Endocrinologie de la croissance et de la production
1. Contrôle endocrinien
Après la naissance, la croissance des fibres musculaires et leur fonctionnement
contractiles et métaboliques sont contrôlés par un système hormonal complexe.
L’axe somatotrope joue un rôle clé pour la croissance en général et de celle du
muscle en particulier. En plus, les hormones thyroïdiennes et les stéroïdes sexuels,
surtout à partir de la puberté, influencent aussi cette croissance (figure 1,).
2. Hormones somatotropes
L’hormone de croissance, aussi appelée somatotrophine, somathormone, GH (growth
hormone) ou STH (somatotrophic hormone), est produite par l’adénohypophyse (ou
antéhypophyse). Sa sécrétion se fait selon un mode pulsé largement influencé par le
nycthémère (4/5e environ de la sécrétion est nocturne). Cette hormone, qui est un gros
polypeptide composé de 191 acides aminés, joue un rôle principal dans la croissance de
tous les organes et tissus. Elle agit directement en se fixant à un récepteur spécifique et
indirectement en stimulant la production de facteurs de croissance « insulino-mimétiques »
(insulin-like growth factors : IGFs), appelés en français somatomédines, qui sont
principalement fabriqués par le foie.
Contrairement à la plupart d'autres hormones GH n’agit pas sur un système cellulaire cible
particulier, mais bien sur l’ensemble des types cellulaires, sauf les cellules du cerveau. Sa
sécrétion est régulée par deux peptides produits par l'hypothalamus :
Un facteur activateur : la somatocrinine ou somatolibérine ou GHRF (growth
hormone releasing factor), qui stimule la sécrétion de GH ;
Un facteur inhibiteur : la somatostatine ou GHIF (growth hormone inhibiting factor)
ou SRIF (somatotropin release inhibiting factor), qui inhibe la sécrétion de GH et
d'autres hormones comme l'insuline.
Dans un système d’une boucle de rétroaction (feedback), la production de somatocrinine est
inhibée par certaines somatomédines et le taux de GH circulante. À l’inverse, ces deux
facteurs stimulent la production de somatostatine.
2.1. Effets directs de GH
L’hormone de croissance a surtout un effet anabolique avec stimulation de la fabrication de
protéines dans tous les organes. Elle est essentielle pour la croissance des muscles
squelettiques en augmentant la production de protéines et en réduisant les réserves de
graisses, elle mobilise les graisses ce qui induise une augmentation du taux d’acides gras
libres et une diminution des masses adipeuses.
En mobilisant les acides gras, GH fournit en particulier de l’énergie utilisée pour la
multiplication des chondrocytes; elle stimule aussi directement la croissance en longueur de
l’os.
2.2. Effets des somatomédines (IGFs)
Il existe deux types principaux de somatomédines : IGF-I et IGF-II. IGF-I stimule surtout la
multiplication de nombreux types de cellules, en particulier les chondrocytes, ce qui favorise
la croissance des os longs. IGF-I et IGF-II ont aussi des effets similaires à ceux de l’insuline.
Par exemple, ils augmentent la fabrication de protéines dans les muscles, accroissement de
la masse contractile et réduit la dégradation des protéines (catabolisme) dans les muscles.
En plus, IGF-I est également inhibiteur de la sécrétion de GH.
3. Hormones thyroïdiennes
Les hormones thyroïdiennes principalement T3 (tri-iodothyronine), et son précurseur T4
(tétra-iodothyronine ou thyroxine), jouent un rôle important dans le contrôle de la croissance.
Elles stimulent la production de l’hormone de croissance (GH) et de GHRF ainsi que sur la
synthèse des récepteurs hypophysaires à ce facteur. Cela entraîne une augmentation du
diamètre c’est-à-dire de la taille (hypertrophie) et du nombre (hyperplasie) des fibres
musculaires.
Les hormones thyroïdiennes contrôlent le métabolisme des protéines, des glucides (sucres)
et des lipides (graisses), ce qui agit indirectement sur les muscles squelettiques. La
calcitonine, produite par la thyroïde, travaille avec la parathormone des parathyroïdes pour
aider à la calcification des os.
L’hormone T3 a un effet sur le cartilage de conjugaison (zone de croissance des os) par la
stimulation de la multiplication des chondrocytes en augmentant les effets de IGF- I; elle
pourrait aussi favoriser la maturation de ce cartilage.
4. Stéroïdes sexuels:
À partir de la puberté, les hormones sexuelles comme les androgènes et les œstrogènes
jouent un rôle important, non seulement pour les fonctions sexuelles, mais aussi pour la
croissance et la composition du corps des animaux.
Les androgènes, en améliorant la rétention d'azote et en stimulant la fabrication de
protéines, jouent un rôle clé. Cela explique pourquoi les mâles castrés grandissent moins
que les mâles non castrés et pourquoi leur corps contient proportionnellement plus de
graisse. Ces phénomènes commencent très tôt, le sexe de l'embryon influence déjà le poids,
la composition corporelle à la naissance et la vitesse de croissance après la naissance.
D’une manière générale, chez un même type génétique (même race), les mâles sont plus
lourds et plus maigres que les femelles dès la naissance. Cela est lié à la production de
testostérone par le fœtus mâle à la fin de la gestation.
Les œstrogènes ont un effet qui aide à développer le tissu musculaire, en particulier chez les
bovins, augmentant les performances de croissance et la production de protéines. Pendant
la grossesse, les œstrogènes augmentent le stockage de protéines et de minéraux. (comme
le calcium et le phosphore). Ce stockage se résorbe progressivement au cours de la
lactation.
Quant à la conformation, la testostérone induit une augmentation de la taille de
certains muscules particuliers. Cela crée des différences entre les sexes, comme
chez les bovins mâles, où le muscle du garrot (Splénius) est plus développé que
chez les femelles.
Les œstrogènes et les androgènes ont un effet sur la croissance de l’os à peu près
antagoniste de celui de GH. Les Œstrogènes inhibent l’action de GH, mais agissent aussi
directement sur les chondrocytes en bloquant leur multiplication dans la plaque de
croissance. La testostérone accélère simultanément la croissance longitudinale et la
maturation osseuse.
Les hormones sexuelles jouent un rôle important à la fin de la croissance des os, car il est
clair qu'elles sont directement responsables de l'arrêt de cette croissance.
Figure 1. Représentation schématique simplifiée de la régulation hormonale de la
croissance
5. Autres influencces endocriniennes
L'insuline, hormone peptidique hypoglycémiante produite par le pancréas, aide à contrôler
l'énergie dans les muscles. Elle permet aux muscles de prendre du glucose, de l'utiliser
comme énergie et de le stocker sous forme de glycogène. De plus, elle aide à garder
l'équilibre des protéines dans le muscle, elle réduit leur destruction et augmente leur
fabrication en aidant à capter les acides aminés.