ACTUARIAT
mathématiques financières et tables de mortalité
Pr SKALLI L.
Rappels de mathématiques financières
Annuités, rentes
Probabilités de survie et de décès
Les tables de mortalité
Rappels de mathématiques financières
Taux d’intérêt simple
• Intérêt annuel i, d : unités de temps, C : capital placé au taux i
Alors l’intérêt versé est de : 𝐶 × 𝑑 × 𝑖
𝑚 𝑗
Exemples : 𝐶 × × i ou C × ×i
12 365
Et la valeur acquise du capital après placement de celui-ci sur une
durée d≤ 1 an :
𝑉𝑎𝑐𝑞 = 𝐶 + 𝐶di = C. (1 + di)
Intérêts composés
• Intérêts composés ou capitalisés
L’investisseur replace les intérêts versés annuellement, au même taux
initial, et ce, pendant n années :
𝑉𝑎𝑐𝑞 = 𝐶 × 1 + 𝑖 𝑛
𝑛
Et les intérêts totaux versés : 𝐶 × 1 + 𝑖 −1
Intérêts équivalents
• Définition : Deux taux d’intérêt, portant sur des périodes différentes
sont dits équivalents lorsqu’en étant appliqués à un capital identique,
pendant la même période, ils produisent le même intérêt final. Le
taux d’intérêt équivalent inclut la capitalisation et le réinvestissement
des intérêts composés
Soit i le taux d’intérêt annuel
Soit ik le taux d’intérêt infra-annuel et k le nombre de périodes infra-
annuelles ou fractions d’années (exemple: i2, taux d’intérêt semestriel)
i et ik sont équivalents ⇔ C(1+i) = C(1+ik)k
⇔ ik = (1+i)1/k -1
On montre que : i>kik
Valeur acquise, valeur actuelle
• définitions
la valeur acquise est la somme reçue à la fin d'une période de
placement : le capital initial C0 majoré des intérêts. Elle résulte d’une
opération de capitalisation
𝐶𝑛 = 𝐶0 × 1 + 𝑖 𝑛
la valeur actuelle est la valeur d'un capital futur à l'instant présent, c’est
donc la valeur aujourd’hui du capital actualisé au taux d’intérêt. Elle
résulte d’une opération d’actualisation
𝐶0 = 𝐶𝑛 × 1 + 𝑖 −𝑛
Capitaux équivalents
• Capitaux équivalents :
C’ C’’
0 p n m
Si on actualise C’ et C’’ d’échéances respectives n et m, leurs valeurs
actuelles sont égales C’(1+i)-n = C’’(1+i)-m
C’ et C’’ sont des capitaux équivalents au taux i.
Cette équivalence se conserve dans le temps pour le même taux. On a
ainsi : C’(1+i)-(n-p) = C’’(1+i)-(m-p)
Annuités, rentes
Définitions
• On appelle annuité une suite de règlements effectuée à intervalle de temps
égaux (=période). On dit que cette suite de règlements constitue une rente
pour celle ou celui qui en est le bénéficiaire.
• On appelle suite d’annuités une succession de versements, pour créer (en
assurance par exemple) ou rembourser un capital (dans le cadre d’un
emprunt)
• Une suite d’annuités est caractérisée par quatre éléments :
– Sa périodicité ;
– Le nombre de versements ;
– Le montant de chaque versement ;
– La date de chaque versement.
Périodicité d’une suite d’annuités. La période d’une suite
d’annuités est l’intervalle de temps qui sépare deux versements
consécutifs. La suite d’annuités est certaine si la période est
constante, c’est-à-dire si le temps qui sépare deux versements est
toujours le même. Lorsque la période est le mois, on parlera de
mensualité.
Le nombre de versements d’une suite d’annuités peut-être :
– Fini à échéance connue d’avance : la suite d’annuités est alors
temporaire ;
– Fini à échéance non connue d’avance : la suite d’annuités est alors
viagère ;
– Infini : la suite d’annuités est alors perpétuelle.
Le montant de chaque versement s’appelle le terme. Si les termes sont
égaux, c’est-à-dire si tous les versements sont de même montant, la
suite d’annuités est dite constante. Une suite d’annuités qui n’est pas
constante est dite variable
Dates des versements d’une suite d’annuités.
Si les versements débutent après la date d’origine, la suite d’annuités
est dite différée. Si les versements débutent dès la première période, la
suite d’annuités est dite immédiate.
Si les versements sont effectués en début de période, la suite
d’annuités est dite à terme à échoir ou payable d’avance. Si les
versements sont effectués en fin de période, la suite d’annuités est dite
à terme échu.
