Étude des latérites par télédétection
Étude des latérites par télédétection
PION J.C.
ROQUIN C.
C N R S FREYSSINET Ph.
Centre de Sédimentologle et de DANDJINOU T.
Géochimie de la Surface. LP 6251. LE GALL M.
STRASBOURG KAVSER N.
,
SOMMAIRE
INTRODUCTION -------------- p. 1
CHAPITRE l LE CADRE DE L'ETUDE
1) PRESENTATION DE LA REGION DE KANGABA --------- p. 3
CHAPITRE II - TELEDETECTION
,
!
1) RADIOMETRIE
BIBLIOGRAPHIE P. 103
,
- l -
INTRODUCTION
· -
Les latérites recouvrent d'énormes surfaces en Afrique intertropicale.
Elles sont un obstacle à la connaissance du substatum géologique de nombreux
pays, et en particulier du Mali.
,
latérites par des méthodes de Géochimie, Minéralogie et pétrographie des
formations tropicales. Ce programme rejoint le problème pratique de la
prospection miniére en zone de couverture latéritique. L'un des moyens de
résoudre ce problème est d'établir une cartographie thèmatique, la plus fine
possible, pour fournir un support à la recherche des ressources minérales.
1 -
-
-
Recherches fondamentales sur les latérites (Convention FAC).
Réseau EUROLAT d'étude des latérites.
ATP LATERITES (1986 et 1987) "Cuirasses ferrugineuses et
bauxitiques de la région de KANGABA au Mali".
l - Programme PlRAT de l'INSU et de l'ORSTOM.
1 Les études de Télédétection ont été entreprises pour appuyer les travaux
sur les données de géochimie, très abondantes sur la région de KANGABA. Elles
ont comporté, dans un premier temps, une interprétation des photographies
1 aériennes conventionnelles, pour établir une cartographie morphologique de
base. Cette cartographie a été contrOlée sur le terrain au cours des missions
de prélèvement géochimique.
1 Durant cette période l'ecquisition de données satellitaires a été
J
réalisée et la deuxième phase des travaux a commencé sur des images LANDSAT. En
même temps, deux zones test ont été choisies et de nombreux logiciels de
1 traitement d'images ont été testés sur ces zones latéritiques.
Une troisième phase a débuté avec l'arrivée des produits SPOT, dont la
résolution au sol de 20 m a permis enfin de progresser dans la cartographie à
1 grande échelle des anomalies géochimiques.
1
1
1
- 2 -
r
Ce rapport final de synthèse reprend certains des travaux des étudiants,
r
stagiaires, chercheurs en formation et chercheurs qui ont participé aux études
sur la région de KANGABA. r
•
Le chapitre l présente la zone d'étude et la cartographie morphologique
qui sert de support aux différentes études thèmatiques .
r
Le chapitre II regroupe les travaux ayant trait uniquement aux données de
télédétection. On presente en particulier la cartographie de la zone test de
BANANKORO, obtenue à l'aide de classifications supervisées.
r .
[.
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[
r
, 3
, CHAPITRE l
, LE CADRE DE L'ETUDE
1) PRESENTATION DE LA REGION DE KANGABA
La zone intéressant notre étude au Sud-Ouest Mali est située entre le
Niger, la frontière de la Guinée et les villes de KOUREMALE et KANGABA. C'est à-
dire dans un quadrilatère dont les sommets se situent aux coordonnées
suivantes:
Longitude Ouest Latitude Nord
11°36'80" 8°44'90'
,
"
17°39'20'
11°57'60'
1PS6'SO'
8°51'
8°47'50"
8°24'80'
,
La surface est de l'ordre de 1200 km 2 (fig 1).
1 35
l 30
l
l 25
1 20
1
1 15
1 10
1
j 5
1 o
o
km
] Fig 1: Carte de situation et position des zones test
1
1
- 4 -
r
1) LE CLIMAT
La pluviosité
r.
La pluviosité est le facteur climatique le plus important à la fois par
la hauteur d'eau annuelle et par l'étalement de la saison des pluies. La
pluviosité annuelle moyenne est de l'ordre de 1250 à 1300 mm. La durée de la
saison des pluies tend à s'étaler vers le Sud. Elle passe de 4 mois à Bamako à
5 mois à la frontière guinéenne.
3) LA GEOLOGIE
a) Généralités
Le substratum du Sud Mali est constitué en majeure partie par le système
Birrimien du Précambrien moyen ou Pr~cambrien C. Ce socle est bordé au Nord par
les formations gréseuses du Précambrien supérieur ou Précambrien A (BASSOT et
[
a1.,1981).
r
d) Les minéralisations aurifères
Le Sud du Mali possède des minéralisations aurifères importantes. Cette
r
région connait encore "l'orpaillage", pratiqué durant la saison sèche par les
populations P~linké. r
r
La plupart des minéralisations connues sont liées à des structures de
filons quartzeux et de zones d'injections diffuses, mises en place dans les
formations birrimiennes. La présence de petits corps granitiques autour de
plusieurs gisements laisse penser que le phénomène de granitisation a joué un
certain rOle dans la reconce~tration de l'or.
[
Toutes les minéralisations primaires sont masquées par la couverture
latéritique importante de la région.
[
[
[
[
[
[
[
[
..
CITIJ
Dolérites
Grès Précambrien A
[
lTT11
~ Schistes et micaschistes [
CZJ Grauwackes et conglQmérats
[
~
~ Granite non orienté
r:-:-:l
~ Granite orienté
Précambrien C
[
50 km
illIITIJ Migmatites
[
Fig 2: Carte géologique de la zone d'étude
[
r
, - 7 -
,
études concernent les pays limitrophes et non le Mali. Il s'agit surtout
d'études en COte d'Ivoire, Burkina Faso, Sénégal.
h) Le réseau hydrographique
l
l
- 8 -
r
Description du paysage
Le modelé de la région de KANGABA est ondulé et les dénivelées maximum
r
sont de 60 m. La surface cuirassée affleurante ou subaffleurante est d'environ
80 Z et constitue le "squelette" du relief. Les plateaux sont inclinés et les
pendages varient de 1 à 10°. Les marigots entaillent rarement les cuirasses et
r
uniquement dans le cours aval. On observe deux types d'entailles: au sommet
des interfluves ou plus couramment dans les vallées cuirassées.
Les plateaux cuirassés, que l'on nomme "bowés" en Guinéen, peuvent être
classés suivant leurs contours. Il existe trois types de rebords de plateaux:
r
- Vers la frontière guinéenne, les plateaux ont des altitudes comprises
entre 380 et 420 m. Les pentes sont relativement importantes, le plus
souvent vers le marigot. Les plateaux présentent des rebords verticaux
r
de plusieurs mètres, souvent limités par un talus raide de 15 à 30 m
de dénivelée. r
- Lorsque les pentes des bowés sont moins importantes, les talus
diminuent progressivement d'amplitude puis disparaissent. L'entaille
se limite à un rebord de plateau d'environ 1 m. Le découpage en
[
"marche d'escalier" des rebords de plateaux est guidé par la présence
de joints subhorizontaux dans la cuirasse.
[
- En bordure de la plaine du Niger, et principalement à l'Est de
DAGADAMOU les plateaux ont des altitudes variant entre 330 et 380m. Le
réseau hydrographique n'entaille pas la cuirasse. Les bowés forment
des croupes arrondies, au modelé ondulé, où les dépôts sablo-argileux
[
occupent les zones déprimées. Les croupes cuirassées sont séparées par
de larges talwegs comblés par des limons.
[
Morphologie de la zone de BANANKORO et de DAGADAMOU
tl
Cuirasse sans rebord visible
[
+ + Cuirasse à fort couvert végétal
+ +
"h
+ "'1
tl
[
\1\1111\ Talus raide
JI q
"
" 0
0
0
0
0
0
tl
Glacis cuirassé
[
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"
h
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tl
Glacis perché cuirassé [
!' q
"h "
tl
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p .
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.....
.....
