les caractéristiques raciales, il est énoncé que
dans les cas de catastrophes de masses englobant les membres de 2 groupes raciaux ou plus,
les investigations dentaires peuvent la plupart du temps diviser les corps en groupes raciaux
concernés, au même titre que la division des corps en groupe mâle et groupe femelle, pouvant
être comparés avec les uns aux autres.
66
Généralement sur les populations actuelles, l'observation du crâne et des dents ne permet pas
d'affirmer catégoriquement l'appartenance d'un individu à telle ou telle population. L'expert
doit demander l'avis d'un anthropologue et rester prudent dans ses conclusions, en gardant à
l'esprit que le brassage des populations peut rendre la méthode inopérante.
Les cas d’identification par le biais des prothèses dentaires ne seront pas développés ici, mais
on peut énoncer qu’en Suède, depuis 1995, les laboratoires dentaires marquent
systématiquement leurs prothèses (18) de manière à améliorer de manière notable
l’identification des individus porteurs, sauf mention contraire du patient. Cette technique a été
standardisée et acceptée par la FDI, cependant de récentes recherches ont indiqué que le métal
utilisé pour réaliser cette bande d’identification n’est pas résistante à de très hautes
températures (17,18), et que de nouveaux matériaux ainsi que de nouvelles techniques de
marquage devraient être explorés (41,167).
67
Les études anthropométriques ont mis en évidence de nombreux indices de l'influence du sexe
sur la morphologie.
Les variations squelettiques sont les plus connues et sont à l'origine de méthodes d'évaluations
basées sur les os les plus soumis à l'influence sexuelle : crâne, bassin, clavicule, humérus,
fémur…
Le massif maxillo-facial est plus sujet aux variations sexuelles que la boite crânienne.
Sur la face, les variations sexuelles ostéométriques les plus importantes s'observent sur la
mandibule, quant aux variations de la denture humaine, elles sont plus discrètes (64).
Dans tous les cas, et comme pour les autres indices, la détermination du sexe doit être intégrée
à une réflexion générale qui inclut d'autres méthodes.
Le dimorphisme sexuel de l'appareil manducateur est souvent très marqué chez les
mammifères, il atteint aussi bien les deux dentures que le système osseux, maxillaire et
mandibulaire.
Chez l'homme actuel, les variations odontométriques sexuelles sont en nette régression mais
persistent.
68
HOMME FEMME
Fig 23. Exemples de dentures typiquement masculines et féminines, prédominance volumétrique de la canine de
l’homme. (Fronty et coll. 2005)
Cette différence au niveau de la canine serait issue des facteurs de sélection naturelle et de la
compétition entre les mâles. Plus cette compétition est intense, plus les mâles sont puissants et
dotés d'attributs de dissuasion de combat.
Tous les degrés de compétition sexuelle sont connus chez les singes. Ainsi chez les espèces
monogames, la compétition est très faible. Dans ce cas, mâles et femelles possèdent la même
taille corporelle et leurs canines présentent une taille comparable.
69
Les chimpanzés, les bonobos et les hommes présentent le point commun d'appartenir à des
sociétés où les mâles sont apparentés et vivent en communauté, ce qui atténue le jeu de la
compétition (22).
Chaque dent est représentée par un premier segment de droite avant la minéralisation ( germe
dentaire ), un segment de droite surligné pendant la formation de la couronne ( amélogénèse
et dentinogénèse ) et un dernier segment de droite pour l'édification radiculaire (
dentinogénèse radiculaire ).
La pente de chaque droite est d'autant plus importante que la formation de l'organe dentaire
est rapide. Enfin, deux flèches déterminent la période d'éruption probable dans la cavité
buccale.
70
Tab 4. Le tableau synoptique du développement des dents humaines ( Fronty et coll. 1995 )
A la lecture du tableau, on peut voir clairement que la mise en place de la denture humaine
s'effectue par "vagues" successives, en mettant ainsi en évidence quatre groupes de dents.
71
Cette classification est plutôt inhabituelle pour le clinicien ou l'anatomiste puisque la canine,
monoradiculée, est séparée des autres monoradiculées pour être classée avec les prémolaires
et la deuxième molaire; la première molaire quant à elle, est rattachée aux incisives.. Mais
cette répartition conduit à une classification des dents basée sur la chronologie de leur
développement, utilisable pour déterminer un âge dentaire en période de minéralisation.
Ainsi, au regard du tableau, on peut voir que la période d'éruption de chaque dent dans la
cavité buccale, encadrée par les deux flèches, ne dépend pas du stade de son édification
radiculaire, mais du groupe auquel elle appartient. On observe donc que pour le premier
groupe, l'éruption a lieu lorsque le premier tiers de la racine est formée, à la moitié de la
racine pour le deuxième groupe et aux deux tiers pour le troisième.
Cette approche de synchronie évolutive a permis de mettre en évidence deux dents qui se
singularisent : M1 par sa précocité et la canine pour son développement tardif.
Dans les deux dentitions, la canine est la dent dont les durées d'amélogénèse et de
dentinogénèse primaire sont les plus longues. Au moment de l'éruption, son édification
radiculaire est totale mais tardive pour une monoradiculée. Elle apparait souvent de manière
différentielle entre les filles et les garçons, après M1, I1 et I2 généralement mais souvent
après P1 chez les garçons (62).
De plus la pratique clinique a depuis longtemps mis en évidence un décalage des dates
d'éruption et des phases de minéralisation en fonction du sexe, plus précoces chez les filles.
Le décalage est de 10% pour l'ensemble des dents et de 20% pour les canines.
72
Thompson et coll. (189) ajoutent que chez les garçons, les dents se forment plus tardivement
que chez les filles mais se forment tout aussi vite.
Les arcades sourcilières, les crêtes supra orbitaires, la mandibule et l'os zygomatique sont plus
développés; les processus mastoïdes et styloïdes sont plus longs que chez la femme ( par
exemple, si on pose le crâne d'une femme sur un plan horizontal, les processus mastoïdes,
plus courts, n'atteignent généralement pas ce plan ).
73
Ce sont des caractères descriptifs ou qualitatifs, qui orientent le diagnostic sexuel sans
permettre d'affirmer une réponse certaine.
Une approche ostéométrique, plus quantitative peut conforter le diagnostic grâce à une série
d'indices, cependant les résultats sont à exprimer en terme de probabilité.
Une approche plus récente, la morphométrie géométrique a permis d'écarter le facteur taille,
variable d'une population à l'autre pour permettre une séparation de la taille et de la
conformation.
a. Indice cranio-fémoral:
En présence du crâne et des fémurs, on peut mesurer l’indice Ic f, qui correspond au poids des
fémurs divisé par le poids du crâne. Il est supérieur à 1 chez l'homme et inférieur à 1 chez la
femme.
Dans 93% des cas, chez les leucodermes, le poids des fémurs est supérieur à celui du crâne.
Cependant ceci n'est vérifié qu'en présence d'un squelette frais, avec des degrés d'hydratation
homogène entre les différents éléments osseux.
b. Indice cranio-mandibulaire:
Ic m correspond au poids de la mandibule dentée divisée par le poids du crâne seul. Cet indice
est de 14,4 chez l'homme et de 13,3 chez la femme.
c. Indice cranio-cérébral:
Icc correspond à la capacité cérébrale divisée par le poids du crâne. Comparativement, les
cranes féminins ont une capacité cérébrale plus grande. Chez les mésodermes, Icc est
supérieur à 45, avec une différence sexuelle plus marquée.
d. Poids de la mandibule:
Pour les français, si le poids de la mandibule est supérieur à 80g, c'est un homme, s'il est
inférieur à 38g, c'est une femme.
Ce sont des équivalents radiométriques de la craniométrie. Les auteurs ont comparé les
radiographies de 100 crânes d'hommes normaux âgés de 20 à 72 ans et ceux de 100 femmes
normales âgées de 22 à 85 ans.
Les clichés ont été pris en incidence frontale, bouche fermée, et quatre mesures ont été
réalisées:
Guyomarc'h et Bruzek ont évalué le degré de dimorphisme sexuel du crâne par le biais de la
morphométrie géométrique. Cette technique, basée sur les nouveaux procédés d'étude de la
région pelvienne, s'affranchit des spécificités populationnelles. La taille est la principale
manifestation du dimorphisme sexuel, mais sa variabilité et sa faible ampleur chez l'homme
empêchent l'obtention d'une classification acceptable en identification.
Une population est relativement homogène en terme de taille, même si elle possède une
variabilité morphologique propre, différente d'autres groupes.
Ainsi, la morphométrie géométrique est un outil qui permet de séparer la taille de la
conformation, la conformation étant définie comme invariante lors des opérations de "mises à
l'échelle" entre populations.
