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Anatomie et Propriétés du Bois

Cours destiné aux étudiants en foresterie licence 3
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Anatomie et Propriétés du Bois

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RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN

REPUBLIC OF CAMEROON
Peace–Work-Fatherland
UNIVERSITÉ DE DSCHANG - UNIVERSITY OF DSCHANG
Scholae Thesaurus Dschangensis Ibi Cordum
E-mail :[email protected]

FACULTE D’AGRONOMIE ET DES SCIENCES AGRICOLES


FACULTY OF AGRONOMY AND AGRICULTURAL SCIENCES
E-mail : [email protected]
Intitulé de l’UE Nombre Niveau d’étude et
ECOLE SUPERIEURE DES SCIENCES APPLIQUEES DE BERTOUA
de crédits semestre
THE ADVANCED SCHOOL OF APPLIED SCIENCES BERTOUA
E-mail : [email protected]

Code UE
FOR Anatomie et propriétés du bois 3 L3 :2
376

Objectifs : A la fin de l’enseignement, l’apprenant doit être capable de :


 Déterminer la structure d’un tronc d’arbre suivant les différents plans
ligneux : coupes
transversale, radiale et tangentielle, puis expliquer comment le bois se
forme;
 Identifier visuellement les anomalies apparaissant sur les différentes
espèces pour le
contrôle de l’utilisation;
 Définir la variabilité et appliquer les méthodes de mesure des propriétés
fondamentales du bois;
 Analyser les propriétés physico-chimiques, mécaniques et thermiques du
bois.

Généralité

L'anatomie des bois, par l'étude de l'agencement des tissus, des cellules, de la forme, de la
taille et de la nature des contenus des cellules permet d'abord le contrôle d'identité des bois ou
même leur identification.

Le plan ligneux des bois, étant fixés génétiquement, ne varie pas à


l'intérieur d'une espèce et apparaît généralement sous la même forme à l'intérieur d'une même
famille botanique. C'est pourquoi l'anatomie des bois peut aussi apporter un grand nombre
d'informations au botaniste systématicien dans son travail de classification des familles,
genres et espèces.

D'autre part, si l'on considère le bois comme un matériau, l'anatomie permet de comprendre
les propriétés physiques et mécaniques ainsi que la plupart des variations de qualité en se
basant sur la connaissance de la structure et de ses légères variations.

L'anatomie du bois peut être divisée en trois branches :

L'anatomie générale étudie l'organisation du bois aux différents niveaux


d'observation : étude des tissus (histologie) et de leur agencement, étude des cellules qui les
constituent (cytologie) et étude des parois de ces cellules (submicroscopie).
L'anatomie systématique est la description et l'analyse de la structure des
bois de chaque espèce en liaison avec la classification botanique. Elle permet leur
comparaison, leur identification et aussi de confirmer, ou parfois de rejeter, leur
place dans certaines classifications phylogénétiques des végétaux.

L'anatomie appliquée tente de dégager des relations d'une part, entre la


structure du bois et ses propriétés physiques et mécaniques et d'autre part, entre la
physiologie et la structure (cernes d'accroissement, bois de réaction, etc.)

Le bois est une matière ligneuse élaborée par un organisme vivant au milieu d'un écosystème.
L'ensoleillement, la nature du terrain, l'altitude, la température ambiante, la pollution
atmosphérique... interviennent directement sur la croissance des arbres.

Chapitre 1: Bois: genèse et Structure

1.1 Genèse du bois


1.1.1 Développement de l'arbre

L'arbre se définit comme une plante ligneuse pérenne d'au moins 7 m de


hauteur caractérisée
par un tronc qui se ramifie en branches formant un houppier (en deçà de
cette hauteur, on
parle d'arbustes et d'arbrisseaux). Chez les dicotylédones, le tronc
constitue l'axe primaire qui
se ramifie en branches pour former les axes secondaires et de niveaux
supérieurs. La mise en
place progressive de l'arbre et de son architecture résulte de l'activité des
méristèmes
primaires qui assurent la croissance en hauteur par l'allongement des axes
et des méristèmes
secondaires qui assurent la croissance en diamètre. Cette dernière résulte
de la
mise en place d'un tissu ligneux appelé le bois à partir de l'activité de
l'assise génératrice
libéro-ligneuse, le cambium. En fonction de la dimension de la section de
l'axe, celui-ci
présente une rigidité plus ou moins marquée qui lui est conféré par les
tissus ligneux formant
le bois.

1.1.2 Le bois

Le bois, appelé également xylème secondaire, est un ensemble de tissus


résistants regroupant
des cellules mortes et vivantes. Il joue un rôle de soutien, un rôle de
conduction de la sève
brute et un rôle de stockage. Il est issu du fonctionnement du cambium.
Les cellules filles formées dans la zone cambiale, se différencient en
cellules initiales longues ou fusiformes et en cellules initiales
courtes ou de rayons qui formeront les éléments cellulaires des
différents tissus constitutifs du bois. Les initiales fusiformes du cambium
n'atteignent pas tout de suite leur taille caractéristique pour une essence
donnée. Elles s'accroissent en diamètre et en longueur pendant les
premières années de vie de l'arbre, ce qui correspond à la formation du
bois dit juvénile.

1.2 Structure du bois

Le bois a pour origine l'arbre et le matériau qui nous intéresse le plus particulièrement est
celui tiré du tronc. Pris dans son ensemble, le tronc comprend:

 Ecorce

Formée d'une part de l'écorce externe (cellules mortes), une enveloppe protectrice, étanche et
imperméable et d'autre part de l' écorce interne (cellules vivantes ou liber);

 Rhytidome

C'est la partie externe de l’écorce. Il protège l’arbre contre les attaques biologiques (insectes),
contre les gelures, contre le dessèchement (coup de soleil) et contre les blessures (chutes de
pierres).

 Liber

C'est la partie interne de l’écorce. C’est l’appareil conducteur de la sève élaborée


(descendante) formée de glucose transformé en amidon. C’est pourquoi une blessure du liber
(par ex. gravure au couteau de poche) peut freiner ou stopper la croissance de
toute une partie de l’arbre.

 Cambium

C'est le tissu de croissance de l’arbre. Les cellules vivantes du cambium se multiplient par
division, croissent jusqu’à leur taille définitive, se rigidifient (croissance des parois
cellulaires) et meurent. Ces vaisseaux cessent peu à peu d'alimenter l'arbre après quelques
années. Ils se bouchent et s'imprègnent de différentes substances : tanins, résines, etc.
La croissance se développe principalement dans trois directions: longitudinale (croissance en
hauteur), radiale vers l’intérieur (xylème, formation du bois) et radiale vers l’extérieur
(phloème, formation du liber).

 Aubier

Représente le système conducteur de la nourriture de l’arbre, des racines à la couronne. Il


transporte la sève brute (montante), un mélange de sels nutritifs dissous dans l’eau que les
racines prélèvent du sol. L’aubier reprend aussi l’effort principal des charges mécaniques (en
traction et en compression) dus aux vents, à la neige et au poids propre de la couronne

 Bois de cœur (ou le bois parfait ou duramen)

C'est l’élément de soutien central de l’arbre. En revanche, il ne remplit plus de fonction


conductrice des substances nutritives. Le centre du tronc, la moelle, peut, à partir d’un certain
âge, être creuse.

De manière générale le duramen est plus dur, plus dense et donc plus résistant aux attaques de
parasites, alors que le bois d'aubier est plus mou et moins résistant. C'est pourquoi les artisans
du bois (charpentiers, ébénistes) enlèvent l'aubier (car non durable) pour ne travailler que le
bois de cœur

La figure ci-dessous montre les différentes composantes du bois

Figure 1: Structure du bois


1.3 Formation du bois

La xylogenèse est le processus biologique par le quel les tissus du bois également appelés
xylème se forme dans les arbres. La xylogenèse comporte plusieurs étapes dont la division
cellulaire, l'élongation cellulaire, l'épaissement secondaire et la lignification

1.3.1 Le premier processus de la xylogénèse : la division cellulaire


La division cellulaire est le processus par lequel les cellules se multiplient. Lors du cycle
cellulaire, la cellule s’élargit et le matériel génétique contenu dans le noyau est dupliqué puis
partagé en deux lots identiques. Les deux lots sont ensuite individuellement cloisonnés, ce qui
aboutit à la formation de deux cellules-filles. La division du noyau est appelée « mitose » ou «
caryocinèse », tandis que la séparation de la cellule en deux cellules-filles est appelée «
cytocinèse ». À la fin de la mitose, une structure complexe (association de microtubules,
microfilaments d’actine et réticulum endoplasmique), appelée « phragmoplaste », se
forme au niveau équatorial de la cellule, entre les deux ensembles séparés de chromosomes.
Le phragmoplaste sert de charpente à la formation de la nouvelle paroi. Des vésicules
contenant des précurseurs des composants de la paroi viennent s’y associer pour former la
plaque cellulaire, une cloison primitive qui aboutit à la séparation définitive de deux cellules-
filles.

