0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
619 vues3 pages

Corrigé Du Commentaire Composé - Indiana

Dans le passage étudié d'Indiana de George Sand, l'auteure remet en question les normes sociales et morales de son époque concernant le statut des femmes à travers une scène de conflit entre Indiana et son mari, Delmare. Ce dialogue théâtral met en lumière la supériorité d'Indiana, qui, par son calme et son argumentation, défie l'autorité masculine et critique le mariage traditionnel. En fin de compte, Sand plaide pour la reconnaissance de la liberté et des droits des femmes, affirmant leur droit à l'existence autonome.

Transféré par

sjqfqc6s82
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
619 vues3 pages

Corrigé Du Commentaire Composé - Indiana

Dans le passage étudié d'Indiana de George Sand, l'auteure remet en question les normes sociales et morales de son époque concernant le statut des femmes à travers une scène de conflit entre Indiana et son mari, Delmare. Ce dialogue théâtral met en lumière la supériorité d'Indiana, qui, par son calme et son argumentation, défie l'autorité masculine et critique le mariage traditionnel. En fin de compte, Sand plaide pour la reconnaissance de la liberté et des droits des femmes, affirmant leur droit à l'existence autonome.

Transféré par

sjqfqc6s82
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Corrigé du commentaire composé : Indiana, George Sand

INTRODUCTION :
Georges Sand (de son vrai nom Aurore Dupin) est une écrivaine engagée socialement, qui souhaite
faire entendre la voix des femmes et exprimer dans ses romans la reconnaissance de leur existence et de
leurs droits. Le passage que nous allons étudier se situe dans la partie III du roman Indiana qui en
comporte IV. L’héroïne éponyme, après avoir été abandonnée par son amant et sauvée du suicide par son
cousin Ralf qui l’aime en secret, réintègre le domicile conjugal. Une violente dispute éclate alors entre les
deux époux. | Nous allons nous demander en quoi ce passage bouleverse les codes sociaux et moraux de
l’époque concernant le statut des femmes. | Pour cela, nous ferons ressortir l’aspect théâtral de ce texte
qui se présente comme une scène de conflit ; puis, nous dégagerons les enjeux de cet extrait en montrant
qu’il s’agit à la fois d’une dénonciation du mariage traditionnel et d’un vrai plaidoyer pour les femmes.

Alors qu’il s’agit d’un dialogue narratif, cet extrait donne le sentiment au lecteur d’assister à
une vraie scène théâtrale.
D’abord, il est possible de repérer plusieurs caractéristiques du texte dramatique. En effet, on
peut constater que le discours direct domine : on relève 16 répliques et seulement 7 à 8 lignes de récit. Ce
procédé permet d’entendre directement les paroles des personnages, sans le filtre du récit et donc de les
rendre plus concrètes et percutantes. D’ailleurs, on pourrait presque parler de stichomythie, notamment
de la l.20 à la l.26, ce qui fait ressortir davantage la tension entre les époux. De plus, des sortes de
didascalies ponctuent les répliques pour caractériser les personnages comme c’est le cas au théâtre ; elles
portent sur le ton (« d’un air impérieux et dur » l. 1, « le ton glacial » l. 10), sur l’attitude (« verdit de
colère et de surprise » l8, « sans changer de visage » l26) ou sur les gestes (« en lui meurtrissant » l 25,
« en serrant ses bras pour ne point la frapper » l 34»).
Ensuite, comme le révèlent les « didascalies », nous assistons ici à une scène de conflit entre
époux, ce qui est un topos du théâtre. A l’agressivité de l’époux répond l’impassibilité d’Indiana, ce
qui renforce le ridicule du mari qui s’exprime comme un personnage de Molière : les apostrophes
injurieuses entourent le terme respectueux de « madame » l. 4 puis l.34 ; le suffixe « lette » de
« femmelette » est ici péjoratif car il souligne l’insignifiance de la femme, tout comme l.20 « sotte,
impertinente créature » et l.22 « orgueil imbécile, morgue de vermisseau ». La tension des personnages
augmente et la colère du colonel grandissante est marquée par des jurons l.12 « mille couleuvres ! » et
l.36 « mordieu ».
Enfin, l’objet du conflit est lui aussi un topos du théâtre : la femme a quitté le domicile
conjugal ; cependant, l’originalité de George Sand est qu’elle choisit de faire revenir l’épouse auprès de
son mari. Face au mépris (l.20) puis aux menaces de son mari (« dompter ce grand caractère » l.23),
Indiana ne manifeste aucun signe ni de honte, ni de peur : « non Monsieur » (l.7), « mon intention n’est
pas de vous le dire » (l.7), « je refuse de vous répondre » (l.10), « vous n’avez pas le droit de me poser
cette question »(l.11).
Ainsi Indiana ne manifeste ni crainte ni colère face à son mari, ce qui met en relief sa supériorité et
le pouvoir de son argumentation.