Valeur acquise d’une suite d’annuités à terme échu
• Calcul de la valeur acquise d’une suite d’annuités constantes a à terme échu
Annuités Périodes à couvrir Valeur acquise
1 n-1 a(1+i)n-1
2 n-2 a(1+i)n-2
… …. ….
n 0 a
𝑛−1 1+𝑖 𝑛 −1
𝑉𝑎𝑐𝑞 = 𝑎 1 + 1 + 𝑖 + ⋯ + 1 + 𝑖 =𝑎 𝑖
Ce qui nous permet de définir la valeur acquise par une suite d’annuités constantes
de 1 DH à terme échu :
1+𝑖 𝑛 −1
𝑠𝑛| = 𝑖
Valeur actuelle d’une suite d’annuités à terme échu
• Calcul de la valeur actuelle d’une suite d’annuités constantes a à terme échu
Annuités Périodes à couvrir Valeur acquise
1 1 a(1+i)-1
2 2 a(1+i)-2
… …. ….
n n a(1+i)-n
−𝑛 𝑛−1 −𝑛 1+𝑖 𝑛 −1 1− 1+𝑖 −𝑛
𝑉0 = 𝑎 1 + 𝑖 1 + 1 +𝑖 + ⋯+ 1 + 𝑖 =𝑎 1+𝑖 =𝑎
𝑖 𝑖
Ce qui nous permet de définir la valeur actuelle d’une suite d’annuités constantes
de 1 DH à terme échu :
1− 1+𝑖 −𝑛
𝑎𝑛| = 𝑖
Valeurs acquise et actuelle d’une suite
d’annuités payables d’avance
On montre que :
• 𝑠ሷ 𝑛| = (1+i). 𝑠𝑛|
Et
• 𝑎ሷ 𝑛| = (1+i). 𝑎𝑛|
Annuité fractionnée
• Avec k entier, des versements de a/k sont effectués au terme de
chaque kième fraction d’année.
a/k a/k a/k a/k
0 1/k 2/k 1
Soit ik, le taux d’intérêt équivalent à i appliqué sur chaque kième
d’année, de longueur 1/k,
𝑎 1− 1+𝑖𝑘 −𝑛𝑘 𝑎 1− 1+𝑖 −𝑘
On a donc : V0 = × et V0 = × d’où :
𝑘 𝑖𝑘 𝑘 𝑖𝑘
𝑖
V0 = × 𝑎 × 𝑎𝑛|
𝑘.𝑖𝑘
𝑖
on note 𝑔𝑘 = <1 𝑎(𝑘) = 𝑔𝑘 𝑎𝑛|
𝑘𝑖𝑘
Probabilités de survie et de décès
Définitions
On définit la variable aléatoire 𝑁𝑥 , durée de vie restante d’un individu
d’âge x.
Celle-ci dépend de plusieurs facteurs :
• généraux : l’âge, le sexe, la profession, le pays
• spécifiques à l’assurance : antisélection des assurés ou des rentiers,
tant pour les garanties en cas de vie que pour les garanties en cas de
décès.
Probabilité de survie
Probabilité de survie au delà d’une période de durée n :
𝑃 𝑁𝑥 > 𝑛 = 𝑛𝑎𝑝𝑥
Propriétés de la fonction 𝑛𝑎𝑝𝑥 :
• 𝑎0𝑝𝑥 = 1
• ∋ 𝜔/ 𝑤−𝑥𝑎𝑝𝑥 =0 on suppose que w=106 ans
• Fonction décroissante
Probabilité de décès
• Probabilité de décès au cours d’une période comprise entre n et n+m
𝑎
𝑃 𝑛 < 𝑁𝑥 < 𝑛 + 𝑚 = 𝑛|𝑚𝑞𝑥
x x+n x+n+m
0 n n+m
Si m=1, on note 𝑛𝑎𝑞𝑥
Si n=0 et m=1, on note 𝑞𝑥
Probabilités de survie et de décès : lien et
propriétés
𝑎
• 𝑛|𝑚 𝑞𝑥 = 𝑛𝑎𝑝𝑥 − 𝑛+𝑚𝑎𝑝𝑥
𝑎
En particulier : 0|𝑛𝑞𝑥 = 1 − 𝑛𝑎𝑝𝑥
• Probabilités composées :
𝑎
𝑛+𝑚𝑝𝑥 = 𝑛𝑎𝑝𝑥 × 𝑚𝑎𝑝𝑥+𝑛
Détermination des probabilités à l’aide des lx
𝑎
On définit𝑎 la variable
𝑎
indicatrice X(n), d’espérance E(X(n)) = 𝑛 𝑝𝑥 et de variance
V(X(n)) = 𝑛𝑝𝑥 × 0|𝑛𝑞𝑥 , dont la valeur est 1 si l’individu d’âge x est en vie à
l’instant n, et 0 sinon.