Le processus de division est contrôlé par diverses hormones végétales telles les auxines, les
cytokinines et les gibbérellines. Les auxines jouent notamment un rôle fondamental dans
l’induction et la progression du cycle cellulaire. Cependant, la présence
de cytokinines est également indispensable pour stimuler les divisions cellulaires. Enfin, les
gibbérellines sont également connues pour promouvoir la division cellulaire. Ces enzymes
agissent en stimulant la synthèse d’enzymes-clés de la régulation du processus de division,
appelées protéines-kinases-cycline dépendante.

1.3.2 Le second processus de la xylogénèse : l’élargissement cellulaire

L’élargissement cellulaire, un processus commun à tous types de cellules végétales, est la


première phase de la différenciation des cellules du bois. Il consiste en une augmentation
irréversible du volume cellulaire.

La clé de l’élargissement est la paroi primaire qui constitue une barrière rigide mais élastique
autour de la cellule Elle est infiltrée par de l’eau contenant une quantité modérée de solutés,
alors qu’à l’intérieur de la cellule la solution est plus concentrée

L’élargissement cellulaire se fait par relâchement de la paroi primaire et entrée d’eau dans la
cellule. Ce processus mécano-hydraulique peut être divisé en trois étapes :

 à l’état de pleine turgescence, le contenu cellulaire exerce une contrainte sur la paroi,
qui est étirée élastiquement (réversiblement) et est alors dans un état de tension (figure 2A,) ;
 cette contrainte est libérée par un relâchement non élastique (irréversible) de la paroi
(figure 2,);
 ce qui en retour entraîne l’absorption d’eau qui restaure la turgescence à son niveau
précédent et produit un élargissement irréversible de la cellule.
Le relâchement de la paroi s’effectue sous l’action coordonnée de plusieurs enzymes qui
rompent les liaisons entre les composés de la paroi
L’élargissement cellulaire est rendu possible par la combinaison remarquable d’élasticité et de
rigidité de la paroi primaire, qui lui permet de supporter une distension tout en résistant aux
importantes forces mécaniques imposées par la pression de turgescence
En outre, l’amincissement de la paroi durant l’extension est empêché par le dépôt de paroi
nouvellement synthétisée au cours du processus (figure 2C).
Au même titre que la division, l’élargissement cellulaire est régulé par des phytohormones
avec en premier lieu, les auxines mais aussi les cytokinines et les gibbérellines. L’action des
auxines serait étroitement liée à des protéines-clés du relâchement de la paroi appelées «
expansines ». Les expansines favorisent le relâchement de la paroi en affaiblissant les liaisons
entre ses constituants (cellulose et hémicellulose en particulier)

Figure 2: Mécanisme de l’élargissement cellulaire


En A, la cellule est à l’état de pleine turgescence, avec une large vacuole centrale remplie d’eau qui exerce
unepression sur la paroi qui est en tension. En B, la paroi est relâchée par affaiblissement des liaisons entre
lespolymères sous l’action d’enzymes (ici l’expansine), ce qui permet son extension et l’entrée d’eau. En C, de la
nouvelle paroi est déposée pour empêcher la rupture lors d’un élargissement prolongé.

1.3.3 Le troisième processus de la xylogénèse : la formation de la paroi secondaire

Après s’être élargie, une cellule du xylème commence la construction d’une paroi secondaire
épaisse (de 2 à 10 µm), rigide et multicouche, entre la paroi primaire et la membrane
plasmique (figure 3, ci-dessous). Au contraire de la paroi primaire, la paroi secondaire
n’entoure que certaines cellules spécialisées des végétaux. La paroi secondaire est plus
épaisse et forme une structure rigide moins hydratée (environ 30 % d’eau) que la paroi
primaire. Elle est composée d’un réseau de microfibrilles de cellulose (40-60 %) associées
avec des hémicelluloses (10-40 %) qui est ensuite renforcé, rigidifié, imperméabilisé et rendu
plus résistant aux pathogènes par l’imprégnation de la lignine (15-35 %). La paroi secondaire
est divisée en trois couches : S1 (externe), S2 (moyenne) et S3 (interne). Ces
couches diffèrent principalement par leur épaisseur et par l’angle que font les microfibrilles de
cellulose avec l’axe de la cellule.

La formation de la paroi secondaire commence par le dépôt contre la paroi primaire d’une
matrice dense de microfibrilles de cellulose associées à des hémicelluloses et qui forme la
couche S1. Comme pour la formation de la paroi primaire, la cellulose est synthétisée au
niveau des rosettes de la membrane plasmique, tandis que les hémicelluloses sont synthétisées
dans l’appareil de Golgi puis apportées à la paroi. Alors que l’angle que font les microfibrilles
avec l’axe de la cellule est presque transversal dans la couche S1, les microfibrilles sont
ensuite déposées selon l’arrangement longitudinal qui caractérise la couche S2 (figure 3). La
couche S3 est enfin formée contre la couche S2 avec une brusque réorientation des
microfibrilles dans l’hé- lice transversale.

Figure 3:Diagramme d’une paroi secondaire épaisse


1.3.4 Le quatrième processus de la xylogénèse : la lignification de la paroi

La lignification — de la lamelle mitoyenne, de la paroi primaire et de la paroi secondaire


correspond au dépôt de la lignine dans les espaces encore vides de la paroi cellulaire. La
lignine imprègne ainsi le réseau constitué par l’association entre les microfibrilles de cellulose
et les hémicelluloses, rendant ainsi la paroi plus rigide et résistante. La lignine étant une
molécule hydrophobe (qui repousse l’eau), elle rend également la paroi imperméable à l’eau.

Après avoir été synthétisés dans le cytosol (fraction liquide du cytoplasme) à partir de la
phénylalanine, les composants de base de la lignine (les monolignols) sont transportés au
niveau de la paroi. Ils y sont oxydés et polymérisés pour former une chaîne linéaire (13 à 20
unités monolignols) de lignine qui est incorporée à la paroi. La lignine est déposée dans les
couches intercellulaires et dans les espaces entre microfibrilles. Elle forme alors des liaisons
chimiques avec les hémicelluloses, agissant comme un ciment qui renforce et imperméabilise
la paroi.
Une dernière étape peut être ajoutée au processus de la xylogénèse: la mort cellulaire
programmée.

La mort cellulaire programmée (ou apoptose) marque l’entrée dans une forme mature et
fonctionnelle des éléments conducteurs et de soutien du xylème, c’est-à-dire les trachéides
chez les conifères, les fibres et éléments de vaisseau chez les feuillus. Seules les cellules du
parenchyme restent vivantes et ne suivent donc pas la mort cellulaire programmée. Ce
processus implique une séquence hautement contrôlée (d’où le terme « programmée »)
d’événements qui conduit une cellule à se tuer elle-même.

La mort cellulaire programmée des éléments du xylème est un mécanisme spécifique dans
lequel la vacuole joue un rôle central. Le déclencheur principal de la mort cellulaire
programmée est une entrée régulée d’ions calcium (Ca2+) dans la cellule, probablement à
travers les canaux de la membrane plasmique. La mort se manifeste ensuite rapidement
(quelques minutes) par un éclatement soudain de la vacuole et la cessation immédiate des
mouvements cytoplasmiques. L’éclatement de la vacuole libère des hydrolases qui attaquent
et dégradent le contenu de la cellule (autolyse). La cellule est finalement réduite à un espace
vide (le lumen) entourée d’une paroi épaisse percée de ponctuations.

Le mécanisme de régulation de la mort cellulaire programmée des cellules du xylème est


illustré par la figure ci-dessous

Figure 4: mécanisme de régulation de la mort cellulaire programmée


En A, du matériel pariétal ainsi qu’une protéase sont apportés par des vésicules au site de formation de la
paroi secondaire. En B, la concentration de protéase dans la matrice extracellulaire dépasse un seuil, ce qui
déclenche un influx d’ions calcium (Ca++) à travers les canaux de la membrane plasmique. En C, l’entrée des
ions a provoqué l’éclatement de la vacuole et la libération d’enzymes, les hydrolases, qui ont dégradé le contenu
cellulaire. Il en résulte une cellule morte et vide apte au transport de l’eau et conférant un support mécanique .

Les étapes de la formation du bois sont résumées par la figure 5


Figure 5: formation du bois
1.4. Les tissus primaires et secondaires du bois

Toutes les plantes vasculaires (des fougères aux Angiospermes) possèdent des tissus
conducteurs. Le xylème conduit verticalement la sève brute du sol vers les feuilles. Le
phloème conduit la sève élaborée par les feuilles vers toutes les régions de la plante. Ces
tissus, différenciés chez les jeunes plantes sont dits primaires. Chez les plantes ligneuses,
entre le xylème primaire et le phloème primaire, se met en place une zone de cellules peu
différenciées à divisions actives. Cette zone génératrice appelée cambium libéro-ligneux
produit des cellules qui se différencient en xylème secondaire (le bois, d'où le qualificatif
ligneux) et en phloème secondaire (ou liber).