Ceci pour permettre d'évaluer le dimorphisme sexuel après extraction de la taille globale et de
vérifier si les différences crâniennes de conformation sont inhérentes au différences entre
hommes et femmes ou si elles sont dues à d'autres facteurs ( spécificités populationnelles,
effet de l'âge…).
Cette étude a été réalisée sur 50 individus, sans étudier la mandibule ( en raison de l'état
dentaire des sujets ), issus de la collection du Pr Georges Olivier cité dans le 1. créée en 1960.
L'âge moyen de cet échantillon est de 51 ans pour les hommes et 58 ans pour les femmes.
Peu d'auteurs ont utilisé les variations sexuelles odontométriques pour déterminer le sexe d'un
sujet. Fronty et coll ont comparé les mensurations dentaires d'une population poitevine (
Fronty 1978,1979 (54,55) ), à celles d'autres populations: noirs américains ( Richardson,
Malhotra 1975 (166) ), jeunes nord américains de souche européenne ( Mooreess et coll. 1957
(138) ), une population de l'ile de Java ( Mijsberg 1931 (140) ), une population de l'ile de
Nouvelle Bretagne ( Janzer 1927 (91) ), une population d'Indiens Knoll ( Perzigian 1976
(157) ).
Ces auteurs ont étudié 4079 sujets, dont 2500 âgés de 20 à 50 ans et les autres tous dans leur
20ème année, vivants et décédés. Ils ont pris les mesures mésio distales des incisives et des
canines à l'aide d’un pied à coulisse, à la fois sur les dents et sur les radiographies.
Au maxillaire : La différence des dimensions mésio distales entre incisives centrale et latérale
est plus grande ( 2,1mm ) chez la femme et plus faible chez l'homme ( 1,8mm ).
A la mandibule : la différence des dimensions mésio distales entre incisive latérale et canine
est plus petite chez la femme ( 0,7mm ) et plus grande chez l'homme ( 1mm ).
A la mandibule : la fusion des racines des deuxièmes molaires, visible sur les radiographies,
est plus fréquente chez la femme ( 30,9% ) et moins fréquente chez l'homme ( 22% )
L'hypoplasie dentaire est plus fréquente chez la femme, et chez l'homme les dents
surnuméraires apparaissent plus souvent.
L'agénésie des dents de sagesse est plus fréquente chez la femme.
Ils concluent que l'importance numérique de leur échantillon leur permet de dire que ces
indications sont utilisables non seulement pour une reconnaissance d'identité ou de paternité
mais aussi dans certains cas d'hermaphrodisme.
Dans cette étude, Fronty a mesuré l'indice de robustesse du bloc incisivo canin dans un
échantillon de 200 sujets de la région Poitevine, âgés de 18 à 60 ans, décédés. Tous
présentaient une denture normale au niveau incisivo canin.
Pour cela, un pied à coulisse a été modifié, avec un affichage digital et une précision de
0,1mm, et des mors plus précis.
Un détartrage préalable a souvent été nécessaire, puis les mesures des diamètres vestibulo-
lingual et mésio-distal ont été réalisés directement en bouche, parallèlement au grand axe de
la dent.
Les facteurs pouvant faire varier ces dimensions ont été préalablement évalués comme
l'usure, la carie, la mylolyse, ou tout autre perte de substance; dans ces cas la, ces dents
n'ont pas été mesurées.
Les auteurs ont constaté que la tendance masculine se caractérise par de fortes canines
et de petites incisives mandibulaires, et la tendance féminine par des petites canines et
des incisives mandibulaires proportionnellement plus grandes.
Ainsi, la comparaison des indices de robustesse de la canine et de l'incisive latérale
mandibulaires ont permis de classer correctement 84 % des sujets.
79
Tab 5. Classement des sujets selon l'indice de robustesse des dents (Fronty 1978 )
Dans leurs travaux, Bequain et Boutonnet ont relevés les diamètres mésio-distal et vestibulo-
lingual, et la longueur radiculaire, de 276 dents prélevées sur des cadavres ou prévenant
d'extractions thérapeutiques de sujets indo-européens.
Ils ont ainsi calculé le module radiculaire qui correspond à la somme des deux diamètres en
mm et le rapport de ces deux diamètres.
80
Ils ont remarqué que pour la canine maxillaire, si le module radiculaire est supérieur à 13,5,
la dent a toute les chances d'appartenir à un homme. Pour l'incisive latérale maxillaire, cette
valeur est de 11,6.
Pour finir, ils ont étudié la corrélation entre les deux variables et ont réalisé un graphique
affichant la "bonne" probabilité dans la détermination du sexe ( plus probant pour la canine
que pour l'incisive latérale ).
La méthode Dimodent, élaborée par Fronty, Coignet et Ingrand, est plus récente et très
intéressante. Elle s'appuie également sur la comparaison des diamètres vestibulo-lingual et
mésio-distal des canines et incisives latérales mandibulaires, avec formulation d'une équation
de prédiction sexuelle.
Cette étude a été réalisée sur une population de 175 hommes et 175 femmes décédés,
représentatifs de la population leucoderme française.
Après un détartrage souvent nécessaire, des moulages dentaires ont été effectués pour chaque
sujet, avec des matériaux d'empreinte et de coulée répondant aux critères de garantie de
restitution fidèle des mesures dentaires réelles.
Les mesures ont ensuite été prises selon le grand axe de chaque dent, avec un pied à coulisse à
affichage digital, de précision 0,1mm.
Les résultats ont confirmé que la tendance male se caractérise par une forte canine
mandibulaire et une petite incisive latérale.
81
A l’aide de ces résultats, ils ont ensuite formulé l’équation de prédiction sexuelle P, à l’aide
de différents paramètres dont y, évalué en fonction des différents diamètres de la canine
inférieure et de l’incisive latérale inférieure ainsi qu’avec différents coefficients calculés
logistiquement
P= 1/(1+e-y)
Ces différentes études ont basé leur méthode d'évaluation sexuelle à partir de caractères
dentaires et osseux.
Aitchison utilise 9 caractères, dont 2 concernant la denture. Il estime que " la différence entre
les deux incisives tend à être plus grande chez la femme en moyenne, la première incisive
féminine est en moyenne plus grande, la seconde plus petite".
- L’indice incisif (Ii), qui correspond au diamètre mésio-distal de l’incisive latérale maxillaire
divisé par le diamètre mésio-distal de l’incisive centrale maxillaire, multiplié par 100.
Pour cet auteur, cet indice est plus grand chez l’homme.
- Le diamètre vestibulo-lingual des prémolaires et molaires est plus important chez l’homme.
- La différence entre les largeurs des incisives centrales et latérales maxillaires est supérieure
ou égale à 2 mm pour l’homme, inférieure à 2 mm pour la femme.
- L’angle goniaque droit est supérieur ou égal à 121 degrés pour l’homme, inférieur à 121
pour la femme. (α)
- La hauteur de l’os alvéolaire mandibulaire est supérieure ou égale à 30 mm pour l’homme,
inférieur à 30 pour la femme. (1)
- La largeur bigoniaque est supérieure à 103 mm pour l’homme et inférieure à 83 mm pour la
femme. (2)
- La largeur bicondylienne est supérieure à 125 mm pour l’homme et inférieure à 105 mm
pour la femme. (3)
- La distance entre l’épine de Spix et la crête temporale est supérieure à 11,5 chez l’homme et
inférieure ou égale à 11,5 mm chez la femme. (4)
Dans cette étude, les auteurs utilisent 2 caractères, l'un dentaire : le diamètre mésio distal de la
canine mandibulaire; et l'autre dento-osseux : la longueur du segment de droite allant de la
pointe de la canine mandibulaire gauche à la pointe canine mandibulaire droite, appelé arc
canin inférieur.
Ils ont ainsi défini l'indice mandibulaire canin = diamètre mésio distal de la canine
mandibulaire divisé par la valeur de l'arc canin inférieur.
Ils ont ensuite calculé la valeur standard de cet indice au sein de leur échantillon ( population
d'origine indienne ) et ont trouvé une différence significative entre garçons et filles :
Indice MCI standard = 0,285
Un indice MCI supérieur à 0,285 traduit une tendance masculine
Un indice MCI inférieur à 2,285 traduit une tendance féminine.
En conclusion, on peut dire que lorsqu'un diagnostic sexuel est recherché, les méthodes
génétiques restent les plus fiables. L'intérêt de la biométrie osseuse et dentaire persiste devant
l'échec de l'extraction de l'ADN ( putréfaction totale, carbonisation…).