A travers ce rapport de force entre les deux époux, George Sand fait une critique du mariage
traditionnel.
D'abord, le rapport de force semble placer le mari en position de supériorité. En effet,
Delmare est un militaire et se comporte comme tel avec sa femme, il instaure dans ses répliques un
rapport hiérarchique très clair : « maître » (l.12), « prétendez-vous m’ôter la barbe du menton ? » (l.13).
Pour autant, nous pouvons remarquer que le champ lexical du pouvoir est énoncé par les deux
personnages : lorsque le mari dit qu’il est le maître, l’épouse confirme, ligne 15 : « Je sais que je suis
l’esclave et vous le seigneur. La loi de ce pays vous a fait mon maître. » La phrase est prononcée comme
une vérité, « je sais » ; le temps présent employé devient celui de la vérité générale. Cependant nous
noterons que les termes employés font référence au Moyen-Âge, voire à l’Antiquité : « Seigneur »,
« Maître », « esclave », ce qui tend d’ores et déjà à initier la critique que va formuler Indiana.
Ensuite, Delmare est présenté comme un mari caricatural, persuadé de son pouvoir. Selon
lui, la domination est naturelle puisque c’est lui qui porte la « barbe » et Indiana porte « une jupe et file la
quenouille » (l 12-13). Mais la plupart de ses questions n’obtiennent pas de réponse ou alors un refus
vivement exprimé : « Daignerez-VOUS Madame ME DIRE » (l.4), « NON Monsieur » (l.7). Son énervement
face à l’impassibilité de son épouse le rend ridicule puisqu’il use tout à la fois de termes dévalorisants
(« morgue de vermisseau », l.22), de menaces (« dompter ce caractère », l.23) de violence physique (« en
lui meurtrissant la main », l.25), mais son interlocutrice ne sourcille pas : « maté par la supériorité de son
caractère » (l.2), « sans changer de visage », (l.26). Son infériorité est d’ailleurs renforcée par
l’intervention de Ralf qui révèle bien la faiblesse à la fois physique et morale du personnage, comme le
souligne la comparaison « le fit ployer comme un roseau » (l.27).
Enfin, l’infériorité du mari vient du fait qu’il est en permanence décontenancé, déstabilisé
par l’attitude et les paroles de sa femme. Par exemple, il est sous l’effet de la « surprise » (l.8) au
point de s’exprimer « d’une voix chevrotante » (l.9). Lorsque Delmare tente de reprendre le dessus en
affirmant qu’il souhaite se séparer d’elle, l.36, elle lui démontre qu’elle ne veut plus le quitter.
Ainsi, si Delmare est le plus fort physiquement, c’est bien Indiana qui le domine, par la force de son
caractère. Cette victoire permet alors à l’auteur de transmettre un véritable plaidoyer pour les femmes.

