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Cours Incinération

L'incinération des ordures ménagères est un processus de combustion des déchets dans des installations spécialisées, avec un rendement énergétique variant selon les techniques. Différents types de fours, tels que les fours à grille, à rouleaux et à lit fluidisé, sont utilisés pour optimiser la combustion et traiter les résidus. Les émissions polluantes générées nécessitent des systèmes de traitement des fumées pour minimiser leur impact environnemental.

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Cours Incinération

L'incinération des ordures ménagères est un processus de combustion des déchets dans des installations spécialisées, avec un rendement énergétique variant selon les techniques. Différents types de fours, tels que les fours à grille, à rouleaux et à lit fluidisé, sont utilisés pour optimiser la combustion et traiter les résidus. Les émissions polluantes générées nécessitent des systèmes de traitement des fumées pour minimiser leur impact environnemental.

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A.

Généralités sur l'incinération des ordures ménagères


L'incinération consiste à brûler les déchets dans des fours spécialement aménagés. En
dehors des phases de démarrage et d'arrêt, une alimentation en déchets suffit à entretenir la
combustion. L'incinération est aujourd'hui le second mode de traitement des ordures
ménagères après le stockage. Les installations permettant l'incinération des déchets sont
appelées Usine d'Incinération des Ordures Ménagères (UIOM) ou Unité de Valorisation
Energétique (UVE) pour celles qui valorisent l’énergie (chaleur ou électricité). Le rendement
énergétique des UIOM varie selon les techniques utilisées. Il est de l'ordre de 65 % pour les
installations les plus anciennes, de 85 % pour celles qui sont récentes et peut aller jusqu'à 90
% pour les incinérateurs utilisant la technique du lit fluidisé
Une UIOM est composée d'une fosse de réception des déchets, maintenue en
dépression pour limiter les odeurs, d'un grappin qui mélange les déchets et alimente les
trémies situées au-dessus du four, d'un four, d'un système d'extraction des MIOM (Mâchefers
d’Incinération des Ordures Ménagers), d'une chaudière lorsqu'il y a récupération d'énergie,
d'équipements de production de vapeur ou d'électricité, d'un système d'épuration des gaz de
combustion (dépoussiérage et neutralisation des gaz acides) d'une épuration des liquides dans
certains cas et bien entendu d'une cheminée, dont la différence de température entre les gaz
sortant et l'air extérieur détermine la formation d'un panache. La législation oblige à maintenir
les gaz de combustion à une température de 850°C en sortie de foyer durant au moins deux
secondes afin de détruire le plus possible des composés organiques (dont les dioxines et
furanes contenu dans les déchets). La température idéale de combustion est située autour de
900°C. Si cette température n'est pas atteinte, la combustion ne sera pas totales et si elle est
dépassée, les cendres entrent en fusion et collent aux grilles qu'elles détériorent.
B. Les différentes formes de "combustion"
Cette partie présente les aspects techniques des différentes formes de combustion qu'il existe,
Fours à grille (plateaux), fours à rouleaux, fours tournant. Les déchets, après passage par la
trémie, progressent dans le four. Ils sont en couche relativement mince pour faciliter
l'alimentation en air. Les débits d'alimentation en déchets et en air sont généralement
