0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
20 vues108 pages

Étude des latérites par télédétection

Transféré par

lhdmubanga
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
20 vues108 pages

Étude des latérites par télédétection

Transféré par

lhdmubanga
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

A T P • TELEDETECTION SPATIALE

n° 1085 (1985 • 1987)

ETUDES DES LATERITES PAR TELEDETECTION

CORRELATION DES DONNEES GEOCHIMIQUES ET RADIOMETRIQUES

Rapport final : JUIN 1987

PION J.C.
ROQUIN C.
C N R S FREYSSINET Ph.
Centre de Sédimentologle et de DANDJINOU T.
Géochimie de la Surface. LP 6251. LE GALL M.
STRASBOURG KAVSER N.
,

SOMMAIRE

INTRODUCTION -------------- p. 1
CHAPITRE l LE CADRE DE L'ETUDE
1) PRESENTATION DE LA REGION DE KANGABA --------- p. 3

II) ETUDE DES PHOTOGRAPHIES AERIENNES ------- p. 13

CHAPITRE II - TELEDETECTION

, 1) IMAGES SATELLITAIRES DE LA PREMIERE GENERATION

II) IMAGES SATELLITAIRES DE LA SECONDE GENERATION


p. 17
p. 23

, III) CARTOGRAPHIE DE LA ZONE DE BANANKORO

CHAPITRE III - TELEDETECTION ET DONNEES EXOGENES


p. 29

,
!
1) RADIOMETRIE

II) CARTOGRAPHIE PAR GEOCHIMIE ET TELEDETECTION


------------ p. 55

DU SECTEUR DE DAGADAMOU --- p. 75


CONCLUSION p. 101

BIBLIOGRAPHIE P. 103

,
- l -

INTRODUCTION

· -
Les latérites recouvrent d'énormes surfaces en Afrique intertropicale.
Elles sont un obstacle à la connaissance du substatum géologique de nombreux
pays, et en particulier du Mali.

Le programme de recherches "Etude des latérites par télédétection". que


le Centre de Sédimentologie et de Géochimie de la Surface (CSGS) a entrepris
depuis deux ans, vient s'intégrer dans un contexte d'études générales des

,
latérites par des méthodes de Géochimie, Minéralogie et pétrographie des
formations tropicales. Ce programme rejoint le problème pratique de la
prospection miniére en zone de couverture latéritique. L'un des moyens de
résoudre ce problème est d'établir une cartographie thèmatique, la plus fine
possible, pour fournir un support à la recherche des ressources minérales.

De nombreux projets ont été réalisés ou sont en cours au Sud-Mali. Les


1 travaux ont tous porté sur la région de KANGABA.

- Prospection miniére du "Syndicat Or" (DNGM - BRGM).

1 -
-
-
Recherches fondamentales sur les latérites (Convention FAC).
Réseau EUROLAT d'étude des latérites.
ATP LATERITES (1986 et 1987) "Cuirasses ferrugineuses et
bauxitiques de la région de KANGABA au Mali".
l - Programme PlRAT de l'INSU et de l'ORSTOM.

Sur le plan télédétection, nous avons bénéficié depuis 1985 de l'appui du

1 CNES et de l'ATP TELEDETECTION SPATIALE.

- Projet PEPS nO 175 subventionné par le CNES.


- ATP Télédétection Spatiale 1985.
1 -
-
Convention CNES d'aide incitation à la recherche (1986).
ATP Télédétection Spatiale 1987.

1 Les études de Télédétection ont été entreprises pour appuyer les travaux
sur les données de géochimie, très abondantes sur la région de KANGABA. Elles
ont comporté, dans un premier temps, une interprétation des photographies
1 aériennes conventionnelles, pour établir une cartographie morphologique de
base. Cette cartographie a été contrOlée sur le terrain au cours des missions
de prélèvement géochimique.
1 Durant cette période l'ecquisition de données satellitaires a été
J
réalisée et la deuxième phase des travaux a commencé sur des images LANDSAT. En
même temps, deux zones test ont été choisies et de nombreux logiciels de
1 traitement d'images ont été testés sur ces zones latéritiques.

Une troisième phase a débuté avec l'arrivée des produits SPOT, dont la
résolution au sol de 20 m a permis enfin de progresser dans la cartographie à
1 grande échelle des anomalies géochimiques.

1
1
1
- 2 -

r
Ce rapport final de synthèse reprend certains des travaux des étudiants,
r
stagiaires, chercheurs en formation et chercheurs qui ont participé aux études
sur la région de KANGABA. r

Le chapitre l présente la zone d'étude et la cartographie morphologique
qui sert de support aux différentes études thèmatiques .
r
Le chapitre II regroupe les travaux ayant trait uniquement aux données de
télédétection. On presente en particulier la cartographie de la zone test de
BANANKORO, obtenue à l'aide de classifications supervisées.
r .

Le chapitre III traite des données éxogènes à la télédétection spatiale


et de la comparaison de ces données avec les images satellitaires. Il s'agit [
des mesures radiométriques de laboratoire et de terrain d'une part, et des .
analyses géochimiques d'autre part.

[.
[:
[:
(:

('
('
[
[
[
[
[
r
, 3

, CHAPITRE l

, LE CADRE DE L'ETUDE
1) PRESENTATION DE LA REGION DE KANGABA
La zone intéressant notre étude au Sud-Ouest Mali est située entre le
Niger, la frontière de la Guinée et les villes de KOUREMALE et KANGABA. C'est à-
dire dans un quadrilatère dont les sommets se situent aux coordonnées
suivantes:
Longitude Ouest Latitude Nord
11°36'80" 8°44'90'

,
"
17°39'20'
11°57'60'
1PS6'SO'
8°51'
8°47'50"
8°24'80'

,
La surface est de l'ordre de 1200 km 2 (fig 1).

1 35

l 30

l
l 25

1 20

1
1 15

1 10

1
j 5

1 o
o
km
] Fig 1: Carte de situation et position des zones test

1
1
- 4 -

r
1) LE CLIMAT

Le Sud du Mali est situé en domaine tropical, avec un climat du type


r
soudanien à deux saisons contrastées (AUBREVILLE, 1949). Une classification des
climats plus détaillée, qui tient compte des subdivisions de la végétation,
sépare le Sud du Mali en deux zones:
r
- zone de climat nord soudanien : 650 < Pluviosité < 1000 mm.
- zone de climat sud soudanien Pluviosité > 1000 mm.
La région de Kangaba est une zone de type sud soudanien. r
La température
Les variations de températures moyennes le long de l'année s'étalent
entre 22° et 32°C, avec deux maxima en début et fin de saison sèche et deux
r.
minima en décembre-janvier et en aOut.

La pluviosité
r.
La pluviosité est le facteur climatique le plus important à la fois par
la hauteur d'eau annuelle et par l'étalement de la saison des pluies. La
pluviosité annuelle moyenne est de l'ordre de 1250 à 1300 mm. La durée de la
saison des pluies tend à s'étaler vers le Sud. Elle passe de 4 mois à Bamako à
5 mois à la frontière guinéenne.

L'humidité relative et le pouvoir évaporant de l'air


L'humidité relative de l'air est basse durant la saison sèche, inférieure
à 35 % de novembre à avril à Kangaba. L'évapotranspiration augmente vers le
Nord, en particulier en saison sèche.
La distribution des précipitations, des températures et de l'humidité est
régie par le déplacement du Front Inter Tropical (F.I.T.) qui oscille entre le
cinquième et septième parallèle en janvier et le vingtième parallèle en aoOt.

2) LA VEGETATION ET L' HYDROGRAPHIE

Le domaine de végétation correspond à la savane boisée, avec de la forêt


claire qui apparait en bordure des cours d'eau et dans des 110ts résiduels.
Elle marque l'apparition des influences guinéennes plus méridionale.
Le Sud-Ouest du Mali présente un modelé de pénéplaine mollement ondulée
(DRESCH, 1953). Il est drainé principalement par le Niger et son affluent le
Bani. La plaine du Niger est bordée à l'Ouest par les contreforts du Fouta
Djallon et au Nord par les plateaux Mandingues. Le fleuve Niger prend sa source
en Guinée à 800 m d'altitude. Dans son cours supérieur, il coule suivant une
direction SW-NE.

3) LA GEOLOGIE

a) Généralités
Le substratum du Sud Mali est constitué en majeure partie par le système
Birrimien du Précambrien moyen ou Pr~cambrien C. Ce socle est bordé au Nord par
les formations gréseuses du Précambrien supérieur ou Précambrien A (BASSOT et
[
a1.,1981).

Les formations birrimiennes ouest africaines se présentent sous la forme [


de ·sillons· larges de quelques di~aines de kilomètres qui s'allongent parfois
sur quelques centaines de kilomètres (BESSOLES, 1977). Elles sont séparées par
des zones granitisées ou migmatitisées pouvant correspondre, soit à un socle
antébirrimien, soit à des manifestations granitiques appartenant à l'orogénie
[
éburnéenne (2500 à 1600 M.A.).
[
r
- 5 -

Les hypothèses concernant la mise en place des formations birrimiennes


sont assez controversées. Actuellement, il semble que le birrimien se
comparerait bien avec ce que l'on observe dans les massifs du domaine hercynien
ou des svecofennides (BASSOT et al., 1981).

Une chronologie des événements géologiques du Précambrien C a pu être


• établie à partir des différentes datations effectuées en Afrique de l'Ouest sur
des formations birrimiennes :
- 2300 MA début de la mise en place du volcanisme basal des unités
birrimiennes,
2100 à 1950 MA - phase tectonométamorphique majeure de l'orogénie
éburnéenne avec mise en place des grands massifs syntectoniques
granodioritiques ou granitiques,
1900 à 1650 MA - mise en place de roches magmatiques post tectoniques
à tendance alcaline.

b) Le sillon Birrimien de SIGUIRI-KANKAN (Fig 2)


La région de kangaba se situe dans l'unité birrimienne de SIGUIRI-KANKAN.
La plus grande partie intéresse la Guinée, la bordure Nord se situant au Mali.
C'est un ensemble volcanique et volcanosédimentaire, plissé et diversement
métamorphisé. Les séries sont très épaisses.
Dans l'unité de Siguiri-Kankan, GOLOUBINOW (1950) a distingué des faciès
peu métamorphiques et des roches métamorphiques.
Les roches peu métamorphiques comprennent :
- Des roches vertes, gabbros, dolérites, andésites, la plupart étant
profondément saussuritisées et ouralitisées,
- Des grauwackes schisteux et arkoses , de teinte gris noir ou verdâtre.
Tous les intermédiaires existent entre les arkoses et les schistes.
Les arkoses sont accompagnées de schistes argileux.
Les roches métamorphiques sont représentées par :
- Des micaschistes à biotites, des cornéennes qui accompagnent parfois
les micaschistes, des para-amphibolites et des quartzites.

GOLOUBINOW (1950) a noté la présence d'un réseau filonien important de


quartz. Ce quartz a souvent un aspect microsaccharoYde, il est parfois
aurifère.

Un massif de granite affleure près de Kangaba et se prolonge au Nord.


D'après COTTARD et al. (1981), il s'agit d'un massif de granite à grain
grossier à biotite et amphibole qui semble constituer un massif ancien, de
forme allongée, concordant aux structures majeures.

Les terrains birrimiens sont généralement plissés et redressés à la


verticale. Les directions tectoniques sont sensiblement Nord-Sud dans la partie
ouest et nord de l'unité.

c) Grès du Précambrien A et dolérites Permo Jurassiques


Des grès infracambriens affleurent au Nord de la région de Kangaba. Ils
forment les plateaux Mandingues et constituent la bordure sud du bassin de
Taoudénit. Ces formations sont en contact discordant avec le socle birrimien.

Les corps doléritiques sont essentiellement cartographiés dans les grès


des plateaux Mandingues (DARS, 1961). Mais il est fort probable qu'il en
existe dans la région de Kangaba, masqués par les couvertures latéritiques. On
observe des filons de dolérites de faibles puissances (1 à 20 m) et des sills
de grandes dimensions, concordants avec les strates dans lesquelles, ils ont
été injectés. La datation de leur mise en place se situe entre 260 et 180 MA.
1
- 6 -

r
d) Les minéralisations aurifères
Le Sud du Mali possède des minéralisations aurifères importantes. Cette
r
région connait encore "l'orpaillage", pratiqué durant la saison sèche par les
populations P~linké. r
r
La plupart des minéralisations connues sont liées à des structures de
filons quartzeux et de zones d'injections diffuses, mises en place dans les
formations birrimiennes. La présence de petits corps granitiques autour de
plusieurs gisements laisse penser que le phénomène de granitisation a joué un
certain rOle dans la reconce~tration de l'or.
[
Toutes les minéralisations primaires sont masquées par la couverture
latéritique importante de la région.
[
[
[
[
[
[
[
[
..
CITIJ
Dolérites

Grès Précambrien A
[
lTT11
~ Schistes et micaschistes [
CZJ Grauwackes et conglQmérats
[
~
~ Granite non orienté
r:-:-:l
~ Granite orienté
Précambrien C
[
50 km
illIITIJ Migmatites
[
Fig 2: Carte géologique de la zone d'étude
[
r
, - 7 -

, 4) LE CADRE GEOMORPHOLOGIQUE DES LATERITES DE KANGABA

, La région de Kangaba est située dans la ceinture cuirassée Sud


soudanienne. Les cuirasses y occupent environ 80 % de la superficie et
constituent l'armature principale du modelé.
Les paysages latéritiques suivent une certaine zonéographie. En milieu
sahélien, les cuirasses apparaissent sous forme de buttes témoins de
superficie réduite. En zone tropicale humide, les cuirasses sont masquées par
,- d'importantes formations superficielles.
En revanche, en zone soudanienne les formations latéritiques sont
particulièrement bien conservées et les cuirasses recouvrent d'énormes
surfaces. Ces cuirasses apparaissent sous deux aspects morphologiques: en
buttes isolées ou sous forme de vastes plateaux bien développés.
Il existe de nombreuses études sur les phénomènes de cuirassement en
Afrique de l'Ouest, (DAVEAU et al., 1962 ; MICHEL, 1969 : GRANDIN, 1973 NAHON,
1 1976; LEPRUN, 1979: PION, 1979 : BOULANGE, 1984 ; AMBRaS l , 1984). Mais ces

,
études concernent les pays limitrophes et non le Mali. Il s'agit surtout
d'études en COte d'Ivoire, Burkina Faso, Sénégal.

a) Le relief de la région de KANGABA


La région de Kangaba peut être subdivisée en trois parties : la plaine

1 du Niger au centre et les zones cuirassées en rive gauche et rive droite.

- La plaine du Niger est une plaine alluviale basse et rectiligne,


implantée dans une structure tectonique du type fossé d'effondrement.
1 Des formations alluviales sont situées en rive gauche sur une largeur
de 5 km et recouvertes par des sols hydromorphes. Il s'agit d'une zone
où les surfaces cultivées sont importantes.

l - En rive droite, les altitudes progressent rapidement de 360 à 440 m


vers l'Est. Les buttes cuirassées sont nombreuses et affleurent
jusqu'au Niger. Les cuirasses constituent des plateaux allongés de
1 plusieurs kilomètres, délimités par des rebords bien marqués. Les
entailles de marigots sont profondes de 30 à 60 m par rapport aux
plateaux. Il est parfois possible de trouver la roche mère altérée
dans le fond des talwegs.
1 - En rive gauche, l'altitude augmente progressivement lorsqu'on
s'éloigne vers l'Ouest. Les plateaux cuirassés pendent faiblement en
1 direction du fleuve et s'ennoient sous les alluvions du Niger.

h) Le réseau hydrographique

1 Le réseau hydrographique montre une orientation N120 - N130 en bordure


du Niger. En revanche, à l'Ouest et au Nord, il se réorganise pour prendre une
orientation N-S et E-W.

l Le type de réseau hydrographique est très lié à la morphologie des


plateaux cuirassés. Dans le modelé à plateaux cuirassés bien découpés de
BANANKORO, le réseau du KOKOYON est dense et prend des formes de treillis.
Dans une morphologie correspQndant à de grandes étendues cuirassées ondulées
1 et peu entaillées, le réseau h,drographique est peu dense et prend une forme
J dendritique ou dichotomée. Ce type de réseau est circonscrit à la région de
DAGADAMOU et aux zones de basse altitude en bordure du Niger.

1 c) Le modelé de la région de KANGABA


La topographie faiblement ondulée, dominée par de grands plateaux
] cuirassés, est tout à fait caractéristique d'un substratum de schistes
birrimiens (BOULET, 1970). Toutefois, on a défini deux types de modelés
déterminés par la morphologie des plateaux cuirassés.

l
l
- 8 -

r
Description du paysage
Le modelé de la région de KANGABA est ondulé et les dénivelées maximum
r
sont de 60 m. La surface cuirassée affleurante ou subaffleurante est d'environ
80 Z et constitue le "squelette" du relief. Les plateaux sont inclinés et les
pendages varient de 1 à 10°. Les marigots entaillent rarement les cuirasses et
r
uniquement dans le cours aval. On observe deux types d'entailles: au sommet
des interfluves ou plus couramment dans les vallées cuirassées.
Les plateaux cuirassés, que l'on nomme "bowés" en Guinéen, peuvent être
classés suivant leurs contours. Il existe trois types de rebords de plateaux:
r
- Vers la frontière guinéenne, les plateaux ont des altitudes comprises
entre 380 et 420 m. Les pentes sont relativement importantes, le plus
souvent vers le marigot. Les plateaux présentent des rebords verticaux
r
de plusieurs mètres, souvent limités par un talus raide de 15 à 30 m
de dénivelée. r
- Lorsque les pentes des bowés sont moins importantes, les talus
diminuent progressivement d'amplitude puis disparaissent. L'entaille
se limite à un rebord de plateau d'environ 1 m. Le découpage en
[
"marche d'escalier" des rebords de plateaux est guidé par la présence
de joints subhorizontaux dans la cuirasse.
[
- En bordure de la plaine du Niger, et principalement à l'Est de
DAGADAMOU les plateaux ont des altitudes variant entre 330 et 380m. Le
réseau hydrographique n'entaille pas la cuirasse. Les bowés forment
des croupes arrondies, au modelé ondulé, où les dépôts sablo-argileux
[
occupent les zones déprimées. Les croupes cuirassées sont séparées par
de larges talwegs comblés par des limons.
[
Morphologie de la zone de BANANKORO et de DAGADAMOU

Deux zones tests dont


l'ensemble de la région ont été
les morphologies sont représentatives de
cartographiées en détail (Fig. 3 et Fig. 4).
[
Pour dresser les cartes, 7 unités morphologiques ont été définies à partir des
observations de photos aériennes. Ces 7 unités sont les suivantes:
(
Cuirasse épaisse à rebord bien marqué
1
F
h
F

tl
Cuirasse sans rebord visible
[
+ + Cuirasse à fort couvert végétal
+ +
"h
+ "'1
tl
[
\1\1111\ Talus raide
JI q
"
" 0
0
0
0
0
0
tl
Glacis cuirassé
[
'1
"
h
? 9
tl
Glacis perché cuirassé [
!' q
"h "
tl
1 ..
p .
'

'
.....
.....
'

".
...
n
. '1
Talwegs [
[
r
._~

- - - - - - - - - - -_ _...l

Fig 3: Carte morphologique de la zone de 8anankoro


- ... ... ...

2 K'"
Fig 4: Carte morphologique de la zone de Dagadamou
- 11 -

,
,
Carte morphologiaue de la zone de BANANKORO (Fig. 3)

Le modelé de la région de BANANKORO peut se décomposer en plusieurs

, unités morphologiques; dalle cuirassée principale, talus, glacis et talwegs.

Les dalles cuirassées sont épaisses et forment de grands plateaux


allongés, convexes ou avec un pendage monoclinal. Ils peuvent également

, prendre une forme en "arc de cercle" en amont des marigots. Les plateaux sont
souvent bordés par un talus dont le pendage est important avec une dénivelée

,
de 10 à 60 m. Au bas des talus, s'étendent des glacis faiblement inclinés vers
le marigot et généralement cuirassés. Ils peuvent occuper de très vaSLes
surfaces. Les glacis peuvent être reliés à la dalle principale par un rebord
vertical d'un à deux mètres, mais l'ensemble reste en parfaite continuité dans
le paysage. Dans ce type de modelé, les talwegs non cuirassés sont assez
étroits, et se limitent fréquemment à une simple entaille de quelques mètres
dans la cuirasse.

