Ecole Supérieure de Technologie de
Khénifra
Filière : TC/S4
Elément :
Entrepreneuriat
Année universitaire 2024/2025
Pr. ICHOU Mohammed Adil
Préface :
Bienvenue dans le cours d'entrepreneuriat destiné aux étudiant.e.s de
deuxième année de l’ESTK. Ce cours a pour objectif de vous fournir les
connaissances nécessaires pour comprendre les différents aspects de
l'entrepreneuriat.
L'entrepreneuriat est un domaine en constante évolution, et il est
important que les étudiants comprennent les différentes opportunités et
défis auxquels ils peuvent être confrontés dans leur parcours
entrepreneurial. Tout au long de ce cours, nous présenterons des concepts
clés pour illustrer les notions qui faciliteront la maîtrise de ce domaine riche
en perspectives et en opportunités.
Nous espérons que ce cours introductif vous fournira les
connaissances et les compétences nécessaires pour réussir en tant que futur
entrepreneur et contribuer à votre développement personnel. Nous sommes
convaincus que vous aurez une meilleure compréhension de
l'entrepreneuriat, de ses défis et de ses opportunités. Nous sommes
impatients de voir comment vous allez appliquer ces connaissances dans
votre parcours entrepreneurial et nous sommes là pour vous aider à
découvrir votre potentiel entrepreneurial. Nous vous souhaitons beaucoup
de succès dans vos projets futurs.
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 1
I. Introduction à l'entrepreneuriat
L'entrepreneuriat est un terme souvent utilisé pour désigner la
création et le développement d'entreprises nouvelles et innovantes. Il peut
également être défini comme la prise de risques pour réaliser un projet, qu'il
s'agisse d'une entreprise, d'une organisation à but non lucratif ou d'une
initiative sociale.
L'entrepreneuriat joue un rôle déterminant dans l'économie voire la
société, car il contribue à la création de nouveaux emplois, à l'innovation et à
la croissance économique. Les entrepreneurs sont souvent considérés
comme des agents de changement qui peuvent améliorer la qualité de vie
des personnes en proposant des solutions innovantes à des problèmes
sociaux, économiques et environnementaux.
Il existe différents types d'entrepreneuriat, notamment
l'entrepreneuriat social, l'entrepreneuriat technologique, l'entrepreneuriat
de croissance, l'entrepreneuriat de reprise et l'entrepreneuriat familial.
Chacun de ces types a ses propres caractéristiques et exigences, et nécessite
une approche différente pour réussir.
Au cours de ce cours, nous allons explorer les différentes compétences
requises pour devenir un entrepreneur réussi. Nous allons également
examiner les défis et les opportunités auxquels les entrepreneurs sont
confrontés, ainsi que les stratégies pour y faire face.
L’objectif est de vous donner les connaissances et les compétences
nécessaires pour créer et développer votre propre activité économique, tout
en contribuant à la croissance économique et au bien-être de la société.
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 1
1. Définition de l'entrepreneuriat
L'entrepreneuriat peut être défini de différentes manières, mais d'une
manière générale, il s'agit d'un processus de création d'entreprise qui
implique la prise de risques et l'innovation pour répondre à des besoins ou
des opportunités du marché.
Un entrepreneur est une personne qui possède une idée innovante et
qui est prête à investir son temps, son énergie et ses ressources pour la
transformer en une entreprise viable. L'entrepreneur doit faire face à des
défis tels que l'incertitude, la concurrence, les fluctuations du marché et la
gestion des ressources.
Autrement dit, l'entrepreneur exploite les facteurs de production,
telles que le capital et le travail, pour générer de la valeur. Il est le moteur de
l'innovation au sein de son marché, gérant et équilibrant les risques avec
prudence. Avec une perspective élargie, il discerne les opportunités qui se
présentent à lui, en dépit des circonstances de son temps. Il sait comment
mobiliser ses atouts, tirer parti de son histoire personnelle et naviguer dans
son environnement tout en restant ancré dans la réalité pour repérer les
opportunités d'affaires. Pour avancer, il doit acquérir l'approbation des
intervenants clés dans ses affaires. Influencé par l'héritage familial et son
éducation, l'entrepreneur est façonné par ses expériences puisqu'on n'hérite
pas de l'entrepreneuriat à la naissance, mais on le développe avec le temps.
L'entrepreneuriat est accessible à tous, que l'on soit mère au foyer
(momopreneurs), personne en situation de handicap (handipreneurs),
adoptant des stratégies entrepreneuriales (adopreneurs), ou même sénior
(seniorpreurs), soulignant la diversité des profils entrepreneuriaux.
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 2
L'entrepreneuriat peut prendre différentes formes, notamment
l'entrepreneuriat social, qui vise à résoudre des problèmes sociaux,
l'entrepreneuriat technologique, qui se concentre sur les innovations
technologiques, et l'entrepreneuriat de croissance, qui vise à créer des
entreprises à forte croissance.
L'entrepreneuriat peut être considéré comme un moyen de créer de la
richesse, de l'emploi et de stimuler la croissance économique. Cependant, il
peut également avoir des impacts positifs sur la société en résolvant des
problèmes sociaux et en créant des produits et services bénéfiques pour les
personnes.
L'entrepreneuriat est un processus dynamique et évolutif qui nécessite
des compétences telles que l'innovation, la créativité, l’imagination, la prise
de risques et la gestion des ressources pour réussir.
2. Importance de l'entrepreneuriat dans l'économie
L'entrepreneuriat joue un rôle capital dans le développement
économique et social d’un pays en créant des emplois, en stimulant la
croissance économique et en favorisant l'innovation.
Parmi les raisons pour lesquelles l'entrepreneuriat est important dans
l'économie, figurent notamment :
Création d'emplois : Les entreprises créées par des entrepreneurs ont
un potentiel élevé de création d'emplois, car elles ont souvent besoin de
main-d'œuvre pour se développer. Les entrepreneurs peuvent donc
contribuer à réduire le taux de chômage dans leur région ou leur pays.
Stimuler la croissance économique : Les entrepreneurs peuvent
contribuer à stimuler la croissance économique en créant de nouvelles
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entreprises qui apportent des innovations et des solutions à des problèmes
sociaux ou économiques. Ces entreprises peuvent également améliorer la
compétitivité du marché en introduisant de nouveaux produits ou services.
Encourager l'innovation : Les entrepreneurs sont souvent motivés par
l'innovation et la créativité. Ils cherchent à proposer de nouvelles idées, des
produits ou des services qui répondent aux besoins du marché. Par
conséquent, ils peuvent contribuer à l'innovation technologique, sociale et
environnementale.
Contribuer à la diversité économique : L'entrepreneuriat contribue à
la diversification de l'économie en créant des entreprises dans des secteurs
et des industries différents. Cela peut aider à réduire la dépendance
économique à un secteur spécifique, ce qui peut améliorer la stabilité
économique.
Favoriser l'esprit d'entreprise : L'entrepreneuriat peut encourager
l'esprit d'entreprise dans la société en inspirant les gens à créer leur propre
entreprise. Cela peut améliorer la culture entrepreneuriale et créer une
dynamique économique favorable.
L'entrepreneuriat peut contribuer à créer une économie plus
dynamique, diversifiée et compétitive. Les entrepreneurs peuvent aider à
résoudre des problèmes sociaux et économiques, créer des emplois et
contribuer à la croissance économique.
3. Différents types d'entrepreneuriat
L'entrepreneuriat peut prendre différentes formes en fonction des
objectifs, des motivations et des modèles économiques des entrepreneurs.
Les principaux types d'entrepreneuriat sont:
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L'entrepreneuriat classique : il s'agit du type d'entrepreneuriat le plus
courant, où l'objectif principal est de créer une entreprise à but lucratif en
identifiant des opportunités commerciales et en répondant aux besoins du
marché. Les entrepreneurs classiques cherchent à maximiser les profits tout
en minimisant les risques.
L'entrepreneuriat social : il s'agit d'un type d'entrepreneuriat axé sur
la résolution de problèmes sociaux ou environnementaux. Les entrepreneurs
sociaux cherchent à créer des entreprises à but non lucratif ou à but lucratif
qui ont un impact social ou environnemental positif, plutôt que de se
concentrer uniquement sur la rentabilité.
L'entrepreneuriat technologique : il s'agit d'un type d'entrepreneuriat
axé sur l'innovation technologique. Les entrepreneurs technologiques
cherchent à créer des entreprises basées sur des technologies innovantes,
telles que l'intelligence artificielle, la blockchain, la réalité virtuelle, etc.
L'entrepreneuriat de croissance : il s'agit d'un type d'entrepreneuriat
axé sur la croissance rapide de l'entreprise. Les entrepreneurs de croissance
cherchent à créer des entreprises qui ont un potentiel de croissance élevé et
cherchent souvent des financements importants pour réaliser leur potentiel.
L'entrepreneuriat familial : il s'agit d'un type d'entrepreneuriat où
l'entreprise est dirigée et gérée par une famille. Les entreprises familiales
peuvent avoir des avantages tels que la stabilité, la continuité et la loyauté,
mais peuvent également avoir des défis tels que la complexité des relations
familiales et la succession.
L'entrepreneuriat féminin : il s'agit d'un type d'entrepreneuriat où les
femmes jouent un rôle clé dans la création et la gestion d'entreprises. Les
femmes entrepreneurs peuvent faire face à des défis tels que la
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discrimination, le financement limité et l'accès limité aux réseaux
professionnels.
Il convient de noter que ces types d'entrepreneuriat ne sont pas
exclusifs et peuvent se chevaucher. Par exemple, un entrepreneur peut être
à la fois un entrepreneur social et un entrepreneur technologique.
II. Différentes approches pour comprendre le phénomène
entrepreneurial :
L'entrepreneuriat, à travers son analyse académique, est clairement
multidimensionnel. En étudiant ce domaine, on découvre de nombreuses
théories qui tentent d'expliquer ce phénomène sous différents angles. Cette
variété de perspectives et d'objectifs peut rendre l'analyse plus délicate, car
un même concept peut être interprété de différentes manières.
Pourtant, étant donné la complexité de l'entrepreneuriat, cette
multiplicité d'opinions peut en réalité aider à comprendre le sujet plus en
profondeur, plutôt que de créer de la confusion. Nous discuterons d'abord
des diverses perspectives entrepreneuriales, puis nous mettrons en lumière
les éléments fondamentaux de l'entrepreneuriat.
1. Approche par les traits: Cantillon1 (1755)
Pour échapper aux contraintes d'une économie dédiée au Prince et
exploiter les bienfaits du libre-échange, Richard Cantillon (1697-1735)
considère l'entrepreneur comme essentiel. Il divise les individus en deux
catégories : ceux qui ont un revenu fixe et ceux qui ont un revenu incertain,
1
Richard Cantillon (vers 1680-1734) était un financier et économiste irlandais et français. Il s'est enrichi en
France grâce au système de John Law. Établi en majeure partie à Paris en tant que banquier, il est un acteur
majeur de la physiocratie. Son œuvre, "Essai sur la nature du commerce en général", le distingue comme l'un
des précurseurs de l'économie politique classique, aux côtés de figures telles que l'abbé de Condillac et William
Petty. Cantillon joue un rôle clé dans la transition du mercantilisme à l'économie classique. C’est un économiste
pionnier de la théorie de l’entrepreneur
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classant l'entrepreneur dans la seconde catégorie. L'entrepreneur prend des
risques en s'engageant fermement envers un tiers, sans aucune garantie
quant à la solvabilité de son client ou de son commanditaire. Même s'il n'a
généralement pas de fortune personnelle, l'entrepreneur contribue à faire
avancer l'économie grâce à ses projets. Cependant, la société se méfie de lui
et le rejette.
Si l'économie est la science des affaires (Schumpeter, 1983), Cantillon
était sans aucun doute un grand économiste, car il a accumulé une fortune
considérable grâce à sa capacité à prendre des risques tant dans les affaires
que dans le jeu.
Dans son ouvrage "Essai sur la nature du commerce en général",
publié en 1755, Richard Cantillon a abordé le concept d'entrepreneur, qui
plus tard sera connu comme la "main invisible" d'Adam Smith. Cantillon a
décrit l'entrepreneur comme un "catalyseur de la production et des
échanges", jouant un rôle essentiel dans l'économie. Il convient de noter que
Cantillon n'était pas le premier à développer cette idée. En effet, en 1675,
Jacques Savary avait déjà publié "Le parfait négociant", un ouvrage très
populaire sur le droit et la pratique des affaires.
Cependant, Cantillon a apporté une nouvelle dimension à
l'entrepreneur en conceptualisant son comportement (Murphy, 1997). Son
analyse du rôle de l'entrepreneur est ancrée dans un contexte historique. Il
distingue en effet deux types d'économie : une économie centralisée
(représentée par un grand domaine administré de type féodal) et une
économie de marché décentralisée, dans laquelle l'entrepreneur s'inscrit. La
fonction de l'entrepreneur consiste à identifier les demandes et à diriger la
production pour les satisfaire. Il prend des risques et se lance en éclaireur
pour trouver des activités potentiellement rentables. La fonction
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entrepreneuriale est multiple, à la fois dans la production (fermiers,
manufacturiers et fournisseurs de services) et dans les échanges (grossistes
et détaillants). Les premiers sont des entrepreneurs producteurs et
englobent un large éventail de professions : cordonniers, charpentiers,
drapiers, médecins, avocats, etc.