1.4.1. Couche d’accroissement

Une couche d’accroissement correspond à la quantité de bois produite


pendant une saison de
végétation et elle contient tous les éléments caractéristiques du plan
ligneux.

Sous nos latitudes caractérisées par un climat tempéré où l’alternance des


saisons est bien
marquée et où la période de végétation est délimitée dans le temps, la
croissance des végétaux
ligneux est rythmée par les saisons et conduit à la formation d’une
succession
28 d’accroissements distincts, nommés cernes annuels. La limite des
cernes est souvent
décelable à l’œil nu par la différence marquée entre les tissus du bois final
ou bois d’été de
l’année précédente de couleur plus accentuée surtout chez les résineux et
les tissus de bois
initial ou bois de printemps de l’année suivante.

Par contre, dans les zones tropicales et subtropicales où le climat reste


uniforme tout au long
de l’année, l'activité de la photosynthèse est ininterrompue, et la limite
entre couches
d’accroissements n’existe pas ou se voit plus difficilement. La croissance
est quasi continue et
n’est interrompue que lors de la saison sèche qui engendre un arrêt de
croissance visible en
coupe transversale par la présence d’une ou plusieurs rangées de cellules
de parenchyme
terminal.

L’analyse de cerne est une « photographie rétrospective » de la vie de


l’arbre. Cette méthode
est d’un grand intérêt dans des domaines comme la dendrométrie, la
climatologie, la
physiologie et l’anatomie, et elle complète utilement l'analyse des
dimensions relevées sur les
arbres sur pied.

1.5 Catégories du bois

Au cours de l’évolution, le règne des plantes ligneuses formant des arbres s’est divisé en
résineux (gymnospermae) plus anciens, et feuillus (angiospermae) plus jeunes et de structure
plus complexe. Cette structure plus différenciée avec des cellules très spécifiques, permet aux
feuillus de nous offrir des bois des plus denses aux plus légers, des plus durs aux plus mous,
des plus sombres aux plus clairs. On distingue:

1.5.1 Bois résineux (a feuilles persistantes)

L’anatomie des bois résineux (conifères, ou plus exactement «gymnospermae»), se distingue


dans son principe même de celle des feuillus, apparus plus tard dans l’histoire phylogénétique.
Le tissu fondamental est constitué de cellules nommées trachéides. Quelques-uns des bois
résineux (ex. épicéa, pin, mélèze, arole, sapin, épinette, pin blanc) possèdent en plus un
système de canaux résinifères, avec des canaux axiaux (parallèles aux fibres) et des canaux
radiaux (situés dans les rayons ligneux)

1.5.2 Feuillus (à feuilles caduques)

Les cellules longitudinales se sont spécialisées en éléments vaisseaux et en fibres. Les


vaisseaux remplissent la fonction conductrice de la sève brute (ascendante). Lors de leur
croissance, leurs extrémités se juxtaposent et leurs parois cellulaires sont perforées par de
grandes ouvertures de la taille de leur diamètre formant ainsi un long «tuyau» continu. Selon
les espèces, la taille des vaisseaux est tellement grande qu’ils deviennent visibles à l’œil nu
sous formes de pores. La paroi des vaisseaux est parsemée de ponctuations aréolées, qui
servent à l’échange de la sève brute (ascendante) entre deux vaisseaux et fonctionnent comme
des valves à membrane
Les fibres constituent le tissu de soutien. Elles sont de très petits diamètres, possède une paroi
cellulaire très épaisse et n’ont quasiment plus de lumen (vide à l’intérieur de la cellule). On
retrouve entre autres dans cette catégorie: le chêne, le frêne l'érable et le hêtre

1.6 Bois initial et bois final

Chez les essences tempérées, le bois initial ou bois de printemps est


la partie de la couche
d’accroissement correspondant au bois formé au début de la saison de
végétation. Le bois
final ou bois d’été est la partie formée ultérieurement jusqu’à la fin de la
saison de
végétation.
Le bois initial se compose chez les résineux de cellules courtes, ayant une
large section et des
parois minces, faiblement résistantes et très déformables. Sa structure
légère lui confère une
faible densité. Chez les feuillus, le bois initial est marqué par la présence
de nombreux et
larges vaisseaux.

Le bois final est reconnaissable par la présence de cellules de plus faible


section, plus longues, aux parois épaisses (le lumen pouvant être
entièrement obstrué) et par conséquent, plus denses, moins déformables
et plus résistantes mécaniquement. Chez les résineux, la différence entre
le bois initial et le bois final se marque par une différence de couleur dans
le cerne. Le bois final apparaît plus sombre. La transition peut être brutale
comme chez le mélèze ou progressive comme pour l'épicéa. Chez les
feuillus, le bois final se caractérise par des vaisseaux moins nombreux et
de plus petit diamètre et par conséquent, une proportion de tissu fibreux
plus importante.

Le passage du bois initial au bois final serait conditionné par la production


de substances
hormonales (auxine) produites dans le méristème apical. Ce passage
induit une variation intra cerne de la masse volumique.

 Détermination de l'âge d'un arbre

Chez les espèces de climat tempéré, un nouveau cerne est formé chaque
année et le comptage
de ces cernes permet de déterminer précisément l'âge de l'arbre. L'âge
d'un arbre peut être déterminé également par le comptage des unités de
croissance qui se mettent en place chaque année.
Chez les résineux, une unité de croissance correspond à l'espace entre
deux verticilles. Ainsi, le nombre total de verticilles correspond à l'âge de
l'arbre. Cette détermination est beaucoup plus complexe pour les
essences feuillues

Chapitre 2: Composition du bois

Le bois est constitué de composants chimiques élémentaires, lesquels


s'associent pour former
les macromolécules constituants les parois cellulaires des différents tissus
retrouvés dans le
bois. A ces éléments viennent s'ajouter l'eau et des minéraux.

2.1. Constituants élémentaires

Les composants élémentaires du bois sont au nombre de quatre, le


carbone, l'oxygène,
l'hydrogène et l'azote, dans les proportions pondérales suivantes, qui
varient peu d'une
essence à l'autre:

Carbone 50%
Oxygène 43%

Hydrogène 6%

Azote 0,5% en moyenne

Le complément provient d'éléments minéraux (calcium, potassium,


magnésium, carbonates,
sulfates, silicates et phosphates) qui représentent entre 0,1 et 1% chez les
bois des régions
tempérées et jusqu'à 5% chez les bois des régions tropicales. Ils se
retrouvent dans les
cendres.

2.2. Composants principaux

Il est nécessaire de faire une distinction entre les principales


macromolécules constituant la
paroi cellulaire, la cellulose, les hémicelluloses et la lignine, qui sont
présentes dans toutes les
essences et les composants mineurs à faible poids moléculaire tels que les
matières
extractibles et les minéraux qui sont plus spécifiques en termes de
quantité et de type en
fonction de l'espèce considérée (Figures 6). Ces composants mineurs, bien
qu'ils ne
représentent qu'un faible pourcentage de la masse du bois, peuvent avoir
une influence
importante sur ses propriétés par exemple, son comportement chimique,
la prise de la colle et
de la peinture et particulièrement sur sa durabilité.

Figure 6:composition chimique du bois

Dans les bois des zones tempérées, la proportion des composés à haut
poids moléculaire
contenus dans la paroi cellulaire représente 97 à 99% du poids du
matériau bois anhydre.
Chez les arbres tropicaux, cette valeur est plus faible, environ 90%. Les
polysaccharides
(cellulose et hémicelluloses) représentent environ 65 à 75% du poids du
matériau bois
anhydre.

Les proportions et la composition chimique de la lignine et des


hémicelluloses diffèrent entre
les résineux et les feuillus tandis que la proportion de cellulose reste
inchangée suivant le bois
considéré.
La cellulose et une partie des hémicelluloses forment l'ossature de la paroi
cellulaire et la
lignine incrustée dans celle-ci forme le liant

2.2.1. La Cellulose

La cellulose est le composé organique le plus synthétisé sur Terre et le


principal constituant
chimique des parois secondaires des cellules du bois. Elle représente entre
40 et 50% du poids
anhydre du bois.

La cellulose est un polysaccharide comme l’hémicellulose mais elle est


constituée d’un seul
sucre, le β–D-glucose. La molécule de cellulose est donc un polymère
monotone et linéaire
dont la formule est (C6H10O5) , constitué d'un grand nombre de β–D (1-4)
n

glucose qui sont


organisés en chaînes. Deux unités de glucose adjacentes sont liées par
élimination d'une
molécule d'eau au niveau de leur groupe hydroxyle sur les atomes de
carbone 1 et 4, et
forment l'unité de base de la molécule de cellulose, appelée cellobiose.
Une
molécule de cellulose compte de 300 à 3 000 sous-unités de glucose.