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...
n
. '1
Talwegs [
[
r
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- - - - - - - - - - -_ _...l
2 K'"
Fig 4: Carte morphologique de la zone de Dagadamou
- 11 -
,
,
Carte morphologiaue de la zone de BANANKORO (Fig. 3)
, prendre une forme en "arc de cercle" en amont des marigots. Les plateaux sont
souvent bordés par un talus dont le pendage est important avec une dénivelée
,
de 10 à 60 m. Au bas des talus, s'étendent des glacis faiblement inclinés vers
le marigot et généralement cuirassés. Ils peuvent occuper de très vaSLes
surfaces. Les glacis peuvent être reliés à la dalle principale par un rebord
vertical d'un à deux mètres, mais l'ensemble reste en parfaite continuité dans
le paysage. Dans ce type de modelé, les talwegs non cuirassés sont assez
étroits, et se limitent fréquemment à une simple entaille de quelques mètres
dans la cuirasse.
l cuirasse pour donner des formes concaves et planes pouvant atteindre quelques
kilomètres de large.
1 sols sont peu évolués et leur profil n'excède pas quelques dizaines de
centimètres. Ils se développent à partir de la cuirasse et sont constitués de
nodules ferrugineux englobés dans une matrice argilo sableuse grise.
,
une mosaIque non contrôlée de 48 photos d'une superficie de 1600 km 2 • Nous
avons utilisé quatre bandes de photographies aériennes (237 à 251 Nord-Sud,
273 à 286 Sud-Nord, 289 à 300 Nord-Sud et 303 à 311 Sud-Nord). Cette mosaIque
est recalée à l'aide du fond topographique au 1/200.000 et pour la partie
l
, Il s'est intéressé plus particulièrement aux rebords de cuirasse bien
marqués en stéréoscopie et aux différences de niveaux à l'intérieur des hauts
plateaux eux-mêmes. Il apparaIt nettement sur la figure 5, extraite de la
carte morphologique représentant la zone de BANANKORO, que les plateaux
cuirassés déchiquetés occupant les interfluves sont complexes. Ils forment des
surfaces gauchies à pendages variables. La pente générale se dirige vers les
l marigots importants comme le KOKOYON. Les rebords de cuirasses sont bien
marqués, mais peuvent être remplacés localement par un talus à pente très
raide. Des rebords et cassures apparaissent sur les plateaux eux-mêmes,
formant des niveaux étagés intra-plateaux. Ces petits rebords soulignent par
1
,
exemple les points hauts des plateaux de part et d'autre du KOKOYON.
l
1
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Les changements de pendages très nombreux sont indiqués par des flèches
et permettent d'évaluer la forme régionale du modelé et la complexité de la
surface des plateaux.
- 17 -
CHAPITRE II
, TELEDETECTION
1 a} Supports photographiques
214-52 - Tirage 1/200.000 sur papier, des images LANDSAT du 5/12/72 et
du 4/3/75 en noir et blanc des canaux 4, 5 et 7.
1 214-52 - Tirage 1/200.000 sur transparent diazoYque permettant la
composition colorée CMY des mêmes images LANDSAT du 5/12/72 et
4/3/75.
214-52 - Tirage 1/1.000.000 des canaux 4, S, 6 et 7 des images LANDSAT
1 du 28/6/82 et 7/12/82. Ces images sont amputées d'une partie de
l'orbite, ce qui permet uniquement l'observation de l'extrême
Est de notre zone d'étude (LA FIE).
1 214-52 - Tirage 1/200.000 de l'image LANDSAT-RBV du 22/1/81. Cette image
n'est pas acquise à l'aide du capteur MSS de LANDSAT comme les
précédents, mais à l'aide de la caméra vidéo du LANDSAT 3.
b} Données numériques
1
'1
- 18 -
1
r
Les données numériques permettent, dans le meilleur des cas, de
travailler au 1/50.000 et surtout d'utiliser plus facilement les additions de
trois canaux en composition colorée. Les premiers essais ont été pratiqués sur
nos zones latéritiques par Ph. FREYSSINET, (1985).
r
Les principales conclusions de ce travail préliminaire montrent qu'il
est relativement aisé de retrouver certains faciès morphologiques des
cuirasses à l'aide des données LANDSAT, en particulier grâce aux compositions
r
colorées. Des ratios de canaux permettent d'identifier certains thèmes tels
que cuirasses, sols nus. végétation. Enfin, les valeurs radiométriques dans
les différents canaux peuvenL servir à isoler certains thèmes caractéristiques
de l'image. Mais le signal àe la végétation est prépondérant par rapport aux
r
signaux des autres thèmes. Le pourcenLage de couvert végétal influe fortement
sur la texture de l'image. r
3. Etude de la scène LANDSAT - 214-52 du 5/12/72 r
A la suite de l'étude préliminaire de deux petites zones, T. DANDJINOU
et C. ROQUIN ont entrepris l'étude plus détaillée de la scène du 5/12/72. Une
composition colorée des canaux 4, 5 et 7 a été réalisée à l'échelle du
1/80.000 pour garder une vision globale de notre zone d'étude.
[
Des traitements ont été mis au point pour restituer et améliorer les
images au Centre de Calcul de Strasbourg-Cronenbourg. Il s'agit en particulier
[
de traitement de délignage des images LANDSAT. En effet, les canaux bruts de
la scène sont fortement lignés, en particulier les canaux 4, 6 et 7. Ces
traitements adaptés à chaque canal sont suffisamment sélectifs pour ne pas
déformer l'information originale. Un exemple est donné dans la figure 7 et
[
dans la figure 8 de ces traitements de délignage.
, "~~"---.'.
,
l
,
1
l
l
l
1
l
,
1
1
1
:1
1
1
1
1 Fig 7: Image du canal 6
'1
20
1
[
r
l
- 21 -
l
1 Une reconnaissance a été effectuée jusqu'aux rebords Sud des Monts
Mandingues en liaison avec les travaux sur les bauxites de A. BOURDEAU. Cette
zone qui est recouverte par notre image LANDSAT du 5/12/72 fait partie des
l possibilités futures d'extension de l'étude. La reconnaissance sur le terrain
a montré que les images satellitaires seraient d'un apport certain dans ce
type de paysage des Monts Mandingues.
l
l
1
l
1
1
1
1
1
1
1
1
.,
l
1
- 23 -
1
, II) IMAGES SATELLITAIRES DE LA DEUXIEME GENERATION
1 Le dépouillement des données LANDSAT était loin d'être achevé quand nous
,
1
avons reçu en juin 86 des données plus performantes.
Ces données numériques sont nettement plus performantes que les données
1 MSS-LANDSAT et leur résolution au sol de 20 m x 20 m permet d'atteindre
facilement des échelles de 1/25.000. L'interprétation de ces nouvelles données
a immédiatement commencé dès le milieu de l'année 1986 et a relégué au second
plan les données précédentes.
1 Un logiciel performant a été mis au point au Centre de Calcul de
Strasbourg-Cronenbourg. Ce logiciel 'SUBTIL" de traitement d'images numérisées
1
,
est basé sur les logiciels classiques "SPIDER" et 'UNIRAS' (DANDJINOU, 1986).
1 avec les zones test de DAGADAMOU et BANANKORO est malheureusement à cheval sur
les deux scènes SPOT. Il a donc été nécessaire de fabriquer une mosalque
numérique, entre les deux scènes, qui permette de visualiser ensuite
l'ensemble de la région.
1
1
- 24 -
l
r
a) Mosaïque numérique SPOT du District de KANGABA (Figure 9)
La fenêtre 2000 x 2000 pixels, soit 40 x 40 km, correspond à la partie
r
occidentale du district de KANGABA. Les données du satellite SPOT ont été
traitées sur ordinateur IBM du Centre de Calcul de Strasbourg puis restituées
sous forme de films négatifs par le "DRUM-SCANNER" du Service régional du
GSTS. Les négatifs obtenus permettent ensuite la fabrication de compositions
r
colorées par développement photographique classique ou "CROMALIN".
Différents thèmes du paysage se reconnaissent ainsi aisément, grâce à la
bonne résolution de l'image SPOT, par la couleur correspondant à leur
r
signature spectrale.