constants pour optimiser la combustion : température, oxydation, temps de séjour. Le four, ou
chambre de combustion, comporte trois zones successives : la zone de séchage en tête, la zone
de combustion au centre et la zone de fin de combustion et d'évacuation des mâchefers en bas.
B.1. Le four à grille est actuellement le plus utilisé dans les UIOM. Il est composé d'une
grille où les déchets progressent (pendant une durée de 2 à 3 heures) au fur et à mesure qu'ils
sont brûlés. En général, les grilles, légèrement inclinées, sont composées d'éléments mobiles
en acier réfractaire pour faciliter le mélange air/déchet et assurer une bonne combustion. Il
existe un très grand nombre de grilles différentes. L'air de combustion, aspirée dans la fosse
de réception des déchets, est injecté à travers la grille par le bas. Cet air sert aussi à refroidir
les grilles afin de les protéger. Un apport d'air secondaire, introduit au-dessus de la grille
avant l'évacuation des fumées, termine la combustion.
B.2. Les fours à rouleaux sont constitués de gros rouleaux à fonctionnement autonome qui
tournent dans le sens de l'inclinaison du four. L'air est injecté par l'intérieur des rouleaux. La
surface de combustion est alors plus grande que dans les fours à grille traditionnels. Ils sont
utilisés dans des installations de capacité moyenne à forte.
B.3. Les fours tournant ou oscillant autour d'un axe longitudinal légèrement incliné. Les
déchets sont introduits dans un tambour oscillant de forme cylindrique où ils s'enflamment
pour subir une combustion classique. L'originalité réside dans le cylindre prolongé par un
cône d'extraction des MIOM. Le tout est entouré d'une double enveloppe dans laquelle circule
l'air de combustion. Les gaz chauds circulent à contre-courant à l'intérieur du four et peuvent
pyrolyses partiellement les déchets.
B.4. Fours à lit fluidisé est conçu pour l'utilisation de combustibles de mauvaise qualité
(tourbes, charbons) et a été adapté à la combustion des ordures ménagères. Les déchets
doivent être triés, dé-ferraillés et broyés afin de garder une granulométrie constante. Ce
mélange est ensuite homogénéisé avant d'être introduit dans le four. Le four maintien les
déchets en suspension, en général au sein d'une masse de produits inertes (sable), grâce à un
système d'injection d'air à la base de la chambre de combustion (fluidisation du lit). Le
mouvement du lit entraîne un brassage des déchets et la présence d'inertes facilite
l'homogénéisation de la température du four. Il existe plusieurs types de fours à lit fluidisé : le
lit fluidisé dense, le lit fluidisé rotatif et le lit fluidisé circulant. La différence réside dans la
forme des fours, le type d'injection d'air (central, latéral, à grande vitesse…) et le mouvement
des particules.
Les déchets solides issus de ce type d'incinération sont de plusieurs types : les cendres lourdes
obtenues à la base du four, les cendres sous-chaudière, les cendres de pré-dépoussiérage
obtenues à la base du cyclone, les cendres de dépoussiérages issus d'un électrofiltre ou d'un
filtre à manche et les résidus d'épuration des fumées issues de la neutralisation des gaz acides.
Les cendres sous foyer sont considérées comme des MIOM. Les résidus issus du traitement
des gaz par lavage, injection de réactif, ou tout autre moyen équivalent, sont considérés
comme des REFIOM. Par ailleurs, les cendres sous chaudière, les cendres sous cyclone et les
cendres issues du dépoussiérage par électrofiltre ou filtre à manche sont analysées et classées
MIOM ou REFIOM selon les résultats obtenus.