Les variations sexuelles de la denture humaine concernent surtout les canines mandibulaires,
plus fortes en comparaison avec les incisives latérales chez l'homme, même si ce caractère est
très discret. L'aspect plus régulier de la denture féminine étant dû à la présence de canines
plus réduites et d'incisives proportionnellement plus grandes.
D'un point de vue plus général, les dents masculines sont plus fortes que leurs homologues
féminines mais ce seul critère n'est pas suffisant pour établir un diagnostic fiable.
Ces études montrent que les différences ne peuvent être objectivées par le seul examen
clinique d'une denture. De même qu'il est impossible de formuler le diagnostic sexuel en se
basant sur les valeurs absolues des dimensions dentaires.
86
Il est possible d'orienter le diagnostic sexuel avec les dents les plus dimorphiques comme la
canine mandibulaire et sa voisine, l'incisive latérale, à condition de réaliser leur analyse dans
une méthodologie statistique stricte, mais en aucun cas de déterminer de manière formelle le
sexe.
Il existe un grand nombre de traces d'origine non thérapeutique, dans la bouche des patients.
Leurs découvertes peuvent nous renseigner sur un grand nombre de coutumes, d'habitudes
alimentaires ou professionnelles, de fonctionnements physiologiques particulier…
Les habitudes de vie étant très variées et d'un nombre considérable, on ne peut réaliser de
catalogues exhaustifs.
Voici les plus connues :
II.4.1. Les habitudes pouvant entraîner des pathologies ou des signes remarquables :
Comme son nom l’indique, elle touche les dents temporaires chez l’enfant dès son plus jeune
âge. Elle est le signe que ce dernier vivait ou s’endormait avec un biberon de lait ou de
boisson sucrée ou encore qu’il tenait régulièrement en bouche une sucette imbibée d’une
substance sucrée ( syndrome de la sucette ).
- Succion, interposition : dans les habitudes de l'enfance, on peut également citer la succion
du pouce, d'un ou plusieurs doigts ou d'objets divers, de même que la persistance de
l'interposition de la langue lors de la déglutition ( déglutition infantile ), tout ceci étant à
l'origine de malpositions dentaires, d'une béance…
Un traitement orthodontique laisse souvent des traces bucco dentaires ( caries sous bague,
traces de collage…).
Pour améliorer leur confort, les artisans maintiennent souvent des objets entre leurs dents afin
d'éviter des gestes supplémentaires de grande amplitude ou encore de rechercher l'objet. Placé
toujours au même endroit pendant de nombreuses années, l'objet est créateur d'usure
caractéristique.
Ainsi on note les fissures et les échancrures du bord incisif chez les couturiers, les tailleurs,
tapissiers qui se servent de leurs dents pour tenir des aiguilles, des clous, couper du fil…
Les abrasions occlusales chez les personnes travaillant dans un environnement rempli de
particules abrasives (carrière, sablière, sableurs de métaux, marbriers…)
Le bruxisme entraînant une usure bien caractéristique (jusqu’à la fracture coronaire), à la fois
dans les métiers « stressants » mais aussi dans les métiers à atmosphère « lourde » (vibrations,
fort décibel…) comme les utilisateurs de marteau-piqueur, les pilotes…
88
Les usures sont constatées aussi chez les musiciens d’instruments à vent, les souffleurs de
verre.
Fig 28. a. Encoches caractéristiques aux incisives centrales gauches maxillaire et mandibulaire, liées au
dénudement de câbles électriques. L’individu a travaillé comme électricien pendant des années.
b. Erosion caractéristique vue parmi les travailleurs en environnement acide.
c. Encoche causée par le maintien d’épingles entre les dents. Cette personne était une couturière.
d. Un cas sévère de fluorose dentaire vu parmi les travailleurs des industries de superphosphate.
(Pretty et Addy 2001)
De même, la prise de certains médicaments à un moment donné peut entraîner des colorations
dentaires irréversibles.
Fig 29. Cas de coloration dentaire par la prise d’antibiotique ( probablement la tétracycline ). L’antibiotique a
été pris à une période de maturation dentaire et entraine ainsi une démarcation nette. (Photo [Link] 2013)
Hernie hiatale Erosion marquée sur les surfaces palatines Régurgitation ou vomissement du
Ulcère gastrique des incisives et prémolaires maxillaire contenu gastrique. L'acide gastrique a
Reflux gastro oesophagien un pH en dessous de 1
Jaunisse néonatale Coloration verte à brun-jaune des Plus fréquemment associée à une
[Link] hypoplasie de l'émail peut incompatibilité rhesus
également apparaitre
Porphyrie congénitale Les dents affectées montrent une Héritage autosomial récessif. Circule
coloration brun-rose qui rougit sous la dans les prophyrines du sang qui se
lumière UV déposent dans les tissus durs dentaires
Suppléments en Fer Marquage noir des dents Déposition à la surface des dents
On peut également noter qu'un brossage horizontal trop énergétique provoque des lésions
cervicales non carieuses (LCU) au niveau des collets dentaires. Ces lésions peuvent indiquer
si le sujet était droitier ou gaucher car elles prédominent d’un côté.
Le tabac entraîne des colorations brunâtres sur les faces vestibulaires et palatines du bloc
antérieur surtout. Chez le fumeur de pipe, on peut retrouver en plus des usures au niveau du
bord libre à l'endroit où était tenu le tuyau de l’objet.
Le thé et le café entraînent des colorations temporaires.
Elles sont le reflet de l’appartenance à un groupe, à une ethnie, d’où leur grande importance
dans le travail des enquêteurs. On en trouve de différentes sortes :
La taille des dents : rencontrée exclusivement chez les hommes (Sénégal, Côte d’Ivoire,
Burkina Faso, Guinée, Soudan), il consiste au biseautage du tiers incisal afin d’obtenir une
forme de pointe, le nombre de dents taillées serait à l’image du courage de l’individu.
On peut retrouver la suppression de l'angle des bords mésiaux des incisives centrales
supérieures au Sénégal, au Burkina et à la Côte d'Ivoire. La taille de la partie médiane du bord
libre incisif des incisives centrales maxillaires, faisant apparaitre deux pointes proximales,
s'observe au Congo.
A Bali, les hommes et les femmes doivent se limer les dents antérieures avant de se marier.
Les teintures dentaires, comme les dents laquées en noir au Viet Nam; la
coloration/abrasion/atteinte parodontale due à la mastication de la chique de Betel ( Inde,
Péninsule Indochinoise, Indomalaisie en particulier ), la coloration rouge orangée chez
certaines tribus du Niger, Nigéria, Tchad et Cameroun.
91
Etant donné la rareté de ces particularités (peu répandues et de plus en plus rares), elles sont
hautement informatives.
Aujourd'hui les adolescents sont de plus en plus adeptes de tatouages et de piercings, que ce
soit pour revendiquer leur appartenance à un groupe, à une idée ou simplement comme
décoration, pour s’embellir et pour séduire.
Cependant cette pratique n'est pas seulement un effet de mode puisqu'elle existe depuis des
milliers d’années.
Dans la culture européenne, les marins en particulier étaient identifiés avec des tatouages et ce
jusqu'après la Seconde Guerre Mondiale.
Ce système d'identification était aussi, avant l'arrivée de la photo d'identité, un moyen sûr et
efficace pour le renseignement des fiches des forces de police sur la pègre, et comportaient la
signalisation et la description de chaque tatouage qui permettaient ainsi d'identifier sans erreur
un individu.
On peut également évoquer l'identification "ka-tzetnik" mis en place par les Nazis à
Auschwitz pendant la Seconde Guerre Mondiale, qui consiste à tatouer sur l'avant-bras, leur
numéro matricule aux détenus du camp d'Auschwitz.
- En Chine, les jeunes filles se font tatouer le visage comme signe de maturité, de passage à
l’âge adulte (chez la population Drung).
- Les Maoris de Nouvelle-Zélande se font tatouer le visage entièrement car elle représente la
partie du corps la plus sacrée.
- Au Maghreb, les berbères se font tatouer le visage pour conjurer le mauvais sort. Les
Imazighen se tatouaient le front, le menton, les joues et les tempes. Selon le sexe, les
populations d’Afrique du nord se dessinent au niveau du front une croix ou un rond pour
l’homme, un palmier pour la femme.
92
Le piercing des lèvres, de la langue devient de plus en plus un phénomène de mode, mais tout
comme le tatouage, il peut faire partie d’une culture, d’une coutume (en Amérique centrale,
Amérique du sud et Ethiopie, certaines tribus se percent la lèvre inférieure et agrandissent le
trou pour y placer des plateaux en bois). Le travail de l’expert est ici de localiser parfaitement
le bijou, de donner ses caractéristiques (forme, dimensions) et de le photographier.