On considère lx le nombre (certain) d’individus vivants indépendants de même
âge x
• Au bout de n années, le nombre de survivants (variable binomiale pouvant être
approximée par une loi normale) est :
𝐿𝑥+𝑛 = 𝑋1 𝑛 + ⋯ + 𝑋𝑙𝑥 (𝑛)
• En espérance : 𝐸 𝐿𝑥+𝑛 = 𝑙𝑥 × 𝑛𝑎𝑝𝑥
𝑎 𝑙𝑥+𝑛 𝑎 𝑙𝑥 − 𝑙𝑥+𝑛
• Et donc : 𝑛 𝑝𝑥 = 𝑙 et 0|𝑛𝑞𝑥 = 𝑙𝑥
𝑥
Les tables de mortalité
Les tables de mortalité- généralités
La table de mortalité, fruit d’une étude statistique, donne, pour tous les âges, le nombre
de survivants dans un groupe fermé : les lx.
Elle permet donc de calculer les probabilités de survie et de décès définies plus haut, et
en particulier de déterminer pour chaque âge l’espérance de vie
Elle peut être établie sur toute la population ou sur un segment, suivant des variables
influençant de manière significative le risque de décès (Homme/Femme, Fumeur/Non
Fumeur, type de contrat, niveau de vie, profession tables professionnelles )
La connaissance de la table de mortalité d’une population permet de modéliser de
manière fine son évolution démographique probable, pour tenir compte de l’amélioration
de la durée de vie : tables prospectives par génération (pour le calcul des rentes viagères
en France) ou tables d’expérience certifiées. Ce sont des tables bidimensionnelles : deux
variables expliquent le décès, à la fois l’âge de l’assuré mais aussi le temps. Elles ne sont
donc pas statiques comme les précédentes. Les probabilités de survenance du risque de
mortalité intègrent les évolutions potentielles de la mortalité avec le temps (recul de la
mortalité, phénomène de longévité).
C’est sur cette base que sont calculés les engagements liés à la durée de la vie :
prévoyance, retraite, etc.
Les tables de mortalité- réglementation
S’agissant de la réglementation marocaine, aucune contrainte légale n’est opposable aux
entreprises d’assurance quant au choix de la table de mortalité lors de la
tarification du risque de vie. De ce fait, l’entreprise d’assurance peut soit, opter pour
une table d’expérience établie sur la base de sa propre population assurée ou la
population du secteur, soit adopter une table de mortalité d’un Etat étranger.
Dans la pratique, les compagnies d’assurances marocaines utilisent, pour la
tarification des produits d’assurance-vie, les mêmes tables de mortalité appliquées pour
le calcul de la provision mathématique à savoir la TV 88-90 pour les assurances en cas
de vie et TD 88-90 pour les assurances en cas de décès (Art 15 de l’arrêté du ministre
des finances et de la privatisation n° 1548-05 du 10 octobre 2005 relatif aux entreprises
d’assurances et de réassurance).
Espérance de vie ou vie moyenne
On calcule le nombre d’années moyen que vivra chaque tête d’une population de
même âge :
à t=0 : lx ; à t=1 : lx+1; ….
Le nombre d’années vécues par le groupe d’âge x est donc σ𝑤−𝑥
𝑛=0 𝑙𝑥+𝑛
Mais en considérant que les individus ne meurent pas tous le 31 décembre, que
les décès étant répartis de façon homogène sur l’année ils meurent en moyenne
en milieu d’année, ce nombre devient : 𝑤−𝑥
1
𝑙𝑥 + 𝑙𝑥+𝑛
2
𝑛=1
Et donc la durée de vie moyenne de chaque individu d’âge x est :
1 σ𝑤−𝑥
𝑖=1 𝑙𝑥+𝑖
𝑒𝑥 = +
2 𝑙𝑥
Espérance de vie ou vie moyenne
Cette fois, on considère la variable aléatoire 𝑁𝑥 , durée de vie restante d’un individu d’âge x et on
cherche à calculer E(𝑁𝑥 )
1 𝑙 −𝑙
P(𝑁𝑥 = ) = 0|1𝑎𝑞𝑥 = 𝑥 𝑥+1
2 𝑙𝑥
1 1 3 3 1 1
E(𝑁𝑥 ) = 2.P(𝑁𝑥 =2)+ 2.P(𝑁𝑥 =2)+….+(w-x+2).P(𝑁𝑥 =w-x+2) donc
1 3
E(𝑁𝑥 ) = . 0|1𝑎𝑞𝑥 + . 1|1𝑎𝑞𝑥 +….+(w-x+1/2). 𝑤−𝑥|1𝑎𝑞𝑥 donc
2 2
1 𝑙 −𝑙𝑥+1 3 𝑙𝑥+1 −𝑙𝑥+2 𝑙 −𝑙𝑤+1
E(𝑁𝑥 ) = 2 × ( 𝑥 𝑙𝑥
) +2× 𝑙𝑥
+ ⋯ +(w-x+1/2).( 𝑤𝑙𝑥
) avec lw+1 =0
Et donc l’espérance de vie de chaque individu d’âge x est :
1 σ𝑤−𝑥𝑖=1 𝑙𝑥+𝑖
𝐸(𝑁𝑥) = +
2 𝑙𝑥