La cellulose sert de matière première industrielle pour la fabrication de


nombreux produits (papier, isolant, explosif, liant, matériaux de
construction). Les agents biologiques (champignons et insectes) assurent
la réversibilité de la formation de la cellulose. Ces agents de dégradation
du bois se nourrissent de la cellulose comme matière énergétique en
dégradant grâce à leur arsenal enzymatique les hydrates de carbone

Figure 7: Structure de la cellulose

2.2.2. Hémicelluloses
Les hémicelluloses servent de matière de remplissage dans les vides laissés par les
micro fibrilles de cellulose. Elles représentent environ 25% du poids anhydre des résineux et
30% des feuillus. Elles se différencient de la cellulose par des unités différentes d'oses, par
des chaînes moléculaires beaucoup plus courtes et par des ramifications sur la chaîne
principale. Néanmoins, les hémicelluloses diffèrent entre les feuillus et les
résineux, celles-ci étant nettement plus complexes chez ces derniers

2.2.3. La Lignine

Après la cellulose et les hémicelluloses, la lignine constitue le polymère organique le plus


abondant dans le bois. La lignine est le composant de la paroi cellulaire qui différencie le bois
des autres matériaux cellulosiques produits par la nature. Le contenu en lignine du bois est
plus abondant dans les résineux (25 à 35%) et les feuillus de régions tropicales que dans les
feuillus de régions tempérées (15 à 25%). La lignine est une substance amorphe,
c'est-à-dire non cristalline, molle et sans rigidité, localisée dans la lamelle
moyenne et dans les parois primaire et secondaire. Elle est incorporée
dans les parois à la fin du développement cellulaire par incrustation entre
les fibrilles de cellulose. La fin de la lignification de la paroi coïncide avec
la disparition du protoplasme et la mort de la cellule. Dès lors, le terme
"lignine" fait référence à un ensemble de substances qui ont une
composition chimique identique mais qui se différencient par leur
structure. a lignine accroît les propriétés de résistance mécanique du bois
et joue également un rôle de barrière de protection contre les attaques
fongiques.

2.3. Composants mineurs

Les composants mineurs sont des substances de faible poids moléculaire


qui constituent les
extraits du bois et les cendres. Bien qu'elles représentent un faible
pourcentage de la masse du
bois, elles peuvent avoir une influence importante sur les propriétés et les
qualités de
transformation des bois. D'autres constituants, tels que certains ions
métalliques, sont
essentiels à la croissance de l'arbre. Ces substances possèdent des
structures chimiques très différentes et par conséquent, il est difficile
d'établir une classification claire et compréhensive. Néanmoins, elles
peuvent être classées en matière organique et en matière minérale.
Les matières organiques représentent les extraits du bois et
recouvrent un grand nombre de
constituants. Certaines substances extractibles peuvent être toxiques pour
les bactéries, les
champignons et les insectes. D'autres extraits confèrent une couleur ou
une odeur au bois. Une
partie de ces extraits est parfois repris sous le nom de résine, terme qui
ne caractérise pas des
constituants chimiques mais plutôt un aspect physique.

On retrouve : des composés phénoliques (les tanins, la vanilline, les


flavonoïdes, les lignanes et les stilbènes ); des terpènes; des acides
aliphatiques (les acides gras); des alcools aliphatiques.
Les matières inorganiques ou minérales représentent les cendres qui
sont produites lors de
la combustion du bois. Lorsque l'arbre est encore vivant, elles constituent
les inclusions
minérales. Ces minéraux ne sont pas incorporés dans la paroi cellulaire
mais sont déposés
dans les cellules parenchymateuses et les fibres libriformes.

Les essences des zones tempérées contiennent essentiellement du


potassium, du calcium et du
magnésium. Les bois tropicaux contiennent, en plus et de façon
prédominante, du silicium
sous forme de silice

Chapitre 03: Descriptions des éléments ligneux et Orientation

3.1. Descriptions et rôles des éléments

3.1.1. Trachéides

Les trachéides verticales du bois des résineux sont des cellules non
vivantes à maturité, à
parois lignifiées, très allongées par rapport à leur diamètre et orientées
dans le sens de l'axe
longitudinal de l'arbre. Elles forment la masse du bois chez les résineux
tandis que
chez les feuillus, elles sont en minorité. Elles forment dans le sens de l'axe
de l'arbre des files
continues où chaque élement se raccorde en sifflet au précédent. Elles
sont non perforées à
leurs extrémités et communiquent entre elles par des ponctuations
aréolées et avec les autres
tissus, au moyen de ponctuations de différents types. Leur longueur très
variable diffère selon
les genres, de 2 ou 3 mm (cèdre et certains pins) à 6 ou 7 mm (sequoia).
Le diamètre final
varie entre 20 et 60 µm. Lors de la différenciation, la paroi radiale s'accroît
de manière
relativement importante tandis que la paroi tangentielle reste
sensiblement de même largeur
que l'initial cambial dont elle est issue.

Les dernières couches de trachéides formées avant l'arrêt végétatif sont


toujours très aplaties
radialement. Ces trachéides présentent des extrémités pointues et des
ponctuations aréolées
ayant des orifices lenticulaires ou en fente. Elles sont nommées fibre-
trachéides. Chez les feuillus, des trachéides courtes de forme irrégulière
localisées à proximité immédiate
des vaisseaux et ne faisant pas partie d'une série axiale définie, sont
nommées trachéides
juxtavasculaires ou vasicentriques. Des trachéides transversales
ou horizontales peuvent se rencontrer chez certains résineux
(normalement dans les genres Larix, Picea, Pinus, Pseudotsuga et Tsuga;
sporadiquement chez certains Abies; plus rarement chez Chamaecyparis,
Juniperus, Libocedrus, Sequoia, Taxodium et Tuya) il s'agit de trachéides
orientées horizontalement, associées avec des cellules de parenchyme
dans les rayons ligneux

3.1.2. Les Fibres

Les fibres ligneuses ou libriformes se rencontrent uniquement chez les feuillus. Les fibres
du bois sont des cellules allongées à parois lignifiées et d'épaisseur variable (Figure 45). Les
ponctuations sont de type simple et diversement agencées. Les fibres ont des extrémités
effilées et plus ou moins sinueuses.

Les fibres interviennent dans le stockage des matières de réserve et se rapprochent des
cellules de parenchyme de par leur structure et leur fonction. Les fibres existent dans toute la
largeur du cerne mais leur importance relative par rapport aux
vaisseaux ou au parenchyme, leurs dimensions, l'épaisseur et la structure de leurs membranes,
varient au cours de la saison de végétation. Dans les bois à zone poreuse, elles sont moins
nombreuses dans le bois de printemps comparé au bois d'été. Dans les bois à porosité diffuse,
il peut exister, dans la partie externe de la zone finale, quelques couches de fibres, à paroi
épaisse, plus colorée que le reste du cerne, qui soulignent le bord extérieur du cerne (par
exemple, Acer, Carpinus, Coryolus, Crataegus, Fagus, Ilex, Malus, Platanus, Sorbus …).
Les fibres sont des éléments typiques du tissu de soutien; elles ont des parois fréquemment
épaissies par les dépôts successifs de lignine. De l'importance du tissu fibreux et de l'épaisseur
définitive de la paroi des fibres résultera souvent une densité plus ou moins élevée et, par
suite, une plus ou moins grande dureté d'un bois.

3.1.3: Les Vaisseaux

Si les bois des feuillus sont plus faciles à identifier au moyen d'une loupe
de grossissement
10x que les bois des résineux, c'est grâce à la présence des vaisseaux
chez les feuillus. La
disposition, le groupement, l'abondance et la largeur des vaisseaux
constituent des caractères à
prendre en compte en priorité, pour identifier une essence, avant de
s'attacher aux
caractéristiques microscopiques telles que la nature, la disposition, la
forme et la taille des
ponctuations qui ornent les parois des éléments de vaisseaux.
Les vaisseaux constituent le tissu de conduction de la sève brute dans le
xylème et sont
présents dès la formation de la plantule à partir de la graine dans le
protoxylème.
Ils forment de véritables conduits par l'empilement de petites cellules
allongées ne dépassant
pas un millimètre, dans lesquels circulent l'eau et les matières dissoutes.
La grosseur des vaisseaux est appréciée par la mesure du diamètre
tangentiel mesuré en coupe
transversale. Celui-ci peut varier en moyenne de moins de 50 µm à plus
de 200 µm.

3.1.4. Parenchyme

Le parenchyme est un tissu de réserve des hydrates de carbone et permet leur redistribution.
Physiologiquement, tout tissu parenchymateux se compose de cellules vivantes qui gardent
leur protoplasme aussi longtemps qu'elles restent actives. Ces cellules peuvent contenir de la
gomme, des cristaux et de la silice Il existe deux types de parenchyme qui diffèrent à la fois
par l'origine et par l'orientation de leurs cellules :

 le parenchyme axial dont les éléments sont plus ou moins allongés verticalement;
 le parenchyme radial ou parenchyme de rayon dont les éléments sont orientés
horizontalement.

Le parenchyme axial dérive des initiales fusiformes du cambium, tandis que les rayons
dérivent des initiales de rayons.

Chez les résineux, le parenchyme axial est plus rare et apparaît sous la forme de quelques
cellules dispersées. Il peut être particulièrement abondant chez certaines espèces tropicales.