Lors de l’autopsie, le légiste peut retrouver, à la place du bijou, la cicatrice de celui-ci ainsi
que certaines lésions spécifiques au niveau dentaire (dents fêlées, parodonte fragilisé,
déchaussement).
Le développement des dents est considéré comme un indice utile de maturation car les dents
sont les organes du corps les moins touchés par les dommages engendrés par les maladies
endocriniennes et environnementales (126,173). De plus, la maturation dentaire est davantage
contrôlée génétiquement que par des facteurs environnementaux contrairement à la
maturation osseuse (71,126,135,136,143).
L'odontogénèse est la formation des germes dentaires, chaque germe passant par divers stades
successifs : lame, bourgeon, cupule, cloche dentaire, différenciation terminale des
odontoblastes et améloblastes, formation des racines et éruption dans la cavité buccale.
L’odontogénèse s’achève aux environs de 18-25 ans avec la rhizagénèse et l'éruption des
3èmes molaires ou dents de sagesse.
Chaque critère est côté de 0 à 4 selon son intensité. L’expérimentateur utilise principalement
des coupes histologiques minces (200 microns d’épaisseur) de dents antérieures afin de
réduire la marge d’erreur (les dents postérieures étant plus compliquées à analyser).
Il additionne ensuite les « points » attribués à chaque dent qu’il reporte sur « la droite de
régression de Gustafson » qui a pour formule A(âge) = 11.43 + 4.56X , X étant la somme
des coefficients attribués à chaque paramètre.
C’est une méthode très fiable, et la marge d’erreur à considérer est de 4.6 années.
Cette méthode ainsi que les critères utilisés vont être repris et remaniés par plusieurs auteurs
dont LAMENDIN en 1981.
Elle est en réalité une simplification de la technique précédente et ne fait pas subir de
détériorations à la dent étudiée. Elle conserve deux critères :
Ce test s’effectue exclusivement sur des dents monoradiculées n’ayant pas subies de
traitement endodontique.
L’expérimentateur applique la formule : A (âge) = 0.18 x P + 0.42 x T + 25.53
P = (hauteur parodontose x 100) divisé par la longueur de la racine
T = (hauteur translucidité x 100) divisé par la longueur de la racine
Dans cette technique, la dent analysée n’est pas sectionnée. L’expert utilise une source
lumineuse et un pied à coulisse. Cette méthode a pour avantage d’être plus rapide et plus
simple, mais des auteurs ont constaté des limites chez des individus de 49 ans et plus
souffrant de maladies parodontales. En effet, ils observent une sous-estimation de l’âge et une
zone d’erreur pouvant aller de 7 à 18 ans (52)
Toutefois, malgré une bonne approche dans l’estimation, il est préférable de ne pas utiliser
cette méthode chez des sujets de moins de 30 ans.
D’autres techniques doivent être exploitées pour estimer l’âge d’un fœtus et d’un enfant.
CHARLES et coll. 1986 signalent que « la méthode d’estimation de l’âge par l’analyse des
anneaux de cément semble être la méthode la plus fiable dont on dispose en ce qui concerne
les adultes, comparée à l’exactitude des meilleures techniques multivariées d’estimation
d’âge » (35,165)
Nous savons que le cément s’appose cycliquement tout au long de la vie de l’individu, et donc
augmente d’épaisseur avec l’âge avec un rythme de dépôt annuel. On va ainsi pouvoir
observer en lumière polarisée cette apposition de cément qui se présente sous forme de bandes
de différentes densités :
- une bande large et translucide relatant une période d’accroissement de la cémentogénèse ;
- une bande sombre et étroite relatant un ralentissement du processus.
Plus tard SOLHEIM, en 1990, réitère l’expérience en analysant le cément du tiers apical
radiculaire (128).
96
Il s'agit d'une nouvelle méthode pour estimer l’âge d’un adulte basée sur la relation entre l’âge
et la taille de la pulpe dentaire à partir de clichés radiographiques rétro-alvéolaires.
En 2005, Bosmans et al. dans leur étude (19), concluent à une estimation de l’âge comparable
à la technique originale de Kvaal à condition que les critères de sélection soient respectés et
que les images des radiographies panoramiques soient de bonne qualité.
En 2007, Meinl et al. (131) énoncent que les formules de régression de la méthode de Kvaal
ne s’appliquent pas à leur échantillon et concluent à la nécessité de recherches ultérieures.
Récemment, Landa et al. (2009) (108) ont testé la reproductibilité de cette méthode et ne l'ont
pas confirmée. De plus, les formules de régression appliquées à leur échantillon d’étude ont
montré des valeurs éloignées de l’âge réel.
D'autre part Cameriere et al. (26,28,29) ont décrit une autre méthode qui mesure le ratio de la
surface de la pulpe sur la surface des canines maxillaires et mandibulaires.
Babshet et al. (2010) (10) ont testé cette méthode sur les canines mandibulaires et trouvent
une corrélation plus faible. Les auteurs suggèrent de faire le test sur plusieurs dents pour
améliorer la précision des estimations.
Dans tous les cas un certain nombre d’articles rapportent la nécessite d’utiliser des critères
plus précis pour l’estimation de l’âge (108,150,174,175).
97
En 2009, Santoro et al. (170) soulignent l’importance de la taille des échantillons et du type
d’analyse statistique. De plus, les possibles différences de mesures de la même dent obtenues
par plusieurs observateurs sont soulevées par certains auteurs (101).
Cependant, les méthodes basées sur les corrélations entre l’âge et les ratios pulpe / hauteur et
largeur des dents mesurées à différents niveaux (26,29,106) utilisent des radiographies qui
représentent la dent en deux dimensions seulement. Par conséquent, les ratios calculés avec ce
type de mesures ne tiennent pas compte de la représentation tridimensionnelle des
changements morphologiques de la dent et donc de la diminution du volume pulpaire liée à
l’apposition de dentine secondaire qui est elle-même liée à l’âge.
A partir des années 90, l’imagerie médicale et la 3D vont permettre d’aller plus loin dans
l’étude des éléments dentaires. Dans un premier temps, ces nouvelles techniques vont
permettre de s’affranchir des biais dus à la distorsion et à la mauvaise visibilité des structures
dentaires à cause de la superposition, notamment sur les orthopantomogrammes (40).
De plus, elles permettent d’étudier les microstructures et les volumes des différents tissus de
la dent.
Ainsi, Vandervoort et al, en 2004, ont été les premiers à proposer d’utiliser les microscanners
CT (Computed Tomographical) pour estimer l’âge, en calculant le volume pulpaire de dents
monoradiculées (126,197).
D’autres études ont suivi, notamment Aboshi et al, en 2005, qui ont proposé une méthode
basée le calcul de ratios du volume pulpaire sur le volume de la dent à différents niveaux (2) ;
et plus récemment, Someda et al, en 2009, qui ont effectué des mesures de volumes amélaire,
dentinaire et pulpaire pour étudier la corrélation avec l’âge, en tenant compte du sexe (185).
Selon ces derniers, la corrélation la plus important pour les deux sexes est retrouvée avec le
ratio volume pulpaire sur le volume de la dent entière sans l’émail (126,185).
98
En 2010, Aboshi et al ont décrit également une nouvelle méthode d’estimation de l’âge en
mesurant les rapports entre volume pulpaire et coronaire, et les volumes pulpaire et
radiculaire à différents niveaux (1), la meilleure corrélation avec l’âge étant avec le tiers
supérieur radiculaire, corrélation qui diminue avec le tiers moyen, puis inférieur radiculaire
ainsi que coronaire (1,126).
Une autre alternative utilisant l’imagerie tridimensionnelle a été initiée par Yang et al en 2006
(203) avec l’utilisation de la tomographie volumique à faisceau conique ou CBCT ( Cone
Beam Computed Tomography ). Cette technologie est dédiée à la sphère maxillo-faciale et se
distingue du scanner conventionnel qui effectue plusieurs coupes linéaires se superposant lors
de multiples rotations, par un faisceau ouvert, conique, qui balaie l’ensemble du volume en
une seule révolution (126,207). Par rapport au micro-CT, le CBCT permettrait d’appréhender
le processus continu de minéralisation de plusieurs types de dents, et d’étudier le
vieillissement physiologique des structures dentaires avec de véritables mesures en 3D, en
tenant compte de l’environnement avoisinant.
Ainsi, la technologie CBCT permet d’envisager de nouvelles recherches pour l’estimation de
l’âge.
En biochimie, les acides aminés sont classés selon leur analogie par rapport
aux énantiomères du glycéraldéhyde. Par un processus encore mal compris, les acides aminés
sont tous conservés dans une configuration analogue à l’énantiomère lévogyre du
glycéraldéhyde. Cependant, lors de la mort de la cellule, le mécanisme de contrôle de la
chiralité s’évanouit et laisse place à la racémisation des molécules : la proportion des acides
aminés en configuration lévogyre ou dextrogyre s’équilibre et leur proportion fournit l'époque
de la mort de l’organisme étudié.