Des ratios de canaux ont été calculés pour rechercher les thèmes
[
importants, en particulier la végétation. Les meilleurs résultats pour les
images LANDSAT étaient obtenus avec le ratio 7/5. Pour les données SPOT,
l'indice de végétation classique a été calculé (Fig. 10). [
IV = (XS3 XS2) xl00
(XS3 + XS2)
[
[
r
Region de Kangaba (Sud Mali)
o
1 FIGURE 9 COInposition coloree CMY
1 Bande XSl : Jaune
l [Link] SPOT : Bande XS2 : Magenta
'1 Bande XS3 : Cyan
- 27 -
Image SPOT: 3*XS1-XS2-100
,
:
SUP A 87
4
83 - 87
81 - 83
7g - 81
78 -?g 3
---
TT - 78
76 - TT
75 - 78
74 - ~
?3-U
72 - 73
--
71 - 72
70 - 71 2
6P - 70
88 - Ill/
66-88
INl". A 88
1
1
1 2 3 5 6 km
Il 4
1
1 SVP. A
Il -
4 -
8
Il
Il
3
---
3 - 4
~ 2 - 3
1 ·~I 1 -
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-1 -
2
1
0
-2 - -1 2 ."
1
-
-3 - -2
-4 - -3
-5 - -4
INF. A -5
,1
1
1
Prospect de Dagadamou: Region de Kangaba
1
. Fig 10: Indi ces de cui rasse et de végétat i on
1
- 28 -
r
On reconnait bien, sur l'image obtenue par l'indice de végétation, les
zones boisées sur les plateaux cuirassés et les zones dénudées. La disposition
r
en bandes parallèles NW-SE de la végétation sur bowal est confirmée. Cette
orientation apparaissait déjà sur les photos aériennes et correspond à des
structures importantes de la cuirasse.
r
L'indice de végétation a été comparé à la cartographie géochimique de la
zone de DAGADAMOU ([Link] et al., 1987). Il apparait que, sur les plateaux
cuirassés, la végétation est plus dense lorsque les teneurs de la cuirasse en
r
kaolinite sont plus élevées.
[
c) Essai de classification supervisée
[
Six zones test de 256 x 256 pixels (5 x 5 km) ont été traitées à l'aide
d'une console interactive "Pericolor" à l'atelier de Télédétection de l'ORSTOM
à BONDY. Trois zones sont situées dans la région de DAGADAMOU et trois dans la
région de BANANKORO.
[
Dans chacune des zones, des fenêtres d'entralnement ont été
sélectionnées sur la composition colorée. Ces fenêtres, au nombre de 8 à 12,
sont choisies pour représenter les thèmes différents de l'image. Elles doivent
[
être le plus homogènes possible de façon à représenter le thème sans aucune
ambiguité possible. Différents traitements de classification et de lissage
sont ensuite comparés sur le Pericolor et des photos d'écran sont acquises
[
pour les meilleurs résultats.
Des exemples de recalages géométriques sont donnés plus loin pour les
zones de DAGADAMOU et BANONKORO. Les images au 1/25.000 sont obtenues à l'aide
[
du logiciel SPIDER après rotation et recadrage de l'image SPOT, pour colncider
avec les plans d'échantillonnages géochimiques. On peut visuellement comparer
les images avec les cartes géochimiques.
[
[
r
- 29 -
1
1 III) CARTOGRAPHIE DE LA ZONE DE BANANKORO
1
, - Le glacis est limité en amont par le knick et en aval par le fIat.
Il est caractérisé par une faible pente vers le marigot et peut avoir
un modelé ondulé. Son extension est parfois importante. Tel est le
cas par exemple de la région de DIOUROUKA autour de plaines élevées.
Il peut être cuirassé; cela se voit bien en photo aérienne. C'est le
cas par exemple, au niveau de la zone de confluence du KOKOYON et du
TAMMPIKOLE. En général, la couverture végétale arborée est peu
l importante.
- Le talweg ou fIat est constitué par les zones les plus basses de la
XSl 1.000 [
XS2 0.965 1.000
XS3 0.478 0.461 1.000
[
Les variations de réflectance dans un canal sont également représentées
à 93
à ce
% sur l'autre canal et il y a donc une forte redondance de l'information
niveau. En revanche, les mesures du canal infra-rouge XS3 sont nettement [
plus contrastées; elles ne reproduisent pas moins de 23 % des variations
observées sur l'un des canaux visibles XSl ou XS2. L'influence prépondérante
de la végétation dans le domaine infra-rouge explique cette différence de
comportement.
[
[
r
- 31 -
30.00
25.00
CIJ
r:
~
20.00
U
~ l~[Link]
~ :0.00
5.00
o. 00 -+-n--~--,."~~
60 70 80 90 100 11 0 120 j 30 J 40
REFLECTAKCE
CANAL XS2
2000
t/)
~ 1500
f=
U
~ 10.00
~
5.00
0, 00 -+rr-r"'l"'T"TT~,"""'" 1 1 1 " 1
10.00
t/)
~ 8.00
U 6.00
~
~
4.00
2.00
. 1
Reflectance
(Sud Mali)
r
130
r
120
r
~ooo
110 r
Effectif 100 "'
[
i
i
1
1
90 J
1
[
!o 1
[
1
so -1
1
\
70 -i
1 [
XSl
-l
60 f-----r------,,---r-,-----,.,--.--,------,-,-
i - . - - - - - . , Refleetanc e
60 70 80 90 100 110 120 130 140
[
Fig 12: Histogramme bidimensionnel X51-X52
[
Histogramme des. frequences
[
~103 (XS3-XS2 / XS3+XS2)*100 +100
[
20.00 - [
cr.::
~
~
15.00- [
E--
U
~ 10.00- [
~
~
500 - [
[
[
Fig 14: Hi stogranme de fréquences du néocanal "indi ce de végétat ion"
r
1 -
Prospect de Banankoro
District de Kangaba ( Sud Mali )
Bande XSl Jaune Ech 1/50 000
Bande XS2 Magenta
Bande XS3 Cyan
. FIGURE 13
l
- 35 -
l
Ce facteur est sans doute à l'origine d'une corrélation légèrement plus
1 élevée entre XSl et XS3 (r - 0.48) qu'entre XS2 et XS3 (r - 0.46). En effet,
dans le visible, la végétation réfléchit plutOt dans le vert correspondant au
domaine XSl que dans le rouge correspondant au domaine XS2.
1 plus claire que la réflectance est forte; le résultat est une carte "noir et
blanc".
l (Fig 13).
Ici, en raison de la forte corrélation des canaux XSl et XS2, les deux
couleurs dominantes sont le rouge pour la végétation et le bleu-cyan pour les
zones dénudées de faible albedo, essentiellement les plateaux cuirassés. Les
1 zones de brülis apparaissent noires ou très sombres. En revanche, les sols nus
des zones de cultures, les dépots argilo-silteux des vallées et des plaines,
ressortent en clair.
Ainsi, la composition' colorée donne une image synthétique de
1 l'information apportée par les' trois canaux SPOT. Elle permet de mieux
différencier les différents thèmes du paysage latéritique en faisant ressortir
les contrastes de réflectance dans les trois bandes spectrales.
l On remarque le rOle important du canal XS3. Cela confirme les
observations faites sur l'image noir et blanc. L'information radiométrique
contenue dans le canal XS3 sera primordiale dans la détermination des
l différents thèmes.
l
- 36 -
l~
(
3) Les combinaisons numériques de canaux r
On peut, en faisant des combinaisons numériques de canaux, mettre en
évidence certains traits particuliers de l'image liés aux contrastes ou aux
l
similitudes des signatures spectrales des différents thèmes.
0.959
F2
-0.252
F3
0.132
1
XS2 0.954 -0.271 -0.131
XS3
Variance
0.689
2.304
0.725
0.662
-0.003
0.035
1
% Variance 77 22 1
L
- La première composante (Fig 15) est l'axe principal d'inertie du
nuage. Il représente une grande part des variations globales de
réflectance: 77 %. Ce facteur 1 donne une moyenne pondérée des valeurs
de réflectances dans les trois canaux, avec une contribution plus
1
élevée des bandes XS1 et XS2 par rapport A XS3.