1 Carte morphologiaue de la zone de DAGADAMOU (Fig. 4)

1 Le modelé de la région de DAGADAMOU est beaucoup moins entaillé. La


dénivelée est faible et toutes les unités morphologiques se développent en
continuité. Les dalles cuirassées ne forment plus des plateaux bien découpés
dans la topographie, mais plutOt des croupes arrondies avec de faibles pentes.
1 Les talus sont rares et les glacis cuirassés sont en continuité avec la dalle
principale. La morphologie du paysage est peu accentuée, les marigots
n'entaillent pas les surfaces cuirassées et les talwegs se développent sur la

l cuirasse pour donner des formes concaves et planes pouvant atteindre quelques
kilomètres de large.

l d) La surface fonctionnelle et les sols

Les traces d'érosion actuelles semblent être réduites. En effet, la


1 surface fonctionnelle est principalement limitée aux talus et talwegs.

Dans les talus, on observe un phénomène de recul de versant, en général


1 peu développé. Il est fréquent de voir le glacis cuirassé inférieur atteindre
la base de l'éboulis de la dalle supérieure, ce qui indique que ces derniers
n'ont pas ou peu reculé. De même, les glacis forment très rarement une
corniche dominant le talweg et ses alluvions récentes.
l Il existe cependant des traces de démantèlement moins ·visibles" , mais
qui semblent liées à des phénomènes pédologiques. Sur la dalle principale, les

1 sols sont peu évolués et leur profil n'excède pas quelques dizaines de
centimètres. Ils se développent à partir de la cuirasse et sont constitués de
nodules ferrugineux englobés dans une matrice argilo sableuse grise.

1 Dans les flats, les h~rizons inférieurs des sols se développent


également à partir de la cuirasse, mais peuvent atteindre des épaisseurs de
plusieurs mètres. A la base, on observe nettement un horizon de démantèlement

l de la cuirasse ou les nodules ferrugineux sont progressivement libérés dans


une matrice silteuse. Vers le haut du profil, les nodules sont complètement
altérés et disparaissent au profit d'une matrice à kaolinite et quartz plus ou
moins mélangés avec du matériel d'apport éolien.
1
]
1
, - 13 -

, II) ETUDE DES PHOTOGRAPHIES AERIENNES

, Pour cette étude, nous avons disposé des documents suivants


- Cartes topographiques IGN au 1/200.000
Feuille YANFOLILA - NC 29 XXII
Feuille BAMAKO-OUEST - ND 29 IV
- Photographies aériennes de la mission IGN 1975 au 1/50.000
(75/NC 29 XXII et NC 29 XVI/500) en panchromatique.

Dans un premier temps, nous avons interprété et réalisé une cartographie


géomorphologique de la rive gauche du Niger entre KANGABA et la frontière de

1 Guinée, sur une superficie de 700 km 2 .

, Cette cartographie a été étendue ensuite à la zone Nord KANGABA et à la


rive droite du Niger, jusqu'à la FIE. L'ensemble des trois zones correspond à

,
une mosaIque non contrôlée de 48 photos d'une superficie de 1600 km 2 • Nous
avons utilisé quatre bandes de photographies aériennes (237 à 251 Nord-Sud,
273 à 286 Sud-Nord, 289 à 300 Nord-Sud et 303 à 311 Sud-Nord). Cette mosaIque
est recalée à l'aide du fond topographique au 1/200.000 et pour la partie

, proche de la vallée du Niger à l'aide des mosaIques 1982 de l'IGN réalisées


pour le modèle mathématique du Fleuve NIGER (Etude du Fleuve Niger).

Le résultat synthétique des travaux morphologiques est regroupé dans

, une carte hors-texte au 1/50.000 (DNGM - ORSTOM - CNRS, 1986).

1. Etude des rebords et des points hauts des plateaux cuirassés

La première interprétation a été effectuée par


ingénieur DNGM, au cours d'un stage à Strasbourg (Fig. 5).
THERA E. (1984),

l
, Il s'est intéressé plus particulièrement aux rebords de cuirasse bien
marqués en stéréoscopie et aux différences de niveaux à l'intérieur des hauts
plateaux eux-mêmes. Il apparaIt nettement sur la figure 5, extraite de la
carte morphologique représentant la zone de BANANKORO, que les plateaux
cuirassés déchiquetés occupant les interfluves sont complexes. Ils forment des
surfaces gauchies à pendages variables. La pente générale se dirige vers les
l marigots importants comme le KOKOYON. Les rebords de cuirasses sont bien
marqués, mais peuvent être remplacés localement par un talus à pente très
raide. Des rebords et cassures apparaissent sur les plateaux eux-mêmes,
formant des niveaux étagés intra-plateaux. Ces petits rebords soulignent par
1
,
exemple les points hauts des plateaux de part et d'autre du KOKOYON.

Le fait de ne fermer les contours des niveaux cuirassés que pour la


présence réelle de falaise ou rebord abrupt ne donne qu'un aperçu approximatif
de la superficie des Hauts plateaux. En revanche, il souligne le caractère
ondulé et penté des surfaces qui ne peuvent en aucun cas être assimilées à des
surfaces planes.
l 2. Etude des plateaux cuirassés et cuirasses sans rebords

l Cette interprétation a .~ effectuée par Philippe FREYSSINET, étudiant


en DEA durant le quatrième trimestre 1984 (Fig. 6).

Il s'est attaché à cartographier les plateaux cuirassés et leurs


l pendages, mais également les cuirasses sans rebords bien marqués, situées
généralement en contrebas des plateaux. Cette interprétation, souvent
difficile en paysage boisé, permet de compléter la représentation des surfaces

l cuirassées. On s'aperçoit par exemple que les niveaux cuirassés s'approchent


considérablement des thalwegs, ne laissant qu'un mince liseré supposé non
cuirassé.

l
1
- '.
~

>

,,
,
,
.,
,
'--- .. -_ .. _-------- ..........

Fig 5: Esquisse des plateaux cuirassés de la zone de Banankoro

., ....,
:.. ~-" . .: ......
'.....:
;"'-',
. ,...... .~:.

...-"
. •
.' J
",

.'
.

;
F~" ~
~, L

r, \~
.
.1
;'\.
~. . (

V-J.:
... _.. ~
"

Fig 6: Esquisse des plateaux et cuirasses moyennes de la zone de Banankoro


- 16 -
1,

Certaines cuirasses en contrebas, sans rebord apparent, ont été


I~
cartographiées en traits discontinus ou en pointillés. En fait, elles
correspondent simplement à une forte probabilité de cuirassement, estimée
d'après la texture des photographies aériennes. On peut comparer l'esquisse de
I~
la figure 6 à la carte morphologique de la figure 3, pour évaluer les surfaces
cuirassées dont on peut être absolument sUr dans la zone de BANANKORO. (.
Dans cette première interprétation, la majorité des zones basses proches
ou non des marigots, a été considérée comme non cuirassée; mais en réalité,
ces zones basses sont le plus souvent cuirassées elles aussi. [.
3. Contrôle de terrain
Les deux interprétations préliminaires des zones situées sur la rive
[
gauche du Niger (700 km 2 ) ont été contrOlées au cours de la campagne de
terrain de mars 1985, durant les prélèvements régionaux pour la géochimie. Une
attention particulière a été portée aux deux zones de BANANKORO et DAGADAMOU,
sur lesquelles existaient déjà de nombreuses données.
l
On s'est rapidement aperçu que les contours et les surfaces des plateaux
ne posent pas de problème et sont parfaitement conformes aux interprétations.
Les cuirasses moyennes, en revanche, sont très largement sous-estimées et
L
occupent une superficie beaucoup plus importante que prévu. Les zones basses
sont également fortement cuirassées, et se raccordent aux zones moyennes par
des surfaces en pentes sans rupture de niveaux. Toutes les têtes de marigots
l
coulent sur des niveaux cuirassés, parfois sur plusieurs kilomètres avant de
réussir à créer une entaille.
L'examen de puits de prospection et de puits d'orpailleurs a montré que
certains thalwegs présentent des niveaux cuirassés, souvent recouverts par des
l
sols de flat et des gravillons latéritiques.

Le contrOle de terrain a donc montré une généralisation des surfaces 1


cuirassées qui occupent probablement de 80 à 90 % de la superficie de la
région. Des indices indirects de termitières et d'hydromorphie de surface
montrent que les sols ferrugineux que l'on peut observer ne sont pas épais, et
que les niveaux cuirassés sont ennoyés à faible profondeur.
1
4. Extrapolation de la cartographie du cuirassement à
l'ensemble de la zone de KANGABA. 1
A la suite des contrOles terrain effectués par A. NOVIKOFF, J.C. PION et
E. THERA, la cartographie morphologique des cuirassements a été étendue à deux 1
autres zones par Ph. FREYSSINET en 1985.

Il s'agit d'une zone "Nord-Kangaba" qui englobe KOUREMALE et KANGABA et


déborde légèrement sur la feuille BAMAKO-OUEST et d'une zone "LA FIE" qui
concerne la rive droite du Niger jusqu'à la rivière la FIE. Le résultat final
a été présenté dans une carte hors-texte, qui figure dans le rapport de
première phase de l'étude sur la zone de KANGABA (DNGM - ORSTOM - CNRS, 1986).

Cette carte synthétique a été simplifiée pour le réseau hydrographique


et le réseau de villages. Elle ne présente que les cuirasses importantes,
pouvant servir de repère dans le paysage, et correspondant en majorité à des
plateaux hauts. On a distingué sur la carte les plateaux cuirassés qui se
situent de part et d'autre de la courbe de niveau 400 m. Les surfaces hautes
assez rares ont été représentées en traits gras et indiquent les sommets du
paysage. Les surfaces moyennes très courantes sont représentées en traits fins
et forment la majorité des plateaux.

Les changements de pendages très nombreux sont indiqués par des flèches
et permettent d'évaluer la forme régionale du modelé et la complexité de la
surface des plateaux.
- 17 -

CHAPITRE II

, TELEDETECTION

, I} IMAGES SATELLITAIRES DE LA PREMIERE GENERATION


1. Données disponibles sur la zone de KANGABA

, La région de KANGABA dans la partie amont de la vallée du fleuve Niger


ne bénéficie pas d'une grande abondance de données satel1itaires de bonne
qualité. Nous avons cependant pu disposer de documents sur supports
photographiques et acquérir progressivement des données numériques sur bandes
magnétiques CCT.

1 a} Supports photographiques
214-52 - Tirage 1/200.000 sur papier, des images LANDSAT du 5/12/72 et
du 4/3/75 en noir et blanc des canaux 4, 5 et 7.
1 214-52 - Tirage 1/200.000 sur transparent diazoYque permettant la
composition colorée CMY des mêmes images LANDSAT du 5/12/72 et
4/3/75.
214-52 - Tirage 1/1.000.000 des canaux 4, S, 6 et 7 des images LANDSAT
1 du 28/6/82 et 7/12/82. Ces images sont amputées d'une partie de
l'orbite, ce qui permet uniquement l'observation de l'extrême
Est de notre zone d'étude (LA FIE).
1 214-52 - Tirage 1/200.000 de l'image LANDSAT-RBV du 22/1/81. Cette image
n'est pas acquise à l'aide du capteur MSS de LANDSAT comme les
précédents, mais à l'aide de la caméra vidéo du LANDSAT 3.

l Tirage au 1/200.000 d'une partie de l'orbite 29/30 du Radar SIR A


embarqué sur la navette spatiale américaine le 12/11/81. La partie des scènes
46 et 47 qui recoupent notre zone d'étude est située malheureusement à
1 l'extrême Est de celle-ci (LA FIE).

b} Données numériques

1 214-52 - Bande CCT


LANDSAT 1.
multispectrale du 5/12/72 de l'Eros data Center du

1 214-52 - Bande CCT - RBV du 22/1/81 de l'Eros data Center-LANDSAT 3.

214-52 - Bande CCT multispectrale du 23/10/84 acquise à Mas Palomas et


traitée à FUCINO - LANDSAT 5.
l Malheureusement la bande magnétique du 23/10/84 a été acquise à une date
où la couverture de brume sèche était très importante, ce qui la rend

1 pratiquement inutilisable. La qualité de la bande RBV est médiocre avec de


trop forts contrastes entre le centre de l'image et les bordures. Nous avons
donc travaillé principalement sur la bande multispectrale du 5/12/72 qui est
de bonne qualité.
l
2. Etude test des données LANDSAT

l Les données photographiques ne nous permettent pas de descendre à une


résolution supérieure au 1/200.000. Cela donne uniquement une vision
régionale, mais on ne peut pas entrer dans le détail des formations
1 latéritiques.

1
'1
- 18 -
1
r
Les données numériques permettent, dans le meilleur des cas, de
travailler au 1/50.000 et surtout d'utiliser plus facilement les additions de
trois canaux en composition colorée. Les premiers essais ont été pratiqués sur
nos zones latéritiques par Ph. FREYSSINET, (1985).
r
Les principales conclusions de ce travail préliminaire montrent qu'il
est relativement aisé de retrouver certains faciès morphologiques des
cuirasses à l'aide des données LANDSAT, en particulier grâce aux compositions
r
colorées. Des ratios de canaux permettent d'identifier certains thèmes tels
que cuirasses, sols nus. végétation. Enfin, les valeurs radiométriques dans
les différents canaux peuvenL servir à isoler certains thèmes caractéristiques
de l'image. Mais le signal àe la végétation est prépondérant par rapport aux
r
signaux des autres thèmes. Le pourcenLage de couvert végétal influe fortement
sur la texture de l'image. r
3. Etude de la scène LANDSAT - 214-52 du 5/12/72 r
A la suite de l'étude préliminaire de deux petites zones, T. DANDJINOU
et C. ROQUIN ont entrepris l'étude plus détaillée de la scène du 5/12/72. Une
composition colorée des canaux 4, 5 et 7 a été réalisée à l'échelle du
1/80.000 pour garder une vision globale de notre zone d'étude.
[
Des traitements ont été mis au point pour restituer et améliorer les
images au Centre de Calcul de Strasbourg-Cronenbourg. Il s'agit en particulier
[
de traitement de délignage des images LANDSAT. En effet, les canaux bruts de
la scène sont fortement lignés, en particulier les canaux 4, 6 et 7. Ces
traitements adaptés à chaque canal sont suffisamment sélectifs pour ne pas
déformer l'information originale. Un exemple est donné dans la figure 7 et
[
dans la figure 8 de ces traitements de délignage.

La suite de l'étude a été poursuivie, d'une manière plus limitée, sur


[
les zones latéritiques anomaliques en Or qui composaient les zones test des
équipes qui étudient la pétrographie, la minéralogie et la géochimie des
latérites. Il s'agit des zones de DAGADAMOU et BANANKORO. [
L'étude au 1/50.000 de la zone de DAGADAMOU a été entreprise en essayant
de corréler les données cartographiques de la prospection géochimique et les
images LANDSAT. La taille des pixels (80 m x 56 m) rend le repérage très
[
difficile pour réaliser une véritable superposition des différentes données.
On doit noter également sur la zone la présence de brUlis qui masquent
complètement l'information radiométrique aux endroits où ils se produisent. [
4. Contrôle de terrain
[
Une mission sur le terrain a été effectuée en février 1986. Cette
campagne comportait la vérification des cartographies déjà réalisées et la
prise d'information pour la suite des traitements à appliquer aux images
satellitaires. Il était prévu également d'effectuer des mesures radiométriques
[
"in situ' sur les latérites pour essayer de calibrer la radiométrie LANDSAT
sur notre zone d'étude. Cette campagne de mesures a dU être reportée pour des
raisons matérielles. Elle a été effectuée en Février 1987. [
La mission sur le terrain a permis de faire une brève reconnaissance
dans la zone de la FIE pour vérifier certains alignements visibles sur les
images. Ces alignements correspondent à des emprises linéaires de la
[
végétation liées probablement aux structures internes des latérites ou à la
lithologie du substratum.
[
[
r
,
, 19 -

, "~~"---.'.

,
l
,
1
l
l
l
1
l
,
1
1
1
:1
1

1
1
1 Fig 7: Image du canal 6

'1
20
1

Fig 8: Image LAND5AT du canal 6 dél igné

[
r
l
- 21 -

l
1 Une reconnaissance a été effectuée jusqu'aux rebords Sud des Monts
Mandingues en liaison avec les travaux sur les bauxites de A. BOURDEAU. Cette
zone qui est recouverte par notre image LANDSAT du 5/12/72 fait partie des
l possibilités futures d'extension de l'étude. La reconnaissance sur le terrain
a montré que les images satellitaires seraient d'un apport certain dans ce
type de paysage des Monts Mandingues.

l
l
1
l
1
1
1
1
1
1
1
1

.,
l
1

- 23 -

1
, II) IMAGES SATELLITAIRES DE LA DEUXIEME GENERATION

1 Le dépouillement des données LANDSAT était loin d'être achevé quand nous

,
1
avons reçu en juin 86 des données plus performantes.

1. Données disponibles sur la zone de Kangaba

Dans le cadre du programme d'évaluation du satellite français SPOT


(projet PEPS) nous avons obtenu deux scènes multispectrales couvrant notre
1 zone d'étude.

39-326 - Scène SPOT - XS du 5/4/86

1 visée oblique 23° W - niveau lB - CCT

39-327 - Scène SPOT - XS du 5/4/86


visée oblique 23° W - niveau lB - CCT
1 Nous avons également obtenu les deux bandes CCT n° 189 et 190 des
données MOMS 1 embarqué sur la navette spatiale américaine en février 1984.

1 MOMS 1 - STS 11 - 600 et 900 nanomètres - 1984

Ces données numériques sont nettement plus performantes que les données
1 MSS-LANDSAT et leur résolution au sol de 20 m x 20 m permet d'atteindre
facilement des échelles de 1/25.000. L'interprétation de ces nouvelles données
a immédiatement commencé dès le milieu de l'année 1986 et a relégué au second
plan les données précédentes.
1 Un logiciel performant a été mis au point au Centre de Calcul de
Strasbourg-Cronenbourg. Ce logiciel 'SUBTIL" de traitement d'images numérisées

1
,
est basé sur les logiciels classiques "SPIDER" et 'UNIRAS' (DANDJINOU, 1986).

2. Etude des données SPOT du 5/4/86

, Les deux scènes SPOT multispectrales comportent trois canaux. Deux


canaux dans le domaine du visible et un canal dans le proche infrarouge.

- XS 1 - 500 à 590 nanomètres


- XS 2 - 610 à 680 nanomètres
- XS 3 - 790 à 890 nanomètres

1 Les trois bandes spectrales sont étudiées séparément ou bien de façon


simultanée sous forme de composition colorée. La composition colorée est
obtenue classiquement suivant le principe de synthèse soustractive CMY. On

1 affecte respectivement les trois couleurs primaires aux trois bandes


spectrales: XS 1 en jaune, XS 2 en Magenta, XS 3 en cyan. D'autres
combinaisons sont possibles, soit en utilisant d'autres couleurs, soit en
utilisant des néocanaux obtenus par calculs ou rapports entre les trois
1 bandes. .

Notre zone d'étude de Kangaba, et en particulier la rive gauche du Niger

1 avec les zones test de DAGADAMOU et BANANKORO est malheureusement à cheval sur
les deux scènes SPOT. Il a donc été nécessaire de fabriquer une mosalque
numérique, entre les deux scènes, qui permette de visualiser ensuite
l'ensemble de la région.
1
1
- 24 -
l
r
a) Mosaïque numérique SPOT du District de KANGABA (Figure 9)
La fenêtre 2000 x 2000 pixels, soit 40 x 40 km, correspond à la partie
r
occidentale du district de KANGABA. Les données du satellite SPOT ont été
traitées sur ordinateur IBM du Centre de Calcul de Strasbourg puis restituées
sous forme de films négatifs par le "DRUM-SCANNER" du Service régional du
GSTS. Les négatifs obtenus permettent ensuite la fabrication de compositions
r
colorées par développement photographique classique ou "CROMALIN".
Différents thèmes du paysage se reconnaissent ainsi aisément, grâce à la
bonne résolution de l'image SPOT, par la couleur correspondant à leur
r
signature spectrale.

