Introduction
La méthode électrique est une technique géophysique utilisée pour étudier le sous-sol en mesurant
la résistivité électrique des terrains. Elle repose sur l’injection d’un courant électrique dans le sol via
des électrodes et la mesure de la différence de potentiel entre d’autres électrodes. Cette méthode
permet de déterminer la répartition des résistivités dans le sous-sol, ce qui est utile pour identifier
des structures géologiques, des cavités, ou des vestiges archéologiques enfouis. Les résultats sont
interprétés pour reconstruire une image du sous-sol en termes de couches géologiques et de leurs
propriétés électriques.
Les méthodes électriques en géophysique reposent sur la mesure des propriétés électriques du
sous-sol afin d’en déduire sa structure ou sa composition. Voici les principes fondamentaux de ces
méthodes :
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1. Principe général
Les méthodes électriques consistent à injecter un courant électrique dans le sol à l’aide d’électrodes,
puis à mesurer la différence de potentiel générée. La manière dont le courant se propage dépend
des propriétés électriques des roches (résistivité, conductivité, polarisation…).
.3. Loi d’Ohm: La tension électrique est proportionnelle au courant et à la résistance. En
géophysique, cela se traduit par $$ V = \rho \cdot I / (2\pi r) $$, où $$ V $$ est la tension, $$ \rho $$
la résistivité, $$ I $$ l’intensité du courant, et $$ r $$ la distance entre les électrodes
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2. Propriétés physiques mesurées
Résistivité électrique (ρ) : capacité d’un matériau à s’opposer au passage du courant. Elle dépend de
la nature des roches, de leur porosité, de leur saturation en eau, et de la salinité de l’eau.
Conductivité (σ = 1/ρ) : l’inverse de la résistivité.
Polarisabilité : capacité d’un matériau à accumuler des charges électriques (utilisée en polarisation
provoquée).
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3. Méthodes principales
Méthode de résistivité (ou tomographie électrique) :
On injecte un courant par deux électrodes (A et B) et on mesure la différence de potentiel entre
deux autres (M et N).
Elle permet de cartographier les variations de résistivité dans le sous-sol.
Méthode de polarisation provoquée (PP) :
Après l’injection d’un courant, on observe la tension résiduelle (effet de polarisation).
Utile pour détecter les minéralisations (sulfures, argiles…).
Méthode électromagnétique (EM) :
Basée sur les courants induits dans le sol par un champ électromagnétique.
Permet une prospection rapide et sans contact direct avec le sol.
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4. Facteurs influençant les mesures
Teneur en eau et en ions dissous.
Température.
Structure et texture des roches.
Présence de fractures, cavités, minéraux conducteurs ou isolants
La tomographie en géophysique est une technique avancée utilisée pour obtenir des images
détaillées de la structure interne du sous-sol. Elle repose sur l’analyse des variations des propriétés
physiques, généralement la résistivité électrique, les ondes sismiques ou d’autres paramètres, en
fonction des données recueillies à la surface. Voici un aperçu des principales caractéristiques et
étapes de la méthode de tomographie :
### Principes de base
La tomographie géophysique s’inspire de la tomographie médicale (comme les scanners CT) et vise à
reconstruire une image en 2D ou 3D du sous-sol. Elle utilise les différences dans les propriétés
physiques (comme la résistivité ou la vitesse des ondes) pour distinguer différentes structures
géologiques.
### Types de tomographie
1. **Tomographie par résistivité électrique** : Utilise les mesures de résistivité pour créer des
images des variations de résistivité dans le sol.
2. **Tomographie sismique** : Basée sur l’analyse de la vitesse des ondes sismiques à travers le
sous-sol, permettant de visualiser les couches géologiques.
3. **Tomographie par ondes acoustiques** : Mesure les variations d’impédance acoustique pour
obtenir une image du sous-sol.
### Étapes de la méthode
1. **Conception du réseau d’électrodes ou de capteurs** : En fonction du type de tomographie
(électrique ou sismique), un réseau d’électrodes ou de capteurs est installé sur le terrain.
2. **Collecte des données** :
- Pour la tomographie par résistivité, on injecte un courant dans le sol et on mesure les tensions
produites.
- Pour la tomographie sismique, on génère des ondes sismiques (par exemple, avec un marteau ou
un explosif) et on enregistre leur propagation à l’aide de capteurs.
3. **Traitement des données** : Les données brutes sont traitées pour éliminer le bruit et améliorer
la qualité des signaux.