Dans notre cas, on s'intéresse au taux de racémisation de l’acide aspartique {14} (acide
amion-1 succinique). Cet acide aminé est présent dans l’émail et la dentine.
99
Nous devons les premières études à Ogino et al. (1988), puis Ohtani et al. en 1991 l’a exploité
à son tour pour déterminer l’âge au moment du décès dans les affaires médico-légales. Celui
ci a obtenu une précision de plus ou moins 3 ans.
Cependant, toutes ces méthodes ont comme inconvénient d’être utilisables seulement chez
l’adulte (excepté la méthode biochimique).
D’autres moyens doivent être mis en œuvre pour déterminer l’âge d’un fœtus ou d’un enfant.
Le développement dentaire peut être mesuré de deux façons : éruption dentaire ou formation
de la dent.
Nous savons aujourd'hui que l’éruption dentaire est un phénomène discontinu et peut être
affecté par de nombreux facteurs tels que la malnutrition, la perte prématurée des dents
temporaires ou la maladie carieuse.
Cependant, la formation des dents a été estimée comme une valeur plus fiable pour
l'estimation de l’âge de l'enfant, car moins sujette aux variations environnementales
(43,65,66,118,137,153).
Initiées par les travaux de Gleiser et Hunt (1955) (71), des méthodes, basées sur l’évaluation
de la maturation dentaire par l’intermédiaire des stades dentaires, se sont développées. .
Ces méthodes définissent les étapes de minéralisation des dents observées sur des
radiographies (type radiographies panoramiques principalement) qui sont, par la suite, codées
selon des scores prédéterminés.
La méthode Demirjian, Goldstein et Tanner (44), et modifiée par la suite par d’autres auteurs
(30,34,202) est la plus couramment utilisée.
La méthode de Demirjian et al. (44) évalue le développement de 7 dents permanentes
mandibulaires gauches et repose sur le codage de ces dents à partir d’une radiographie
panoramique. La troisième molaire, de par sa variabilité, n'a pas été prise en compte.
L’étude a été réalisée sur 1482 filles et 1446 garçons, tous canadiens d’origine française et
âgés de 2 à 20 ans.
101
Huit stades dentaires sont définis pour chaque type de dent (i.e. incisives, canine, prémolaires,
molaires)
Fig 31. Représentation des différents stades radiographiques en fonction du type de dent permanente
( Dermirjian et al. 1973)
Le stade de développement de chaque dent est converti en un score et les 7 scores attribués à
chaque dent sont additionnés pour donner le score total de maturité (compris entre 0 et 100)
pour l’individu concerné.
Ensuite l’indice de maturité dentaire est converti en âge dentaire par l’intermédiaire d’un
abaque proposé par les auteurs. Les tables de conversion ainsi produites permettent des
estimations entre 3 et 16 ans, les classes d’âges extrêmes étant insuffisamment représentées
pour être intégrées.
En 1986, Demirjian a augmenté l'effectif de l'échantillon pour apporter une plus grande
précision et fiabilité.
102
Ainsi certains auteurs (77) affirment que l’estimation de l’âge par la méthode de Demirjian et
al. est réalisée avec une plus grande précision et fiabilité pour les jeunes enfants et concluent
que cette méthode est mieux adaptée pour la petite enfance.
Cependant, cette méthode présente deux limites. D’une part, l’appréciation des stades
d’évolution des dents est qualitative et présente une part de subjectivité. D’autre part,
l’échantillon utilisé est issu d'une population spécifique (échantillon canadien).
Par la suite, plusieurs travaux ont tenté de corriger ce biais d'échantillonnage par des
évaluations sur d'autres populations, diverses études ont montré une surestimation de la
méthode de Demirjian et al. lorsqu’elle est appliquée à un échantillon européen (202).
Nystron et al. (146) ont observé une maturation dentaire plus avancée pour les enfants
finlandais et Staaf et al. (186) ont déduit une surestimation de 6 à 10 mois lorsque la méthode
de Demirjian et al. est appliquée à un échantillon scandinave. Bagherpour et al., en 2010,
(11) concluent à une estimation appropriée pour des âges compris entre 9 et 13 ans.
Toutefois, les protocoles d’étude doivent faire appel à une méthodologie adaptée et détaillée à
partir d’un échantillon d’étude clairement défini pour éviter des erreurs méthodologiques
pouvant biaiser les résultats statistiques.
Les 8 stades des premières et deuxièmes molaires développés dans la méthode de Demirjian
et al. en 1973 (44) sont utilisés pour les troisièmes molaires à partir de radiographies
panoramiques (9,95,100,116,130,134,149,161,183).
Meinl et al. (130) énoncent ainsi que les troisièmes molaires se minéralisent rapidement dans
les premiers stades, puis un ralentissement apparait lorsque leur formation est presque
terminée.
Les résultats de cette étude autrichienne montrent que dans le cas où les 3èmes molaires sont
présentes en bouche, la probabilité que l’individu ait au moins 18 ans est 99,5%.
De même la plupart des études montrent que les sujets ayant leurs troisièmes molaires au
stade de développement « H » décrit par Demirjian et al. (44) ont très probablement atteints
l’âge de 18 ans (117).
Récemment, une nouvelle classification (Fig 32 ci dessous) a été établie en tenant compte des
différents stades de visibilité radiographique de la pulpe des racines des troisièmes molaires
(148). Trois stades ont été mis en évidence par évaluation qualitative de la visibilité de la
lumière canalaire.
Ces auteurs concluent que pour un stade 0, un âge inférieur à 18 ans n’est pas exclu.
Pour les stades 1 et 2, les sujets ont probablement plus de 18 ans et très probablement plus de
21 ans.
Les stades 2 et 3 correspondent à des sujets ayant plus de 21 ans (148).
Fig 32. Schémas et radiographies montrant les stades de visibilité de la pulpe radiculaire sur une troisième molaire
(Olze et al. 2010)
104
De nombreuses études apparaissent pour déterminer l’âge des individus par l’apport de la
numérisation et de la tomodensitométrie. Comme pour l’estimation de l’âge chez l’adulte,
l’utilisation du micro CT permet d’analyser la dent en trois dimensions et les différents
volumes sont calculés mathématiquement.
Ainsi, Colombo et al, en 2012, proposent des améliorations méthodologiques dans
l’estimation de l’âge au décès des enfants par quantification 3D des molaires, en reprenant les
paramètres préconisés par Moorres et al (40).
Pour apprécier l’âge d’un fœtus, les études se focalisent sur les points d’ossification ainsi que
sur les follicules dentaires.
La mandibule et le maxillaire dérivent du premier arc branchial vers la 4ème semaine de vie
intra-utérine (IU). Ce premier arc ou arc mandibulaire est constitué du processus maxillaire et
du processus mandibulaire ou cartilage de Meckel. Secondairement un phénomène
d’ossification membraneuse de ces processus donnera plus tard le maxillaire ainsi que la
mandibule (entre autres : en effet, divers os de la face en dérivent. Ils contribuent de façon
importante à l’élaboration du squelette de la face).
• le maxillaire :
Deux points d’ossification apparaissent entre les 6ème et 12ème semaines: un point postérieur
situé sous l’orbite et un point antérieur ou incisif situé sous l’orifice nasal. À la 7ème semaine
de vie IU, le palais secondaire se développe et fusionne avec le palais primaire.
105
• la mandibule :
Vers le 40ème jour de vie IU, un premier point d’ossification apparaît dans la région du trou
mentonnier sur la face externe du cartilage de Meckel avec des prolongements antérieurs,
postérieurs et inférieurs qui formeront une lame externe. Cette lame remontera le long du
cartilage pour former la lame interne. L’ensemble prendra une forme de gouttière ou se logent
nerfs, veines et bourgeons dentaires. Les trabéculations osseuses sépareront la gouttière.
Fin du 3ème mois, début du 4ème mois de vie IU : Mise en place des cartilages coronoïdien et
condylien.
À la naissance, la mandibule est formée par deux « corpi » se rejoignant à la symphyse qui
est une suture membraneuse de deux millimètres (synfibrose se resserrant pour donner une
synostose à 18 mois).
• les dents :
D’après une expérience anglaise de 1987, des chercheurs ont montré qu’entre la 15ème et la
19ème semaine, la dentine semble minéralisée pour les incisives centrales, entre la 16ème et
la 21ème semaine pour les latérales.