L'empreinte de la végétation qui ressort en rouge est encore très


marquée en cette saison elle souligne bien le tracé des petits marigots
r
affluents du Niger et elle différencie également les unités morphologiques
(cuirasses, talus, glacis) boisées. En revanche, les bowals dénudés
apparaissent bleu-vert sombre et se distinguent des cuirasses de zone basse et
des plaines alluviales moins foncées.
r
Les sols nus ressortent dans les teintes les plus claires. On repère [
bien, les champs cultivés, les villages, les placers en activité, les
alluvions du lit du Niger et le tracé des pistes. L'emplacement des feux de
brousse récents se marque par des taches noires. [
A cette zonalité des couleurs se superposent des structures linéaires
assez variées et qui correspondent vraisemblablement aux discontinuités
lithologiques ou tectoniques du substratum birrimien conservées en relique [
dans la couverture d'altération. On distingue parfois, les rebords des
plateaux cuirassés, dentelés et découpés, qui sont soulignés par des zones
d'ombre ou de la végétation. [
b) Traitements des données SPOT
Dès le début du dépouillement des données SPOT, nous nous sommes aperçus [
que les deux canaux dans le visible (XSl et XS2) sont très corrélés. Cette
corrélation est gênante pour la fabrication des compositions colorées, mais
également pour l'identification des plateaux cuirassés par rapport aux zones
basses.
[
Des traitements multiples ont été essayés pour décorréler ces deux
canaux. Les décorrélations brutales type "ACP" font apparaître des linéations
Nord-Sud provenant des barrettes de détecteurs. Ce phénomène de "colonnage"
[
rend les néocanaux très difficiles à utiliser. Des traitements plus souples
ont été utilisés pour éviter cet effet parasite. La combinaison linéaire
adoptée est de la forme suivante (Fig. 10):
[
3(XS1) - XS2 - 100
Cet indice traduit bien l'effet du cuirassement sur le contraste de
[
réflectance des deux bandes visibles XSl et XS2 (C. ROQUIN et al., 1987).

Des ratios de canaux ont été calculés pour rechercher les thèmes
[
importants, en particulier la végétation. Les meilleurs résultats pour les
images LANDSAT étaient obtenus avec le ratio 7/5. Pour les données SPOT,
l'indice de végétation classique a été calculé (Fig. 10). [
IV = (XS3 XS2) xl00
(XS3 + XS2)
[
[
r
Region de Kangaba (Sud Mali)

o
1 FIGURE 9 COInposition coloree CMY
1 Bande XSl : Jaune
l [Link] SPOT : Bande XS2 : Magenta
'1 Bande XS3 : Cyan
- 27 -
Image SPOT: 3*XS1-XS2-100

,
:
SUP A 87
4

83 - 87
81 - 83
7g - 81
78 -?g 3

---
TT - 78
76 - TT
75 - 78
74 - ~
?3-U
72 - 73

--
71 - 72
70 - 71 2
6P - 70
88 - Ill/
66-88
INl". A 88

1
1
1 2 3 5 6 km

Prospect de Dagadamou: Region de Kangaba


1
l
1 Image SPOT:

Il 4

1
1 SVP. A
Il -
4 -
8
Il
Il
3

---
3 - 4
~ 2 - 3

1 ·~I 1 -
o-
-1 -
2
1
0
-2 - -1 2 ."

1
-
-3 - -2
-4 - -3
-5 - -4
INF. A -5

,1
1
1
Prospect de Dagadamou: Region de Kangaba
1
. Fig 10: Indi ces de cui rasse et de végétat i on
1
- 28 -

r
On reconnait bien, sur l'image obtenue par l'indice de végétation, les
zones boisées sur les plateaux cuirassés et les zones dénudées. La disposition
r
en bandes parallèles NW-SE de la végétation sur bowal est confirmée. Cette
orientation apparaissait déjà sur les photos aériennes et correspond à des
structures importantes de la cuirasse.
r
L'indice de végétation a été comparé à la cartographie géochimique de la
zone de DAGADAMOU ([Link] et al., 1987). Il apparait que, sur les plateaux
cuirassés, la végétation est plus dense lorsque les teneurs de la cuirasse en
r
kaolinite sont plus élevées.
[
c) Essai de classification supervisée
[
Six zones test de 256 x 256 pixels (5 x 5 km) ont été traitées à l'aide
d'une console interactive "Pericolor" à l'atelier de Télédétection de l'ORSTOM
à BONDY. Trois zones sont situées dans la région de DAGADAMOU et trois dans la
région de BANANKORO.
[
Dans chacune des zones, des fenêtres d'entralnement ont été
sélectionnées sur la composition colorée. Ces fenêtres, au nombre de 8 à 12,
sont choisies pour représenter les thèmes différents de l'image. Elles doivent
[
être le plus homogènes possible de façon à représenter le thème sans aucune
ambiguité possible. Différents traitements de classification et de lissage
sont ensuite comparés sur le Pericolor et des photos d'écran sont acquises
[
pour les meilleurs résultats.

Différents thèmes du paysage latéritique se reconnaissent facilement. Il [


s'agit en particulier des marigots, des feux de brousse, des traces
d'occupation humaines (champs, villages, placers actifs, pistes), des sols nus
et alluvions du Niger. On isole ainsi aisément des fenêtres homogènes pour ces
thèmes. En revanche, la résolution très fine de SPOT ne permet pas facilement
[
d'isoler avec autant de précision des fenêtres sur les unités morphologiques
cuirassées. Entre les cuirasses dénudées et les cuirasses boisées, il existe
une gradation progressive de la densité de végétation qui rend délicat le [
choix des zones types. Il est nécessaire de revenir à une définition des
fenêtres et à un seuillage canal par canal, la composition colorée intégrant
déjà trop de détails.
[
Les essais de classification sont loin d'être terminés, les études dans
ce sens seront poursuivies dans les prochains mois en revenant sur une
définition des thèmes par les images SPOT et les photographies aériennes. [
d) Télédétection et cartographie
[
Le recalage géométrique qes images SPOT a permis la superposition et la
comparaison avec des données exegènes à la télédétection. Ces traitements se
sont avérés très utiles pour la cartographie, en particulier géochimique, qui
[
sera présentée ultérieurement dans le rapport.

Des exemples de recalages géométriques sont donnés plus loin pour les
zones de DAGADAMOU et BANONKORO. Les images au 1/25.000 sont obtenues à l'aide
[
du logiciel SPIDER après rotation et recadrage de l'image SPOT, pour colncider
avec les plans d'échantillonnages géochimiques. On peut visuellement comparer
les images avec les cartes géochimiques.
[
[
r
- 29 -

1
1 III) CARTOGRAPHIE DE LA ZONE DE BANANKORO

La cartographie de la zone test de BANANKORO a fait l'objet d'un travail


1 de DEA durant l'année universitaire 1986-87 (LEGALL M., 1987).
L'étude et la cartographie des formations superficielles latéritiques de
la région de BANANKORO a été réalisée à partir des deux types de documents

1 à notre disposition: les photographies aériennes et les données SPOT


multispectrales enregistrées le 5 avril 1986 en fin de saison sèche.
Le choix du secteur de BANANKORO se justifie essentiellement par
l'existence d'une minéralisation aurifère, en placer et sous cuirasse, qui a
1 déjà fait l'objet de nombreux travaux de reconnaissance en prospection
minière.

'1 A) GEOMORPHOLOGIE (Fig 3, 5 et 6)


La région de Kangaba étant située en zone soudanienne, la majeure partie
de la superficie, 80 % environ, est couverte de cuirasses.
l Plusieurs unités morphologiques ont été identifiées: les plateaux
cuirassés, les talus, les glacis et les talwegs.

1 - Les plateaux cuirassés apparaissent le plus souvent sous formes


allongées en lanières; ou parfois forment un arc de cercle en amont
des marigots. Leur contour est généralement bien marqué par un rebord.
L'étude au stéréoscope montre assez nettement leur pendage. Ils
1 peuvent être convexes, monoclinaux (rive sud du KOKOYON) ou même
concaves: la cuirasse parait s'enfoncer sur elle-même dans ce cas.

1 - Le talus est limité par le rebord de la cuirasse en amont et par la


rupture de pente à l'aval: le knick. Cette zone est caractérisée par
une végétation relativement importante. L'importance du talus varie
suivant sa position par rapport au pendage de la cuirasse:
l - sur le rebord amont, au sommet du plateau, on passe brutalement
du plateau au glacis car le talus est abrupt;
- à l'aval le talus présente un pendage moins important.

1
, - Le glacis est limité en amont par le knick et en aval par le fIat.
Il est caractérisé par une faible pente vers le marigot et peut avoir
un modelé ondulé. Son extension est parfois importante. Tel est le
cas par exemple de la région de DIOUROUKA autour de plaines élevées.
Il peut être cuirassé; cela se voit bien en photo aérienne. C'est le
cas par exemple, au niveau de la zone de confluence du KOKOYON et du
TAMMPIKOLE. En général, la couverture végétale arborée est peu
l importante.

- Le talweg ou fIat est constitué par les zones les plus basses de la

l topographie. Le marigot central est le plus souvent caché par une


végétation dense: la forêt-galerie. Ces talwegs sont de teinte claire
et ressortent facilement en photographie aérienne.

1 - Les plaines élevées ressortent également en teinte claire. Leur


position haute par rapport aux flats explique leur appellation de
plaines élevées ou ·perchées· (FREYSSINET 1985). La végétation est peu
abondante et discontinue. Il n'y a pas de marigot central mais
1 simplement une légère entaille qui doit être liée au ruissellement
temporaire à la saison des pluies.

1 En conclusion, la morphologie de la région de BANANKORO est


caractérisée par des cuirasses {errugineuses épaisses avec des rebords bien
marqués. Ces plateaux cuirassés sont très étendus et entourés par des talus,
le plus souvent, à forte pente.
1
,
- 30 -
r
r
B) TELEDETECTION
Les traitements de données numériques ont été réalisés à l'aide des
r
maté~iels et logiciels informatiques développés sur l'ordinateur 3081 du
Centre de Calcul de CRONENBOURG. Il s'agit du logiciel SUBTIL, mis au point
par DANDJINOU, et du logiciel CARTEL réalisé au LCT par HIRSCH et SCHNEIDER.
Les programmes ayant besoin d'implanter en mémoire les images sur
r
lesquelles ils travaillent, la taille maximale des fenêtres définies sur les
images est limitée à 512 x 512 pixels. La zone d'étude a donc été réduite à
cette dimension, CE qui correspond à un carré de 10.25 Km de cOté.
r
1) Etude de la distribution statistique des réflectances [
La distribution des valeurs de réflectance dans chaque canal XSl, XS2 et
XS3 est caractérisée par ses paramètres statistiques (Tableau 1) et par
l'histogramme de fréquence (Fig Il). [
Tableau l - Paramètres statistiques concernant les canaux XSl,XS2,XS3 [
Moyenne Ecart-type MIN MAX Coefficient de

XSl 86.61 5.89 73 130


variation
6.80.10- 2 [
XS2 85.63 7.53 63 137 8.79.10- 2
XS3 92.23 9.30 61 137 10.00.10- 2
[
La réflectance est plus élevée en moyenne dans le proche infrarouge
(XS3) que dans le visible. La dispersion des valeurs augmente progressivement
avec la longueur d'onde: les écarts-types vont croissants de XSl, à XS2 et à
XS3 et les histogrammes sont de plus en plus étalés. Ils sont de type
[
unimodal. On constate que les plages de valeurs n'occupent qu'une faible
partie des
s'intéresser.
256 niveaux disponibles. C'est à ces plages que l'on va [
L'étude des corrélations permet de comparer globalement les variations
de réflectance dans les trois canaux (Tableau II). On remarque sur ce tableau [
une très forte corrélation entre XSl et XS2 (r - 0.965). Ceci se traduit par
une forme allongée, presque linéaire du nuage de points sur l'histogramme
bidimensionnel représentant la répartition des effectifs en fonction des
réflectances mesurées sur XSl et XS2 (Fig 12).
[
Tableau II - Matrice de corrélation entre les canaux XSl, XS2 et XS3 [
XSl XS2 XS3

XSl 1.000 [
XS2 0.965 1.000
XS3 0.478 0.461 1.000
[
Les variations de réflectance dans un canal sont également représentées
à 93
à ce
% sur l'autre canal et il y a donc une forte redondance de l'information
niveau. En revanche, les mesures du canal infra-rouge XS3 sont nettement [
plus contrastées; elles ne reproduisent pas moins de 23 % des variations
observées sur l'un des canaux visibles XSl ou XS2. L'influence prépondérante
de la végétation dans le domaine infra-rouge explique cette différence de
comportement.
[
[
r
- 31 -

HISTOGRAMMES DES FREQUENCES


"10 3 CANAL XSl

30.00

25.00
CIJ
r:
~
20.00
U
~ l~[Link]

~ :0.00

5.00

o. 00 -+-n--~--,."~~

60 70 80 90 100 11 0 120 j 30 J 40
REFLECTAKCE
CANAL XS2

2000

t/)
~ 1500
f=
U
~ 10.00
~
5.00

0, 00 -+rr-r"'l"'T"TT~,"""'" 1 1 1 " 1

60 70 80 90 100 110 120 130 140


REFLECTANCE
CANAL XS3

10.00
t/)
~ 8.00

U 6.00

~
~
4.00

2.00

. 1

70 BD 90 100 110 120 130 140


REFLECTANCE
Fig 11: Histogrammes de fréquences des canaux XS1,XS2 et XS3
1
- 32 -
r
140
XS2
SPOT : Region de Banankoro

Reflectance
(Sud Mali)
r
130
r
120
r
~ooo

110 r
Effectif 100 "'
[
i
i
1
1
90 J
1
[
!o 1

[
1

so -1
1

\
70 -i
1 [
XSl
-l
60 f-----r------,,---r-,-----,.,--.--,------,-,-
i - . - - - - - . , Refleetanc e
60 70 80 90 100 110 120 130 140
[
Fig 12: Histogramme bidimensionnel X51-X52
[
Histogramme des. frequences
[
~103 (XS3-XS2 / XS3+XS2)*100 +100
[
20.00 - [
cr.::
~
~
15.00- [
E--
U
~ 10.00- [
~
~
500 - [
[
[
Fig 14: Hi stogranme de fréquences du néocanal "indi ce de végétat ion"
r
1 -

Image SPOT : Composition


1, -

Prospect de Banankoro
District de Kangaba ( Sud Mali )
Bande XSl Jaune Ech 1/50 000
Bande XS2 Magenta
Bande XS3 Cyan

. FIGURE 13
l
- 35 -

l
Ce facteur est sans doute à l'origine d'une corrélation légèrement plus
1 élevée entre XSl et XS3 (r - 0.48) qu'entre XS2 et XS3 (r - 0.46). En effet,
dans le visible, la végétation réfléchit plutOt dans le vert correspondant au
domaine XSl que dans le rouge correspondant au domaine XS2.

1 2) Visualisation des bandes XSl,XS2 et XS3


Le premier objectif du traitement informatique est de passer des données
1 numériques à la représentation visuelle des variations spatiales de
réflectance. A partir des histogrammes de fréquences cumulées, on détermine 17
classes de même effectif auxquelles on affecte une teinte de gris d'autant

1 plus claire que la réflectance est forte; le résultat est une carte "noir et
blanc".

Les deux images XSl et XS2 se ressemblent beaucoup mais la texture de


1 l'image XS2 est un peu plus riche et plus contrastée. Sur les images des
bandes XS1 et XS2 les alluvions de plaine et les sols argilo-limoneux
ressortent en teinte claire. Les champs cultivés de la plaine sont bien

1 délimités. Le réseau hydrographique apparaît en noir de même que les zones


brülées. Les cuirasses et les glacis sont peu différenciables en teinte
sombre.
Des structures linéaires Nord-Sud et N 110 0 ressortent nettement et
1 recoupent les principaux axes de drainage.

L'image du canal XS3 montre bien la distribution de la végétation qui


réfléchit fortement dans l'infra-rouge et ressort dans les teintes claires. On
l reconnait la forêt-galerie en bordure des marigots, les champs de culture et
l'emplacement des feux de brousse formant des taches très sombres ou noires
pour les feux les plus récents. Les talus boisés contrastent fortement avec

l les cuirasses dénudées très sombres et soulignent leur contour. La végétation


se développe davantage en tête de l'entaille à l'amont des axes de drainage
secondaires.

1 En conclusion, les images des canaux 1 et 2 sont moins contrastées que


celle du canal 3 mais toutes les images apportent une certaine quantité
d'information.

l L'image en composition colorée des 3 canaux a été réalisée en mode CMY,


en affectant la couleur cyan au canal XS3, le magenta au canal XS2 et le jaune
1 au canal XSl. Par combinaison soustractive, les fortes réflectances sur un
canal apparaissent dans la couleur complémentaire, soit respectivement en
rouge, vert et bleu. Cela correspond à la palette classique en télédétection

l (Fig 13).
Ici, en raison de la forte corrélation des canaux XSl et XS2, les deux
couleurs dominantes sont le rouge pour la végétation et le bleu-cyan pour les
zones dénudées de faible albedo, essentiellement les plateaux cuirassés. Les
1 zones de brülis apparaissent noires ou très sombres. En revanche, les sols nus
des zones de cultures, les dépots argilo-silteux des vallées et des plaines,
ressortent en clair.
Ainsi, la composition' colorée donne une image synthétique de
1 l'information apportée par les' trois canaux SPOT. Elle permet de mieux
différencier les différents thèmes du paysage latéritique en faisant ressortir
les contrastes de réflectance dans les trois bandes spectrales.
l On remarque le rOle important du canal XS3. Cela confirme les
observations faites sur l'image noir et blanc. L'information radiométrique
contenue dans le canal XS3 sera primordiale dans la détermination des
l différents thèmes.

l
- 36 -
l~
(
3) Les combinaisons numériques de canaux r
On peut, en faisant des combinaisons numériques de canaux, mettre en
évidence certains traits particuliers de l'image liés aux contrastes ou aux
l
similitudes des signatures spectrales des différents thèmes.

a) L'indice de végétation (Fig 14) I,


La densité de la couverture végétale, caractérisée par le contraste
entre les bandes visible XS2 et proche infra-rouge XS3, est exprimée par
l'indice de végétation calculé sous la forme:
1
= * 100 )
l (XS3 - XS2 / XS3 + XS2 ) + 100

Par rapport A l'image brute du canal XS3, il accentue nettement le


1
contraste entre les cuirasses dénudées très sombres et la végétation qui
souligne les talus, notamment ceux du versant Nord du plateau de BANANKORO et
du plateau en forme de "fer-A-cheval" au Nord-Ouest de BAGAMA. Ces différentes
unités morphologiques sont ainsi mieux différenciées que sur les images
1
précédentes.

h) L'analyse en composantes principales


1
Une analyse en composantes principales permet d'obtenir de nouveaux
axes, décorrélés entre eux, et qui sont des combinaisons linéaires des canaux 1
XS1, XS2 et XS3 (Tableau III).

Tableau 111- Matrice de corrélation entre facteurs et canaux.


l
XS1
F1

0.959
F2

-0.252
F3

0.132
1
XS2 0.954 -0.271 -0.131
XS3
Variance
0.689
2.304
0.725
0.662
-0.003
0.035
1
% Variance 77 22 1
L
- La première composante (Fig 15) est l'axe principal d'inertie du
nuage. Il représente une grande part des variations globales de
réflectance: 77 %. Ce facteur 1 donne une moyenne pondérée des valeurs
de réflectances dans les trois canaux, avec une contribution plus
1
élevée des bandes XS1 et XS2 par rapport A XS3.
Ainsi l'image de ce facteur ressemble beaucoup A celles des deux
premiers canaux, avec un lissage dü essentiellement A l'atténuation
des contrastes liés A la végétation boisée.
l
- La deuxième composante (Fig 16) est le second axe d'inertie,
perpendiculaire A l'axe premier du nuage. Il comprend 22 % de la
l
variance totale. Ce facteur 2 traduit les contrastes de réflectance
entre le canal XS3 et les deux canaux XS1 et XS2. C'est pourquoi il
ressemble beaucoup à l'indice de végétation. l
- La troisième composante (Fig 17) traduit le contraste entre XS1 et XS2
On peut remarquer qu'elle ne contient que très peu d'information: 1 %.
L'image obtenue est assez floue. Un lignage vertical intense apparaît, l
mais on reconnait encore les principales unités du paysage notamment
les marigots et également la route de BANANKORO A BAMAKO en noir.
l
l
- 37 -
J • Facteur 1 ACP

0 SUP. A lB3
Secteur de Banankoro CJ 161 - 1B3
~ 149 - 161
District de Kangaba ( Sud Mali ) Ëill 142 - 149
~ 136 - 142
ftU1!J!m1i 131 136
Ech : 1/50 000 ~ 128 - 131
lE 122 - 126

--•
B 11 9 - 122
Bi 116 - 119
112 - 116
109 - 112

-•
lOB - 109
FIGURE 15 102 - 106
98 - 102
92 - 98
INF. A 92
38 - l-

Facteur 2 ACP

D sUP. A 178
Secteur de Banankoro 0 165 - 178
D 157 - 165
District de Kangaba ( Sud Mali ) I~;;;;;;!'i 150 - 157

Ech 1/50 000


~
KI!!';:';!;,
~
144
139
134
-
-
150
- 144
139
L
=WmHL 129 - 134

L
--
maI 125 - 129
m 120 - 125
120
114
FIGURE 16 108 - 114

L
-
102 - 108
95 - 102
87 - 95
78 - 87
1
39
J
Image SPOT •
• Facteur 3 ACP
lIi!IIP!pjI!"''''f:;!