Ainsi l'image de ce facteur ressemble beaucoup A celles des deux
premiers canaux, avec un lissage dü essentiellement A l'atténuation
des contrastes liés A la végétation boisée.
l
- La deuxième composante (Fig 16) est le second axe d'inertie,
perpendiculaire A l'axe premier du nuage. Il comprend 22 % de la
l
variance totale. Ce facteur 2 traduit les contrastes de réflectance
entre le canal XS3 et les deux canaux XS1 et XS2. C'est pourquoi il
ressemble beaucoup à l'indice de végétation. l
- La troisième composante (Fig 17) traduit le contraste entre XS1 et XS2
On peut remarquer qu'elle ne contient que très peu d'information: 1 %.
L'image obtenue est assez floue. Un lignage vertical intense apparaît, l
mais on reconnait encore les principales unités du paysage notamment
les marigots et également la route de BANANKORO A BAMAKO en noir.
l
l
- 37 -
J • Facteur 1 ACP
•
0 SUP. A lB3
Secteur de Banankoro CJ 161 - 1B3
~ 149 - 161
District de Kangaba ( Sud Mali ) Ëill 142 - 149
~ 136 - 142
ftU1!J!m1i 131 136
Ech : 1/50 000 ~ 128 - 131
lE 122 - 126
--•
B 11 9 - 122
Bi 116 - 119
112 - 116
109 - 112
-•
lOB - 109
FIGURE 15 102 - 106
98 - 102
92 - 98
INF. A 92
38 - l-
•
Facteur 2 ACP
D sUP. A 178
Secteur de Banankoro 0 165 - 178
D 157 - 165
District de Kangaba ( Sud Mali ) I~;;;;;;!'i 150 - 157
L
--
maI 125 - 129
m 120 - 125
120
114
FIGURE 16 108 - 114
L
-
102 - 108
95 - 102
87 - 95
78 - 87
1
39
J
Image SPOT •
• Facteur 3 ACP
lIi!IIP!pjI!"''''f:;!
--
ijjldlii!! 138 - 143
Ech 1/50 000 ~ 133 - 138
129 - 133
e 124 - 129
ml! 120 - 124
--
116 - 120
FIGURE 17 111-116
108 - 111
101 - 106
93 - 101
81 - 93
!NF A 81
l~
- 40 -
1-
Conclusion
[.
Cette méthode d'analyse a permis de décorréler l'information
radiométrique initiale. Les nouveaux axes sont orthogonaux selon deux
directions F1 et F2 qui concentrent à eux deux près de 99 % de l'information
initiale répartie sur les trois canaux. l~
Une composition colorée HLS (Fig 18), en accordant respectivement les
composantes Teinte, Luminosité et Saturation, aux facteurs 2, 1 et 3 montre
une vision plus naturelle que la composition CMY réalisée avec les bandes
XS1, XS2 et XS3. Ici, les plateaux cuirassés latéritiques et les brülis sont
l-
en rouge ou noir et les marigots et talus boisés sont en vert.
l
C) CLASSIFICATION
Le but de la classification est de distinguer les différentes unités du l
paysage latéritique par leur signature spectrale puis de les cartographier
sous forme de cartes thématiques.
l
] :.
]
]
J
Prospect de Banankoro
District de Kangaba ( Sud Mali )
Facteur 2 Teinte Ech 1/50 000
Facteur 1 Luminosite
Facteur 3 Saturation
FIGURE 18
J Image SPOT Composition en fausses couleurs
·t
-, Secteur de Banankoro (Sud Mali) FIGURE 19
Ech :1/50 000
J 6
5
91 -> 109
78 -> 89
79
71
109
->
91
->
86
100
-> 111
-> 118
sol argilo limoneux, plaine
végétation dense,forêt galerie
4 80 -> 90 76 93
-> 82 103
-> glacis,gravillons sur cuirasse
3 77 -> 83 73 81
-> 67 86·
-> feu de brousse récent
2 81 -> 84 77 -> 82 82 94
-> cuirasse boisée
1 81 -> 89 79 -> 89 72 -> 81 cuirasse nue ou brülis ancien
Tableau V - Répartition des classes d'après les canaux XS1, XS2 et XS3.
[.
SPOT : Region de Banankoro (Sud Mali) [
XS3
140 Reflectance
[
130
.. '
[,
120
.1000
•••
•• 110J
..... - .... ........
.......
l-
•
• ..:::::::::::
'"
, ... . .. .. .
: '---------
...........
iEffectif 100
...........
......
.... ... -. .
... ..... ........ . .
...........
.
l
·i
1 ............
...........
...........
......... .
.
...........
..........
90
. .......
"
"
[
la
80
l
70
XSl
l
60 +---r-------r---+------,r---,---,.---------,r----, Refleetance
60 70 80 90 100 110 120 130 140
l
SPOT : Region de Banankoro (Sud Mali)
140
XS3
Reflectance l
130 l
.1000
120 l
•
•••
••
•
110
. . ..
.. "
.
.. .... ... .. t
iEffectif
j
1
100
l
90
la
Ba
....... ,
70···
XS2
60 +----,.-----r--,----,r-----,---,---------,r----,Reflectance
60 70 80 90 100 110 120 130 140
J
J
]
j
]
]
]
J
J,
J f
J
J .
~6M\
~
··~r
...
Secteur de Banankoro (Sud Mali) FIGURE 21
Ech :1/50 000
Legende
Classification o Plaine, sol argilo limoneux
o Sol nu en zone de cultures
d'apres XS1,XS2 et XS3 Glacis ou gravillons sur cuirasse
Vegetation dense, foret galerie
Cuirasse boisee
avec homogeneisation _ Cuirasse nue ou brulis ancien
_ Feu de brousse recent
Il Non Classe
1
- 49 -
1
1 Lorsque l'on compare les limites de classes du tableau V avec celles
obtenues précédemment dans le tableau IV, on constate que la plupart des
intervalles de définition dans chaque bande sont plus larges, ce qui permet
d'augmenter le nombre de combinaisons entre les trois bandes.
1 Comme il Y a une certaine marge de recouvrement entre les domaines de
définition radiométrique des différentes classes, ceci a surtout comme effet
d'augmenter les effectifs des premières cl~sses, feux et cuirasses, qui sont
choisis en priorité. Le nombre d'individu9 non classés a également diminué
avec l'introduction d'une classe 6 supplémentaire correspondant aux sols nus
des champs de culture de la plaine du Niger.
Mais cette classification laisse encore des pixels non classés puisque
certaines combinaisons radiométriques ne rentrent dans aucune "boite"
1 prédéfinie. Par exemple, 100, 70, 70, respectivement dans les canaux XS1, XS2
et XS3, est un pixel non classé.
1 6
5
70
60
->
->
145
145
135
95
->
->
200
135
glacis, gravillons sur cuirasse
cuirasse boisée
4 95 -> 145 50 -> 95 cuirasse nue ou brOlis anciens
3 30 -> 95 50 -> 110 feux de brousse récent
2 145 -> 255 50 -> 255 sols argilo-limoneux,plaine
1 70 -> 160 200 -> 255 végétation dense,forêt galerie
L-~
50 -
[
l
l
l
Image SPOT Region de BANANKORO (Sud Mali)
FACTEUR 2
l
240
[
220
200 [
180
.200
•
••• 160
1
••
••
iEffectif
140
1
i1 120
100 1
10
80
60 1 ".' •
1
40
1
20
0 +----,.----r---r------r----r-----,----r--,-----,---....,..----,-----r--FACTE UR
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240
1 l
Fig 22: Histogramme bidimensionnel Fl.F2 1
l
l
l
l
l
1 - 51 -
Image SPOT . Composition en fausses couleurs
1
1
1
1
1
J
1
1
1 .
l, '. J
1
J
I-
I
1· Secteur de Banankoro (Sud Mali)
FIGURE 23
r Ech :1/50 000
Legende
1 Classification ACP G::JGlacis ou gravillons sur cuirasse
[Link] boisee
avec homogeneisation . . Cuirasse nue ou brulis ancien
1 Feu de brousse recent
o Sol argilo limoneux, plaine
Ve~etation dense. foret Q'alerie
1
- 53 -
1
1 L'image de cette classification, sur la figure 23, montre que les
limites des plateaux cuirassés sont bien définies surtout dans la région de
DIOUROUKA. La classe 1 parait ici très bien définie lorsqu'on la compare avec
la composition colorée CMY. Les plaines sont homogènes et d'après
1 l'interprétation des photos aériennes, elles sont bien représentées. La
répartition des glacis, entre les plaines ou les formations superficielles et
les plateaux cuirassés, semble très correcte. La classe 3 comprend les feux
1- très récents noirs sur la composition CMY mais également des brülis plus
anciens qui sortent en bleu sombre.