Adam Smith (1723-1790), contrairement à Cantillon (dont il connaissait
probablement l’œuvre), n'a pas été entrepreneur, mais professeur de
philosophie morale. Peut-être est-ce pour cette raison qu'il se méfiait de
l'entrepreneur ? Ce créateur de projets ne semble pas lui inspirer confiance. Il
a beaucoup voyagé en Europe et s'est lié d'amitié avec les philosophes des
Lumières. Il a notamment rencontré Quesnay et apprécié son Tableau
économique. Ainsi, Smith se distingue d'Anne Robert Jacques Turgot (1727-
1781) qu'il connaît et qui est son homologue en tant que partisan du
libéralisme en Angleterre.
Turgot a publié environ dix ans plus tôt une œuvre qui n'a pas eu le
même impact que La richesse des nations de Smith (publiée en 1776). Dans
son ouvrage "La réflexion sur la formation et la distribution des richesses"
publié en 1766, Turgot accorde une grande importance à l'entrepreneur. Il le
décrit comme un individu qui emploie des ouvriers en avançant du capital.
Les profits de l'entrepreneur proviennent de la vente des biens qu'il fabrique
pour répondre aux besoins des consommateurs.
Adam Smith, quant à lui, s'efforce de démontrer que c'est le marché
qui est seul capable d'apporter richesse et prospérité, tout en reconnaissant
le rôle de l'État pour réduire l'incertitude et créer un environnement
favorable aux affaires. Dans le monde des affaires, les entreprises naissent et
se transforment, mais la concurrence doit être permanente et l'économie se
métamorphose. La propriété du capital est également une préoccupation
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pour Smith, qui s'intéresse au développement des sociétés anonymes. Il
estime que la séparation entre gestion et propriété nuit à l'initiative
individuelle. Les actionnaires, motivés principalement par les dividendes
provenant de l'évolution des cours, ne sont pas nécessairement alignés avec
les intérêts de l'entreprise. Cela contraste avec les propriétaires d'entreprise
qui raisonnent en termes de contrôle direct. Selon Smith, comme le souligne
également Schumpeter près de deux siècles plus tard, le capitalisme perd
son identité en se socialisant.
2. Jean-Baptiste Say (1767-1823), à l’image de Cantillon et de Turgot, donne un rôle
central à l’entrepreneur
La liaison entre la science et l'industrie, ou l'affirmation du capitalisme
industriel, est mise en avant par Jean-Baptiste Say (1767-1823), qui accorde
un rôle central à l'entrepreneur. À son époque, il était l'économiste français
le plus renommé. Il a créé la première chaire d'économie au Collège de
France et au Conservatoire national des arts et métiers.
Say a exercé de nombreux métiers en fonction des circonstances et
des opportunités : journaliste, commerçant, spécialiste des changes,
industriel, et il a également été rapporteur de la loi sur le Franc Germinal. En
tant qu'adepte des idées de Smith, qu'il cherchait à populariser en France, il
a publié en 1803 son Traité d'économie politique dans lequel il identifie
clairement les avantages de la libre entreprise et du marché. Ce traité a été
mal accueilli par le pouvoir. Il n'a pas pu publier une deuxième édition ni
exercer le métier de journaliste, il est alors devenu entrepreneur en créant
une manufacture de coton dans le Pas-de-Calais2, répondant aux critères de
modernité de l'époque. L'entreprise a prospéré rapidement. L'un des
aspects intéressants de l'œuvre intellectuelle de Say est qu'elle repose sur
2
Le Pas-de-Calais est situé dans le nord de la France.
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une connaissance pratique de l'entreprise, comme le souligne Schumpeter
dans son Histoire de l'analyse économique (publiée en 1953). Toutefois,
Schumpeter est assez critique quant à la qualité de l'œuvre de Say,
prétendant qu'on ne peut pas être à la fois un bon économiste et un bon
entrepreneur.
Certainement, grâce à ses connaissances théoriques et son expérience
entrepreneuriale, Say définit le "métier de l'entrepreneur" comme un
ensemble de qualités variées et rares. Il souligne l'intelligence du travail de
l'entrepreneur par rapport aux autres acteurs économiques, notamment les
ouvriers dont le rôle est également reconnu par Say. Ce métier consiste en
une coordination et peut-être aussi une intuition.
L'entrepreneur doit être capable d'analyser et d'anticiper pour
prendre des décisions bénéfiques. Say met l'accent sur les qualités qui font la
valeur du travail de l'entrepreneur. Il souligne la capacité à mobiliser des
capitaux, ce qui nécessite une réputation d'intégrité et d'intelligence. La
fonction entrepreneuriale exige de nombreuses qualités individuelles,
résumées par le talent de gestion, qui est rare.
L'entrepreneur prend des risques et est en fin de compte responsable
du succès ou de l'échec de ses actions. Say affirme que les revenus des
entrepreneurs de l'industrie sont toujours variables et incertains.
Néanmoins, l'entrepreneur n'est pas assimilé à un simple acteur
économique, il est un producteur aux côtés du savant et de l'ouvrier. Les
capacités et les qualités dont dispose l'entrepreneur lui confèrent une
grande liberté d'action offerte par le marché.
Cependant, l'activité entrepreneuriale est difficile et de nombreux
individus en sont exclus. Les compétences techniques, les connaissances du
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marché et de la gestion du personnel sont rares et couvrent différents
aspects du fonctionnement d'une entreprise. L'entrepreneur doit également
avoir des compétences en comptabilité, car sans profit, l'entreprise ne peut
survivre. Enfin, l'entrepreneur doit faire preuve de jugement, de constance
et de connaissance des hommes et des choses.
Cette idée d'un entrepreneur transformateur de l'économie et de la
société est également présente chez Karl Marx (1818-1883), bien qu'il ne soit
pas le théoricien de l'entrepreneur. Mais, une lecture de son œuvre offre des
enseignements intéressants sur le rôle et la place de l'entrepreneur dans la
dynamique du capitalisme industriel et des progrès technologiques. Marx
utilise rarement le terme "entrepreneur", préférant celui de "capitaliste" ou
même de "capitaliste-entrepreneur". Ce dernier peut être décrit comme un
"adepte fanatique de l'accumulation", qui pousse les individus à produire
sans relâche. L'entrepreneur-capitaliste est pris dans une sorte de spirale
qu'il ne contrôle pas. Sa capacité d'initiative est limitée par les contraintes du
marché, et il est tout aussi aliéné que les travailleurs qu'il exploite.
Dans le Manifeste du parti communiste (publié en 1848), Marx et
Engels qualifient la bourgeoisie d'agent "sans volonté propre et sans
résistance" face aux forces industrielles. Bien que Marx ait qualifié le
capitalisme de révolutionnaire sur le plan technologique, il n'établit pas de
relation explicite entre innovation et entrepreneur. Selon lui, l'invention est
devenue une "branche des affaires" et son développement est influencé par
l'application de la science à la production immédiate. Marx se concentre sur
la dynamique générale de l'accumulation capitaliste, qui est confrontée à
une concurrence féroce et une forte incertitude. Les entreprises doivent
croître pour éviter de disparaître. La nature de la concurrence capitaliste
évolue, avec l'émergence d'entreprises de taille internationale qui cherchent
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à contrôler de plus en plus l'incertitude du marché. La socialisation
progressive de l'activité productive entraîne un changement de nature du
capitalisme, et Marx évoque même la possibilité d'une nouvelle forme
d'organisation économique où le marché et la propriété privée ont disparu.
3. Approche par les faits : Joseph Schumpeter (1935) et Fillion (1988) - Les actions et
les réalisations concrètes des entrepreneurs
Au début du XXe siècle, Joseph A. Schumpeter (1883-1950), un
universitaire brillant mais entrepreneur raté, développe une analyse visant à
combler les lacunes du modèle walrasien3 qui est incapable d'expliquer le
progrès technique, la croissance et les crises économiques. Selon
Schumpeter, l'entrepreneur joue un rôle capital et introduit l'idée de
mouvement. Fortement influencé par l'École historique allemande, qui
cherche à rompre avec le modèle universel des Classiques britanniques,
Schumpeter opte pour une analyse historique de l'économie basée sur une
étude détaillée des faits économiques et sociaux. Il définit donc
l'entrepreneur comme l'agent économique qui innove, ce qui le rend
irrationnel selon la conception walrasienne. Son comportement n'est pas
guidé par le calcul économique, mais par le jeu et le défi. À l'image de
Cantillon lui-même, l'entrepreneur schumpetérien est un joueur qui accepte
à la fois le succès et l'échec.
L'entrepreneur devient le moteur de la "destruction créatrice4". Le
mobile de l'entrepreneur schumpetérien réside dans le défi, le changement
3
Le concept walrasien est basé sur les théories de Léon Walras, économiste français du 19ème siècle. Il est
célèbre pour sa théorie de l'équilibre général qui analyse l'ajustement des prix pour équilibrer l'offre et la
demande dans une économie. "Walrasien" désigne des modèles économiques axés sur cette théorie et des
concepts associés comme l'allocation optimale des ressources et la concurrence pure et parfaite.
4
La destruction créatrice est une théorie formulée par l'économiste Joseph Schumpeter. Elle explique que les
innovations, en particulier techniques, introduisent de nouveaux développements économiques rendant
obsolètes les anciens. Ce processus continu de renouvellement transforme la structure économique en
éliminant les éléments dépassés et en introduisant des éléments innovants. Schumpeter souligne que l'impact
réel d'une innovation se comprend mieux lorsqu'on le situe dans le contexte global de ce mouvement de
renouvellement. Il relie également les cycles économiques aux innovations, mentionnant que certaines
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et le jeu. Son objectif est de remettre en question l'ordre économique établi.
Ainsi, l'entrepreneur est utilisé pour expliquer la dynamique du capitalisme
ou l'évolution économique.
Toutefois, pour Schumpeter, l'innovation ne se limite pas à la création
d'un nouveau produit ou à l'introduction de machines dans les ateliers.
L'innovation permet à l'entrepreneur d'accroître son chiffre d'affaires et sa
position dominante sur le marché. Bien que l'effet de cette découverte ne
soit pas certain, elle peut lui conférer temporairement une position de
monopole en cas de succès. Par le pouvoir de l'innovation, l'entrepreneur
définit son propre marché et fixe ses propres règles pour maîtriser
l'incertitude inhérente au fonctionnement du marché. Les motivations
humaines ne sont jamais strictement individuelles, mais sont toujours
influencées par la réalité sociale et historique. En d'autres termes,
l'entrepreneur investit dans un secteur d'activité donné parce que l'état de
l'économie, de la société, des sciences et des techniques le permet, offrant
ainsi des solutions aux problèmes rencontrés.
Dans le contexte de l'entrepreneuriat, il est essentiel de comprendre
que la dimension individuelle de l'entrepreneur ne peut être dissociée d'un
environnement adéquat. Les variables environnementales telles que le
contexte socioculturel, le réseau personnel et professionnel, le contexte
familial, ainsi que le cadre politique et économique jouent un rôle crucial.
Cette approche met l'accent sur le "faire entrepreneur" plutôt que sur "l'être
entrepreneur". Il est important de noter que le succès d'un entrepreneur ne
dépend pas uniquement de ses traits de personnalité et de ses
caractéristiques psychologiques.
découvertes majeures entraînent une série d'autres innovations, influençant ainsi le développement
économique pendant une période.
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Le concept d'entrepreneur schumpetérien apporte une perspective
intéressante à cette discussion. Selon Joseph Schumpeter, l'entrepreneur
joue un rôle clé dans l'économie en introduisant des innovations et en créant
de nouvelles combinaisons de facteurs de production. Cette approche met
en évidence le rôle actif de l'entrepreneur dans le processus de création
d'entreprise et met l'accent sur les actions et les comportements qu'il
engage tout au long de ce processus.
4. L'approche comportementale de l'entrepreneur dans le processus de création
d'entreprise
L'entrepreneur schumpétérien est un acteur économique qui réalise
de "nouvelles combinaisons de facteurs de production" représentant des
opportunités d'investissement (Schumpeter, 1935, 329-336). Ces nouvelles
combinaisons peuvent prendre différentes formes, telles que la création de
nouveaux produits, l'introduction de nouvelles méthodes de production, la
création de nouveaux marchés, l'acquisition de nouvelles sources de
matières premières ou de produits semi-finis, ou la mise en place d'une
nouvelle organisation, comme la formation d'un monopole. Selon
Schumpeter, ces innovations permettent à l'entrepreneur de réaliser un
profit exceptionnel et temporaire, récompensant ainsi le risque pris en
sortant de l'équilibre walrasien où le profit est nul.
Il est important de noter que tous les entrepreneurs ne jouent pas le
même rôle. Les entrepreneurs pionniers, en particulier, éliminent les
obstacles dans leur secteur et servent d'exemple pour les autres, quel que
soit leur domaine d'activité. Ils deviennent ainsi le moteur du cycle
économique, contribuant à la dynamique de l'économie.
L'analyse schumpétérienne met en avant le rôle clé de l'entrepreneur
dans l'économie en tant qu'agent de changement et de progrès.
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L'entrepreneur schumpétérien innove et crée de nouvelles opportunités
d'investissement, ce qui contribue à la croissance économique et à la
création de richesse. Cette approche met également en évidence
l'importance de l'environnement dans lequel évolue l'entrepreneur,
comprenant des variables socioculturelles, un réseau personnel et
professionnel, un contexte familial, ainsi qu'un cadre politique et
économique propice à l'entrepreneuriat.
