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B.P 475 KALEMIE FACULTE DES SPA
LA ZONE DE LIBRE-ÉCHANGE CONTINENTALE AFRICAINE
(ZLECAF) : UNE OPPORTUNITÉ DE DÉVELOPPEMENT POUR LE
CONTINENT AFRICAIN
Par
NGUMBI SELEMANI BRUNO
domaine de R.I
Diriger par P.A
ANNEE-ACADEMIQUE 2024-2025
Introduction
Face aux défis du développement économique et de l'intégration
régionale, l’Afrique a initié un ambitieux projet : la Zone de libre-échange
continentale africaine (ZLECAf). Lancée officiellement en 2019, elle vise à créer
un marché unique pour les biens et services, en supprimant progressivement les
barrières tarifaires et non tarifaires entre les pays africains. Cette initiative soulève
de nombreux espoirs, mais aussi des interrogations sur sa mise en œuvre et son
efficacité. 1
En outre, La Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf)
représente l'un des projets économiques les plus ambitieux du continent africain,
visant à transformer les relations commerciales intra-africaines et à favoriser le
développement économique. Lancée officiellement en janvier 2021, après des
années de négociations et de préparations, cette initiative de l'Union africaine
marque une étape historique dans l'intégration économique du continent. Son
objectif principal est de créer un marché unique pour les biens et services en
Afrique, permettant aux entreprises africaines de prospérer sans les barrières
commerciales qui ont freiné le commerce intra-africain pendant des décennies.2
L'Afrique est un continent riche en ressources naturelles et humaines,
mais son commerce interne reste relativement limité. En effet, contrairement à des
zones économiques comme l'Union européenne ou l'Accord États-Unis–Canada–
Mexique (ex-ALENA), le commerce entre les pays africains représente seulement
15% des échanges commerciaux du continent, contre 70% en Europe et environ 50%
en Asie. Cette faible intégration commerciale est due à plusieurs facteurs,
1
Cfr Commerce intra-africain et développement durable – Édition 2019, Fatoumata Diarra, P675
2
Idm, P991
notamment des infrastructures insuffisantes, des réglementations commerciales
restrictives, ainsi que des coûts élevés pour les échanges transfrontaliers.
La ZLECAf vise à éliminer progressivement les droits de douane sur
90% des biens et services échangés entre les pays africains, à améliorer l'accès aux
marchés et à renforcer la compétitivité des entreprises locales. En mettant en place
un marché commun, les pays africains pourront mieux exploiter leurs ressources,
encourager la production locale et attirer davantage d'investissements étrangers.
Création de la ZLECAf :
une étape historique pour l’Afrique
La ZLECAf a été créée pour favoriser le commerce entre les pays
africains et stimuler le développement économique du continent. Avant sa création,
le commerce entre les pays africains était très faible (moins de 20 % du commerce
total), en grande partie à cause des barrières douanières, des taxes élevées, et du
manque de coordination entre les pays
1. Origine de l’idée
L’idée de créer une zone de libre-échange africaine remonte à plusieurs
décennies, mais elle a été concrétisée par l’Union africaine (UA) en 2012, lors d’un
sommet à Addis-Abeba. Les chefs d’État ont décidé de mettre en place une zone
qui permettrait de :
Supprimer progressivement les taxes douanières entre les pays
africains,
Faciliter la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des
personnes,
Créer un grand marché unique africain.
2. Accord officiel
L’Accord sur la ZLECAf a été signé le 21 mars 2018 à Kigali, au
Rwanda, par 44 pays africains. Cet accord fixe les règles de fonctionnement de la
zone de libre-échange.
Ensuite, pour que l’accord entre en vigueur, il devait être ratifié
(approuvé officiellement) par au moins 22 pays. Ce seuil a été atteint en mai 2019,
ce qui a permis le lancement officiel de la ZLECAf le 1er janvier 2021.3
3. Objectifs principaux
Les objectifs de la ZLECAf sont :
Augmenter le commerce intra-africain,
Renforcer l’intégration économique du continent,
Créer des emplois, en particulier pour les jeunes,
Attirer les investissements et accélérer l’industrialisation.
4. Qui fait partie de la ZLECAf ?
Presque tous les pays africains sont aujourd’hui membres de la ZLECAf
(54 sur 55, seul l’Érythrée n’a pas encore signé l’accord).
Structure de fonctionnement de la ZLECAf
Pour bien fonctionner, la ZLECAf s’appuie sur une organisation
structurée avec plusieurs organes chargés de la gérer, de prendre des décisions, et
de surveiller la mise en œuvre de l’accord4.