CLASSES "XS"
g 1. 37
f 1. 08 0.33 16.33
e 1. 32 1.22
a: brulis
d 6.15 26.22 0.01 1.85 b: cuirasse nue
c: cuirasse
c 1.6 19.32 2.45 boisée
d: glacis
b 2.77 8.13 4.46 e: végétation
f: plaine
a 2.23 0.02 g: sol nu,
culture
0.01 0.22 0.96 0.3 1. 64
a b c d e f CLASSES ACP
l
La classification ACP semble correcte, car il n'y a pas de non classé et
la répartition des effectifs est plus homogène.
l
l
l
l
- 55 -
1
CHAPITRE III
1) RADIOMETRIE
L'étude de la radiométrie des formations latéritiques de KANGABA a fait
l'objet d'un travail de DEA durant l'année 1986-87 (KAYSER N., 1987).
1) Echantillonnage
1
30
1
25 1
..
".
20
.
15
10
0-+---_r--------,----------=-----r--------,----..,.-------.-------1
o 10 15 20 25 30 35
km
~
[il] ~ ~ ~
Boehmite Gibbsite Kaolinite Hematite
> 4°/0 > 4 aGio > 45 % > 50 %
Il Il li 11 Inr---o,----,r---l'-------'r---ll
Il GOE IIHEMA GIB BOE KAOL QZ 1111 . A. Il • B. Il • c . Il . D. Il . E. Il
Il f1 :UL-..-.JL.-..JL.-..J L-..-.J L--.J
Il Il nr---or--lr---l'-------'r---l
PML14 Il 5 Il 26 52 2 13 l Il l 2 l 2 1
PML21 Il 22 Il 54 0 0 24 0 1\ 1 1 1 2 1
PML24 Il 0 Il 14 63 4 19 2 Il 1 1 1 3 7
PML26 Il 5 38 0 0 49 8 Il 1 l 1 2 1
PML37 Il 48 33 14 0 4 0 Il 1 3 2 3 2
PML54 Il 3 12 63 1 20 0 Il 4 1 1 1 7
PML72 1 4 12 30 37 11 4 Il 1 1 2 3 7
PML87 62 30 0 0 0 7 1 2 1 1 1 1
PML89 12 43 4 0 29 10 1 3 1 1 1
PML101 16 34 0 0 1 50 0 1 3 1 1 1
PML105 53 6 0 0 Il 13 27 1 2 2 2 1
PMLl22 76 6 5 0 Il 12 2 1 3 2 1 1
PML126 20 15 25 0 Il 30 9 1 1 2 2 1
PML136 19 48 7 0 Il 21 4 1 1 1 1 1
PML153 9 44 0 0 Il 44 3 l 1 2 3 1
PML175 0 0 67 0 Il 10 23 1 1 1 3 7
PML250 0 7 77 13 Il 2 0 1 2 1 3 7
PML323 56 27 1 0 0 Il 0 17 3 1
PML437 6 3 Il 67 7 Il 9 0
PML477 2 2 Il 75 0 Il 21 0 1 2 1 2 7
LML17 14 4 Il 0 0 Il 77 5 3 1 2
LML28 14 13 Il 2 0 1 42 29 3 3 1 1 1
LML35 19 10 Il 0 0 39 32 1 3 2 1 1
LML162 32 28 1 12 0 22 6 l 3 1 1 1
LML172 12 13 38 0 19 18 1 2 1 1 1
LML174 7 11 52 5 19 6 1 3 1
IIKEL3 0 2 52 42 0 4
IIKEL6 6 2 43 46 0 3
IIKEL8 2 2 50 41 0 5
IIKEL9 8 17 54 10 10 0 - Il - - Il -
IIKEL13 4 0 41 54 0 1 - Il - Il - Il -
U L--.J L--.J L---J L-..-.J L--.J 1
l'
[
De plus, neuf échantillons références ont été retenus: 3 Hématites et 2
Goethites de couleurs et formes minéralogiques différentes, une Gibbsite, une
l
Kaolinite, du Sable quartzeux et de la Boehmite de synthèse. Mise à part la
Boehmite, ces références sont naturelles, des impuretés en quantités parfois
non négligeables peuvent influencer les résultats [tableau IX].
l
Tableau IX: Minéralogie des références
1
1
1
1
1
1 7000 I[FL[CT~NCE/8Asoq
1 .000
------
IOEH"'ITE
........ /
/ ......
-----_ , ........
, --, ./
/,
GIBBSITE , /- ,
IlEMTITE l(IEJ2q ' - , 1
1
.000
4000
J0&51
~~
6ŒTlIlTI PT0&7f,
PTO&80
/
/ ' ,
'\
/\.
~
l'v
/' ,
,_,
' ...
,, ___
'/
/ \l '
JOO
/"""\\._/,,'J "\ \
2000
/' ,t, ••
1000 . ~~.:.:.-:.._:.::..:~~~~:.:~_.~-.;.:..:.:.~.~~,...~~~~~ ...~ ,~,:,~:..,;~~~~.;. ....
L
B) MESURES EN REFLECTIVITE
1) Echantillons références
De 0.4 à 0.75 ~,la réflectance augmente de plus de 1500 unités. Elle est
due aux transitions des niveaux d'énergie de l'ion Fe 3 + et à la bande de
conduction des éléments dits transopaques. La limite de cette bande est marquée
1
à 0.55~ par une rupture de pente (Hunt et al. ,1971). Un premier pic de
réflectance se situe à 0.75~. Les absorptions à 0.88 et 0.9~ correspondent à
une transition de l'ion Fe 3 + à 0.9~. Ensuite, la courbe amorce une pente
faible vers de plus hautes réflectances. Le "plateau" est atteint dès 1.15 et
l
1.2~.
A 1.7~, on note cependant une chute de réflectivité d'environ 250
unités, non expliquée. l
De 2.8 à 5.5 ~, l'étalon est en aluminium. On ne peut donc comparer
directement les courbes des figures 7 et 8. Une faible absorption est décelable
à 3.21~. l
Spectre de 1 'hématite Fe 203 (Fig 25 et 26)
l
La première partie est identique au spectre de la goethite: augmentation
de réflectance dans les très courtes longueurs d'onde. La rupture de pente est
moins nette à 0.55 ~. L'allure générale du spectre varie en fonction des
impuretés contenues dans l'hématite. Ainsi, TOG51 se rapproche du spectre de la
l
silice. En revanche, TOG24 ne rend compte que des variations du fer. En effet,
Pb(P04) reste inerte au rayonnement visible et infrarouge proche (HUNT et al.,
1972). On observe le même pic de réflectance à 0.75~, la même absorption à
0.88-0.9~. La pente vers les plus hautes réflectances varie de 200 à 1000
l
unités mais le "plateau" infrarouge est atteint dès 1~. La chute de
réflectance à 1.7 ~ existe également dans les spectres hématitiques. Elle a
tendance à s'élargir en présence de silice. De 2.8 à 5.5 ~, le spectre est
L
remarquablement plat.
l.
Spectre de la gibbsi te Al (OH) 3 (Fig 25 et 26)
l
TABLEAU X . CATALOGUE HUNT ET LYON
,, , , , ,
EAU ISOLEE "
151 51·8 51 18 8·53 53 SJ 8
.S 3 +53 .S3 .S3
! ! H
, ,
! ! ! 1
,
1 !
,, ,
GROUPEMENT OH
,
IS3
! ,,
Sl+S3
,
SI
HEMATITE
I/~ FU+
,
!
GOETHIIE
Iii H3+
1
,
OUART2 S-SIO
, , , 1
, ,, ,,
J53 8+53 SJ+S3
, ,,
KAOLINITE
~ r,
,, , , , , , ,, "
, t, '
OIASPOR E JS3 8.S3 8+S-AlOH S-AlOH SI 8 18-AlOH 8-AlOl!