En effet, l'approche schumpétérienne de l'entrepreneuriat met en
lumière le rôle essentiel de l'entrepreneur en tant qu'acteur économique qui
stimule l'innovation, le changement et la croissance économique.
L'entrepreneur schumpétérien est à la fois un créateur de nouvelles
combinaisons de facteurs de production et un moteur du progrès
économique.
Approche processuelle de l'entrepreneuriat
L'approche processuelle de l'entrepreneuriat met l'accent sur la vision
plus large de l'entrepreneuriat en tant que processus d'apprentissage
dynamique et évolutif dans le temps, qui cumule et génère des compétences
individuelles et collectives. Elle reconnaît que la décision de créer une
entreprise ne se fait pas instantanément, mais qu'elle est précédée par des
phases d'intensité croissante et plusieurs étapes avant de passer à l'action
de création.
Les défenseurs de cette approche (Gartner (1990), Shane et
Venkateraman (2000), Reynolds(2000), Bygrave et Hofer (1991)) invitent à
comprendre l'entrepreneur à travers le processus complexe qu'il initie. Un
modèle couramment utilisé est le modèle des "3E" qui met en évidence la
relation entre l'individu et la création de valeur. Ce modèle souligne que
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l'entrepreneuriat se construit progressivement au fil du temps, à mesure que
l'entrepreneur l'initie au sein d'un environnement.
Le modèle de « 3E »: Une dialogique individu-création de valeur
L’approche processuelle de l'entrepreneuriat met en évidence la
nature itérative et progressive du processus entrepreneurial, où
l'apprentissage, l'expérience et l'adaptation constituent les sources du
développement des compétences et de la création de valeur.
Le modèle présenté illustre la relation dialogique entre l'individu
(l'entrepreneur) et la création de valeur à travers ce que l'on pourrait
appeler le "modèle des 3E".
Entrepreneur et ses aspirations (E1) :
Cette dimension met en évidence les motivations, les rêves, les
ambitions et les désirs qui poussent un individu à entreprendre. Ces
aspirations sont souvent le point de départ de tout projet entrepreneurial.
Les aspirations occupent une place centrale dans la détermination de
la direction, de la vision et des objectifs d'une entreprise. Elles influencent la
manière dont l'entrepreneur aborde les défis et saisit les opportunités.
Entrepreneur, les compétences et ses ressources (E2) :
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Cette dimension se concentre sur les compétences, les connaissances,
les aptitudes et les ressources dont dispose l'entrepreneur. Elle englobe tout
ce que l'entrepreneur peut mobiliser pour concrétiser ses aspirations.
Sans les compétences et ressources nécessaires, les aspirations
resteraient de simples rêves. Les compétences permettent à l'entrepreneur
de naviguer à travers les complexités du monde des affaires, tandis que les
ressources lui fournissent les outils et le capital nécessaires pour opérer.
Entrepreneur et les possibilités offertes par l’environnement (E3) :
Cette dimension souligne l'interaction de l'entrepreneur avec son
environnement externe. Elle examine comment l'entrepreneur identifie,
évalue et exploite les opportunités présentes dans son environnement.
L'environnement d'affaires offre à la fois des opportunités et des
défis. Une compréhension approfondie de l'environnement permet à
l'entrepreneur de saisir les bonnes occasions tout en évitant ou en atténuant
les risques.
Au centre de ces trois éléments se trouve l'Acte entrepreneurial, qui
est la concrétisation de ces trois dimensions. C'est le moment où l'aspiration,
armée des compétences et des ressources appropriées, répond aux
opportunités de l'environnement pour créer de la valeur.
En gros, le modèle des "3E" met en lumière la manière dont les aspects
internes (aspirations et compétences) et externes (environnement) se
conjuguent pour donner naissance à une entreprise ou à une initiative
entrepreneuriale. Il souligne l'importance d'une approche équilibrée, où
l'entrepreneur ne se contente pas de rêver, mais possède également les
compétences nécessaires et une compréhension de son environnement
pour réaliser ces rêves.
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Figure. L'équation de la réussite d'un entrepreneur
L'équation ci-dessus est une formule symbolique pour représenter les
facteurs clés de la réussite d'un entrepreneur. Elle relie quatre concepts
centraux : l'Apprentissage (A), la Créativité (Cr), la Pratique (P), et le
Changement (C) :
Apprentissage (A) : Cela représente l'acquisition
continue de nouvelles connaissances et compétences. Pour un
entrepreneur, l'apprentissage est vital car il permet d'adapter et
de développer son entreprise selon les exigences du marché et
les nouvelles technologies.
Créativité (Cr) : La créativité est la capacité à penser
à de nouvelles idées et à résoudre des problèmes de manière
innovante. C'est un atout pour un entrepreneur afin de se
démarquer de la concurrence et d'offrir des solutions uniques et
attractives à ses clients.
Pratique (P) : La pratique fait référence à
l'application régulière et répétée des compétences et des
connaissances. Elle est essentielle pour maîtriser son art et
améliorer ses produits ou services. Pour un entrepreneur, la
pratique est synonyme de persévérance et d'amélioration
continue.
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 18
Changement (C) : Le changement est le résultat ou
l'objectif vers lequel l'entrepreneur travaille. Il peut s'agir de
changement au sein de son entreprise, sur le marché, ou dans la
manière dont les clients perçoivent son produit ou service.
L'équation suggère que la combinaison de l'apprentissage et de la
créativité, multipliée par la pratique, doit être supérieure au changement
visé. Cela implique que pour atteindre le changement désiré (par exemple, le
succès de l'entreprise), il faut une combinaison robuste et efficace
d'apprentissage et de créativité, et que ces éléments doivent être appliqués
et testés dans la pratique, dépassant ainsi l'ampleur du changement
souhaité.
En effet, cette équation peut être vue comme une philosophie de la
croissance et du développement entrepreneurial, où le succès est atteint par
l'éducation continue, l'innovation, et l'exercice pratique, surpassant les défis
et les objectifs fixés.
III. Principaux piliers de l’entrepreneuriat :
Un processus de maturation des idées innovantes structuré en trois
phases distinctes :
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 19
1. Phase 1 : Récolte des idées
Cette phase implique la collecte d'idées à partir de différentes sources.
On voit que les idées peuvent provenir de plusieurs acteurs :
Salariés : via une plateforme participative des salariés, qui
semble être un système interne pour encourager les employés à
partager leurs idées.
Laboratoires de recherche interne ou externe : indiquant une
collaboration avec des institutions de recherche pour
l'innovation.
Partenariats avec des industriels et startups : montrant
l'ouverture vers une collaboration externe avec des entreprises
et des startups pour co-développer des idées.
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 20
Bureaux d'études et veille technologique : suggérant que
l'analyse de marché et les dernières avancées technologiques
sont également prises en compte.
Clients et prospects : indiquant que les retours et besoins des
clients actuels et potentiels sont également une source d'idées
innovantes.
Toutes ces idées sont collectées et discutées au sein d'un Comité
Innovation, qui semble être le groupe chargé de filtrer et d'évaluer les
propositions.
2. Phase 2 : Sélection et approfondissement des idées
Dans cette phase, le comité innovation sélectionne les idées les plus
prometteuses et les développe en projets d'innovation. Cela comprend des
activités telles que :
Prospection : Recherche de nouvelles opportunités de marché
pour les idées sélectionnées.
Développement : Transformation des idées en projets concrets
avec des objectifs définis.
Enjeu : Évaluation des défis associés à chaque idée.
Besoin : Analyse des besoins du marché ou des consommateurs
que l'innovation cherche à satisfaire.
Partenaires : Identification des partenaires potentiels pour le
développement du projet.
Les projets sélectionnés sont alors transmis à un Comité de Pilotage,
qui supervise le développement de l'innovation.
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 21
3. Phase 3 : Construction de l'offre
La dernière phase consiste à construire une offre commerciale autour
du projet d'innovation. Cette étape transforme le projet en un produit ou
service vendable, prêt à être introduit sur le marché.
Chaque phase du processus est visuellement connectée, suggérant un
flux continu et une progression logique du concept initial à la
commercialisation. Les icônes et les couleurs vives sont utilisées pour
faciliter la compréhension et indiquer que l'innovation est un processus
dynamique et interactif impliquant divers acteurs et compétences.
En gros, Le schéma décrit un modèle d'innovation intégré en trois
phases : la récolte des idées, leur sélection et approfondissement, et la
construction de l'offre. La première phase capitalise sur les contributions
diverses, allant des salariés via une plateforme participative à la veille
technologique, en passant par la collaboration avec des laboratoires de
recherche et le feedback de clients. Ces idées sont filtrées par un Comité
Innovation. La phase suivante affine les idées choisies en projets
d'innovation concrets, supervisés par un Comité de Pilotage, qui évalue les
opportunités de marché, les défis, et les partenariats nécessaires.
Finalement, la dernière phase transforme ces projets en offres
commerciales. L'ensemble du processus est représenté comme un flux
dynamique et interactif, soulignant l'importance de la collaboration et de la
progression structurée depuis la genèse de l'idée jusqu'à son lancement sur
le marché.
IV. Étude de marché et analyse de la concurrence
Avant de lancer une activité entrepreneuriale, il est important de bien
comprendre le marché dans lequel on souhaite opérer. L'étude de marché
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 22
permet de recueillir des informations sur le marché cible, les clients
potentiels, les tendances du marché, les concurrents, etc. Cette étape
importante permet de déterminer si le produit ou le service que l'on
souhaite proposer répond à un besoin réel sur le marché, et de prendre des
décisions éclairées quant à la stratégie commerciale à adopter.
L'analyse de la concurrence est également une étape décisive de cette
démarche. Elle permet de comprendre qui sont les concurrents directs et
indirects, leurs forces et leurs faiblesses, leur positionnement sur le marché,
leur stratégie commerciale, etc. Cette analyse aide à identifier les
opportunités et les menaces sur le marché, ainsi qu'à élaborer une stratégie
de différenciation pour se démarquer de la concurrence.
Enfin, l'élaboration d'un business plan ou plan d'affaires est une étape
déterminante pour structurer et formaliser sa stratégie commerciale. Il s’agit
d’un document qui permet de synthétiser les résultats de l'étude de marché
et de l'analyse de la concurrence, ainsi que de définir les objectifs, les
moyens et les ressources nécessaires pour lancer l'entreprise. Il est donc
essentiel de savoir comment élaborer un plan d'affaires efficace pour
convaincre les partenaires financiers et les investisseurs potentiels.
1. Étapes de l'étude de marché
L'étude de marché est une étape décisive dans la création d'une
entreprise, car elle permet de recueillir des informations sur le marché cible,
les clients potentiels, les tendances du marché, les concurrents, etc. Cette
étape permet de déterminer si le produit ou le service que l'on souhaite
proposer répond à un besoin réel sur le marché, et de prendre des décisions
éclairées quant à la stratégie commerciale à adopter.
Les étapes clés de l'étude de marché sont:
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 23
Définir l'objectif de l'étude : avant de commencer l'étude de marché, il
est important de définir clairement les objectifs de cette étude. Il peut s'agir
par exemple de connaître le potentiel de marché pour un produit ou un
service donné, d'identifier les attentes des clients, de comprendre les
tendances du marché, etc.
Déterminer le marché cible : il est important de définir précisément le
marché cible, c'est-à-dire les personnes ou les entreprises susceptibles
d'acheter le produit ou le service proposé. Cette étape permet de mieux
comprendre les besoins, les attentes et les comportements des clients
potentiels.
Collecter les données : il existe différentes sources pour collecter les
données nécessaires à l'étude de marché, telles que les études de marché
déjà réalisées, les données statistiques, les enquêtes auprès des clients, les
entretiens avec des experts du marché, etc.
Analyser les données : une fois les données collectées, il est important
de les analyser pour en tirer des conclusions pertinentes. Il peut s'agir par
exemple d'identifier les tendances du marché, les besoins des clients, les
forces et les faiblesses de la concurrence, etc.
Tirer des conclusions et prendre des décisions : en fonction des
résultats de l'étude de marché, il convient de tirer des conclusions et de
prendre des décisions quant à la stratégie commerciale à adopter. Il peut
s'agir par exemple de déterminer le prix de vente, la stratégie de
distribution, la communication, etc.
En effet, l'étude de marché permet d'acquérir une meilleure
connaissance du marché dans lequel on souhaite opérer, et de prendre des
décisions stratégiques éclairées pour le lancement de l'entreprise.
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 24
2. Techniques d'analyse de la concurrence
L'analyse de la concurrence est une phase essentielle dans l'étude de
marché pour comprendre l'environnement concurrentiel dans lequel
l'activité entrepreneuriale va évoluer. Elle permet d'identifier les concurrents
directs et indirects, leurs forces et leurs faiblesses, leur positionnement sur le
marché, leur stratégie commerciale, etc. Il existe plusieurs techniques
d'analyse de la concurrence, dont voici les principales :
L'analyse SWOT : cette technique permet de dresser un portrait
complet de la situation concurrentielle en identifiant les forces, les
faiblesses, les opportunités et les menaces de l'entreprise et de ses
concurrents. Elle permet également d'évaluer la position de l'entreprise sur
le marché par rapport à ses concurrents.