Le Parenchyme radial (de rayon) est un groupement de cellules principalement


parenchymateuses, peu lignifiées, sous forme de lames de section
lenticulaire, de hauteur et de largeur variables, orientées radialement. Les
rayons sont présents chez toutes les espèces et constituent un élément
d'identification important.
Un rayon est unisérié s'il est constitué d'une seule cellule en largeur ou
plurisérié s'il est
constitué de plusieurs cellules en largeur . Chez les feuillus, un rayon
homogène est constitué de cellules d'un seul type morphologique,
(cellules carrées, couchées ou dressés). Dans un rayon hétérogène,
plusieurs types morphologiques peuvent coexister et en fonction de
l'arrangement de ces différents types, Kribs propose le classement
suivant:

 rayon hétérogène exclusivement unisérié composé de cellules


dressées et couchées;
 rayon hétérogène de type I : la hauteur totale des cellules dressées
est plus grande que
celle des cellules couchées. Les rayons unisériés sont composés
exclusivement de cellules dressées;
 rayon hétérogène de type II : la hauteur totale des cellules dressées
est plus petite que celle des cellules couchées. Les rayons unisériés
sont composés exclusivement de cellules dressées;
 rayon hétérogène de type III : il y a une seule couche de cellules
dressées en position
marginale. Les rayons unisériés sont composés soit de cellules
dressées soit de cellules
couchées

Chez les résineux, les parois cellulaires des rayons peuvent prendre
différents aspects en
coupe radiale. Les rayons sont lisses quand les parois, généralement fines,
ne possèdent pas
d’ornementation, comme c’est le cas chez Pinus strobus. Les rayons sont
qualifiés de dentés
lorsque les parois, d’épaisseur variable, portent des protrusions internes
en forme de dents sur
les parois cellulaires supérieure et inférieure, qui sont généralement plus
nombreuses dans le
bois final (très fréquent chez Pinus sylvestris et Pinus ponderosa). Les
rayons peuvent être
aussi réticulés lorsque les parois, généralement fines, portent de
nombreuses, étroites et
pointues protusions internes en forme de dents sur la paroi supérieure et
inférieure, reliées par
des cloisons transversales qui donnent une apparence réticulée
caractéristique (chez Pinus
taeda).
Le rôle des rayons semblent être double. Ils servent d'une part, de voie de
communication
entre les parties internes du bois et le liber et d'autre part, comme le
parenchyme axial, de
tissu de réserve pendant la période de repos végétatif

3.1.5. Les éléments sécréteurs

Il s'agit de:

 Canaux intercellulaires: Les canaux intercellulaires sont des conduits


entourés d'un épithélium dans lesquels sont véhiculés des produits
secondaires secrétés par les cellules épithéliales. Ces cellules
épithéliales sont des cellules de parenchyme spécialisées qui déversent
leurs sécrétions dans le canal. L'épaisseur de leur paroi et leur nombre
autour de leur canal sont des critères d'identification d'une espèce.

Les canaux intercellulaires se rencontrent chez les résineux (canaux


résinifères). Ils sont
orientés axialement dans le tissu ligneux au milieu des trachéides ou
radialement à l'intérieur
des rayons et forment un réseau interconnecté.

Chez les feuillus, les canaux intercellulaires (conduits à gomme ou à


résine) peuvent se
répartir en longues lignes tangentielles (plus de cinq canaux alignés), en
courtes lignes
tangentielles (de deux à cinq canaux alignés), être isolés ou dans un
rayon.

 Cellules sécrétrices

Chez les feuillus, des cellules spécialisées de parenchyme qui secrètent de


l'huile ou du
mucilage, sont retrouvées associées au parenchyme des rayons, au
parenchyme axial ou dans
le tissu fibreux. Elles se distinguent plus ou moins facilement des autres
cellules de
parenchyme soit par la couleur de leur contenu (orangé dans la famille des
Myrsinaceae), soit
par leur forme différente ou leur taille plus grande. Elles se rencontrent
chez les
gymnospermes qui ne possèdent pas de canaux intercellulaires normaux
(Cedrus, Juniperus et
Taxodium).
3.2. Orientation des éléments ligneux

Les éléments du bois sont orientés parallèlement et perpendiculairement à un axe de symétrie


matérialisé par la moelle centrale. Il y a ainsi 3 plans de références:

i. Le plan transversal, perpendiculaire à l'axe de symétrie, donc au fil du bois. Il


correspond à la section de découpe du tronc, c'est-à-dire au bois « debout ».
ii. Le plan radial, orienté de la moelle à l'écorce, suivant les rayons. Il suit, plus ou
moins, le fil du bois et se trouve perpendiculaire aux traces des couches d'accroissement. Il
correspond au débit sur quartier (appelé aussi débit sur maille).
iii. Le plan tangentiel, perpendiculaire au précédent, suit plus ou moins le fil du bois et
se trouve tangentiel aux couches d'accroissement. Il correspond au débit sur dosse.
 Coupe transversale

Chez les espèces ligneuses et pérennantes (arbres, arbustes, buissons), le fonctionnement du


cambium suit un cycle saisonnier (dans les climats comportant des saisons bien
tranchées). En région tempérée, le fonctionnement s'interrompt à l'automne et reprend au
printemps. Chaque année, un nouveau cylindre de bois est formé à l'extérieur du précédent

Figure 8: Coupe transversale


La coupe transversale de Tilleul ci-après est celle d'un individu âgé de quatre années. Le
cambium dans le cylindre central et le phellogène dans l'écorce assurent l'accroissement en
diamètre de la tige. On peut distinguer le bois de printemps riche en vaisseaux, du bois
d'automne, riche en fibres. Une coupe nette souligne l'arrêt de la végétation pendant l'hiver.
Le parenchyme médullaire, de nature cellulosique, est bien développé.
Figure 9: Interprétation de la coupe
 Coupe transversale d'un feuillu (chêne)

Les bois des feuillus sont des bois hétéroxylés. Les éléments constitutifs
des tissus sont plus variés en terme de groupement, de dimension, de
structure et d'ornementation de la paroi

On distingue nettement les rayons et les cernes. Ces derniers sont constitués d'une alternance
de zones poreuses (gros vaisseaux, bois de printemps) et de zones plus compactes (bois d'été).

Figure 10: Bois de chêne en coupe transversale

Les cellules sectionnées transversalement ont absorbé l'eau et apparaissent foncées ; les
rayons sectionnés longitudinalement apparaissent en clair.
 Coupe tangentielle de chêne

Le bois a été mouillé. Les rayons sont sectionnés perpendiculairement à la direction de leurs
éléments ; ils apparaissent foncés. Le reste de la coupe constitué de vaisseaux et fibres
longitudinaux apparaît plus clair. La coupe n'étant pas parfaitement longitudinale, le bois de
printemps de deux cernes (gros vaisseaux) apparaît sous forme d'arceaux plus foncés.

Figure 11: Coupe tangentielle

Ce type de section est prisée car elle donne des effets décoratifs très intéressants (planches,
placages, marqueterie)

 Coupe radiale de chêne

Les gros vaisseaux verticaux du bois de printemps des différents cernes apparaissent
nettement. Ils sont discontinus car la section n'est pas parfaitement longitudinale. Les rayons
du bois apparaissent sous forme de stries perpendiculaires aux vaisseaux (champs de
croisement).
Figure 12: coupe radiale

Chapitre 4 : Anomalies de l’arbre sur pied et abattus et défauts de structure

4.1. Anomalies de l'arbre sur pied

La réaction de l’arbre à une sollicitation extérieure (le vent, la neige ou si l’arbre cherche la
lumière, par exemple) qui l’entraîne en dehors de sa position normale d’équilibre induit un
accroissement accéléré comme réponse à cette agression et pour cette raison on l’appelle bois
de réaction

4.1.1. Bois de compression

C'est le bois de réaction typiquement formé à la partie inférieure des


branches et des tiges penchées ou recourbées des conifères. Il se
caractérise anatomiquement par des trachéides fortement lignifiées qui
apparaissent circulaires en section transversale et possèdent des fentes
spiralées dans leur paroi longitudinale. Les zones de bois de compression
sont
typiquement plus denses et plus foncées que le bois normal. Leur
rétractibilité longitudinale
est anormalement élevée ce qui tend à provoquer des déformations et des fentes.

4.1.2 Bois de tension

C'est le bois de réaction typiquement formé à la partie supérieure


des branches et des tiges penchées ou recourbées des dicotylédones. Il se
caractérise anatomiquement par la présence d’une couche interne
gélatineuse dans la lumière des fibres. La présence de ce tissu donne un
aspect pelucheux au débit, induit des différences de coloration et
provoque des déformations des pièces débitées.

Figure 13Localisation et caractéristiques anatomiques du bois de réaction des feuillus et des


résineux.