Indiana domine son mari et remet alors en cause un code de la société de son époque :
l’infériorité traditionnelle de l’épouse face à son mari.
D’abord, Indiana se montre plus subtile et rigoureuse pour asseoir son pouvoir. Comme
bien des femmes de son époque, elle s’impose par son calme et sa rigueur. Ainsi, nous notons dans un
premier temps qu’Indiana, contrairement à son mari, ne fait aucun geste, elle apparaît calme « digne et
froid (e) » (l.2). Elle ne hausse jamais le ton et n’emploie pas de vocabulaire péjoratif contrairement à son
époux. Elle se contente au début du passage de réponses brèves, sèches mais cordiales « non, Monsieur
mon intention n’est pas de vous le dire », « J’y tiens fort peu », « je refuse de vous répondre ». Ensuite,
elle se livre à une véritable argumentation qui tend à convaincre son époux qu’il a tort de se croire
supérieur à elle parce qu’il est un homme « je veux vous convaincre que vous n’avez pas le droit… » l.11
puis ses répliques deviennent des tirades dans lesquelles elle exprime sa liberté de penser.
Contrairement à son époux qui use de tous les ressorts propres au mari caricatural de comédie,
Indiana use de pédagogie et d’argumentation très claire. Tout d’abord, elle informe son époux
qu’elle cherche « à le convaincre qu’il n’a pas le droit de lui poser cette question », (l.11), c’est-à-dire
qu’elle cherche, non pas à l’intimider comme lui le fait, mais au contraire à lui ouvrir les yeux sur la réalité
de sa condition de femme. Ensuite, entre les l.15 à 19, elle développe un raisonnement construit. Nous
noterons l’opposition des termes « vous pouvez » l.15 qui renvoie à la contrainte physique et « vous ne
pouvez rien » l.17 qui s’applique à « ma volonté ». Ainsi le texte bascule-t-il avec cette réplique dans
l’argumentation. Au pronom « vous » succède le déterminant possessif « ma » qui précède la « volonté ».
Sa détermination est ensuite mise en valeur par la gradation « une loi, un cachot, un instrument de
supplice » (l.18) et par la comparaison « c’est comme si vous vouliez manier l’air et saisir le vide » l.19 :
cette dernière image permet de montrer l’absurdité de l’homme à croire qu’il peut tout sur sa femme, et
affirme aussi la liberté d’Indiana et de toutes les femmes. Elle développe d’ailleurs cette idée dans sa
tirade finale où elle oppose, dans des propositions juxtaposées, les contraintes imposées par son mari et
sa volonté à elle : « vous avez usé de violence en m’enfermant dans ma chambre » (l. 38) ; « j’en suis
sortie par la fenêtre » (l. 38). Elle oppose ensuite l’enfermement auquel elle a été soumise à sa liberté à la
fois physique et morale « je suis sortie », « hors de votre domination » ; « respirer l’air de la liberté » pour
démontrer à son époux qu’il exerce sur elle « un empire dérisoire » (l. 39).
À la fin du texte, elle domine complètement son mari, comme on le voit avec l’emploi de
l’impératif et du futur de certitude : « ne perdez pas votre temps » (l. 44) ; « vous ne m’influencerez
jamais » (l. 45) ; « occupez-vous du départ » (l. 46). Derrière ces injonctions, se cache davantage un
conseil qu’un ordre : Indiana ne craint personne, ne craint pas les hommes, ne craint pas son mari ; il vaut
mieux donc qu’il tienne sa place et elle tiendra la sienne en suivant son libre arbitre. Contrairement à son
mari, elle se montre déterminée à rester amicale « je suis prête à vous aider et à vous suivre » (l. 46),
mais elle conclut son raisonnement sur une opposition « je suis prête à vous aider non pas parce que telle
est votre volonté mais parce que c’est mon intention ». Le chiasme entre les déterminants possessifs
symbolise cette volonté de liberté de la jeune femme (c’est le « vous » qui est pris en tenailles, non le
« je » !). Enfin, la dernière phrase d’Indiana se fait l’écho de la parole de George Sand, elle sonne comme
une évidence, une maxime : « vous pouvez me condamner, mais je n’obéirai jamais qu’à moi-même » : le
présent s’oppose au futur, le « vous » au « je » ; si le « vous » est sujet du verbe condamner, le je est sujet
du verbe obéir et le pronom personnel renforcé « moi-même » insiste sur la volonté des femmes à
exister par leur propre volonté et non pas à exister au travers de lois, de codes ou de
démonstrations de force des hommes.

En conclusion, George Sand donne plus de poids à son plaidoyer en faveur des femmes par l’emploi
d’un dialogue très théâtral qui permet de comprendre rapidement le rapport de force qui s’instaure entre
les deux époux : Delmare apparaît comme la caricature du mari jaloux et autoritaire, vite ridicule car
excessif, tandis qu’Indiana maîtrise à la fois ses émotions et son langage, en déployant une argumentation
à la fois claire et irréfutable. Sa liberté de penser (et celle de toutes les femmes) ne peut plus être remise
en cause.
Ouvertures possibles :
- sur l’Ecole des femmes : pour le ridicule d’Arnophe et ici de Delmare mais aussi pour le message
portant sur la liberté de la femme ;
- sur une citation : « Les femmes sont des hommes comme les autres » de Wolinski.

Vous aimerez peut-être aussi