! u
GIBBSITE 2SI+S3 1S3+S-AlOH 8+S3
,
S+B-AlOH ""
S-AlOl! B-AlOH
rH' ,! ! 1 Hl! U
, ,,
FE 2+
11H
FE J.
1 !
111111111111111_' l' l ,_, 1 1 l ') Il l') 1 1 I l ' 1 ' 111111111
micromètres 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4 5 10 15
·,
- 62 -
REFLEClAllCUAlU
IOEHIlITE _ _
lilBBSIT[ _
A
60ETHIH ....•..
IOIAllT[ _
U\X./R'H ._._
SILIU _
.1
REFLEClAllCEIII60
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50 1 11 1
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1 " ,
1: "
l,
\,;
Difficultés d'interprétation
De ces premiers résultats, nous pouvons déjà conclure qu'il est difficile
d'interpréter totalement les courbes expérimentales:
- les impuretés transforment les variations spectrales de façon non
négligeable,
la résolution de l'appareillage n'apparaît pas toujours suffisante
et certains phénomènes d'absorption sont à la limite de détection
du matériel utilisé,
le manque de références dans certaines longueurs d'onde ne permet
pas de déterminer l'origine des absorptions décelées.
à partir de 5 ~, la seule information complète existe en
transmission et le lien direct avec la réflexion n'apparaît pas
toujours évident.
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KEL 13 .0•..
.0.6 1.0 1.6 2.0 1I1C1lJ(TRES
t
Fig 28: Spectres A des latérites 0.4 à 2.4
TOOO
.000
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1
2) Echantillons de la zone de Kangaba
1 De 0.4 à 2.4 ~, nous retiendrons les spectres des douze échantillons les
plus caractéristiques de notre zone d'étude. Ces échantillons sont localisés
sur la figure 24.
1 Les spectres A (Fig 28 et 29)
L
L
·. IEFlHTAIlCE/Al U
L
.3
l'fi. 21
l'fi. 26 .
_ L
l'fi. 122 _ _
l'fi. 175._._
.2
l'fi. 250 _ _
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l
• 5 IlICRlI'I:TRES
l
Fig 30: Spectres B des latérites 2.8 à 5.8
[
1
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1 61BBSITE -----
6ŒTHITE ........
\ --_, H(IIATIT( _ _
'-' KAll..I~ITE _ _
SILICE
D.5.L----.'-----~.-------l1O::-----~11~----:1~2----:.13;------;1~.ïrr[ffirnrr
3) Conclusions
En dépit des difficultés d'interprétation des courbes expérimentales, les
mesures spectrométriques de réflectivité sont riches en enseignements, en
particulier pour les longueurs d'ondes de 0.4 à 2.4 ~.
C) MESURES D'EMISSIVITE
1) La granulométrie
Les classes principales sont différenciées par leur granulométrie. Plus
les éléments analysés sont grossiers, plus la réflectance est faible quel que
soit le canal. Une rugosité importante introduit des effets d'ombrage non
négligeables. Le canal XS3 semble plus sensible à ce phénomène: si les écarts
de réflectance pour les canaux XS1 et XS2 sont de l'ordre de 2 à 3 unités, ceux
de XS3 peuvent atteindre 10.
Cependant, un paramètre de rugosité g est défini en fonction de 1/ 2 et de
la hauteur des aspérités (Becker 1978). D'après ce principe physique, une
surface qui peut paraltre plane pour une longueur d'onde élevée comme
l'infrarouge (0.9 ~) sera rugueuse pour des longueurs d'ondes inférieures
comme le début du visible (0.4 ~). Dans ce cas les écarts de réflectance
devraient être de 2 à 3 unités pour XS3 et de 10 unités pour XS1 et XS2. Or,
les résultats observés sont exactement opposés à ceux que l'on peut calculer.
1
- 69 -
1
1
1
Tableau XI: résultats des mesures radiométriques de terrain
l-
u Il il li li li Il Il Il
Il Il Fe Il Al Il Fe/Alli Fe Il Al Il Fe/Allichamps Il
1 Il
l'1
Il
Il
Il
Il
1122.4
Iln
Il
1122.9
Il
Il
11
1/24
Il veg Il
i'1
veg
1127.5
Il veg Il
l'1
Il
Il
::
1133.5
l'1
1127.6
1'1
Il
li
Il
Il
1134.2
li
Il
Il DALLE 1130.4 1132.4 1132.5 1137.5 Il 11 46.5 1136.3 Il II VEGETATION 1142.8 Il
1 Il
l'1
1142
Il
li
1143.3
Il
Il
11 47 .8
Il
1
1\58.5
i':
Il
Il
1162.5
i'
1151. 6
Il
Il
Il
'1
1
Il
l'1
1187.7
Il
li
Il,
Il 1121. 3 1122.3 23.5 1128 11 30 26 1128.2 Il Il 1112.2
IIGRAVILLONII29.9 lJ31. 6 32.8 1139.2 1/41 36 IJ4o.2 Il IIBRULIS lJ15.5
1 1135.5
Il
Il
p7
Il
Il
39.4 1151. 6
"
1151
Il
Il
46 11 48
Il
li
Il
1'1
Il
l'1
1120
'1
il
21 1122 22 Il Il Il Il 1131.2
1 GRAVIER 30
35
1130
1134
11
30
39
Il
Il
Il
Il
Il
IIDEBLAIS
Il
1152.4
165.7
1
Il
li Il Il 1'1 l'1 'i1
Il 20.7 1121 22.2 Il Il Il Il 32.1
1 Il
Il
BLOC 29
1137.5
11 29.6
H40.6
31. 7
nU.2
U
Il
Il Il
,Il
IITERMITIERE
Il
42.8
56
Il
Il
l'1 11
Il
ft
Il
Il Il
Il
Il
1
Il l'1 ,'Il1
IIGRAVILLONII23.4 22 32.5 ~
1 Il + 1131. 4
1125
1135 31
Il
Il
Il
Il
Il
IIPISTE 50.7 Il
Il BLOC /138 1140 36.5 Il Il Il 60.1 Il
l'1 1\
li
Il Il Il
l'1 '1
1
1
Il li 1/ Il
Il DALLE 1121. 3 II 25.3 Il Il Il Il 35.5 Il
Il + 1129 Il 35.3 Il Il Il IIS0L REMUE 48.6 Il
II GRAVILLON 1141.6 Il 42.6 Il Il Il Il 62 Il
l'1 Il
, l' Il Il
l'1 i'1
1 Il DALLE
Il
1121. 5 1122.3
Il
Il
Il
Il
li
Il Il 40 n
Il + 1129.5 1132 Il Il Il IILITHOMARGE 68 Il
Il, BLOC 1150.2 1142 Il Il Il Il 79 Il
1 "1
li
Il
Il
Il
Il
Il
Il 34.1
1\
Il
Il
,1
Il
l'1
Il
JI
Il
1124
'i1
Il
SOL Il -- Il -- Il 46.8 Il Il Il CARAPACE 1139.5 Il
Il Il Il Il 65.9 Il Il Il 1148.2 1
1 H
Il
Il
li
Il
Il
li
\1
Il
li '11 Il1 Il
11
SOL 1128.8 ~ 1125 Il 36 Il Il Il 11101
+ 1139.4 Il 1134 Il 51. 6 Il Il IIKAOLINITE 11131
1 Il GRAVILLON Il 48 . 3 Il 1140 Il 71. 3 Il Il Il 11149
Il Il Il II It
l' '1
I-
I
1
1
- 70 -
3) Végétation et cultures
La végétation présente une réflectance typique, élevée dans XS3 avec des
valeurs de 80 à 90 unités. Des mesures effectuées en présence de celle-ci
augmentent sensiblement les valeurs de XS1, XS2 et particulièrement XS3.
Enfin des essais ont été testés à différentes hauteurs. Les valeurs
obtenues augmentent lorsque l'appareil est rapproché de la cible. Il existe
donc un paramètre altitude très sensible.
1
- 71 -
1
Radiometrie terrain: correlation XS1 XS3
XS3
1 100 [Link]
IBO
1
110
1 140
1 120 00
100
-.• ..• '\ .e. . ~
1 ID
. . .:."