Voici les principaux niveaux de décision et de gestion :
1. La Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement
3
L’Afrique et le libre-échange : Opportunités et risques – Édition 2018, Joseph Ki-Zerbo
4 idem
C’est l’organe suprême de la ZLECAf.
Elle réunit les chefs d’État ou de gouvernement des pays membres.
Elle donne les grandes orientations politiques et prend les décisions
majeures pour le fonctionnement de la ZLECAf.
Exemple : Elle peut décider d’ajouter de nouvelles règles ou de
résoudre des conflits importants.
2. Le Conseil des ministres chargé du commerce
Il est composé des ministres du commerce de chaque pays membre.
Il est chargé de mettre en œuvre les décisions prises par la Conférence.
Il supervise les négociations, adopte les règlements, et coordonne les
politiques commerciales.
3. Le Comité des hauts fonctionnaires du commerce
Il est composé de représentants techniques des ministères du
commerce.
Il prépare les travaux du Conseil des ministres.
Il examine les questions techniques liées à la mise en œuvre des règles
de la ZLECAf.
4. Le Secrétariat de la ZLECAf
C’est le cœur administratif de la ZLECAf.
Il est chargé de gérer le fonctionnement quotidien, d’organiser les
réunions, de suivre l’application des décisions.
Il est basé à Accra, au Ghana.
5. Les Comités techniques spécialisés
Il existe aussi plusieurs comités spécialisés, par exemple :
Comité sur les règles d’origine,
Comité sur les barrières non tarifaires,
Comité sur les services,
Comité sur le commerce électronique, etc.
Réalisation de la ZLECAf
(Zone de libre-échange continentale africaine)
La ZLECAf n’a pas été mise en place en un seul jour. Sa réalisation
s’est faite en plusieurs étapes bien organisées, depuis l’idée jusqu’au lancement
officiel de ses activités.
1. La décision politique (2012)
Tout a commencé en 2012, lorsque les chefs d’État africains, réunis
lors d’un sommet de l’Union africaine, ont décidé de créer une zone de libre-
échange pour unir économiquement le continent.
Pourquoi ?
Parce que le commerce entre pays africains était très faible (environ 15
%), et les économies trop tournées vers l’extérieur.
---
2. Les négociations de l’accord (2015 - 2018)
Après la décision, les pays africains ont commencé à négocier les
règles de fonctionnement de la ZLECAf
3. Signature de l’accord (21 mars 2018)
L’accord de la ZLECAf a été signé à Kigali, au Rwanda, par 44 pays
africains.
4. Ratification de l’accord (2019)
Dès mai 2019, 22 pays avaient ratifié l’accord, ce qui a permis l’entrée
en vigueur officielle de la ZLECAf.
5. Mise en place du Secrétariat (2020)
Le Secrétariat général de la ZLECAf a été installé à Accra, au Ghana.
6. Début du commerce officiel (1er janvier 2021)
C’est à cette date que les pays participants ont commencé
officiellement à commercer sous les règles de la ZLECAf.
7. Mise en œuvre progressive
Aujourd’hui, la ZLECAf continue de se réaliser petit à petit :
Tous les pays ne sont pas encore au même niveau de préparation.
Bref, La réalisation de la ZLECAf a été un processus progressif, allant
de la décision politique à la mise en œuvre technique. Elle continue d’évoluer, avec
pour objectif de transformer l’Afrique en un marché unique intégré, au service de
son développement économique.5
5
Ibidem
Conclusion
La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) représente
une initiative ambitieuse et transformative visant à remodeler le paysage
économique de l'Afrique. En créant un marché unique pour les biens et services,
elle aspire à stimuler le commerce intra-africain, favoriser l'industrialisation et
renforcer la position du continent dans l'économie mondiale. Toutefois, la
concrétisation de ces objectifs dépend de la capacité des nations africaines à
surmonter divers défis et à mettre en place des stratégies efficaces pour une
intégration réussie.
Potentiel économique et social de la ZLECAf
La mise en œuvre complète de la ZLECAf pourrait avoir des
retombées significatives sur le développement économique et social du continent.
Selon la Banque mondiale,
Bref, La ZLECAf incarne une ambition panafricaine majeure : faire de
l’Afrique un espace économique intégré, dynamique et résilient. Si les potentialités
sont immenses, les obstacles ne manquent pas. Sa réussite exigera des efforts
coordonnés, des investissements soutenus et une gouvernance transparente. Ainsi,
la ZLECAf pourrait devenir un pilier central du développement du continent africain
au XXIe siècle.6
6
Cfr La Zone de Libre-Échange Continentale Africaine : Enjeux et Perspectives – Édition 2020, Oumar Sidibé, P76