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Solutions d'exercices de trigonométrie

Le document présente des démonstrations et des solutions d'exercices mathématiques, principalement liés aux fonctions trigonométriques et aux équations trigonométriques. Il aborde des concepts tels que l'imparité de la fonction tangente, les relations trigonométriques, et les solutions d'équations trigonométriques dans des intervalles spécifiques. Les exercices incluent des manipulations algébriques et des applications de théorèmes trigonométriques pour résoudre divers problèmes.

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Solutions d'exercices de trigonométrie

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 81 — #93


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Démonstrations et solutions des exercices du cours

Exercice 62 L’imparité de la fonction tan permet de déduire cette formule de la pré-


cédente, en changeant b en −b , ce qui donne :
tan a − tan b
tan(a − b) = ·
1 + tan a tan b

Exercice 63 En mettant a2 + b2 (non nul) en facteur, pour tout x ∈ IR , on obtient :
p  
a b
a cos x + b sin x = a2 + b2 √ cos x + √ sin x ·
a2 + b 2 a2 + b 2
 a 2  b 2
• Comme √ + √ = 1 , on peut trouver θ ∈ IR tel que :
a2 + b 2 a2 + b 2
a b
√ = cos θ et √ = sin θ.
a2 + b 2 a2 + b 2
On a alors : p  p
a cos x + b sin x = a2 + b2 cos θ cos x + sin θ sin x = a2 + b2 cos(x − θ).
a b
• En prenant θ tel que √ = sin θ et √ = cos θ , on a :
a +b
2 2 a + b2
2
p  p
a cos x + b sin x = a2 + b2 sin θ cos x + cos θ sin x = a2 + b2 sin(θ + x).

Exercice 64 En additionnant et en soustrayant les relations :


cos(θ + ϕ) = cos θ cos ϕ − sin θ sin ϕ
cos(θ − ϕ) = cos θ cos ϕ + sin θ sin ϕ,
on obtient :
2 cos θ cos ϕ = cos(θ − ϕ) + cos(θ + ϕ)
2 sin θ sin ϕ = cos(θ − ϕ) − cos(θ + ϕ).
De même, en additionnant les relations :
sin(θ + ϕ) = sin θ cos ϕ + cos θ sin ϕ
sin(θ − ϕ) = sin θ cos ϕ − cos θ sin ϕ,
on obtient :
2 sin θ cos ϕ = sin(θ + ϕ) + sin(θ − ϕ).

a
Exercice 65 Avec l’hypothèse a 6≡ π [2π] la quantité t = tan est bien définie.
2
• On a alors cos a = cos2 a2 − sin2 a2 , et donc :
a a 1  a  1 − t2
cos a = cos2 1 − tan2 = 1 − tan2 = ·
2 2 1 + tan2 a
2
2 1 + t2
• On a de même :
a a a a 2 tan a2 2t
sin a = 2 sin cos = 2 tan cos2 = a = ·
2 2 2 2 2
1 + tan 2 1 + t2
π
• En supposant a 6≡ 2 [π], alors tan a est défini, et l’on obtient directement :
2 tan a2 2t
tan a = 2 a = 1 − t2 ·
1 − tan 2

81

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 82 — #94


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Chapitre 1. Droite numerique,


 fon tions a valeurs reelles


Exercice 66 Posons u = tan π8 . Comme π


4 = 2× π
8 , on a :
π 2 tan π8 2u
1 = tan = = ·
4 1 − tan2 π8 1 − u2
On en déduit :
0 = u2 + 2 u − 1 = 0 = (u + 1)2 − 2
ce qui entraîne :

u = −1 ±
2.
π
 π π π √
Comme ∈ 0, 2 on a tan 8 > 0 et donc tan = 2 − 1 .
8 8
Exercice 67
• Pour α = 0 , l’équation s’écrit cos θ = 1 , qui a pour ensemble de solutions
S = {2 k π ; k ∈ ZZ} . Dans ce cas, il y a un seul point Uθ .
• Pour α = π , l’équation s’écrit cos θ = −1 , qui a pour ensemble de solutions
S = {(2 k + 1) π ; k ∈ ZZ}. Dans ce cas, il y a un seul point Uθ .
• Dans le cas général, α ∈ ]0, π[ , l’équation cos θ = cos α est équivalente à :
θ ≡ α [2π] ou θ ≡ −α [2 π],
ce qui donne au plus deux points sur le cercle trigonométrique. Si ces deux points
étaient confondus, alors on aurait α ≡ −α [2π], et donc α ≡ 0 [π], ce qui est exclu
puisque α ∈ ]0, π[ . Dans ce cas, il y a donc deux points Uθ .

Remarque
π

Lorsque α = 2 , l’ensemble de solutions s’écrit aussi S = 2 + k π ; k ∈ ZZ .

Exercice 68 L’équation proposée sin θ = cos 2 θ est définie sur IR et s’écrit encore :
π 
cos 2θ = cos −θ . (∗)
2
Par suite, un réel θ est solution de (∗) si, et seulement si :
π π π
• soit 2θ ≡ 2 − θ [2 π], ce qui donne 3θ ≡ 2 [2 π] ou encore θ ≡ 6 [ 23π ],
• soit 2θ ≡ − π2 + θ [2 π], ce qui donne θ ≡ − π2 [2 π].
La fonction θ 7→ sin θ − cos 2 θ étant de période 2 π , on peut caractériser l’ensemble S

des solutions de (∗) par son intersection avec [0, 2 π] qui est S0 = π6 , 56π , 3π 2 , ce
qui donne 3 points sur le cercle trigonométrique.

Exercice 69 Comme l’expression polynomiale 2 u2 − 3 u + 1 est nulle pour u = 1 , on


peut mettre u − 1 en facteur, et obtenir 2 u2 − 3 u + 1 = (u − 1) (2 u − 1) .
On en déduit :
∀θ ∈ IR 2 cos2 θ − 3 cos θ + 1 = (cos θ − 1) (2 cos θ − 1) .
Par suite, θ est solution de l’équation donnée si, et seulement si :
• soit cos θ = 1 , ce qui est équivalent à θ ≡ 0 [2 π] ;
1
• soit cos θ = 2 , ce qui est équivalent à θ ≡ ± π3 [2π].

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 83 — #95


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Démonstrations et solutions des exercices du cours

L’ensemble des solutions de l’équation donnée est donc :


nπ o n π o
S = {2 k π ; k ∈ ZZ} ∪ + 2 k π ; k ∈ ZZ ∪ − + 2 k π ; k ∈ ZZ
3 3
ce qui correspond à 3 points sur le cercle trigonométrique.

Exercice 70 Comme, pour θ ∈ IR, on a :


2 cos2 θ − 3 sin θ − 3 = −2 sin2 θ − 3 sin θ − 1,
l’équation proposée s’écrit encore :
2 sin2 θ + 3 sin θ + 1 = 0.
L’expression polynomiale 2 u2 + 3 u + 1 se factorisant sous la forme :
2 u2 + 3 u + 1 = (u + 1) (2u + 1) ,
l’équation donnée est équivalente à :
(sin θ + 1) (2 sin θ + 1) = 0.

Par suite θ est solution de l’équation donnée si, et seulement si :


• soit sin θ = −1 , ce qui est équivalent à θ ≡ − π2 [2 π] ;
• soit sin θ = − 12 , ce qui est équivalent à θ ≡ − 6π [2π] ou θ ≡ − 56π [2π].
L’ensemble des solutions de l’équation donnée est donc :
n π o n π o  5π 
S = − + 2 k π ; k ∈ ZZ ∪ − + 2 k π ; k ∈ ZZ ∪ − + 2 k π ; k ∈ ZZ
2 6 6
ce qui correspond à 3 points sur le cercle trigonométrique.

Exercice 71
π
• Si θ = 2 + k π avec k ∈ ZZ, alors sin θ = ±1 et cos θ = 0 .
Par suite une telle valeur n’est pas solution.
• Supposons θ 6≡ π2 [π]. Alors on a cos θ 6= 0 et l’équation donnée est équivalente

à tan θ = 3 , dont l’ensemble des solutions est :
nπ o
S= + k π ; k ∈ ZZ .
3

Exercice 72 L’inéquation donnée s’écrit aussi sin θ 6 √1 ·


2

Comme la fonction θ 7→ sin θ est π -périodique, il suffit de résoudre l’inéquation sur


un intervalle d’amplitude π . Travaillons donc sur I0 = [− π2 , π2 ]·
Étant donné que l’inéquation s’écrit aussi :
π 1 1 π
− sin = − √ 6 sin θ 6 √ = sin ,
4 2 2 4
et que la fonction sin est strictement croissante sur I0 , ses solutions sur cet intervalle
sont les θ tels que − π4 6 θ 6 π4 · Par suite l’ensemble des solutions de l’équation
donnée est la réunion des intervalles [− π4 + k π, π4 k π] lorsque k décrit ZZ.

83

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 84 — #96


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Chapitre 1. Droite numerique,


 fon tions a valeurs reelles


Exercice 73
• On pourrait diviser par cos θ et se ramener à une inéquation en tan θ , mais cela
oblige à discuter selon le signe de cos θ . Ici, ce n’est pas efficace.
• L’inéquation donnée s’écrit aussi :

√ 1 3
sin θ − 3 cos θ > 0 ou encore sin θ − cos θ > 0,
2 2

ce qui est équivalent à sin θ − π3 > 0 . Par suite θ en est solution si, et seulement
s’il existe k ∈ ZZ tel que θ − π3 ∈ [2k π, (2k + 1) π], ou encore :
π π
+ 2k π 6 θ 6 + (2k + 1) π.
3 3
Exercice 74

Avec un triangle équilatéral de côté 1 divisé en 2 on π


6
obtient : 1
• l’hypothénuse de longueur 1 , √
3
1
• un côté de longueur 2 , 2
π
√ 3
3
• et, avec Pythagore, un côté de longueur 2 ·
M 1 N
2

On en déduit immédiatement :

π π 1 π π 3
cos = sin = et sin = cos =
3 6 2 3 6 2
puis :

π √ π 3 1
tan = 3 et tan = =√ ·
3 6 3 3
Évidemment ces calculs doivent se faire à la vitesse de la lumière !

Remarque Avec un peu d’habitude, on sait qu’il suffit de choisir parmi quelques
√ √ √
valeurs : parmi 12 et 23 pour sin et cos, parmi 33 et 3 pour tan .
Pour choisir on peut par exemple utiliser :
• la croissance des fonctions sin et tan sur [0, π2 [ ,
• la décroissance de la fonction cos sur [0, π2 ].

Exercice 75 En utilisant un triangle rectangle dont les côtés de l’angle droit sont de

longueur 1 et donc l’hypoténuse de longueur 2 , on obtient immédiatement :

π π 2 1 π
cos = sin = = √ et tan = 1.
4 4 2 2 4

84

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 85 — #97


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Exercices

S'entra^ner et approfondir
1.1 Étant donné des réels a, b, c, d vérifiant ad − bc 6= 0 et c 6= 0, on considère
l’homographie (ou fonction homographique) f définie par :

IR \ − dc −→ IR
ax + b
x 7−→ ·
cx + d

β
1. Montrer qu’il existe α , β et γ tels que ∀x ∈ IR \ {−d/c} f (x) = α + · Un
x−γ
telle écriture s’appelle forme canonique de la fonction homographique.
2. En déduire que f est strictement monotone sur ]−∞, γ[ , puis sur ]γ, +∞[ .

1.2 Sans utiliser la mise sous forme canonique, montrer que l’homographie précédente est
strictement monotone sur tout intervalle inclus dans son domaine de définition.

Remarque Le résultat de cet exercice peut être utilisé sans justification pour prouver
une monotonie.

 
2ex + 1
1.3 Montrer que la fonction f : x 7→ ln est définie et monotone sur IR .
ex + 2

1.4 Si x ∈ [− π2 , π2 ] vérifie sin x = 1


5 , que vaut tan x ?

a
1.5 Pour a ∈ [−π, π], exprimer cos en fonction de cos a.
2

1 − cos 2 x + cos 4 x − cos 6 x


1.6 Montrer que pour x ∈ ]0, π6 [, on a = tan 3 x.
sin 2 x − sin 4 x + sin 6 x

1.7 Résoudre l’équation cos x − cos 2 x = sin 3 x.

1.8 Résoudre l’équation |x + 3| − |x − 1| = |2 x + 1|.

π
1.9 Déterminer la valeur exacte de cos ·
12
(On peut l’exprimer sans radicaux imbriqués.)

85

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 86 — #98


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Chapitre 1. Droite numerique,


 fon tions a valeurs reelles


1.10 Déterminer un réel a tel que, pour tout réel x, on ait :


 π  2π
sin 3x = a sin x sin x + sin x + ·
3 3

x x x
1.11 Calculer la dérivée troisième de f : x 7→ cos x cos cos sin ·
2 4 4

 6
2
1.12 Résoudre dans IR l’inéquation x − < 1.
x


1.13 Résoudre l’équation cos 2x + cos 12 x = 3 cos 5 x.

1.14 Étant donné un réel a, déterminer le maximum et le minimum sur IR de :


f : x 7→ sin x + sin(a − x).

π
1.15 Déterminer la valeur exacte de cos ·
16

1.16 Déterminer un réel a tel que :


 π  π  3π
∀x ∈ IR sin 4x = a sin x sin x + sin x + sin x + ·
4 2 4

x−3
1.17 Déterminer lim √ √ ·
x→3 x−2− 4−x


1.18 Résoudre l’équation x + 1 = 3 x − 7.

tan x + tan 7 x
1.19 Déterminer la limite en 0 de f : x 7→ ·
tan 3x + tan 5x

1.20 Soit f : x 7→ sin x + sin 2x + sin 7x + sin 8x.


Déterminer le plus grand intervalle contenant 0 sur lequel f reste positive.

1.21 Déterminer le maximum et le minimum sur IR de f : x 7→ 3 cos x − 2 sin x + 1 .

1.22 Déterminer en fonction du paramètre réel m le nombre de racines dans [0, 1] de


l’équation x2 − m x − 1 = 0 .

86

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 87 — #99


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Solution des exercices

Solution des exer i es


a
1.1 1. Analyse : si ces réels existent alors α = lim f (x) = ·
x→+∞ c
a d
Justification : prenons α = ; pour x 6= − on a alors :
c c
b c−a d
a ax + b a bc− ad 2
f (x) − α = f (x) − = − = = c d,
c cx + d c c (c x + d) x+ c
a bc− ad d
ce qui prouve que l’on peut prendre α = , β = 2
et γ = − ·
c c c
2. Soit I = ]γ, +∞[ . La restriction de f à I est la composée des fonctions :
I −→ IR∗+ IR∗+ −→ IR IR −→ IR
x 7−→ x − γ y 7−→ βy z 7−→ z + α
qui sont toutes strictement monotones. Par suite, elle est strictement monotone.
Raisonnement analogue si I = ]−∞, γ[ en remplaçant IR∗+ par IR∗− .

1.2 Soit I un intervalle inclus dans ]−∞, − dc [ ∪ ]− dc , +∞[ .


Soit x ∈ I et y ∈ I vérifiant x 6= y . Alors :
 
f (x) − f (y) 1 ax+ b ay + b (ad − bc)
= − = ·
x−y x − y cx + d cy + d (cx + d) (cy + d)
f (x) − f (y)
Comme (cx + d) et (cy + d) sont de même signe on en déduit que est
x−y
du signe de a d − b c, ce qui entraîne que :
• si ad − bc > 0 la fonction f est croissante sur I ,
• si ad − bc < 0 la fonction f est décroissante sur I .

 
2ex + 1
1.3 La fonction f : x 7→ ln est définie sur IR car :
ex + 2
2 ex + 1
∀x ∈ IR ex + 2 > 0 et> 0.
ex + 2
Elle est monotone comme composée de trois fonctions monotones :
• la fonction exp (à valeurs positives),
• la fonction homographique IR+ −→ IR qui est monotone,
x 7−→ 2x+2
x+1

• la fonction ln .
On en déduit que f est monotone en tant que composée de trois fonctions monotones.
Comme f (0) = 0 et f (ln 2) = ln(5/4) > 0 , la fonction f est croissante.

Remarque Pour la monotonie, on peut évidemment dériver mais il est alors préfé-
rable d’écrire auparavant :
f (x) = ln(2ex + 1) − ln(ex + 2).

87

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 88 — #100


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Chapitre 1. Droite numerique,


 fon tions a valeurs reelles

π
1.4 Comme | sin x| =
6 1 , on a x 6≡ [π], et donc 1 + tan2 x = cos12 x = 1−1 1 = 25
2 24 · Par
√ 25

1 1 6
suite, on a tan2 x = 24 , ce qui entraîne tan x = √ = car sin et tan sont de
2 6 12
même signe sur [− π2 , π2 ]·

a 1
1.5 On a : cos2 2 = 2 (1 + cos a) .
q
a
Comme 2 ∈ [− π2 , π2 ], on a cos a2 > 0 et donc cos a2 = 1
2 (1 + cos a).

1.6 Pour x ∈ IR , on a :
D = sin 2 x − sin 4 x + sin 6 x = 2 sin x cos 3x + sin 6x
= 2 cos 3x (− sin x + sin 3 x) = 4 cos 3x sin x cos 2x.
Par suite, le quotient est défini sur ]0, π6 [ . Comme :
N = 1 − cos 2 x + cos 4 x − cos 6 x = 1 − cos 6 x − (cos 2 x − cos 4 x)
= 2 sin2 3x − 2 sin x sin 3x = 2 sin 3x (sin 3x − sin x) ,
on en déduit immédiatement :
  1 − cos 2 x + cos 4 x − cos 6 x
∀x ∈ 0, π6 = tan 3 x.
sin 2 x − sin 4 x + sin 6 x
1.7 En factorisant chacun des deux membres, l’équation s’écrit :
 
x 3x 3x 3x 3x x 3x
sin sin = sin cos ou encore sin sin − cos = 0.
2 2 2 2 2 2 2
Par suite, un réel x est solution de l’équation donnée si, et seulement si :
• soit sin 32x = 0 , ce qui donne x = 2 k3 π avec k ∈ ZZ ;

• soit cos 32x = sin x2 = cos π2 − x2 , ce qui donne :
3x π x 3x π x
≡ − [2π] ou ≡ − + [2π]
2 2 2 2 2 2
ou encore :
π π
[π]
x≡ ou x ≡ − [2π].
4 2
L’ensemble des solutions de l’équation est donc
  n o n π o
2kπ π
S= ; k ∈ ZZ ∪ + k π ; k ∈ ZZ ∪ − + 2 k π ; k ∈ ZZ .
3 4 2

1.8 Soit la fonction f définie sur IR par : f (x) = |x + 3| − |x − 1| − |2 x + 1|.


Distinguons les cas suivants :
• si x ∈ ]−∞, −3], alors on a :
f (x) = −(x + 3) + (x − 1) + (2 x + 1) = 2 x − 3 6 −3 ;
• si x ∈ [−3, − 12 ] , alors on a :
f (x) = (x + 3) + (x − 1) + (2 x + 1) = 4x + 3
qui s’annule pour x = − 43 ;

88

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 89 — #101


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Solution des exercices

• si x ∈ [− 12 , 1], alors on a f (x) = (x + 3) + (x − 1) − (2 x + 1) = 1 > 0 ;


• si x ∈ [1, +∞[, alors on a :
f (x) = (x + 3) − (x − 1) − (2 x + 1) = −2x + 3
qui s’annule pour x = 32 ·
3 3
Les solutions de l’équation donnée sont donc x = − et x = ·
4 2

1.9 Méthode 1 En utilisant cos2 ( a2 ) = 1


2 (1 + cos a) avec a = π6 on trouve :
√ 
2 π 1 3
cos = 1+ ·
12 2 2
π
Comme cos 12 > 0 , on en déduit :
q q
π 1 √ 1 √ 1 √ 
cos = 2+ 3= √ 4+2 3= √ 3+1 ·
12 2 2 2 2 2
Méthode 2 On a :
π √ √ √
π π 1 2 3 2 1  √ 
cos = cos − = + = √ 1+ 3 ·
12 3 4 2 2 2 2 2 2
   
1.10 Pour x ∈ IR , posons f (x) = sin x sin x + π3 sin x + 23π · On a alors :
1  π  1 1
f (x) = sin x cos − cos(2x + π) = sin x + sin x cos 2x
2 3 4 2
1 1 1
= sin x + (sin 3x − sin x) = sin 3x.
4 4 4
et donc a = 4 répond au problème.

1.11 Commençons par linéariser l’expression. Pour x ∈ IR , on a :


x x x 1 x x 1 1
f (x) = cos x cos cos sin = cos x cos sin = cos x sin x = sin 2 x.
2 4 4 2 2 2 4 8
Il est alors immédiat de donner de tête :
∀x ∈ IR f (3) (x) = − cos 2x.

1.12 Le domaine de définition de l’équation est IR∗ . Comme la fonction u 7→ u3 est stric-
 2
2
tement croissante, l’inéquation donnée est équivalente à : x − < 1. (∗)
x
Pour x ∈ IR∗ , on a :
 2     
2 2 2 x2 − x − 2 x2 + x − 2
x− −1= x− −1 x− +1 =
x x x x2
et :  
x2 − x − 2 x2 + x − 2 = (x + 1) (x − 2) (x + 2) (x − 1) .
Par suite, l’inéquation donnée est équivalente à :
(x + 2) (x + 1) (x − 1) (x − 2) < 0,
ce qui donne comme ensemble de solutions S = ]−2, −1[ ∪ ]1, 2[.

89

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 90 — #102


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Chapitre 1. Droite numerique,


 fon tions a valeurs reelles


1.13 Pour x ∈ IR , on a :
cos 2x + cos 12 x = 2 cos 7x cos 5x.
Par suite, l’équation donnée se décompose en :
• cos 5x = 0 , soit 5x = π2 + k π ou encore x = (2k + 1) 10
π
avec k ∈ ZZ.

• 2 cos 7x = 3 soit 7x = ± π6 + 2 k π ou encore x = ± 42 π
+ 2 k7 π avec k ∈ ZZ.
L’ensemble des solutions de l’équation est donc
n π o  π 2kπ

S = (2k + 1) ; k ∈ ZZ ∪ ± + ; k ∈ ZZ .
10 42 7

1.14 Pour tout x ∈ IR , on a f (x) = 2 sin a2 cos(x − a2 ) et donc :


a a
min f = −2 sin et max f = 2 sin ·
2 2

 √ 
π 1 2 2
1.15 En utilisant 2 cos2 ( a2 ) π
= 1 + cos a avec a = on trouve cos = 1+
4 8 2 2
p √
π π 2+ 2
et, comme cos > 0 , on a donc cos = · On en déduit :
8 8 2
 p √ 
2 π 1 π 1 2+ 2
cos = 1 + cos = 1+ ·
16 2 8 2 2
q p
π  π π π √
Par suite, comme ∈ − , , on a cos = 12 2 + 2 + 2 .
16 2 2 16

 π  π  3π
1.16 Pour x ∈ IR , posons f (x) = sin x sin x + sin x + sin x + ·
4 2 4
On a alors :
 π  π  3π
f (x) = sin x sin x + sin x + sin x + ·
4 2 4
 π   π 
= sin x sin x + cos x cos x +
4 4
   
π  π
= sin x cos x sin x + cos x +
4 4
    
1 1 π
= sin 2x sin 2x +
2 2 2
1
= sin 2x cos 2x
4
1
= sin 4x
8
et donc a = 8 répond au problème.

90

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 91 — #103


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Solution des exercices

√ √
1.17 Les deux quantités x − 2 et 4 − x sont simultanément définies lorsque x ∈ [2, 4].
• Leur différence s’annule pour x = 3 et seulement pour cette valeur puisque l’égalité
√ √
x − 2 = 4 − x entraîne (x − 2) = (4 − x) et donc x = 3 .
• Ainsi la fonction donnée est définie sur X = [2, 3[ ∪ ]3, 4].
√ √
En multipliant par la quantité conjuguée x − 2 + 4 − x , pour x ∈ X , on obtient :
√ √  √ √
(x − 3) x − 2 + 4 − x x−2+ 4−x
f (x) = = ·
2x−6 2
Par suite lim f (x) = 1 .
x→3

1.18 Le domaine de définition de l’équation est l’intervalle [−1, +∞[ .


L’équation donnée est alors équivalente à :
2
x + 1 = (3 x − 7) et 3 x − 7 > 0. (∗)
Remarque : il est inutile de garder la condition initiale x + 1 > 0 puisque tout réel x
solution de (∗) vérifie x + 1 = (3 x − 7)2 > 0 .
L’équation :
(3 x − 7)2 − (x + 1) = 9x2 − 43x + 48 = 0
16
a deux solutions, x = 3 et x = 9 , dont seule la première vérifie 3 x − 7 > 0 .
Par suite l’ensemble solution recherché est S = {3} .

π π
1.19 Les quantités tan x, tan 7 x, tan 3x et tan 5x sont définies pour x ∈ ]− 14 , 14 [·
Pour x dans cet intervalle le dénominateur D vaut :
sin 3 x sin 5 x sin 8 x
D= + =
cos 3 x cos 5 x cos 3 x cos 5 x
π π
et ne s’y annule donc pas. Par suite, f est définie sur ]− 14 , 14 [·
Méthode 1 Une transformation analogue du numérateur donne :
π π cos 3 x cos 5 x
∀x ∈ ]− 14 , 14 [ f (x) =
cos x cos 7 x
ce qui entraîne immédiatement lim f (x) = 1 .
x→0
Méthode 2 On peut aussi diviser directement numérateur et dénominateur de f (x)
par x et, pour a ∈ IR , utiliser lim tanxax = lim sinxax = a.
x→0 x→0

1.20 En factorisant, pour x ∈ IR , on a :


f (x) = (sin x + sin 8x) + (sin 2x + sin 7x)
 9x    7x   5x 
= 2 sin cos + cos
2 2 2
 9x  x
= 4 sin cos 3x cos ·
2 2
 π
Il est alors immédiat que l’intervalle cherché est 0, 6 ·

91

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 92 — #104


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Chapitre 1. Droite numerique,


 fon tions a valeurs reelles


1.21 En utilisant la transformation classique, pour x ∈ IR , on a :


f (x) = 3 cos x − 2 sin x + 1
√ 3 2
= 13 cos(x + a) + 1 avec cos a = √ et sin a = √ .
13 13
Il est alors immédiat que :
√ √
max f = 1 + 13 et min f = 1 − 13.

1.22 • Méthode 1 : l’équation donnée est du second degré et, puisque (avec les notations
classiques) c/a < 0 , elle possède toujours deux racines réelles distinctes x1 < x2
qui sont en fait de signes contraires.
Comme f (1) = −m :
∗ si m < 0 , alors 1 est extérieur aux racines et x1 < 0 < x2 < 1 ; par suite,
l’équation possède une unique racine dans [0, 1] ;
∗ si m > 0 , alors 1 est intérieur aux racines et x1 < 0 < 1 < x2 ; par suite
l’équation ne possède aucune racine dans [0, 1] ;
∗ si m = 0 , alors l’équation possède une racine dans [0, 1] qui est 1 .
• Méthode 2 : Comme x = 0 n’est pas racine de l’équation donnée, cette équation
possède autant de racines que l’équation :
x2 − 1 1
m= =x− avec x ∈ ]0, 1].
x x
La fonction f : ]0, 1] −→ IR est dérivable, et :
1
x 7 → x−

x
1
∀x ∈ ]0, 1] f ′ (x) = 1 + ,
x2
ce qui donne le tableau de variations suivant :
x 0 1
0
f (x) ր
−∞
D’après ce tableau de variations :
∗ si m 6 0 l’équation donnée possède une racine dans ]0, 1] ;
∗ si m > 0 l’équation donnée ne possède aucune racine dans ]0, 1].