... ..:
o ~ or.=-- .- .
•••• ...=.. -.-
o : ;~;-.~.
If
0
1 la
('
J'.
la
". XSl
r O+--....,...--..----"'T""----,---,....----,--.---"'"'!":""---:T=-~
Reflect.aI1ce
o 20 40 80 BD 100 120 140 110 IBO 200
110
180
140
e300 ..
••
1 120
Ba
a
ID
40
20
XSl
a+---,---..----"'T""----,---,....----,--........--....,....----..---.,Reflect.a nu
o 20 40 eo 80 100 120 140 110 110 200
•
E) COMPARAISON DES RESULTATS
Il est intéressant d'essayer de comparer les différentes mesures
expérimentales obtenues avec les données satellitaires. Cette comparaison est
délicate car les échelles des mesures sont très différentes et un grand nombre
de paramètres changent d'une expérimentation à l'autre. C'est le cas en
l
particulier pour l'état de surface des échantillons broyés ou non broyés et
pour l'hétérogénéité des pixels, homogènes pour un mètre carré et hétérogènes
pour 400 m2 • L'influence de la végétation n'a pàs été prise en compte. l
1) Comparaison des mesures de laboratoire et des données SPOT
Les variations de réflectance des mesures de laboratoire rendent compte
l
d'une manière générale de ce qui est observé sur une image SPOT.
- Les zones à minéraux siliceux sont les plus réfléchissantes.
- Les zones à minéraux alumineux sont plus réfléchissantes que les L
zones à éléments ferrifères, dans le visible et le proche infrarouge.
- Les zones à latérites hématitiques sont regroupées dans le même
domaine de réflectance que les zones à latérites goethitiques. La
distinction qui était possible en laboratoire devient malaisée sur L
les données SPOT.
- Les zones à Gibbsite sont également dans le même domaine que les
zones à Boehmite.
impossible.
La distinction là aussi est pratiquement l
On ne doit pas oublier que les variations minéralogiques sont progressives
dans la nature, ce qui n'est pas le cas pour les échantillons de laboratoire.
De plus. les surfaces des latérites dans la région de KANGABA sont couvertes de
patines différentes et conservent des traces de brülis de différentes époques.
l
2) Comparaison des mesures de terrain et des données SPOT l
a) Corrélation générale des canaux XSI-XS2-XS3
Nous avons établi les histogrammes bidimentionnels des canaux pris deux à
deux pour les données SPOT et les données CIMEL. La forme du "nuage de points'
est identique pour les deux types de mesures (Fig 34 et 35).
l
L'examen des figures 34 et 35 montre la très bonne corrélation entre les
deux mesures. On peut voir cependant que le nuage de points est décalé vers
l'origine des coordonnées pour les mesures de CIMEL. Cette différence peut
l
provenir d'une calibration de l'appareil de terrain qui ne correspond pas à
celle du satellite. Il faut introduire un facteur de correction sur les mesures
de terrain. l
bl Corrélation entre SPOT et ClMEL dans le même pixel
Nous avons comparé les valeurs radiométriques de 22 mesures de terrain
avec les valeurs radiométriques des pixels SPOT dans lesquels ces mesures de t
terrain se situent. Les mesures de terrain, de situation géographique connue
avec précision, ont été choisies et répérées au pixel près sur un
agrandissement au 1/10.000 de l'image SPOT.
Nous avons pu alors comparer les canaux XSl SPOT-XSl CIMEL, XS2 SPOT-XS2
l
CIMEL, XS3 SPOT-XS3 CIMEL (Fig 36).
Pour chaque canal, une droite de régression a été calculée. Ces droites
rendent compte de la dispersion des données CIMEL par rapport aux données SPOT. •
La figure 36 permet de distinguer deux groupes de réflectance:
- les plus faibles correspondent à des valeurs radiométriques de dalles et
de gravillons.
- les plus fortes englobent les réflectances des zones dénudées, champs,
pistes ...
Il est certain que les points repérés avec précision ne sont pas assez
nombreux et ne représentent pas toutes les réflectances possibles de l'image.
Cependant, on peut voir que les réflectances moyennes des pixels SPOT de 400 m2
peuvent englober des réflectances dispersées à l'échelle du terrain.
73 -
WH 53
2~0
X51 0
X52 •
X53 ..
..
•
• •
200
. . ..
.
'~O
X51«(I~L)-1.80X51(SPOT)-66.05
'00
XS2( (1 ~L )-]. 5lXS]( SPOT )-91. 85
XS3( (1 ~L )-3. QllXS3( SPOT )-90.17
~O SPOT
~O 100 UO
1·
1
1
- 74
P) CONCLUSION ~
1
1 II) CARTOGRAPHIE PAR GEOCHIMIE ET TELEDETECTION DU SECTEUR
DE DAGADAMOU
1
Le village de Dagadamou est situé au centre de la zone d'étude de
Kangaba, entre le fleuve Niger et la frontiète. guinéenne (fig. 1). Ce secteur,
d'une superficie de 25 km 2 environ, a été couvert en 1981 par une prospection
tactique multiélément réalisée par le Syndicat de recherche minière associant
le BRGM et la DNGM. Il s'agit d'un échantillonnage systématique, à maille
régulière, des sols et des cuirasses affleurantes des plateaux. L'exploitation
de ces données pour la prospection des minéralisations en Or et en métaux de
base, est présentée dans un rapport BRGM (COTTARD et al., 1981). Dans cette
étude, on s'intéressera surtout aux différenciations du fond géochimique des
formations superficielles du paysage latéritique. Elles seront examinées à la
fois par la représentation statistique des distributions de teneurs pour
chaque type de prélèvement et par la cartographie des éléments.
1) Echantillonnage
2) Analyses
Les analyses ont été réalisées par spectrométrie d'émission à plasma ICP
au laboratoire du BRGM, après broyage des échantillons. Les dosages portent
sur 8 éléments majeurs exprimés en pourcentage d'oxydes (5i02, A1203, Fe203,
MgO, CaO, K20, Ti02, MnO) et 26 éléments traces (P, Ba, B, V, Cr, Co, Ni, Cu,
Zn, As, Ce, Y, Sr, Zr, Li, Be, Cd, Nb, Mo, Ag, Sn, Sb, La, W, Pb, Bi) exprimés
en ppm. Les éléments Ca, Cd, Be, Ag, Sn, La, W, Pb, Bi ont des teneurs trop
faibles pour être bien représentés au niveau du fond géochimique. Ils n'ont
pas été pris en compte dans la suite des traitements. Les éléments majeurs,
potassium, magnésium et manganèse, sont également peu abondants; mais ils
contribuent cependant à la définition des associations géochimiques.
- 76 -
Les six variables QUAR, KAOL, GIBB, GOET, HEMA et RHG, ainsi calculées
facilitent l'interprétation des variations de teneurs des éléments majeurs et
traces en terme de minéralogie des échantillons.
60 30
o
50
.. o'
40 20
30
o o
20 10 o GOETIIITE
. .p...
.~ .-tO o
10
••
-.
-Ma- •
l''J• • ,
:~., .
• +
QUARTZ
KAOllNITE
SiOz FelJ~
o-f----,.----.------'T--"'T""-=-=-=,.==---.-------r-L % o-+------.---~--___r----"""T-----,---r_---, %
o 10 20 30 40 50 60 70 60 90 o 10 20 30 40 50 60 70
........ - _ ~~ ~~-..-.. -
78
1
1 ..
RHG
Cr
Goel
p
Mo
Nb
As
Cu
A1203
Kaol Il
K20
Ba
Ni
Co III
Sr
IV
Zn
Ce
Zr
Ti02
y
V
Quar
Si02
-60 -40 o 0 20 40 60
Di=100· Della(Median)j Range
Cuirasses Cuirasses Sols Sols
Alumineuses Siliceuses Gravillonnaires de Flats
"
Ë ,_]
.' ... l
','"
' ... \ ,
Fig. 39 Comparalson des médlanes des teneurs pour les quatre types de
prélèvements.