4.1.3 Les fibres torses

Les arbres à l'orée d'une forêt ont souvent les fibres torses. Ce sont des
bois dont les fibres ne sont pas rectilignes et s'enroulent en hélice. Ce
défaut est dû au vent agissant toujours dans la même direction. Sur pied,
l’arbre à un aspect très décoratif. Par contre les bois débités dans de tels
arbres ont leurs fibres tranchées et sont amenés à se gauchir. Ils sont
impropres pour l’assemblage.
Figure 14: fils tors

4.1.4 La cannelure du tronc

Elle donne un bois d’effet très décoratif lorsqu’il est débité sur fausse
dosse. C’est un caractère spécifique au Charme, à l’If qui n’altère pas ses
propriétés physiques

4.1.5 La loupe ou le broussin

La loupe est une tumeur ligneuse en forme d’excroissance globuleuse à


écorce lisse à la
surface d’une tige et qui est formée de tissus à fibres enchevêtrées et
tourmentées (bois
madré). Les loupes peuvent atteindre de très fortes dimensions. La loupe
résulte
d'une prolifération anarchique de l'assise cambiale suite à son excitation
provoquée par une
blessure, une piqûre d’insecte ou un agent pathogène. Cette anomalie est
très recherchée par
les trancheurs pour son utilisation en marqueterie ou en placage

Le broussin est une excroissance à la surface d'une grume résultant de la


prolifération de
gourmands. Sur un débit, il apparaît en surface sous forme d'une plage de
picots (petits nœuds
< 10 mm) au milieu d'un tissu fibreux enchevêtré. Il est préjudiciable en
menuiserie mais
recherché en ébénisterie et en placage.

N/B La loupe à une surface lisse et le broussin à une surface hérissé

4.1.6. Contre Fil

Le contre fil est caractéristique d'un bois dont les éléments allongés
(fibres et trachéides)
suivent un trajet torsadé par rapport à l'axe de l'arbre mais dont le sens
de la spirale s'inverse
Lors de l'opération de rabotage, suivant le sens de la spirale, le fil est soit
couché soit relevé
par le fer de l'outil. Il s'en suit un mauvais état de surface au niveau du fil
relevé qui nécessite
un ponçage ultérieur. Néanmoins, cela donne chez certaines essences
tropicales une figuration
dite rubanée donnant des jeux de lumière intéressants (par exemple, le
sapelli). Ces bois rubanés et satinés sont très recherchés en ébénisterie

4.2. Anomalies de croissance

4.2.1. Faux-cerne annuel

Il s’agit d’un arbre qui présente des épaisseurs inégales des couches
annuelles sur divers
points du pourtour du tronc. Ces défauts peuvent entraîner des troncs
d’arbre de forme
méplat. Les conditions défavorables susceptibles de provoquer la
formation d'un faux-cerne peuvent être, par exemple, une défoliation très
précoce dans la saison de végétation avec formation d'une seconde feuille
ou un stress hydrique important pendant la période de divisions cellulaires

4.2.2. Lunure (double aubier)

La lunure ou double aubier se présente sous forme d'une lentille ou


d'un anneau complet de
quelques centimètres de largeur enclavé dans le duramen, plus clair,
formé d'aubier non
duraminisé. Particulier aux essences feuillues, ce défaut est plus fréquent
chez le chêne et le châtaignier. La lunure résulte du non duraminisation de
l'aubier suite à l'action d'un grand froid. Elle se révèle par la présence de couches
annuelles qui, sur l'ensemble, ou partiellement, ne sont pas lignifiées. Une zone d'aubier est
ainsi intercalée dans du bois parfait.
La« duraminisation" est caractérisée par :

- la disparition de l'amidon

- l'apparition des tanins

- la formation des thylles

Elle s'accompagne d'une densification sensible, d'un durcissement de modifications


importantes de couleur

Figure 15: double aubier

4.2.3. Cœur Excentré

On constate ce défaut chez les arbres qui poussent sur des terrains pentus
ou lorsque
le tronc s’est penché sous l’action du vent ou du poids des branches. Les racines de l’arbre
poussant sur la pente ne puisent pas la nourriture régulièrement. Du coté le plus bas elles
sortent même de terre. Une partie de l’arbre est donc nourrie normalement, tandis que la partie
correspondant au bas de la pente, l’est insuffisamment. En somme ce défaut apparaît
lorsque les racines ou la cime ont des raisons de se développer plus d’un
côté que de l’autre.
4.2.4. L’entre-écorce

L’entre-écorce est la soudure de deux ou trois tiges accolées. En


grandissant l’écorce qui se trouve entre les deux branches est englobée
dans le tissus de l’arbre. Cette anomalie est toujours un point faible. Au moment du
sciage, les planches se fendent et occasionnent une perte de bois appréciable

4.3 Anomalies de structure

4.3.1 Les Nœuds

Le nœud est une modification de la structure du bois lié à l’existence d’une branche.
Celle-ci provoque un détournement local des fibres du fil. Les nœuds entraînement
une irrégularité du fil autours de ceux-ci ce qui peut rendre la surface esthétiquement
disgracieuse et mécaniquement fragile. De plus les usinages sont particulièrement
difficilement à réaliser au niveau des nœuds. Cependant, les nœuds sont parfois
recherchés pour leurs aspect décoratif (« pattes de chats », « œil de perdrix »…).
On distingue plusieurs sortes de nœuds :
 le nœud vivant : Il est issue d’une branche encore vivante au moment de
l’abattage. Le nœud est parfaitement englobé dans le reste de la surface auquel
il à une bonne adhérence. On parle également de nœuds sains ;
 le nœud mort : On l’appelle parfois « nœuds noirs ». Il est issu d’une branche
morte. Il est en discontinuité avec les tissus du bois et risque de se détaché
au cours du séchage ou d’un usinage. Il est donc à proscrire pour tout ouvrage
de menuiserie ;
 le nœud vicieux : On parle de nœud vicieux ou gouttière lorsque ses tissus sont
affectés par la pourriture. Le plus souvent cette dernière est due à l’infiltration
d’eau de pluie après le cassage accidentel d’une branche. Leur usage est
également à proscrire en menuiserie

4.3.2. Les roulures

C’est une séparation de deux couches consécutives annuelles qui ne sont plus adhérentes.
Elle peut être partielle ou totale. La roulure est souvent provoquée par un hiver très
rigoureux. Le cambium est désorganisé et ne produit qu’un tissu dans solidité. Lorsqu’il
aura repris sa vigueur ou qu’il se sera reformé, la formation de l’aubier redeviendra
normale, mais ce nouveau bois sera séparé du bois antérieurement formé auquel il ne se
soudera pas. Très gênantes dans les débits car il est très difficile de « travailler » autour
de celles-ci. Elles entrainent des pertes de rendement important.
4.3.3. Les poches de résine

Ces poches se créent dans le bois des résineux qui ont été fréquemment ou
occasionnellement fortement balancés par le vent. Ce sont des défauts réputés plus
esthétiques que mécanique, mais qui posent aussi problème pour le travail du bois
(encrassement des outils), et pour son entretien (écoulements de résine par temps
chaud). Les arbres les plus touchés ont généralement poussé sur des lieux secs et exposés
au vent (arbres isolés, arbres de lisières ou ayant poussé en bordure de cloisonnements
forestiers exposés au vent (on a montré que des arbres haubanés présentent moitié moins
de poches de résine, et que ce risque augmente les années les moins pluvieuses)

4.3.4. La gerçure

C’est un défaut dû à la sécheresse qui fait éclater l’écorce du bois. La


séparation des fibres se fait suivant les rayons médullaires et la fente est plus importante vers
l'écorce qu'au cœur. L'aubier contient plus d'eau que le cœur. Quand il sèche, il perd donc plus
de volume. Le bois se retire davantage et les fentes se forment. Elles sont d'autant plus
importantes que le séchage est rapide Ce défaut se retrouve sur les plateaux de
menuiserie qui sont restés exposés en plein soleil.

4.3.5. La gélivure

Fente radiale partant de l’écorce jusqu’à la moelle. La gélivure se produit principalement


lorsque le froid survient très brutalement après une période relativement douce. Les gélivures
se referment lorsque la température est en hausse, mais elles ont tendance à se rouvrir l'hiver
suivant. Les gélivures cicatrisées se reconnaissent à un bourrelet visible sur l'écorce. Ce
défaut est fréquent sur les gros arbres isolés L’éclatement se fait suivant un rayon médullaire,
après un gonflement dû au gel de la sève dans tout le tronc

4.3.6. Les Blessures

Les défauts du bois peuvent également être la conséquence d’une blessure. Lorsqu’une
blessure met le bois à nu, il se développe, au pourtour, une masse protubérante
de bois et d’écorce (bourrelet de recouvrement) qui recouvre progressivement
la blessure.

4.3.6.1 Les plaies d’élagage


Elles sont dues à la cassure naturelle de branches mortes, à la rupture accidentelle ou à la
coupure de branches vivantes. Il se forme un nœud recouvert ou nœud renfermé

4.3.7. La Cadranure

On l’appelle aussi « cœur étoilé ». Ce sont des fentes radiales partant du cœur. On
les rencontrera dans les arbres vétustes. L’arbre cadrané est très déprécie voire même
sans valeur comme bois d’œuvre si les cadranures sont importantes.

