Révisions sur suites, fonctions et polynômes
Révisions sur suites, fonctions et polynômes
1 Suites réelles 2
1.1 Exemples de suites réelles . . . . . . . . . . . 2
1.2 Convergence des suites réelles . . . . . . . . . 4
1.3 Relations de comparaison des suites . . . . . 6
3 Polynômes 37
3.1 Définition et premières propriétés . . . . . . . 37
3.2 Degré d’un polynôme . . . . . . . . . . . . . . 38
3.3 Polynôme dérivé . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.4 Arithmétique dans R[x] . . . . . . . . . . . . 39
3.5 Racines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.6 Factorisation d’un polynôme . . . . . . . . . . 40
Consignes.
On reprend dans ce chapitre les principaux résultats du programme d’ECG sur les suites réelles, les
fonctions réelles d’une variable réelle et les polynômes. Rien de nouveau donc, mais il est essentiel de
s’assurer que tous les résultats de ce chapitre sont connus, et de combler vos lacunes éventuelles dès
maintenant. Ce travail est à faire avec le plus grand sérieux durant les vacances d’été. C’est votre
dernière occasion de vous mettre à jour sur ces notions. Ce chapitre fera l’objet de la première
interrogation de cours le jour de la rentrée.
Mathieu Mansuy
Professeur en ECG deuxième année spécialité mathématiques approfondies au Lycée Louis Pergaud (Besançon)
Page personnelle : mathieu-mansuy.fr/
E-mail : [email protected]
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1 Suites réelles
Compétences attendues.
3 Savoir identifier et déterminer l’expression explicite d’une suite géométrique, arithmétique, arithmético-
géométrique et d’une suite récurrente linéaire d’ordre 2 à coefficients réels.
3 Savoir montrer que deux suites sont adjacentes, donc convergentes vers la même limite.
À vous de vous assurer, à l’issue de chaque chapitre, que ces compétences sont bien acquises !
• Une suite (un )n≥n0 est dite arithmétique lorsqu’il existe r ∈ R tel que :
∀n ∈ N, n ≥ n0 , un+1 = un + r.
Résultat important
• Une suite (un )n≥n0 est dite géométrique lorsqu’il existe q ∈ R tel que :
à bien regarder !
∀n ∈ N, n ≥ n0 , un+1 = qun .
Définition.
Une suite (un )n∈N est dite arithmético-géométrique lorsqu’il existe (a, b) ∈ R2 , a 6= 1, tel que :
α = aα + b. (2)
On pose alors, pour tout n ∈ N, vn = un − α. La suite (vn )n∈N est géométrique de raison a.
(iii) On donne l’expression explicite de (vn )n∈N , et on en déduit celle de (un )n∈N .
2
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Rédaction.
Toujours commencer par bien identifier le « type » de suite auquel on a affaire, et donc le
résultat de cours qu’il faudra utiliser.
On est ici dans le cas d’une suite arithmético-géométrique. On en cherche le point fixe :
α = −α + 4 (2) ⇔ α = 2.
en posant vn = un − α. Ainsi (vn ) est une suite géométrique de raison (−1). On en déduit que :
∀n ∈ N, un = vn + α = (−1)n+1 + 2.
Une suite (un )n∈N satisfait une relation de récurrence linéaire d’ordre 2 à coefficients réels
s’il existe (a, b) ∈ R2 tel que :
• S’il y a deux solutions réelles distinctes x1 et x2 , alors il existe (α, β) ∈ R2 tel que
pour tout n ∈ N, un = αxn1 + βxn2 .
• S’il y a une unique solution réelle x0 , alors il existe (α, β) ∈ R2 tel que pour tout
n ∈ N, un = (α + βn)xn0 .
∀n ∈ N, Fn+2 = Fn+1 + Fn .
3
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Remarquons tout d’abord qu’il s’agit d’une suite récurrente linéaire d’ordre 2 à coefficients con-
stants. On résout son équation caractéristique :
x2 = x + 1 ⇔ x2 − x − 1 = 0.
√ √
Posons P (x) = x2 − x − 1. P admet deux racines réelles distinctes x1 = 1−2 5 et x2 = 2 .
1+ 5
D’après le théorème précédent, on peut donc affirmer l’existence de (λ, µ) ∈ R2 tel que :
∀n ∈ N, Fn = λxn1 + µxn2
(
λ+µ=0
Les cas n = 0 et n = 1 conduisent à résoudre le système (E) : .
λx1 + µx2 = 1
Or :
λ = √5 1
( (
µ = −λ
(E) ⇐⇒ ⇐⇒
λ(x1 − x2 ) = 1 µ = − √15
√ !n √ !n #
1 + 5 1 5
"
−
D’où finalement : ∀n ∈ N, Fn = √15 − .
2 2
• On dit que (un ) converge vers ` ∈ R si tout intervalle ouvert contenant ` contient les un pour
tous les indices n, sauf pour un nombre fini d’entre eux, ce qui s’écrit en termes quantifiés :
• On dit que (un ) tend vers +∞ si pour tout réel a, les un sont strictement plus grand que
a pour tous les indices n, sauf pour un nombre fini d’entre eux, ce qui s’écrit en termes
Plus difficile,
quantifiés :
pour aller plus loin.
∀a ∈ R, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ n0 ⇒ un > a.
• On dit que (un ) tend vers −∞ si pour tout réel b, les un sont strictement plus petit que b pour
tous les indices n, sauf pour un nombre fini d’entre eux, ce qui s’écrit en termes quantifiés :
∀b ∈ R, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ n0 ⇒ un < b.
`+ε
`−ε
N =9
Convergence de la suite (un ) vers ` : pour tout n ≥ N , un est dans la « bande » ]` − ε, ` + ε[.
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Le saviez-vous ?