92

✐ ✐

✐ ✐
Chapitre 2 : Cal uls algebriques

P Q
I Symboles et . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
2 Changement d’indice . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
3 Regroupements de termes . . . . . . . . . . . . . . 101
4 Sommes télescopiques, produits télescopiques . . . 102
5 Quelques calculs remarquables . . . . . . . . . . . 104
6 Sommes doubles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
II Coefficients binomiaux, formule du binôme . . . . 109
1 Coefficient binomial . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
3 Interprétations du coefficient binomial . . . . . . . 111
4 Formule du binôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
III Systèmes linéaires, méthode du pivot . . . . . . . 113
1 Système de 2 équations à 2 inconnues . . . . . . . 113
2 Système de 2 équations à 3 inconnues . . . . . . . 116
3 Cas général : système de n équations à p inconnues 117
4 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
Démonstrations et solutions des exercices du cours . . 128
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
✐ ✐

“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 94 — #106


✐ ✐

Cal uls algebriques 2


Nous introduisons dans ce chapitre des outils de calculs algébriques :
P Q
• les symboles et ;
• les coefficients binomiaux et la formule du binôme ;
• les systèmes linéaires et la méthode du pivot.

I Symboles P
et Q
1 De nitions
Étant donné des nombres complexes a1 , . . . , an , il arrive fréquemment que
l’on ait besoin de considérer leur somme et/ou leur produit. Une première
possibilité est d’utiliser les notations suivantes :
• a1 + a2 + · · · + an pour désigner la somme des n nombres a1 , . . . , an ;
• a1 × a2 × · · · × an pour désigner le produit des n nombres a1 , . . . , an .
Dans les notations ci-dessus, il faut bien comprendre que si n vaut 1, alors la
somme et le produit considérés valent simplement a1 (l’écriture du terme a2
avant les points de suspension ne sert qu’à bien expliciter la liste utilisée).
Pour pallier cet inconvénient, on introduit les deux notations suivantes :
n
X
• ak pour désigner la somme de ces n nombres ;
k=1
n
Y
• ak pour désigner le produit de ces n nombres.
k=1

Exemple Étant donné un entier naturel n non nul, on appelle factorielle n, et l’on
note n!, le nombre entier :
n
Y
n! = 1 × 2 × · · · × (n − 1) × n = k.
k=1
On a ainsi 1! = 1 , 2! = 2 , 3! = 6 , 4! = 24 , 5! = 120 ,. . .

✐ ✐

✐ ✐
P Q
I Symboles et

Plus généralement, si p et q sont deux entiers vérifiant p 6 q , et si l’on dispose


de q − p + 1 nombres complexes numérotés de p à q : ap , . . . , aq , on note :
q
P
• ap + · · · + aq , ou ak , leur somme ;
k=p
q
Q
• ap × · · · × aq , ou ak , leur produit.
k=p

Attention Dans une somme ou un produit dont l’indice varie de p à q , le


nombre de termes est égal à q − p + 1.

Notation On utilise indifféremment les notations suivantes :


q
P P P
• d’une part ak , ak ou encore ak ;
k=p p6k6q k∈[[p,q]]
q
Q Q Q
• d’autre part ak , ak ou encore ak .
k=p p6k6q k∈[[p,q]]

865 P Q
Remarque Les notations ak (respectivement ak ) sous-entendent
k∈[[p,q]] k∈[[p,q]]
que l’ordre dans lequel on somme (respectivement on multiplie) les termes n’a
pas d’importance. C’est en effet le cas, du fait de la commutativité de l’addition
sur C (respectivement de la multiplication sur C).

Cas d'une famille nie quel onque


Dans toute la suite, et sauf mention plus précise, (ak )k∈I désigne une famille
finie de nombres complexes. Pour des détails sur la notion de famille, on se
rapportera au chapitre 7.
On peut étendre les notions introduites ci-dessus au cas de n’importe quelle
famille finie (ak )k∈I (avec I non vide). On note alors :
X
• ak : la somme de tous les éléments de la famille ;
k∈I
Y
• ak : le produit de tous les éléments de la famille.
k∈I

Exemple En notant P20 l’ensemble des nombres premiers qui sont inférieurs à 20 , on
peut considérer leur somme en écrivant simplement :
X
k.
k∈P20

En l’occurrence, on a P20 = {2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19} , et donc :


X
k = 2 + 3 + 5 + 7 + 11 + 13 + 17 + 19 = 77.
k∈P20

95
✐ ✐

“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 96 — #108


✐ ✐

Chapitre 2. Cal uls algebriques




Notation Pour considérer la somme de l’exemple ci-dessus, on s’autorise


également la notation suivante :
X
k.
16k620
k premier

Attention La lettre k intervenant dans les notations précédentes désigne


une variable muette servant à décrire l’ensemble d’indexation. On peut choisir
d’utiliser n’importe quelle autre lettre ! Ainsi on a :
X X
ak = aℓ .
k∈I ℓ∈I

Remarque Lorsque tous les éléments de la famille (ak )k∈I sont égaux, les
P Q
calculs de ak et ak sont immédiats. En effet, en notant alors n le
k∈I k∈I
nombre d’éléments de la famille, et α leur valeur commune, on a :
X Y
ak = α
|
+ ·{z
· · + α} = n α et ak = α
|
· · × α} = αn .
× ·{z
k∈I n termes k∈I n termes

Premieres
 regles
 de al ul
Les règles de calculs dans C permettent de se convaincre sans difficulté de la
validité des formules suivantes.
1. Séparation :
! !
X X X Y Y Y
(ak + bk ) = ak + bk et (ak bk ) = ak bk .
k∈I k∈I k∈I k∈I k∈I k∈I

2. Diverses opérations (λ est un nombre complexe, p un entier naturel, et n


désigne le nombre d’éléments de I ) :
X X Y Y p
(λ ak ) = λ ak (ak )p = ak
k∈I k∈I k∈I k∈I

Y Y X X 
(λ ak ) = λn ak (ak + λ) = ak + n λ.
k∈I k∈I k∈I k∈I

3. Relation de Chasles : si l’on a p < r < q , alors :


q
X r
X q
X r−1
X q
X
ak = ak + ak = ak + ak .
k=p k=p k=r+1 k=p k=r

et : ! ! ! !
q
Y r
Y q
Y r−1
Y q
Y
ak = ak ak = ak ak .
k=p k=p k=r+1 k=p k=r

96

✐ ✐

✐ ✐
P Q
I Symboles et

Attention Quand on utilise la relation de Chasles, il faut bien prendre


garde à ne pas compter deux fois le terme ar !

4. Additivité par rapport à l’ensemble d’indexation : si I1 et I2 sont deux


ensembles disjoints non vides, alors :
X X X Y Y Y
ak = ak + ak et ak = ak × ak .
k∈I1 ∪I2 k∈I1 k∈I2 k∈I1 ∪I2 k∈I1 k∈I2

Remarques
• Cette dernière propriété est une généralisation de la relation de Chasles.
• On remarque que l’on peut la rendre valable dans le cas où I1 = ∅
ou I2 = ∅, et ceci en convenant que :
X Y
ak = 0 et ak = 1.
k∈∅ k∈∅

Nous prenons à partir de maintenant ces conventions.


q
P q
Q
• En particulier, si p > q , nous convenons que ak = 0 et ak = 1.
k=p k=p
• Remarquons que ces conventions :
∗ permettent d’étendre la relation de Chasles au cas où p 6 r 6 q ;
∗ permettent d’étendre la notation n! pour n = 0 ; en effet, on a :
0
Y
0! = k = 1.
k=1

Remarque Les règles de calcul précédentes ne sont pas à apprendre par


cœur, mais à comprendre ! Pour cela, il ne faut pas hésiter à les vérifier en
les écrivant avec des points de suspension.

✞ ☎ Pn Pn p
p.128 Exercice 1 Que penser de l’égalité apk = ak ?
✝ ✆ k=1 k=1

✞ ☎
p.128 Exercice 2 (Produit des entiers pairs, produit des entiers impairs)
✝ ✆
Soit n ∈ IN.
1. Exprimer, à l’aide de n!, le produit An des entiers pairs compris entre 1 et 2n.
2. On note Bn le produit de tous les entiers impairs compris entre 1 et 2n + 1 .
En multipliant le numérateur et le dénominateur par An , montrer que :
(2n + 1)!
Bn = ·
2n n!

97
Chapitre 2. Cal uls algebriques


2 Changement d'indi e
Dans certaines situations il est intéressant de modifier l’indexation d’une
somme ou d’un produit.

De alage d'indi e


q
P
Si r est un entier, alors, dans la somme S = ak , on peut effectuer un
k=p
q+r
P
décalage d’indice en utilisant j = k + r et en écrivant S = aj−r .
j=p+r

✞ ☎ Pq
p.128 Exercice 3 Étant donné la somme S = ak , proposer un changement d’indice
✝ ✆ k=p
permettant d’obtenir une somme indexée à partir de 0 , et écrire cette somme.

n
X 2
Exemple Pour n > 2 , on souhaite calculer la somme S = ·
k(k + 2)
k=1

2 1 1
L’identité = − , valable pour tout k ∈ IN∗ , et donc pour
k(k + 2) k k+2
X n n
1 X 1
tout k ∈ [[1, n]], nous donne S = − ·
k k+2
k=1 k=1

En effectuant alors le changement d’indice j = k + 2 dans la deuxième somme, on a :


n
X n+2
X 1 n+2 X1
1
= = ,
k+2 j=3
j k
k=1 k=3

et donc :
n
X n+2
1 X1
S= −
k k
k=1 k=3
n
! n
!
1 X1 X 1 1 1
= 1+ + − + + (car n > 2)
2 k k n+1 n+2
k=3 k=3
3 1 1
= − − ·
2 n+1 n+2

✞ ☎
p.128 Exercice 4 À l’avant dernière égalité du calcul précédent, quelle est la raison de la
✝ ✆
justification « n > 2 » ?

98
P Q
I Symboles et

Symetrisation

Dans certains calculs, il peut être judicieux d’inverser l’ordre dans lequel les
termes sont considérés.

Exemple Pour n ∈ IN, considérons une somme de la forme :


n
X
S= ak . (⋆)
k=0

Pour inverser l’ordre de sommation, utilisons j = n − k . Lorsque k décrit l’en-


semble [[0, n]], alors j décrit le même ensemble [[0, n]]. On a donc :
n
X
S= an−j . (⋆⋆)
j=0

• l’écriture (⋆) correspond à S = a0 + a1 + · · · + an ;

• l’écriture (⋆⋆) correspond à S = an + an−1 + · · · + a0 .

✞ ☎ q
P
p.128 Exercice 5 Pour (p, q) ∈ IN2 tel que p 6 q , on considère une somme S = ak .
✝ ✆ k=p
Quel changement de variable effectuer pour inverser l’ordre de sommation :
1. tout en conservant une somme indexée de p à q ?
2. en se ramenant à une somme indexée de 0 à q − p ?

La formule donnant la somme des n premiers entiers est une parfaite illustra-
tion du principe de symétrisation.

Proposition 1
n
X n(n + 1)
Pour n ∈ IN, on a k= ·
k=1
2

Démonstration. Le résultat est évident pour n = 0 . Donnons-nous n ∈ IN∗ . Donnons une


démonstration intuitive, en utilisant des points de suspension. Notons S la somme considérée,
et sommant une fois dans un sens, et une fois dans l’autre :

S = 1 + 2 + ··· + (n − 1) + n
S = n + (n − 1) + ··· + 2 + 1
2S = (n + 1) + (n + 1) + ··· + (n + 1) + (n + 1)

n(n + 1)
On a donc 2 S = n(n + 1) , c’est-à-dire S = ·
2

99
Chapitre 2. Cal uls algebriques


Donnons une autre manière d’interpréter cette formule.


Par exemple, pour n = 5 :
5
P
la somme k peut-être vue comme
k=1
le nombre de petits carrés dans la fi-
gure « triangulaire » ci-contre.
1+2+3+4+5

En dupliquant la figure et en dispo-


sant les deux figures judicieusement, on 6
voit apparaître un rectangle compor-
tant 5 × 6 petits carrés.

5
✞ ☎
p.129 Exercice 6 Écrire la démonstration de la proposition précédente en utilisant le
✝ ✆ P
symbole , c’est-à-dire en écrivant 2S puis en inversant l’ordre de sommation
dans l’une des deux sommes.

✞ ☎
p.129 Exercice 7 Somme des termes d’une suite arithmétique. Soit a et b deux nombres
✝ ✆
complexes. Pour n ∈ IN, on note un = a + n b (autrement dit, la suite (un )n∈IN est
la suite arithmétique de premier terme a et de raison b ).
En s’inspirant de la démonstration précédente, montrer que pour (p, n) ∈ IN2 tel
que p 6 n, on a : Xn
up + un
uk = (n − p + 1) ·
2
k=p

Remarque La formule obtenue dans l’exercice précédent peut se formuler de


la manière suivante : la somme de termes consécutifs d’une suite arithmétique
est égale au produit entre :
• d’une part, la moyenne du premier et du dernier terme ;
• d’autre part le nombre de termes présents dans la somme.
✞ ☎
p.130 Exercice 8 Pour n un entier naturel non nul, on considère la somme suivante :
✝ ✆
X2n k π 
S= cos ,
2n
k=0

Grâce à un changement d’indice, montrer que S = −S , puis que S = 0 .


Indication : faire un dessin pour comprendre comment les termes se simplifient.

100
P Q
I Symboles et

Remarques
1. Dans ce qui précède, les variables k et j intervenant dans les sommes
étant des variables muettes, on peut utiliser la même lettre avant et après
le changement d’indice. Ainsi, l’écriture :
q
X q−1
X
S= ak = ak+1
k=p k=p−1
est tout à fait correcte. Cependant, l’utilisation d’une nouvelle lettre per-
met de réduire les risques d’erreurs dans la détermination des nouvelles
bornes. Le plus souvent, on fait, de tête, les raisonnements suivants :
• « quand k vaut p, combien vaut j , . . . et quand k vaut q , combien
vaut j . . . »
• « quand k décrit l’ensemble I , alors j décrit l’ensemble . . . »
P
2. Bien que ce qui précède ne traite que du symbole , les mêmes considé-
Q
rations peuvent être faites à propos du symbole .

3 Regroupements de termes
Sele
 tion des termes d'indi e pair ou impair
Dans ce qui suit, I désigne un ensemble fini d’entiers.
Dans certains cas, il est intéressant de traiter séparément les termes d’indices
pairs et ceux d’indices impairs.
P
Étant donné une somme S = ak , cela consiste à écrire :
k∈I
X X
S= ak + ak ,
k∈I1 k∈I2
où :
• l’ensemble I1 est l’ensemble des éléments de I qui sont impairs ;
• l’ensemble I2 est l’ensemble des éléments de I qui sont pairs.
Remarque Dans la décomposition précédente, l’écriture suivante est égale-
ment autorisée : X X
S= ak + ak .
k∈I k∈I
k impair k pair

✞ ☎
p.130 Exercice 9 On se place dans le cas où I = [[1, n]], avec n ∈ IN∗ , tout en gardant
✝ ✆
les notations précédentes.
1. Expliciter deux ensembles J1 et J2 qui sont tels que :
• lorsque j décrit J1 , alors 2j + 1 décrit I1 ;
• lorsque j décrit J2 , alors 2j décrit I2 .
2. En déduire l’écriture correspondante pour la somme S .

101
Chapitre 2. Cal uls algebriques


✞ ☎
p.131 Exercice 10 Soit n un entier naturel non nul. Calculer la somme :
✝ ✆
X2n k π 
S= 2k cos ,
2
k=0

en séparant les termes de la somme suivant la parité de k .


Indication : on pourra utiliser la proposition 3 de la page 104 pour calculer la somme
des termes d’une suite géométrique.

✞ ☎ n
Y 2n
Y
p.131 Exercice 11 Que penser de la formule suivante : a2p = aq ?
✝ ✆
p=1 q=2

Sommation par paquets


Dans certains calculs, le fait de regrouper les termes par paquets permet de
faire apparaître des simplifications.
✞ ☎
p.131 Exercice 12 Soit n ∈ IN∗ .
✝ ✆
2n
X
Calculer la somme S = (−1)k k en regroupant les termes deux à deux.
k=1

Point méthode
Le plus souvent, pour mettre en évidence un regroupement de termes, il est
plus facile d’utiliser l’écriture avec les points de suspension. Effectuer une
sommation par paquets revient alors à placer les parenthèses aux endroits
pertinents.

4 Sommes teles opiques, produits teles opiques


Dans ce qui suit, on suppose que p 6 q .
q
X
• On appelle somme télescopique toute somme de la forme (ak+1 −ak ).
k=p

L’intérêt de ce type de somme est que sa simplification est immédiate, car


tous les termes, sauf le premier et le dernier, se simplifient. En effet, on a :
q
X
(ak+1 − ak ) = (aq+1 − aq ) + (aq − aq−1 ) + · · · + (ap+2 − ap+1 ) + (ap+1 − ap )
k=p

= aq+1 − ap ,

102
P Q
I Symboles et

ou, de manière plus formelle :


q
X q
X q
X
(ak+1 − ak ) = ak+1 − ak
k=p k=p k=p
q+1
X q
X
= aj − ak (j = k + 1 dans la première somme)
j=p+1 k=p
q
X q
X
= aq+1 + aj − ak − ap
j=p+1 k=p+1
| {z }
=0
= aq+1 − ap .

q
Y ak+1
• On appelle produit télescopique tout produit de la forme , où
k=p
ak
les ak sont supposés tous non nuls. La simplification d’un tel produit est
immédiat. De façon analogue au calcul précédent, on a :
q
Y ak+1 ap+1 ap+2 aq aq+1 aq+1
= · ··· · = ,
k=p
ak ap ap+1 aq−1 aq ap

ou, de manière plus formelle :


q
Q q+1
Q
q ak+1 aj
Y ak+1 k=p j=p+1
= q = q (j = k + 1 dans le produit du haut)
ak Q Q
k=p ak ak
k=p k=p
aq+1
= ·
ap
✞ ☎
p.132 Exercice 13 Soit n ∈ IN∗ . En faisant apparaître un quotient dans le ln , simplifier :
✝ ✆
Xn  1
S= ln 1 + ·
k
k=1

✞ ☎
p.132 Exercice 14
✝ ✆
1 a b
1. Déterminer deux nombres a et b vérifiant : ∀k ∈ IN∗ = + ·
k(k + 1) k+1 k
n
X 1
2. Pour n ∈ IN∗ , en déduire une écriture simplifiée de S = ·
k(k + 1)
k=1

103
Chapitre 2. Cal uls algebriques


5 Quelques al uls remarquables


Somme des arres
 des n premiers entiers
Proposition 2
n
X n(n + 1)(2n + 1)
Pour n ∈ IN, on a k2 = ·
k=1
6

Démonstration. La formule est évidemment vraie pour n = 0 . Donnons-nous n ∈ IN∗ .


Pour tout k ∈ [[1, n]] , on a (k + 1)3 − k3 = 3k2 + 3k + 1 . Il en résulte que :
n n
X  X
(k + 1)3 − k3 = (3k2 + 3k + 1).
k=1 k=1

X
n

• À gauche, on reconnaît une somme télescopique : (k + 1)3 − k3 = (n + 1)3 − 1.
k=1

• À droite, on a :
n n n n n
X X X X X n(n + 1)
(3k2 + 3k + 1) = 3 k2 + 3 k+ 1=3 k2 + 3 + n.
2
k=1 k=1 k=1 k=1 k=1

n
X n(n + 1)
En identifiant les deux membres, on obtient (n + 1)3 − 1 = 3 k2 + 3 + n.
2
k=1
En simplifiant, on obtient la formule souhaitée :
n
X n(n + 1)(2n + 1)
k2 = ·
6
k=1

✞ ☎
p.132 Exercice 15 Somme des cubes des n premiers entiers.
✝ ✆
En s’inspirant de la méthode de la démonstration précédente, montrer que :
n
X  n(n + 1) 2
∀n ∈ IN k3 = ·
2
k=1

Somme des termes d'une suite geom


 etrique

Proposition 3
• Pour a ∈ C et (p, n) ∈ IN2 tel que p 6 n, on a :
n
X
(1 − a) ak = ap − an+1 .
k=p

• Si de plus a 6= 1, alors on a :
n
X ap − an+1
ak = ·
k=p
1−a

104
P Q
I Symboles et

Démonstration.
• Pour a ∈ C et p 6 n on a :
n n
X X
(1 − a) ak = (ak − ak+1 ),
k=p k=p

qui, par télescopage, se simplifie directement en ap − an+1 .


• Le deuxième point découle directement du premier, car l’hypothèse a 6= 1 nous permet de
diviser par 1 − a .

Remarque Pour a ∈ C et n ∈ IN, la proposition précédente appliquée


pour p = 0 donne la factorisation suivante de 1 − an+1 :
n
X
n+1
1−a = (1 − a) ak .
k=0

Corollaire 4
Pour a 6= 1 et n ∈ IN, on a :
n
X 1 − an+1
ak = ·
k=0
1−a

Fa torisation de an − bn et a2p+1 + b2p+1


Proposition 5
Pour n ∈ IN∗ et (a, b) ∈ C2 , on a :
an − bn = (a − b)(an−1 + an−2 b + · · · + a bn−2 + bn−1 )
n−1
X
= (a − b) ak bn−1−k ·
k=0

Démonstration. On a :
n−1 n−1 n−1
X X  X 
(a − b) ak bn−1−k = ak+1 bn−1−k − ak bn−k = ak+1 bn−(k+1) − ak bn−k .
k=0 k=0 k=0

On reconnaît alors une somme télescopique qui vaut an b0 − a0 bn = an − bn .

✞ ☎
p.132 Exercice 16 En utilisant la proposition 5, montrer que :
✝ ✆
2n
X
∀n ∈ IN∗ ∀(a, b) ∈ C2 a2n+1 + b2n+1 = (a + b) (−1)k ak b2n−k .
k=0

105
✐ ✐

“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 106 — #118


✐ ✐

Chapitre 2. Cal uls algebriques




6 Sommes doubles P
On appelle somme double une somme finie de la forme ai,j
(i,j)∈A
où (ai,j )(i,j)∈A est une famille de complexes doublement indexée.
On distingue plusieurs cas, suivant la forme de l’ensemble d’indexation A et
de la famille (ai,j )(i,j)∈A .

Cas où l’ensemble A est un produit cartésien Un cas assez favorable


est celui où l’ensemble fini A s’écrit comme un produit cartésien I × J . Dans
ce cas, le calcul de la somme double se ramène à celui de deux sommes simples
« emboîtées » :
X XX  XX 
ai,j = ai,j = ai,j .
(i,j)∈I×J i∈I j∈J j∈J i∈I
P
L’ordre dans lequel apparaissent les deux symboles n’a ici pas d’importance,
car l’addition des nombres complexes est commutative.
Exemple Le gérant d’un magasin employant 4 vendeurs répertorie toutes les ventes ef-
fectuées durant une année, et plus précisément il établit, pour chaque mois, le nombre
d’articles vendus par chacun de ses vendeurs. Cela donne lieu à un tableau de la forme
suivante :
J F M A M J J A S O N D
vendeur 1 14 7 9 3 5 7 7 11 12 14 13 15 117
vendeur 2 8 7 21 9 11 13 6 9 18 14 9 10 135
vendeur 3 13 17 9 19 21 22 14 13 16 13 12 16 185
vendeur 4 7 9 8 11 12 11 9 8 14 11 9 8 117
42 40 47 42 49 53 36 41 60 52 43 49 554

Le nombre total d’articles vendus dans l’année s’obtient alors en sommant tous les
termes du tableau, et s’écrit sous la forme de la somme double :
X
S= ai,j
(i,j)∈[[1,4]]×[[1,12]]

où ai,j désigne le nombre d’articles vendus par le i -ème vendeur lors du j -ème mois.
Comme il apparaît sur le tableau ci-dessus, on peut calculer cette somme :
• soit en sommant d’abord sur les lignes :

4 X
X 12 
S= ai,j = 117 + 135 + 185 + 117 = 554 ;
i=1 j=1

• soit en sommant d’abord sur les colonnes :


X12  X
4 
S= ai,j = 42 + 40 + · · · + 43 + 49 = 554.
j=1 i=1

106

✐ ✐

✐ ✐
P Q
I Symboles et

✞ ☎
p.133 Exercice 17 (Un cas particulièrement favorable)
✝ ✆
On suppose que l’ensemble d’indexation est un produit cartésien I ×J et qu’il existe
deux familles (bi )i∈I et (cj )j∈J telles que ∀(i, j) ∈ I × J ai,j = bi cj .
P  P  P 
Montrer que l’on a alors ai,j = bi cj .
(i,j)∈I×J i∈I j∈J

✞ ☎ X
p.133 Exercice 18 Étant donné un entier naturel n, calculer i 2j .
✝ ✆
(i,j)∈[[0,n]]2

Sommes triangulaires. Commençons par un exemple.


Exemple On considère une fa-

mille (ak,ℓ )(k,ℓ)∈A dont l’ensemble
d’indexation A est l’ensemble des couples 6 −8
d’entiers (k, ℓ) vérifiant : 5 6 34
1 6 ℓ 6 k 6 6, 4 5 17 16
et dont les valeurs sont données par le ta- 3 1 30 12 7
bleau ci-contre. 2 −3 13 21 −9 10
On souhaite calculer la somme : 1 2 14 3 10 11 −4
X
S= ak,ℓ . k
1 2 3 4 5 6
(k,ℓ)∈A

La somme S peut-être écrite et calculée des deux manières suivantes :


6  P
P k 
• S= ak,ℓ , ce qui revient à sommer colonne par colonne :
k=1 ℓ=1

S = (2) + (14 − 3) + (3 + 13 + 1) + (10 + 21 + 30 + 5)


+ (11 − 9 + 12 + 17 + 6) + (−4 + 10 + 7 + 16 + 34 − 8) = 188 ;

6  P
P 6 
• S= ak,ℓ , ce qui revient à sommer ligne par ligne :
ℓ=1 k=ℓ

S = (2 + 14 + 3 + 10 + 11 − 4) + (−3 + 13 + 21 − 9 + 10)
+ (1 + 30 + 12 + 7) + (5 + 17 + 16) + (6 + 34) − 8 = 188.