L'analyse des parts de marché : cette technique consiste à évaluer la
part de marché de chaque concurrent sur le marché cible, ainsi que la part de
marché potentielle pour l'entreprise. Elle permet également de comprendre
les parts de marché par segment de clientèle et par région géographique.
L'analyse du positionnement concurrentiel : cette technique permet
de comprendre la position de chaque concurrent sur le marché, par rapport
à l'offre de produits ou de services, au niveau de la qualité, du prix, de
l'image de marque, etc. Elle permet également de comprendre le
positionnement de l'entreprise sur le marché par rapport à ses concurrents.
L'analyse de la stratégie commerciale : cette technique consiste à
étudier la stratégie commerciale de chaque concurrent, notamment en
termes de prix, de promotion, de distribution, etc. Elle permet également de
comprendre les avantages concurrentiels de chaque entreprise et de
déterminer comment l'entreprise peut se différencier.
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 25
L'analyse des tendances du marché : cette technique consiste à
comprendre les tendances du marché, notamment en termes de croissance,
de taux de pénétration, de niveau de concurrence, etc. Elle permet
également de comprendre les facteurs qui influencent le marché et les
opportunités et menaces potentielles.
En effet, l'analyse de la concurrence permet de mieux comprendre
l'environnement concurrentiel dans lequel l'entreprise va évoluer, et de
déterminer les opportunités et les menaces sur le marché. Elle permet
également de déterminer comment l'activité entrepreneuriale peut se
différencier et élaborer une stratégie commerciale efficace.
3. Élaboration du plan d'affaires
L'élaboration d'un business plan est une étape prépondérante dans la
création d'une activité entrepreneuriale. C'est un document qui permet de
définir la stratégie de l'entreprise, son modèle économique, ses objectifs
financiers et ses projections pour les années à venir. En effet, les principaux
axes qui doivent être inclus dans un business plan sont:
Résumé exécutif : cette section présente les principaux points du
business plan en quelques pages. Elle doit être accrocheuse pour donner
envie de lire la suite du document.
Présentation de l'activité entrepreneuriale: cette section décrit
l'entreprise, ses objectifs, sa mission et sa vision. Elle permet également de
présenter les fondateurs, leur expérience et leurs compétences.
Analyse de marché : cette section décrit le marché cible, les tendances
du marché, les opportunités et les menaces. Elle permet également de
présenter les concurrents et leur positionnement sur le marché.
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 26
Stratégie de l'entreprise : cette section décrit la stratégie de
l'entreprise pour se différencier de ses concurrents. Elle décrit également le
modèle économique de l'entreprise, ses avantages concurrentiels et ses
projections financières.
Plan opérationnel : cette section décrit les activités de l'entreprise, les
processus opérationnels, la structure organisationnelle, les ressources
nécessaires, les partenaires et les fournisseurs.
Plan marketing et ventes : cette section décrit la stratégie de
marketing et de ventes de l'entreprise, y compris les canaux de distribution,
les stratégies de promotion, les objectifs de vente et les prévisions de
revenus.
Analyse financière : cette section présente les projections financières
de l'entreprise pour les trois à cinq prochaines années. Elle inclut un compte
de résultat, un bilan et un tableau de flux de trésorerie.
Risques et opportunités : cette section décrit les principaux risques et
opportunités liés à l'entreprise, ainsi que les plans de contingence pour y
faire face.
En fait, l'élaboration d'un business plan permet de structurer les idées
et de définir une stratégie claire pour l'entreprise. Il permet également de
convaincre les investisseurs et les partenaires potentiels de la viabilité de
l'entreprise et de son potentiel de croissance.
V. Financement de l'entreprise
Le financement est l'un des éléments clés pour la réussite d'une
activité entrepreneuriale. En effet, pour démarrer une entreprise, il faut
souvent des ressources financières importantes, que ce soit pour financer le
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 27
développement d'un produit, l'achat de matériel, la location d'un local, ou
encore pour rémunérer les employés. Dans ce contexte, il est important de
connaître les différentes sources de financement disponibles, ainsi que les
différents types de financement qui existent.
Dans ce cours, nous aborderons également l'importance de
l'élaboration d'un plan de financement pour une entreprise. Un plan de
financement permet de déterminer les besoins en financement de
l'entreprise, d'identifier les sources de financement disponibles, et de définir
le montant de financement nécessaire pour atteindre les objectifs de
l'entreprise. Il permet également de présenter aux investisseurs et aux
banques un projet clair et bien structuré, ce qui facilite l'obtention des fonds
nécessaires pour développer l'entreprise.
1. Sources de financement pour les start-ups
Le financement est l'un des aspects les plus importants de la création
d'une entreprise. Les start-ups ont besoin de fonds pour financer leurs
projets, leurs investissements, et couvrir les dépenses liées à leur
fonctionnement. Les sources de financement disponibles pour financer les
activités entrepreneuriales sont variées et dépendent souvent de leur stade
de développement, de leur secteur d'activité, de leur taille et de leur modèle
d'affaires.
Les sources de financement courantes sont nombreuses dont les
principales sont :
Investisseurs privés : Les investisseurs privés, également appelés
business Angels, sont des personnes fortunées qui investissent dans des
start-ups en échange d'une participation dans le capital de l'entreprise. Les
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 28
investisseurs privés apportent souvent un financement initial et un
accompagnement pour les start-ups.
Fonds de capital-risque : Les fonds de capital-risque sont des fonds
d'investissement qui investissent dans des start-ups en échange d'une
participation dans leur capital. Les fonds de capital-risque ont pour objectif
de financer des entreprises à fort potentiel de croissance et qui ont besoin
d'un financement important pour se développer.
Prêts bancaires : Les prêts bancaires sont des emprunts que les start-
ups contractent auprès des banques. Les prêts bancaires peuvent être
assortis de conditions variées, telles que des garanties ou des taux d'intérêt
élevés, en fonction du risque perçu par la banque.
Subventions gouvernementales : Les gouvernements peuvent offrir
des subventions aux start-ups pour les aider à financer leur développement.
Ces subventions peuvent être destinées à des projets spécifiques, tels que la
recherche et le développement, ou être disponibles pour les entreprises qui
répondent à certaines conditions.
Crowdfunding : Le crowdfunding est une méthode de financement
participatif qui permet aux start-ups de collecter des fonds auprès de
nombreux investisseurs individuels. Le crowdfunding est souvent utilisé pour
financer des projets à impact social ou environnemental.
Dans l’ensemble, les sources de financement pour les start-ups sont
multiples et dépendent souvent de nombreux facteurs. Les start-ups doivent
être en mesure d'identifier les sources de financement qui conviennent le
mieux à leur projet et à leur stade de développement.
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 29
2. Les différents types de financement (capital, dette,
subventions, etc.)
Il existe différents types de financement pour les entreprises, chacun
ayant des avantages et des inconvénients en fonction des besoins de
l'entreprise et des circonstances du marché. Voici un aperçu des différents
types de financement :
Le financement par capitaux propres : Ce type de financement
implique l'investissement de fonds propres dans l'entreprise. Les
investisseurs reçoivent une participation dans l'entreprise en échange de
leur investissement, et peuvent bénéficier d'un retour sur investissement
sous forme de dividendes ou de plus-value à la revente de leur participation.
Le financement par capitaux propres est généralement utilisé pour les
entreprises en phase de démarrage ou de croissance.
Le financement par dette : Le financement par dette implique
l'emprunt de fonds auprès d'une banque ou d'un investisseur. L'emprunteur
rembourse l'emprunt avec des intérêts sur une période déterminée. Le
financement par dette est souvent utilisé pour les entreprises qui ont besoin
de financer des projets à court terme, tels que l'achat de matériel ou le
paiement de factures.
Les subventions : Les subventions sont des fonds octroyés par des
organismes gouvernementaux ou des fondations pour soutenir des projets
spécifiques ou des entreprises qui remplissent certaines conditions. Les
subventions sont souvent utilisées pour financer des projets de recherche et
développement, des projets sociaux ou environnementaux ou pour aider les
entreprises en difficulté.
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 30
Le financement participatif : Le financement participatif ou
crowdfunding implique la collecte de fonds auprès d'un grand nombre de
personnes, généralement via une plateforme en ligne. Les investisseurs
individuels peuvent investir de petites sommes dans un projet ou une
entreprise en échange d'une participation ou d'une récompense.
Les prêts à taux zéro : Les prêts à taux zéro sont des prêts qui ne
comportent pas d'intérêts. Ce type de financement est souvent utilisé pour
soutenir les entreprises en démarrage ou les projets sociaux et
environnementaux.
Chacun de ces types de financement a ses avantages et ses
inconvénients. Le choix du type de financement dépendra des besoins de
l'entreprise, de son stade de développement, de son secteur d'activité et des
conditions du marché. Il est important de prendre en compte tous les
aspects du financement avant de prendre une décision.
3. Comment élaborer un plan de financement
L'élaboration d'un plan de financement est une étape concluante pour
toute entreprise, car cela permet de déterminer les ressources financières
nécessaires pour réaliser les projets de l'entreprise et d'identifier les sources
de financement qui conviennent le mieux.
Les étapes clés pour élaborer un plan de financement :
Évaluez vos besoins financiers : Avant de commencer à chercher des
sources de financement, vous devez évaluer les besoins financiers de votre
entreprise. Identifiez les coûts associés à vos projets et à vos activités
courantes, tels que les salaires, les fournitures, les équipements, les loyers,
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 31
etc. Cette évaluation vous permettra de déterminer le montant de
financement dont vous avez besoin.
Identifiez les sources de financement : Une fois que vous avez
déterminé le montant de financement nécessaire, identifiez les sources de
financement qui conviennent le mieux à votre entreprise. Il peut s'agir de
capitaux propres, de dettes, de subventions ou de financement participatif.
Élaborez un plan de remboursement : Si vous envisagez un
financement par dette, vous devez élaborer un plan de remboursement
détaillé pour montrer comment vous allez rembourser l'emprunt. Assurez-
vous de prendre en compte les flux de trésorerie prévus de l'entreprise et de
planifier en conséquence.
Élaborez un budget : Élaborez un budget détaillé pour montrer
comment vous allez utiliser les fonds de financement. Le budget doit être
précis et réaliste, en prenant en compte les coûts d'exploitation, les
dépenses de projet et les dépenses imprévues.
Préparez une présentation : Une fois que vous avez élaboré votre plan
de financement, préparez une présentation professionnelle pour les
investisseurs potentiels ou les prêteurs. La présentation doit expliquer
clairement les objectifs de votre entreprise, les besoins financiers, les
sources de financement envisagées et les plans de remboursement.
Réévaluez régulièrement votre plan de financement : Le plan de
financement doit être régulièrement réévalué pour s'assurer qu'il est
toujours en phase avec les besoins de l'entreprise et les conditions du
marché.
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 32
En suivant ces étapes, vous pouvez élaborer un plan de financement
solide qui vous permettra de financer vos projets et de faire croître votre
entreprise.
VI. Innovation et croissance
Le développement de nouveaux produits ou services ainsi que
l'adoption de stratégies de croissance adaptées sont des éléments clés pour
assurer la réussite d'une activité entrepreneuriale. L'innovation est un
facteur déterminant pour permettre à une entreprise de rester compétitive
sur le marché. Dans ce plan, nous allons examiner en détail les différentes
étapes pour développer de nouveaux produits ou services, les différentes
stratégies de croissance possibles et les méthodes pour gérer les risques
associés à la croissance de l'entreprise. Nous allons également étudier les
facteurs clés qui influencent la réussite de l'innovation et de la croissance
dans les entreprises.
1. Développement de nouveaux produits ou services :
Le développement de nouveaux produits ou services est essentiel
pour assurer la croissance et la survie d'une entreprise à long terme.
Cependant, la conception et la mise en œuvre de nouveaux produits ou
services nécessitent une planification minutieuse et une compréhension
claire des besoins et des attentes des clients.
Le processus de développement de nouveaux produits ou services
comprend plusieurs étapes telles que la recherche et le développement, la
conception, la validation, la production et le lancement. Les entrepreneurs
doivent également tenir compte de facteurs tels que les coûts, les délais de
commercialisation, les brevets, la concurrence et la satisfaction des clients.
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 33
Pour réussir dans le développement de nouveaux produits ou services,
les entrepreneurs doivent avoir une culture d'innovation forte et encourager
l'esprit d'entreprise et la créativité parmi les employés. Les entrepreneurs
doivent également rester à l'écoute des besoins des clients, adopter une
approche centrée sur le client et utiliser les technologies et les outils de
pointe pour soutenir le processus de développement.
2. Les différentes stratégies de croissance :
Les entrepreneurs doivent adopter différentes stratégies de
croissance pour assurer leur croissance à long terme et leur réussite sur le
marché. Ces stratégies comprennent l'expansion géographique, la
diversification des produits, l'acquisition d'entreprises et la fusion, et
l'innovation de produits ou de services existants.
L'expansion géographique implique l'extension des activités de
l'entreprise dans de nouveaux marchés géographiques. Cela peut se faire par
le biais de l'ouverture de nouveaux magasins, de la création de filiales, ou de
l'entrée dans des marchés internationaux.
La diversification des produits implique le développement de
nouveaux produits ou services pour répondre aux besoins des clients et pour
atteindre de nouveaux marchés. Cette stratégie peut impliquer des
investissements en recherche et développement, la création de partenariats
stratégiques et l'acquisition de nouvelles technologies.
