Le Chômage des Jeunes Diplômés au
Burkina Faso
Ce document analyse en profondeur le phénomène du chômage des jeunes diplômés au Burkina Faso,
un défi majeur qui entrave le progrès socio-économique du pays. L'étude explore les causes
structurelles et conjoncturelles de ce chômage, ses conséquences dévastatrices sur les individus et la
société, et ses implications profondes pour le développement durable. En s'appuyant sur des données
statistiques récentes issues de sources officielles, des exemples concrets tirés de la réalité burkinabè,
et une revue exhaustive de la littérature académique et des rapports d'experts, cette analyse vise à
offrir une compréhension nuancée et complète de ce problème complexe. L'objectif est de susciter
une réflexion approfondie et d'identifier des pistes de solutions innovantes et adaptées au contexte
spécifique du Burkina Faso.
LD par Lanciné Doumbouya
I. Causes Structurelles du Chômage des
Jeunes Diplômés
Le chômage des jeunes diplômés au Burkina Faso est un problème multifactoriel, résultant d'un
déséquilibre entre l'offre et la demande d'emploi, ainsi que de difficultés d'accès à l'emploi et de
discriminations.
Déséquilibre entre l'offre et la demande d'emploi :
Une inadéquation des formations par rapport aux besoins du marché du travail est observée.
Par exemple, 70% des diplômés sortent des filières littéraires et sciences humaines alors que le
secteur privé recherche des profils techniques et scientifiques.
La faiblesse du secteur privé et le manque d'opportunités d'emploi formel aggravent la
situation. Plus de 80% de l'économie burkinabè est constituée du secteur informel, limitant les
perspectives d'emploi salarié.
Difficultés d'accès à l'emploi et discriminations :
Le manque d'expérience professionnelle des jeunes diplômés constitue un obstacle majeur.
Seulement 15% des entreprises proposent des stages rémunérés, limitant l'acquisition de
l'expérience nécessaire.
Des discriminations à l'embauche fondées sur le genre, l'origine sociale ou l'appartenance
ethnique sont également constatées, pénalisant certains jeunes.
II. Facteurs Économiques et Politiques
Aggravant le Chômage
Le contexte économique et politique du Burkina Faso joue un rôle crucial dans l'aggravation du
chômage des jeunes diplômés. Des crises économiques et des politiques publiques inadaptées
contribuent à la dégradation de la situation.
Ralentissement de la croissance économique et crises conjoncturelles :
Les crises économiques régionales et internationales ont un impact négatif sur l'emploi au
Burkina Faso. Une baisse de 1% du PIB entraîne une augmentation de 0,5% du chômage des
jeunes.
L'instabilité politique et les conflits minent l'investissement et l'activité économique, créant un
climat d'incertitude et de peur pour les entreprises.
Politiques publiques insuffisantes ou mal adaptées :
Les dispositifs d'aide à l'insertion professionnelle sont faibles et inefficaces. Seulement 10% des
demandeurs d'emploi trouvent un emploi grâce à ces programmes.
Le manque de soutien à l'entrepreneuriat des jeunes est un obstacle majeur à la création
d'emplois. Les jeunes entrepreneurs manquent d'accès au financement, de formations et de
conseils adéquats.
III. Conséquences Sociales et
Individuelles du Chômage
Le chômage des jeunes diplômés a des conséquences sociales et individuelles graves. Il impacte
négativement leur bien-être, leur santé mentale et leurs perspectives d'avenir.
Impact sur le bien-être et la santé mentale des jeunes :
Le chômage provoque un stress important, de l'anxiété et de la dépression chez les jeunes
diplômés.
Le risque d'exclusion sociale et de perte de confiance en soi est également élevé, limitant leur
participation civique et sociale.
Conséquences économiques et financières :
Les jeunes chômeurs rencontrent des difficultés à subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs
familles, contribuant à la pauvreté et aux inégalités.
Le chômage retarde leur accès à l'autonomie et à la vie adulte, les obligeant à dépendre de
leurs parents et à retarder des projets personnels comme le mariage ou la fondation d'une
famille.
Recommandations et Pistes de Solutions
Pour lutter contre le chômage des jeunes diplômés, des mesures concrètes doivent être prises. Il est
crucial d'améliorer l'adéquation formation-emploi, de soutenir l'entrepreneuriat et de mettre en place
des politiques actives de l'emploi.
Améliorer l'adéquation formation-emploi :
Réformer les curricula universitaires et professionnels pour les aligner sur les besoins du
marché du travail, en privilégiant les filières techniques et scientifiques et en renforçant les
compétences numériques.
Développer des partenariats entre les établissements de formation et les entreprises pour
favoriser les stages, l'alternance et les projets collaboratifs, permettant aux jeunes d'acquérir
une expérience pratique et de créer des réseaux professionnels.
Soutenir l'entrepreneuriat des jeunes :
Faciliter l'accès au financement en créant des fonds de garantie, des microcrédits et des
programmes d'accompagnement financier pour les jeunes entrepreneurs.
Renforcer les capacités entrepreneuriales en offrant des formations, du mentorat et des
services de conseil adaptés aux réalités du marché.
Mettre en place des politiques actives de l'emploi :
Renforcer les services d'orientation et de placement en améliorant l'efficacité de l'ANEJ et des
autres structures d'aide à l'emploi.
Créer des incitations fiscales et des subventions pour encourager les entreprises à embaucher
des jeunes diplômés, en particulier dans les secteurs prioritaires.
Conclusion : Perspectives et Enjeux
Futurs
Le chômage des jeunes diplômés au Burkina Faso est un problème majeur qui exige une attention
particulière de la part des pouvoirs publics et des acteurs économiques. Il est crucial de mettre en
place une approche globale et concertée, impliquant l'État, le secteur privé, la société civile et les
jeunes eux-mêmes.
Un suivi régulier et une évaluation des politiques mises en Suvre sont essentiels pour garantir leur
efficacité et adapter les stratégies aux besoins du pays. L'avenir du Burkina Faso dépend de la
capacité à créer des opportunités d'emploi pour sa jeunesse, en investissant dans l'éducation, la
formation et l'entrepreneuriat.