La notion de limite est restée très intuitive durant de nombreux siè-
cles. On en trouve les premières traces dans les arguments du philosophe
Zénon d’Élée (5ème siècle avant J.-C.). Il fallut cependant attendre la
fin du 18ème pour qu’une première tentative de définition soit proposée
par l’encyclopédiste Jean D’Alembert (1717 - 1783), mais elle était fort impré-
cise. Au début du 19ème siècle, Augustin-Louis Cauchy (1789 - 1857), dans son
Cours d’Analyse de l’École royale polytechnique, en donne une définition
satisfaisante. Cependant, il manquait à tous ces savants une construction
précise de l’ensemble des nombres réels. Ceci fut l’œuvre, entre autres,
de Karl Weierstrass (1815 - 1897), ce qui lui permit d’introduire la définition Augustin-Louis
précédente, que nous utilisons de nos jours. Cauchy (1789 - 1857).
Si (u2n ) et (u2n+1 ) convergent vers la même limite ` ∈ R, alors la suite (un ) converge
vers `.
Soient (un ) et (vn ) deux suites convergentes vers des limites finies ` et `0 respectivement.
Si un ≤ vn à partir d’un certain rang, alors ` ≤ `0 .
Mise en garde.
1
Les inégalités strictes deviennent larges en passant à la limite. Par exemple, on a > 0 pour
n+1
1
tout n ∈ N, mais lim = 0 ≯ 0.
n→+∞ n + 1
Soient (un )n∈N , (vn )n∈N et (wn )n∈N trois suites vérifiant :
(2) les suites (un )n∈N et (wn )n∈N convergent vers la même limite ` ∈ R.
5
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Mise en garde.
Il ne faut pas confondre le théorème des gendarmes et le théorème de passage à la limite dans
les inégalités, dont les hypothèses et les conséquences sont très différentes.
• Pour appliquer le théorème de passage à la limite dans les inégalités, il faut savoir au
préalable que toutes les suites convergent.
• Le théorème des gendarmes est d’une autre nature et démontre deux choses : la conver-
gence de la suite encadrée et la valeur de sa limite.
Propriété 7
Définition.
On dit que deux suites (un ) et (vn ) sont adjacentes si :
(1) (un ) est croissante ; (2) (vn ) est décroissante ; (3) (un − vn ) converge vers 0.
Soient (un ) et (vn ) deux suites adjacentes. Alors elles convergent vers la même limite
` ∈ R, et on a de plus :
∀n ∈ N, un ≤ ` ≤ vn .
Négligeabilité
Définition.
un
On dit que (un ) est négligeable devant (vn ) si la suite converge vers 0. On écrit alors
vn
un = o(vn ) (notation due au mathématicien Edmund Landau (1877 - 1938)).
6
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Remarques.
• un = o(vn ) si, et seulement si, il existe une suite (εn ) telle que lim εn = 0 et pour tout n ∈ N,
n→+∞
un = εn vn .
un
• un = o(1) si, et seulement si, lim = 0, ce qui équivaut à lim un = 0.
n→+∞ 1 n→+∞
Preuve. Seule la dernière n’a peut-être pas été prouvée en première année. L’idée est de remarquer
que n! = |1 × 2 ×{z· · · × n} et que nn = n
|
×n×
{z
· · · × n}, et que donc :
n termes n termes
n! 1 2 n−1n
n
= ... −→ 0.
n n |n
|{z} {z n n}
n→+∞
→ 0 ≤1
n→+∞
ln(n)β nα q n n! nn .
ln(n) 1
Exercice. Montrer que 3
=o .
n n2
ln(n) 1
par croissances comparées. Ainsi 3
=o .
n n2
Mise en garde.
La notation o(wn ) ne désigne pas une suite particulière mais toute suite possédant la propriété
d’être négligeable devant (wn ). Ainsi, un = o(wn ) n’est pas une vraie égalité : si un = o(wn ) et
ln(n)
vn = o(wn ), on n’a pas nécessairement un = vn . Par exemple, on vient d’établir que =
n3
1 1 1 ln(n) 1
o 2
, et on montrerait en procédant de même que 3 = o 2
, alors que 3
6= 3 .
n n n n n
7
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Équivalence
Définition.
On dit que (un )n∈N est équivalente à (vn )n∈N , et on note un ∼ vn , si la suite un
vn converge vers
1. On note alors un ∼ vn .
Remarques.
• Soit ` ∈ R∗ . un → ` si, et seulement si, un ∼ `. Ceci n’est en revanche pas vrai si ` = 0 : selon
notre définition, une suite n’est jamais équivalente à la suite nulle, de sorte qu’on n’écrira jamais
un ∼ 0 !
puisque :
un un un − vn
un ∼ vn ⇔ lim = 1 ⇔ lim − 1 = 0 ⇔ lim = 0 ⇔ un − vn = o(vn ).
n→+∞ vn n→+∞ vn n→+∞ vn
• Si un ∼ vn , alors (un ) et (vn ) sont de même signe à partir d’un certain rang. En effet, si
un un
lim = 1, alors > 0 à partir d’un certain rang et un et vn sont bien de même signe à
n→+∞ vn vn
partir de ce rang.
Soient (un ), (vn ), (wn ) et (tn ) quatre suites telles que un ∼ wn et vn ∼ tn . Alors :
Mise en garde.
Ce sont les seules opérations autorisées pour les équivalents. Ainsi :
8
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Exercice. En utilisant des équivalents, déterminer la limite de la suite (un ) de terme général un =
n+3
(2n − 3) ln .
n+2
1 1 1
ln 1 + ∼ ∼ .
n+2 n+2 n
Par produit (opération qui est bien compatible avec les équivalents !), on obtient :
1
un ∼ (2n) × = 2.
n
Ainsi un ∼ 2, et la suite (un ) converge vers 2.
Mise en garde.
Beaucoup trop d’erreurs sont commises sur les relations de comparaisons, notamment sur les
équivalents. Si vous avez le moindre doute sur un équivalent, faites le quotient (éventuellement
au brouillon) et vérifiez qu’il tend bien vers 1 !