Notation Une telle somme est appelée somme triangulaire, ce qui se com-
prend bien sur le tableau de l’exemple ci-dessus.
Par rapport au cas où l’ensemble d’indexation est un produit cartésien, une
somme triangulaire est plus délicate à manipuler, car, quand on l’écrit à l’aide

107
Chapitre 2. Cal uls algebriques

P
de deux symboles successifs, l’ensemble décrit par le second indice dépend
P
de la valeur du premier. L’interversion des symboles nécessite donc quelques
précautions.
Exemple Considérons, pour n ∈ IN∗ , une somme de la forme :
n X
X k
S= ak,ℓ . (⋆)
k=1 ℓ=1

L’ensemble d’indexation A de la somme S est :


A = {(k, ℓ) ∈ IN2 | 1 6 ℓ 6 k 6 n},
P
et l’interversion des symboles mène à :
n X
X n
S= ak,ℓ . (⋆⋆)
ℓ=1 k=ℓ

Graphiquement, l’écriture (⋆ ) revient à sommer colonne par colonne (dessin de


gauche), et l’écriture (⋆⋆) revient à sommer ligne par ligne (dessin de droite) :

n n

ℓ=k ℓ

ℓ=1 1
1 k n 1 k=ℓ k=n
k varie de 1 et à n, ℓ varie de 1 et à n,
et à k fixé, ℓ varie de 1 à k et à ℓ fixé, k varie de ℓ à n

✞ ☎ P P
n n+1−k
p.133 Exercice 19 Pour n ∈ IN∗ , on considère une somme de la forme S = ak,ℓ .
✝ ✆ k=1 ℓ=1

Représenter
P graphiquement l’ensemble d’indexation, et intervertir les deux sym-
boles .

✞ ☎ n
X
p.133 Exercice 20 Étant donné un entier naturel non nul n, on note S = i 2i .
✝ ✆
i=1

P
n P
i P
Après avoir vérifié que S = 2i , et en intervertissant les deux symboles ,
i=1 j=1
montrer que S = (n − 1)2 n+1
+ 2.

108
II CoeÆ ients binomiaux, formule du binome
^

n X
X n
✞ ☎ 1
p.134 Exercice 21 Pour n ∈ IN∗ , calculer la somme double Sn = ·
✝ ✆ j
k=1 j=k

Attention Il est important de comprendre que dans une somme triangulaire,


c’est forcément l’ensemble parcouru par le second indice qui peut dépendre du
premier, et surtout pas l’inverse car cela n’aurait pas de sens !

II CoeÆ ients binomiaux, formule du bin^ome


1 CoeÆ ient binomial
On rappelle (cf. exemple de la page 94) qu’étant donné un entier naturel n,
on définit factorielle n, et on note n!, le nombre entier :
n
Y
n! = 1 × 2 × · · · × (n − 1) × n = k.
k=1
On rappelle que 0! = 1.
Définition 1
Étant donné deux entiers naturels n et p, on appelle coefficient binomial
!
n
« p parmi n », et l’on note , le nombre suivant :
p
p termes
! z }| {
p−1
n n(n − 1) · · · (n − p + 1) 1 Y
= = (n − k).
p p! p! k=0
n
Notation On rencontre parfois la notation Cnp pour désigner p .
Remarques
n
1. Si p > n, alors un des termes du numérateur est nul, et donc p = 0.
2. Si p 6 n, alors on a l’expression suivante du coefficient binomial :
!
n n!
= ·
p p! (n − p)!
n n
3. Pour tout n ∈ IN, on a 0 = n = 1.
Proposition 6
Pour tout (n, p) ∈ IN2 tel que n > p > 1, on a :
! ! !
n n n−1 n−p+1 n
= = ·
p p p−1 p p−1

Démonstration. C’est immédiat à partir de la définition en mettant p en facteur au dénomi-


nateur et, au numérateur, le premier ou le dernier terme.

109
Chapitre 2. Cal uls algebriques


2 Proprietes
Proposition 7
Étant donné deux entiers naturels n et p, on a :
! !
n n
• = si p 6 n,
p n−p
! ! !
n n−1 n−1
• = + si n > 1 et p > 1 (Relation de Pascal).
p p p−1

n

Principe de démonstration. Par le calcul, à partir de la définition de p
.

✞ ☎
p.134 Exercice 22 Montrer que, pour tous entiers naturels n et p, le coefficient bino-
✝ ✆ 
mial np est un entier.

Triangle de Pas al
La relation de Pascal nous offre une mé- 1 n=0
thode pour calculer les premiers coef-
1 1 n=1
ficients binomiaux, en construisant le
triangle de Pascal. Dans le triangle 1 2 1 n=2
ci-contre, où chaque coefficient est la
somme des deux coefficient situés au 1 3 3 1 n=3
dessus de lui, on peut lire à la ligne nu- 1 4 6 4 1 n=4
méro n les coefficients :
! ! ! ! 1 5 10 10 5 1 n=5
n n n n
, , ..., , .
0 1 n−1 n 1 6 15 20 15 6 1 n = 6
Les nombres encadrés dans le triangle ci-dessus correspondent à la relation :
! ! !
5 4 4
= + .
3 2 3

Remarque
0 1
1 1 1
Une autre présentation possible du tri-
angle de Pascal est celle ci-contre, qui 2 1 2 1
est parfois plus facile à utiliser, sur- 3 1 3 3 1
tout pour la lecture en colonne (c’est-à- 4 1 4 6 4 1
dire pour accéder à différentes valeurs
 5 1 5 10 10 5 1
de np pour une valeur fixée de p).
6 1 6 15 20 15 6 1
n 0 p
1 2 3 4 5 6

110
II CoeÆ ients binomiaux, formule du binome
^

3 Interpretations du oeÆ ient binomial


Nombre de hemins realisant
 p su es
 dans un arbre

On peut interpréter le coefficient binomial np comme le nombre de chemins
réalisant p succès dans l’arbre modélisant une succession de n épreuves de
Bernoulli.
✞ ☎
p.134 Exercice 23 (Justification de ce qui précède)
✝ ✆
Notons an,p le nombre de manières de réaliser p succès dans une succession de n
épreuves de Bernoulli.

1. Expliquer pourquoi la famille (an,p )(n,p)∈IN2 vérifie la relation de Pascal :


∀n > 1 ∀p > 1 an,p = an−1,p + an−1,p−1 .
 
n
2. Pour n ∈ IN, considérons la propriété Hn : « ∀p ∈ IN an,p = ».
p
Montrer par récurrence que pour tout n ∈ IN, Hn est vraie, et conclure que :
 
2 n
∀(n, p) ∈ IN an,p = .
p

Remarque La démonstration par récurrence précédente repose sur les pro-


priétés suivantes vérifiées par la famille (an,p )(n,p)∈IN2 :
• ∀n ∈ IN an,0 = 1 ;

• ∀p ∈ IN∗ a0,p = 0 ;

• la relation de Pascal : an,p = an−1,p + an−1,p−1 .


Intuitivement, il était facile de se convaincre que ces deux propriétés assurent
l’égalité entre la famille (an,p ) et la famille des coefficients binomiaux. En effet,
lors de la construction du triangle de Pascal, ces deux propriétés permettent
à elles seules de construire tout le triangle :
1 0 0 0 0 1 0 0 0 0
1 ⋆ ⋆ ⋆ ⋆ 1 1 0 0 0
1 ⋆ ⋆ ⋆ ⋆ 1 2 1 0 0
1 ⋆ ⋆ ⋆ ⋆ 1 3 3 1 0
1 ⋆ ⋆ ⋆ ⋆ 1 4 6 4 1
Les propriétés ∀n ∈ IN an,0 = 1 et La propriété ainsi que la relation de
∀p > 1 a0,p = 0 permettent de com- Pascal permettent ensuite de pour-
mencer la construction. suivre la construction.

111
Chapitre 2. Cal uls algebriques


Nombre de parties a p el
 ements
 dans un ensemble a n el
 ements


Pour n et p entiers naturels, le coefficient binomial np peut également s’in-
terpréter comme le nombre de parties à p éléments dans un ensemble qui en

comporte n. De manière informelle, cela signifie qu’il y a np manières de
choisir p objets parmi n. La justification de tout ceci sera donnée dans le
chapitre 28 sur le dénombrement.

Remarque Ceci justifie l’emploi de l’expression « p parmi n » pour désigner



le coefficient binomial np .

4 Formule du bin^ome
Proposition 8 (Formule du binôme de Newton)
Étant donné (a, b) ∈ C2 et n ∈ IN, on a :
n
!
X n p n−p
n
(a + b) = a b .
p=0
p

Principe de démonstration. On procède par récurrence, en utilisant la formule de Pascal.


✞ ☎
Démonstration page 135
✝ ✆

Quelques appli ations


✞ ☎ n  
X n
p.136 Exercice 24 Soit n ∈ IN. Grâce à la formule du binôme, calculer .
✝ ✆ k
k=0

✞ ☎
p.136 Exercice 25 Soit n ∈ IN∗ .
✝ ✆
1. En reconnaissant une formule du binôme, montrer que :
     
n n n n
− + · · · + (−1) = 0.
0 1 n
X n X n
2. En déduire la valeur de et de .
k k
k∈[[0,n]] k∈[[0,n]]
k pair k impair

✞ ☎
p.137 Exercice 26 En utilisant la formule du binôme, démontrer que :
✝ ✆
∀x ∈ IR+ ∀n ∈ IN (1 + x)n > 1 + nx.

112
✐ ✐

“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 113 — #125


✐ ✐

III Systemes
 lineaires,
 methode
 du pivot

III Systemes lineaires, methode du pivot


1 Systeme de 2 e quations a 2 in onnues
On appelle système linéaire de 2 équations à 2 inconnues tout système
de la forme suivante :
(
ax + by = e
(S) :
cx + dy = f

où x et y sont les inconnues, et a, b, c, d, e et f sont des coefficients réels


ou complexes. Résoudre ce système revient à trouver tous les couples (x, y)
vérifiant simultanément les deux équations.
Remarque Si l’un des couples (a, b) et (c, d) est nul, alors la résolution du
système est facile. En effet, si par exemple on a (a, b) = (0, 0), alors la première
équation devient : 0 = e. Deux cas peuvent alors se présenter.
• Premier cas e = 0. Dans ce cas, la première équation est toujours
vérifiée, et le système est équivalent à l’équation linéaire c x + d y = f qu’il
est facile de résoudre.
• Deuxième cas e 6= 0. Dans ce cas, la première équation n’est jamais
vérifiée, et le système ne possède pas de solution (on dit alors qu’il est
incompatible).

Interpretation
 geom
 etrique
 ( as reel)
 : interse tion de deux droites
Plaçons-nous dans le cas où les coefficients sont réels, et supposons
que (a, b) 6= (0, 0) et (c, d) 6= (0, 0). Munissons le plan d’un repère.
• Comme (a, b) 6= (0, 0), l’équation a x+b y = e peut être interprétée comme
l’équation d’une droite affine D1 .
• De même, comme (c, d) 6= (0, 0), l’équation c x + d y = f peut être inter-
prétée comme l’équation d’une droite affine D2 .
Ainsi, résoudre le système (S) revient à déterminer les points d’intersection
des droites D1 et D2 . Trois cas peuvent alors se présenter :
• Premier cas : les droites D1 et D2 sont sécantes. Alors, le système
possède une unique solution : les coordonnées du point d’intersection.
• Deuxième cas : les droites D1 et D2 sont confondues. Alors, le système
possède une infinité de solutions : tous les couples de coordonnées des
points de la droite.
• Troisième cas : les droites D1 et (D2 ) sont parallèles et non confondues.
Alors le système est incompatible, c’est-à-dire qu’il ne possède pas de
solution.

113

✐ ✐

✐ ✐
✐ ✐

“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 114 — #126


✐ ✐

Chapitre 2. Cal uls algebriques




Remarque
Pour savoir si les droites D1 et D2 sont parallèles, on peut considérer les
vecteurs ~n1 = (a, b) et ~n2 = (c, d), qui sont des vecteurs non nuls normaux
à D1 et D2 respectivement.
• On sait alors que les deux droites D1 et D2 sont parallèles si, et seulement
si, les vecteurs ~n1 et ~n2 sont colinéaires.
• Ces deux vecteurs sont colinéaires si, et seulement si, les couples (a, b)
et (c, d) sont proportionnels, c’est-à-dire si, et seulement si, a d − b c = 0.

Définition 2
La quantité a d − b c est appelée déterminant du système (S). On le
a b
note det(S) ou encore .
c d

L’interprétation géométrique précédente nous indique donc que le système (S)


possède une unique solution si, et seulement si, son déterminant est non nul.
Remarque Dans le cas où le déterminant du système (S) est nul, pour savoir
si l’on est dans le deuxième cas ou le troisième, il s’agit de regarder si les deux
équations sont proportionnelles ou pas.
• Si elles le sont, alors les droites D1 et D2 sont confondues, et le système
possède une infinité de solutions.
• Dans le cas contraire, alors les droites D1 et D2 sont parallèles et non
confondues, et donc le système est incompatible.

Cas gen
 eral

La caractérisation de l’unicité de la solution à l’aide de la non nullité du
déterminant, obtenue géométriquement dans le cas réel, est vraie dans le cas
général, comme l’énonce la proposition suivante.
Proposition 9
Le système :
(
ax + by = e
(S) :
cx + dy = f
possède une unique solution si, et seulement si, son déterminant est non nul.

Démonstration.
• Supposons que le déterminant du système (S) soit non nul, et montrons qu’il possède une
unique solution. Procédons par analyse-synthèse.
∗ Supposons que (x, y) soit solution du système. On a alors :
ax + by = e (E1 ) et cx+ dy = f (E2 ).

114

✐ ✐

✐ ✐
III Systemes
 lineaires,
 methode
 du pivot

⋆ L’équation d × (E1 ) − b × (E2 ) nous donne alors (ad − bc) x = ed − bf , c’est-à-dire,


comme ad − bc 6= 0 :
ed − bf
x= ·
ad − bc
⋆ L’équation c × (E1 ) − a × (E2 ) nous donne quant à elle (bc − ad) y = ec − af ,
c’est-à-dire, comme ad − bc 6= 0 :
af − ec
y= ·
ad − bc
Cela montre que si le système est compatible, il possède une unique solution.
∗ Réciproquement, il est facile de vérifier que le couple proposé est solution du système, car
il vérifie ses deux équations.
✞ ☎
• Il reste à démontrer l’autre sens. Démonstration page 137
✝ ✆

Notation Un tel système (S) de déterminant non nul est appelé système
de Cramer. On dit aussi de (S) qu’il est de Cramer.

Remarque Lors de la démonstration précédente, nous avons obtenu que si


le système (S) est de Cramer, alors son unique solution est le couple (x, y)
défini par les formules :
ed − bf af − ec
x= et y= ·
ad − bc ad − bc
Dans ces formules :
a b
• au dénominateur se trouve le déterminant du système ;
c d

• au numérateur, nous voyons apparaître les déterminants :

e b a e
et ,
f d c f

qui sont respectivement obtenus, à partir du déterminant du système, en


substituant le second membre du système à la colonne associée à l’inconnue
que l’on souhaite calculer.
Ces formules sont appelées formules de Cramer, et seront parfois utilisées
dans la suite.


✞ ☎ 5x + 3y = −2
p.137 Exercice 27 Résoudre le système suivant :
✝ ✆ 2x + y = 3.

115
Chapitre 2. Cal uls algebriques


✞ ☎
p.137 Exercice 28 On considère le système suivant, dépendant de paramètres λ et µ :
✝ ✆ 
λx + 3y = −2
(S) :
2x + y = µ.

1. Pour quelles valeurs des paramètres λ et µ le système (S) est-il de Cramer ?


Donner alors l’unique solution.
2. Résoudre le système lorsque celui-ci n’est pas de Cramer.

2 Systeme de 2 e quations a 3 in onnues


On appelle système linéaire de 2 équations à 3 inconnues un système
de la forme suivante :
(
ax + by + cz = g
(S) :
d x + e y + f z = h,

où x, y et z sont les inconnues, et a, b, c, d, e, f , g et h sont des


coefficients réels ou complexes. Résoudre ce système revient à trouver tous les
triplets (x, y, z) vérifiant simultanément les deux équations.
Remarque Si l’un des triplets (a, b, c) et (d, e, f ) est nul, alors le système se
ramène à une seule équation. En effet, si par exemple on a (a, b, c) = (0, 0, 0),
alors, la première équation devient 0 = g . Deux cas peuvent alors se présenter :
• Premier cas g = 0. Dans ce cas, la première équation est toujours
vérifiée, et le système se ramène à l’équation linéaire d x + e y + f z = h.
• Deuxième cas g 6= 0. Dans ce cas, la première équation n’est jamais
vérifiée, donc le système est incompatible.

Interpretation
 geom
 etrique
 ( as reel)
 : interse tion de plans
Plaçons-nous dans le cas où les coefficients sont réels, et supposons que :
(a, b, c) 6= (0, 0, 0) et (d, e, f ) 6= (0, 0, 0).
Munissons l’espace d’un repère.
• Comme (a, b, c) 6= (0, 0, 0), l’équation a x + b y + c z = g peut être inter-
prétée comme l’équation d’un plan P1 .
• De même, comme (d, e, f ) 6= (0, 0, 0), l’équation d x + e y + f z = h peut
être interprétée comme l’équation d’un plan P2 .
Résoudre le système (S) revient alors à déterminer l’intersection des plans P1
et P2 .
• Si les deux plans ne sont pas parallèles, alors leur intersection est une droite.
Le système possède alors comme solutions tous les triplets de coordonnées
des points de cette droite.

116
III Systemes
 lineaires,
 methode
 du pivot

• Si les deux plans sont confondus, alors le système possède comme solutions
tous les triplets de coordonnées des points du plan en question.

• Si les deux plans sont parallèles et non confondus, alors le système est
incompatible.

Remarques
1. Comme les vecteurs ~n1 = (a, b, c) et ~n2 = (d, e, f ) sont des vecteurs non
nuls normaux respectivement à P1 et P2 , les plans P1 et P2 sont paral-
lèles si, et seulement si, les vecteurs ~n1 et ~n2 sont colinéaires, c’est-à-dire si,
et seulement si, les triplets (a, b, c) et (d, e, f ) sont proportionnels.

2. On constate que si (S) est un système de 2 équations à 3 inconnues, alors :

• soit (S) est incompatible,


• soit (S) possède une infinité de solutions.

Il n’y aura donc jamais existence et unicité de solution pour un tel système.

✞ ☎
p.138 Exercice 29 On considère le système suivant, que l’on souhaite résoudre dans IR :
✝ ✆

x+2y +3z = 3
(S) :
2 x + y + z = 1.

1. Sans faire de calcul, expliquer pourquoi on peut trouver (x0 , y0 , z0 ) ∈ IR3


et (xu , yu , zu ) ∈ IR3 tels que l’ensemble des solutions soit :

(x0 + λxu , y0 + λyu , z0 + λzu ) ; λ ∈ IR .

2. Résoudre (S).

✞ ☎
p.139 Exercice 30 On considère le système suivant, dépendant d’un paramètre λ ∈ IR :
✝ ✆

x+2y +3z = 3
(S) :
3 x + 6 y + 9 z = λ.
Résoudre (S) en discutant suivant la valeur du paramètre λ.

3 Cas general : systeme de n e quations a p in onnues


Dans toute la suite, nous considérons des systèmes linéaires à coefficients réels
ou complexes. Nous utiliserons la lettre IK pour désigner IR ou C. Les éléments
de IK sont appelés scalaires.

117
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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 118 — #130


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Chapitre 2. Cal uls algebriques




Gen
 eralit
 es

Étant donné deux entiers naturels n et p non nuls, on appelle système linéaire
de n équations à p inconnues x1 , x2 ,. . . , xp tout système (S) du type :


 a1,1 x1 + a1,2 x2 + · · · + a1,j xj + · · · + a1,p xp = b1



 ..

 .
(S) : ai,1 x1 + ai,2 x2 + · · · + ai,j xj + · · · + ai,p xp = bi

 ..





.

an,1 x1 + an,2 x2 + · · · + an,j xj + · · · + an,p xp = bn

où (ai,j )16i6n est une famille d’éléments de IK et (b1 , b2 , . . . , bn ) un élément


16j6p
de IKn .

• Les ai,j sont appelés les coefficients du système.


• La n-liste (b1 , b2 , . . . , bn ) est appelée second membre du système.
• Lorsque b1 = b2 = · · · = bn = 0 on dit que le système est homogène, ou
encore qu’il est « sans second membre ».
• On appelle solution du système toute p-liste (x1 , x2 , . . . , xp ) ∈ IKp
vérifiant les n équations de (S).
• Le système (S) est dit compatible s’il admet au moins une solution. Sinon
on dit qu’il est incompatible.
• Le système (S0 ) obtenu en remplaçant tous les bi par 0 est appelé système
homogène associé à (S).
• On dit qu’un système est carré s’il a autant d’équations que d’inconnues.

Remarque Tout système homogène est compatible, car il admet au moins la


n-liste nulle (0, . . . , 0) comme solution.


 x1 − x2 = 1
Exemple Le système de trois équations à trois inconnues x2 − x3 = 1 n’est pas

x3 − x1 = 1
compatible puisque si (x1 , x2 , x3 ) était une solution, alors en sommant les trois équa-
tions on obtiendrait 0 = 3 . 
 x1 − x2 = 0
En revanche, le système homogène associé x2 − x3 = 0 admet, en plus du tri-

x3 − x1 = 0
plet (0, 0, 0), des solutions non nulles, comme par exemple le triplet (1, 1, 1).

118

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 119 — #131


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III Systemes
 lineaires,
 methode
 du pivot

Stru ture de l'ensemble des solutions


On considère ici un système linéaire (S) et on note (S0 ) son système homogène
associé.
La proposition suivante explique comment la résolution du système (S) se
ramène, lorsque celui-ci est compatible, à :
• déterminer une solution particulière de (S) ;
• résoudre le système homogène (S0 ).
Proposition 10
Si (ω1 , . . . , ωp ) désigne une solution de (S), alors l’ensemble des solutions
de (S) est l’ensemble des p-listes de la forme :
(x1 , . . . , xp ) = (ω1 + h1 , . . . , ωp + hp ) avec (h1 , . . . , hp ) solution de (S0 ).

Principe de démonstration. La démonstration se fait en deux temps :


• on vérifie que toutes les p -listes annoncées sont bien solutions ;
✞ ☎
• on montre que toutes les solutions sont bien de cette forme. Démonstration page 139
✝ ✆

Systeme
 triangulaire
Certains systèmes linéaires sont « plus faciles » à résoudre que d’autres. Nous
présentons dans cette partie les systèmes triangulaires, dont la résolution est
particulièrement aisée.
On dit qu’un système est triangulaire s’il est de la forme suivante :





 a1,1 x1 + a1,2 x2 + · · · + a1,i xi + · · · + a1,n−1 xn−1 + a1,n xn = b1






 a2,2 x2 + · · · + a2,i xi + · · · + a2,n−1 xn−1 + a2,n xn = b2



 ..


 .

 ai,i xi + · · · + ai,n−1 xn−1 + ai,n xn = bi



 ..


 .







an−1,n−1 xn−1 + an−1,n xn = bn−1



 an,n xn = bn .

Autrement dit, un système triangulaire est un système carré (sic !) dont les
coefficients ai,j sont nuls lorsque i > j .
Notation Les coefficients ak,k sont appelés coefficients diagonaux.
Si les coefficients diagonaux sont tous non nuls, alors un tel système possède
une unique n-liste solution, que l’on détermine composante par composante,
en partant de la dernière équation et en remontant :

119

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 120 — #132


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Chapitre 2. Cal uls algebriques




bn
• la dernière ligne nous donne la valeur de xn : xn = ;
an,n
• puis, l’avant-dernière ligne nous fournit la valeur de xn−1 :
1
xn−1 = (bn−1 − an−1,n xn ) ;
an−1,n−1

• on poursuit ainsi de suite, jusqu’à remonter à la première ligne, qui, comme


on a alors déjà déterminé xn , xn−1 , . . . , x2 , nous donne la valeur de x1 .
Attention Dans le raisonnement ci-dessus, il est important que les coeffi-
cients diagonaux soit tous non nuls. En effet, la ligne i permet de détermi-
ner xi , mais ceci à condition de pouvoir diviser par ai,i .

Remarque Le raisonnement précédent correspond à une partie « ana-


lyse » d’une démonstration, et montre en fait qu’il existe au plus une so-
lution au système. En fait, il est facile de vérifier que, par construction, la
n-liste (x1 , . . . , xn ) que l’on a déterminée vérifie chaque équation du système,
autrement dit est bien solution du système.

Exemple Selon le principe précédent,


 la résolution du système

 x − x2 + 3x3 = 1

 1
x2 − x3 = 1



 2x3 = 3
3 5
donne directement x3 = , puis x2 = 1 + x3 = , et enfin x1 = 1 + x2 − 3 x3 = −1 .
2 2 5 3
Le système possède donc une unique solution : − 1, , .
2 2
Operations
 el
 ementaires

Définition 3
Deux systèmes sont dits équivalents s’il possèdent les mêmes solutions.

Nous venons de voir précédemment qu’il était facile de résoudre un système


triangulaire. La question qui se pose alors est : peut-on transformer tout sys-
tème linéaire en un système triangulaire qui lui est équivalent ?
La réponse est négative dans le cas général. Cependant, nous allons présenter
ici la méthode du pivot, qui permet de transformer un système linéaire en
un système « plus simple » à résoudre.

Opérations élémentaires sur les lignes


Dans la suite, nous emploierons le terme ligne pour désigner une équation
d’un système linéaire. Ainsi, un système à p équations comporte p lignes, que
l’on numérote de la ligne 1 à la ligne p, du haut vers le bas.

120

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 121 — #133


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III Systemes
 lineaires,
 methode
 du pivot

Pour modifier un système en un système qui lui est équivalent, nous nous au-
torisons les trois types d’opérations suivantes, que nous appelons opérations
élémentaires.
• Ajout à une ligne d’un multiple d’une autre
Étant donné λ un scalaire et i 6= j , on indiquera Li ← Li + λLj pour
signaler que l’on a modifié la ligne i en lui ajoutant la ligne j multipliée
par λ.
• Multiplication d’une ligne par un scalaire non nul
Étant donné un scalaire non nul µ, on indiquera Li ← µLi pour signaler
que l’on a modifié la ligne i en la multipliant par µ.
• Échange de deux lignes
On indiquera Li ↔ Lj pour signaler que l’on a échangé les lignes i et j .
Remarque En combinant les deux premières opérations, on obtient une autre
opération élémentaire de la forme Li ← α Li + β Lj , avec α 6= 0 et j 6= i.

Proposition 11
Toute opération élémentaire transforme un système en un système qui lui
est équivalent.
✞ ☎
Démonstration page 140
✝ ✆
Methode
 du pivot de Gauss
La méthode du pivot consiste à effectuer sur un système une suite d’opérations
élémentaires pour le transformer en un système équivalent « plus simple ».
Dans ce qui suit, nous expliquons concrètement comment ramener la résolution
d’un système à p inconnues à celle d’un système à p − 1 inconnues.
Considérons un système linéaire (S) à n équations et p inconnues :



 a1,1 x1 + a1,2 x2 + ··· ··· ··· ··· + a1,p xp = b1



 a2,1 x1 + ··· ··· ··· ··· ··· ··· + a2,p xp = b2


 .. .. ..
(S) : . . . .




 .. .. ..

 . . .



an,1 x1 + ··· ··· ··· ··· ··· ··· + an,p xp = bn

• Si tous les coefficients devant x1 sont nuls, alors l’inconnue x1 n’intervient


pas dans l’écriture du système, et donc sa valeur n’a pas d’influence sur le
fait que la liste (x1 , . . . , xp ) soit solution ou non.