L'acquisition d'entreprises et la fusion sont des stratégies de
croissance qui permettent aux entreprises d'acquérir rapidement de
nouvelles capacités et de nouveaux marchés. Cependant, ces stratégies
comportent également des risques liés à l'intégration des activités et des
cultures d'entreprise.
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 34
Enfin, l'innovation de produits ou de services existants permet aux
entreprises de rester compétitives sur le marché en améliorant leurs
produits ou services existants.
3. La gestion des risques :
La gestion des risques est essentielle pour assurer la croissance et la
pérennité des entreprises. Les risques peuvent être liés à des facteurs
internes tels que la gestion financière, la gestion des ressources humaines et
la conformité réglementaire, ou à des facteurs externes tels que la
concurrence, les changements économiques et les événements imprévus.
La gestion des risques comprend l'identification, l'évaluation, la
priorisation et la mise en œuvre de stratégies pour gérer et atténuer les
risques. Les entreprises doivent également mettre en place des systèmes de
surveillance pour détecter rapidement les risques et y répondre rapidement.
Les stratégies de gestion des risques peuvent inclure la diversification
des activités de l'entreprise, la mise en place de processus de contrôle
qualité, la gestion de la trésorerie, la création de partenariats et l'assurance.
La diversification des activités de l'entreprise peut aider à minimiser les
risques liés à la dépendance vis-à-vis d'un seul marché ou d'un seul produit.
En ayant plusieurs sources de revenus, l'entreprise peut atténuer les impacts
négatifs d'une crise économique ou d'un changement dans la demande du
marché.
La mise en place de processus de contrôle qualité permet de réduire
les risques liés aux défauts de fabrication ou aux erreurs de production, ce
qui peut entraîner des coûts importants en termes de rappels de produits et
de réputation.
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 35
La gestion de la trésorerie est également importante pour minimiser
les risques financiers tels que les difficultés de trésorerie et les défauts de
paiement. En ayant une bonne gestion de la trésorerie, l'entreprise peut
éviter les problèmes de liquidité et maintenir sa solvabilité.
La création de partenariats stratégiques peut aider à minimiser les
risques en partageant les coûts, les ressources et les compétences, et en
répartissant les risques entre les partenaires.
Enfin, l'assurance est un outil important pour couvrir les risques tels
que les dommages matériels, les pertes financières et les responsabilités
civiles. Les entreprises peuvent souscrire différentes polices d'assurance en
fonction de leurs besoins spécifiques.
En résumé, la gestion des risques est essentielle pour assurer la
pérennité d'une entreprise. En mettant en place des stratégies efficaces de
gestion des risques, les entreprises peuvent minimiser les impacts négatifs et
maximiser les opportunités de croissance.
VII. Études de cas et témoignages
Les études de cas et témoignages sont une composante essentielle de
tout cours sur l'entrepreneuriat, car elles permettent aux étudiants de voir
concrètement comment les principes et les stratégies présentés dans le
cours sont appliqués dans la réalité des entreprises.
La présentation de cas concrets d'entreprises permet aux étudiants de
se familiariser avec les défis auxquels les entrepreneurs sont confrontés
dans la vie réelle, tels que la concurrence, les coûts de production, la gestion
de l'équipe, les problèmes de trésorerie, etc. Les étudiants peuvent ainsi
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 36
étudier les différentes étapes de l'entreprise, de sa création à son expansion,
et analyser les choix stratégiques qui ont été faits.
Les témoignages de fondateurs d'entreprises offrent également une
occasion unique d'écouter les entrepreneurs raconter leur histoire, les défis
qu'ils ont surmontés et les réussites qu'ils ont obtenues. Ces témoignages
peuvent inspirer les étudiants et leur donner des idées pour leurs propres
projets d'entreprise.
L'analyse des réussites et des échecs des entreprises présentées
permettra également aux étudiants d'apprendre de leurs erreurs et de leurs
succès, en identifiant les facteurs qui ont contribué à l'un ou l'autre. Les
étudiants pourront ainsi comprendre les différentes variables qui affectent la
réussite des entreprises et les appliquer dans leur propre entreprise.
Généralement, les études de cas et les témoignages permettent aux
étudiants de découvrir des exemples réels d'entreprises qui ont réussi, de
comprendre les défis auxquels les entrepreneurs sont confrontés et de tirer
des leçons pour leur propre entreprise.
A l'échelle internationale, voici quelques exemples de cas d'entreprises
et de témoignages de fondateurs qui pourraient être considérés comme des
réussites dans le monde de l'entrepreneuriat :
Airbnb : La création d'Airbnb par Brian Chesky et Joe Gebbia et
comment ils ont transformé leur idée de location de matelas
pneumatiques en une plateforme de réservation de logements
dans le monde entier.
Tesla : La création de Tesla par Elon Musk et sa vision de rendre
les voitures électriques accessibles et abordables pour tous.
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Uber : La création d'Uber par Travis Kalanick et Garrett Camp et
la façon dont ils ont transformé l'industrie du transport en
proposant une alternative à l'utilisation des taxis traditionnels.
Patagonia : La création de Patagonia par Yvon Chouinard et
l'engagement de l'entreprise en faveur de la durabilité et de la
protection de l'environnement.
Steve Jobs : Le fondateur d'Apple, et son approche innovante de
la création de produits qui ont changé le monde.
Mark Zuckerberg : Le fondateur de Facebook, et son approche
unique pour créer un réseau social mondial.
Oprah Winfrey : La fondatrice d'Oprah Winfrey Network (OWN),
et sa réussite dans la création d'une entreprise multimédia qui
inspire et informe des millions de personnes dans le monde.
A l'échelle nationale, voici quelques exemples de cas d'entreprises
marocaines et de témoignages de fondateurs marocains qui pourraient être
considérés comme des réussites dans le monde de l'entrepreneuriat :
Cas d'entreprise : Hmall.ma Hmall.ma est une plateforme de e-
commerce marocaine fondée en 2019. Elle offre une expérience
d'achat en ligne facile et sécurisée pour les consommateurs au
Maroc. La connaissance de cette entreprise pourrait être
l'occasion de discuter des défis liés au lancement d'une
entreprise dans le domaine de la vente en ligne au Maroc.
Témoignage de fondateur : Hind Haidar, fondatrice de Women
Leaders Hind Haidar est la fondatrice de Women Leaders, une
organisation qui vise à aider les femmes entrepreneures au
Maroc à accéder à des financements et à des ressources pour
lancer et développer leurs entreprises. Elle est une source
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 38
d'inspiration pour les femmes entrepreneures en herbe qui
cherchent à se lancer dans le monde des affaires au Maroc.
Cas d'entreprise : Agritech.ma est une start-up marocaine
spécialisée dans la production de drones pour l'agriculture. Cette
entreprise a créé un drone spécialement conçu pour aider les
agriculteurs à surveiller leurs cultures et à détecter les zones où
les plantes ont besoin de plus d'eau ou de nutriments. La
connaissance de cette entreprise pourrait être l'occasion de
discuter de l'importance de l'innovation dans le secteur agricole
et des défis liés au lancement d'une entreprise dans un domaine
technique.
Témoignage de fondateur : Anass El Hilal, fondateur de Eotim
Anass El Hilal est le fondateur de Eotim, une entreprise
marocaine spécialisée dans le développement de logiciels. Il a
été récompensé pour son travail innovant en matière de
développement de logiciels pour les entreprises marocaines.
Son témoignage pourrait être l'occasion de discuter de
l'importance de l'innovation dans l'industrie du logiciel et des
défis liés à la création d'une entreprise de développement de
logiciels au Maroc.
Cas d'entreprise : Onhys Onhys est une entreprise marocaine
spécialisée dans la production de boissons naturelles et
biologiques. Cette entreprise se concentre sur les ingrédients
naturels, tels que le miel et les plantes médicinales, pour créer
des boissons saines et délicieuses. La connaissance de cette
entreprise pourrait être l'occasion de discuter de l'importance
de la production alimentaire durable et de l'innovation dans le
secteur alimentaire.
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En analysant les réussites et les échecs de ces entreprises et de leurs
fondateurs, les étudiants pourront tirer des leçons précieuses sur la création
et la croissance d'une entreprise réussie.
VIII. Profil entrepreneurial du MAROC
L'entrepreneuriat au Maroc représente une voie cruciale pour le
développement économique, la création d'emplois, et l'innovation. Une
étude approfondie menée conjointement par la Banque africaine de
développement et le ministère de l’Économie et des Finances du Maroc5 met
en lumière le potentiel entrepreneurial significatif du pays, les défis
rencontrés par les entrepreneurs, et les leviers d'action pour stimuler cet
écosystème vital.
1. Potentiel et profil de l'entrepreneuriat marocain
Le Maroc compte 7,4 millions d'individus au sein de son écosystème
entrepreneurial, ce qui représente 25% de la population marocaine âgée de
18 ans et plus. Cette population se divise en 9% d’entrepreneurs établis et 16%
d’entrepreneurs potentiels. Cette distinction importante souligne la volonté
d'entreprendre au Maroc ainsi que l'existence d'un réservoir
d'entrepreneurs potentiels prêts à concrétiser leurs idées.
Cependant, l'entrepreneuriat au Maroc est confronté à plusieurs défis.
Notamment, 57% des entrepreneurs établis le sont par nécessité, souvent à
travers des micros et petites entreprises dans des secteurs à faible
productivité. De plus, 70% des entrepreneurs opèrent au sein de l'informalité,
ce qui pose des défis en termes d'accès aux financements, à la protection
sociale, et à la pérennité des entreprises.
5
Profil Entrepreneurial du Maroc - Note synthétique | Banque africaine de développement (afdb.org)
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L'étude révèle également que 22% des entreprises créées sont dirigées
par des femmes et que 44% des entrepreneurs potentiels sont des femmes,
mettant en avant l'aspiration croissante des femmes marocaines à
l'entrepreneuriat. Par ailleurs, l'entrepreneuriat informel prédominant pose
la question de la formalisation et des obstacles réglementaires, fiscaux et
administratifs rencontrés.
L'entrepreneuriat et les TPME sont identifiés comme des sources
majeures d'emplois. Une projection suggère que si seulement 5% des
entrepreneurs établis et potentiels développent leur entreprise, cela
pourrait générer en moyenne 100 000 emplois par an. Pour capitaliser sur ce
potentiel, l'étude propose cinq piliers stratégiques: Marchés,
Accompagnement, Réglementation, Éducation et Financement (MAREF),
soulignant l'importance d'une approche intégrée et soutenue pour
promouvoir l'entrepreneuriat.
L'entrepreneuriat au Maroc détient un potentiel significatif pour
contribuer à l'économie nationale et à la création d'emplois. Cependant,
pour réaliser pleinement ce potentiel, il est crucial d'adresser les défis
existants à travers des politiques ciblées et des programmes
d'accompagnement efficaces. L'engagement vers la formalisation, le soutien
aux femmes entrepreneurs, l'accès facilité au financement, et une meilleure
intégration dans l'économie formelle sont des étapes clés pour dynamiser
l'écosystème entrepreneurial marocain.
2. Capacités intrinsèques et éducation: Moteurs de l'entrepreneuriat
innovant au Maroc
Le rôle des compétences intrinsèques dans l'activité entrepreneuriale
souligne l'importance de cibler non seulement le niveau d'éducation mais
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aussi le développement des capacités personnelles et professionnelles pour
stimuler l'entrepreneuriat au Maroc. Voici les points clés tirés de votre texte :
Impact de l'éducation sur l'entrepreneuriat:
L'augmentation du niveau d'éducation tend à favoriser l'emploi
salarié formel au détriment de l'activité entrepreneuriale.
Néanmoins, parmi les entrepreneurs potentiels, un niveau
d'éducation élevé est crucial pour le passage de l'idéation à la
création d'une entreprise. Pour les entreprises existantes, le
potentiel de croissance et les chances de formalisation
augmentent avec le niveau d'éducation de l'entrepreneur.
Capacités intrinsèques et entrepreneuriat:
Les motivations psychosociales (accomplissement personnel,
innovation, autonomie, et appétit pour le défi) sont des déterminants
significatifs de l'intention d'entreprendre, notamment parmi les individus
hautement stimulés par ces motivations.
Les aptitudes cognitives (prise de décision, désir d'apprentissage
continu) réduisent la probabilité de s'engager dans l'entrepreneuriat de
subsistance, orientant les individus vers des opportunités plus structurées,
que ce soit en tant que salariés ou entrepreneurs par opportunité.
Les compétences entrepreneuriales acquises via des formations
spécifiques ou des expériences pratiques sont cruciales à tous les stades du
processus entrepreneurial, augmentant significativement la probabilité de
passer à l'acte d'entreprendre, de formaliser l'entreprise, et de réaliser un
potentiel de croissance.
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Les capacités comportementales liées à l'identification d'opportunités
et à la gestion des ressources humaines favorisent fortement
l'entrepreneuriat par opportunité.
Les traits psychologiques (gestion des risques et créativité)
influencent positivement l'intention d'entreprendre et sont associés à la
création d'entreprises formelles à fort potentiel de croissance.
Défis pour les Programmes d'Accompagnement :
Un défi majeur pour les initiatives de soutien à l'entrepreneuriat
est d'adresser efficacement ces aspects variés des compétences
intrinsèques. L'objectif est de concevoir des programmes
capables d'agir sur le niveau d'éducation tout en développant
ces capacités essentielles, pour mieux préparer les
entrepreneurs à réussir dans leurs démarches entrepreneuriales.