3 Étudier la continuité d’une fonction en un point, prolonger une fonction par continuité en un
point.
3 Savoir appliquer le théorème de la bijection pour montrer l’existence et l’unicité d’une solution
d’une équation.
3 Savoir étudier les variations d’une fonction de la variable réelle (domaine de définition, calcul de
la dérivée, tableau de variations, limites aux bornes du domaine, asymptotes éventuelles).
3 Savoir calculer le développement limité d’une fonction par somme ou produit des DL usuels, et
en déduire une limite ou un équivalent.
9
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x 0 π
√6
π
√4
π
3
π
2 π
cos(x) 1 2
3
√2
2 1
√2
0 -1
sin(x) 0 1
2 2
2
√2
3
1 0
tan(x) 0 √1
3
1 3 0
Il faut également savoir retrouver les relations suivantes par une lecture efficace du cercle trigonométrique.
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Propriété 11
cos(a + b) = cos(a) cos(b) − sin(a) sin(b) ; sin(a + b) = sin(a) cos(b) + sin(b) cos(a).
cos(2a) = cos2 (a) − sin2 (a) = 2 cos2 (a) − 1 = 1 − 2 sin2 (a) et sin(2a) = 2 sin(a) cos(a).
Propriété 12
y y
1 Ctan
Ccos Csin
x x
−π − π2 π π − π2 π
2 2
−1
Définition.
On dit que f admet ` ∈ R pour limite en x0 si :
Lorsque x0 appartient à I, on dira que f est continue en x0 , et dans ce cas ` = f (x0 ). Sinon on
dira que f se prolonge par continuité en x0 en posant f (x0 ) = `.
On dit que f est continue sur I si f est continue en tout point de I.
11
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Remarque. Cette définition s’étend au cas où f est définie sur I \{x0 }, aux limites à droite lim f (x)
x→x+
0
et à gauche lim f (x). On définit de manière analogue les limites en ±∞ et les limites infinies.
x→x−
0
On révisera si nécessaire les opérations sur les limites (somme, produit, quotient et composée).
ln(1 + x) ex − 1 sin(x)
lim =1 ; lim =1 ; lim = 1.
x→0 x x→0 x x→0 x
On suppose que lim f (x) existe et vaut ` ∈ R ∪ {±∞}. Alors, pour toute suite (un )
x→x0
d’éléments de I convergeant vers x0 :
lim f (un ) = `.
n→+∞
Puisque −1 6= 1, on peut donc conclure par la proposition précédente que f n’a pas de limite en
+∞.
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Si (un ) converge vers une limite finie ` ∈ R, alors cette limite est nécessairement un point fixe de f
sur [a, b], c’est-à-dire :
` = f (`).
En effet puisque f est continue, on obtient en passant à la limite quand n → +∞ dans (∗) que ` = f (`)
(par caractérisation séquentielle de la limite).
f est continue en x0 ∈ I si, et seulement si, f admet une limite à gauche et une limite à
droite en x0 et que
lim f (x) = f (x0 ) = lim f (x)
x→x−
0 x→x+
0
Elle est continue sur R− car constante, et sur R∗+ comme composée de fonctions continues. On
vérifie la continuité en 0 :
1
lim f (x) = f (0) = 0 et lim f (x) = lim e− x = 0.
x→0− x→0+ x→0+
Astuce.
Ces inégalités sont très utiles en pratique puisqu’elles permettent dans beaucoup de situations
de se défaire de la partie entière. Il faut donc parfaitement les connaitre et penser à s’y ramener.
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Cf
2
x
−2 −1 0 1 2 3
−2
Étudions la continuité de f en 0 :
Puisque lim f (x) 6= f (0), la fonction partie entière est discontinue en 0. On peut préciser en disant
x→0−
qu’elle est discontinue à gauche en 0, et continue à droite en 0 (puisque lim f (x) = f (0)). Plus
x→0+
généralement, la fonction partie entière est continue à droite en tout point de R, mais n’est continue
à gauche qu’aux points de R \ Z.
f est prolongeable par continuité en x0 si, et seulement si, lim f (x) et lim f (x) existent
x→x−
0 x→x+
0
et sont finies, et que ces limites sont égales.
Si on note ` cette limite commune, alors f se prolonge par continuité en posant f (x0 ) = `.
continues. De plus :
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La fonction pα est continue sur R∗+ comme composée de fonctions qui le sont. De plus :
0 si α > 0
lim e α ln(x)
= 1 si α = 0 .
x→0+
+∞
si α < 0
Ainsi lorsque α > 0 (resp. α = 0), pα peut être prolongée par continuité en 0 en posant pα (0) = 0
(resp. pα (0) = 1), ce qui se récrit 0α = 0 (resp. 00 = 1). Si α < 0, la courbe représentative de pα
admet une asymptote verticale d’équation x = 0.
Notons qu’ici, il nous a suffit de regarder la limite à droite puisque pα n’est pas définie « à gauche de
0 ».
a
Le cas d’une fonction décroissante s’énonce de manière analogue.
• I désignera un intervalle réel non vide et non réduit à un point, a un point ou une extrémité de
I (éventuellement ±∞), D désignera I ou I \ {a} ;
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• toutes les fonctions considérées seront supposées continues sur D à valeurs dans R, et supposées
non nulles sur I \ {a} (de sorte que le quotient de deux fonctions est toujours bien défini sur
I \ {a}).
Négligeabilité
Définition.
f (x)
Soient f et g : D → R. On dit que f est négligeable devant g au voisinage de a si lim = 0.
x→a g(x)
On note alors f (x) = o(g(x)).
x→a
1 1
(ln(x)) β
= o(x ),
α
x β
= o (e ) ,
αx
| ln(x)| = o
β
, e αx
= o
x→+∞ x→+∞ x→0 xα x→−∞ xβ
Équivalence
Définition.
f (x)
Soient f et g : D → R. On dit que f est équivalente à g au voisinage de a si lim = 1. On
x→a g(x)
note alors f (x) ∼ g(x) ou f ∼ g.
x→a a
x2
sin x ∼ x 1 − cos(x) ∼ tan x ∼ x arctan x ∼ x
x→0 x→0 2 x→0 x→0
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Mise en garde.