121

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 122 — #134


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Chapitre 2. Cal uls algebriques




e qui a la même écriture que (S), mais que


On résout alors le système (S),
l’on voit comme un système à seulement p−1 inconnues qui sont x2 , . . . , xp .
Les solutions de (S) sont alors les p-listes :
e
(x1 , x2 , . . . , xp ), avec x1 ∈ IK et (x2 , . . . , xp ) solution de (S).
• Si au moins un des coefficients devant x1 est non nul, alors choisissons-en
un, que l’on appelle pivot.

∗ En notant i0 l’indice de la ligne où se trouve le pivot choisi et en


réalisant l’échange de lignes Li0 ↔ L1 , alors on obtient un système
équivalent à (S) où le pivot choisi est le coefficient devant x1 à la
première ligne :



 ã1,1 x1 + ã1,2 x2 + ··· ··· ··· ··· + ã1,p xp = b̃1





 ã2,1 x1 + ··· ··· ··· ··· ··· ··· + ã2,p xp = b̃2



.. .. ..
 . . .

 .. .. ..



 . . .



 ãn,1 x1 + ··· · · · · · · · · · · · · · · · + ãn,p xp = b̃n .

∗ On utilise alors la première ligne pour éliminer l’inconnue x1 dans


toutes les autres. Plus précisément, en réalisant les opérations élémen-
taires suivantes :
ã2,1 ãn,1
L2 ← L2 − L1 . . . Ln ← L n − L1 ,
ã1,1 ã1,1
on obtient un système équivalent à (S) de la forme ci-dessus :




 â1,1 x1 + â1,2 x2 + ··· ··· ··· ··· + â1,p xp = b̂1



 â2,2 x2 + ··· ··· ··· ··· + â2,p xp = b̂2


 .. .. ..
. . .




 .. .. ..

 . . .



ân,2 x2 + ··· ··· ··· ··· + ân,p xp = b̂n .

∗ Dans le système obtenu, on voit apparaître :


⋆ une équation linéaire :
(E) : â1,1 x1 + · · · · · · · · · · · · + â1,p xp = b̂1 ;

122

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 123 — #135


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III Systemes
 lineaires,
 methode
 du pivot

⋆ un système à p − 1 inconnues formé par ses n − 1 dernières lignes :





 â2,2 x2 + ··· ··· + â2,p xp = b̂2

 .. .. ..

 . . .
e
(S) :
 .. .. ..

 . . .




ân,2 x2 + · · · · · · · · · ân,p xp = b̂n .

La résolution du système (S) e donne alors la résolution du système (S).


En effet, une p-liste (x1 , . . . , xp ) est solution de (S) si, et seulement
si, on a à la fois les deux propriétés suivantes :
e ;
⋆ (x2 , . . . , xp ) est solution de (S)
⋆ (x1 , . . . , xp ) est solution de (E).
Plus précisément, comme â1,1 est non nul, à chaque solution
(x2 , . . . , xp ) de (S) e correspond une unique solution de (S) qui est la
p-liste suivante :
 1  
b̂1 − â1,2 x2 − · · · − â1,p xp , x2 , . . . , xp . (∗)
â1,1
L’ensemble des solutions de (S) est donc l’ensemble des p-listes de la
forme (∗), avec (x2 , . . . , xp ) solution de (S).
e : pour ce faire, on peut
∗ Il s’agit désormais de résoudre le système (S)
à nouveau appliquer la méthode du pivot précédente.

4 Exemples
Premier exemple
On souhaite résoudre le système :


 2x1 + x2 − 2x3 = 1



(S) : −2x1 − 2x2 + 3x3 = 1




 3x − x − 2x = 5.
1 2 3
Choisissons le coefficient 2 devant x1 à la première ligne comme pivot. Ef-
fectuons les opérations L2 ← L2 + L1 et L3 ← 2L3 − 3L1 afin d’éliminer
l’inconnue x1 dans les deux dernières équations :


 2x1 + x2 − 2x3 = 1



 −x2 + x3 = 2



 −5x2 + 2x3 = 7.
Remarque Nous avons préféré appliquer l’opération L3 ← 2L3 − 3L1 plutôt
3
que L3 ← L3 − L1 afin d’éviter l’apparition de fractions. En toute rigueur,
2

123

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 124 — #136


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Chapitre 2. Cal uls algebriques




l’opération L3 ← 2L3 − 3L1 n’est pas une opération élémentaire ; elle est obte-
3
nue en réalisant successivement les opérations L3 ← L3 − L1 puis L3 ← 2L3 .
2


 −x2 + x3 = 2
Le sous-système est de Cramer, car son déterminant

 −5x2 + 2x3 = 7

−1 1
vaut = 3, et son unique solution est donnée par :
−5 2

1 2 1 1 −1 2
x2 = = −1 et x3 = = 1.
3 7 2 3 −5 7
La première équation du système (S ) nous donne alors x1 = 2.
L’unique solution du système (S) est donc le triplet (2, −1, 1).
Deuxieme
 exemple
On souhaite résoudre le système :


 2x1 + 2x2 − x3 = 1



(S) : x1 − x2 + 2x3 = 1




 7x + x + 4x = 5.
1 2 3

• Afin d’obtenir un pivot plus simple, commençons par échanger les deux
premières lignes :


 x1 − x2 + 2x3 = 1



(S) : 2x1 + 2x2 − x3 = 1




 7x + x + 4x = 5.
1 2 3

• Effectuons les opérations L2 ← L2 − 2L1 et L3 ← L3 − 7L1 afin d’éliminer


l’inconnue x1 dans les lignes 2 et 3 :


 x1 − x2 + 2x3 = 1



 4x2 − 5x3 = −1



 8x2 − 10x3 = −2.
• La troisième équation étant multiple de la deuxième, le système est équi-
valent au suivant : 

 x1 − x2 + 2x3 = 1

 4x2 − 5x3 = −1.

124

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III Systemes
 lineaires,
 methode
 du pivot

• On remarque alors que pour tout choix de la valeur de x3 , le tri-


plet (x1 , x2 , x3 ) est solution de (S) si, et seulement si, le couple (x1 , x2 )
est solution du système  :

 x1 − x2 = 1 − 2x3
e :
(S)

 4x2 = −1 + 5x3 .
e est de Cramer, ce qui mène à l’expression de x1 et x2 en
Le système (S)
fonction de x3 : 

 x = 3 3
 1 − x3
4 4

 1 5
 x2 = − + x3 .
4 4
L’ensemble des solutions du système est donc :
  
3 3 1 5
− x3 , − + x3 , x3 ; x3 ∈ IR .
4 4 4 4
Remarque Dans la résolution précédente, lorsque l’on décide d’exprimer les
inconnues x1 et x2 en fonction de x3 ,
• les inconnues x1 et x2 sont appelées inconnues principales ;
• l’inconnue x3 est appelée inconnue secondaire.

Attention En général, il n’y a pas une unique manière de choisir les inconnues
principales et secondaires. Ainsi, dans la résolution précédente, et devant le
système : 

 x1 − x2 + 2x3 = 1

 4x2 − 5x3 = −1,
on peut choisir de prendre x2 comme inconnue secondaire, et x1 et x3 comme
inconnues principales.
✞ ☎
p.140 Exercice 31 Finir la résolution du système précédent en choisissant cette fois-ci x2
✝ ✆
comme inconnue secondaire.

Troisieme
 exemple : systeme
 dependant
 d'un parametre

On souhaite résoudre, en discutant suivant la valeur de a, le système suivant :


 (a + 1) x1 + 2x2 − 4x3 = 2



(S) : −x1 + (a − 2) x2 + 2x3 = −1




 x1 + x2 + (a − 3) x3 = 1.
Tel que le système apparaît, on peut être tenté de choisir le coefficient (a + 1)
devant x1 à la première ligne comme pivot. Cela n’est pas très pertinent car

125
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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 126 — #138


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Chapitre 2. Cal uls algebriques




cela exige que a + 1 soit non nul, et nous contraint à traiter séparément le
cas a = −1. Nous préférons donc choisir un autre coefficient comme pivot, par
exemple le 1 devant x1 à la dernière ligne. Échangeons les lignes 1 et 3 :


 x1 + x2 + (a − 3) x3 = 1



 −x1 + (a − 2) x2 + 2x3 = −1



 (a + 1) x
1 + 2x2 − 4x3 = 2,
puis effectuons les opérations L2 ← L2 + L1 et L3 ← L3 − (a + 1) L1 :


 x1 + x2 + (a − 3) x3 = 1



 (a − 1) x2 + (a − 1) x3 = 0



 −(a − 1) x2 − (a − 1)2 x3 = −(a − 1).

• On remarque que si a = 1, alors les deux dernières lignes sont simple-


ment 0 = 0. Le système est alors équivalent à l’équation :
x1 + x2 − 2 x3 = 1.
On constate alors qu’un triplet (x1 , x2 , x3 ) est solution si, et seulement
si, x1 = 1 − x2 + 2 x3 , ce qui signifie que l’ensemble des solutions est :
n  o
1 − x2 + 2 x3 , x2 , x3 ; (x2 , x3 ) ∈ IR2 .

• Supposons désormais a 6= 1. Alors on peut simplifier l’écriture du système


en divisant les deux dernières équations par (a − 1) :


 x1 + x2 + (a − 3) x3 = 1



 x2 + x3 = 0



 x2 + (a − 1) x3 = 1.


 x2 + x3 = 0
e le sous-système :
Notons (S)

 x2 + (a − 1) x3 = 1.

1 1
e a pour déterminant
Ce système (S) = a − 2.
1 a−1

∗ Si a 6= 2, alors (S) e est de Cramer, et son unique solution est le


couple (x2 , x3 ), avec :
−1 1
x2 = et x3 = ·
a−2 a−2
2
Par suite, la première équation de (S) donne x1 = , et donc (S)
a−2

126

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 127 — #139


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III Systemes
 lineaires,
 methode
 du pivot

possède comme unique solution le triplet :


 2 −1 1 
, , ·
a−2 a−2 a−2


 x2 + x3 = 0
e devient
∗ Si a = 2, alors le système (S) qui est in-

 x2 + x3 = 1
compatible. Par suite, le système (S) est également incompatible.

Remarque Concernant le choix du premier pivot, au début de l’algorithme, on


constate qu’il n’était effectivement pas pertinent de choisir le coefficient a + 1,
car le cas a = −1 ne constitue pas un cas à traiter séparément lors la résolution
du système.

Point méthode
Lorsque l’on applique la méthode du pivot à un système dépendant de para-
mètres, on cherche en priorité des pivots dont on est sûr qu’ils sont non nuls,
de manière à retarder le plus possible les distinctions de cas sur les valeurs
des paramètres.

127

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 128 — #140


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Chapitre 2. Cal uls algebriques




Demonstrations et solutions des exer i es du ours


Exercice 1 La relation proposée est en général complètement fausse ! Certes dans le
développement de (a1 + · · · + an )p apparaissent les termes ap1 , . . . , apn , mais il y en
a d’autres (du moins si p > 2 ). Par exemple, si on a a1 = · · · = an = 1 et p = 2 ,
alors l’égalité proposée devient n = n2 , qui est fausse dès que n > 2 .
Cela ne signifie pas que l’on ne peut pas trouver de familles particulières (ak )k∈[[1,n]]
qui rendent la relation vraie. Par exemple, si tous les termes sont nuls, alors la relation
est vérifiée.

Exercice 2
n
Y
1. Le produit des entiers pairs compris entre 1 et 2n s’écrit An = (2k).
k=1
Q
Les règles de calculs du symbole nous donnent alors :
n
Y
An = 2n k = 2n n! .
k=1

2. On a Bn = 1 × 3 × · · · × (2n − 1) × (2n + 1). En multipliant le numérateur et le


dénominateur par An , on voit apparaître :
• au numérateur, le produit de tous les entiers compris entre 1 et 2n + 1 , c’est-
à-dire (2n + 1)! ;
• au dénominateur An , c’est-à-dire, d’après la première question, 2n n!.
D’où :
(2n + 1)!
Bn = ·
2n n!
q−p
P
Exercice 3 On note j = k − p et l’on écrit S = aj+p .
j=0

n
X n
1 1 X1
Exercice 4 L’égalité = 1+ + n’est valable que si n > 2 . En effet, pour
k 2 k
k=1 k=2
pouvoir sortir deux termes de la somme, il faut que celle-ci comporte au moins deux
termes. Pour n = 1 , l’égalité considérée devient :
X1 1
1 1 X1 3
=1+ + , c’est-à-dire 1 = ,
k 2 k 2
k=1 k=2
| {z } | {z }
=1 =0

ce qui est évidemment faux.

Remarque Remarquons tout de même que, même si la technique employée nécessite


d’avoir n > 2 , il est facile de vérifier que la formule obtenue reste vraie pour n = 1 .

Exercice 5 1. Si j = p + q − k (ou encore k = p + q − j ), alors lorsque k décrit l’en-


semble [[p, q]], j décrit également l’ensemble [[p, q]] . Cela donne l’écriture suivante

128

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 129 — #141


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Démonstrations et solutions des exercices du cours

pour S :
q
X
S= ap+q−j .
j=p

2. Si j = q − k (ou encore k = q − j ), alors lorsque k décrit l’ensemble [[p, q]], j


décrit l’ensemble [[0, q − p]]. Cela donne l’écriture suivante pour S :
q−p
X
S= aq−j .
j=0

P
n
Exercice 6 Notons S = k . En effectuant le changement d’indice j = n − k + 1
k=1
dans la somme S , on a :
n
X
S= (n − j + 1).
j=1

Cela donne :
Xn n
X
2S = k+ (n − j + 1)
k=1 j=1
n
X n
X
= k+ (n − k + 1) (on renomme j en k dans la deuxième somme)
k=1 k=1
n
X
= (n + 1)
k=1

= n (n + 1) (c’est une somme constante),


ce qui est le résultat attendu.
Exercice 7 Notons S la somme considérée, et montrons que :
2 S = (n − p + 1) (up + un ).
On a :
n
X n
X
2S = uk + uk
k=p k=p
n
X n
X
= uk + un+p−j (j = n + p − k dans la deuxième somme).
k=p j=p

En renommant k l’indice de la deuxième somme, et en regroupant les deux sommes,


il vient :
Xn
2S = (uk + un+p−k ).
k=p
Comme uk + un+p−k = 2 a + (n + p) b = up + un , on est devant une somme constante.
Cette somme contient n − p + 1 termes, ce qui donne :
2 S = (n − p + 1) (up + un ).
D’où le résultat.

129

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 130 — #142


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Chapitre 2. Cal uls algebriques



k π 
Exercice 8 Afin d’alléger l’écriture, notons ak = cos ·
2n
Un dessin nous donne l’intuition que
les termes de la somme se compensent
deux à deux : le terme d’indice k est π π
2n 2n
l’opposé du terme d’indice 2n − k .
En effet, pour k ∈ [[0, 2n]], on a :
 (2n − k) π  π π
2n 2n
a2n−k = cos a2n−1
2n
 kπ  | |
a2n a2n−2
| |
a2 a1 a0
= cos π −
2n
k π 
= − cos = −ak .
2n
Effectuons le changement d’indice j = 2n − k dans la somme S . Il est clair que
lorsque k décrit [[0, 2n]], j décrit le même ensemble. On a donc :
2n
X
S= a2n−j .
j=0

Or, on a vu que pour tout j ∈ [[0, 2n]], on a a2n−j = −aj . On en déduit que :
2n
X 2n
X
S= (−aj ) = − aj = −S.
j=0 j=0

D’où S = 0 .
Exercice 9
1. • L’ensemble J1 est constitué des entiers j vérifiant l’encadrement :
1 6 2j + 1 6 n,
ou encore :
n−1
06j6 ·
2
On en déduit que J1 = [[0, ⌊(n − 1)/2⌋]].
• De même, l’ensemble J2 est constitué par les entiers j vérifiant :
1 6 2j 6 n,
autrement dit :
1 n
6j6 ·
2 2
On en déduit que J2 = [[1, ⌊n/2⌋]].
Remarque Des détails sur la notation ⌊·⌋ (qui désigne la partie entière), sont
donnés au chapitre 8, page 397.
2. On a alors :
⌊(n−1)/2⌋ ⌊n/2⌋
X X X X
S= a2j+1 + a2j = a2j+1 + a2j .
j∈J1 j∈J2 j=0 j=1

130

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 131 — #143


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Démonstrations et solutions des exercices du cours

Exercice 10 On remarque que tous les termes d’indice impair de la somme sont nuls,
k π 
car pour k impair on a cos = 0 . On peut donc réécrire la somme en ne sommant
2
que les termes d’indice pair. Plus précisément, si l’on note I l’ensemble des entiers
pairs appartenant à l’intervalle [[0, 2n]], on a :
X k π 
S= 2k cos .
2
k∈I

En notant alors k = 2 j , la somme S se réécrit :


X n 2 j π  X n
S= 22j cos = 4j cos(j π).
j=0
2 j=0

Comme cos(j π) = (−1)j , cela permet de terminer le calcul, en reconnaissant la


somme des termes d’une suite géométrique (cf. la proposition 3 de la page 104) :
n
X 1 − (−4)n+1
S= (−4)j = ·
j=0
5

Exercice 11 La formule proposée est fausse en général. Il y a en fait plus de termes


pris en compte dans le produit de droite que dans celui de gauche. En effet :
Q
2n
• dans le produit aq , les termes considérés sont :
q=1
a2 , a3 , a4 , . . . , a2n ,
autrement dit tous les termes de la famille (ak )k∈[[2,2n]] ;
Qn
• dans le produit a2p , les termes considérés sont :
p=1
a2 , a4 , . . . , a2n
autrement dit uniquement les termes d’indices pairs de la famille (ak )k∈[[2,2n]] .

Exercice 12 On a S = −1 + 2 − 3 + 4 − 5 + 6 − · · · − (2n − 1) + 2n.


En regroupant alors les termes deux à deux, il vient :
S = (−1 + 2) + (−3 + 4) + (−5 + 6) + · · · + (−(2n − 1) + 2n)
= 1 + 1 + 1 + · · · + 1 = n.
| {z }
n termes

Remarque Si l’on veut être plus formel et éviter le recours aux points de suspension,
alors on peut écrire, en notant ak = (−1)k k :
2n
X n
X 
ak = a2j−1 + a2j ,
k=1 j=1

puis constater que ∀j ∈ [[1, n]] a2j−1 + a2j = −(2j − 1) + 2j = 1 , et conclure


P
2n Pn  P
n
que ak = a2j−1 + a2j = 1 = n.
k=1 j=1 k=1

131

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 132 — #144


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Chapitre 2. Cal uls algebriques



n
X  1 X k + 1 X
n n

Exercice 13 On a ln 1 + = ln = ln(k + 1) − ln k .
k k
k=1 k=1 k=1
On reconnaît une somme télescopique qui vaut ln(n + 1) − ln 1 = ln(n + 1).
Exercice 14
1. Soit k ∈ IN∗ . En réduisant au même dénominateur, on a :
a b ka + (k + 1)b k(a + b) + b
+ = = ·
k+1 k k(k + 1) k(k + 1)
On constate alors que le couple (a, b) = (−1, 1) convient, c’est-à-dire que l’on a :
1 1 1
∀k ∈ IN∗ = − ·
k(k + 1) k k+1
n 
1 
Xn X
1 1
2. Soit n ∈ IN∗ . De ce qui précède on a = − ·
k(k + 1) k k+1
k=1 k=1
n
X 1 1
Puis, par télescopage, on obtient =1− ·
k(k + 1) n+1
k=1

Exercice 15 Le résultat est évidemment vrai pour n = 0 . Fixons n ∈ IN∗ . Considérons


Pn 
la somme S = (k + 1)4 − k 4 , et calculons S de deux manières différentes.
k=1

• D’une part, par télescopage, on a S = (n + 1)4 − 1 .


• D’autre part, comme ∀k ∈ [[1, n]] (k + 1)4 − k 4 = 4k 3 + 6k 2 + 4k + 1 (voir la
formule du binôme de Newton, page 112), on a :
n
X n
X n
X n
X
S=4 k3 + 6 k2 + 4 k+ 1
k=1 k=1 k=1 k=1
n
X
=4 k 3 + n(n + 1)(2n + 1) + 2n(n + 1) + n.
k=1

En identifiant les deux expressions obtenues pour S et en simplifiant, on obtient bien :


Xn  n(n + 1) 2
k3 = ·
2
k=1

Exercice 16 On écrit a 2n+1


+b 2n+1
= a2n+1 − (−b)2n+1 . En appliquant alors la pre-
mière formule, on a :
2n
X
a2n+1 + b2n+1 = (a + b) ak (−b)2n−k
k=0
2n
X
= (a + b) (−1)2n−k ak b2n−k
k=0
2n
X
= (a + b) (−1)k ak b2n−k (k et 2n − k ont la même parité).
k=0

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 133 — #145


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Démonstrations et solutions des exercices du cours

P P P 
Exercice 17 On a S = ai,j = b i cj .
(i,j)∈I×J i∈I j∈J

Dans la somme interne, bi est une constante que l’on peut mettre en facteur. On a
donc :
X X 
S= bi cj .
i∈I j∈J
P
Mais désormais, dans la somme externe, c’est la quantité cj qui apparaît comme
j∈J
une constante, et que l’on peut donc mettre en facteur :
 X  X 
S= cj bi .
j∈J i∈I

D’où le résultat.

Exercice 18 On a directement :
X n X
X n
i 2j = i 2j
(i,j)∈[[0,n]]2 i=0 j=0

X
n  X
n 
= i 2j
i=0 j=0

n (n + 1) n+1
= (2 − 1).
2
Exercice 19

n
P
L’interversion des symboles consiste ici
à faire d’abord varier ℓ , et ensuite k . On
constate qu’il faut faire varier ℓ de 1 à n,
puis k de 1 à n + 1 − ℓ . On a donc :

n n+1−ℓ
X X
S= ak,ℓ .
ℓ=1 k=1
1
1 k =n+1−ℓ n

P
i P
n P
i
Exercice 20 À i fixé, on a 2i = i 2i , ce qui explique que S = 2i .
j=1 i=1 j=1

P
i P
i
Attention Ne pas confondre les sommes 2i et 2j . La première est une somme
j=1 j=1
constante, alors que l’autre est la somme des termes d’une suite géométrique.

L’ensemble d’indexation de cette somme est l’ensemble des couples (i, j) vérifiant :
16i6n et 1 6 j 6 i,

133

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 134 — #146


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Chapitre 2. Cal uls algebriques




que l’on peut aussi voir comme l’ensemble des couples (i, j) vérifiant :
16j6n et j 6 i 6 n.

P P
n P
n
L’interversion des deux symboles donne donc S = 2i .
j=1 i=j

P
n
D’après la proposition 3 de la page 104, on a 2i = 2n+1 − 2j . Il en résulte que :
i=j

n
X n
X n
X
n+1 j n+1
S= (2 −2 )= 2 − 2j = n2n+1 − (2n+1 − 2) = (n − 1)2n+1 + 2.
j=1 j=1 j=1

Exercice 21 Sous cette forme le calcul paraît difficile, car, à k fixé, nous n’avons pas
n
X 1 P
d’expression simple pour la somme · Intervertissons donc les deux symboles :
j
j=k

Xn Xj
1
Sn = ·
j=1
j
k=1

j
X 1
Le calcul est alors simple, car à j fixé, on a simplement = 1 . On obtient :
j
k=1
n
X
Sn = 1 = n.
j=1

Exercice 22 Procédons par récurrence. Pour cela, considérons la propriété :


 
n
Hn : « ∀p ∈ IN ∈ IN »,
p
et montrons que pour tout n ∈ IN, Hn est vraie.

• Initialisation. La propriété H0 est évidemment vraie, car :



∗ on a 00 = 1 ∈ IN ;

∗ pour p > 1 , on a p0 = 0 ∈ IN.
• Hérédité. Soit n ∈ IN∗ . Supposons Hn−1 vraie, et montrons que Hn l’est aussi.

∗ on a n0 = 1 ∈ IN ;
∗ pour p > 1 , la formule de Pascal donne :
     
n n−1 n−1
= + ∈ IN.
p p p−1
| {z }
somme d’entiers, d’après Hn−1

D’où le résultat.

134

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 135 — #147


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Démonstrations et solutions des exercices du cours

Exercice 23

1. Donnons-nous n > 2 et p > 1 . Après n épreuves de Bernoulli (que l’on peut


interpréter intuitivement comme n lancers à pile ou face), il y a deux manières
d’obtenir p succès :
• avoir obtenu p succès après les n − 1 premières épreuves, et obtenir un échec
à la n-ième ; cela offre an−1,p possibilités ;
• avoir obtenu p − 1 succès après les n − 1 premières épreuves, et obtenir un
succès à la n-ième ; cela offre an−1,p−1 possibilités supplémentaires.
On a donc la relation an,p = an−1,p + an−1,p−1 souhaitée.
On remarque que la relation reste vraie pour n = 1 si l’on convient que :
a0,0 = 1 et ∀p > 1 a0,p = 0,

ce qui est naturel car après 0 épreuves on a forcément observé 0 succès.


2. • Initialisation. La propriété H0 est immédiatement vraie, en ayant convenu
que a0,0 = 1 et que ∀p > 1 a0,p = 0 .
• Hérédité. Soit n ∈ IN∗ . Supposons Hn−1 , et montrons Hn . Nous souhaitons
donc montrer que :
 
n
∀p ∈ [[0, n]] an,p = .
p

Pour cela, donnons-nous p ∈ [[0, n]], et montrons que an,p = np .

∗ Si p = 0 , on a directement an,p = 1 = np , du fait qu’il y a une et une
seule manière de réaliser 0 succès en n épreuves.
∗ Si p > 1 , alors on a an,p = an−1,p + an−1,p−1 . Or, d’après l’hypothèse de
 
récurrence, on a an−1,p = n−1 p et an−1,p−1 = n−1p−1 . On en déduit que
  
an,p = n−1p + n−1 n
p−1 , et donc, d’après la relation de Pascal, an,p = p .

Cela montre l’hérédité, et termine la récurrence.

Proposition 8 Montrons par récurrence que la formule est vraie pour tout n ∈ IN.

• La formule est évidemment vraie au rang 0 , car (a + b)0 = 1 = 00 a0 b0 .

• Étant donné n ∈ IN, supposons la formule vraie au rang n, et montrons-la au


rang n + 1 .
On écrit (a + b)n+1 = (a + b) (a + b)n , ce qui permet d’utiliser la formule au rang n.
En développant, il vient alors :
n
X n
X

n

n
(a + b)n+1 = p ap+1 bn−p + p ap bn−p+1 .
p=0 p=0

135

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Chapitre 2. Cal uls algebriques


Un changement d’indice (q = p + 1) dans la première somme donne :


n+1
X n
X
n
 n

(a + b)n+1 = q−1 aq bn−q+1 + p ap bn−p+1
q=1 p=0
n 
n
 n+1 X
n
 n
 n

= 0 b + p−1 + p ap bn−p+1 + n an+1
p=1
n 
X
n
 n

= bn+1 + p−1 + p ap bn−p+1 + an+1 .
p=1

n+1
 n+1

Puis, la formule de Pascal et le fait que 0 = n+1 = 1 donnent :
n
X
n+1 n+1
 n+1 n+1
 n+1

(a + b) = 0 b + p ap bn−p+1 + n+1 an+1
p=1
n+1
X
n+1

= p ap bn−p+1 ,
p=0

ce qui est le résultat souhaité.