Pour les 1ères et 2èmes molaires temporaires, le processus se ferait entre la 16ème et 19ème
pour l’une et entre la 20ème et 22ème pour la seconde (187).
Comme nous l’avons vu précédemment, l’estimation de l’âge fait appel à des méthodes
dentaires basées principalement sur des radiographies conventionnelles de type clichés
rétroalvéolaires ou radiographies panoramiques (section I.2.) et plus récemment sur des
images tridimensionnelles.
Bien que de nombreuses études sur le développement dentaire aient été réalisées, les
comparaisons peuvent être délicates et compliquées, par manque d’homogénéité
méthodologique, et plus particulièrement au niveau du traitement statistique (82).
107
Lors de l'étude des différents critères utilisables en odontologie médico légale pour
l'identification estimative, nous avons vu que nous ne pouvons affirmer ou infirmer de façon
catégorique l'identité d'un individu à partir des différentes données recueillies.
Hors cas extrêmes où les ratios sont quasi formels, nous pouvons seulement prétendre à une
orientation de diagnostic, une suspicion d'appartenance à une population, à un genre et à une
tranche d'âge; et il est nécessaire de regrouper les indices obtenus avec d'autres pour pouvoir
établir un diagnostic de plus en plus précis.
La plupart des données utilisées pour l'estimation de la population et du sexe sont basées sur
les relevés biométriques des caractères dentaires et osseux; ainsi que sur la présence ou
absence de caractères anatomiques particuliers.
Nous avons voulu savoir si les disparités de l'état bucco dentaire des individus pouvaient être
corrélés avec l’appartenance à une population, au sexe ou à un âge donné.
Pour cela nous nous sommes penchés sur différentes études s'intéressant aux disparités
ethniques et sexuelles de l'état bucco dentaire.
Des études menées à grande échelle permettent de corréler formule dentaire, présence de
caries, de parodontopathies, de prothèses avec les variables âge, sexe, catégorie socio-
professionnelles et niveau de vie.
L'approche statistique classe les critères selon leur importance pour l'identification et oriente
également sur les probabilités de succès de l'identification, permettant d'informer le magistrat
sur le risque d'erreur dans l'affirmation des données.
Les centres de santé des caisses d'assurance maladie collectent chaque année des millions de
données dentaires et administratives, à l'occasion d'examens de santé gratuits. L'exploitation
de ces données apporte des éléments multifactoriels corrélés, utilisables en identification
estimative.
109
Pour prendre un exemple, à partir d'une banque de données d'un centre d'examen de santé, on
peut étudier les liens entre les données "âge, sexe, catégories socio-professionnelles (CSP)" et
le critère à évaluer ( par exemple l'absence de dent ) (3,64).
Lors des examens cliniques, on doit définir rigoureusement le critère ( par exemple dent
naturelle non visible sur l'arcade ) et évaluer toutes les configurations possibles ( par exemple,
dent réellement absente, remplacée par une prothèse…)
Ensuite, pour chaque patient, un odontogramme doit être réalisé, différenciant le maxillaire et
la mandibule et définissant le paramètre comme présent ( marqué 1 ) ou absent ( marqué 0 ).
Chaque séquence est marquée de deux fois 7 chiffres ( 0 ou 1 ) représentant l'arcade complète.
Tab 8. Exemple de quelques configurations d'absence dentaire et les fréquences correspondantes - étude portant
sur l'arcade dentaire supérieure isolée ( Abouchar et coll. 2002 )
Puis les variables sont intégrées et on peut déterminer quels sont les critères discriminants en
identification estimative ou ceux n'ayant pas d'intérêt.
On peut également intégrer d'autres variables dentaires ( dents cariées, saines, traitées… )
L'intérêt des banques de données des centres d'examen de santé repose sur le caractère
systématique de l'enregistrement des données et sur le grand nombre de patients examinés.
Ces études ont initialement un but épidémiologique mais indirectement, elles permettent
d'avancer sur des recherches en identification estimative.
110
L'idée générale étant de pouvoir rechercher et établir des critères permettant de caractériser
l’individu (64). Chaque cas doit être étudié spécifiquement en exploitant la totalité de la base
de données, avec des logiciels de calcul puissants et sous le contrôle d'un statisticien, ce qui
implique un travail d'équipe.
Le but premier de ces études peut ainsi être détourné et attirer l'attention sur des données
habituellement inemployées en odontologie médico-légale, l'expert s'attachant davantage aux
signes thérapeutiques.
Dans ce travail, la réflexion qui suit, met l'accent sur des données encore inutilisées qui
pourraient être éventuellement exploitées. Ceci impliquerait que les protocoles d’étude fassent
appel à une méthodologie adaptée et détaillée à partir d’un échantillon d’étude clairement
défini afin d’éviter des erreurs méthodologiques pouvant biaiser les résultats statistiques.
Les études concernant l’appartenance à une population sont américaines. Après réflexion, il
apparait que les USA sont un bon exemple car ils abritent une population très hétéroclite,
constituée des grandes populations évoquées dans la partie II : les noirs, les blancs et les
jaunes. Les disparités ethniques en matière de soins sont aujourd'hui relativement bien
référencées; de plus dans ces diverses études, ces différences ont été recoupées d’autres
paramètres tels que les conditions de vie et d’hygiène.
Les soins dentaires et l'état bucco dentaire des individus forment un bon contexte pour étudier
les disparités ethniques car le lien entre l'état bucco-dentaire, l’ethnie et le statut socio
économique est fort. De plus, le secteur des soins dentaires offrent plusieurs traitements
possibles pour une même réalité clinique.
111
Ainsi, 873 sujets, Africano-Américains et Blancs non Hispaniques, possédant au moins une
dent et âgés de 45 ans et plus ont été interrogés. Le scénario appelé "CHOICE" est
relativement simple, il porte sur le choix d'un traitement d'une dent très cariée, choix porté en
premier lieu sans connaitre le prix des soins, puis en connaissant le tarif. Les objectifs de cette
étude étaient d'identifier les différents facteurs requis dans l'hypothétique scénario CHOICE
pour choisir entre les différents traitements.
RCT et couronne
Extraction
Vous ne savez pas, et
2. Supposez que cette dent peut être enlevée en une séance à 40$, et que le RCT et la
couronne nécessitent 5 visites et 950$, que feriez vous ?
Extraction
RCT et couronne
Vous ne savez pas.
112
Les sujets ont également été classés en groupes : ceux qui viennent régulièrement ou presque
chez le dentiste et ceux qui n'y vont pas ou seulement quand il y a un problème.
Les observations relevées semblent être conduites par une interaction très complexe entre les
différents facteurs comme l'accès aux soins dentaires, le statut socio-économique, les revenus
financiers et la présence d'une assurance dentaire ( mutuelle ).
Dans l'étude des résultats, et après intégration des multiples facteurs, on note des différences
significatives liées à l’ethnie, impact de l'éducation, du statut financier, et à l'assurance
dentaire, en particulier s'il y a couverture pour le traitement canalaire.
Par contre, l’âge, le sexe, la présence de dent fracturée ainsi que l'attitude face aux soins
dentaires passés ne semblent pas avoir d’influence significative quant aux choix de réponses
face au scénario CHOICE.
Par contre, l’approche des soins dentaires, si elle est axée seulement sur les problèmes ou bien
si elle est régulière, de même que la connaissance des RCT ont des résultats significatifs.
D'autres facteurs importants ont également été inclus comme la perte d'attache, la mobilité
dentaire, la présence de caries actives...
On voit ainsi que l'appartenance ethnique et le statut socio-économique sont très liés. Les
Africano-Américains font plutôt partie de la population à attendre d'avoir un problème pour se
rendre chez le dentiste ( 74% contre 34% pour les blancs non Hispanique ) et sont moins
nombreux à demander le traitement canalaire et la couronne ( 16% contre 52%).
Cependant, s'il y a eu un précédent RCT, les différences ethniques ne sont pas significatives.
L'ignorance par rapport au RCT et le coût des soins sont des facteurs important pour expliquer
les disparités.
Ces résultats suggèrent que ces disparités dans la préférence de traitement entre RCT et
extraction peuvent être expliquées par les différences ethniques se traduisant par l'accès au
soin, les attitudes faces aux soin, l'hygiène dentaire, l'expérience de RCT, tout ceci étant
vraisemblablement la conséquence directe de l’appartenance à l’ethnie elle-même.
113
La seconde étude « The Prevalence of Total Tooth Loss, Dental Caries, and Periodontal
Disease among Mexican Americans, Cuban Americans, and Puerto Ricans: Findings from
HHANES 1982-1984 » (89) porte sur les différences entre les blancs Hispaniques
d’Amérique: les Mexico-Américains, les Cubains Américains et les Portoricains. Les auteurs,
Amid I. Ismail et Susans M. Szpunar, ont ainsi étudié la prévalence de la perte des dents, de
caries, et de maladies parodontales.