L’équivalence n’est pas compatible avec la somme ou la composition avec les fonctions
ln ou exp. Si on souhaite obtenir un équivalent d’une somme ou d’une composée, on effectuera
un développement limité.
Une fonction continue sur un segment est bornée et atteint ses bornes.
En particulier, l’image d’un segment [a, b] par une fonction continue est un segment et les
bornes sont atteintes :
– pour tout x ∈ I et y ∈ J,
y = f (x) ⇔ x = f −1 (y).
En particulier :
f −1 ◦ f (x) = x et f ◦ f −1 (y) = y.
(
R → R
Exemple. La fonction f : n’est pas bijective : elle n’est ni injective (car f (−1) =
x 7→ x2
f (1) = 1), ni surjective (car −1 n’a pas d’antécédent par f ).
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Considérons la restriction de f sur R+ : elle est continue et strictement croissante sur R+ à valeurs
dans l’intervalle f (R+ ) = R+ . Par le théorème de la bijection, f réalise une bijection de R+ sur R+ .
√
On appelle sa bijection réciproque la fonction racine carré, notée f −1 : x ∈ R+ 7→ x. Toujours par
√
le théorème de la bijection, est continue et strictement croissante sur R+ .
Notons enfin que la fonction racine carrée n’est autre que p1/2 puisque p1/2 (0) = 0, et que pour tout
x>0:
1 1
f ◦ p1/2 (x) = f (e 2 ln(x) ) = (e 2 ln(x) )2 = eln(x) = x ⇒ p1/2 (x) = f −1 (x).
y
Cf
3 y=x
2 Cf −1
x
−3 −2 −1 0 1 2 3
Courbes représentatives des fonctions carré et racine carré,
symétriques par rapport à la droite y = x.
Méthode. Expression de f −1 .
On pourra dans certains cas obtenir une expression explicite de f −1 . Pour cela, on fixe y ∈ J,
on résout l’équation y = f (x) d’inconnue x ∈ I, et on montre qu’elle possède une unique solution
x = f −1 (y).
1
Exercice. On considère la fonction f : x ∈ R 7→ . Montrer que f réalise une bijection de R
+1ex
dans un intervalle J à préciser, et déterminer sa bijection réciproque.
La fonction f est continue sur R comme composée et quotient de fonctions continues dont le
dénominateur ne s’annule pas. Elle est de plus dérivable sur R pour les mêmes raisons, de dérivée
donnée par :
ex
∀x ∈ R, f 0 (x) = − x < 0.
(e + 1)2
Donc f est strictement monotone (décroissante) sur R. De plus, on a lim f (x) = 1 et
x→−∞
lim f (x) = 0. Par le théorème de la bijection, f réalise une bijection de R dans l’intervalle
x→+∞
J =]0, 1[.
Tentons de déterminer une expression explicite de f −1 . Soit pour cela y ∈]0, 1[, et résolvons
l’équation y = f (x) d’inconnue x ∈ R :
1 1 1−y 1−y
y = f (x) ⇔ y = x ⇔ y(ex + 1) = 1 |{z}
⇔ ex = − 1 = ⇔ x = ln .
e +1 y y |{z}
1−y
y
y6=0 >0
y
1−y
Ainsi, la bijection réciproque de f est f −1 : y ∈]0, 1[ 7→ ln .
y
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2.6 Dérivation
Définition.
Soit f : I → R une fonction et a ∈ I. On dit que f est dérivable en a si son taux d’accroissement
en a :
I \ {a} → R
τa (f ) : f (x) − f (a)
x 7→
x−a
admet une limite finie en a. Cette limite, lorsqu’elle existe, est la dérivée de f en a. On la notera
f 0 (a).
f (m) − f (a)
y= (x − a) + f (a).
m−a
Par définition, f est dérivable en a si, et seulement si, le coefficient directeur de la corde (AM ) admet
une limite finie quand m tend vers a.
Dans ce cas, la position limite de la droite (AM ) lorsque M tend vers A est la tangente à Cf au point
A. Son coefficient directeur est donc f 0 (a), et son équation cartésienne est :
y = f 0 (a)(x − a) + f (a).
Définition.
Soit f : I → R une fonction et a ∈ I.
f (x) − f (a)
On dit que f est dérivable à droite (resp. à gauche) en a si x 7→ admet une limite finie
x−a
à droite (resp. à gauche) en a. Si elles existent, on note alors ces limites fd (a) et fg0 (a), appelées
0
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Remarque. Lorsque le taux d’accroissement a pour limite l’infini à gauche ou à droite, on parle de
demi-tangente verticale.
Propriété 25
Mise en garde.
La réciproque est fausse : une fonction peut être continue en un point et non dérivable en ce
point. Par exemple, la fonction valeur absolue est continue en 0 et non dérivable en 0.
Définition.
Soit f une fonction définie sur un intervalle I à valeurs dans R.
• On dit que f : I → R est dérivable sur I si elle est ( dérivable en chaque point de I. On définit
I → R
alors la fonction dérivée de f , notée f 0 , par f 0 : .
x 7→ f 0 (x)
• On dit que f est de classe C 1 sur I si f est dérivable sur I et si f 0 est continue sur I.
On note C 1 (I) l’ensemble des fonctions de classe C 1 sur I.
Remarque. Une fonction dérivable n’est pas nécessairement de classe C 1 (la dérivée peut ne pas être
continue).