P
n
n
 P
n
n
 k n−k
Exercice 24 En écrivant k = k 1 1 , la formule du binôme nous dit que
k=0 k=0
cette quantité vaut (1 + 1)n = 2n .
1376
Remarque Ce résultat s’interprète ainsi : il y a 2n parties dans un ensemble à n
éléments, ce qui sera revu au chapitre sur le dénombrement.

Exercice 25
1. On reconnaît la formule du binôme appliquée à (1 − 1)n , et l’on a (1 − 1)n = 0
puisque n > 1 .
Pn
n
 P n
n

2. • De la relation précédente on déduit que k = k .
k=0 k=0
k pair k impair
Pn
n
 Pn
n
 Pn
n

• D’après l’exercice 24 on sait que k = k + k = 2n .
k=0 k=0 k=0
k pair k impair

Il en résulte que :
n  
X n
X  
n n
= = 2n−1 .
k k
k=0 k=0
k pair k impair

1381
Remarque Nous venons d’obtenir que dans un ensemble à n éléments, il y a autant
de parties de cardinal pair que de parties de cardinal impair.
Cela sera revu au chapitre sur le dénombrement.

136
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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 137 — #149


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Démonstrations et solutions des exercices du cours

Exercice 26 Soit x ∈ IR+ et n ∈ IN.


• Si n = 0 , le résultat est évident car les membres de droite et de gauche de l’inégalité
valent tous les deux 1.
• Supposons n > 1 . D’après la formule du binôme on a :
Xn   X n  
n k k
(1 + x)n = x = 1 +nx + xk ,
k n
k=0 k=2
| {z }
>0

d’où le résultat.
Remarque Nous avons traité le cas n = 0 séparément afin de rendre licite l’écriture
Pn
n
 k Pn
k
 k
k x = 1 + nx + n x (dans le cas n > 1 ). Il se trouve que, comme le
k=0 k=2
terme nx est nul si n est nul, cette écriture est valable même dans ce cas.

Proposition 9 Supposons maintenant det(S) = 0 , c’est-à-dire ad − bc = 0 , et montrons


que soit le système est incompatible, soit il possède une infinité de solutions.
Si les coefficients a, b, c, d sont tous nuls, alors il est immédiat de voir que :
• soit e = f = 0 , et alors tout couple (x, y) est solution de (S) ;
• soit (e, f ) 6= (0, 0), et alors le système est incompatible.
Supposons donc que les coefficients a, b, c, d ne sont pas tous nuls. Quitte à échanger
les deux équations et/ou les deux inconnues, on peut supposer a 6= 0 .
Si un couple (x, y) est solution de (S), on a alors :
de − bf = d(ax + by) − b(cx + dy) = (ad − bc)x = 0.
Donc, si de − bf 6= 0 , alors le système est incompatible.
Supposons désormais de − bf = 0 . On constate alors que l’équation (E2 ) s’obtient en
c
multipliant l’équation (E1 ) par . Donc, si (E1 ) est vérifiée, alors (E2 ) l’est aussi. Le
a
système est donc équivalent à l’équation linéaire :
(E1 ) : ax + by = e.
e − by
Un couple (x, y) est alors solution si, et seulement si, x = . Il y a donc une infinité
a
de solutions, puisque à chaque valeur de y correspond une valeur de x telle que (x, y)
soit solution.

5 3
Exercice 27 Le déterminant du système vaut = −1 . Ce déterminant étant
2 1
non nul, le système est de Cramer, et les formules de Cramer nous donnent son unique
solution (11, −19).
Exercice 28
λ 3
1. Le déterminant du système vaut = λ − 6.
2 1

137

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 138 — #150


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Chapitre 2. Cal uls algebriques




Le système est donc de Cramer si, et seulement si, λ 6= 6 . L’unique solution est
alors le couple (x, y), avec :

−2 3 λ −2
µ 1 −2 − 3µ 2 µ λµ + 4
x= = et y= = ·
λ−6 λ−6 λ−6 λ−6
2. Plaçons-nous dans le cas où λ = 6 . Le système devient alors :

 6x + 3y = −2
 2x + y = µ.

Les deux équations sont alors proportionnelles si, et seulement si, µ = −2/3 .
• Si µ 6= −2/3 , le système est incompatible.
• Si µ = −2/3 , alors le système est équivalent à l’équation 6x + 3y = −2 .
∗ Un couple (x, y) est alors solution si, et seulement si :
−2 − 3y 1 y
x= =− − ·
6 3 2
Dans cette relation, on peut donner à y n’importe quelle valeur, puis en
déduire la valeur de x associée. Cela mène au paramétrage suivant de l’en-
semble des solutions du système :
n 1 y  o
− − , y ; y ∈ IR ·
3 2
∗ On peut donner un autre paramétrage de l’ensemble des solutions, en disant
qu’un couple (x, y) est solution si, et seulement si :
2
y = − − 2x,
3
ce qui mène au paramétrage suivant de l’ensemble des solutions :
n 2  o
x, − − 2 x ; x ∈ IR ·
3
Exercice 29
1. Comme les triplets (1, 2, 3) et (2, 1, 1) sont non proportionnels, les deux équations
du système (S) correspondent géométriquement à deux plans non parallèles, dont
l’intersection est donc une droite. En notant M = (x0 , y0 , z0 ) un point de cette
droite et ~u = (xu , yu , zu ) un vecteur directeur, la droite est l’ensemble des points
de la forme M + λ~u , avec λ ∈ IR, ce qui mène à l’ensemble des solutions de (S) :

(x0 + λxu , y0 + λyu , z0 + λzu ) ; λ ∈ IR .
2. Pour tout choix de la valeur de z , le triplet (x, y, z) est solution du système (S) si,
et seulement si, le couple (x, y) est solution du système :

 x+2y = 3−3z
e :
(S)
 2 x + y = 1 − z.

138

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 139 — #151


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Démonstrations et solutions des exercices du cours

e est un système de Cramer, dont l’unique solution est donnée par :


Le système (S)

3 − 3z 2 1 3 − 3z
1−z 1 z−1 2 1−z 5(1 − z)
x= = et y= = ·
−3 3 −3 3
On en déduit qu’un triplet (x, y, z) ∈ IR3 est solution du système (S) si, et
z−1 5(1 − z)
seulement si, x = et y = , ce qui nous donne l’ensemble des
3 3
solutions suivant :
n z − 1 5(1 − z)  o
, , z ; z ∈ IR ,
3 3
qui s’interprète géométriquement comme un paramétrage de la droite passant par
 1 5  1 5 
le point − , , 0 et dirigée par le vecteur ,− ,1 .
3 3 3 3
Exercice 30 Comme les triplets (1, 2, 3) et (3, 6, 9) sont proportionnels, les deux équa-
tions du système (S) s’interprètent géométriquement comme deux plans parallèles.
Ces deux plans sont alors disjoints (c’est-à-dire d’intersection vide) ou confondus.
Pour savoir dans quel cas on se trouve (disjoints ou confondus), il s’agit de regarder
si leurs équations sont proportionnelles ou non. On constate que ces deux équations
sont proportionnelles si, et seulement si, λ = 9 .
• Si λ 6= 9 , alors le système est incompatible.
• Si λ = 9 , alors le système se réduit à la seule équation :
x + 2 y + 3 z = 3.
On peut alors présenter l’ensemble des solutions de plusieurs façons :
∗ par une équation :
{(x, y, z) ∈ IR3 | x + 2y + 3z = 3},
∗ par paramétrisation, ce qui se fait par exemple en exprimant x en fonction
de y et z :
{(3 − 2y − 3z, y, z) ; (y, z) ∈ IR2 }.

Proposition 10 Soit (ω1 , . . . , ωp ) une solution de (S).


• Il est clair que si (h1 , . . . , hp ) est solution du système homogène, alors la p-liste
(ω1 + h1 , . . . , ωp + hp ) est solution de (S). Cela résulte du caractère linéaire du
système (S). En effet, pour i ∈ [[1, n]], la i -ème équation du système est vérifiée car :
 
ai,1 (ω1 + h1 ) + · · · + ai,p (ωp + hp ) = ai,1 ω1 + · · · ai,p ωp + ai,1 h1 + · · · ai,p hp
= bi + 0.

• Réciproquement, si (x1 , . . . , xp ) est une solution de (S), il est facile de voir qu’en
notant (h1 , . . . , hp ) = (x1 − ω1 , . . . , xp − ωp ), on a :
∗ (x1 , . . . , xp ) = (ω1 + h1 , . . . , ωp + hp ) ;

139

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 140 — #152


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Chapitre 2. Cal uls algebriques




∗ (h1 , . . . , hp ) est solution du système homogène, car pour i ∈ [[1, n]] :


ai,1 h1 + · · · + ai,p hp = ai,1 (x1 − ω1 ) + · · · + ai,p (xp − ωp )
 
= ai,1 x1 + · · · + ai,p xp − ai,1 ω1 + · · · + ai,p ωp = 0.
| {z } | {z }
=bi =bi

D’où le résultat.
e un système obtenu à partir de (S) par
Proposition 11 Soit (S) un système linéaire et (S)
e ont les mêmes solutions.
une opération élémentaire. Montrons que (S) et (S)
• Si l’opération réalisée est un échange de deux lignes, c’est évident.
• Supposons que l’opération réalisée soit du type Li ← Li +λLj (avec λ ∈ IK et i 6= j ).
∗ e
Montrons que toute solution (x1 , . . . , xp ) de (S) est encore solution de (S).
e sauf éventuellement la i -ème sont vérifiées (car ce
Toutes les équations de (S)
e qui est :
sont les mêmes que celles de (S)). Quant à la i -ème équation de (S),
ai,1 x1 + · · · + ai,p xp +λ (aj,1 x1 + · · · + aj,p xp ) = bi + λ bj ,
| {z } | {z }
= bi = bj
elle est également vérifiée.
∗ e est éga-
Réciproquement, le point précédent nous donne que toute solution de (S)
e à (S) en appliquant
lement solution de (S), en remarquant que l’on passe de (S)
l’opération élémentaire Li ← Li − λLj .
• Le cas où l’opération est du type Li ← µLi (avec µ 6= 0 ) se traite de la même
e à (S) étant
manière que le cas précédent (l’opération permettant de passer de (S)
1
alors Li ← Li ).
µ

Exercice 31 On obtient l’expression suivante de x1 et x3 en fonction de x2 :




 3(1 − x2 )
x1 =
5

 1 + 4 x2
x3 =
5
ce qui mène à l’ensemble solution suivant :
n 3(1 − x ) 1 + 4 x2  o
2
, x2 , ; x2 ∈ IR .
5 5

Remarque Il n’est pas évident que l’ensemble solution obtenu soit le même que
précédemment (même si c’est bien sûr le cas). Cela met en évidence qu’en général, il
y a plusieurs façons d’écrire l’ensemble des solutions d’un système linéaire.
En fait, choisir les inconnues secondaires revient à choisir une façon de paramétrer
l’ensemble solution.

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Exercices

S'entra^ner et approfondir
P
n
2.1 Pour n ∈ IN∗ , calculer Sn = k(k + 1).
k=1

2.2 Une autre méthode pour calculer la somme des n premiers entiers.
Pn  Pn
Pour n ∈ IN, en calculant (k + 1)2 − k 2 = (2k + 1) de deux manières
k=1 k=1
P
n
différentes, retrouver la valeur de k.
k=1

4n
X
2.3 Pour n ∈ IN, calculer la somme S = ik k .
k=1

(
P
n P
n j si j 6 i
2.4 Pour n ∈ IN, calculer Sn = min(i, j), où min(i, j) =
i=0 j=0 i sinon.

2.5 Produit de deux expressions polynomiales


Pn Pn
Si on a P (x) = ai xi et Q(x) = bj xj , exprimer le produit R(x) = P (x) Q(x)
i=0 j=0
P
sous la forme d’une somme ck xk .

2.6 Transformation d’Abel


On se donne n ∈ IN ainsi que deux familles de complexes (ak )k∈[[0,n]] et (bk )k∈[[0,n]] .
P
k
Pour k ∈ [[0, n]], on note Bk = bi . Montrer que :
i=0

n
X n−1
X
ak bk = an Bn − (ak+1 − ak ) Bk .
k=0 k=0

2.7 Quel est le coefficient de x4 y 8 dans le développement de l’expression (3x − 7y)12 ?

n
X  
n
2.8 Pour n ∈ IN, calculer k .
k
k=0

Indication : on sait dériver la fonction x 7→ (x + 1)n . . .

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Chapitre 2. Cal uls algebriques




2.9 (Formule de Vandermonde)


On admet dans cet exercice l’unicité des coefficients dans l’écriture d’une fonction
Pn
polynomiale sous la forme P (x) = ak xk .
k=0
2
Soit (m, n) ∈ IN . En développant (1 + x)m+n de deux manières différentes, montrer
que :
  X p   
m+n m n
∀p ∈ [[0, m + n]] = .
p k p−k
k=0

2.10 Résoudre, en discutant suivant les valeurs de (a, b) ∈ C2 , le système suivant :




 ax + by + z = 1


(S) : x + aby + z = b



 x + by + az = 1.

2.11 Résoudre le système linéaire suivant :




 x − 3y + 2z + t = −2




 2x + 4y + z + 2t = 4
(S) :

 7x + 9y + 5z + 7t = 10




 −4x − 18y + z − 4t = −16.

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Solution des exercices

Solution des exer i es


n
X n (n + 1) (2n + 1) n (n + 1) n (n + 1) (n + 2)
2.1 On a Sn = (k 2 + k) = + = ·
6 2 3
k=1

2.2 On a :
P
n P
n P
n P
n
• d’une part, (2k + 1) = 2 k+ 1=2 k+n;
k=1 k=1 k=1 k=1
P
n 
• d’autre part, (k + 1)2 − k 2 = (n + 1)2 − 1 (somme télescopique).
k=1

En identifiant les deux résultats obtenus et en simplifiant, on obtient bien :


n
X n(n + 1)
k= ·
2
k=1

2.3 Écrivons :

S = i − 2 − 3i + 4 + 5i − 6 − 7i + 8 + · · · + i (4n − 3) − (4n − 2) − i (4n − 1) + (4n)



= (i − 2 − 3i + 4) + (5i − 6 − 7i + 8) + · · · + i (4n−3) − (4n−2) − i (4n−1) + 4n
= (2 − 2i) + (2 − 2i) + · · · + (2 − 2i).

On constate qu’en regroupant les termes quatre par quatre, chaque paquet de quatre
valant 2 − 2i .
Comme il y a en tout n paquets, la somme vaut simplement (2 − 2i) n.

2.4 Pour i ∈ [[0, n]] fixé, on a :


n
X i
X n
X i (i + 1) i2 2n + 1
min(i, j) = j+ i= + (n − i) i = − + i.
j=0 j=0 j=i+1
2 2 2

Puis :
n n
1 X 2 2n + 1 X n (n + 1) (2n + 1) 2n + 1 n (n + 1)
Sn = − i + i=− + × ·
2 i=0 2 i=0
12 2 2

n(n + 1)(2n + 1)
En simplifiant, il vient Sn = ·
6

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Chapitre 2. Cal uls algebriques



X
n  X
n  Xn X
n
2.5 On a R(x) = ai xi bj xj = ai bj xi+j .
i=0 j=0 i=0 j=0

Dans l’écriture de R(x) :


• il est clair que la puissance maximale de x intervenant est q = 2n.
X
• pour k ∈ [[0, 2n]], le coefficient devant xk est donné par la somme ai b j .
(i,j)∈[[0,n]]2
i+j=k

2n 
X X 
On a donc R(x) = ai bj xk .
k=0 (i,j)∈[[0,n]]2
i+j=k

Remarque
2n  X
X 
• Pour alléger l’écriture, on se contente souvent d’écrire R(x) = ai bj xk .
k=0 i+j=k

• En convenant que ai = 0 si i ∈
/ [[0, n]] et que bj = 0 si j ∈
/ [[0, n]], on peut aussi
XX
2n k 
écrire R(x) = ai bk−i xk .
k=0 i=0

2.6 Pour tout k ∈ [[1, n]], on a bk = Bk − Bk−1 . On a donc :


n
X n
X
ak b k = a0 b 0 + ak (Bk − Bk−1 )
k=0 k=1
n
X n
X
= a0 b 0 + ak Bk − ak Bk−1
k=1 k=1
n
X n−1
X
= a0 b 0 + ak Bk − ak+1 Bk .
k=1 k=0

En sortant le terme d’indice n de la première somme et le terme d’indice 0 de la


seconde, puis en regroupant les deux, on obtient :
n
X n−1
X
ak bk = an Bn + a0 b0 − a1 B0 + (ak − ak+1 ) Bk
| {z }
k=0 k=1
=(a0 −a1 ) B0

n−1
X
= an Bn + (ak − ak+1 ) Bk ,
k=0

ce qui est le résultat attendu.

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Solution des exercices

12  
X
12 12
2.7 La formule du binôme donne (3x − 7y) = (3x)k (−7y)12−k .
k
k=0

Le terme qui nous intéresse est celui correspondant à k = 4 dans le somme ci-dessus.

Le coefficient de x4 y 8 est donc 34 (−7)8 12 6 8
4 , ou encore, en simplifiant : 3 ×5×7 ×11 .

2.8 Notons f la fonction de IR dans IR définie par f (x) = (x + 1)n .


Xn  
n k
• Pour x ∈ IR, la formule du binôme donne f (x) = x , puis, en dérivant :
k
k=0
n
X  
n k
f ′ (x) = k x .
k
k=0
n
X  
n
Pour x = 1 , on obtient k = f ′ (1).
k
k=0
• Mais on peut aussi dériver la fonction f sous sa forme initiale, ce qui donne,
pour x ∈ IR , f ′ (x) = n(x + 1)n−1 . Pour x = 1 , on obtient f ′ (1) = n2n−1 .
X n  
n
On en déduit que k = n2n−1 .
k
k=0

X
m+n 
m+n p
2.9 • D’une part, la formule du binôme donne (1 + x)m+n = x .
p=0
p
• D’autre part, on a :
m  
! n  

X m i X n
(1 + x)m+n = (1 + x)m (1 + x)n = x  xj  .
i=0
i j=0
j

En utilisant alors la forme donnée lors de la remarque de l’exercice 2.5, on obtient


m+n
X X k   !
m+n m n
(1 + x) = xp
p=0 i=0
i p − i

Pour k ∈ [[0, m + n]] fixé, l’identification des coefficients devant xk (dans les deux
  X p   
m+n m n
développements obtenus pour (1 + x)m+n ) donne = , ce
p k p−k
k=0
qui est la formule souhaitée.

Remarque Cette formule sera obtenue par une autre méthode dans le chapitre de
dénombrement (cf. exercice 25 de la page 1381).

145

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 146 — #158


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Chapitre 2. Cal uls algebriques





 x + by + az = 1


2.10 • Commençons par échanger les lignes 1 et 3 : x + aby + z = b



 ax + by + z = 1.

• Les opérations L2 ← L2 − L1 et L3 ← L3 − aL1 donnent alors :




 x + by + az = 1


b(a − 1)y + (1 − a)z = b − 1



 b(1 − a)y + (1 − a2 )z = 1 − a.

• Puis, l’opération L3 ← L3 + L2 donne le système suivant :




 x +


by + az = 1
e :
(S) b(a − 1)y + (1 − a)z = b−1



 (a + 2)(1 − a)z = b − a.

• Si b 6= 0 et a ∈
/ {1, −2} , alors le système (S)e est triangulaire. Dans ce cas, il
possède une unique solution, que l’on obtient en déterminant successivement z , y
puis x :
 
a−b ab + b − 2 a−b
, , .
(a + 2)(a − 1) b(a + 2)(a − 1) (a + 2)(a − 1)
e devient :
• Si a = 1 , alors le système (S)


 x + by + z = 1


0 = b−1



 0 = b − 1.

Alors, le système est compatible si, et seulement si, b = 1 , auquel cas on est
ramené à la seule équation x + y + z = 1 , qui possède l’ensemble solution suivant :

(1 − y − z, y, z) ; (y, z) ∈ IR2 ·
e devient :
• Si a = −2 , alors le système (S)


 x + by − 2z = 1


−3by + 3z = b−1



 0 = b + 2.
Alors, le système est
 compatible si, et seulement si, b = −2 , auquel cas on est ra-
 x − 2y − 2z = 1
mené au système qui possède comme ensemble
 6y + 3z = −3.
solution : n z+1  o
z, − , z ; z ∈ IR .
2

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Solution des exercices

• Considérons pour finir le seul cas non encore traité : b = 0 et a ∈


/ {1, −2} .
e devient :
Le système (S)


 + = 1
 x

az
(1 − a)z = −1



 (a + 2)(1 − a)z = −a.

Effectuons l’opération L3 ← L3 − (a + 2)L2 :




 x + az = 1


(1 − a)z = −1



 0 = 2.

Le système est alors incompatible.

2.11 Effectuons les opérations L2 ← L2 − 2L1 , L3 ← L3 − 7L1 et L4 ← L4 + 4L1 :




 x − 3y + 2z + t = −2




 10y − 3z = 8

 30y − 9z = 24




 − 30y + 9z = −24.

Comme les deux dernières équations sont proportionnelles à la deuxième, elles sont
inutiles, et le système est équivalent à :

 x − 3y + 2z + t = −2
 10y − 3z = 8.

En prenant z et t comme inconnues secondaires, on obtient l’ensemble solution sui-


vant :  
11z 2 3z + 8 
2
− −t+ , , z, t ; (z, t) ∈ IR ·
10 5 10

147

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Chapitre 3 : Nombres omplexes

I L’ensemble des nombres complexes . . . . . . . . . 151


1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
2 Conjugué d’un nombre complexe . . . . . . . . . . 152
3 Module d’un nombre complexe . . . . . . . . . . . 154
4 Nombres complexes de module 1 . . . . . . . . . . 156
5 Formule de Moivre . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
6 Formules d’Euler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159
7 Forme trigonométrique, argument . . . . . . . . . 161
8 Exponentielle complexe . . . . . . . . . . . . . . . 163
II Résolution d’équations dans C . . . . . . . . . . . 164
1 Équation du second degré dans C . . . . . . . . . 164
2 Racines n-ièmes d’un nombre complexe . . . . . . 168
III Applications géométriques . . . . . . . . . . . . . . 170
1 Alignement et orthogonalité . . . . . . . . . . . . . 170
2 Transformations remarquables du plan . . . . . . . 171
Démonstrations et solutions des exercices du cours . . 174
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 189
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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 150 — #162


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Nombres omplexes 3

Un peu d'histoire Dans son Ars Magna (1545) Jérôme Cardan (1501-1576)
a donné une formule permettant d’exprimer algébriquement la racine réelle de
l’équation x3 + p x + q = 0 dans le cas où −∆ = 4 p3 + 27 q 2 > 0, racine qui
vaut alors :
v s v s
u u
u q −∆ u q −∆
t
3 t
3
x= − + + − − (cf. exercices 3.27 et 3.28)
2 108 2 108
Bombelli a, par la suite, eu l’audace de vouloir appliquer cette formule à l’équa-
tion x3 = 15 x + 4 pour laquelle on a ∆ = 121 × 108 et il a imaginé un nombre

que l’on noterait aujourd’hui −1 dont le carré est égal à −1. Il obtient ainsi :
q √ q √
3 3
x = 2 + 11 −1 + 2 − 11 −1.

En utilisant avec ce −1 les mêmes règles de calcul que dans IR, il trouve :
 √ 3 √
2 + −1 = 2 + 11 −1
√  √ 
et donc x = 2 + −1 + 2 − −1 = 4, qui est racine de l’équation donnée.

En revanche, l’application systématique des règles usuelles de calcul à −1
peut mener à des incompatibilités telles que :
√ q √ √ √ 2
1 = 1 = (−1) × (−1) = −1 × −1 = −1 = −1

C’est pourquoi Leonhard Euler (1707-1783) a introduit une notation pour


représenter un tel nombre dont le carré vaut −1. C’est cette notation, i, que
l’on utilise encore de nos jours, puisque les nombres complexes sont maintenant
notés x + i y avec x et y réels.

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 151 — #163


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I L'ensemble des nombres omplexes

I L'ensemble des nombres omplexes


1 De nition
La construction de l’ensemble des nombres complexes n’est pas exigible. On
admet donc 1 qu’il existe un ensemble C contenant IR,
• muni d’une addition notée + et d’une multiplication notée ×, ou le plus
souvent implicitement (c’est-à-dire sans symbole, comme dans IR), avec
lesquelles on calcule comme dans IR,
• possédant un élément noté i dont le carré vaut −1,
• dont tout élément, appelé nombre complexe ou complexe, s’écrit de
manière unique sous la forme x + i × y ou encore x + i y , avec x et y réels.
Ainsi :
• pour tout élément z de C, il existe un unique couple (x, y) ∈ IR2 tel
que z = x + i y ; les réels x et y sont alors respectivement appelés partie
réelle et partie imaginaire du complexe z , et l’on note alors :
x = Re z et y = Im z ;
par suite, les réels sont les complexes z pour lesquels Im z = 0 ;
• si z ∈ C, z ′ ∈ C et si l’on pose x = Re z , y = Im z , x′ = Re z ′ ainsi que
y ′ = Im z ′ , alors (en utilisant les même règles de calcul que dans IR) on a :
z + z ′ = (x + x′ ) + i (y + y ′ )
z z ′ = (x x′ − y y ′ ) + i (x y ′ + y x′ ) ;

• les complexes dont la partie réelle est nulle sont appelés imaginaires
purs ; z est donc imaginaire pur si, et seulement s’il existe y ∈ IR tel
que z = i y .
Consequen
 es
• Il est alors immédiat que l’on a :
∀(z, z ′ ) ∈ C2 Re(z + z ′ ) = Re z + Re z ′ et Im(z + z ′ ) = Im z + Im z ′ .
• Le complexe 0 + 0 i se note simplement 0. Un nombre complexe z est nul
s’il est égal à 0, ce qui est encore équivalent à Re z = Im z = 0.
• Tout complexe z 6= 0 possède un inverse (pour la multiplication) car,
si x = Rez et y = Im z , alors :
x y
z −1 = 2 − 2 i vérifie z z −1 = z −1 z = 1.
x +y 2 x + y2
On peut trouver z −1 en cherchant x′ et y ′ vérifiant le système :
x x′ − y y ′ = 1 et x y ′ + y x′ = 0,
mais la proposition 4 de la page 155 donnera une méthode plus efficace.
1. On pourra trouver pages 876 et 1144 deux constructions effectives de C .

151

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“ToutEnUn-MPSI” — 2017/12/1 — 21:48 — page 152 — #164


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Chapitre 3. Nombres omplexes

• On en déduit, comme dans IR, que si les nombres complexes z et z ′ vérifient


z z ′ = 0, alors on a z = 0 ou z ′ = 0.
Démonstration. Soit z et z ′ tels que z z ′ = 0 . Si z 6= 0 , alors en multipliant l’égalité
 
précédente par z −1 , on obtient 0 = z −1 z z ′ = z −1 z z ′ = z ′ et donc z ′ = 0 , ce qui
prouve le résultat.

