FICHE BACCALAURÉAT 2/4 – Le sujet de dissertation littéraire
"Dans une argumentation en trois parties, dites si le thème du temps qui passe, dans les Cahiers de
Douai d’Arthur Rimbaud, est toujours cause de souffrance. Vous étayerez votre argumentation par des
exemples littéraires développant ce thème et tirés de l’oeuvre ou d’autres textes étudiés."
L’énoncé qui précède correspond à un sujet type de dissertation littéraire. Ce type d’écrit, au même titre
que le commentaire analytique, doit répondre à des exigences de mise en forme bien précises et ne dispense
pas des étapes réflexives précédant l'écriture.
La dissertation du baccalauréat de français a ceci de particulier : elle vous invite à réfléchir en premier
lieu sur une des 4 œuvres étudiées, ainsi que sur l’intitulé du parcours associé (« Mensonge et comédie »,
« Rire et savoir », « Personnages en marge, plaisirs du romanesque » et « Émancipations créatrices »).
a) Analyser le sujet
Il faut se concentrer sur le thème proposé et la thèse énoncée dans le sujet, non sur l'auteur et l'œuvre
d'où est tirée la citation, quand il y en a une.
Le sujet qui comprend une citation invite à dire ce que vous pensez de l'affirmation : "En vous appuyant
sur votre expérience personnelle et sur vos lectures, êtes-vous d'avis que…" ou "Peut-on considérer, comme cet
auteur, que…". Ce type de sujet sollicite donc une prise de position personnelle ; le plan qu'appelle ce genre de
consignes est de type dialectique. Il s'agit de composer une sorte de dialogue argumenté entre deux ou trois
thèses différentes. Il n'est pas question, dans un plan dialectique, d'opposer des opinions contraires, mais de
trouver, dans une opinion donnée, les failles qui produisent, à l'aide de contre-arguments, un enrichissement
de la proposition initiale (le raisonnement concessif).
Plus rarement, le sujet de dissertation invite à définir une notion, qu'on explique : "Que représente pour
vous… ?" ; "Expliquez ce qu'est pour vous…". Il s'agit alors de composer un plan thématique qui détaille les faits
pour les expliquer, qui classe par ordre progressif les critères de définition (I. La poésie est un moyen de jouer
avec les mots. II. La poésie est le genre le plus approprié pour l'expression des sentiments forts. III. La poésie
est le seul genre apte à décrire la complexité de l'univers.), et qui conclut en faisant la synthèse et en dépassant
la question initiale.
De nombreux sujets exigent un plan à la fois dialectique et thématique. Les questions sont alors de cet
ordre : "Illustrez, appréciez et discutez cette phrase…" ; "Expliquez cette citation et dites si vous êtes d'accord
avec ce jugement". Il peut être d’ailleurs profitable de consacrer une partie de l’argumentation à la définition
d’une des notions-clés présentes dans le sujet proposé (par exemple, la notion de « roman », quand on
examine les atouts et limites de ce genre narratif).
b) Comprendre le sujet et formuler la problématique
La compréhension du sujet dépend donc de l'attention prêtée à la définition (ou à la citation) proposée
par l'auteur, mais dépend aussi de la maîtrise du sens des mots, en général et dans le contexte du sujet.
Avant de rédiger l'introduction, il faut s'interroger : "De quoi s'agit-il ?" ; "Que dois-je montrer à mon
lecteur ?" ; "Quel élément de la citation ou de la question pose problème ?".
Repérez les mots-clefs du sujet, examinez si leur sens dans le contexte correspond au sens général.
Cette observation permet d'identifier le jugement implicite de l'auteur de la citation, au cas où l'idée ne serait
pas clairement exprimée. Par exemple, quand Robbe-Grillet affirme : "Le vrai roman, c'est celui dont la
signification dépasse l'anecdote, la transcende vers une vérité humaine profonde, une morale ou une
métaphysique", il sous-entend qu'écrire un roman, c'est plus qu'écrire une simple histoire.
c) Construire un plan détaillé
Vous devez organiser vos idées en trouvant, pour chacun des trois axes qui permettront de répondre à
la question posée, au moins deux arguments solides. On appelle également les arguments des sous-parties.