Prérequis pour la Réussite des Entreprises: La
viabilité financière et le succès des projets entrepreneuriaux
dépendent d'une évaluation rigoureuse de leur potentiel
économique et de leur capacité à croître, nécessitant un soutien
à la fois technique et financier adapté à leurs besoins
spécifiques.
En effet, ces explications mettent en avant l'importance d'une
approche holistique dans le soutien à l'entrepreneuriat, qui va au-delà de
l'aspect financier pour englober le développement des compétences
intrinsèques. Une telle approche peut contribuer à la création d'entreprises
plus robustes et innovantes, capables de contribuer de manière significative
à l'économie marocaine.
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3. L’effort étatique en faveur de l’entreprenariat :
Le gouvernement marocain a mis en œuvre de nombreuses initiatives
pour stimuler l'entrepreneuriat et soutenir les Très Petites, Petites et
Moyennes Entreprises (TPME) au cours des dernières années. Ces efforts
incluent le renforcement du système national de garantie de financement et
d'appui à l'entrepreneuriat, l'adoption d'une stratégie nationale d'inclusion
financière, une nouvelle charte d'investissement intégrant un dispositif
d'appui aux TPME, et l'intégration d'un pilier dédié à l'entrepreneuriat au
sein du Comité National de l'Environnement des Affaires (CNEA). Des
programmes spécifiques tels que l'INDH, INTELAKA, FORSA, INNOV INVEST,
et ANA MOKAWIL ont été développés pour répondre aux besoins de
différents segments d'entrepreneurs.
Malgré ces initiatives, les programmes d'appui rencontrent des défis
liés au seuil de couverture nécessaire pour générer un impact significatif sur
le développement de l'entrepreneuriat et la création d'emplois. La
soutenabilité des programmes, surtout en termes de mobilisation de
l'investissement privé pour le développement des TPME, reste un défi
majeur. En outre, la sélectivité dans le ciblage des bénéficiaires et
l'adaptation des services d'appui aux besoins spécifiques des entrepreneurs
à différentes étapes de leur cycle de vie constituent un autre défi crucial.
Pour surmonter ces obstacles et améliorer l'efficacité des programmes
d'appui, plusieurs mesures peuvent être envisagées :
Augmentation de la couverture des programmes :
Agrandir la portée des initiatives existantes pour répondre à la
demande élevée des entrepreneurs établis et potentiels. Cela pourrait
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impliquer une augmentation des ressources allouées et l'expansion des
services proposés.
Renforcement de la soutenabilité :
Promouvoir l'investissement privé dans le soutien aux TPME, par le
biais de partenariats public-privé et de mécanismes de financement
innovants qui réduisent la dépendance aux ressources publiques.
Amélioration de la sélectivité :
Mettre en place un système rigoureux d'identification et d'évaluation
des projets pour cibler efficacement les entrepreneurs et entreprises avec un
réel potentiel de croissance. Cela comprend la segmentation des
bénéficiaires en fonction de leurs besoins spécifiques et le développement
de services d'appui personnalisés.
Soutien tout au long du cycle de vie de l'entreprise :
Assurer un accompagnement continu aux entrepreneurs, depuis la
phase de pré-création jusqu'à la post-création, pour les aider à surmonter les
défis rencontrés à chaque étape de développement de leur entreprise.
Suivi et évaluation : Mettre en place un système robuste de suivi et
d'évaluation pour mesurer l'efficacité des programmes d'appui, identifier les
domaines d'amélioration, et ajuster les stratégies en conséquence.
En s'appuyant sur ces mesures, le Maroc peut renforcer son
écosystème entrepreneurial, encourager la création d'emplois durables, et
soutenir le développement des TPME, contribuant ainsi à la croissance
économique du pays.
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4. Stratégie pour dynamiser l'entrepreneuriat au Maroc: Une approche
MAREF
L'entrepreneuriat au Maroc transcende sa dimension économique
pour embrasser une importance sociale profonde, se manifestant à la fois
par son rôle dans la création d'emplois et par le prestige qu'il confère aux
entrepreneurs, ces derniers jouant un rôle clé dans le bien-être de leurs
communautés. Dans un climat favorable, cette étude émerge au moment où
l'entrepreneuriat s'inscrit résolument dans la stratégie du Comité national de
l'environnement des affaires pour 2023-2026, illustré par l'introduction d'un
dispositif dédié aux TPME dans la nouvelle Charte d'investissement. Ce
dispositif s'inscrit dans une vision plus large, préparant le terrain pour un «
Small Business Act » qui prône une approche globale, cohérente et
régionalisée du soutien à l'entrepreneuriat.
Le rapport propose une stratégie intégrée basée sur cinq piliers
fondamentaux - Marchés, Accompagnement, Réglementations, Éducation,
et Financement (MAREF) - pour stimuler l'entrepreneuriat et favoriser le
développement des TPME, ainsi que la création d'emplois durables.
Concernant les marchés, l'objectif est de catalyser le potentiel
entrepreneurial par l'élimination des barrières à la libre concurrence et par la
stimulation d'investissements privés, tant au niveau local que le long des
chaînes de valeur. Sans ces investissements essentiels, la croissance et la
génération d'emplois par les TPME resteront limitées, mettant en péril la
viabilité financière des programmes publics de soutien.
Le volet accompagnement vise à élargir la portée des programmes
existants afin de répondre efficacement à la diversité des besoins
entrepreneuriaux. La mise en place d'un cadre législatif favorable est tout
aussi cruciale pour encourager la création et le développement des TPME, y
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compris leur formalisation et l'accès à la protection sociale pour tous les
travailleurs indépendants.
La réforme du secteur éducatif est indispensable, non seulement à
court terme, pour pallier les lacunes liées au faible niveau d'éducation des
entrepreneurs et au développement des compétences essentielles, mais
aussi à moyen et long terme, pour améliorer globalement le niveau
d'éducation de la main-d'œuvre, y compris les nouveaux entrepreneurs. Ceci
implique de dépasser l'orientation actuelle de la formation professionnelle et
de l'enseignement supérieur, exclusivement axée sur l'emploi salarié, pour
embrasser et encourager l'entrepreneuriat dès les premiers stades de
l'éducation.
Enfin, l'accès au financement, bien qu'il constitue le dernier pilier
abordé, n'en est pas moins fondamental. Toutefois, son efficacité est
conditionnée par la solidité des quatre autres piliers. Les entrepreneurs,
qu'ils soient établis ou en devenir, ne peuvent prospérer sans moyens
financiers adéquats. Les politiques publiques doivent donc reconnaître que
les obstacles financiers résultent souvent d'autres déficiences affectant
l'entrepreneuriat, telles que l'accès limité au marché, le manque
d'accompagnement spécialisé, un cadre réglementaire inadapté, et un
niveau d'éducation insuffisant chez les entrepreneurs. En surmontant ces
obstacles, il deviendra possible de réévaluer et diversifier les options de
financement existantes pour mieux répondre aux besoins variés des
entrepreneurs et des TPME, en favorisant un environnement propice à leur
épanouissement et à leur contribution au tissu économique et social du
Maroc.
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Table. Récapitulatif présentant l'approche stratégique pour dynamiser l'entrepreneuriat et le
développement des TPME au Maroc, basée sur les cinq piliers MAREF :
Pilier Objectifs Actions Clés
Libérer le potentiel - Supprimer les obstacles à la libre
entrepreneurial par l'ouverture concurrence.
Marchés (M)
des marchés et l'encouragement - Mobiliser les investissements privés au
des investissements. niveau local et dans les chaînes de valeur.
- Cibler précisément l'offre de services
Élargir la couverture et l'efficacité d'appui selon les besoins variés des
Accompagnement
des programmes entrepreneurs.
(A)
d'accompagnement existants. - Mettre en place un système de profilage
et d'identification des besoins spécifiques.
- Favoriser la mise en place d'un cadre
Créer un environnement législatif
réglementaire propice aux TPME et à
Réglementations favorable à la création, au
l'intégration du secteur informel.
(R) développement et à la
- Assurer l'extension de la protection
formalisation des TPME.
sociale à tous les travailleurs indépendants.
- Améliorer le niveau d'éducation générale
Réformer le secteur de
et spécialisée.
l'éducation pour développer les
Éducation (E) - Intégrer l'entrepreneuriat dans les
compétences intrinsèques
programmes éducatifs dès le préscolaire.
nécessaires à l'entrepreneuriat.
- Étendre la formation continue aux TPME.
- Diversifier les mécanismes de
financement existants.
Assurer un accès au financement
- Utiliser les ressources publiques pour
Financement (F) adapté et soutenable pour les
lever des financements privés (ex : PPP).
entrepreneurs et les TPME.
- Adapter les solutions financières aux
besoins variés des TPME.
Source : Compilé sur la base du Rapport profil entrepreneurial du MAROC
IX. Conclusion et perspectives
En conclusion, ce cours sur l'entrepreneuriat a permis de découvrir les
différents aspects de la création d'entreprise, depuis l'idée de départ jusqu'à
la gestion quotidienne en passant par les techniques de financement et les
stratégies de croissance. Nous avons vu que l'entrepreneuriat est une voie
exigeante, mais potentiellement très gratifiante pour ceux qui sont prêts à
prendre des risques et à travailler dur pour atteindre leurs objectifs.
Nous avons également constaté l'importance de l'innovation et de la
créativité pour réussir dans le monde des affaires, ainsi que l'importance de
comprendre le marché et la concurrence pour élaborer un plan d'affaires
solide.
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Enfin, nous avons exploré les différentes sources de financement
disponibles pour les start-ups et les techniques pour élaborer un plan de
financement efficace.
Dans l'ensemble, ce cours a été conçu pour fournir une introduction
complète à l'entrepreneuriat et pour préparer les étudiants à relever les
défis de la création d'entreprise. Nous espérons que les connaissances
acquises dans le cadre de ce cours pourront aider les étudiants à réaliser leur
rêve entrepreneurial et à contribuer à l'innovation et à la croissance
économique.
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Bibliographie :
Banque africaine de développement & Ministère de l’Économie et des Finances du Maroc.
(2023, 6 décembre). Profil Entrepreneurial du Maroc.
Baron, R.A. (2006). Opportunity recognition as pattern recognition: How entrepreneurs
"connect the dots" to identify new business opportunities. Academy of Management
Perspectives, 20(1), 104-119.
Blank, S. (2013). The Startup Owner's Manual: The Step-By-Step Guide for Building a Great
Company. Pescadero, CA: K&S Ranch Publishing Division.
Drucker, P.F. (2014). Innovation and Entrepreneurship: Practice and Principles. New York:
HarperCollins Publishers.
Gartner, W.B. (1985). A Conceptual Framework for Describing the Phenomenon of New
Venture Creation. Academy of Management Review, 10(4), 696-706.
Hisrich, R.D., Peters, M.P. & Shepherd, D.A. (2017). Entrepreneurship. New York: McGraw-
Hill Education.
Kuratko, D.F. & Hodgetts, R.M. (2017). Entrepreneurship: Theory, Process, and Practice.
Boston, MA: Cengage Learning.
Sarasvathy, S.D. (2001). Causation and effectuation: Toward a theoretical shift from
economic inevitability to entrepreneurial contingency. Academy of Management Review,
26(2), 243-263.
Shane, S.A. (2017). Entrepreneurial opportunities: The concept and its implementation.
West Sussex, UK: Wiley-Blackwell.
Stevenson, H.H. & Jarillo, J.C. (2007). A paradigm of entrepreneurship: Entrepreneurial
management. Strategic Management Journal, 11(5), 17-27.
Venkataraman, S. (2018). Entrepreneurship as Method: Open Questions for an
Entrepreneurial Future. Journal of Business Venturing, 33(5), 605-616.
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 50
Élaboration d'un Business Plan :
Stratégies clés pour la réussite
Introduction
Dans l'univers entrepreneurial, le business plan est un outil incontournable, servant de
fondation pour toute nouvelle entreprise ou reprise d'activité. Ce document ne se
contente pas de présenter comment structurer un projet entrepreneurial ; il s’agit d’un
guide dans la communication de la vision et dans la persuasion de partenaires clés, tels
que les banquiers et les investisseurs, pour obtenir leur soutien.
Qu’est-ce qu’un business plan ?
Un business plan, également appelé plan d'affaires, est un document exhaustif qui
détaille l'ensemble du projet d'entreprise, ainsi que les perspectives de développement
de l'activité au cours des premières années. Il est essentiel de fournir des détails sur des
éléments tels que le contexte et l'environnement de l'activité, la cible et les besoins
identifiés, la stratégie globale, l'équipe de direction, le mode de financement, le plan
d'évolution et le retour sur investissement attendu.
Meilleur moment pour rédiger un business plan
La rédaction du business plan est une étape essentielle dans la mise en place d'un projet
d'entreprise. Il intervient après l'étude de marché, la définition du business model et la
décision sur la forme juridique de l'entreprise. Le business plan représente la
concrétisation et la synthèse de tout le travail préparatoire réalisé en amont. Il constitue
un document final qui permet de présenter de manière claire et structurée l'ensemble du
projet, ses objectifs, son évolution attendue, ainsi que les différentes composantes telles
que le contexte, les cibles, la stratégie, l'équipe, le financement, le plan d'évolution et le
retour sur investissement. C'est un outil essentiel pour communiquer et convaincre les
partenaires potentiels, tels que les financeurs et les distributeurs, de rejoindre et de
soutenir le projet. De plus, le business plan permet de guider le développement de
l'entreprise en interne et d'ajuster les stratégies en fonction des écarts par rapport aux
prévisions initiales. Il est donc important de consacrer du temps et de l'attention à la
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rédaction du business plan afin de le rendre clair, réaliste, précis et adapté à chaque
interlocuteur.