Remarque Contrairement à IR, l’ensemble C n’est usuellement muni d’au-


cune relation d’ordre et nous ne pourrons donc pas dire qu’un complexe est
inférieur à un autre ou encore qu’il est positif.

2 Conjugue d'un nombre omplexe


Définition 1
Pour tout complexe z , on appelle conjugué de z le complexe z̄, défini par :
z̄ = Re z − i Im z.

Proposition 1
z + z̄ z − z̄
Pour tout z ∈ C, on a : Re z = Im z = et z̄ = z .
2 2i

Démonstration. Il suffit de faire le calcul.

Point méthode
On a donc une caractérisation aisée des réels et des imaginaires purs :
• le complexe z est réel si, et seulement si, z = z̄ ;
• le complexe z est imaginaire pur si, et seulement si, z = − z̄ .
C’est souvent plus efficace que de mettre z sous la forme x + i y .

Représentation géométrique
Il est indispensable dès maintenant d’utiliser le support du plan usuel. Ce plan
étant muni d’un repère orthonormal direct (O,~ı, ~), tout point M est carac-
−−→
térisé par un unique couple de coordonnées (x, y) vérifiant OM = x~ı + y ~.
• le complexe z = x + i y est alors appelé
affixe de M ; y

• le point M est aussi appelé image de z . Im z b


Mz

Dans toute la suite de ce chapitre, l’image


de z est notée Mz . O Re z x
Pour tout vecteur ~u = x~ı + y ~, le complexe z = x + i y est aussi appelé affixe
du vecteur u ~.

152

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I L'ensemble des nombres omplexes

✞ ☎
p.174 Exercice 1 (Représentation géométrique)
✝ ✆
• Représenter sur un même dessin les points M1 , M−1 , Mi et M−i .
• Si z est un complexe, que peut-on dire des points Mz et Mz̄ ?

Des règles de calcul sur les complexes et sur les composantes des vecteurs du
plan, on déduit immédiatement que, pour tout z1 ∈ C, z2 ∈ C et λ ∈ IR :
−−→ −−→ −−→ −−→ −−→
OM z1 + OM z2 = OM z1 +z2 et λ OM z1 = OM λz1 .
Proposition 2
Le conjugué d’une somme (respectivement d’un produit, d’un quotient) de
nombres complexes est la somme (respectivement le produit, le quotient) des
conjugués.

Principe de démonstration.
• Pour la somme et le produit faire le calcul à l’aide des parties réelles et imaginaires.
• Pour le quotient, poser u = z1 /z2 et utiliser le résultat précédent avec z1 = u z2 .
✞ ☎
Démonstration page 174
✝ ✆

Point méthode
Les règles de calcul précédentes permettent de calculer des conjugués souvent
bien plus efficacement qu’en utilisant les parties réelle et imaginaire.

✞ ☎
p.174 Exercice 2 Soit n ∈ IN, (a0 , . . . , an ) ∈ IRn+1 et la fonction polynomiale P définie,
✝ ✆
P
n P
n
sur C, par P : z 7→ ak z k . Montrer que ∀z ∈ C P (z) = ak z̄ k = P (z̄).
k=0 k=0

✞ ☎
p.174 Exercice 3 Soit (n, m) ∈ IN2 , (a0 , . . . , an ) ∈ IRn+1 et (b0 , . . . , bm ) ∈ IRm+1 .
✝ ✆
P
n
ak z k
Pm
k=0
Lorsque z ∈ C et bk z 6= 0 , on pose R(z) = P
k
m ·
k=0 bk z k
k=0

P
n
ak z̄ k
k=0
Montrer que l’on a alors R(z) = P
m = R(z̄).
bk z̄ k
k=0

Attention Dans les exercices ci-dessus, les coefficients ak et bk sont réels !

153
Chapitre 3. Nombres omplexes

3 Module d'un nombre omplexe


D’après ce qui précède, on a z z̄ = (Re z)2 + (Im z)2 , et donc z z̄ ∈ IR+ , ce qui
permet de valider la définition suivante.

Définition 2
Pour tout z ∈ C, le module de z est le réel positif noté |z| défini par :
√ q
|z| = z z̄ = (Re z)2 + (Im z)2 .

Point méthode
Pour calculer |z| ou l’utiliser, ne pas vous ruer systématiquement sur la
p √
formule |z| = (Re z)2 + (Im z)2 , penser aussi à |z| = z z̄ .

Compatibilite Lorsque le complexe z est réel, la notation |z| représente aussi


bien le module du complexe z que la valeur absolue du réel z .

✞ ☎ z−i
p.174 Exercice 4 Soit z ∈ C \ {−i} . Montrer que ∈ IR si, et seulement si, |z| = 1 .
✝ ✆ 1−iz

✞ ☎
p.175 Exercice 5 (Représentation géométrique)
✝ ✆
1. Si z1 ∈ C et z2 ∈ C, vérifier que |z1 − z2 | est la distance des points Mz1 et Mz2 .
2. Soit ω ∈ C et r ∈ IR∗+ donnés.
• Dessiner l’ensemble des points Mz tels que |ω − z| = r .
• Dessiner l’ensemble des points Mz tels que |ω − z| 6 r .

Proposition 3
Pour tout complexe z , on a :
• |z| = |z̄|,
• z = 0 si, et seulement si, |z| = 0,
• Re z 6 Re z 6 |z| et Im z 6 Im z 6 |z|.

q ✞ ☎
Principe de démonstration. Utiliser |z| = Re z 2 + Im z 2 . Démonstration page 175
✝ ✆

✞ ☎
p.175 Exercice 6 Pour z ∈ C, montrer que Re z = |z| si, et seulement si, z ∈ IR+ .
✝ ✆

154
I L'ensemble des nombres omplexes
Proposition 4
1 z̄
Pour tout complexe z non nul, on a = 2 , ainsi que :
z |z|

1
|z| = 1 si, et seulement si, = z̄ .
z

Principe de démonstration. Toutes ces relations sont des réécritures de l’égalité zz = |z|2 .
✞ ☎
Démonstration page 175
✝ ✆

Proposition 5 (Module d’un produit et d’un quotient)


Pour tout z1 ∈ C et tout z2 ∈ C, on a :
z1 |z1 |
|z1 z2 | = |z1 | |z2 | et, si z2 6= 0, = ·
z2 |z2 |
✞ ☎
Principe de démonstration. Démonstration page 176
✝ ✆
• Pour la première relation, utiliser |z|2 = z z̄ .
z1
• Pour la seconde, partir de z1 = z2
z2 , et utiliser le premier point.

Proposition 6 (Inégalité triangulaire)


Pour z1 ∈ C et z2 ∈ C, on a :
|z1 + z2 | 6 |z1 | + |z2 |,
avec égalité si, et seulement si, ∃k ∈ IR+ z2 = k z1 ou z1 = k z2 .

Démonstration. Soit z1 et z2 deux nombres complexes.


• Si z1 = 0 , alors l’inégalité est évidente ainsi que l’équivalence puisque z1 = 0 × z2 .
• Supposons donc z1 6= 0 et posons k = z2 /z1 .
∗ Comme |z1 | > 0 , l’inégalité à prouver, qui s’écrit aussi :
 
z2 |z2 |
|z1 | 1 + 6 |z1 | 1 + ,
z1 |z1 |

est équivalente à |1 + k| 6 1 + |k| . Or :


2
1 + |k| − |1 + k|2 = 1 + 2|k| + |k|2 − (1 + k) (1 + k)

= 1 + 2|k| + |k|2 − 1 + |k|2 + k + k

= 2 |k| − Re k .
2
Comme on a Re k 6 |k| , on en déduit |1 + k|2 6 1 + |k| et donc |1 + k| 6 1 + |k| .
∗ Avec les notations précédentes, on a égalité si, et seulement si, |k| − Re k = 0 , ce qui
équivaut à dire que k ∈ IR+ (cf. exercice 6 de la page ci-contre).

155
Chapitre 3. Nombres omplexes

✞ ☎ Pn Pn
p.176 Exercice 7 Soit n ∈ IN et (z0 , . . . , zn ) ∈ Cn+1 . Montrer que zk 6 |zk |.
✝ ✆ k=0 k=0

Proposition 7 (Seconde inégalité triangulaire)


Pour z1 ∈ C et z2 ∈ C, on a :
|z1 | − |z2 | 6 |z1 − z2 |,
avec égalité si, et seulement si, ∃k ∈ IR+ z2 = k z1 ou z1 = k z2 .
✞ ☎
Principe de démonstration. Analogue à la précédente. Démonstration page 176
✝ ✆
✞ ☎
p.176 Exercice 8 Donner une autre démonstration de la seconde inégalité triangulaire,
✝ ✆
en utilisant la première inégalité et l’écriture z1 = (z1 − z2 ) + z2 .

Interprétation géométrique
Pour z1 ∈ C et z2 ∈ C, les deux inégalités précé- N = Mz1 +z2
dentes (et leurs conditions d’égalité) se retiennent
b
y
aisément à l’aide d’un dessin. Mz2
−−−−→ b

• Comme z1 − z2 est l’affixe de Mz2 M z1 , la se-


conde inégalité correspond à :
OMz1 − OMz2 6 Mz2 Mz1 .
b
Mz1
• En posant N = Mz1 +z2 , alors z2 est l’affixe de
−−−−

Mz1 N , et la première inégalité correspond à : O x
ON 6 OMz1 + Mz1 N = OMz1 + OMz2 .

La condition « z2 = k z1 ou z1 = k z2 avec k ∈ IR+ » des propositions précé-


−−−→ −−−→
dentes signifie graphiquement que les vecteurs OMz1 et OMz2 sont colinéaires
et de même sens.
Corollaire 8
Pour tout z1 ∈ C et tout z2 ∈ C, on a :
|z1 | − |z2 | 6 |z1 ± z2 | 6 |z1 | + |z2 |.

4 Nombres omplexes de module 1


Notation L’ensemble des nombres complexes de module 1 est noté U.
Les règles de calcul sur les modules des produits et quotients de nombres com-
plexes nous donnent immédiatement les résultats de la proposition suivante.

156
I L'ensemble des nombres omplexes
Proposition 9
• Le produit de deux éléments de U est élément de U.
• L’inverse de tout élément de U est élément de U.

Définition 3
Si θ est réel, on note eiθ le nombre complexe défini par eiθ = cos θ + i sin θ.

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Remarque Lorsque θ = 0, alors on a eiθ = 1 ; ainsi, cette nouvelle définition
est donc compatible avec la valeur que donne en 0 la fonction exponentielle
déjà connue sur IR .

Les résultats de la proposition 22 de la page 54 concernant le paramétrage du


cercle trigonométrique se traduisent alors par la proposition suivante.

Proposition 10
• Pour tout θ ∈ IR, on a |eiθ | = 1 et donc eiθ ∈ U.
• Réciproquement, pour z ∈ U, il existe θ ∈ IR tel que z = eiθ .
• Si θ et ϕ sont deux réels, on a eiθ = eiϕ si, et seulement si, θ ≡ ϕ [2π].

Proposition 11
Pour θ ∈ IR et ϕ ∈ IR, on a :
1 eiθ
eiθ × eiϕ = ei(θ+ϕ) e−iϕ = et = ei(θ−ϕ) .
eiϕ eiϕ

Principe de démonstration.

• La première relation est conséquence directe des formules d’addition vues en trigonométrie.
✞ ☎
• Les autres découlent immédiatement de la première. Démonstration page 177
✝ ✆

✞ ☎
p.177 Exercice 9 (Représentation géométrique) Soit θ et ϕ deux réels donnés.
✝ ✆
• Comment définir géométriquement le point Uθ d’affixe eiθ ?
• Que peut-on dire des points Uθ , Uπ−θ , Uπ+θ et U−θ ?
π π
Représenter les points d’affixe ei 2 , eiπ et e−i 2 .
• Comment peut-on construire Uθ+ϕ à partir de Uθ et ϕ ?

Remarque La formule eiθ × eiϕ = ei(θ+ϕ) justifie l’utilisation de la notation


exponentielle et se retient aisément.

157
Chapitre 3. Nombres omplexes

Point méthode
Si l’on écrit la formule précédente sous la forme :
(cos θ + i sin θ) (cos ϕ + i sin ϕ) = cos(θ + ϕ) + i sin(θ + ϕ),
cela permet, en développant et en identifiant parties réelles et imaginaires,
de retrouver, de tête, les formules d’addition, et donc de les assurer.

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5 Formule de Moivre
Proposition 12 (Formule de Moivre)
 n
Pour θ ∈ IR et n ∈ ZZ, on a eiθ = einθ ou encore, par définition de eiθ :

(cos θ + i sin θ)n = cos nθ + i sin nθ.


n
Démonstration. On démontre la relation eiθ = einθ :
• pour n ∈ IN , par récurrence, en utilisant la proposition précédente ;
• par passage à l’inverse, pour n entier négatif.
✞ ☎ √ 
1 3 100
p.177 Exercice 10 Calcul de 2 +i 2 ·
✝ ✆

Appli ation de la formule de Moivre a la trigonometrie



Point méthode
Pour n ∈ IN∗ , la formule de Moivre, sous la forme :
(cos θ + i sin θ)n = cos nθ + i sin nθ,
permet d’exprimer cos nθ et sin nθ en fonction de cos θ et sin θ .

Mettons cette méthode en œuvre sur quelques exemples.


✞ ☎
p.177 Exercice 11
✝ ✆
1. Développer (cos θ + i sin θ)5 avec la formule du binôme de Newton.
2. En déduire une expression de cos 5θ en fonction de cos θ et sin θ.
3. Exprimer alors cos 5θ en fonction de cos θ .
4. Exprimer aussi sin 5θ en fonction de sin θ .
✞ ☎
p.178 Exercice 12
✝ ✆
1. Exprimer cos 6θ en fonction de cos θ .
2. (plus difficile) Montrer par l’absurde qu’il n’existe pas de fonction f de [−1, 1]
dans IR telle que, pour tout θ ∈ IR , on ait sin 6θ = f (sin θ).

158
I L'ensemble des nombres omplexes

✞ ☎ i π πh
p.178 Exercice 13 Soit θ un réel de l’intervalle − , ·
✝ ✆ 10 10
sin 5θ
1. Exprimer tan 5θ = en fonction de cos θ et de sin θ .
cos 5θ
2. En divisant le numérateur et le dénominateur par cos5 θ , en déduire une expres-
sion de tan 5θ en fonction de tan θ .

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✞ ☎
p.178 Exercice 14 (Approfondissement) Soit n ∈ IN et θ ∈ IR .
✝ ✆
n
1. Avec la formule du binôme, développer (cos θ + i sin θ) .
2. En déduire :
n
⌊2⌋
X  
p n
cos nθ = (−1) cosn−2p θ sin2p θ (a)
p=0
2p

⌊ n−1
X 2 ⌋  
p n
sin nθ = (−1) cosn−(2p+1) θ sin2p+1 θ. (b)
p=0
2p + 1

3. En vous inspirant de l’exercice 13, en déduire une expression de tan nθ seulement


en fonction de tan θ .

Remarque Comme l’expression de cos nθ ci-dessus ne contient que des puis-


sances paires de sin θ , on peut aussi obtenir cos nθ comme un polynôme
en cos θ ; il suffit de remplacer sin2 θ par 1 − cos2 θ .

6 Formules d'Euler
Proposition 13 (Formules d’Euler)
eiθ + e−iθ eiθ − e−iθ
Pour θ ∈ IR, on a cos θ = et sin θ = ·
2 2i

Point méthode
Ces « formules » sont évidentes par définition de eiθ , et il suffit de visualiser
la relation eiθ = cos θ + i sin θ ainsi que celle obtenue en changeant θ en −θ
pour les retrouver immédiatement.

159
Chapitre 3. Nombres omplexes

Appli ation des formules d'Euler a la trigonometrie,


 linearisation

✞ ☎
p.179 Exercice 15
✝ ✆
 6
eiθ − e−iθ
1. Développer sin6 θ = avec la formule du binôme.
2i
2. En déduire une expression de sin6 θ en fonction de cos 6θ , cos 4θ et cos 2θ .

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Étant donné deux entiers naturels m et n, linéariser cosm θ sinn θ c’est
trouver K , partie finie de N , ainsi que des familles (Ak )k∈K et (Bk )k∈K
telles que :
X
∀θ ∈ IR cosm θ sinn θ = (Ak cos kθ + Bk sin k θ).
k∈K

On dit alors que l’on a exprimé la fonction θ 7→ cosm θ sinn θ comme une
combinaison linéaire des fonctions θ 7→ cos kθ et θ 7→ sin kθ .
Point méthode
Les formules d’Euler sont intéressantes pour linéariser les expressions trigo-
nométriques. Cette opération peut être très utile pour trouver une primitive
ou des dérivées successives.

Mettons cette méthode en œuvre sur quelques exemples.


✞ ☎
p.179 Exercice 16 Linéariser cos5 θ .
✝ ✆

✞ ☎
p.180 Exercice 17 Donner deux méthodes pour linéariser cos4 θ .
✝ ✆

✞ ☎
p.180 Exercice 18 Soit θ ∈ IR et z = 1 + e2iθ .
✝ ✆
Mettre eiθ en facteur dans z et en déduire une expression simple de Re(z 100 ).

Point méthode
En utilisant les formules d’Euler, on peut factoriser une expression de la
θ1 +θ2

forme eiθ1 ± eiθ2 en mettant en facteur ei 2 . Cela peut-être utile :
• pour simplifier des puissances ;
• pour factoriser des expressions de la forme cos p ± cos q et sin p ± sin q
en les considérant comme les parties réelles ou imaginaires de eip ± eiq .

160
I L'ensemble des nombres omplexes

✞ ☎
p.180 Exercice 19 Soit θ1 et θ2 deux réels ainsi que n ∈ IN.
✝ ✆
Si z = eiθ1 + eiθ2 , donner une expression simplifiée de Re(z n ).

✞ ☎
p.180 Exercice 20 Soit p ∈ IR et q ∈ IR.
✝ ✆

1. En utilisant cos p + cos q = Re eip + eiq , montrer que :

univ.scholarvox.com:Université de Paris:2110307554:88828536:81.194.22.198:1593989560
p + q p − q 
cos p + cos q = 2 cos cos ·
2 2
2. Montrer de même que :
p − q  p + q
cos p − cos q = −2 sin sin ·
2 2
3. Factoriser de même sin p − sin q ainsi que sin p + sin q .

✞ ☎ Pn
p.181 Exercice 21 Pour n ∈ IN et θ ∈ ]0, 2π[ , on pose Sn = cos k θ .
✝ ✆ k=0

P
n cos n θ2 sin (n+1)θ
2
Simplifier Σn = eikθ et en déduire Sn = ·
k=0 sin θ2
Pourquoi a-t-on supposé θ 6= 0 et θ 6= 2π ?

7 Forme trigonometrique, argument


Proposition 14
Soit z un complexe non nul.
1. Il existe r0 ∈ IR∗+ et θ0 ∈ IR tels que z = r0 eiθ0 .
2. Si r ∈ IR+ et θ ∈ IR sont tels que z = r eiθ alors r = |z|.
3. Si θ ∈ IR vérifie z = |z| eiθ , alors θ ≡ θ0 [2π].

Principe de démonstration.
z
1. Il suffit de s’intéresser à |z|
, ce que l’on peut écrire car . . .
2. Le module de z = r eiθ est facile à calculer.
3. Comme |z| = r0 6= 0 il s’agit en fait de l’égalité de deux exponentielles.
✞ ☎
Démonstration page 181
✝ ✆

161
Chapitre 3. Nombres omplexes
Définition 4 (Forme trigonométrique d’un complexe non nul)
Soit z ∈ C∗ .
• Tout réel θ tel que z = |z| eiθ est appelé un argument de z .
• On appelle forme trigonométrique de z toute écriture de la forme :
z = |z| (cos θ + i sin θ) = |z| eiθ avec θ ∈ IR.

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Attention
• Le module d’un nombre complexe est défini de façon unique ; tout com-
plexe, même 0, possède un module.
• En revanche, on ne parle d’argument que pour un complexe non nul, et un
tel argument n’est défini que modulo 2π .
• Bien que 0 n’ait pas d’argument, on peut quand-même écrire 0 = r eiθ ,
avec r = 0 et θ un réel quelconque.

Remarque D’après ce qui précède, tout complexe z non nul admet un unique
argument dans l’intervalle ]−π, π]. On l’appelle argument principal de z .

Representation
 geom
 etrique

Lorsqu’un nombre complexe z est mis sous y
forme trigonométrique z = r eiθ , alors, comme Mz
on le voit sur la figure ci-contre, les réels r et θ Im z
forment un couple de coordonnées polaires r
de Mz , ce qui signifie que r = OMz et que θ est
θ
\−−→  x
une mesure de l’angle ~ı, OM z . O Re z

✞ ☎
p.181 Exercice 22 (Transformation de a cos x + b sin x).
✝ ✆
Soit a et b des réels non tous deux nuls. En utilisant la forme trigonométrique du
complexe a+i b , retrouver la factorisation de a cos x+b sin x vue dans l’exercice 63
de la page 60.

Attention Si un complexe z s’écrit z = a eiθ avec a ∈ IR et θ ∈ IR, alors on


a |z| = |a| où |a| désigne la valeur absolue du réel a, et donc :
• si a > 0, alors |z| = a, et un argument de z est θ ,
• si a < 0, alors |z| = −a, et un argument de z est θ + π .
• si a = 0 alors |z| = 0, mais z n’a pas d’argument.

162
I L'ensemble des nombres omplexes

Point méthode
θ1 +θ2

Si z = eiθ1 ± eiθ2 , alors la mise en facteur de ei 2 permet de mettre
facilement en évidence le module et un argument de z .

✞ ☎
p.182 Exercice 23 Soit θ ∈ [0, π] et z = 1 + e2iθ .
✝ ✆

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1. Factoriser z puis en étudier module et argument.
2. Comparer avec une autre méthode.

Cal uls usuels Il est aisé de calculer des produits, des quotients et des
puissances de nombres complexes non nuls écrits sous forme trigonométrique.
En effet, pour θ1 ∈ IR et θ2 ∈ IR, si z1 = |z1 | eiθ1 et z2 = |z2 | eiθ2 , alors :
• on a z1 z2 = |z1 | eiθ1 |z2 | eiθ2 = |z1 | |z2 | eiθ1 eiθ2 = |z1 | |z2 | ei(θ1 +θ2 ) ;
z1 |z1 | i(θ1 −θ2 )
• on a de même = e ;
z2 |z2 |
• pour tout n ∈ ZZ, on a z1n = |z1 |n einθ1 .
On en déduit le corollaire suivant.
Corollaire 15
Soit z1 ∈ C∗ et z2 ∈ C∗ , d’arguments respectifs θ1 et θ2 . Alors :
• z1 z2 est non nul, et le réel θ1 + θ2 est un argument de z1 z2 ;
z1 z1
• est non nul, et le réel θ1 − θ2 est un argument de ;
z2 z2
6 0, et le réel n θ1 est un argument de z1n .
• si n ∈ ZZ, alors z1n =

8 Exponentielle omplexe
Dans cette partie, on suppose connues les propriétés de la fonction exponen-
tielle réelle étudiée en Terminale.
Définition 5
Pour tout z ∈ C, on appelle ez , ou encore exp z , lire « exponentielle
de z », le nombre complexe ez = eRe z ei Im z .

Remarques La fonction z 7→ ez , ainsi définie de C dans C :


• prolonge la fonction exponentielle définie sur IR, puisque, si z ∈ IR, alors
on a Im z = 0 et donc ei Im z = 1,
• est compatible avec la notation eiθ puisque, si z = iθ avec θ ∈ IR alors,
on a Re z = 0 et donc eRe z = 1.

163
Chapitre 3. Nombres omplexes

Pour tout z ∈ C, on a |ez | = eRe z ∈ IR∗+ et donc ez ∈ C∗ . Il est alors immédiat


que le nombre réel Im z est un argument de ez .

Proposition 16
′ ′
• Si z et z ′ sont deux complexes, alors on a ez+z = ez ez .
• Pour tout z ∈ C, on a ez 6= 0 et (ez )−1 = e−z .

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Principe de démonstration.
• Faire le calcul en introduisant les parties réelles et imaginaires de z et z ′ .
✞ ☎
• Conséquence immédiate du point précédent. Démonstration page 182
✝ ✆

Remarque Le premier des résultats précédents explique et justifie l’utilisation


de la notation ez pour l’exponentielle d’un nombre complexe z .

Proposition 17
Soit a un nombre complexe non nul.
• Il existe (au moins) un complexe z tel que ez = a.
• Si z0 est un nombre complexe vérifiant ez0 = a, alors pour tout z ∈ C,
on a ez = a si, et seulement s’il existe k ∈ ZZ tel que z = z0 + 2i k π.

Principe de démonstration. Écrire a sous forme trigonométrique puis chercher z sous la


✞ ☎
forme algébrique z = x + i y . Démonstration page 182
✝ ✆

II Resolution d'equations dans C



1 Equation du se ond degre dans C
Ra ines arrees
 d'un omplexe
Définition 6
On appelle racine carrée d’un complexe z tout complexe Z tel que Z 2 = z .

Rappel :
• On sait que tout réel strictement positif a possède deux racines carrées qui
√ √ √
sont a et − a ; rappelons que a désigne la racine positive de a.
• Le réel 0 ne possède qu’une seule racine carrée qui est 0.

Proposition 18
Tout complexe non nul admet exactement deux racines carrées opposées.
✞ ☎
Démonstration page 182
✝ ✆
Principe de démonstration. Écrire z = r eiθ et chercher Z sous la forme Z = ρ ei ϕ .

164
II Resolution
 d'equations
 dans C

Exemple Si a est un réel strictement négatif, alors c’est un complexe de module −a


p p
et d’argument π ; ainsi ses deux racines carrées sont ± |a| exp(i π2 ) = ±i |a|.
On peut aussi trouver directement ces deux racines carrées en factorisant :
p  p 
0 = Z 2 − a = Z 2 − i2 |a| = Z − i |a| Z + i |a| .