Ces deux ou trois arguments devront être illustrés par un exemple précis au minimum : c’est le moment
de convoquer l’œuvre intégrale et les extraits des parcours de l’année, mais aussi les autres références
littéraires rencontrées en classe de seconde.
Ni les arguments ni les exemples ne sont gratuits ; il s’agit de bâtir une progression réflexive dans
laquelle les citations et références à l’oeuvre intégrale sont au service de l’idée développée (par exemple, pour
un argument en faveur de l’efficacité dans le combat de l’oeuvre engagée, l’exemple des conséquences
médiatiques de la publication de l’article « J’accuse », d’Émile Zola).
Votre plan détaillé peut apparaître sous cette forme :
I. Thèse 1 : Nous pouvons affirmer que...
§ 1] En effet,...
ex. 1
ex. 2
§ 2] Mais nous pouvons aussi penser cela parce que...
ex. 1, etc.
d) Rédiger l'introduction en fonction du plan choisi (10-15 lignes environ)
Commencez l'introduction en amorçant efficacement le thème présenté par l’énoncé. Formulez
simplement et clairement une réflexion générale sur le thème ou sur une opinion commune relative à
ce dernier, une définition, une citation ou référence d’auteur, un paradoxe. Il s'agit de piquer la curiosité
du lecteur.
L'introduction indique ensuite la problématique, soit en reformulant le sujet, soit en résumant la
citation : il ne s'agit pas de répéter simplement le sujet, mais d'évoquer clairement les problèmes qu'il
pose. La problématique n’est donc pas une simple question, mais la confrontation de deux idées a priori
incompatibles.
La troisième étape annonce le plan choisi (les trois parties) : le faire brièvement –une phrase
articulée logiquement suffit– et de façon limpide.
e) Le développement
Respectez ces critères essentiels de lisibilité :
-Passer 2 lignes entre l'introduction et le développement, entre le développement et la conclusion.
-Dans le développement, passer une ligne entre les parties ; distinguer les arguments, dans la partie, en
insérant un alinéa et en utilisant systématiquement les connecteurs logiques appropriés (voir tableau).
-Ménager des transitions qui synthétisent et annoncent (bilan de ce qui vient d'être dit, annonce de ce
qui suit) à la fin du I, au début du II, à la fin du II et au début du III. Les transitions sont considérées
comme des paragraphes et distinguées par un passage à la ligne.
-Ne traiter dans chaque paragraphe qu’une seule idée, pour préserver la cohérence du raisonnement.
Distinguez les arguments, qui constitueront par groupes les parties du développement, des
exemples qui les illustrent. Chaque paragraphe doit apporter à la partie une nouvelle idée développée,
accompagnée d'un exemple qui l'illustre : par exemple, une partie sur l'utilité de la poésie peut appeler
un paragraphe évoquant la force expressive du poème satirique ; ce paragraphe devra inclure la
mention d'une œuvre comme les Châtiments de Victor Hugo, et, si possible, une citation précise.
Enfin, mieux vaut placer les arguments par ordre d'importance à l'intérieur de chaque partie ;
cela permet de gagner l'adhésion d'un lecteur qui ne sera pas déçu par un argument discutable situé en
fin de partie.
f) Conclure
La conclusion est à la fois le lieu de la fermeture (rappel de la problématique initiale, de son
traitement et des grandes étapes de sa résolution) et de l'ouverture (c'est-à-dire du dépassement du
sujet) : donnez l'impression au lecteur qu'il reste des interrogations, des doutes, non sur le sujet que
vous venez de traiter, mais, par exemple, à propos du genre littéraire, de l'époque, ou du courant
culturel abordé.