B.5. Thermolyse ou pyrolyse : La thermolyse est une décomposition thermique des déchets
en absence d'air (avec défaut d'air pour la pyrolyse) à une température de l'ordre de 500°C,
dans un four rotatif. Les déchets doivent être préalablement broyés et séchés. Le four opère à
pression atmosphérique et fait appel aux mécanismes de craquage qui permettent de séparer
les composés chimiques d'un solide. Après combustion, les fumées de composition différentes
de celles de l'incinération "classique" sont traitées (électrofiltre, filtre à manches…). Le solide
récupéré est lavé et trié (séparation des sels, inertes, verres, métaux ferreux ou non ferreux). Il
reste alors le "coke", combustible à fort pouvoir calorifique.

Fours rotatif, à rouleau et fours à grille


Four à lit fluidisé, Usine d’Incinération des Ordures Ménagers
Tableau : Les principales Techniques d’Incinération
Technique Déchets Déchets Déchets Boues Déchets
urbaines solide dangereux d’épuration hospitaliers
non traites urbaines
prétraitées
Grille vas et Largement Largement Ne pas Ne pas Appliqué
vient appliqué appliqué appliqué appliqué
Grille Roulante Appliqué Appliqué Rarement Ne pas Appliqué
appliqué appliqué
Grille Appliqué Appliqué Rarement Ne pas Appliqué
Basculante appliqué appliqué
Grille à Appliqué Largement Rarement Ne pas Appliqué
Rouleau appliqué appliqué appliqué
Grille refroidie Appliqué Appliqué Rarement Ne pas Appliqué
à l’air appliqué appliqué
Four rotatif Ne pas Appliqué Largement Appliqué Largement
appliqué Appliqué Appliqué
Four Rotatif- Ne pas Appliqué Appliqué Appliqué Appliqué
refroidi à air Appliqué
Four Statique Ne pas Ne pas Appliqué Ne pas Largement
Appliqué Appliqué Appliqué Appliqué
Bain de fluide Rarement Appliqué Ne pas Appliquée Ne pas
bouillonnemen appliquée Appliquée Appliquée
t
Bain fluides Rarement Appliquée Ne pas Largement Ne pas
circulant appliquée appliquée appliquée appliquée
Bain de fluide Appliquée Appliquée Ne pas Appliquée Appliquée
tournant appliquée
Pyrolyse Rarement Rarement Rarement Rarement Rarement
Appliquée Appliquée Appliquée Appliquée Appliquée
Gazéification Rarement Rarement Rarement Rarement Rarement
Appliquée Appliquée Appliquée Appliquée Appliquée
Four rotatif Ne pas Appliqué Largement Appliqué Largement
appliqué Appliqué Appliqué
C. Les techniques de traitement des fumées
Quelle que soit la technique de combustion utilisée l'incinération des ordures ménagères
génère des émissions polluantes : poussières (cendres volantes, cendres sous chaudière), gaz
acides (HCl, SOx, HF…), métaux lourds (plomb, chrome,…), dioxines et furanes (molécules
organochlorées contenues dans les déchets ou formées lors de la combustion). Il est nécessaire
de maîtriser ces émissions, à l’aide d’un système de traitement des fumées, pour éviter le
transfert de pollution vers l'atmosphère. Ces traitements de fumées génèrent des déchets
solides.
Nous allons voir les principaux éléments de ce traitement des fumées, tant au niveau du
dépoussiérage que de la neutralisation des gaz acides ou des dioxines et furanes. L'étape du
traitement des fumées a lieu après la valorisation énergétique si elle existe. Les fumées sont à
des températures de l'ordre de 350°C en sortie de chaudière.

1. Dépoussiérage
Ce traitement permet d'éliminer les polluants particulaires : poussières issues de la
combustion (cendres volantes) et les produits de neutralisation des gaz acides dans certains
procédés. De nombreux métaux lourds, souvent particulaires, peuvent être captés lors du
dépoussiérage.
a. Electrofiltre : Les fumées passent entre des électrodes soumises à une différence de
potentiel de quelques dizaines de milliers de volts. Les particules se chargent négativement et
s'accumulent sur les électrodes positives.
b. Filtre à manches : Les gaz à dépoussiérer passent à travers des manches en tissu (feutre ou
membrane) capables d'arrêter les particules les plus fines.
c. Cyclones ou multi-cyclones : Cette technique consiste à mettre les fumées en rotation afin
de les centrifuger.
2. Neutralisation des gaz acides
Les fumées doivent subir un traitement complémentaire visant à neutraliser les gaz acides
qu'elles contiennent (HCl, HF, SOx…) au moyen d'une base et séparer les produits de
réactions. Actuellement, la base la plus utilisée est la chaux. Mais le bicarbonate de sodium
peut aussi l'être lors d'un traitement par voie sèche.
a. Procédé humide : Les fumées dépoussiérées sont refroidies en dessous de (60 à 80°C) par
l'injection d'eau afin de condenser les acides sous forme liquide. Pour neutraliser ces acides,
du lait de chaux ou de la lessive de soude (soude caustique) est injecté(e) en fines gouttelettes
à très grande vitesse dans une tour de lavage. Adapté aux grosses. Il s'agit d'une double
filtration qui conduit à la production de deux types de résidus : les cendres volantes (90 % des
REFIOM produits en volume) et le gâteau de filtration (10 %).
b. Procédé semi-humide consiste à pulvériser de fines gouttelettes de lait de chaux dans les
gaz à épurer. La différence avec le procédé humide est l'absence d'eau pour condenser les
fumées. Il n'y a pas d'effluent liquide en sortie de réacteur : la phase liquide est totalement
évaporée. La première partie de la réaction se déroule en phase humide (avec l'eau du lait de
chaux). C'est la phase d'absorption des acides dans les gouttelettes.