Attention On ne sait pas, dans C, privilégier l’une des deux racines d’un

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complexe z , contrairement à ce qui se passe lorsque z ∈ IR+ où l’on choi-
sit, parmi les deux racines carrées de z , celle qui est positive que l’on note

alors z . Par suite :

• il est impossible d’utiliser la notation z pour un complexe z quelconque ;
• il faut donc parler d’une (article indéfini) racine carrée de z et non pas de
la (article défini) racine carrée de z .
Méthode algébrique. L’utilisation de formes trigonométriques donne fa-
cilement les expressions des racines carrées d’un nombre complexe non nul
quelconque mais on a parfois besoin d’exprimer une racine de z sous forme
algébrique, i.e. sans utilisation de ligne trigonométrique. On a vu ci-dessus
comment faire lorsque z ∈ IR. Supposons donc z 6∈ IR et prenons z = x + iy
avec x ∈ IR et y ∈ IR∗ . Soit Z = X + i Y avec (X, Y ) ∈ IR2 tel que Z 2 = z .
• On en déduit :
∗ par égalité des parties réelles, X 2 − Y 2 = x ; (i)
p
∗ par égalité des modules, X2
+Y = + ; 2 x2 y2 (ii)
∗ par égalité des parties imaginaires, 2 X Y = y (iii)
(comme y = 6 0, cela entraîne X 6= 0 et Y 6= 0).
Par somme et différence de (i) et (ii), on obtient X 2 et Y 2 , et donc X
et Y au signe près, soit quatre possibilités puisque X 6= 0 et Y 6= 0.
• D’après (iii) le produit X Y est du signe de y et il existe donc seulement
deux couples (X, Y ) vérifiant ces trois conditions, couples que l’on peut
alors exprimer en fonction de x et de y .
• Bien que n’utilisant que des conditions nécessaires (implications), le rai-
sonnement précédent donne toutes les racines de z puisqu’il en donne au
plus deux et que l’on sait qu’il en existe exactement deux.
✞ ☎
p.183 Exercice 24
✝ ✆
1. Déterminer sous forme algébrique les racines carrées de z = 1 + i .
2. Les donner sous forme trigonométrique et en déduire des expressions algébriques
π π
de cos et sin , i.e. n’utilisant que les quatre opérations et des racines carrées.
8 8

165
Chapitre 3. Nombres omplexes

Resolution
 de l'equation
 du se ond degre
De nition Soit a ∈ C∗ , b ∈ C et c ∈ C. Mettre le trinôme a z 2 + b z + c sous
forme canonique, c’est déterminer deux complexes α et β tels que :
∀z ∈ C a z 2 + b z + c = a (z + α)2 + β.

Proposition 19
Soit a ∈ C∗ , b ∈ C et c ∈ C ainsi que l’équation :

univ.scholarvox.com:Université de Paris:2110307554:88828536:81.194.22.198:1593989560
a z 2 + b z + c = 0. (E)
On note ∆ = b2 − 4 a c son discriminant.
• Si ∆ 6= 0, alors en appelant δ une racine carrée de ∆, l’équation (E)
−b + δ −b − δ
admet deux racines distinctes : z1 = et z2 = ·
2a 2a
b
• Si ∆ = 0, alors l’équation (E) admet une racine double z0 = − ·
2a

Principe de démonstration. Mettre le trinôme sous forme canonique en utilisant :


    
b c b 2
a z2 + b z + c = a z2 + z + =a z+ − ···
a a 2a
✞ ☎
Démonstration page 183
✝ ✆
✞ ☎
p.184 Exercice 25 Résoudre l’équation x2 − (3 + 4 i) x − 1 + 5 i = 0 .
✝ ✆

Corollaire 20
Soit a, b et c trois réels, a étant non nul, ainsi que l’équation :
a z 2 + b z + c = 0. (E)
On note ∆ = b2 − 4 a c son discriminant.
• Si ∆ > 0, alors (E) a deux racines réelles distinctes
√ √
−b + ∆ −b − ∆
z1 = et z2 = ·
2a 2a
b
• Si ∆ = 0, alors (E) a une racine double réelle z0 = − ·
2a
• Si ∆ < 0, alors (E) a deux racines complexes distinctes conjuguées :

−b + i −∆
z1 = et z2 = z1 .
2a

Principe de démonstration. Cas particulier de la proposition précédente.


✞ ☎
Démonstration page 184
✝ ✆

166
II Resolution
 d'equations
 dans C

✞ ☎
p.184 Exercice 26 Étant donné un réel θ , résoudre l’équation z 2 − 2z cos θ + 1 = 0 .
✝ ✆

Remarque Comme on l’a vu dans l’exercice précédent, pour une équation à


coefficients réels, il est parfois plus intéressant d’utiliser la formule vue pour
une équation à coefficients complexes c’est-à-dire d’utiliser une racine δ de ∆

plutôt que d’utiliser ∆, ce dernier pouvant mener à l’introduction de valeurs

univ.scholarvox.com:Université de Paris:2110307554:88828536:81.194.22.198:1593989560
absolues lorsque l’équation dépend de paramètres !

Relations entre oeÆ ients et ra ines


Proposition 21
Soit a, b et c trois complexes, avec a 6= 0.
Les nombres complexes z1 et z2 (éventuellement égaux) vérifient :
b c
z1 + z2 = − et z1 z2 =
a a
si, et seulement si, z1 et z2 sont les deux racines (éventuellement confondues)
de l’équation a z 2 + b z + c = 0.

Principe de démonstration.
• Si l’on sait que z1 et z2 sont les racines, alors les formules donnant les racines permettent
de conclure.
✞ ☎
• Pour la réciproque, développer le produit a (z − z1 ) (z − z2 ) . Démonstration page 184
✝ ✆

Point méthode
On utilise la proposition précédente sous plusieurs formes.
• Si l’on sait que z1 et z2 sont les racines de l’équation a z 2 + b z + c = 0,
alors on peut simplifier toute expression symétrique en z1 et z2 , et l’éva-
luer en fonction de z1 + z2 et z1 z2 , et donc de a, b et c, sans avoir à
expliciter z1 et z2 .
• Si z1 et z2 sont les racines de l’équation a z 2 + b z + c = 0, et si l’on
connaît une de ces racines, alors on peut facilement en déduire l’autre.
• Si l’on connaît deux complexes s et p, et si l’on cherche z1 et z2 tels
que z1 + z2 = s et z1 z2 = p, alors une façon élégante et efficace de faire
est de dire que z1 et z2 sont les racines de l’équation z 2 − s z + p = 0.

✞ ☎
p.185 Exercice 27 Soit z1 et z2 les deux racines de l’équation z 2 − z + 4 = 0 .
✝ ✆
Exprimer z12 + z22 − z1 z2 en fonction de z1 + z2 et de z1 z2 , et en déduire sa valeur.

167
Chapitre 3. Nombres omplexes

✞ ☎
p.185 Exercice 28 Dire pourquoi les racines de l’équation z 2 − 2 z cos θ + 1 = 0 peuvent
✝ ✆
maintenant être qualifiées de racines évidentes.

✞ ☎
p.185 Exercice 29 Résoudre l’équation z 2 − (1 + a + a2 ) z + a (1 + a2 ) = 0 , où a ∈ C.
✝ ✆

2 Ra ines n -iemes d'un nombre omplexe

univ.scholarvox.com:Université de Paris:2110307554:88828536:81.194.22.198:1593989560
Dans toute cette partie, n désigne un entier naturel non nul.
Définition 7
• Si z ∈ C, on appelle racine n-ième de z tout Z ∈ C tel que Z n = z .
• Les racines n-ièmes de 1 sont encore appelées racines n-ièmes de
l’unité.

Ra ines n -iemes
 de l'unite
Notation L’ensemble des racines n-ièmes de l’unité est noté Un .
✞ ☎
p.185 Exercice 30
✝ ✆
1. Vérifier que Un est non vide.
2. Montrer que le produit de deux éléments de Un est élément de Un .
3. Montrer que l’inverse de tout élément de Un est élément de Un .

Proposition 22
Il existe exactement n racines n-ièmes de l’unité, qui sont les complexes :
2kπ
ξk = ei n = (ξ1 )k , avec k ∈ [[0, n − 1]].

Démonstration. Comme |z n | = |z|n les racines de l’équation z n = 1 sont de module 1 .

De plus un complexe z = eiϕ avec ϕ réel vérifie z n = 1 si, et seulement si, n ϕ ≡ 0 [2π] ce qui
équivaut à :
2k π
∃ k ∈ ZZ n ϕ = 2k π ou encore à ∃k ∈ ZZ ϕ= ·
n
2kπ
• À tout entier relatif k , associons le complexe ξk = ei n .
D’après ce qui précède, l’ensemble des racines n -ièmes de 1 est l’ensemble {ξk | k ∈ ZZ } .
Soit k un entier relatif. La division euclidienne de k par n permet de trouver t ∈ [[0, n − 1]]
et q ∈ ZZ tels que k = n q + t . On a alors :
2tπ
ξk = ei( n
+2q π)
= ξt .

L’ensemble des racines n -ièmes de 1 est donc l’ensemble ξt ; t ∈ [[0, n − 1]] .

168
II Resolution
 d'equations
 dans C

• Pour terminer, vérifions qu’il y a exactement n racines n -ièmes, c’est-à-dire que les nombres
complexes ξ0, ξ1 , . . . , ξn−1 sont distincts deux à deux.
2k π 2ℓ π
Soit k et ℓ deux entiers de [[0, n − 1]] tels que ξk = ξℓ ; on a alors ≡ [2π] , et il
n n
2k π 2ℓ π
existe donc un entier relatif q tel que = + 2q π , soit encore k − ℓ = n q .
n n
Comme k et ℓ sont deux entiers de l’intervalle [[0, n−1]] , leur différence ne peut être multiple
de n que si k et ℓ sont égaux.

univ.scholarvox.com:Université de Paris:2110307554:88828536:81.194.22.198:1593988275
Proposition 23
Soit n un entier supérieur ou égal à 2.
• Si ξ est une racine n-ième de l’unité différente de 1, on a :
1 + ξ + ξ 2 + · · · + ξ n−1 = 0.

• La somme des racines n-ièmes de l’unité est égale à 0.

Principe de démonstration. Pour le premier point, remarquer qu’il s’agit d’une somme des
termes d’une progression géométrique.
Le second s’en déduit en prenant, pour ξ , le ξ1 de la proposition précédente.
✞ ☎
Démonstration page 185
✝ ✆
✞ ☎
p.185 Exercice 31
✝ ✆
• Représenter les images des racines cubiques (racines 3 -ièmes) de 1 .
• Si j = exp( 2i3π ), que vaut 1 + j + j 2 ?

Notation Dans ce contexte, la lettre j représente classiquement le nombre



complexe exp 2i3π . Ne pas confondre avec la physique où il représente i.
✞ ☎
p.185 Exercice 32 On prend ici n = 6 .
✝ ✆
• Montrer qu’il existe un ξ ∈ Un , différent de 1 , tel que Un =
6 {ξ k | k ∈ [[0, n− 1]]} .
• Pour un tel ξ , que vaut 1 + ξ + ξ 2 + · · · + ξ n−1 ?

✞ ☎
p.186 Exercice 33 Résoudre l’équation z 2 − z + 1 = 0 .
✝ ✆

Ra ines n -iemes
 d'un nombre omplexe
Proposition 24
Si Z0 est une racine n-ième de z , l’ensemble des racines n-ièmes de z est :
{Z0 ξ ; ξ ∈ Un } .
✞ ☎
Démonstration page 186
✝ ✆

169
Chapitre 3. Nombres omplexes

Point méthode
Pour trouver toutes les racines n-ièmes de z , il suffit donc d’en exhiber une
et de la multiplier par toutes les racines n-ièmes de l’unité.

✞ ☎
p.186 Exercice 34 Pour n ∈ IN, résoudre l’équation z 2n+1 + 1 = 0 .
✝ ✆

univ.scholarvox.com:Université de Paris:2110307554:88828536:81.194.22.198:1593988275
Corollaire 25
Soit un entier naturel n =
6 0 et un complexe z 6= 0 de module r et d’argu-
ment θ , le complexe z admet n racines n-ièmes qui sont les complexes :
1 θ 2kπ
Zk = r n ei( n + n
)
avec k ∈ [[0, n − 1]].

Démonstration. Il suffit d’appliquer la proposition précédente après avoir remarqué que


1 θ
z0 = r n ei n est une racine n -ième de z .

✞ ☎
p.186 Exercice 35 Déterminer les racines cinquièmes de 1 + i .
✝ ✆

III Appli ations geometriques


1 Alignement et orthogonalite
Proposition 26
Soit ~u1 et ~u2 deux vecteurs non nuls d’affixes respectives z1 et z2 .
z2 
Alors le complexe z1 a pour argument toute mesure de l’angle ~u1 , ~u2 .
Par suite :
z2
(i) les vecteurs ~u1 et ~u2 sont colinéaires si, et seulement si, z1 ∈ IR ;
z2
(ii) les vecteurs ~u1 et ~u2 sont orthogonaux si, et seulement si, z1 ∈ i IR .
✞ ☎
Démonstration page 186
✝ ✆
Corollaire 27
Soit A, B et C trois points du plan, deux à deux distincts et d’affixes
respectives a, b et c. Le complexe b−a
c−a a pour argument toute mesure de
\
−→ −
−→
l’angle (AC, AB). Par suite :
b−a
• les points A, B et C sont alignés si, et seulement si, c−a ∈ IR ;
−→ −−

• les vecteurs AC et AB sont orthogonaux si, et seulement si, b−ac−a ∈ i IR.

170
III Appli ations geom
 etriques


Point méthode
Pour exprimer b−a b−a
c−a ∈ IR ou c−a ∈ i IR , penser à utiliser le conjugué de cette
quantité (cf. méthodes page 152 et page 153).

✞ ☎
p.186 Exercice 36 Soit A et B deux points distincts du plan, d’affixes respectives a et b .
✝ ✆
Montrer qu’un point M d’affixe z appartient au cercle Γ de diamètre [AB] si, et

univ.scholarvox.com:Université de Paris:2110307554:88828536:81.194.22.198:1593988275
seulement si :
2 z z̄ − (a + b) z − (a + b) z̄ + a b + a b = 0.
−−→ −−→
Rappel : M ∈ Γ si, et seulement si, les vecteurs M A et M B sont orthogonaux.

✞ ☎
p.187 Exercice 37 Soit A1 , A2 et A3 trois points du cercle trigonométrique, deux à deux
✝ ✆
distincts, d’affixes respectives a1 , a2 et a3 . Soit H un point quelconque d’affixe h.

1. Montrer que (A1 H) ⊥ (A2 A3 ) si, et seulement si, (a1 − h) − ā1 − h a2 a3 = 0 .

2. Montrer que H ∈ (A2 A3 ) si, et seulement si, (a2 − h) + ā2 − h a2 a3 = 0 .

2 Transformations remarquables du plan


Si F est une application du plan dans lui-même, on peut lui associer une
unique application f de C dans C telle que pour tous points M et M ′ d’affixes
respectives z et z ′ on ait M ′ = F (M ) si, et seulement si, z ′ = f (z).
Réciproquement, la donnée de f caractérise l’application F .
On dit alors que F est représentée par f dans la plan complexe.

Translations, homotheties


Soit ~u un vecteur du plan.

Définition 8
La translation de vecteur ~u est l’application du plan dans lui-même qui, à
−−−→
tout point M , associe l’unique point M ′ tel que M M ′ = ~u .

Proposition 28
Soit ~u un vecteur du plan et a son affixe. La translation de vecteur ~u est
représentée dans le plan complexe par l’application C −→ C
z 7−→ z + a.
✞ ☎
Démonstration page 187
✝ ✆

171
Chapitre 3. Nombres omplexes

Soit Ω un point du plan et λ ∈ IR∗ .


Définition 9
L’homothétie de centre Ω et de rapport λ est l’application du plan dans
−−→ −−→
lui-même qui, à tout M , associe l’unique point M ′ tel que ΩM ′ = λ ΩM .

Proposition 29
L’homothétie de centre Ω, d’affixe ω , et de rapport λ est représentée dans

univ.scholarvox.com:Université de Paris:2110307554:88828536:81.194.22.198:1593988275
le plan complexe par l’application C −→ C
z 7−→ ω + λ (z − ω).
✞ ☎
Démonstration page 187
✝ ✆
✞ ☎
p.187 Exercice 38 Donner la représentation complexe de la symétrie par rapport à un
✝ ✆
point A d’affixe a.

Rotations
Soit Ω un point du plan et θ ∈ IR.
Définition 10
La rotation de centre Ω et d’angle θ est l’applica-
M′
tion du plan dans lui-même qui transforme Ω en Ω,
et tout point M 6= Ω en l’unique point M ′ tel que :
−−→ −−→ −−→
\ −−→ θ M
kΩM k = kΩM ′ k et (ΩM , ΩM ′ ) ≡ θ [2π].

Proposition 30
La rotation r de centre Ω, d’affixe ω , et d’angle θ est représentée dans le
plan complexe par l’application C −→ C
z 7−→ ω + eiθ (z − ω).
✞ ☎
Démonstration page 187
y ✝ ✆
Exemple A1
A2 Soit n ∈ IN∗ et z un complexe non nul. En dé-
signant par (Zk )k∈[[0,n−1]] les racines n-ièmes

n A0 de z et par (Ak )k∈[[0,n−1]] leurs images, on a :

∀k ∈ [[0, n − 1]] Zk = Z0 e2ikπ/n


O x et donc, en posant Zn = Z0 et An = A0 :

An−1 ∀k ∈ [[0, n − 1]] Zk+1 = Zk e2iπ/n .


Par suite chaque Ak se déduit du précédent
par une rotation de centre O et d’angle 2iπ/n,
ce qui entraîne que A0 , A1 ,. . . , An−1 sont les
sommets d’un polygone régulier centré en O .

172
III Appli ations geom
 etriques

Similitudes dire tes
Définition 11
On appelle similitude directe du plan toute application du plan dans lui-
même représentée dans le plan complexe par z 7→ a z+b, avec (a, b) ∈ C∗ ×C.
339
Remarques Comme dans le cas des fonctions réelles, on définit la composée

de deux applications F et G du plan par G ◦ F : M 7→ G F (M ) .
• Il est alors aisé de prouver que la composée des deux similitudes directes

univ.scholarvox.com:Université de Paris:2110307554:88828536:81.194.22.198:1593988275
est une similitude directe.
• D’après les propositions précédentes, on voit que translations, homothéties
et rotations sont des similitudes directes. Par suite il en est de même de
toutes leurs composées.
Exemple Une similitude directe conserve les angles et les rapports des distances.
Soit une similitude représentée par z 7→ a z + b . Considérons A1 , A2 , A3 et A4 , des
points tels que A1 6= A2 et A3 6= A4 . Notons z1 , z2 , z3 et z4 leurs affixes respectives
ainsi que z1′ , z2′ , z3′ et z4′ les affixes de leurs images A′1 , A′2 , A′3 et A′4 . On a alors :
z4′ − z3′ z4 − z3
z2′ − z1′ = a (z2 − z1 ) et z4′ − z3′ = a (z4 − z3 ) et donc ′ − z′ = z − z ·
  z 2 1 2 1
d A′3 , A′4 d A3 , A4
• Par égalité des modules, on déduit  =  ·
d A′1 , A′2 d A1 , A2
−−−→\ −−−→ \
−−−→ −−−→
• Par comparaison des arguments, on déduit : (A′1 A′2 , A′3 A′4 ) ≡ (A1 A2 , A3 A4 ) [2π].
Proposition 31
Soit a ∈ C∗ , b ∈ C et F la similitude du plan représentée par z 7→ a z + b.
• Si a = 1, alors l’application F est la translation de vecteur d’affixe b.
• Si a 6= 1, alors l’application F admet un unique point invariant Ω,
appelé centre de la similitude. En désignant par α un argument de a,
l’application F s’écrit alors F = H ◦ R = R ◦ H , avec :
∗ R la rotation de centre Ω et d’angle α,
∗ H l’homothétie de centre Ω et de rapport |a|.
Le réel |a| est appelé rapport de la similitude et α une mesure de
l’angle de la similitude.
✞ ☎
Démonstration page 187
✝ ✆
Remarque Avec les notations de la proposition précédente :
• si a ∈ IR∗ , l’application F est l’homothétie de centre Ω et de rapport a ;
• si |a| = 1 et a 6= 1, l’application F est la rotation de centre Ω et d’angle α.
Symetries

Proposition 32
L’application z 7→ z̄ représente la symétrie du plan par rapport à la
droite (O,~ı).
✞ ☎
Démonstration page 188
✝ ✆
173
Chapitre 3. Nombres omplexes

Demonstrations et solutions des exer i es du ours


Exercice 1 Représentations graphiques :

y y
Mi
b
b
Mz

M−1 M1
b b

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O x O x
b
b Mz̄
M−i

Les points Mz et Mz̄ sont évidemment symétriques par rapport à l’axe Ox.

Proposition 2
Soit deux complexes z1 = x1 + i y1 et z2 = x2 + i y2 avec (x1 , x2 , y1 , y2 ) réels.
1. Alors, z1 + z2 = x1 + x2 + i (y1 + y2 ) = x1 + x2 − i (y1 + y2 ) = z1 + z2 .
2. De même :
z1 z2 = x1 x2 − y1 y2 + i (x1 y2 + x2 y1 )
= x1 x2 − y1 y2 − i (x1 y2 + x2 y1 ) = z1 z2 .

3. Supposons z2 6= 0 et posons u = z1 /z2 .


Comme z1 = u z2 , en utilisant le résultat précédent, on obtient : z1 = u z2 .
z  z1
1
Il suffit alors de diviser par z2 (non nul) pour avoir =u= ·
z2 z2

Exercice 2 D’après les règles de calcul sur les conjugués, on a :


n
X n
X n
X
P (z) = ak z k = ak z k = ak z̄ k = P (z̄).
k=0 k=0 k=0

Remarque Pour tout k ∈ [[0, n]], on a ak = ak car ak ∈ IR .

Exercice 3 Dans l’exercice précédent, on a prouvé


n
X n
X m
X m
X
ak z k = ak z̄ k et bk z k = bk z̄ k
k=0 k=0 k=0 k=0

Le résultat demandé s’en déduit par quotient de conjugués.

z−i
Exercice 4 Soit z ∈ C \ {−i} . Alors ∈ IR si, et seulement si :
1−iz
 
z−i z−i z̄ + i
= =
1−iz 1−iz 1 + i z̄

174
Démonstrations et solutions des exercices du cours

ce qui s’écrit aussi :


(z − i) (1 + i z̄) = (z̄ + i) (1 − i z)
ou encore :
2i (z z̄ − 1) = 0.
Comme cette dernière condition est équivalente à |z| = 1 , on a bien établi la propriété
demandée.

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Exercice 5
1. Posons z1 = x1 + i y1 et z2 = x2 + i y2 avec x1 , y1 , x2 et y2 réels. Par définition
du module, on a alors :
p 
|z1 − z2 | = (x1 − x2 )2 + (y1 − y2 )2 = d Mz1 , Mz2 .

2. Représentations graphiques :
y y

r r
Ω Ω
O x O x

 
Cercle Mz ; |ω − z| = r Disque Mz ; |ω − z| 6 r

Proposition 3 En posant z = x + iy , avec x et y réels, on a |z|2 = x2 + y 2 . Les deux


premiers résultats sont alors évidents, et les deux derniers découlent des inégalités :
√ p
|Re z| = |x| = x2 6 x2 + y 2 = |z|
p p
|Im z| = |y| = y 2 6 x2 + y 2 = |z| .

Exercice 6
• Si z ∈ IR+ , on a évidemment Re z = z = |z|, et donc Re z = |z|.
• Supposons Re z = |z|. En posant x = Re z et y = Im z , l’égalité Re z = |z|
entraîne alors x2 + y 2 = x2 et donc y = 0 . On en déduit :
x = Re z = |z| > 0
Par suite, z = x est élément de IR+ .

Proposition 4 Soit z ∈ C∗ .
• On a alors z̄ =
6 0 et donc |z|2 6= 0 .
z 1 z̄
Par suite la relation zz = |z|2 peut s’écrire z = 1 ce qui donne = 2 ·
|z|2 z |z|
1
• La relation |z| = 1 qui s’écrit encore 1 = |z|2 = zz est équivalente à = z̄ .
z

175
Chapitre 3. Nombres omplexes

Proposition 5 Soit z1 ∈ C et z2 ∈ C .
2
• On a immédiatement |z1 z2 |2 = z1 z2 z1 z2 = z1 z1 × z2 z2 = |z1 | |z2 | .
Comme |z1 z2 | et |z1 | |z2 | sont des réels positifs on en déduit |z1 z2 | = |z1 | |z2 |.
z1 z1
• En supposant z2 6= 0 on a z1 = z2 et donc |z1 | = |z2 |.
z2 z2
On en déduit le résultat en divisant par |z2 | qui est non nul.

univ.scholarvox.com:Université de Paris:2110307554:88828536:81.194.22.198:1593988275
Exercice 7 Montrons par récurrence sur n ∈ IN :
P
n P
n
Hn « Pour tout (z0 , . . . zn ) ∈ Cn+1 , on a zk 6 |zk |. »
k=0 k=0

• H0 est évident puisque, pour tout z0 ∈ C, on a |z0 | = |z0 |.


• Soit n ∈ IN tel que Hn soit vrai.
Soit (z0 , . . . zn+1 ) ∈ Cn+2 . L’inégalité triangulaire donne :
n+1
X X
n  n
X
zk = zk + zn+1 6 zk + |zn+1 |,
k=0 k=0 k=0

et l’hypothèse Hn donne alors :


n
X n
X n+1
X
zk + |zn+1 | 6 |zk | + |zn+1 | = |zk |,
k=0 k=0 k=0

ce qui termine la démonstration.


Proposition 7
• Si z1 = 0 , alors l’inégalité est évidente.
Il en est de même pour l’équivalence puisque z1 = 0 z2 .
• Supposons donc z1 6= 0 et posons k = z2 /z1 .
∗ Comme |z1 | > 0 , l’inégalité à prouver est équivalente à 1 − |k| 6 |1 − k|. Or :
2 
|1 − k|2 − 1 − |k| = (1 − k) (1 − k) − (1 − 2|k| + |k|2 ) = 2 |k| − Re k .
2
Comme on a Re k 6 |k|, on en déduit 1 − |k| 6 |1 − k|2 et donc
1 − |k| 6 |1 − k|.
∗ Par suite, avec les notations du point précédent, on a égalité si, et seulement si,
|k| − Re k = 0 , ce qui équivaut à dire que k ∈ IR+ .
Exercice 8 En utilisant z1 = z1 − z2 + z2 , la première inégalité donne :
|z1 | 6 |z1 − z2 | + |z2 | et donc |z1 | − |z2 | 6 |z1 − z2 | .
En échangeant les rôles de z1 et z2 , on en déduit :
|z2 | − |z1 | 6 |z2 − z1 | = |z1 − z2 |
et donc la double inégalité :
− z1 − z2 6 |z1 | − |z2 | 6 |z1 − z2 | ,
ce qui entraîne |z1 | − |z2 | 6 |z1 − z2 |.

176
Démonstrations et solutions des exercices du cours

Proposition 11 Soit θ et ϕ deux réels. On a :


eiθ eiϕ = (cos θ + i sin θ) (cos ϕ + i sin ϕ)
= (cos θ cos ϕ − sin θ sin ϕ) + i(sin θ cos ϕ + cos θ sin ϕ)

= cos(θ + ϕ) + i sin(θ + ϕ) = ei(θ+ϕ) .


1
Donc eiϕ e−iϕ = e0 = 1 , ce qui prouve e−iϕ = ·
eiϕ

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Enfin, la dernière relation est une conséquence immédiate des deux premières.
Exercice 9
• D’après ce que l’on a vu en trigonométrie, Uθ est le point du cercle trigonométrique
−→\ −−→
tel que Ox, OUθ ≡ θ [2π].
• On en déduit immédiatement les symétries existant entre les divers points Uθ ,
Uπ−θ , Uπ+θ et U−θ , comme on le voit, ci-dessous, sur le dessin de gauche.
π π
Les points d’affixe ei 2 , eiπ , e−i 2 sont représentés sur le dessin de droite.
y y π
ei 2 = i
b

ei(π−θ) eiθ

θ eiπ = −1 b

O x O x
ei(π+θ) e−iθ
b
π
e−i 2 = −i
• Le point Uθ+ϕ se déduit de Uθ par une rotation de centre O et d’angle ϕ.