4. **Reconstruction de l’image** : À l’aide d’algorithmes d’inversion, les données traitées sont
utilisées pour reconstruire une image 2D ou 3D du sous-sol, montrant les variations des propriétés
mesurées.
5. **Interprétation** : Les images obtenues sont analysées pour identifier les structures
géologiques, comme les aquifères, les failles, ou d’autres formations
Le sondage électrique (ou sondage électrique vertical - SEV) est une méthode géophysique utilisée
pour étudier la résistivité électrique des formations souterraines en fonction de la profondeur. Voici
un résumé clair des avantages et limites de cette méthode :
Avantages du sondage électrique
1. Non-destructif : Pas besoin de forer ou d’excaver.
2. Peu coûteux : Comparé à d’autres méthodes comme le forage ou les méthodes sismiques.
3. Simplicité de mise en œuvre : Facile à déployer sur le terrain avec un équipement léger.
4. Bonne profondeur d’investigation : Peut atteindre plusieurs dizaines voire centaines de mètres
selon la configuration.
5. Détection des contrastes de résistivité : Idéal pour localiser les nappes phréatiques, zones
fracturées, cavités, etc.
6. Méthode répétable : Utile pour le suivi temporel (monitoring).
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Limites du sondage électrique
1. Résolution verticale limitée : Difficulté à distinguer des couches proches en profondeur avec des
résistivités similaires.
2. Ambiguïté d’interprétation : Différents modèles de sous-sol peuvent produire des courbes
similaires (non-unicité).
3. Sensibilité à l’environnement : La présence de structures métalliques, lignes électriques, routes ou
pollution de surface peut perturber les mesures.
4. Dépendance à l’homogénéité horizontale : Le SEV suppose souvent une stratification horizontale,
ce qui peut poser problème en terrain très hétérogène.
5. Moins performant dans les milieux conducteurs : Comme les sols argileux saturés où les
contrastes sont faibles.
La tomographie électrique est une méthode géophysique utilisée pour imager la distribution de
résistivité électrique en profondeur. Elle est largement utilisée en géologie, hydrogéologie,
environnement, archéologie, et ingénierie.
Voici un résumé des avantages et limites de cette méthode :
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Avantages :
1. Bonne résolution en 2D et 3D :
Permet de détecter des hétérogénéités en profondeur (fractures, cavités, zones saturées…).
2. Non destructive :
Aucune perturbation du terrain, idéale pour les sites sensibles (archéologie, environnement…).
3. Adaptable à différents milieux :
Fonctionne sur des terrains variés : roche, sol, milieux saturés ou secs.
4. Technologie mature :
Bien maîtrisée, avec de nombreux outils de traitement et d’interprétation.
5. Rapide à mettre en œuvre :
Acquisition relativement rapide sur le terrain, surtout pour des profils 2D.
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Limites :
1. Profondeur d’investigation limitée :
Dépend de la longueur des câbles et de la configuration d’électrodes (souvent < 100 m).
2. Résolution verticale décroissante avec la profondeur :
Plus la cible est profonde, moins sa forme est bien définie.
3. Ambiguïtés d’interprétation :
Des objets différents peuvent avoir des résistivités similaires (ex : argile vs eau salée).
4. Sensibilité aux conditions de contact :
Mauvais contact entre électrodes et sol = données bruitées.
5. Dépendance aux conditions du sol :
Très sec ou très résistant = faible courant injecté = mauvaise qualité des données.
6. Influence des structures en surface :
Présence de câbles, routes, bâtiments = bruit ou erreurs dans l’inversion.
Les méthodes électriques appliquées en géologie sont des outils puissants pour l’exploration et la
caractérisation des sous-sols. Elles permettent de recueillir des informations précieuses sur la
distribution des matériaux géologiques, leur conductivité et leur hétérogénéité, facilitant ainsi
l’identification de ressources naturelles, la cartographie des structures géologiques ou l’évaluation
des risques environnementaux. Ces techniques, comme la résistivité électrique ou la polarisation
spontanée, présentent l’avantage d’être non invasives, relativement économiques et adaptées à des
études à grande échelle. Cependant, leur efficacité dépend de nombreux facteurs, tels que les
conditions du terrain et la qualité des mesures. En somme, les méthodes électriques jouent un rôle
central dans la géophysique moderne, bien qu’il soit essentiel de les combiner avec d’autres
approches pour des analyses plus complètes et fiables.