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Exemple. Soit α ∈ R∗ . La fonction puissance pα : x ∈ R∗+ 7→ xα = eα ln(x) est de classe C 1 sur R∗+
comme composée de fonctions qui le sont sur cet intervalle, et pour tout x > 0 :
α α ln(x)
p0α (x) = e = αe(α−1) ln(x) = αxα−1 .
x
On a vu de plus que pour α > 0, pα est prolongeable par continuité en 0 en posant pα (0) = 0. Étudions
sa dérivabilité en 0. Pour tout x > 0 :
+∞
si 0 < α < 1
pα (x) − pα (0) xα eα ln(x)
= = ln(x) = e(α−1) ln(x) −→ 1 si α = 1 .
x−0 x e x→0+
0 si α > 1
On en déduit que :
• si 0 < α < 1, pα n’est pas dérivable en 0, et sa courbe représentative admet une tangente
verticale en 0 ;
• si α ≥ 1, pα est dérivable sur R+ et p0α (0) = 0 (resp. 1) si α > 1 (resp. α = 1), et même de
classe C 1 sur R+ car :
1 si α = 1
(
lim p0α (x) = lim αe (α−1) ln(x)
= = p0α (0).
x→0+ x→0+ 0 si α > 1
• Soit α ∈ R∗ . La fonction puissance d’exposant α est continue et dérivable sur R∗+ , et pour
tout x ∈ R∗+ :
p0α (x) = αxα−1 .
• Si 0 < α < 1, pα n’est pas dérivable en 0, et sa courbe représentative admet une tangente
verticale en 0.
0<α<1
α=0
α<0
x
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Ensemble de
f : x 7→ . . . f 0 : x 7→ . . .
dérivabilité
α∈R 0 R
xn , n ∈ N∗ nxn−1 R
xn , n ∈ Z∗− nxn−1 R∗
xα , α ∈ R \ Z αxα−1 ]0, +∞[
√ 1
x √ ]0, +∞[
2 x
1 1
− 2 ] − ∞, 0[∪]0, +∞[
x x
1
ln(x) ]0, +∞[
x
exp(x) exp(x) R
cos(x) − sin(x) R
sin(x) cos(x) R
1
tan(x) 1 + tan(x)2 = R \ { π2 + kπ, k ∈ Z}
cos(x)2
1
arctan(x) R
1 + x2
(λf + µg)0 = λf 0 + µg 0 .
(g ◦ f )0 = f 0 × (g 0 ◦ f ).
(cos(f ))0 (x) = −f 0 (x) sin(f (x)), (sin(f ))0 (x) = f 0 (x) cos(f (x)), (tan(f ))0 (x) = f 0 (x)(1+tan(f (x))2 ).
22
ECG2 - Maths approfondies Lycée Louis Pergaud
Soit f une fonction bijective d’un intervalle I sur un intervalle J. f −1 est dérivable sur J
si, et seulement si, f est dérivable sur I et f 0 ne s’annule pas sur I. Et dans ce cas :
1
∀ y ∈ J, (f −1 )0 (y) = .
f 0 (f −1 (y))
Exemple. La fonction tangente est continue sur l’intervalle − π2 , π2 . Elle est de plus dérivable sur
y Ctan
y=x
y= π
2 Carctan
y = − π2
23
ECG2 - Maths approfondies Lycée Louis Pergaud
• f admet un maximum local (resp. minimum local) en a s’il existe un réel η > 0 tel que la
fonction f|I∩[a−η,a+η] admette un maximum (resp. minimum) en a, c’est-à-dire :
y
Cf
Exemple. La fonction f représentée ci-contre
admet trois extrema locaux :
Définition.
On suppose que f est dérivable sur I. On dit que a est un point critique de f si f 0 (a) = 0.
24
ECG2 - Maths approfondies Lycée Louis Pergaud
Mise en garde.
• La réciproque est fausse : par exemple, la fonction f : x ∈ R 7→ x3 satisfait f 0 (0) = 0,
mais f n’admet pas d’extremum local en 0.
Cf
x
O
Soient a et b deux réels avec a < b et f : [a, b] → R continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[
et telle que f (a) = f (b). Alors il existe c ∈]a, b[ tel que f 0 (c) = 0.
Remarque. L’élément c ∈]a, b[ tel que f 0 (c) = 0 n’est pas forcément unique, comme dans l’exemple
suivant :
y
c2 b
x
a c1
Cf
Soient a et b deux réels avec a < b et f : [a, b] → R, continue sur [a, b] et dérivable sur
]a, b[. Alors il existe c ∈]a, b[ tel que :
f (b) − f (a)
Interprétation géométrique. L’égalité des accroissements finis se récrit = f 0 (c). Elle
b−a
signifie qu’il existe (au moins) une tangente au graphe de f sur ]a, b[ qui soit parallèle à la corde (AB),
où A(a, f (a)) et B(b, f (b)).
25
ECG2 - Maths approfondies Lycée Louis Pergaud
f (b)
Cf
a
x
c1 c2 b
f (a)
Propriété 32
• f est croissante (resp. décroissante) sur I si, et seulement si, f 0 est positive (resp.
négative) sur I.
• f est strictement croissante (resp. strictement décroissante) sur I si, et seulement si,
f 0 est positive (resp. négative) sur I et non identiquement nulle sur aucun intervalle
ouvert ]a, b[ inclus dans I.
En particulier, si f 0 est strictement positive (resp. strictement négative), sauf
éventuellement en un nombre fini de points de I où f 0 s’annule, alors f est strictement
croissante (resp. strictement décroissante).
Exemple. La fonction f : x ∈ R 7→ x − sin(x) est dérivable sur R comme somme de fonctions qui le
sont, et :
∀x ∈ R, f 0 (x) = 1 − cos(x).
f 0 est donc positive sur R, et f 0 (x) = 0 si, et seulement si, 1 = cos(x), soit x ∈ {2kπ, k ∈ Z}. f 0
est donc non identiquement nulle sur aucun intervalle ouvert de R (elle ne s’annule qu’en des points
« isolés » de R). f est donc strictement croissante sur R.