Secteur de Eanankoro o SVP. A 178


EJ 164 - 178

District de Kangaba ( Sud Mali ) E:J 155 - 164


b~u::l 149 - 155
LIillill 143 - 149

--
ijjldlii!! 138 - 143
Ech 1/50 000 ~ 133 - 138
129 - 133
e 124 - 129
ml! 120 - 124

--
116 - 120
FIGURE 17 111-116
108 - 111
101 - 106
93 - 101
81 - 93
!NF A 81
l~
- 40 -

1-
Conclusion
[.
Cette méthode d'analyse a permis de décorréler l'information
radiométrique initiale. Les nouveaux axes sont orthogonaux selon deux
directions F1 et F2 qui concentrent à eux deux près de 99 % de l'information
initiale répartie sur les trois canaux. l~
Une composition colorée HLS (Fig 18), en accordant respectivement les
composantes Teinte, Luminosité et Saturation, aux facteurs 2, 1 et 3 montre
une vision plus naturelle que la composition CMY réalisée avec les bandes
XS1, XS2 et XS3. Ici, les plateaux cuirassés latéritiques et les brülis sont
l-
en rouge ou noir et les marigots et talus boisés sont en vert.
l
C) CLASSIFICATION
Le but de la classification est de distinguer les différentes unités du l
paysage latéritique par leur signature spectrale puis de les cartographier
sous forme de cartes thématiques.

Trois sortes de démarches ont été suivies:


L
La première part de l'interprétation visuelle des images pour
identifier et sélectionner les pixels représentatifs des différentes l
unités du paysage latéritique.

- La deuxième méthode s'appuie sur les résultats obtenus précédemment et


essaie de les améliorer en recalant les limites des classes sur les
L
histogrammes bidimensionnels des canaux bruts.

- La troisième approche utilise les résultats de l'ACP et classe les


pixels à partir de leur représentation dans le plan Fl-F2 des deux
L
composantes principales.

Ces trois démarches supervisées permettent à l'utilisateur de définir


L
lui-même les limites de classes. Ce choix est délicat car il n'y a pas
toujours un contraste bien marqué entre les signatures des différents thèmes
radiométriques.
Une procédure de réévaluation de la classification a donc été
L
systématiquement appliquée pour reclasser les pixels isolés sur l'image dans
la classe majoritaire des pixels voisins. L
1) Classification supervisée par échantillonnage
Cette procédure se déroule en trois étapes. l
- Il s'agit tout d'abord à partir de l'interprétation des images de
télédétection d'identifier les différents thèmes du paysage que l'on
va pouvoir distinguer par leur signature spectrale. Nous en avons
l
retenus 6: les cuirasses dénudées (1), les cuirasses boisées (2), les
zones de brülis (3), les glacis (4), la végétation dense des bordures
de marigots (5), les sols argilo-silteux des plaines et vallées (6). l
La deuxième étape consiste à sélectionner et à échantillonner des
zones représentatives de chaque thème, appelées zones d'entraînement
ou d'apprentissage et correspondant à des plages de 3 x 3 pixels ou 5 l
x 5 pixels selon l'homogénéité de la plage considérée.

- L'étude statistique de la répartition des valeurs radiométriques dans


chaque classe permet d'établir les limites de leur intervalle de
l
variation sur chaque canal (Tableau IV).
L
J - 41 -

] Image SPOT : Composition coloree m.,s


]
l
]"

l
] :.

]
]
J

Prospect de Banankoro
District de Kangaba ( Sud Mali )
Facteur 2 Teinte Ech 1/50 000
Facteur 1 Luminosite
Facteur 3 Saturation
FIGURE 18
J Image SPOT Composition en fausses couleurs

·t
-, Secteur de Banankoro (Sud Mali) FIGURE 19
Ech :1/50 000

Classification d'apres Legende


CJ Sol argilo limoneux, plaine
ECHANTILLONNAGE , Vegetation dense, foret galerie
o_ Glacis ou gravillons sur cuirasse
Feu de brousse recent
[Link] [Link] o Cuirasse boisee
Cuirasse nue ou brulis ancien
• o Non Classe
J
- 45 -
J
J Tableau IV - Répartition des classes par échantillonnage.

XS1 XS2 XS3

J 6
5
91 -> 109
78 -> 89
79
71
109
->
91
->
86
100
-> 111
-> 118
sol argilo limoneux, plaine
végétation dense,forêt galerie
4 80 -> 90 76 93
-> 82 103
-> glacis,gravillons sur cuirasse
3 77 -> 83 73 81
-> 67 86·
-> feu de brousse récent
2 81 -> 84 77 -> 82 82 94
-> cuirasse boisée
1 81 -> 89 79 -> 89 72 -> 81 cuirasse nue ou brülis ancien

1 L'image finale de la classification est obtenue par seuillage multiple


de chaque canal pour l'ensemble des pixels (Fig 19).

J On remarque sur la figure 19, de nombreux individus non-classés,


notamment pour les surfaces de forte réflectance sur les trois canaux. Il
s'agit essentiellement des sols nus en zone de plaine alluviale. D'autre part
l'extension des glacis est surestimée par rapport à celle des plateaux
J cuirassés. Ceux ci apparaissent très morcelés, leurs limites ne correspondent
pas à celles observées en photographies aériennes. Dans la plaine du Niger, la
plupart des surfaces brülées ont été classées parmi les surfaces dénudées ou
J les glacis. La classe végétation dense, codée en bleu, apparaît également
surestimée.

2) Classification selon les histogrammes des canaux bruts


J On a essayé d'améliorer la classification précédente en redéfinissant
chaque classe à partir de l'examen du nuage de points sur les histogrammes
bidimensionnels XS1-XS3 et XS2-XS3 (Fig 20). Les deux canaux XS1 et XS2 sont
J trop corrélés pour apporter un contraste supplémentaire entre les classes.
Sur les deux histogrammes XS1-XS3 et XS2-XS3, le nuage de points a une
enveloppe sub-triangulaire avec des valeurs de réflectance pour XS3 situées au
J dessus d'une droite limite inférieure du type:

XS3 = XSl + 45 ou XS3 = XS2 + 47

J Les trois pOles du nuage caractérisent des signatures spectrales bien


contrastées pour trois thèmes différents.
La classe "feux de brousse" où les valeurs de réflectance sont
faibles pour les trois canaux.
J - La classe "végétation dense" correspond à des valeurs élevées de XS3
et faibles pour XS1 et XS2.
- La classe des "sols argilo-silteux de plaine" où les trois canaux
J présentent des valeurs élevées.

Entre ces trois types extrêmes de signatures spectrales, nous avons


1
défini quatre classes intermédiaires avec un découpage plus fin sur l'axe XS3
J pour lequel le nuage est plus étalé. 7 classes ont été retenues (Tableau V).

Tableau V - Répartition des classes d'après les canaux XS1, XS2 et XS3.

XS1 XS2 XS3

7 plaine,sol argilo-limoneux 90 -> 130 80 -> 137 77 -> 137


6 sol nu en zone de cultures 106 -> 130 106 -> 137 106 -> 137
5 glacis ,gravillons sur cuirasse 73 -> 90 63 -> 90 90 -> 105
4 végétation dense,forêt-galerie 73 -> 90 63 -> 80 101 -> 137
3 cuirasse boisée 76 -> 90 66 -> 92 83 -> 90
2 cuirasse nue ou brülis ancien 76 -> 90 69 -> 92 69 -> 83
1 feu de brousse récent 73 -> 90 65 -> 79 61 -> 78
- 46 -

[.
SPOT : Region de Banankoro (Sud Mali) [
XS3
140 Reflectance
[
130
.. '
[,
120
.1000

•••
•• 110J
..... - .... ........

.......
l-

• ..:::::::::::
'"

, ... . .. .. .
: '---------
...........
iEffectif 100
...........
......
.... ... -. .
... ..... ........ . .
...........
.
l
·i
1 ............
...........
...........
......... .
.

...........
..........
90
. .......
"
"
[
la
80
l
70

XSl
l
60 +---r-------r---+------,r---,---,.---------,r----, Refleetance
60 70 80 90 100 110 120 130 140
l
SPOT : Region de Banankoro (Sud Mali)

140
XS3
Reflectance l
130 l
.1000
120 l

•••
••

110
. . ..
.. "
.
.. .... ... .. t
iEffectif
j
1
100
l
90
la
Ba

....... ,

70···

XS2
60 +----,.-----r--,----,r-----,---,---------,r----,Reflectance
60 70 80 90 100 110 120 130 140

Fig 20: Découpage des histogrammes bidimensionnels X51-X53 et X52-X53 •


J Image SPOT' en fausses couleurs

J
J
]
j
]
]
]
J
J,
J f

J
J .
~6M\
~
··~r

...
Secteur de Banankoro (Sud Mali) FIGURE 21
Ech :1/50 000
Legende
Classification o Plaine, sol argilo limoneux
o Sol nu en zone de cultures
d'apres XS1,XS2 et XS3 Glacis ou gravillons sur cuirasse
Vegetation dense, foret galerie
Cuirasse boisee
avec homogeneisation _ Cuirasse nue ou brulis ancien
_ Feu de brousse recent
Il Non Classe
1
- 49 -

1
1 Lorsque l'on compare les limites de classes du tableau V avec celles
obtenues précédemment dans le tableau IV, on constate que la plupart des
intervalles de définition dans chaque bande sont plus larges, ce qui permet
d'augmenter le nombre de combinaisons entre les trois bandes.
1 Comme il Y a une certaine marge de recouvrement entre les domaines de
définition radiométrique des différentes classes, ceci a surtout comme effet
d'augmenter les effectifs des premières cl~sses, feux et cuirasses, qui sont
choisis en priorité. Le nombre d'individu9 non classés a également diminué
avec l'introduction d'une classe 6 supplémentaire correspondant aux sols nus
des champs de culture de la plaine du Niger.

Mais cette classification laisse encore des pixels non classés puisque
certaines combinaisons radiométriques ne rentrent dans aucune "boite"

1 prédéfinie. Par exemple, 100, 70, 70, respectivement dans les canaux XS1, XS2
et XS3, est un pixel non classé.

Sur la figure 21, on distingue mieux que sur la classification


1 précédente les limites des plateaux cuirassés par rapport à celle des glacis.
En revanche, la classe 1 des feux de brousse est moins étendue et correspond
ici aux brOlis les plus récents, qui apparaissaient en noir sur la composition
colorée CMY. Les limites entre les glacis et les zones de plaine, à
J recouvrement superficiel argilo-limoneux, s'accordent mieux également avec
celles que l'on observe en photo aérienne.

1 Il Y a donc une amélioration sensible des résultats de la première


classification basée uniquement sur l'étude d'un petit nombre d'échantillons.
L'ajustement réalisé sur les histogrammes bidimensionnels apporte une
définition plus juste des différents thèmes du paysage latéritique.
1
3) Classification avec l'Analyse en Composantes Principales
1 99 % de l'information radiométrique apportée par les trois canaux XS1,
XS2 et XS3 est représentée dans le plan des deux premières composantes
1 principales F1-F2 (Fig 22). Il est donc plus simple de partir de la
représentation de l'histogramme bidimensionnel des facteurs F1-F2 pour
définir les limites de classes.

1 On reconnait bien la forme triangulaire du nuage de points, mais avec


une orientation différente et un étalement plus important que sur les
histogrammes des canaux bruts.
1 Le caractère bimodal du nuage de points, correspondant au contraste des
zones dénudées et de la couverture végétale sur le facteur 2, se distingue
mieux. On obtient ainsi une coupure naturelle entre ces deux types de paysage.
L'ensemble des pixels a été réparti en 6 classes suivant la définition
1 des thèmes donnée dans le tableau VI.

Tableau VI - Classification par ACP


J
Facteur 1 Facteur 2

1 6
5
70
60
->
->
145
145
135
95
->
->
200
135
glacis, gravillons sur cuirasse
cuirasse boisée
4 95 -> 145 50 -> 95 cuirasse nue ou brOlis anciens
3 30 -> 95 50 -> 110 feux de brousse récent
2 145 -> 255 50 -> 255 sols argilo-limoneux,plaine
1 70 -> 160 200 -> 255 végétation dense,forêt galerie
L-~
50 -
[
l
l
l
Image SPOT Region de BANANKORO (Sud Mali)

FACTEUR 2
l
240
[
220

200 [
180
.200

••• 160
1
••
••
iEffectif
140
1
i1 120

100 1
10
80

60 1 ".' •
1
40
1
20

0 +----,.----r---r------r----r-----,----r--,-----,---....,..----,-----r--FACTE UR
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240
1 l
Fig 22: Histogramme bidimensionnel Fl.F2 1
l
l
l
l
l
1 - 51 -
Image SPOT . Composition en fausses couleurs

1
1
1
1
1
J
1
1
1 .
l, '. J

1
J
I-
I
1· Secteur de Banankoro (Sud Mali)
FIGURE 23
r Ech :1/50 000
Legende
1 Classification ACP G::JGlacis ou gravillons sur cuirasse
[Link] boisee
avec homogeneisation . . Cuirasse nue ou brulis ancien
1 Feu de brousse recent
o Sol argilo limoneux, plaine
Ve~etation dense. foret Q'alerie
1
- 53 -

1
1 L'image de cette classification, sur la figure 23, montre que les
limites des plateaux cuirassés sont bien définies surtout dans la région de
DIOUROUKA. La classe 1 parait ici très bien définie lorsqu'on la compare avec
la composition colorée CMY. Les plaines sont homogènes et d'après
1 l'interprétation des photos aériennes, elles sont bien représentées. La
répartition des glacis, entre les plaines ou les formations superficielles et
les plateaux cuirassés, semble très correcte. La classe 3 comprend les feux
1- très récents noirs sur la composition CMY mais également des brülis plus
anciens qui sortent en bleu sombre.

1 4) Comparaison des classifications sur canaux et sur facteurs

Les deux classifications les plus satisfaisantes sont celles réalisées à


1 partir des histogrammes bidimensionnels. C'est à dire la classification basée
sur les bandes XS1. XS2 et XS3 et celle basée sur les facteurs de l'ACP.

Le tableau de correspondance (Tableau VII) , qui est en fait


l'histogramme bidimensionnel entre ces deux classifications permet de les
comparer.

Tableau VII - Histogramme bidimensionnel classifications ACP et "XS" .

CLASSES "XS"

g 1. 37

f 1. 08 0.33 16.33

e 1. 32 1.22
a: brulis
d 6.15 26.22 0.01 1.85 b: cuirasse nue
c: cuirasse
c 1.6 19.32 2.45 boisée
d: glacis
b 2.77 8.13 4.46 e: végétation
f: plaine
a 2.23 0.02 g: sol nu,
culture
0.01 0.22 0.96 0.3 1. 64

a b c d e f CLASSES ACP

Les valeurs sur la diagonale indiquent le pourcentage de pixels qui sont


classés de la même manière par les deux méthodes: globalement trois pixels sur
quatre environ restent dans la même classe.

- La classe des feux de brousse déterminée à partir de l'ACP est deux


fois plus importante et empiète sur la classe des cuirasses nues,
donnée par la classification "XS" à partir des canaux bruts.

- La classe des cuirasses dénudées définies à partir de l'ACP diminue au


profit des cuirasses boisées qui gagnent également sur les zones de
glacis.

- Une partie de la végétation arborée dense en bordure des marigots et


des talus est rangée parmi les glacis dans la classification sur les
facteurs d'ACP.
- 54 -

l
La classification ACP semble correcte, car il n'y a pas de non classé et
la répartition des effectifs est plus homogène.

Dans la classification "XS", on note la prédominance de la classe glacis


et on remarque les limites plus nettes des plateaux cuirassés. l
D) CONCLUSIONS l
Dans cette étude, les images de chaque bande spectrale XSl, XS2 et XS3
ont d'abord été restituées en noir et blanc, puis elles ont été combinées sous
l
forme de composition colorée.
L'ACP est une autre technique intéressante car elle permet de condenser
l'information sur deux variables synthétiques qui reflètent deux grandes
tendances de variations radiométriques:

- une première tendance correspond aux variations d'albedo ou de


réflectance moyenne dans toutes les bandes spectrales;
l
- une deuxième tendance marquant au contraire le contraste de
réflectance de la végétation dans les domaines infra-rouge et visible.

Cette représentation presque parfaite de l'information dans un espace à


l
deux dimensions facilite beaucoup l'étape suivante de classification sur
l'histogramme bidimensionnel. l
On retrouve bien sur l'image classée les différents thèmes déjà
reconnus en photographie aérienne; mais les contours de chaque unité sont
beaucoup plus irréguliers malgré le lissage effectué par la procédure de
classement majoritaire. Cet aspect est lié au fait que chaque pixel est classé
l
séparément en fonction de ses seules valeurs radiométriques.

Pour imiter la démarche du photointerprète qui généralise beaucoup mieux


l.
ses unités par interprétation visuelle, il faudrait prendre en compte les
paramètres de texture qui caractérisent l'environnement de chaque pixel.

Il faut reconnaitre également que certaines unités sont peu contrastées


l
et que les informations radiométriques ne sont sans doute pas suffisantes pour
lever toutes les ambiguités. C'est le cas, par exemple, pour les zones brülées
de la plaine du Niger qui apparaissent sombres comme les cuirasses dénudées. 1
1
1

l
l
l
l
- 55 -

1
CHAPITRE III

TELEDETECTION ET DONNEES EXOGENES

1) RADIOMETRIE
L'étude de la radiométrie des formations latéritiques de KANGABA a fait
l'objet d'un travail de DEA durant l'année 1986-87 (KAYSER N., 1987).

Les formations latéritiques recouvrent 90% de la région de KANGABA. Les


données quantitatives sur les réponses radiométriques des latérites sont
inexistantes. Le but de cette étude est de fournir un catalogue de mesures sur
les principaux faciès latéritiques de la zone de KANGABA. Ces mesures doivent
caractériser les signatures spectrales des latérites. L'étude a été menée dans
trois domaines du spectre électromagnétique: le visible, le proche infrarouge,
l'infrarouge thermique.

Les mesures dans le visible et le proche infrarouge ont été réalisées au


laboratoire de la station de bioclimatologie de l'INRA (Centre de Recherches
d'AVIGNON - Domaine St Paul, MONTFAVET), en association avec Messieurs GUYOT et
VIROLLEAU.
Les mesures dans l'infrarouge thermique ont été effectuées au laboratoire
du Groupe de Recherches en Télédétection et Radiomètries du GSTS (LSIT - UA
CNRS 1207 de STRASBOURG), avec l'aide de Monsieur STOLL et Mademoiselle NERRY.

Nous tenons à remercier ces laboratoires pour leurs précieux concours et


leurs conseils.

A) LES DONNEES DE L'ETUDE

L'étude a comporté des mesures radiométriques à trois échelles


différentes:
- des mesures ponctuelles en laboratoire sur des échantillons broyés de
quelques centaines de grammes,
des mesures in situ sur le terrain sur des surfaces de l'ordre du
mètre carré,
- des données satellitaires SPOT sur des pixels de 400m 2 •

1) Echantillonnage

Lorsqu'il a été possible de le faire, les caractéristiques de prélèvement


ont été données [Tableau VIII]. La localisation des principaux échantillons est
indiquée sur la figure 24.

