PERICARDITES
I- INTRODUCTION
I.1- Définition:
Atteinte inflammatoire et/ou exsudative du péricarde qui évolue sur le mode
aigu (< 3 Semaines), subaigu (entre 3 Semaines et 3 Mois) ou chronique (˃ 3
Mois).
I.2- Intérêt
Affection fréquente
Etiologies multiples (tuberculose ++)
Grave par ses complications (Tamponnade, péricardite chronique
constrictive)
I.3- Rappels
A- Anatomique
Le péricarde entoure le cœur et comprend une double enveloppe :
• externe, péricarde fibreux (sac péricardique)
• interne, péricarde séreux avec 2 feuillets (viscéral et pariétal)
• cavité virtuelle avec 20 à 30 cc de liquide permettant le glissement des
feuillets viscéraux
B- Anatomopathologie
Deux lésions constantes quel que soit la cause :
Inflammation : perte de l’aspect poli du péricarde réalisant un aspect en
langue de chat. Cette inflammation touche les organes voisins : myocarde
(explication aspects ECG), plèvre (caractère respiratoire douleur)
Exsudation d’abondance et d’aspect variable en fonction de l’étiologie
C- Physiopathologie
Inflammation explique:
- douleur, frottement péricardique et
- troubles de la repolarisation.
Epanchement liquidien détermine la tolérance hémodynamique
L’épanchement entraine un gène au remplissage des 2 ventricules surtout
droit avec des conséquences en Amont et Aval.
II- SIGNES
II.1- Clinique
II.1.1- Phase de début = péricardite sèche
Signes généraux
Fièvre intense, 39° - 39,5°
asthénie
Anorexie
Signes fonctionnels
La douleur : habituellement brutale, d’intensité variable, à type de
brûlure ou de torsion,, augmentant classiquement à l’inspiration
profonde, diminuant en position assise penchée en avant, de siège
variable, rétrosternale ou précordiale résistante à la trinitrine et calmée
par la prise d’Aspirine ou d’anti-inflammatoire.
Dyspnée
Signes physiques: dominés par des signes d’auscultation
Tachycardie
Frottement péricardique : signe pathognomonique
o bruit superficiel de timbre variable, rude râpeux (cuir neuf) ou
doux (froissement de soie), systolique et diastolique (en va et
vient), persiste en apnée. Il est fugace variable d’un examen à
l’autre et selon la pression du stéthoscope, n’irradie pas (naît et
meurt sur place), augmente en inspiration forcée
II.1.1.3- Phase d’état = épanchement liquidien modéré
Signes généraux
Fièvre intense, 39° - 39,5°
Altération de l’état général : asthénie, anorexie, amaigrissement
Œdèmes des membres inférieurs de type cardiaque
Signes physiques
Inspection: voussure précordiale (rare)
Palpation: diminution voire abolition de la perception du choc de
pointe
Percussion: augmentation aire de matité cœur
Auscultation:
o Assourdissement des bruits du cœur surtout net à la pointe
II.1.2- Paraclinique
Biologie
L’électrocardiogramme (ECG)
Signes de l’inflammation des ventricules
o Réalisent les 4 stades de HOLZMAN
Signes en rapport avec l’épanchement
o Bas voltage périphérique ou diffus
Radiologie
o Épanchement peu abondant : radio normale
o Épanchement de grande abondance : Cardiomégalie
Echocardiographie (maître examen) : Examen clé, facile, répétitive
o Apprécie l’abondance, la tolérance de l’épanchement (compression
des cavités droites)
II.1.3- Evolution
L’évolution est souvent favorable sous traitement
Il peut survenir des complications : tamponnade et péricardite chronique
constrictive
II.2.4- Formes compliquées
Tamponnade : Complication grave menaçant le pronostic vital
immédiat, par élévation des pressions intracardiaques réalisant une
adiastolie aiguë. Le geste d’urgence est la ponction ou le drainage
péricardique
La péricardite chronique constrictive : rigidification du péricarde par la
fibrose ou la calcification entraîne une diminution du remplissage
diastolique
III- Diagnostic étiologique
Péricardite rhumatismale : évolution bénigne.
Péricardites aiguës bénignes : sujet jeune, Infection rhinopharyngée, ou
grippe dans les trois semaines précédant la péricardite. Étiologie parfois
virale, le plus souvent idiopathique.
Péricardite purulente par septicémie ou infection de voisinage
Péricardite tuberculeuse
Péricardites néoplasiques
Péricardites post-radiothérapie
Péricardites des collagénoses : lupus érythémateux disséminé,
sclérodermie.
Infarctus du myocarde
Péricardite post-péricardotomie
Insuffisance rénale chronique
IV- TRAITEMENT
IV.1- Buts
Soulager le patient
Guérir le patient
Eviter et traiter les complications
Prévenir l’affection.
IV.2- Moyens
Mesures hygiéno-diététiques : repos, régime hyposodé
Moyens médicamenteux
Anti-inflammatoires, corticoïdes, colchicine
Les antibiotiques dont antituberculeux
Autres moyens
Ponction péricardique
Drainage chirurgical
Décortication chirurgicale
Oxygène, solutés de remplissage
IV.3- Indications
Traiter la cause dans la mesure du possible
Traitement des complications :
IV.4- Prévention
Vaccination
Prise en charge correcte des infections notamment VIH
Corticothérapie
Traitement étiologique des péricardites
La décortication
V- CONCLUSION
Affection fréquente dans notre pratique pouvant se révéler dans un
tableau d’urgence absolue.
Les péricardites posent le problème du diagnostic étiologique.
Le pronostic amélioré par la prise en charge de la cause.