Soit f : I 7→ R une fonction dérivable sur l’intervalle I. S’il existe k ≥ 0 tel que pour tout
x ∈ I, |f 0 (x)| ≤ k, alors :
26
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2
ex − 1
• Continuité. f est continue sur ]0, +∞[ et ]−∞, 0[ comme composées et quotient de fonctions
continues dont le dénominateur ne s’annule pas. Étudions la continuité en 0.
2
ex − 1 x2
∼ = x −→ 0 = f (0).
x x→0 x x→0
• Classe C 1 . f est de classe C 1 sur ]0, +∞[ et ] − ∞, 0[ en tant que composées et quotient
de fonctions C 1 dont le dénominateur ne s’annule pas, et :
2 2 2
2xex × x − (ex − 1) x2 ex − 1
∀x 6= 0, f 0 (x) = = 2e − .
x2 x2
Regardons la limite de f 0 (x) lorsque x tend vers 0 :
2
2 ex − 1
lim f 0 (x) = lim 2ex − = 2 − 1 = 1 ∈ R.
x→0 x→0 x2
D’après le théorème de passage à la limite sur la dérivée, f est C 1 sur R, et f 0 (0) = 1.
Définition.
• Une fonction f : I → R est de classe C n sur I si f est n fois dérivable sur I, et f (n) est
continue sur I. On note C n (I) l’ensemble des fonctions de I dans R de classe C n .
Remarques.
• C 0 (I) est l’ensemble des fonctions continues sur I, et C ∞ (I) est l’ensemble des fonctions in-
définiment dérivables sur I
27
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• On dispose de la suite d’inclusions strictes : C ∞ (I) ··· C n (I) ··· C 1 (I) C 0 (I).
• Pour tout (λ, µ) ∈ R2 , (λf + µg) est de classe C n sur I, et : (λf + µg)(n) =
λf (n) + µg (n) .
k=0
k
f
• Si g ne s’annule pas sur I, est de classe C n sur I.
g
• Si f est de classe C n sur I, et g de classe C n sur J ⊃ f (I), alors g ◦ f est de classe
C n sur I.
k=0
k! a n!
k=0
k! x→a
28
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• I désignera un intervalle réel non vide et non réduit à un point, a un élément ou une extrémité
de I, D désignera I ou I \ {a} ;
Définition.
• On suppose que +∞ est une extrémité de I. On dit que f admet un développement limité à
l’ordre n ∈ N au voisinage de +∞ (en abrégé DLn (+∞)) s’il existe (a0 , . . . , an ) ∈ Rn+1 tel
que :
a1 an 1
f (x) = a0 + + ··· + n +o n
.
x→+∞
| x {z x } x
| {z }
partie régulière reste
1
Exemple. La fonction f : x ∈ R \ {1} 7→ admet un développement limité à tout ordre en 0.
1−x
En effet, pour tout n ∈ N, on sait que :
n
1 − xn+1 1 xn+1
xk = = +
X
∀x ∈ R \ {1}, .
k=0
1−x 1−x x−1
xn+1 x 1
Comme = xn × = o(xn ), x 7→ admet bien un DLn (0) pour tout n ∈ N, donné par :
x−1 x−1
| {z }
1−x
−→ 0
x→0
1
= 1 + x + x2 + · · · + xn + o(xn ).
1 − x x→0
Remarque. Si f admet un DLn (a), f peut être approximée localement en a par sa partie régulière.
1
Ainsi, la fonction f : x 7→ peut être approximée localement en 0 par les parties régulières de son
1−x
développement limité en 0, par exemple à l’ordre 1 (on approxime f par sa tangente en 1), à l’ordre
2 ou 3 par :
CP2
Cf
CP3
CP1
29
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Plus l’ordre est grand, plus l’approximation de f par sa partie régulière est « bonne » au voisinage de
0. Notons également que les parties régulières ne sont de bonnes approximations de f qu’au voisinage
de 0. Un développement limité n’a donc d’intérêt qu’au voisinage de a, ce qui justifie la notation =
x→a
dans l’écriture du développement limité.
Soit f : I → R et a ∈ I.
Mise en garde.
Le deuxième point est une conséquence directe de la formule de Taylor-Young. Attention cepen-
dant, sa réciproque est fausse : une fonction peut très bien admettre un développement limité
d’ordre 2 en un point et ne pas être dérivable deux fois en ce point.
e − 1
x
si x 6= 0,
Exercice. Montrer que la fonction f : x ∈ R 7→ x est dérivable en 0, et déterminer
1 sinon,
sa dérivée en 0.
x2
ex = 1 + x + + o(x2 ).
x→0 2
D’où, pour tout x 6= 0 :
x2
x+ + o(x2 ) x
f (x) = 2
= 1 + + o(x).
x→0 x 2
Cette égalité étant aussi valable en x = 0, f admet bien un développement limité d’ordre 1 en 0.
1
Par la propriété précédente, f est donc dérivable en 0 et f 0 (0) = .
2
30
ECG2 - Maths approfondies Lycée Louis Pergaud
x2 xn
ex = 1 + x + + ··· + + o(xn )
2! n!
x2 x4 x2n
cos(x) = 1 − + + · · · + (−1)n + o(x2n+1 )
2! 4! (2n)!
x3 x5 x2n+1
sin(x) = x − + + · · · + (−1)n + o(x2n+2 )
3! 5! (2n + 1)!
1
= 1 + x + x2 + · · · + xn + o(xn )
1−x
1
= 1 − x + x2 + · · · + (−1)n xn + o(xn )
1+x
x2 x3 xn
ln(1 − x) = −x − − + ··· − + o(xn )
2 3 n
x2 x3 xn
ln(1 + x) = x −
+ + · · · + (−1)n+1 + o(xn )
2 3 n
α(α − 1) 2 α(α − 1)(α − 2) 3 α(α − 1) . . . (α − n + 1) n
(1+x)α = 1+αx+ x + x +· · ·+ x +o(xn )
2! 3! n!
Astuce.
Voici quelques méthodes pour retenir, retrouver ou contrôler ces formules de développements
limités.