1
- 79 -
1
1 B) DIAGRAMMES DE REPARTITION, FER, SILICE, ALUMINE
r Sur le diagramme fer - alumine (fig. 38), les deux types de cuirasses
siliceuses et alumineuses sont bien séparés par la droite de mélange kaolinite
goethite; ces deux familles ont donc été distinguées et traitées séparément
par la suite.
L
I~
1"
y .....
~'l' r:~~
...
, "
'"
'"
Cuirasses Cuirasses
Siliceuses Alumineuses 1'
Sols Sols
Gravillonnaires de Fla ts
Fig. 40 Représentation des éléments et des minéraux dans le premier
plan de l'analyse en composantes principales pour les quatre
types de prélèvement.
- 81 -
3°) Le pOle alumineux, surtout exprimé dans la kaolinite est lié d'une
part au titane et d'autre part aux éléments alcalins et alcalino-terreux K20,
MgO, Ba, Sr. Le nickel participe également à cette association avec une
affinité plus marquée pour le magnésium. Dans la classe des cuirasses
alumineuses la gibbsite est corrélée avec le chrome.
':iii:'.........:••.•.,11
iiiiiiiiiiiWj;·,·
-
rmnna
ua-
>
50
45
40
60
60
50
45
3
l:H~ 35 40
~
~ 30 35
o
[=:J
25
20
30
25
2
o 10 20
o < 10
0-+----'-
1 5 8
Fig. 41 Prospect de DagadaDou: Carte des teneurs en fer.
- - -. - - -
- >
22.00
21.00
20.00
24.00
24.00
22.00
21.00
3
~.'--.""'"
[Link] 19.00 20.00
~.'.': 1B.00 19.00
L..-:.-lJ
~
~ 17.00 [Link] 2
o 16.00 17.00
o 14.00 16.00
o < 14.00
0+----'----
1 2 3 8
Fig. 42 Prospect de Dagadamou: Carte des teneurs en alumine.
- . - - - . ,
-- t~!
. '1'1·,
,.:l
~. -
4
Gibbsite
%
3
> 6
3 6
2 3
1 2
5 1
-5 .5 1
(X)
-35 -5 2 ""-J
1
-50 -35
-65 -50
< -65
.....
r
1
;::,::,
...... ::::::
..:::1
O-+------...
.~
1 2 5 6
Fig. 43 Prospect de Dagadamou: Carte des teneurs en quartz et gibbsite.
- - - - - - - - - - - - - - -, -.... - -
4
Kaolinite
% ..
. . ::::1" ..
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3 .:
> 55 ·iIH::·'!:
50 55 .. :~:~: 1:: ;... :: .
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48 50
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~ 44- 48
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L.....;jJ 42 44
o
~
40
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1
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~ 2
CJ 35 38
o 30 35
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.: i~~IT~: L
'/ii~-~t
1 ,il'
:: .... \::
. :\~:i:!.:
1 2 3 6
Fig. 44 Prospect de Dagadamou: Carte des teneurs en kaollnlte.
-. - ,. - - - - - - - - -, - - - -
4
v p.p.m. .'::
.:1::::::::::-
.
>
BOO
900
900
3
.;:~w. ":iH!i,;:c
i~j'i
700 800 ...
fTIIlI'
~
1lJlIIII 600 700
r=:'] ..
500 600
o 150 200
. . . ..·······i.i·'r\'I~iliii:i:';~'·,· .
...
0-:'1;:
~ < 150
1 2 3 5 6
Fig. 4.5 Prospect de Dagadamou: Carte des teneurs en vanadium.
- - - - - -- ----
4
Zr
...-. >
p.p.m.
950
1000
1000
3
-o
~
~
~
~
900
800
700
600
500
950
900
BOO
700
600 2
CJ 400 500
o 300 400
o < 300
1 2 3 • 5 6
Fig. 46 Prospect de Dagadamou: Carte des teneurs en zirconium.
- 95 -
1
E) CARTOGRAPHIE GEOCHIMIQUE
1
Les distributions des teneurs des éléments et des minéraux ont été
représentées après interpolation par moyennes mobiles à l'aide d'une échelle
1 de couleurs allant du gris clair au rouge-magenta. Les cartes de Fe203, A1203,
Quartz-Gibbsite, Kaolinite, Zr et V sont données comme exemples représentatifs
des principaux modes de régionalisation des teneurs (fig. 41 à 46).
1 Des différenciations
ces deux ensembles.
plus fines se manifestent également dans chacun de
Dans les cuirasses, les teneurs en V, Nb, Mo sont plus élevées dans la
1 moitié E-NE de la carte que dans la partie W-SW. La limite entre ces
deux zones dessine une structure d'orientation NNW-SSE que l'on voit
également sur les cartes de Cr, As et Sr. Elle révèle peut-être
1 l'existence d'une différenciation lithologique du substratum, sécante
par rapport à l'orientation des traits morphologiques majeurs du
paysage.
r
1
1
li Il
Si02 A1203 Fe203 Ti02 Ba Sr P V Nb Y Zr Quar Kaol Il
1 Il
"Il
Il il
Il
Cuirasses alumineuses Il -.03 -.25 .17 .05 -.04 -.06 .18 .16 .17 .20 .20 .14 -.15 Il
~ /1
1 Cuirasses siliceuses n .28 -.37 -.15 .14 - .17 -.01 .03 -.02 .07 .29 .28 .34 - .37 Il
Il
Sols gravillonnaires
"IlIl .31 -.40 -.24 .17 -.29 - .16 .02 - .13 .09 .34 .28 .36 -.40 Il
Il
Sols de flat Il
Il
.00 -.02 -.03 .00 -.16 -.23 -.14 -.06 .00 -.07 .25 .01 -.02 Il
Il il
Il Il
Global Il .39 -.45 -.35 .33 -.20 -.10 -.16 -.25 -.15 .39 .40 .41 -.44 Il
Il'1
""
Tableau XIII - Coefficients de corrélation entre l'Indice de Végéta tion et les teneurs
géochimiques et minéralogiques par type de prélèvement.
li il
Il Si02 A1203 Fe203 Ti02 Ba Sr P V Nb Y Zr Quar Kaol Il
l1' Il
Il Il
Il Cuirasses alumineuses .13 .24 -.21 .01 .20 .14 -.25 -.22 -.20 -.12 -.16 -.05 .22 Il
" Cuirasses siliceuses -.03 .36 -.09 .15 .30 .12 -.33 -.17 -.23 -.06 -.06 -.13 .36 "
" Sols I"l
gravillonnaires -.23 .32 .13 -.08 .21 .14 - .11 .04 .01 -.19 -.21 -.28 .32 Il
Il
Sols de flat .04 .00 -.13 .00 .14 .18 .05 -.04 -.13 -.05 -.34 .02 .00
":1
Il
Global .24 .01 -.28 .27 .21 .18 -.33 -.29 -.30 .22 .16 .20 .04
"I'1l
1-
- 100 -
l
Un figuré clair de forte réflectance, souligne fréquemment les contours
des plateaux cuirassés. Cette figure est analogue à celle que l'on observe
pour l'auréole des fortes teneurs en zirconium. Elle reflète l'existence d'une
[
différenciation pédologique au pied des buttes cuirassées, liée
vraisemblablement au lessivage des argiles et et à l'accumulation des minéraux
résiduels détritiques à ce niveau. Cette étude à permis de la mettre en
évidence, car elle ne semble pas avoir été décrite auparavant.
l
Nous avons déjà indiqué que les indices de cuirasses et de végétation,
obtenus par combinaisons des canaux radiométriques, pertmettaient de bien
représenter ces deux thèmes essentiels du paysage latéritique.
CONCLUSIONS
- Des traitements numériques adaptés aux données SPOT ont été regroupés
dans le logiciel SUBTIL. Ce logiciel modulaire pourra facilement être
J développé au cours des études ultérieures.
1
- 102 -
Des comparaisons ont été effectuées entre les cartes géochimiques et les
images SPOT, sur le secteur de DAGADAMOU. Elles montrent également une bonne
relation entre la nature et la composition des formations latéritiques et leur
signature spectrale.
1 BIBLIOGRAPHIE
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r
LISTE DES FIGURES
1
Tableau V - Répartition des classes d'après les canaux XS1, XS2, XS3.