c. Procédé semi-sec : Les fumées sont tout d'abord refroidies par vaporisation d'eau. La
pression partielle en eau dans les fumées augmente. La neutralisation se fait par injection de
chaux pulvérulente dans l'enceinte d'un réacteur. Ce procédé, après filtration des produits de
neutralisation, donne les mêmes REFIOM qu'avec le procédé semi-humide.
d. Procédé sec est plus évolutif que les autres il utilise deux réactifs : la chaux ou le

bicarbonate de sodium (procédé NeutRec® de Solvay).

e. Condensation : Ce procédé consiste à refroidir les fumées jusqu'aux alentours de 50°C


pour qu'elles se condensent. L'eau condensée lors du refroidissement des fumées permet de
capter les acides. Les condensats sont récupérés et neutralisés par du lait de chaux avant
d'emprunter le réseau d'épuration des eaux adéquat.
3. Charbon actif ou coke de lignite
Le procédé au charbon actif est utilisé pour le traitement des métaux lourds, dioxines et
furanes en complément de tous les traitements de fumées vus précédemment. Il est mis en
œuvre si une UIOM dépasse les seuils réglementaires. Les polluants sont adsorbés (stockés)
dans le charbon actif. En substitution au charbon actif, il peut être utilisé du coke de lignite. Il
peut être injecté, sous forme particulaire, directement dans les gaz à épurer (voie sèche, semi-
sèche ou semi-humide). Cette forme se retrouve donc dans les REFIOM collectés en aval.
L'autre utilisation est le filtre à charbon actif où il est enfermé dans une enceinte que les eaux
de lavage des gaz (voie humide) traversent.
D. Généralités sur les REFIOM
Ils sont de trois types selon les différents procédés EFIOM : les cendres volantes, les gâteaux
de filtration et les produits secs de neutralisation des gaz acides. On peut estimer leur quantité
moyenne entre 3 et 5 % du tonnage incinéré. Les REFIOM sont très riche en sels (chlorure de
calcium, chlorure de sodium…) et contiennent une grande quantité de métaux. Le principal
vecteur du transport des polluants vers l'extérieur est l'eau. Donc, les REFIOM doivent être
stabilisés et solidifiés avant d'être stockés en CET classe 1 (arrêté depuis le 30 mars 1995)
D.1. Stabilisation / solidification
 La stabilisation des REFIOM est une opération qui consiste à diminuer leur toxicité, le
plus souvent sous une forme chimique moins facilement mobilisable par
l'environnement.
 La solidification est une opération qui transforme le REFIOM en un solide, le plus
souvent monolithique afin de réduire au maximum les contacts entre le déchet et
l'environnement.
 Parallèlement, la notion d'enrobage / encapsulation consiste à entourer le déchet d'une
enveloppe imperméable et chimiquement inerte : "big-bag" et CET
1. Liants hydrauliques : Cette technique assure une bonne stabilité physique et chimique des
produits solidifiés pour un coût raisonnable, une mise en œuvre facile et une application large.
Les produits sont inertes aux ultraviolets, difficilement biodégradables et relativement
insolubles dans l'eau.
Les principales actions de ce traitement sont : de neutraliser les acides faibles et les bases
fortes, de favoriser la précipitation de certains sels solubles (métaux lourds piégés), d'adsorber
dans les silicates tétraédriques les ions restant en solution après précipitation et de participer
aux processus de solidification et gélification (matrice solide peu perméable).
2. Liants organiques
Les liants organiques sont utilisés pour la stabilisation des déchets radioactifs ou organiques
difficilement destructibles par incinération. L'action principale de ces liants est d'encapsuler
les déchets sans réaction directe entre le déchet et le polymère (confinement des polluants). La
très faible perméabilité des solides obtenus leur confère des performances souvent meilleures
que celles des liants hydrauliques. Ils se divisent en deux sous-groupes suivant les
caractéristiques du matériau utilisé : les résines thermodurcissables et les résines
thermoplastiques. Ces liants sont insolubles dans l'eau, ont de bonnes propriétés de couverture
et une élasticité leur conférant une bonne résistance mécanique. L'utilisation simple consiste à
mélanger le déchet avec la résine à une température appropriée et de couler le mélange dans
les fûts qui seront théoriquement stockés en CDSU de classe 1.
3. Vitrification
a. Vitrification dite "classique" : vise à traiter les cendres volantes issues du dépoussiérage
des fumées afin d'obtenir un vitrifiât, ou verre de REFIOM (matrice vitreuse où les polluants
sont parfaitement confinés dans un matériau non poreux). Les cendres sont introduites en
continu dans le four de vitrification. Dans la partie centrale du four, un système de chauffe
(torche à plasma, arc électrique sans projection d'air ou certains procédés utilisés en
métallurgie) porte en fusion les produits à traiter (de 1350 à 1450°C). Le temps de séjour des
cendres dans le four permet un taux d'in-fondus nul et une parfaite homogénéité du vitrifiât. Il
passe ensuite dans une zone de tranquillisation et le produit en fusion est évacué par un orifice
de coulée, vers un dispositif de refroidissement et de conditionnement adapté à l'utilisation
finale du vitrifiât.