31
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Lors de la recherche du DL(a) d’une fonction f dérivable, on contrôlera enfin ses deux premiers
termes a0 et a1 en notant que :
a0 = f (a) et a1 = f 0 (a).
a
Aucun théorème du cours ne permet de justifier qu’on a bien droit de le faire. C’est en fait possible, mais hors
programme. On y pensera simplement comme un moyen mnémotechnique pour retenir ce DL.
1
On utilise à présent le DL en 0 de la fonction x → calculé précédemment pour obtenir
1−x
finalement :
1
!
h h2 h3
f (2 + h) = 1− + − + o(h3 )
2 2 4 8
et donc :
1 (x − 2) (x − 2)2 (x − 2)3
f (x) = − + − + o((x − 2)3 ).
2 4 8 16
1
• On pose u = x1 . Alors g(u) = = 1 + u + u2 + o(u2 ) et on en déduit le DL2 (∞) de
1 − u u→0
f :
1 1 1
f (x) = 1 + + 2 + o .
x→+∞ x x x2
32
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On peut :
x3 x3 x3
x cos(x) − sin(x) = x − −x+ + o(x3 ) = − + o(x3 ).
2 6 3
On notera que f (0) = 0, ce qui est cohérent avec ce qui a été obtenu puisque le terme
constant dans le DL est nul.
• Calculons :
2
! !
x2 x3 x3 x3
cos(x) sin(x) = 1− + o(x3 ) x− + o(x3 ) = x− − +o(x3 ) = x− x3 +o(x3 ).
2 6 6 2 3
Propriété 41
33
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Astuce.
On retrouve les équivalents usuels à partir des DL. Par exemple :
x2 x2 x2
• cos(x) = 1 − + o(x2 ), soit encore cos(x) − 1 = − + o(x2 ), et donc cos(x) − 1 ∼ − .
2 2 x→0 2
• (1 + x)α = 1 + αx + o(x), et donc (1 + x)α − 1 ∼ αx.
x→0
Exemple. Avec les calculs effectués précédemment, on obtient les équivalents suivants :
x3 ex
x cos(x) − sin(x) ∼ − , cos(x) sin(x) ∼ x et ∼ 1.
x→0 3 x→0 1 − x x→0
•
Idée.
Il s’agit ici d’une forme indéterminée « 00 ». Pour lever cette indétermination, on va
chercher un équivalent du numérateur puis du dénominateur et passer au quotient (ce
qui est possible avec des équivalents). Seul problème au numérateur, on a une somme
de termes et les équivalents ne passent pas à la somme. Il faut alors bien penser à
passer par un DL pour obtenir un équivalent.
On sait que :
x3 x5 x2 x4
sin(x) = x − + + o(x5 ) et cos(x) = 1 − + + o(x4 )
6 120 2 24
On en déduit :
1 5
3 sin(x) − x cos(x) − 2x ∼ − x et sin5 (x) ∼ x5 ,
60
puis :
3 sin(x) − x cos(x) − 2x 1 5
60 x 1
∼ − ∼−
sin (x)
5 x 5 60
1
ce qui nous donne que la limite cherchée vaut − .
60
• On se ramène en 0 en posant t = x − 1 et on cherche un équivalent du numérateur :
!
t2 t2
ln(1 + t) − t = t − + o(t2 ) − t = − + o(t2 )
2 2
Il suit que ln(1 + t) − t ∼ −t2 /2, et donc que ln(x) − x + 1 ∼ −(x − 1)2 /2. D’où :
t→0 x→1
34
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ln(x) − x + 1 1
Donc lim existe bien et vaut − .
x→1 (x − 1)2 2
Interprétation graphique.
Cf
f (x2 )
f (x1 )
λf (x1 ) + (1 − λ)f (x2 )
f (λx1 + (1 − λ)x2 )
f (λx1 + (1 − λ)x2 )
λf (x1 ) + (1 − λ)f (x2 )
f (x1 )
f (x2 )
Cf
f est convexe : pour tout (x1 , x2 ) ∈ I 2 , l’image de tout f est concave : pour tout (x1 , x2 ) ∈ I 2 , l’image de tout
point du segment [x1 , x2 ] est en dessous de la corde point du segment [x1 , x2 ] est au dessus de la corde
passant par les points (x1 , f (x1 )) et (x2 , f (x2 )). passant par les points (x1 , f (x1 )) et (x2 , f (x2 )).
Propriété 42
35
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Exemple. Étudions la convexité de la fonction sinus sur − π2 , π2 . Cette fonction est de classe C 2 sur
cet intervalle, et :
π π
∀x ∈ − , , (sin)00 (x) = − sin(x).
2 2
Notons que − sin(x) 0 sur l’intervalle 0, , et sin(x) 0 sur − 2 , 0 . La fonction sin est donc
π π
≤ 2 − ≥
concave sur 0, 2 , et elle est convexe sur − 2 , 0 . Elle change ainsi de concavité en (0, 0) : on parle
π π
y=x
1 Cf
O
−π/2 π/2
Remarque. Soit A(a, f (a)) est un point d’inflexion de la courbe représentative d’une fonction f .
Supposons par exemple qu’il existe un réel ε > 0 tel que f 00 (x) ≤ 0 pour tout x ∈ [a − ε, a] et
f 00 (x) ≥ 0 pour tout x ∈ [a, a + ε]. Sur [a − ε, a], f est donc concave et l’arc de courbe correspondant
est en dessous de la tangente en A. Et c’est l’inverse sur [a, a + ε], l’arc de courbe correspondant est au
dessus de la tangente en A. On retiendra donc qu’en un point d’inflexion A, la courbe de f traverse
sa tangente en A.
est donc au dessus de toutes ses cordes, et en dessous de toutes ses tangentes.
Astuce.
L’équation cartésienne de la tangente à Cf en a est :
y = f 0 (a)(x − a) + f (a).