Les échantillons PML et LML sont issus de la région de KANGABA. Ceux


numérotés KEL proviennent des Monts Mandingues, plus au Nord. Leur choix a été
effectué à partir des diagrammes RX correspondants. Nous avons retenu pour les
expériences de spectrométrie ceux dont les caractéristiques sont les suivantes:

- une phase minéralogique prépondérante ferrifère (Hématite-Goethite),


- une phase dominante alumineuse (Gibbsite-Boehmite),
- une phase importante siliceuse (quartz-Kaolinite).
- 56 -
l
40..........--------------------------------.
l
[
35 ..
1

1
30
1

25 1

..
".

20
.

15

10

5 ." ...:,.", ".

" ... ... ..


.. . ...
'

0-+---_r--------,----------=-----r--------,----..,.-------.-------1
o 10 15 20 25 30 35
km

~
[il] ~ ~ ~
Boehmite Gibbsite Kaolinite Hematite
> 4°/0 > 4 aGio > 45 % > 50 %

Fig 24: Localisation des échanti 1 Ions


- 57 -

Tableau VIII: Minéralogie et caractéristiques des échantillons.

Il Il li 11 Inr---o,----,r---l'-------'r---ll
Il GOE IIHEMA GIB BOE KAOL QZ 1111 . A. Il • B. Il • c . Il . D. Il . E. Il
Il f1 :UL-..-.JL.-..JL.-..J L-..-.J L--.J
Il Il nr---or--lr---l'-------'r---l
PML14 Il 5 Il 26 52 2 13 l Il l 2 l 2 1
PML21 Il 22 Il 54 0 0 24 0 1\ 1 1 1 2 1
PML24 Il 0 Il 14 63 4 19 2 Il 1 1 1 3 7
PML26 Il 5 38 0 0 49 8 Il 1 l 1 2 1
PML37 Il 48 33 14 0 4 0 Il 1 3 2 3 2
PML54 Il 3 12 63 1 20 0 Il 4 1 1 1 7
PML72 1 4 12 30 37 11 4 Il 1 1 2 3 7
PML87 62 30 0 0 0 7 1 2 1 1 1 1
PML89 12 43 4 0 29 10 1 3 1 1 1
PML101 16 34 0 0 1 50 0 1 3 1 1 1
PML105 53 6 0 0 Il 13 27 1 2 2 2 1
PMLl22 76 6 5 0 Il 12 2 1 3 2 1 1
PML126 20 15 25 0 Il 30 9 1 1 2 2 1
PML136 19 48 7 0 Il 21 4 1 1 1 1 1
PML153 9 44 0 0 Il 44 3 l 1 2 3 1
PML175 0 0 67 0 Il 10 23 1 1 1 3 7
PML250 0 7 77 13 Il 2 0 1 2 1 3 7
PML323 56 27 1 0 0 Il 0 17 3 1
PML437 6 3 Il 67 7 Il 9 0
PML477 2 2 Il 75 0 Il 21 0 1 2 1 2 7
LML17 14 4 Il 0 0 Il 77 5 3 1 2
LML28 14 13 Il 2 0 1 42 29 3 3 1 1 1
LML35 19 10 Il 0 0 39 32 1 3 2 1 1
LML162 32 28 1 12 0 22 6 l 3 1 1 1
LML172 12 13 38 0 19 18 1 2 1 1 1
LML174 7 11 52 5 19 6 1 3 1
IIKEL3 0 2 52 42 0 4
IIKEL6 6 2 43 46 0 3
IIKEL8 2 2 50 41 0 5
IIKEL9 8 17 54 10 10 0 - Il - - Il -
IIKEL13 4 0 41 54 0 1 - Il - Il - Il -
U L--.J L--.J L---J L-..-.J L--.J 1
l'

A - relief B - situation topographique C = site de prélèvement

1 • élevé 1 - sonunet 1 - surface


2 '"' moyen 2 - versant 2 '" rebord
3 • bas 3 • bas de pente

D représentativité E type de formation

1 '"' bonne 1 .. cuirasse


2 '" moyenne 2 carapace
3 .. faible 7 '" bauxite
- 58 -

[
De plus, neuf échantillons références ont été retenus: 3 Hématites et 2
Goethites de couleurs et formes minéralogiques différentes, une Gibbsite, une
l
Kaolinite, du Sable quartzeux et de la Boehmite de synthèse. Mise à part la
Boehmite, ces références sont naturelles, des impuretés en quantités parfois
non négligeables peuvent influencer les résultats [tableau IX].
l
Tableau IX: Minéralogie des références

nom \ % GOE HEMA GIB BOE KAOL ~


11
Il
QZ
li
~PbP04
If
l
1 Il
Héma Tog24 0 95 2.3 0 0 0.4~ 1.3
Héma Tog51 0 20.4 0 0 0 78.2 0 1.
Hema Tog56 0 63.9 0 0 tr 32 0
Goe Ptog76 76.5 0 0 0 0 23.5 0
Goe Ptog80
Gibbsite
54.7
9.4
35.9
3
0
57.5
0
0
0
26.8
9.3
3
0
0 1
~ Quartz 0 0 0 0 0 100 0
Il Boehmite 0 0 0 100 0 0 0
Il Kao1inite
Il
0 0 0 0 100 0 0 l
La préparation des échantillons a consisté en un broyage de granulométrie
hétérogène sauf pour les échantillons KEL en trop faible quantité. La durée des
l
expériences au laboratoire de physique n'a pas permis une expérimentation
systématique sur tous les échantillons. Au laboratoire de l'INRA d'AVIGNON,
tous les échantillons ont été traités. Il a été nécessaire de coller les
l
poudres à l'aide d'une colle en crêpe de latex inerte au rayonnement, sur du
papier Canson noir. Les échantillons KEL ont pu être soumis au rayonnement sur
esquilles. l
2) Mesures de terrain
Les mesures de terrain ont été effectuées par [Link] en février 1987
dans la zone de KANGABA, à l'aide d'un radiomètre ClMEL. Le radiomètre fixé sur l
un mAt téléscopique de 4 mètres de hauteur permettait une mesure relative
moyenne sur une surface au sol de 0.70 m2 dans les trois canaux XS1-XS2-XS3
correspondant aux canaux du satellite SPOT. Les mesures correspondent donc en
majorité à des surfaces nues: cuirasses, gravillons, sols gravillonnaires, sols
L
de culture, pistes, déblais ... Quelques mesures ont été effectuées en haussant
le mAt sur des surfaces à faible végétation herbacée sèche. Aucune mesure n'a
pu être réalisée sur les zones arbustives ou arborées. A l'échelle du mètre, la 1
zone d'étude se compose à une écrasante majorité de gravillons de toutes
tailles, répartis d'une manière hétérogène et possédant des patines très
variées. l
3) SPOT KANGABA

Les données satellitaires utilisées sur la région de KANGABA proviennent


du satellite de deuxième génération SPOT. Il s'agit de deux scènes à visée
l
oblique enregistrées le 5 avril 1986, selon un angle de prise de vue de 25°.
L'étude a été effectuée sur 2000 * 2000 pixels, soit 40 * 40 Km 2 . La
relativement bonne résolution de SPOT de 20rn * 20m, a permis d'entreprendre la
1
cartographie de la région au 1/25000. Différents thèmes sont dégagés par le
traitement d'images (ROQUIN et al., 1987). La composition colorée CMY utilise
les trois canaux de SPOT: XS1 est codé en jaune, XS2 en magenta, XS3 en cyan.
Elle délimite les principaux thèmes de l'image tels que champs, villages,
pistes, végétation, marigots, plateaux cuirassés.
Un logiciel performant "SUBTIL" a été mis en place par [Link] au
centre de calcul de Strasbourg-Cronenbourg. Nous avons utilisé ce logiciel pour
les traitements variés des données radiométriques SPOT.
1 - 59 -

1
1
1

1
1
1 7000 I[FL[CT~NCE/8Asoq

1 .000
------
IOEH"'ITE
........ /
/ ......
-----_ , ........
, --, ./
/,
GIBBSITE , /- ,
IlEMTITE l(IEJ2q ' - , 1
1
.000

4000
J0&51
~~
6ŒTlIlTI PT0&7f,
PTO&80
/
/ ' ,
'\
/\.
~
l'v
/' ,
,_,

' ...
,, ___
'/

/ \l '
JOO
/"""\\._/,,'J "\ \

2000

/' ,t, ••
1000 . ~~.:.:.-:.._:.::..:~~~~:.:~_.~-.;.:..:.:.~.~~,...~~~~~ ...~ ,~,:,~:..,;~~~~.;. ....

o.a 1.0 1.5 2.0 "'1 CRCW: TRES

Fig 25: Spectres des échantil Ions références 0.4 à 2.4


1
W'
- 60 -

L
B) MESURES EN REFLECTIVITE

1) Echantillons références

Les spectres des échantillons sont discutés dans le détail et comparés si


possible à ceux existant déjà (HUNT et al. ,1970,1971,1981 - LYON et al. ,1975).
Ce catalogue cependant incomplet de réponses spectrales est schématisé dans le
l
Tableau X.
L'étude spectrométrique n'étant que qualitative, il n'existe pas de moyen
direct pour déterminer les causes des phénomènes d'absorption.

Spectre de la goethite Fe-a-OH (Fig 25 et 26)

De 0.4 à 0.75 ~,la réflectance augmente de plus de 1500 unités. Elle est
due aux transitions des niveaux d'énergie de l'ion Fe 3 + et à la bande de
conduction des éléments dits transopaques. La limite de cette bande est marquée
1
à 0.55~ par une rupture de pente (Hunt et al. ,1971). Un premier pic de
réflectance se situe à 0.75~. Les absorptions à 0.88 et 0.9~ correspondent à
une transition de l'ion Fe 3 + à 0.9~. Ensuite, la courbe amorce une pente
faible vers de plus hautes réflectances. Le "plateau" est atteint dès 1.15 et
l
1.2~.
A 1.7~, on note cependant une chute de réflectivité d'environ 250
unités, non expliquée. l
De 2.8 à 5.5 ~, l'étalon est en aluminium. On ne peut donc comparer
directement les courbes des figures 7 et 8. Une faible absorption est décelable
à 3.21~. l
Spectre de 1 'hématite Fe 203 (Fig 25 et 26)
l
La première partie est identique au spectre de la goethite: augmentation
de réflectance dans les très courtes longueurs d'onde. La rupture de pente est
moins nette à 0.55 ~. L'allure générale du spectre varie en fonction des
impuretés contenues dans l'hématite. Ainsi, TOG51 se rapproche du spectre de la
l
silice. En revanche, TOG24 ne rend compte que des variations du fer. En effet,
Pb(P04) reste inerte au rayonnement visible et infrarouge proche (HUNT et al.,
1972). On observe le même pic de réflectance à 0.75~, la même absorption à
0.88-0.9~. La pente vers les plus hautes réflectances varie de 200 à 1000
l
unités mais le "plateau" infrarouge est atteint dès 1~. La chute de
réflectance à 1.7 ~ existe également dans les spectres hématitiques. Elle a
tendance à s'élargir en présence de silice. De 2.8 à 5.5 ~, le spectre est
L
remarquablement plat.
l.
Spectre de la gibbsi te Al (OH) 3 (Fig 25 et 26)

Des vibrations stretch ou bend de type fondamental (s et b) ou harmonique


(ls,2s,lb,2b) donnent des absorptions visibles sur ce spectre. Elles sont
l
expliquées par la présence des ions Al-OH, OH et des molécules H20. Différentes
combinaisons de ces phénomènes peuvent également être mises en évidence.
L'augmentation de réflectance dans les très courtes longueurs d'onde
indique une contamination ferrugineuse, car il n'existe pas en théorie de
réponse alumineuse dans ce domaine. Cette présence de fer explique également (
l'élargissement de la bande d'absorption de 0.9 à 1 ~, caractéristique de la l
combinaison (2b+s) de Al-OH. La combinaison (lb+s) de Al-OH appara1t à 1.45~.
Une diminution de la réflectivité à 1.9~ est causée par la combinaison (ls+2b)
de l'eau et indique la présence d'eau libre. On décèle à 2.3~ une combinaison
(s+b) de Al-OH donnant une forte absorption. De 2.8 à 5.5 ~, les vibrations
semblent trop faibles pour être décelables.

l
TABLEAU X . CATALOGUE HUNT ET LYON
,, , , , ,
EAU ISOLEE "
151 51·8 51 18 8·53 53 SJ 8
.S 3 +53 .S3 .S3
! ! H
, ,
! ! ! 1

EAu PIEGEE 153 8+53

,
1 !
,, ,
GROUPEMENT OH

,
IS3
! ,,
Sl+S3
,
SI

HEMATITE
I/~ FU+

,
!

GOETHIIE
Iii H3+
1
,
OUART2 S-SIO

, , , 1

, ,, ,,
J53 8+53 SJ+S3

, ,,
KAOLINITE

~ r,
,, , , , , , ,, "
, t, '
OIASPOR E JS3 8.S3 8+S-AlOH S-AlOH SI 8 18-AlOH 8-AlOl!
! u
GIBBSITE 2SI+S3 1S3+S-AlOH 8+S3
,
S+B-AlOH ""
S-AlOl! B-AlOH

rH' ,! ! 1 Hl! U

, ,,
FE 2+
11H

FE J.

1 !
111111111111111_' l' l ,_, 1 1 l ') Il l') 1 1 I l ' 1 ' 111111111
micromètres 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4 5 10 15
·,
- 62 -

REFLEClAllCUAlU
IOEHIlITE _ _
lilBBSIT[ _
A
60ETHIH ....•..
IOIAllT[ _
U\X./R'H ._._
SILIU _

,._ ....... ....


.2
, .,
."_-_-..[Link]-~ _ _L

.1

Fig 26: Spectres des échanti "ons références 2.8 à 5.8

REFLEClAllCEIII60

,
~'
__ --... ... ., ",-~, \
_.~--t-._.-
'1 ---
".\-\ 1'_.-___ . _ - - .-._"
1 _. _ _ . - \, v",
1 _ \ , \
1 ........... , , \
J..-' ,
...., 1 \
, , l ,
1 l , 1
50 1 11 1
,
,
'~,1 1
1
1 1 ~\
1 " ,
1: "
l,
\,;

"1 CROIt: TRE S

0.5 1D 1.5 2.0 2.5

Fig 27: Spectres de la kaol inite et du quartz 0.4 à 2.5


- 63

Spectre de la boehmite Al-OOH (Fig 25 et 26)

Les différentes absorptions observées sont de même type que précédemment.


Il n'existe aucun spectre de référence dans la littérature, nous
r- comparons donc nos résultats avec le spectre du diaspore, bien qu'il puisse
exister des variations. L'échantillon étant un produit de synthèse blanc, sa
réflectance est particulièrement élevée et uniforme dans le visible. A 1.4~,
'0- on enregistre l'absorption due à la (ls) de OH. Sa faible intensité permet
1 d'affirmer qu'il existe peu de groupements OH libres. Une autre absorption,
beaucoup plus large, est centrée sur 1.6~. Peut-être est-elle due à la
. combinaison (b+s) de OH située à 1.8~ pour le diaspore. A 2.05 ~, sont
enregistrées les différentes combinaisons (s+b) de Al-OH, situées théoriquement
à 2 et 2.l5~.
Le phénomène observé à 2.35~ peut être relié, soit à une combinaison
(s+b) de Al-OH détectée à 2.3~ sur le spectre gibbsitique, soit à la
combinaison (ls H20 + s OH). La (s) de OH à 3.33 ~ du diaspore correspond à
l'absorption enregistrée à 3.23~ pour la boehmite.
Les deux absorptions théoriques (lb) des Al-OH situées à 4.9 et 5.1 ~
sont localisées sur la bande 4.82~.

Spectre de la kaolinite Al 2Si 20S(OH)4 (Fig 26 et 27)

Les substitutions Al-Fe sont matérialisées par l'augmentation de


réflectance de 0.4 à 0.7~.
A 1.4~, on observe la (ls) de OH fréquente chez les minéraux hydroxylés.
A 1.9 et 2.2 ~ se situent respectivement les combinaisons (b HOH + s OH) et
(s+s) de OH. La faible réflectance enregistrée à 2.8 ~ peut correspondre à
l'amorce de l'absorption d'une (s) de OH.

Spectre du quartz Si0 2 (Fig 26 et 27)

Le quartz pur ne fournit aucune réponse dans le visible et le proche


infrarouge. Dans le domaine 2.8 à 5.5 ~, nous avons déterminé la présence de
trois bandes d'absorption plus ou moins intenses: 2.98, 3.81 et 4.49 ~.

Difficultés d'interprétation

De ces premiers résultats, nous pouvons déjà conclure qu'il est difficile
d'interpréter totalement les courbes expérimentales:
- les impuretés transforment les variations spectrales de façon non
négligeable,
la résolution de l'appareillage n'apparaît pas toujours suffisante
et certains phénomènes d'absorption sont à la limite de détection
du matériel utilisé,
le manque de références dans certaines longueurs d'onde ne permet
pas de déterminer l'origine des absorptions décelées.
à partir de 5 ~, la seule information complète existe en
transmission et le lien direct avec la réflexion n'apparaît pas
toujours évident.

Cependant il devient possible de traiter des échantillons naturels de


latérites qui sont constitués de mélanges des minéraux de référence précédents.
- 64

TOOO

.000 r-'~
r'--- \.
L.
/'---"
-,,--'---, ./';~---------
):.-r\,.'
.--' f', '""' -~ '"
\ " f' "',../
L
,,~,~, "
.000 1
C /-:-v .....
--, - -" \,
, .Z:; .:JIJo...... ~'- ..... - - - - - - ..,--..., '.
1 .. :~ /;''7
t. . "'-..1.... .. ~,~
, 0- ,,".-'./
I.·~-· ~:':"-:-;M.~.,.,.
:,'. / ': .. ' .-//
\.
..........
'---/----\; \
'.
....
~~
,
....
"'v L
~OOO "j .: /I,~ '.' .1 ~ '••:.' ". • ••, \ ". \'
l/ '.'
.11:;
·I( /
:/JI
"
'-r
r
....'. \".\..;..:..,,' ....... r
2000 :,/".', ; ". ---./
••;,' .' l ""- 136 - - •
. , l, ""- 153 _._. •
~ ./' 1 PfII.. 175 ----- •••••••••
1000
./ l ""- 250 .......
1 lIi. 35
-; KEL 6
KEL 13 .0•..
.0.6 1.0 1.6 2.0 1I1C1lJ(TRES

t
Fig 28: Spectres A des latérites 0.4 à 2.4

TOOO

.000
_--..... ... ,' . ~_r-,

"",/
/
. .. ' '.'.
.'. \ :' f\ 1 "
'-'
~'.L6a_.-
....., .
'" .... ~::\
__ __._._.- ~

.,..-\
1
/
1
.
. /:
/~.-.
..
"--'0_,'
,-- _-.....
•• _ _ •••• °_ -:
0•
,:.:....
'.:;. .. ~
.....,... '"
.

1 \J Il ", " .......,


l'': '. ' •. =>-..
/,~:.
/,',' ""- III
~OOO
.. / / :..
// ""- 21
. :. "'.\.. .;...~~/.. ""- 2/f
fIlIl26
....,..-...''V"
......
1 .",,' "....-,'
1
2000 ""- 87
., ""- 122 ••••••
.,
.,.,
1000
/~j'
.'7"
~'

0.6 1.0 1.5 2.0 III(R~TR[S

Fig 29: Spectres A des latérites 0.4 à 2.4


1
- 65 -

1
2) Echantillons de la zone de Kangaba

1 De 0.4 à 2.4 ~, nous retiendrons les spectres des douze échantillons les
plus caractéristiques de notre zone d'étude. Ces échantillons sont localisés
sur la figure 24.
1 Les spectres A (Fig 28 et 29)

a) Domaine visible de 0.4 à 0.8 ~


1 Il permet d'individualiser deux groupes.
- Un groupe correspondant aux échantillons alumineux montre de fortes
1 réflectances. L'augmentation de réflectance de 0.4 à 0.55 ~
s'explique par une contamination ferrugineuse confirmée par les
analyses minéralogiques et chimiques. Les échantillons gibbsitiques
(PML24-175 250) apparaissent comme les plus réfléchissants aux
1 alentours de 50Z. Les échantillons boehmitiques (KEL6-13, PML250) se
distinguent par deux paliers de réflexion centrés à 0.65 et 0.8 ~.

- Un groupe à tendance plus ferrugineuse montre de faibles réflectance.