Les Cubains d’Amérique ont significativement la plus haute prévalence d'édentement total par
rapport aux Mexicains et aux Portoricains, mais lors de l’ajustement des données par
intégration des différents facteurs sexe, âges, revenus financier, éducation… il n'y a plus de
différence significative.
Prévalence de carie
Que ce soit des sujets de 5 à 44 ans ou des sujets plus âgés, les différences de prévalence de
caries disparaissent dès lors que tous les facteurs évoqués ci-dessus sont intégrés.
On remarque seulement que les adultes ont significativement plus de dents cariées que les
enfants.
Les enfants Portoricains ont une moyenne de 2,09 dents obturées par rapport à 1,39 pour les
Mexicains et 1,43 pour les Cubains.
Et cette différence reste significative même après intégration des facteurs.
Chez les adultes, les Portoricains et les Cubains ont au moins 40% de dents obturées en plus
que les Mexicains.
114
Les Cubains et les Portoricains ont environ 2 fois plus de dents absentes que les Mexicains.
Les Cubains présente la plus faible prévalence de poche parodontale, et avec l'intégration de
tous les facteurs, les Portoricains restent ceux qui ont la plus grande prévalence de maladie
parodontale.
On remarque donc après étude de ces résultats, que dans ces populations, les Mexicains
semblent être les moins touchés par les pathologies dentaires, et les différences entre les
Cubains et les Portoricains sont assez faibles.
Il est cependant difficile de conclure de manière précise mais il peut être intéressant
d’approfondir ce terrain d’étude afin de faire ressortir certaines différences significatives
pouvant être incluses dans l’ensemble des indices amenant à une réflexion d’identification.
De plus, une troisième étude, « Ethnic disparities in self-reported oral health status and access
to care among older adults in NYC », énonce que “ parmi les adultes âgés, le poids des
maladies orales est plus significativement porté par les minorités, les pauvres et les immigrés”
(180).
115
Lorsque le taux de caries est reporté au genre homme/femme, le sexe féminin présente une
plus haute prévalence carieuse que le sexe masculin et ce depuis l’apparition et
l’intensification de l’agriculture. Cette constatation est généralement vraie pour la plupart des
populations (122).
Ainsi, il reprend diverses études démontrant une prévalence carieuse significativement plus
élevée chez les femmes, dès 18 ans. Il énonce que l’on retrouve l’influence négative des
hormones, modifiant le comportement et la physiologie des femmes (plus marquée lors de la
grossesse) mais aussi le contexte social, et pour certaines cultures, la religion.
Ces divers facteurs ont un impact à la fois sur la physiologie des femmes mais également sur
la prise alimentaire (fréquence et teneur), ce qui augmente considérablement le risque carieux.
Dans ses travaux, Lukacs cite plusieurs études constatant une relation entre perte de dents et
grossesse. En effet, ils ont remarqué que la perte de dents était plus souvent causée par des
caries, plutôt que par des maladies parodontales, et que cette perte augmentait
considérablement avec le nombre de grossesses (8,85,122,132,168,181).
116
En voulant aller plus loin, Lukacs s’est penché sur les facteurs génétiques pour essayer de
clarifier les mécanismes causant ces différences entre hommes et femmes.
Ainsi, les gènes jouent un rôle tant sur le flux salivaire que sur sa composition, mais
également sur la composition de la plaque dentaire, sur celle des micro-organismes présents
dans la cavité buccale, sur la formation de l’émail, et sur les préférences diététiques ( olfaction
et goût ).
Par le biais de l’étude EPIPAP (141), étude menée de 2003 à 2006, sur un total de 2202
femmes ayant accouché à terme ou prématurément, dans 6 maternités françaises, une analyse
a été menée sur les 1094 femmes du groupe témoin (198) pour étudier l’association entre les
maladies bucco-dentaires (parodontite et maladie carieuse) et la survenue d’accouchements
prématurés.
Il apparait que l’atteinte carieuse est associée aux tranches d’âges les plus basses ( 18-24 ans
et 25-29 ans ), à la nationalité étrangère et aux plus faibles niveaux d’éducation mais il
semblerait que la prévalence carieuse dans une population de femmes enceintes soit
comparable à celle d’une population adulte générale du même âge. En effet, la suggestion
d’un lien entre la grossesse et l’augmentation du risque d’initiation carieuse n’a jamais été
clairement démontré par des études épidémiologiques, en raison de la durée limitée de la
grossesse. Il est cependant admis que les changements physiologiques de la grossesse peuvent
accroître la vitesse de progression de la carie.
Par conséquent, avec son étiologie multifactorielle, on constate néanmoins que les femmes
présentent une réelle prédisposition au risque carieux, supérieure aux hommes.
Concernant les enfants, Ferreira (49) énonce également une plus haute prévalence carieuse
chez les filles par rapport aux garçons dans son étude « City-level gender differentials in the
prevalence of dental caries and restorative dental treatment ». Cependant il a surtout analysé
des paramètres économiques, sociaux et spatiaux pour expliquer les différences de répartition
des caries chez les enfants de l’état de Sao Paulo.
117
Le premier choix de ce travail de thèse était basé sur l’éventuelle utilité des restaurations
dentaires en identification médico légale, et plus particulièrement sur l’estimation de
l’appartenance à une population (caractère populationnel et non pas racial).
Nous avons vu brièvement que les matériaux utilisés en bouche se comportent de manière
différente selon les conditions de survenue de la mort et de la conservation post mortem du
corps, mais nous n’avons pas détaillé les caractéristiques de chacun, ceci étant un intérêt plus
poussé pour l’identification comparative.
Comme énoncé dans le paragraphe II.2.3. « Vers une autre classification ? », l’utilisation des
restaurations dentaires à base de silice a été un élément discriminant supplémentaire dans
l’identification estimative.
Notre interrogation était donc de savoir s’il y avait réellement un moyen d’établir une relation
entre une population et ses restaurations :
- Quels sont les matériaux utilisés de manière préférentielle dans les pays, et ce pour quel
traitement ?
- Y’a-t-il une différence de composition de ces matériaux ?
- Y’a-t-il un savoir faire « différent » selon les populations, les cultures ? Dans quelle
mesure ?
- Existe-t-il un lien entre l’utilisation de certains matériaux et l’âge de l’individu ?
- Malgré l’immigration/émigration, peut-on conserver une éventuelle relation entre population
et restaurations dentaires ?
Nous savons par exemple que quelques nations n’utilisent plus de restaurations en amalgame
comme la Norvège ; que dans certains pays Anglo-Saxons étaient utilisés des cônes d’argent
pour les traitements endodontiques (210), qu’en est-il d’un point de vue international ?
Cependant, devant l’absence d’information à échelle mondiale, nous nous sommes tournés
vers l’utilisation d’autres données telle que la prévalence carieuse.
118
D’un point de vue populationnel, il est difficile de comparer l’état bucco dentaire entre deux
populations ou plus car de nombreux paramètres entrent en jeu : contexte socio-économique,
spatial, religion, culture... Aujourd’hui le brassage ethnique est de plus en plus fort et les
mœurs évoluent, il est donc délicat de classifier les populations par rapport à des critères tels
que la prévalence carieuse ou l’édentement ; néanmoins dans un contexte donné, il est
possible de réaliser certaines comparaisons. De plus, de telles études demanderaient une
méthodologie standardisée qui serait extrêmement difficile à mettre en place.
Le dimorphisme sexuel est quant à lui plus largement marqué, et ce dans la majorité des
populations.
Ainsi, nous pouvons apporter une certaine réflexion sur l’utilisation de nouvelles données
épidémiologiques.
Par exemple, en allant plus loin, est-il possible d’évoquer de nouvelles inégalités
homme/femme telle qu’une différence de choix de traitements conservateurs; de prothèses
dentaires (fixe ou amovible, céramique ou coulée, implantologie...). L’utilisation des
nouvelles techniques d’imagerie tridimensionnelle peut-elle mettre en lumière ou accorder du
crédit à de nouveaux indices ?
De même, peut-être pourrait-il être intéressant de rassembler des informations et de créer une
banque de données internationale sur l’utilisation des matériaux et des techniques utilisées
dans les divers pays, permettant par la même occasion une totale transparence vis-à-vis des
organismes de santé.
119
CONCLUSION
120
L’odontologie médico-légale a un rôle non négligeable car elle peut apporter un certain
nombre de renseignements sur l’appartenance à une population, le sexe et l’âge d’un individu.