Pour obtenir l’équation cartésienne de la corde passant par les points (a, f (a)) et (b, f (b)),
on remplace la dérivée f 0 (a) par le taux d’accroissement f (b)−f
b−a
(a)
, ce qui donne :
f (b) − f (a)
y= (x − a) + f (a).
b−a
36
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y = f (0) + f 0 (0)(x − 0) = x
1−0 2
y= π (x − 0) + 0 = x.
−0 π
2
D’où les inégalités demandées :
π 2
∀x ∈ 0, , x ≤ sin(x) ≤ x.
2 π
Cf
1.
0 π/2
3 Polynômes
Compétences attendues.
37
ECG2 - Maths approfondies Lycée Louis Pergaud
n p
Remarque. Si P : x 7→ ak xk et Q : x 7→ bk xk , alors :
X X
k=0 k=0
p+q k
(P × Q) : x 7→ avec ck = ai bk−i =
X X X
ck xk ai bj .
k=0 i=0 i+j=k
Notation.
L’ensemble des polynômes à coefficients réels est noté R[x]. On notera 0R[x] le polynôme x 7→ 0,
appelé polynôme nul.
n
• Soit P : x 7→ ak xk un polynôme. Alors :
X
k=0
P = 0R[x] ⇔ a0 = a1 = · · · = an = 0.
n
• Tout polynôme P 6= 0R[x] s’écrit de manière unique P : x 7→ ak xk avec n ∈ N,
X
k=0
(a0 , . . . , an ) ∈ Rn+1 et an 6= 0. La suite (ak )k∈J0,nK est appelée suite des coefficients de
P.
k=0
38
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Notation.
Soit n ∈ N. L’ensemble des polynômes à coefficients dans R de degré au plus n est noté Rn [x].
Propriété 47 (Intégrité)
k=0
k=1 i=0
Si n ≤ 0, on posera P 0 = 0R[x] .
On définit les polynômes dérivés successifs de P , par P (0) = P et pour tout k ∈ N∗ ,
0
P (k) = P (k−1) .
k=0
k!
Remarque. Soient A, B deux polynômes, avec B 6= 0. Alors B divise A si, et seulement si, le reste
de la division euclidienne de A par B est nul.
39
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3.5 Racines
Définition.
Soient P ∈ R[x] et a ∈ R. On dit que a est une racine de P si P (a) = 0.
Si l’une de ces conditions est satisfaite, on dit que a est racine de P de multiplicité r
exactement.
• Tout polynôme non nul de degré n admet au plus n racines comptées avec leurs ordres
de multiplicité.
40
ECG2 - Maths approfondies Lycée Louis Pergaud
Tout polynôme P de R[x] peut s’écrire comme produit de polynômes à coefficients réels de
degré 1 et de polynômes à coefficients réels de degré 2 à discriminant strictement négatif.
Idée.
P est de degré ≥ 3, pas de forme remarquable, on n’a donc aucune chance de factoriser ce
polynôme . . . à moins de trouver une racine évidente !
On cherche si 0, 1, −1, 2 ou −2 sont racines de P . On remarque que c’est bien le cas pour 1.
On cherche sa multiplicité :
• soit faire la division euclidienne de P par (x − 1)3 . Le reste est alors nul, et le quotient est
Q : c’est cette méthode qu’on privilégiera car elle est en général bien plus rapide.
Le saviez-vous ?
Penchons nous sur le problème de la résolution d’une équation polynomiale du type P (x) = 0. Nous
l’avons vu, elle est intimement liée au degré d du polynôme P , puisque cette équation admet au
plus d solutions distinctes. Le cas d = 2 est résolu depuis bien longtemps, puisque les Babyloniens
connaissaient déjà les formules que vous avez apprises au lycée. La question s’est alors posée de
généraliser ces résultats pour d ≥ 3. Plus précisément, existe-t-il des formules analogues pour des
équations polynomiales de degré supérieur, permettant d’exprimer les solutions uniquement avec les
√
coefficients de P et les opérations « + », « × » et « n » avec n ≥ 2 ? Si c’est effectivement le cas,
l’équation est dite résoluble par radicaux.
Il a fallu attendre le 16ème siècle pour que de telles formules soient obtenues pour les équations
polynomiales de degré 3. La solution nous vient d’Italie, où les mathématiciens Tartaglia et Scipione
del Ferro découvrent à peu près en même temps ce qu’on appelle aujourd’hui la méthode de Cardan.
Cardan, quant à lui, a plus ou moins volé le travail de Tartaglia et l’a publié en son nom. Quelques
années plus tard, un certain Ferrari, élève de Cardan, résout quant à lui les équations de degré 4.
Ces formules étant cependant bien compliquées, on ne les enseigne pas dans nos classes.
Le cas des équations polynomiales de degré d ≥ 5 sera traité 200 ans plus tard. En 1824, dans un
texte qui restera incompris quelques années, le mathématicien norvégien Niels Henrik Abel (1802-1829)
montre qu’aucune formule générale de résolution des équations polynomiales de degré supérieur ou
égal à 5 n’est possible. Il est donc inutile de s’évertuer à chercher de telles formules, elles n’existent
41
ECG2 - Maths approfondies Lycée Louis Pergaud
pas !
Le Français Évariste Galois (1811-1832), sans connaître les résultats d’Abel, obtient un résultat plus
précis : pour n’importe quelle équation polynomiale donnée, il propose un critère pour déterminer si
oui ou non, cette équation est résoluble par radicaux. Ce résultat donne ainsi une réponse complète
au problème de la résolubilité d’une équation polynomiale.
Provoqué dans un duel lié à une histoire d’amour malheureuse,
Galois meurt à l’âge de 20 ans. À la veille de ce duel, il dresse
dans une lettre le bilan de ses recherches et demande à ce que
Jacobi ou Gauss donnent leur avis « sur l’importance de (ses)
théorèmes ». Le mathématicien français Joseph Liouville (1809-
1882) publiera ses oeuvres scientifiques quatorze ans plus tard à
42