1 La réflectance reste au-dessous de 30Z. Les transitions de l'ion
ferrique sont nettement marquées dans les courtes longueurs d'onde,
la réflectance avoisinant OZ. En dessous de 0.55 ~, on observe une
1 distinction entre échantillons hématitiques et goethitiques: les plus
faibles réflectances, de l'ordre de 20Z, sont associées à l'Hématite
(PML21-136), la Goethite répond aux alentours de 30Z de réflectance.
De façon générale, la présence de Quartz ou de Kaolinite augmente les
1 pourcentages de réflectance (PML26-153 175) sans modifier la forme
des courbes.

b) Domaine de l'infrarouge proche de 0.8 à 2.4 ~

Dans ce domaine les spectres présentent une évolution différente.


- Les échantillons à tendance boehmitique sont relativement stables.
Ils montrent l'absorption OH à 1.45 ~, puis un plateau bas en
relation avec les (s+s). Enfin, une très nette absorption, à
réflectance proche de OZ, apparalt de 2.25 à 2.4 ~.
- Les échantillons gibbsitiques présentent une absorption (s+s) vers
0.9~, ainsi que l'absorption OH à 1.45 ~. En revanche, le spectre
n'est plus perturbé jusqu'à 2.2 ~. La chute de réflectance de 2.25 à
2.4 ~ est encore mieux soulignée que pour les échantillons
précédents.
- Les spectres des échantillons ferrugineux sont peu perturbés. La
transition de l'ion ferrique apparalt nettement à 0.9 ~, puis les
réf1ectances se stabilisent aux alentours de 50-60%. Les variations
enregistrées sont dues à la présence de kaolinite (1.4,1.9 et 2.2~).

Les spectres B (Fig 30)

De 2.8 à 5.8 ~m, nous retiendrons cinq échantillons caractéristiques. Il


est délicat de vouloir dégager des signatures spectrales typiques dans ce
domaine en ne considérant que la réflexion ou l'émission, ces deux phénomènes
étant fortement correlés. Les chutes systématiques de réflectance à 3, 4.2 et
au-dessus de 5 ~ correspondent à des absorptions atmosphériques de l'eau
libre. Les minima à 5 ~, visibles sur les courbes de PML175 et PML122 , restent
inexpliqués. En revanche. PML250 à boehmite, devrait présenter une absorption
qui n'est pas visible sur la courbe expérimentale.
- 66 -

L
L
·. IEFlHTAIlCE/Al U

L
.3
l'fi. 21
l'fi. 26 .
_ L
l'fi. 122 _ _
l'fi. 175._._
.2
l'fi. 250 _ _
.. '~.""-:~::. ------ -- ......... L
.. /. "", ............
"/ ,
.':/ ,,' ,.....--
.. '/ " ,.,-
, L
,,',._-_.- -
"

.1 .. /,,' /
../., / ............. .
.: ;'.,/ /
...... __ ':"" ,' /.J
........
....... ".,---
l
• 5 IlICRlI'I:TRES
l
Fig 30: Spectres B des latérites 2.8 à 5.8
[
1
....
-" ....... 1-
.. IŒMIlIT[
'II!SIH
.......
...... .....
5Q[THIT[
II[IIoITlT[
1
..
[Link][ _ . _

.1
1
1
..

Fig 31: Spectres d'émissivité des références 2.8 à 5.8


- 67 -

.. [~I SSIYIlVIlI.I

PIl. 21 __
PIl. 2ti .
PIl. I~ ._ _ .
PIl. l'!>O _ _

..
.,

..
• ~I[I(J(TR[S

Fig 32: Spectres d'émissivité des latéri tes 2.8 à 5.8

...................
ElliSSIVITE/AlU

___._-_-.. ~-:"=-~..:---0i;'lI::r,_;;:::,.~==
_... - ~~ -.:,.'--
- - - : : . - - - :..o-"~"'.~.
- - ',-""--, ~
.... --.-..=.~_. /' ....
' . . _-,,,,,
-;:..:=-
' /
1 61BBSITE -----
6ŒTHITE ........
\ --_, H(IIATIT( _ _
'-' KAll..I~ITE _ _
SILICE

D.5.L----.'-----~.-------l1O::-----~11~----:1~2----:.13;------;1~.ïrr[ffirnrr

Fig 33: Spectres d'émissivité des références 8 à 14


- 68 -

3) Conclusions
En dépit des difficultés d'interprétation des courbes expérimentales, les
mesures spectrométriques de réflectivité sont riches en enseignements, en
particulier pour les longueurs d'ondes de 0.4 à 2.4 ~.

- Les minéraux ferrifères se séparent facilement des alumineux.

- On peut différencier la Goethite cre.l'Hématite. 1 .

- On peut également différencier la Gibbsite de la Boehmite.

- Les échantillons contenant des mélanges naturels peuvent être


regroupés selon leur constituant principal en quatre classes: une
classe hématitique, une classe goethitique, une classe gibbsitique
et une classe boehmitique.

C) MESURES D'EMISSIVITE

Les résultats obtenus sont illustrés respectivement par cinq échantillons


références et quatre échantillons naturels (Fig 31 et 32). Sur la figure 31
deux traits caractéristiques se dégagent: d'une part la faible émissivité de
l'Hématite par rapport aux autres échantillons références, d'autre part
l'épaulement à 5 ~ de la Boehmite, significatif d'une absorption de type (b)
de OH.
Dans le domaine 8-14 ~, seul le quartz présente une signature
caractéristique mais dont les absorptions (s) de Si-O sont décalées de 10 à 9
~ (Fig 33).
Le peu de résultats significatifs du domaine d'émissivité des plus
grandes longueurs d'ondes ne permet pas toutefois de conclure qu'il n'existe
pas d'informations. Au contraire, les expériences devraient être poursuivies
avec une plus grande maltrise des différents paramètres. En particulier, des
mesures d'émissivité à l'air libre donneraient probablement des réponses plus
personnalisées.

D) MESURES RADIOMETRIQUES DE TERRAIN


Les 660 mesures de terrain ont été regroupées en neuf classes principales
et neuf classes secondaires [Tableau XI].

1) La granulométrie
Les classes principales sont différenciées par leur granulométrie. Plus
les éléments analysés sont grossiers, plus la réflectance est faible quel que
soit le canal. Une rugosité importante introduit des effets d'ombrage non
négligeables. Le canal XS3 semble plus sensible à ce phénomène: si les écarts
de réflectance pour les canaux XS1 et XS2 sont de l'ordre de 2 à 3 unités, ceux
de XS3 peuvent atteindre 10.
Cependant, un paramètre de rugosité g est défini en fonction de 1/ 2 et de
la hauteur des aspérités (Becker 1978). D'après ce principe physique, une
surface qui peut paraltre plane pour une longueur d'onde élevée comme
l'infrarouge (0.9 ~) sera rugueuse pour des longueurs d'ondes inférieures
comme le début du visible (0.4 ~). Dans ce cas les écarts de réflectance
devraient être de 2 à 3 unités pour XS3 et de 10 unités pour XS1 et XS2. Or,
les résultats observés sont exactement opposés à ceux que l'on peut calculer.
1
- 69 -
1
1
1
Tableau XI: résultats des mesures radiométriques de terrain
l-
u Il il li li li Il Il Il
Il Il Fe Il Al Il Fe/Alli Fe Il Al Il Fe/Allichamps Il
1 Il
l'1
Il
Il
Il
Il
1122.4
Iln
Il
1122.9
Il
Il
11
1/24
Il veg Il
i'1
veg

1127.5
Il veg Il
l'1
Il
Il
::
1133.5
l'1
1127.6
1'1
Il
li
Il
Il
1134.2
li
Il
Il DALLE 1130.4 1132.4 1132.5 1137.5 Il 11 46.5 1136.3 Il II VEGETATION 1142.8 Il
1 Il
l'1
1142
Il
li
1143.3
Il
Il
11 47 .8
Il
1
1\58.5
i':
Il
Il
1162.5
i'
1151. 6
Il
Il
Il
'1
1
Il
l'1
1187.7
Il
li
Il,
Il 1121. 3 1122.3 23.5 1128 11 30 26 1128.2 Il Il 1112.2
IIGRAVILLONII29.9 lJ31. 6 32.8 1139.2 1/41 36 IJ4o.2 Il IIBRULIS lJ15.5
1 1135.5
Il
Il
p7
Il
Il
39.4 1151. 6
"
1151
Il
Il
46 11 48
Il
li
Il
1'1
Il
l'1
1120
'1
il
21 1122 22 Il Il Il Il 1131.2
1 GRAVIER 30
35
1130
1134
11
30
39
Il
Il
Il
Il
Il
IIDEBLAIS
Il
1152.4
165.7
1
Il
li Il Il 1'1 l'1 'i1
Il 20.7 1121 22.2 Il Il Il Il 32.1
1 Il
Il
BLOC 29
1137.5
11 29.6
H40.6
31. 7
nU.2
U
Il
Il Il
,Il
IITERMITIERE
Il
42.8
56
Il
Il
l'1 11
Il
ft
Il
Il Il
Il
Il
1
Il l'1 ,'Il1
IIGRAVILLONII23.4 22 32.5 ~
1 Il + 1131. 4
1125
1135 31
Il
Il
Il
Il
Il
IIPISTE 50.7 Il
Il BLOC /138 1140 36.5 Il Il Il 60.1 Il
l'1 1\
li
Il Il Il
l'1 '1
1

1
Il li 1/ Il
Il DALLE 1121. 3 II 25.3 Il Il Il Il 35.5 Il
Il + 1129 Il 35.3 Il Il Il IIS0L REMUE 48.6 Il
II GRAVILLON 1141.6 Il 42.6 Il Il Il Il 62 Il
l'1 Il
, l' Il Il
l'1 i'1
1 Il DALLE
Il
1121. 5 1122.3
Il
Il
Il
Il
li
Il Il 40 n
Il + 1129.5 1132 Il Il Il IILITHOMARGE 68 Il
Il, BLOC 1150.2 1142 Il Il Il Il 79 Il
1 "1

li
Il
Il
Il
Il
Il
Il 34.1
1\
Il
Il
,1
Il
l'1
Il
JI
Il
1124
'i1
Il
SOL Il -- Il -- Il 46.8 Il Il Il CARAPACE 1139.5 Il
Il Il Il Il 65.9 Il Il Il 1148.2 1
1 H
Il
Il
li
Il
Il
li
\1
Il
li '11 Il1 Il
11
SOL 1128.8 ~ 1125 Il 36 Il Il Il 11101
+ 1139.4 Il 1134 Il 51. 6 Il Il IIKAOLINITE 11131
1 Il GRAVILLON Il 48 . 3 Il 1140 Il 71. 3 Il Il Il 11149
Il Il Il II It
l' '1

I-

I
1

1
- 70 -

Il faut donc considérer un paramètre de terrain supplémentaire. La région


de Kangaba est régulièrement soumise A des "feux de brousse".Les débris brülés
L
et noircis sont balayés des surfaces lisses, mais restent emprisonnés dans les
interstices des surfaces plus rugueuses. Lors de mesures sur de tels
échantillons, on intègre donc la réflectance propre du brülis résiduel en
émettant l'hypothèse qu'elle intervient de façon plus sensible dans XS3.
L
2) La minéralogie
,.

Des distinctions minéralogiques sont également mises en évidence. La


lithomarge réfléchit le rayonnement très fortement dans les trois canaux.
Associée à du quartz, elle augmente sa réflectance en XS2-XS3 de 79 A 89
unités. En revanche, les carapaces se rapprochent des valeurs des cuirasses.
Seul XS2 est fort et atteint 39 unités, ce qui les en différencie. Les
cuirasses de type ferrugineux apparaissent plus absorbantes que les cuirasses
de type bauxitique dans les trois canaux, différence faible de 1 A 2 unités
mais néanmoins constante. Ces résultats sont modulés par plusieurs facteurs:

- un effet de patine. Si nous comparons les classes "sols + gravillons"


et "sols remués", les sols à surface fraîche possèdent une réflectance
de 1 A 4 unités plus forte. Les cuirasses ferrugineuses recouvertes
par un glaçage argileux réfléchissent également davantage, tandis que
les surfaces ondulées, donc plus rugueuses, inversent le phénomène.

- un effet topographique. Les cuirasses ferroalumineuses devraient avoir


des réflectances intermédiaires entre les cuirasses ferrugineuses et
alumineuses. Or, elles réfléchissent le rayonnement de façon anormale.
D'un point de vue strictement topographique, ce type de cuirasse se
situe en rupture de pente entre les cuirasses hautes et basses. Il est
souligné par de la végétation. La forte réflexion ne correspond pas
ici à un contrOle minéralogique strict.

3) Végétation et cultures

La végétation présente une réflectance typique, élevée dans XS3 avec des
valeurs de 80 à 90 unités. Des mesures effectuées en présence de celle-ci
augmentent sensiblement les valeurs de XS1, XS2 et particulièrement XS3.

Deux classes de très faible réflectance peuvent être mises en évidence:


l'eau dont XS3 est proche de a unités, ce qui permet de carter les réseaux
hydrographiques, et le brUlis.

Les cuirasses en zones cultivées sont comptabilisées dans une classe à


part. Leur réponse dans les trois canaux est intermédiaire entre une cuirasse
typique et un sol.

Enfin des essais ont été testés à différentes hauteurs. Les valeurs
obtenues augmentent lorsque l'appareil est rapproché de la cible. Il existe
donc un paramètre altitude très sensible.
1
- 71 -

1
Radiometrie terrain: correlation XS1 XS3
XS3
1 100 [Link]

IBO

1
110

1 140

1 120 00

100
-.• ..• '\ .e. . ~

1 ID
. . .:."
... ..:
o ~ or.=-- .- .
•••• ...=.. -.-
o : ;~;-.~.

If
0

1 la

('
J'.
la
". XSl
r O+--....,...--..----"'T""----,---,....----,--.---"'"'!":""---:T=-~
Reflect.aI1ce
o 20 40 80 BD 100 120 140 110 IBO 200

Fig 34: Corrélation X51-X53 de CIMEL

SPOT : Region de Banll..D..koro (Sud Wali)


XS3
200 Refleclance

110

180

140
e300 ..

••
1 120

Eff ectif 100

Ba
a
ID

40

20

XSl
a+---,---..----"'T""----,---,....----,--........--....,....----..---.,Reflect.a nu
o 20 40 eo 80 100 120 140 110 110 200

Fig 35: Corrélation X51-X53 de 5POT


- 72 -


E) COMPARAISON DES RESULTATS
Il est intéressant d'essayer de comparer les différentes mesures
expérimentales obtenues avec les données satellitaires. Cette comparaison est
délicate car les échelles des mesures sont très différentes et un grand nombre
de paramètres changent d'une expérimentation à l'autre. C'est le cas en
l
particulier pour l'état de surface des échantillons broyés ou non broyés et
pour l'hétérogénéité des pixels, homogènes pour un mètre carré et hétérogènes
pour 400 m2 • L'influence de la végétation n'a pàs été prise en compte. l
1) Comparaison des mesures de laboratoire et des données SPOT
Les variations de réflectance des mesures de laboratoire rendent compte
l
d'une manière générale de ce qui est observé sur une image SPOT.
- Les zones à minéraux siliceux sont les plus réfléchissantes.
- Les zones à minéraux alumineux sont plus réfléchissantes que les L
zones à éléments ferrifères, dans le visible et le proche infrarouge.
- Les zones à latérites hématitiques sont regroupées dans le même
domaine de réflectance que les zones à latérites goethitiques. La
distinction qui était possible en laboratoire devient malaisée sur L
les données SPOT.
- Les zones à Gibbsite sont également dans le même domaine que les
zones à Boehmite.
impossible.
La distinction là aussi est pratiquement l
On ne doit pas oublier que les variations minéralogiques sont progressives
dans la nature, ce qui n'est pas le cas pour les échantillons de laboratoire.
De plus. les surfaces des latérites dans la région de KANGABA sont couvertes de
patines différentes et conservent des traces de brülis de différentes époques.
l
2) Comparaison des mesures de terrain et des données SPOT l
a) Corrélation générale des canaux XSI-XS2-XS3
Nous avons établi les histogrammes bidimentionnels des canaux pris deux à
deux pour les données SPOT et les données CIMEL. La forme du "nuage de points'
est identique pour les deux types de mesures (Fig 34 et 35).
l
L'examen des figures 34 et 35 montre la très bonne corrélation entre les
deux mesures. On peut voir cependant que le nuage de points est décalé vers
l'origine des coordonnées pour les mesures de CIMEL. Cette différence peut
l
provenir d'une calibration de l'appareil de terrain qui ne correspond pas à
celle du satellite. Il faut introduire un facteur de correction sur les mesures
de terrain. l
bl Corrélation entre SPOT et ClMEL dans le même pixel
Nous avons comparé les valeurs radiométriques de 22 mesures de terrain
avec les valeurs radiométriques des pixels SPOT dans lesquels ces mesures de t
terrain se situent. Les mesures de terrain, de situation géographique connue
avec précision, ont été choisies et répérées au pixel près sur un
agrandissement au 1/10.000 de l'image SPOT.
Nous avons pu alors comparer les canaux XSl SPOT-XSl CIMEL, XS2 SPOT-XS2
l
CIMEL, XS3 SPOT-XS3 CIMEL (Fig 36).
Pour chaque canal, une droite de régression a été calculée. Ces droites
rendent compte de la dispersion des données CIMEL par rapport aux données SPOT. •
La figure 36 permet de distinguer deux groupes de réflectance:
- les plus faibles correspondent à des valeurs radiométriques de dalles et
de gravillons.
- les plus fortes englobent les réflectances des zones dénudées, champs,
pistes ...
Il est certain que les points repérés avec précision ne sont pas assez
nombreux et ne représentent pas toutes les réflectances possibles de l'image.
Cependant, on peut voir que les réflectances moyennes des pixels SPOT de 400 m2
peuvent englober des réflectances dispersées à l'échelle du terrain.
73 -

WH 53
2~0

X51 0
X52 •
X53 ..
..

• •
200
. . ..
.
'~O

DROITES Il( COUElATIOll:

X51«(I~L)-1.80X51(SPOT)-66.05
'00
XS2( (1 ~L )-]. 5lXS]( SPOT )-91. 85
XS3( (1 ~L )-3. QllXS3( SPOT )-90.17

~O SPOT
~O 100 UO

Fig 36: Corrélations entre les canaux CIMEL et SPOT


1

1
- 74

P) CONCLUSION ~

Cette étude doit être considérée comme un premier pas dans la


connaissance radiométrique et spectrométrique des formations latéritiques. Bien
l
que de nombreuses lacunes subsistent dans nos expériences de laboratoire et de
terrain, la preuve a été faite que les mesure~ ponctuelles sont comparables aux
mesures satellitaires et peuvent les expliquer et les compléter. •

Les principaux enseignements de notre étude sont les suivants:

- chacun des constituants minéralogiques possède une réponse


spectrométrique caractéristique. On peut distinguer la Goethite,
l'Hématite, la Gibbsite et la Boehmite. Les différents types de
latérites sont séparés en classes distinctes dans les expériences de
laboratoire.

- les latérites alumineuses se séparent facilement des latérites
ferrifères aussi bien par les mesures de laboratoire que par les •
mesures de terrain. Il en est de même pour les latérites siliceuses.

- Les mesures en laboratoire dans l'infrarouge proche ont mis en évidence


des distinctions entre minéraux qui peuvent être visibles à l'aide •
d'autres satellites que SPOT. Les bandes Thematic Happer de LANDSAT 4
et 5 doivent pouvoir être utilisées.
,
- Les résultats des mesures dans l'infrarouge thermique sont décevants.
De meilleures conditions d'expérimentation sont nécessaires.
,
- Les mesures de terrain, après certaines corrections, peuvent
différencier de nombreux thèmes dans les formations latéritiques. Ces
thèmes ponctuels peuvent servir de base à une classification très fine
des radiomètries satellitaires.

- Les mesures radiométriques et spectrométriques peuvent compléter


utilement une cartographie minéralogique et géochimique à trop grande
maille et aider à l'extrapoler.