Business plan vs Business model
Il est essentiel de différencier le business plan du business model. Alors que le business
model se concentre sur la génération de profits et la position de l'entreprise sur le
marché, le business plan présente une stratégie plus globale qui inclut les aspects
financiers et opérationnels. Ces deux éléments sont étroitement liés, le business model
étant intégré dans le business plan.
Cette distinction souligne l'importance de considérer à la fois la génération de revenus et
la mise en œuvre de stratégies financières et opérationnelles pour atteindre les objectifs
de l'entreprise. Il est opportun de développer une stratégie complète qui prend en
compte la manière dont l'entreprise va générer des profits tout en se positionnant
efficacement sur le marché.
En réfléchissant à cette phase, il est important d'évaluer comment le business model et le
business plan s'alignent et se complètent mutuellement. Il convient de se demander
comment la stratégie globale de l'entreprise, y compris les aspects financiers et
opérationnels, soutient la génération de revenus et la réalisation des objectifs fixés. Une
réflexion concise sur phase permettra de renforcer la cohérence et la faisabilité du plan
d'affaires, en veillant à ce qu'il intègre efficacement le modèle économique de
l'entreprise.
Utilité du business plan
Le business plan est un outil de communication essentiel pour convaincre les partenaires
potentiels. Il va au-delà de l'étude de marché et du modèle économique, jouant un rôle
décisif en interne pour guider le développement de l'entreprise et ajuster les stratégies
en fonction des écarts par rapport aux prévisions initiales.
Il est primordial de réfléchir à la manière dont le business plan soutient la communication
avec les partenaires potentiels et guide le développement interne de l'entreprise. Une
réflexion globale dans ce sens permettra de renforcer la cohérence et la faisabilité du
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plan d'affaires, en veillant à ce qu'il intègre efficacement le modèle économique de
l'entreprise.
Conseils pour la réalisation du business plan
Le présent guide donne 10 conseils essentiels pour rédiger un business plan. Ces conseils
couvrent des aspects tels que l'évaluation de l'équipe, une présentation claire et réaliste
de votre service ou produit, l'identification des problèmes potentiels et l'adaptation du
plan en fonction de votre auditoire. En plus de ces conseils, des suggestions sont fournies
pour rédiger et présenter le document afin d'en maximiser l'impact et la clarté.
La question qui se pose est COMMENT
REUSSIR LA CREATION D'UN
BUSINESS PLAN?
Il est d'une grande importance de se poser les bonnes questions sur la réalisation d'un
business plan. Quand faut-il le réaliser ? Comment le réaliser de manière efficace ? Quels
sont les éléments clés à inclure ? Comment convaincre les acteurs impliqués, tels que les
banquiers et les financeurs ? Une réponse claire sur ces points permettra de mieux
comprendre l'importance du business plan et de maximiser ses chances de succès.
A. Qu’est-ce qu’un business plan ?
Le business plan ou "plan d'affaires" est le document qui décrit, lors de la création ou la
reprise d'une entreprise, l'ensemble du projet ainsi que l'évolution prévue de l'entreprise
et de son activité au cours des premières années de son existence.
Dans le business plan, Il s'avère crucial de détailler un certain nombre d'éléments :
Le contexte de l'activité, c'est-à-dire son environnement.
Les cibles et leurs besoins identifiés.
La stratégie globale mise en œuvre.
L'équipe, en particulier les personnes dédiées au management.
Le mode de financement du projet.
Le plan d'évolution prévu.
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Le retour sur investissement attendu.
B. Quand réaliser le business plan ?
Le business plan est l'aboutissement du processus de montage du projet. Il est rédigé
après l'étude de marché, une fois que le business model a été défini et que la forme
juridique de l'entreprise a été choisie. C'est le document qui récapitule et concrétise le
projet.
Quelle est la différence entre le business plan et le business model ?
Le "business model" détaille la façon dont l'entreprise compte générer ses profits,
ainsi que sa position sur le marché, avec ses clients, fournisseurs, partenaires, etc.
Le business plan est un document plus large qui présente la stratégie globale de
l'entreprise (financière et autre) pour les années à venir. Il traduit le business
model en termes de positionnement et d'actions stratégiques.
Le business plan et le business model sont liés : le business model (ou ses principaux
éléments) est repris dans le business plan.
Le business plan est réalisé dans le cadre du processus de création d'un projet
d'entreprise. Il est rédigé après l'étude de marché, une fois que le business model a été
défini et que la forme juridique de l'entreprise a été choisie. Le business plan récapitule et
concrétise le projet en présentant la stratégie globale de l'entreprise pour les années à
venir, tant sur le plan financier que sur d'autres aspects. Il se différencie du business
model, qui détaille comment l'entreprise compte générer des profits et se positionner sur
le marché avec ses clients, fournisseurs et partenaires. Pourtant, le business plan reprend
généralement les principaux éléments du business model.
C. Quelle est l’utilité du business plan ?
Le business plan intervient après l'étude de marché, le business model et l'élaboration de
la stratégie commerciale et opérationnelle.
Néanmoins, le business plan est essentiel pour un projet entrepreneurial car il résume ces
différents éléments et facilite la communication. En effet, il s'agit avant tout d'un outil de
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communication qui peut être indispensable pour convaincre les partenaires potentiels de
rejoindre ou de soutenir le projet : les financeurs, les distributeurs, les partenaires
commerciaux, etc.
En plus de son utilité externe, le business plan permet également en interne de piloter le
développement de l'entreprise et de constater d'éventuels écarts par rapport aux
prévisions initiales.
D. Les 10 conseils pour créer votre business plan
10 conseils aux entrepreneurs pour créer leur business plan :
5. Mettez en avant l'équipe
Il est vital de de mettre en lumière les compétences de l'équipe de direction ainsi que
celles des personnes occupant des postes clés au sein de l'entreprise, telles que leur
connaissance du marché et leur expertise métier. L'objectif est de démontrer la
compétence des individus impliqués dans la réalisation du projet.
NB. N'oubliez pas de mentionner les consultants externes qui ont été consultés pour élaborer le
projet et n'hésitez pas à souligner l'importance de leurs remarques pour enrichir votre projet,
notamment votre modèle économique.
6. Présentez la valeur ajoutée de votre service/produit pour le client
Les clients n'achètent pas simplement un produit ou un service parce qu'il est bon ou
meilleur que les autres. Ils l'achètent avant tout parce qu'il répond à leurs besoins, leur
rend service et leur procure du plaisir.
Dans le business plan, Il est impératif de mettre en évidence la fiabilité de l’étude de
marché (qui peut être annexée au business plan) et les connaissances approfondies des
segments de clients ciblent.
Par conséquent, lors de la lecture d'un business plan, Il est extrêmement important que
cela soit possible de comprendre clairement la pertinence et la solidité de positionnement
sur le marché. Pour cela, Il est incontournable d'analyser en détail les besoins des clients,
d'expliquer comment le produit ou service répond à ces besoins de manière unique et de
démontrer pourquoi l’approche retenue est plus avantageuse que celle des concurrents.
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Une analyse concise permettra de présenter une proposition de valeur convaincante qui
attirera les clients et les incitera à choisir votre entreprise.
7. Faites preuve de réalisme
Lors de la rédaction d’un business plan, il est inévitable de démontrer au lecteur que les
stratégies opérationnelles sont cohérentes avec les attentes du marché cible et le modèle
d'entreprise adopté. Le business plan doit refléter une vision réaliste de la manière dont
l'entrepreneur prévoit de mettre en œuvre son modèle d'entreprise et d'atteindre ses
objectifs.
Il est capital de ne pas surestimer ou sous-estimer délibérément certains paramètres dans
le plan. Une surestimation peut donner l'impression que l’entrepreneur ne prend pas en
compte les risques potentiels ou qu’il manque de compréhension du marché. D'autre
part, une sous-estimation peut remettre en question la crédibilité du plan et susciter des
doutes quant à la capacité à atteindre ses objectifs.
Pour garantir un niveau de réalisme approprié, il est recommandé de s'appuyer sur des
données et des informations fiables, d'effectuer une analyse approfondie du marché
cible, des concurrents et des tendances du secteur. En mettant en évidence les risques
potentiels et en proposant des stratégies d'atténuation, l’entrepreneur renforce la
crédibilité du plan et démontre sa capacité à faire face aux obstacles.
En fin de compte, en faisant preuve de réalisme dans son business plan, l’entrepreneur
doit montrer aux lecteurs qu’il a une compréhension approfondie de son marché, de ses
objectifs et des actions nécessaires pour réussir. Cela renforce la confiance des
partenaires potentiels et augmente les chances de succès de votre entreprise.
8. Mentionnez les difficultés éventuelles
Dans un business plan, il est important de souligner les difficultés potentielles ou les
risques liés au projet. Cela peut inclure des compétences manquantes au sein de l'équipe,
des problèmes de gestion anticipés, ou des défis liés à la relation avec un sous-traitant,
par exemple.
Il convient de rassurer les lecteurs du business plan en démontrant une prise de
conscience claire de ces défis et en expliquant comment l’entrepreneur prévoit de les
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surmonter. En analysant en profondeur ces obstacles potentiels, l’entrepreneur montre
aux investisseurs et aux partenaires qu’il est conscient des risques et qu’il a une stratégie
pour les atténuer ou les surmonter.
9. Présentez les choses simplement mais clairement
Dans une grande majorité des cas, le principal lecteur du business plan est le potentiel
financier du projet. Il est essentiel de prendre en compte le fait que ce lecteur n'est pas
nécessairement un spécialiste du domaine d'activité en question. De plus, il est probable
qu'il ne soit pas le seul projet auquel il pourrait apporter son soutien financier.
C'est pourquoi il est crucial que le business plan soit présenté de manière très claire et
compréhensible dès le début du document. Le lecteur doit être en mesure de saisir
rapidement les informations suivantes :
Qui vous êtes : Présentez votre identité et votre parcours, mettez en valeur vos
compétences et votre expertise dans le domaine de votre projet.
Pourquoi vous vous lancez dans ce projet : Expliquez vos objectifs et ambitions,
démontrez votre passion et votre motivation pour ce projet spécifique.
Si vous pourrez vivre avec votre projet et lui permettre un bon retour sur
investissement : Mettez en évidence la viabilité financière de votre projet, en
soulignant les opportunités de croissance et de rentabilité, ainsi que les mesures
prises pour minimiser les risques.
En développant davantage l'analyse et en fournissant des informations claires et
convaincantes, vous augmentez les chances d'obtenir le soutien financier nécessaire pour
la réalisation de votre projet.
10. Soyez synthétique, mais développez l'analyse
Pour que votre business plan soit efficace, il est important de trouver le bon équilibre
entre concision et développement de l'analyse. Bien que la synthèse soit essentielle pour
captiver l'attention des lecteurs, il est tout aussi capital de fournir une analyse complète
pour étayer vos arguments.
Lorsque vous présentez des informations clés, assurez-vous de les développer toute en
expliquant le contexte et les raisons qui les rendent pertinentes pour votre projet. Par
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exemple, si vous mentionnez des données financières, prenez le temps d'expliquer
comment vous les avez calculées et justifiées. Cela permettra aux lecteurs de mieux
comprendre vos projections et de les considérer avec confiance.
De plus, lorsque vous abordez des aspects tels que votre proposition de valeur, votre
marché cible ou vos stratégies opérationnelles, veillez à fournir des informations
détaillées et des exemples concrets. Montrez comment votre produit ou service répond
aux besoins des clients de manière unique et en quoi votre approche se distingue de celle
de vos concurrents.
En développant davantage l'analyse et en fournissant des explications claires, vous
renforcez la crédibilité de votre business plan et donnez aux lecteurs une vision plus
complète de votre projet. Cela les aidera à évaluer sa viabilité et à prendre une décision
éclairée quant à leur soutien financier.
11. Expliquer et justifier les données chiffrées
Il est essentiellement nécessaire de fournir des explications et des justifications pour
toutes les données chiffrées mentionnées dans vos prévisions financières. Cela renforce
la crédibilité de votre business plan et montre que vous avez effectué une analyse
approfondie et basé vos chiffres sur des données fiables.
Par exemple, lors de l'évaluation du nombre de clients potentiels, il est important de se
baser sur des données provenant de sources fiables, telles qu'une étude de marché
complète ou une enquête de terrain approfondie. Ces informations permettent de
démontrer que vous avez une connaissance précise du marché cible et que vos
estimations sont réalistes.
De même, lors de la projection des revenus et des dépenses, il est essentiel d'expliquer
les hypothèses et les facteurs pris en compte. Par exemple, si vous prévoyez une
augmentation des ventes, vous devez expliquer les raisons qui sous-tendent cette
prévision, telles que le lancement de nouvelles stratégies marketing ou l'expansion vers
de nouveaux marchés.
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En développant davantage l'analyse derrière les chiffres et en fournissant des
explications claires et convaincantes, vous renforcez la confiance des lecteurs dans la
faisabilité de votre projet et augmentez les chances d'obtenir leur soutien financier.