Quand l’arbre est jeune et vigoureux toutes les couches annuelles sont vivantes et humectées
de sucs de la plante. Quand il vieillit, le cœur se dessèche et ses couches éprouvent un retrait
produisant des fentes en étoile cœur étoilé, au premier stade de la dessiccation, qui vont en
s’accentuant au centre, et s’amincissent vers la périphérie.

4.4 Les Altérations du bois

4.4.1. Les Colorations (Faux cœur)

Chez certaines essences, un faux cœur ou faux-duramen peut être


observé dans la partie
centrale du bois parfait. Il forme une zone de forme irrégulière avec une
coloration anormale,
plus ou moins prononcée. Il s'agit d'une réaction physiologique à certains
facteurs du milieu
(par exemple, des grands froids, des attaques fongiques …) ou une simple
manifestation de
sénilité qui entraîne une modification chimique du bois. La constitution du
bois n'est pas
altérée. En outre, il présente généralement une densité et le plus souvent
une dureté plus grande que celles du bois qui l'entoure. Chez les essences
sans aubier distinct, la coloration
simule un duramen, chez les essences à aubier distinct le duramen change
de couleur et le
contour irrégulier de ce faux duramen permet de le distinguer.

Ce faux cœur est fréquent chez le frêne (cœur noir), les fruitiers et les
peupliers. Par contre, chez le hêtre, une coloration anormale peut affecter
les arbres âgés ou croissants dans des stations défavorables. Ce cœur
rouge serait déclenché par une réaction à une attaque cryptogamique de
l'arbre sur pied en partant du sol. Il ne constitue pas à proprement parler
un faux cœur. En fonction de l’espèce (cœur rouge du chêne, du hêtre,
cœur gris du hêtre, cœur noir du frêne… bleuissement du sapin), les
conséquences sont variables mais conduisent généralement à une
dépréciation du bois.

Cœur noir Bleuissement Cœur rouge


de frêne du sapin de chêne

4.4.2. Les Pourritures

Provoqué par certains champignons et influent sur les propriétés mécaniques du bois. Elles
sont blanches, rouges, noires, vertes ou bleues. Elles sont sujettes à s'étendre et il faut donc
écarter le bois attaqué. Exemple: pied chaud sur l'épicéa, Pourriture brune sur essence sur
chêne.
Chapitre 5: Propriétés du bois

5.1 Propriétés Physico chimiques

5.1.1 Humidité

Lors de son abattage, un bois vert peut contenir plus de 100% d'eau. Immergé, le bois peut
atteindre au bout d'un certain temps une teneur de 200%. La dessiccation à l'air n'est jamais
totale, au dessous de 22% d'humidité un bois est à l'abri de la pourriture (ce minimum est
nécessaire pour le développement des organismes parasites)

5.1.2 Masse volumique et dureté

Elle se définit comme le rapport de la masse au volume de bois correspondant.

m
ρ= (Kg/m3)
v

Cette grandeur est fortement dépendante de l’humidité interne du bois et est généralement
indiquée à une humidité de référence de 12%. Plusieurs études ont montré une forte
corrélation entre la masse volumique et certaines caractéristiques physiques et mécaniques
telles que la largeur des cernes et le module d’élasticité. Pour une essence, cette grandeur peut
varier considérablement. La figure représentée ci-dessous montre la relation entre la masse
volumique, la largeur des cernes, et le module d’élasticité
La dureté (nombre sans unité) est égale à l’inverse de la flèche de pénétration de la
génératrice d’un cylindre d’acier imprimé sous une charge de 1000 N par centimètre de
largeur l’éprouvette

Les résineux à croissance rapide ont des cernes d'accroissement plus larges et forment un bois
plus léger, par rapport aux mêmes essences à croissance lente. A l'opposé, les feuillus à
croissance rapide ont des cernes d'accroissement plus larges et un bois plus dense par rapport
aux mêmes essences à croissance lente.

Une corrélation étroite existe entre la masse volumique et la dureté (tableau) : les bois les plus
denses sont les plus durs et les bois les plus légers sont les plus tendres. L'échelle de dureté
des bois est exprimée en indice Chalais Meudon (selon la norme NF B 51 013).

5.1.3 Texture

C'est le rapport entre la zone initiale et la zone finale pour un cerne


annuel.
Pour un Feuillus la texture est faible quand la zone initiale est
supérieure à la zone Finale et forte quand la zone initiale est inférieure
à la zone finale.

Pour un résineux la texture est Faible quand la zone initiale est


inférieure à la zone finale et Forte quand la zone initiale est supérieure
à la zone finale

5.1.4. La rétractabilité

C'est la fonction qu'il a de varier en dimensions et en volume lorsque son état d'humidité varie
entre certaines limites comprises entre l'état anhydre et l'état de saturation des tissus
cellulosiques. L'au dans le bois se retrouve sous forme de:

 l’eau libre : elle remplit les vides cellulaires et est soumise aux forces capillaires et de
gravité. Elle se déplace facilement dans le bois et disparait en premier lors du séchage après
abattage.
 l’eau liée : elle imprègne les membranes cellulaires et se déplace plus lentement.
 l’eau de constitution : c’est un élément chimique du bois qui ne disparait
complètement qu’après destruction du matériau.
 la vapeur d’eau : elle est présente dans la cavité cellulaire et est en équilibre avec
l’eau libre et l’eau liée.
Lorsque l'eau libre a entièrement disparu (point de saturation), il ne reste que l'eau liée qui
imprègne les membranes des cellules. Le départ de cette eau liée entraîne des phénomènes
de retrait et de déformation. Le point de saturation des fibres, en dessous duquel se
manifeste le "jeu du bois", est de l'ordre de 30 % pour toutes les essences.
Le retrait et le gonflement sont directement proportionnels à la diminution ou à
l'augmentation du taux d'humidité du bois. L'amplitude des variations dimensionnelles
observées dépend :
• de la direction par rapport au fil du bois (axiale, radiale ou tangentielle),
• de l'essence,
• du nombre de points d'humidité perdus ou repris ente 0 et 30 %
Chaque essence est caractérisée par 3 coefficients de rétractabilité qui
expriment les variations dimensionnelles d'une pièce de bois pour une
variation d'humidité de 1%, selon chacune des 3 directions :
• le retrait axial,
• le retrait radial (débit sur quartier),
• le retrait tangentiel (débit sur dosse)
Le retrait est très fortement anisotrope. Le retrait axial est si faible qu'il est
pratiquement négligeable. C'est dans le sens tangentiel qu'il est le plus important, il est
environ 1,5 à 2 fois plus élevé que le retrait radial. Ce sont ces différences de rétractabilité qui
expliquent le gondolement au séchage des pièces de bois. Le retrait n’est pas un phénomène
réversible. Puisque le retrait n’est pas le même dans les différentes directions, la perte de
volume du bois peut s’accompagner de déformations, même si le séchage a été mené avec les
plus grandes précautions. La déformation la plus couramment constatée sur les planches est le
tuilage. En pratique, le retrait volumique total est considéré comme la somme des retraits
tangentiel et radial, le retrait axial étant considéré comme négligeable. Le retrait tangentiel est
toujours plus élevé que le retrait radial.
Globalement, les résineux présentent un retrait que l’on peut qualifier de moyen à
modéré par rapport aux essences feuillues courantes comme le chêne, le hêtre ou le
châtaignier
La rétractabilité conditionne la stabilité en ambiance extérieure d'une essence. On
distingue ainsi les essences :
• à fort retrait : 15 < B < 20%; chêne, hêtre, azobé, etc.,
• à retrait moyen : 10 < B < 15%; résineux en général,
• à retrait faible : 5 < B < 10%; sipo, iroko, noyer, peuplier, acajou, etc.
Une finition extérieure sera donc plus sollicitée sur un support en bois à fort retrait débité sur
dosse (retrait tangentiel), que sur un élément en bois à retrait faible ou moyen débité sur
quartier (retrait radial).
En fonction de la température et surtout de l'humidité de l'air ambiant, le bois se
stabilise à une humidité d'équilibre, dite équilibre hygroscopique, qui est pratiquement
indépendante de l'essence du bois.
Sous un climat tempéré pendant la période la plus sèche, les conditions
atmosphériques sont de l'ordre de 20°c et 70% HR, ce qui correspond à un équilibre
hygroscopique du bois d'environ 13%.
Pendant la période la plus humide, les conditions atmosphériques sont de l'ordre de 0 à
5°c et 85 % HR, ce qui correspond à un équilibre hygroscopique du bois de l'ordre de 19%.
Ainsi, un ouvrage en bois situé à l'extérieur (fenêtres, volets, bardages) verra son
humidité tendre vers 13% en été et vers 19% en hiver. Pour que le jeu du bois soit minimal, il
faudra que son humidité se situe au milieu de la fourchette de variation, soit 15 à 16%.
i. Le Retrait total
Le retrait total est le pourcentage de variation dimensionnelle du bois, dans une
direction donnée, entre le point de saturation des fibres et l’état anhydre. Pour une essence de
bois donnée, le retrait total peut varier dans des proportions très importantes, en fonction des
caractéristiques du sol et des conditions climatiques du lieu où l’arbre a poussé.
Le tableau ci-dessous donne des valeurs moyennes de retrait total pour des essences
feuillues et résineuses courantes