- Les mesures radiométriques peuvent compléter et affiner une


cartographie par télédétection de la région latéritique de Kangaba.
1
- 75 -

1
1 II) CARTOGRAPHIE PAR GEOCHIMIE ET TELEDETECTION DU SECTEUR
DE DAGADAMOU

1
Le village de Dagadamou est situé au centre de la zone d'étude de
Kangaba, entre le fleuve Niger et la frontiète. guinéenne (fig. 1). Ce secteur,
d'une superficie de 25 km 2 environ, a été couvert en 1981 par une prospection
tactique multiélément réalisée par le Syndicat de recherche minière associant
le BRGM et la DNGM. Il s'agit d'un échantillonnage systématique, à maille
régulière, des sols et des cuirasses affleurantes des plateaux. L'exploitation
de ces données pour la prospection des minéralisations en Or et en métaux de
base, est présentée dans un rapport BRGM (COTTARD et al., 1981). Dans cette
étude, on s'intéressera surtout aux différenciations du fond géochimique des
formations superficielles du paysage latéritique. Elles seront examinées à la
fois par la représentation statistique des distributions de teneurs pour
chaque type de prélèvement et par la cartographie des éléments.

Par comparaison entre les cartes géochimiques des différents éléments


dosés et les images SPOT, on a ensuite examiné les relations entre la
signature spectrale des couvertures latéritiques et leur composition chimique
et minéralogique.

A) PRESENTATION DES DONNEES GEOCHIMIQUES

1) Echantillonnage

Les 1062 échantillons prélevés sur le secteur de Dagadamou, suivant une


maille de 100 x 200 m, sont classés en cinq catégories à partir des
observations de terrain. On distingue ainsi:

- 484 échantillons de cuirasses;


- 288 échantillons de sols gravillonnaires;
- 245 échantillons de sols de flats;
35 échantillons de sols latéritiques;
10 échantillons de type indéterminé.

Les prélèvements ont été effectués en surface pour les cuirasses et à


une profondeur de 30 à 50 cm pour les échantillons de sols.

2) Analyses

Les analyses ont été réalisées par spectrométrie d'émission à plasma ICP
au laboratoire du BRGM, après broyage des échantillons. Les dosages portent
sur 8 éléments majeurs exprimés en pourcentage d'oxydes (5i02, A1203, Fe203,
MgO, CaO, K20, Ti02, MnO) et 26 éléments traces (P, Ba, B, V, Cr, Co, Ni, Cu,
Zn, As, Ce, Y, Sr, Zr, Li, Be, Cd, Nb, Mo, Ag, Sn, Sb, La, W, Pb, Bi) exprimés
en ppm. Les éléments Ca, Cd, Be, Ag, Sn, La, W, Pb, Bi ont des teneurs trop
faibles pour être bien représentés au niveau du fond géochimique. Ils n'ont
pas été pris en compte dans la suite des traitements. Les éléments majeurs,
potassium, magnésium et manganèse, sont également peu abondants; mais ils
contribuent cependant à la définition des associations géochimiques.
- 76 -

3) Calcul des minéraux normatifs


l
La composition normative des échantillons en quartz, kaolinite,
l
gibbsite, goethite et hématite, a été calculée à partir des teneurs en oxydes [
Si02, A1203 et Fe203. Cette transformation, suivant laquelle les teneurs
chimiques sont converties en teneurs minéralogiques, correspond à un
changement de base dans l'espace vectoriel des compositions. Pour effectuer ce
changement de base, il faut tenir compte de deux paramètres supplémentaires, r
car le nombre de minéraux est supérieur' au nombre d'éléments. Le premier
paramètre introduit, correspond à la règle thermodynamique qui sépare le
domaine de stabilité du quartz et de la gibbsite. Le deuxième paramètre
utilisé, est fourni par l'estimation du degré d'hydratation des minéraux à
partir de l'écart de bouclage des analyses à 100 %. Le système d'équations
posé est le suivant:

H20 .. 100 - (Si02 + A1203 + Fe203 + MgO + K20 + MllO + Ti02)

Si le rapport alumine sur silice d'un échantillon est inférieur à celui


de la kaolinite (39,5/46,5), l'échantillon contient du quartz sinon il
contient de la gibbsite. On a donc, respectivement:

- Si A1203/Si02 < 39,S/46,S

Teneur en kaolinite KAOL = A1203/0,395;


Teneur en quartz QUAR - Si0 2 - 0,465 KAOL;
Teneur en goethite GOET - 10 (H20 - 0,14 KAOL);
Teneur en hématite HEMA - Fe203 - 0,9 GOET;
Teneur en gibbsite GIBB - O.

- Si A1203/Si02 > 39,S/46,S

Teneur en kaolinite KAOL .. 5i02/0,465;


Teneur en quartz QUAR .. 0;
Teneur en goethite GOET - 10 (H20 - 0,14 KAOL - 0,346 GIBB) ;
Teneur en hématite HEMA - Fe203 - 0,9 GOET;
Teneur en gibbsite GIBB - (Ab03 - 0,395 KAOL)/O,654.

Ici les intervalles de variation de la goethite et de l'hématite ont dU


être ramenés entre 0 et 100 %, car les teneurs en eau sont parfois estimées
par excès ou par défaut. On ne retient finalement que le rapport hématite sur
goethite.

RHG • HEMA / (GOET + HEMA) * 100

Les teneurs en goethite et en hématite sont alors calculées en fonction


des teneurs en fer:

Teneur en hématite HEMA Fe203 /(1 + 0,9 (100 - RHG)/RHG);


Teneur en goethite GOET" HEMA (100 - RHG)/RHG.

Les six variables QUAR, KAOL, GIBB, GOET, HEMA et RHG, ainsi calculées
facilitent l'interprétation des variations de teneurs des éléments majeurs et
traces en terme de minéralogie des échantillons.

Les traitements statistiques réalisés par la suite, ont pour but de


montrer les différenciations entre les trois catégories principales de
prélèvements. A l'intérieur de chaque catégorie, le fond géochimique est
décrit par la médiane des teneurs et les corrélations entre éléments. les
traitements sont effectués à l'aide du logiciel SAS pour les calculs et du
logiciel UNIRAS pour les représentations graphiques, sur l'ordinateur IBM du
Centre de Calcul de Strasbourg-Cronenbourg.
GOETHITE AleOs
% KAOllNITE
--~~-----
GI RB51TE

60 30
o
50

.. o'
40 20

30

o o
20 10 o GOETIIITE

. .p...
.~ .-tO o
10
••

-.
-Ma- •
l''J• • ,
:~., .
• +
QUARTZ

KAOllNITE
SiOz FelJ~
o-f----,.----.------'T--"'T""-=-=-=,.==---.-------r-L % o-+------.---~--___r----"""T-----,---r_---, %
o 10 20 30 40 50 60 70 60 90 o 10 20 30 40 50 60 70

+501 de fiat +501 de fIat


. Sol gravil10nnaire . Sol gravillonnaire
oCuirasse oCuirasse
Fig. 37 - Diagramme de répartition des teneurs Fig. 38 - Diagramme de répartition des teneurs

en fer et en silice . en fer et en alumine.

........ - _ ~~ ~~-..-.. -
78
1

1 ..

\ - "'~ ',.. ;- 1 ~ ' , " , ...... , : ... ~ "'. ..... " • -;


1f ,,1 .... ,.,. ~ , "'; \- ..' ; ,,, I,;~ ..." ....
'\ 1.. "
1-( ,,_,,'-''''/ Fe203
t ..
Heroa
v 1 •

RHG
Cr
Goel
p
Mo
Nb
As
Cu
A1203
Kaol Il
K20
Ba
Ni
Co III
Sr
IV
Zn
Ce
Zr
Ti02
y
V
Quar
Si02
-60 -40 o 0 20 40 60
Di=100· Della(Median)j Range
Cuirasses Cuirasses Sols Sols
Alumineuses Siliceuses Gravillonnaires de Flats
"
Ë ,_]
.' ... l
','"
' ... \ ,

Fig. 39 Comparalson des médlanes des teneurs pour les quatre types de
prélèvements.
1
- 79 -

1
1 B) DIAGRAMMES DE REPARTITION, FER, SILICE, ALUMINE

1- Les variations simultanées des teneurs des échantillons en Fe203, Si02


et A1203 sont représentées avec un figuré différent pour chaque type de
prélèvement, sur les diagrammes des figures 37 et 38. On voit bien que le

1 facteur de différenciation principal des échantillons correspond


l'opposition des teneurs en fer et en silièe et que les trois catégories de
prélèvements ont des compositions distinctes:
à

les sols de flat contiennent entre 70 et 85 % de silice et moins de


1 10 % de Fer:
- les cuirasses montrent deux tendances de différenciation à partir
d'un pôle très ferrifère, situé à 60 % Fe203 et 18 % A1203 :
* une tendance siliceuse où le fer et l'aluminium varient dans
1 le même sens en opposition avec la silice:
* une tendance alumineuse où l'aluminium varie en opposition
avec le fer;
- les sols gravillonnaires ont une composition intermédiaire entre les
1 cuirasses et les sols de flat. Leur teneur en alumine est
relativement plus élevée que celle des cuirasses siliceuses.

r Sur le diagramme fer - alumine (fig. 38), les deux types de cuirasses
siliceuses et alumineuses sont bien séparés par la droite de mélange kaolinite
goethite; ces deux familles ont donc été distinguées et traitées séparément
par la suite.

C) DIFFERENCIATION GEOCHIMIQUE PAR TYPE DE PRELEVEMENT.

Dans chaque groupe d'échantillons, le fond géochimique est caractérisé


par la médiane de la distribution des teneurs de l'élément considéré, avec un
intervalle de variation correspondant à la différence entre les valeurs des
percentiles pris à 5% et 95%. Ces trois paramètres caractéristiques des
distributions de teneurs des éléments ont été utilisés pour calculer un indice
de différenciation entre les quatre types principaux de matériaux
échantillonnés. Cet indice "Di" correspond au pourcentage d'écart entre la
teneur médiane du groupe "i" et la médiane générale pour l'ensemble des
échantillons, divisé par l'intervalle de variation de l'élément considéré.

Di - 100 * (Médiane1-Médiane) / (Pct95-Pct5)

La représentation de cet indice sur la figure 39, permet de distinguer


cinq familles d'éléments et de minéraux suivant leur mode de différenciation
dans les matériaux d'altération échantillonnés.
la) Les éléments du groupe l (V, Cr, P, Mo, Nb, As) se comportent comme
le fer et les minéraux associés, hématite et goethite. Leur teneur de fond
trés faible dans les sols de flats, augmente progressivement dans les sols
gravillonnaires et les cuirasses siliceuses jusqu'aux cuirasses alumineuses.
2 0 ) Les éléments du groupe II (Cu, K20, Ba, Ni) varient comme l'alumine
et la kaolinite. Ils se distinguent du groupe précédent par des teneurs de
fond plus élevées dans les sols gravillonnaires que dans les cuirasses
siliceuses. Cet enrichissement est trés marqué pour Ba et Ni et se traduit
également par des concentrations en magnésium souvent supérieure au seuil de
détection analytique.
3°) Pour le Cobalt, du groupe III, la teneur de fond est plus élevée
dans les cuirasses siliceuses que dans les autres facies. Une tendance
similaire est observée au niveau des fortes teneurs (95% percentile) en
manganèse.
- 80 -

L
I~

1"

y .....
~'l' r:~~
...
, "

'"

'"
Cuirasses Cuirasses
Siliceuses Alumineuses 1'

Sols Sols
Gravillonnaires de Fla ts
Fig. 40 Représentation des éléments et des minéraux dans le premier
plan de l'analyse en composantes principales pour les quatre
types de prélèvement.
- 81 -

4°) Les deux éléments mobiles Sr et Zn, du groupe IV, présentent un


comportement plus complexe. Leur fond géochimique est plus élevé dans les sols
gravillonnaires et les sols de flats, mais leur dispersion est plus grande
dans les cuirasses où ils montrent les anomalies les plus contrastées.
5°) Les éléments Ce, Zr, Ti02 et Y, du groupe V, varient comme la silice
et le quartz à l'opposé des éléments du premier groupe. Ils sont beaucoup plus
concentrés dans les sols et particulièrement les sols de flats que dans les
cuirasses. Cette association est caractéristique d'une phase à minéraux lourds
(ilménite, rutile, anatase, zircon, monazite .... ) accumulée avec le quartz dans
les couverture sableuses des vallées.

En résumé, les cuirasses sont caractérisées par une accumulation


d'éléments immobilisés dans les minéraux oxydés produits au cours de
l'altération latéritique. Tandis que les sols de flats pauvres en fer, qui se
développent sur les dépOts sablo-argileux des bas fonds, concentrent le quartz
et les éléments associés à des minéraux lourds. Les sols gravillonnaires sont
relativement plus riches en éléments mobiles; ce qui traduit sans doute une
accumulation de minéraux primaires aluminosilicatés sous forme de
lithoreliques très résistantes et relativement bien préservées au cours des
premiers stades du démantèlement des cuirasses.

D) ASSOCIATIONS GEOCHIMIQUES ET MINERALOGIQUES PAR TYPE


DE PRELEVEMENT
Les associations géochimiques et minéralogiques dominantes à l'intérieur
de chaque classe de prélèvement ont été décrites par représentation des
éléments et des minéraux normatifs, dans le premier plan de l'analyse en
composantes principales (fig. 40). L'examen de ces diagrammes et des matrices
de corrélations met en évidence une certaine stabilité de ces associations
d'un groupe à l'autre, avec un regroupement des éléments autour des quatres
phases minéralogiques prépondérantes (oxyhydroxydes de fer, argiles, quartz et
oxyhydroxydes de manganèse).

1°) Le pOle siliceux correspond à la phase à quartz et minéraux lourds,


caractérisée par l'association de la silice et du quartz avec les éléments Zr,
Y, Ti02, Ce. Le zirconium apparalt comme le meilleur marqueur de cette
association. En effet, le titane est aussi lié au pOle alumineux, notamment
dans les classes des cuirasses alumineuses et des sols de flats où la
kaolinite est bien exprimée. Le cerium, et dans une moindre mesure l'yttrium,
sont également liés au pOle manganésifère.

2°) Le pOle ferrifère est principalement caractérisé par P, V, Cr, Nb,


Cu, As, Mo. La séparation des phases oxydes et hydroxydes par le calcul
normatif indique une affinité plus marquée du phosphore et du niobium pour la
goethite tandis que le chrome, le molybdène et le cuivre sont plutOt liés à
l'hématite.

3°) Le pOle alumineux, surtout exprimé dans la kaolinite est lié d'une
part au titane et d'autre part aux éléments alcalins et alcalino-terreux K20,
MgO, Ba, Sr. Le nickel participe également à cette association avec une
affinité plus marquée pour le magnésium. Dans la classe des cuirasses
alumineuses la gibbsite est corrélée avec le chrome.

4°) Le pOle manganésifère qui se rattache parfois à l'un ou l'autre des


trois pôles précédents, est surtout caractérisé par l'association de Mn avec
Co, Ba, Ce.
- - - -. - - -

':iii:'.........:••.•.,11
iiiiiiiiiiiWj;·,·

-
rmnna
ua-
>
50
45
40
60
60
50
45
3

l:H~ 35 40
~
~ 30 35
o
[=:J
25
20
30
25
2

o 10 20
o < 10

0-+----'-
1 5 8
Fig. 41 Prospect de DagadaDou: Carte des teneurs en fer.
- - -. - - -

- >
22.00
21.00
20.00
24.00
24.00
22.00
21.00
3

~.'--.""'"
[Link] 19.00 20.00
~.'.': 1B.00 19.00
L..-:.-lJ

~ 17.00 [Link] 2
o 16.00 17.00
o 14.00 16.00
o < 14.00

0+----'----
1 2 3 8
Fig. 42 Prospect de Dagadamou: Carte des teneurs en alumine.
- . - - - . ,
-- t~!

. '1'1·,
,.:l
~. -
4

Gibbsite
%
3
> 6
3 6
2 3
1 2
5 1
-5 .5 1
(X)

-35 -5 2 ""-J
1
-50 -35
-65 -50
< -65

.....
r
1

;::,::,
...... ::::::
..:::1
O-+------...
.~
1 2 5 6
Fig. 43 Prospect de Dagadamou: Carte des teneurs en quartz et gibbsite.
- - - - - - - - - - - - - - -, -.... - -
4

Kaolinite
% ..
. . ::::1" ..
..: '.: ~ ~ : ~ j ~ 1.'
3 .:

> 55 ·iIH::·'!:
50 55 .. :~:~: 1:: ;... :: .
..::~ ;:~ i: ::. .
..
48 50
~
~ 44- 48
~
L.....;jJ 42 44
o
~
40
38
42
40
1
CD
Y:I

~ 2
CJ 35 38
o 30 35
CJ < 30

.: i~~IT~: L
'/ii~-~t
1 ,il'
:: .... \::
. :\~:i:!.:

1 2 3 6
Fig. 44 Prospect de Dagadamou: Carte des teneurs en kaollnlte.
-. - ,. - - - - - - - - -, - - - -
4

v p.p.m. .'::
.:1::::::::::-
.

>
BOO
900
900
3

.;:~w. ":iH!i,;:c
i~j'i
700 800 ...
fTIIlI'
~
1lJlIIII 600 700
r=:'] ..
500 600

'~.i· ".'"\'i!i;i i !i' ~:.' :':' ' ' '


~
~
~ 400 500
o 300 400 2
o 200 300
;::\. ..

o 150 200
. . . ..·······i.i·'r\'I~iliii:i:';~'·,· .
...

0-:'1;:
~ < 150

• i l;';li· I·i."! ~li'i·;.'I:i : . .


1 ::::::_ . o::::!:::

1 2 3 5 6
Fig. 4.5 Prospect de Dagadamou: Carte des teneurs en vanadium.
- - - - - -- ----
4

Zr
...-. >
p.p.m.

950
1000
1000
3

-o
~
~
~
~
900
800
700
600
500
950
900
BOO
700
600 2
CJ 400 500
o 300 400
o < 300

1 2 3 • 5 6
Fig. 46 Prospect de Dagadamou: Carte des teneurs en zirconium.
- 95 -

1
E) CARTOGRAPHIE GEOCHIMIQUE
1
Les distributions des teneurs des éléments et des minéraux ont été
représentées après interpolation par moyennes mobiles à l'aide d'une échelle
1 de couleurs allant du gris clair au rouge-magenta. Les cartes de Fe203, A1203,
Quartz-Gibbsite, Kaolinite, Zr et V sont données comme exemples représentatifs
des principaux modes de régionalisation des teneurs (fig. 41 à 46).

La zonalité la mieux marquée pour la' plupart des éléments reflète le


contraste de compositions entre les plateaux cuirassés et les sols des
vallées. Les cuirasses affleurantes se dessinent donc en rouge sur les cartes
1 de Fe203, A1203, Cr, V, P, Cu, As, Mo, Nb, tandis que les vallées apparaissent
en gris clair. On observe la disposition inverse sur les cartes de Si02, Ti02,
Y, Zr et Ce.

1 Des différenciations
ces deux ensembles.
plus fines se manifestent également dans chacun de

1 - Dans les vallées, le zirconium et le quartz se concentrent


préférentiellement en bordure des plateaux cuirassés en soulignant
leurs contours par un liseré de fortes teneurs. Cette zonalité
s'observe plus particulièrement à l'Ouest du secteur où un halo de
1 fortes concentrations entoure une butte isolée près du village de
Dagadamou. Elle correspond vraisemblablement à une différenciation
pédologique marquée par un lessivage plus important des particules
fines argileuses au pied des buttes cuirassées, et l'accumulation
1 relative des minéraux détritiques, quartz et zircon.

Dans les cuirasses, les teneurs en V, Nb, Mo sont plus élevées dans la
1 moitié E-NE de la carte que dans la partie W-SW. La limite entre ces
deux zones dessine une structure d'orientation NNW-SSE que l'on voit
également sur les cartes de Cr, As et Sr. Elle révèle peut-être
1 l'existence d'une différenciation lithologique du substratum, sécante
par rapport à l'orientation des traits morphologiques majeurs du
paysage.

1 P) COMPARAISON DES IMAGES SPOT ET DES CARTES GEOCHIMIQUES

1 Le recalage géométrique des images SPOT a d'abord été réalisé


visuellement par superposition avec les cartes géochimiques en s'appuyant sur
des repères géographiques tels que le réseau hydrographique.

Après rotation de l'image, on a extrait la fenêtre de 225 x 275 pixels


correspondant aux limites du prospect de Dagadamou. Elle est représentée sous
forme de composition colorée CMY pour les trois bandes spectrales XS1, XS2 et
1 XS3. Les grandes unités géomorphologiques et géochimiques décrites
précédemment se reconnaissent bien sur cette image (fig. 47).

r· Les plateaux cuirassés relativement sombres se distinguent nettement des


vallées et des zones de bas-fond, plus claires. On retrouve ainsi, avec une
plus grande finesse de résolution, les zonalités de répartition des éléments
observées sur les cartes géochimiques.