Les méthodes et les indices utilisés pour définir ces trois notions ont été largement décrits
dans la littérature et abordent différents types de paramètres plus ou moins faciles à intégrer.
Ainsi, de nouveaux outils doivent être développés et de nouvelles recherches doivent être
conduites de manière à établir des supports de travail en accord avec le monde actuel.
L’utilisation de nouvelles données épidémiologiques est un moyen de diversifier les indices et
l’association avec une démarche multidisciplinaire (anthropologie, biologie et santé publique)
est primordiale.
De plus, avec les recherches de Pierre Fronty, menées sur ces 10 dernières années,
l’utilisation d’un odontogramme numérique commun et international serait une grande
avancée dans le domaine de l’identification médico légale. Ce système permettrait de
référencer tous les individus d’une manière unique, avec intégration de tous les éléments
buccaux et dentaires, pouvant être diffusé à large échelle.
Cet outil donnerait la possibilité de pouvoir recouper le domaine de l’identification estimative
avec celui de l’identification comparative, et lors des catastrophes de masses, faciliterait
l’identification d’un grand nombre d’individus.
Cependant, même si ce projet trouvait les fonds nécessaires et était mis en place, certaines
difficultés seraient difficiles à remédier, telle que la tenue approximative et non complète de
chaque patient reçu par un praticien, et ce malgré un logiciel informatique (200).
121
Annexes
Figure 1. Etude de l’anatomie radiculaire des dents expulsées post mortem par empreinte au
silicone des alvéoles. D'après Fronty et coll. 2005 (64)......................................................... 17
Figure 2.a. Tubercule supplémentaire sur la face vestibulaire d'une 2ème molaire inférieure.
Figure 2.b. Prémolaire supérieure 14 à 3 racines - caractère ancestral. D'après Fronty et coll.
2005 (64)........................................................... ..................................................................... 18
Figure 3. Avis de recherche ( La Lettre N°67. 2008 ) ........................................................................... 21
Figure 4. L'arborescence du codage CAIDENT. D'après Fronty et coll. 2005 (64) .............................. 35
Figure 5. Les caractères corrélés au 8ème rang. D'après Fronty et coll. 2005 (64) ................................. 36
Figure 6. Procédure de l'identification odontologique dans les suites de la découverte d'un cadavre.
D'après Fronty et coll. 2005 (64) ........................................................................................... 40
Figure 7. L'organe dentaire : coupe schématique d'une molaire inférieure. D'après Fronty et coll.
2005 (64) ................................................................................................................................ 42
Figure 8. Deux exemples de coloration rose post mortem transitoire. D'après Fronty et coll. 2005
(64) et d'après Hinchliffe. 2011. Forensic Odontology, part 2, British Dental Journal. Vol
210. N°6 ................................................................................................................................. 43
Figure 9. Dent antérieure fracturée et décolorée après un accident de voiture et un incendie. D'après
Hinchliffe. 2011. Forensic Odontology, part 1, British Dental Journal. Vol 210. N°5 .......... 44
Figure 10. Même dentition que dans la fig.9., montrant les dents postérieures et les restaurations
protégées des dommages du feu. D'après Hinchliffe. 2011. Forensic Odontology, part 1.
British Dental Journal. Vol 210. N°5 ..................................................................................... 44
Figure 11.a. A la suite d'un incendie dans une maison, des restes d'une femme ont été retrouvés dans
un lit. Radiographie antemortem prise en 2006 ..................................................................... 45
Fig.11.b. Radiographie post mortem prise en 2009, montrant le traitement dentaire complet, pouvant
être comparé avec les radiographies antemortem. D'après Hinchliffe. 2011. Forensic
Odontology, part 1, British Dental Journal. Vol 210. N°5 ..................................................... 45
Figure 12. Mesures des arcades dentaires. D'après Granat 1975 (73) ................................................... 52
Figure 13. Variation morphologique des couronnes selon les populations. Caractère ancestral :
cingulum et crête marginale mésiale très prononcée sur une canine 13 – Dent en pelle.
D'après Fronty et coll. 2005 (64) ........................................................................................... 54
Figure 14. Variations morphologiques des faces occlusales des molaires. D'après Granat et coll. 1992
............................................................................................................................................... 55
Figure 15. Seconde molaire mandibulaire à 5 cuspides ( photo T. Toullec ) D'après T. Toullec 2011
(191) ....................................................................................................................................... 56
128
Figure 16. Hypocône des molaires supérieures. D'après Fronty et coll. 2005 (64) ............................... 57
Figure 17. Cas de taurodontisme. Image et radiographie d'une dent extraite. D'après T. Toullec 2011
(191)..................................................................................................... .................................. 58
Figure 18. Cas de taurodontisme sur la première molaire mandibulaire. D'après Piette et Goldberg.
La dent normale et pathologique. Bruxelles : De Boeck Université.
2001............................................................................................................................ ............ 58
Figure 19. Tubercule de Carabelli sur 16. Photo C. Astier. 2013 ......................................................... 59
Figure 20. Tubercule de Bölk sur une deuxième molaire maxillaire. Photo [Link]. 2013................. 60
Figure 21. Perle d’émail sur une dent de sagesse maxillaire. D'après Piette et Goldberg. La dent
normale et pathologique. Bruxelles : De Boeck Université. 2001 ......................................... 61
Figure 22. Perle d’émail sur différentes dents de sagesse maxillaires. D'après Woelfel et Scheild.
Anatomie dentaire. Application à la pratique de la chirurgie dentaire. Paris : Maloine.
2007 ....................................................................................................................................... 61
Figure 23. Exemples de dentures typiquement masculines et féminines, prédominance de la canine de
l’homme. D'après Fronty et coll. 2005 (64) ........................................................................... 68
Figure 24. Les mesures utilisées dans la méthode de Ceballos et Rentschler. D'après Ceballos et
Rentchler 1958 (32) ............................................................................................................... 74
Figure 25. L’indice de robustesse de la canine. D'après Fronty 1978 (54) ........................................... 78
Figure 26. L’étude Dimodent. D'après Fronty et coll. 1998 (61) .......................................................... 81
Figure 27. Les mesures utilisées dans la méthode de Pennaforte (154) ................................................ 84
Figure 28. Exemples d'altérations dentaire mécaniques et chimiques. D'après Pretty et Addy
2001 (4).............................................................................................................................. .... 88
Figure 29. Cas de coloration dentaire par la prise d’antibiotique lors de la maturation dentaire. Photo
[Link] 2013 ......................................................................................................................... 89
Figure 30. Tables de Fortier. D'après Nossintchouk - Manuel d'Odontologie médico-légale. Paris,
1991. p107 (144) .................................................................................................................. 100
Figure 31. Représentation des différents stades radiographiques en fonction du type de dent
permanente. D'après Dermirjian et al. 1973 (44)................................................................. 101
Figure 32. Schémas et radiographies montrant les stades de visibilité de la pulpe radiculaire sur une
troisième molaire. D'après Olze et al. 2010 (148) (126) ...................................................... 103
129
Tableau 1. Caractères ostéocrâniens différentiels du groupe noir. D'aprés Fronty et coll. 2005
(64) ............................................................................................................................. 62
Tableau 2. Caractères ostéocrâniens différentiels du groupe jaune. D'aprés Fronty et coll.
2005 (64) .................................................................................................................... 63
Tableau 3. Caractères ostéocrâniens différentiels du groupe blanc. D'aprés Fronty et coll.
2005 (64) .................................................................................................................... 64
Tableau 4. Le tableau synoptique du développement des dents humaines. D’après Fronty et
coll. 1995 (62) ............................................................................................................ 70
Tableau 5. Classement des sujets selon l'indice de robustesse des dents. D’après Fronty 1978
(54) ............................................................................................................................. 79
Tableau 6. Evaluation du sexe par la méthode Dimodent. D’après Fronty et coll. 1998 (61) . 82
Tableau 7. Effets de conditions médicales et médicaments sur la dentition. D’après Pretty et
Addy 2001 (4). Traduction C. Astier ........................................................................ 89
Tableau 8. Exemple de quelques configurations d'absence dentaire et les fréquences
correspondantes - étude portant sur l'arcade dentaire supérieure isolée. D’après
Abouchar et coll. 2002 (3) ....................................................................................... 109
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ASTIER Charlène Thèse n° 2013-TOU3-3040
Résumé :
Nous allons ainsi décrire dans les différentes parties de ce travail le champ d’action et
les préoccupations de l’odontologie médico légale spécifiquement à l’identification estimative.
Nous nous intéresserons ensuite à l’appréciation des différents critères odontologiques nécessaire
à l’identification estimative. Enfin, nous étudierons quelques pistes pour l’apport de nouvelles
données épidémiologiques et des difficultés rencontrées
Titre en anglais :