Le retrait réel est fonction du taux de siccité finale recherché et ne


correspond qu’à une fraction du retrait total. Il sera différent selon que l’on sèche
des planches jusqu’à 10 % d’humidité en vue de la fabrication de parquets
lambris, ou des sciages à palettes de même essence jusqu’à 20-22 % d’humidité?

ii. Coefficient de Rétractabilité

Les coefficients de rétractabilité moyens expriment, en pourcentage, la variation


dimensionnelle du bois pour une différence d’humidité de 1 % en dessous du
point de saturation des fibres
iii. Calcul du retrait

Le retrait (perte dimensionnelle) entre le point de saturation des fibres (30 % en


moyenne) et le taux d’humidité H, exprimé en % (compris entre 0 et 30) peut se calculer de
deux manières :

 Coefficient de rétractibilité volumétrique x (30 - H)


 Retrait total x (30 - H) / 30

À titre d’exemple, le retrait radial du hêtre entre le point de saturation des fibres (30 %) et 18
% d’humidité finale est donc de : 0,20 x (30 – 18) = 2,4 %

iv. Influence du débit

Du fait des différences de retrait dans le sens tangentiel et radial, le calcul du


retrait en largeur ou en épaisseur d’un sciage dépend du mode de débit : sur
dosse ou sur quartier. Tantôt c’est le retrait tangentiel qui agira, tantôt ce pourra
être le retrait radial, et de ce fait les pertes en largeur et en épaisseur seront
différentes, car le second est toujours largement inférieur au premier. C’est ainsi
que les produits sciés sur dosse se rétractent davantage en largeur que ceux
débités sur quartier.

N/B: Dans la mesure où on ne peut savoir à l’avance si le sciage sera débité sur
dosse ou sur quartier, il est souvent préférable de se placer dans le cas le plus
défavorable, c’est-à-dire considérer uniquement le retrait tangentiel, afin d’éviter
toutes insuffisances tant sur l’épaisseur que sur la largeur

5.2. Propriétés Mécanique

Les propriétés mécaniques sont les caractéristiques d’un matériau en réponse à des forces
extérieures appliquées. Elles incluent les propriétés élastiques qui caractérisent la résistance à
la déformation et à la distorsion, et les propriétés de force qui caractérisent la résistance aux
charges appliquées.
Le bois se comporte dans la direction axiale comme une matière fibreuse, résistante, tenace,
rigide et dure. Par contre, dans la direction tangentielle, le bois se comporte comme une
matière plastique, déformable et de résistance relativement faible. De plus, en testant le bois à
la traction, à la compression, au poinçonnement, au cisaillement, on trouve des différences
capitales selon la direction des efforts.

La résistance est d'autant meilleure que le bois testé est plus mince en valeur absolue; le
travail d'une allumette est très supérieur à celui d'une poutre. Les résistances à la traction sont
2 à 4 fois plus grandes qu'à la compression. Dans les calculs de construction en bois, il faut
prendre un grand coefficient de sécurité (ex. : 6 pour les constructions permanentes et 3 pour
les constructions provisoires).

Les tableaux suivants indiquent les contraintes admissibles pour les feuillus et les résineux
TAF: propriétés hygroscopiques, organoleptiques et thermique

Chapitre 6: Analyse macroscopique et microscopique des bois

6.1. Analyse macroscopique

6.1.1. Observation à l'œil nue

Le pouvoir de résolution de l'œil humain ne lui permet pas de distinguer


deux points séparés
par une distance inférieure à 75 µm pour une vision normale à 25 cm dans
les meilleures
conditions d'éclairage. L'œil permet une appréciation globale
(grossissement 1x) de l'aspect général du bois et de la disposition des
tissus les plus apparents.

L'observation à l'œil nu permet de distinguer, dans le meilleur des cas, la


largeur et la
régularité des cernes d'accroissement, la présence de larges rayons, la
porosité, d'apprécier la
texture, la masse de tissus fibreux, la maille du bois, l'inclinaison du fil,
l'orientation du débit
et la teinte du bois.

6.1.2. Observation à la loupe

La loupe de grossissement 10x est couramment utilisée pour l'examen


d'échantillons de bois. Elle est constituée en principe par une lentille
convergente à travers laquelle se
réfracte la lumière envoyée par un objet. Elle visualise l'image sous un
plus grand angle que
l'œil nu. Son grossissement indique la mesure du rapport des diamètres
apparents de l'image et
de l'objet pour la vision distincte d'un œil normal. L'observation à la loupe
nécessite une section bien rafraîchie au rasoir. Elle permet l'identification
des différents tissus, la largeur et la variabilité des rayons ligneux, les
vaisseaux et leur arrangement, les zones de parenchyme, les canaux
sécréteurs.

6.2. Analyse microscopiques

L'investigation microscopique est nécessaire pour avoir une certitude


quant à l'identification
de certaines essences, pour appuyer une appréciation, relative à la
qualité, sur des
caractéristiques de structure ou de dimension de membranes, pour
conclure quant à la
présence ou non de certaines anomalies et juger de leur gravité.
Les techniques de microscopie et les différents types de microscope
présentent des
performances et des avantages divers.

6.2.1. Observation au stéréomicroscope

Le microscope stéréoscopique, appelé aussi microscope binoculaire ou,


improprement,
"loupe binoculaire", est un microscope à deux tubes convergents
renfermant chacun un
système optique complet (objectif et oculaire) et comportant un dispositif
de redressement de
l'image.

Les stéréomicroscopes utilisés couramment ont un grossissement de


250x, même si celui-ci
peut aller jusqu’à 800x pour des stéréomicroscopes fournissant une image
en 3D. Ces derniers
sont néanmoins rarement utilisés en anatomie du bois.
6.2.2. Observation au microscope optique

La microscopie optique est celle qui est la plus facilement abordable et la


plus utilisée dans
les laboratoires d'anatomie à des fins d'identification des essences (Figure
5). Elle est
généralement suffisante pour mettre en évidence l'ensemble des
éléments du plan ligneux et
leurs caractéristiques.

Le grossissement des microscopes optiques actuellement sur le marché


peut aller jusqu’à
1400x mais les microscopes les plus utilisés possèdent un grossissement
de 650x. Il existe
deux grandes techniques de microscopie qui se différencient sur base du
procédé d'éclairage
qui entraîne des préparations spéciales du bois :

La microscopie classique en lumière transmise pour laquelle les


observations sont
réalisées sur des coupes minces de 10 à 25 µm d'épaisseur. La lumière
traverse la coupe et
arrive dans l'objectif qui donne de l'objet une image agrandie. Elle est la
technique la plus
répandue.
 La microscopie en lumière incidente ou épiscopique pour
laquelle l'échantillon de bois massif est éclairé par une lumière réfléchie.
Cette technique ne nécessite pas la
préparation de coupes microscopiques. La lumière est envoyée sur l'objet
opaque soit par
des fibres optiques soit en faisceau conique à travers l'objectif, et donne
un effet d'ombre
réglable sur les détails.

6.2.3. Observation au microscope de projection

Dans cet appareillage, les oculaires sont remplacés par un écran formé
d'un verre dépoli sur
lequel l'image est projetée. L'image agrandie (de 50 à 1250x) de l'objet sur
l'écran
peut être mesuré directement au moyen d'une règle graduée. Il est
généralement utilisé pour
mesurer les dimensions ou dénombrer des éléments isolés après défibrage
d'un bloc de bois.

6.3. Grossissement du microscope

Le microscope donne une image agrandie d'un objet. L'objectif projette


une image agrandie de
l'objet dans le plan dit d'image intermédiaire et l'oculaire grossit ensuite
cette image comme
une loupe. Le grossissement optique est égal au grandissement de
l'objet multiplié par le
grossissement de l'oculaire. L'utilisation d'une caméra électronique à la
place de l'oculaire pour la projection d'une image sur un écran
d'ordinateur ou de télévision induit un grossissement électronique qui
se calcule par le rapport de la diagonale de l'écran sur la diagonale du
capteur de la caméra. Le grossissement d'ensemble (G) est calculé en
multipliant le grossissement optique par le grossissement électronique.

Exemple
Une ponctuation de 8 µm de diamètre prise en photo avec un objectif de
microscope de 100x
et une bague d'adaptation de 0,5x de la caméra sur le microscope, une
diagonale de l'écran de 61 cm et une diagonale du capteur de la caméra
de 5,3 mm :

G optique = 100 x 0,5 = 50x

G électronique = 610 mmm / 5,3 mm = 115x

G d'ensemble =G optique xG électronique = 50 x 115 = 5750x

La ponctuation apparaît à l'écran avec un diamètre apparent de 8 µm x


5750 = 46000 µm soit
46 mm de diamètre

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