b. Vitrification par creuset froid : pour la vitrification de déchets nucléaires, est également
adaptée à des applications civiles. Pour les REFIOM chargés en chlorures (c'est le cas des
REFIOM issus du traitement des fumées par voie semi-humide, semi-sèche ou sèche).
La technique du creuset froid, également appelé "auto-creuset", consiste à isoler la paroi du
four du matériau en fusion en interposant une fine couche solide (1 à 10 mm) du même
matériau ; celle-ci se forme spontanément, au contact des parois du four refroidies par
circulation d'eau. Quand cet "isolant" est en place, il est possible de traiter des déchets
toxiques qui mettraient en péril le four, monté à des températures extrêmes (2500°C et plus
typiquement 1400°C pour les REFIOM), élaborer des matériaux ultra-purs sans craindre un
contact avec les parois. Mais jusqu'ici, la vitrification des REFIOM restaient difficile du fait
de leur teneur en chlorures, volatils aux températures de vitrification. Pour contourner cette
difficulté, les REFIOM sont chauffés dans un four de vitrification par creuset froid.
L'élévation de température génère des produits gazeux chargés en métaux lourds sous forme
de chlorures (zinc, plomb, cadmium, chrome, etc.). Ces produits gazeux sont récupérés, puis
lavés dans un réacteur gaz / liquide afin de bloquer les métaux dans une solution aqueuse.
Cette solution passe ensuite dans un appareil de précipitation, ce qui permet de récupérer les
métaux. Le précipité est filtré, lavé, puis réintroduit dans le four où il se prête alors à la
vitrification puisque les métaux sont alors sous forme d'oxydes. La vitrification (classique ou
par creuset froid) permettrait d'obtenir environ 5000 tonnes de verres totalement inertes et
valorisables.
C. Valorisation des REFIOM
1. Les REFIOM sodiques : En effet, ces produits ne sont pas considérés comme des déchets
mais comme matière première secondaire valorisable.
2. Les REFIOM calciques : Le chlorure de calcium CaCl2 (principal sel extrait, en quantité)
peut être recyclé comme sel de déneigement. Le sulfate de calcium CaSO4 est un matériau
inerte, proche du gypse, qui peut servir dans le renforcement de galeries de mines. Le fluorure
de calcium CaF2 n'est ni soluble ni toxique. Les voies de valorisation sont donc grandes. Ces
sels sont utilisés pour accélérer la prise du béton ou comme absorbeur d'humidité (conditionné
en sachets).
3. Vitrifiât ou verres de REFIOM : Le vitrifiât possède approximativement la composition
d'une roche basaltique (teneur en éléments toxiques inférieure aux seuils de potabilisation de
l'eau). Le vitrifiât pourra donc être utilisé comme matériau de construction (pavés, dalles) ou
de remblai.
D. Les MIOM et l'environnement
Les MIOM représentent 25 % du tonnage incinéré et 10 % du volume entrant. Ces résidus
solides sont constitués de la partie lourde et incombustible des déchets incinérés. Ils se