La végétation qui ressort en rouge souligne le tracé des marigots dans


les vallées. Les zones boisées sur les plateaux cuirassés dessinent parfois
des bandes parallèles orientées NW-SE, notamment àl'Ouest du secteur. Cette
disposition reflète sans doute des structures lithologiques préservées dans la
couverture d'altération. Les emplacements des feux de brousse récents se
marquent par des taches brunes ou noires.
1 - 97 -

r Prospect de Dagadamou: Region de Kangaba (Sud Mali)

r
1
1

Fig. 47 Image SPOT : Composition coloree CMY


Bande XS 1 Magenta Ech: 1/25.000
Bande XS2 Jaune
Bande XS3 Cyan
- 99 -

Tableau XII - Coefficients de corrélation entre l'indice de Cuirasse et les teneurs


r géochimiques et minéralogiques par type de prélèvement.

li Il
Si02 A1203 Fe203 Ti02 Ba Sr P V Nb Y Zr Quar Kaol Il
1 Il

"Il
Il il
Il
Cuirasses alumineuses Il -.03 -.25 .17 .05 -.04 -.06 .18 .16 .17 .20 .20 .14 -.15 Il
~ /1
1 Cuirasses siliceuses n .28 -.37 -.15 .14 - .17 -.01 .03 -.02 .07 .29 .28 .34 - .37 Il
Il
Sols gravillonnaires
"IlIl .31 -.40 -.24 .17 -.29 - .16 .02 - .13 .09 .34 .28 .36 -.40 Il
Il
Sols de flat Il
Il
.00 -.02 -.03 .00 -.16 -.23 -.14 -.06 .00 -.07 .25 .01 -.02 Il
Il il
Il Il
Global Il .39 -.45 -.35 .33 -.20 -.10 -.16 -.25 -.15 .39 .40 .41 -.44 Il
Il'1
""

Tableau XIII - Coefficients de corrélation entre l'Indice de Végéta tion et les teneurs
géochimiques et minéralogiques par type de prélèvement.

li il
Il Si02 A1203 Fe203 Ti02 Ba Sr P V Nb Y Zr Quar Kaol Il
l1' Il
Il Il
Il Cuirasses alumineuses .13 .24 -.21 .01 .20 .14 -.25 -.22 -.20 -.12 -.16 -.05 .22 Il
" Cuirasses siliceuses -.03 .36 -.09 .15 .30 .12 -.33 -.17 -.23 -.06 -.06 -.13 .36 "
" Sols I"l
gravillonnaires -.23 .32 .13 -.08 .21 .14 - .11 .04 .01 -.19 -.21 -.28 .32 Il
Il
Sols de flat .04 .00 -.13 .00 .14 .18 .05 -.04 -.13 -.05 -.34 .02 .00
":1
Il
Global .24 .01 -.28 .27 .21 .18 -.33 -.29 -.30 .22 .16 .20 .04
"I'1l

1-
- 100 -

l
Un figuré clair de forte réflectance, souligne fréquemment les contours
des plateaux cuirassés. Cette figure est analogue à celle que l'on observe
pour l'auréole des fortes teneurs en zirconium. Elle reflète l'existence d'une
[
différenciation pédologique au pied des buttes cuirassées, liée
vraisemblablement au lessivage des argiles et et à l'accumulation des minéraux
résiduels détritiques à ce niveau. Cette étude à permis de la mettre en
évidence, car elle ne semble pas avoir été décrite auparavant.
l
Nous avons déjà indiqué que les indices de cuirasses et de végétation,
obtenus par combinaisons des canaux radiométriques, pertmettaient de bien
représenter ces deux thèmes essentiels du paysage latéritique.

- L'indice de cuirasse est exprimé sous la forme 3XSl-XS2-l00. Il


accentue le contraste entre les plateaux cuirassés et les sols
sablo-argileux des bas-fonds (fig. 10).

- L'indice de végétation classique (fig. 10), correspond au rapport


(XS3-XS2)/(XS3+XS2)*100.
T
Afin de préciser le degré de corrélation entre ces deux indices et la l
composition des matériaux d'altération échantillonnés en prospection, les
pixels situés sur les points de prélèvements ont été sélectionnés et les deux
types d'information, géochimique et radiométrique, ont été rassemblés dans un
f
même fichier. L
Les corrélations les plus significatives calculées pour l'ensemble des
échantillons ou bien séparément pour chaque faciès de prélèvement sont
reportées sur les tableaux XII et XIII.

Pour l'indice de cuirasse (tab. XII), les corrélations sont plus


élevées au niveau global. Elles sont positives avec les éléments et les
minéraux accumulés dans les sols de flats (quartz, Si02, Ti02, Y, Zr) et •
négatives avec les éléments concentrés dans les cuirasses (A1203, Fe203, Ba,
V, kaolinite). Cette opposition est plus accentuée vis à vis de l'alumine que
par rapport au fer.

L'indice de végétation (Tab XIII), au niveau global, est corrélé


positivement avec le quartz, la silice et les éléments accompagnateurs (Ti02,
Y, Zr) et varie en opposition avec fer, P, V, Nb. Ceci traduit une
prédominance de la végétation dans les vallées par rapport aux plateaux
cuirassés, qui apparalt bien sur la figure 10.

On observe également une corrélation positive de l'indice de végétation


avec l'alumine et la kaolinite, en dehors des flats, sur les zones de
cuirasses alumineuses ou siliceuses et les sols gravillonnaires. La même
tendance apparaît pour le baryum et dans une moindre mesure pour le strontium.

Pour les sols de flats, le zirconium présente une corrélation négative


avec l'indice de végétation et positive avec l'indice de cuirasse; ce qui
rappelle la correspondance entre l'auréole anomale observée pour cet élément
et le halo de forte réflectance mais dépourvu de végétation, autour des
plateaux cuirassés.

Ainsi, toutes ces relations entre la signature spectrale et la


composition chimique et minéralogique des différents faciès de la couverture
latéritique montrent l'intérêt de l'information apportée par les images
satellitaires. On remarque que ces relations ne sont pas toujours directes et
s'expriment souvent à travers la végétation dont la distribution dépend
notamment de la nature et de la composition du profil d'altération
latéritique.
- 101 -

CONCLUSIONS

La finalité de la télédétection 'des régions latéritisées demeure une


cartographie détaillée à grande échellè, pouvant servir de guide à la
prospection minière.

Les études de télédétection menées sur le district de KANGABA ont apporté


les enseignements suivants

~I - Les cartographies morphologiques réalisées à l'aide des photographies


aériennes fournissent, après contrOle sur le terrain, un document de
base de bonne qualité. Les plateaux cuirassés présentent des modelés
ondulés et pentés. Les plaines cuirassées, plus difficile à
interpréter, sont souvent recouvertes d'un sol peu épais.

- Les interprétations d'images satellitaires s'effectuent après


traitements photographiques ou traitements numériques. Les traitements
numériques permettent d'établir des documents du 1/50.000 au 1/25.000.

- Les images satellitaires permettent la reconnaissance des principaux


.1 thèmes des paysages latéritiques zones de bas-fond, plaines et
plateaux cuirassés, zones dénudées et zones couvertes de végétation.
Les thèmes les plus difficiles à mettre en évidence sont ceux où
l'influence de la végétation est prépondérante.

- Les données SPOT avec une résolution au sol de 20 x 20 m sont très


performantes. Outre la bonne résolution, ces données présentent une
excellente géométrie et une définition précise des amers qui permet le
recalage des images. Des difficultés surviennent sur le plan
radiométrique, en raison de la forte corrélation entre les deux canaux
) visibles XS1 et XS2.

- Des traitements numériques adaptés aux données SPOT ont été regroupés
dans le logiciel SUBTIL. Ce logiciel modulaire pourra facilement être
J développé au cours des études ultérieures.

- Des classifications supervisées ont été tentées pour faciliter la

J cartographie de la zone test de BANANKORO. Les néocanaux qui ont donné


les meilleurs résultats sont ceux obtenus à partir des histogrammes
bidimensionnels: soit de deux canaux bruts, soit des deux premiers
facteurs de l'analyse en composante principale. Chacune des deux
.1 classifications amène des informations, mais la classification sur les
canaux est plus difficile à mettre en oeuvre.

- Les mesures radiométriques de laboratoire et de terrain permettent de


'J différencier deux grandes familles minéralogiques de latérites. On
sépare les latérites alumineuses à Gibbsite et Boehmite dominantes des
latérites férrifères à Goethite et Hématite. Une corrélation entre les
J mesures expérimentales et les valeurs satellitaires a été mise en
évidence, sans qu'il soit encore possible de dire que les signatures
spectrales de SPOT sont suffisantes pour déterminer avec précision la
composition minéralogique d'une latérite.
J

1
- 102 -

Des comparaisons ont été effectuées entre les cartes géochimiques et les
images SPOT, sur le secteur de DAGADAMOU. Elles montrent également une bonne
relation entre la nature et la composition des formations latéritiques et leur
signature spectrale.

L'indice de cuirasse sépare bien les cuirasses affleurantes sur les


plateaux et les sols argilo-limoneu~ des vallées.

- L'auréole en minéraux lourds et quartz correspondant à une


différenciation au pied des plateaux se reconnalt sur les images SPOT.

- L'indice de végétation montre que les zones boisées se développent


préférentiellement sur les cuirasses les plus riches en Kaolinite.

Ainsi, l'intégration des informations géochimiques avec les images SPOT


permet de mieux caractériser l'environnement de chaque échantillon et facilite
l'interprètation et la cartographie des résultats analytiques.
1
- 103 -

1 BIBLIOGRAPHIE

1
AMBROSI J.P. (1984) Pétrologie et géochimie d'une séquence de profils
1 latéritiques cuirassés ferrugineux de la région de Diouga, BURKINA FASO.
Thése 3°cycle , Poitiers, 209p

AUBREVILLE A. (1949) Climats, forêts et désertification de l'Afrique


1 tropicale. Soc. Edit. Marit. Colon., Paris, 351 p.

BASSOT J. P., MELOUX J., TRAORE H. (1981) - Notice explicative de la carte


1 géologique à 1/1.500.000 de la République du Mali. Edit. BRGM, 137 p.

BECKER F., 1978 - Physique fondamentale de la télédétection. Notes de cours du


CNES, 107p.
1
BESSOLES B. (1977) - Géologie de l'Afrique. Le craton ouest africain. Mémoire
B.R.G.M. ,88, 402 p.
1 BOULANGE B. (1984) - Les formations bauxitiques latéritiques de COTE D'IVOIRE.
Travaux et documents, O.R.S.T.O.M., Paris, 363 p.

1 BOULET R. (1970) - La géomorphologie et les principaux types de sols en HAUTE


VOLTA NORD. Cah. O.R.S.T.O.M., Sér. Pédologie, 8, pp 245-272.

1 COTTARD P., DOMMANGET A., KEITA M., ZEEGERS H. (1981) - Prospection d'or,
district de Kangaba. Campagne 1979-80. Rapp.B.R.G.M., ref.81 RDM 003 AF
(inédit).

1 COTTARD P., DOMMANGET A., KEITA M. (1981) - Prospection aurifère sur le permis
Kéniéba-Kangaba. Campagne 1980-81. Rapp. B.R.G.M., ref. 81 RDM 058 AF,
(inédit).
1 DANDJINOU T. (1986) - SUBTIL. Logiciel de traitement d'images numérisées basé
sur SPIDER et UNIRAS. Centre Calcul CNRS, Strasbourg, 47p, multigr.

1 DARS R. (1961) Les formations sédimentaires et les dolérites du Soudan


Occidental (Afrique de l'Ouest). Mém. B.R.G.M., 12, 328 p.

DAVEAU S., LAMOTTE M., ROUGERIE R. (1962) - Cuirasses et chaînes Birrimiennes


en Haute-Volta. Ann. Géogr., 387, pp 460-482.

DNGM, ORSTOM, CNRS, (1986) Cuirasses latéritiques et minéralisations


1 aurifères de la région de Kangaba au Mali. Rapport de première phase,
107 p., annexes, 1 carte h.t.

l' DRESCH J. (1953) - Plaines soudanaises. Rev. Gémorphol. dynam., l, pp 39-44.

FREYSSINET Ph. (1985) Etude préliminaire des formations latéritiques de


Kangaba (Sud-Mali). Mém.D.E.A., ULP Strasbourg, 66 p, multigr.

GOLOUBINOW R. (1950) Notice de la carte géologique de Bougouni Ouest au


1/500.000. Gouv. Gén. Afr. Occ. Fr., Dakar, NC 29 NE-O 27 .

GRANDIN G. (1976) - Aplanissements cuirassés et enrichissements des gisements


de manganése. Mém.O.R.S.T.O.M., Paris, 82, 268 p.
- 104 -

HUNT G.R., SALISBURY J.W., (1970) Visible and near-infrared spectra of


minera1s and rocks: l silicates minera1s. Modern geology, vol 1,
pp 283-300.

HUNT G.R., SALISBURY J.W., LENHOFF C.J., (1971) - Visible and near-infrared
spectra of minerals and rocks: III Oxydes and hydroxydes. Modern Geology.
vol 2, pp 195-205.

HUNT G.R., SALISBURY J.W., LENHOFF C.J., (1972) - Visible and near-infrared
spectra of minera1s and rocks: V,Halides, phosphates, arsenates,
vanadates and borates. Modern geology, vol 3, pp 121-132.

HUNT G.R., HALL R.B., (1981» Identification of kaolins and associated


minera1s in a1tered vo1canic rocks by infrared spectroscopy. C1ays and
clay minera1s, vol 29, n01, pp 76-78.

KAYSER N., (1987) - Etude spectrométrique et radiométrique des latérites de la


région de Kangaba (Sud-Mali). Memoire D.E.A., ULP Strasbourg, 29 p.,
mu1tigr.

LE GALL M., (1987) - Cartographie des formations latéritiques de la région de


Kangaba (Sud-Mali). Mémoire D.E.A., ULP Strasbourg, 30 p., mu1tigr.

LEPRUN J.C. (1979) Les cuirasses ferrugineuses des pays cristallins de


l'Afrique Occidentale sèche. Genèse - Transformation - Dégradation. Mém.
Sei. Géol., 58, 224 P

LYON R.J.P., GREEN A.A., (1975) - Reflectance and emittance of terrain in the
mid-infrared (6-25~) region. In Infrared and Raman spectroscopy of lunar
and terrestria1 minera1s, Ed. Clarence Karr, pp 165-195.

MICHEL P. (1969) Les fleuves du Sénégal et de la Gambie. Etude


géomorpho1ogique. Mém. O.R.S.T.O.M. ,63, 752 P

NAHON D. (1976) - Cuirasses ferrugineuses et encroQtements calcaires au Sénégal


Occidental et en Mauritanie. Systèmes évolutifs: géochimie, structures,
relais et coexistence. Mém. Sei. Géol.,44, 232 p.

PION J.C. (1979) L'altération des massifs cristallins basiques en zone


tropicale sèche. Etude de quelques toposéquences en HAUTE VOLTA. Mém.
Sei. Géol., 57, 220 P .

ROQUIN C., DANDJINOU T., FREYSSINET Ph., PION J.C., TARDY Y. (1987) - Premiers
résultats de cartographie des couvertures latéritiques par images SPOT,
région de Dagadamou (Sud-Mali). C. R. Acad. [Link], t 304, sé[Link],
n08, pp 321-326.

THERA E. (1984) - Rapport de stage "Projet latérites". Etude pétrologique et


géochimique des cuirasses de Kénieba, Kangaba et Bougouni Sikasso.
C.S.G.S., Strasbourg. 53 p., multigr.
- 105 -

r
LISTE DES FIGURES
1

Figure 1 - Carte de situation et position des zones Test.


Figure 2 - Carte géologique de la zone d'étude.
• Figure 3 - Carte morphologique de la zone de BANANKORO .
Figure 4 -Carte morphologique de la zone de DAGADAMOU.
1 Figure 5 - Esquisse des plateaux cuirassés de la zone de BANANKORO.
Figure 6 - Esquisse des plateaux et cuirasses moyennes de BANANKORO.
Figure 7 - Image LANDSAT du canal 6.
1 Figure
Figure
8
9 -
- Image LANDSAT du canal 6 déligné.
Image SPOT de la région de KANGABA (Sud Mali).
Figure 10 - "Indice de cuirasse" et 'indice de végétation".
Figure 11 - Histogrammes de fréquences des canaux XS1, XS2 et XS3.
1 Figure
Figure
12
13
-
-
Histogramme bidimensionnel XS1-XS2.
Image SPOT: composition colorée CMY.
Figure 14 - Histogramme de fréquences du néocanal "indice de végétation".
1 Figure
Figure
15
16
-
-
Image SPOT: facteur 1 ACP.
Image SPOT: facteur 2 ACP.
Figure 17 - Image SPOT: facteur 3 ACP.
Figure 18 - Image SPOT: composition colorée HLS.
1 Figure 19 - Classification d'après échantillonnage.
Figure 20 - Découpage des histogrammes bidimensionnels XS1-XS3 et XS2-XS3.
Figure 21 - Classification d'après les canaux XS1, XS2 et XS3.
Figure 22 - Histogramme bidimensionnel Fl-F2.
1 Figure 23 - Classification ACP.
Figure 24 - Localisation des échantillons de l'étude radiométrique.
Figure 25 - Spectres des échantillons références 0.4 à 2.4.
1 Figure
Figure
26
27
-
-
Spectres des échantillons références 2.8 à 5.8.
Spectres de la kaolinite et du quartz 0.4 à 2.5.
Figure 28 - Spectres "A" des latérites 0.4 à 2.4.
1 Figure
Figure
29
30
-
-
Spectres "A" des latérites 0.4 à 2.4.
Spectres "B" des latérites 2.8 à 5.8.
Figure 31 - Spectres d'émissivité des références 2.8 à 5.8.
Figure 32 - Spectres d'émissivité des latérites 2.8 à 5.8.
1 Figure
Figure
33
34
-
-
Spectres d'émissivité des références 8 à 14.
Corrélation XS1-XS3 des valeurs CIMEL.
Figure 35 - Corrélation XS1-XS3 des valeurs SPOT.
Figure 36 - Corrélations entre les canaux CIMEL et SPOT.
Figure 37 - Diagramme de répartition des teneurs en fer et en silice.
Figure 38 - Diagramme de répartition des teneurs en fer et en alumine.
Figure 39 Comparaison des médianes des teneurs pour les quatre types de
prélèvement.
Figure 40 - Représentation des éléments et des minéraux dans le premier plan
de l'analyse en composantes principales pour les quatre types de
l' Figure 41
prélèvement.
- Prospect de Dagadamou: carte des teneurs en fer.
Figure 42 - Prospect de Dagadamou: carte des teneurs en alumine.
Figure 43 - Prospect de Dagadamou: carte des teneurs en quartz et gibbsite.
Figure 44 - Prospect de Dagadamou: carte des teneurs en kaolinite.
Figure 45 - Prospect de Dagadamou: carte des teneurs en vanadium.
Figure 46 Prospect de Dagadamou: carte des teneurs en zirconium.
Figure 47 - Image SPOT du prospect de Dagadamou en composition colorée.
- 106 -

LISTE DES TABLEAUX

Tableau l - Paramètres statistiques des canaux XS1, XS2, XS3.

Tableau II - Matrice de correlation entre les canaux XS1, XS2, XS3.

Tableau III - Matrice de correlation entre facteurs ACP et canaux.

Tableau IV - Répartition des classes par échantillonnage.

Tableau V - Répartition des classes d'après les canaux XS1, XS2, XS3.

Tableau VI - Classification par ACP.

Tableau VII - Histogramme bidimensionnel entre classes "ACP" et classes ·XS·

Tableau VIII - Minéralogie et caractéristiques des échantillons.

Tableau IX - Minéralogie des échantillons de références.

Tableau X - Catalogue de références de HUNT et LYON.

Tableau XI - Résultats des mesures radiométriques de terrain.

Tableau XII - Coefficients de corrélation entre l'indice de Cuirasse et les


teneurs géochimiques et minéralogiques par type de
prélèvement.

Tableau XIII Coefficients de corrélation entre l'indice de Végétation et


les teneurs géochimiques et minéralogiques par type de
prélèvement.

Vous aimerez peut-être aussi