12. Ne négligez pas la présentation de votre document
Le business plan doit refléter votre projet, à ce titre il se doit d'être clair, lisible, ordonné
et cohérent, tant sur le fond que sur la forme. Pour cela, il est conseillé de développer
l'analyse en fournissant des informations détaillées et pertinentes pour chaque section.
Lors de la rédaction, veillez à structurer votre document avec des chapitres, des titres et
des intertitres clairs. Utilisez des paragraphes pour organiser vos idées et assurez-vous de
la cohérence logique de votre argumentation.
N'hésitez pas à fournir des exemples concrets, des chiffres et des données pour étayer
vos propos et renforcer la crédibilité de votre analyse. Cela permettra aux lecteurs de
mieux comprendre votre projet et de se faire une idée précise de sa viabilité.
Pour rendre votre business plan plus agréable à lire, vous pouvez également inclure des
annexes, des schémas ou des graphiques pertinents. Cela facilitera la compréhension des
informations clés et permettra aux lecteurs de visualiser plus facilement les concepts
expliqués.
Enfin, il est recommandé de faire relire votre business plan à des personnes extérieures à
votre projet. Leurs commentaires et suggestions peuvent vous aider à améliorer la clarté
et la cohérence de votre document.
Une synthèse d'une ou deux pages peut également être ajoutée à la fin du business plan
pour récapituler les points clés et mettre en évidence les principaux arguments en faveur
de votre projet.
En développant l'analyse et en présentant votre business plan de manière claire et
détaillée, vous augmentez vos chances de convaincre les partenaires potentiels et de
réussir la réalisation de votre projet.
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13. Rédigez une synthèse
Vos lecteurs ne sont pas toujours des spécialistes de votre domaine d'activité, et il est
possible qu'ils aient d'autres projets auxquels ils doivent consacrer leur temps.
Cependant, il est essentiel de leur fournir une synthèse claire et détaillée de votre
business plan.
Lors de la rédaction de la synthèse, il est important de développer l'analyse pour donner
aux lecteurs une compréhension approfondie de votre projet. Mettez en évidence les
principaux points, tels que la nature de votre produit ou service, votre marché cible, votre
modèle économique et vos objectifs financiers.
Expliquez en détail pourquoi votre produit ou service est unique et en quoi il répond aux
besoins de vos clients. Présentez les avantages concurrentiels que vous avez par rapport
aux autres acteurs du marché et expliquez comment vous prévoyez de vous positionner
de manière avantageuse.
De plus, détaillez votre stratégie de croissance et de rentabilité, en mettant en évidence
les opportunités de développement et les mesures prises pour minimiser les risques.
Présentez également votre équipe de direction et mettez en valeur les compétences et
l'expérience clés qui contribueront au succès de votre entreprise.
En développant l'analyse dans votre synthèse, vous montrez aux lecteurs que vous avez
une compréhension approfondie de votre marché, de vos concurrents et des facteurs clés
de succès de votre projet. Cela renforce la crédibilité de votre business plan et augmente
les chances de convaincre les partenaires potentiels de rejoindre et de soutenir votre
entreprise.
14. Adaptez votre business plan en fonction de votre interlocuteur
Le business plan n'est pas un document figé ! En réalité, il serait plus approprié de parler
de "business plans" au pluriel pour une entreprise.
En effet, le business plan est présenté ou transmis à des acteurs très différents, qui n'ont
pas les mêmes préoccupations. Un banquier, par exemple, sera particulièrement attentif
aux données chiffrées telles que le besoin en fonds de roulement, la durée prévue du
remboursement, le montant de l'emprunt demandé et les garanties proposées. Un
Pr. ICHOU Mohammed Adil Page 60
investisseur, quant à lui, portera davantage son attention sur le résultat net ou le seuil de
rentabilité, tandis qu'un distributeur sera plus intéressé par les volumes de vente.
Il est donc primordial de prévoir l'établissement de plusieurs versions du business plan,
adaptées à chacun de vos différents interlocuteurs. Cette approche vous permettra de
développer davantage l'analyse et de répondre spécifiquement aux attentes de chaque
partie prenante. Par exemple, vous pourrez mettre en avant les aspects financiers pour
un banquier, souligner les opportunités de rentabilité pour un investisseur, et mettre
l'accent sur les volumes de vente et la capacité de distribution pour un distributeur.
En adaptant votre business plan à chaque interlocuteur, vous augmenterez
considérablement vos chances de succès en communiquant de manière ciblée et
persuasive. Cela démontrera votre compréhension des enjeux spécifiques de chaque
acteur et renforcera votre crédibilité en tant qu'entrepreneur préparé et attentif aux
besoins et aux attentes de ses partenaires potentiels.
E. Business plan : comment le rédiger ?
Le business plan peut être rédigé de différentes manières, que ce soit par l'entrepreneur
lui-même ou avec l'aide de professionnels et/ou d'outils dédiés. Voici les modalités
généralement utilisées :
L'entrepreneur peut le rédiger de manière totalement autonome, en se basant sur
ses connaissances et son expérience dans le domaine de son projet. Cela lui
permet d'avoir une vision complète et détaillée de son entreprise et des
différentes composantes de son plan d'affaires.
L'entrepreneur peut également rédiger le business plan seul, mais solliciter
l'assistance d'un expert-comptable. Ce professionnel a généralement l'habitude
de ce genre de document et peut apporter son expertise pour enrichir le contenu
et assurer la cohérence du plan. L'expert-comptable peut notamment apporter
des conseils sur les aspects financiers du plan, tels que les prévisions de revenus et
de dépenses, ainsi que sur les aspects juridiques et fiscaux.
Il existe également des logiciels dédiés aux business plans, dont certains sont
gratuits et utilisables en ligne. Ces outils permettent à l'entrepreneur de suivre une
structure prédéfinie et de remplir les différentes sections du plan avec les
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informations nécessaires. Cependant, il est important de noter que l'utilisation de
ces logiciels ne dispense pas de la réflexion et de l'analyse approfondie pour
rédiger un plan d'affaires solide et convaincant.
L'entrepreneur peut faire appel à un professionnel spécialisé dans la réalisation
des business plans. Ce spécialiste dispose de l'expertise et de l'expérience
nécessaires pour guider l'entrepreneur dans la rédaction de son plan, en lui posant
les bonnes questions et en l'aidant à structurer ses idées. Cela permet d'obtenir un
plan d'affaires de qualité, qui met en valeur les atouts du projet et répond aux
attentes des partenaires potentiels.
Quelle que soit la méthode choisie, il est essentiel de prendre le temps de développer
l'analyse et d'apporter des informations claires et convaincantes. Un business plan bien
rédigé est un outil précieux pour convaincre les partenaires potentiels de rejoindre et de
soutenir le projet, en mettant en évidence sa viabilité financière, son positionnement sur
le marché et sa stratégie de croissance.
F. L’architecture d’un Business Plan
1. Résumé Exécutif
Objectif : Présenter l'essence du projet de manière concise.
Contenu :
Nom et localisation du café.
Concept unique de combinaison café et bibliothèque.
Identification du public cible.
Stratégie de lancement et de promotion.
2. Analyse de Marché
Objectif : Comprendre et démontrer la viabilité du marché.
Contenu :
Analyse des tendances actuelles favorables.
Étude de la concurrence et de leurs offres.
Positionnement distinctif de "Lire & Savourer" sur le marché.
3. Plan de Produits et Services
Objectif : Détail des offres du café.
Contenu :
Description des produits (cafés, thés, pâtisseries) et des livres disponibles.
Services additionnels comme les événements et clubs de lecture.
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4. Stratégie Marketing et Ventes
Objectif : Établir les moyens d'attirer et de fidéliser la clientèle.
Contenu :
Canaux de publicité envisagés (réseaux sociaux, flyers).
Initiatives promotionnelles (réductions, offres spéciales).
Stratégies de vente en magasin et en ligne.
5. Plan Opérationnel
Objectif : Décrire la logistique quotidienne et les préparatifs nécessaires.
Contenu :
Choix de l'emplacement et aménagement du local.
Horaires d'ouverture.
Sélection des fournisseurs et gestion des stocks.
6. Structure Organisationnelle
Objectif : Présenter la composition et la gestion de l'équipe.
Contenu :
Description des rôles clés (propriétaire, baristas, gestionnaire de librairie).
Structure de l'équipe et responsabilités.
7. Plan Financier
Objectif : Fournir une projection financière du projet.
Contenu :
Estimation des coûts de démarrage.
Présentation du modèle de revenus.
Prévisions de rentabilité et point mort estimé.
8. Annexes
Objectif : Offrir des informations supplémentaires pour approfondir la compréhension du
projet.
Contenu :
Études de marché approfondies.
Profils professionnels de l'équipe.
Visuels du design intérieur.
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Exemple de Business Plan : Café-
Bibliothèque "Lire & Savourer"
Logo :
1. Résumé Exécutif
- Nom de l'entreprise : Lire & Savourer
- Localisation : Centre-ville de Khénifra
- Concept : Un café combinant une bibliothèque, offrant une expérience unique de
lecture et de détente.
- Objectif : Créer un espace convivial où les clients peuvent se détendre, lire et apprécier
une sélection de cafés et de pâtisseries.
- Public cible : Étudiants, professionnels, passionnés de lecture.
- Stratégie de lancement : Campagnes sur les réseaux sociaux, partenariats avec des
librairies locales, événements de lecture.
2. Analyse de Marché
- Tendance du marché : Croissance de l'intérêt pour les espaces de détente combinés à
des activités culturelles.
- Concurrence : Cafés locaux, librairies, espaces de coworking.
- Positionnement : Lire & Savourer se distingue par son ambiance unique et sa
combinaison de services.
3. Plan de Produits et Services
- Offre principale : Large gamme de cafés, thés, pâtisseries, livres disponibles à la vente
ou en lecture sur place.
- Services supplémentaires : Événements de lecture, clubs de lecture, Wi-Fi gratuit.
4. Stratégie Marketing et Ventes
- Publicité : Réseaux sociaux, flyers, collaborations avec des événements culturels
locaux.
- Promotions : Réductions pour les étudiants, offres spéciales pour les groupes de
lecture.
- Vente : Vente directe au café, vente en ligne des livres.
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5. Plan Opérationnel
- Emplacement : Local de 100m² dans le centre-ville.
- Heures d'ouverture : 8h - 20h du lundi au samedi.
- Fournisseurs : Partenariats avec des torréfacteurs locaux, boulangeries, libraires.
6. Structure Organisationnelle
- Propriétaire : [Nom]
- Personnel : 2 baristas, 1 gestionnaire de librairie, 1 aide-cuisine.
7. Plan Financier
- Coûts de démarrage : Rénovation du local, achat de mobilier, stock initial.
- Modèle de revenu : Ventes de boissons, pâtisseries, livres, événements spéciaux.
- Prévisions financières : Point mort estimé en 12 mois.
8. Annexes
- Études de marché détaillées.
- CV des membres clés de l'équipe.
- Esquisses de design intérieur du café.
Encadré sur l’étude de marché :
L'étude de marché est une phase concluante pour tout business plan, y compris pour un
projet comme le café-bibliothèque "Lire & Savourer". Ci-dessous une approche structurée
pour mener à bien cette étape :
1. Définir les Objectifs de l'Étude
- Identifier le public cible (âge, profession, intérêts, habitudes de
consommation).
- Comprendre le marché local (taille, tendances, préférences).
- Analyser la concurrence (autres cafés, librairies, espaces culturels).
2. Collecte de Données
- Recherche Secondaire : Utiliser des sources existantes (études de marché,
rapports d'industrie, articles, données démographiques).
- Recherche Primaire : Mener des enquêtes, interviews, groupes de
discussion avec des consommateurs potentiels.
3. Analyse de la Concurrence
- Identifier les principaux concurrents dans la zone.
- Évaluer leurs forces, faiblesses, offres, stratégies de prix.
- Visiter leurs établissements pour comprendre l'expérience client offerte.
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4. Segmentation du Marché
- Diviser le marché en groupes distincts (étudiants, professionnels, amateurs
de livres).
- Identifier les besoins et préférences spécifiques de chaque segment.
5. Évaluation de la Demande
- Estimer la demande potentielle pour les produits et services offerts.
- Analyser les tendances de consommation (par exemple, l'intérêt croissant
pour les espaces de coworking combinés à des cafés).
6. Positionnement
- Déterminer comment "Lire & Savourer" se différenciera (offre unique,
ambiance, services supplémentaires).
- Élaborer un message de marque qui résonne avec le public cible.
7. Analyse SWOT
- Identifier les forces, faiblesses, opportunités et menaces liées au projet.
8. Validation du Concept
- Organiser un événement test ou une version bêta du concept pour
recueillir des retours directs.
- Ajuster le concept en fonction des retours.
Conseils et Techniques
Utilisez des outils en ligne pour les sondages et questionnaires (comme
SurveyMonkey, Google Forms).
Analysez les données démographiques et économiques locales disponibles
via les institutions publiques ou les chambres de commerce.
Soyez ouvert aux feedbacks et prêt à adapter votre concept en fonction
des résultats de l'étude de marché.
En suivant cette démarche, vous pouvez obtenir une compréhension approfondie du
marché et positionner efficacement votre café-bibliothèque pour répondre aux besoins
et attentes de vos clients potenti
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