présentent sous forme de granule de couleur grise. Les MIOM subissent, à la sortie du four,
une extinction humide (en général plongés dans de l'eau) suivie d'un premier dé-ferraillage à
l'aide de tambours magnétiques. Les objets encombrants (monstres) sont aussi retirés. La
composition moyenne des MIOM bruts est la suivante : 62 % de verre et d'alumine, 18 % de
calcaire et de chaux, 15 % d'eau (jusqu'à 25 %), 2 % de sels, 1 à 2 % d'imbrûlés et moins de 1
% de métaux lourds. Des études montrent que la teneur en dioxines des MIOM est de l'ordre
de celle des sols non pollués. D'autres études montrent que les transferts de polluants vers
l'environnement sont très faibles et n'ont lieu que par l'intermédiaire des particules en
suspension.
D.1 Maturation et/ou stockage des MIOM
 Les MIOM sont des produits encore en évolution à la sortie de l'extracteur de l'UIOM.
Pour être valorisés, ils vont subir une période de maturation de trois à douze mois si
les tests de lixiviation l'exigent.
 La maturation se fait sur une plate-forme de traitement des MIOM appelée Installation
de Maturation et d'Elaboration (IME) des mâchefers.
 Ces plates-formes peuvent aussi servir de lieu de stockage tampon ou de transit si les
MIOM sont directement valorisables.
 Les plates-formes ont des capacités de traitement très variables, de 10 000 t/an à plus
de 200 000 t/an (la moyenne se situe à 40 000 t/an).
 La maturation des MIOM consiste à laisser les réactions chimiques exothermiques se
faire naturellement afin que les polluants soient stabilisés (moins mobilisables) et que
la résistance mécanique augmente. Les principales réactions chimiques font intervenir
la forte teneur en eau en sortie d'UIOM (15 %), les eaux météoritiques et l'air :
oxydation lente des ferrailles et des imbrûlés, carbonatation de la chaux et
minéralisation (stabilisation des métaux : la baisse du pH dû à la carbonatation de la
chaux induit la formation d'hydroxydes métalliques stables et insolubles).
D.2. Techniques de valorisation des MIOM
La valorisation des MIOM fait partie des éco-variantes dans le domaine des travaux publics
ou de la construction. Il s'agit d'utiliser toutes les techniques qui consistent à réutiliser des
matériaux plutôt que d'en extraire d'autres.
1. Valorisation des métaux : l'acier et l'aluminium
2. Technique routière et travaux publics : utilisés en couche de forme (ronds-points,
parking, autoroute) ou remblai (bords d'autoroute, remblais de quais SNCF, comblement de
mines). Les MIOM ne doivent pas être utilisés en remblais de tranchées comportant des
canalisations métalliques (possibilité d'effet de pile).
3. Matériaux de construction, bétons : consiste à en substituer 50 % en masse aux matières
premières lors de la fabrication de ciments.

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