Exercice 10 En utilisant la formule de Moivre on obtient :


 √ 100  100  
1 3 iπ 100iπ
+i = exp = exp ·
2 2 3 3
100π (96 + 4)π 4π
Comme = ≡ [2π], on a donc :
3 3 3
 √ 100     √
1 3 4iπ iπ 1 3
+i = exp = − exp =− −i ·
2 2 3 3 2 2

Remarque Le développement de la puissance 100 avec la formule du binôme de


Newton n’est évidemment pas envisageable ici !

Exercice 11
1. La formule du binôme de Newton nous donne :
5
(cos θ + i sin θ) = cos5 θ + 5 i cos4 θ sin θ − 10 cos3 θ sin2 θ
− 10 i cos2 sin3 θ + 5 cos θ sin4 θ + i sin5 θ.

177
Chapitre 3. Nombres omplexes

2. En identifiant les parties réelles, on obtient :


cos 5θ = cos5 θ − 10 cos3 θ sin2 θ + 5 cos θ sin4 θ.

3. En remplaçant sin2 θ par 1 − cos2 θ dans l’expression de cos 5θ , on obtient :


cos 5θ = cos5 θ − 10 cos3 θ (1 − cos2 θ) + 5 cos θ (1 − cos2 θ)2
= 16 cos5 θ − 20 cos3 θ + 5 cos θ.

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4. En identifiant les parties imaginaires de la première relation, on a :
sin 5θ = 5 cos4 θ sin θ − 10 cos2 sin3 θ + sin5 θ

ce qui, en remplaçant cos2 θ par (1 − sin2 θ), donne :


sin 5 θ = 16 sin5 θ − 20 sin3 θ + 5 sin θ.

Exercice 12
1. La formule de Moivre nous donne :
cos 6 θ = Re(cos θ + i sin θ)6
= cos6 θ − 15 cos4 θ sin2 θ + 15 cos2 θ sin4 θ − sin6 θ
= cos6 θ − 15 cos4 θ (1 − cos2 θ) + 15 cos2 θ (1 − cos2 θ)2 − (1 − cos2 θ)3
= 32 cos6 θ − 48 cos4 θ + 18 cos2 θ − 1.

2. Supposons qu’il existe une fonction f telle que sin 6θ = f (sin θ) pour tout θ ∈ IR .
On a alors :
√   
f 22 = f sin π4 = sin 32π = −1
√   
f 22 = f sin 34π = sin 92π = 1
ce qui est impossible. Par suite, il n’existe pas de telle fonction.

Exercice 13
π π
1. Comme θ ∈ ]− 10 , 10 [ , on a 5θ ∈ ]− π2 , π2 [ ; ainsi tan θ et tan 5θ sont définis et :
sin 5θ 5 cos4 θ sin θ − 10 cos2 sin3 θ + sin5 θ
tan 5θ = = ·
cos 5θ cos5 θ − 10 cos3 θ sin2 θ + 5 cos θ sin4 θ
2. En divisant numérateur et dénominateur par cos5 θ , on obtient :
5 tan θ − 10 tan3 θ + tan5 θ
tan 5θ = ·
1 − 10 tan2 θ + 5 tan4 θ
Exercice 14
1. En utilisant la formule de Moivre et la formule du binôme, on a :
n  
X
n n
cos nθ + i sin nθ = (cos θ + i sin θ) = cosn−k θ (i sin θ)k .
k
k=0

178
Démonstrations et solutions des exercices du cours

2. Les termes réels de cette somme correspondent aux valeurs paires de l’indice, de
la forme k = 2p, l’entier p vérifiant p 6 n2 , c’est-à-dire p 6 ⌊ n2 ⌋·
En identifiant les parties réelles de l’égalité ci-dessus, on obtient :
n
⌊2⌋
X  
p n
cos nθ = (−1) cosn−2p θ sin2p θ. (a)
p=0
2p

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Les termes imaginaires de la somme correspondent aux valeurs impaires de l’in-
dice k , de la forme k = 2p + 1 avec p vérifiant 2p + 1 6 n, c’est-à-dire p 6 ⌊ n−1
2 ⌋·

En identifiant les parties imaginaires, on obtient :


⌊ n−1
X 2 ⌋  
p n
sin nθ = (−1) cosn−(2p+1) θ sin2p+1 θ. (b)
p=0
2p + 1

π
3. En supposant nθ 6≡ 2 [π], on peut écrire :

⌊ n−1
P2 ⌋ 
p n
(−1) 2p+1 cosn−(2p+1) θ sin2p+1 θ
sin nθ p=0
tan nθ = = ·
cos nθ ⌊n
P2⌋
p n

(−1) 2p cosn−2p θ sin2p θ
p=0

π
Si, de plus, θ 6≡ 2 [π], en divisant numérateur et dénominateur par cosn θ , on a :

⌊ n−1
P2 ⌋ 
(−1)p n
2p+1 tan2p+1 θ
sin nθ p=0
tan nθ = = ·
cos nθ n
⌊P
2⌋
p n

(−1) 2p tan2p θ
p=0

Exercice 15 1. En utilisant les formules d’Euler, on obtient :


 6
eiθ − e−iθ
sin6 θ =
2i
1 6iθ 
=− e − 6 e4iθ + 15 e2iθ − 20 + 15 e−2iθ − 6 e−4iθ + e−6iθ .
64
En regroupant les termes symétriques en eikθ et en e−ikθ , on obtient :
1 6iθ 
sin6 θ = − e + e−6iθ − 6 (e4iθ + e−4iθ ) + 15 ( e2iθ + e−2iθ ) − 20
64
et donc :
1
sin6 θ = − (cos 6θ − 6 cos 4θ + 15 cos 2θ − 10) .
32

179
Chapitre 3. Nombres omplexes

Exercice 16
En partant d’une formule d’Euler, la formule du binôme nous donne :
(eiθ + e−iθ )5
cos5 θ =
25
1 
= 5 e5iθ + 5 e3iθ + 10 eiθ + 10 e−iθ + 5 e−3iθ + e−5iθ
2
1
= (cos 5θ + 5 cos 3θ + 10 cos θ).
32

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Exercice 17 On peut utiliser :
(eiθ +e−iθ )4
• soit la méthode précédente, en développant 24 ,
• soit l’égalité cos θ = (cos θ) ce qui est, ici, un peu plus rapide.
4 2 2

1 + cos 2θ
Comme cos2 θ = , on a :
2
 2
4 1 + cos 2θ 1 
cos θ = = 1 + 2 cos 2θ + cos2 2θ .
2 4
1 + cos 4θ
En utilisant cos2 2θ = , on obtient :
2
1 1 3
cos4 θ = cos 4 θ + cos 2θ + ·
8 2 8
Exercice 18 On peut écrire :

z = 1 + e2iθ = eiθ e−iθ + eiθ = 2 cos θ eiθ .
On en déduit z 100 = 2100 (cos θ)100 e100 iθ et donc :
Re(z 100 ) = 2100 (cos θ)100 cos(100 θ).
Exercice 19
On a :
 
z = ei(
θ1 +θ2
2 ) ei( θ1 −θ
2
2
) + e−i( θ1 −θ
2
2
) = 2 cos θ1 − θ2 ei( θ1 +θ
2
2
).
2
et donc :  n
θ1 − θ2
en i( 2 ) .
θ1 +θ2
z n = 2n cos
2

θ1 −θ2 n

On en déduit Re(z n ) = 2n cos 2 cos n θ1 +θ
2
2
·
n
Attention Ici, le module de z est 2n cos θ1 −θ
2
2
mais il est inutile d’en parler pour
le calcul que nous avons fait ci-dessus.

Exercice 20
p+q
1. En mettant en facteur ei 2 , on obtient :
p+q
 p−q −p+q
 p+q 
p−q
eip + eiq = ei 2 ei 2 + ei 2 = 2 ei 2 cos 2 · (a)
En prenant la partie réelle, on en déduit :
p+q
 p−q

cos p + cos q = 2 cos 2 cos 2 ·

180
Démonstrations et solutions des exercices du cours

p+q
2. En mettant en facteur ei 2 , on obtient :
 p−q  
i p+q −p+q p+q
p−q
eip − eiq = e 2 ei 2 − ei 2 = 2 i ei 2 sin 2 · (b)

En prenant la partie réelle, on en déduit :


p−q
 p+q

cos p − cos q = −2 sin 2 sin 2 ·

3. En prenant la partie imaginaire de (a), on obtient :

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sin p + sin q = 2 sin p+q
2 cos p−q
2

et en prenant la partie imaginaire de (b) :


p−q
 p+q

sin p − sin q = 2 sin 2 cos 2 ·

Exercice 21 Σn est la somme des n + 1 premiers termes de la suite géométrique de


premier terme 1 , et de raison eiθ 6= 1 puisque θ ∈ ]0, 2π[ . On a donc :
n
X 1 − ei(n+1)θ
Σn = eikθ = ·
1 − eiθ
k=0

Transformons le quotient obtenu :

θ θ θ θ
1 − ei(n+1)θ ei(n+1) 2 e−i(n+1) 2 − ei(n+1) 2 in θ2 sin(n + 1) 2
= = e ·
1 − eiθ θ
ei 2
θ θ
e−i 2 − ei 2 sin θ2

On en déduit immédiatement :
 
1 − ei(n+1)θ cos n θ2 sin(n + 1) 2θ
Sn = Re = ·
1 − eiθ sin 2θ
Pour θ = 0 ou θ = 2π , on ne peut pas utiliser la méthode précédente puisque eiθ = 1 .
Dans ce cas on trouve directement Sn = n + 1

Proposition 14
1. Comme z 6= 0 et donc |z| 6= 0 , on peut donc poser u = z/|z|.
On a alors |u| = 1 , et la proposition 10 de la page 157 nous dit qu’il existe θ0 ∈ IR
tel que u = eiθ0 . Le résultat est alors immédiat en prenant r0 = |z|.
2. Si z = r eiθ alors on a |z| = |r| |eiθ | = |r| puisque |eiθ | = 1 .
Comme r ∈ IR+ , on a r = |r| = |z|.
3. Soit θ tel que z = |z| eiθ = |z| eiθ0 .
Comme |z| 6= 0 , on a alors eiθ0 = eiθ et la proposition 10 de la page 157 nous dit
qu’il existe k ∈ ZZ tel que θ = θ0 + 2kπ , ou encore θ ≡ θ0 [2π].

Exercice 22 Par hypothèse, le complexe a + i b est non nul. En appelant r son module
et θ l’un de ses arguments, on peut écrire :
a cos x + b sin x = r cos θ cos x + r sin θ sin x,

181
Chapitre 3. Nombres omplexes

ce qui donne :
a cos x + b sin x = r cos(x − θ)
ou encore :
π
a cos x + b sin x = r cos(x − θ) = r sin(x + θ′ ) avec θ′ = − θ.
2
Exercice 23

1. On a z = 1 + e2iθ = eiθ e−iθ + eiθ = 2 cos θ eiθ .

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Si θ ∈ [0, π2 [ alors cos θ > 0 , donc |z| = 2 cos θ et un argument de z est θ .
Si θ ∈ ] π2 , π[ alors cos θ < 0 , donc |z| = −2 cos θ et un argument de z est θ + π .
π
Si θ = 2 alors z = 0 et il n’a pas d’argument.
2. En utilisant la trigonomérie élémentaire on peut écrire :
z = 1 + cos 2θ + i sin 2θ
= 2 cos2 θ + 2i sin θ cos θ
= 2 cos θ (cos θ + i sin θ)

et l’on termine ensuite comme ci-dessus.

Proposition 16
• Si l’on pose x = Re z , y = Im z , x′ = Re z ′ et y ′ = Im z ′ , alors on a :
′ ′ ′
ez+z = e(x+x )+i (y+y )
′ ′
= ex+x ei (y+y ) définition de l’exponentielle complexe
′ ′
= ex ex eiy eiy propriétés de l’exponentielle réelle et de t 7→ eit
 ′ ′ ′
= ex eiy ex eiy = ez ez .

• En utilisant le résultat précédent avec z ′ = −z , on obtient ez e−z = e0 = 1 ; on


retrouve ainsi ez =
6 0 et on en déduit (ez )−1 = e−z .

Proposition 17 Écrivons a sous forme trigonométrique a = ρ eiθ , avec ρ > 0 et θ ∈ IR .


• Soit z vérifiant ez = a, c’est-à-dire ρ eiθ = eRe z ei Im z . On a alors :
∗ ρ = |a| = |ez | = eRe z et donc Re z = ln ρ ;
∗ eiθ = ei Im z , donc θ ≡ Im z [2π].
Par suite il existe k ∈ ZZ tel que z = ln ρ + i θ + 2i k π .
• Réciproquement, si k ∈ ZZ, alors eln ρ+i θ+2i k π = eln ρ ei θ+2i k π = ρ eiθ = a.
Ainsi, on a prouvé que z0 = ln ρ + i θ est une solution de l’équation ez = a, et que z
est solution de cette équation si, et seulement si, z − z0 ∈ 2i k π ZZ.

Proposition 18 Soit z ∈ C∗ , de forme trigonométrique z = r eiθ . Comme z est non nul, 0


n’est pas une racine carrée de z . Soit donc Z ∈ C∗ , de forme trigonométrique Z = ρ ei ϕ .
Alors Z est une racine carrée de z si, et seulement si, ρ2 ei 2ϕ = r eiθ .

182
Démonstrations et solutions des exercices du cours

Comme ρ2 > 0 et r > 0 , l’équation précédente équivaut à ρ2 = r et 2ϕ ≡ θ [2π].



Comme ρ > 0 , cela équivaut aussi à ρ = r et ϕ ≡ θ2 [π].
√ iθ √ √
r e 2 et r ei ( 2 +π) = − r ei 2 .
θ θ
Par suite, z admet deux racines opposées

Exercice 24

1. D’après la méthode précédente, si (X + iY )2 = 1 + i , alors :

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 2
X −Y2 =√ 1
et X Y > 0.
X2 + Y 2 = 2
Par somme et différence des deux équation, on déduit :
√ √
2 1+ 2 2 −1 + 2
X = et Y = ·
2 2
Comme 2 X Y = 2 > 0 , les racines carrées de 1 + i sont :
s s s s
√ √ √ √
1+ 2 −1 + 2 1+ 2 −1 + 2
Z1 = +i et Z2 = −Z1 = − −i ·
2 2 2 2
√ π π
2. Comme 1 + i = 2 ei 4 , les racines carrées de 1 + i s’écrivent aussi ±21/4 ei 8 .
π π
Puisque cos > 0 , on a Z1 = 21/4 ei 8 , et donc :
8
s √ p √ p √
π 1+ 2 2+ 2 π 2− 2
cos = √ = et de même sin = ·
8 2 2 2 8 2

Proposition 19 Pour tout z ∈ C , on a :


   2 !
2 2 b c b b2 − 4ac
az + bz + c = a z + z + =a z+ −
a a 2a 4a2
 2 !
b ∆
=a z+ − 2 ·
2a 4a

• Supposons ∆ =
6 0 ; en notant δ une racine carrée de ∆, on a :
 2 !   
2 b δ 2
b−δ b+δ
az + bz + c = a z+ − 2 =a z+ z+ ·
2a 4a 2a 2a

−b + δ −b − δ
L’équation (E) admet donc deux racines distinctes : et ·
2a 2a
 2
b
• Supposons ∆ = 0 ; alors a z + b z + c = a z +
2
et (E) admet une racine
2a
b
double z0 = − ·
2a

183
Chapitre 3. Nombres omplexes

Exercice 25 Le discriminant de l’équation est :


∆ = (3 + 4 i)2 − 4 (−1 + 5 i) = −3 + 4 i.
La recherche des racines u + i v de ∆ mène à :
u2 − v 2 = −3, u2 + v 2 = 5 et 2 u v = 4.
Par addition et soustraction, on en déduit u2 = 1 et v 2 = 4 , et donc :
u = ±1 et v = ±2.

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Le signe de u v entraîne que les deux racines de ∆ sont ± (1 + 2i).
(3+4 i)±(1+2i)
Par suite les racines de l’équation donnée sont 2 c’est-à-dire :
2 + 3 i et 1 + i.

Corollaire 20 Il suffit d’utiliser les résultats précédents et de remarquer que :



• dans le cas ∆ > 0 , une racine carrée de ∆ est ∆

• dans le cas ∆ < 0 , une racine carrée de ∆ est i −∆

Exercice 26 Le discriminant est ∆ = −4 sin2 θ .


• Si θ ≡ 0 [π], alors ∆ = 0 et l’équation admet une racine double :
z0 = 1 si θ ≡ 0 [2π] ou z0 = −1 si θ ≡ π [2π].
• Si θ 6≡ 0 [π], alors ∆ < 0 et l’équation admet deux racines distinctes :
z1 = cos θ + i |sin θ| et z2 = cos θ − i |sin θ| .
En fait, dans ce cas, l’ensemble des racines de l’équation peut aussi s’écrire :
{cos θ + i sin θ, cos θ − i sin θ} = {eiθ , e−iθ }
ce qui évite l’utilisation d’une valeur absolue.
• Dans le second cas, la méthode générale pour les équations à coefficients complexes
est plus efficace. En effet on peut directement exhiber δ = 2 i sin θ qui est une
racine de ∆ et dire que les racines sont :
cos θ ± i sin θ ou encore e±iθ .

Proposition 21
• Si z1 et z2 sont les deux racines de l’équation, en utilisant les formules donnant les
racines d’une équation du second degré on obtient facilement :
b c
z1 + z2 = − et z1 z2 = ·
a a
b c
• Réciproquement, si z1 + z2 = − et z1 z2 = , alors :
a a

a (z − z1 ) (z − z2 ) = a z 2 − (z1 + z2 ) z + z1 z2 = a z 2 + b z + c
et donc l’équation a z 2 + b z + c = 0 a pour racines z1 et z2 (éventuellement égales
si z1 = z2 ).

184
Démonstrations et solutions des exercices du cours

Exercice 27 On a :
z12 + z22 − z1 z2 = (z1 + z2 )2 − 3 z1 z2 = 12 − 3 × 4 = −11.

Exercice 28 Les racines de l’équation z 2 −2 z cos θ+1 sont les deux nombres complexes
dont la somme est 2 cos θ et le produit 1 .
D’après les formules d’Euler, on sait que ce sont eiθ et e−iθ .

Exercice 29 En utilisant somme et produit, on voit que les deux racines de :

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z 2 − (1 + a + a2 ) z + a (1 + a2 ) = 0
sont a et 1 + a2 .

Exercice 30
1. Parmi les racines n-ièmes de l’unité, il y a évidemment 1 .
2. Si z1 et z2 sont deux éléments de Un , alors (z1 z2 )n = z1n z2n = 1 , et donc z1 z2
est un élément de Un .
3. Si z est élément de Un alors :
 n
1 1
z 6= 0 et = n = 1,
z z
1
ce qui prouve que est un élément de Un .
z
Proposition 23
1 − ξn
• Comme ξ =
6 1, on a 1 + ξ + ξ 2 + · · · + ξ n−1 = , ce qui vaut 0 car ξ n = 1 .
1−ξ
• Comme n > 2 , on a ξ1 =
6 1 et la somme S des racines n-ième de l’unité s’écrit :
S = 1 + ξ1 + ξ2 + · · · + ξn−1 = 1 + ξ1 + ξ12 + · · · + ξ1n−1 = 0.

Exercice 31
Mj y
b
• Comme les racines cubiques de l’unité sont
 2i π  4 i π 2π
M1
1, j = exp et j 2 = exp 3
b
3 3 O x
les images de ces racines, M1 , Mj et Mj 2 ,
forment le triangle équilatéral ci-contre.
b

Mj 2
• Comme j est une racine cubique de l’unité, différente de 1 , on a :
1 + j + j 2 = 0.

Exercice 32
2
• Le complexe ξ = exp( i6π ) = j est un élément de U6 .
Mais l’ensemble de ses puissances, qui est égal à {1, j, j 2 } , est différent de U6 qui
contient 6 éléments.
• Toutefois, la somme 1 + ξ + ξ 2 + · · · + ξ n−1 vaut toujours 0 puisque ξ 6= 1 .

185
Chapitre 3. Nombres omplexes

Exercice 33 Cette équation est obtenue à partir de l’équation z 2 + z + 1 = 0 en


changeant z en −z . Ses solutions sont donc −j et −j 2 ou encore −j et −̄.

Proposition 24
• Dans le cas où z = 0 , le résultat est évident puisque le nombre complexe 0 a une
seule racine n-ième qui est 0 , et que {Z0 ξ ; ξ ∈ Un } = {0} .
• Supposons donc z = 6 0 . Comme Z0n = z , l’équation Z n = z s’écrit aussi Z n = Z0n .
 n

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Z
Étant donné que Z0 6= 0 , elle est équivalente à = 1.
Z0
Par suite, on a Z n = z si, et seulement si :
Z
∃ξ ∈ Un =ξ ou encore ∃ξ ∈ Un Z = ξ Z0 .
Z0

Exercice 34 On remarque que −1 est une solution évidente. Les solutions sont donc
les opposées des racines (2n + 1)-ièmes de l’unité.
√ iπ
Exercice 35 Comme 1 + i = 2 e 4 , l’ensemble des ses racines cinquièmes est :
  
π
1 i 20 + 2kπ
2 e
10 5 ; k ∈ [[0, 4]] .

Proposition 26 Écrivons sous forme trigonométrique z1 = ρ1 eiθ1 et z2 = ρ2 eiθ2 .


• Le plan étant rapporté à un repère orthonormal direct (O,~ı, ~), on sait que l’on a alors
\
θ1 ≡ (~ \
ı, ~u1 ) [2π] et θ2 ≡ (~
ı, ~u2 ) [2π].
• On en déduit le premier résultat, puisque (~u\
1, ~
\
u2 ) = (~ \
ı, ~u2 ) − (~
ı, ~u1 ) ≡ θ2 − θ1 [2π]
z2
et que le nombre réel θ2 − θ1 est un argument de z1 ·
• Les résultats (i) et (ii) s’en déduisent immédiatement, puisque :
∗ les vecteurs ~u1 et ~u2 sont colinéaires si, et seulement si, (~\ \
ı, ~u2 ) ≡ (~
ı, ~u1 ) [π]
z2
c’est-à-dire θ2 − θ1 ≡ 0 [π], ce qui signifie que z1 est un réel (positif ou négatif).
∗ De même ~u1 et ~u2 sont orthogonaux si, et seulement si, (~\ \
ı, ~u2 ) ≡ (~
ı, ~u1 ) + π
[π]
2
π z2
c’est-à-dire θ2 − θ1 ≡ 2 [π], ce qui signifie que z1 est imaginaire pur.

Exercice 36 Le point M , d’affixe z , appartient au cercle de diamètre [AB] si, et


−−→ −−→
seulement si, les vecteurs M A et M B sont orthogonaux, ce qui équivaut à z−a
z−b ∈ iIR ,
ou encore à :
 
z−a z−a z̄ − ā
=− =− ·
z−b z−b z̄ − b̄
Cette dernière condition est équivalente à :
(z − a) (z̄ − b̄) + (z − b) (z̄ − ā) = 0
ou encore à :
2 z z̄ − (ā + b̄) z − (a + b) z̄ + a b̄ + ā b = 0.

186
Démonstrations et solutions des exercices du cours

Exercice 37
a1 −h
1. La relation (HA1 ) ⊥ (A2 A3 ) se traduit par a3 −a2 ∈ i IR, c’est-à-dire :

a1 − h ā1 − h
+ = 0.
a3 − a2 ā3 − ā2
Comme A2 et A3 sont sur le cercle trigonométrique, on a |a2 | = |a3 | = 1 , et
donc :
1 1

univ.scholarvox.com:Université de Paris:2110307554:88828536:81.194.22.198:1593988275
a2 − a3
ā3 − ā2 = − = ·
a3 a2 a2 a3
On en déduit aisément la relation demandée, en simplifiant par a2 − a3 , qui est
non nul puisque A2 =
6 A3 .
a2 −h
2. La relation H1 ∈ A2 A3 se traduit par a3 −a2 ∈ IR , c’est-à-dire :

a2 − h ā2 − h̄
− = 0.
a3 − a2 ā3 − ā2
On termine comme dans la question précédente.

Proposition 28 La relation f (z) = z + a s’écrit aussi f (z) − z = a, qui est la traduction


−−−→
immédiate, avec les affixes, de M M ′ = ~u , où M et M ′ sont les images respectives des
complexes z et f (z).

Proposition 29 La relation f (z) = ω + λ (z − ω) s’écrit aussi f (z) − ω = λ (z − ω), qui


−−→ −−→
est la traduction immédiate, avec les affixes, de ΩM ′ = λ ΩM .

Exercice 38
• Une telle symétrie est une homothétie de centre a et de rapport −1 . Elle est donc
représentée par f : z 7→ a − (z − a) = 2 a − z.
• On peut aussi dire que, si a, z et z ′ sont les affixes respectives de A, de M et
de son symétrique M ′ , on a a = 21 (z + z ′ ), soit z ′ = 2a − z .

Proposition 30 Soit M d’affixe z et r(M ) = M ′ d’affixe z ′ . Par définition de la rota-


tion r , on a :
−−\
→ −−→
ΩM ′ = ΩM et (ΩM ′ , ΩM ) ≡ θ [2π]
−−→ −−→
ce qui se traduit, sur les affixes z ′ − ω et z − ω des vecteurs ΩM ′ et ΩM , par :
z ′ − ω = eiθ (z − ω).

Proposition 31
• Lorsque a = 1 , c’est le résultat de la proposition 28 de la page 171.
• Supposons a = 6 1 . Un point M d’affixe z est invariant par F si, et seulement si, z
b
vérifie l’équation z = az + b , qui a pour unique solution car a 6= 1 .
1−a
b
L’unique point invariant par F est donc le point Ω d’affixe z0 = ·
1−a

187
Chapitre 3. Nombres omplexes

De plus, pour tout point M d’affixe z , l’affixe z ′ du point F (M ) vérifie :


z ′ − z0 = az + b − (a z0 + b) = a (z − z0 ).
Soit R la rotation de centre Ω et d’angle α ainsi que H l’homothétie de centre Ω
et de rapport |a| . Vérifions que F = H ◦ R .

Soit M un point d’affixe z ; soit z1 l’affixe de R(M ) et z2 l’affixe de H R(M ) .
On a, d’après les propositions 30 et 29, les relations :

univ.scholarvox.com:Université de Paris:2110307554:88828536:81.194.22.198:1593988275
z1 − z0 = eiα (z − z0 ) et z2 − z0 = |a| (z1 − z0 )
ce qui donne :
z2 − z0 = |a| eiα (z − z0 ) = a (z − z0 ).
Le complexe z2 est donc l’affixe du point F (M ), ce qui montre l’égalité F = H ◦ R .
On montre de même l’égalité F = R ◦ H .

M + M′
Proposition 32 Si M et M ′ sont les deux points d’affixes z et z̄ , on a ∈ (O,~ı)
2
−−−→′
et M M colinéaire à ~ . Donc M ′ est le symétrique de M par rapport à (O,~ı).

188

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